[MEXICO] Campagne de signatures pour la liberté de Fernando Bárcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 30 mai 2015 by liberonsles

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Campagne de signatures pour la liberté de Fernando Bárcenas Castillo

Nous invitons ceux et celles qui désirent se joindre à cette initiative en solidarité avec notre compagnon anarchiste Fernando Bárcenas, emprisonné depuis le 13 décembre 2013 dans la ville de Mexico, à lire et à signer le texte proposé ci-dessous. Vous pouvez envoyer votre signature à titre individuel ou bien en tant que collectif, groupe ou association.

Merci d’envoyer vos signatures à  liberonsles@riseup.net, du 29 mai jusqu’au 3 juin prochain, le but de cette campagne : remettre la lettre avec les signatures à l’instance chargée de se prononcer sur la situation du compagnon Fernando.

[Cette lettre est à l’initiative des comités de soutien, ainsi que de la mère de Fernando Barcenas Castillo]
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Aux magistrats de la Septième Chambre Pénale du Tribunal Supérieur de Justice de la ville de Mexico (TSJDF)

Concernant l’examen du procès en appel déposé par Luis Fernando Bárcenas Castillo, dont vous êtes en charge, les organisations, associations, collectifs et individus signataires de cette lettre, exprimons ce qui suit :

Luis Fernando Bárcenas Castillo est un jeune étudiant et musicien, jeune travailleur, solidaire et engagé dans la recherche d’une vie meilleure pour tous et toutes. Ces projets de vie ont été brutalement interrompus le 13 décembre 2013, date où il a été violemment arrêté à la fin d’une manifestation contre la hausse des tarifs du métro à Mexico.

Dès son arrestation, Luis Fernando a été porté disparu et isolé, menacé, frappé, humilié et soumis à d’autres formes de mauvais traitements, d’agressions physiques et verbales de la part des policiers, des membres des services de renseignement, des policiers du ministère public entre autres ; de plus, depuis son arrestation et pendant les premières semaines du procès pénal à son encontre, il n’a disposé d’aucune défense juridique. Malgré cela, il a été condamné à 5 ans 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et d’association de malfaiteurs, ce qui nous semble absurde et inconsistant puisque l’attribution de ces deux délits conduit de fait à un doublement de l’accusation contre Luis Fernando.

Le procès pénal dont Luis Fernando fait l’objet a été biaisé aux motifs de discrimination ; le fait d’être jeune et conséquent avec ses idées a entraîné la violation de ses droits humains et de son droit à un procès équitable. L’appel a été présenté il y a 5 mois et déposé devant cette Chambre Pénale, sans que jusqu’à présent il n’ait été examiné. C’est pour cette raison que nous nous prononçons pour que cette Chambre rende une décision rapide et favorable en remettant immédiatement en liberté notre compagnon.

[ Signataires : envoyer vos signatures à  liberonsles@riseup.net ]

lettre en espagnol

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Pour rappel :
anarquistas-libertad1Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense ; cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Plus d’infos et lettres du compagnon Fernando Barcenas

[Puebla] Ricardo Cadena, encore un jeune assassiné par la loi Balle « Ley Bala » et la Loi antigraffiti

Posted in La Guerre du Mexique d’en haut on 26 mai 2015 by liberonsles

« Les lois qui promeuvent la violence, les réformes qui criminalisent les jeunes, l’emprisonnement indiscriminé des personnes qui s’opposent aux projets gouvernementaux, le goût du contrôle absolu, commencent à revêtir les caractéristiques d’une politique de nettoyage social qui déjà accumule les morts ». NODHO

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Au petit matin du 3 mai 2015, selon les témoignages rendus publics qui ont circulé, Jaid Mothe Hernández, Sous Directeur de la Police Municipale de San Pedro Cholula [État de Puebla] a assassiné le jeune Ricardo Cadena Becerra, âgé de 18 ans.

À qui la faute ? Cette question est dans l’air et pourrait servir à la recherche de justice face à un fait qui reflète quelque chose qui va bien au-delà de ce qui s’est passé ce matin là. Pour le Mexique dans lequel nous vivons aujourd’hui, surtout en période électorale, chercher à comprendre qui est ou qui sont les responsables d’un événement comme celui-ci pour éviter que ne se reproduisent les conditions qui l’ont rendu possible passe au second plan, l’important étant de savoir sur qui l’on fera retomber la responsabilité afin de ne pas perdre de voix aux élections et éviter ainsi que le scandale n’éclabousse tous ceux qui par leurs actions ou leurs omissions ont permis, une fois encore, qu’un jeune meure entre les mains de la police.

Le policier explique que le coup est parti accidentellement. La question qui s’ensuit est si, en poursuivant deux jeunes qui auraient pu ou non être armés d’une craie et si cette craie aurait pu ou non avoir touché un mur, si cette arme s’est aussi dégainée par accident.

La deuxième question est de savoir si dégainer un pistolet face à des jeunes désarmés est une pratique qui fait partie du dispositif policier ou, ce qui est le plus important, si cela fait partie du climat qui favorise l’abus d’autorité et le sentiment que l’on peut agir en toute impunité lorsque l’on exerce un emploi public.

Qu’est-ce qui est susceptible de créer un tel climat ? Très certainement, ce qui contribue à créer un tel climat est le fait qu’à Chalchihuapan, un enfant qui s’appelait José Luis Tehuatlie Tamayo puisse mourir d’un projectile provenant d’une arme “non létale” lors d’une opération policière dont les responsables matériels sont encore à ce jour impunis, qui n’a donné lieu à aucune enquête digne de ce nom, et au sujet de laquelle le Gouvernement de l’État de Puebla n’a pas exprimé la moindre excuse. Il faudrait rappeler que cette opération policière a été la première à avoir eu lieu sous couvert de la “Loi pour Protéger les Droits Humains et réglementer l’Utilisation Légitime de la Force de la part des Éléments des Institutions Policières de l’État”, plus connue et définie comme #Ley Bala, promue par administration de Rafael Moreno Valle et approuvée à la quasi unanimité par le Congrès Local.

Ce climat est alimenté par le fait qu’être jeune est désormais synonyme d’être délinquant potentiel et que l’on a pu approuver une loi qui définit les formes d’expression comme peindre sur un mur “sans autorisation” comme un délit grave, ce qui est le cas de la réforme du Code Pénal de l’État Libre et Souverain de Puebla (dans ces articles 185, 413 Bis, augmenté du 413 Ter; paragraphe O de l’article 69 et la réforme de l’incise d), de la section III, du paragraphe A de l’article 248), mieux connue et définie comme “Loi antigraffiti” proposée par le député Eukid Castañón (supposé très proche du gouverneur) et promue par la grande majorité du Congrès Local.

 Lire le communiqué complet [après l’introduction de la rubrique La Guerre du Mexique d’en haut

[Mexico] Lettre du compagnon anarchiste Mario González

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 21 mai 2015 by liberonsles

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Lettre du compagnon anarchiste Jorge Mario González García

Ville de Mexico, 21 mai 2015

Salut aux compas solidaires de l’autre côté du monde

Tout d’abord, je tiens à vous remercier beaucoup pour la solidarité que vous m’avez apportée car elle m’a aidé durant différents moments difficiles, je crois que votre soutien a fait la différence et je ne sais pas comment vous en remercier.

Comme certains doivent déjà le savoir, cela fait un moment qu’ont eu lieu plusieurs attaques répressives contre des compagnons anarchistes de la ville de Mexico dont je fais partie.

Cela a commencé lorsque j’ai participé à la lutte étudiante durant laquelle nous avons combattu plusieurs reformes visant la privatisation de l’éducation et que nous avons réussi à faire tomber.

En plus de cela, notre posture anti-autoritaire nous a mis en constant conflit avec les autorités universitaires, entraînant la démission de 3 directeurs en moins d’un an. Après cela, les dernières autorités nommées ont utilisé la manière forte et ont expulsé plusieurs étudiants anarchistes, tels que moi.

Durant tout ce temps les autorités, avec la complicité de médias de droite, ont lancé une grande campagne contre nous tous, en nous criminalisant à cause de nos idées. Puis je suis emprisonné une première fois. Les autorités de l’UNAM  [L’Université nationale autonome du Mexique] et le gouvernement se sont chargés de m’enfermer suite à une expropriation dans un magasin Walmart. Durant cet enfermement, plusieurs télévisions m’ont accusé d’être le responsable de l’occupation du rectorat et de l’organiser depuis l’intérieur de la prison.

Grâce à la solidarité, je suis sorti rapidement mais en continuant la mobilisation contre tout ce que nous avait fait les autorités de l’UNAM. Au moment de sortir du piquet installé au rectorat pour aller à la manifestation du 2 octobre* , nous avons été interceptés par la police anti-émeute et détenus.

Au moment où ils m’ont retiré ma liberté, j’ai décidé de faire une grève de la faim qui a duré 56 jours, puis une autre de 17 jours avec des compas libertaires pour manifester de façon organisée notre posture anti-carcérale**.

Après plus d’un an, j’ai été innocenté et je suis sorti de prison grâce à toute la solidarité apportée dans mon cas. Mais les attaques des autorités ont continué. En effet, la police fédérale m’a recherché, les médias ont continué à me pointer du doigt disant que j’étais un anarchiste dangereux et responsable de plusieurs mobilisations, il en a été de même pour ma compagne Nuria.

Et dernièrement, comme vous le savez, j’ai été attaqué par plusieurs médias réactionnaires à propos du conflit en cours au CCH siège Naucalpan [ Collège de Sciences Humaines ] et menacé de poursuites ***.

Ces derniers temps, les choses ont paru se calmer quant aux accusations lancées contre moi, je n’ai encore reçu aucune assignation à comparaître mais nous savons que les autorités sont très trompeuses et qu’à n’importe quel moment elles peuvent agir comme elles l’ont déjà fait pour arrêter des militants dans la rue pour ensuite les emprisonner sous n’importe quel prétexte.

Je crois que c’est tout pour le moment compagnons; je vous remercie encore infiniment pour toute votre solidarité et je vous envoie une forte accolade.

Jorge Mario González García
Ville de Mexico, 21 mai 2015

Voir aussi le Communiqué international : Halte au harcèlement contre Mario González

 

Traduit par les trois passants/ correction Val

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* Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et en particulier son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Comme chaque année, le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait l’anniversaire du massacre des étudiants en 1968.

** En octobre 2014, Mario entreprend une grève de la faim avec Fernando Barcenas, Abraham Cortez et Carlos Lopez, ce dernier aujourd’hui dans la rue.

*** L’Université nationale autonome du Mexique, UNAM, compte avec plusieurs établissements du Lycée national dont le Lycée des sciences et humanités siège Naucalpan : CCH, Collège de Sciences Humaines. Ces établissements délivrent une éducation de niveau lycée.

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués on 21 mai 2015 by liberonsles

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Lette d’Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

À l’opinion publique
Aux médias de l’État, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et aux ONGs
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Injustement emprisonné, appartenant à l’organisation [de prisonniers] Les Solidaires de la Voix de l’Amate, adhérent à la Sexta. Je suis enfermé dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

La justice ne se vend pas, ni ne s’achète, mais dans notre pays, c’est tout le contraire, ceux qui ont suffisamment d’argent font ce que bon leur semble. Le fruit de l’injustice fait que aujourd’hui, 11 mai 2015, cela fait 16 ans que je suis prisonnier, et ce malgré la promesse faite par le gouverneur Manuel Velasco Coello le 4 juillet 2013. Il s’était alors engagé à revoir mon cas auprès des autorités de l’État de Veracruz pour ma remise en liberté, mais depuis un an et 11 mois se sont écoulés et aucune réponse ne m’a été donnée. Une fois de plus j’exige que le gouvernement tienne parole et me libère, ainsi que les 6 prisonniers du terrain communal de San Sebastian Bachajon. En même temps, j’exige du président de la république qu’il fasse le nécessaire pour que le gouverneur de l’État de Veracruz me libère, ainsi que mes compagnons prisonniers de l’Etat d’Oaxaca, Puebla, Tlanixco dans l’État de Mexico, ainsi que les compagnons de la Tribu Yaqui dans l’État de Sonora.

Finalement, j’invite tous les compagnons, compagnonnes et organisations indépendantes à continuer d’exiger la justice véritable et la liberté de tous et de toutes les prisonnier-e-s politiques et de conscience dans le monde. Ensemble nous pouvons gagner la justice véritable.

Fraternellement
Solidaires de la Voix de l’Amate
ALEJANDRO DÍAZ SÁNTIZ,
Prison numéro 5, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 10 mai 2015.

Alejandro Díaz SántizAlejandro Díaz Sántiz, 34 ans, est un indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, Chiapas, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide et condamné à 29 ans de prison, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet État, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif « Les solidaires de la Voix de l’Amate », en adhérant à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur de la prison contre lui-même et contre les autres détenus.

L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate », créée en 2009 regroupait au départ 1 femme et 8 hommes exposés aux mêmes injustices et arrêtés arbitrairement parce qu’ils et elles sont indigènes. Les Solidaires de la Voix de l’Amate sont devenus une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas, à présent Alejandro Diaz est le seul prisonnier de cette organisation, les autres compagnon-ne-s ont été libéré-e-s le 4 juillet 2013.

Traduction les trois passants / correction Val

Sources :
kolectivozero
noestamostodxs
komanilel

plus_d_infos

Neuf ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués on 19 mai 2015 by liberonsles

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Communiqué de la Campagne contre la répression politique et la torture sexuelle, 9 ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco*

Nous n’oublions pas la répression des 3 et 4 mai 2006, à Texcoco et San Salvador Atenco. Elle a constitué un châtiment exemplaire, toute sa brutalité déversée sur nos corps, les fibres les plus sensibles de notre être ont été touchées et ensuite, exhibées.

La solidarité a été le prétexte utilisé par l’État pour assiéger, frapper, perquisitionner des domiciles, assassiner et torturer. Ce fut un acte de guerre contre l’Autre Campagne [aujourd’hui la sexta], ils ont essayé, par la terreur, de nous annuler, nous réduire, nous démobiliser.

La réponse a été merveilleuse, une vague de solidarité a réussi à rompre le siège policier à San Salvador Atenco, une campagne nationale et internationale a commencé, où des milliers et des milliers d’adhérents à la Sexta [nationale] et la Zezta Internationale ont obtenu la libération de ceux et celles qui avaient été emprisonné-e-s : L’alerte rouge lancée par l’EZLN [Armée Zapatiste de Libération Nationale] et son appel à mobilisations, les blocages des routes et les actions dispersées réalisées de part et d’autre du pays et du monde, le piquet de protestation [aux environs de la prison], les gardes, le barco**, les concerts solidaires, les cris depuis l’autre côté du mur de la prison. Tout cela, a été l’effort et le fruit de la solidarité et de l’organisation de nous tous et toutes qui sommes la Sexta et des gens solidaires d’en bas.

La violence est inhérente au capitalisme et à l’État, comme un binôme du système d’exploitation et de domination. Évidemment cette dernière n’est pas nouvelle, cependant à présent nous pouvons voir comment elle s’aggrave, s’approfondit et se socialise, ce qui plonge la société dans l’incertitude, la peur et la paralysie.

Il est de plus en plus évident que la répression est une pratique généralisée dans ce pays, nous avons vu avec horreur comment la politique d’en haut a annoncé une guerre contre le trafic de drogues, pour, dans les faits, la diriger contre la société, contre les gens d’en bas : des milliers de personnes ont été assassinées; et de la même manière le crime fait aux femmes s’est déployé ; d’autres femmes et d’autres hommes, aussi par milliers, ont disparu ; beaucoup d’autres personnes ont été le bouc émissaire qui remplit les prisons, grâce aux déclarations auto-inculpatoires arrachées par les corps policiers et militaires après de terribles séances de torture au cours desquelles la torture sexuelle apparaît de plus en plus comme une pratique généralisée contre les femmes. Cliquez sur ce lien pour lire le communiqué complet + videos

 

MEXICO : Halte au harcèlement contre notre compagnon anarchiste Mario González !

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 avril 2015 by liberonsles

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« La répression directe, les rafles, la surveillance, la police militarisée, l’espionnage, la prison reviennent : les anarchistes sont la cible d’une persécution nationale et internationale. Depuis les tranchées de cette prison, j’élève ma voix pour aboyer ma rage et montrer mon mépris pour les porcs policiers soumis au système capitaliste, autoritaire et brutal », écrivait Mario González depuis la prison, quelques mois après son arrestation.

Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui fut exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968*, dans la ville de Mexico.

En prison, Mario est resté très mobilisé. Il n’a jamais cessé d’écrire et de se battre de multiples manières pour protester contre le système carcéral et judiciaire. En octobre 2013, il entame une grève de la faim qui dure 56 jours, 56 jours de lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la taule, 56 jours de contestation et d’organisation. En octobre 2014, de nouveau, il entreprend une grève de la faim très revendicative avec d’autres compagnons anarchistes arrêtés au Mexique : Fernando Barcenas, Abraham Cortez et Carlos Lopez, ce dernier aujourd’hui dans la rue. Tous les quatre écrivent alors : « Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » ».

Le 31 octobre 2014, Mario est acquitté du délit d’attaques à la paix publique, et libéré.

Dès sa sortie de prison, il continue de lutter pour la libération des compagnons incarcérés . Avec son collectif de soutien, il accompagne et suit de près les compagnons Abraham Cortez et Fernando Barcenas, tous les deux enfermés dans la prison nord de la ville de Mexico, et tous les deux très actifs et organisés en prison.

Mais malgré la levée des charges qui pesaient sur lui, il continue aussi d’être la cible de diverses menaces et diffamations. Ainsi, le 8 avril 2015, les autorités de l’UNAM ont de nouveau lancé contre lui une campagne diffamatoire, l’accusant d’avoir participé à certains faits.

Aujourd’hui comme hier, notre compagnon Mario est la cible d’un lynchage médiatique et juridique. Aujourd’hui comme hier, nous sommes à ses côtés pour le soutenir.

Les trois passants

Brève description du cas de Mario Gonzalez

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 * Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et en particulier son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du massacre des étudiants en 1968. Des affrontements entre des groupes de manifestants et la police firent au moins 50 blessés. L’usage démesuré de gaz lacrymogène, le lancement aveugle de flash-balls laissèrent derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s. Actuellement, Abraham Cortes Avila est le seul encore en prison pour avoir manifesté ce jour-là. Sa condamnation est passée de 13 ans et 4 mois à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Abraham est incarcéré à la maison d’arrêt – « Nord » à Mexico.

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Communiqué international : Halte au harcèlement contre Mario González

Aux médias libres
Aux peuples du monde
Aux individualités subversives

Les collectifs, organisations, groupes et individus signataires de ce communiqué, exprimons notre entière solidarité à Jorge Mario González García qui a été à nouveau pointé du doigt par les autorités de l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM] le 8 avril dernier dans un communiqué émis par le rectorat de cette université.

Celui-ci le désigne responsable des faits qui ont eu lieu au Collège de Sciences Humaines [CCH] Naucalpan le 8 avril 2015. Ces attaques et diffamations tant de la part des autorités universitaires que des autorités gouvernementales n’ont pas cessé depuis que Mario est sorti de prison, où il a été privé de sa liberté durant plus d’un an en raison de ses idées.

Nous considérons comme graves les accusations médiatiques et judiciaires lancées contre Mario, puisque c’est une nouvelle tentative de la part des autorités de l’UNAM pour monter une scène propice permettant de recommencer à réprimer et à utiliser comme bouc émissaire notre compagnon, ce qui s’est déjà produit par le passé. Nous exigeons donc l’arrêt des diffamations, de la persécution et du harcèlement contre Jorge Mario González García.

De plus, nous n’oublions pas le passif policier et de casseurs de grève (porril) des autorités universitaires de l’UNAM, complices de disparitions, de tortures, de meurtres, d’emprisonnements, d’arrestations et de persécutions à l’encontre des activistes étudiants tel que Mario.

Beaucoup parmi nous avons marché aux côtés de notre compagnon depuis qu’il a été en prison, et nous ne lâcherons rien jusqu’à ce qu’il soit tranquille, sans aucun type de pression contre sa personne, sa famille et ses proches. Nous restons attentifs et continuerons à parler de ce cas qui est déjà bien connu ailleurs dans le monde, puisqu’il représente un vrai exemple de l’arbitraire et de la répression menées par les autorités qui se sont obstinées à faire taire la critique estudiantine.

Halte au harcèlement contre Mario González !

Les trois passants, France
Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique)
Internationale des Fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon, France
Mut Viz 13, France
Comité Tierra y Libertad, Lille, France
Collectif grains de sable, France
Terre et Liberté pour Arauco, France
Grupo Solidaridad con Chiapas de Dorset, Reino Unido
CSIA Nitassinan, France
Groupe de Soutien à Leonard Peltier, France
La Confederación General del Trabajo (CGT), Estado español
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ- Estado español
Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas.
Txiapasekin, Estado español
ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)
Anarchist Black Cross Paris, France
Alternative Libertaire,Toulouse,France

Source [lettre en espagnol]

[ Correction de textes Valérie ]

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Pour plus d’infos vous pouvez consulter quelques textes à son sujet :
Communiqué de Mario González à propos de sa libération
Communiqué de Jorge Mario González García, première et deuxième parties, mai 2014.
Liberté pour Mario González ! Halte au harcèlement contre Nuria Ramírez !

Sonora : Deux membres de la Tribu Yaqui toujours derrière les barreaux

Posted in Campagnes, Yaquis, Sonora on 27 avril 2015 by liberonsles

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La Tribu Yaqui a depuis des siècles lutté contre le pillage et le vol des eaux et du territoire. Leur histoire est remplie d’invasions, de menaces, d’humiliations, de guerres, d’expulsion, de répression ; nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui ont défendu coûte que coûte la terre, la rivière Yaqui, leur territoire ancestral des mains de ceux qui avaient le pouvoir, leur lutte a été constante et sans relâche contre la destruction et la mort.

Dans ce contexte, en septembre 2014, Mario Luna, porte-parole et secrétaire de l’Autorité Traditionnelle Yaqui, adhérent à la sexta déclaration de la forêt lacandonne, a été arrêté par des éléments habillés en civil, et par la suite, présenté à la prison de Hermosillo où il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux. Il a été accusé de séquestration aggravée et vol de véhicule. Cette accusation contre le porte-parole de la tribu est utilisée comme argument pour emprisonner tous ceux et celles qui comme Mario ne cessent de se battre pour la défense de leur propre vie. Par la persécution et la prison, l’Etat de Sonora essaie d’intimider la tribu pour qu’elle renonce à sa lutte contre le pillage. La persécution s’est poursuivie et le 23 septembre dernier un autre membre de la tribu, Fernando Jiménez, a été également arrêté et accusé de séquestration et de vol de véhicule. Tous deux ont fait appel -en ne pouvant pas sortir sous caution- et attendent leur procès.

yabastadesaqueoyaqui

Métaphoriquement pour les yaquis, le territoire est un nid, ils l’appellent : toosa. Son représentant principal est le « kobanoa » : la tête de l’oiseau qui l’habite; le peuple – assemblée communautaire – qu’ils appellent masam ou tea: les ailes de l’oiseau. Le peuple Yaqui se voit lui-même comme une unité : corps – tête – ailes qui s’articulent dans l’image d’un oiseau, un corps qui décide et agit d’une forme conjointe, pour le peuple Yaqui, le secrétaire n’a pas d’existence métaphorique. Le secrétaire n’est pas une figure de l’histoire traditionnelle, il a fallu l’inventer pour pouvoir parler aux yoris, c’est-à-dire aux blancs. Et pendant longtemps sa fonction n’a pas été importante : on requérait d’un jeune, quelqu’un qui savait bien lire et écrire et surtout qui avait l’endurance et la patience d’aller et revenir des bureaux du gouvernement étatique et fédéral. Mario était non seulement le porte-parole et représentant de sa tribu, de son peuple, il a été aussi le secrétaire, et comme d’autres membres de sa tribu, il est à son tour humilié par les yoris, aujourd’hui les autorités gouvernementales qui continuent de mener la guerre…

« Face à la vague de réformes structurelles capitalistes qui mettent en péril l’existence de notre Nation, en nous spoliant de notre territoire et en mettant en danger la vie elle-même avec leurs dénommés méga-projets, la militarisation, l’insécurité et la privatisation des biens communs, nous, la Tribu Yaqui ainsi que des dizaines de peuples premiers, d’organisations paysannes et urbaines, des en dehors des partis, convoquent à La Caravane Nationale pour la Défense de l’Eau, du Territoire, du Travail et de la Vie qui aura lieu du 11 au 22 mai 2015. Le 11 mai 2015, trois caravannes partiront : une de Vicam (Cajeme Sonora), une autre de Pijijiapan (Chiapas), et une autre de Piedras Negras (Coahuila), en direction de la capitale, Mexico ».

convocatoriacaravanaLes Caravanes chercheront à ouvrir un processus national de convergences à court, moyen et long termes qui se poursuivra jusqu’à obtenir : La suppression de tous les méga-projets qui affectent la vie, l’eau, la terre et l’air dans notre pays et partout où le peuple se soulève pour défendre ses droits. La réapparition de nos 43 compagnon-nes  d’Ayotzinapa, et obtenir justice pour les disparitions forcées dont l’État est responsable. Liberté immédiate pour les défenseurs de l’eau de la Tribu Yaqui, Mario Luna et Fernando Jiménez. Fin de la militarisation du pays, arrêt de la répression et halte au harcèlement et aux attaques contre les bases d’appui zapatistes…
Lire la suite : Le contexte – NAMAKASIA! [ photoreportage, Vidéo et convocation à la Caravane Nationale pour la Défense de l’Eau…  ]

 

[Bachajón-Chiapas] Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 avril 2015 by liberonsles

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Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón,Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

Le contexte:
Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

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Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

 Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

[Mexico] Voix depuis la prison : Fernando Barcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 22 avril 2015 by liberonsles

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Lettre de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas, envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonniers des Amériques qui a eu lieu le 11 avril à Paris

Aux compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

Et donc, rien, ni personne, ni les dieux, ni la nature ne donnent à l’être sa liberté, il/elle se la donne à elle – même/lui- même, il ou elle construit sa vie, ses règles, sa « loi ».

Aucun tyran ne peut nous arracher cela et si l’un d’eux essaie, il devra alors nous assassiner comme ils le font de nos jours en se moquant de nous ceux qui n’avons rien…

Cependant nous ne sommes pas des êtres inoffensifs, nous avons de la haine, de la rancœur et du ressentiment, mais tout cela n’est pas ce qui nous rend dangereux, mais la guerre déclarée à laquelle nous participons et que nous assumons comme telle. Notre amour pour la liberté, nous fait devenir les ennemis de l’autorité.

Nous, les anarchistes, nous transgresserons toujours les normes, nous sommes illégaux, clandestins parce que nous croyons au droit de chacun et chacune à se rebeller contre ceux qui nous font du mal…

Quand l’État et les législateurs essaient et cherchent à soumettre et à convertir les opprimés en simples esclaves au service de leurs privilèges et leur volonté, à partir de ce moment les opprimés entrent en guerre contre eux [l’état et les législateurs], et en ce moment le peuple en a marre de leur obéir .

La destruction du pouvoir politique nous concerne et c’est notre mission et elle continue à travers leurs murs et leurs barreaux. Pour que commence une révolution il est nécessaire qu’il y ait des rebelles et aujourd’hui, une fois encore, nous déclarons la guerre après avoir refusé et détruit la « paix » de puissants.

Fernando Barcenas

Prison Nord de Mexico

10 avril 2015

ferNdt: Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste, il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Ensuite il s’est vu accusé d’avoir brûlé un arbre de noël appartenant à Coca-Cola. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Voix depuis la prison Nord de Mexico : Fernando Bárcenas Castillo

Traduit par les trois passants / correction Valérie

Lettre envoyée par Le comite de Solidaridad con Mario Gonzalez, qui accompagne et suit le cas de Fernando Barcenas

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* Voir également la dernière lettre de notre compagnon Carlos Lopez : Quelque part dans un coin du monde et la dernière lettre de Fallon : de retour au quartier, ici

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Alvaro Sebastian

Posted in Campagnes, Communiqués, Loxichas, Oaxaca on 22 avril 2015 by liberonsles

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Oaxaca : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

Prison Centrale de Oaxaca, Mexique, 10 avril 2015

Aux Compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale,
Aux Compagnons et compagnonnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

10 avril 1919 – 10 avril 2015, 96ème anniversaire de la mort du Général Émiliano Zapata au Mexique.

« Il n’est pas nécessaire de conquérir le monde. Il suffit que nous le refassions, nous, aujourd’hui. » [EZLN]

Je suis Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience. Je suis indigène Zapotèque, originaire de la Région Loxicha dans l’État de Oaxaca au Mexique.

Je suis emprisonné depuis plus de 17 ans par l’État mexicain.

Depuis ma tranchée de lutte dans la prison centrale de Oaxaca, j’envoie un salut fraternel et combatif ainsi qu’une forte accolade de courage et de joie à chacun et chacune des compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale ainsi qu’aux personnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Avant de continuer, je veux vous remercier et vous féliciter, toutes et tous, de tout mon cœur, parce que vous êtes sensibles à notre emprisonnement en contribuant par vos efforts, tous les ans, à la réussite de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonniers politiques dans le monde (Paris, France).

J’en profite pour nommer quelques-uns de ces prisonniers : Mumia Abbu Jamal, Leonard Peltier aux États-Unis, Enrique, Carlos et d’autres révolutionnaires en Colombie, les révolutionnaires en Turquie qui résistent à l’intérieur des prisons de type F, les frères Yaquis, les frères de Tlanixco, les frères Loxicha, les 500 prisonniers politiques dans les différentes prisons du Mexique.

Ce 17 avril, cela fera un an que je suis revenu de la Prison Fédérale, le Centre Fédéral de Réadaptation Sociale N° 13. Cette prison appartient à la nouvelle génération de laboratoires d’extermination, où l’isolement et l’incommunication sont utilisés pour détruire lentement l’être humain.

Grâce à la solidarité nationale et internationale, l’État a été obligé de  trouver les mécanismes nécessaires pour justifier mon retour à la Prison Centrale de Oaxaca.

Ce retour a eu lieu exactement durant les activités de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques qui se tenait à Paris en France.

Donc, pour moi, la SOLIDARITÉ est un principe universel essentiel pour ceux d’en Bas et à Gauche, pour nous qui luttons pour la dignité humaine, et cela bien que nous parlions des langues différentes, que nous ayons des cultures différentes et que nos géographies soient séparées par de grandes distances.

Mais la dignité, la résistance et la rébellion se vivent dans toutes les parties du monde.

Les luttes politiques qui, partout dans le monde, exigent la liberté de tout être humain emprisonné pour avoir lutté pour les droits de l’Humanité, sont des actes qui traversent les frontières, les océans, les barrages et les murs de la prison, et arrivent à toucher nos cœurs, nous qui sommes les otages du système capitaliste, nous qui sommes emprisonnés pour avoir lutté.

Au Mexique et dans le monde, le système néolibéral capitaliste et ses serviteurs, les narco-gouvernements, souffrent (dans leur mémoire) d’une maladie chronique qui s’appelle : l’enrichissement exorbitant. Cette maladie les oblige à s’acharner et à causer des destructions massives de la nature et de l’humanité.

Leur ambition démesurée est de gagner le plus d’argent possible en un minimum de temps. Peu leur importe, pour accomplir ces objectifs, d’endommager la nature, de provoquer la mort de milliers de personnes et de laisser dans une pauvreté extrême le reste des peuples du Mexique et du monde.

Pour accomplir leur plan machiavélique, ils approuvent des réformes structurelles et des lois en leur faveur en faisant croire au peuple du Mexique qu’il s’agit d’avancées importantes pour la société.

La vérité est que leur objectif n’est pas le bien-être des Mexicains, mais l’augmentation de leurs revenus en capital, en général en détruisant de plus en plus la nature et en exterminant l’espèce humaine.

Pour avancer sans contre temps dans leurs projets et contrôler les peuples et les secteurs non-conformes de la société, ils sèment la terreur et la peur à travers leurs forces militaires, policières, para-militaires, leurs gardes blanches, leurs sicaires et leurs narcotraficants.

Ainsi des cas les plus récents :  de Ayotzinapa dans l’État du Guerrero, de Tlatlaya dans l’État de Mexico, du massacre des migrants à San Fernando dans l’État de Sonora, de la disparition de plus de 22 000 Mexicains et Mexicaines, des assassinats et de l’emprisonnement des militants sociaux.

Nous exigeons la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus, et le châtiment des responsables des assassinats et des disparitions forcées qui ont eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 à Iguala, dans l’État du Guerrero au Mexique.

À propos de Mumia Abu Jamal : Je lance un appel urgent et solidaire pour exiger un traitement digne et le respect de sa santé et de sa vie. Nous exigeons sa liberté immédiate et inconditionnelle. Nous devons tous montrer notre soutien et notre solidarité avec notre frère Mumia.

Depuis tous les coins du monde, rendons visible ce que d’en haut ils veulent rendre invisible.

Liberté, tout de suite, pour Mumia Abu Jamal !!!
Liberté, pour les prisonniers  politiques  du monde entier !!!

Pour la liberté des prisonniers dans le monde, globalisons la SOLIDARITÉ dans tous les coins du Monde !!!

Alvaro Sebastian Ramirez

Prisonnier Politique et de Conscience de la région Loxicha, État de Oaxaca, Mexique.

Traduit par les trois passants/ correction Valérie

Lettre envoyée par le Comité de Soutien  « La Voix des zapotèques xiches en prison », mois d’avril 2015.

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Le contexte: La région Loxicha – Oaxaca

Campagne internationale pour la liberté d’Alvaro Sebastian+vidéo de lancement

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Díaz Santiz

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 22 avril 2015 by liberonsles

CERESO5Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire du Chiapas, il a été arrêté il y a 15 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison ferme. Pour lever la voix et mener une lutte anticarcérale tout en étant prisonnier, il fait partie de l’organisation de prisonniers “Les solidaires de la voix de l’Amate”, créée en 2009. Cette organisation est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Lettre d’Alejandro Diaz, envoyée pour cette soirée du 11 avril en solidarité et pour la liberté des prisonniers et prisonnières des Amériques et des prisonniers du monde entier :

A tous ceux et celles et qui sont réunis aujourd’hui 11 avril 2015 à Paris en France.

Votre compagnon de lutte, l’indien tzotzil Alejandro Dias Santiz, Solidaire de la Voz del Amate, adhérent à la Sexta, vous salue, toujours incarcéré dans la prison N°5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas.

Je profite de cette occasion pour vous envoyer mon salut fraternel et embrasser bien fort chacun d’entre vous ainsi que vos précieuses familles. Que la bénédiction de dieu illumine toujours vos activités.

Je vous remercie du plus profond du cœur de m’avoir toujours soutenu et de me motiver à poursuivre le chemin de cette lutte contre les mauvaises autorités qui ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire à l’humanité entière. Dans ce cachot il s’est passé beaucoup de choses et depuis que je suis resté seul après la libération de mes compagnons Solidaires de la Voix de L’Amate, j’étais un peu triste et en même temps, tellement content de savoir qu’ils s’occupent de mon cas.

Bien que nous soyons très loin les uns des autres nous voyons que la distance n’existe pas et qu’il n’y a pas de barrière, la douleur et les causes nous unissent toujours.

Je n’envoie que ces quelques lignes [si vous avez vu la vidéo] car il m’est difficile de m’exprimer en espagnol, mais je fais l’effort pour pouvoir me communiquer avec vous tous et toutes. Quand j’ai été arrêté dans l’État de Veracruz, je ne savais ni parler ni écrire l’espagnol. Aujourd’hui je remercie Alberto Patishtan Gomez*, qui m’a enseigné à écrire et à parler espagnol pendant que nous étions prisonniers ensemble. S’il n’avait pas été là je continuerais comme avant.

Compagnons il ne me reste qu’à vous remercier mille fois pour le soutien que vous m’avez apporté pour ces emprisonnements injustes, qui m’ont conduit à être prisonnier pendant 15 ans et 10 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse.

Grâce à dieu le peu que j’ai appris je suis en train de le partager avec d’autres compagnons prisonniers pour qu’eux aussi puissent se défendre et montrer à la société du monde entier ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, dans cette tranchée, lieu de lutte.

Je continuerai d’exiger de véritables justices et libertés pour toutes et tous les prisonniers et prisonnières politiques et de conscience du monde entier.

Frères et sœurs, ne vous découragez pas, courage à tous et à toutes !
ENSEMBLE NOUS POUVONS GAGNER LES VÉRITABLES JUSTICES

FRATERNELLEMENT:

Alejandro Díaz Sántiz, 24 Mars 2015.

* Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, collectifs, individus et avocat-e-s solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard et qu’il a été libéré le 31 octobre 2013. Pendant les 13 ans passés en prison, Patishtan a créé l’organisation de prisonnier-e-s « la Voix de l’Amate». Cette organisation de prisonniers, appartenant à la Sexta, est née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système carcéral mexicain, par la suite il a encouragé la création d’autres organisations de prisonnier-e-s. Il donnait également des cours en prison pour apprendre aux prisonnier-e-s à lire, à écrire et à parler espagnol pour qu’ils puissent lever leurs voix et faire sortir leurs paroles de la prison.

Lettre envoyée par le Le comité de soutien à Alejandro Díaz Sántiz : Grupo de Trabajo « No estamos Todxs »- Chiapas.

Traduit par Amparo/correction Myriam

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Mexique: Nouvelle condamnation pour Abraham Cortés

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 10 avril 2015 by liberonsles

Mexique: Nouvelle condamnation pour Abraham Cortés; l’accusation de tentative d’homicide est tombée.

portabrahamNous avons appris récemment qu’une nouvelle sentence a été prononcée pour notre compagnon Abraham Cortés dans le cadre du procès auquel il fait face depuis le 2 octobre 2013. Nous rappelons qu’Abraham est la seule personne maintenue en prison pour les faits survenus ce jour là.

Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande.

Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée il y a quelques jours.

La nouvelle condamnation du compagnon est à présent de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée.

Cette nouvelle est sans doute une bonne nouvelle, mais cela ne signifie pas que nous la reconnaissons comme une action de justice de la part du système juridique et carcérale mexicain. Nous savons parfaitement que ce système ne nous donnera jamais la justice et si maintenant ils relâchent un peu la corde, nous n’oublions pas que notre compagnon reste prisonnier, et tant que notre compagnon et les milliers de personnes qui peuplent actuellement les prisons restent derrière ces murs, nous continuerons le combat…

Pour la liberté de tous et toutes !
A bas les murs des prisons !

Croix Noire Anarchiste Mexique

Traduit par Caracol Solidario

Source

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Voix depuis la prison Nord : Abraham Cortés

Mariposa_negra25 février 2015
Depuis la prison Nord (Reclusorio Norte del DF)
Lettre d’Abraham Cortés Ávila

C’est un nouveau jour de lutte, un nouveau jour de résistance, un nouveau jour pour élever la voix, un nouveau jour avec le poing levé, un nouveau jour pour rendre visible l’injustice des institutions, institutions créées pour exercer la répression et l’exploitation, institutions qui tentent de faire taire, de pervertir et détruire la population. Cela fait 16 mois que je suis séquestré dans cette institution, au départ j’étais dans le quartier d’arrivée, à présent je suis dans la zone de la population dite tranquille, bien qu’ils aient essayé de magouiller pour nous envoyer dans le quartier dangereux, comme quand ils nous ont déplacés dans le Centre d’observation et de Classification, où ils nous ont assignés dans une zone dangereuse, un quartier disciplinaire pour la population dite normale.

Maintenant, ils essaient de nous donner discrètement en pâture à la population [carcérale générale], utilisant des stratégies diverses qui touchent les compagnons, et nous pointent du doigt cherchant à nous rendre responsables de la dégradation des aménagements de condition de détention, mais pour nous cela n’a pas d’importance, ici nous avons d’autres tâches et d’autres options de lutte, car du mal peut sortir le bien. Compagnons, dans ce jour de lutte, je ne demande pas seulement ma liberté, ni celle de mes compagnons, mais celle de tous ici dedans ; je ne veux pas seulement qu’ils révisent bien mon dossier, mais que ces institutions n’existent plus, parce que je suis et nous sommes conscients que ce sont des centres d’exploitation et d’esclavage.

Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés depuis 16 mois par un gouvernement corrompu, plein de mensonges, plein d’ambition ; pendant ces 16 mois je ne suis pas le seul à vouloir sa prétendue libération, il y a plus de 12 mille internés qui cherchent la même chose, comme ceux qui arrivent chaque jour, ignorant tout d’ici. Mais ce qui est clair pour moi c’est que bien qu’ils nous « libèrent », nous ne serons pas « libres », car avec tant d’institutions nous ne savons plus à qui faire confiance, de plus avec leurs maudites stratégies pour éloigner la population en général, car ce qui est vécu n’est pas de l’indifférence,ce que l’ont ressent c’est la crainte des gens, la crainte qui peu à peu cesse d’exister, depuis ici, dedans, c’est ce que je peux voir, entendre et sentir, même si cette institution répressive essaie de nous faire taire, de nous faire disparaître, de nous séquestrer, ou de nous tuer, nous n’avons plus peur, nous ne la sentons plus.

Prison égal répression
Répression égal institution
Institution égal gouvernement
Gouvernement égal prison

Abraham Cortés

Taduit par les trois passants, correction Amparo

Source: Comité de solidarité avec Mario González

Qui est Abraham Cortés Ávila ?

[Mexico] Une lettre pour Sotelo

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 19 mars 2015 by liberonsles

regalo2Une lettre pour Luis Fernando Sotelo Zambrano !

Dernièrement, une campagne de solidarité a été lancée par le Réseau contre la Répression et pour la solidarité [qui regroupe des organisations, collectifs et individus adhérents à la Sexta au Mexique]. Celui-ci appelle à poursuivre des actions solidaires pour notre compagnon. Dans ce cadre, une campagne graphique pour sa liberté a été lancée en février au niveau national. Pendant le mois de mars, le Réseau contre la Répression a lancée une campagne contre l’isolement.

Si vous voulez écrire à Luis Fernando Sotelo Zambrano, envoyer vos messages à fernandosotelolibre@riseup.net

Qui est Luis Fernando Sotelo Zambrano ?

ferzamLuis Fernando Sotelo Zambrano est étudiant et adhérent à la « Sexta », la Sixième Déclaration de la forêt lacandone lancée par les zapatistes. Il a été incarcéré à la suite d’une action à la Cité Universitaire de la ville de Mexico, dans le contexte de la Journée Globale en solidarité avec Ayotzinapa, le 5 novembre 2014.

Le 10 novembre 2014, le juge lui a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution.

Antécédents :
Lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier, plus de 150 000 personnes sont sorties dans la rue pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos”, disparus depuis le 26 septembre dernier. Diverses activités ont eu lieu parallèlement, telle une grève nationale générale et partielle à laquelle ont participé plus de 184 écoles au niveau national, des blocages de routes et des principales artères dans différentes villes, des piquets de protestation, des événements et de nombreuses actions de solidarité avec les étudiants disparus, leurs familles et le village d’Ayotzinapa.

Dans ce contexte, une dizaine des personnes ont été arrêtées par la police fédérale, deux arrestations ont été rapidement signalées, celles de Luis Fernando Sotelo Zambrano de l’école préparatoire 6, et celle de Sergio Pérez Landeros, étudiant de l’Université Nationale Autonome du Mexique. Tous les deux ont été arrêtés quand, en violation de l’autonomie universitaire, la police fédérale est rentrée à l’université pour les arrêter et les accuser de délits d’attaques à la paix publique, attaques aux voies de communication, dommages aggravés, port d’explosifs en bande.

Sergio Pérez Landeros a été libéré faute de preuves. Mais pour ce qui est de Fernando Sotelo, sous prétexte de révision médicale, il a été transféré à la prison masculine Sud.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur ».

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont même été constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. De plus, il a été transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il a ainsi été présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le chauffeur a signalé que Fernando avait participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être puisque, « dès lors qu’une autre personne arrêtée au même moment que Fernando a été libérée, la fausse déclaration du chauffeur du bus est caduque ».

Traduit par les trois passants / correction Valérie
Sources :
Cruz Negra Anarquista – Mexico
Quien es Luis Fernando Sotelo
Enlace zapatista et (RvsR)

Voix depuis la prison Nord de Mexico : Fernando Bárcenas Castillo

Posted in Archives, Communiqués, Ville de Mexico on 10 mars 2015 by liberonsles

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Depuis la prison Nord de Mexico : lettre publique de Fernando Bárcenas Castillo

Aux compagnons rebelles
Au peuple en général

Avant tout, un salut fraternel, plein de santé et d’anarchie, une embrassade combative pleine de passion active, d’une tendresse subversive. Aujourd’hui s’ouvre un nouveau panorama, et bien que l’horizon ne soit pas clair, nous devons affronter avec audace et avec valeur tout ce qui pourrait arriver.

Ce sont des temps difficiles de lutte et de guerre sociale, l’heure est venue de forger un nouveau monde, puisque les circonstances sont propices pour la révolution sociale ; nous savons que nous sommes condamnés à vivre la cupidité immonde de ces mêmes privilégiés qui ont opté pour la domination et la conspiration pour maintenir la gouvernabilité et la soumission des majorités.

Agissons ensemble, insurgeons-nous depuis le néant telle la terreur de la nature qui se déchaîne avec violence et effrayant subitement les grands et petits propriétaires, en montrant cette énergie féroce qui a la même intensité que celle de l’esclave qui a brisé ses chaînes.

En 14 mois de prison, j’ai appris à regarder avec haine, mais avec sérénité, l’appareil dominant, j’ai réellement appris l’aberration des institutions et ses propos vils et inhumains qui ont réussi à dégrader l’humanité et la signification de la liberté. Cependant, la prison est le lieu que l’État offre à ses esprits les plus libres et les moins soumis, les prisons sont les lieux où nous trouvons la criminalité, la dissidence et la dignité, réunies conjointement dans cet espace obscur et séparé de la société, mais plus libre et honorable, où l’État place ceux qui ne sont pas avec lui, mais contre lui, et c’est la seule maison au sein d’un État répresseur et criminel, dans laquelle l’homme libre reste debout avec honneur.

Et si quelqu’un pense que notre influence se perdrait à l’intérieur de la prison, si quelqu’un osait penser que nos voix cesseraient d’affliger l’oreille de l’État et que nous ne serions plus un ennemi à l’intérieur de ses murailles, c’est parce qu’ils ne savent pas combien on devient plus fort, efficace et éloquent pour combattre l’injustice quand on l’a vécue dans sa propre chair. Quant à moi, j’ai cessé de voir l’État comme un colosse indestructible et fort, et je me suis mis à le regarder comme une absurdité autoritaire, qui ne pouvant se doter d’honnêteté et d’intelligence, finit par recourir au châtiment physique et violent, comme un idiot solitaire qui a peur de perdre ces bijoux d’or et d’argent, c’est alors qu’au lieu de la peur, j’ai éprouvé de la pitié pour lui [l’État] et j’ai complètement perdu le peu de respect que j’ai eu parfois envers lui.

Je ne suis pas né pour être violenté, je suis d’une souche trop élevée pour me convertir en esclave, en subalterne soumis à une tutelle, en serviteur docile, en instrument d’un quelconque État souverain du monde.

¡ Presos a la calle o que todo estalle !
Salud, anarkía y revolución social
Prisonniers dans la rue ! Santé, anarchie et révolution sociale
Fernando Bárcenas Castillo

 

Traduit par Les trois passants et Caracol Solidario
Source: Comité de Solidarité avec Mario Gonzalez
Cruz Negra Anarquista de Mexico
Qui est Fernando Bárcenas Castillo ?

Carlos Lopez : La Liberté n’arrive pas par hasard, elle se construit.

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 8 mars 2015 by liberonsles

reclusorio_oriente

La Liberté n’arrive pas par hasard, elle se construit.
Texte de Carlos Lopez.
Prison Oriente, DF. (Reclusorio Oriente, DF)

J’entends l’État comme une entité régulatrice des privilèges qui servent les intérêts d’une classe politico-économique, comme un fidèle laquais du capital techno-industriel et de toutes les formes de manipulation sociale qui en découlent. Il n’est pas difficile de comprendre qu’il se sert du châtiment imposé à tout individu qui se rebelle face à ses lois et à ses règles de contrôle, puisqu’il dispose parmi tout son ample éventail de possibilités répugnantes, du système juridique pénitentiaire.

La principale caractéristique de la dite institution est qu’elle devient, comme s’il s’agissait d’un jeu de hasard, la détentrice de la décision concernant l’avenir de l’inculpé, en le vouant à la brutalité de la surveillance policière et administrative, en mettant en œuvre un traitement pervers et malsain d’usure physique, morale et spirituelle tant sur celui qui est directement impliqué que sur sa famille, sur ses amis et sur les compagnons qui l’entourent.

C’est ainsi que l’on fait du «délit» un réel instrument pour poursuivre et réaliser les plans du pouvoir dominant. En plus, c’est une affaire économique juteuse, conséquence des multiples extorsions administratives, parmi lesquelles le paiement de cautions, d’amendes, de pot-de-vin et autres énormités. En plus de tout cela il faut aussi subvenir aux besoins du prisonnier (au moins dans les prisons latino-américaines).

A propos de ce dernier point il faut souligner l’énorme mensonge qui prétend que c’est l’État qui subvient aux besoins de la personne en captivité. En effet, quand «officiellement» on prétend consacrer en moyenne 150 pesos par personne, la réalité est toute autre.

À propos du «délit» à juger, il semble assez hypothétique de lui accorder de la crédibilité car n’oublions pas que ce sont les institutions elles-mêmes et leurs gouvernants qui font et défont les lois par le biais de leurs politiques démocratiques et réformistes, eux qui, pourtant, vivent une réalité si différente de ceux qui ne jouissent pas des privilèges des cercles du pouvoir. Ce qui nous amène à nous interroger sur le fait de devoir nous soumettre à ce que eux considèrent comme délit et comment il doit être corrigé, et de devoir accepter que ce soit la société elle-même qui perpétue ce qu’ils ont conçu. Nous ne pourrions pas parler d’introduire des gens du peuple dans la législation, car ce serait reproduire le modèle que l’on cherche à détruire.

C’est ainsi que des juges, des magistrats et des tribunaux se chargent d’exécuter des sentences sévères, même quand la loi et son arsenal de sanctions n’y suffiraient pas. Sanctions qui, semble-t-il, se plaisent à offrir des années d’enfermement et à mettre dans une poubelle grillagée tout ce qui ne cadre pas avec les idées d’une société capitaliste.

Nous, les anarchistes, ne nous plaignions pas que les juges soient injustes, ni ne misons sur leur faculté à juger justement, car nous savons qu’il ne peut y avoir de justice là où on prétend seulement imposer un ordre démocratique aberrant instauré grâce à des structures de contrôle déguisées en moyens de réinsertion sociale.

C’est pour cela que nous n’implorons pas la clémence dans les sentences de la justice, pas plus que nous ne mendions la pitié pour nos prisonniers. Mais nous exigeons la mise en liberté immédiate et la fin de la séquestration, car nous n’acceptons pas la légalité de leurs tonnes de lois puisque nous refusons l’argumentation d’innocence ou de culpabilité, ce qui est très différent du fait d’assumer la responsabilité des actes de celui qui en décide ainsi.

Nous luttons pour la destruction des prisons, mais le simple désir de démolir les murs physiques ou de ressentir une haine viscérale contre les pratiques de l’enfermement n’est pas suffisant. En revanche il faut commencer à nous détacher totalement de la propagande d’Etat qui nous a abreuvé depuis l’enfance à travers ses institutions civiles et éducatives où l’on inculque les notions d’infraction et de châtiment, et ensuite rompre et détruire progressivement dans nos têtes et dans nos façons d’être les relations avec des personnes et un entourage imposé.

Par exemple, il nous faut abandonner le langage juridique, de même que sa pratique comme quand nous condamnons les actes des compagnons qui décident de passer à l’action et que nous ne nous identifions pas avec leurs méthodes ni avec leurs revendications, car alors nous devenons nous mêmes juges et bourreaux, rendant ainsi plus facile la récupération de la lutte. Car, ce n’est pas la même chose de critiquer le pouvoir que de faire une critique constructive à un compagnon ou que de faire une critique médisante qui ne fera que diviser et freiner l’élan libertaire ; ou aussi quand nous demandons la liberté pour nos prisonniers et la prison pour les «coupables» qui troublent notre tranquillité et nos espaces de lutte, tombant ainsi dans une inquiétante contradiction ; de même quand nous persistons dans notre soif de justice pour demander la sortie de prison en reconnaissant, même si ce n’est pas délibéré, que le système juridique peut être juste ou injuste, lui accordant ainsi une légitimité.

Il y a autre chose : continuer à parler de compagnons détenus comme de «prisonniers politiques» terme qui s’utilise d’ordinaire comme quelque chose de privilégié qui les différencie des prisonniers de droit commun, vieille pratique rouge, alors que la lutte anarchiste n’est pas politique et ne cherche pas non plus à tirer des profits grâce à des intermédiaires, des accords ou des pétitions. Mais elle est plutôt une rupture avec la moindre parcelle d’autoritarisme, et le fait d’être inculpés juridiquement n’implique pas forcément d’accepter le terme de prisonniers politiques qui est une distinction que nous cherchons à détruire. C’est pour cela que nous préférons nous revendiquer comme prisonniers anarchistes, unique voie pour continuer la lutte choisie aux côtés de toute individualité en rébellion, et ceci par affinité.

Alors, la liberté n’arrive pas par hasard, elle se construit.

Solidarité avec le compagnon Abraham Cortés Àvila et avec tous les compagnons et compagnonnes prisonnier(e)s en lutte sur toute l’étendue de la planète terre.

Carlos Lopez «Chivo»
Prison Oriente, DF. (Reclusorio Oriente, DF)

Ndt: Finalement, après avoir été acquittés le 27 février 2015 de l’accusation fédérale pour le délit de dommages à la propriété sous forme d’incendies et après avoir payé une caution pour la sentence de 2 ans 7 mois pour les délits d’atteinte à la paix publique avec dommages, les compagnons Amelie Trudeau et Fallon Roullier, ainsi que Carlos Lopez « Chivo » ont été mis en « liberté sous caution » le 13 mars 2015.

Traduit par Michèle

Source: Cruz Negra Anarquista de Mexico

Voir aussi La situation actuelle de Carlos , Fallon , Amelie
Voix depuis la prison Nord : Abraham Cortés

[Mexico] Voix depuis la prison Nord : Abraham Cortés

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 6 mars 2015 by liberonsles

abraham25 février 2015
Depuis la prison Nord (Reclusorio Norte del DF)
Lettre d’Abraham Cortés Ávila

C’est un nouveau jour de lutte, un nouveau jour de résistance, un nouveau jour pour élever la voix, un nouveau jour avec le poing levé, un nouveau jour pour rendre visible l’injustice des institutions, institutions créées pour exercer la répression et l’exploitation, institutions qui tentent de faire taire, de pervertir et détruire la population. Cela fait 16 mois que je suis séquestré dans cette institution, au départ j’étais dans le quartier d’arrivée, à présent je suis dans la zone de la population dite tranquille, bien qu’ils aient essayé de magouiller pour nous envoyer dans le quartier dangereux, comme quand ils nous ont déplacés dans le Centre d’observation et de Classification, où ils nous ont assignés dans une zone dangereuse, un quartier disciplinaire pour la population dite normale.

Maintenant, ils essaient de nous donner discrètement en pâture à la population [carcérale générale], utilisant des stratégies diverses qui touchent les compagnons, et nous pointent du doigt cherchant à nous rendre responsables de la dégradation des aménagements de condition de détention, mais pour nous cela n’a pas d’importance, ici nous avons d’autres tâches et d’autres options de lutte, car du mal peut sortir le bien. Compagnons, dans ce jour de lutte, je ne demande pas seulement ma liberté, ni celle de mes compagnons, mais celle de tous ici dedans ; je ne veux pas seulement qu’ils révisent bien mon dossier, mais que ces institutions n’existent plus, parce que je suis et nous sommes conscients que ce sont des centres d’exploitation et d’esclavage.

Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés depuis 16 mois par un gouvernement corrompu, plein de mensonges, plein d’ambition ; pendant ces 16 mois je ne suis pas le seul à vouloir sa prétendue libération, il y a plus de 12 mille internés qui cherchent la même chose, comme ceux qui arrivent chaque jour, ignorant tout d’ici. Mais ce qui est clair pour moi c’est que bien qu’ils nous « libèrent », nous ne serons pas « libres », car avec tant d’institutions nous ne savons plus à qui faire confiance, de plus avec leurs maudites stratégies pour éloigner la population en général, car ce qui est vécu n’est pas de l’indifférence,ce que l’ont ressent c’est la crainte des gens, la crainte qui peu à peu cesse d’exister, depuis ici, dedans, c’est ce que je peux voir, entendre et sentir, même si cette institution répressive essaie de nous faire taire, de nous faire disparaître, de nous séquestrer, ou de nous tuer, nous n’avons plus peur, nous ne la sentons plus.

Prison égal répression
Répression égal institution
Institution égal gouvernement
Gouvernement égal prison

Abraham Cortés

 

Taduit par les trois passants, correction Amparo

Source: Comité de solidarité avec Mario González + photos du rassemblement en solidarité avec Abraham à Mexico.

Ndt: Notre compagnon Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, et condamné à plus de 13 ans de prison ferme. Abraham est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013, et c’est lui qui a la sentence la plus lourde, il n’a pas de famille dans la ville de Mexico. Abraham se trouve actuellement à la Prison Nord de la Ville de Mexico, il partage certains moments de sa journée avec le compagnon Fernando Barcenas, lui aussi condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Depuis leurs arrestations ils sont devenus copains de lutte à l’intérieur de la taule, ensemble ils ont décidé de se battre pour obtenir leur liberté.

Voir aussi: Ville de Mexico: Voix depuis la prison Nord
Ville de Mexico: Voix depuis la prison, lettre d’Abraham Cortés

Solidarité avec les prisonniers de la Prison Nord de Mexico

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 2 mars 2015 by liberonsles

Lettre de solidarité avec les prisonniers de la Prison Nord de Mexico

recnor A la Coordination Combative des Prisonniers en Résistance dans la Prison Nord
A nos compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortés
A l’étudiant Bryan Reyes
Aux détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista
A la croix Noire Anarchiste du Mexique

Lettre envoyée au Mexique le 24 février 2015

Compagnons, c’est avec un salut combatif que nous voulons vous manifester notre entière solidarité et notre soutien à l’action que vous avez décidé de mener collectivement, affrontant le système carcéral d’oppression, de mépris et d’autoritarisme.

Nous avons lu votre communiqué, le combat que vous avez décidé de mener est un exemple très fort de résistance pour nous toutes et tous qui sommes dehors sans pour autant être libres. Bien au contraire, nous sommes comme vous immergés dans un système d’oppression et d’esclavage qui par le biais de la peur prétend paralyser et enchaîner la rébellion et la rage de nombreux hommes et femmes. Ce que vous appelez tracer une ligne en refusant de reconnaître les autorités pénitentiaires les assimilant aux ennemis immédiats dans cette étape de la guerre qui vous a emprisonnés, pour nous autres cela signifie briser les chaînes et nous déclarer libres au milieu des grilles… Par cette action vous nous donnez une leçon de courage, de détermination et d’une immense rébellion.

Pour l’heure camarades, vous nous donnez la force de poursuivre ici, de là où nous sommes, la lutte pour la liberté, qui finalement consiste à dépasser la peur, à refuser de se soumettre à l’autoritarisme exercé par toutes les autorités et bien que loin de vous, nous voulons vous dire notre entière solidarité, nous suivrons avec attention les événements, et nous serons également attentifs au traitement auquel vous soumettent les autorités en ces moments cruciaux alors qu’elles ont décidé de maintenir certains détenus à l’isolement.

Nous diffuserons également votre communiqué ainsi que les faits qui se déroulent dans la Prison Nord, dans toute la mesure de nos possibilités dans nos différents espaces.

Nous faisons savoir aux autorités carcérales de la Prison Nord que nous suivons avec la plus grande attention ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, que les faits font l’objet d’une information détaillée et que nous tenons pour responsables de tout mauvais traitement physique et psychologique auquel pourraient être soumis les détenus en grève de la faim, les directions de cette prison, le chef du gouvernement de la capitale ainsi que les autorités qui ont donné l’ordre d’isoler les détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista en les transférant dans l’aile d’entrée. Nous sommes également attentifs à la situation des camarades Fernando Bárcenas et Abraham Cortés qui viennent d’être transférés dans l’aile d’Observation et de Classification ainsi que Bryan Reyes.

Camarades, courage, courage à vous tous qui avez décidé de briser la peur qui paralyse en vous déclarant en totale rébellion face aux autorités pénitentiaires. Courage, vous n’êtes pas seuls !

Nous restons attentifs en diffusant votre combat qui s’inscrit, comme le notre, dans la destruction de ce système carcéral dans lequel nous vivons dans un dedans et un dehors relatifs, notre lutte s’inscrit, comme la votre, dans le combat contre tout type de domination, d’oppression, d’exploitation, d’humiliation et d’autoritarisme !

A bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants, Paris, France, Confederación General del Trabajo, CGT – Estado español, ASSI (Acción Social sindical Internacionalista), Centro de Documentación sobre Zapatismo, Estado español, Caracol Solidario, Besançon, France, Tierra y Libertad para Arauco, France, Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelona, MUT VITZ 13, Marseille, France, Anarchist Black Cross Paris-Banlieue, Alternative Libertaire, Toulouse, France

————–
Lettre en espagnol
Traduction de la lettre Amparo, correction Val
Infos + Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Depuis la prison centrale de l’État d’Oaxaca, Mexique

Posted in Campagnes, Communiqués, Loxichas, Oaxaca on 2 mars 2015 by liberonsles

ALVAROSDepuis la prison centrale de l’État d’Oaxaca, Mexique

22 janvier 2015

Aux compagnons et compagnonnes solidaires qui promeuvent et mènent la lutte pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience de la région loxicha, Oaxaca. Depuis la prison centrale, qui est ma tranchée de lutte, je vous envoie des salutations fraternelles et combatives, et une forte accolade à chacun et chacune d’entre vous qui êtes en train d’organiser cette journée solidaire pour la liberté à Paris, France. Malgré la distance, malgré la différence de culture, malgré la différence de langue. La dignité, la résistance et la rébellion sont partout, dans chaque coin du monde. La Solidarité est la langue universelle des gens pauvres et marginaux, des oubliés, de ceux d’en bas et à gauche.

N’importe quelle action, dans n’importe quelle partie du monde, qui exige la liberté de n’importe quel être humain enfermé pour le fait de lutter pour les droits de l’humanité, est un acte qui dépasse les frontières, les mers, les océans et les murs de la prison. C’est un acte qui touche les cœurs de nous qui sommes otages du pouvoir et du système, de nous qui sommes des prisonniers pour avoir lutté.

Pour cette raison, nous insistons sur le fait de nous organiser depuis en bas à gauche et de cheminer avec la Sixième déclaration de la jungle Lacandone. Nous exigeons également la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus et l’arrestation des responsables des assassinats et de la disparition forcée qui a eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 dans la ville d’Iguala, état de Guerrero, Mexique.

Vive les compagnons et compagnonnes internationalistes solidaires en lutte pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde !
Vive la Sexta internationale !
Ils ont été pris vivants, vivants nous les voulons !

Alvaro Sebastian Ramirez
Prisonnier politique et de conscience de la région loxicha, Oaxaca, Mexique.

plus d’infos sur Alvaro Sebastian
Prisonniers d’Oaxaca

traduit par les trois passants / correction Amparo

Lettre de solidarité avec les prisonniers de la Prison Nord de Mexico

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 25 février 2015 by liberonsles

recnor A la Coordination Combative des Prisonniers en Résistance dans la Prison Nord
A nos compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortés
A l’étudiant Bryan Reyes
Aux détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista
A la croix Noire Anarchiste du Mexique

23 février 2015

Compagnons, c’est avec un salut combatif que nous voulons vous manifester notre entière solidarité et notre soutien à l’action que vous avez décidé de mener collectivement, affrontant le système carcéral d’oppression, de mépris et d’autoritarisme.

Nous avons lu votre communiqué, le combat que vous avez décidé de mener est un exemple très fort de résistance pour nous toutes et tous qui sommes dehors sans pour autant être libres. Bien au contraire, nous sommes comme vous immergés dans un système d’oppression et d’esclavage qui par le biais de la peur prétend paralyser et enchaîner la rébellion et la rage de nombreux hommes et femmes. Ce que vous appelez tracer une ligne en refusant de reconnaître les autorités pénitentiaires les assimilant aux ennemis immédiats dans cette étape de la guerre qui vous a emprisonnés, pour nous autres cela signifie briser les chaînes et nous déclarer libres au milieu des grilles… Par cette action vous nous donnez une leçon de courage, de détermination et d’une immense rébellion.

Pour l’heure camarades, vous nous donnez la force de poursuivre ici, de là où nous sommes, la lutte pour la liberté, qui finalement consiste à dépasser la peur, à refuser de se soumettre à l’autoritarisme exercé par toutes les autorités et bien que loin de vous, nous voulons vous dire notre entière solidarité, nous suivrons avec attention les événements, et nous serons également attentifs au traitement auquel vous soumettent les autorités en ces moments cruciaux alors qu’elles ont décidé de maintenir certains détenus à l’isolement.

Nous diffuserons également votre communiqué ainsi que les faits qui se déroulent dans la Prison Nord, dans toute la mesure de nos possibilités dans nos différents espaces.

Nous faisons savoir aux autorités carcérales de la Prison Nord que nous suivons avec la plus grande attention ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, que les faits font l’objet d’une information détaillée et que nous tenons pour responsables de tout mauvais traitement physique et psychologique auquel pourraient être soumis les détenus en grève de la faim, les directions de cette prison, le chef du gouvernement de la capitale ainsi que les autorités qui ont donné l’ordre d’isoler les détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista en les transférant dans l’aile d’entrée. Nous sommes également attentifs à la situation des camarades Fernando Bárcenas et Abraham Cortés qui viennent d’être transférés dans l’aile d’Observation et de Classification ainsi que Bryan Reyes.

Camarades, courage, courage à vous tous qui avez décidé de briser la peur qui paralyse en vous déclarant en totale rébellion face aux autorités pénitentiaires. Courage, vous n’êtes pas seuls !

Nous restons attentifs en diffusant votre combat qui s’inscrit, comme le notre, dans la destruction de ce système carcéral dans lequel nous vivons dans un dedans et un dehors relatifs, notre lutte s’inscrit, comme la votre, dans le combat contre tout type de domination, d’oppression, d’exploitation, d’humiliation et d’autoritarisme !

A bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants, Paris, France
Confederación General del Trabajo, CGT – Estado español
ASSI (Acción Social sindical Internacionalista)
Centro de Documentación sobre Zapatismo, Estado español
Caracol Solidario, Besançon, France
Tierra y Libertad para Arauco, France
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelona
MUT VITZ 13, Marseille, France
Anarchist Black Cross Paris-Banlieue
Alternative Libertaire, Toulouse, France

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Lettre en espagnol
Traduction de la lettre Amparo, correction Val
Infos + Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

[CHIAPAS] Voix depuis la prison N°5

Posted in Archives, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 22 février 2015 by liberonsles

CERESO5

A l’opinion publique
Aux médias, régionaux, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains, aux ONG
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Détenu injustement, Solidaire de La Voz del Amate, adhérent à la Sixième Déclaration de la Selva Lacandonne de l’EZLN. Je suis emprisonné au centre de réclusion n°5 de San Cristobal de las Casas, au Chiapas.

Ceux qui gouvernent le pays, les états et les peuples ont tout fait sauf gouverner, la seule chose qu’ils ont fait a été de porter atteinte aux droits humains. Comme des séquestrations, disparitions, menaces, tortures psychologiques et d’emprisonnements injustes, parmi tant d’autres exemples. Mon cas en est un exemple très clair, moi Alejandro Díaz Santiz incarcéré depuis 15 ans et 7 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse et pour lequel les mauvaises autorités de l’Etat de Veracruz m’ont condamné à 29 ans et six mois de prison.

Le 16 octobre 2014 mon avocat a demandé une remise de peine auprès du gouverneur Javier Duarte de Ochoa qui l’a refusée. Le 3 novembre 2014 il a présenté un recours contre la décision du gouverneur de Veracruz. C’est pour cela que je serai entendu le 17 février à l’audience qui est de droit.

J’invite également toutes et tous les compañer@s, les organisations indépendantes à réaliser toutes les initiatives qu’ils souhaiteront ou à recueillir des signatures pour me soutenir et qui seront les bienvenues.

Et pour terminer, je vous invite tous et toutes, toutes les organisations indépendantes, des différents Etats, nationales et internationales à continuer d’exiger une véritable justice et la liberté pour toutes et tous les prisonnier@s politiques et de conscience.

FRATERNELLEMENT
ALEJANDRO DIAZ SANTIZ
Solidaire de La Voz del Amate
Pénitencier n°5
San Cristobal de Las Casas
Le 12 février 2015

***

LETTRE PUBLIQUE EN SOUTIEN A ALEJANRO DIAZ SANTIZ

Alejandro Díaz Sántiz est tzotzil de 34 ans, arrêté arbitrairement il y a plus de 15 ans, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet Etat, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif la Voz del Amate, en adhérant à la Sixième déclaration de la Selva Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur du pénitencier contre lui-même et contre les autres détenus. Son engagement le porte à être une prisonnier en lutte, c’est à dire un compañero parmi nous tous qui luttons pour un monde plus juste, sans exploitation, sans injustice, sans guerre et sans discrimination.

Comme il l’a expliqué dans une lettre publique qu’il a envoyée le 11 février depuis la prison, Alejandro Díaz Santiz, considérant que 15 ans et 7 mois des 19 et 6 mois auxquels il a été condamné se sont déjà écoulés, exige que finalement on accepte son recours contre la décision lui refusant la remise de peine qui est un pas dans la lutte légale lui permettant de sortir libre.

Les organisations signataires soutiennent une fois de plus la lutte du compañero Alejandro Díaz Sántiz, nous demeurons vigilants à que ne se commettent plus d’injustice dans son cas, nous continuerons à diffuser ses dénonciations dans tous les coins du monde où nous vivons et luttons.

ALEJANDRO DIAZ SANTIZ LIBRE TOUT DE SUITE !
LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS LES PRISONNIER@S EN LUTTE

Adhesiva, Espai de Trobada i Acció (Estado Español); ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista) – Estado Español; Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala (Madrid), Associazione Ya Basta! Milano (Italia); Caracol Solidario, Besançon (Francia); Centro de Documentación sobre Zapatismo – CEDOZ (Estado Español); CGT – Estado Español; Fédération SUD éducation, Francia; Les Trois Passants (Francia); La PIRATA: Colectivo Zapatista de Lugano (Suiza), Nodo Solidale (Italia y México),Nomads (Italia y Berlin), Adherentes Individuales; MUT VITZ 13, Marseille (Francia); Red de Solidaridad con los Zapatistas del Reino Unido: Colectivo Zapatista, Manchester, Colectivo de Enseñanza y Aprendizaje ‘Don Durito’, Grupo Solidaridad con Chiapas, Dorset, Grupo Solidaridad con Chiapas, Edimburgo, Grupo Solidaridad con México, Londres, Grupo Solidaridad con los Zapatistas – Essex KIPTIK, Bristol, Servicio de Traducción Zapatista del Reino Unido, Union syndicale Solidaires, Francia, Casa Nicaragua (Belgica), Cafez de Lieja (Belgica), Asociación Solidaria Café Rebeldía~Infoespai (Barcelona), La Otra Casa Rosario (Argentina), La Insurgencia del Caracol (Buenos Aires, Argentina), Colectivo Piratas (Argentina), X Tierra Mojada (Argentina), Encuentro de Organizaciones Movimientos Revolucionarios, Movimiento Utopia (Brasil), Lucha Colectivo Brasil, LEMTO (laboratorio de estudios de movimientos sociales y territorialidad), Colectivo Comuna (Bolivia), Grupo de Trabajo “No estamos todxs“ (México).

Traduit par Amparo

Source

Voir aussi, Le Communiqué du groupe de soutien à l’adhérent tzotzil à la sexta zapatiste : Alejandro Díaz à propos de sa solidarité envers les prisonniers anarchistes de la ville de Mexico

Ville de Mexico: Voix depuis la prison Nord, la grève de la faim continue.

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 21 février 2015 by liberonsles

ikikesolid
Fernando Barcenas et Abraham Cortés ont été transférés dans la zone de classification [ zone où les prisonniers sont amenés pour une période d’observation quand ils arrivent en prison ], la grève de la faim continue dans la prison Nord de la ville de Mexico.

Nous sommes informés, depuis la prison nord, que la grève de la faim initiée par la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance continue. Les prisonniers Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista en sont à leur 6ème jour de grève de la faim, ils continuent à être isolés en zone d’admission et surveillés par le personnel de la prison.

D’autre part, nous avons été informés que les compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortés ont été transférés à la zone d’Observation et de Classification, de même que le prisonnier Bryan Reyes. Les compagnons se portent bien, mais nous ignorons ce qui va leur arriver.

Nous continuerons à diffuser les informations au fur et à mesure que les nouvelles nous parviennent.

Pour la liberté de tous et de toutes !

Cruz Negra Anarquista México [ Croix Noire Anarchiste de Mexico- CNA-Mx ]
Source

Note de CNA-Mexico : Nous diffusons ce communiqué qui nous a été envoyé par les compagnons prisonniers de la prison Nord de la ville de Mexico (Reclusorio Preventivo Norte). Jusqu’ici, nous savons que la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance est formée par des prisonniers des différentes zones de cette prison. Une des premières actions lancée a été la grève de la faim échelonnée qui a été initiée le 12 février par deux prisonniers : Julio César Nuñez Delgadillo et Elías Landín Bautista. Ceux-ci ont été isolés du reste de la population carcérale, dans des cellules de la zone d’admission.

reclusorionorte

Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Aux rebelles de la lutte sociale
Au peuple en général

( Prison Nord de la ville de Mexico, 16 février 2015 ).

La société est un contrat qui repose sur la peur, sur la peur de l’exclusion, la peur de la justice, la peur de la police, la peur de l’autorité…

Et celui qui transgresse les normes sera sanctionné de manière exemplaire pour maintenir l’état de choc, tentant de terroriser les individus dans le seul but de maintenir leur domination en même temps que l’exploitation économique.

Mais nous devons nous demander…est-ce-que la justice existe ? Qu’est-ce que la faute ?

Du point de vue religieux, la culpabilité est nécessaire pour maintenir la soumission de l’individu face au régime autoritaire qui réprime depuis un absolu (dans ce cas, Dieu), qui soumet l’individu au joug de l’oppression, de la rigueur morale, du mensonge existentiel.

Une caractéristique particulière de l’homme moderne comme être historique dans un espace temporel est sans aucun doute le désintéressement envers tout, qui le pousse à chercher les manières d’éviter de faire face à sa réalité.

L’angoisse générée par le fait de comprendre et d’assimiler la liberté provoque la peur, peur de la finitude de son existence, peur de choisir, peur de la responsabilité qu’implique être libre.

La hiérarchie qui le modèle, le réduit à l’esclavage et le condamne à une vie banale et sans aucun sens, car en signant le contrat social, par le seul fait d’acquérir un état civil ou une nationalité, l’individu accepte sa sentence qui l’oblige à vivre attaché aux chaînes de l’autorité en échange de quelques « garanties », « droits » et lois qui entravent et mutilent sa liberté, la restreignent, la conditionnent …

C’est pour cela que des institutions diverses et variées existent. Le travail réel d’une institution est d’annihiler toute trace de conscience et de liberté qui pourrait avoir existé dans l’esprit de l’individu.

Avec l’institutionnalisation commence le projet de domestication : la famille, l’école, les tribunaux, la prison … toutes ces institutions fidèles et impliquées dans la reproduction et le soutien au système social administré par une élite privilégiée, qui se présente de manière hypocrite avec la promesse d’une « vie digne », d’un travail salarié, avec l’utopie de la démocratie et un mensonge appelé « paix sociale » qui implique un endormissement, une vie enchaînée mais avec la possibilité de choisir la couleur de ses chaînes.

Et alors … : que faire ? Quand l’idée virtuelle de la légalité se trouve dépassée par le besoin et la détresse, par l’expérience quotidienne du conflit avec les lois d’exclusion, par la réalité inévitable qui est vécue dans les rues des grandes villes et dans les campagnes ; la réalité à laquelle nous appartenons, nous les opprimé-e-s, et à laquelle nous faisons face jour après jour….

Il est facile de prononcer le mot faim, mais ce n’est pas la même chose de la sentir, et dans des conditions contraires et devant la pétrification de l’appareil dominant l’illégalité est pratiquée et assimilée comme forme de vie et de survie. Et après être entré dans celle-ci, afin de chercher des alternatives à un système en décadence, tu te rends compte qu’existent des voies distinctes qui démasquent le mensonge d’une société et d’un État pacifiques composés de citoyens honorables …

Et voilà que tu découvres que la corruption est la voie de l’illégalité que l’état propose comme alternative pour ceux qui vivent la pauvreté … Avec la promotion de la délinquance et la permissivité pour sortir du paramètre légal en complicité régulière avec l’autorité, son silence, son appui, en échange d’un gain monétaire. Les droits sont à la vente et une lutte précaire commence pour les acquérir et générer un état de privilèges et de bien-être, un mensonge similaire à un anesthésique social, qui fait que l’individu se concentre sur la compétitivité, en oubliant qu’il s’est subordonné en acceptant de devenir un simple outil de production, qui l’attache à l’esclavage perpétuel, en effet il a ainsi été formé. Ils lui ont appris à être un rebelle incomplet, à piétiner ceux de sa classe opprimée et à tolérer la violence de ceux d’en haut. Ils lui ont appris à être soumis à l’autorité. L’individu est converti en animal dressé qui veillera aux intérêts de son maître et les défendra quand cela lui sera demandé.

De cette façon, la corruption qui perpétue le système, ne peut pas être une voie de lutte et encore moins dans la prison, puisque bien qu’apparemment elle « casse les schémas », au fond, elle ne fait rien de plus que de répéter les cycles du système et par conséquent aide à sa croissance et à son renforcement.

Cependant, il existe encore des rebelles, qui font face à l’obscurité des institutions, sans aucun médiateur, en n’obéissant à personne qu’à eux-même et en se rebellant d’une manière consciente face aux racines des problèmes.

Et c’est pour tout ceci que nous avons décidé de créer et de partager des moments de lutte dans un espace commun, où se retrouvent les esprits les plus libres et les moins soumis. Organisés par affinité, nous déclarant libres à chaque instant et en tout lieu, nous avons décidé d’agir et de rejeter l’idée même de toute forme d’autorité. Nous nous inscrivons en un front combatif et direct, dans la lutte anti-autoritaire, avec la même détermination que dans les rues, nous la continuons et la faisons nôtre ici dans notre vie quotidienne en prison.

Aujourd’hui nous choisissons notre camp en ne reconnaissant plus les autorités pénitentiaires, en les assimilant à nos ennemis immédiats dans cette étape de guerre où nous sommes à notre tour prisonniers.

Pour la liberté de tous et toutes les individus et les êtres vivants !

Contre la répression, l’isolement et les mauvais traitements à l’intérieur des prisons.

Coordinación Combativa de Presos en Resistencia (C.C.P.R)

Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Traduit par Les trois passants et Caracol Solidario/ correction Myriam

Ville de Mexico, diffusé par la croix noire anarchiste de Mexico

Quatre saisons derrière les barreaux. Première partie.

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 17 février 2015 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico :

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Quatre saisons derrière les barreaux. Première partie.
Par Fernando Barcenas Castillo
11 février 2015.

Tout à coup, tout semble changer d’une façon radicale, tout s’assombrit et tu te rends compte qu’une bataille a commencé et que tu devras la livrer par toi même.

En marchant sur le trottoir, tu vois au loin quelques types en uniforme, alors tu préfères ne pas courir pour ne pas attirer leur attention. Grave erreur ! Ils s’approchent et les esclaves en uniforme t’interceptent, te font subir un contrôle de routine et si tu refuses, alors ils essaient de te soumettre, tu te débats avec eux, mais un homme corpulent en uniforme arrive et t’étrangle par derrière, tu essaies de résister… mais c’est impossible à ce moment là ; trois personnes te soutiennent et le cameraman qui disait « appartenir aux médias indépendants » apparaît sur les lieux en collaborant avec la police, alors tu te rends compte qu’en réalité il s’agissait d’un policier des renseignements généraux..

Tout arrive en une seconde

Tu te demandes si cette détention correspond à un acte arbitraire ou bien s’il s’agit d’une détention sélective ; après quelques instants et après les spéculations de la police, tu te rends compte qu’il s’agit bien de la deuxième option. Ils t’arrêtent et t’encerclent avec six autres manifestants, seuls deux d’entre eux se retrouvent dans la voiture de police, ce sont deux mineurs, ils ont l’air paniqués. Alors tu essaies de les rassurer et de les calmer pour qu’ils n’aient pas peur, puisque sans doute dans leur cas, il s’agit d’un acte arbitraire et ils sortirons le lendemain matin. Finalement, tes affirmations s’avèrent correctes puisque c’est seulement toi qu’ils cherchent.

Après être sortis de la voiture de police, ils commencent à t’insulter, ils communiquent par radio, et tu ne sais pas quoi penser, peu à peu tu observes ce qui se passe autour et tu vois les sacs à dos de ceux et celles qui ont été arrêtés être fouillés et tu continues d’observer fixement pour vérifier qu’ils n’introduisent pas des drogues ou des balles dans tes affaires ; une habitude connue chez la police.

Ils essaient de t’intimider et alors le débat, la confrontation idéologique commencent ; tu sais que tu es entre leurs mains et tu n’arrives pas à réaliser que tout ce qui t’arrive est réel, tu est détenu entre les mains de ton ennemi, tu ne penses qu’à t’échapper mais ce serait une lâcheté de laisser tomber les autres camarades.

Les questions commencent, ils insistent et essaient de te faire tomber dans leur jeu. Pourquoi l’as-tu brûlé ? Qui te paie ? Es-tu anarchiste ? Quel est ton nom complet ? Et si jamais tu donnes un faux nom qui ne colle pas, alors ils te giflent très fort et… tu vois les visages des mineurs effrayés, et ben, tu réponds avec ton nom complet.

Ils te menacent et certains coupent la cartouche de leurs armes devant toi pour essayer de t’intimider, mais tu es ferme, tu ne peux pas céder et encore moins accepter ce qu’ils t’imputent, cela, ce n’est pas une détention aléatoire, ça fait partie d’une guerre sociale.

Ils appellent leurs collègues et une femme commandante arrive, ils te jettent dans le fourgon et surveillent tous tes mouvements, tu ne peux pas bouger, les genoux te brûlent à cause de la tôle chauffée à blanc par le moteur. Pendant ces instants là, tu voudrais que la camionnette heurte ou se renverse pour pouvoir ainsi t’échapper, mais bien que le chauffeur conduise mal, le fourgon ne se renverse jamais. Tu arrives à un commissariat, ils ont trop nombreux en uniforme. Ils te font descendre du véhicule, alors tu croises le regard du compagnon et de la fille avec qui tu étais quand ils t’ont arrêté.

Les policiers se comportent d’une manière infantile et se mettent à plaisanter entre eux ; ils te traitent à la fois comme le pire qu’ils aient jamais vu, et en même temps il semblerait qu’ils profitent de toi, tu es une sorte de trophée pour eux, tu es celui qu’ils espéraient tant arrêter.

Ils essaient de te prendre en photo et se moquent, tu ne peux que baisser le visage et essayer de fuir les caméras.

Après tu réussis un peu à t’évader du contrôle policier, ils te jettent de nouveau dans le fourgon et l’immobilité recommence ; après 40 minutes environ, tu arrives à l’autre commissariat, d’autres policiers et agents attendent ton arrivée et le même processus se répète. Dès qu’ils le peuvent ils essaient de te mettre dans un coin obscur, pour comme ils disent : « te donner une bonne leçon » et « pour que l’on t’apprenne à te comporter comme il faut »,  » alors tu te disais un putain d’anarchiste hé » – te crie un vieux moustachu et voilà que tu es arrivé au Ministère Public et que la bataille commence !!

Traduit par les trois passants et Myriam/correction Val

Source 
Voir aussi: Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.
Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

Ville de Mexico: Voix depuis la prison

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 30 janvier 2015 by liberonsles

Des nouvelles des prisonniers anarchistes
libaran

 Notre compagnon Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, et condamné à plus de 13 ans de prison ferme. Abraham est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013, et c’est lui qui a la sentence la plus lourde, il n’a pas de famille dans la ville de Mexico. Abraham se trouve actuellement à la Prison Nord de la Ville de Mexico, il partage certains moments de sa journée avec le compagnon Fernando Barcenas, lui aussi condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Depuis leurs arrestations ils sont devenus copains de lutte à l’intérieur de la taule, ensemble ils ont décidé de se battre pour obtenir leur liberté.

portabrahamQui est Abraham Cortés Ávila ?

Abraham Cortés Ávila est un jeune artisan et jongleur âgé de 23 ans, il est originaire de la ville de Tlaxiaco, État d’Oaxaca. Le 2 octobre 2013, Il s’est rendu au centre de la ville de Mexico pour acheter le matériel nécessaire pour faire son artisanat. Après avoir vu le dispositif policer disproportionné de la manifestation commémorant chaque année le massacre d’étudiants de 1968, il a décidé de s’incorporer à la marche au niveau du Théâtre « Blanquita ». Là, il a trouvé une connaissance qu’il a accompagné pendant une partie du parcours.

Au bout de quelques mètres, ils se sont aperçu qu’ils étaient suivis par deux personnes habillées en civil avec une coupe militaire, tout en observant les agressions de la police anti – émeutes qui agressaient les manifestants de façon généralisée. C’est à ce moment-là qu’ils ont commencé à courir poursuivis par les deux personnes qui semblaient les suivre. Après être arrivés au panthéon de San Fernando aux environs du métro « Hidalgo », ils sont rattrapés et agressés par des inspecteurs.

Une fois qu’Abraham a été arrêté, il a été jeté de force dans une voiture de police, puis les policiers ont parcouru la zone en récoltant différents objets qu’ils trouvaient sur le chemin, entre autres des balles calibre 223, balles qui serviraient plus tard à monter de toute pièce des preuves pour l’accuser des actes délictueux. Abraham a subi pendant à peu près une heure des agressions et des traitements dégradants, puis il a été présenté aux bureaux du Procureur Général de la République (PGR), avant d’être transféré plus tard au commissariat d’Iztacalco. C’est à ce moment-là que deux personnes en uniforme sont arrivées en l’accusant de tentative d’homicide.

Le 4 octobre 2014 Abraham a été présenté au juge de la prison Nord de la ville de Mexico, Jorge Martínez Arreguín, qui lui a signifié sa détention pour les délits de tentative d’homicide, d’outrage à agent et attaques à la paix publique.

Le 2 juin dernier une sentence de 13 ans et 4 mois de prison ferme lui a été dictée, et ce malgré le fait que le commissariat n’a jamais confirmé le témoignage des policiers qui l’accusent, et malgré le manque de preuves suffisantes pour continuer son procès.

D’autres irrégularités graves ont été constatées dans son cas : les agressions qu’il a subies au moment de son arrestation, le retard pour le présenter devant une autorité compétente, des agressions physiques et psychologiques durant son transfert et la fausse accusation de port de balles [calibre 223].

À présent Abraham se trouve dans la prison Nord avec Fernando Bárcenas, tout les deux ont démarré un projet de diffusion anti – carcérale à l’intérieur de la prison, il s’agit d’un petit journal appelé « el Canero »[le prisonnier, celui qui est en taule]

Pour ce qui est du procès, après la sentence un appel a été présenté par sa défense, mais la sentence a été à nouveau confirmée, la seule solution juridique qui lui reste pour obtenir sa libération est le recours « d’Amparo directo » [Habeas Corpus*]. Sa demande de recours sera étudiée par le troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré, formé par les magistrats Humberto Venancio Pineda, Ricardo Ojeda Bohórquez et Humberto Manuel Román Franco.

Lettre d’Abraham Cortés Ávila

Janvier 2015

Le 2 octobre 1968 est un jour d’injustice, de disparition et de mort. Maintenant, ce n’est pas seulement un jour, c’est tous les jours, ce système qui gouverne pareil à tous les précédents, c’est toujours la même chose, le peuple connaît seulement la pauvreté, ici dans la prison nous sommes punis aussi, le bourgeois n’est rien sans le peuple. Des centaines, des milliers de prisonniers, et chaque fois il y a plus de prisons, l’injustice c’est pour le peuple… ça suffit !

Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible.

Mais quelle liberté avons-nous ? Si dans les rues nous sommes surveillés pareil qu’en prison, la prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré. Cela faits déjà 6 mois que je suis ici en taule et je suis en lutte, je ne vais jamais me mettre à genoux, mon poing reste levé et mon esprit fort.

Bientôt j’aurais la réponse du troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré à propos de mon dernier recours, j’espère seulement qu’ils feront leur boulot, car nous savons tous qu’ils sont en train de piétiner mes droits, c’est abusé, c’est le même système qui m’a mis ici en prison, qui m’a séquestré avec une sentence très lourde de 13 ans et 4 mois. Eux et nous savons qu’ils n’ont pas les éléments pour me maintenir ici en prison, il s’agit d’une stratégie pour faire peur au peuple, mais ces histoires nous n’y croyons plus, il ne s’agit pas de la liberté d’une seule personne mais de celle de tous, parce que ici en prison il y en a beaucoup d’autres qui veulent leur liberté.

 Liberté à tous et à toutes les prisonniers/ères
À bas les institutions !
Abraham Cortès

*Acte célèbre passé en loi anglaise, qui accorde à tout accusé le droit à un jugement.

ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”. Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.

Traduit par les trois passants
Correction Myriam et Amparo

Source Comite de Solidaridad con Mario Gonzalez  et Proyecto Ambulante

CHIAPAS : Appel à la Solidarité avec San Sebastian Bachajon

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 13 janvier 2015 by liberonsles

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Appel du Congrès National Indigène à la Solidarité avec le terrain communal de San Sebastian Bachajon

À la Sexta Nationale et Internationale
Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, des femmes, des hommes et des enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres. Ce sont des terres d’une grande richesse naturelle qui se trouvent à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; des terres dont le mauvais gouvernement a essayé de les expulser afin d’imposer ses projets de mort. Mais nos frères, qui connaissent bien le gouvernement, savent qu’il veut les faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes . Ils n’ont jamais permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et ses autoroutes, qu’il appelle prétentieusement le Cancún du Chiapas.

Par des menaces de groupes armés et par le biais d’ordres d’appréhension, il a essayé d’arrêter la défense digne et nécessaire que mènent nos frères [de Bachajon]. Comme si ne lui suffisait pas la douleur qu’il a déjà causée, aujourd’hui, 9 janvier 2015, vers 6h30, environ 800 policiers de l’État ont envahi le campement de nos frères. Ont suivi une expulsion violente et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous rendons responsables de toute agression contre nos frères et sœurs les trois niveaux du gouvernement [municipal, fédéral et de l’État] parce que ce sont eux qui dirigent les attaques à l’encontre de nos frères et à l’encontre du peuple mexicain. Nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont un nom et un prénom, ce sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et ses assistants tels que Leonardo Guirao.

Nous, le Congrès National Indigène, lançons un appel à tous les compagnons et compagnonnes qui cheminent et ont cheminé avec nous à rester attentifs face à la difficile situation que les frères du terrain communal de Bachajón sont en train de vivre aujourd’hui. Nous lançons un appel à nous solidariser selon nos temps et nos géographies avec nos frères de Bachajón et avec d’autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène. Nous avons pu constater ces jours-ci l’escalade des agressions de la part du mauvais gouvernement contre ceux qui participent au CNI [Congrès National Indigène]. Nous ne pouvons pas laisser dans l’oubli l’agression qu’ont subie les frères qui revenaient du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Ils prétendent nous faire peur, nous incarcérer comme ils l’ont fait avec nos frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec nos frères nahuas de Santa María Ostula, et nous réprimer comme aujourd’hui ils le font avec nos frères tseltales.

Nous leurs disons une fois pour toutes que nous n’allons pas cesser notre lutte pour la vie et contre le capitalisme.
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès National Indigène
Mexique 9 janvier 2015.

***

D’autres communiqués circulent en appelant à la solidarité nationale et internationale, surtout suite aux derniers événements qui ont eu lieu ce dimanche 11 janvier :

Dernier communiqué urgent du terrain communal de San Sebastián Bachajón

Par le biais d’une série d’actions planifiées pour récupérer les terres et la cassette de péage qui le mauvais gouvernement nous a expropriés le 9 janvier dernier en utilisant la force publique, nous avons procédé ce dimanche 11 janvier 2015 au blocage du carrefour des cascades d’Agua Azul.

Face à cette action le gouvernement [de l’État du Chiapas] de Manuel Velasco Coello a donné l’ordre aux forces de police de nous réprimer et de dissoudre le blocage, en usant de balles de gomme et de balles réelles qui ont laissé deux compagnons blessés.

Nous émettons ce communiqué afin de vous faire connaître les faits, d’exiger le repli de la force publique et l’arrêt de la répression contre les peuples indigènes qui luttent contre le pillage des mauvais gouvernements, ainsi que d’appeler à votre solidarité envers nos frères.

Nous sommes conscients que les prochaines heures sont cruciales, la situation de tension s’accroît du fait que les forces de l’ordre continuent d’être présentes dans la zone en nous intimidant et en nous harcelant.

Terrain communal de San Sebastián Bachajón

Ndt : Selon certains médias libres, en réponse aux faits qui ont eu lieu à San Sebastián Bachajon, une caravane solidaire d’accompagnement composée d’adhérents nationaux et internationaux à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone partira en direction de San Sebastián Bachajón dans les prochaines heures.

Ce que nous vous proposons de manière rapide et solidaire est, comme la dernière fois, d’envoyer ce petit texte aux mauvaises autorités dont voici les mails :
secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx

Texte à envoyer en espagnol :
Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos al Gobierno del Estado de Chiapas a Cargo de Manuel Velasco Coello ponga fin a las agresiones de las que están siendo objeto en este momento los hombres, mujeres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón. Nos hemos enterado de la ultima agresión que sufrieron el día 11 de enero 2015 en donde la fuerza publica emprendió una balacera dejando a dos personas heridas, ante estos hechos exigimos se garantice la vida e integridad física y psicológica de las mujeres, hombres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón, que la fuerza publica se retire de la zona a fin de evitar que haya mas heridos. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.
(signature, organisation, collectif, individu)

Voici la traduction du texte proposé :
Nous exigeons du gouvernement du Chiapas et de son gouverneur, Manuel Velasco Coello, qu’ils mettent fin aux agressions qui visent en ce moment les hommes, femmes et enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Nous avons été informés de la dernière agression qu’ils ont subie le 11 janvier dernier, lors de laquelle les forces de l’ordre ont usé de balles réelles, laissant deux blessés. Face à ces faits, nous exigeons que soient garanties la vie et l’intégrité physique des femmes, des hommes et des enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón, nous exigeons aussi que les forces de l’ordre se retirent de la zone afin d’éviter qu’il y ait de nouveaux blessés. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par Les trois passants/correction Myriam et Valérie

Sources ( medias libres) :
Llamado del CNI a la solidaridad con San Sebastián Bachajón
video-comunicado urgente de los ejidatarios de Bachajon adherentes a la sexta+ photos
+ de 50 organisations et individus dénoncent les attaques contre les comp@s de bachajon

→Chronologie des faits

CHIAPAS : Expulsion du terrain communal de Bachajon

Posted in Archives, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 10 janvier 2015 by liberonsles

bachajondeslExpulsion des compagnonnes et compagnons du terrain communal de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste

Aujourd’hui (9 janvier 2015) vers 6h30, plus de 900 agents de la police fédérale et étatique ont expulsé nos compagnons et compagnonnes qui défendaient les terres récupérées depuis le 21 décembre dernier.

Le mauvais gouvernement, en la personne du secrétaire de gouvernement Eduardo Ramirez Aguilar, se vente du fait qu’ils ont déjà récupéré la cassette de péage comme si c’était leur propriété ou leur territoire. Leur véritable intérêt est de nous expulser de nos terres, ils n’ont pas honte, ces corrompus traîtres à la patrie, mais malgré leur mauvaise politique notre lutte ne s’achève pas, parce que nous n’allons pas permettre qu’ils continuent de nous dépouiller de nos terres comme ils le souhaitent. Nous allons continuer nos actions en défense de notre terre mère.

Nous portons à votre connaissance que nos compagnons et compagnonnes mentionné-es ci-dessous sont actuellement portés disparus et nous rendons responsables de leur intégrité physique et psychologique le mauvais gouvernement, le Commissaire Alejandro Moreno Gomez et le conseiller de surveillance Samuel Díaz Guzman.

Les compagnons et compagnonnes portés disparus sont :
1. Mariano Pérez Álvaro
2. Miguel Jiménez silvano
3. Juan Deara Perez
4. Antonio Gómez Estrada
5. Manuel Gómez Deara
6. Juan Gomez Estrada
7. Pascual Gómez Álvaro
8 Martín Álvaro Estrada

Nous vous tiendrons au courant de la suite, pour l’instant c’est tout compagnons et compagnonnes, nous vous prions de rester attentifs et de diffuser cette information autour de vous.

Des salutations combatives

Terrain communale de San Sebastian Bachajon

Nous venons d’être informés que les 8 compagnons ont été retrouvés saines et sauves.

source

 

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Plus d’infos sur Bachajon

CHIAPAS: Action urgente pour le terrain communal de Bachajón

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 décembre 2014 by liberonsles

bachajon21 Le terrain communal de San Sebastian Bachajon, adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone, Chiapas, Mexico
le 22 décembre 2014.

Action urgente

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul  » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Les compagnons de Bachajon font un appel à la solidarité. Vous pouvez dès maintenant envoyer les exigences suivantes :

Texte (écrit par les compagnons) à envoyer si vous le souhaitez aux mauvaises autorités :

secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx
uejasoacnudhmexico@ohchr.org
oacnudh@ohchr.org
cidhoea@oas.org

texte en espagnol à envoyer

Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos se garantice la vida e integridad personal de las mujeres, hombres y niños que resguardan las tierras recuperadas el 21 de diciembre de 2014. Asi como privilegiar el diálogo y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras que estan luchando y defendiendo los derechos que les corresponden. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

(signature, organisation,collectif, individu)

Traduction du texte :
Depuis (mettre le lieu d’envoi, par exemple la France)
Nous exigeons que la vie et l’intégrité personnelle des femmes, des hommes et des enfants qui à présent gardent les terres qui ont été récupérées le 21 décembre 2014. Nous exigeons que le dialogue soit privilégié afin d’éviter tout acte de répression contre nos compagnons et compagnonnes en lutte pour la défense des droits qui leur reviennent. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Appel envoyé par plusieurs sources (médias libres), dont voici quelques-unes :

Komanilel
Pozol Colectivo
Enlace zapatista, communiqué de Bachajon

♦Plus d’infos sur Bachajon + vidéos – Antécédents

MEXIQUE : Communiqué commun pour la liberté et contre l’oubli.

Posted in Communiqués, Uncategorized on 20 décembre 2014 by liberonsles

Luis Fernando Sotelo Libre-Rebelion-Design

Depuis le Mexique, 20 décembre 2014

Aux compagnons qui luttent en bas et à gauche
Au Congrès National Indigène
Aux compagnons de la Sexta
Au Réseau contre la Répression
Aux médias libres

Choisir par où regarder est aussi choisir depuis où on regarde. Ou est-ce la même chose de regarder d’en haut ou d’en bas la douleur de ceux qui perdent ceux et celles qu’ils aiment et dont ils ont besoin, à cause de la mort absurde, inexplicable, définitive?

Aujourd’hui, nous avons une énorme rage. D’un bout à l’autre de notre pays, la persécution, la disparition, l’emprisonnement et la mort sont « des lois » imposées depuis là-haut. Le narco – gouvernement pille les peuples de ses territoires, aiguise l’exploitation du travail, réprime tous ceux qui s’organisent ;tous ceux qui croient qu’un autre monde est possible. Les migrant-es, les travailleurs et travailleuses sexuelles, les sans toit, les différents, les rebelles. Nous sommes ceux et celles qui gênons les puissants. Nous les autres, nous sommes tous ceux et toutes celles qui nous refusons à homogénéiser notre identité, c’est-à-dire qui nous refusons à renoncer à notre différence.

Ils ont fait disparaître les compagnons normaliens d’Ayotzinapa, ils les ont assassiné pour le fait d’être pauvres, paysans, indigènes, étudiants et pour mener une lutte pour changer les conditions de vie de leurs villages. Ce ne sont pas 43 qui ont disparu, ce sont des milliers, et les assassinés par l’État – capital dans sa guerre d’extermination contre le peuple, contre les peuples qui ont résisté pendant plus de 500 ans, sont aussi des milliers. Le Narco-état-capital utilise les médias et son appareil juridique – carcéral pour nous attaquer, mais quand cela n’est pas suffisant, alors il tord la loi et utilise des gardes blanches et des paramilitaires. En semant la terreur et la mort, en essayant d’éliminer tous ceux ou celles qui gênent.

Nous n’oublions pas Acteal, Atenco, Aguas Blancas, l’année 68, l’année 71. Nous n’oublions pas Kuy Kendall, Alexis Benhumea, Carlos Sinhue, Pavel González, les mortes de Juárez, le compa Galeano. Nous n’oublions pas tous ceux à qui l’État a enlevé leur liberté par la force : Mario Luna, Álvaro Sebastián Ramirez, les compagnons et compagnonnes de Xochicuautla, les nahuas, les compagnon-ne-s d’Oaxaca, de Puebla, de l’État du Mexico et tant autres, tout ça nous fait mal et nous remplit de rage.

Ici, dans la ville de Mexico, le 5 novembre dernier, la police de la ville est entrée dans la Cité Universitaire avec un fort dispositif policier, incluant le survol par un hélicoptère et des policiers habillés en civil à bord de camionnettes sans plaques d’immatriculation, en violant ainsi l’autonomie universitaire, en attaquant la communauté étudiante avec des balles en caoutchouc, des pierres et des bâtons. Tout cela après le blocage de l’avenue « Insurgentes », où un bus a été incendié et où des affrontements ont eu lieu par un groupe de manifestants durant la troisième journée de lutte pour Ayotzinapa.

Dans ce contexte, des arrestations ont eu lieu contre nos compagnons Luis Fernando Sotelo Zambrano et Sergio Pérez Landeros (actuellement libéré), qui se trouvaient dans les environs du Campus. Après avoir été arrêté et frappé, notre compagnon Luis Fernando a été présenté en qualité de détenu à l’agence 22 du commissariat ayant pour siège Coyoacán. Par la suite il a été transféré à la prison Sud, tout cela en moins de 24 heures. Les délits qui lui ont été reprochés sont : Attaques aux voies de communication, port d’explosifs, dommage dolosif et attaques à la paix en bande. Luis Fernando est étudiant lycée numéro 6 à Mexico, membre de la coopérative ik o’tik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, activiste, fils, frère et compagnon.

Depuis cet espace, nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle de tous les prisonnier-e-s politiques du pays et du monde. Notre lutte ne demande pas la résolution d’une liste de revendications, mais elle est pour la vie.

Prisonnier-e-s Politiques Liberté !
Présentation des personnes disparues !
Un coup porté contre l’un ou l’une d’entre nous est un coup porté contre tous et toutes !
La solidarité est une arme contre le pouvoir !
Ni pardon, ni oubli, châtiment aux assassins !

signataires

La sexta para niños , Colectivo Zapatista Neza, Estudiantes independientes de la ENAH, Comité de lucha de la UAM-X, La Sexta Nius, Nodo-caracol virtual de cambalache sobre La Sexta y otros chunches abajo y a la izquierda, Lengualerta, Mario Gonzales, La Zaharacha, Colectivo Ollin Meztli, Cooperativa Ik, otik, Estudiantes independientes Prepa 6 (UNAM), F.A.R.México D.F, F.A.R. Estados Unidos Seattle, Estudiantes independientes FFYL (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Psicología (UNAM), Estudiantes Independientes FES Acatlán (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Derecho (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Medicina (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Economía (UNAM), Brigada Callejera de Apoyo a la Mujer, « Elisa Martínez », A. C., Colectivo Azcapotzalco Sexta Por la Libre, Radio Tlayuda, Regeneración Radio, Colectivo Silosive, Colectivo de expresas y ex presos del 1° de diciembre 1Dmx, Radio Pozol, Cruz Negra Anarquista de México, Radio votan zapata, Chiapas, México, Subversiones, Barrios y colonias en defensa de Azcapotzalco, Asamblea de Programas de Regeneración Radio : Táctica Libre, Nosotros los de Abajo, Zión y sus Cronopios, Subversión Sonora, Puño y Garra Abolicionista, Al Litteram, La República Engendro, Al carajo con el Amor, Runa Llena, La Voz Roja, El Camino del Guerrero Anáhuac, Desde la Niebla, Dezerebra2, Estéreo Vinil, Subterráneo, El Gran Kilombo Antifascista.

Envoyé par mail par le Réseau contre la répression et pour la solidarité 

Autres sources

 Traduit par les trois passants/correction Myriam

♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
Nos PrisonnierEs Libérons-les touTEs !

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 20 décembre 2014 by liberonsles

invebar Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola a été incendié, Fernando Barcenas Castillo a été arrêté et se trouvait en prison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution. Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

Lettre de Fernando Bárcenas, 15 décembre 2014 :

Aux esprits libres et rebelles
Aux opprimés et marginaux
Au peuple en général

Aujourd’hui, cela fait officiellement un an qu’a démarré ma réclusion. Le 10 décembre 2014, j’ai été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé d’attaques à la paix publique et d’association délictueuse. Ces accusations sont fondées sur de simples suppositions et sans preuves réelles qui montrent ma culpabilité. Pour ce qui est du délit d’association délictueuse, le seul fait que signale l’accusation est le port d’objets avec des inscriptions de protestation et de revendication anarchiste, ce qui laisse voir clairement qu’il s’agit d’une criminalisation idéologique à tendance diffamatoire et discréditant les idées anarchistes et libertaires.

Historiquement, à toutes les époques, une série d’idées, de pensées, d’informations en général ont été occultées pour que les individus n’aient pas à y réfléchir. Cependant, il y a toujours des personnes, des individus qui refusent d’être aligné-e-s, non-conformes avec ce qu’il est permis de faire, d’être et de penser. Nous avons choisi de risquer nos vies dans la recherche d’une liberté authentique.

Et quand nous avons fait face aux mal-être social, produit de la hiérarchie, nous avons été appelés auteurs du désordre et ils nous ont envoyé peupler les prisons.

Or, dans la prison, la rébellion ne s’achève pas, car c’est dans la prison que le rebelle s’assume complètement et tout doute ou contradiction qu’il pourrait y avoir dans ses pensées se dissipe, il finit par être encouragé et par devenir plus fort idéologiquement. En rentrant dans la prison un cycle de lutte finit et un autre, nouveau, commence, mais cette fois ci plus radical, plus cohérent et plus complet.

À bas les murs des prisons et que la liberté continue son cours inexorable, jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

Fernando Bárcenas

 source

Communiqué commun en solidarité avec Fernando Bárcenas Castillo

Au compagnon Fernando Bárcenas Castillo,
À ses amis et à sa famille
À la Croix Noire Anarchiste du Mexique
À ceux et celles qui sentiront ces mots comme les leurs

Compagnons et compagnonnes

Il y a quelques jours, grâce aux nouvelles que vous diffusez vous-mêmes -loin des miettes que la presse vendue diffuse de plus en plus – nous avons appris avec beaucoup de rage, que le compagnon anarchiste Fernando Bárcenas Castillo, a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour le délit d’attaques « à leur paix » publique, à la paix que le pouvoir confond avec servilité, soumission, silence, dissimulation, mensonge et réclusion…. cela c’est leur paix, mais ce n’est pas la nôtre. Ils sont tellement préoccupés de la maintenir (leur paix) qu’il y a quelque jours, nous avons appris la mise en oeuvre de la loi anti-manifestations. Avec cette loi, ils sont en train de dire que rien, ni même les rues n’appartiennent au peuple, et en fait le message est clair : « légalement », ils disent au peuple de se taire et de cesser de protester.

Aujourd’hui, en reconsidérant les cas des compagnon-ne-s anarchistes arrêté-e-s au Mexique, nous nous sommes rendus compte que tous et toutes ont été condamné-e-s pour attaques à « leur » paix publique… Au jour d’aujourd’hui, aucune des autorités ne peut donner de leçons de paix, à présent, ce sont eux – aux yeux de nous tous et toutes – les assassins ; l’État mexicain s’est détruit de l’intérieur, ils se sont entre-dévorés en essayant de récupérer les miettes par le biais de leurs mensonges et de leurs fables inventées, et pourtant, toutes leurs tentatives sont vaines, combien de fois lors des dernières semaines, dans les mobilisations pour Ayotzinapa, nous avons entendu dans les rues, dans les écoles, les couloirs, dans les manifestations, ces paroles  : Nous ne vous croyons plus !Vous n’êtes ni ne serez jamais des nôtres, qui sommes et vivons ici en bas !

Les lettres du compagnon Barcenas, ses mots, rendent compte d’une réalité partagée par beaucoup des jeunes, où que nous soyons, d’où que nous venions et où que nous résistions, nous sommes les mêmes, ceux de toujours, ceux d’en bas, ceux qui reçoivent les coups, les menaces, la réclusion, la mort, et selon les propres mots de Bárcenas que nous répétons aujourd’hui : « Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et toutes les sortes de forces répressives « qui construisent leur démocratie ». Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir. Nous sommes les blessés lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le bitum, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène ».

Oui, Fernando, c’est vrai tout ce que tu dis, mais nous à la différence d’eux, nous sommes là, nous regardons vers le bas, et nous trouvons un compagnon de plus accusé par leurs lois qui sont devenues une farce, une méthode et une pratique quotidienne pour emprisonner la rébellion et la dignité.

Nous, à la différence d’eux, nous nous solidarisons sans aucun intérêt, sans rien attendre en échange, nous te disons compagnon Fernando, que nous sommes là, et que depuis ce jour nous avons commencé à diffuser l’information de cette étape où l’enfermement de la rébellion au Mexique et dans le monde sont des consignes gouvernementales.

Nous te voyons et nous nous reflétons en toi, et aujourd’hui, nous te disons que tu n’es pas seul, courage et force, compagnon !

Nous envoyons une salutation non seulement au compagnon Bárcenas, mais également à Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, aux prisonniers du 15 de novembre et aux inculpés du 20 novembre.

Vous n’êtes pas seul-e-s nous sommes là !
Prisonnier-e-s dans la rue !!!

En solidarité:
Les trois passants, Paris, France – Caracol Solidario Besançon, France – Comité de Solidaridad con Mario González, Ville de Mexico – Ass. Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelone –  Mut Vitz 13, Marseille, France – Confederación General del Trabajo , État espagnol – ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista) – Centro de Documentación sobre  Zapatismo,CEDOZ, État espagnol – Associazione Ya Basta! Milano, Italie – La Pirata: Nodo Solidale, Italie et Mexique, Colectivo Zapatista de Lugano, Suisse, Nomads, Italie et Berlin, adhérents individuels – l’Adhesiva, Barcenole – Terre et Liberté pour Arauco, Paris, France- CSPCL, Paris, France- UK Zapatista Solidarity Network: Dorset Chiapas Solidarity Group, Edinburgh Chiapas Solidarity Group, Essex Zapatista Solidarity Group, Kiptik Bristol, London Mexico Solidarity Group, Manchester Zapatista Collective, UK Zapatista Translation Collective, Alternative libertaire, France.

 Traduit par les trois passants et Caracol Solidario /correction Myriam

Articles associés:
♦Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo
♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

L’État Mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives.

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 12 décembre 2014 by liberonsles

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Le jeune anarchiste Fernando Bárcenas a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

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Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola a été incendié, Fernando a été arrêté et se trouvait en prison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.

Selon la CNA -Mexique, cette condamnation arrive au moment au l’État mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives ; cette condamnation représente un message pour ralentir les mobilisations récentes qui reflètent le mécontentement social. Elle appelle à continuer la lutte pour ne pas oublier les compagnon-ne-s anarchistes qui se trouvent en taule suite à des actions, mobilisations et manifestations, tous et toutes se trouvent derrière les barreaux pour le délit d’attaque à la paix publique, associé ou cumulé avec d’autres délits.

Tous les compagnons et compagnonnes anarchistes ont été déjà condamnés (sauf Mario Gonzalez qui a obtenu sa liberté le 31 octobre dernier) ; il faut mentionner le cas complètement arbitraire d‘Abraham Cortez Avila condamné dernièrement à une lourde peine de 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide.

Le 31 octobre 2014, la sentence concernant le procès fédéral qu’affrontent Carlos López, Fallon Roullier et Amelie Trudeu, accusé-e-s d’atteinte à la propriété en la modalité d’un incendie, a été prononcée. Cette sentence est de 7 ans et 6 mois de prison ferme. Ensuite, le 6 novembre dernier, la sentence concernant les accusations d’attaques à la paix publique et dégât aggravé en bande qu’affrontent parallèlement Amelie, Fallon et Carlos a été prononcée. Cette sentence est de 2 ans, 7 mois et 15 jours de prison ferme, et une amende pour réparation de 108 000 pesos.

Plusieurs activités sont en cours de préparation pour réussir à libérer nos compagnon-ne-s, suite à la nouvelle concernant la condamnation de Fernando, une soirée de solidarité aura lieu à la ville de Mexico ; cependant la solidarité doit se répandre et se durcir car les accusations dont nos compagnon-ne-s font face ne sont pas simples. Il faudra se mobiliser fortement pour les soutenir.

Abajo los muros de las prisiones !

Les trois passants

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Articles associés:
♦Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo
♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
♦Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.
Sources:
CNA-Mexico

Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 12 décembre 2014 by liberonsles

ferbarcenas Fernando a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir mis le feu à un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola, dans la ville de Mexico. Avec rage, nous venons d’apprendre que ce compagnon a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

Suite à la première mobilisation contre la hausse de 67% du tarif du métro, Fernando a été arrêté et accusé d’attaques à la paix publique et association délictueuse, la possibilité de payer une caution et de suivre son procès dehors lui a été refusé. Il se trouvait dans la prison Nord de la ville, et jusque là, il était dans la zone pénitentiaire réservée à tous les prisonniers attendant un procès. Maintenant le compagnon Fernando devra s’adapter à la zone de « population carcérale », qui est encore plus difficile.

Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille.

Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico au mois de juin 2014 :

Aux individus libres et conscients, à tous ceux qui malgré toutes les adversités continuent à résister depuis les tranchées de bataille, depuis les tranchées clandestines, depuis les prisons préventives et fédérales.

Nous sommes nés de la haine, nous avons grandi dans la solitude et l’exil. Dans la précarité d’une piaule oubliée et sale, nous avons appris à haïr tous ceux qui nous gouvernent, les fausses démocraties, l’autorité en général.

Qui sommes-nous réellement ?

Pour quoi ils ne peuvent pas nous acheter avec l’argent ?

Pourquoi nous nous donnons à fond et mourons sur le champ de bataille ?

Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obédience.

 Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et tout type de forces répressives « qui construisent leur démocratie »

Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir.

Nous sommes les blessées lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène.

À présent, nous savons que nous mourrons en avance, virilement assassinés, virilement soumis , massacrés sans pitié pour le simple fait de ne pas être d’accord avec des lois qui nous volent la vie, la liberté et la dignité.

Nous sommes les détenus, nous sommes ces prisonniers de guerre que l’état a capturé, et qui traînent depuis un bout de temps par les cours et les tribunaux.

 Nous cassons leurs banques, nous affrontons la police, nous détruisons leur paix publique qui se construit jour et nuit par le lavage de cerveau des citoyens afin qu’ils obéissent et se taisent.

Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison.

Nous continuons de taguer les murs de la prison avec des slogans qui dès aujourd’hui et plus tard seront le souvenir vivant de ces jeunes rebelles qui paralysent la ville, de ces jeunes conscients qui vengent leurs camarades tombés sur les barricades…

Ce ne sont pas les mots écrits ici qui sont crus, mais leur réalité…

Frappez-nous alors, arrêtez-nous, tirez sur nous des balles en caoutchouc ou de vraies balles, mobilisez les appareils étatiques et tous les journalistes vendus ; ceux qui sont des fidèles charlatans et qui répètent comme des perroquets tout ce qu’on leur a ordonné. Cachez les images de la violence policière, occultez avec des mensonges et des matchs de football les scandales économiques et politiques qui approuvent vos réformes structurelles – néolibérales.

Tuez-nous, comme vous assassinez et exterminez les peuples. Et voilà, nous n’avons rien à perdre, nous n’avons rien à attendre et nous sommes conscients de notre réalité ; nous ne nous laissons pas tromper en pensant qu’ils auront pitié de notre vie.

Nous mourrons jeunes, mais toujours debout, toujours rebelles, toujours indépendants et conscients de mener une lutte sans fin.

Depuis le Reclusorio Preventivo Varonil Norte
Ni les balles, ni les prisons ne pourront nous arrêter !
Fernando Barcenas Castillo

 

Traduit par Les trois passants
Correction Myriam

Sources:
CNA- Mexico
Regeneracion Radio
Contrainfocruznegra
Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 11 décembre 2014 by liberonsles

aeropay20mx
Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.

Aux dépossédés, Aux exploités, Aux opprimés

5 décembre 2014

Face au lynchage médiatique et à la campagne de diffamation contre les mouvements émergents qui luttent pour un changement des fondements sur lesquels la société est érigée, nous vous exhortons à percevoir le but ultime de cette stratégie de l’État mise en oeuvre à travers les mass-médias assujettis aux intérêts de la classe dominante.

Il s’agit d’une tactique qui entraîne plus de préjudices que la simple diffamation des méthodes de lutte employées par les compagnons organisés, son objectif n’est pas simplement de déformer la lutte, elle cherche à justifier et à légitimer la répression inhérente à l’État, envers le mécontentement général des travailleurs, nos frères de classe.

De telles tactiques menées par l’État ont aussi pour objectif de renforcer le préjugé absurde selon lequel nous ne nous assumons pas comme sujets historiquement capables de changer notre réalité objective. Le résultat obtenu est la méfiance collective générée par la paranoïa et la peur suscitées par le discours ridicule – mais néanmoins dangereux – qui présente les encagoulés à l’opinion publique comme étant synonymes d’infiltrés, étrangers aux intérêts du prolétariat, dans le but de démobiliser et de limiter la portée des revendications qui surgissent du peuple qui fait monter le ton de la protestation sociale en l’éloignant chaque fois plus du cadre de la légalité bourgeoise, celle-ci étant violée par la sphère dominante elle-même, systématiquement, jour après jour.

En revanche, la majeure partie de la classe ouvrière, dans laquelle les étudiants se trouvent immergés, choisit de développer et de légitimer par la parole et les actes, le fait que les modes d’actions révolutionnaires sont légitimes et nécessaires compte tenu de la crise actuelle, en ne se limitant pas aux moyens constitutionnels comme la création de partis politiques [qui détournent des vrais objectifs et des tâches immédiates de notre classe]. Au contraire, on laisse de côté la parole faussée des opportunistes, des « révolutionnaires » hypocrites de bureau, qui sous couvert du pacifisme, de la légalité, de leurs analyses pourries où « les conditions ne sont jamais réunies », tentent de pénétrer le mouvement par le réformisme, pour renforcer l’État, redonner du souffle au modèle actuel et, essayer, de cette façon, de désarticuler le processus révolutionnaire.

La violence structurelle et systématique que l’État exerce en faisant partie de la bourgeoisie organisée, qui condamne les travailleurs à l’insatisfaction de leurs besoins matériels essentiels [condamnation exercée à partir de la propriété privée]; perpétue son existence même, ainsi que l’exploitation d’une classe sur l’autre ; en empêchant une transformation radicale des relations sociales de production.

Au fur et à mesure, les instruments de répression et de pression se perfectionnent contre l’ensemble du prolétariat. Ainsi l’appareil juridique s’abat sur nous pour nous soumettre au système carcérale, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec la récurrente « liberté conditionnelle » qui nous soumet au harcèlement et à l’espionnage au plus près avec les procédures juridiques ouvertes. Cela se traduit aussi par les stratégies de soit disant réhabilitation qui cherchent à nous forcer à accepter le profil du citoyen par excellence, soumis et peureux ; ou au contraire à casser nos idées par des mesures de tortures, d’isolements, etc..

C’est dans ce contexte que nous devons étendre la solidarité au sein de notre classe, une solidarité vivante, en cessant de reproduire les discours qui émanent de la bourgeoisie et au contraire en analysant les formes et les méthodes par lesquelles ils essaient de nous diviser à tout prix et de nous polariser plus que ce que nous sommes déjà. Nous pourrions alors nous poser les questions : le discours qui généralise et qualifie de voyous, d’infiltrés, les personnes qui optent pour d’autres méthodes de protestation : à qui bénéfice t-il ? Qui est-ce que cela dérange que des dizaines d’hommes et femmes élèvent le ton de la protestation et attaquent la propriété privée et les symboles de la marchandisation, les bâtiments qui défendent le capital, qui représentent le pouvoir et l’oppression ? Nous, les exploités, nous ne perdons rien quand tout ceci est attaqué lors d’une manifestation de rage légitime, ce sont eux qui perdent ; la police n’a pas besoin de provocateurs dans les manifestations, elle suit des ordres et si l’ordre est donné d’attaquer un cortège de gens pacifiques, elle le fera sans aucun remord, comme elle l’a toujours fait.

Nous devons nous organiser en dressant le drapeau de la vie sur la mort imposée par le système, nous devons nous tenir la main, exploités que nous sommes, en marchant libres, en marchant ensemble, en s’attaquant à toute mystification social-démocrate – qui émane nécessairement de l’État et du capital – n’importe lequel de leur discours est manigancé avec malhonnêteté, nous ne devons pas perdre de vue qui nous sommes et qui ils sont, il n’y a pas de position intermédiaire, il n’y en a jamais eu.

Fraternellement ex-prisonniers politiques aujourd’hui en procès
Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

 

Traduit par Les Trois passants et Caracol Solidario

Note dT: Les 11 personnes qui ont été arrêtées le 20 novembre dernier lors de la manifestation unitaire pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus, se rendaient à l’aéroport de la ville de Mexico pour manifester, elles ont été attaquées et matraquées par la police de la ville de Mexico qui les a ensuite arrêtées. Les 11 personnes sont actuellement sous contrôle judiciaire après avoir payé une caution pour le délit d’attaques à la paix publique. Huit d’entre elles sont suivies par le collectif d’avocats zapatistes ce qui permet de recevoir des nouvelles régulièrement. Hélas, la situation actuelle de répression et d’intimidation ne facilite pas le suivi des informations concernant tous les cas des personnes arrêtées. Il faut mentionner que le gouvernement de la ville de Mexico, avec à sa tête Miguel Angel Mancera, a engagé depuis son investiture une forte répression contre les manifestants. De ce fait, les arrestations sont sélectives, systématiques et massives pouvant comprendre de 70 à 100 personnes arrêtées d’un seul coup ; les cautions sont cumulables selon les délits attribués et très élevées.

Sources :
Comunicado de lxs detenidxs el pasado 20 de noviembre en el aeropuerto- Regeneracion Radio
Comparecen en el juzgado 10° detenidos del 20 de noviembre, Regeneracion Radio 

MEXICO – 1er décembre, un cri collectif : Peña Nieto démission !

Posted in Actions, Archives, Ville de Mexico on 5 décembre 2014 by liberonsles

1dcmxrepr Coûte que coûte, nous allons retrouver les 43 étudiants – disent les parents des étudiants disparus.

La manifestation

Hier, 1er décembre 2014, les rues des 30 états du Mexique ont été à nouveau inondées par une marée humaine qui, plus déterminée que jamais, exigeait la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, au cri de « Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa ! ». Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, des jeunes, des étudiants accompagnaient une fois de plus la rage des parents des étudiants disparus, qui encore une fois ont pris la parole au milieu de la foule pour crier haut et fort : Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa, tu n’es pas le peuple ! Tu ne nous représentes pas ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! Peña Nieto démission !

Malgré la répression, les violences policières, les arrestations des 5, 6, 15, 20 et 28 novembre et celles de ce 1er décembre ; malgré les coups de matraques et les persécutions ; malgré le discours menaçant du gouvernement, le peuple mexicain est sorti dans la rue, sans avoir peur.

Après la manifestation qui est partie du Zocalo jusqu’au carrefour de l’Ange de l’indépendance à Mexico, un piquet de protestation s’est mis en place pour annoncer la prochaine action : « La prise populaire de la Ville de Mexico, qui aura lieu le samedi prochain 6 décembre 2014».

Sur l’estrade se trouvaient huit des 43 parents des étudiants disparus, lors que les drapeaux mexicains absentes de couleur s’érigent et noir entre les manifestants, Clemente, le père de Cristian Alfonso Rodríguez a pris la parole les larmes aux yeux, et a dit : « Cela fait une semaine de plus, nous allons vous trouver demain ou après-demain, nous vous attendons de retour à la maison. Parce que vivants vous avez été pris et vivants nous vous voulons ! »

« Malheureux soient les peuples où la jeunesse ne fasse pas trembler le monde et où les étudiants restent soumis face au tyran » – a dit un étudiant d’Ayotzinapa en demandant la démission d’Enrique Peña Nieto, les manifestants répétant derrière lui en criant « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! »

L’étudiant a repris et a demandé : « dans quel pays vivons-nous ? Après avoir eu des réunions avec le procureur Murillo Karam, le secrétaire de l’intérieur Osorio Chong et le président Enrique Peña Nieto aucun résultat ne nous a été donné sur le sort des 43 étudiants. Il faut un changement profond dans les institutions liées à la délinquance organisée (…) Dans tout le pays il y a un grand nombre d’assassinats, des disparitions, des mères qui souffrent pour leurs enfants ; les parents des étudiants disparus souffrent à chaque moment : quand ils mangent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont déjà mangé, quand ils boivent de l’eau et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont de quoi boire, quand ils se reposent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants sont en train d’être torturés avec leurs visages mutilés ».- a-t-il signalé.

Aujourd’hui, 30 états mexicains qui en ont assez se sont mobilisés – disent les parents des 43 étudiants disparus, avec rage et tristesse….ils n’arrêteront que lorsqu’ils les auront retrouvés.

Et pendant ce temps, que se passe t-il- au Guerrero ?

Depuis le 26 septembre, les actions n’ont pas cessé dans l’état de Guerrero, divers secteurs de la population, des organisations étudiantes entre autres, ont occupé des lieux gouvernementaux et pris des installations appartenant à l’État, bloqué des autoroutes, organisé des piquets de protestations, événements, marches et manifestations. Depuis la fin d’octobre 2014, l’Assemblée Nationale Populaire instaurée dans l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa, école des 43 étudiants disparus, a décidé d’occuper le plus grand nombre possible de conseils municipaux (ayuntamientos) comme mesure de pression pour que le gouvernement présente les 43 étudiants disparus en vie et pour exiger justice pour ses compagnons assassinés. Comme exemple de la nouvelle étape de lutte dans laquelle se trouve le mouvement social au Guerrero, les 28, 29 et 30 novembre, à partir de la prise des conseils municipaux, s’est initiée la construction des premiers Conseils Municipaux Populaires ; ce sont 5 conseils qui ont été créés – et au fil du temps d’autres vont certainement s’ajouter. Les conseils créés sont ceux de Tlapa de Comonfort, Acapulco, San Luis Acatlán, Ayutla de los Libres et Tecoanapa, couvrant ainsi les zones de la Costa Chica, Montaña et la zone centrale. Ces conseils municipaux populaires, selon Agustín Flores Vázquez, étudiant de cette école : s’organisent « par la même autonomie du peuple », cette étape est en construction mais pour les étudiants il s’agit d’un nouveau départ, d’une nouvelle étape dans la lutte.

Le solde de la répression policière

Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre dernier où au moins 10 personnes ont été arrêtées puis relâchées sous caution. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone attend lui toujours son procès . À partir de la manifestation du 5 novembre la pression est montée d’un cran, les médias se sont mis à paniquer, à diffamer et à étiqueter certains manifestants comme « infiltrés », « encagoulés », « déstabilisateurs »…l’ambiance s’est alourdie ; le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants et militants, Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée ; le 20 novembre au moins 30 personnes ont été arrêtées, 15 ont été libérées et se trouvent sous contrôle judiciaire, 11 autres ont été arrêtées et transférées dans des prisons de haute sécurité. Ce fut grâce à la pression nationale et internationale qu’elles ont été relâchées neuf jours plus tard ; le 28 novembre Sandino Bucio Dovalí, également étudiant, a été enlevé par la police et accusé d’avoir participé aux actions « délictueuses » menés pendant la manifestation du 20 novembre, après des mobilisations Sandino a été relâché. Mais la répression et la persécution se poursuivent, plusieurs journaux nationaux ont déclenché un lynchage médiatique en publiant de façon mensongère une série de listes d’activistes anarchistes et proches du mouvement anarchiste, et en les accusant de tous les maux. Parmi les personnes mentionnées se trouvent notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez, libéré le 31 octobre, ainsi que sa compagne. Plusieurs communiqués ont été diffusées pour faire face à ce lynchage médiatique.

Pour ce qui est de personnes arrêtées ce 1er décembre, l’information reste confuse, mais au moins trois personnes ont été arrêtées, nous sommes dans l’attente de plus d’informations.

La lutte continue…..

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
Résumé et traduction de l’article Ayotzinapa: anuncian en mitin toma popular de la Ciudad de México, fait par Regeneracion Radio
Guerrero, la capital de la ruptura, Regeneracion Radio
Formal prisión a Jacquelin y Bryan,kehuelga-Radio

Communiqué commun: Halte aux harcèlements et aux diffamations au Mexique !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 3 décembre 2014 by liberonsles

fueeselestadomx 2 décembre 2014

Actuellement au Mexique et dans la ville de Mexico, divers événements préoccupants se déroulent ; à chaque instant des actions répressives se mettent en place contre la population. Ces actions ne semblent pas avoir de limites, elles sont chaque fois plus flagrantes, et l’État cherche à les rendre le plus visible possible afin que le peuple soit remplit de peur. Cette stratégie a un nom : Terrorisme d’État.

La répression prend forme quotidiennement par des disparitions, comme celles des 43 étudiants normalistes ; par des assassinats, comme ceux perpétrés contre les étudiants, comme celui de Carlos Sinhué Cuevas Mejía, parmi tant d’autres.

La répression prend la forme de détentions et de séquestrations :
– comme celles des compagnons et des compagnonnes détenues suite aux manifestations, parmi lesquels 11 personnes ont été transférées dans des prisons fédérales de haute sécurité – mais sont aujourd’hui libérées – et 14 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
– comme celles de Brayan Reyes, Jaqueline Santana, et Sandino Bucio.
– comme les incarcérations de Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas et Luis Fernando Sotelo.

La répression prend la forme de tortures, comme celles perpétrées lors de la plupart des arrestations, en particulier contre les activistes, comme dans le cas de Mario González ; la répression prend forme par les abus commis tous les jours par les « représentants » de l’autorité contre la population en général ; la répression prend forme par le harcèlement et les diffamations venant de certains médias de désinformation (tels Reforma, La Razon, El Universal, etc.), médias qui sont au service de l’État et de ses institutions policières, et qui ont mis en oeuvre une nouvelle campagne de signalements sélectifs contre les activistes sociaux qui expriment leur indignation face à l’assujettissement que nous vivons, parmi les personnes visées se trouve Mario González, libéré après 13 mois de réclusion et de torture, cette campagne s’érige contre la pensée anarchiste et ceux qui la partagent, en la détournant.

Tout cela, ce ne sont que quelques méthodes répressives perpétrées par les bourreaux contre tous ceux et celles qui se rebellent contre le despotisme générateur de la misère dans laquelle nous nous retrouvons submergés, contre ceux et celles qui dénoncent cette terreur institutionnelle qui est en train de croître.

Ces actes répressifs constituent clairement une mesure contre- insurrectionnelle qui cherche à nous pousser à la terreur et à la démobilisation au moment où toute une vague de mécontentement sociale s’est déclenchée.

C’est absurde de voir l’ensemble des institutions les plus violentes qui existent, c’est-à-dire l’État, accuser de violents et d’agressifs tous ceux et celles qui dénoncent sa violence. De la solidarité et de la lutte dépend que toute cette répression et toute cette injustice cessent.

Comité de Solidarité avec Mario González, Ville de Mexico
Les trois passants (Paris, France)
La Confederación General del Trabajo (CGT) – État espagnol
Fédération Anarchiste (France, Suisse, Belgique )
Internationale des fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Mut Vitz 13, Marseille (France)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone)
#Yosoy132 – Europe
La Fédération des CIRCs (France)
LaPirata:
– Nodo Solidale, Mexique et Italie
– Colectivo Zapatista Lugano, Suisse
– Nomads, Bologna et Berlin
Azamblea del Pueblo – Costa Rica/Centroamérica
Comité de redacción de la publicación “Lucha Indígena” (Pérou)
Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
DILE- Difusión de Ideas Libertarias en Ecatepec ( Mexique)
Periódico “Solidaridad Proletaria” (Monterrey, Mexique)
Ediciones subversión (Monterrey, Mexique)
Colectivo Zapatista Neza (Mexique)
Nicte Ha Soto (Sexta para Niñoas- Ville de Mexico)
Professeur Luis de la Peña Martínez (ENAH, Mexico)
Professeur Carolina Concepción González González (Mexique)
Professeur Emigdio Navarro Esquivel, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Fernando Quintana Mendoza, Preparatoria 2 (Mexique)
Professeur Guadalupe Susano Caballero, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Luis Darío Salas Marín, Preparatoria 6 (Mexique)
Professeur María Elena de la Torre Monterrubio, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur María Esther Navarro Lara, Facultad de Ciencias Políticas y Sociales ( Mexique)
Professeur Miguel Ángel García Álvarez, Facultad de Ciencias (Mexique)
Sandra Odeth Gerardo Pérez (ENAH, Mexique)
Gaia Capogna (Italie)
Itzel López Nájera (Mexique)

Source

Voir aussi MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.
La Guerre du Mexique d’en haut, cas d’Ayotzinapa

 

MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 1 décembre 2014 by liberonsles

librestdos Pendant la quatrième journée globale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus, la police et les CRS ont fortement réprimé plusieurs manifestations et cortèges. Le 20 novembre dernier, un cortège se rendant à l’aéroport pour manifester a été réprimé et 15 personnes avaient été arrêtées puis relâchées après avoir payé une caution, tandis qu’au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico, 11 personnes ont été arrêtées. Elles ont été envoyées deux jours plus tard vers des prisons de haute sécurité dans des états très éloignés de leur ville, où elles ont subi des mauvais traitements et des menaces. Cependant, après de fortes mobilisations et des manifestations exigeant leur libération, le juge du dix-septième district siégeant dans l’état de Veracruz a résolu le cas le 29 novembre au matin en se prononçant pour l’auto de formelle liberté à cause du manque d’éléments, et les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées. En raison des preuves insuffisantes pour les accuser de délits d’émeute, d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre, les juge a ordonné la libération immédiate des 11 détenus (1). Ainsi Roberto César Jasso del Ángel, Ramón Domínguez Patlán, Hugo Bautista Hernández, Atzin Andrade González, Juan Daniel López Ávila, Laurence Maxwell Ilabaca, Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Hillary Analí González Olguín, Liliana Garduño Ortega et Tania Damián Rojas ont retrouvé leur liberté ce 29 novembre 2014.

La répression, la persécution…

Cependant la persécution contre certains groupes de militants, d’étudiants, de jeunes n’a pas cessé. Le Comité de Solidarité pour Mario González, étudiant anarchiste de 22 ans libéré le 31 octobre dernier après avoir passé 13 mois enfermé à la tour de Tepepan, a émis un communiqué signalant les attaques et le lynchage médiatique que lui-même, sa compagne et plusieurs personnes proches ou faisant partie du mouvement anarchiste sont en train de subir ces dernières semaines.

Alors que les mobilisations se mettent en place partout au Mexique, de l’état de Guerrero jusqu’au nord du pays, alors qu’un appel à la cinquième mobilisation nationale en solidarité avec les 43 étudiants disparus se répand partout, alors que ce 1er décembre le peuple sortira de nouveau dans la rue, le gouvernement se prépare à prononcer le discours présidentiel du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir de Peña Nieto. Mais derrière les caméras et les jolis discours, la persécution, l’intimidation et le lynchage médiatique contre certains activistes tourne à plein régime.

D’autres compagnons doivent être libérés

ferzamDepuis le 5 novembre un appel a été lancé par plusieurs organisations et collectifs à se joindre à la lutte pour la liberté du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste Luis Fernando Sotelo Zambrano. Luis Fernando est âgé de 20 ans et est élève de l’École Nationale Préparatoire numéro 6 « Antonio Caso », appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique. Il est membre du Collectif Ollin Meztli et de la Coopérative ik’otik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone et proche du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Principalement impliqué dans les luttes étudiantes et le travail communautaire en accompagnement du Congrès National Indigène, il a aussi été partie prenante du mouvement contre la hausse des tarifs de métro l’an dernier, ainsi que de la lutte pour la libération de Mario González.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur » (2).

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont été même constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. Il fut transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il fut ainsi présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Celui-ci a signalé que Fernando a participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être et « en libérant une autre personne qui avait été arrêté au même moment que Fernando, la fausse déclaration du chauffeur du bus est tombée » (3).

Cependant, le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive – Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. (4)

L’appel à la mobilisation pour la libération de Fernando Sotelo se joint à celle lancée pour la libération d’autres prisonniers de la ville de Mexico, tels Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Bárcenas, Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson.

La lutte continue !

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
Médias dominants :
(1)Proceso, sobre liberacion de los 11 detenidos el 20 de noviembre
Médias Libres :
(2 et 3) Subversiones
(4) CNA- Mexico
Plus d’infos Fernando Sotelo 3e journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, prisonnier-e-s de la ville de Mexico

Mexique (cas d’Ayotzinapa) : face à la digne rage, le lynchage gouvernemental et médiatique

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 28 novembre 2014 by liberonsles

LIBRESYA

Le 20 novembre dernier, la colère, la rage et la détermination ont de nouveau fait irruption dans les rues de plusieurs villes mexicaines et étrangères. La quatrième journée globale pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus du fait de l’État mexicain résonnait un peu partout.

Les slogans s’accumulent les un après les autres donnant ainsi naissance à un positionnement politique qui rejette les abus de pouvoir, la corruption et les liens profonds de l’État mexicain avec le crime organisé et le narcotrafic.

Plus de 150 000 personnes sont sorties dans les rues pour crier encore et encore : « Rendez-les nous vivants ! », « Nous sommes tous Ayotzinapa ! », « C’est un coup de l’État ! », « Peña Nieto dégage ! ».

À Mexico la marée humaine couvrait le béton de la ville, la place centrale – « le Zocalo » – était remplie d’hommes, de femmes, d’enfants… Les familles mexicaines sont sorties parce que les enfants disparus, ce sont aussi les leurs.

Au nord du pays, dans l’État de Sonora, environ 5000 manifestants ont occupé le Congrès local ce même jeudi 20 novembre. Parmi les manifestants étaient présents l’Assemblée étudiante de l’Université de Sonora, les pères et les mères des enfants morts en 2009 lors de l’incendie de la garderie ABC provoqué par des négligences puis couvert par le gouvernement. Roberto Zavala, père de Santiago Jesús, l’un des enfants décédés lors de l’incendie de la Garderie ABC, a déclaré : «  104 ans après la Révolution Mexicaine qui est née à Sonora l’exigence de justice renaît aujourd’hui dans ces terres, dans une nouvelle Révolution. » (1)

Le Mexique s’est de nouveau réveillé, les appels à la solidarité continuent, de nouvelles manifestations et mobilisations sont en cours, et ce malgré le discours féroce « de rappel à l’ordre » du président Peña Nieto lors d’une cérémonie des forces armées. Ce dernier a pointé du doigt tous ceux qui portent atteinte aux institutions, après avoir fait remarquer que dans un État démocratique comme le Mexique « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Le président a ajouté : « Les Mexicains disent non à la violence », « La société comme le gouvernement repoussent catégoriquement n’importe quelle tentative pour la provoquer ou l’encourager ! ». Alors que la vérité éclate autour de l’implication et de la responsabilité avérée des militaires dans l’assassinat de 22 civils à Tlatlaya, État de Mexico, le président signale que « sous aucun prétexte la loyauté, la noblesse et la vocation du service des forces armées ne peuvent être mises en doute. » (2)

Mais de quelle violence parle le chef de l’État ?

Alors que plus de 180 000 personnes ont été assassinées au milieu d’une guerre, sous le feu croisé des militaires, des paramilitaires, des policiers et des narcotrafiquants.
Alors que six personnes ont été assassinées par la police municipale d’Iguala et que 43 étudiants d’Ayotzinapa ont disparu.
Alors que des fosses communes clandestines sont découvertes toutes les semaines.
Alors que chaque jour il devient de plus en plus clair que l’État est impliqué directement dans le crime organisé et le trafic de drogue.

De quelle violence parle le chef du gouvernement ?

Quand le 15 novembre la police entre en toute impunité à l’Université Autonome du Mexique et tire sur les étudiants.
Quand les autorités mènent une véritable persécution contre les jeunes, les militants, la population toute entière.
Quand ces mêmes autorités menacent les parents des 43 étudiants disparus pour les faire taire.
Quand les arrestations sont systématiques et massives depuis son investiture présidentielle en 2012.
Quand des millions de personnes survivent à peine alors que le président a mis en vente et privatisé le pays par le biais de réformes structurelles mises en place en un temps record.
Quand le président et sa femme possèdent une maison d’une valeur de 7 millions de dollars, appelée il y a peu de temps «  la maison blanche » (3) alors que le salaire minimum des Mexicains est d’environ 60 pesos (3 euros) par jour.

… Mais de quelle violence parle-t-il ? !

Aujourd’hui, les onze personnes arrêtées pendant la manifestation du 20 novembre ont été transférées dans des prisons de haute sécurité, punies pour renforcer ce mot d’ordre hypocrite du gouvernement : « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Ces personnes qui manifestaient sont aujourd’hui accusées d’émeute, d’« association de malfaiteurs », de tentative de meurtre. Toutes ont été menacées, frappés, mal-traités et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Comme lors des manifestations contre l’investiture de Peña Nieto en 2012, la presse vendue et le gouvernement recommencent à mettre en place une campagne médiatique de lynchage en qualifiant les manifestants de « radicaux », de « déstabilisateurs », d’« encagoulés », d’« infiltrés », et en ciblant plus particulièrement les groupes anarchistes. Dernièrement, dans la presse, la diabolisation et la criminalisation des anarchistes ou des personnes proches réapparaissent férocement. Un article liste même les noms des activistes ou militants anarchistes en les présentant comme les responsables de tous les maux. Nous sommes particulièrement inquiets des signalements mensongers que la presse a fait de notre compagnon Mario Gonzalez, récemment libéré, et de notre compagnonne Nuria Roxana Ramírez Solano. Nous restons attentifs à ces faits et lutterons contre cette campagne médiatique grâce à nos propres médias alternatifs, pour que l’esprit de révolte qui fleurit un peu partout au Mexique et ailleurs se développe encore. No pasaran !

Nous sommes tous Ayotzinapa !
Nous les voulons vivants de retour à la maison !
Liberté immédiate aux prisonnier-e-s !
Halte au lynchage médiatique et à la criminalisation des luttes !

Les trois passants /correction Valérie
————
Sources provenant des médias dominants :
1  2  3

Voir aussi: Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !
Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.
Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international remis aux parents des 43 étudiants disparus le 20 novembre 2014)

Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 25 novembre 2014 by liberonsles

marcha20novManifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne.

Le 5 novembre deux étudiants sont arrêtés par la police lors de manifestations sur le campus de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM) suite à une agression de la police judiciaire qui a blessé par balle un étudiant sur ce même campus. Cette incursion de la police sur le campus n’est pas anodine, car elle s’est faite à proximité de l’amphithéâtre « Che » occupé depuis plusieurs années par les étudiants et où dernièrement des activités ont eu lieu pour soutenir Ayotzinapa.

L’un des deux étudiants a été libéré, mais Luis Fernando Sotelo reste en détention préventive dans la prison Sud de la ville de Mexico, où il devra attendre son procès pour attaque à la paix publique, attaques aux voies de communication et dégradation.

Le 20 novembre dernier durant la manifestation pour Ayotzinapa à Mexico,18 personnes ont été arrêtées par la police. Certaines d’entre elles sont aujourd’hui libres ou ont pu sortir sous caution. Cependant 11 personnes -Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Tania Ivonne Damián Rojas, Juan Daniel López Ávila, Hilllary Analy González Olguin, Atzín Andrade González, Roberto César Jasso del Ángel, Laurence Maxwel (Chilien), Liliana Graduño Ortega, Issac Domínguez Ayala et Hugo Bautista Hernández- sont toujours détenues, accusées d’émeute, « association de malfaiteurs », tentative de meurtre. ToutEs les détenuEs ont été menacéEs, frappéEs, mal-traité.E.s et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Le 22 novembre ces 11 personnes (8 hommes et 3 femmes) ont été transférées vers des prisons fédérales de haute sécurité. Les 8 hommes ont été transférés  vers la prison fédérale N°5 de Perote dans l’État de Veracruz et les 3 femmes ont été transférées vers la prison fédérale N°4 de Tepic, dans l’État de Nayarit dans le Nord du Mexique.

Ces transferts vers des prisons très éloignées de la ville de Mexico ont pour but d’isoler les prisonnierEs de leurs avocats, de leurs soutiens et de leurs familles.

Nous exigeons leur liberté immédiate !

À bas les murs de toutes les prisons !

Vive Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants.

VIDÉO :  Testimonios #TuVozX11Consignados ( en espagnol )

VIDÉO Desalojo violento del zócalo #20novMX

Emboscada de policía federal contra manifestantes 20 de Noviembre en Zócalo

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Voir aussi: arrestations lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier

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