[Oaxaca] Lutte communautaire et répression politique à Eloxochitlán de Flores Magón, le cas de Miguel Betanzos ( Télécharger librement ce livre )

Posted in Archives, compas anarquistas, Oaxaca on 22 août 2016 by liberonsles

MiguelPeraltaFanzineWeb

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Traduction collective

Ce bulletin a pour but de diffuser l’un des cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, il a été réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonnier.e.s Anarchistes, qui a eu lieu du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée. Ce bulletin a été créé sans aucun but lucratif. Nous encourageons toute forme de solidarité envers nos compagnons et compagnonnes prisonnier.e.s.

Miguel Ámiguelflomngel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux. Plus d’infos

Vous pouvez reproduire totalement ou partiellement ce bulletin.

Répands et étends librement ces idées.

Solidarité et camaraderie avec nos compagnon-n-e-s prisonnier.e.s

À bas les murs des prisons !

Destruction de la société carcérale !

Bonne lecture !

 Les trois passants

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Plus d’infos:

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Voix depuis la prison :

Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca

[Ville de Mexico] Présentation du collectif de prisonnier-e-s « CIMARRON »

Posted in événements, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 10 août 2016 by liberonsles

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Texte lu lors de la rencontre Anti-carcérale du Bajío – Mexique.

Juillet 2016

Caché dans ce qui aujourd’hui est un semblant de campement (une loge), je me connecte à ce dialogue intime par lequel j’approfondis mon essence et c’est précisément ce moyen par lequel je peux dénuder mon âme et l’offrir, au moins tant que je me trouve dans cet endroit… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne peux être prisonnier de mes émotions si je veux pouvoir survivre… je reste vivant et en alerte, parce qu’il suffit d’une étincelle pour que la vie s’achève lorsque tu vis entassé, supportant une routine incessante de jours, semaines, mois, années et pour certains plus malheureux que moi : de décennies… Le conflit est inévitable. Il est évident que nous tous reclus ici, nous sommes une bombe à retardement… Tu ne peux jamais savoir quand explosera une de ces bombes et d’une certaine façon cette sensation d’agressivité ne me déplaît pas ; ce qui me déplaît c’est la résignation de la grande majorité ; parce que cela signifie renoncer à attaquer les puissants et si nous renonçons à les attaquer alors nous nous attaquerons entre nous…

C’est ce qui me bouleverse parce que dans certaines situations nous devons aussi maltraiter des enfants du peuple…je suis conscient que chaque fois que je sors de cette cellule, c’est l’instinct sauvage qui me guide pour me conduire comme n’importe quel bête sauvage le ferait ; avec son intelligence, son instinct et sa force physique… C’est ainsi que peu à peu je me gagne la sympathie des autres animaux, non pas pour mon argent ni mes relations ou mes influences, mais par ma détermination à ne permettre à personne de s’approprier mon existence, et de vivre toujours en marge des rapports de pouvoir… Dans un endroit comme celui-ci, quelqu’un de marginal comme moi n’a d’autre moyen que ses bras et son cerveau soutenus par son courage et la rage de l’instinct de préservation pour faire respecter ses opinions, ses idées… La vérité c’est que j’ai toujours des envies que tout explose, que j’imagine les maton-e-s , les honnêtes citoyens et leurs institutions de représentation brûlant dans les flammes… Si j’ai appris quelque chose tout au long de ce projet d’insurrection de mes idées c’est de valoriser cette sensation qui consiste à garder le contrôle sur ma vie ; une sensation que j’expérimente très souvent lorsque je me confronte au maton, lorsque je décide de ne pas être victime du système et que je retrouve ma dignité en rendant le coup de poing dans la gueule, à l’estomac, parce que cela constitue en soi un acte de guerre qui rappelle celui des animaux en cage, du compagnon bastonné, du prisonnier réduit à moins que rien, des pauvres et de tous les marginalisés du monde qui ont posé le pied dans les entrailles de la prison, tous ces être formidables qui résistent quotidiennement aux ravages de la guerre contre l’humanité et la nature, menée par l’économie globale dans les états du monde et qui de par leur politique ont condamné à mort la planète sur laquelle nous vivons.

C’est dans ce contexte que l’individualisme d’un rebelle solitaire se transforme en organisation ; car souvent il suffit juste d’impulser une légère expression de désobéissance pour contaminer les autres êtres qui se savent eux aussi humiliés, piétinés, c’est ainsi que petit à petit des actes spontanés de résistance quotidienne se reproduisent (le refus des contrôles, les agressions contre les gardiens, les insubordinations collectives, les grèves de la faim etc.) et bien que nombre d’entre elles ont été étouffées sur le champ et que nombre de ceux qui ont participé en tant que coordination informelle des prisonniers en résistance (CIPRE) ont choisi de négocier et d’obtenir certaines commodités, on ne peut ignorer que ces faits n’existaient pratiquement plus dans les prisons au moins dans la dernière décennie, surtout depuis la prolifération de ceux qu’ici nous appelons « les mules » ou « prisonniers au service des autorités ».

Cependant, depuis ces actions qui ont agité l’intérieur de la prison pendant quelques mois, un petit groupe de personnes s’est formé, qu’ils ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón »… cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale…

Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination….

Jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

– Fernando Barcenas –

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liberanLe compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets à l’intérieur de la prison Nord de la Ville de Mexico où il est incarcéré depuis le 13 décembre 2013. Il a créé des ateliers d’écriture, de réflexion, de musique; avec d’autres prisonniers et prisonnières écrit et diffuse le journal anticarcéral Indépendant et de combat « El Canero »; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Traduction Amparo et les trois passants / correction Myriam

Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

[Mexico] Réflexions sur le journal « El Canero » : Fernando Barcenas + télécharger le journal n°4 (en ligne)

Posted in compas anarquistas, Journal indépendant de combat « El Canero », prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 30 juin 2016 by liberonsles

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Réflexions sur le journal « El Canero » par Fernando Barcenas

Prison Nord de la ville de Mexico, juin 2016

Le projet « El Canero » est né durant les heures d’ennui, de partage de discussions et réflexions dans les cellules d’isolement, dans la zone 3 du module d’entrée, en observant la routine et comprenant que nous devons toujours recommencer depuis le début ; c’est ainsi qu’a surgi la nécessité de redonner du sens.

Que signifiait réellement lutter contre la domination et l’état ?

Est-ce que croire aveuglément dans mes idées avait encore réellement un sens ?

Bien des questions se bousculaient dans ma tête et j’ai compris alors que je devais trouver une forme pour ne pas me retrouver en proie à l’angoisse et au désespoir…

J’ai d’abord commencé par écrire pour débuter un dialogue avec moi-même et ensuite, lorsque j’ai conçu la façon de matérialiser ma liberté intérieure, je l’ai alors utilisée comme lieu d’introspection depuis celui où je me trouvais avec mes bourreaux, de mes prisons subjectives, de mes attitudes autoritaires et de soumission, un lieu où je n’avais de sens qu’en me cherchant moi-même et qui a en effet fonctionné comme un outil pour reprendre confiance dans mon individualité unique et libre.

Par la suite, sont venues les questions.

Est-ce que cela avait un sens de n’écrire que pour soi ?

De quoi avait-on besoin pour briser les barrières de l’isolement.

Les réponses infinies à de tels questionnements m’ont conduit à une seule réponse : Écrire !

Si la liberté est aussi indispensable, aussi appréciée que la vie elle-même, à un point tel que nous serions capables de donner notre vie plutôt que de la soumettre à l’esclavage et aux chaînes ; alors pourquoi ne pas se battre pour l’étendre et faire en sorte que d’autres puissent expérimenter ici et maintenant la sensation de liberté et de plénitude qu’elle nous procure et qui parcourt notre corps chaque fois que nous nous échappons du périmètre légal, de la norme sociale ?

Nous sommes acteurs de la révolte et pour chacun des actes décidés, nous nous assumons comme des êtres capables de nous autodéterminer, de nous réapproprier nos vies et d’avancer de façon cohérente vers l’expérimentation et la création de nouvelles formes de rapports sans pour autant nous transformer en institutions sociales. C’est pour cela qu’à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons physiques nous devons réfléchir et nous interroger : sommes-nous satisfaits de vivre soumis à de telles conditions ? Avons-nous envie de détruire la réalité ou voulons-nous seulement la transformer ? Mais surtout nous devons savoir si ce choix, c’est bien nous qui le faisons, si c’est bien le nôtre.

FERNANDO BARCENAS
Prison Nord de la ville de Mexico

Le journal El Canero, c’est quoi ?

+ d’infos / Le Canero n° 4 – Pour télécharger le journal, cliquez ici

+ D’infos sur Fernando Barcenas

Lettre lue et envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Toulouse par les trois passants avec le soutien de la Chapelle, de l’atelier Fandango Mano y Vuelta et de copines et copains solidaires.

Traduit par Amparo et les trois passants / correction Val

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnier-e-s qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

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[Mexico] Voix depuis la prison : Extraits du journal anti-carcéral « El Canero n°4 »

Posted in Uncategorized on 30 juin 2016 by liberonsles

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Extrait de l’article « La prison: centre d’intoxication » rédigé par l’équipe médicale solidaire de la CIPRE – Coordination Informelle des Prisonnier.e.s en Résistance, Ville de Mexico, Canero N° 4

C’est en prison que les délinquants se créent, et cela va des prisonniers aliénés au directeur, aux matons et aux autorités.

Les statistiques officielles récentes signalent l’existence de 420 prisons au Mexique où cohabitent 242 000 prisonniers dans un espace prévu pour en accueillir 190 000. Dans ces conditions, les prisons sont des lieux propices à la contagion criminologique. Plus de la moitié de la population carcérale est constituée d’individus qui purgent des peines inférieures à 3 ans pour délits non graves ni violents, mais ils ont bien « mérité la réponse plus « contondante » et ferme de la part de l’État Mexicain, la prison ».

Au Mexique, le code pénal se sert de la prison de façon intensive et irrationnelle. Unique endroit au monde où 95% des infractions prévoient la prison comme forme de sanction. Dans les faits, la présomption d’innocence n’existe pas ni d’autres sanctions alternatives à l’incarcération…

Selon les statistiques de 2013, 220 des 420 prisons se trouvent en situation de surpopulation. Les prisons les plus surpeuplées se trouvent dans l’État de Nayarit avec un taux de surpopulation de 188%, la Ville de Mexico avec 184% et celle de Jalisco avec 176%.

Dans la Ville de Mexico les prisons dépassent les taux de surpopulation pour plus de 200% :

-Prison Oriente avec 274.17%
-Prison Norte avec 250.85%
-Prison Sur avec 217.85%

Cependant dans la prison de Tepeaca dans l’État de Puebla, la surpopulation atteint le taux de 400% dans un espace pour 46 266 prisonniers.

58,8% des prisonniers ont des condamnations inférieures à 3 ans. En janvier 2013, on comptait un total de 101 224 prisonniers sans condamnation, en attente d’un procès, dans la majorité des cas en raison du manque de ressources économiques pour couvrir les frais nécessaires pour avoir une défense adequate. Autrement dit, la capacité répressive de l’État se déchaîne envers les couches les plus défavorisées…

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carcel5Les couloirs de la ville défectueuse

Par Tonatiuh
Depuis la prison Nord de Mexico
« Reclu Norte » (Canero n°4)

Les couloirs de la ville défectueuse; l’un des couloirs parmi les plus dangereux et effrayants que tu puisses imaginer.

Tu peux tomber sur toutes sortes de surprises; observer l’entrée et la sortie d’objets pointus et tranchants arrachant la vie des corps humains ; rencontrer des gens qui doivent survivre dans la jungle de murs ; voir des « Chineandolos » : étranglements, serrant le cou par derrière, obstruant le passage d’oxygène au cerveau, perdant connaissance, pour enfin tomber par terre à cause des convulsions et devenir ainsi une proie facile à voler par les prédateurs; se battre à cause d’un simple frottement ou d’un coup de pouce reçu au milieu de la surpopulation carcérale, et tout ça, sans compter tous ceux qui ont perdu la vie en raison d’un vol insignifiant, des tennis, par exemple, ou de trucs du « Barco » : des aliments ou des choses sans aucune valeur que les visites apportent aux détenus.

Il y a des tas de façons de survivre dans « el kilometro » la taule : en vendant « rancho » de la bouffe, des médicaments, des produits comestibles, des vêtements, des chaussures, du pain, des livres, des clés USB, des enceintes, des appareils électriques, des matelas, des couvertures, même du viagra…

On dirait un couloir du quartier d’Indios Verdes ou Pantitlan ; une cour de n’importe quelle station de bus, de n’importe quelle cité à Tlatelolco, ou à l’institut polytechnique national IPN, ou bien l’architecture de n’importe quelle école.

Ce sont les couloirs de cette ville défectueuse et quand on transite par la taule « el kilometro » on doit faire face à toutes ces adversités, en faisant semblant, en prenant l’image de chacal « gandalla » pour pouvoir se défendre de toute sorte d’adversité.

Mais nous sommes prudents pour ne pas tomber dans le jeu des autres, pour ne pas devenir une proie de la corruption des matons, pour ne pas arriver à la punition, perdre ses dents, se faire poignarder ou perdre la vie; pour pouvoir sortir de cette petite ville où t’apprends à voler à grande échelle, à extorquer, à séquestrer, à mentir…

Ce sont les prisons de la ville de Mexico; l’image et le reflet des villes urbaines.

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Depuis L’enfer…CARCELMX

Par Ivan Rodriguez Tamayo
Depuis la Prison Nord
« Reclu Norte » (Canero n°4)

Imaginez seulement la scène, une chambre de 4m x 4m, occupée par 12 individus qui avec toute la force de leurs coeurs et le peu qui reste de l’âme, se limitent à se regarder les uns les autres avec respect mais toujours en se méfiant ; peu importe combien de temps ça fait qu’ils se connaissent ils ne pourront jamais savoir véritablement ce que pense l’un de l’autre, énigmes dans les ténèbres qui rôdent dans les couloirs obscurs ; mensonge, amertume, jalousie, anxiété, peur, rancune, tristesse, insécurité, faim, froid, honte, solitude, adrénaline, colère, luxure, désespoir, orgueil, inégalité, abus, maltraitance, fatigue et surtout, douleur, beaucoup de douleur, de vide, ce sont quelques sentiments qui régnaient et gouvernaient cet endroit…

Ma maison depuis le 5 septembre 2009, je me souviens de la façon dont je suis arrivé ici, en réalité, j’avais mis du temps à arriver, mais quand ce fut mon tour, simplement je n’ai rien pu faire pour l’empêcher en touchant ainsi les portes de cet enfer…

Mes actions, mensonges, toxicomanie, jalousie, manque de confiance, peur, m’ont amené ici, dans un clin d’oeil j’ai atterri là, dans un monde nouveau avec ses propres règles, protocoles, systèmes d’organisation, totalement méconnus pour moi, un tunnel obscur où tes propres peurs et démons créent leurs propres histoires, l’imagination et le mythe urbain construisent maintenant ton chemin…

Les murmures depuis l’obscurité t’appellent, te guident ou simplement te parlent, règles qui cassent, accords qui finissent en trahison, un cercle vicieux de magouilles de tricheries que simplement commencent à nouveau, doutes, questions : Qu’arrivera-t-il demain ? Qu’est ce qui va suivre ?…

A la fin de tout, il s’agit d’un chemin sans retour qui recommence et t’enferme dans un endroit éternel, un abîme qui te regarde et toi, tu te demandes comme d’habitude, la même chose, pourquoi je suis là ? Quand est-ce que je partirai ?…

Et quand la nuit tombe, le père chronos continue d’avancer.

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Voix depuis la prison Nord de la Ville de Mexico (Canero n°4) + D’INFO

Traductions: Amparo, Les trois passants / corrections: Val, Valérie et Myriam

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[Oaxaca] Qu’est-ce que c’est le temps, en prison : Miguel Betanzos

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 30 juin 2016 by liberonsles

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux.

tempsbet

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos
Depuis la Cellule 2 couloir C
Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Qu’est-ce que c’est le temps, quand, en prison, on en a trop ?
On danse avec l’ombre, on joue avec nos rêves et on rit
On marche sur la voute céleste
On pleure en silence
On est parfois morts en vie
On chante et on se révèle face à leurs murs et à leurs barreaux
On se nourrit des déchets que jette la société ; on les recycle
On aiguise nos sens.
On détruit tous les jours ce qui est en place, on dés-arme la réalité.
On s’énerve contre nos pensées et nos camarades, (mais) pas tous les jours
On marche sur la corde fragile du châtiment, on dessine des visages avec les nuages,
On s’efforce de rendre les jours plus légers et, par nécessité,
On regarde toujours le ciel, mais aussi là où on met les pieds,
On entend des voix, on discute avec elles et on aperçoit des visages dans l’obscurité
On apprécie le vol des oiseaux, on aime la vie, on se trouve toujours dans la salle d’attente,
D’attente de Justice, d’une visite ou de liberté ? Qui sait ?
On se languit des personnes que l’on aime, on y pense,
On s’endort avec la lune et on tombe amoureux de la liberté en attendant une nouvelle aube
Lutter, endurer, résister,
Saluts fraternels à ceux et celles qui se sont solidarisés cette année.

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11 lettres anti – carcérales
Le silence dans l’obscurité chante et danse la musique de
la liberté à tous les incarcérés…
L’eau coule,  se gonfle et excite les grillons
qui se préparent à la révolte.
Les oiseaux dans leurs cages sortent de leur léthargie et
cessent de siffler pour toujours…
Le silence s’est rompu
Le bruit, la rage et la colère deviennent complices des sentiments
et prononcent lentement la sentence de l’écroulement de la pensée.

Miguel Peralta Betanzos

Traductions Marion et Amparo / correction Val

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MIGUELFANZINFanzine à télécharger en français :

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Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, 

+ D’Infos

miguelperaltaBULLETIN D’INFORMATION  (pour l’instant en espagnol / en cours de traduction) – cliquez sur l’image

Télécharger un des bulletins concernant les cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonni@s Anarchistes, du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée.

À lire également : [Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón (contexte)

Amour pour la liberté: Fernando Barcenas

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 juin 2016 by liberonsles

Ecrits de prison

Liberté Totale

Compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

– Fernando Barcenas –

fanferdernier8cliquez sur l’image pour télecharger le fanzine

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À lire également

canero-04_3Le journal El Canero, c’est quoi ?

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

 

[Toulouse] Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Expo/Concert)

Posted in Actions, événements, Chiapas, compas anarquistas, Loxichas, Oaxaca, sexta, Ville de Mexico on 22 mai 2016 by liberonsles

Eventotoulousetroispass2016defPhotos envoyées aux prisonnier-e-s accompagnées de lettres de soutien

CHAPELLEtroisdefPour télécharger le flyer cliquez ici

Nous vous invitons à une journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Expo / Projections / Concert…)

Venez nombreuses et nombreux soutenir nos compagnons en lutte qui résistent et se battent contre le système pénitentiaire, l’isolement, le mépris et l’oubli, depuis les geôles de la ville de Mexico, d’Oaxaca et du Chiapas ! Lire la suite

Toulouse : présentation du journal anti-carcéral de combat « El Canero N°4 »

Posted in Archives, événements, compas anarquistas on 13 mai 2016 by liberonsles

terranovadefFlyer

Nous vous invitons à la présentation du journal anti-carcéral, indépendant et de combat « El Canero N°4 » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.

Vendredi 20 mai 2016 à 19h
À LA LIBRAIRIE TERRA NOVA
18 rue Gambetta – 31000 Toulouse
Métro Capitole ou Esquirol

♦  La prison au Mexique, contexte général, la prison Nord et la naissance du journal anti-carcéral « El Canero » .

♦ Table de presse : Brochures, fanzines, autocollants, cartes postales …

♦ Projection de la vidéo de Fernando Barcenas : « Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero ».

♦ Diffusion des journaux N°3 et N°4 en français. Lire la suite

Cela fait 17 ans qu’Alejandro Diaz Santiz est emprisonné dans les geôles du Chiapas.

Posted in Archives, Chiapas, sexta on 12 mai 2016 by liberonsles

comatitlan

Ce 11 mai 2016, cela fera 17 ans qu’Alejandro Diaz Santiz est emprisonné dans les geôles du Chiapas.

Un an de plus qu’Alejandro passe en prison, à ce jour, il se trouve à la prison de sécurité maximale CEFERESO de Villa Comatitlán, Tapachula, Chiapas.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Les solidaires de la voix de l’Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel leur font subir, le manque de suivi médical, les réductions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme parce qu’ils sont indigènes. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus soumis aux mêmes difficultés, tous font face au système carcérale qui tue à petit feu, maladie, maltraitance, mépris, humiliation quotidienne, pour Alejandro tout cela s’est accéléré après son transfert au centre d’extermination de Comatitlan. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte encharnée avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, sous un petit toit servant de salle de réunion, des rencontres avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente.

Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré de la prison de « los llanos » vers une prison de haute sécurité.

Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons ont été déplacés puis à nouveau éparpillés.

Liberté pour Alejandro Díaz Santiz !

Les trois passants

Plus d’infos

Comunicado: Alejandro Diaz Santiz: 17 años de injusta privación de su libertad, par le groupe de soutien aux prisonniers du Chiapas « No Estamos Todxs »

[Mexique – À dix ans] Femmes du cas Atenco : Ni oubli ni pardon ! (+ chronologie)

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 4 mai 2016 by liberonsles

INFO
Contre l’oubli

refairetissuat

Nous insistons : nous ne cédons pas devant les stratégies de l’État, nous continuons la lutte, nous continuons à parier sur une « autre réparation » celle qui reconstruit le tissu social, la confiance, la solidarité, celle qui évoque la mémoire et construit la vérité pour nous celles et ceux qui sommes en bas. Femmes ayant subi la torture sexuelle durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006 à Atenco.

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À 10 ans de la torture sexuelle perpétrée par des agents fédéraux et de l’État mexicain contre 27 femmes, durant les opérations policières réalisées à Texcoco et à San Salvador Atenco, entités apparentant à l’État de Mexico, d’autres cas similaires sortent à la lumière et sont dénoncés, démontrant ainsi que la violation sexuelle est une pratique courante des forces de sécurité mexicaines. En attendant que la Commission Interaméricaine de Droits de l’homme (CIDH) analyse si l’État mexicain est responsable ou non de la torture sexuelle contre 11 des 27 femmes qui ont décidé de dénoncer la torture sexuelle subie durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006, les organisations sociales continuent de documenter de nouvelles violations. (1) Lire la suite

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Miguel Betanzos, après un an de sa détention + BULLETINS D’INFO

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 29 avril 2016 by liberonsles

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres de l’Assemblée d’Eloxochitlán, hommes et femmes, sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. Magón  est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; le journal independant de combat « Regeneración ». Lire la suite

Lettre publique*

Depuis la Cellule 2 couloir C

Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Alors ? Comment ça va ?

Bonjour à tous les compas, c’est une grande satisfaction de savoir qu’il existe dans l’univers des êtres solidaires avec les personnes enfermées, qui partagent expériences, luttes, résistances et qui nous accompagnent pas à pas pour atteindre le sentier de la liberté pleine ou qui la réinventent. A tous ceux qui se sont rassemblés pour développer ces activités, salutations et je vous embrasse fraternellement.

Presqu’un an que je suis enfermé et je suis encore debout grâce à vos encouragements, vous qui connaissez ma situation juridique et les autres à qui je n’ai pas raconté que mes audiences sont régulièrement reportées à des dates ultérieures. Jusqu’à maintenant et depuis le mois de décembre dernier c’est la quatrième fois, pour différents motifs, mais à la fin les prétextes sont toujours les mêmes : manque de pièces et les juges se renvoient la balle. Ces audiences doivent servir à initier le recours pour garanties individuelles (procédure d’amparo) ; si ce n’est pas le cas, alors nous devrons aller au procès avec présentation de preuves. Je sais que le chemin à parcourir sera très long mais je ne renoncerai pas. Il y a quelques jours j’ai appris qu’ils sont sur le point d’émettre d’autres ordres d’appréhension pour d’autres délits, vols et dommages à la propriété d’autrui, pour ceux qui sont déjà enfermés et pour d’autres compagnons de l’assemblée qui ont participé à la lutte pour notre liberté. Ainsi, nous nous rendons compte que ce n’est qu’un artifice supplémentaire de la part de l’Etat pour nous criminaliser en tant que peuples autochtones.

Notre village Nguixó, ce qui signifie « sous les nuages » et qu’en espagnol on appelle Eloxochitlán de Flores, se trouve enclavé dans les montagnes de la Sierra Madre occidentale dans l’Etat de Oaxaca. Nous sommes mazatecos et notre village compte environ huit mille personnes réparties dans dix-huit quartiers. Il existe une organisation communautaire pour élire nos représentants, tout se fait sur la base des décisions prises lors des discussions et des accords durant l’assemblée. Ces deux dernières décennies les femmes et les jeunes ont pris une part importante dans la participation à celle-ci ; nous faisons aussi des travaux collectifs que nous appelons “faena” (corvée, boulot), “tequio”, “mano vuelta” et qui dans notre langue s’appellent xa´mosen. C’est le travail extra (de « enmedio »), celui qui ne rapporte aucun salaire hormis la satisfaction de partager, de mettre en commun et qui est basé sur la réciprocité. Il existe différentes tâches comme le nettoyage des chemins qui délimitent notre territoire avec d’autres villages ; cela se fait tous les ans, l’appel pour ce travail se fait avec une corne ou un coquillage. C’est aussi le cas pour les semailles du maïs, on invite les amis, les compadres, la famille et le travail devient une fête et un rituel de la terre, nous faisons de la même façon pour construire une maison ou pour la réparer. Lire la suite

[Mexico] Voix depuis la prison : Luis Fernando Sotelo

Posted in Archives, événements, Communiqués, Ville de Mexico on 25 avril 2016 by liberonsles

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 Lettre envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Besançon (9 avril 2016)

Depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico ( lettre publique )

Bonjour, compagnones et compagnons solidaires de Caracol Solidario, du Groupe Proudhon, du Resto Trottoir, des trois passants  :

Je m’étais précédemment engagé à vous écrire, il me semble honnête de m’excuser.

L’information que je souhaitais partager avec vous quand je vous ai dit que je vous écrirais concernait la vie quotidienne.

Mais après une punition imposée par les autorités du Conseil Technique Inter-disciplinaire – organe administratif de la prison – et suite à notre contestation (articles dans la presse et recours en révision), ils nous proposent maintenant d’avoir des activités comme du sport, la tenue d’un séminaire de philosophie avec un autre compagnon, le Dr. Felix Hoyo, ou encore la participation à un cinéclub.

Ce qui est en train de se passer est ce qui se passe au niveau de beaucoup de processus d’organisations et de luttes : l’autorité en place essaie de réduire les autonomies.

Je pense qu’avec deux compagnons je pourrais réaliser certains projets. Et cela bien que les autorités nous surveillent particulièrement et nous traitent différemment de la majorité de la population (carcérale). Mais nous voyons que le problème est l’imposition – de quoi ? D’une exploitation subie. La corruption de la loi et de l’ordre est soutenue par les structures même du pouvoir en place.

Nous, avec nos petits efforts, nous avons dû commencer par ne pas oublier.

En effet, bien qu’aujourd’hui ils nous traitent mieux ou simplement avec plus de respect (sachant que les puissants aussi ont peur), nous savons que les « concessions du pouvoir » ne sont que des moqueries pour nos rêves et nos dignités. Lire la suite

Toulouse : Journée anti-carcérale- Convergences et rencontres, jeudi 21 avril 2016

Posted in Actions, Archives, événements, Uncategorized on 19 avril 2016 by liberonsles

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Nous, collectifs, groupes et individus nombreux, avons répondu à l’Appel à « 10 jours d’autodéfense populaire » lancé par la CREA, Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion de Toulouse pour échanger, partager nos luttes et nos experiences et nous rencontrer du 15 au 24 avril 2016.

Le jeudi 21 avril 2016, nous vous invitons à toute une journée de rencontres, échanges, débats, ateliers et projections autour des luttes anti-carcérales.

Au Centre Social Autogéré
58, allées Jean Jaurès
Métro ligne A/B Jean Jaurès,
Toulouse.

Pour voir le Flyer – programme, cliquez ici

Au programme – jeudi 21 avril 2016 :

11h – Projection d’un documentaire sur l’ouverture d’un CRA en Belgique « Point.s de Fissures »

12h – Cantine populaire

13h30 – De la prison à l’HP, animé par le collectif Anti-psy

15h – Atelier : Lutte contre les dominations orales dans les assemblées anti-autoritaires

16h – Projection / débat : Présentation du journal anti-carcéral indépendant de combat « El Canero », luttes prisonnier.e.s Mexique, lecture de lettres (Les Trois Passants)

17h – Ateliers : Soutien aux longues peines et sur l’entraide Solidarité juridique pour les personnes incarcérées (Perce-Pierre et Kamelibre, deux collectifs de Marseille)

19h – Cantine populaire

19h – Émission « Bruits de Tôle » en direct

20h – Présentation du dernier journal de L’Envolée “Ça fait 20 ans …” discussion autour des peines infinies et des peines intérieures, à travers des récits et présentation de loi contre la criminalité organisée (L’Envolée) + Témoignage de vécu en centre de détention ou en centre de rétention (CREA) en présence de Jann Marc Rouillan

22h – CSA – Petit set de LYA, rap – Toulouse Lire la suite

Besançon : Journée de Solidarité

Posted in Actions, Archives, événements, Expo on 19 avril 2016 by liberonsles

Besançon : Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique

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Photos envoyées aux prisonnier-e-s accompagnées de lettres de soutien

France, 9 avril 2016

Salut compagnons. Avant tout, recevez une forte accolade remplie de courage et de rébellion pour chacun d’entre vous. Nous espérons que vous êtes en bonne santé et en pleine forme pour continuer à résister depuis vos tranchées de lutte.

Par ces brèves lignes, nous voulons vous dire que pendant la journée solidaire du 9 avril 2016 organisée dans la ville de Besançon, nos collectifs ont mis en commun leurs forces, rébellions et rages pour permettre lors de cette journée de passer votre message à travers vos lettres envoyées (Fernando Barcenas Castillo, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Miguel Angel Peralta Betanzos); vos paroles ont fait résonance auprès des personnes venues à cette journée qui a commencé à 14 heures et s’est fini à 22 heures. Tout au long de cette journée nous avons informé sur vos diverses luttes et votre contexte actuel à travers la diffusion des fanzines, des brochures, des flyers, où, vos écrits et vos réflexions donnent une idée non seulement de la réalité vécue depuis la prison, mais aussi de votre combat insatiable contre le système pénitentiaire, l’exploitation, l’humiliation, la persécution et le mépris que vous subissez en faisant face quotidiennement, tout comme des milliers de personnes dans le monde.

Nous avons également diffusé et présenté – avec une vidéo – le journal anti-carcéral de combat « el Canero » numéro 3 et 4 traduits en français.

Beaucoup de personnes de tous âges ont assisté à cette rencontre, non seulement pour connaître la lutte qui surgit depuis les tranchées de lutte les plus éloignées : les geôles, mais aussi pour ne pas oublier que la liberté se construit en se battant à vos cotés, avec vous, nos compagnon.e.s prisonnier.e.s.

Compas, nous nous inscrivons, tel que vous le signalez, dans la lutte pour la liberté totale, sans conditions ni négociations possibles.

Courage à vous tous et depuis nos différents espaces de rébellion, nous vous envoyons une forte accolade !

À bas les murs de prisons !

En Solidarité !

Caracol Solidario- Besançon
Le Groupe Proudhon – FA, Besançon
Le Resto Trottoir – Besançon
Les trois passants – Toulouse

[Besançon] Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Première partie)

Posted in Actions, événements, Chiapas, compas anarquistas, Expo, Oaxaca, Ville de Mexico on 18 mars 2016 by liberonsles

Nous vous invitons à toute une journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique

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Le samedi 9 avril 2016
À partir de 14h
À la librairie l’Autodidacte
5 rue Marulaz (Place Marulaz)
Besançon

À partir de 14h, venez découvrir l’Expo – vente des affiches des tableaux exposés au profit des compagnon-e-s incarcéré-e-s.
Exposition de tableaux et d’autels
Table de presse : Fanzines, brochures, autocollants à prix libre

À 19h : Repas Solidaire pour les prisonnier-e-s préparé par le Resto Trottoir

À 20h30 : Projection / débat : La prison au Mexique contexte général, la prison Nord et les conditions générales, naissance du journal anti-carcéral « El Canero » .

Présentation de la vidéo de Fernando Barcenas : «Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero ». Présentation des journaux 3 et 4. Lecture d’une lettre de Fernando Barcenas et de la Croix Noire Anarchiste de Mexico pour présenter ce journal, ainsi que des autres lettres des prisonniers envoyées pour l’occasion.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico. En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s.

Le journal, étant à prix libre, a besoin de votre soutien pour faire plus de tirages et pouvoir continuer à le diffuser.

L’argent recueilli lors de cette journée sera versé à la Croix Noire Anarchiste de Mexico et aux comités locaux de soutien aux prisonniers de la Sexta.

Venez nombreux et nombreuses !

À bas les murs des prisons !

Journée organisée par :

Caracol Solidario- Besançon (http://solidario.free.fr/);
Le Groupe Proudhon – FA, Besançon
(http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/);
Le Resto Trottoir – Besançon (http://restotrottoir.blogspot.fr/);
Les trois passants – Toulouse (https://liberonsles.wordpress.com)

Plus d’infos

Halte à la diffamation et à la persécution de nos compagnon‑e‑s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez.

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 14 mars 2016 by liberonsles

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Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui a été exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968, dans la ville de Mexico. Lors de son arrestation, Mario a été torturé par la police (chocs électriques sur tout le corps, fracture du pied…) et condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison ferme pour attaques à la paix publique. Délits montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste. Peu après minuit, le vendredi 31 octobre 2014, Mario est sorti de la tour médicale de Tetepan où il était incarcéré.

[Extrait du Communiqué de Mario González, mois de mai 2014]
« Beaucoup de gens disent que personne ne peut rien faire contre le gouvernement ni en venir à bout, que mes objectifs sont utopiques et que je ne dois me préoccuper que de moi-même parce ce que si je continue à agir ainsi, je vais rester enfermé ou je vais finir par disparaître ou par mourir. C’est probablement vrai, mais partout où je regarde, je vois la cruelle réalité dans laquelle nous nous trouvons coincés. Les motifs de nous révolter ne manquent pas et les motifs pour être heureux ne manquent pas non plus, je pense que vivre en se révoltant est la seule façon d’être heureux, c’est pourquoi parfois je suis à l’aise malgré les conséquences. C’est le chemin que je veux prendre, parce que pour moi, une petite dose de solidarité, de folie, de joie et de liberté, donne plus de satisfaction qu’une vie pleine de regrets, de tristesse, de lassitude, de résignation . »

Nuria Ramírez était la compagne de Mario González quand il s’est fait arrêté, elle a mené une lutte infatigable pour sa liberté et pour celle d’autres compagnon-e-s anarchistes qui étaient alors incarcéré‑e‑ s dans la ville de Mexico, après la libération des compagnon-e-s, Nuria a poursuivi la lutte sans relâche, et depuis lors, elle est dénoncée, mise à l’index, harcelée et criminalisée en permanence, non seulement par le Gouvernement de la Ville de Mexico mais par les médias de désinformation dominants. Elle et d’autres activistes de la ville sont pris pour cible chaque fois que les autorités cherchent des « ennemis » pour justifier la mise en scène, la violence et la répression qui en découlent. Les campagnes de lynchage médiatique menées par les autorités contre les compagnon-e-s anarchistes n’ont pas cessées, au contraire, elles se durcissent et s’intensifient chaque fois qu’un événement gênant ressurgit.

***

Depuis l’Europe nous exigeons halte à la diffamation et persécution contre nos compagnon-e-s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez. Lire la suite

Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis plusieurs coins du monde

Posted in Communiqués on 24 février 2016 by liberonsles

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Ce n’est pas facile de rester debout, de ne pas me laisser couler, alors je me bats, je boxe pour ne pas tomber, et je veux étudier, lire, m’enrichir, et continuer sur ce chemin.
Je ne perds pas l’espoir. Je vais me battre. Montrer que je ne suis pas un cafard qu’on élimine comme ça.
Kamel, 2014, les Baumettes

Solidarité avec Kamel depuis plusieurs coins du monde :

Il y a plusieurs mois, suite à une rencontre avec le collectif de Kamel, « Le collectif Kamel Libre » un échange sincère autour des conditions en prison et de la survie dans ces centres d’extermination a eu lieu. À ce moment-là, le journal indépendant, anti- carcéral et de combat « El Canero » faisait son apparition en France, dans sa version française, si on peut dire, il venait d’être traduit. La proposition de participer à ce journal a été transmise à Kamel, ce qui a permis la publication de plusieurs de ses écrits dans le Journal « El Canero numéro 4 », cette initiative qui est née depuis les entrailles de la prison Nord de la Ville de Mexico a réussi à voler et un petit échange d’expériences partant du cœur, de la rage et des paroles des compagnon-n-e-s prisonnier-e-s a pu avoir lieu. Fernando Barcenas qui a lancé cette proposition décrit ce journal comme un projet qui contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant des liens de communication entre les prisonniers et l’extérieur. Grâce à ce journal les paroles de Kamel sont arrivées jusqu’au Mexique et aujourd’hui, nous, collectifs signataires de cette lettre, voulons exprimer notre solidarité avec Kamel, sa famille, son collectif et ses ami-e-s, nous voulons vous dire que vous n’êtes pas seuls, que vos pensées, votre rage et votre cœur rebels ont dépassé les frontières géographiques qu’ils s’obstinent à vouloir nous imposer. Lire la suite

[Mexico] Des nouvelles de Fernando Sotelo : interdiction de visites suite au décès d’un compagnon de cellule.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 19 février 2016 by liberonsles

« … À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable. »

– Luis Fernando Sotelo –

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste,a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’atteinte à la paix publique, d’attaques aux voies de communication et dégradations. Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico.  À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Aujourd’hui, 17 février le compañero Luis Fernando Sotelo Zambrano nous a averti que les visites lui avaient été supprimées.

Il avait récemment évoqué la situation dans laquelle se trouvait un autre prisonnier détenu avec lui dans la prison Sud et nous avait fait part de sa préoccupation et de son indignation ; il s’agissait d’un prisonnier assez âgé, qui ne se souvenait pas de nombreuses choses, et avait des pertes de mémoire passagères . Face à cette situation Luis Fernando exprimait la nécessité de transférer cet homme vers un autre endroit dans des conditions adaptées à sa survie, de plus, n’ayant pas de lit, le vieil homme devait dormir par terre, ce qui lui occasionnait de fortes douleurs dans tout le corps. Il y a quelques jours, ce monsieur est décédé. Certains prisonniers disent que le vieil homme a été transféré à la C.O.C (Centre d’Observation et de Classification) et qu’une fois là-bas, les matons l’ont mis à faire la « fajina» ce que son corps n’a pu supporté (La fajina consiste à obliger les prisonniers à faire, entre autres, des exercices physiques exténuants auxquels les prisonniers sont soumis plusieurs fois par jour, la plupart du temps à l’aube, ce pourquoi ils sont rackettés). Lire la suite

[Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 18 février 2016 by liberonsles

L’audience de Miguel est prévue pour le 22 février 2016, cependant si le Juge en charge retarde encore une fois le procès, l’audience sera reportée à plus tard et il faudra à nouveau attendre qu’un Juge fédéral puisse déterminer si le recours d’habeas corpus [Amparo] est applicable ou non.

« Je sais que cette lutte n’a pas été et ne sera pas facile, nous avons trébuché trop souvent, mais nous avons aussi appris à nous relever. Le gouvernement nous a mis face à de nombreux obstacles parce que nous sommes des gens humbles mais nous avons un grand cœur, un esprit inébranlable et une pensée commune ; je dis « nous » parce que je me sens avec vous qui luttez et résistez depuis votre tranchée : notre peuple… J’espère que cette rage, ce courage, cette nécessité que nous soyons bientôt tou-te-s réuni-e-s ne se perdra pas en simples paroles et que, dans les faits, nous continuerons d’exiger la liberté de tous nos compañeros qui sont en prison. »

– Miguel Betanzos –

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation s’est déroulée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire piétinant ainsi le système communautaire basé sur les «  us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón*, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres, hommes et femmes de l’Assemblée d’Eloxochitlán sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Les membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán ont dénoncé publiquement et sans relâche les nombreuses mesures arbitraires que le gouvernement de l’État d’Oaxaca et l’ex-président municipal Manuel Zepeda Cortéz leur ont fait subir. Dans ce sens, Miguel a eu un rôle important, puisqu’il a accompagné, dénoncé et lutté contre les abus de pouvoir commis dans sa communauté. Depuis 5 ans, Zepeda et ses proches exercent le pouvoir avec autoritarisme, utilisant la torture et la répression afin de mieux contrôler le village et détourner les ressources naturelles et économiques appartenant à la commune (pillage des ressources  comme le sable, le gravier et les roches de la rivière) au bénéfice de ses entreprises personnelles et de celles de ses proches. Lire la suite

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero

Posted in Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 18 janvier 2016 by liberonsles

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Télécharger le journal N°3  ici

Le Canero n° 4 est désormais traduit en français. Plusieurs présentations du journal auront lieu à Besançon le 9 avril 2016 et à Toulouse le 21 avril et le 20 mai 2016.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

Fernando est un jeune de 21 ans, étudiant au lycée de Sciences Humaines de Vallejo, travailleur et musicien, accusé d’attaques à la paix publique en bande organisée suite aux manifestations et actions contre l’augmentation des tarifs des transports publics. Il a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir brûlé un arbre de noël publicitaire appartenant à la multinationale Coca Cola. Fernando a ensuite été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Le Canero : une pratique de la solidarité révolutionnaire…

Lire la suite

[Marseille] Emission Passe Muraille

Posted in Archives, Communiqués on 31 décembre 2015 by liberonsles

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Tous les 4e lundi du mois, de 20h à 21h30, sur les ondes de Radio Galère 88.4, l’émission Passe-muraille diffuse points de vue et opinions critiques sur la prison et l’enfermement en relayant les paroles, les expériences, les revendications et les combats des personnes concernées. (Ré)écoutez la dernière émission !

Émission du 28 Décembre 2015

Écouter l’émission

https://soundcloud.com/passe-muraille/cassemuraille28dec2015

Emission du lundi 28 décembre 2015 :
Au sommaire/
- Pétitions des prisonniers et femmes de prisonniers de la région sur les politiques d’aménagement et d’application des peines ;
- Blocages de promenade aux Baumettes en réaction à la suppression d’une des deux promenades quotidiennes, récit par des prisonniers du bâtiment A ;
- Considération autour de la justice patriarcale et de de la violence sexiste autour de l’histoire de Jacqueline Sauvage ;
- Présentation par le collectif « Les trois passants » du journal El Canero, écrit par des prisonniers de la ville de Mexico* ;
- Extraits d’écrits de Courtois qui prenait en otage un tribunal il y a trente ans ; Rendez-vous/ Au tribunal de Marseille le 8 janvier pour soutenir le dernier inculpé de l’incendie du CRA du Canet en 2011 ; brève, musiques et blague…

Rendez-vous pour la prochaine, le lundi 25 janvier 2016, 20h, sur les ondes de Radio Galère 88.4 !
www.radiogalere.org

P.-S.

Pour contribuer à l’émission, prisonnières, prisonniers et leurs proches peuvent laisser un message anonyme sur le répondeur de l’émission au 07.58.74.63.01, nous écrire à « Emission Passe-Muraille chez Radio Galère – 41, rue jobin – 13003 Marseille » ou nous contacter sur Internet à l’adresse passe-muraille@riseup.net

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.
Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal, cliquez ici
Le Canero n° 4  est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

[Mexico] Lettre de Fernando Sotelo : Jusqu’à ce que nous soyons toutes et tous libres !

Posted in Archives, Communiqués, Ville de Mexico on 31 décembre 2015 by liberonsles

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Lettre de Fernando Sotelo : « Jusqu’à ce que nous soyons toutes et tous libres ! »

RECLUSURSalut à toutes et à tous les compagnonnes et compagnons organisé-e-s autour de cette rencontre [mobilisations internationales intitulées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » ] et dans d’autres encore, qui brisent l’imposition de cette « réalité »…Je vous salue avec la joie de savoir que vous lisez ces mots, là-bas dans d’autres endroits lointains où la rébellion s’organise.

À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable.

Chaque argument défendu par le maton, pour justifier sa corruption et sa médiocrité, avec des mots « d’ordre social » contre le prisonnier, laisse voir l’incohérence de son éthique. Une éthique promue dans des relations « officielles » entre le maton et le prisonnier-e. Avec la capacité d’exploiter les prisonnier-e-s dans un ordre économique qui inclut les déshérités à cette participation. Le truc c’est  que s’ils participent, ils le font en jouant le rôle du consommateur moderne- tel un spectateur - et le spectacle se joue sur la même scène que celle où agit le gouvernement  « comme il se doit », « justement », « normalement » sur demande de la société ou, au mieux, en veillant aux intérêts de celle-ci. Lire la suite

[Mexico] Fernando Bárcenas : Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 22 décembre 2015 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.*

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !
En hommage à Ricardo Flores Magón **
Texte de Fernando Bárcenas – Prison Nord de la Ville de Mexico
Novembre 2015

rfm1Bien des idées me viennent à l’esprit, lorsque je pense à la révolution sociale qui eut lieu sur ces terres il y a bien des années ; et comme toujours les lézardes de l’histoire cachent les choses, elles rendent muettes comme toujours les voix les plus libératrices… et il n’est pas fréquent d’avoir une conversation ouverte dans laquelle le germe du patriotisme ne soit pas inoculé ; c’est pour cela que je salue ceux qui s’enthousiasment y compris avec des rêves et des souvenirs, je les salue parce que c’est chez vous, chez nous… que se trouve la réponse…

S’il est vrai qu’ils nous domestiquent quotidiennement dans chacun de nos agissements, il est tout aussi vrai que nous contribuons quotidiennement à ce que cela ne se produise pas.

Leur système ne peut pas tous nous atteindre… et comme cela s’est produit à d’autres époques, aujourd’hui aussi, il existe des rebelles partout dans le monde, dans chaque recoin il existe des personnes disposées à peser sur leur environnement.

Tous les événements s’ils sont accidentels, ne peuvent exister que comme le résultat d’actions et de circonstances précises…

Nous sommes partie intégrante d’une totalité et nos actions quotidiennes sont celles qui déterminent ce qui arrivera dans notre environnement.

Nous en sommes là et c’est de nous que dépend nos destinées. Dans chaque partie du monde quelqu’un conspire et nous nous devons de prendre au sérieux notre action sur la terre puisque chacun des rapports sociaux peut être le début d’une révolte, cela dépend de la façon dont nous nous y prendrons pour forger nos destins… Je pense que bien des personnes soumises à ce système l’ont compris à un moment donné et c’est bien normal parce que les actes anti-sociaux, les conduites agressives, sont des ripostes naturelles à l’imposition de la soumission et à la « discipline ».

Il n’est pas besoin d’être un professionnel, ni un expert pour savoir quand la liberté nous manque, ce bien si profond, si précieux, inexplicable et indéfinissable.

Déclarons la guerre à ce système invisible qui n’existe que dans nos têtes, alors chaque obstacle, chaque acte, chaque rapport social casse les paradigmes les plus parfaits érigés sur la famine et la misère, la perte de nous mêmes et ne nous laisse plus que la haine, la rancune et la rage envers nos despotes.

Démontrons-leur de quoi nous sommes capables nous qui n’avons plus rien à perdre … en s’attaquant à leur structure idéologique..

En anéantissant leurs valeurs morales et juridiques… en agissant envers les nôtres afin de contribuer à ce que de plus en plus de personnes libérées fassent l’expérience de la révolte dans leur propre chair, pousser par leurs frères qui se rebellent et mettent en évidence la faiblesse du système, de combien il est facile et jubilatoire de vivre sans chaînes, sans ce maudit embrigadement de la pensée…

C’est pourquoi je pense que cette date, bien plus que de nous rappeler l’anniversaire de la mort d’un personnage, doit bien plus nous inciter à l’action, à la réflexion de ce que nous sommes aujourd’hui et comment nous contribuerons aujourd’hui à affronter ce qui se présente à nous, nous sommes les acteurs de cette guerre contre l’imposition du totalitarisme.

Hommage à Ricardo Flores Magón et à la trajectoire de lutte du Parti Libéral…

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

C’est pourquoi nous qui sommes ce qui reste de cette résistance, nous devons nous battre à nouveau pour freiner ce massacre économique.

Il n’y a déjà plus aucun futur pour ce monde !

Destruction de la société carcérale !

Solidarité avec tous les prisonniers humains et non humains qui souffrent des conséquences du capitalisme impérialiste.

Fernando Bárcenas

20 Novembre 2015

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s.  Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal  cliquez ici    Le Canero n° 4 est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

**Du 18 au 21 novembre 2015, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres ont eu lieu au Mexique. Fernando Bárcenas  a écrit cette lettre en hommage à Ricardo Flores Magón.

Magón  est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; « Regeneración » Lire la suite

Traduction Amparo/ les trois passants / correction Val

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

« Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres »

Posted in Archives, Chiapas, Communiqués, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico on 18 décembre 2015 by liberonsles

jorntsl

À México, Oaxaca, Chiapas, Aguascalientes et dans d’autres endroits du Mexique, un appel a été lancé par les collectifs de soutien, les familles de prisonniers et de prisonnières, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité, le groupe de travail Nous ne sommes pas tous et toutes là, la Voix des Zapotèques Xiches en prison, Collectif de soutien pour la liberté de Fernando Sotelo parmi d’autres, à se coordonner du 6 au 13 décembre autour des journées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » cette journée s’est étendue au niveau international, certains collectifs solidaires dans l’État Espagnol et en France se sont fait l’écho de cette mobilisation.

À Paris, le 11 décembre, une rencontre avec les compagnonnes du journal anti-carcéral de l’Envolée a eu lieu pour présenter le journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique et ailleurs, proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico depuis le 13 décembre 2013. Pendant la rencontre nous avons parlé du système pénitencier ici et là-bas, raconté brièvement la naissance de l’Envolée, la survie, la résistance et la désobéissance en prison, l’intérêt de tisser des liens entre nos luttes et de continuer à faire passer le message de résistance depuis la plus lointaine des tranchées et depuis les entrailles de la prison. Nous n’oublions pas les compagnon-ne-s qui se trouvent derrière les barreaux ici en France et au Mexique.

Voici quelques histoires de luttes évoquées pendant ces journées de solidarité : Lire la suite

[Paris] Présentation du journal anti-carcéral méxicain: El Canero

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas on 26 novembre 2015 by liberonsles

Nous vous invitons à la deuxième présentation du journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.
Avec la participation du journal anti-carcéral « L’Envolée » qui présentera son dernier numéro.

caneroflyerpublico
Le vendredi 11 décembre 2015 à 19h30
à la Librairie Publico
145, rue Amelot, 75011 Paris
Métro : République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire

* Projection de la vidéo : Jeunes et rebelles, présentation du journal « El Canero »
* Présentation et diffusion du journal original en espagnol et sa version française
* Lecture d’une lettre du prisonnier Fernando Barcenas Castillo, à l’initiative de la création de ce journal en prison, ainsi que d’une lettre de la Croix Noire Anarchiste de Mexico, envoyées pour l’occasion.
* Tables de presse , brochures, fanzines, affiches, écrits de prison …

Les trois passants – https://liberonsles.wordpress.com
L’Envolée – http://lenvolee.net

Flyer recto/verso

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Depuis Barcelone, pour la liberté des prisonnier-e-s du monde entier

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 26 novembre 2015 by liberonsles

Communiqué pour la liberté des prisonnier-e-s du monde entier

carcelesfuego

Pendant la Rencontre Européenne de Solidarité avec les communautés zapatistes, la sexta et avec ceux et celles qui luttent en bas et à gauche, plusieurs personnes à titre individuel, collectifs et groupes se sont réunis à Barcelone du 20 au 22 novembre, 2015.

Aux prisonniers et prisonnières du monde entier
À leurs familles et à leurs ami-e-s
À leurs collectifs et groupes de soutien
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
À la Croix Noire Anarchiste de Mexico
Au Groupe de travail « No estamos todxs »
À la Sexta
À ceux et celles qui sentirons ces mots

Compagnons et Compagnonnes :

Tout d’abord, recevez tous et toutes, un salut solidaire et du courage pour chacun et chacune d’entre vous. Depuis Barcelone, plusieurs personnes à titre individuel, collectifs et groupes se sont réunis pendant la Rencontre Européenne de Solidarité avec les communautés zapatistes, la sexta et avec ceux et celles qui luttent depuis leurs tranchées en bas et à gauche. Ici, nous nous sommes parlés, nous nous sommes écoutés et nous avons à nouveau décidé de ne pas laisser la place à l’oubli, l’oubli que représente l’enfermement, l’enchaînement, l’humiliation et le mépris dans lequel vous vous trouvez à présent.

Nous avons écouté vos réflexions, vos pensées, votre rage et votre détermination dans une lutte qui dépasse les murs de la prison et s’étend, à différents niveaux avec des intensités différentes, à la société de laquelle nous sommes prisonniers et prisonnières à l’intérieur d’un système qui surveille de près, qui contrôle, qui confine, qui opprime tous ceux et celles qui nous trouvons dans un en dehors relatif.

Pendant toutes ces années nous avons cheminé marché avec vous, nous avons appris que la lutte contre l’enfermement se fait à vos côtés et que vous cheminez du nôtre au quotidien. Grâce à vos mots et à vos réflexions, les préjugés disparaissent peu à peu pour donner lieu à une réflexion qui comprenne que n’importe quel type d’enfermement est en soi une pratique de contrôle et de soumission que, par la peur et le conditionnement des libertés, ils essaient de faire disparaître et domestiquer les révoltes. Lire la suite

[Mexique] Journées Magonistes 2015. Plus aucun mort en prison !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 19 novembre 2015 by liberonsles

magonismo

Journées Magonistes 2015
Plus aucun mort en prison ! ¡No más muertes en prisión!

Ricardo Flores Magon est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Magón est une figure importante de l’anarchisme mexicain, il est considéré comme l’un des précurseurs intellectuels de la Révolution mexicaine. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution, «le magonisme».

Du 18 au 21 novembre au Mexique, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres auront lieu en solidarité avec les prisonniers Miguel Peralta Betanzos, Fernando Barcenas Castillo et  Luis Fernando Sotelo.

Parmi les différentes thématiques et activités qui auront lieu pendant ces journées on peut noter  :

* L’importance du journal de combat Regeneración dans la lutte pour la liberté des prisonniers
* La répression sur les terres de Magon : l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón
* Un rassemblement en raison des 93 ans de l’assassinat de Ricardo Flores Magon et pour la liberté des prisonniers.

Fanzine à télécharger: Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, cliquez sur l’image.

MIGUELFANZINMiguel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

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[Paris] Présentation du journal anti-carcéral « El Canero »

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas on 7 novembre 2015 by liberonsles

Nous vous invitons à la présentation du journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.
Avec la participation du journal anti-carcéral « L’Envolée » qui présentera son dernier numéro.

flyerimage17nov

Le mardi 17 novembre 2015 à 18h30
À la Librairie Le Monte-en-l’air
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare
75020 Paris – M° Ménilmontant et Bus 96

* Projection de la vidéo : Jeunes et rebelles, présentation du journal « El Canero »
* Présentation et diffusion du journal original en espagnol et sa version française
* Lecture d’une lettre du prisonnier Fernando Barcenas Castillo, à l’initiative de la création de ce journal en prison, envoyée pour l’occasion.
* Table de presse , brochures, fanzines, affiches, écrits de prison …

Les trois passants – https://liberonsles.wordpress.com
L’Envolée – http://lenvolee.net

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Présentation du journal anti-carcéral : El Canero

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 5 novembre 2015 by liberonsles

journalcanpres

Nous avons le plaisir de vous présenter le journal « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique que nous venons de traduire en français.

Plusieurs présentations du journal auront lieu à Paris et ailleurs 

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico. Lire la suite

[Mexico] Fernando Sotelo, après un an d’incarcération, toujours debout !

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 5 novembre 2015 by liberonsles

Luis-Fernando-4Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

luis ferécris de prison

Lettre de Luis Fernando Sotelo depuis la Prison Sud de la Ville de México, 24 octobre 2015 et Journée pour la libération de Luis Fernando

Avant tout, bien des salutations et amitiés à toutes et tous (pour vos luttes).

Je suis un prisonnier du D.F, (capitale du Mexique) conséquence des lois ambiguës manigancées, des lois capitalistes quoi, comme le sont par exemple, tout particulièrement les qualifications des délits, attaques sur la voie publique. Dommages à la propriété privée et attaques à la paix publique. Lire la suite

Voix depuis la prison: Fernando Sotelo

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 18 octobre 2015 by liberonsles

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millons de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

 

Lettre de Luis Fernando Sotelo depuis la Prison Sud de la Ville de México

14 octobre 2015

RECLUSUR

En guise de mise en commun à partager,

Alors qu’aujourd’hui l’État dans sa forme matérielle (son personnel et ses bureaux) contribue au spectacle de « JUSTICE », une audience se tient pour me donner un espace en guise de réponse (application de peine) … bien que je n’ai pas à me soumettre (justifier) aux moyens (de « moyens » et « fin ») en dehors des tribunaux car ce que ce dernier aimerait entendre de ma bouche c’est que je suis coupable d’être délinquant. Cependant et comme conséquence de mon refus de participer à leurs accusations forgées et préfabriquées à mon encontre, je tiens à signaler que pour moi, ce tribunal représente une pierre angulaire (la plus visible de l’édifice) de la répression en ville, s’agissant, de fait, d’un moyen « a priori » de consensus social ; la distribution de la justice comme moyen de contenir la violence non officielle (celle qui n’est pas capitaliste) n’est, selon mon expérience empirique, qu’un marché supplémentaire, un autre marché de consommation (relativement) à la portée de la majorité dépendant du niveau d’assistanat aux inégalités… c’est pour cela que demander justice à ces tribunaux n’est pas une revendication d’un quelconque droit humain (« qui serait toujours respecté »), mais ce serait revendiquer la domination des choses (bureaucratie, capital, pouvoir, autorité) sur les humain-e-s. Lire la suite

Écrits de prison, Chronologie d’une révolte anti-carcérale

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 9 octobre 2015 by liberonsles

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[Ville de Mexico] Écrits de prison
Chronologie d’une révolte anti-carcérale
Juin – Septembre, 2015

La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la «délinquance» par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle.

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre condition d’esclaves de la société. Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés et limités par l’ostracisme pratiqué à notre encontre ; l’état constant de non défense dans lequel nous nous retrouvons tous en raison de l’existence de ces structures vaines, inutiles, que sont les prisons…

Nous disons : ça suffit !

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE)

Cliquez ici pour accéder à la brochure

_______________

LA C.I.P.RE c’est quoi ?
Voix depuis la prison: Fernando Bárcenas Castillo
Présentation du Fanzine du compagnon anarchiste Fernando Barcenas

[Mexico] Fernando Barcenas met fin à sa deuxième grève de la faim

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 6 octobre 2015 by liberonsles

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Après 22 jours sans ingérer d’aliments, le compagnon Fernando Bárcenas a mis fin à sa deuxième grève de la faim. Le compagnon était en grève pour exiger qu’il lui soit permis de rester dans une zone ayant les conditions nécessaires à sa récupération totale, suite à la précédente grève de la faim qu’il avait menée avec d’autres compagnons de la C.I.P.RE. (Coordination Informelle de Prisonniers et Résistance) du 27 juin au 18 août dernier [53 jours de grève].

Son état de santé est délicat, puisqu’il présente une malnutrition sévère, laquelle provoque nausées, crampes et douleurs dans tout le corps. Nous rappelons que pendant sa première grève de la faim, il avait perdu environ 10 kilos et pendant la deuxième, il a perdu environ 3 kilos en plus. Selon le rapport d’un spécialiste qui l’a examiné, il a une fracture au maxillaire inférieur dû aux coups qu’il a reçus de la part des matons quand ils l’ont transféré de l’hôpital de Tepepan vers la prison Nord. La fracture nécessite une intervention chirurgicale, mais en raison de la faiblesse extrême de Fernando, les médecins de l’équipe solidaire recommandent d’abord une récupération totale.

 Fernando a décidé de mettre fin à sa grève après que la direction de la prison s’est engagée à lui permettre de rester dans la zone des arrivées jusqu’à ce que sa santé soit rétablie. Nous savons de quoi sont capables les autorités, en d’autres occasions elles n’ont pas tenu parole. Nous ne leur faisons pas confiance. C’est pour cela que nous lançons un appel à rester attentifs à la situation, en effet la santé de notre compagnon en dépend.

À bas les murs des prisons !
Croix Noire Anarchiste de Mexico

 

Lettre de Fernando après 22 jours de sa deuxième grève de la faim, depuis la prison Nord de la Ville de Mexico

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Aux compagnons rebelles :

Par ce moyen, je vous fais savoir, qu’aujourd’hui, après déjà 22 jours de cette nouvelle grève de la faim, je me permets de vous transmettre un ferme cri de guerre, d’insubordination et de refus, d’instinct contre toutes tentatives de domestication…

Alors, que je me tourne vers vous, vers la société qui combat quotidiennement la violence et les tortures marginales…

Je me tourne vers vous, pour vous encourager à répondre concrètement aux « autorités » afin de leur donner, une fois pour toutes, un coup effectif avec toute la force des énergies sociales.

Ainsi, je vous communique formellement, que j’abandonne cette grève, avec détermination et avec une posture de rejet contre toute forme de domination.

-Fernando Bárcenas Castillo-

Plus d’infos

Mexico: La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement.

 

Tradui par les trois passants et Amparo

[Mexico] Abraham Cortés, après 2 ans derrière les barreaux. Nous ne t’oublions pas !

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 1 octobre 2015 by liberonsles

portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco*, il se trouve enfermé dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« La prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré »

« Le 2 octobre 1968 est un jour d’injustice, de disparition et de mort. Maintenant, ce n’est pas seulement un jour, c’est tous les jours, ce système qui gouverne pareil à tous les précédents, c’est toujours la même chose, le peuple connaît seulement la pauvreté, ici dans la prison nous sommes punis aussi, le bourgeois n’est rien sans le peuple. Des centaines, des milliers de prisonniers, et chaque fois il y a plus de prisons, l’injustice c’est pour le peuple… ça suffit ! »

« Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible ».

« Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés (…) »

– Abraham Cortés –

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Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco*, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

Abraham avait pris part à la grève de la faim collective qui a eu lieu du 1er octobre au 17 octobre 2014 avec les compagnons anarchistes Jorge Mario González García (à l’époque, enfermé à la prison – hôpital de Tepepan) Carlos López (qui se trouvait derrière les barreaux de la prison d’Oriente) et Fernando Bárcenas Castillo (actuellement à la prison Nord) Ensemble ils avaient déclaré, le 1er octobre 2014** : «   Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous, anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim. Et cela à partir d’aujourd’hui, 1er octobre, un an après les arrestations du 2 octobre 2013 (…) Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » … »

Nous ne t’oublions pas ! Abraham a la calle !! Crève la taule !

Dernière lettre d’Abraham Lire la suite

[Mexico] Attaque d’hommes de main contre « Regeneración Radio », radio libre contre le pouvoir

Posted in Archives, Communiqués, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 24 septembre 2015 by liberonsles

Attaque d’hommes de main contre Regeneración Radio, radio libre contre le pouvoir, qui transmet depuis 16 ans.
Regeneración Radio arrête sa transmission de radio

regeneracionradio

Note: Regeneración Radio transmettait lors de son émission anti-carcérale, de nombreuses interviews des compagnon-ne-s en prison, dernièrement une émission en collaboration avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance ( C.I.P.RE ) se déroulait tous les lundis, mercredis et vendredis de 8h à 10h.

Communiqué de Regeneración Radio

regeneracin radioAu peuple mexicain,

À la Sexta Nationale et Internationale,

Aux organisations et aux collectifs,

À la communauté universitaire.

Aujourd’hui nous voulons vous faire part de l’escalade de violence contre notre espace. Aujourd’hui les conditions ne sont plus réunies pour nous permettre de réaliser nos activités comme média libre, principalement dans notre cabine d’émission de radio.

Il y a deux semaines a débuté la campagne pour l’élection du nouveau directeur du Collège de Sciences Humaines – CCH siège Vallejo* (lieu où se trouve la cabine d’émission de Regeneración Radio). Il y a deux semaines, cette escalade de la violence s’est accentuée suite à l’activation du groupe de choc, « groupe de porros 3 de marzo »**. Les participants de cette bataille cherchent à tirer profit de ces événements, ils offrent la paix dans l’école et promettent d’en finir avec nous tous. Coïncidence, ces attaques « porriles » ? Ou tout est-il programmé pour créer l’instabilité dans l’établissement et qu’apparaisse l’homme providentiel qui, avec sa baguette magique ou son gant de fer, mettra fin à l’organisation du CCH Vallejo et aux projets comme Regeneración Radio ?

Pourquoi les conditions de transmission ne sont-elles plus réunies aujourd’hui ?

Le 14 février 2015, alors qu’il attendait le bus à la porte de l’établissement, un des membres de Regeneración Radio a été frappé par Jorge Anhuar Batalla Martínez (membre du « groupe de porros 3 de marzo »), ce qui a entraîné la perte de 80% de la vision de son œil droit. Un procès a été intenté contre l’agresseur mais à ce jour il jouit toujours de l’impunité.

Le jeudi 17 septembre un membre d’un autre collectif a été frappé à l’intérieur de l’école, sous les yeux des vigiles, sans que ceux-ci n’interviennent pour empêcher l’agression. Les conséquences ont été les suivantes : déviation de la cloison nasale et traumatisme crânien.

Le jeudi 10 septembre, alors que le groupe d’hommes de main tentait de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement, un de nos compagnons a été profondément blessé à la lèvre supérieure ; la blessure a atteint la partie interne de la bouche.

Les membres de ce groupe délinquant portent des armes à feu dont ils se sont servis à plusieurs reprises pour menacer les membres de collectifs et des étudiants organisés. Ils sont aussi venus menacer et intimider, armés de bâtons et de barres de fer, à l’extérieur des espaces organisés.

Ces dernières semaines des rumeurs ont circulé concernant de possibles attaques de ce groupe d’hommes de main, provoquant un climat d’incertitude et de tension. Et tout laisse craindre que des attaques plus fortes ne se produisent dans les jours à venir.

Qui se trouve derrière ce groupe de choc ? Lire la suite

Mexico: La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement.

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 20 septembre 2015 by liberonsles

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La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement. Rapport médical et message depuis la Prison Nord fer

Fernando Bárcenas ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout, quinze jours plus  tard, le jeudi 10 septembre 2015, le compagnon Fernando Bárcenas s’est à nouveau déclaré en grève de la faim, il est dans un état critique.

19 septembre 2015

Message de Fernando Barcenas depuis la Prison Nord

Après 9 jours de cette grève de la faim, je suis dans un état un peu diminué mais avec la détermination et la conviction qui grandissent comme augmente la haine sous la pression et le sentiment permanent de bellicosité et d’esprit insurrectionnel. L’attitude de l’institution qui continue de harceler et d’allonger les délais pour répondre aux propositions qui reflètent notre conviction a fait que cette grève doit se prolonger.

Cependant cela ne doit pas nous décourager, au contraire nous devons continuer à pratiquer et à propager la solidarité révolutionnaire.

En avant ! La victoire ou la défaite, peu importe !
En avant ! Même si lors de notre marche pour la vie nous trébuchons sur la mort !
Pour la destruction de la société carcérale.
Avec rage et amour pour l’anarchie.

Fernando Barcenas

***

La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement – Rapport médical – Croix Noire Anarchiste de Mexico

Cela fait 9 jours que Fernando Barcenas a repris sa grève de la faim, l’équipe des médecins solidaires qui l’ont examiné le 18/09 rapporte que sa santé est dans un état critique, il présente une perte excessive de sa masse musculaire et suite à une analyse d’urine ils ont déterminé qu’il souffre d’une dénutrition sévère. De plus le compagnon présente des douleurs, des crampes et des nausées.

Hier, il devait être conduit devant le Conseil Technique, avec un autre compagnon de la CIPRE lui aussi en grève de la faim, pour un examen de sa situation et qu’une décision soit prise concernant son exigence de pouvoir rester dans la zone des arrivées pendant son rétablissement. Cependant cela n’a pas eu lieu. L’institution a utilisé comme prétexte la soi-disante agression contre un gardien de la part des compagnons de la CIPRE.

Quand les proches de Fernando ont interrogé à ce sujet les représentant de la Commission des Droits de l’Homme de la Ville [de Mexico], ces derniers se sont limités à répondre qu’il y a un règlement intérieur et que dû au comportement rebelle des compagnons, ceux-ci avaient perdu l’opportunité de passer devant le Conseil. De plus ils ont accusé Fernando d’être responsable de sa propre situation : « S’il est dans cet état, c’est du fait de sa propre décision ».

Il est urgent de montrer notre solidarité.
Aucun prisonnier-e n’est seul !

Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Fernando Bárcenas et Jose Hernández, ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout. À coup de matraques, les compagnons ont été transférés de l’hôpital vers la prison Nord, alors qu’ils étaient dans une situation de santé délicate, perte de pois, faiblesse musculaire, douleurs dans tout le corps… les conditions médicales ont été plus que déplorables, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit considérablement. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Un rapport médical établi par les médecins solidaires démontre un arbitraire sans limite, une complicité total entre le personnel, les médecins d’office et la commission des droits de l’homme, tous à la solde des autorités pénitentiaires. La consigne : faire payer Fernando coûte que coûte

Rapport sur l’état de santé de Fernando Barcenas Lire la suite

Mexico: Fernando Bárcenas Castillo à nouveau en grève de la faim

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 septembre 2015 by liberonsles

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Fernando Bárcenas et Jose Hernández, ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout. À coup de matraques, les compagnons ont été transférés de l’hôpital vers la prison Nord, alors qu’ils étaient dans une situation de santé délicate, perte de pois, faiblesse musculaire, douleurs dans tout le corps… les conditions médicales ont été plus que déplorables, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit considérablement. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Un rapport médical établi par les médecins solidaires démontre un arbitraire sans limite, une complicité total entre le personnel, les médecins d’office et la commission des droits de l’homme, tous à la solde des autorités pénitentiaires. La consigne : faire payer Fernando coûte que coûte.

Infos diffusées par la Croix Noire Anarchiste de Mexico

La direction de la Prison Nord a entravé le processus de repos et de récupération entamé par Fernando après la grève de la faim, en le plaçant dans la zone de population générale et en lui changeant de dortoir. C’est pourquoi, depuis le jeudi 10 septembre 2015 le compagnon Fernando Bárcenas s’est à nouveau déclaré en grève de la faim.

Le compagnon raconte qu’après avoir été transféré de la Tour Médicale de Tepepan, il a été à nouveau placé dans le dortoir qu’il avait occupé avant d’entamer la grève. Il faut rappeler aussi que durant ce transfert Fernando et José Hernández ont été frappés par les gardiens et tous les deux se plaignaient de douleurs sur tout le corps et au visage. De plus, ce transfert [de l’hôpital vers la prison] a été effectué alors qu’aucun d’eux n’avait récupéré physiquement. Lire la suite

Mexico: Chronique de la Grève de la Faim Collective – (C.I.P.RE)

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 15 septembre 2015 by liberonsles

Chronique de la Grève de la Faim Collective – Coordination Informelle de Prisonnier-e-s en Résistance ( C.I.P.RE ) du 27/06/2015 au 18/08/15

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Je [Fernando Barcenas] souhaite manifester ma satisfaction devant les résultats de cette grève de la faim collective que nous avons réalisée à travers la proposition organisationnelle informelle de la C.I.P.RE. (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance).

Le but principal a été atteint, puisque nous avons montré tant à nos bourreaux qu’aux compagnon-nes « compas » de même affinité que nous, que nous, les prisonnier-es, même dans des conditions brutales d’internement, nous gardons l’initiative de nous organiser, de nous solidariser et de nous lancer dans la lutte pour rejeter et ignorer ceux qui nous torturent quotidiennement et essaient de nous humilier pour nous contrôler et pour nous domestiquer.

Je dois dire aussi que, avant tout, la dimension collective a été le fruit du travail préalable d’organisation avec la bande recluse (des ateliers de lecture, des cercles d’étude autogérés par les prisonnier-es, et aussi un travail ardu de diffusion et d’agitation à l’intérieur de la prison). Il faut mentionner que le numéro 3 du journal de combat « El Canero » a été photocopié et diffusé par un groupe de compagnon-nes « compas » qui a trouvé un espace pour s’organiser, déterminé à casser la passivité qui règne dans la prison et devant un mouvement anticarcéral extrêmement faible dans les rues (à l’exception de quelques collectifs et ami-e-s qui ont toujours appuyé les luttes individuelles de certain-e-s prisonnier-e-s anti-autoritaires)

Cependant, c’est réel, ce mouvement s’est forgé au sein de la prison grâce à la cohérence et la détermination de certain-e-s prisonnier-es en lutte qui n’ont pas trébuché et qui ont donné naissance à ce que, aujourd’hui nous connaissons comme la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance. [CIPRE]

Je ne mentionnerai pas leurs noms pour sauvegarder leur intégrité, puisque le caractère informel est précisément destiné à éviter le suivi et la dissolution sociale. En plus de cela, il ne s’agit pas de créer des héros [protagonistes], des porte-parole, ou des leaders charismatiques. Cependant, ils savent qu’ils étaient là, présents, et je leur envoie une chaleureuse accolade pleine d’amour, de révolte et de solidarité.

Des victoires partielles suite à la grève de la faim collective : Lire la suite

Fanzine : « Là où commence l’État, la liberté de l’individu prend fin »

Posted in Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 13 septembre 2015 by liberonsles

Présentation du Fanzine de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo

À un an de réclusion:
« Là où commence l’État, la liberté de l’individu prend fin »

ferFANCIN2Ce fanzine a été diffusé à l’intérieur de la prison Nord « Reclusorio Norte » de la ville de Mexico. Le but : créer une réflexion au sein de la population carcérale sur le fait que la prison va au-delà des barreaux, sur l’État et son rôle dans le conditionnement de la liberté, une et indivisible, sur les délits, le terrorisme d’État ; ces thèmes sont les lignes d’analyse de notre compagnon. Par ce genre de fanzines, Fer cherche à lancer le débat, la réflexion sur la prison qui, pour lui, se prolonge au-delà des murs et se répand à travers les institutions, et sur les appareils de répression dont dispose l’État. A part le journal « El Canero » crée aussi par Barcenas, un projet de bibliothèque à l’intérieur de la prison nord commence à prendre forme, toujours en coopération avec les copains qui se bougent à l’extérieur.

« Je voudrais défendre ici ma posture en tant qu’anarchiste et l’anarchisme en tant que tel, suite à une série de critiques qui ont été formulées à son encontre. Beaucoup savent (grâce aux médias de désinformation) que j’ai été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé d’avoir incendié une publicité commerciale ayant pour forme un arbre de noël. Non contents de l’étalage public de ces faits, ils ont utilisé cette information pour diffamer et salir une fois de plus le concept d’anarchie. Premièrement et sans tomber dans des concepts ambigus ou intellos, je commencerai par dire que je ne cherche pas me présenter comme « le gentil de l’histoire ». Je ne me considère ni coupable, ni innocent; en effet, accepter l’un ou l’autre impliquerait une complète reconnaissance de l’utilité et de la pertinence du système pénitentiaire et de ses outils légaux, ce qui n’est pas mon intention étant donné que je nie complètement tout ordre légal et répressif imposé à la liberté afin de la détruire et de construire une longue et interminable chaîne d’oppression… » Cliquez ici pour télécharger le fanzine

Nous remercions vivement Caracol Solidario et Val pour les corrections et relectures, merci à la Croix Noire Anarchiste de Mexico, le groupe de soutien de Mario Gonzalez, et surtout merci à Fer de nous avoir fait  confiance !

Bonne lecture !

Les trois passants

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Chiapas : Le compagnon Alejandro Diaz Santiz a été transféré vers une prison de haute sécurité

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués on 12 septembre 2015 by liberonsles

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Le prisonnier Alejandro Diaz Santiz, adhérent à la sexta, faisant partie de l’organisation de prisonniers « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » a été transféré de façon arbitraire à la nouvelle prison de haute sécurité CEFERESO de Villa Comaltitlán. Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons ont été re-localisés.

Note : Le groupe de soutien aux prisonniers du Chiapas « No Estamos Todxs » [ Nous ne sommes pas tous et toutes là] nous a fait parvenir des nouvelles du compagnon de la Sexta Alejandro Diaz Santiz.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Los Solidarios de la Voz del Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales dans cette prison, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel les font subir, le manque de suivi médical, les réductions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus exposés aux mêmes difficultés. Les détenus concernés ont été arrêtés de façon complément arbitraire, parce qu’ils sont indigènes ou pour des motifs politiques. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du mauvais gouvernement du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte exemplaire avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, des réunions avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente…Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré de la prison de « los llanos » vers une prison de haute sécurité. Lire la suite

Mexico: Communiqué du transfert des compagnons de la C.I.P.RE et rapport médical.

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 12 septembre 2015 by liberonsles

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Communiqué du transfert des compagnons de la C.I.P.RE [Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance] vers la prison Nord de la ville de Mexico et rapport médical.

Par Fernando Bárcenas

Il y a quelques jours, je menais une grève de la faim qui aura duré 53 jours en tout ; cette situation a compliqué mon état de santé et j’ai dû être transféré à la tour médicale de Tepepan [prison-hôpital]. J’ai fait face aux mauvais traitements de la part du personnel administratif qui à plusieurs reprises a cherché à nous faire abandonner la grève de la faim, au harcèlement policier et à la négligence du personnel médical (médecins et infirmières),qui a essayé de nous changer de dortoir. Il a fallu nous confronter aux gardiens de prison, qui utilisent la force pour nous dissuader de défendre nos droits.

Par la suite, le personnel a menacé de nous mettre à l’isolement ou bien de nous transférer, c’est-à-dire se défaire du problème sans se préoccuper de l’état de santé de personne.

Dans la nuit du 31 août, ils sont venus nous informer de notre sortie de l’hôpital. Cela a été décidé arbitrairement par le personnel de sécurité, sans la moindre explication d’un médecin. J’ai contesté cette procédure : comme le médecin n’est jamais venu, j’ai refusé de manière pacifique de quitter l’hôpital. Les matons de Tepepan ont répondu comme d’habitude par l’intimidation ; comme nous ne cédions pas à leur chantage institutionnel, ils ont appelé des renforts en provenance de la zone féminine ainsi que des agents de sécurité de l’unité de réaction immédiate (URI). Au total, nous étions entourés par environ huit matons accompagnés de la sous-directrice de la prison ; tous ont essayé de nous faire sortir mais face à notre refus, ils m’ont poussé par terre avec un autre compagnon.Une fois par terre,ils nous ont tabassés à plusieurs reprises, sur le dos, les jambes et la tête ; ils ont essayé de nous séparer mais nous nous sommes serrés les uns contre les autres. Ils nous ont relâchés un moment en nous disant que nous allions tous y passer. Lire la suite

MEXIQUE: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 juillet 2015 by liberonsles

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Ville de Mexico, juillet 2015

Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Depuis le 27 juin dernier plusieurs prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim pour protester contre les abus constants, les mauvais traitements et les tortures que le personnel pénitentiaire fait subir à la population carcérale. Certains de ces prisonniers qui avaient entamé cette grève de la faim ont depuis été libérés, en revanche ceux qui poursuivent la grève de la faim sont au nombre de 3 dans le Centre Pénitencier Nord et un autre dans le Pénitencier Sud.

Une conférence de presse a eu lieu le 24 juillet, parmi les participants étaient présents :

-Ana María Castillo Rivas (Mère de Fernando Bárcenas, prisonnier en grève de la faim).

-Jorge Mario González García (Ex prisonnier politique du GDF détenu le 2 de octobre 2014)

-Cruz Negra Anarquista de México ( qui suit le cas de Fernando Barcenas)

-Message des grévistes de la faim ( Communiqué ci-dessous dans son intégralité)

-Membres de l’équipe médicale solidaire

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Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 30 juillet 2015 by liberonsles

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE GRÈVE DE LA FAIM DE LA C.I.P.R.E.

Mexico, 24 juillet 2015

Depuis le 27 juin 2015, huit prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont débuté une grève de la faim à durée indéfinie. Les grévistes sont Fernando Barcenas Castillo, prisonnier politique détenu depuis le 13 décembre 2013, Bryan Reyes et Jaqueline Santana étudiants détenus et faussement accusés d’un supposé vol, ainsi que d’autres prisonniers, qui se sont organisés en Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance pour protester contre les mauvais traitements, les tortures, les extorsions et la corruption qui règnent à l’intérieur des prisons de la ville de Mexico.

Cette grève de la faim collective est le résultat d’un processus d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits et à diverses étapes de leurs jugements, mais qui ont quelque chose en commun : ils ont vécu personnellement les processus pénaux que le système pénitentiaire de cette ville met en œuvre. La majorité de ces processus sont entachés d’inconsistances, d’erreurs et/ou d’omissions ; ils entrainent directement l’augmentation de la population pénitentiaire. Ce système pénitentiaire ne cherche pas à résoudre les problèmes sociaux, mais tout simplement à punir, terroriser et contrôler la population. Lire la suite

[Mexico] Tou-te-s les détenu-e-s du 6 juillet sont libres !

Posted in compas anarquistas, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 7 juillet 2015 by liberonsles

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Durant la nuit du 6 juillet plusieurs personnes ont été libérées après avoir dû payer une amende de 70 pesos pour une supposée « faute civique ».

Le lendemain à 6h30, les 2 dernier-e-s détenu-e-s du 6 juillet, Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría, ont été libéré-e-s après avoir dû payer une caution de 19200 pesos chacun-e. Elle et il risquent de devoir faire face à un procès pour outrage.

Tou-te-s les détenu-e-s du 6 juillet sont donc libres.

Les prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance continuent leur grève de la faim.

La lutte continue pour eux et tou-te-s celleux qui sont encore enfermé-e-s.

À bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants.

Mexico : Agressions et détentions lors du rassemblement en solidarité avec les prisonniers en grève de la faim.

Posted in Communiqués, compas anarquistas, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 7 juillet 2015 by liberonsles

Mardi 6 juillet avait lieu un rassemblement devant le Sous-secrétariat de l’Administration Pénitentiaire à Mexico. Ce rassemblement se réalisait en solidarité avec les prisonniers de Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance qui sont actuellement en grève de la faim.

La police anti-émeute de la ville de Mexico était présente et a attaqué et frappé les manifestant-e-s faisant plusieurs détenu-e-s.

Actuellement 2 personnes, Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría , sont toujours détenues suite à ce rassemblement, elles sont accusées d’outrages. Une caution de 20.000 pesos est demandée pour leurs libérations.

Nous nous solidarisons avec Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría.

À bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants.

Ci-dessous la vidéo de l’agression (source : Subversiones Agencia Autnónoma) :

Ci-dessous le communiqué de solidarité de Red contra la Represión y la Solidaridad (RvsR) : Lire la suite

[Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 3 juillet 2015 by liberonsles

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Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

La répression silencieuse, l’isolement prolongé et l’impossibilité de communiquer sont des formes de torture pratiquées par l’administration pénitentiaire afin d’assassiner la résistance, tuer la force morale et faire plier les volontés.

Cette grève de la faim collective est un signal, un « J’accuse » collectif qui fait connaître et dénonce l’absurde supercherie qu’est la prison. L’inexistence de ce que l’on appelle “ré-insertion sociale” pour justifier et mettre en place l’exploitation des prisonniers, commerce obscur et vil mis en place par des syndicats du crime, dont la politique est la conséquence d’une soumission absolue du prisonnier à la classe gouvernante de la prison.

Nous nous rejoignons dans le refus de reconnaître les “autorités” pénitentiaires, car nous ne sommes pas disposés à les laisser continuer à nous assassiner en silence… Lire la suite

[Mexico] Déclaration collective. Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance en Grève de la faim

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 3 juillet 2015 by liberonsles

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Déclaration collective. Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance en Grève de la faim :

Il ne fait aucun doute que le désintérêt général et l’indifférence des “autorités” ont fait de mesures violentes comme la torture, l’abus de pouvoir et les mauvais traitements des procédures communes de l’activité pénitentiaire.

Dans ce contexte de répression silencieuse et cachée, nous avons commencé diverses actions pour ne pas reconnaître ces pratiques autoritaires et dénoncer, avant tout, les irrégularités dont nous sommes l’objet. En effet, certains de nos compagnons ont déjà par le passé porté plainte au niveau pénal contre des serviteurs et fonctionnaires de l’État qui n’ont pas respecté le règlement et les articles de la Constitution, tels que nos garanties et droits humains consacrés dans la Constitution et les traités internationaux.

Nous reprenons le slogan “la réinsertion sociale n’existe pas”, puisqu’en prison se crée et se fomente la fabrication de la “délinquance” à des fins d’exploitation politique et économique, qui la convertit en un commerce de l’État. En prison, on extorque la population carcèrale par des ponctions écononiques et on fait payer illégalement les prisonniers pour être inscrit sur la liste des prisonniers autorisés à recevoir des visites et il y a bien d’autres anomalies. Lire la suite

[Mexico] Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 30 juin 2015 by liberonsles

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Note de la CNA (Croix Noire Anarchiste, Mexico) : aujourd’hui 27 juin divers prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève s’articulent autour de l’exigence de l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que de la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires. Elle dénonce également le commerce d’exploitation sexuelle auquel sont soumises les prisonnières.

Au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité. Lire la suite

[Mexico] Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 30 juin 2015 by liberonsles

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MEXIQUE : Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA- Mx)

Note CNA- Mx : A propos de Fernando Bárcenas : Il aurait théoriquement dû être présenté à partir du 24 juin durant la séance du Conseil Technique du Pénitencier Nord pour déterminer s’il devait ou non être sanctionné. Cependant, la matinée s’est terminée sans que le compagnon ne soit appelé. A l’extérieur du pénitencier les compagnon-es solidaires se sont rassemblés pour dénoncer les tortures, les abus et mauvais traitements qui ont lieu quotidiennement derrière ces murs. Des mots d’ordre en solidarité avec Fernando ont été criés élargissant les liens de solidarité avec Fernando et la lutte qu’il mène. La session du CT (Conseil Technique) s’est conclue à 14 h, sans que le compagnon ne soit appelé. Le rassemblement a pris fin à la même heure, nous continuons cependant à êtré vigilants à ce que qui pourrait se passer avec nos compagnons séquestrés et enfermés dans le pénitencier Nord.

Le message suivant nous est parvenu de l’intérieur de la prison afin que nous le diffusions. Lire la suite

OAXACA : Message de la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s.

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués, compas anarquistas, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico, Yaquis, Sonora on 24 juin 2015 by liberonsles

libresahora

Près d’une vingtaine de collectifs se sont réunis pendant deux jours à Oaxaca s’efforçant de partager, réfléchir, écouter, comprendre et de s’entendre entre ceux qui continuent dans la lutte contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s.

Aux environs de midi Alvaro Sebastián Ramírez, une fois de plus, a rompu l’enfermement en déclarant de façon directe l’ouverture de ces journées de travail. Et y compris depuis les territoires de Ricardo Flores Magón les familles et compagnon-ne-s de Abraham Cortés, Luis Fernando Sotelo, Juan Antonio Gómez, Silvano, Mario Aguilar Silvano,Roberto Gómez Hernández, Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez,Esteban Gómez Jimenez, Fernando Jiménez, Lorenzo Sánchez Berriozábal, Librado Baños et Miguel Peralta Betanzos, ont transmis à chacun d’entre nous leur ténacité.

Fernando Bárcenas et Rómulo Arias Mireles sont arrivés à la rencontre par leurs écrits rédigés de leurs propres mains. Les voix claires et dignes de Alejandro Díaz Sántiz, Mario Luna Romero et Álvaro Sebastián Ramírez ont raisonné pour rappeler que cette lutte n’est pas pour les prisonniers et prisonnières, mais avec eux et elles, ils ont réaffirmé que ce sont nos compagnonnes et compagnons actuellement otages du pouvoir qui sont la colonne vertébrale de toutes les actions et initiatives. Lire la suite

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