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Projection-Concert de l’Action Antifasciste Paris Banlieue

Posted in Actions, Campagnes on 20 décembre 2014 by liberonsles

Projection anti-carcérale et sound système dimanche 21 décembre au CICP, organisé en soutien aux antifascistes inculpés durant les différentes actions et mobilisations de ces derniers mois.

Dimanche 21 Décembre 2014 – à partir de 15h
Projection-Concert de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue !
CICP (21 ter rue Voltaire M°9 Rue des boulets/Nation)

L’Action Antifasciste Paris-Banlieue vous accueillera à partir de 15h au CICP (21 ter rue Voltaire M°9 Rue des boulets/Nation) pour assister à la projection d’« Enfermés vivants », un film de Félix G. (production ciné 200/90minutes/HD).

concertcicpCe documentaire-fiction sur le quotidien de la prison, joué par 2 anciens prisonniers et un acteur, revient sur les conditions d’enfermement en France.

Après un débat avec le réalisateur de ce film, ce sont nos potes d’AOB Sound System et de Stepper Allianz qui viendront mixer sur leur sono pour soutenir tou-te-s les militant-e-s antifascistes interpellés ces derniers mois.

Comme vous le savez, la répression étatique se fait de plus en plus pressante et nous avons donc besoin d’un maximum de soutien… Venez nombreu-ses-x !

De la nourriture et des boissons seront proposés tout au long de la soirée.

Entrée : 4 euros (TOUS les bénéfices seront reversés au profit de militant-e-s antifascistes interpellé-e-s ces derniers mois)

Programme :
15h00 : Ouverture des portes
16h00 : Projection du film « Enfermés vivants » (soyez à l’heure svp !)
17h30 : Discussion sur l’enfermement avec le réalisateur
19h00 : Sound System d’AOB et de Stepper Allianz

COME ON !

Paris : Nous sommes tous Ayotzinapa Nous les voulons de retour vivants !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 11 décembre 2014 by liberonsles

tousayotzinparis7

Compagnons et compagnonnes,

Le 7 décembre dernier des hommes, des femmes et des enfants, des organisations, des collectifs et des étudiants d’horizons très divers ont emprunté les rues de la ville de Paris pour crier les revendications qui font aujourd’hui le tour du monde et qui comme un écho collectif résonnent : « Nous sommes tous Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, vivants nous les voulons ! Peña dégage !… « Que se vayan todos! » En comptant tous ensemble de 1 jusqu’à 43, et en terminant par le cri de « Justice ! », les manifestant-e-s parlaient d’une seule voix, celle qu’on entend partout depuis ce 26 septembre. Ce jour-là nous avons reçu une nouvelle disant que l’un des 43 étudiants avait été identifié par les médecins légistes Argentins et qu’il s’agissait du jeune Alexander Mora Venancio, de 19 ans. Aujourd’hui nous pensons à lui et adressons nos condoléances à ses parents, à ses amis, à ses compagnon-e-s. Ces dernières années, les condoléances n’ont pas manqué, le système nous a obligé à les répéter dans plusieurs coins ; ici le 26 septembre, mais au mois d’octobre, c’est le corps sans vie de Rémi Fraisse qui a été retrouvé, lui aussi étudiant de 21 ans, assassiné par la police française … comme Alexander et tant d’autres.

Comme l’a dit le père d’Alexander Mora « son délit a été de mettre la pression et d’interpeller le gouvernement, qui n’a pas entendu ses exigences… Mais ils se sont croisés avec ces policiers maudits ».

Les 43 étudiants disparus ont ouvert la porte pour que le Mexique blessé, où la disparition, la mort et la prison sont des choses quotidiennes, soit vu aux yeux de tous tel qu’il est et ce malgré les mensonges et les montages médiatiques … on ne peut plus cacher l’évidence, c’est énorme, ça suffit.

Dans ce contexte, la solidarité est notre refuge et chacun à quelque chose à faire pour contenir la rage et la tristesse, chacun a quelque chose à dire pour que cette rage soit écoutée en trouvant des échos et des fenêtres dans d’autres coeurs ; aujourd’hui, nous devions faire quelque chose, c’était la moindre des choses, et nous avons décidé de sortir pour crier avec les gens qui sont blessés et écoeurrés de tant de mépris, d’humiliation et de mort. Pendant que la manifestation parcourait les rues, nous avons distribué des tracts en racontant l’histoire des prisonnier-e-s qui sont enfermés pour le simple fait d’être jeunes, pour avoir manifesté, pour être rebelles, pour être étudiant-e-s. Aujourd’hui nous sommes sortis aussi pour exiger la liberté de toutes celles et tous ceux qui depuis le 5 novembre dernier se trouvent derrière les barreaux et ont été l’objet de toutes sortes de signalements de la part de la presse vendue et des autorités. Aujourd’hui, nous exigeons la liberté immédiate de Luis Fernando Sotelo, de Jacqueline Santana et de Bryan Reyes, nous nous solidarisons avec les inculpé-es du 20 novembre et nous exigeons une halte aux montages et à la persécution contre certains compagnons, tel Mario González García.

Par ce cheminement, nous apprenons toujours quelque chose, et il nous faudra continuer avec plus de force face à tout ce qui nous attend, et qui ne sera pas facile, il nous faudra continuer à défendre nos rêves lors que la vie le permettra et coûte que coûte.

VIVOS LOS QUEREMOS!
Parce que ce qui fait mal, ce n’est pas la mort, c’est l’oubli !
Nous sommes tous Ayotzinapa !

Les Trois passants (Libérons-Les !)
Terre et Liberté pour Arauco

MEXICO – 1er décembre, un cri collectif : Peña Nieto démission !

Posted in Actions, Archives, Ville de Mexico on 5 décembre 2014 by liberonsles

1dcmxrepr Coûte que coûte, nous allons retrouver les 43 étudiants – disent les parents des étudiants disparus.

La manifestation

Hier, 1er décembre 2014, les rues des 30 états du Mexique ont été à nouveau inondées par une marée humaine qui, plus déterminée que jamais, exigeait la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, au cri de « Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa ! ». Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, des jeunes, des étudiants accompagnaient une fois de plus la rage des parents des étudiants disparus, qui encore une fois ont pris la parole au milieu de la foule pour crier haut et fort : Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa, tu n’es pas le peuple ! Tu ne nous représentes pas ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! Peña Nieto démission !

Malgré la répression, les violences policières, les arrestations des 5, 6, 15, 20 et 28 novembre et celles de ce 1er décembre ; malgré les coups de matraques et les persécutions ; malgré le discours menaçant du gouvernement, le peuple mexicain est sorti dans la rue, sans avoir peur.

Après la manifestation qui est partie du Zocalo jusqu’au carrefour de l’Ange de l’indépendance à Mexico, un piquet de protestation s’est mis en place pour annoncer la prochaine action : « La prise populaire de la Ville de Mexico, qui aura lieu le samedi prochain 6 décembre 2014».

Sur l’estrade se trouvaient huit des 43 parents des étudiants disparus, lors que les drapeaux mexicains absentes de couleur s’érigent et noir entre les manifestants, Clemente, le père de Cristian Alfonso Rodríguez a pris la parole les larmes aux yeux, et a dit : « Cela fait une semaine de plus, nous allons vous trouver demain ou après-demain, nous vous attendons de retour à la maison. Parce que vivants vous avez été pris et vivants nous vous voulons ! »

« Malheureux soient les peuples où la jeunesse ne fasse pas trembler le monde et où les étudiants restent soumis face au tyran » – a dit un étudiant d’Ayotzinapa en demandant la démission d’Enrique Peña Nieto, les manifestants répétant derrière lui en criant « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! »

L’étudiant a repris et a demandé : « dans quel pays vivons-nous ? Après avoir eu des réunions avec le procureur Murillo Karam, le secrétaire de l’intérieur Osorio Chong et le président Enrique Peña Nieto aucun résultat ne nous a été donné sur le sort des 43 étudiants. Il faut un changement profond dans les institutions liées à la délinquance organisée (…) Dans tout le pays il y a un grand nombre d’assassinats, des disparitions, des mères qui souffrent pour leurs enfants ; les parents des étudiants disparus souffrent à chaque moment : quand ils mangent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont déjà mangé, quand ils boivent de l’eau et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont de quoi boire, quand ils se reposent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants sont en train d’être torturés avec leurs visages mutilés ».- a-t-il signalé.

Aujourd’hui, 30 états mexicains qui en ont assez se sont mobilisés – disent les parents des 43 étudiants disparus, avec rage et tristesse….ils n’arrêteront que lorsqu’ils les auront retrouvés.

Et pendant ce temps, que se passe t-il- au Guerrero ?

Depuis le 26 septembre, les actions n’ont pas cessé dans l’état de Guerrero, divers secteurs de la population, des organisations étudiantes entre autres, ont occupé des lieux gouvernementaux et pris des installations appartenant à l’État, bloqué des autoroutes, organisé des piquets de protestations, événements, marches et manifestations. Depuis la fin d’octobre 2014, l’Assemblée Nationale Populaire instaurée dans l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa, école des 43 étudiants disparus, a décidé d’occuper le plus grand nombre possible de conseils municipaux (ayuntamientos) comme mesure de pression pour que le gouvernement présente les 43 étudiants disparus en vie et pour exiger justice pour ses compagnons assassinés. Comme exemple de la nouvelle étape de lutte dans laquelle se trouve le mouvement social au Guerrero, les 28, 29 et 30 novembre, à partir de la prise des conseils municipaux, s’est initiée la construction des premiers Conseils Municipaux Populaires ; ce sont 5 conseils qui ont été créés – et au fil du temps d’autres vont certainement s’ajouter. Les conseils créés sont ceux de Tlapa de Comonfort, Acapulco, San Luis Acatlán, Ayutla de los Libres et Tecoanapa, couvrant ainsi les zones de la Costa Chica, Montaña et la zone centrale. Ces conseils municipaux populaires, selon Agustín Flores Vázquez, étudiant de cette école : s’organisent « par la même autonomie du peuple », cette étape est en construction mais pour les étudiants il s’agit d’un nouveau départ, d’une nouvelle étape dans la lutte.

Le solde de la répression policière

Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre dernier où au moins 10 personnes ont été arrêtées puis relâchées sous caution. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone attend lui toujours son procès . À partir de la manifestation du 5 novembre la pression est montée d’un cran, les médias se sont mis à paniquer, à diffamer et à étiqueter certains manifestants comme « infiltrés », « encagoulés », « déstabilisateurs »…l’ambiance s’est alourdie ; le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants et militants, Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée ; le 20 novembre au moins 30 personnes ont été arrêtées, 15 ont été libérées et se trouvent sous contrôle judiciaire, 11 autres ont été arrêtées et transférées dans des prisons de haute sécurité. Ce fut grâce à la pression nationale et internationale qu’elles ont été relâchées neuf jours plus tard ; le 28 novembre Sandino Bucio Dovalí, également étudiant, a été enlevé par la police et accusé d’avoir participé aux actions « délictueuses » menés pendant la manifestation du 20 novembre, après des mobilisations Sandino a été relâché. Mais la répression et la persécution se poursuivent, plusieurs journaux nationaux ont déclenché un lynchage médiatique en publiant de façon mensongère une série de listes d’activistes anarchistes et proches du mouvement anarchiste, et en les accusant de tous les maux. Parmi les personnes mentionnées se trouvent notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez, libéré le 31 octobre, ainsi que sa compagne. Plusieurs communiqués ont été diffusées pour faire face à ce lynchage médiatique.

Pour ce qui est de personnes arrêtées ce 1er décembre, l’information reste confuse, mais au moins trois personnes ont été arrêtées, nous sommes dans l’attente de plus d’informations.

La lutte continue…..

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
-Résumé et traduction de l’article Ayotzinapa: anuncian en mitin toma popular de la Ciudad de México, fait par Regeneracion Radio
-Guerrero, la capital de la ruptura, Regeneracion Radio
-Formal prisión a Jacquelin y Bryan,kehuelga-Radio

Communiqué commun: Halte aux harcèlements et aux diffamations au Mexique !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 3 décembre 2014 by liberonsles

fueeselestadomx 2 décembre 2014

Actuellement au Mexique et dans la ville de Mexico, divers événements préoccupants se déroulent ; à chaque instant des actions répressives se mettent en place contre la population. Ces actions ne semblent pas avoir de limites, elles sont chaque fois plus flagrantes, et l’État cherche à les rendre le plus visible possible afin que le peuple soit remplit de peur. Cette stratégie a un nom : Terrorisme d’État.

La répression prend forme quotidiennement par des disparitions, comme celles des 43 étudiants normalistes ; par des assassinats, comme ceux perpétrés contre les étudiants, comme celui de Carlos Sinhué Cuevas Mejía, parmi tant d’autres.

La répression prend la forme de détentions et de séquestrations :
– comme celles des compagnons et des compagnonnes détenues suite aux manifestations, parmi lesquels 11 personnes ont été transférées dans des prisons fédérales de haute sécurité – mais sont aujourd’hui libérées – et 14 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
– comme celles de Brayan Reyes, Jaqueline Santana, et Sandino Bucio.
– comme les incarcérations de Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas et Luis Fernando Sotelo.

La répression prend la forme de tortures, comme celles perpétrées lors de la plupart des arrestations, en particulier contre les activistes, comme dans le cas de Mario González ; la répression prend forme par les abus commis tous les jours par les « représentants » de l’autorité contre la population en général ; la répression prend forme par le harcèlement et les diffamations venant de certains médias de désinformation (tels Reforma, La Razon, El Universal, etc.), médias qui sont au service de l’État et de ses institutions policières, et qui ont mis en oeuvre une nouvelle campagne de signalements sélectifs contre les activistes sociaux qui expriment leur indignation face à l’assujettissement que nous vivons, parmi les personnes visées se trouve Mario González, libéré après 13 mois de réclusion et de torture, cette campagne s’érige contre la pensée anarchiste et ceux qui la partagent, en la détournant.

Tout cela, ce ne sont que quelques méthodes répressives perpétrées par les bourreaux contre tous ceux et celles qui se rebellent contre le despotisme générateur de la misère dans laquelle nous nous retrouvons submergés, contre ceux et celles qui dénoncent cette terreur institutionnelle qui est en train de croître.

Ces actes répressifs constituent clairement une mesure contre- insurrectionnelle qui cherche à nous pousser à la terreur et à la démobilisation au moment où toute une vague de mécontentement sociale s’est déclenchée.

C’est absurde de voir l’ensemble des institutions les plus violentes qui existent, c’est-à-dire l’État, accuser de violents et d’agressifs tous ceux et celles qui dénoncent sa violence. De la solidarité et de la lutte dépend que toute cette répression et toute cette injustice cessent.

Comité de Solidarité avec Mario González, Ville de Mexico
Les trois passants (Paris, France)
La Confederación General del Trabajo (CGT) – État espagnol
Fédération Anarchiste (France, Suisse, Belgique )
Internationale des fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Mut Vitz 13, Marseille (France)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone)
#Yosoy132 – Europe
La Fédération des CIRCs (France)
LaPirata:
– Nodo Solidale, Mexique et Italie
– Colectivo Zapatista Lugano, Suisse
– Nomads, Bologna et Berlin
Azamblea del Pueblo – Costa Rica/Centroamérica
Comité de redacción de la publicación “Lucha Indígena” (Pérou)
Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
DILE- Difusión de Ideas Libertarias en Ecatepec ( Mexique)
Periódico “Solidaridad Proletaria” (Monterrey, Mexique)
Ediciones subversión (Monterrey, Mexique)
Colectivo Zapatista Neza (Mexique)
Nicte Ha Soto (Sexta para Niñoas- Ville de Mexico)
Professeur Luis de la Peña Martínez (ENAH, Mexico)
Professeur Carolina Concepción González González (Mexique)
Professeur Emigdio Navarro Esquivel, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Fernando Quintana Mendoza, Preparatoria 2 (Mexique)
Professeur Guadalupe Susano Caballero, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Luis Darío Salas Marín, Preparatoria 6 (Mexique)
Professeur María Elena de la Torre Monterrubio, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur María Esther Navarro Lara, Facultad de Ciencias Políticas y Sociales ( Mexique)
Professeur Miguel Ángel García Álvarez, Facultad de Ciencias (Mexique)
Sandra Odeth Gerardo Pérez (ENAH, Mexique)
Gaia Capogna (Italie)
Itzel López Nájera (Mexique)

Source

Voir aussi MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.
La Guerre du Mexique d’en haut, cas d’Ayotzinapa

 

MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 1 décembre 2014 by liberonsles

librestdos Pendant la quatrième journée globale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus, la police et les CRS ont fortement réprimé plusieurs manifestations et cortèges. Le 20 novembre dernier, un cortège se rendant à l’aéroport pour manifester a été réprimé et 15 personnes avaient été arrêtées puis relâchées après avoir payé une caution, tandis qu’au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico, 11 personnes ont été arrêtées. Elles ont été envoyées deux jours plus tard vers des prisons de haute sécurité dans des états très éloignés de leur ville, où elles ont subi des mauvais traitements et des menaces. Cependant, après de fortes mobilisations et des manifestations exigeant leur libération, le juge du dix-septième district siégeant dans l’état de Veracruz a résolu le cas le 29 novembre au matin en se prononçant pour l’auto de formelle liberté à cause du manque d’éléments, et les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées. En raison des preuves insuffisantes pour les accuser de délits d’émeute, d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre, les juge a ordonné la libération immédiate des 11 détenus (1). Ainsi Roberto César Jasso del Ángel, Ramón Domínguez Patlán, Hugo Bautista Hernández, Atzin Andrade González, Juan Daniel López Ávila, Laurence Maxwell Ilabaca, Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Hillary Analí González Olguín, Liliana Garduño Ortega et Tania Damián Rojas ont retrouvé leur liberté ce 29 novembre 2014.

La répression, la persécution…

Cependant la persécution contre certains groupes de militants, d’étudiants, de jeunes n’a pas cessé. Le Comité de Solidarité pour Mario González, étudiant anarchiste de 22 ans libéré le 31 octobre dernier après avoir passé 13 mois enfermé à la tour de Tepepan, a émis un communiqué signalant les attaques et le lynchage médiatique que lui-même, sa compagne et plusieurs personnes proches ou faisant partie du mouvement anarchiste sont en train de subir ces dernières semaines.

Alors que les mobilisations se mettent en place partout au Mexique, de l’état de Guerrero jusqu’au nord du pays, alors qu’un appel à la cinquième mobilisation nationale en solidarité avec les 43 étudiants disparus se répand partout, alors que ce 1er décembre le peuple sortira de nouveau dans la rue, le gouvernement se prépare à prononcer le discours présidentiel du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir de Peña Nieto. Mais derrière les caméras et les jolis discours, la persécution, l’intimidation et le lynchage médiatique contre certains activistes tourne à plein régime.

D’autres compagnons doivent être libérés

ferzamDepuis le 5 novembre un appel a été lancé par plusieurs organisations et collectifs à se joindre à la lutte pour la liberté du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste Luis Fernando Sotelo Zambrano. Luis Fernando est âgé de 20 ans et est élève de l’École Nationale Préparatoire numéro 6 « Antonio Caso », appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique. Il est membre du Collectif Ollin Meztli et de la Coopérative ik’otik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone et proche du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Principalement impliqué dans les luttes étudiantes et le travail communautaire en accompagnement du Congrès National Indigène, il a aussi été partie prenante du mouvement contre la hausse des tarifs de métro l’an dernier, ainsi que de la lutte pour la libération de Mario González.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur » (2).

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont été même constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. Il fut transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il fut ainsi présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Celui-ci a signalé que Fernando a participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être et « en libérant une autre personne qui avait été arrêté au même moment que Fernando, la fausse déclaration du chauffeur du bus est tombée » (3).

Cependant, le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive – Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. (4)

L’appel à la mobilisation pour la libération de Fernando Sotelo se joint à celle lancée pour la libération d’autres prisonniers de la ville de Mexico, tels Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Bárcenas, Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson.

La lutte continue !

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
Médias dominants :
(1)Proceso, sobre liberacion de los 11 detenidos el 20 de noviembre
Médias Libres :
(2 et 3) Subversiones
(4) CNA- Mexico
Plus d’infos Fernando Sotelo 3e journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, prisonnier-e-s de la ville de Mexico

Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international)

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 20 novembre 2014 by liberonsles

vivosyalosaqeremosListe des signataires actualisée le 24 nov 2014.

Ce communiqué international a été remis aux parents des 43 étudiants disparus, le 20 novembre 2014 lors de la manifestation à Mexico.

Notre douleur, notre rage

Et maintenant comment faire pour continuer à avancer dans cette nouvelle étape?

Depuis le 26 septembre 2014, le Mexique se voit tel qu’il est et le monde à nouveau découvre une réalité que l’on ne peut plus cacher et qui s’est révélée de la façon la plus terrible qui soit. Iguala est le lieu où le Mexique de douleur et de mort ne peut plus ignorer sa réalité, c’est le lieu qui a empli le monde entier d’indignation, c’est le lieu où le secret muet s’est converti en un cri de douleur et de rage.

43 étudiants disparus, trois étudiants assassinés. Tous assassinés et disparus à Iguala, tous assassinés et disparus par l’État. Tous assassinés et disparus par le pacte d’impunité qui lie la classe politique.

Mais désormais il ne suffit plus de parler d’impunité car les institutions qui auraient dû exercer la justice non seulement ne le font pas mais elles se protègent elles-mêmes de leurs propres délits ; en réalité nous sommes devant un système qui trouve toujours comment et qui punir, de façon exemplaire et spectaculaire (coupable ou innocent), afin de pouvoir garder intacts le grand commerce de la corruption ainsi que les structures brutales du pouvoir qui maintiennent le pays entier submergé par la violence.

Au Mexique ce n’est pas le système qui est corrompu, c’est la corruption qui est le système. Ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus de vides de l’État, mais c’est que ce qui apparaît comme des vides est en réalité plein de la nouvelle mutation de l’État mexicain : le Narco-Etat.

Le couple Abarca est une terrifiante démonstration du lien entre le gouvernement et le crime organisé, mais le pire c’est que ce n’est pas le seul ni le pire exemple, c’est précisément un exemple de ce que sont devenues les institutions du Mexique. A Iguala, les 43 étudiants de Ayotzinapa sont également la terrible preuve que non seulement les actions du Narco-État sont contre insurrectionnelles, qu’elles cherchent la criminalisation des luttes, qu’elles cherchent à contrôler par la terreur, qu’elles cherchent le génocide de l’espoir.

Dans ce Mexique brisé, sécurité signifie vivre terrorisé, entouré de militaires et policiers, surveillé en permanence. Dans ce Mexique brisé, les appareils des droits de l’homme sont utilisés pour s’assurer que les véritables agresseurs échappent à la justice et puissent continuer à agresser.

Dans ce Mexique brisé, l’ex-maire d’Iguala, José Luis Abarca, est accusé de nombreux délits, mais pas de celui qui entraînerait la reconnaissance de la responsabilité de l’État, celui de disparition forcée.

Dans ce Mexique brisé, María de los Angeles Pineda est maintenue aux arrêts pendant 40 jours et Noemi Berrument Rodriguez, protectrice du couple accusé, est laissée en liberté, tandis que ceux qui s’opposent au système, ceux qui défendent la terre, ceux qui exigent justice, ceux qui se solidarisent avec les familles des 43 étudiants disparus par l’État, ceux qui éclatent d’indignation, sont immédiatement emprisonnés.

Dans ce Mexique brisé, le pouvoir se scandalise lorsque quelqu’un brûle une porte en bois, tandis que pour les centaines de milliers de morts, les centaines de milliers de disparus, les centaines de milliers de déplacés, il n’y a que des montages médiatiques, de longs procès bureaucratiques, de fausses condoléances, mais jamais de justice.

Le message derrière la façon dont tout a été fait à Iguala, derrière les milliers de morts et de disparus dans tout le Mexique, c’est qu’aucune vie n’a de valeur, et que depuis ces « nouvelles institutions », la façon de gouverner c’est désormais la mort.

Pour toutes ces raisons, après que le monde ait espéré, par une enquête rigoureuse une réponse quant à la situation des 43 normaliens disparus , il est indigne et douloureux de constater que les enquêteurs aient montré non seulement leur incompétence mais également un impressionnant manque du minimum de respect envers les familles des victimes, et à travers elles, envers toute la société, car leur unique objectif est de biaiser les enquêtes afin d’occulter la vérité.

L’indignation a grandi, a débordé les places, croissant semaines après semaines. Les manifestations, les actions, les grèves, démontrent que malgré les mensonges, les montages, les calomnies et les tromperies de la part du « Gouvernement mexicain », toujours absent lorsqu’il s’agit de donner des réponses, le peuple mexicain et d’autres parties du monde, ont fait leur le slogan « Vivants ils les ont pris, vivants nous les voulons ! »

Dans de nombreux endroits aussi bien au Mexique qu’à l’extérieur du pays, des étapes importantes sont franchies rapidement vers de nouveaux cris qui résonnent # Nous ne vous croyons pas, # C’est un coup de l’État # C’est bon, j’en ai marre, #Nous sommes tous Ayotzinapa.

A Iguala la logique politique est devenue visible, celle qui a fait que dans notre pays 180 milles morts nous font mal et que nous continuons d’attendre plus de 20 milles disparus.

Aujourd’hui nous rejoignons la rage active des pères et des mères des étudiants disparus, aujourd’hui nous leur disons que nous attendons que les 43 reviennent, que nous ne croyons pas à la farce par laquelle ils espèrent balayer cette indignation et cette rage générale. Ayotzinapa est le début de quelque chose, qui grandit dans les salles de classe et dans les rues.

Ces dernières semaines un mouvement qui clairement identifie qui ils sont est en train de naître, dans ce nouveau processus la peur est en train de reculer, il devient impossible de rester simple spectateur et cela ouvre la possibilité de se demander :

Comment faire pour que notre énergie sociale parvienne à ouvrir une voie qui permette à la société, depuis le bas, d’imposer au gouvernement la vérité avec toutes ses conséquences ? Comment continuer à avancer dans cette nouvelle étape ?

Ayotzinapa ne fait pas seulement mal au Mexique, c’est le monde entier qui a mal.

Signatures individuelles :

CANADA: Naomi Klein; ÉTATS-UNIS: Noam Chomsky; Michael Hardt; Hugo Benavides (Fordham University); URUGUAY: Raúl Zibechi; ÉTAT ESPAGNOL: Manuel Castells; Carina Garcia Sanagustin; BOLIVIE: Oscar Olivera; ARGENTINE: Nico Falcoff; COLOMBIE: Dora Muñoz; Constanza Cuetia; ALLEMAGNE: Sebastian Wolff (Instituto de Investigaciones Sociales, Frankfurt/Alemania); BRÉSIL: Kathy Faudry; Jeferson Zacarias; Denise Lopes; Edila Pires; Liliane Bites; Walter Bites; PAYS BASQUE : Juan Ibarrondo (escritor); ITALIE: Adele Vigo; Andrea Paletti; Franco Frinco; Carlotta Mariotti; Filipppo Marzagalli; MAROC : Josiane Pastor Rodriguez; FRANCE: Valentin Gaillard; Mathieu Meyer; Talia Rebeca Haro Barón (PhD Erasmus Mundus Dynamics of Health and Welfare, Ecole de Hautes Études en Sciences Sociales), Michèle Blossier; Patrice Ratheau; Paul Victor Wenner; Myriam Michel; Hilda Leslie Alcocer Martinez; Louise Ibáñez Drillières; Crystel Pinçonnat; Janie lacoste (Enseignante); Michel Puzenat; Pierre Banzet; Régine Piersanti; Dominique Mariette; Nathalie Todeschini; Stéphane Lavignotte- pasteur (Mouvement du christiaisme social); Farid Ghehioueche (Fondateur/Porte Parole de l’organisation Cannabis Sans Frontières); Jean-Pierre Galland, écrivain et co-fondateur du CIRC; KShoo, co-fondateur et porte-parole de la Fédération des CIRCs; Emmanuel Maillard; Myriam Mérino; Ariane Chottin; Valérie Guidoux; Olivier Vendée; Pierre Picquart (Dr en Géopolitique de l’Université de Paris-VIII) ; Antinea Jimena Pérez Castro; Yann Bagot; Emmanuel Rodriguez; Marie Ibanez; Amparo Ibanez; Gilbert Rodriguez; Marie Ibanez; Jacqueline Henry; Catherine Cassaro; Catherine Bourgouin; Susanna Miglioranza; Sylvie Gauliard; Alain Martinez; Colette Revello; Fatiha Mekeri; Dominique Poirre; Laura Binaghi; Jérôme Bauduffe; Nadia Thomas; Matthieu Texier; Paul Obadia; Vincent Robin; Michel Ibañez; Lise Piersanti; Alain Delprat; Catherine Drillières; Colette Revello; Didier Collot; Marianne Petit; Janine Leroy; Suzy Platiel; Aude Lalande; Mansour Chemali; Corinne Mazel; Celia Ibañez; Pauline Delprat; Michel Contri; Ali Abadie; Mercedes Cruceyra; José Griault; Annick Laurent; Gérard Henry; Georges Gottlieb; Janie Lacoste; Michel Ibañez; Pilar Sepulveda; Rafael Sepulveda; Pascal Ibañez; Patrick Derrien ; Hélène Derrien ; Lia Cavalcanti (directrice de l’association Espoir Goutte d’Or); Catherine Faudry (Chargée de mission – pôle « Collectivités Territoriales » Institut Français); Camille Baudelaire; MEXIQUE: Álvaro Sebastián Ramírez (Preso Político y de Conciencia de la Región Loxicha); Francisco Barrios “El Mastuerzo”; Oscar Soto; Alejandro Varas; Raquel Gutiérrez Aguilar; Mariana Selvas Gómez; Guillermo Selvas Pineda; Rosalba Gómez Rivera; Martha Nury Selvas Gómez; María Josefina Perez Arrezola; María José Pérez Castro; José Cervantes Sánchez (estudiante ICSyH BUAP); Rosalba Zambrano; Ana María Sánchez; Tamara San Miguel; Eduardo Almeida; Enrique Ávila Carrillo; Ingrid Van Beuren; Leticia Payno; Cecilia Oyorzál; Ignacio Rivadeneyra; María del Coral Morales; Oscar Gutiérrez; Gilberto Payno; Celiflora Payno; Víctor Payno; Patricia Emiliano; Beatríz Acevedo; Francisco Sánchez; Agustina Álvarez; Mariana García; Miguel Ortigoza; José Antonio León; Sergio Cházaro; José Hugo Estrada Zárate; Iliana Galilea Cariño Cepeda; Pablo Reyna; Guillermina Margarita López Corral; Ana María Corro; Lorena Diego y Fuentes; Enrique González Ruiz; Ignacio Román; Cecilia Zeledón; Berta Maria Rayas Camarena; Judith Arteaga Romero (maestrante Defensa y Promoción de los Derechos Humanos UACM); Aurora Furlong; José Luis San Miguel; Alma Ugarte; Juan Manuel Gutiérrez Jiménez.

ORGANISATIONS:

ÉTAT ESPAGNOL : CGT; ASSI (Acción Social Sindical Internaciolalista); Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai – Barcelona; Centro de Documentación sobre Zapatismo (CEDOZ); COLOMBIE : Pueblos en el Camino; ALLEMAGNE : Gruppe B.A.S.T.A., Munster; BRÉSIL : CSP-Conlutas–Brasil; BELGIQUE : Casa Nicaragua-Liège; CafeZ –Liège; CORSE: Corsica Internaziunalista; PAYS BASQUE : La Federación Anarquista Ibérica de Euskal Herria (FAI); ITALIE: Associazione Ya Basta! –Milano; Centro Sociale CasaLoca – Milano; Associazione Ya Basta – Padova; Nodo Solidale (Italia y Mexico); Comitato Chiapas « Maribel » – Bergamo; FRANCE: Les trois passants – Paris; Caracol Solidario – Besançon; Colectivo Grains de sable; Union local de la Confédération Nationale du Travail (CNT31-Toulouse); Secrétariat international de la CNT – France; Tamazgha, asociacion berbères-Paris; Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan); Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG-France); La Fédération des CIRCs – Paris; Comité Tierrra y Libertad de Lille; Réseau latino-américain de Lille; Émission Torre Latino/Radio Campus – Lille; Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL), Paris; Espoir Chiapas – Montreuil; Mut Vitz 13 de Marseille, Terre et Liberté pour Arauco – Paris; Alternative Libertaire 31 – Toulouse; ROYAUME-UNI : UK Zapatista Solidarity Network; Dorset Chiapas Solidarity Group; Edinburgh Chiapas Solidarity Group; Kiptik (Bristol); London Mexico Solidarity Group; Manchester Zapatista Collective; UK Zapatista Translation Service; Zapatista Solidarity Group – Essex; MEXIQUE : Enlace Urbano de Dignidad; Nodo de Derechos Humanos; Unidad Obrera y Socialista (¡UNIOS!); Unión de Vecinos y Damnificados « 19 de Septiembre » (UVyD-19); La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión; Colectivo La Flor de la Palabra; Comité de Solidaridad con Mario González, DF; Colectivo de Profesores de la Sexta; Frente del Pueblo; Serpaj; Colectivo « pensar en voz alta »; UniTierra Puebla; Colectivo Utopía Puebla; Colectivo de Salud adherente a la Sexta; Grupo « Salud y Conciencia »

INTERNATIONALES: Internationale des Fédérations anarchistes (IFA); Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique); RÉSEAU EUROPÉEN DES SYNDICATS ALTERNATIFS ET DE BASE : Confederación General del Trabajo, CGT – État Espagnol; Union syndicale Solidaires- France; Confederazione Unitaria di Base, CUB – Italie; SUD Vaud, Suisse; Confederacion Intersindical – État Espagnol ; Unione Sindicale Italiana, USI – Italie; Intersindical Alternativa de Catalunya, IAC –Catalunya; Confederazione Italiana di Base, UNICOBAS – Italie; Confédération Nationale des Travailleurs Solidarité Ouvrière, CNT-SO – France; Transnational Information Exchange, TIE – Allemagne; Associazione per i Diritti dei Lavoratori Cobas, ADL COBAS – Italie; Solidaridad Obrera, État Espagnol; Confédération Nationale du Travail, CNT –France; Sindacato Autorganizzato Lavoratori Cobas, SIAL COBAS – Italie; Sindacato Intercategoriale Cobas Lavoratori Autorganizzati, SI COBAS – Italia; Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση, ESE – Grèce; Union Syndicale Etudiante Fédération Générale du Travail de Belgique, USE –Belgique; Ogólnopolski Związek Zawodowy Pielegniarek i Poloznych, OZZ PIP –Pologne; Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza, OZZ PIP– Pologne; ORGANISATIONS ÉTUDIANTES : Solidaires Étudiant-e-s, France; Union Syndicale Étudiante, Belgique; SUD étudiants et précaires, Suisse.

Source/Version originale en espagnol/ version anglaise, italienne et portugaise

Les zapatistes partagent la douleur et la rage des parents des 43 étudiants normalistes disparus

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Chiapas, EZLN on 19 novembre 2014 by liberonsles

intercambiozapayotzi

Une caravane composée des parents des 43 étudiants normalistes disparus depuis le 26 septembre parcourra plusieurs États du Mexique, pour arriver à la ville de Mexico le 20 novembre. Cette grande manifestation de solidarité a pour but de réclamer l’apparition en vie des normalistes disparus.

Les zapatistes partagent la douleur et la digne rage des pères et des mères des étudiants normalistes disparus.

Ils les encouragent à continuer la lutte légitime et à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique.

« Vous n’est pas seuls, votre douleur est aussi la nôtre et nôtre est votre digne rage » : c’est avec ces mots que, le 15 novembre, dans le Caracol II d’Oventik « Résistance et rébellion pour l’humanité », dans la zone des hauts plateaux de Chiapas, les zapatistes ont souhaité la bienvenue aux pères et mères des 43 étudiants disparus à Ayotzinapa.

« Nous nous joignons aux actions qui exigent la présentation en vie des 43 normalistes disparus suite à l’acte criminel perpétré par les mauvais gouvernements », ont déclaré les zapatistes.

« Nous, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, voulons écouter votre douleur et votre rage qui sont aussi les nôtres », a signalé le Commandant Tacho aux familles des étudiants disparus. «Nous, hommes et femmes zapatistes, nous vous avons accompagnés dans les mobilisations qui ont eu lieu à Mexico et ailleurs dans le monde. Même si nous n’apparaissons pas dans les médias payants, nous voulons vous dire que nous vous avons accompagnés par des faits réels ».

Après ce temps de bienvenue, un espace a été ouvert pour que les pères et mères des étudiants disparus puissent être entendus. Don Floriberto s’est levé de la chaise en bois sur laquelle il portait une photo du visage de son fils, et d’une voix ferme il a dit : « Nous sommes ici pour vous demander votre soutien parce que le gouvernement ne nous écoute pas. Au contraire, il nous a au contraire trompés depuis le début, et nous sommes fatigués de ses mensonges. »

Doña Carmelita a été reçue par les applaudissements de milliers de zapatistes qui ont écouté, attentifs, à l’intérieur de l’auditorium « Cela fait cinquante jours que nos enfants ont disparu, le gouvernement nous trompe et on dirait qu’il ne veut pas que nous les retrouvions. Depuis le début, ils ont voulu nous rendre nos enfants morts, d’abord dans des fosses communes, maintenant brûlés, mais nous ne croyons rien de tout cela car ils n’ont pas de preuves de ce qu’ils avancent… Mon fils n’a pas disparu, le gouvernement l’a pris, le gouvernement sait où il se trouve. »

Don Valentin s’est présenté dans sa langue maternelle Ñuu Savi de la côte montagneuse : « Cinquante jours ont déjà passé depuis la disparition de nos enfants, et le gouvernement n’en a rien à cirer parce que nous sommes pauvres. Ce serait autre chose si les disparus étaient leurs enfants riches. Nous sommes très inquiets car nous ne savons pas ce qui est en train d’arriver à nos enfants. A présent ils nous disent que nos enfants sont devenus cendres ; nous ignorons comment ils vont faire mais ce que nous savons c’est qu’avant, quand ils les ont pris, ils n’étaient pas des cendres, ils n’étaient pas à l’intérieur de sacs plastiques. Ils les ont pris vivants, vivants ils doivent nous les rendre. »

Don Ezequiel portait une chemise avec le visage de son fils et un manteau d’Ayotzinapa : « Nous sommes paysans, les disparus sont nos enfants, tous des fils de paysans », et avec une rage digne il a signalé : « Nous sommes fatigués de ce gouvernement maudit. Le gouvernement fédéral veut mettre un terme à l’engagement envers nous pour la recherche de nos enfants ;   pour lui nous sommes des perturbateurs parce que nous exigeons que nos enfants reviennent vivants. Mais nous allons lutter jusqu’aux dernières conséquences parce que vivants ils ont été pris, vivants nous les voulons. »

Après avoir écouté avec attention la douleur et la digne rage des parents des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, le Sous Commandante Insurgé Moises a lu le message du Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale : il a remercié la Caravane d’être arrivée à Oventik pour y partager ses paroles et son engagement héroïque. Il a encouragé les étudiants et les parents à continuer leur lutte, à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique, mais surtout à continuer avec obstination, de continuer à nommer les disparus face aux responsables de leur malheur, à demander justice face à l’orgueil du puissant, à enseigner la rébellion et la résistance face au conformisme et au cynisme. « Nous voulons vous remercier pour l’enseignement que vous êtes en train de nous donner ».

Traduit par Les trois passants/ correcteurs Valérie et Amparo
Source

Voir aussi les articles:

Ayotzinapa : Les restes humais trouvés à Iguala et Cocula ne sont pas ceux des 43 étudiants – signalent les experts médico-légaux indépendants.

Ayotzinapa: Ça ne fait que commencer – préviennent les normalistes

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