Patishtán sort de l’hôpital de Tuxtla au Chiapas et est transporté à l’aéroport.
La famille n’a pas été informée du lieu de destination mais un des gardiens a dit qu’ils l’emmenaient "là où il voulait", ce qui laisse supposer qu’il s’agit de la ville de México.*
Hermann Bellinghausen, envoyé
Publié : le 03/10/2012 20:17
Journal : La Jornada
San Cristóbal de las Casas, Chiapas. La ministre Olga Sanchez Cordero de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) a accepté aujourd’hui d’étudier le cas d’Alberto Patishtán Gómez, prisonnier indigène de l’Autre Campagne au Chiapas, afin de présenter prochainement son analyse à la Première Salle de la Cour. C’est cette dernière qui statuera sur la recevabilité de la procédure de reconnaissance d’innocence présentée en septembre par la défense légale du condamné, laquelle demande que l’instance assume la compétence originaire que lui attribue l’article 561 du Code Fédéral de Procédures Pénales, pour traiter la dite procédure.
Dans le même temps, la famille de Patishtán Gómez a indiqué qu’aujourd’hui, vers 17 heures, Alberto a été transporté en ambulance de l’hôpital Vida Mejor de Tuxtla Gutiérrez vers l’aéroport Ángel Albino Corzo. La famille de Patishtán n’a pas été avertie de sa destination, mais l’un des gardiens a dit qu’ils l’emmenaient « là où il voulait ». Cela laisse supposer qu’il s’agit d’un transfert vers la ville de Mexico.
Ces derniers jours, le professeur indigène lui-même, a exprimé dans unelettre aux autorités gouvernementales, son refus d’être soigné à l’hôpital de Tuxtla au Chiapas où, durant une précédente hospitalisation en 2010, il n’avait pas reçu l’attention médicale adéquate et où un diagnostic erroné avait été donné. Par contre, il a demandé à être soigné à l’Institut Nationale de Neurologie “Manuel Velasco Suárez”, pour une tumeur cérébrale qui a progressivement affecté sa vision jusqu’à aujourd’hui, où il est presque aveugle.
Patishtán, qui s’est converti en un important prisonnier de conscience et défenseur des droits humains au sein des prisons du Chiapas, a déjà passé 12 ans en prison en purgeant une peine de 60 ans, accusé d’avoir participé au meurtre de six policiers de l’Etat et d’un policier municipal sur la route Simojovel – el Bosque en juin 2000.
Convaincus de son innocence, divers collectifs et organisations sociales du Mexique et de nombreux pays, ont demandé sa libération, de même que des personnalités telles que Pablo González Casanova, Luis Villoro, John Berger et Raúl Zibechi.
* Nous venons d’apprendre par la famille d’Alberto Patishtán, qu’il se trouve hospitalisé à l’Institut Nationale de Neurologie “Manuel Velasco Suárez”, dans la ville de Mexico. Son opération chirurgicale aura lieu ce lundi 8 octobre à 10 heures, la famille demande que nous restions attentifs.
Traduit par les trois passants
et Caracol Solidario