Projection-Concert de l’Action Antifasciste Paris Banlieue

Posted in Actions, Campagnes on 20 décembre 2014 by liberonsles

Projection anti-carcérale et sound système dimanche 21 décembre au CICP, organisé en soutien aux antifascistes inculpés durant les différentes actions et mobilisations de ces derniers mois.

Dimanche 21 Décembre 2014 – à partir de 15h
Projection-Concert de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue !
CICP (21 ter rue Voltaire M°9 Rue des boulets/Nation)

L’Action Antifasciste Paris-Banlieue vous accueillera à partir de 15h au CICP (21 ter rue Voltaire M°9 Rue des boulets/Nation) pour assister à la projection d’« Enfermés vivants », un film de Félix G. (production ciné 200/90minutes/HD).

concertcicpCe documentaire-fiction sur le quotidien de la prison, joué par 2 anciens prisonniers et un acteur, revient sur les conditions d’enfermement en France.

Après un débat avec le réalisateur de ce film, ce sont nos potes d’AOB Sound System et de Stepper Allianz qui viendront mixer sur leur sono pour soutenir tou-te-s les militant-e-s antifascistes interpellés ces derniers mois.

Comme vous le savez, la répression étatique se fait de plus en plus pressante et nous avons donc besoin d’un maximum de soutien… Venez nombreu-ses-x !

De la nourriture et des boissons seront proposés tout au long de la soirée.

Entrée : 4 euros (TOUS les bénéfices seront reversés au profit de militant-e-s antifascistes interpellé-e-s ces derniers mois)

Programme :
15h00 : Ouverture des portes
16h00 : Projection du film « Enfermés vivants » (soyez à l’heure svp !)
17h30 : Discussion sur l’enfermement avec le réalisateur
19h00 : Sound System d’AOB et de Stepper Allianz

COME ON !

MAPUCHE – Projection « Apaga y Vamonos »

Posted in Actions, Campagnes on 18 décembre 2014 by liberonsles

Projection / débat « Apaga y Vamonos »
Film réalisé au Chili en 2005 par le cinéaste espagnol Manel Mayol

vendredi 19 décembre 2014 – à 19h

Centre culturel, Cinéma La Clef
34, rue Daubenton / 21, rue de La Clef – Paris 5e
Métro Censier-Daubenton

Le haut Bio-Bio est la partie supérieure d’un fleuve puissant qui dévale du plateau des Andes et arrose, depuis la nuit des temps, le territoire des communautés Mapuche. Vers la fin du siècle dernier, la multinationale Endesa, première compagnie hydro-électrique d’Espagne et d’Amérique Latine, entreprit de s’approprier les terres des peuples autochtones pour construire le barrage géant de Ralco. Malgré une longue et courageuse résistance des communautés mapuche Pewenche de la zone, leurs terres ancestrales, leurs sites spirituels et leurs cimetières ont été engloutis sous les eaux. Ce que les Incas, les Espagnols et les Chiliens n’avaient pas pu faire, réduire les Mapuche à la soumission, Endesa, sa clique et son dirigeant franquiste l’ont réalisé. Promesses d’une vie meilleure, chantage à l’emploi, corruption, faux et usages de faux, menaces… toutes les méthodes habituelles des grands prédateurs de l’économie mondialisée, ont été mis en œuvre jusqu’à provoquer colère et violences. Les Mapuche, dénoncés comme terroristes par des hommes encagoulés, emplissent aujourd’hui les prisons chiliennes. Le représentant de l’ONU en Amérique Latine, Rodolfo Stavenhagen a dénoncé à l’époque un véritable génocide contre le peuple Mapuche.

Terre et Liberté pour Arauco vous invite à venir nombreux/ses à cette projection d’un film, toujours d’une grande actualité, sachant qu’actuellement des communautés mapuche Williche luttent dans la zone de Rio Bueno du Chili contre le projet de plusieurs barrages hydroélectriques que va construire l’entreprise Electrica SA Pilmaiquén et qui là encore va engloutir leur territoire incluant un site sacré et des cimetières. Un débat aura lieu à la suite de la projection.

La soirée se terminera autour d’un buffet convivial dans la cafétéria.

Table d’information et d’artisanat mapuche (poleras, pendentifs en argent réalisés par des prisonniers politiques mapuche).

Invités solidaires : Les Trois Passants. (Table d’information sur la situation actuelle au Mexique: information sur les prisonnier-e-s adhérents à la Sixième déclaration zapatiste et les prisonnier-e-s anarchistes, infos sur les dernières arrestations suite aux mobilisations pour les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, Guerrero (Affiches, tracts, stickers, badges, cartes, artisanat…))

Participation aux frais : 5 €

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« Apaga y Vamonos »

L’État Mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives.

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 12 décembre 2014 by liberonsles

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Le jeune anarchiste Fernando Bárcenas a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

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Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola a été incendié, Fernando a été arrêté et se trouvait en prison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.

Selon la CNA -Mexique, cette condamnation arrive au moment au l’État mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives ; cette condamnation représente un message pour ralentir les mobilisations récentes qui reflètent le mécontentement social. Elle appelle à continuer la lutte pour ne pas oublier les compagnon-ne-s anarchistes qui se trouvent en taule suite à des actions, mobilisations et manifestations, tous et toutes se trouvent derrière les barreaux pour le délit d’attaque à la paix publique, associé ou cumulé avec d’autres délits.

Tous les compagnons et compagnonnes anarchistes ont été déjà condamnés (sauf Mario Gonzalez qui a obtenu sa liberté le 31 octobre dernier) ; il faut mentionner le cas complètement arbitraire d‘Abraham Cortez Avila condamné dernièrement à une lourde peine de 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide.

Le 31 octobre 2014, la sentence concernant le procès fédéral qu’affrontent Carlos López, Fallon Roullier et Amelie Trudeu, accusé-e-s d’atteinte à la propriété en la modalité d’un incendie, a été prononcée. Cette sentence est de 7 ans et 6 mois de prison ferme. Ensuite, le 6 novembre dernier, la sentence concernant les accusations d’attaques à la paix publique et dégât aggravé en bande qu’affrontent parallèlement Amelie, Fallon et Carlos a été prononcée. Cette sentence est de 2 ans, 7 mois et 15 jours de prison ferme, et une amende pour réparation de 108 000 pesos.

Plusieurs activités sont en cours de préparation pour réussir à libérer nos compagnon-ne-s, suite à la nouvelle concernant la condamnation de Fernando, une soirée de solidarité aura lieu à la ville de Mexico ; cependant la solidarité doit se répandre et se durcir car les accusations dont nos compagnon-ne-s font face ne sont pas simples. Il faudra se mobiliser fortement pour les soutenir.

Abajo los muros de las prisiones !

Les trois passants

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Articles associés:
♦Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo
♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
♦Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.
Sources:
CNA-Mexico

Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 12 décembre 2014 by liberonsles

ferbarcenas Fernando a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir mis le feu à un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola, dans la ville de Mexico. Avec rage, nous venons d’apprendre que ce compagnon a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

Suite à la première mobilisation contre la hausse de 67% du tarif du métro, Fernando a été arrêté et accusé d’attaques à la paix publique et association délictueuse, la possibilité de payer une caution et de suivre son procès dehors lui a été refusé. Il se trouvait dans la prison Nord de la ville, et jusque là, il était dans la zone pénitentiaire réservée à tous les prisonniers attendant un procès. Maintenant le compagnon Fernando devra s’adapter à la zone de « population carcérale », qui est encore plus difficile.

Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille.

Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico au mois de juin 2014 :

Aux individus libres et conscients, à tous ceux qui malgré toutes les adversités continuent à résister depuis les tranchées de bataille, depuis les tranchées clandestines, depuis les prisons préventives et fédérales.

Nous sommes nés de la haine, nous avons grandi dans la solitude et l’exil. Dans la précarité d’une piaule oubliée et sale, nous avons appris à haïr tous ceux qui nous gouvernent, les fausses démocraties, l’autorité en général.

Qui sommes-nous réellement ?

Pour quoi ils ne peuvent pas nous acheter avec l’argent ?

Pourquoi nous nous donnons à fond et mourons sur le champ de bataille ?

Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obédience.

 Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et tout type de forces répressives « qui construisent leur démocratie »

Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir.

Nous sommes les blessées lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène.

À présent, nous savons que nous mourrons en avance, virilement assassinés, virilement soumis , massacrés sans pitié pour le simple fait de ne pas être d’accord avec des lois qui nous volent la vie, la liberté et la dignité.

Nous sommes les détenus, nous sommes ces prisonniers de guerre que l’état a capturé, et qui traînent depuis un bout de temps par les cours et les tribunaux.

 Nous cassons leurs banques, nous affrontons la police, nous détruisons leur paix publique qui se construit jour et nuit par le lavage de cerveau des citoyens afin qu’ils obéissent et se taisent.

Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison.

Nous continuons de taguer les murs de la prison avec des slogans qui dès aujourd’hui et plus tard seront le souvenir vivant de ces jeunes rebelles qui paralysent la ville, de ces jeunes conscients qui vengent leurs camarades tombés sur les barricades…

Ce ne sont pas les mots écrits ici qui sont crus, mais leur réalité…

Frappez-nous alors, arrêtez-nous, tirez sur nous des balles en caoutchouc ou de vraies balles, mobilisez les appareils étatiques et tous les journalistes vendus ; ceux qui sont des fidèles charlatans et qui répètent comme des perroquets tout ce qu’on leur a ordonné. Cachez les images de la violence policière, occultez avec des mensonges et des matchs de football les scandales économiques et politiques qui approuvent vos réformes structurelles – néolibérales.

Tuez-nous, comme vous assassinez et exterminez les peuples. Et voilà, nous n’avons rien à perdre, nous n’avons rien à attendre et nous sommes conscients de notre réalité ; nous ne nous laissons pas tromper en pensant qu’ils auront pitié de notre vie.

Nous mourrons jeunes, mais toujours debout, toujours rebelles, toujours indépendants et conscients de mener une lutte sans fin.

Depuis le Reclusorio Preventivo Varonil Norte
Ni les balles, ni les prisons ne pourront nous arrêter !
Fernando Barcenas Castillo

 

Traduit par Les trois passants
Correction Myriam

Sources:
CNA- Mexico
Regeneracion Radio
Contrainfocruznegra
Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 11 décembre 2014 by liberonsles

aeropay20mx
Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.

Aux dépossédés, Aux exploités, Aux opprimés

5 décembre 2014

Face au lynchage médiatique et à la campagne de diffamation contre les mouvements émergents qui luttent pour un changement des fondements sur lesquels la société est érigée, nous vous exhortons à percevoir le but ultime de cette stratégie de l’État mise en oeuvre à travers les mass-médias assujettis aux intérêts de la classe dominante.

Il s’agit d’une tactique qui entraîne plus de préjudices que la simple diffamation des méthodes de lutte employées par les compagnons organisés, son objectif n’est pas simplement de déformer la lutte, elle cherche à justifier et à légitimer la répression inhérente à l’État, envers le mécontentement général des travailleurs, nos frères de classe.

De telles tactiques menées par l’État ont aussi pour objectif de renforcer le préjugé absurde selon lequel nous ne nous assumons pas comme sujets historiquement capables de changer notre réalité objective. Le résultat obtenu est la méfiance collective générée par la paranoïa et la peur suscitées par le discours ridicule – mais néanmoins dangereux – qui présente les encagoulés à l’opinion publique comme étant synonymes d’infiltrés, étrangers aux intérêts du prolétariat, dans le but de démobiliser et de limiter la portée des revendications qui surgissent du peuple qui fait monter le ton de la protestation sociale en l’éloignant chaque fois plus du cadre de la légalité bourgeoise, celle-ci étant violée par la sphère dominante elle-même, systématiquement, jour après jour.

En revanche, la majeure partie de la classe ouvrière, dans laquelle les étudiants se trouvent immergés, choisit de développer et de légitimer par la parole et les actes, le fait que les modes d’actions révolutionnaires sont légitimes et nécessaires compte tenu de la crise actuelle, en ne se limitant pas aux moyens constitutionnels comme la création de partis politiques [qui détournent des vrais objectifs et des tâches immédiates de notre classe]. Au contraire, on laisse de côté la parole faussée des opportunistes, des « révolutionnaires » hypocrites de bureau, qui sous couvert du pacifisme, de la légalité, de leurs analyses pourries où « les conditions ne sont jamais réunies », tentent de pénétrer le mouvement par le réformisme, pour renforcer l’État, redonner du souffle au modèle actuel et, essayer, de cette façon, de désarticuler le processus révolutionnaire.

La violence structurelle et systématique que l’État exerce en faisant partie de la bourgeoisie organisée, qui condamne les travailleurs à l’insatisfaction de leurs besoins matériels essentiels [condamnation exercée à partir de la propriété privée]; perpétue son existence même, ainsi que l’exploitation d’une classe sur l’autre ; en empêchant une transformation radicale des relations sociales de production.

Au fur et à mesure, les instruments de répression et de pression se perfectionnent contre l’ensemble du prolétariat. Ainsi l’appareil juridique s’abat sur nous pour nous soumettre au système carcérale, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec la récurrente « liberté conditionnelle » qui nous soumet au harcèlement et à l’espionnage au plus près avec les procédures juridiques ouvertes. Cela se traduit aussi par les stratégies de soit disant réhabilitation qui cherchent à nous forcer à accepter le profil du citoyen par excellence, soumis et peureux ; ou au contraire à casser nos idées par des mesures de tortures, d’isolements, etc..

C’est dans ce contexte que nous devons étendre la solidarité au sein de notre classe, une solidarité vivante, en cessant de reproduire les discours qui émanent de la bourgeoisie et au contraire en analysant les formes et les méthodes par lesquelles ils essaient de nous diviser à tout prix et de nous polariser plus que ce que nous sommes déjà. Nous pourrions alors nous poser les questions : le discours qui généralise et qualifie de voyous, d’infiltrés, les personnes qui optent pour d’autres méthodes de protestation : à qui bénéfice t-il ? Qui est-ce que cela dérange que des dizaines d’hommes et femmes élèvent le ton de la protestation et attaquent la propriété privée et les symboles de la marchandisation, les bâtiments qui défendent le capital, qui représentent le pouvoir et l’oppression ? Nous, les exploités, nous ne perdons rien quand tout ceci est attaqué lors d’une manifestation de rage légitime, ce sont eux qui perdent ; la police n’a pas besoin de provocateurs dans les manifestations, elle suit des ordres et si l’ordre est donné d’attaquer un cortège de gens pacifiques, elle le fera sans aucun remord, comme elle l’a toujours fait.

Nous devons nous organiser en dressant le drapeau de la vie sur la mort imposée par le système, nous devons nous tenir la main, exploités que nous sommes, en marchant libres, en marchant ensemble, en s’attaquant à toute mystification social-démocrate – qui émane nécessairement de l’État et du capital – n’importe lequel de leur discours est manigancé avec malhonnêteté, nous ne devons pas perdre de vue qui nous sommes et qui ils sont, il n’y a pas de position intermédiaire, il n’y en a jamais eu.

Fraternellement ex-prisonniers politiques aujourd’hui en procès
Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

 

Traduit par Les Trois passants et Caracol Solidario

Note dT: Les 11 personnes qui ont été arrêtées le 20 novembre dernier lors de la manifestation unitaire pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus, se rendaient à l’aéroport de la ville de Mexico pour manifester, elles ont été attaquées et matraquées par la police de la ville de Mexico qui les a ensuite arrêtées. Les 11 personnes sont actuellement sous contrôle judiciaire après avoir payé une caution pour le délit d’attaques à la paix publique. Huit d’entre elles sont suivies par le collectif d’avocats zapatistes ce qui permet de recevoir des nouvelles régulièrement. Hélas, la situation actuelle de répression et d’intimidation ne facilite pas le suivi des informations concernant tous les cas des personnes arrêtées. Il faut mentionner que le gouvernement de la ville de Mexico, avec à sa tête Miguel Angel Mancera, a engagé depuis son investiture une forte répression contre les manifestants. De ce fait, les arrestations sont sélectives, systématiques et massives pouvant comprendre de 70 à 100 personnes arrêtées d’un seul coup ; les cautions sont cumulables selon les délits attribués et très élevées.

Sources :
Comunicado de lxs detenidxs el pasado 20 de noviembre en el aeropuerto- Regeneracion Radio
Comparecen en el juzgado 10° detenidos del 20 de noviembre, Regeneracion Radio 

Paris : Nous sommes tous Ayotzinapa Nous les voulons de retour vivants !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 11 décembre 2014 by liberonsles

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Compagnons et compagnonnes,

Le 7 décembre dernier des hommes, des femmes et des enfants, des organisations, des collectifs et des étudiants d’horizons très divers ont emprunté les rues de la ville de Paris pour crier les revendications qui font aujourd’hui le tour du monde et qui comme un écho collectif résonnent : « Nous sommes tous Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, vivants nous les voulons ! Peña dégage !… « Que se vayan todos! » En comptant tous ensemble de 1 jusqu’à 43, et en terminant par le cri de « Justice ! », les manifestant-e-s parlaient d’une seule voix, celle qu’on entend partout depuis ce 26 septembre. Ce jour-là nous avons reçu une nouvelle disant que l’un des 43 étudiants avait été identifié par les médecins légistes Argentins et qu’il s’agissait du jeune Alexander Mora Venancio, de 19 ans. Aujourd’hui nous pensons à lui et adressons nos condoléances à ses parents, à ses amis, à ses compagnon-e-s. Ces dernières années, les condoléances n’ont pas manqué, le système nous a obligé à les répéter dans plusieurs coins ; ici le 26 septembre, mais au mois d’octobre, c’est le corps sans vie de Rémi Fraisse qui a été retrouvé, lui aussi étudiant de 21 ans, assassiné par la police française … comme Alexander et tant d’autres.

Comme l’a dit le père d’Alexander Mora « son délit a été de mettre la pression et d’interpeller le gouvernement, qui n’a pas entendu ses exigences… Mais ils se sont croisés avec ces policiers maudits ».

Les 43 étudiants disparus ont ouvert la porte pour que le Mexique blessé, où la disparition, la mort et la prison sont des choses quotidiennes, soit vu aux yeux de tous tel qu’il est et ce malgré les mensonges et les montages médiatiques … on ne peut plus cacher l’évidence, c’est énorme, ça suffit.

Dans ce contexte, la solidarité est notre refuge et chacun à quelque chose à faire pour contenir la rage et la tristesse, chacun a quelque chose à dire pour que cette rage soit écoutée en trouvant des échos et des fenêtres dans d’autres coeurs ; aujourd’hui, nous devions faire quelque chose, c’était la moindre des choses, et nous avons décidé de sortir pour crier avec les gens qui sont blessés et écoeurrés de tant de mépris, d’humiliation et de mort. Pendant que la manifestation parcourait les rues, nous avons distribué des tracts en racontant l’histoire des prisonnier-e-s qui sont enfermés pour le simple fait d’être jeunes, pour avoir manifesté, pour être rebelles, pour être étudiant-e-s. Aujourd’hui nous sommes sortis aussi pour exiger la liberté de toutes celles et tous ceux qui depuis le 5 novembre dernier se trouvent derrière les barreaux et ont été l’objet de toutes sortes de signalements de la part de la presse vendue et des autorités. Aujourd’hui, nous exigeons la liberté immédiate de Luis Fernando Sotelo, de Jacqueline Santana et de Bryan Reyes, nous nous solidarisons avec les inculpé-es du 20 novembre et nous exigeons une halte aux montages et à la persécution contre certains compagnons, tel Mario González García.

Par ce cheminement, nous apprenons toujours quelque chose, et il nous faudra continuer avec plus de force face à tout ce qui nous attend, et qui ne sera pas facile, il nous faudra continuer à défendre nos rêves lors que la vie le permettra et coûte que coûte.

VIVOS LOS QUEREMOS!
Parce que ce qui fait mal, ce n’est pas la mort, c’est l’oubli !
Nous sommes tous Ayotzinapa !

Les Trois passants (Libérons-Les !)
Terre et Liberté pour Arauco

« La lutte sera plus forte et prolongée » signalent les familles des 42 étudiants disparus

Posted in Archives, Communiqués on 11 décembre 2014 by liberonsles

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Le vendredi 5 décembre, l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste* (EAAF) a informé les pères et les mères des 43 étudiants normaliens disparus qu’un fragment trouvé dans la rivière de Cocula, dans l’État de Guerrero, et envoyé en Autriche pour son identification, appartient à Alexander Mora Venancio, 21 ans, originaire du Pericón, Tecoanapa, État de Guerrero. Ce 7 décembre, le Centre de Droits de l’homme de la Montagne Tlachinollan [Ndt : qui accompagne depuis le début la lutte des parents des 43 étudiants disparus] a diffusé un communiqué dans lequel l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste (EAAF) assure « qu’elle n’était pas présente au moment où les plongeurs et les experts de la PGR – Procure Générale de la République mexicaine – ont récupéré le sac plastique contenant le fragment, ni n’a participé à la découverte du dit fragment », ce qui a généré une méfiance totale à l’égard de la théorie présentée par la Procure Générale de la République (PGR).

Cette nouvelle a provoqué des cris et des larmes de douleur et de rage . À Ayotzinapa seulement, on a pu entendre les murmures de ceux qui clament justice. Les étudiants de l’École Normale Rurale ont manifesté un immense respect aux parents des 43 jeunes quand ceux-ci ont fait connaître leur décision de continuer la lutte : « loin de rester immobiles à pleurer », ils se sont déclarés disposés à intensifier les actions. Les experts ont donné le résultat fatidique après soixante-dix jours d’incertitude.

Dans une conférence de presse présentée le 7 décembre à l’École normale d’Ayotzinapa, les pères et mères des jeunes absents ont clairement signalé que le gouvernement fédéral est en train de faire obstacle à leur demande d’engager des experts en assessorat technique en matière de recherche : « Jusqu’à présent la révision des déclarations des détenus n’a pas eu lieu ». Ils ont exprimé leur manque de confiance: « Nous considérons que ces déclarations peuvent être mal projetées, il peut y avoir des incohérences, il peut ne pas s’agir de la vérité ». Ils ont exigé que le Gouvernement Fédéral autorise la participation des experts et l’utilisation stratégique de technologies de pointe pour rechercher les étudiants.

Les parents ont rappelé l’impunité qui règne au Mexique, en signalant le manque de sérieux ainsi que la protection accordée au maire d’Iguala, José Luis Abarca, qui n’a pas été jugé et se trouve en qualité de détention provisoire (arraigo) malgré les preuves à son encontre dans la disparition forcée des étudiants.

Don Manuel, père de famille, a demandé : « Le 20 novembre, des personnes ont été arrêtées à l’Aéroport International du Mexique [Ndt : lors de la manifestation générale, un cortège est parti vers l’aéroport pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants disparus] et, elles, on les a mises en prison. Pourquoi ont-elles été condamnées si rapidement alors que les responsables du crime commis contre les étudiants [Ndt : le Maire Abarca et sa femme] sont toujours en qualité de détention provisoire ? »

Plusieurs fois, ceux qui attendent leurs enfants ont insisté sur le fait que le Gouvernement Fédéral ne suit pas toutes les lignes d’investigation, comme celle de la participation de l’Armée Mexicaine aux événements des 26 et 27 septembre : « Aucune investigation n’est entreprise sur sa participation. Or, nous savons que ses membres sont responsables aussi parce qu’ils sont intervenus d’une manière indirecte et complice, en soumettant et en intimidant les étudiants  ; nous avons expliqué à Osorio Chong** et au gouvernement de la république qu’ils doivent lancer une investigation relative à l’armée mexicaine. Quand nous avons dit à un certain moment que les militaires n’ont pas voulu intervenir dans les faits, c’est qu’ils auraient dû intervenir en fermant les sorties principales de la Ville d’Iguala et qu’ils ne l’ont pas fait ; ils ne l’ont pas fait parce qu’ils sont complices du crime organisé », a dit pour finir don Manuel (…)

Les parents des 43 étudiants ont annoncé toute une série d’actions dans les prochains jours et prochains mois à venir…
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MEXICO – 1er décembre, un cri collectif : Peña Nieto démission !

Posted in Actions, Archives, Ville de Mexico on 5 décembre 2014 by liberonsles

1dcmxrepr Coûte que coûte, nous allons retrouver les 43 étudiants – disent les parents des étudiants disparus.

La manifestation

Hier, 1er décembre 2014, les rues des 30 états du Mexique ont été à nouveau inondées par une marée humaine qui, plus déterminée que jamais, exigeait la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, au cri de « Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa ! ». Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, des jeunes, des étudiants accompagnaient une fois de plus la rage des parents des étudiants disparus, qui encore une fois ont pris la parole au milieu de la foule pour crier haut et fort : Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa, tu n’es pas le peuple ! Tu ne nous représentes pas ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! Peña Nieto démission !

Malgré la répression, les violences policières, les arrestations des 5, 6, 15, 20 et 28 novembre et celles de ce 1er décembre ; malgré les coups de matraques et les persécutions ; malgré le discours menaçant du gouvernement, le peuple mexicain est sorti dans la rue, sans avoir peur.

Après la manifestation qui est partie du Zocalo jusqu’au carrefour de l’Ange de l’indépendance à Mexico, un piquet de protestation s’est mis en place pour annoncer la prochaine action : « La prise populaire de la Ville de Mexico, qui aura lieu le samedi prochain 6 décembre 2014».

Sur l’estrade se trouvaient huit des 43 parents des étudiants disparus, lors que les drapeaux mexicains absentes de couleur s’érigent et noir entre les manifestants, Clemente, le père de Cristian Alfonso Rodríguez a pris la parole les larmes aux yeux, et a dit : « Cela fait une semaine de plus, nous allons vous trouver demain ou après-demain, nous vous attendons de retour à la maison. Parce que vivants vous avez été pris et vivants nous vous voulons ! »

« Malheureux soient les peuples où la jeunesse ne fasse pas trembler le monde et où les étudiants restent soumis face au tyran » – a dit un étudiant d’Ayotzinapa en demandant la démission d’Enrique Peña Nieto, les manifestants répétant derrière lui en criant « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! »

L’étudiant a repris et a demandé : « dans quel pays vivons-nous ? Après avoir eu des réunions avec le procureur Murillo Karam, le secrétaire de l’intérieur Osorio Chong et le président Enrique Peña Nieto aucun résultat ne nous a été donné sur le sort des 43 étudiants. Il faut un changement profond dans les institutions liées à la délinquance organisée (…) Dans tout le pays il y a un grand nombre d’assassinats, des disparitions, des mères qui souffrent pour leurs enfants ; les parents des étudiants disparus souffrent à chaque moment : quand ils mangent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont déjà mangé, quand ils boivent de l’eau et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont de quoi boire, quand ils se reposent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants sont en train d’être torturés avec leurs visages mutilés ».- a-t-il signalé.

Aujourd’hui, 30 états mexicains qui en ont assez se sont mobilisés – disent les parents des 43 étudiants disparus, avec rage et tristesse….ils n’arrêteront que lorsqu’ils les auront retrouvés.

Et pendant ce temps, que se passe t-il- au Guerrero ?

Depuis le 26 septembre, les actions n’ont pas cessé dans l’état de Guerrero, divers secteurs de la population, des organisations étudiantes entre autres, ont occupé des lieux gouvernementaux et pris des installations appartenant à l’État, bloqué des autoroutes, organisé des piquets de protestations, événements, marches et manifestations. Depuis la fin d’octobre 2014, l’Assemblée Nationale Populaire instaurée dans l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa, école des 43 étudiants disparus, a décidé d’occuper le plus grand nombre possible de conseils municipaux (ayuntamientos) comme mesure de pression pour que le gouvernement présente les 43 étudiants disparus en vie et pour exiger justice pour ses compagnons assassinés. Comme exemple de la nouvelle étape de lutte dans laquelle se trouve le mouvement social au Guerrero, les 28, 29 et 30 novembre, à partir de la prise des conseils municipaux, s’est initiée la construction des premiers Conseils Municipaux Populaires ; ce sont 5 conseils qui ont été créés – et au fil du temps d’autres vont certainement s’ajouter. Les conseils créés sont ceux de Tlapa de Comonfort, Acapulco, San Luis Acatlán, Ayutla de los Libres et Tecoanapa, couvrant ainsi les zones de la Costa Chica, Montaña et la zone centrale. Ces conseils municipaux populaires, selon Agustín Flores Vázquez, étudiant de cette école : s’organisent « par la même autonomie du peuple », cette étape est en construction mais pour les étudiants il s’agit d’un nouveau départ, d’une nouvelle étape dans la lutte.

Le solde de la répression policière

Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre dernier où au moins 10 personnes ont été arrêtées puis relâchées sous caution. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone attend lui toujours son procès . À partir de la manifestation du 5 novembre la pression est montée d’un cran, les médias se sont mis à paniquer, à diffamer et à étiqueter certains manifestants comme « infiltrés », « encagoulés », « déstabilisateurs »…l’ambiance s’est alourdie ; le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants et militants, Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée ; le 20 novembre au moins 30 personnes ont été arrêtées, 15 ont été libérées et se trouvent sous contrôle judiciaire, 11 autres ont été arrêtées et transférées dans des prisons de haute sécurité. Ce fut grâce à la pression nationale et internationale qu’elles ont été relâchées neuf jours plus tard ; le 28 novembre Sandino Bucio Dovalí, également étudiant, a été enlevé par la police et accusé d’avoir participé aux actions « délictueuses » menés pendant la manifestation du 20 novembre, après des mobilisations Sandino a été relâché. Mais la répression et la persécution se poursuivent, plusieurs journaux nationaux ont déclenché un lynchage médiatique en publiant de façon mensongère une série de listes d’activistes anarchistes et proches du mouvement anarchiste, et en les accusant de tous les maux. Parmi les personnes mentionnées se trouvent notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez, libéré le 31 octobre, ainsi que sa compagne. Plusieurs communiqués ont été diffusées pour faire face à ce lynchage médiatique.

Pour ce qui est de personnes arrêtées ce 1er décembre, l’information reste confuse, mais au moins trois personnes ont été arrêtées, nous sommes dans l’attente de plus d’informations.

La lutte continue…..

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
-Résumé et traduction de l’article Ayotzinapa: anuncian en mitin toma popular de la Ciudad de México, fait par Regeneracion Radio
-Guerrero, la capital de la ruptura, Regeneracion Radio
-Formal prisión a Jacquelin y Bryan,kehuelga-Radio

Communiqué commun: Halte aux harcèlements et aux diffamations au Mexique !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 3 décembre 2014 by liberonsles

fueeselestadomx 2 décembre 2014

Actuellement au Mexique et dans la ville de Mexico, divers événements préoccupants se déroulent ; à chaque instant des actions répressives se mettent en place contre la population. Ces actions ne semblent pas avoir de limites, elles sont chaque fois plus flagrantes, et l’État cherche à les rendre le plus visible possible afin que le peuple soit remplit de peur. Cette stratégie a un nom : Terrorisme d’État.

La répression prend forme quotidiennement par des disparitions, comme celles des 43 étudiants normalistes ; par des assassinats, comme ceux perpétrés contre les étudiants, comme celui de Carlos Sinhué Cuevas Mejía, parmi tant d’autres.

La répression prend la forme de détentions et de séquestrations :
– comme celles des compagnons et des compagnonnes détenues suite aux manifestations, parmi lesquels 11 personnes ont été transférées dans des prisons fédérales de haute sécurité – mais sont aujourd’hui libérées – et 14 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
– comme celles de Brayan Reyes, Jaqueline Santana, et Sandino Bucio.
– comme les incarcérations de Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas et Luis Fernando Sotelo.

La répression prend la forme de tortures, comme celles perpétrées lors de la plupart des arrestations, en particulier contre les activistes, comme dans le cas de Mario González ; la répression prend forme par les abus commis tous les jours par les « représentants » de l’autorité contre la population en général ; la répression prend forme par le harcèlement et les diffamations venant de certains médias de désinformation (tels Reforma, La Razon, El Universal, etc.), médias qui sont au service de l’État et de ses institutions policières, et qui ont mis en oeuvre une nouvelle campagne de signalements sélectifs contre les activistes sociaux qui expriment leur indignation face à l’assujettissement que nous vivons, parmi les personnes visées se trouve Mario González, libéré après 13 mois de réclusion et de torture, cette campagne s’érige contre la pensée anarchiste et ceux qui la partagent, en la détournant.

Tout cela, ce ne sont que quelques méthodes répressives perpétrées par les bourreaux contre tous ceux et celles qui se rebellent contre le despotisme générateur de la misère dans laquelle nous nous retrouvons submergés, contre ceux et celles qui dénoncent cette terreur institutionnelle qui est en train de croître.

Ces actes répressifs constituent clairement une mesure contre- insurrectionnelle qui cherche à nous pousser à la terreur et à la démobilisation au moment où toute une vague de mécontentement sociale s’est déclenchée.

C’est absurde de voir l’ensemble des institutions les plus violentes qui existent, c’est-à-dire l’État, accuser de violents et d’agressifs tous ceux et celles qui dénoncent sa violence. De la solidarité et de la lutte dépend que toute cette répression et toute cette injustice cessent.

Comité de Solidarité avec Mario González, Ville de Mexico
Les trois passants (Paris, France)
La Confederación General del Trabajo (CGT) – État espagnol
Fédération Anarchiste (France, Suisse, Belgique )
Internationale des fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Mut Vitz 13, Marseille (France)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone)
#Yosoy132 – Europe
La Fédération des CIRCs (France)
LaPirata:
– Nodo Solidale, Mexique et Italie
– Colectivo Zapatista Lugano, Suisse
– Nomads, Bologna et Berlin
Azamblea del Pueblo – Costa Rica/Centroamérica
Comité de redacción de la publicación “Lucha Indígena” (Pérou)
Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
DILE- Difusión de Ideas Libertarias en Ecatepec ( Mexique)
Periódico “Solidaridad Proletaria” (Monterrey, Mexique)
Ediciones subversión (Monterrey, Mexique)
Colectivo Zapatista Neza (Mexique)
Nicte Ha Soto (Sexta para Niñoas- Ville de Mexico)
Professeur Luis de la Peña Martínez (ENAH, Mexico)
Professeur Carolina Concepción González González (Mexique)
Professeur Emigdio Navarro Esquivel, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Fernando Quintana Mendoza, Preparatoria 2 (Mexique)
Professeur Guadalupe Susano Caballero, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Luis Darío Salas Marín, Preparatoria 6 (Mexique)
Professeur María Elena de la Torre Monterrubio, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur María Esther Navarro Lara, Facultad de Ciencias Políticas y Sociales ( Mexique)
Professeur Miguel Ángel García Álvarez, Facultad de Ciencias (Mexique)
Sandra Odeth Gerardo Pérez (ENAH, Mexique)
Gaia Capogna (Italie)
Itzel López Nájera (Mexique)

Source

Voir aussi MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.
La Guerre du Mexique d’en haut, cas d’Ayotzinapa

 

MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 1 décembre 2014 by liberonsles

librestdos Pendant la quatrième journée globale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus, la police et les CRS ont fortement réprimé plusieurs manifestations et cortèges. Le 20 novembre dernier, un cortège se rendant à l’aéroport pour manifester a été réprimé et 15 personnes avaient été arrêtées puis relâchées après avoir payé une caution, tandis qu’au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico, 11 personnes ont été arrêtées. Elles ont été envoyées deux jours plus tard vers des prisons de haute sécurité dans des états très éloignés de leur ville, où elles ont subi des mauvais traitements et des menaces. Cependant, après de fortes mobilisations et des manifestations exigeant leur libération, le juge du dix-septième district siégeant dans l’état de Veracruz a résolu le cas le 29 novembre au matin en se prononçant pour l’auto de formelle liberté à cause du manque d’éléments, et les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées. En raison des preuves insuffisantes pour les accuser de délits d’émeute, d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre, les juge a ordonné la libération immédiate des 11 détenus (1). Ainsi Roberto César Jasso del Ángel, Ramón Domínguez Patlán, Hugo Bautista Hernández, Atzin Andrade González, Juan Daniel López Ávila, Laurence Maxwell Ilabaca, Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Hillary Analí González Olguín, Liliana Garduño Ortega et Tania Damián Rojas ont retrouvé leur liberté ce 29 novembre 2014.

La répression, la persécution…

Cependant la persécution contre certains groupes de militants, d’étudiants, de jeunes n’a pas cessé. Le Comité de Solidarité pour Mario González, étudiant anarchiste de 22 ans libéré le 31 octobre dernier après avoir passé 13 mois enfermé à la tour de Tepepan, a émis un communiqué signalant les attaques et le lynchage médiatique que lui-même, sa compagne et plusieurs personnes proches ou faisant partie du mouvement anarchiste sont en train de subir ces dernières semaines.

Alors que les mobilisations se mettent en place partout au Mexique, de l’état de Guerrero jusqu’au nord du pays, alors qu’un appel à la cinquième mobilisation nationale en solidarité avec les 43 étudiants disparus se répand partout, alors que ce 1er décembre le peuple sortira de nouveau dans la rue, le gouvernement se prépare à prononcer le discours présidentiel du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir de Peña Nieto. Mais derrière les caméras et les jolis discours, la persécution, l’intimidation et le lynchage médiatique contre certains activistes tourne à plein régime.

D’autres compagnons doivent être libérés

ferzamDepuis le 5 novembre un appel a été lancé par plusieurs organisations et collectifs à se joindre à la lutte pour la liberté du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste Luis Fernando Sotelo Zambrano. Luis Fernando est âgé de 20 ans et est élève de l’École Nationale Préparatoire numéro 6 « Antonio Caso », appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique. Il est membre du Collectif Ollin Meztli et de la Coopérative ik’otik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone et proche du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Principalement impliqué dans les luttes étudiantes et le travail communautaire en accompagnement du Congrès National Indigène, il a aussi été partie prenante du mouvement contre la hausse des tarifs de métro l’an dernier, ainsi que de la lutte pour la libération de Mario González.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur » (2).

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont été même constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. Il fut transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il fut ainsi présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Celui-ci a signalé que Fernando a participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être et « en libérant une autre personne qui avait été arrêté au même moment que Fernando, la fausse déclaration du chauffeur du bus est tombée » (3).

Cependant, le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive – Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. (4)

L’appel à la mobilisation pour la libération de Fernando Sotelo se joint à celle lancée pour la libération d’autres prisonniers de la ville de Mexico, tels Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Bárcenas, Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson.

La lutte continue !

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
Médias dominants :
(1)Proceso, sobre liberacion de los 11 detenidos el 20 de noviembre
Médias Libres :
(2 et 3) Subversiones
(4) CNA- Mexico
Plus d’infos Fernando Sotelo 3e journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, prisonnier-e-s de la ville de Mexico

Mexique (cas d’Ayotzinapa) : face à la digne rage, le lynchage gouvernemental et médiatique

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 28 novembre 2014 by liberonsles

LIBRESYA

Le 20 novembre dernier, la colère, la rage et la détermination ont de nouveau fait irruption dans les rues de plusieurs villes mexicaines et étrangères. La quatrième journée globale pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus du fait de l’État mexicain résonnait un peu partout.

Les slogans s’accumulent les un après les autres donnant ainsi naissance à un positionnement politique qui rejette les abus de pouvoir, la corruption et les liens profonds de l’État mexicain avec le crime organisé et le narcotrafic.

Plus de 150 000 personnes sont sorties dans les rues pour crier encore et encore : « Rendez-les nous vivants ! », « Nous sommes tous Ayotzinapa ! », « C’est un coup de l’État ! », « Peña Nieto dégage ! ».

À Mexico la marée humaine couvrait le béton de la ville, la place centrale – « le Zocalo » – était remplie d’hommes, de femmes, d’enfants… Les familles mexicaines sont sorties parce que les enfants disparus, ce sont aussi les leurs.

Au nord du pays, dans l’État de Sonora, environ 5000 manifestants ont occupé le Congrès local ce même jeudi 20 novembre. Parmi les manifestants étaient présents l’Assemblée étudiante de l’Université de Sonora, les pères et les mères des enfants morts en 2009 lors de l’incendie de la garderie ABC provoqué par des négligences puis couvert par le gouvernement. Roberto Zavala, père de Santiago Jesús, l’un des enfants décédés lors de l’incendie de la Garderie ABC, a déclaré : «  104 ans après la Révolution Mexicaine qui est née à Sonora l’exigence de justice renaît aujourd’hui dans ces terres, dans une nouvelle Révolution. » (1)

Le Mexique s’est de nouveau réveillé, les appels à la solidarité continuent, de nouvelles manifestations et mobilisations sont en cours, et ce malgré le discours féroce « de rappel à l’ordre » du président Peña Nieto lors d’une cérémonie des forces armées. Ce dernier a pointé du doigt tous ceux qui portent atteinte aux institutions, après avoir fait remarquer que dans un État démocratique comme le Mexique « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Le président a ajouté : « Les Mexicains disent non à la violence », « La société comme le gouvernement repoussent catégoriquement n’importe quelle tentative pour la provoquer ou l’encourager ! ». Alors que la vérité éclate autour de l’implication et de la responsabilité avérée des militaires dans l’assassinat de 22 civils à Tlatlaya, État de Mexico, le président signale que « sous aucun prétexte la loyauté, la noblesse et la vocation du service des forces armées ne peuvent être mises en doute. » (2)

Mais de quelle violence parle le chef de l’État ?

Alors que plus de 180 000 personnes ont été assassinées au milieu d’une guerre, sous le feu croisé des militaires, des paramilitaires, des policiers et des narcotrafiquants.
Alors que six personnes ont été assassinées par la police municipale d’Iguala et que 43 étudiants d’Ayotzinapa ont disparu.
Alors que des fosses communes clandestines sont découvertes toutes les semaines.
Alors que chaque jour il devient de plus en plus clair que l’État est impliqué directement dans le crime organisé et le trafic de drogue.

De quelle violence parle le chef du gouvernement ?

Quand le 15 novembre la police entre en toute impunité à l’Université Autonome du Mexique et tire sur les étudiants.
Quand les autorités mènent une véritable persécution contre les jeunes, les militants, la population toute entière.
Quand ces mêmes autorités menacent les parents des 43 étudiants disparus pour les faire taire.
Quand les arrestations sont systématiques et massives depuis son investiture présidentielle en 2012.
Quand des millions de personnes survivent à peine alors que le président a mis en vente et privatisé le pays par le biais de réformes structurelles mises en place en un temps record.
Quand le président et sa femme possèdent une maison d’une valeur de 7 millions de dollars, appelée il y a peu de temps «  la maison blanche » (3) alors que le salaire minimum des Mexicains est d’environ 60 pesos (3 euros) par jour.

… Mais de quelle violence parle-t-il ? !

Aujourd’hui, les onze personnes arrêtées pendant la manifestation du 20 novembre ont été transférées dans des prisons de haute sécurité, punies pour renforcer ce mot d’ordre hypocrite du gouvernement : « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Ces personnes qui manifestaient sont aujourd’hui accusées d’émeute, d’« association de malfaiteurs », de tentative de meurtre. Toutes ont été menacées, frappés, mal-traités et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Comme lors des manifestations contre l’investiture de Peña Nieto en 2012, la presse vendue et le gouvernement recommencent à mettre en place une campagne médiatique de lynchage en qualifiant les manifestants de « radicaux », de « déstabilisateurs », d’« encagoulés », d’« infiltrés », et en ciblant plus particulièrement les groupes anarchistes. Dernièrement, dans la presse, la diabolisation et la criminalisation des anarchistes ou des personnes proches réapparaissent férocement. Un article liste même les noms des activistes ou militants anarchistes en les présentant comme les responsables de tous les maux. Nous sommes particulièrement inquiets des signalements mensongers que la presse a fait de notre compagnon Mario Gonzalez, récemment libéré, et de notre compagnonne Nuria Roxana Ramírez Solano. Nous restons attentifs à ces faits et lutterons contre cette campagne médiatique grâce à nos propres médias alternatifs, pour que l’esprit de révolte qui fleurit un peu partout au Mexique et ailleurs se développe encore. No pasaran !

Nous sommes tous Ayotzinapa !
Nous les voulons vivants de retour à la maison !
Liberté immédiate aux prisonnier-e-s !
Halte au lynchage médiatique et à la criminalisation des luttes !

Les trois passants /correction Valérie
————
Sources provenant des médias dominants :
1  2  3

Voir aussi: Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !
Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.
Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international remis aux parents des 43 étudiants disparus le 20 novembre 2014)

Mexico : Liberté pour les prisonniers et les prisonnières du 20 novembre

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 25 novembre 2014 by liberonsles

Introduction :
Partout au Mexique et dans plusieurs endroits du Monde, des manifestations ont eu lieu ce 20 novembre représentant ainsi la quatrième journée nationale et internationale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus depuis le 26 septembre 2014. Le Mexique vit un état de répression, d’intimidation et de criminalisation de plus en plus grandissante où le discours gouvernemental venant du président Enrique Pena Nieto, de son Armée et de ses médias vendus, rappelle le discours du Président Gustavo Díaz Ordaz (1964 à 1970) : « les forces obscures désirent déstabiliser la nation », des paroles largement connues de toute une génération mexicaine et qui furent prononcées quelques semaines avant le massacre d’étudiants à Tlatelolco en 1968.

« Il semblerait que les protestations violentes concernant les faits d’Ayotzinapa répondent à une volonté de générer « une déstabilisation, un désordre social » et « d’attenter au projet de Nation » que j’ai impulsé » (1) a signalé le président Enrique Peña Nieto, le mardi 18 novembre, deux jours avant la quatrième journée de mobilisation. En se servant des médias, comme il l’a déjà fait lors de la manifestation contre son investiture présidentielle le 1er décembre 2012, le président et son gouvernement, lancent une fois de plus une campagne de lynchage contre les « déstabilisateurs », «les infiltrés », « les encagoulés », ils lancent à nouveau une vague de répression, d’intimidation et d’arrestations. Dans ce contexte, la mobilisation populaire continue en avant en se posant de nouvelles questions sur la suite : comment mener la protestation ? quelle est l’étape suivante ? Cependant aujourd’hui comme en 1968, une chose est claire pour le peuple… le responsable est l’État, un narco-état qui est en train de s’écrouler de lui-même .

Suite à la 4e manifestation massive qui a eu lieu dans la ville de Mexico ce 20 novembre, le Réseau nationale contre la Répression et pour la Solidarité (2) – qui regroupe des dizaines d’organisations et des collectifs adhérents à la sixième déclaration lancée par les zapatistes, déclare :

Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !

aerayotzin La journée d’hier, 20 novembre, nos compagnons et compagnonnes : Samantha Iraís Buendía Hernández, Óscar Iván Ramirez Sentellano, David Nava Ocampo et Humberto Nava Ocampo ont été arrêté-e-s par des CRS de la ville de Mexico et de la Police Fédérale alors qu’ils participaient aux mobilisations en solidarité avec les 43 compagnons normalistes d’Ayotzinapa, disparus par le fait de l’État mexicain et du système capitaliste.

Une « caution » a été fixée pour Samantha, Óscar, David et Humberto, qui leur permettra de retourner dans la rue. Ces compagnons participaient à la marche de protestation qui se dirigeait vers l’Aéroport de la ville de Mexico.

Très rapidement, un dispositif policier s’est déployé avec plus de 500 policiers (CRS) qui ont commencé  à harceler les cortèges présents, jusqu’à les agresser physiquement. La police a lancé des pierres et a commencé à persécuter les jeunes manifestants qui se solidarisaient avec les étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa et qui exprimaient leur mécontentement face aux crimes de l’État et du système actuel. Au milieu du siège policier, les manifestants se sont entendus pour se replier vers un lieu sûr, et c’est à ce moment là que, lâchement, les premières interpellations ont eu lieu, un jeune de 15 ans qui ne faisait pas partie de la manifestation mais habitant du quartier (La Fédéral) a été tabassé. C’est la solidarité des gens du quartier qui a empêché que plus de compagnons soient détenus, des hommes, des femmes, des travailleurs accompagnaient la sortie des manifestants qui étaient « escortés » par les CRS.

C’est avec indignation que nous avons appris que plusieurs arrestations ont eu lieu pendant la nuit, lors du déroulement de la Marche Nationale, quand à nouveau, la police Fédérale et les CRS ont dispersé la manifestation par la répression, avec des gaz lacrymogène, des coups de matraques et de boucliers, en balayant littéralement la place centrale du Zocalo, en agressant toute personne qui se trouvait en face, en laissant des personnes blessées, pratiquement inconscientes sous les coups reçus.

Nous, entant que Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, condamnons la répression exercée contre ceux qui, hier (20 novembre), sont sortis dans la rue manifester leur rage et leur douleur, qui s’appelle Ayotzinapa et qui n’est qu’un symptôme de tout le ras le bol des personnes qui restent debout face au cauchemar qui se vit au Mexique. Nous rejetons les arguments qui cherchent à présenter les diverses formes de lutte comme  des « provocateurs » ou des « infiltrés ». Les vrais responsables de la violence ne s’habillent pas en noir et ne mettent pas de capuche, les vrais responsables de la violence s’habillent avec l’uniforme bleu et vert olive, mettent des casques, utilisent des boucliers, des matraques, des balles en caoutchouc, des armes à feu, ce sont ceux qui historiquement, ont pour fonction de réprimer ceux d’en bas. Pour nous tous et toutes, la police, les armées fédérales ne sont pas « le peuple en uniforme et exploité », leurs actions ne sont pas le résultat de « provocations » mais l’exécution des ordres donnés par les patrons, par leurs maîtres, par ceux qui se trouvent à Los Pinos (ndt : équivalent à l’Élysée) dans les Congres, les Palais, dans les médias de communication commerciaux,  à la bourse.

Depuis le Réseau contre la Répression, nous le disons haut et fort : les seuls infiltrés dans les mobilisations et dans les cortèges s’appellent dignité et rébellion. Nous savons que les actions menées par toute personne, collectif, groupe ou organisation sont une réponse face au pillage, à l’exploitation, au mépris, et à la répression que nous vivons tous et toutes au quotidien, la violence, elle, se nomme système capitaliste.

Nous dénonçons le fait que la détention de nos compagnons soit la seule réponse que peut donner la déliquescence d’un régime et d’un système qui se maintiennent uniquement par la force.

Nous lançons un appel à toutes et tous nos compagnons et compagnonnes adhérents à la Sexta déclaration de la forêt Lacandone, à tous les condisciples de la petite école zapatiste et à toute personne qui ressent ces offenses comme les siennes, pour que chacun selon ses moyens, ses façons, ses temps et ses espaces, réalise des actions de solidarité et de camaraderie pour dénoncer ces faits et lutter pour la liberté des compagnons et compagnonnes prisonniers.

Présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus !
Liberté pour les prisonniers et prisonnières du 20 novembre !
Contre l’État et le capitalisme !
Pour l’auto-organisation de ceux d’en-bas !
Contre le pillage et la répression : la solidarité !

Réseau contre la Répression et pour la Solidarité(RvsR)
Mexique, 21 novembre 2014.

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
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Plusieurs Sources sur la citation (1)  :
sources Médias dominants  : 1  2 
(2) Enlace Zapatista

Voir le Reportage photo de Regeneracion Radio « Solidaridad y terrorismo de Estado »

Manifestation pour Ayotzinapa (20 Novembre 2014)- un cortège de la Manifestation

Voir aussi : Manifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne + VIDÉOS

Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 25 novembre 2014 by liberonsles

marcha20novManifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne.

Le 5 novembre deux étudiants sont arrêtés par la police lors de manifestations sur le campus de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM) suite à une agression de la police judiciaire qui a blessé par balle un étudiant sur ce même campus. Cette incursion de la police sur le campus n’est pas anodine, car elle s’est faite à proximité de l’amphithéâtre « Che » occupé depuis plusieurs années par les étudiants et où dernièrement des activités ont eu lieu pour soutenir Ayotzinapa.

L’un des deux étudiants a été libéré, mais Luis Fernando Sotelo reste en détention préventive dans la prison Sud de la ville de Mexico, où il devra attendre son procès pour attaque à la paix publique, attaques aux voies de communication et dégradation.

Le 20 novembre dernier durant la manifestation pour Ayotzinapa à Mexico,18 personnes ont été arrêtées par la police. Certaines d’entre elles sont aujourd’hui libres ou ont pu sortir sous caution. Cependant 11 personnes -Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Tania Ivonne Damián Rojas, Juan Daniel López Ávila, Hilllary Analy González Olguin, Atzín Andrade González, Roberto César Jasso del Ángel, Laurence Maxwel (Chilien), Liliana Graduño Ortega, Issac Domínguez Ayala et Hugo Bautista Hernández- sont toujours détenues, accusées d’émeute, « association de malfaiteurs », tentative de meurtre. ToutEs les détenuEs ont été menacéEs, frappéEs, mal-traité.E.s et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Le 22 novembre ces 11 personnes (8 hommes et 3 femmes) ont été transférées vers des prisons fédérales de haute sécurité. Les 8 hommes ont été transférés  vers la prison fédérale N°5 de Perote dans l’État de Veracruz et les 3 femmes ont été transférées vers la prison fédérale N°4 de Tepic, dans l’État de Nayarit dans le Nord du Mexique.

Ces transferts vers des prisons très éloignées de la ville de Mexico ont pour but d’isoler les prisonnierEs de leurs avocats, de leurs soutiens et de leurs familles.

Nous exigeons leur liberté immédiate !

À bas les murs de toutes les prisons !

Vive Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants.

VIDÉO :  Testimonios #TuVozX11Consignados ( en espagnol )

VIDÉO Desalojo violento del zócalo #20novMX

Emboscada de policía federal contra manifestantes 20 de Noviembre en Zócalo

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Voir aussi: arrestations lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier

Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international)

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 20 novembre 2014 by liberonsles

vivosyalosaqeremosListe des signataires actualisée le 24 nov 2014.

Ce communiqué international a été remis aux parents des 43 étudiants disparus, le 20 novembre 2014 lors de la manifestation à Mexico.

Notre douleur, notre rage

Et maintenant comment faire pour continuer à avancer dans cette nouvelle étape?

Depuis le 26 septembre 2014, le Mexique se voit tel qu’il est et le monde à nouveau découvre une réalité que l’on ne peut plus cacher et qui s’est révélée de la façon la plus terrible qui soit. Iguala est le lieu où le Mexique de douleur et de mort ne peut plus ignorer sa réalité, c’est le lieu qui a empli le monde entier d’indignation, c’est le lieu où le secret muet s’est converti en un cri de douleur et de rage.

43 étudiants disparus, trois étudiants assassinés. Tous assassinés et disparus à Iguala, tous assassinés et disparus par l’État. Tous assassinés et disparus par le pacte d’impunité qui lie la classe politique.

Mais désormais il ne suffit plus de parler d’impunité car les institutions qui auraient dû exercer la justice non seulement ne le font pas mais elles se protègent elles-mêmes de leurs propres délits ; en réalité nous sommes devant un système qui trouve toujours comment et qui punir, de façon exemplaire et spectaculaire (coupable ou innocent), afin de pouvoir garder intacts le grand commerce de la corruption ainsi que les structures brutales du pouvoir qui maintiennent le pays entier submergé par la violence.

Au Mexique ce n’est pas le système qui est corrompu, c’est la corruption qui est le système. Ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus de vides de l’État, mais c’est que ce qui apparaît comme des vides est en réalité plein de la nouvelle mutation de l’État mexicain : le Narco-Etat.

Le couple Abarca est une terrifiante démonstration du lien entre le gouvernement et le crime organisé, mais le pire c’est que ce n’est pas le seul ni le pire exemple, c’est précisément un exemple de ce que sont devenues les institutions du Mexique. A Iguala, les 43 étudiants de Ayotzinapa sont également la terrible preuve que non seulement les actions du Narco-État sont contre insurrectionnelles, qu’elles cherchent la criminalisation des luttes, qu’elles cherchent à contrôler par la terreur, qu’elles cherchent le génocide de l’espoir.

Dans ce Mexique brisé, sécurité signifie vivre terrorisé, entouré de militaires et policiers, surveillé en permanence. Dans ce Mexique brisé, les appareils des droits de l’homme sont utilisés pour s’assurer que les véritables agresseurs échappent à la justice et puissent continuer à agresser.

Dans ce Mexique brisé, l’ex-maire d’Iguala, José Luis Abarca, est accusé de nombreux délits, mais pas de celui qui entraînerait la reconnaissance de la responsabilité de l’État, celui de disparition forcée.

Dans ce Mexique brisé, María de los Angeles Pineda est maintenue aux arrêts pendant 40 jours et Noemi Berrument Rodriguez, protectrice du couple accusé, est laissée en liberté, tandis que ceux qui s’opposent au système, ceux qui défendent la terre, ceux qui exigent justice, ceux qui se solidarisent avec les familles des 43 étudiants disparus par l’État, ceux qui éclatent d’indignation, sont immédiatement emprisonnés.

Dans ce Mexique brisé, le pouvoir se scandalise lorsque quelqu’un brûle une porte en bois, tandis que pour les centaines de milliers de morts, les centaines de milliers de disparus, les centaines de milliers de déplacés, il n’y a que des montages médiatiques, de longs procès bureaucratiques, de fausses condoléances, mais jamais de justice.

Le message derrière la façon dont tout a été fait à Iguala, derrière les milliers de morts et de disparus dans tout le Mexique, c’est qu’aucune vie n’a de valeur, et que depuis ces « nouvelles institutions », la façon de gouverner c’est désormais la mort.

Pour toutes ces raisons, après que le monde ait espéré, par une enquête rigoureuse une réponse quant à la situation des 43 normaliens disparus , il est indigne et douloureux de constater que les enquêteurs aient montré non seulement leur incompétence mais également un impressionnant manque du minimum de respect envers les familles des victimes, et à travers elles, envers toute la société, car leur unique objectif est de biaiser les enquêtes afin d’occulter la vérité.

L’indignation a grandi, a débordé les places, croissant semaines après semaines. Les manifestations, les actions, les grèves, démontrent que malgré les mensonges, les montages, les calomnies et les tromperies de la part du « Gouvernement mexicain », toujours absent lorsqu’il s’agit de donner des réponses, le peuple mexicain et d’autres parties du monde, ont fait leur le slogan « Vivants ils les ont pris, vivants nous les voulons ! »

Dans de nombreux endroits aussi bien au Mexique qu’à l’extérieur du pays, des étapes importantes sont franchies rapidement vers de nouveaux cris qui résonnent # Nous ne vous croyons pas, # C’est un coup de l’État # C’est bon, j’en ai marre, #Nous sommes tous Ayotzinapa.

A Iguala la logique politique est devenue visible, celle qui a fait que dans notre pays 180 milles morts nous font mal et que nous continuons d’attendre plus de 20 milles disparus.

Aujourd’hui nous rejoignons la rage active des pères et des mères des étudiants disparus, aujourd’hui nous leur disons que nous attendons que les 43 reviennent, que nous ne croyons pas à la farce par laquelle ils espèrent balayer cette indignation et cette rage générale. Ayotzinapa est le début de quelque chose, qui grandit dans les salles de classe et dans les rues.

Ces dernières semaines un mouvement qui clairement identifie qui ils sont est en train de naître, dans ce nouveau processus la peur est en train de reculer, il devient impossible de rester simple spectateur et cela ouvre la possibilité de se demander :

Comment faire pour que notre énergie sociale parvienne à ouvrir une voie qui permette à la société, depuis le bas, d’imposer au gouvernement la vérité avec toutes ses conséquences ? Comment continuer à avancer dans cette nouvelle étape ?

Ayotzinapa ne fait pas seulement mal au Mexique, c’est le monde entier qui a mal.

Signatures individuelles :

CANADA: Naomi Klein; ÉTATS-UNIS: Noam Chomsky; Michael Hardt; Hugo Benavides (Fordham University); URUGUAY: Raúl Zibechi; ÉTAT ESPAGNOL: Manuel Castells; Carina Garcia Sanagustin; BOLIVIE: Oscar Olivera; ARGENTINE: Nico Falcoff; COLOMBIE: Dora Muñoz; Constanza Cuetia; ALLEMAGNE: Sebastian Wolff (Instituto de Investigaciones Sociales, Frankfurt/Alemania); BRÉSIL: Kathy Faudry; Jeferson Zacarias; Denise Lopes; Edila Pires; Liliane Bites; Walter Bites; PAYS BASQUE : Juan Ibarrondo (escritor); ITALIE: Adele Vigo; Andrea Paletti; Franco Frinco; Carlotta Mariotti; Filipppo Marzagalli; MAROC : Josiane Pastor Rodriguez; FRANCE: Valentin Gaillard; Mathieu Meyer; Talia Rebeca Haro Barón (PhD Erasmus Mundus Dynamics of Health and Welfare, Ecole de Hautes Études en Sciences Sociales), Michèle Blossier; Patrice Ratheau; Paul Victor Wenner; Myriam Michel; Hilda Leslie Alcocer Martinez; Louise Ibáñez Drillières; Crystel Pinçonnat; Janie lacoste (Enseignante); Michel Puzenat; Pierre Banzet; Régine Piersanti; Dominique Mariette; Nathalie Todeschini; Stéphane Lavignotte- pasteur (Mouvement du christiaisme social); Farid Ghehioueche (Fondateur/Porte Parole de l’organisation Cannabis Sans Frontières); Jean-Pierre Galland, écrivain et co-fondateur du CIRC; KShoo, co-fondateur et porte-parole de la Fédération des CIRCs; Emmanuel Maillard; Myriam Mérino; Ariane Chottin; Valérie Guidoux; Olivier Vendée; Pierre Picquart (Dr en Géopolitique de l’Université de Paris-VIII) ; Antinea Jimena Pérez Castro; Yann Bagot; Emmanuel Rodriguez; Marie Ibanez; Amparo Ibanez; Gilbert Rodriguez; Marie Ibanez; Jacqueline Henry; Catherine Cassaro; Catherine Bourgouin; Susanna Miglioranza; Sylvie Gauliard; Alain Martinez; Colette Revello; Fatiha Mekeri; Dominique Poirre; Laura Binaghi; Jérôme Bauduffe; Nadia Thomas; Matthieu Texier; Paul Obadia; Vincent Robin; Michel Ibañez; Lise Piersanti; Alain Delprat; Catherine Drillières; Colette Revello; Didier Collot; Marianne Petit; Janine Leroy; Suzy Platiel; Aude Lalande; Mansour Chemali; Corinne Mazel; Celia Ibañez; Pauline Delprat; Michel Contri; Ali Abadie; Mercedes Cruceyra; José Griault; Annick Laurent; Gérard Henry; Georges Gottlieb; Janie Lacoste; Michel Ibañez; Pilar Sepulveda; Rafael Sepulveda; Pascal Ibañez; Patrick Derrien ; Hélène Derrien ; Lia Cavalcanti (directrice de l’association Espoir Goutte d’Or); Catherine Faudry (Chargée de mission – pôle « Collectivités Territoriales » Institut Français); Camille Baudelaire; MEXIQUE: Álvaro Sebastián Ramírez (Preso Político y de Conciencia de la Región Loxicha); Francisco Barrios “El Mastuerzo”; Oscar Soto; Alejandro Varas; Raquel Gutiérrez Aguilar; Mariana Selvas Gómez; Guillermo Selvas Pineda; Rosalba Gómez Rivera; Martha Nury Selvas Gómez; María Josefina Perez Arrezola; María José Pérez Castro; José Cervantes Sánchez (estudiante ICSyH BUAP); Rosalba Zambrano; Ana María Sánchez; Tamara San Miguel; Eduardo Almeida; Enrique Ávila Carrillo; Ingrid Van Beuren; Leticia Payno; Cecilia Oyorzál; Ignacio Rivadeneyra; María del Coral Morales; Oscar Gutiérrez; Gilberto Payno; Celiflora Payno; Víctor Payno; Patricia Emiliano; Beatríz Acevedo; Francisco Sánchez; Agustina Álvarez; Mariana García; Miguel Ortigoza; José Antonio León; Sergio Cházaro; José Hugo Estrada Zárate; Iliana Galilea Cariño Cepeda; Pablo Reyna; Guillermina Margarita López Corral; Ana María Corro; Lorena Diego y Fuentes; Enrique González Ruiz; Ignacio Román; Cecilia Zeledón; Berta Maria Rayas Camarena; Judith Arteaga Romero (maestrante Defensa y Promoción de los Derechos Humanos UACM); Aurora Furlong; José Luis San Miguel; Alma Ugarte; Juan Manuel Gutiérrez Jiménez.

ORGANISATIONS:

ÉTAT ESPAGNOL : CGT; ASSI (Acción Social Sindical Internaciolalista); Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai – Barcelona; Centro de Documentación sobre Zapatismo (CEDOZ); COLOMBIE : Pueblos en el Camino; ALLEMAGNE : Gruppe B.A.S.T.A., Munster; BRÉSIL : CSP-Conlutas–Brasil; BELGIQUE : Casa Nicaragua-Liège; CafeZ –Liège; CORSE: Corsica Internaziunalista; PAYS BASQUE : La Federación Anarquista Ibérica de Euskal Herria (FAI); ITALIE: Associazione Ya Basta! –Milano; Centro Sociale CasaLoca – Milano; Associazione Ya Basta – Padova; Nodo Solidale (Italia y Mexico); Comitato Chiapas « Maribel » – Bergamo; FRANCE: Les trois passants – Paris; Caracol Solidario – Besançon; Colectivo Grains de sable; Union local de la Confédération Nationale du Travail (CNT31-Toulouse); Secrétariat international de la CNT – France; Tamazgha, asociacion berbères-Paris; Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan); Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG-France); La Fédération des CIRCs – Paris; Comité Tierrra y Libertad de Lille; Réseau latino-américain de Lille; Émission Torre Latino/Radio Campus – Lille; Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL), Paris; Espoir Chiapas – Montreuil; Mut Vitz 13 de Marseille, Terre et Liberté pour Arauco – Paris; Alternative Libertaire 31 – Toulouse; ROYAUME-UNI : UK Zapatista Solidarity Network; Dorset Chiapas Solidarity Group; Edinburgh Chiapas Solidarity Group; Kiptik (Bristol); London Mexico Solidarity Group; Manchester Zapatista Collective; UK Zapatista Translation Service; Zapatista Solidarity Group – Essex; MEXIQUE : Enlace Urbano de Dignidad; Nodo de Derechos Humanos; Unidad Obrera y Socialista (¡UNIOS!); Unión de Vecinos y Damnificados « 19 de Septiembre » (UVyD-19); La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión; Colectivo La Flor de la Palabra; Comité de Solidaridad con Mario González, DF; Colectivo de Profesores de la Sexta; Frente del Pueblo; Serpaj; Colectivo « pensar en voz alta »; UniTierra Puebla; Colectivo Utopía Puebla; Colectivo de Salud adherente a la Sexta; Grupo « Salud y Conciencia »

INTERNATIONALES: Internationale des Fédérations anarchistes (IFA); Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique); RÉSEAU EUROPÉEN DES SYNDICATS ALTERNATIFS ET DE BASE : Confederación General del Trabajo, CGT – État Espagnol; Union syndicale Solidaires- France; Confederazione Unitaria di Base, CUB – Italie; SUD Vaud, Suisse; Confederacion Intersindical – État Espagnol ; Unione Sindicale Italiana, USI – Italie; Intersindical Alternativa de Catalunya, IAC –Catalunya; Confederazione Italiana di Base, UNICOBAS – Italie; Confédération Nationale des Travailleurs Solidarité Ouvrière, CNT-SO – France; Transnational Information Exchange, TIE – Allemagne; Associazione per i Diritti dei Lavoratori Cobas, ADL COBAS – Italie; Solidaridad Obrera, État Espagnol; Confédération Nationale du Travail, CNT –France; Sindacato Autorganizzato Lavoratori Cobas, SIAL COBAS – Italie; Sindacato Intercategoriale Cobas Lavoratori Autorganizzati, SI COBAS – Italia; Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση, ESE – Grèce; Union Syndicale Etudiante Fédération Générale du Travail de Belgique, USE –Belgique; Ogólnopolski Związek Zawodowy Pielegniarek i Poloznych, OZZ PIP –Pologne; Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza, OZZ PIP– Pologne; ORGANISATIONS ÉTUDIANTES : Solidaires Étudiant-e-s, France; Union Syndicale Étudiante, Belgique; SUD étudiants et précaires, Suisse.

Source/Version originale en espagnol/ version anglaise, italienne et portugaise

Les zapatistes partagent la douleur et la rage des parents des 43 étudiants normalistes disparus

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Chiapas, EZLN on 19 novembre 2014 by liberonsles

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Une caravane composée des parents des 43 étudiants normalistes disparus depuis le 26 septembre parcourra plusieurs États du Mexique, pour arriver à la ville de Mexico le 20 novembre. Cette grande manifestation de solidarité a pour but de réclamer l’apparition en vie des normalistes disparus.

Les zapatistes partagent la douleur et la digne rage des pères et des mères des étudiants normalistes disparus.

Ils les encouragent à continuer la lutte légitime et à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique.

« Vous n’est pas seuls, votre douleur est aussi la nôtre et nôtre est votre digne rage » : c’est avec ces mots que, le 15 novembre, dans le Caracol II d’Oventik « Résistance et rébellion pour l’humanité », dans la zone des hauts plateaux de Chiapas, les zapatistes ont souhaité la bienvenue aux pères et mères des 43 étudiants disparus à Ayotzinapa.

« Nous nous joignons aux actions qui exigent la présentation en vie des 43 normalistes disparus suite à l’acte criminel perpétré par les mauvais gouvernements », ont déclaré les zapatistes.

« Nous, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, voulons écouter votre douleur et votre rage qui sont aussi les nôtres », a signalé le Commandant Tacho aux familles des étudiants disparus. «Nous, hommes et femmes zapatistes, nous vous avons accompagnés dans les mobilisations qui ont eu lieu à Mexico et ailleurs dans le monde. Même si nous n’apparaissons pas dans les médias payants, nous voulons vous dire que nous vous avons accompagnés par des faits réels ».

Après ce temps de bienvenue, un espace a été ouvert pour que les pères et mères des étudiants disparus puissent être entendus. Don Floriberto s’est levé de la chaise en bois sur laquelle il portait une photo du visage de son fils, et d’une voix ferme il a dit : « Nous sommes ici pour vous demander votre soutien parce que le gouvernement ne nous écoute pas. Au contraire, il nous a au contraire trompés depuis le début, et nous sommes fatigués de ses mensonges. »

Doña Carmelita a été reçue par les applaudissements de milliers de zapatistes qui ont écouté, attentifs, à l’intérieur de l’auditorium « Cela fait cinquante jours que nos enfants ont disparu, le gouvernement nous trompe et on dirait qu’il ne veut pas que nous les retrouvions. Depuis le début, ils ont voulu nous rendre nos enfants morts, d’abord dans des fosses communes, maintenant brûlés, mais nous ne croyons rien de tout cela car ils n’ont pas de preuves de ce qu’ils avancent… Mon fils n’a pas disparu, le gouvernement l’a pris, le gouvernement sait où il se trouve. »

Don Valentin s’est présenté dans sa langue maternelle Ñuu Savi de la côte montagneuse : « Cinquante jours ont déjà passé depuis la disparition de nos enfants, et le gouvernement n’en a rien à cirer parce que nous sommes pauvres. Ce serait autre chose si les disparus étaient leurs enfants riches. Nous sommes très inquiets car nous ne savons pas ce qui est en train d’arriver à nos enfants. A présent ils nous disent que nos enfants sont devenus cendres ; nous ignorons comment ils vont faire mais ce que nous savons c’est qu’avant, quand ils les ont pris, ils n’étaient pas des cendres, ils n’étaient pas à l’intérieur de sacs plastiques. Ils les ont pris vivants, vivants ils doivent nous les rendre. »

Don Ezequiel portait une chemise avec le visage de son fils et un manteau d’Ayotzinapa : « Nous sommes paysans, les disparus sont nos enfants, tous des fils de paysans », et avec une rage digne il a signalé : « Nous sommes fatigués de ce gouvernement maudit. Le gouvernement fédéral veut mettre un terme à l’engagement envers nous pour la recherche de nos enfants ;   pour lui nous sommes des perturbateurs parce que nous exigeons que nos enfants reviennent vivants. Mais nous allons lutter jusqu’aux dernières conséquences parce que vivants ils ont été pris, vivants nous les voulons. »

Après avoir écouté avec attention la douleur et la digne rage des parents des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, le Sous Commandante Insurgé Moises a lu le message du Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale : il a remercié la Caravane d’être arrivée à Oventik pour y partager ses paroles et son engagement héroïque. Il a encouragé les étudiants et les parents à continuer leur lutte, à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique, mais surtout à continuer avec obstination, de continuer à nommer les disparus face aux responsables de leur malheur, à demander justice face à l’orgueil du puissant, à enseigner la rébellion et la résistance face au conformisme et au cynisme. « Nous voulons vous remercier pour l’enseignement que vous êtes en train de nous donner ».

Traduit par Les trois passants/ correcteurs Valérie et Amparo
Source

Voir aussi les articles:

Ayotzinapa : Les restes humais trouvés à Iguala et Cocula ne sont pas ceux des 43 étudiants – signalent les experts médico-légaux indépendants.

Ayotzinapa: Ça ne fait que commencer – préviennent les normalistes

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Ayotzinapa : Les restes humais trouvés à Iguala et Cocula ne sont pas ceux des 43 étudiants – signalent les experts médico-légaux indépendants.

Posted in Actions, Archives, Campagnes on 15 novembre 2014 by liberonsles

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Les analyses médico-légales menées pour l’identification des corps des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, et qui auraient été assassinés et brûlés par le crime organisé (police, un supposé groupe criminel et  autorités) sont conduites en parallèle par une équipe gouvernementale, et par L’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légale – EAAF. (1)

Pour le moment aucun des restes humains récupérés à Iguala et Cocula [deux des lieux où supposément les étudiants ont été amenés et assassinés], ne correspondent aux 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus depuis le 26 septembre dernier, a confirmé dans un communiqué l’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légal(EAAF). (2)

L’EAAF, unique organisme de spécialistes crédible pour les parents des étudiants disparus, a précisé que sa conclusion fait référence aux 24 des 30 premiers corps récupérés dans six fosses communes à Pueblo Viejo, Iguala, Guerrero. « Aucun de ceux-ci n’a présenté une probabilité de parenté biologique avec les 43 étudiants normalistes. Les autres restes continuent d’être analysés et les résultats sont attendus dans un bref délai ».

Les scientifiques argentins ont informé qu’ils ont également participé à l’exhumation et aux examens légistes des restes humains trouvés à  La Parota, en Iguala, État de Guerrero, dans la décharge et dans la rivière San Juan, Cocula.

Les parents des étudiants disparus  font confiance uniquement à l’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légale (EAAF).

Les experts de l’Équipe Argentine d’Anthropologie  Médico-légale sont au Mexique depuis le 5 octobre dernier. L’avocat Vidulfo Rosales, du Centre des Droits de l’homme de la Montagne Tlachinollan et conseiller juridique des parents des étudiants disparus, a signalé : « nous n’accepterons pas d’autres résultats que ceux fournis par les experts légistes argentins ».

Du communiqué adressé à l’opinion publique par cette équipe argentine, nous résumons ce qui suit (extrait du communiqué)

« À l’opinion publique :

« En relation avec la conférence de presse donnée par le procureur général de la République, Jesús Murillo Karam, le vendredi 7 novembre de l’année en cours, concernant les 43 jeunes disparus de l’École Normale Raúl Isidro Burgos, d’Ayotzinapa, au Guerrero, l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste (EAAF) désire signaler ce qui suit : « En synthèse, jusqu’à ce moment, il n’y a pas eu d’identification entre les restes récupérés dans les trois localités mentionnées et les 43 étudiants normalistes. On continue à travailler pour identifier les restes récupérés, en même temps que les experts officiels. La politique de l’équipe argentine est de transmettre les résultats d’abord aux parents des victimes, ainsi qu’aux autorités en charge des recherches. » (3)

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

___________

(1) L’équipe argentine d’anthropologie médico-légale (Equipo Argentino de Antropología Forense, EAAF) est une organisation scientifique non gouvernementale à but non lucratif qui applique les sciences médico-légales – essentiellement l’anthropologie et l’archéologie médico-légales – à l’investigation des violations des droits de l’homme dans le monde entier. Elle a été établie en 1984 pour enquêter sur les cas des personnes disparues en Argentine sous le dernier gouvernement militaire (1976-1983). Aujourd’hui, l’équipe travaille en Amérique Latine, en Afrique, en Asie et en Europe.
(2 et 3) Restos de Iguala y Cocula no son de normalistas: peritos argentinos, 12 de noviembre de 2014, p. 3

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MEXICO: Luis Fernando Sotelo détenu lors de la Journée Globale en solidarité avec Ayotzinapa

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 15 novembre 2014 by liberonsles

lf.grandeDétention préventive pour Luis Fernando Sotelo, détenu suite à une action à la Cité Universitaire.

Aujourd’hui 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations.

Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution.

Des compagnonEs solidaires s’étaient donnéEs rendez-vous très tôt pour accompagner Luis Fernando et sa famille à l’audience, mais au début de celle-ci des policiers ont essayé d’empêcher la famille d’accéder à la salle d’audience, cependant, après quelques minutes de discussion, elle a réussi à passer.

L’autre jeune, détenu après l’action à la Cité Universitaire a été libéré, sans charge.

Antécédents :

La journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier, a envahie les rues où plus de 150 000 personnes sont sorties dans la rue pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos”, disparus depuis le 26 septembre dernier. Diverses activités ont eu lieu parallèlement, telle une grève nationale générale et partielle, à laquelle ont participé plus de 184 écoles au niveau national, des blocages de routes et des principales artères dans différentes villes, des piquets de protestation, des événements et de nombreuses actions de solidarité avec les étudiants disparus, leurs familles et le village d’Ayotzinapa qui n’a pas cessé de crier haut et fort le slogan : « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ».

Dans ce contexte, le Mexique accumule une rage nationale, une colère grandissante face à cette situation de guerre menée contre la population, contre des hommes et des femmes d’en bas, les jeunes, les paysan-ne-s, les étudiant-e-s, les militant-e-s… une colère face aux manœuvres répressives d’un État que certains commencent déjà à nommer sans hésitation Narco-état. Alors que cette guerre avance, la population et surtout beaucoup de jeunes , ont décidé de se manifester,  mais comme d’habitude la répression s’est abattue contre plusieurs étudiant-e-s. Une dizaine des personnes ont été arrêtées par la police fédérale, deux arrestations ont été rapidement signalées, celles de  Luis Fernando Sotelo Zambrano de l’école préparatoire 6, adhérent à “la Sexta” et celle de Sergio Pérez Landeros, étudiant de l’Université Nationale Autonome du Mexique. Tous les deux ont été arrêtés quand, en violation de l’autonomie universitaire, la police fédérale est rentrée à l’université pour les arrêter et les accuser de délits d’attaques à la paix publique, attaques aux voies de communication, dommages aggravés, port d’explosifs en bande.

Sergio Pérez Landeros a été libéré faute de preuves, ce qui est de Fernando Sotelo, sous prétexte de révision médicale, il a été transféré à la prison masculine Sud.

Voir l’article: Dernières nouvelles des prisonnier-e-s de la Ville de Mexico

Sources :
Cruz Negra Anarquista- Mexico
Quien es Luis Fernando Sotelo? (plus d’infos en espagnol)

 

 

Ayotzinapa: Ça ne fait que commencer – préviennent les normalistes

Posted in Actions, Archives, Communiqués on 11 novembre 2014 by liberonsles

MEXICO-GUERRERO VIOLENCIA
Ayotzinapa : « Toutes les fouilles faites par le gouvernement sont une mascarade » dit l’un de pères des 43 étudiants disparus .

Rafael López Catarino, l’un des pères des 43 étudiants de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa disparus depuis le 26 septembre, signalait que « toutes les fouilles faites par le gouvernement sont une mascarade » (1)

«  ils nous amènent là où ils ne se trouvent pas. Eux savent bien où ils sont, mais ils veulent nous aveugler pour s’en débarrasser ». Peña Nieto disait qu’il manquait une personne pour que tout soit résolu ; deux rats lui sont tombés dessus (en référence au maire d’Iguala, Guerrero, José Luis Abarca et sa femme María de los Ángeles Pineda) et il n’a rien fait » a dit le père de César López Patolzin.

Dans son discours, il a signalé qu’ils ont déjà pris des hélicoptères utilisés par les autorités pour la localisation des garçons disparus dans la sierra, mais « ils nous font faire un tour et aussitôt ils nous disent ‘ il n’y a plus de combustible, il faut rentrer ». Ce qui se passe c’est qu’ils sont en train de faire leur montage », a-t-il réitéré.

Omar Pérez, étudiant de l ‘école normale d’Ayotzinapa, a indiqué que les autorités « simulent seulement les opérations de recherche dans les lieux où ils savent que les étudiants ne sont pas, en nous disant, en plus : « nous n’avons pas l’ordre de poursuivre plus loin »

Il a affirmé que ce comportement est dû à ce que les étudiants de la normale « sont des enfants de paysans, et pour cela le gouvernement ne fait absolument rien. Mais s’ils avaient touché leurs enfants, ceux d’hommes politiques, de chefs gouvernementaux, non seulement ils auraient fait intervenir des policiers fédéraux, mais ils auraient fait bouger l’Armée, les marins, tous ceux qui servent à leur narco-gouvernement ».

Il s’est aussi demandé : « qu’est-ce qui attend notre pays le Mexique avec ce gouvernement, avec cet État qui ordonne d’assassiner, de réprimer des étudiants ? Notre seul délit est d’être pauvres et d’être dans cette école normale – qu’ils veulent fermer depuis des années – cette école normale qui forme des gens pensants, conscients, où les étudiants ne sont pas transformés en robots, ni en machines ».

Suite au rapport présenté ce 8 novembre par le procureur Jesús Murillo Karam, plusieurs manifestations on eu lieu dans plusieurs endroits du Mexique, les mobilisations les plus importantes ont eu lieu dans l’État de Guerrero et dans la ville de Mexico. A Mexico la participation à la manifestation a été importante : de nombreuses personnes, étudiants, jeunes, pères et mères de famille, hommes, femmes, enfants on fait sentir leur indignation et leur colère face à un gouvernement mensonger, corrompu et trempé jusqu’aux os au crime organisé. Certaines personnes commencent même à parler du caractère de narco-Etat, qualificatif qui se laisse voir sur des fresques sur les murs de plusieurs villes mexicaines. Tandis que le président Peña Nieto fait une tourné en Chine et ailleurs, les dernières actions et manifestations ont fait résonner le mécontentement, la colère, la tristesse et la détermination au cris de « le responsable fut l’Etat, ou encore Peña Nieto dégage ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !.

Il faut mentionner que pendant la manifestation à Mexico, les forces répressives de la police fédérale ont blessé un nombre considérable de manifestants et arrêté de façon complètement arbitraire une vingtaine de personnes. (Selon plusieurs sources, les personnes arrêtées le 8 novembre ont été libérés).

Ça ne fait que commencer ! – préviennent les étudiants normalistes

A Guerrero, énervés par le rapport du Procureur Général de la République, Jesús Murillo Karam qui a pratiquement qualifié de morts les 43 étudiants disparus, et devant le manque de résultats des recherches, les manifestants ont réalisé divers actes de protestation.

Les différents cortèges sont arrivés au bâtiment (du palais du gouvernement). Avec le visage couvert et en portant des pierres et des bâtons, les manifestants ont immédiatement affronté quelques véhicules d’entreprises de sécurité privées et une patrouille de la Police Fédérale qui étaient positionnés devant deux des accès du palais du gouvernement. Tout de suite, ils les ont incendiés avec des cocktails molotov. La décision de se rendre au palais du gouvernement a été prise par les étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa, soutenus par les parents des élèves disparus qui sont en colère également contre le gouvernement fédéral et le gouvernement provisoire de Rogelio Ortega Martínez, du fait du manque de résultats dans les recherches pour trouver les étudiants disparus.(2)

queremosjusticia

Nous ne les croyons pas : Nous voulons que justice soit faite !

De cette façon répondent les étudiants de la normale à la mise en scène du Procureur Général de la République Murillo Karam, destinée à mettre fin à l’exigence de présentation en vie des 43 étudiants disparus le 26 et 27 septembre dernier à Iguala. Cependant, la clameur des parents, des normalistes, des étudiants dans tout le pays et du peuple mexicain en général se poursuit, tous continuent à exiger que justice soit faite pour les normalistes exécutés extrajudiciairement et que la vérité soit dite sur l’endroit ou se trouvent les étudiants détenus-disparus par la police de cette municipalité. (3)

L’action dirigée vers le pouvoir exécutif de l’État de Guerrero est un message à toutes les instances de l’État mexicain, puisque son comportement continue de manquer de légitimité et de validité dans la résolution de ces crimes contre l’humanité, un signe du climat de préoccupation et d’incertitude dans lequel l’État maintient la société mexicaine dans sa totalité.

Durant un peu plus d’une demi-heure, près de cinq cents étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa ont démontré la rage et l’irritation devant le manque de réponses claires de la part des autorités à tous les niveaux, en paralysant le palais du gouvernement avec des pierres, des bâtons, des pétards et des cocktails Molotov.

Les cris de justice ont été exprimés dans des messages multiples, « donne-moi une raison pour ne pas sentir la colère » ou « vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants », « 43 nous manquent ». Ces phrases, ces cris ont été entre autres laissés sur des murs, sur des bancs et des véhicules. Tout cela accompagné du choeur de consignes qui ont été entendues autour du monde : « Ayoooootzi viveeeee, la luuuuucha sigue! », « pour quoi ils nous assassinent, pourquoi… si nous sommes l’espérance de l’Amérique latine ».

Traduction et résumé par Les trois passants / correcteurs Val et Myriam

Voir aussi l’article: Ayotzinapa : Le responsable est l’État !

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Sources
(1)  « Todas las búsquedas del gobierno son un teatro »: padre de normalista, La Jornada, 7 de noviembre de 2014, p. 10
(2) Esto apenas empieza, advierten normalistas,  La Jornada, 9 de noviembre de 2014, p. 2
(3) No les creemos: ¡Queremos justicia!, Regeneracion Radio

Ayotzinapa : Le responsable est l’État !

Posted in Actions, Archives, Communiqués on 11 novembre 2014 by liberonsles

ayotzinapatodos

À plus d’un mois de la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, Guerrero, les actions et les manifestations nationales et internationales continuent à crier haut et fort : « Le responsable est l’État ! », « Peña Nieto, dégage ! », « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! ». Lors des dernières manifestations la répression s’est de nouveau abattue sur les participants, sur les jeunes et sur les étudiants, et à l’heure actuelle on ignore le nombre exact de personnes arrêtées.

Les étudiants de l’École Normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa ont refusé de reconnaître la version présentée par la Procure Générale de la République (PGR), selon laquelle les 43 étudiants disparus ont été probablement assassinés et brûlés.

Réunis dans la Faculté d’Économie de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), huit étudiants de l’École Normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa ont écouté en direct, accompagnés par des centaines d’étudiants qui remplissaient l’auditoire universitaire, la conférence de presse donnée par le procureur Jesús Murillo Karam.

Le visage défait, caché dans les mains ou bien pleurant en silence, les jeunes ont écouté l’explication du fonctionnaire sur la manière dont les 43 étudiants auraient été séquestrés, assassinés et brûlés. La stupeur, la rage et la tristesse se sont fait sentir avec beaucoup d’émotion dans l’auditoire. Le premier étudiant à prendre la parole a été Omar García, qui a souligné que les autorités auraient pu révéler l’information donnée par le procureur Murillo bien avant, « il y a dix jours », mais qu’elles ont prolongé l’attente comme s’il s’agissait d’un montage.

« La nouvelle nous ébranle, mais nous ne savons pas s’il faut la croire ou non. Tant qu’il n’y aura pas de preuve contondante du fait que les restes trouvés sont de nos camarades, nous ne nous résignerons pas à accepter de tels faits » – signalait l’étudiant, entre des applaudissements et des cris de solidarité. Il a ajouté que ses camarades et lui avaient déjà envisagé la possibilité que la mort des étudiants disparus fût annoncée, et a insisté sur le fait que la violence et l’impunité ne concernent pas seulement Ayotzinapa ou l’État de Guerrero, mais tout le Mexique. Il a posé la question : « Qu’allons-nous faire de ce pays ? Et surtout, qu’allons-nous faire contre eux ?»

« Nous sommes déterminés à parvenir à nos fins, parce que nous sommes guerrerenses (ndt : personnes originaires de l’État de Guerrero), nous sommes des paysans et nous restons inflexibles face au discours du gouvernement qui prétend tout résoudre avec ses lois, alors que cette légalité ne défend que ceux d’en haut. Merde à sa légalité ! Elle ne nous convient pas. », a-t-il dit.

Manifestation en solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa

À la suite du rapport présenté par la Procure Générale de la République (PGR) en la personne du procureur Jesús Murillo Karam, selon lequel les étudiants « normalistas » disparus d’Ayotzinapa auraient été assassinés et brûlés, une manifestation a été convoquée en solidarité avec les étudiants. Partie des installations de la Procure Générale de la République (PGR), elle s’est terminée vers minuit au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico. Tout au long de la manifestation, les participants avaient fait entendre leur colère, leur tristesse mais montré aussi leur courage et leur détermination. Arrivés au Zocalo, certains ont partiellement incendié la porte principale du Palais National. Les policiers ont chargé contre les manifestants, et l’on compte au moins deux blessés mais sans doute davantage (« Il y a un nombre indéterminé de blessés ), et un nombre encore indéterminé de détenus.

La marche a débuté vers 20h35 près de la PGR et s’est déroulée normalement jusqu’à son arrivée au Zocalo de la capitale. 15 000 personnes environ y participaient.

Durant tout le trajet, l’indignation et la tristesse étaient perceptibles, mais aussi le courage et la détermination. Les gens criaient les consignes : « ¡Fue el Estado! Le responsable est l’État », « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! », et « ¡Vivos se los llevaron vivos los queremos! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! ».

Peu après que l’avant-garde de la marche fut arrivée au zocalo, un groupe de personnes a commencé à jeter les barrières métalliques qui avaient été disposées pour protéger le Palais National, en faisant face aux gardes qui gardaient la porte du Palais.

Avant que la proposition ne surgît de brûler la porte, un groupe de militants avaient donné lecture d’un communiqué dans lequel ils exprimaient leur ras-le-bol face à l’impunité et à la corruption qui prédominent dans le pays. Ce communiqué exigeait, en allusion aux partis politiques et au gouvernement : « Que se vayan todos. Que tous s’en aillent ! »

Quand un plus grand nombre de personnes s’est trouvé rassemblé sur la place, certains manifestants ont commencé à déplacer les barrières métalliques en s’en servant pour cogner contre la porte principale du Palais National. Beaucoup d’autres manifestants se sont alors joints à l’action et ils ont commencé à cogner la porte pendant une heure, en utilisant les barrières métalliques comme bélier. Ils ont réussi à faire un trou dans la porte, puis ils ont lancé de l’essence et avec un briquet ils ont essayé de mettre le feu, mais depuis l’intérieur du palais des jets d’eau ont été projetés et des extincteurs ont immédiatement éteint l’incendie (…).

Peu après minuit, une trentaine de CRS ont chargé les manifestants en frappant leurs boucliers contre le sol pour disperser la foule. Les dizaines de membres de l’État Major Présidentiel ont profité de la dispersion des manifestants pour se re-déplacer en face du Palais National, remettre les barrières métalliques et surveiller l’entrée. Les manifestants ont commencé à lancer des pierres et ensuite, il y a eu des échanges de projectiles avec la police, ce qui a duré quelques minutes. Soudain, tant les CRS que les membres de l’État Major Présidentiel ont chargé les manifestants et arrêté plusieurs personnes. Dans la tentative de la police pour arrêter les manifestants et la réaction de ceux-ci pour éviter la détention, il y a eu un moment de confusion, certains manifestants appelant à la dispersion au cri de « Non à la violence ! », tandis que d’autres affirmaient que c’est de l’État que vient la violence réelle !

Pendant cette manifestation, des personnes ont été arrêtées et blessées par la police Fédérale.

Traduction et résumé par Les trois passants / Correction Valérie

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Sources :

(1) Normalistas rechazan versión de la PGR; piden pruebas contundentes, 07 de noviembre 2014
(2) Arde la puerta principal de Palacio Nacional tras la marcha al Zócalo, 9 de noviembre de 2014

MEXIQUE : Nouvelles arrestations lors de la Journée Globale en solidarité avec Ayotzinapa.

Posted in Actions, Campagnes, Ville de Mexico on 8 novembre 2014 by liberonsles

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La journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier, a envahie les rues où plus de 150 000 personnes sont sorties dans la rue pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos”, disparus depuis le 26 septembre dernier. Diverses activités ont eu lieu parallèlement, telle une grève nationale générale et partielle, à laquelle ont participé plus de 184 écoles au niveau national, des blocages de routes et des principales artères dans différentes villes, des piquets de protestation, des événements et de nombreuses actions de solidarité avec les étudiants disparus, leurs familles et le village d’Ayotzinapa qui n’a pas cessé de crier haut et fort le slogan : « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ».

Dans ce contexte, le Mexique accumule une rage nationale, une colère grandissante face à cette situation de guerre menée contre la population, contre des hommes et des femmes d’en bas, les jeunes, les paysan-ne-s, les étudiant-e-s, les militant-e-s… une colère face aux manœuvres répressives d’un État que certains commencent déjà à nommer sans hésitation Narco-état. Alors que cette guerre avance, la population et surtout beaucoup de jeunes , ont décidé de se manifester,  mais comme d’habitude la répression s’est abattue contre plusieurs étudiant-e-s. Une dizaine des personnes ont été arrêtées par la police fédérale, deux arrestations ont été rapidement signalées, celles de  Luis Fernando Sotelo Zambrano de l’école préparatoire 6, adhérent à “la Sexta” et celle de Sergio Pérez Landeros, étudiant de l’Université Nationale Autonome du Mexique. Tous les deux ont été arrêtés quand, en violation de l’autonomie universitaire, la police fédérale est rentrée à l’université pour les arrêter et les accuser de délits d’attaques à la paix publique, attaques aux voies de communication, dommages aggravés, port d’explosifs en bande.

Sergio Pérez Landero a été libéré faute de preuves, ce qui est de Fernando Sotelo, sous prétexte de révision médicale, il a été transféré à la prison masculine Sud.

Selon certaines informations 8 autres personnes auraient été arrêtées le 6 novembre (Fernando Galindo Benítez, Juan Pablo Fernández Morales, Iván Alberto Luna Pereira, César Alejandro Manzano Ortiz, Karla Marisol Pedraza Jaso, Yamir Balam Castillo Guerra, Kimberly Villanueva Ruíz et Eloy José Palomares) et transférées au commissariat numéro 52 de la ville de Mexico. Tous et toutes on été arrêtés de façon arbitraire, certains parmi eux ont été tabasses et blessés, tous et toutes sont des étudiants des différents écoles de l’Université Autonome de Mexico, l’Université Autonome Metropolitaine, le CCH-Sur, entre autres.

Dans le cadre des protestations mondiales pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus, plusieurs jeunes ont été arrêtés dans les villes de New York et de Santiago de Chili, alors qu’ils manifestaient devant les consulats Mexicains de ces deux villes.

Nous restons vigilants et attentifs aux informations qui nous seront transmises.

D’une part, nous continuons à exiger, comme des centaines de personnes dans le monde, en solidarité avec  Ayotzinapa, présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos” !

« Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants » !

D’autre part nous nous solidarisons avec les étudiant-e-s arrêtés le 5 et 6 novembre et nous crions haut et fort liberté aux prisonniers de la guerre sociale ! A bas les murs des prisons !

Les trois passants
Correction Myriam
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Sources :
CNA Mexico
Comité de Solidaridad con Mario Gonzalez
Regeneracion Radio

Dernières nouvelles des prisonnier-e-s de la Ville de Mexico

Posted in Campagnes, Ville de Mexico on 7 novembre 2014 by liberonsles

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Mexico-DF, novembre 2014

Après un an et un mois de fortes mobilisations, campagnes, forums, manifestations, rencontres et piquets de protestation tant au niveau national qu’international, notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez a été libéré le 31 octobre dernier. Ses amis, sa famille, sa compagne et ses proches signalent que Mario, grâce au travail complètement solidaire de ses avocats et à la forte pression exercée par la mobilisation de tous et toutes, a obtenu sa libération, libre de charges et sans payer aucune caution. Il a gagné son « Amparo directo » son dernier recours et a été absout. Dans son dernier communiqué, Mario signalait publiquement : « L’engagement, l’implication, la solidarité, le goût de ne pas respirer des airs contaminés par la misère et par l’oppression, mais des airs pleins d’amour, de respect, d’harmonie et de bien-être sont la force qui en finira avec l’exploitation de l’humanité par l’humanité, la force qui nous libèrera tous et toutes de tous les types de chaînes et de grilles qui freinent notre bonheur ». Mario a appelé à continuer la lutte pour la libération de tous ceux et celles qui restent derrière les barreaux en mentionnant particulièrement les compagnon-e-s séquestré-es par l’État, Carlos, Amélie, Fallon, Fernando, Abraham, tous et toutes les prisonnier-e-s anarchistes du monde, Alvaro Sebastian Ramirez et les prisonniers du NOTAV.

Ce même jour, 31 octobre 2014, la Croix Noire Anarchiste de Mexico a communiqué le résultat de la sentence qu’attendaient depuis longtemps nos compagnons anarchistes Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson, dit-e-s les prisonnier-e-s du 5e*. Le 31 octobre, la sentence concernant le procès fédéral qu’affrontent Amélie, Fallon et Carlos, accusé-e-s d’atteinte à la propriété en la modalité d’un incendie, a été prononcée. Cette sentence est de 7 ans et 6 mois de prison. Les avocats de nos compagno-n-es feront appel dans les quinze prochains jours.

Le 6 novembre la sentence concernant les accusations d’attaques à la  paix publique et dégât aggravé en bande qu’affrontent Amelie, Fallon et Carlos, a été prononcée. La sentence est de 2 ans, 7 mois et 15 jours de prison, et une amende pour réparation de 108 mille pesos. Il sera fait appel de cette condamnation dans les prochains jours. Cette condamnation est parallèle à la condamnation à 7 ans et 6 mois de  prison, qui leurs a été prononcée pour le procès fédéral le 31 Octobre dernier, cette dernière est actuellement en cours d’appel.

Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson ont été accusé-e-s d’avoir lancé, le 5 janvier 2014, des pierres et des cocktails Molotov sur des installations du Secrétariat de Communications et Transports et sur une concession NISSAN. Les charges retenues contre eux étaient au départ : dégâts matériels, sabotage, délinquance en bande organisée et terrorisme. Cependant, à la fin de « l’arraigo » (détention provisoire), il et elles ont été relâché-e-s faute de preuves. Pourtant, la Police de Ville de Mexico les a ensuite remis-e-s en détention pour des accusations de dommages et attaques à la paix publique.

amaf&Pour faire entendre leur colère et rester actifs tout en étant en taule, Carlos López “Chivo” et les compagnons Mario Gonzalez, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés ont organisé une grève de la faim qui a duré 17 jours, du 1er octobre au 17 octobre 2014. Leur but était de se coordonner à distance et de s’organiser afin d’accomplir tous ensemble – selon leurs termes – « un acte de révolte et de désobéissance et non un acte de victimisation ; un acte qui unit nos cœurs et qui nous fait nous sentir partie prenante d’une lutte conséquente qui ne s’arrêtera pas ». Pour manifester leur solidarité avec leurs camarades en grève de la faim, Amélie et Fallon, qui se trouvent à quelques kilomètres de distance, dans la prison de Santa Martha Acatitla, ont décidé de créer et de dessiner une fresque sur le mur de la prison; heureusement elles n’ont subi aucun type de représailles pour cette action solidaire et ont même réussi à prendre une photo pour la leur envoyer.

Abraham Cortez Avila, jeune artisan âgé de 23 ans, originaire de l’État d’Oaxaca, arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, a été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico où les parents de Fernando Barcenas s’occupent de lui en lui manifestant leur solidarité.  Concernant sa situation juridique, son avocate fera appel dans les semaines à venir.

Fernando Bárcenas est un jeune militant libertaire, arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les mêmes délits d’attaques à la paix publique et d’association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense et il est dans l’attente de son appel. Luis Fernando, âgé de 18 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Ensuite, il s’est vu accusé d’avoir brûlé un arbre de noël appartenant à Coca-Cola. Il se trouve aussi dans la prison Nord à Mexico avec Abraham, tous les deux ont également participé à la grève de la faim collective avec Mario et Carlos.

La lutte continue pour la libération de nos camarades !
Solidarité avec Carlos, Amélie et Fallon !
Liberté pour Fernando et Abraham !
À bas les murs des prisons !

Par Les trois passants
Correction  Valérie

*Ndlt : 5e fait référence au 5 janvier (5 de Enero), date à laquelle  Amélie, Carlos et Fallon ont été arrêtéEs

Sources

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Bachajón : pour la libération de leurs prisonniers politiques

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués on 7 novembre 2014 by liberonsles

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Communiqué du terrain communal de San Sebastian Bachajon en résistance, pour la libération de leurs prisonniers politiques et pour l’apparition en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa!

Nous, les femmes et les hommes du village de San Sebastian Bachajon, saluons tous les villages et communautés en résistance qui défendent leurs territoires contre les projets de pillage menés par le mauvais gouvernement. Nous saluons et envoyons toute notre solidarité aux parents et aux compagnons des 43 étudiants (normalistas) d’Ayotzinapa disparus par le fait du mauvais gouvernement depuis le 26 septembre 2014, et nous exigeons leur immédiate présentation en vie (…)

Nos compagnons prisonniers politiques JUAN ANTONIO GOMEZ SILVANO, MARIO AGUILAR SILVANO et ROBERTO GOMEZ HERNANDEZ qui ont été torturés par le mauvais gouvernement et qui sont injustement privés de leur liberté depuis le 16 septembre 2014 pour avoir lutté pour la justice et la défense de leur territoire, ont été transférés le 2 octobre dernier à la prison  numéro 12 de Yajalón, Chiapas, où ils sont détenus pour des délits qu’ils n’ont pas commis et que les policiers municipaux de Chilón ont fabriqués par vengeance suite à l’emprisonnement obtenu par notre communauté Virgen de Dolores à l’encontre de leur compagnon Sebastian Méndez Hernández qui est incarcéré à la prison de l’Amate pour le meurtre de notre compagnon ex-coordinateur Juan Carlos Gómez Silvano. Le 24 octobre dernier, le recours contre la détention provisoire prononcée par le juge d’Ocosingo Omar Helería Reyes le 24 septembre 2014 pour les délits de tentative d’homicide, a été accepté. Nous exigeons la liberté immédiate de nos compagnons parce que les délits attribués ont été fabriqués et les preuves présentées sont illégales, le juge d’Ocosingo a seulement pris en compte la déclaration du commandant de la police municipale de Chilon et de deux de ses policiers pour la mise en détention provisoire.

Nous exigeons également la libération de notre compagnon SANTIAGO MORENO PEREZ, prisonnier depuis 2009 à Playas de Catazajá, accusé par les priistes de la communauté La Pimienta, car à l’époque de son arrestation il avait la charge du conseil de vigilance autonome de l’Autre campagne (aujourd’hui incluse dans la Sexta) et il a été accusé d’un délit fabriqué qu’il n’a pas commis pour le soustraire de sa fonction.

Notre compagnon EMILIO JIMENEZ GOMEZ prisonnier depuis juillet 2014 à Playas de Catazajá, accusé par les priistes de la communauté de Xanil pour l’agression d’un étranger alors que l’étranger lui-même a dit que le compagnon n’était pas la personne qui l’avait agressé, mais les priistes l’ont amené et fait prisonnier à Playas de Catazajá avec la complicité de la police étatique préventive. Notre compagnon ESTEBAN GOMEZ JIMENEZ prisonnier depuis 2013 à Playas de Catazajá et  aussitôt transféré à l’Amate, a été accusé par le priiste du parti vert écologiste Manuel Jiménez Moreno de la communauté de Pamalha, d’un vol qu’il n’a pas commis. Initialement détenu pour cela, d’autres délits lui ont été ajoutés par la suite .

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Communiqué de Mario González à propos de sa libération

Posted in Actions, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 3 novembre 2014 by liberonsles

Voici une vidéo de Mario pendant sa libération la nuit du 31 octobre 2014.

Aux peuples du monde
Aux médias libres
À tous et à toutes les dépossédé-es et privé-es de liberté

Hier dans la nuit j’ai été libéré grâce à la toujours respectable et appréciable solidarité qui a fait trembler le despotisme et qui a aidé à ce que peu à peu la liberté trouve sa place bien qu’il nous manque encore de la déguster dans une totale plénitude, mais cela dépend de la construction du bien-être dans notre présent et de la lutte conjointe du peuple pour cette liberté à laquelle nous aspirons tant.

L’engagement, l’implication, la solidarité, le goût de ne pas respirer des airs contaminés par la misère et par l’oppression, mais des airs pleins d’amour, de respect, d’harmonie et de bien-être sont la force qui en finira avec l’exploitation de l’humanité par l’humanité, la force qui nous libérera tous et toutes de tous les types de chaînes et de grilles qui freinent notre bonheur.

Liberté pour tous et à toutes les séquestré-es par l’État !
Liberté pour Carlos, Amelie, Fallon, Fernando, Abraham et pour tous et toutes les prisonnièr-es anarchistes du monde !
Liberté pour Alvaro Sebastian Ramirez et pour les prisonniers du NOTAV !
Liberté pour tous ceux et toutes celles qui vivent enchaîné-es à cette misère brutale. De nous tous dépend l’abolition de l’exploitation et la transformation vers l’anarchisme ici et maintenant.

Anarchie, santé et révolution sociale !

Mario

Source

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Traduit par les trois passants/correction : Myriam

Mexico: Mario González García est libre !

Posted in Ville de Mexico on 31 octobre 2014 by liberonsles

Peu après minuit, ce vendredi 31 octobre 2014, Mario Gonzalez Garcia, arrêté le 2 octobre 2013 alors qu’il se rendait à la manifestation commémorant le massacre de Tlatelolco, est sorti libre de la tour médicale de Tetepan où il était incarcéré.

Mario González libre

La lutte continue !

Brève description du cas de Mario Gonzalez :

Mario González García est un étudiant du Collège de Sciences Humaines (CCH) de Naucalpan, âgé de 22 ans et militant anarchiste. Il a été arrêté dans un transport public avec d’autres compagnons, quelques heures avant la manifestation commémorative du 2 octobre à laquelle il se rendait. Lors de son arrestation, Mario a été torturé par la police (chocs électriques sur tout le corps, fracture du pied…). Mario a été condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison pour attaques à la paix publique. Les délits d’atteinte à la paix publique (ou attaques à la paix publique, en espagnol) ont été montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste.

- Le 8 octobre, au moment de quitter la prison, sa détention a été prolongée et ce même jour il a commencé une grève de la faim.

- Le 3 décembre, après 56 jours et dans un état de santé critique, il met fin à sa grève de la faim sans avoir eu droit à une seule audience, car toutes ont été reportées par la juge  Marcela Angeles Arrieta.

- Le 10 janvier 2014 il reçoit une sentence de 5 ans et 9 mois de prison pour le délit d’attaques à la paix publique, sans preuves à son égard.

- Le 21 mars, Celia Marín Sasaki, magistrate de la cinquième chambre du tribunal supérieur de justice de la ville de Mexico (TSJDF), ratifie la sentence.

- Le 8 mai, un recours (Amparo) a été présenté par la défense de Mario au deuxième tribunal collégial pénal de la ville de Mexico.

- Le 11 juillet 2014, la magistrate Marín Sasaki a dicté une nouvelle sentence de 5 ans 1 mois et 15 jours de prison à l’encontre du compagnon Mario González García. Le CAZ – Collectif d’Avocats Zapatistes et le CADJS – Collectif d’Avocats en Défense de la Justice Sociale ont presenté un recours de protection directe (Amparo directo) qui a été remis au Tribunal Associé du Circuit, en signalant encore une fois toute la série de violations concernant la procédure et de violations des droits humains dont a fait l’objet Mario González.

- Du 1er octobre au 17 octobre 2014, Mario Gonzalez, Carlos López “El Chivo”, Fernando Bárcenas Castillo et Abraham Cortes Ávila se mettent en grève de la faim  et ils déclarent : « Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les  mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous,  anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim (…) Nous ne cherchons pas l’amélioration des conditions en prison. Il s’agit simplement de ne pas accepter ni reconnaître sa fonction dans nos vies, en agissant de façon coordonnée et solidaire »

- Peu après minuit , ce vendredi 31 octobre 2014, Mario Gonzalez Garcia est sorti libre !

Liberté pour Carlos, Amélie et Fallon!
Prisonnier-e-s Anarchistes Liberté !
Liberté pour Abraham Cortez Avila et Luis Fernando Bárcenas !
À bas les murs des prisons !

La lutte continue !

Les trois passants

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Voir aussi le blog (espagnol) Solidaridad Mario Gonzalez

Plus d’infos et photos (espagnol) ici

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Mexico : fin de la grève de la faim des prisonniers anarchistes

Posted in Actions, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 28 octobre 2014 by liberonsles

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Communiqué sur la fin de la grève de la faim des prisonniers anarchistes

Aux gens solidaires
Aux médias libres

De manière collective et coordonnée, nous avons décidé, ce 17 octobre, de mettre fin à notre grève de la faim. Nous estimons que nous avons formulé notre revendication de négation et de mépris profond envers les prisons et le système pourri qui depuis ses racines les régit, et nous continuerons de le nier depuis la quotidienneté de nos vies, à l’intérieur ou à l’extérieur de la prison.

Le but de cette action a été de casser l’isolement et la dispersion, pour soutenir, pour créer un lieu de lutte et pour démontrer que même si nous sommes derrière les barreaux, ils n’ont pas pu refroidir nos esprits rebelles.

En tant qu’anarchistes, une part de la rupture que nous choisissons de réaliser consiste à nier le contrôle et la régulation qu’essaie d’exercer l’état et n’importe quelle forme d’autorité sur nos corps et nos vies. C’est nous, d’une manière individuelle et consciente, qui devons décider pour nous mêmes, et personne d’autre. Pour cela nous avons repris le contrôle de nos corps, la grève de la faim a été un clair exemple de cela.

Nous pouvons résumer notre action comme un petit apport à la guerre irréductible contre la domination du pouvoir établi, pour la dignité de ceux et celles qui peuvent regarder en face l’ennemi sans baisser les yeux. Un acte de révolte et de désobéissance et non un acte de victimisation ; un acte qui unit nos coeurs et qui nous fait sentir partie prenante d’une lutte conséquente qui ne s’arrêtera pas.

Nous n’écartons pas la possibilité de recommencer à employer la grève de la faim ou n’importe quel autre outil que nous considérons nécessaire pour mener à bien nos luttes.

Nous remercions profondément toutes les personnes qui ont été attentives pendant notre protestation, pour leur accompagnement et leur solidarité, en leur rappelant que les prisons n’arrêteront pas notre révolte.

Parce qu’il ne suffit pas de parler d’anarchie, nous devons être l’expression de cette dite anarchie.

Jusqu’à ce que tous nous soyons libres!!

Mario González García
Carlos López “Chivo”
Fernando Bárcenas
Abraham Cortés

Source

Traduit par les trois passants/correction Myriam

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Ayotzinapa, Guerrero : « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ».

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 13 octobre 2014 by liberonsles

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Le 26 septembre 2014, une centaine d’étudiants de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa se sont rendus dans la ville d’Iguala pour collecter des fonds et manifester. Pour ce faire, les étudiants sont montés dans des bus du service public et, après qu’ils eurent expliqué le but de leur action aux chauffeurs des bus, ceux-ci ont accepté de les transporter gratuitement à Iguala.

Ce type d’actions n’est pas exceptionnel, elles ont lieu plusieurs fois par an depuis des années.

D’une part, elles permettent de collecter des fonds pour l’école laissée à l’abandon par les différentes instances du gouvernement (municipale, étatique, fédérale) et, ainsi, de faire en sorte que les pensionnaires, tous et toutes des jeunes de familles rurales pauvres, puissent suivre leurs études pour devenir professeurs d’école.

D’autre part, ces actions sont une protestation contre les réformes éducatives néo-libérales qui peu à peu font fermer les Écoles Normales Rurales. (De 1922 à aujourd’hui nous sommes passés de 46 de ces écoles à 17 dont 2 sont actuellement en cours de fermeture). C’est que dans ces écoles, les élèves n’apprennent pas seulement à devenir professeurs, mais ils et elles apprennent à développer leur esprit critique et à rester proches du peuple.

Cependant ce 26 septembre 2014, l’action des étudiants d’Ayotzinapa ne s’est pas déroulée comme d’habitude. L’État à travers sa police et ses paramilitaires, qu’aujourd’hui la presse appelle narco ou groupes criminels, a décidé de réprimer cette mobilisation. Ils ont tiré sur les bus transportant les étudiants, tuant 6 personnes, dont trois étudiants d’Ayotzinapa.

Ils ont arrêté 43 étudiants qui sont actuellement portés disparus.

« Pienso, luego me desaparecen. »

Cette phrase « je pense, donc ils me font disparaître », inspirée de « pienso, luego soy », « je pense donc je suis » de Descartes, résume le sentiment partagé par beaucoup au Mexique et dans le monde. Elle apparaît sur les murs et fait le tour des réseaux sociaux et se diffuse pour condamner cette répression féroce de l’État.

« Vivos se los llevaron, Vivos los queremos »

Des manifestations et des actions ont eu lieu et continuent d’avoir lieu partout au Mexique et dans le monde. Au cri de « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants », nous sommes des milliers à exiger que les 43 étudiants apparaissent en vie.

Des hommes, des femmes de tous horizons, des étudiants, des professeurs, des organisations ont exigé du gouvernement municipal d’Iguala, du gouvernement de l’État de Guerrero et du Gouvernement Fédéral, la présentation en vie des 43 élèves de l’École Rurale de Maîtres Isidro Burgos, portés disparus.

Cette attaque représente une des agressions les plus graves des ces dernières années à l’encontre de la jeunesse mexicaine et des étudiants.

À San Cristobal de Las Casas, Chiapas, plus de 20 mille membres de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) ont réalisé une marche silencieuse en partageant la douleur et la rage. L’EZLN a émis un communiqué annonçant sa participation à la manifestation nationale et internationale qui a eu lieu le 8 octobre, convoquée par les familles des étudiants. Dans ce communiqué l’EZLN signalait : « Aux étudiants de l’école de Maîtres d’Ayotzinapa et à leur famille, nous voulons dire que vous n’êtes pas seul-e-s, votre douleur est la nôtre et nôtre est votre digne rage »

Cette répression est un message d’intimidation de l’État à destination de tous ceux qui s’opposent à ce système, où les profits valent plus que nos vies. Mais nous resterons debout, comme le dit le père d’un disparu : « Mon fils ne s’est pas plié, alors moi non plus ! ».

Les étudiants de Ayotzinapa ne se sont pas rendus, alors nous non plus !
Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants

 vivos

Ayotzinapa nous fait mal

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 13 octobre 2014 by liberonsles

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À ceux qui écoutent, dans ce Mexique de sang et de douleur.

Comment ne pas commencer à évoquer Ayotzinapa sans se poser beaucoup de questions ? La terreur et le manque de mots pour décrire ce sentiment si profond et terrible se mêlent aux nombreux doutes, à l’inquiétude, à la colère et aux pensées déchirées.

Qu’êtes-vous en train de nous dire ?

Les Écoles Normales Rurales ont toujours représenté au Mexique le secteur étudiant engagé, conscient et pauvre. Durant des dizaines et des dizaines d’années, ces écoles ont été le berceau de la formation d’innombrables personnes courageuses, qui ont su utiliser la chance qui leur était donnée d’étudier pour servir le peuple, vivre la douleur du peuple et lutter ensemble avec le peuple. Elles sont le symbole de la rébellion de la jeunesse, et c’est peut-être pour cela qu’elles sont arrêtées, tuées, brûlées, mutilées, torturées. Autant de violences infligées, ces dernières années, aux « criminels », aux jeunes, aux migrants, aux indigènes, aux femmes, aux enfants, à des milliers et des milliers de personnes.

Il semble que ce MASSACRE représente une fracture, un point final, un message qui dit : « Voilà ce qui arrivera à tous ceux qui ne se laissent pas faire, à tous ceux qui ont de la dignité ».

Il semble que le crime n’est plus d’être un criminel parce qu’être un criminel, c’est exactement la même chose qu’être un politique, un président, un gouverneur, un maire, un sicaire, un policier ou un militaire. La manière dont s’est réalisée cette agression brutale positionne la guerre au Mexique à un autre niveau. Actuellement, parler de « criminalisation de la protestation sociale » c’est bien peu ; nous sommes aujourd’hui face à l’extermination du mécontentement, face au génocide de l’espoir. C’est cela, le message qu’il y a derrière ce massacre.

Les jours précédant ces faits sanglants, le mouvement étudiant se renforçait – et il continue de le faire –, avec le 2 octobre dans les têtes, les étudiants du Polytechnique dans les rues, et beaucoup de rage dans tout le pays. Iguala n’arrive pas par hasard, à cause de problèmes municipaux ou de trafiquants de drogue qui règlent leurs comptes. Ce que nous voyons, c’est un type de « nettoyage exemplaire ». Ce n’est plus une punition, ni une répression, c’est comme si certaines forces policières avaient décidé d’en finir avec les rebelles, les gêneurs, les irrévérencieux, les rouges, d’une façon atroce, sans vergogne, parce que cela fait longtemps que la raison et la fameuse « légalité » ont disparu, comme les milliers de vies devenues « absentes » durant ces dernières années.

Nous ne sommes pas face à la crise d’un État démocratique, nous sommes face au boom d’un État délinquant, qui fonctionne à base de sicaires, de paramilitaires au même moment où il finit de légaliser les injustices. Entre le massacre des étudiants de l’École Normale à Iguala et son dialogue-spectacle avec les étudiants du Polytechnique à Bucareli, le gouvernement d’Enrique Peña Nieto et celui d’Ángel Aguirre, et avec eux toutes les autorités de ce pays, tous les partis politiques, nous démontrent leur manière de mettre de « l’ordre », leur façon d’être « respectueux des Droits de l’Homme ».

Ayotzinapa nous fait mal d’une façon que nous ne pouvons décrire. Cela nous fait penser à une réponse qui n’est pas encore claire, comme si durant ces dix derniers jours le silence dans beaucoup de lieux et de beaucoup de gens, la douleur contenue, l’impuissance acide et profonde, la rage aiguisée et la terreur sur les lèvres, dans les cœurs, dans les têtes nous mettaient à l’épreuve, une énorme épreuve : comment faire quelque chose qui ne soit pas absurde, comment ne pas rester uniquement spectateur, comment arrêter cela, comment dire davantage que « NON », davantage que « ÇA SUFFIT », davantage que « JUSTICE » ?

De fait, ces dernières années au Mexique comme dans beaucoup de régions du monde, on sent qu’il manque quelque chose, que l’espoir n’est plus celui d’avant, que ce n’est pas suffisant, que l’on ne voit pas de futur et que l’incertitude et l’horreur sont devenues constantes.

Pendant ce temps les agressions du pouvoir, d’où qu’elles soient, quelles qu’elles soient, sont brutales, séquentielles, rongent de plus en plus le quotidien et semblent être « sans raison et sans but ».

De fait si ces jours-ci, bien que cette indignation grandisse de plus en plus, la nausée, qui pourrait peut-être se convertir en élan, ne suffit pas. C’est pour cela qu’Ayotzinapa, ses étudiants, font mal, nous retournent.

Enrique Peña Nieto et ceux qui sont derrière lui agissent avec le vieux style des dictatures et le nouveau discours des « démocraties », c’est-à-dire avec le style le plus abouti de la perversité politique mexicaine. Ils sont en train de réussir à construire un pays où le crime est une politique d’État, c’est-à-dire où tout est disponible pour un bon prix, où dans cette relation coût-bénéfice aucune vie n’est indispensable.

Nous vivons dans un système où on externalise le coût politique, au sens où celui qui a le pouvoir utilise d’autres personnages politiques pour qu’ils assument la responsabilité de l’horreur, et où ces derniers à leur tour externalisent ce coût politique et les conséquences juridiques vers d’autres, jusqu’au moment où toute la classe politique réussit à se dissocier du massacre, où le système est sauf. « Aller jusqu’au bout pour faire justice » ne signifie finalement plus que mettre en prison quelques policiers-sicaires qui ont tiré (et cela dans le meilleur des cas). À Ayotzinapa, comme dans tant d’autres endroits du Mexique, les groupes de pouvoir feront leur possible pour que la responsabilité soit celle de quelques personnes « sacrifiables », afin que le système d’impunité et de violence puisse continuer son chemin brutal. Le système politique du Mexique n’est pas corrompu, la corruption est le système politique du Mexique.

Nous ne devons pas nous habituer à tant de mort, nous devons arrêter cette inertie et nous devons le faire sans tomber dans les vieilles réponses, sans oublier l’histoire. Marchons, crions, pensons, interrogeons-nous et apprenons d’une autre façon et contruisons un savoir collectif pour nous opposer à cette barbarie.

Notre solidarité va aux étudiants de l’École Normale Rurale « Raúl Isidro Burgos ».

Ayotzinapa nous fait mal.

Enlace Urbano de Dignidad
Nodo de Derechos Humanos
Les trois passants
Comisión Takachiualis de Derechos Humanos
Proyecto de Animación y Desarrollo

Source

Traduit par les trois passants/correction Valérie

Communiqué de la RvsR : Face aux assassinats et disparitions d’Ayotzinapa, Guerrero.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués on 13 octobre 2014 by liberonsles

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Face aux assassinats et disparitions d’Ayotzinapa, Guerrero.

Nous, membres du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, exprimons notre protestation la plus forte face aux assassinats et à la disparition des élèves de l’École Normale Raúl Isidro Burgos, d’Ayotzinapa, Guerrero.

Depuis les années quarante du siècle dernier, les perspectives de croissance et de renforcement professionnel des professeurs ruraux et urbains ont été de plus en plus difficiles et jonchées d’obstacles. La réduction des budgets éducatifs destinés aux Écoles Normales Rurales est devenue une constante depuis 1940. Ainsi, une conséquence du mouvement estudiantin de 1968 fut la décision par le régime de Díaz Ordaz de fermer 17 écoles de formation d’enseignants, et de les réhabiliter comme écoles secondaires agricoles. De cette façon le priisme démontrait sa haine envers les élèves de ces centres scolaires, qui avaient participé de façon ouverte à la formation des étudiants.

Avec l’arrivée des gouvernements néolibéraux (De La Madrid, Salinas, Zedillo, Fox, Calderón et bien évidement Peña Nieto), l’éducation des Écoles Normales Rurales n’a plus – selon leur perspective – de raison d’être, puisque l’éducation doit accepter et assimiler les règles du marché, c’est-à-dire l’offre et la demande. Selon ces principes, il ne vaut pas la peine d’apprendre aux étudiants à réfléchir. On doit leur transmettre un nouveau concept éducatif, basé sur l’habileté et les compétences, qui leur permettent d’offrir leur main-d’oeuvre aux entreprises nationales et transnationales. Cette nouvelle perspective de l’éducation a été largement rejetée par la majorité des élèves et des professeurs venant des Écoles Normale rurales et urbaines qui voient, angoissées, se dégrader quotidiennement leur source de travail.

Avec le retour du PRI au Gouvernement Fédéral, l’on a promu d’une manière grotesque toute une série de « réformes structurelles » dont l’axe prioritaire est de remettre les biens renouvelables et non renouvelables du pays, au capital étranger. À l’intérieur de ces réformes se trouve celle de « l’éducation », qui transforme d’un seul coup les relations bilatérales entre les travailleurs de l’enseignement et leurs patrons. L’opposition qu’elle rencontre est constante, intelligente et fondée surtout sur une orientation collective. C’est ce qui gêne les trois instances du gouvernement (municipal, étatique et fédéral) qui observent comment ses engagements avec les grandes sociétés internationales, se voient bloqués par ces maîtres « normalistas » qui n’acceptent pas la vente de la richesse du pays.

Elba Esther Gordillo, avant d’être chassée de son mandat a initié toute une campagne de diffamation contre les instituteurs et concrètement contre les « normalistas ». Elle a même réussi à déclarer que les écoles de maîtres « las normales » devaient être fermées, puisqu’elles étaient un « foyer de guérilleros ». Immédiatement une organisation, filiale de la principale chaîne de télévision « Mexicanos Primero » (Mexicains d’abord), a repris et diffusé les calomnies émises par la dirigeante syndicale Gordillo et a initié une campagne de lynchage contre les maîtres, principalement avec l’appui des médias massifs de communication. La croisade de haine entreprise par ce groupe patronal a compté bien sûr sur l’appui inconditionnel des personnages (Ndt : journalistes au service du pouvoir en place, employés de l’une des chaînes de télévision televisa, monopole de l’information au Mexique) tels López Dóriga, Gómez Leyva, Ruiz Healy, Micha, Loret de Mola et d’autres ennemis remarquables des organisations des maîtres « normalistas ». De plus, le gouvernement par le biais des fonctionnaires tels Schmelkes, Guevara, Chuayffet, ont créé une atmosphère de mépris contre les maîtres « normalistas » et leur lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

Les meurtres et les disparitions des étudiants d’Ayotzinapa ont montré une fois de plus le visage de la violence et du massacre quotidien que vit le Mexique et plus précisément dans l’État de Guerrero. La joyeuse image que le gouvernement d’Enrique Peña Nieto veut montrer du Mexique s’écroule. La violence initiée par Felipe Calderón continue et s’intensifie, et la relation entre l’État, ses institutions et le narcotrafic tombe aujoud’hui dans la plus vulgaire impudence. Là se trouvent Los Rojos, Los Guerreros Unidos, La Familia, Los Templarios, José Luis Abarca, Ángel Aguirre Rivero, Enrique Peña Nieto : tous d’accord pour terroriser la population, justifier les exécutions des militants sociaux, et pour garantir l’impunité aux criminels et aux militaires.

Les étudiants de l’école de maîtres « les normalistas » représentent le visage de tant et tant de jeunes disparus, assassinés, de la jeunesse persécutée, de la jeunesse comme monnaie d’échange ; la jeunesse d’en bas, qui s’organise, qui lutte, qui se défend et qui pour tout cela est assassinée. Les « normalistas » prennent le visage de la douleur, de l’indignation, parce qu’en eux se trouve le visage de tant et tant de morts.

Nous, le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, rendons responsables de ce crime Enrique Peña Nieto, Ángel Aguirre Rivero et José Luis Abarca, et nous nous joignons à la marche nationale convoquée par les parents des étudiants disparus qui aura lieu le 8 octobre.

Ya Basta des crimes contre la jeunesse de ce pays !
Nous exigeons que soient punis les coupables intellectuels et matériels de cette politique qui persécute avec violence ce que le Mexique a de mieux : ses jeunes !
Présentation en vie des étudiants normalistas disparus d’Ayotzinapa !
Justice pour les étudiants assassinés !
Que le capitalisme disparaisse, pas les personnes !
Contre le pillage et la répression :
la solidarité !
Réseau Contre la Répression et par la Solidarité
(RvsR)

Notes de Traduction :
La Normal ou Escuela Normal : L’École Normale Rurale d’Ayotzinapa a été créée en 1926. C’était l’époque post-révolutionnaire, celle où la population mexicaine vivait majoritairement à la campagne, et où un vaste projet éducatif devait alors s’appuyer sur les enseignants ruraux. L’école normale d’Ayotzinapa a été depuis de nombreuses années considérée comme l’un des bastions de la contestation sociale radicale, composée principalement des fils de paysans des zones les plus pauvres du pays. Il existe actuellement neuf écoles Normales Publiques dans l’État de Guerrero mais seule l’École Normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa est rurale. Lucio Cabañas Barrientos et Genaro Vázquez ont étudié dans cette école de maîtres ruraux. Tous deux sont devenus maîtres et, comme militants paysans, ont participé à la lutte armée dans les années 70, porteurs de la pensée critique radicale et de la lutte sociale dans ce coin du Mexique marqué par la pauvreté, la répression et l’oubli.
Normalistas : nom donné aux étudiants-enseignants ruraux de l’École Normale.
Enrique Peña Nieto : président du Mexique
Ángel Aguirre Rivero : Gouverneur de l’État de Guerrero
José Luis Abarca : maire de Iguala, en fuite depuis le 27 octobre dernier suite aux attaques perpétrées contre les étudiants.
Elba Esther Gordillo, surnommée « La maestra » : a été pendant 24 ans l’ex-dirigeante du Syndicat mexicain des Travailleurs de l’Éducation (SNTE). Elle a été arrêtée le 26 février 2013 pour détournement, délinquance organisée et blanchiment de 200 millions de dollars. La « maestra » était connue pour ses multiples abus de pouvoir et son énorme pouvoir de corruption.

Source Enlace Zapatista

Traduit par Les trois passants/correction Valérie

Guerrero: Ayotzinapa, crime contre l’humanité

Posted in Archives, Campagnes on 13 octobre 2014 by liberonsles

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Ayotzinapa, crime contre l’humanité
par Luis Hernández Navarro

Ce sont des jeunes, en majorité des enfants de familles paysannes, étudiants de l’école Normale Rurale (NdT : écoles rurales formant des professeurs d’école). C’est pour cela qu’ils les ont fait disparaître de force. Ils défendent l’éducation publique, l’éducation rurale, l’enseignement au service des plus nécessiteux, la transformation sociale du pays. C’est pour cela qu’ils leur ont tiré dessus et les ont séquestrés.

La disparition forcée des élèves d’Ayotzinapa a été l’œuvre conjointe de la police municipale et de sicaires au service du cartel « les Guerriers Unis ». Il n’y a pas de différence entre les uns et les autres. Le jour, les criminels travaillent en uniforme ; de nuit ils sont habillés en civil. Dans le climat délictueux qui règne actuellement dans de vastes zones de l’État de Guerrero, les narcotrafiquants et les gendarmes sont les deux faces de la même médaille.

Les garçons d’Ayotzinapa ont été séquestrés et mitraillés parce que ceux qui l’ont fait pouvaient le faire. Il ne leur a été absolument pas difficile de leur donner la mort ou de les enlever en marge de la loi. Le climat de diabolisation, d’impunité généralisée et un État délictueux leur ont fait croire que rien ne leur arriverait, qu’ils avaient la permission de tuer.

De fait, bien avant le 26 septembre, les étudiants de l’École Normale Rurale ont été diabolisés dans la région et dans le pays. On a répandu sur eux d’absurdes calomnies. Sans preuve, ils ont été calomniés par les commerçants de l’État, par les entrepreneurs menés par Claudio X. González et son organisation « Mexicanos Primero » (Les Mexicains d’abord), par les actuels fonctionnaires de l’éducation, par les hommes politiques de tous les partis.

Dans l’État du Guerrero, l’impunité est la règle du jeu. Les victimes des massacres perpétrés à Aguas Blancas (1995) et El Charco (1995) continuent d’attendre que justice soit faite. Armando Chavarría, leader du Congrès du Guerrero et candidat au gouvernement de l’entité, a été tué en 2009. Son crime n’a jamais été résolu. En décembre 2011 des policiers ont assassiné deux étudiants d’Ayotzinapa. Les meurtriers se baladent librement. Beaucoup de régions de l’entité sont pleines de cimetières clandestins qui abritent les squelettes de défunts sans nom.

Acapulco, Iguala, Eduardo Neri et encore beaucoup d’autres communes de l’État de Guerrero sont des territoires sous contrôle de narcotrafiquants. Guerreros Unidos, Los Rojos, La Familia et ses ramifications se disputent les business de marijuana et de l’opium, les routes et les marchés de stupéfiants, l’industrie de la séquestration et de l’extorsion. Pour cette raison les polices communautaires et les groupes d’auto-défense ont poussé comme des champignons. Le 12 septembre dernier un commando de 100 hommes masqués a fait irruption dans la communauté de Carrizalillo, où opère une énorme mine canadienne de Goldcorp, en mitraillant les civils, afin de laisser le message que cette hameau leur appartient.

Comme le démontrent les cas d’Iguala et d’Olinalá, parmi beaucoup d’autres, ces cartels jouissent de la protection et de l’appui d’hommes politiques, de policiers communaux et du gouvernement de l’État. Quand José Luis Abarca, maire d’Iguala, a été signalé comme le responsable du meurtre de trois adversaires à son gouvernement, la dénonciation a été freinée. Le maire a été protégé par le Congrès local, par des fonctionnaires du gouvernement étatique et par au moins un député fédéral. Nestora Salgado, une commandante de la police communautaire d’Olinalá, a été emprisonnée en août 2013 dans la prison de haute sécurité parce qu’elle avait publié un communiqué de presse dans lequel elle signalait l’implication du maire de sa municipalité et d’autres fonctionnaires gouvernementaux dans le trafic de drogues.

Ces réseaux de complicité obligent les pouvoirs de l’entité à disparaître. Avec de tels réseaux, il n’y a pas moyen que justice soit faite. L’administration du gouverneur de l’État de Guerrero Ángel Aguirre Rivero a été inaugurée par le meurtre de deux étudiants d’Ayotzinapa. Le nouveau crime perpétré contre ceux-ci, le 26 septembre dernier, rend son départ nécessaire. De toute façon, c’est un élu absent.

Le gouverneur Aguirre ne tire pas les ficelles du gouvernement du Guerrero. Pour tout effet pratique, surtout dans ce qui concerne les affaires de sécurité, celui qui conduit l’administration de l’entité est son neveu, Jesús Ernesto Aguirre Gutiérrez, d’abord coordinateur de Projets Stratégiques de l’administration de l’Etat et à présent conseiller externe, avec ses bureaux dans la Maison du Guerrero avec du personnel sous son commandement.

Avant de devenir un super-opérateur du gouvernement de son oncle, Jesús Ernesto Aguirre Gutiérrez était un médiocre fonctionnaire de l’Institut de la sécurité sociale et des services sociaux des travailleurs de l’État (ISSSTE), d’où il a été accusé d’avoir dévier des millions de pesos pour appuyer la campagne de son cousin germain, Ángel Aguirre Herrera, comme candidat à la députation fédérale pour le district 8 du PRI de la Costa Chica.

Aguirre Gutiérrez s’occupe de la relation avec la presse, les acteurs politiques et les pouvoirs factuels clés de toute sorte dans l’entité, il décide en matière d’achats, d’éducation et de tourisme. Dans les faits, c’est la main qui berce le berceau du gouvernement de l’État. Avec un tel pouvoir, il ne peut pas prétendre être étranger à ce qui s’est passé à Iguala.

Ce sont des policiers qui ont tiré sur les étudiants d’Ayotzinapa et qui les ont arrêtés. C’est le directeur de la sécurité publique d’Iguala, Francisco Salgado Valladares, qui a ordonné de les arrêter. Les garçons ont été transportés dans des véhicules officiels. À toutes fins pratiques, les autorités étatiques ont permis que le maire d’Iguala, José Luis Abarca, et le directeur de sécurité publique prennent la fuite. Le PRD a mis du temps, une semaine ! à expulser de ses files le président municipal et, malgré les graves dénonciations qui existaient à son encontre depuis sa désignation comme candidat en 2012, le parti l’a toujours protégé et couvert. Et même maintenant il continue à défendre Ángel Aguirre Rivero.

Si dans la région campe le pouvoir du narcotrafic, c’est parce que les trois niveaux de gouvernement le permettent. Peu importe où l’on regarde, Ayotzinapa est un crime d’État, mais c’est aussi un crime contre l’humanité, comme il est stipulé dans le Statut de Rome de la Cour Internationale Pénale. Il n’y a pas d’autre façon de nommer l’homicide de six personnes aux mains de policiers (dont trois étudiants), la torture et la disparition forcée de 43 jeunes, en majorité fils de paysans et d’élèves de l’Ecole Rurale de Normale Raúl Isidro Burgos. Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Source

Traduit par Les trois passants/correction Valérie

Mexique : Des prisonniers anarchistes se déclarent en grève de la faim. Solidarité !

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 5 octobre 2014 by liberonsles

hueloctCommuniqué de Jorge Mario González García, Carlos López “El Chivo”, Fernando Bárcenas Castillo et Abraham Cortes Ávila

Aux médias libres
Au peuples du monde
Aux opprimé-e-s

Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les  mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous,  anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim. Et cela à partir d’aujourd’hui, 1er octobre, un an après les arrestations du 2 octobre 2013, dix mois après la séquestration de Fernando Barcenas et neuf mois après celle d’Amélie, Carlos et Fallon.

Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale ».

L’État cherche à former des citoyens dociles et serviles pour maintenir son « ordre social » établi et pouvoir ainsi soutenir la structure de production capitaliste qui ne bénéficie qu’à la classe dominante. Les prisons jouent un rôle primordial dans la configuration de ces bons citoyens et c’est la société bourgeoise qui cherche la réadaptation de la ou des prisonnier-e-s.

Nous rejetons la supposée fonction de réinsertion que la prison peut exercer dans nos vies. Nous la considérons non seulement comme inutile, mais aussi comme largement nocive. C’est pour cela que nous avons décidé de continuer à lutter pour la détruire, en commençant par de petites actions de négation et de non-reconnaissance de son influence dans nos vies.

Nous déclarons cette grève de la faim pour un temps indéfini, sans demander ou clamer quoi que ce soit. Nous ne cherchons pas l’amélioration des conditions en prison. Il s’agit simplement de ne pas accepter ni reconnaître sa fonction dans nos vies, en agissant de façon coordonnée et solidaire.

Par cette action nous accompagnons la manifestation de protestation du 2 octobre, 46 ans après le génocide de Tlatelolco, sans oubli ni pardon et menant la guerre jusqu’à la fin de l’oppression.

Nous ne cesserons jamais d’aspirer à la liberté !
Nous n’abandonnerons pas la lutte pour elle !

Jorge Mario González García (Torre Médica del Reclusorio de Tepepan)
Carlos López “El Chivo” (Reclusorio Oriente)
Fernando Bárcenas Castillo (Reclusorio Norte)
Abraham Cortes Ávila (Reclusorio Norte)

Traduit par les trois passants/correction Valérie

Source 1

Source 2

Rappel :

Les prisonnier-e-s du 2 octobre 2013

portmariopngMario González García est un étudiant du Collège de Sciences Humaines (CCH) de Naucalpan, âgé de 21 ans et militant anarchiste. Il a été arrêté dans un transport public avec d’autres compagnons, quelques heures avant la manifestation commémorative du 2 octobre à laquelle il se rendait. Lors de son arrestation, Mario a été torturé par la police (chocs électriques sur tout le corps, fracture du pied…). Mario a été condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison pour attaques à la paix publique. Les délits d’atteinte à la paix publique (ou attaques à la paix publique, en espagnol) ont été montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste.

Le 11 juillet 2014, la magistrate Marín Sasaki a dicté une nouvelle sentence de 5 ans 1 mois et 15 jours de prison à l’encontre du compagnon Mario González García. Le CAZ – Collectif d’Avocats Zapatistes et le CADJS – Collectif d’Avocats en Défense de la Justice Sociale présenteront un recours de protection directe (Amparo directo) qui sera remis à un Tribunal Associé du Circuit, en signalant encore une fois toute la série de violations concernant la procédure et de violations des droits humains dont a fait l’objet Mario González.

portabrahamAbraham Cortez Avila est un jeune artisan âgé de 23 ans, originaire de l’État d’Oaxaca. Il a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, et condamné le 2 juin dernier à 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

Les prisonnier-e-s du 13 décembre 2013

ferFernando Bárcenas militant libertaire, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les mêmes délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense et il est dans l’attente de son appel. Luis Fernando a écrit plusieurs lettres depuis la prison en critiquant la situation d’enfermement dans laquelle il se trouve.
Luis Fernando, âgé de 18 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Ensuite il s’est vu accusé d’avoir brûlé un arbre de noël appartenant à Coca-Cola. Il se trouve aussi dans la prison Nord à Mexico, mais à un autre étage que les prisonniers du 2 octobre.

Les prisonnier-e-s du 5 janvier 2014

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Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson

Le 17 février 2014 marquait la fin des quarante jours « d’arraigo » (détention provisoire) décrété par le Procureur Général de la République contre les militants anarchistes Carlos, Amélie et Fallon. Amélie et Fallon sont détenues actuellement dans la prison pour femmes Reclusorio Femenil de Santa Martha Acatitla. Carlos se trouve dans le Reclusorio Oriente. Il et elles sont accusé-e-s d’avoir lancé le 5 janvier 2014 des pierres et des cocktails Molotov sur des installations du Secrétariat de Communications et Transports et sur une concession NISSAN. Les charges retenues contre lui et elles étaient : dégâts matériels, sabotage, délinquance en bande organisée et terrorisme. Cependant, à la fin de « l’arraigo », il et elles ont été relâché-e-s faute de preuves. Mais la Police du District Fédéral (Ville de Mexico) les a ensuite remis-e-s en détention pour des accusations de dommages et attaques à la paix publique. Tous les trois sont en attente de leurs sentences.

Carlos a écrit plusieurs lettres racontant sa difficile situation dans la prison d’Oriente, l’une des plus surpeuplées de la ville. Il fait l’objet d’abus carcéraux, de tabassages et vit dans une situation de violence et de harcèlement constant. Cependant, il signale fermement dans l’une de ses lettres : « Le système carcéral cherche à ce que nous voyions sa violence comme quelque chose de « normal », que nous en prenions l’habitude, que nous comprenions que c’est comme cela que la prison doit se mener. Personnellement, je ne pense pas me laisser domestiquer, je n’ai pas peur de ses représailles ». Malgré les difficiles conditions de détention dans lesquelles il se trouve, Carlos se tient toujours debout dans l’attente de sa sentence.

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Mexique : Prison pour tous ceux qui luttent pour la défense de la terre, les ressources naturelles et la culture indigène : le cas de Mario Luna, porte-parole de la tribu Yaqui

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 23 septembre 2014 by liberonsles

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Il y a quelques jours, le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) émettaient ensemble un communiqué pour la liberté de Mario Luna, porte-parole de la tribu Yaqui. Suite à ce communiqué, de nombreuses manifestations de solidarité ont appuyé l’appel pour sa libération immédiate.

 En s’adressant aux hommes et femmes de la tribu Yaqui, au peuple du Mexique, à la Sexta nationale et internationale ainsi qu’aux gouvernements du Mexique et du monde, ce communiqué signalait :

 “Nous exigeons l’annulation immédiate des ordres d’arrestation et l’arrêt de la fabrication de délits contre les membres de la tribu Yaqui. Nous condamnons la criminalisation de leur lutte, nous disons aux mauvais gouvernements issus des partis politiques que la rivière Yaqui a été historiquement le socle de la continuité ancestrale de la culture et du territoire de la tribu Yaqui. Nous qui formons le Congrès National Indigène (CNI), réaffirmons qu’un coup porté contre l’un des nôtres est un coup porté contre nous tous et toutes et ainsi nous répondons en conséquence face à toute tentative de répression contre cette digne lutte ou contre n’importe quelle autre lutte ».

« Ils n’ont pas réussi à tuer nos peuples parce que, comme des graines, ceux-ci continuent à pousser. Ils ont voulu nous tuer avec leurs armes à feu, et comme ils n’ont pas réussi, ils ont essayé en vain de nous tuer avec leurs maladies. Ceux qui ont le pouvoir ont utilisé beaucoup d’autres moyens pour nous achever, nous, les indigènes ».

 « Aujourd’hui, ils veulent nous tuer avec des éoliennes, des autoroutes, des mines, des barrages, des aéroports, avec le narcotrafic ; aujourd’hui, ici dans le Sonora, ils veulent nous tuer surtout avec des aqueducs ».

Le communiqué affirme que jeudi dernier, 11 septembre 2014, « les membres de la Procure Générale de Justice de l’État de Sonora ont arrêté notre compagnon et porte-parole de la tribu Yaqui Mario Luna, en l’accusant de faux crimes, montés de toutes pièces. De cette manière, ils prétendent incarcérer la lutte menée par la tribu Yaqui pour la défense des eaux qui, en 1940 et après une longue guerre, avaient été reconnues comme les siennes par le président de l’époque Lazaro Cardenas. Ce fut à partir de 2010 que les hommes de l’argent voulurent les reprendre par le biais d’un aqueduc appelé « Independencia », en ignorant une résolution émise par la Cour Suprême de Justice de la Nation et en piétinant ainsi tous les droits et les accords internationaux qui sont en notre faveur ».

 « L’aqueduc Independencia n’est pas du tout au service des pauvres, pour les faire accéder à l’eau et au progrès – comme le signalent les hommes de là-haut –, l’aqueduc est destiné aux riches qui veulent nous enlever cette eau qui pendant des siècles a appartenu à la tribu Yaqui. Au lieu de nourrir les champs et les récoltes ils veulent nous enlever l’eau pour la mettre au service des grandes compagnies industrielles de l’État de Sonora ».

 Face à cette situation, nous, les collectifs, groupes, organisations et individus signataires de cette lettre, réaffirmons notre solidarité avec le compagnon Mario Luna et signalons ce qui suit :

 15 septembre 2014

 En raison de l’arrestation de MARIO LUNA ROMERO, Secrétaire des Autorités Traditionnelles de la Tribu Yaqui et porte-parole, au niveau national et international, de la lutte en défense de l’eau et de la vie de la rivière Yaqui et contre la construction de l’Aqueduc Independecia, survenue le 11 septembre à Ciudad Obregón (État mexicain de Sonora),

Nous dénonçons

- le harcèlement et la persécution auxquels – avec d’autres membres de la tribu yaqui – Mario Luna a été soumis pendant des mois en raison de son travail de dénonciation de la construction illégale de l’aqueduc Independencia et de son œuvre de défense de l’autonomie et de la survivance de la tribu Yaqui ;

- la violation systématique des droits et le non-respect, de la part du gouvernement de l’État de Sonora représenté par Guillermo Padrés Elías et CONAGUA (Commission National des Eaux), de l’ordre émis par la Cour Suprême de Justice de la Nation et par le juge du 8eme district qui ordonnait « l’arrêt immédiat de l’opération de l’aqueduc Independencia », ainsi que le fait d’ignorer toutes les mesures dictées à ce sujet.

 Nous exigeons

- la libération immédiate de notre compagnon MARIO LUNA,

- la fin de la répression contre les membres des groupes et brigades de défense de l’eau de la tribu Yaqui à qui nous exprimons notre inconditionnelle solidarité.

Un coup porté contre l’un de nôtres est un coup porté contre tous et toutes !

 

¡NÁMASKASIA ACHAIM KAABE AMAU TAWABAANE!

 Collectifs, groupes, organisations :

Asamblea 15m Delicias. Zaragoza, Estado Español

Asociación de Vecinos Lanuza-Casco Viejo. Zaragoza, Estado Español

ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)

Associazione Jambo, commercio equo. Fidenza -Italia

Associazione Ya Basta! Milano

Campaña internacional de apoyo a los juicios contra los genocidas en Argentina

Casapueblos

CEDOZ (Centro de Documentación sobre Zapatismo)

CGT de Teruel, Estado Español

CGT Estado español

Chunta Aragonesista, Estado Español

Colectivo de Aprendizaje y Enseñanza Zapatista del Reino Unido

Colectivo Zapatista, Manchester

Comité Mons. Óscar Romero de Madrid – Estado Español

Enlace Urbano de Dignidad, Puebla, Mexico

Grupo IRU. Estado Español

Grupo Solidaridad con Chiapas, Dorset

Grupo Solidaridad con Chiapas, Edimburgo

Grupo Solidaridad con los Zapatistas – Essex

Grupo Solidaridad con México, Londres

Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Alemania

Intersindical de Aragón. Estado Español

KIPTIK, Bristol

La Reus, Cultural i Solidària per la Pau – Catalunya

Les trois passants. Paris, France

Nodo de Derechos Humanos, Puebla, México

Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid. Estado Español

Plaza de los Pueblos 15M

Publicación Codo a Codo

Radio Topo. Zaragoza, Estado Español

Servicio de Traducción Zapatista del Reino Unido

Sindicato Único de Trabajadores SOLIDARIDAD OBRERA. Estado Español

Zap Sol UK

Et  individus signataires

Source

Antécédents

______

Traduit par les trois passants/Correction Valerie et Myriam

Depuis l’Europe : Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes emprisonnés à Mexico

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 3 septembre 2014 by liberonsles

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mois d’août 2014

Compagnons et Compagnonnes :

Par cette lettre, les collectifs signataires, expriment leur solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes arrêtés à Mexico et envoient leur salutation solidaire à chacun d’eux et d’elles à l’occasion de cette Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes qui aura lieu à Mexico et dans d’autres endroits du monde du 26 au 30 août de cette année.

Nous envoyons de vives salutations aux compagnons et compagnonnes Mario González García, Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson. Sachez que nous avons lu vos communiqués et nous voyons que l’esprit rebelle continue à être présent dans vos actions, vos mots et dans votre cœur ; depuis nos espaces, plusieurs d’entre nous ont diffusé le mieux possible votre situation et votre lutte à l’intérieur de la taule d’où vous résistez jour après jour et d’où vous construisez une forme de protestation quotidienne contre le système carcéral. Compagnons et compagnonnes, nous voulons vous envoyer une forte accolade pour vous encourager, sachez que vos paroles ont dépassé les frontières et résonnent dans plusieurs coins du monde.

Grâce aux communiqués que vous avez émis dès le début de votre détention, nous sommes au courant de l’état de santé de certains d’entre vous, des dures conditions que vous devez affronter, mais, nous avons également entendu vos paroles de rage qui décrivent en détail le système carcéral où l’abus de pouvoir, la corruption, l’intimidation, l’autoritarisme, la torture physique et psychologique ainsi que l’humiliation quotidienne renforcent la répression systématique que le système capitaliste utilise pour faire taire la voix de la protestation, du désaccord, de la rébellion de tous ceux et celles qui en ont assez et qui ont soif de changer les choses.

Nombreuses ont été les phrases où vous décrivez votre espace actuel de vie, les relations avec les autres détenus, les médecins, et le personnel pénitentiaire, et malgré les difficultés rencontrées, vous êtes toujours debout en restant cohérents avec votre pensée anarchiste. Cette phrase récurrente qui signale  que « dehors nous ne sommes pas libres » résonne en nous…et la liberté que nous cherchons sans cesse, que l’on voudrait nous monnayer, est celle pour laquelle nous luttons depuis nos différentes tranchées. C’est parce que nous sommes à la recherche de cette liberté que nous avons hâte que vous soyiez dehors des centres d’enfermement et que vous puissiez enfin vous promener dans vos quartiers, vos maisons, avec vos amis et avec vos proches, c’est en raison de notre infatigable quête de liberté que nous ne pouvons vous oublier et que nous espérons que vous gardiez courage, courage ! compagnons et compagnonnes.

De notre côté nous continuons à être attentifs à votre situation, à votre lutte, à votre rébellion, à vos paroles, à votre cheminement, bien que vos pas soient limités par les murs, vous nous avez démontré que malgré les dures circonstances dans lesquelles vous vous trouvez, vous ne vous rendez pas, vous ne vous vendez pas, vous ne vous taisez pas.

Bien que cette lettre ait été spécialement faite pour les compagnons et compagnonnes anarchistes incarcérés, nous ne pouvons omettre de mentionner les détenus par le gouvernement de la ville de Mexico à la tête de laquelle se trouve Monsieur Mancera et ses collègues répresseurs et qui ont rempli les prisons de manifestant-e-s, d’étudiant-e-s, des gens d’en bas mécontents comme c’est le cas d’ Abraham Cortez Avila et de Luis Fernando Bárcenas et d’autres encore.

Une forte salutation et courage à vous tous et toutes !
Nous sommes là !
LIBERTÉ pour Mario, Carlos, Amélie et Fallon!
Prisonnier-e-s Anarchistes Liberté !
Liberté pour Abraham Cortez Avila et Luis Fernando Bárcenas !
À bas les murs des prisons !

En solidarité:

Alternative Libertaire, France
Anarchist Black Cross, Paris, France
Asociación Solidaria Café Rebeldía-Infoespai, Barcelone
ASSI (Acción social Sindical Internacionalista)
Caracol Zaragoza, État Espagnol
Confederación General del Trabajo (CGT) État Espagnol
CSPCL, Paris, France
Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique)
Gruppe B.A.S.T.A., Munster, Alemania
Internationale des Fédérations anarchistes (IFA)
Les trois passants, Paris, France
Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid, État Espagnol
laPirata :
-Nodo Solidale, Rome et Mexique
-Collettivo Zapatista lugano, Suisse
-Nomads, Bologna, Berlin
-Adhérents individuels

Source

traduit par les trois passants
correction Amparo

plus_d_infos

Anciens élèves de la Petite École zapatiste de la Garrucha : Nous sommes là !

Posted in Chiapas, Communiqués, EZLN on 3 septembre 2014 by liberonsles

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Aux hommes, femmes et enfants du Caracol III :
« Résistance vers une Nouvelle Aurore »
(Resistencia Hacia un Nuevo Amanecer). La Garrrucha
Au Conseil de Bon Gouvernement « Le chemin du Futur »
Aux hommes et femmes de l’EZLN
À la Sexta
Aux hommes et femmes du Mexique et du monde qui cheminent et ressentent toutes choses en bas et à gauche.

août 2014

Compañeros et compañeras:

Nous, individus et collectifs signataires de cette lettre, avons eu l’honneur de nous être trouvés sur le territoire rebelle de la Garrucha pendant la Petite Ecole Zapatiste, au mois d’août 2013. Dès que nous avons mis les pieds sur ce digne et rebelle territoire, nous avons su que rien ne serait pour nous comme avant. Nous avons tant appris et tant partagé. Non seulement le maïs, les tortillas, le pozol, les haricots, la maison qui nous a logés, les pas, les conversations, les rires et les bons moments passés à vos côtés , mais aussi la rage et la rébellion : celles qui, aujourd’hui et peut-être plus qu’avant, nous feront vous regarder et profondément ressentir, dans notre cœur, les agressions et les intimidations qui vous sont infligées, à vous, enfants, hommes et femmes zapatistes, qui avez été et qui êtes encore nos professeurs, nos guides (votanes), nos accompagnateurs et nos compagnons-nes.

Très souvent, les familles qui nous accueillaient nous ont dit que nous ne devions pas avoir peur de changer les choses, qu’il nous fallait prendre la vie entre nos mains. Très souvent nous avons reçu leurs conseils de continuer comme nous le pouvions la lutte pour charger ce monde, pour le rendre meilleur. L’autonomie, la liberté coûtent, nous disaient-elles, mais à la fin les résultats sont là ; et nous l’avons ainsi vu et vécu.

Cela fait vingt ans que nous cheminons à l’école des zapatistes, mais la Petite École a sans doute été l’expérience la plus profonde. Elle a fait que pour nous rien ne sera comme avant.

Tout au long de ces années, les agressions des paramilitaires, les programmes gouvernementaux, les harcèlements systématiques, les menaces, les assassinats ont essayé de piétiner la rébellion, concrétisée en autonomie quotidienne – nous disaient les compas zapatistes. «  Mais nous sommes toujours là ! », nous disaient-ils aussi.

Eh bien, compas zapatistes, nous aussi nous sommes toujours là !

D’ici, nous regardons, nous éprouvons, et nous ne pouvons pas cesser de vous dire que nous observons tout ce que le mauvais gouvernement vous a fait depuis l’assassinat du votan Galeano, lâchement exécuté… Mais Galeano est mort pour vivre.

Lui, il vit en chacun de nous. Et très humblement, quand nous vous disions que pour nous rien ne serait comme avant, cela signifie que quand nous nous regardons dans le miroir, jour après jour, nous nous disons que oui, autre chose peut exister, d’autres pas peuvent tracer le chemin avec dignité, car nous avons les vôtres comme exemple.

Aujourd’hui, nous ne nous contentons pas de condamner verbalement les attaques récemment perpétrées par les membres de l’ORCAO contre nos compas zapatistes. Désormais, nous affirmons que nous sommes en train de ressentir ces agressions et que la seule chose qui nous reste est de continuer à nous révolter, de continuer à lutter. Nous continuerons à nous révolter comme nous pourrons depuis nos espaces pour dire aux mauvais gouvernements que nous n’oublions pas, que nous ne nous vendons pas et que nous continuons à regarder et à sentir la rébellion des hommes, femmes et enfants zapatistes qui sont semence et chemin.

Ce fut la leçon que nous a laissée la Petite École et en tant qu’élèves que nous avons été, nous sommes toujours là !

Vous n’êtes pas seuls et seules !
Galeano vit !

En solidarité

Anciens élèves de la Petite École zapatiste du territoire autonome rebelle de la Garrucha :

Anaid, Mexique
Carla Peracchi, Barcelone
Claudia I. Espinosa Díaz, Mexique
Iván de Jesús Rodríguez Muñoz, Mexique
Miguel Ángel Martínez Ramírez, Mexique
Yael García, Chiapas, Mexique
Les trois passants, France.

Source

MEXICO: L’enfermement d’un anarchiste

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 25 août 2014 by liberonsles

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L’enfermement d’un anarchiste
Par Alejandra Natalia Rodriguez Escobar
11 août 2014.

Ma destination, c’est la tour médicale de la prison de Tepepan, et le patient incarcéré est Jorge Mario González García. Trois contrôles préalables à l’entrée dans l’hôpital m’attendent  : identification, fouille vestimentaire et tampons de sécurité. Cependant, l’entrée n’est pas si simple. À une première tentative, le jogging vert que je porte n’est pas autorisé ; ensuite je dois encore attendre car le gardien de service n’a pas fait mention de mon changement de vêtement.

« Lit 213, c’est votre patient, attendez ici qu’ils viennent vous chercher pour vous indiquer le chemin », me dit l’un des gardiens . Quelques minutes plus tard, un policier arrive pour me conduire à l’ascenseur. Après avoir passé mon dernier contrôle, je vois un homme jeune, mince, aux cheveux frisés et en robe de chambre blanche, attendant la visite. Le premier contact est une embrassade suivie de félicitations. Hier, Mario González a fêté son 22ème anniversaire.

Mario González est incarcéré depuis le 2 octobre dernier, accusé d’attaques à la paix publique. Malgré les irrégularités juridiques dans son dossier et l’inexistence d’une quelconque preuve qui l’incrimine, il a été condamné à plus de 5 ans de prison ferme*, sans droit à une caution. En décembre dernier, Mario a mis fin à une grève de la faim qui a duré presque 60 jours. Les conséquences sur son état de santé sont significatives.

Les chambres des hôpitaux ont la caractéristique d’être froides et sobres  ; cependant, on perçoit autre chose dans celle-ci. En plus de la solitude du seul patient, une accumulation de livres empilés lus et qui restent à lire, ainsi que des journaux nationaux, décorent la chambre. Des textes anarchistes et un résumé des écrits de Ricardo Flores Magón sont les plus visibles. - « Celui-ci, je suis en train de le lire », me dit-il, en même temps qu’il me montre un exemplaire du « Traité du savoir vivre à l’usage des nouvelles générations ». - « C’est un livre qui parle de l’agitation sociale radicale qui a inspiré les jeunes du mai français et il m’a été très utile », m’explique-t-il.

Sur le bureau près du lit, on voit un Rubik’s cube – avec la face jaune complétée.  J’observe un petit gâteau presque terminé, puis je demande : « Comment as-tu passé ton anniversaire ? »

⁃    « Bien. Le fait de sentir et de voir le soutien de mes compagnons dehors m’a donné beaucoup de courage et même, pendant un moment, je me suis senti libre. J’ai pris ce couvre-lit noir et avec du papier toilette j’ai mis un « A » que j’ai suspendu avec le ruban que les infirmières utilisent pour le sérum, et je l’ai mis à ma fenêtre qui donne sur la rue, je sais que cela peut me coûter une sanction, mais même en étant enfermé tu peux être libre dans la mesure où toi-même tu exerces ta liberté, et j’ai la liberté de montrer qui je suis », répond-il.**

Comme je lui demande ce qui lui manque le plus de quand il était libre, le jeune soupire et sourit   : « Il me manque d’être avec ma compagne, de prendre le soleil, de voir des films et d’écouter la musique  ; mais le fait de pouvoir lire plus, me fait penser que la rue est très similaire à la prison, dans les deux endroits tu as de mauvaises conditions de vie, tu es soumis à la dynamique du au jour le jour, en luttant pour survivre ».

« La réclusion m’a servi pour lire, pour écrire et pour réfléchir, mais je ne souhaite ça à personne : parfois je veux parler avec quelqu’un, les infirmières ou les patients, mais il m’est interdit de le faire sous prétexte que « je transgresse la sécurité institutionnelle »« .

Dans la tour médicale de Tepepan, il y a parmi les détenus des personnalités telles qu’Elba Esther Gordillo*** et Andrés Granier Melo, ex-gouverneur de l’État mexicain de Tabasco. Comme Mario se trouve dans la section masculine de la prison, il lui est arrivé de croiser ce dernier et même de le saluer, non pas pour établir une conversation ou une amitié avec lui – assure-t-il –, mais parce qu’il est parfois nécessaire de parler avec quelqu’un pour résister à la réclusion et à l’isolement.

Selon Mario, c’est surtout le fait qu’il se revendique anarchiste qui explique son maintien en détention. En effet, bien que sa défense ait démontré qu’il n’y avait pas de motifs pour prolonger son incarcération, on lui a refusé sa liberté. Il considère que l’anarchisme fait peur à l’ordre établi. Si l’État craint ce courant politique, c’est aussi  parce que, selon Mario, c’est le chemin qui rapproche le plus les êtres humains de la liberté.

L’interview est interrompue par un gardien qui signale que mes vingt minutes de visite sont écoulées. Mais obtempérer est impossible puisque nous en sommes arrivés à discuter de l’un des moteurs de la lutte sociale que Mario revendique : la défense de l’éducation publique et gratuite. Il parle de son activisme dans le Collège de Sciences Humaines, siège Naucalpan. L’entretien est à nouveau interrompu. Les adieux sont accompagnés d’une demande : « Continuez à diffuser mon cas et merci de votre venue ».

Ndt : Dans les jours qui viennent, d’autres initiatives sont envisagées pour continuer la lutte pour la libération de Mario Gonzalez, et une semaine dédiée aux prisonnier-e-s anarchistes aura lieu du 26 au 30 août au Mexique et ailleurs.

Pour l’instant, vous pouvez, si vous le souhaitez, écrire un mot à Mario à cette adresse postale :

Jorge Mario González García
(Torre Médica Tepepan) Centro Femenil de Readaptación Social Tepepan.
Calle La Joya s/n Colonia Valle Escondido
Delegación Xochimilco.CP.14600 Ciudad de México, Distrito Federal.
MEXICO. (comptez trois à quatre semaines pour l’arrivée du courrier à Mexico DF)

Vous pouvez également envoyer votre message à l’adresse mail suivante : solidaridadmariogonzalez@riseup.net

Source en espagnol

Plus d’infos

_____________

*La magistrate du Tribunal Supérieur de Justice de la ville de Mexico, Celia Marín Sasaki, membre de la Cinquième Salle Pénale, la même magistrate qui avait condamné notre compagnon anarchiste et adhérent à la Sexta, Víctor Herrera Govea le 2 octobre 2009, a prononcé, le 11 juillet 2014, une nouvelle sentence de 5 ans 1 mois et 15 jours de prison contre Mario González García.

** le 9 août 2014, les ami-e-s de Mario, des personnes solidaires et sa famille ont fêté à l’extérieur de la prison son 22e anniversaire. Des chansons, des discours et plusieurs activités se sont déroulés ce jour-là pour accompagner Mario qui a pu regarder depuis sa fenêtre cet événement en solidarité avec lui. Pendant cet événement – comme Mario le raconte- il a suspendu un A d’anarchie à sa fenêtre aux yeux de tous ceux et toutes celles qui se trouvaient dehors.

***Elba Esther Gordillo, surnommée « La maestra » a été pendant 24 ans l’ex-dirigeante du Syndicat mexicain des Travailleurs de l’Éducation (SNTE). Elle a été arrêtée le 26 février 2013 pour détournement, délinquance organisée et blanchiment de 200 millions de dollars. La « maestra » était connue pour ses multiples abus de pouvoir et son énorme pouvoir de corruption.

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario
Correction : Valérie

Depuis la Sexta dans le monde : Gaza vit et résiste !

Posted in Archives, Communiqués on 25 juillet 2014 by liberonsles

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« Et, peut-être, qu’un petit garçon ou une petite fille de Gaza survivent aussi. Peut-être qu’ils grandiront et, qu’avec eux, grandiront aussi la colère, l’indignation, la rage. Peut-être qu’ils deviendront soldats ou miliciens de l’un des groupes qui luttent en Palestine. Peut-être qu’ils se retrouveront à combattre Israël. Peut-être qu’ils le feront en tirant avec un fusil. Peut-être en s’immolant avec une ceinture de cartouches de dynamite autour de la taille. Et alors, là-haut, ils écriront sur la nature violente des palestiniens et feront des déclarations en condamnant cette violence et on recommencera à discuter s’il s’agit de sionisme ou d’antisémitisme. Et alors personne ne demandera qui a semé ce qui est récolté. » (Sous-commandant Insurgé Marcos. Mexique, 4 janvier 2009)

Combien de fois nous retrouverons-nous à discourir, agir et résister devant la violence raciste de l’État d’Israël contre les peuples natifs de Palestine?

Le 22 juillet 2014, les journaux informent que les opérations militaires d’Israël dans la bande de Gaza ont fait plus de 500 morts et 3000 blessés, tous palestiniens. Ils disent, écrivent, que c’est une guerre. Mais les morts tombent seulement d’un côté, et parmi les morts, il y a des enfants, des bébés, des femmes, des vieillards. Certains regardaient un match, d’autres dormaient, d’autres couraient dans la rue en essayant d’échapper, inutilement, à la pluie de bombes qui fait trembler ce petit coin martyrisé de la planète.

Nous demandons : où est la guerre ?… Ceci EST UN MASSACRE !

Ils nous informent aussi qu’il y a eu jusqu’à présent 7000 tonnes d’explosifs lancés sur ce territoire. Tant de plomb ne reste pas dans l’air… il a éclaté dans des foyers, des hôpitaux, des écoles, des parcs publics, des marchés. Là où le peuple vit, travaille, tombe amoureux et se repose. Et aujourd’hui il meurt et est déchiqueté.

Alors que nous rédigeons ce communiqué, le coeur blessé et les mains chargées de rage, les palestiniens et palestiniennes sont en train de mourir. Quand ces lignes seront arrivées à d’autres coeurs honnêtes et solidaires, des dizaines, peut-être des centaines de personnes seront mortes.

Ce que fait Israël, depuis 66 ans, est un nettoyage ethnique sur un territoire conquis avec l’appui des pays capitalistes ; alors que de manière systématique ils en profitent pour tester en direct de nouvelles armes (qui après se vendent à d’autres pays) pour permettre d’exploiter des territoires, des ressources et la force de travail (avec les colonies sionistes sur ce qu’il reste du territoire palestinien).

Israël est l’exemple le plus clair de la perfection à laquelle peut arriver la machine affreuse du capitalisme : une société bien insérée dans l’économie globale, moderne et à la fois théocratique, nationaliste, sécuritaire et militarisée, totalement construite sur le pillage, la discrimination, l’exploitation et l’extermination « lente » d’un autre peuple, le palestinien. Tout cela en se présentant au monde comme l’unique démocratie de la région, comme un fortin occidental dans une « zone de barbares ».

La dignité et la résistance des palestiniens et des palestiniennes émeuvent beaucoup de ceux qui sont en-bas dans le monde, c’est cela leur arme la plus puissante. Dans tous les territoires où nous vivons nous continuerons à boycotter les produits israéliens, en dénonçant ses atrocités et en levant le drapeau du Peuple palestinien, qui au-delà de ses autorités corrompues – du Hamas ou du Fatah – continue d’être un exemple de fermeté dans l’histoire contre les génocides racistes. Tenaces, comme des oliviers séculaires devant la modernité destructrice.

Notre rage est une embrassade. Depuis en bas et à gauche, avec l’autonomie dans le coeur comme proposition anticapitaliste et de paix, nous accompagnons dans la douleur et dans la lutte nos frères et sœurs palestiniens.

Collectifs et groupes adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt  Lacandone de l’EZLN :

AMERICAMINOS, comunicación independiente (Mexique)
Asamblea de Mexicanos (Buenos Aires, Argentine)
ASSI – Acción Social y Sindical Internacionalista (État Espagnol)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelona, Catalunya – État Espagnol)
Asociacion Espoir Chiapas / Esperanza Chiapas (France)
Associazione Ya Basta! Milano (Italie)
Brújula Roja (DF, Mexique)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Caracol Zaragoza (État Espagnol)
Centro de Documentación sobre Zapatismo – CEDOZ (État Espagnol)
Centro Sociale XM24, Bolonia (Italie)
CGT – État Espagnol
Colectivo de adherentes a la Sexta (Tarija et Huacaya, Bolivie)
Colectivo de Telefonistas Zapatistas (DF, Mexique)
Colectivo Votán Zapata (DF, México)
Comitato Chiapas “Maribel” – Bergamo (Italie)
Comitato Madri per Roma Città Aperta  (Italie)
Comité de Familiares y Amigos de Secuestrados Desaparecidos y Asesinados (Guerrero, Mexique)
Comite Noruego de Solidaridad con America Latina (Norvège)
Comité de Madres de Desaparecidos Políticos de Chihuahua (Mexique)
Comité Amigos de Puerto Rico (Puerto Rico)
Compañeros/as de Uruguay adherentes a la Sexta (Uruguay)
Cooperativa El Rebozo (Oaxaca, Mexique)
Coordinadora Valle de Chalko (Mexique)
Colectivo Autonomo de Apoyo a Sobrevivientes de la Tortura- Caasot (Mexique)
Colectivo Radio Zapatista (Chiapas, Mexique)
Dorset Chiapas Solidarity Group (Royaume-Uni)
Encuentro de Organizaciones de Córdoba (Argentine)
Espacio de Lucha contra el Olvido y la represión – ELCOR (Chiapas-Mexique)
Frente del Pueblo (DF, Mexique)
GT “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
La Pirata:
-Colectivo Zapatista “Marisol”Lugano (Suisse)
-Nodo Solidale (Italie et Mexique)
-Nomads (Italie et Berlin)
-Adherentes Individuales
La Sexta en Surponiente-DF  (Mexique)
La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión (Oaxaca, Mexique)
Les trois passants (Paris, France)
Movimiento Insumis@ Zapatistas (Mexique)
Movimiento Popular la Dignidad (Buenos Aires, Argentine)
Movimiento Revolucionario Comechingón (Cordoba, Argentine)
Movimento Utopia e Luta (Porto Alegre, Brésil)
Mujeres y la Sexta (DF, Mexique)
Nodo de derechos Humanos (Puebla, Mexique)
Piratas X Tierra Mojada (Cordoba, Argentine)
Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid (État Espagnol)
Radio K’astajib’al (Guatemala)
Red de Solidaridad con Chiapas (Buenos Aires, Argentine)
Red Movimiento y Corazón Zapatista (DF, Mexique)
Regeneración Radio (DF, Mexique)
Taller de Desarrollo Comunitario A.C. (Guerrero, Mexique)
Universidad de la Tierra (Oaxaca, Mexique)
Veredas Autónomas (Oaxaca, Méxique)
20ZLN  (Milano – Italie)
__________________

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario
Correction Myriam

Mise à jour concernant la situation des prisonnier-e-s de la ville de Mexico. Liberté aux prisonnier-e-s de Mancera!

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 11 juillet 2014 by liberonsles

2octmex Liberté aux prisonnier-e-s de Miguel Angel Mancera, maire de la ville de Mexico !

Par Les trois passants
11 juillet 2014

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux mènent un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », le gouvernement fédéral d’Enrique Peña Nieto et le gouvernement de Miguel Angel Mancera, maire de la Ville de Mexico, ont déclenché depuis 2012 une véritable persécution contre les mouvements sociaux, en particulier contre les mouvements anarchistes.

À ce jour, cinq compagnon-e-s anarchistes ou lié-e-s au mouvement anarchiste se trouvent incarcéré-e-s pour avoir participé à des manifestations, piquets de protestation, actions, etc. Certains ont été condamnés à plus de cinq ans de prison ferme, comme Jorge Mario González García. L’entreprise de diffamation poursuivie par le Gouvernement de la Ville de Mexico à l’encontre de Mario González a atteint sa compagne Nuria Ramirez, qui dès le début s’est mobilisée avec une énergie inépuisable pour la liberté de son compagnon. De la même façon, les personnes proches de Mario se sont vues harcelées par les autorités du fait de leur dénonciation systématique de la politique répressive du gouvernement. Le Gouvernement de la Ville de Mexico utilise un discours de violence pour tenter de légitimer la véritable violence qu’il exerce sur la société en général et sur les mouvements sociaux en particulier, violence qu’il érige en mode de gouvernement. La répression visant les manifestants, à partir du 1er décembre 2012, l’a clairement démontré.

Les cas d’autres prisonniers et prisonnières sont également dans une situation difficile. Concernant les anarchistes Carlos López, Amélie Pelletier et  Fallon Poisson accusé-e-s d’avoir lancé le 5 janvier 2014 des pierres et des cocktails molotov sur des installations du Secrétariat de Communications et Transports et sur une concession NISSAN, leur cas se trouve en suspens. De la même façon que pour Mario, ils avaient été relâché-e-s faute de preuves et juste après la Police de la ville de Mexico les a remis-e-s en détention pour des accusations de dommages et attaques à la paix publique. Tous les trois sont en attente de leurs sentences. Carlos a écrit plusieurs lettres racontant sa difficile situation dans la prison d’Oriente, l’une des plus surpeuplées de la ville. Carlos fait l’objet d’abus carcéraux, tabassages et vit dans une situation de violence et de harcèlement constant. Cependant il signale fermement dans l’une de ses lettres « Le système carcéral cherche à ce que nous voyions sa violence comme quelque chose de « normal », que nous en prenions l’habitude, que nous comprenions que c’est comme cela que la prison doit se mener, personnellement, je ne pense pas me laisser domestiquer, je n’ai pas peur de ses représailles ». Quant à Luis Fernando Bárcenas, militant libertaire arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola, il a été condamné à de la prison ferme pour les mêmes délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense et il est dans l’attente de son recours en appel. D’autres jeunes ont été condamnés à de lourdes peines de prison, comme ce fut le cas pour Abraham Cortés Ávila, âgé de 23 ans, arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco. Il a été condamné le 2 juin dernier à 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide.

Face à cette persécution, il faut mentionner que la majorité des personnes arrêtées dernièrement ont été accusées d’attaques à la paix publique. L’article 362 du Code Pénal de la ville de Mexico – District Fédéral concernant les « attaques à la paix publique » a été modifié après trois semaines d’actions pour exiger son abrogation, suite aux arrestations massives durant la manifestation contre l’investiture présidentielle d’Enrique Pena Nieto le 1er décembre 2012, ce qui devrait permettre que les détenus suivent leur procès pénal en dehors de la prison. L’article, qui spécifie le délit de « attaques à la paix publique », consiste en réalité en une assignation pour terrorisme que le gouvernement de la ville de Mexico utilise pour criminaliser les dissidents…

Voici une mise à jour concernant les cas de neuf prisonnier-e-s que Miguel Angel Mancera, maire de la ville de Mexico, et son gouvernement répressif maintiennent en prison (Juillet 2014).

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