Campagne internationale pour la liberté d’Alvaro Sebastian

Vidéo de présentation de cette campagne

Qui est Alvaro Sebastián Ramírez?

Álvaro Sebastián Ramírez, âgé de 52 ans, est indigène zapotèque et adhérent à l’Autre Campagne, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 13 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été condamné à 29 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration.

Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques.

Son arrestation le 15 décembre 1997:

Alvaro a été séquestré vers 10 heures du matin le lundi 15 décembre 1997 par le groupe spécial de la police judiciaire de l’État d’Oaxaca. Son arrestation a eu lieu alors qu’il était au volant de sa voiture au centre-ville d’Oaxaca, où il attendait sa fille et sa femme.

Deux personnes se sont approchées du véhicule brandissant une arme à feu et l’ont visé. Ils l’ont obligé à sortir et lui ont demandé ses papiers et son arme. Ce à quoi il a répondu qu’il ne portait pas d’arme. Ils l’ont fouillé, de même que sa voiture, sans rien trouver.

Alvaro : « Ils m’ont dit : « ferme les portières de ta voiture, prends ton permis de conduire, tes clefs et tes objets de valeur, car tu vas nous accompagner. » Ils mont amené avec eux et en passant par la rue Macedonio Alcalá je me suis aperçu qu’il s’agissait bien d’une opération policière, car ils avaient arrêté la circulation des avenues et placé partout des fourgons et des voitures remplis de policiers. »

Alvaro a été embarqué violemment à l’intérieur d’une voiture, ils lui ont couvert la tête et le corps et l’ont emmené au commissariat général de justice de l’État d’Oaxaca. De là ils l’ont transporté en direction de l’aéroport. Après 20 minutes de route, ils sont arrivés à une maison où il fut torturé pendant 11 jours, du 15 au 26 décembre 1997.

Torture physique et psychologique:

Alvaro : « (…) Pendant les jours de ma séquestration, j’ai été l’objet de traitements cruels, indignes et humiliants envers ma personne. Ils ne m’ont rien donné à manger. Tous les trois jours, ils me donnaient un sandwich avec du pain sec et de l’eau salée (…) Ils m’ont aspergé le nez d’eau minérale avec du piment, ils m’ont fait des électrochocs au niveau des parties les plus sensibles de mon corps, principalement au niveau des testicules, ils m’ont enfermé la tête dans un sac plastique, ils me frappaient les bras, le dos, la nuque, ils me donnaient des coups de pied, ils me frappaient au niveau des poumons, de l’estomac, du visage (…) ils ne me laissaient ni m’asseoir, ni m’allonger pour dormir un peu, les coups ne se arrêtaient pas. A plusieurs reprises, ils m’ont dit qu’ils avaient arrêté toute ma famille, qu’elle se trouvait dans la pièce à côté et qu’ils étaient en train de les torturer de la même façon que moi, mais qu’eux par contre disaient la vérité, mais comme, moi, je ne disais rien, ils me faisaient des injections pour que j’avoue. Ils me menaçaient et me disaient qu’ils allaient violer ma femme et mes deux filles, ils me disaient que ma fille de trois ans n’était plus alimentée et qu’elle avait été séparée de sa mère et que mon fils allait être torturé encore plus que moi (…) »

Pourquoi ?

Alvaro : « Le but de cette torture était que j’avoue être membre de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), que j’avoue avoir un grade important à l’intérieur du groupe armé. Ils m’ont tabassé pour que je dise à quel moment j’avais rejoint la clandestinité, pour que je leur dise qu’elles ont été mes activités à l’intérieur du groupe et pour que je leur dise qui étaient mes confrères et les professeurs qui appartenaient à l’EPR. (…) C’est dans ces circonstances que j’ai été obligé de signer et de mettre mes empreintes digitales sur des feuilles blanches ».

“Quand l’État a ordonné ma séquestration et ma torture physique et psychologique, il a violé les garanties individuelles inscrites dans la Constitution mexicaine. Celle-ci établit les droits fondamentaux que possèdent tous les Mexicains et marque les limites du pouvoir et de l’autorité de l’État envers les citoyens. Un de ses articles mentionne l’interdiction de la torture”.

Alvaro n’a pas été le seul…

Alvaro : « Mon cas n’a pas été le seul. L’État, par la séquestration et par la torture, a obligé plus d’une centaine d’indigènes zapotèques de la région de Loxicha à avouer des délits qu’ils n’ont jamais commis, ils ont été obligés de signer et de donner leurs empreintes digitales sur des feuilles blanches pour leur fabriquer des délits ».

Témoignage d’Alvaro Sebastián Ramírez
Prisonnier politique de la région de Loxicha
Cela fait 13 ans qu’il est privé de sa liberté.
Octobre 2010.

Voir le témoignage complet (en espagnol) ici

Le Contexte:

En 1996, l’attaque de l’Armée populaire révolutionnaire (EPR) à La Crucecita allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la région Loxicha, dans la Sierra Sur de Oaxaca : au cours des années suivantes, il y eut pas moins de 200 arrestations illégales, 150 cas de torture, 32 perquisitions illégales, 22 exécutions extrajudiciaires, 22 disparitions forcées, 137 personnes en prison pour des raisons politiques et de conscience et un nombre indéterminé de harcèlements, de menaces de mort et de procès pénaux irréguliers.

Les difficiles conditions de vie des indigènes de la région Loxicha se sont aggravées suite à ces faits. La présence de forces militaires et policières, ainsi que la répression exercée contre les habitants de la zone, ont altéré la vie quotidienne des communautés.

Dans ce contexte il restent toujours 8  prisonniers de Loxicha dont Alvaro Sebastian. Ils sont tous indigènes zapotèques organisés dans la  La Voix des Zapotèques Xiches en Prison, ils ont déjà vécu de 13 à 14 ans d’enfermement, accusés d’appartenir à l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) alors qu’ils exerçaient leurs mandats au sein du conseil municipal de San Agustín Loxicha, élus selon les us et coutumes zapotèques opposés au cacicazgo* aux mains du PRI** (Parti Révolutionnaire Institutionnel).  ils ont été arrêtés entre 1996 et 1999 pour avoir défendu leurs terres, ils ont toujours maintenu leur forme traditionnelle de gouvernement sans partis politiques.

Antécédents et chronologie:

Le 29 août 1996 à zéro heure et dix minutes, un groupe rebelle de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) a attaqué simultanément les installations de l’infanterie de marine, de la police préventive de l’Etat, de la police judiciaire de l’État, de la police judiciaire fédérale et de la police municipale de  Santa María Huatulco, Oaxaca.

Álvaro Sebastián a été détenu le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et mis en prison, accusé de plusieurs délits en relation avec l’attaque du 29 août.

Le 5 janvier 1998 Alvaro a été condamné à de la prison ferme pour sa supposée responsabilité dans les délits d’homicide qualifié, de coups et blessures, tentative d’homicide, privation illégale de liberté, vol, dommages à la propriété d’un tiers, fourniture d’armes, terrorisme, conspiration et association de malfaiteurs, des actes qui aurait été commis lors de l’attaque du 29 août par l’Armée Populaire Révolutionnaire.

Le verdict émis par le tribunal daté du 22 octobre 2009 dit:

Cinquième point du verdict : Álvaro Sebastián ou Álvaro Sebastián Ramírez, est pénalement responsable d’homicide qualifié, prévu par les articles 302, 315, deuxième paragraphe, 318 y 320 du code pénal fédéral ; de tentative d’homicide, prévu et sanctionné par les articles 12, 63 y 302 du code pénal fédéral; de terrorisme, prévu et sanctionné par l’article 139 du code pénal fédéral; et de conspiration prévue et sanctionnée par l’article 141  du code pénal fédéral.

Le 6 octobre 2010, une demande d’habeas corpus a été interposée au tribunal siégeant dans l’Etat d’Oaxaca. Au Mexique l’habeas corpus est le dernier recours juridique possible pour obtenir la libération d’Álvaro Sebastián Ramírez.

La voix des zapoteques xiches en prison, lance un appel pour soutenir et diffuser cette campagne pour la liberté d’Alvaro.

Pour plus d’information sur le contexte loxicha, cliquez ici

*Système de contrôle de la vie politique locale par des caciques
le mot « cacique » est souvent traduit par notable local qui exerce un contrôle sur la vie politique et sociale d’une région, territoire au district.
** le Parti Révolutionnaire Institutionnel a gouverné le Mexique pendant plus de 70 ans, jusqu’en 2000, année de la victoire électorale de Vicente Fox, du Parti d’Action Nationale. Son régime a été notamment marqué par la répression et le corporatisme.

Lettre de solidarité depuis l’Europe

Au compañero Alvaro Sebastián Ramírez,

Aux compañeros de la voz de los Zapotecos Xiches en Prisión,

À l’Autre Campagne,

À la Red Contra la Represión y por la Solidaridad,

Aux familles et amis des prisonniers,

Compañeros y compañeras, recevez avant tout un salut solidaire et combatif d’ici, de l’autre Europe.

Aujourd’hui 15 décembre 2010, cela fait 13 ans qu’Álvaro Sebastián Ramírez est enfermé. Ce jour nous ne l’oublions pas et à partir d’aujourd’hui, nous, les collectifs solidaires de la Campagne pour la libération d’Alvaro, exigeons avec vous la liberté immédiate et inconditionnelle du compañero.

San Agustín Loxicha nous fait mal et l’oubli et l’indifférence de ceux d’en haut ne peuvent effacer de nos mémoires la répression brutale qui a eu lieu contre le village au petit matin du 29 août 1996 qui a laissé depuis, des habitants blessés et harcelés de manière permanente par le siège militaire et para-militaire. Les habitants de Loxicha ont été persécutés, violentés et calomniés par ceux qui au pouvoir essaient de détruire un village qui veut être maître de sa propre destinée.

Álvaro Sebastián a été arrêté le 15 décembre 1997. Le 26 décembre de la même année, après avoir disparu pendant 11 jours, au cours desquels il a été torturé et obligé à signer et à mettre ses empreintes digitales sur 200 feuilles vierges, il a été présenté et accusé des délits d’homicide, de terrorisme, de conspiration, de rébellion, de collecte d’armes. Son procès est entaché de nombreuses anomalies et la sentence prononcée est juridiquement infondée.

Comme beaucoup d’autres prisonniers au Mexique et dans le monde, Álvaro Sebastián Ramírez continue d’être privé de sa liberté car il a été l’objet d’une disparition forcée, car il est un survivant de plus de la torture, car il n’admet pas les délits fabriqués dont on l’accuse, car il n’accepte pas la sentence de 29 ans de prison, car ses idées politiques sont contraires à celle du régime, parce que le système juridique couvre et approuve la répression et la violence de l’État. Alvaro est prisonnier car il est indigène, pauvre et parce que son cœur digne et rebelle est en bas à gauche.

Depuis cette autre Europe avec notre cœur digne et rebelle, nous accompagnons vos pas, ainsi que les pas de ceux qui comme Alvaro sont prisonniers.

Nous exigeons la liberté immédiate d’Álvaro Sebastián Ramírez !

Nous exigeons la liberté des compañeros de la voz de los Zapotecos Xiches en Prisión !

Prisonniers et prisonnières liberté !

Nous ne sommes pas tous là, il manque les prisonniers !

En solidarité :

Caracol Solidario (Francia)

Confederación General del Trabajo – CGT (Estado español)

Grupo Les trois passants (Francia)

Tamazgha (Francia)

Colectivo Alana (Solidaridad Resistancia Dignidad) (Grecia)

Unión Mexicana Suiza (UMES) de Zürich (Suiza)

La PLataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas (Pais Vasco)

La Plataforma de solidaridad con Chiapas de Madrid (Estado español)

Secretariado Internacional de la CNT (Francia)

Colectivo FugaEmRede (Galicia)

Nodo Solidale (Roma, Italia y México)

Nomads Xm24 (Bologna, Italia)

Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha, CSPCL (Francia)

Collettivo Zapatista di Lugano “Marisol” (Suiza)

Grupo IRU (estado español)

caracol mundo-eco de latido en solidaridad (Viena-Austria)

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Álvaro Sebastián Ramirez “Correction d’une Injustice”


 

Correction d’une Injustice:

« Correction d’une Injustice », est le titre de l’exposé de Jacobo Silva Nogales (lui même ex-prisonnier adhérent à l’Autre Campagne), qui explique le recours en appel direct d’Álvaro Sebastián Ramirez, prisonnier politique et de conscience de la Région Loxicha, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne et à l’Autre Campagne, condamné à 29 ans de prison pour homicide, tentative d’homicide, terrorisme et de conspiration.

Cela fait 13 ans qu’Alvaro est privé de sa liberté, actuellement il se trouve enfermé dans la prison centrale de Santa María Ixcotel à Oaxaca.

Dans « Correction d’une Injustice », Jacobo explique en détail et juridiquement les raisons pour lesquelles Álvaro Sebastián Ramirez n’est pas responsable des crimes dont l’État mexicain l’accuse.

Jacovo Silva démontre aussi que les sentences dictées contre notre compagnon Álvaro, non seulement sont injustes mais illégales parce qu’elles violent ses garanties constitutionnelles.

Nous présentons ici neuf vidéos sous-titrées en français pour faire connaître le cas d’Álvaro qui s’inscrit aussi dans le cadre de la Campagne Nationale et Internationale pour la liberté d’Álvaro Sebastián Ramirez et de celle de tous les compagnons et les compagnes emprisonnés de Loxichas et du Mexique.

Correction d’une Injustice
Vidéo n°1
Vidéo n°2
Vidéo n°3
Vidéo n°4
Vidéo n°5
Vidéo n°6
Vidéo n°7
Vidéo n°8
Vidéo n°9
http://lavozdelosxiches.blogspot.com/
Liberté immédiate et inconditionnelle pour Álvaro Sebastián Ramirez !
Liberté à tous les prisonniers de Loxicha !
Liberté à toutes et tous les prisonniers-es politiques !
Vive L’Autre Campagne !

Qui sont les prisonniers de Loxicha? Cliquez ici

Pour plus d’information sur Jacobo Silva Nogales cliquez ici

Blog de Jacobo Silva Nogales cliquez ici

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