Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes

Posted in Campagnes, compas anarquistas, Oaxaca, Ville de Mexico on 29 août 2015 by liberonsles

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À l’été 2013, plusieurs groupes de la Croix noire anarchiste (Anarchist Black Cross ou ABC) ont discuté de la nécessité d’organiser une Journée internationale pour les prisonnier-e-s anarchistes. Étant donné qu’il existe déjà des dates prévues pour la Journée des droits des prisonnier-e-s politiques ou de la Journée de la justice en prison, nous trouvons qu’il est également important de mettre l’accent sur les histoires de nos compagnon-ne-s. De nombreux et nombreuses prisonnier-e-s anarchistes ne seront jamais reconnu-e-s comme des « prisonnier-e-s politiques » par les organisations droit-de-l’hommistes officielles, parce que leur idée de la justice sociale est strictement limitée aux lois capitalistes qui ne servent qu’à défendre l’Etat et empêcher tout changement social véritable. Dans le même temps, même au sein de nos propres communautés individuelles, nous savons très peu de choses sur la répression qui existe dans d’autres pays, nous ne connaissons pas les noms de plusieurs de nos compagnon-ne-s prisonnier-e-s, ni les affaires qui les concernent.

C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser une semaine annuelle dédiée aux prisonnier-e-s anarchistes, du 23 au 30 août. Nous avons choisi la date de départ du 23 août car ce jour-là, en 1927, les anarchistes italo-américains Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti ont été exécutés en prison. Ils avaient été accusés d’avoir assassiné deux hommes lors d’un vol à main armée dans une usine de chaussures dans le sud de Braintree, dans l’État du Massachusetts. Leur arrestation faisait partie d’une campagne plus large contre les radicaux soutenus par le gouvernement américain. Les preuves détenues par l’État étaient quasi inexistantes et beaucoup sont encore convaincus que les deux ont été punis pour leur appartenance au mouvement anarchiste.

Compte tenu de la nature et de la diversité des nombreux groupes anarchistes du monde entier, nous avons proposé une semaine d’action plutôt qu’une seule campagne à effectuer sur un jour précis, afin de s’assurer que les différents groupes puissent organiser des événements dans un délai assez long.

C’est pourquoi nous appelons tout le monde à diffuser l’information quant à cette semaine pour les prisonniers anarchistes parmi les autres groupes et communautés et de réfléchir à l’organisation d’événements dans différentes villes et villages. Les événements peuvent être des campagnes d’information, des projections, des concerts de soutien, des actions directes et de solidarité. Laissez libre cours à votre imagination.

Jusqu’à ce que tou-te-s soient libres.

325 ; ABC Biélorussie ; ABC Brighton ; ABC Bristol ; ABC Cardiff ; ABC Tchéquie ; ABC Finlande ; ABC Kiev ; ABC Lettonie ; ABC Leeds ; ABC Londres ; ABC Mexico ; ABC Moscou ; Groupe anti-répression de Nijni Novgorod ; ABC Saint-Pétersbourg

Source: Croix Noire Anarchiste – Mexico

MEXIQUE: Solidarité avec Fernando Bárcenas Castillo et Miguel Betanzos

 

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Voir: La grève de la faim, une stratégie de lutte par Fernando Barcenas

 

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence, par trois personnes habillées en civil accompagnées de plus de 20 policiers ministériels de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire en piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Le cas de Miguel Peralta Betanzos commence à sortir de l’ombre et à se diffuser au Mexique et ailleurs.

Oaxaca: Voix depuis la prison, Miguel Peralta Betanzos

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 25 août 2015 by liberonsles

SOLIDAYAUn jour de plus, c’est toujours un jour de moins

Par Miguel Betanzos

La prison ou centre de réadaptation sociale ? Ah ! Ah ! Ah ! Laissez-moi rire.
Un espace de ségrégation des individus-personnes, de discrimination, de non personnes, d’exclusions, de sans droits, de sous-alimentation, de non accès à la santé, un espace d’isolement, sans éducation, certainement pas un espace d’épanouissement de la sexualité.

Toujours obéir à des ordres, à des règles “de bon comportement ou de bonne conduite”, à des horaires établis et des appels à cause de la fameuse fuite, l’évasion ; des espaces mal organisés, ou plutôt pas d’espace, pour les loisirs, le travail ou pour faire du sport et des installations en très mauvais état, bref, un lieu de détenus et de surveillants, de policiers et de directeur, de balances, pourquoi ne pas le signaler.

Selon les dires du directeur et des surveillants nous sommes au paradis mais pour nous qui nous trouvons ici et pour ceux qui ont été dans d’autres centres pénitentiaires, toutes les prisons sont les mêmes.

En ces lieux, la faune est diverse et habituellement l’agitation commence à 6:00.

Les cinq chargés de préparer les aliments ouvrent la cuisine, le bruit commence avec le son des casseroles et des cuillères, tout un orchestre, même les oiseaux les accompagnent. On commence à entendre les premiers bonjours, dans le petit couloir entre la cuisine, la menuiserie et les toilettes.

7:00 du matin, c’est l’appel, toujours ponctuel, les yeux baissés, ça c’est leur discipline. Après l’appel on se met en rang pour la distribution des outils de travail dans la cage, ils ouvrent la menuiserie, ils allument la scie circulaire et la radio s’y mêle aussi. Parfois on n’arrive pas à faire la différence entre un son et un bruit, il y en a toujours un pour siffler une chanson du coin, une chilienne pour changer un peu et diversifier… On se réunit aussi dans l’espace fumeur pour partager une cigarette et raconter les histoires qui nous arrivaient là-bas quand on était dehors et il y a aussi l’ouverture de la petite boutique où l’on peut acquérir divers articles pour l’hygiène personnelle, savon, dentifrice, rasoir, et aussi des gâteaux secs, des chips, des tartes, des bonbons, etc.

Aux environs des 7:30 on entend la voix de celui qui est chargé de distribuer les tâches de nettoyage des toilettes, des douches, couloir et cuisine, manaaaaaaaaaaaaaards, manaaaaaaaaards (tâcherons). Comme des moutons que le berger appelle pour leur donner du sel, ceux dont c’est le tour accourent et on distribue les tâches : recycler les poubelles, ramasser les papiers des toilettes, pour German et Mario les fourneaux (comal), laver et passer la serpillière, pour Carlos nettoyer le couloir, pour Torres nettoyer la table, pour Ernesto laver les casseroles. C’est comme ça pendant tout un mois, chacun essaie de se réveiller avec son activité et la musique de l’eau commence, on rince, on arrose et on rassemble les seaux, chaque goutte tape sur un tambour. Et quand c’est fini tout s’en va et il ne reste que notre corps. Mais ce que l’on peut faire comprendre c’est que notre esprit, nos pensées, nos rêves sont libres, eux ne rentreront jamais dans la routine qu’impose le système. Les barreaux se diluent et on traverse les murs, les chants des oiseaux accompagnent l’eau, s’assemblent avec les coups de tonnerre et les éclairs dans le ciel…

Et ainsi la journée s’en va, ils nous l’ont prise, ils nous l’ont volée.

Écrits de prison, Miguel Betanzos
Juillet 2015, écrits envoyés pour la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement et pour la liberté qui a eu lieu à Oaxaca, Mexique cet été.

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Communiqué « Le système d’application de la justice à Oaxaca est pourri, de fait il empeste… »

Les ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires de l’assemblée communautaire d’ Eloxochitlán de Flores Magón
18 août 2015

Après 110 jours de détention de notre compañero Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, nous voulons vous faire savoir que le procès juridique qui s’est déroulé jusqu’à maintenant a été une nouvelle fois perturbé par ceux qui disent rendre la justice dans ce pays.

Après la sentence d’emprisonnement que le juge de Huautla de Jiménez, Oaxaca a prononcé le 7 mai, sa défense a opposé deux appels pour exiger la liberté de Miguel. Le délai juridique étant de trois mois, soit avant la date du 7 août, ces recours auraient du être résolus cependant le juge de Huautla n’a pas permis le déroulement du procès puisqu’il a retenu les documents qui avaient été sollicités par les juges de Oaxaca pour résoudre la situation légalement. Au jour d ‘aujourd’hui trois audiences ont été reportée suite aux omissions du juge de Huautla c’est pour cela qu’est prévue le lundi 24 août la prochaine audience pour résoudre certains des recours juridiques.

Dans le cadre de la semaine internationale en solidarité avec les prisonniers anarchistes, ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires lancent un appel à la solidarité pour exiger la rapide libération de Miguel Ángel Peralta Betanzos, emprisonné dans le centre pénitentiaire de Cuicatlán, tout comme des neufs prisonniers de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui se trouvent emprisonnés à Ixcotel, ainsi que la suspension des ordres d’appréhension des membres de l’assemblée. À Oaxaca, une action aura lieu ce 25 août en solidarité avec les prisonniers d’Eloxochitlán*. Liberté immédiate pour les 10 prisonniers de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón incarcérées pour raisons politiques !!! Armée hors des rues de Oaxaca!!!

« La rébellion est la vie, la soumission c’est la mort »
( Ricardo Flores Magón)
 Liberté pour les prisonniers !

Appel lancé par les ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires pour la liberté de Roque Coca et les prisonniers de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón.

*À Mexico, une action a eu lieu le 25 août à la Casa de Representación de Oaxaca

Source: “El sistema de impartición de justicia en Oaxaca está podrido de hecho apesta…” ( version en espagnol, reçu par mail, le 18 août 2015 )

Traductions : Amparo, Patxi et Les trois passants
Corrections : Myriam et Val

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Voir : Ricardo Flores Magón et le magonisme : itinéraire et trajectoire
[OAXACA] Voix depuis la prison : Miguel Peralta Betanzos
Rubrique Miguel Betanzos et Eloxochitlán de Flores Magón – Oaxaca

Chiapas : Trois prisonniers de San Sebastían Bachajón ont été libérés !

Posted in Archives, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 25 août 2015 by liberonsles

Les compagnons prisonniers de San Sebastían Bachajón, Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez, détenus à Yajalon au Chiapas (Prison N°12), ont été libérés le mardi 18 août de cette année en application de la décision de justice (amparo) qui reconnaît les détentions illégales et les tortures qu’ont subies nos compagnons.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta. Tous les trois avaient été enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres.

bachajonvive

Communiqué

Depuis l’ejido de San Sebastían Bachajón adhérent à la Sixième déclaration de la jungle Lacandone.

Chiapas, Mexique.
Le 19 août 2015.

Au Commandement Général du Comité Révolutionnaire Indigène de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale,
À l’assemblée de Bon Gouvernement,
Au Congrès National Indigène,
Aux compagnon-e-s adhérent-e-s à la Sixième déclaration de la jungle Lacandone,
Aux médias de communication massifs et alternatifs,
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité,
Au Mouvement Justice pour le Quartier de New York,
Aux défenseurs des droits humains nationaux et internationaux,
Au peuple du Mexique et du monde.

Les compagnons prisonniers politiques de San Sebastían Bachajón, Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez, détenus à Yajalon au Chiapas (Prison N°12), ont été libérés le mardi 18 août de cette année en application de la décision de justice (amparo) qui reconnaît les détentions illégales et les tortures qu’ont subies nos compagnons. Ainsi nous exigeons la libération d’autres prisonniers injustement détenus, Esteban Gomez Jimenez détenu à Cintalapa de Figueroa (Prison N°14, El Amate), Santiago Moreno Perez et Emiliano Jimenez Gomez, détenus à Plages de Catazaja Chiapas (Prison N°17) et la libération des autres prisonniers du Mexique et du monde.

Liberté immédiate pour les défenseurs de l’eau de la tribu Yaqui, Mario Luna et Fernando Jimenez détenus injustement, et en général pour tous et toutes les prisonniers politiques du pays.

Nous rendons responsable le mauvais gouvernement, les forces fédérales et étatiques des faits récents qui se sont produits dans la communauté de Santa Maria Ostula, où le 19 juillet dernier, les forces fédérales sont entrées dans cette communauté en ouvrant le feu et en tirant contre des civils désarmés, et ont assassiné un enfant de 12 ans, Edilberto Reyes Garcia.

Avant cet homicide le compagnon Cemei Verdia Zepeda a été détenu. Ce dernier avait été nommé par sa communauté Premier Commandant Général de Santa Maria Ostula.

Nous dénonçons les responsables qui ont laissé en liberté les deux auteurs intellectuels de l’assassinat du maître d’école et compagnon zapatiste Galeano. L’auto-dénommé Juge, Victor Manuel Zepeda Lopez, de la cours pénale de Comitán de Dominguez au Chiapas, a rendu le 12 août de cette année un verdict innocentant Messieurs Carmelino Rodriguez Jimenez et Javier Lopez Rodriguez, alors qu’eux et leurs complices de la CIOAC-Historique savent qu’ils sont coupables d’avoir organisé le crime contre le compagnon Galeano.

Compagnons et Compagnonnes, nous voulons dire à la communauté indigène Otomi San Francisco Xochicuautla, Municipalité de Lerma dans l’État de Mexico que vous n’êtes pas seuls car nous sommes attentifs à votre lutte, c’est pourquoi nous avons la rage que le méchant gouvernement veuille vous enlever vos terres par la violence et la répression de la même façon qu’il veut nous enlever nos terres.

Depuis San Sebastían Bachajón, nous demandons aux compagnons et compagnonnes du Mexique et du monde que selon leur temps et leurs modes d’action, ils lèvent leurs voix pour San Francisco Xochicuautla en ces moments importants pour leur lutte pour la défense de leur territoire et leurs sites sacrés, que le mauvais gouvernement veut détruire pour construire des autoroutes sans se préoccuper de la nature.

Justice pour les compagnonnes et compagnons assassinés pour avoir défendu la liberté, la paix et la vie.

Depuis la zone nord de l’État du Chiapas au Mexique, nous vous envoyons une accolade et un salut combatif des femmes et des hommes de San Sebastían Bachajón.

Jamais plus un Mexique sans nous.

Terre et Liberté
Zapata est en vie !
Jusqu’à la victoire, toujours !
Prisonniers Politiques, Liberté !
Juan Vázquez Guzmán est en vie, la Lutte de Bachajón continue !
Juan Carlos Gómez Silvano est en vie, la Lutte de Bachajón continue !
Non au pillage des territoires indigènes !
Présentation immédiate des compagnons disparus d’Ayotzinapa !
Vive la digne lutte des compagnons et compagnonnes de l’ejido de Tila !
Justice pour Ayotzinapa, Acteal, ABC, Atenco !

Ejido de San Sebastían Bachajón

Source Kolectivozero

Traduit par les trois passants / correction Myriam

Le contexte: Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

Mexico: Paroles de Luis Fernando Sotelo Zambrano

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 22 août 2015 by liberonsles

Paroles de Luis Fernando Sotelo Zambrano, prisonnier dans la prison Sud de la ville de Mexico pendant la présentation du livre « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ( El Pensamiento Crítico frente a la Hidra Capitalista)*

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Tout d’abord, je vais commencer par saluer mes compagnons et mes compagnonnes, mais également ceux et celles qui ne le sont pas ; bonjour et merci pour votre temps. On m’a invité à parler de ce que je vois : de ce que je vois ici où je me trouve, en espérant que ce que je dis (ces idées) puisse servir de graines. J’espère que ce que je vais vous dire ne sera pas perçu comme des mots vides mais comme des paroles qui puissent être utiles dans différents espaces.

Bon, le livre « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ( El Pensamiento Crítico frente a la Hidra Capitalista) je l’ai lu de mardi à vendredi . A cause du peu de temps dont je dispose, je ne sais pas si je pourrais transmettre l’essentiel ; si ce n’était pas le cas, je veux partager avec vous qu’il s’agit d’un message parmi d’autres et non du seul message que je pourrais envoyer sous forme de lettre publique.

A propos de la géographie où je vis actuellement

Sans que cela soit une évidence ou un fait accompli, je veux partager avec vous ma vision de notre société, comment elle bouge, se reproduit et prend forme en ses fondements qui, pour l’essentiel à travers le monde, s’appellent capitalisme. Ces fondements génèrent des problèmes essentiels dans notre « société ». L’un d’entre eux est que les personnes produisent de manière isolée leurs outils ou moyens.

Au niveau de la société et du terrain, la société se polarise. C’est-à-dire, qu’il y a deux types de personnes : ceux qui ont l’argent et qui commandent, et les autres, ceux qui travaillent pour les premiers. Et ces derniers collaborent sans se poser de question, par convenance, par ignorance ou parce qu’ils préfèrent l’ignorer parce que l’existence quotidienne elle-même est très souvent insupportable, crue ou moche à tel point que l’on se demande si ce n’est pas une conspiration. Mais cette fois-ci, il est nécessaire, si l’on veut sortir de l’immobilité, de se poser la question : Pourquoi je vis dans cette situation ?

Revenant sur comment est configurée la société, je ne peux que penser que « ce n’est pas une situation isolée ». La manière dont les institutions font les choses doit répondre à une logique, qui actuellement répond à l’économie qui domine le monde. Les bénéfices au dessus de la vie. L’ordre au-dessus de la dignité. La paix et la vie de ceux, qui même s’il ne le veulent pas, donnent leur vie ou vivent au profit du nouvel ordre : l’ordre capitaliste.

Bon, j’espère qu’il n’est pas trop tard pour me présenter. Je suis Luis et cela fait huit mois que je suis prisonnier ; je pense que ma situation dépend aussi de comment tourne la société et comment fonctionne le capitalisme. Laissez-moi vous dire pourquoi je pense cela ; avant cela, je veux signaler que les responsables de ce que je vis sont les administrations gouvernementales. A cause d’elles, plus que prisonnier, j’affirme être séquestré. Mes preneurs d’otage évitent de le présenter ainsi ; ce qu’ils font c’est de le présenter comme une procédure judiciaire, pour selon eux faire appliquer la justice.

Ici la question – pourquoi alors s’il s’agit de justice est-elle sélective ? – vient d’en haut, de ceux qui nous vendent le « progrès ». Cette justice vient des mêmes cercles politiques qui manipulent les lois pour dire « nous sommes sur le bon chemin » ; mais en réalité ils administrent le pillage, le mépris, la répression et l’exploitation.

Parce que tout ce dont je parle ne m’affecte pas seulement moi personnellement, et de la même façon que je vois les choses, d’autres aussi les voit comme moi. Ce ne sont pas non plus des choses aussi isolées que l’on pourrait croire… Parce que bon, pour certains et certaines d’entre vous, vous êtes déjà organisés et je me rends compte de la portée que cela constitue, et selon moi s’organiser est la première des choses.

Depuis que j’y pense – Bon, je suis prisonnier, et maintenant ? Je ne peux pas faire comme si je ne connaissais pas la réponse. Il est très facile d’assembler le puzzle de la réalité, la regarder ou l’analyser pourvu qu’on le veuille bien. C’est évident qu’actuellement nous ne décidons pas tous comment devrait être la société, c’est pour cela qu’il est important de retrouver une organisation.

Et oui, cela peut être répétitif, mais si je ne vois pas ce qu’il y a de commun entre moi et les autres prisonniers, c’est-à-dire la corruption, l’oubli et la solitude qui se cachent derrière la procédure légale, alors oui je pourrais faire semblant de voir et ne rien voir.

Corruption parce que on sait que l’on peut sortir en payant le juge ou le MP (Ministère Public) pour qu’ils arrêtent de t’emmerder…

Solitude, parce que pour tous les fonctionnaires impliqués, policiers, MP [Ministère Public], juges, techniciens, gardiens, le procès n’est que la justification de leurs salaires et donc ils ne se préoccupent pas de la justice mais plutôt de continuer à se faire grassement payer pour leur soit-disant « travail ».

De mon point de vue c’est ainsi parce que, dans le capitalisme, le pouvoir judiciaire ne sert pas à régler les problèmes sinon à les contenir. Dans son code pénal, il est écrit que la prison a pour objectif la réhabilitation du condamné au moyen d’un type de traitement pénitentiaire. Mensonges et encore plus de mensonges pour justifier qu’ils volent à quelqu’un sa vie, son temps et ses relations.

Peut-être que je ne questionnerais pas la manière dont « ils appliquent la loi » ou sa propre nature si je n’étais pas prisonnier.

Et je critique aussi cette partie : en effet la plupart du temps ceux d’en haut (gouvernements et riches) font des lois pour maintenir, comme ils le disent, l’économie, la politique ou quoi que ce soit, en ordre. Et le peuple parfois l’ignore parce qu’abrutis ou distraits, ils oublient ce qu’ils étaient en train de faire : Vendre la patrie ! C’est à dire la terre, ceux qui travaillent, leur culture, leur histoire et beaucoup d’autres choses. Ne vous trompez pas sur ce que je dis , je ne suis pas en train de dire avec d’autres mots que je suis un patriote et je ne le prétendrai pas pour gagner en sympathie.

A propos de ce qui fait mal mais aussi réveille

Des résistances naissent pour diverses raisons face à la logique de la globalisation-néolibérale-capitaliste et il y a aussi de la répression mais je vois qu’il est nécessaire de voir où on prétend aller. Organiser une autre société est très loin de nous, mais elle le sera encore plus si nous ne nous préoccupons pas du comment. Effectivement cette société fonctionne déjà, si excluante et si éphémère dans ses accords qui, à mon avis, n’ont ni les arguments ni la force pour contre-attaquer la pensée critique face à l’hydre capitaliste. Mais ce scénario, dans lequel la résistance à ce monde a un espoir, est uniquement formé par d’autres relations telles que la solidarité.

Enfin, je souhaite partager avec vous que ce que je dis de la solidarité est vérifiable. Se voir depuis l’intérieur et aussi se demander d’où on vient, vers où on chemine et avec qui, va définir la solidarité. Bien, en vérité tout le monde peut le vérifier dans ses propres espaces. Je l’ai vu parce qu’on résiste aussi par engagement éthique en voyant d’autres luttes.

Pardonnez-moi si à nouveau je me dirige vers vous avec des idées partielles et sans relation. J’ai du mal, après avoir lu le livre, à poser comme un fait accompli que en s’organisant on répond à la question : et maintenant ?

Merci pour votre attention.

Luis Fernando Sotelo Zambrano

Prisonniers politiques Liberté !

18 juillet 2015.
(Participation du compagnon lu par sa mère, Mme Celia Zambrano)

Traduit par Les trois passants et Amparo

Source Croix Noire Anarchiste Mexico

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*La pensée critique face à l’hydre capitaliste » (el pensamiento critico frente a la hidra capitalista) est le titre d’un séminaire convoqué par les zapatistes du 3 au 9 mai 2015 qui a eu lieu au CIDECI-Université de la Terre, à San Cristóbal de las Casas, Chiapas et où un peu plus de 1500 participants et participantes sont venus de différentes régions du Chiapas et du monde. Infos

ferzamLuis Fernando Sotelo Zambrano, âgé de 20 ans, est adhérent à la sexta et étudiant. Il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. Plus d’infos

Mexico: Communiqué de la C.I.P.R.E, fin de la grève de la faim

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 19 août 2015 by liberonsles

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Communiqué de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E, fin de la grève de la faim

17 août 2015

Aujourd’hui, nous les prisonniers en résistance qui nous maintenons en grève de la faim depuis le 26 juin de cette année, avons pour le quatrième jour consécutif reçu une quantité de plus en plus petite de miel, qui depuis samedi avait été réduite au minimum. Une quantité qui ne représente même pas une cuillère à soupe de cet apport en calorie vital pour nous. C’est clairement une réponse au jeûne que nous maintenons depuis déjà plus de 50 jours et à la situation critique très avancée dans laquelle nous nous trouvons à cause de la grève.

Il faut signaler qu’on nous a refusé la possibilité d’ingérer des bonbons, de l’eau aromatisée ou même du glucose sous le prétexte du Protocole de Malte, que nous suivons (avec de l’eau, du miel et des citrons), cependant la quantité limitée de glucose auquel nous avons accès tous les jours – en effet ils ne permettent à ceux qui nous visitent d’en faire entrer – met en évidence la ferme intention de l’institution de freiner à peu de frais cette forme de protestation.

La diminution de la quantité de miel que nous recevons par jour et qui doit nous durer 24 heures, a fait que certains d’entre nous, afin d’en obtenir plus, ont dû prendre d’autres mesures de pression. Des mesures tel que le refus de prendre des médicaments, le refus des examens vitaux et même le refus de prendre le miel qu’ils nous avaient fourni les jours précédent. Cependant, ils nous ont ignorés, en effet le personnel médical et de la cuisine se limitent à dire que cela n’est pas de leur ressort et que ce sont les instructions du docteur, en d’autre terme ils se refilent la patate chaude.

Dans ce contexte nous annonçons aujourd’hui l’arrêt de cette grève de la faim, car dans l’état où nous nous trouvons il est très compliqué pour nous de faire l’effort de lutter pour du glucose sans glucose et avec tant d’autres bâtons dans les roues pour nous faire abandonner cette grève, telle que nous la faisons aujourd’hui.

C’est un fait que nous étions, sans aucun doute, très près de l’arrêter, mais certainement pas aujourd’hui, c’est pourquoi l’unique satisfaction qui nous reste est que c’est avec des méthodes si peu éthiques et sans aucun principe qu’ils ont réussi, après que nous ayons résisté 52 jours à leurs pièges minute après minute et le plus important… Quelle est la suite ? Nous sommes déjà en train de penser à nos prochaines actions anticarcérales et impatients déjà de les commencer. Premièrement nous allons nous remettre sur pied, ici où peu importe où ils nous enverront, parce que nous sommes prêts pour ce qui suit. Une fois que nous aurons récupéré, nous redémarrons à fond par des actions directes à l’intérieur de la prison en cherchant à réduire le joyau le plus précieux du monde carcéral : la corruption.

Important ! Ceci est le communiqué officiel de l’arrêt de notre grève de la faim à l’intention du peuple en général de manière sincère et fraternelle, en effet nous n’élaborons aucun écrit pour cette institution, comme nous nous refusons à le faire depuis le début.

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

Traduit par Les trois passants

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C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ». [CIPRE]

Plus d’infos

Mexico: 50éme jour de Grève de la faim de la C.I.P.R.E.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 août 2015 by liberonsles

FERPORT
Hier 14 août, Fernando Bárcenas, José Hernández et Julián Barrón ont été transférés à l’Hopital Général de Tetepan* pour être examinés. Après avoir été examinés Julian a été renvoyé à la Prison Nord, le compagnon a en effet décidé d’arrêter la grève de la faim depuis le 11 août dernier.

Fernando et José ont été internés à la Tour Médicale*, ils continuent de ne pas s’alimenter, de plus leur santé est fragile à cause des 3 jours de grève de la soif qu’ils ont réalisés en solidarité avec Jesse Montaño, qui avait été tabassé par les matons de la Prison Sud.

L’état de santé des compagnons est délicat selon l’équipe médicale solidaire, qui a enfin pu entrer hier pour les examiner, après en avoir été empêché pendant des heures par le personnel de la Tour Médicale.

José et Fernando sont ensemble, bien que surveillés par des gardiens et le personnel de l’hôpital. Ce matin ils ont pu entendre les cris et les slogans lancés par les personnes solidaires qui s’étaient donné rendez-vous à l’extérieur de l’hôpital pour leur dire qu’ils n’étaient pas seuls.

Nous appelons à rester attentifs et attentives, nous ne pouvons pas écarter le fait que le personnel de l’hôpital tente de renvoyer les compagnons à la Prison Nord, prétendant qu’ils sont en bonnes conditions.

Que la solidarité continue à s’étendre !

Source: La Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

Traduit par les trois passants

« Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »

___________

* L’Hopital Général de Tetepan est une prison-hôpital située dans la prison de femmes de Tetepan dans la ville de Mexico. La Tour Médicale est le bâtiment à l’intérieur de la prison, où est situé l’hôpital et les chambres-cellules où sont enfermés les prisonniers.

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ». [CIPRE]

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Voir : La grève de la faim, une stratégie de lutte par Fernando Barcenas

Mexico: La grève de la faim, une stratégie de lutte, Fernando Barcenas

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 août 2015 by liberonsles

La grève de la faim, une stratégie de lutte.

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Ville de Mexico, Fernando Barcenas Castillo

Nous devons voir la grève de la faim comme un outil de lutte à disposition des prisonnier-e-s, une façon de commencer le conflit qui se développera au sein de la prison.

C’est aussi une fenêtre vers l’extérieur, que nous pouvons utiliser pour étendre et propager la lutte anti-carcèrale.

En ce sens la grève de la faim organisée de manière informelle à l’intérieur des prisons du District Fédérale [Ville de Mexico] commencé par 8 compagnons le 27 juin dernier cherche à être une incitation à l’action précise, tout de suite et maintenant ! C’est un cri de guerre contre les autorités pénitentiaires, un cri de ras-le-bol de devoir survivre enterré vivant et qui cherche aussi à annoncer que malgré la soumission et le servilisme de la masse carcérale, il y a certain-e-s qui se rebellent quand même et résistent et refusent d’être rabaissé-e-s et  humilié-e-s.

Parce que la société tente de dominer nos vies et que nous ne voulons pas l’accepter, parce que malgré cela il existe encore plus de dignité, sensibilité et compassion de ce qui est humain et de la vie dans les cœurs de ces rebelles solitaires mais solidaires.

J’espére que ceux et celles qui lirons ces paroles puissent comprendre que mon intention réel et personnelle de coordonner une grève collective à travers la proposition informelle de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance (C.I.P.R.E.) était principalement de sortir du calme routinier de la prison. Une initiative où chacun et chacune des personnes qui y ont participé et aussi à bien d’autres actions que nous avons mis en place à l’intérieur, ont pu exprimer cette élévation exquise de la rebellion par le corps et l’esprit, aspirer à avoir la capacité réel de s’auto-déterminer, être libre et oser défier les chaînes et les barreaux tant physique que mentaux qui nous entravent et nous emprisonnent.

La majorité des prisonnier-e-s marginalisé-e-s nous coïncidons sur la compréhension réelle et consciente de la prison, comme mécanisme de control politique et d’exploitation économique. L’ordre sociale, tel que celui qui existe dans la rue, est de tendance  mafieux, ainsi ceux-celles qui contrôlent la drogue et le paysage social par la corruption, contrôlent la prison, devenant les oppresseurs de population carcérale, tant pour le pouvoir que cette pratique leur apporte, tant pour l’argent provenant de la corruption qui sert à payer le silence et la complicité des autorités qui bénéficient le plus de cela, en effet cela permet  à ces dernières d’auto-réguler les prisons et les fonctionnaires du plus haut niveau hiérarchique en sont récompensés. Cela a pour conséquence que la plus grande partie de population (nous parlons de 90%) vie marginalisée parce qu’elle n’a pas de ressources économiques pour survivre et obtenir le plus élémentaire, déjà elle doit en premier couvrir les frais des taxes illégales pour pouvoir commencer à générer de l’argent. À cause de cela nous avons tant de fonctionnaires, de gardiens et de trafiquants de drogues qui exploitent les autres pour profiter de leur travail et de leur effort.

Avec toutes ces actions nous cherchons, non-seulement à amplifier l’agitation à l’intérieur des prisons et à amplifier la diffusion, mais aussi et surtout à montrer notre désir d’une action réel et concrète contre les prisons. Hélas le mouvement anti-carcérale est très faible et il n’y a pas d’interaction réelle et/ou communication entre individus et/ou collectifs de supposé tendance libertaire ou anti-autoritaire.

À cause de cela, à plus d’une occasion les différentes actions et batailles des prisonnier-e-s se perdent dans l’oubli et l’isolement, devant affronter toujours plus des répressions plus fortes et constantes et des menaces de mort de la part de l’administration pénitentiaire, qui a fait des offres économiques à différents prisonniers pour intimider et/ou attaquer avec des couteaux et d’autres armes les prisonnier-e-s qui refusent de se rendre, d’être rabaissé-e-s et humilié-e-s ou qui ont dénoncé les abus des gardiens et des techniciens des prisons.

Face à cela naît l’idée de coordonner les actions directes des prisonnier-e-s contre l’institution carcérale de façon revendicative pour éviter ainsi qu’ils-elles soient isolé-e-s et que l’administration pénitentiaire puissent les cacher. Il s’agit d’amplifier et d’étendre la solidarité réelle entre les oprimmé-e-s et diriger les énergies collectives contre le spectre carcérale.

La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance n’est pas un collectif formel, nous réitérons donc de nouveau l’incapacité du auto-dénommé « Bloque Libertario » de comprendre la situation et le caractère informel de cette coordination. Ainsi nous dénonçons les agissements autoritaires de ce « Bloque » qui a altéré et retiré une page complète de la publication anticarcérale N°3 du journal « El Canero ». Ils ont déjà pris l’initiative d’altérer le contenu réel pour y mettre de la propagande en leur faveur ce qui reflète clairement leur protagonisme. C’est pour cela que nous ne reconnaissons aucun exemplaire de ce journal qui a été altéré par ce groupe de personnes, et nous démentons l’existence d’une page Facebook de la Coordination Informel des Prisonnier-e-s en Résistance et nous exigeons des créateurs de cet espace virtuel qu’il l’élimine immédiatement, car comme nous l’avons souligné la C.I.P.R.E. existe uniquement de manière informelle et dans les actions coordonnées. En plus, cela représente une enlisement et une déviation médiatique de ce qui se passe en réalité dans les prisons du D.F [District Fédéral/Ville de Mexico], ce contre quoi ce bat la coordination de manière effective.

Un autre point à traiter est que certain-e-s ont attaqué et critiqué la lutte des prisonnier-e-s parce qu ‘elle a un caractère « légaliste » (éxiger de meilleures conditions et traitements à l’intérieur des prisons), cependant cela ne veut pas dire que le but de beaucoup de ceux et celles qui revendiquons nos action en tant que C.I.P.R.E ne soit pas l’abolition et la destruction totale des prisons. Mais nous devons nous situé dans le paysage et le lieu où nous nous trouvons, où nous sommes nous devons agir avec stratégie et non aveuglément par « idéoligie », quelle qu’elle soit. En plus, s’il est vrai que ces luttes commencent sur une ligne réformiste des « droits humains », cela ne veut pas dire qu’elle reste enlisée dans les actions dites institutionnelles, mais qu’il s’agit d’analyser le paysage et en même temps d’augmenter l’intensité de la confrontation institutionnelle pour finir par la nier en tant « qu’autorités ».

Cela est commun et déborde la plupart du temps parce que tou-te-s les prisonnier-e-s les plus marginalisé-e-s et eploité-e-s nous nous sentons profondément pénétré-e-s par le mépris et la rancoeur de souffrir de l’impuissance, de l’injustice et de des abus les plus lâches que l’homme peut imaginer. Enchaîné-e-s quotidiennement, nos âmes dénudées face à la volonté des maîtres du monde, dirigé-e-s quotidiennement selon les caprices de l’administration fasciste qui maintient les privilèges de ceux qui gouvernent. Un cœur  trop serré par tant de mal peut héberger en son sein rancoeur, haine et vengeance.

Comment oublier qu’ils nous retiennent contre notre volonté et nous massacre silencieusement ? Comment ne pas penser avec haine quand on entend le compagnon se faire battre, ces pleurs de son âme bléssé à mort dans son orgueil, cet enterrement de l’humanité, ces barreaux, ces grilles, ces regards moqueurs et indifférents, ces mitards ? Comment oublier ces mateurs violeur d’intimités déflorées odieusement à travers les barreaux d’une cellule, ces dénigrements des personnes captives pour les pousser au suicide, à la folie ou au désespoir ? Comment un être humain peut survivre à cela et être normal ?

Cependant, qui s’intéressent à ce qui se passe en prison ? Réelement personne. La société n’a pas à se préoccuper de ce qui se arrive à une poignée de « délinquant-e-s » nuisibles à la société. Et surtout nous tou-te-s, qui sommes regroupons, vivons à ses dépends.

Peut-être ils ont le droit de nous mépriser et d’être avide de vengeance une fois qu’ils-elles nous tiennent entre leurs mains.

Cependant  nous ne leur reconnaissons pas le doit de se nommer « honnête citoyens ». Nous ne leurs reconnaissons pas le droits d’être libre selon leur lois alors qu’eux-même collaborent ensemble pour commettre un nombre incalculable de délits inscrits dans leur code pénal.

Ceux et celles qui dirigent leur haine contre nous, ne font que se haïr eux-elles-même à cause de leur immonde lâcheté.

Pour tout cela, j’espère que ce texte nous fera réfléchir un peu sur l’organisation et l’agitation extérieure. Elles ne doivent pas être activées uniquement dans les périodes de grève de la faim des compagnon-ne-s en prison, quand le temps est compté et que la mort peut surgir à chaque heure. Beaucoup voient de fausses victoires et cela fait que l’on ne pense pas à de nouvelles propositions et réflexions sur ce qu’il faut faire réellement.

Il est triste que pour que certains se mobilisent, ils faut que soient déjà passé 20 ou 30 jours de grève de la faim. Cela démontre qu’il y a des failles et des défaillance dans les formes de communication et d’organisation.

J’espère, donc, que par ces réflexions je puisse apporter une graine libertaire qui donne les fruits d’une plus grande réflexion pour agir avec plus d’efficacité et d’effectivité contre tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes.

 Avec amour et rébellion.

Fernando Bárcenas.

Traduit par les trois passants

Source Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

voir: [Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

Note: « Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »


Mexico: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE) annonce une grève de la soif à partir du 10 août 2015

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 14 août 2015 by liberonsles

Le 27 juin 2015 plusieurs prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève visent l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires.

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Communiqué de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

[après 48 jours de grève de la faim]

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre réalité comme esclaves de la société.

Nous sommes conscients que dans ce système, nous ne pouvons aspirer à être libres et donc à pouvoir exercer l’auto-détermination : la vie « civilisée », cette tentative de « société » de babiole pour ceux qui ont le pouvoir, pour ceux qui peuvent jouir de cela… ce n’est pas une vie, c’est un façon de végéter, d’être condamné aux chaînes étouffantes de l’esclavage domestique et du travail.

Nous refusons de devenir des serfs dociles d’un quelconque système autoritaire, quelque soit celui qui essaie de nous enfermer et nous faire taire…

Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous sommes ceux qui essaient de vivre aux dépens des riches et de leurs usines d’esclaves et ceux qui n’acceptons pas d’être apprivoisés, ceux qui font face à la société avec les mêmes armes, sans baisser la tête; parce que cela reste la manière la plus digne de faire face à cette réalité pourrie et comme il n’y a pas d’avenir mais une autodestruction silencieuse, nous décidons d’attaquer et de détruire le système qui a attaqué et détruit nos vies et nous a condamnés à l’esclavage carcéral.

La révolte ne se prépare pas, ni ne s’organise, elle surgit comme sa nature violente et désordonnée, nous faisons référence à l’éclatement d’insurrections quotidiennes propagées de manière diffuse par les rebelles qui se trouvent en tous lieux.

La révolte est une réalité sociale qui existe dans chaque coin de la terre et l’intention est de pouvoir la coordonner et ainsi la propager et canaliser les énergies collectives contre la vraie cause qui gêne l’être humain : l’État.

C’est cela la base de l’organisation informelle et diffuse, laissons de côté « les acronymes » et « les sigles ».

Nous ne nous connaissons pas, et si ça se trouve nous n’aimons même pas les mêmes choses, mais nous nous reconnaissons comme oppressés et cette seule affinité, quand elle nous prend et nous fait coïncider, nous rend sensibles à l’autre et par conséquent nous ressentons le besoin de dire à l’autre qu’il n’est pas seul, que même devant la soumission la plus abjecte, il existe quelqu’un qui partage encore le plaisir exquis de la dignité et de la révolte.

Pour cette raison, nous nous solidarisons avec le compagnon Jessi Alejandro Montaño.

Face à une action, une autre répond ; parce qu’ainsi nous communiquons et nous nous renforçons les uns aux autres.

À partir du 10 août 2015 nous cesserons d’ingérer des liquides et nous nous déclarons en désobéissance, comme un moyen de revendiquer notre liberté et notre droit à l’autodétermination face à n’importe quel système qui abuse de l’individu.

Les « compas » [compagnons] en grève de la faim qui participent à cette action sont : Julián López Barrón, Fernando Bárcenas Castillo depuis la prison nord de la ville de Mexico, et nous invitons ceux qui désirent se joindre à ce jeûne solidaire de 3 jours pour dénoncer les conditions d’isolement et de répression psychologique et physique que subissent ceux qui osent se rebeller et résister aux tortionnaires et domestiqueurs.

Pour l’extension de la révolte.

Parce que la solidarité entre prisonniers ne reste pas lettre morte.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.RE.

 

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
Correction Amparo

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ».

Fernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison »

Jesse Alejandro Montaño Sánchez, a été condamné le 12 janvier 2015 à 7 ans et 7 mois de prison pour le délit d’outrages à l’autorité.

Note de la CNA-Mexico : au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité. (Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

Nous relayons cette information et nous nous solidarisons avec les prisonniers en grève de la faim qui depuis le 27 juin dernière mènent une lutte déterminée contre le système carcéral non seulement en faisant référence à la prison nord, mais à tous lieux d’enfermement, si vous souhaitez envoyer un mail de soutien vous pouvez adresser votre mot de soutien à notre adresse mail. [liberonsles@riseup.net]

Voir : MEXIQUE – La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

MEXIQUE: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 juillet 2015 by liberonsles

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Ville de Mexico, juillet 2015

Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Depuis le 27 juin dernier plusieurs prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim pour protester contre les abus constants, les mauvais traitements et les tortures que le personnel pénitentiaire fait subir à la population carcérale. Certains de ces prisonniers qui avaient entamé cette grève de la faim ont depuis été libérés, en revanche ceux qui poursuivent la grève de la faim sont au nombre de 3 dans le Centre Pénitencier Nord et un autre dans le Pénitencier Sud.

Une conférence de presse a eu lieu le 24 juillet, parmi les participants étaient présents :

-Ana María Castillo Rivas (Mère de Fernando Bárcenas, prisonnier en grève de la faim).

-Jorge Mario González García (Ex prisonnier politique du GDF détenu le 2 de octobre 2014)

-Cruz Negra Anarquista de México ( qui suit le cas de Fernando Barcenas)

-Message des grévistes de la faim ( Communiqué ci-dessous dans son intégralité)

-Membres de l’équipe médicale solidaire

Les familles, amis et compagnons des prisonniers en grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo, en résistance dans le Centre Préventif masculin Nord et dans le Centre Préventif masculin Sud – à la date de cette conférence les prisonniers en sont à leur 28ème jour de grève de la faim – ont pour objectif de rendre visibles les abus et mauvais traitements dont les détenus sont l’objet dans les prisons de la Ville de Mexico.

“Cette grève de la faim est le résultat d’un processus collectif d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits à différentes étapes de leurs procès, mais qui ont tous en commun : le fait d’avoir vécu personnellement des procès que le système carcéral mène ici dans cette ville de Mexico, la plupart sont bourrés d’inconsistances juridiques, d’erreurs ou d’omissions qui entraînent de façon automatique l’augmentation de la population carcérale”, a assuré Jorge Mario González García, ex prisonnier.

Par ce communiqué, les jeunes prisonniers ont demandé à la population d’ouvrir les yeux sur les prisons où les droits humains des détenus sont régulièrement violés et où les gardiens “commettent des abus, tabassent impunément, torturent physiquement et psychologiquement les détenus en totale impunité”

Après 25 jours de grève de la faim, un groupe de “médecins solidaires” a obtenu un permis de visite pour examiner les trois détenus du Pénitencier Nord et établir un certificat médical de leur détérioration physique.

“L’état général de ces jeunes est une grave malnutrition et il est très important que le gouvernement de la capitale nous laisse entrer dans les pénitenciers pour procéder à tous les examens nécessaires auprès de ceux qui sont en grève de la faim. », a affirmé Avelina Landaverde, nutritionniste de l’équipe de santé solidaire.”

Par ailleurs, Ana María Castillo, mère de Fernando Bárcenas, un des jeunes en grève de la faim, a dénoncé le fait que son fils a été arbitrairement détenu le 13 décembre 2013, lors d’une manifestation contre l’augmentation des tarifs du Métro de la ville de Mexico.

“ Dès son arrestation Fernando a été maintenu au secret, porté disparu, tabassé, menacé et humilié par les services de police du renseignement, le ministère public et autres fonctionnaires… son procès pénal a lui aussi été bourré d’éléments arbitraires et il a été condamné sans preuves”, a déclaré Ana María.

Dans un communiqué émis par Fernando Bárcenas celui-ci déclarait:

“Nous en avons marre d’être marginalisés, exclus du droit à la vie; nous n’acceptons pas d’être considérés comme des délinquants alors que le crime s’élabore, au contraire, dans les plus hautes sphères et postes de pouvoir politique. Nous sommes fatigués d’être stigmatisés alors que le premier à utiliser la violence est le système lui-même.

Nous ne pouvons plus continuer à permettre le règne de l’arbitraire; les prisons sont du terrorisme, les tabassages des gardiens sont du terrorisme, les vexations et humiliations du conseil technique sont du terrorisme. Oui, la prison ne sert à rien, lorsque l’on prétend nous réinsérer, on ne se préoccupe en rien de la vie des personnes, alors allez-y continuez, marginalisez-nous, expulsez-nous de votre “société modèle” mais sachez que nous ne serons pas disposés à accepter vos règles et normes.

La liberté ne pourra exister qu’à partir du moment où tous les déshérités, tous les moins que rien, pourront avoir la certitude que le seul fait d’être pauvre ne les enverra pas pourrir dans une cellule”.

“ Cette grève de la faim à un objectif différent à celui qu’en général on entend lors d’une grève de la faim, il ne s’agit plus d’une forme de martyr; c’est un mouvement social qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Après un échange avec la mère de Bárcenas, un Appel International en Solidarité avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E) a été lancé dont une copie a été remise à la Direction de la Prison Nord et de la Prison Sud ainsi qu’à la Commission des Droits Humains “Nous avons connaissance des diverses intimidations pratiquées dans les prisons, comme celles du 17 juillet subies par Fernando Bárcenas Castillo, José Santiago Hernández y Julián López Barrón lorsqu’ils ont été convoqués par le conseil technique de la prison nord accusés d’avoir “violé les droits humains” d’un policier de la prison. Face à la lutte que les prisonniers du C.I.P.R.E. ont entrepris, toute une série d’irrégularités se sont multipliées comme mode de punition et d’isolement, restreignant les visites, bloquant les examens médicaux ainsi que l’introduction de liquides nécessaires à leur santé. Après plus de 20 jours de grève de la faim nous exigeons que soit autorisée l’entrée permanente de l’équipe médicale solidaire et de confiance afin d’examiner les prisonniers en grève de la faim, l’entrée des liquides nécessaires à leur santé (eau, miel) ainsi que l’entrée des visiteurs et de leurs accompagnants…Notre solidarité ne s’inscrit pas dans une logique de reproduction de la victimisation des compagnons en grève de la faim, il s’agit au contraire d’une position politique qui s’oppose au système carcéral, pénitentiaire qui prétend laisser dans l’oubli, l’abandon et l’isolement des centaines de prisonniers et prisonnières »…

« Notre solidarité s’inscrit dans une large lutte qui dépasse les barreaux, les murs et les espaces géographiques pour construire un échange permanent et nécessaire entre les prisonnier-e-s et ceux qui sont à l’extérieur des murs. Nous ne luttons pas pour les prisonniers mais à leurs côtés, dans un mouvement d’aller-retour, échange indispensable pour détruire les préjugés qui tendent à séparer l’extérieur de l’intérieur, échange nécessaire à la destruction des systèmes de domination, d’extermination, d’autoritarisme et d’isolement dont nous souffrons tous quel que soit le lieu et l’instant… Dans ce contexte, la lutte menée avec leurs propres corps a contribué au développement des mobilisations et d’actions solidaires qui s’inscrivent dans une lutte bien plus ample contre toutes les formes de domination et d’oppression qui nous entourent, y compris au dehors des murs de la prison ».

Différentes activités se développent en solidarité avec les prisonniers de la CIPRE. Dès maintenant, dans la capitale, les collectifs et groupes solidaires annoncent pour le 27 juillet un rassemblement à 18 heures devant la PGR (Police Générale de la République).

Liberté immédiate pour les membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E).

Nous restons vigilants, réactifs et solidaires

A bas les murs de toutes les prisons !

Mexico, juillet 2015

Par Les trois passants

________

Traduction Amparo

Plus d’infos: Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Voix depuis la prison (grève de la faim) Fernando Barcenas Castillo

A 33 dias de Huelga de Hambre, Cruz Negra Anarquista de Mexico

Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 30 juillet 2015 by liberonsles

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE GRÈVE DE LA FAIM DE LA C.I.P.R.E.

Mexico, 24 juillet 2015

Depuis le 27 juin 2015, huit prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont débuté une grève de la faim à durée indéfinie. Les grévistes sont Fernando Barcenas Castillo, prisonnier politique détenu depuis le 13 décembre 2013, Bryan Reyes et Jaqueline Santana étudiants détenus et faussement accusés d’un supposé vol, ainsi que d’autres prisonniers, qui se sont organisés en Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance pour protester contre les mauvais traitements, les tortures, les extorsions et la corruption qui règnent à l’intérieur des prisons de la ville de Mexico.

Cette grève de la faim collective est le résultat d’un processus d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits et à diverses étapes de leurs jugements, mais qui ont quelque chose en commun : ils ont vécu personnellement les processus pénaux que le système pénitentiaire de cette ville met en œuvre. La majorité de ces processus sont entachés d’inconsistances, d’erreurs et/ou d’omissions ; ils entrainent directement l’augmentation de la population pénitentiaire. Ce système pénitentiaire ne cherche pas à résoudre les problèmes sociaux, mais tout simplement à punir, terroriser et contrôler la population.

À l’intérieur des prisons, on ne pratique pas la ré-insertion sociale, qui n’intéresse ni ne convient aux autorités. Pour que les prisons continuent à fonctionner la « délinquance » doit exister. Et ces centres pénitenciers sont une grande fabrique à délinquance. Combien de jeunes sont entrés en prison accusés de délits non-graves ? Et parce qu’ils ne peuvent pas payer un avocat ou une caution ils doivent passer des années enfermés. Et qu’apprennent-ils à l’intérieur des murs ? Certainement pas à se réinsérer dans la société ; la preuve en est le taux élevé de récidive. La majorité de la population pénitentiaire vit un cercle vicieux de pauvreté, violence, délits et enfermement.

Et la prison n’est certainement pas la solution à cela.

Face à cette situation naît la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance, une proposition d’organisation depuis l’intérieur même des prisons et un puissant cri qui cherche à secouer les consciences pour que nous tournions notre regard vers ces lieux d’oublis que sont les prisons. Il s’agit de rendre visible le grand commerce que les autorités de toutes couleurs et niveaux réalisent avec la souffrance de milliers de prisonniers ainsi qu’avec celle de leurs familles : paiements illégaux pour n’importe quoi, de l’entrée des visites au passage de nourriture, etc, le contrôle de la vente de drogues et d’alcool, l’exploitation du travail des détenus, en les convertissant en esclaves modernes sous prétexte de réinsertion sociale, tout en gagnant de juteux bénéfices pour les autorités et les entreprises impliquées.

A travers cette grève de la faim, la C.I.P.R.E. nous lance un appel désespéré à regarder l’intérieur des prisons et ainsi observer comment les gardiens commettent des abus, frappent impunément, torturent physiquement et psychologiquement en totale impunité et bien souvent avec la complicité de ceux qui sont sensés surveiller pour que cela ne se passe pas, comme la Commission des Droits Humains du District Fédéral.

Après 28 jours de protestation plusieurs grévistes ont été libérés : Bryan Reyes et Jaqueline Santana, mais aussi Irwin Garcia Reyes. Un prisonnier, Luis Lorenzo Urgell, a abandonné la grève suite à des pressions exercées par la direction de la prison.

Aujourd’hui les jeunes Luis Fernando Barcenas Castillo, Julian Lopez Barron et Jose Santiago Hernandez dans la prison Nord et Jessi Montano dans la prison Sud continuent la grève de la faim. Leurs exigences n’ont pas reçu de réponses ni de la part des autorités pénitentiaires ni de la part de la Commission des Droits Humains du District Fédéral.

En tant que familles, amis et compagnons des grévistes de la C.I.P.R.E. nous nous prononçons pour la résolution de leurs justes revendications et demandons aussi que l’on arrête de bloquer le travail de l’équipe médicale solidaire, qui plusieurs fois s’est vue refuser l’accès à la prison alors qu’elle venait évaluer l’état de santé des manifestants, ce qui est une violation de leurs droits.

Pour la liberté de tous !

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Traduction : Les trois passants / Correction Val

Sources :

Informaciones relativas a la huelga de hambre de la CIPRE- Cruz Negra Anarquista de Mexico
Huelga de la CIPRE , sobre los presos que llevan 28 dias en huelga de hambre
Huelga de Hambre buletin de prensa

(note) Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

[Mexico] Tou-te-s les détenu-e-s du 6 juillet sont libres !

Posted in compas anarquistas, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 7 juillet 2015 by liberonsles

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Durant la nuit du 6 juillet plusieurs personnes ont été libérées après avoir dû payer une amende de 70 pesos pour une supposée « faute civique ».

Le lendemain à 6h30, les 2 dernier-e-s détenu-e-s du 6 juillet, Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría, ont été libéré-e-s après avoir dû payer une caution de 19200 pesos chacun-e. Elle et il risquent de devoir faire face à un procès pour outrage.

Tou-te-s les détenu-e-s du 6 juillet sont donc libres.

Les prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance continuent leur grève de la faim.

La lutte continue pour eux et tou-te-s celleux qui sont encore enfermé-e-s.

À bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants.

Mexico : Agressions et détentions lors du rassemblement en solidarité avec les prisonniers en grève de la faim.

Posted in Communiqués, compas anarquistas, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 7 juillet 2015 by liberonsles

Mardi 6 juillet avait lieu un rassemblement devant le Sous-secrétariat de l’Administration Pénitentiaire à Mexico. Ce rassemblement se réalisait en solidarité avec les prisonniers de Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance qui sont actuellement en grève de la faim.

La police anti-émeute de la ville de Mexico était présente et a attaqué et frappé les manifestant-e-s faisant plusieurs détenu-e-s.

Actuellement 2 personnes, Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría , sont toujours détenues suite à ce rassemblement, elles sont accusées d’outrages. Une caution de 20.000 pesos est demandée pour leurs libérations.

Nous nous solidarisons avec Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría.

À bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants.

Ci-dessous la vidéo de l’agression (source : Subversiones Agencia Autnónoma) :

Ci-dessous le communiqué de solidarité de Red contra la Represión y la Solidaridad (RvsR) :

Solidarité avec ceux et celles détenu-e-s le 6 Juillet par le Gouvernement du District Fédéral [Ville de Mexico]

Aujourd’hui, 6 juillet 2015, la police du Gouvernement du District Fédéral, qui agit selon une politique de criminalisation de la protestation sociale et contre des compagnonnes et compagnons anarchistes à travers une politique répressive et autoritaire héritée des précédentes administrations, a agressé, frappé et arrêté des compagnonnes et compagnons qui se solidarisaient avec la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance.

Durant un meeting devant le Sous-secrétariat de l’Administration Pénitentiaire, à Calzada de Tlalpan, les manifestants ont été agressés par un nombre disproportionné de policiers anti-émeutes, qui les ont frappés, ainsi qu’une dame qui passait par là avec sa fille.

Suite à ces arrestations, sont toujours détenu-e-s Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría, il leurs est demandé, comme le ferait n’importe quel groupe criminel non gouvernemental, des rançons pour leurs libérations, (ils appellent cela des cautions) pour le simple fait de s’être solidarisés avec leurs compagnons injustement prisonniers.

Nous rejetons, encore une fois, les attitudes violentes, répressives et autoritaires du Gouvernement du District Fédéral [ville de Mexico], dirigé par l’employé des propriétaires de l’argent, Miguel Ángel Mancera et ses incontrôlables bêtes de combat.

Nous nous solidarisons avec Yazmín Núñez Hernández et Víctor Alegría, nous restons attentifs.

Prisonnier-e-s politiques liberté !

Contre le pillage et la répression : La Solidarité !

Red contra la Represión y la Solidaridad
(RvsR)

Traduction : Les trois passants.

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Voir le Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

[Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 3 juillet 2015 by liberonsles

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Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

La répression silencieuse, l’isolement prolongé et l’impossibilité de communiquer sont des formes de torture pratiquées par l’administration pénitentiaire afin d’assassiner la résistance, tuer la force morale et faire plier les volontés.

Cette grève de la faim collective est un signal, un « J’accuse » collectif qui fait connaître et dénonce l’absurde supercherie qu’est la prison. L’inexistence de ce que l’on appelle “ré-insertion sociale” pour justifier et mettre en place l’exploitation des prisonniers, commerce obscur et vil mis en place par des syndicats du crime, dont la politique est la conséquence d’une soumission absolue du prisonnier à la classe gouvernante de la prison.

Nous nous rejoignons dans le refus de reconnaître les “autorités” pénitentiaires, car nous ne sommes pas disposés à les laisser continuer à nous assassiner en silence…

Nous dénonçons aussi la collaboration et la complicité de la CDHDF (Commission des Droits de l’Homme de la ville de Mexico), puisque les visiteurs ont dit qu’il ne leur était pas permis de rendre visite aux membres de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance.

En plus de cela, l’administration nous a effrayés et menacés pour nous faire renoncer aux dénonciations pénales et aux plaintes que nous avons déposées, en envoyant aussi des groupes de choc qu’elle promeut à cause des mesures d’austérité.

Nous ne sommes disposés à reconnaître l’autorité d’aucun criminel de l’État. Nous sommes fatigués d’être marginalisés sous le prétexte d’être des “délinquants”, alors que le premier à utiliser la violence est le système.

Hier samedi 27 juin, lorsque nous nous sommes déclarés collectivement en grève de la faim, le passage à la zone de gouvernement nous a été refusé, et nous nous sommes confrontés aux gardiens qui ont répondu de manière agressive et violente.

Il faut aussi souligner que notre compagnon en grève José Santiago Hernández a été emprisonné et condamné 8 mois avant sa majorité.

Suite à cela, nous avons été emmenés à l’isolement dans la zone 1 des arrivées. Ils prétendent nous maintenir toute la journée en isolement à l’intérieur de la cellule, ce que nous assimilons à une mesure répressive supplémentaire. Il nous a été interdit d’avoir accès à la radio et à nos instruments de musique, qui n’ont d’autre objet que la récréation culturelle. Ils veulent ainsi nous épuiser mentalement.

Nous n’avons rien d’autre à dire que cela : nous ne nous rendrons pas tant que séviront les abus et la domination, tant que les prisons (commerce de la mafia de l’État) ne seront pas à terre et que les murs ne seront pas réduits en miettes…

Pour la dignité, la vie et la liberté !
Parce que la solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas un simple mot !

Fernando Bárcenas Castillo
(A)
Que tombent les murs des prisons ! Que la peur change de camp !

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Traduit par les trois passants
Correction Valérie
Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA- Mx)

Des nouvelles de Fernando Bárcenas

Voir le Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

[Mexico] Déclaration collective. Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance en Grève de la faim

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 3 juillet 2015 by liberonsles

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Déclaration collective. Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance en Grève de la faim :

Il ne fait aucun doute que le désintérêt général et l’indifférence des “autorités” ont fait de mesures violentes comme la torture, l’abus de pouvoir et les mauvais traitements des procédures communes de l’activité pénitentiaire.

Dans ce contexte de répression silencieuse et cachée, nous avons commencé diverses actions pour ne pas reconnaître ces pratiques autoritaires et dénoncer, avant tout, les irrégularités dont nous sommes l’objet. En effet, certains de nos compagnons ont déjà par le passé porté plainte au niveau pénal contre des serviteurs et fonctionnaires de l’État qui n’ont pas respecté le règlement et les articles de la Constitution, tels que nos garanties et droits humains consacrés dans la Constitution et les traités internationaux.

Nous reprenons le slogan “la réinsertion sociale n’existe pas”, puisqu’en prison se crée et se fomente la fabrication de la “délinquance” à des fins d’exploitation politique et économique, qui la convertit en un commerce de l’État. En prison, on extorque la population carcèrale par des ponctions écononiques et on fait payer illégalement les prisonniers pour être inscrit sur la liste des prisonniers autorisés à recevoir des visites et il y a bien d’autres anomalies.

La cruauté, la torture, l’enfermement et la sur-population n’apportent aucune solution au problème majeur de l’inégalité sociale, de l’opulence de certains et de la misère de la majorité…

Ils nous ont menacés et intimidés pour nous réprimer et nous essouffler, et pour que nous retirions nos dénonciations et nos plaintes. C’est pour cela que nous rendons responsables de notre intégrité physique et psychologique les autorités administratives pénitentiaires de la prison où nous nous trouvons – la Prison Préventive des Hommes Nord – son directeur Lic. Rafael Oñate Farfán, le sous-secrétaire du Système Pénitentiaire Hazael Ruiz et le chef de gouvernement de la ville de Mexico Miguel Ángel Mancera, puisqu’à partir du 27 juin 2015 et de manière indéfinie, nous nous déclarons en grève de la faim, moyen pacifique et légitime de protester face à l’arbitraire auquel nous sommes confrontés : en effet, nous ne sommes pas disposés à tolérer ni à accepter plus d’abus ni de violations institutionnelles.

C’est pour cela que nous disons : « ça suffit ! »
Parce que la solidarité entre prisonniers n’est pas un simple mot !

Julián López Barrón (dortoir 3 bis)
Brayan Reyes Rodríguez (anexe 3-1-8)
Irwin García Freire (anexe 8-2-3)
Luis Lozano Urgell (dortoir 8 bis)
Luis Fernando Bárcenas Castillo (anexe 3-1-8)
José Santiago Hernández (dortoir 3 bis)

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Traduit par les trois passants
Correction Valérie

Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA-MX)

Voir: [Mexico] Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

[Mexico] Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 30 juin 2015 by liberonsles

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Note de la CNA (Croix Noire Anarchiste, Mexico) : aujourd’hui 27 juin divers prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève s’articulent autour de l’exigence de l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que de la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires. Elle dénonce également le commerce d’exploitation sexuelle auquel sont soumises les prisonnières.

Au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité.

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Grève de la faim collective- Coordination des prisonniers en résistance

Pour les revendications suivantes :

1 – arrêt des mauvais traitements et de la torture dans toutes les prisons aussi bien en paroles qu’en pratique

2- Fin de la répression silencieuse exercée par l’institution en collaboration avec le CDHDF (Commission des Droits de l’Homme du District Fédéral)

3- Mise à l’écart de la population pénale de tout gardien de prison ou fonctionnaire dénoncé pour mauvais traitement

4- Abandon total de toutes les mesures d’austérité mises en œuvre au niveau mondial dans les prisons soumises aux intérêts économiques et politiques

5- Application du protocole d’Istanbul sur la torture pour tous les détenus

6- Élucidation et abandon des poursuites pénales du cas 148/201H du compagnon José Santiago Hernández condamné et emprisonné 8 mois avant sa majorité.

7- Respect et considération dus aux familles des prisonniers lorsqu’ils se trouvent à l’intérieur des pénitenciers.

8- Stop à l’enrichissement illicite basé sur l’exploitation des prisonniers

9- Stop à l’enrichissement illicite des fonctionnaires basé sur l’exploitation sexuelle des détenus des pénitenciers tant féminins que masculins

10- Rupture de la relation de complicité entre l’administration et l’unité médicale, fin des négligences médicales et traitements inhumains

11- Ouverture d’espaces supplémentaires culturels et artistiques ainsi que de travaux rémunérés pour les prisonnier-e-s ; les quelques uns existants étant réservés et sous contrôle de l’administration

12- Démission du personnel membre actif du Conseil Technique dans toutes les prisons du D.F. et création des mécanismes nécessaires pour éliminer la corruption et l’autoritarisme de l’administration et de l’encadrement.

13- Assez de jugements et de répression en raison de nos activités de protestation auxquelles nous contraint le mauvais fonctionnement de l’administration pénitentiaire.

14- Assez de violation des données personnelles et de la correspondance à des fins d’extorsion, de racket, d’intimidation et de confiscation de matériel informatif.

Nous dénonçons aussi la situation d’isolement et d’incommunicabilité dans laquelle se trouve le compagnon Jessi Alejandro Montaño pour avoir mené une journée de lutte et de résistance entendant ainsi tracer clairement une ligne de mépris et de rejet de l’autorité pénitentiaire.

Coude à coude avec nos frères et sœurs, face à face avec l’ennemi !

Parce que la solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas seulement un vain mot écrit !

Coordination des prisonniers en résistance

Traduction Amparo

Diffusé par la CNA (Croix Noire Anarchiste, Mexico)

Voir le Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

[Mexico] Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

Posted in Communiqués, Ville de Mexico on 30 juin 2015 by liberonsles

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MEXIQUE : Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA- Mx)

Note CNA- Mx : A propos de Fernando Bárcenas : Il aurait théoriquement dû être présenté à partir du 24 juin durant la séance du Conseil Technique du Pénitencier Nord pour déterminer s’il devait ou non être sanctionné. Cependant, la matinée s’est terminée sans que le compagnon ne soit appelé. A l’extérieur du pénitencier les compagnon-es solidaires se sont rassemblés pour dénoncer les tortures, les abus et mauvais traitements qui ont lieu quotidiennement derrière ces murs. Des mots d’ordre en solidarité avec Fernando ont été criés élargissant les liens de solidarité avec Fernando et la lutte qu’il mène. La session du CT (Conseil Technique) s’est conclue à 14 h, sans que le compagnon ne soit appelé. Le rassemblement a pris fin à la même heure, nous continuons cependant à êtré vigilants à ce que qui pourrait se passer avec nos compagnons séquestrés et enfermés dans le pénitencier Nord.

Le message suivant nous est parvenu de l’intérieur de la prison afin que nous le diffusions.

« Ils essaient de m’accuser de façon arbitraire et mensongère à cause du travail d’organisation qui est en train de surgir ces derniers mois à l’intérieur de la prison. Il y a eu des affrontements continus avec la police et les administrations ; il faut qu’il soit clair qu’il ne s’agit pas de situations isolées, parce que comme membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance dispersés dans différents pénitenciers du District Fédéral (Ville de Mexico) nous avons été réprimés pour avoir mené des actions de désobéissance et de rejet ignorant les fonctions pénitentiaires car nous les considérons non seulement inutiles mais aussi préjudiciables ». Fer Barcenas

C.I.P.R.E (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’état car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle.

Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés et limités par l’ostracisme pratiqué à notre encontre ; l’état constant de non défense dans lequel nous nous retrouvons tous en raison de l’existence de ces structures vaines, inutiles que sont la prison… Nous autres nous n’acceptons pas leurs « traitements » parce que nous ne reconnaissons pas la légitimité « morale » de ces bandits et voleurs organisés en syndicats du crime qui fondent leur critère sur l’acceptation de la soumission et de l’obéissance de nous envers eux et elles. Nous disons ça suffit et c’est pour cela que nous nous organisons pour faire cesser la répression et la torture, l’exploitation à laquelle nous sommes soumis pour que ne se répètent jamais plus les situations similaires ni en prison ni dans aucun autre lieu occupé par l’avant garde fascistoïde déguisée en gouvernement démocratique.

Pour la liberté et le respect à la vie
Parce que solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas seulement un vain mot écrit
Nous vous encourageons à rompre avec l’inertie et la passivité

Mercredi 24 juin à 10 h auront lieu les audiences définitives qui détermineront la sanction ou l’acquittement des charges qui pèsent sur ma personne [Fernando Bracenas], sans oublier le compagnon Bryan Reyes Rodríguez qui a reçu un avertissement pour avoir déposé une plainte dénonçant un harcèlement sexuel ; la compagnonne Jacqueline Selene Santana López à qui l’on a confisqué du matériel de diffusion informatif au prétexte qu’il s’agissait d’incitation à la rébellion ; n’oublions pas non plus le compagnon Jessi Alejandro Montaño qui se trouve à l’isolement et privé de visites pour avoir mené une journée de désobéissance et de répudiation à l’autorité pénitentiaire en faisant appel à son humanité et en refusant de porter l’uniforme de prisonnier.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

Traduction Amparo

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Fernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison ». Plus d’infos

Dans le cadre des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa de nombreuses personnes ont été arrêtées, dans ce contexte, le 15 novembre 2014, deux étudiants Jacqueline Santana et Bryan Reyes ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral. Le 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée.

Jesse Alejandro Montaño Sánchez, a été condamné le 12 janvier 2015 à 7 ans et 7 mois de prison pour le délit d’outrages à l’autorité .

OAXACA : Message de la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s.

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués, compas anarquistas, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico, Yaquis, Sonora on 24 juin 2015 by liberonsles

libresahora

Près d’une vingtaine de collectifs se sont réunis pendant deux jours à Oaxaca s’efforçant de partager, réfléchir, écouter, comprendre et de s’entendre entre ceux qui continuent dans la lutte contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s.

Aux environs de midi Alvaro Sebastián Ramírez, une fois de plus, a rompu l’enfermement en déclarant de façon directe l’ouverture de ces journées de travail. Et y compris depuis les territoires de Ricardo Flores Magón les familles et compagnon-ne-s de Abraham Cortés, Luis Fernando Sotelo, Juan Antonio Gómez, Silvano, Mario Aguilar Silvano,Roberto Gómez Hernández, Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez,Esteban Gómez Jimenez, Fernando Jiménez, Lorenzo Sánchez Berriozábal, Librado Baños et Miguel Peralta Betanzos, ont transmis à chacun d’entre nous leur ténacité.

Fernando Bárcenas et Rómulo Arias Mireles sont arrivés à la rencontre par leurs écrits rédigés de leurs propres mains. Les voix claires et dignes de Alejandro Díaz Sántiz, Mario Luna Romero et Álvaro Sebastián Ramírez ont raisonné pour rappeler que cette lutte n’est pas pour les prisonniers et prisonnières, mais avec eux et elles, ils ont réaffirmé que ce sont nos compagnonnes et compagnons actuellement otages du pouvoir qui sont la colonne vertébrale de toutes les actions et initiatives.

Nous avons à nouveau écouté avec douleur et rage que l’appareil répressif du capital connu sous le nom d’État continue d’engendrer des pratiques, des discours et des ordres proférés par sa voix génocide. C’est en s’abritant derrière ce mur qu’il se permet de poursuivre les détentions de jeunes et d’étudiants qui ont le seul tort d’exprimer leur ras le bol de ce système d’extermination ; les emprisonnements d’indigènes par le biais de mensonges fabriqués de toutes pièces ne sont pas des irrégularités, ils sont l’expression raciste contre leur langue et leur culture pour favoriser les grandes entreprises qui cherchent à transformer la terre et le territoire en une marchandise ; l’expression de leur classe se traduit par le coût exorbitant de ce qu’ils osent appeler « cautions » et qui ne sont qu’une extorsion abjecte par des voleurs de petite envergure ; en toute impunité et démontrant que leurs lois ne servent qu’à maintenir une fiction qu’ils cherchent à présenter comme réalité, les directeurs des maisons d’arrêt agissent comme de parfaits tyrans en empêchant les rencontres entre compagnon-ne-s de lutte ; dans ces centres d’extermination, la culture patriarcale adoptée par le capitalisme est manifeste, se livrant à toutes sortes de vexations contre les femmes lors des fouilles à l’entrée ; de leur côté les soit-disant « juges » ne sont rien d’autre que les nouveaux bouffons d’une cour commandée par les seigneurs de la potence et du couteau.

En résumé, nous réaffirmons que la répression est le rouage le plus ignoble et obscur du système capitaliste, qu’il s’agit toujours de la même réponse donnée lors des actions qui se sont opposées à d’autres grands mensonges du cirque pathétique appelé « démocratie », dans les états du Guerrero et d’Oaxaca. Nous le disons haut et clair, ce n’est pas notre chemin, devant les fausses alternatives, notre option sera toujours celle de l’organisation en bas et à gauche et en marge de toute institution de l’État et du pouvoir financier.

Face à cette tourmente, les murs des prisons se fissurent, avec l’enthousiasme dans le cœur nous voulons vous faire partager notre connaissance d’expériences qui se livrent depuis les tranchées de la prison. Elles sont nombreuses et les fissures variées, nous en trouvons certaines dans les coordinations internes des prisonnier-e-s ; dans la construction de bibliothèques ; dans l’élaboration de journaux et d’articles d’opinion ; par la participation à des forums, des rencontres, des festivals et des tables rondes, par le biais d’appels téléphoniques et de messages écrits ; par l’enregistrement de messages-vidéos ; de fait, la stratégie d’isolement du pouvoir est mise en échec par les nombreuses tactiques que les prisonnier-e-s ont développé avec créativité et dignité.

Bien des réflexions sont restées en suspens et dans le cœur, mais nous réaffirmons que notre lutte est contre toute forme d’oppression, qu’accompagner ne signifie pas se substituer, que ce qui est important ce n’est pas s’emparer de l’outil juridique mais de s’en servir comme d’un burin pour mettre à nu la mesquinerie procédurière ; que l’échange d’idées et de concepts n’est pas synonyme d’homogénéisation conceptuelle, que nous ne luttons pas pour les prisonnier-e-s mais à leurs côtés.

Tout ce flot de sentiments a été alimenté par les messages envoyés par nos compagnonn@s de l’Europe sociale, nous accusons réception de leurs paroles et de leurs encouragements. Compagnons et compagnonnes de la Confédération Générale du travail (CGT) de l’État espagnol et Les trois passants de France, sachez que vos pas nous accompagnent et nous remplissent de force et de joie, recevez de notre part et pour chacun d’entre vous une forte accolade et continuons à faire de la solidarité un des actes les plus merveilleux qui puisse exister entre compagnon@s, frères et sœurs.

C’est ainsi, nous apportons et emportons nombre de « on doit » et de tâches à accomplir, nous n’en ferons pas l’inventaire point par point, convaincus que nous sommes, que la plus grande expression de la solidarité ne réside pas dans les mots d’ordres et dans les longues listes, mais dans les faits quotidiens, comme l’a toujours été et le sera toujours ce vertigineux chemin vers la liberté.

Nous sommes conscients qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre et à marcher, pour cela, nous continuons à déclarer que la lutte contre la prison et pour la liberté nous la construisons nuit et jour, à partir de toutes les formes possibles, moyens et temps de chacun, gardant toujours comme principal repère éthique pour agir, le compagnon, la compagnonne prisonnière, sachant qu’ils ne sont ni des victimes ni des héros, mais tout simplement des compas qui ne se vendent pas, qui ne se rendent pas, qui n’abandonnent pas.
Parce que comme l’a déclaré Álvaro Sebastián Ramírez:  « Lutter contre la prison c’est lutter contre l’extermination »

Liberté pour Abraham Cortés!
Liberté pour Alejandro Díaz Sántiz!
Liberté pour Álvaro Sebastián Ramírez!
Liberté pour Emilio Jimenez Gomez!
Liberté pour Esteban Gómez Jimenez!
Liberté pour Fernando Jiménez!
Liberté pour Juan Antonio Gómez Silvano!
Liberté pour Librado Baños!
Liberté pour Lorenzo Sánchez Berriozábal!
Liberté pour Luis Fernando Sotelo !
Liberté pour Mario Aguilar Silvano !
Liberté pour Mario Luna Romero!
Liberté pour Miguel Peralta Betanzos!
Liberté pour Roberto Gómez Hernández!
Liberté pour Santiago Moreno Perez!

A bas les murs de toutes les prisons ! Prisonnier-e-s dans la rue !

Liberté pour  les prisonnier-e-s politiques !

Contre le pillage et la répression : Solidarité !

Réseau contre la répression et pour la Solidarité (RvsR)

Traduction Amparo

Source (esp) : Enlace Zapatista
Voir Présentation des personnes arrêtées et des collectifs participants à cette rencontre

Solidarité avec la Croix Noire Anarchiste de Mexico

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas on 19 juin 2015 by liberonsles

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À la Croix Noire Anarchiste de Mexico
Aux compagnon-n-e-s solidaires de tous lieux

18 juin 2015

Face à la surveillance, au harcèlement, à la persécution, à l’intimidation et à l’autoritarisme du pouvoir, nous voulons vous dire, au travers de ces quelques lignes, que nous sommes attentifs à la situation que vous vivez en ce moment, et que vous avez subie pendant de nombreuses années. Nous vous disons que cette alerte, comme vous le signalez, n’est malheureusement pas seulement locale, c’est une situation constatée dans plusieurs parties du monde au cours des derniers mois ; le lynchage, la stigmatisation de personnes, de collectifs et d’espaces solidaires autonomes, se sont produits dans différents coins du monde, telle une pratique sale et spécifique à l’État et à celles et ceux qui, d’une façon ou d’une autre, travaillent pour lui.

Ceux qui détiennent le pouvoir ont peur, de l’agir libertaire et anarchiste, mais ils ont peur aussi du fait qu’au travers de celui-ci, celles et ceux qui s’y reflètent de manières diverses, ont réussi à construire un réseau de solidarité et de compañerismo qui n’a pas de frontières, ni de chaînes, qui lutte de manière incessante pour défaire les préjugés stupides. Aujourd’hui nous sommes ici compagnons,compagnonnes, car ce qui nous lie est intemporel, ce n’est ni une avant-garde, ni une rage passagère, ni un caprice subversif – comme nous l’entendons de la bouche de ceux et celles qui dénigrent cet effort collectif de solidarité -.

Ainsi, à travers ces lignes, nous vous réitérons notre appui inconditionnel, notre solidarité totale et nous restons non seulement attentifs, mais aussi prêts à réagir à toute éventualité.

Nous répondons à cet appel solidaire que vous avez lancé publiquement et nous lui faisons écho et résonance, car cette persécution, ce lynchage et cette stigmatisation, nous l’avons non seulement subi dans différentes circonstances et moments, nous qui accompagnons et marchons avec les compagnons et les compagnonnes prisonnier-e-s, non seulement dans une logique de dénonciation, mais aussi d’apprentissage, de soutien mutuel, d’aller et de retour, d’échange sincère et tout cela contextualisé dans une lutte anti – carcérale. Cette lutte qui ici et maintenant dépasse les murs et les grilles, et transcende vers la construction permanente de la liberté inconditionnelle de toutes celles et ceux qui ne veulent pas vivre surveillé-e-s, soumis-e-s, agenouillé-e-s, enchaîné-e-s, oppressé-e-s, et humilié-e-s par l’orgueil du pouvoir.

Courage compagnons et compagnonnes, nous avons partagé des moments agréables, de joie, des batailles gagnées même petit à petit, aujourd’hui dans ces moments de lynchage et de harcèlement permanent, nous sommes à vos côtés, parce que nous sommes, cela, des compagnons et compagnonnes.

¡No pasarán!

¡Abajo los muros de las prisiones!

Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA)
Fédération Anarchiste francophone (FA-France, Suisse, Belgique)
Les trois passants, París
Mut Vitz 13, Marseille
Caracol Solidario, Besançon
Anarchist Black Cross Paris – Banlieue

Voir la Dénonciation de harcèlement policier contre les membres de la Croix Noire Anarchiste de Mexico

[México] Des nouvelles de Fernando Bárcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 18 juin 2015 by liberonsles

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México : Fernando Bárcenas risque d’être puni par le conseil technique de la Prison Nord

17 juin 2015

Suite à l’accusation d’un gardien à propos d’un prétendu vol de 200 pesos, le compagnon Fernando Bárcenas est convoqué demain 17 juin, à 10h du matin, au Conseil Technique de la Prison Nord, Le compagnon demande que cette information sur sa situation soit diffusée et que nous restions attentifs à ce qui pourrait arriver.

Sans nul doute, le but de cette accusation est d’intimider le compagnon à cause du travail d’organisation qu’il développe à l’intérieur de la prison et en particulier, selon ce qu’il nous dit lui-même, à cause de la publication du journal « El Canero » qu’il a créé à l’intérieur même de la prison avec d’autres prisonniers. Elle s’explique aussi par le fait que, que ces derniers jours, Fernando s’est confronté verbalement à des gardiens de cette institution lorsqu’il s’est rendu compte qu’ils frappaient des prisonniers, situation habituelle dans la prison.

Comme il protestait contre les violences infligées aux autres prisonniers, il lui a été répondu : “Toi ici, tu n’es personne pour oser protester”.

Nous demandons que cette situation soit diffusée et nous restons attentifs à ce qui pourrait arriver à notre compagnon.

Croix Noire Anarchiste Mexico

Source

Voir – Voix depuis la prison : Fernando Barcenas, 10 avril 2015[ dernière lettre envoyée ]

_________________________________

ferFernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison ». Plus d’infos

[Mexique] Dénonciation de harcèlement policier contre les membres de la Croix Noire Anarchiste de Mexico

Posted in Communiqués, compas anarquistas on 17 juin 2015 by liberonsles

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Dénonciation de harcèlement policier contre les membres de la Croix Noire Anarchiste de Mexico

15 juin 2015

Depuis quelques années déjà, nous avons vu comment l’escalade répressive s’est intensifiée autour du mouvement libertaire et anarchiste, depuis la stratégie locale implémentée dans la ville de Mexico : en fixant des cautions très élevées [i], en appliquant la même série de délits avec les mêmes circonstances aggravantes, peu importe la situation spécifique seule compte la consigne étatique [ii]; en développant la persécution et le signalement médiatiques comme éléments fondamentaux pour construire des montages : signaler des noms de groupes (existants ou non), des personnes, des espaces, établir des relations qui en réalité n’existent pas, assimiler tout et à tous dans une optique verticale, en essayant d’établir un leadership, en montrant en réalité une profonde ignorance et/ou un mépris profond pour les idées anarchistes qui n’ont rien à voir avec cette logique hiérarchique [iii].

D’autre part on constate l’intention du gouvernement fédéral de qualifier l’anarchisme ou la « conduite anarchiste » sous l’étiquette juridique de terrorisme, d’appliquer des délits graves et d’agir avec des paramètres de sécurité maximale pour plus tard dissoudre les cas avec l’argument du manque de preuves suffisantes mais en laissant ouverte la menace en disant que « les recherches continuent ». Cela donne lieu à des enquêtes illogiques remplies de références plutôt arbitraires à des groupes ou à des personnes de différents espaces. [iv]

À tout ceci s’ajoutent le suivi et la surveillance policière à des fins d’intimidations contre certaines personnes ainsi que les provocations contre certains espaces autonomes [v].

Dans le cadre de cette stratégie, le nom de la Croix Noire Anarchiste de Mexico, comme celui de beaucoup d’autres compagnon-n-es, groupes et collectifs, est mentionné dans ces notes, dans « ces enquêtes » et dans ces déclarations de politiciens et de policiers [vi].

Nous considérons important de diffuser publiquement que ces dernières semaines des personnes qui semblent être des éléments de « renseignements » de la police de la ville de Mexico se sont présentées à l’extérieur de nos maisons et des lieux de travail de certain-e-s d’entre nous, en proférant des menaces contre nos voisin-e-s et nos familles et en argumentant qu’ils réalisent un travail de sécurité et de surveillance.

Au-delà de réclamer un arrêt de la persécution, nous lançons cette dénonciation publique, telle une alerte. Nous savons que la répression est une question intrinsèque à l’État dont nous déclarons être les ennemis. Nous savons que ses prisons et ses policiers sont le support de son pouvoir et de ses intentions de domination et que notre travail [vii] autour de la pensée anti-carcérale, de l’appui et de l’accompagnement des compagnon-n-e-s prisonnier-e-s entre en contradiction directe avec eux.

Mais nous savons également que la solidarité entre anarchistes n’est pas uniquement parole écrite !

Dans ce contexte, nous appelons les individus, les groupes et collectifs affinitaires, les compagnon-ne-s avec qui nous avons travaillé ces dernières années, à rester attentifs et à continuer à nous apporter leur solidarité comme ils l’ont fait jusqu’à alors.

À bas les murs des prisons !

Liberté pour tous et toutes !

Croix Noire Anarchiste Mexico

Source/ México: Denuncia de acoso policial a integrantes de la CNA México

[i] Fijan en 130 mil pesos la fianza para 9 detenidos del 2 de octubre
[ii] Les cas de  Mario González, Fernando Bárcenas et d’autres personnes condamnées à 5 ans et 9 mois de prison ont reçu la même sentence alors que le contexte est différent.
[iii] Identificados 11 “anarcos”
[iv] Alarma en Europa por los anarquistas mexicanos  et Termina el arraigo de Carlos, Amelie y Fallon, se cae el montaje de terrorismo
[v]PGJ hiere de bala a estudiantes, entra policía a Ciudad Universitaria
[vi] CISEN adjudica ataques al INE a Cruz Negra y Instinto Salvaje
[vii] ¿Quiénes sómos?

Traduction Les trois passants et Myriam

Voir la rubrique Prisonnier-e-s anarchistes / prisonnier-e-s de la Ville de Mexico

[OAXACA] Voix depuis la prison : Miguel Peralta Betanzos

Posted in Campagnes, Communiqués, Oaxaca on 16 juin 2015 by liberonsles

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Lettre de Miguel Peralta Betanzos à l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón

Comment va compañeros ?

J’aimerais bien pouvoir vous serrer la main mais malheureusement ces quatre murs nous en empêchent. Croyez bien que dans le lieu où ils m’ont maintenant enfermé, ce n’est pas facile de supporter le froid, ils ne me laissent pas sortir, même pas pour prendre le soleil, je suis au mitard, la nourriture est infecte, la nourriture du village me manque, les plantes que notre terre produit, les galettes de maïs que seule ma mère sait faire. Vous aussi vous me manquez.

Je sais que cette lutte n’a pas été et ne sera pas facile, nous avons trébuché trop souvent, mais nous avons aussi appris à nous relever. Le gouvernement nous a mis face à de nombreux obstacles parce que nous sommes des gens humbles mais nous avons un grand cœur, un esprit inébranlable et une pensée commune ; je dis « nous » parce que je me sens avec vous qui luttez et résistez depuis votre tranchée : notre peuple.

J’espère que cette rage, ce courage, cette nécessité que nous soyons bientôt tou-te-s réuni-e-s ne se perde pas en simples paroles et que, dans les faits, nous continuions d’exiger la liberté de tous nos compañeros qui sont en prison.

Comme vous le savez, l’ennemi veut tous nous voir derrière les barreaux afin de se sentir maître de notre village, mais il n’y arrivera pas, car ses mensonges, il ne peut pas les soutenir, ni les justifier. On sait bien qu’il y en a beaucoup qui vont nous montrer du doigt, c’est pour cela que nous devons faire très attention et que nous devons prendre soin de nous.

Je pense que le plus important à présent est que malgré tout, nous apprenions à rester uni-e-s. Cela va être la tâche la plus difficile pour tout le monde, d’arriver à discuter de nos différences tout en continuant à aller de l’avant. Ne nous laissons pas intimider, bien que les menaces soient quotidiennes, ne nous arrêtons pas, marchons ensemble dans nos quartiers et dans nos hameaux.

Je salue mes ami-e-s, mes cousins, oncles, tantes, ma famille où qu’elle se trouve, mon père, Pedro Peralta Carillo, qui continue de résister depuis la prison de Cuicatlán et qui nous a tant appris, les compañeros emprisonnés à Ixcotel, les enfants, les jeunes, les femmes et nos grands pères et grand mères de l’Assemblée Communautaire qui nous maintiennent en vie.

12  mai 2015
Tlaxiaco, Miguel

Traduction Patxi

Voir le contexte, communiqués et d’autres lettres …

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence, par trois personnes habillées en civil accompagnées de plus de 20 policiers ministériels de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz, ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire en piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Le cas de Miguel Peralta Betanzos commence à sortir de l’ombre et à se diffuser au Mexique et ailleurs.

OAXACA : IIIe Rencontre contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s

Posted in Campagnes, Chiapas, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico, Yaquis, Sonora on 11 juin 2015 by liberonsles

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Le Réseau contre la répression et pour la Solidarité (RvsR), convoque à la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s prisonnier-e-s, qui aura lieu dans la ville d’Oaxaca, le 12, 13, 14 juin 2015.

Le 12 et 13 juin 2015 les familles, les amis et les collectifs locaux et nationaux de soutien aux prisonniers et prisonnières se rencontreront au siège de l’Espace Communautaire « Mujer Nueva » dans le quartier du centre-ville d’Oaxaca, Jalatlaco.

Inauguration

Paroles de bienvenue par Álvaro Sebastián Ramírez

ALVAROSAlvaro Sebastián Ramirez est un prisonnier de la région de Loxicha à Oaxaca. Il adhère à la Sexta en 2006 ; depuis, il mène une lutte avec espoir et conviction à l’intérieur de la prison. Alvaro a été condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général ; il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement. Il a toujours défendu l’auto-gouvernance basée sur les « us et coutumes » des Zapotèques, refusant l’ingérence des partis politiques. En 1996, l’attaque de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) à Huatulco allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la Région Loxicha, Oaxaca. C’est dans ce contexte qu’Alvaro Sebastián Ramirez a été arrêté et torturé. Plus d’infos

Présentation des personnes arrêtées et des collectifs participants à cette rencontre

ferFernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison ». Plus d’infos

ferzamLuis Fernando Sotelo Zambrano est adhérent à la Sexta et étudiant. Il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaque à la paix publique, d’attaque aux voies de communications et dégradations. Plus d’infos

Atelier de développement communautaire (TADECO)

libertad-tlanixco-muralMouvement pour la liberté des défenseurs de l’eau et de la vie de San Pedro Tlanixco : organisation indigène Nahua faisant partie du CNI (Congrès National Indigène qui regroupe des organisations et des collectifs adhérents à la Sixième déclaration de la forêt Lacandone) dont plusieurs des membres se trouvent en prison, soit dans l’attente d’un procès qui s’avère long et plein d’obstacles juridiques, soit déjà condamnés à de lourdes peines de prison. Cette dernière situation concerne Rómulo Arias Mireles, Pedro Sánchez Berriozabal et Teófilo Pérez González, condamnés à de lourdes peines de prison allant de 50 à 54 années de prison ferme. Pres@s de San Pedro Tlanixco

logosCroix Noire Anarchiste de Mexico, après plus de 11 ans d’existence la CNA- Mexico s’est joint au réseau international de groupes qui travaillent pour la liberté des prisonniers et prisonnières, pour qu’ils et elles ne soient jamais oublié-e-s. Ils soutiennent particulièrement des prisonnières et prisonniers anarchistes, mais également d’autres prisonniers qui luttent depuis l’intérieur de la prison, qui ont des idées différentes et voient la lutte d’une autre façon. « Ces derniers, nous les soutenons sans que cela veuille dire que nous nous identifions à leurs idées, mais nous nous identifions à leur résistance contre la bête carcérale ». « La CNA- Mexico se dédie à apporter une solidarité à nos frères et nos soeurs en prison. Nous luttons pour la destruction du système carcéral, car nous voyons que la prison, l’isolement et la punition, ne sont pas des solutions aux problèmes sociaux, mais qu’au contraire, ils renforcent le système. Nous ne voyons pas la prison comme un élément en plus du capitalisme et de la domination, mais comme un de ses piliers, c’est pour cela que nous considérons notre lutte anti-carcérale comme une lutte anti-capitaliste et anti-autoritaire ». CNA-MX

noestamostodos2Grupo de Trabajo No Estamos Todxs [Nous ne sommes pas tous et toutes là] : est né à San Cristóbal de las Casas, Chiapas en août 2010 dans le cadre de la campagne nationale et internationale “¡Primero Nuestr@s Pres@s!” lancée par la commission Sexta d’EZLN en septembre 2008. No Estamos Todxs est un groupe de travail qui suit actuellement de près la lutte et le cas du compagnon adhérent à la Sixième déclaration zapatiste, Alejandro Díaz Sántiz qui est membre de l’organisation des prisonniers «  solidaires de la voix de l’Amate » mais ce groupe suit aussi les cas d’autres prisonniers du Chiapas comme ceux de Bachajon. Il s’agit d’un groupe de soutien, d’accompagnement, de réflexion qui chemine avec les prisonniers et les prisonnières pour non seulement dénoncer, mais aussi se battre contre le système carcéral et faire sortir la voix des prisonnier-e-s de l’isolement. Ce groupe établi des liens avec les familles des détenus et organise de visites régulières aux détenus. Ce groupe participe activement à la diffusion de lettres et de communiqués et sert de pont entre les prisonnier-e-s et les organisations, groupes et collectifs internationaux. No Estamos Todxs

CAZ-cabezalLe Collectif d’Avocats Zapatistes (CAZ), est un petit groupe d’avocats, qui s’est formé pendant la forte répression du « mai rouge 2006 », à San Salvador Atenco. A ce moment-là, le groupe d’avocats s’est engagé dans une dynamique de litige, de soutien et d’accompagnement juridique et de lutte sociale dans le contexte de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone (la Sexta) lancée par l’EZLN, pour assumer la défense juridique des compagnons et des compagnonnes adhérent-es à la Sexta arrêté-es le 3 et 4 mai 2006 et incarcéré-es dans la prison de « Santiaguito », Almoloya de Juárez. En raison de la forte répression et les arrestations massives qui ont eu lieu ces jours-là, les avocats ont élargi leur solidarité et défendu 180 des 207 détenus. Le CAZ est un groupe adhérent à la Sexta et est né comme tel le 8 août 2006. Leur accompagnement et suivi juridique et politique est complètement solidaire. Le CAZ soutient des adhérents de la Sexta et ils ont également défendu plusieurs compagnon-e-s anarchistes.CAZ

ALEJANDRODAlejandro Díaz  Sántis est un Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, Chiapas, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide, délit qu’il a toujours nié. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison. Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à la Sexta au Chiapas, sa condamnation  résulte d’un procès corrompu dès le début. Alejandro fait partie de l’organisation indigène “Los Solidarios de la Voz del Amate”, créée en 2009 qui est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas. Plus d’infos

bachajonres2Prisonniers du Terrain communal de Bachajon, les compagnons arrêtés de Bachajon sont actuellement six : Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano, Roberto Gómez Hernández, Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez et Esteban Gomez Jimenez luttaient pour leurs droits légitimes au territoire et se trouvent aujourd’hui enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul. Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leurs terres.Plus d’infos

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence, par trois personnes habillées en civil accompagnées de plus de 20 policiers ministériels de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz, ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire en piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Le cas de Miguel Peralta Betanzos commence à sortir de l’ombre et à se diffuser au Mexique et ailleurs. Plus d’infos

marioyaquiPrisonniers de la Tribu Yaqui : La Tribu Yaqui a depuis des siècles lutté contre le pillage et le vol des eaux et du territoire. Leur histoire est remplie d’invasions, de menaces, d’humiliations, de guerres, d’expulsion, de répression ; nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui ont défendu coûte que coûte la terre, la rivière Yaqui, leur territoire ancestral des mains de ceux qui avaient le pouvoir, leur lutte a été constante et sans relâche contre la destruction et la mort. Dans ce contexte, en septembre 2014, Mario Luna, porte-parole et secrétaire de l’Autorité Traditionnelle Yaqui , a été arrêté par des éléments habillés en civil, et par la suite, présenté à la prison de Hermosillo où il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux. Il a été accusé de séquestration aggravée et vol de véhicule. Fernando Jiménez, a été également arrêté et accusé de séquestration et de vol de véhicule. Tous deux ont fait appel -en ne pouvant pas sortir sous caution- et attendent leur procès. Plus d’infos

Quatre tables de travail se dérouleront pendant cette rencontre : La communication et diffusion ; accompagnement de familles ; génération de ressources ; lettres et visites.

À bas les murs de toutes les prisons !

 Les trois passants

Correction Myriam, Valerie et Amparo

Red Contra la Represión: III Foro Contra la Prisión Política y por la Libertad de Nuestr@s Pres@1 et  2

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MEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes arrêtées

Posted in Actions, Archives, Communiqués, La Guerre du Mexique d’en haut, Oaxaca on 10 juin 2015 by liberonsles

Les chiffres des personnes blessées et arrêtées par les forces de l’ordre commencent peu à peu à émerger, certains médias évoquent environ 127 personnes arrêtées, principalement dans les États d’Oaxaca, Guerrero, Chiapas et Michoacan. Une personne a été assassinée par balle: le jeune Antonio Vivar Díaz, étudiant en dernière année de Licence de Développement Communautaire de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Tlapa de Comonfort, qui laisse un enfant de 8 mois derrière lui.

54275c2f5b6ffd18c7bf4a515635e4c3_LMEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes ont été arrêtées pendant les actions et les mobilisations contre le pouvoir

Pendant la journée électorale mexicaine, diverses radios libres ont transmis de façon conjointe des nouvelles données par des équipes d’information réparties un peu partout au Mexique pour casser le blocus de l’information imposé et manipulé par les médias payants et vendus. Toute la journée du 7 juin et jusqu’à l’aube et pendant les premières heures du 8 juin, les témoignages de la révolte contre les élections et au-delà n’ont pas cessé de s’enchaîner.

Pour garantir coûte que coûte la farce électorale, des militaires, des policiers, des groupes de choc (paramilitaires) ont été déployés dans plusieurs villes du pays : Oaxaca, Guerrero, Michoacán, Chiapas… Les médias dominants, Televisa, TV Azteca, Tele Fórmula et Milenio, déchainent leur lynchage médiatique contre la rébellion croissante et minimisent la mobilisation. (1)

Le mécontentement social est en ébullition du nord au sud du pays, la rage éclate à nouveau, il ne s’agit pas d’une simple colère passagère, mais de la conséquence d’une longue histoire d’abus, de répression, de mépris et d’autoritarisme exercés jusqu’au bout par l’État mexicain et les gouvernements successifs. La révolte pré- et post-électorale a fait émerger une fois de plus les exigences, les luttes, les résistances des organisations, des collectifs, des individus qui continuent de lutter contre cet autoritarisme aveuglant, continuent de lutter – dans beaucoup de cas – pour l’autonomie, le respect de leurs us et coutumes propres, de leurs terres, de leurs territoires, contre le pillage démesuré des ressources, les expropriations, privatisations, assassinats, disparitions, emprisonnements, tortures. Le Mexique est à bout, et dans cette révolte, les urnes nourrissantes du capitalisme ne représentent que la carcasse d’un système pourri qui continu de gonfler les portefeuilles de « ces messieurs-dames » les députés, les sénateurs, les narcos, les investisseurs, les hommes et femmes d’affaires, les hauts commandants de l’armée et de la police, tous malades de pouvoir et tous désireux de continuer cette guerre où tout leur est permis.

Oaxaca

Après les fortes mobilisations et suite aux actions de boycott des élections (les incendies des bureaux, de la propagande officielle et de bulletins électoraux…) plusieurs communiqués commençaient à rendre compte de cette mobilisation nationale qui s’est avérée intense, déterminée et fortement réprimée.

Le communiqué de la Communauté autonome Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón [Oaxaca] déclare :

« Aujourd’hui, 7 juin 2015, dans le cadre de la journée de lutte contre le processus électoral, l’assemblée communautaire Ghi`Xhi`Roo- Álvaro Obregón a décidé de se joindre à cette initiative, nous avons expulsé les partis politiques et leurs bureaux électoraux, et en installant l’assemblée permanente nous avons décidé de résister pour notre vie et notre autonomie ». Depuis 10 heures du matin leurs compagnons et compagnonnes originaires de la communauté indigène zapotèque [Binnizà] ont été attaqués par des pistoleros payés par les autorités officielles de la région et qui ont fait irruption dans l’assemblée permanente. La répression a laissé derrière elle 10 personnes blessées, dont une dans un état grave. « C’est de cette manière qu’ils essayent de piétiner notre autonomie, c’est comme ça qu’ils essayent de piétiner notre organisation, mais, face à un peuple libre, ils auront besoin de plus que ça pour réussir à le faire plier ». Signée par l’Assemblée Générale communautaire Alvaro Obregon, le Conseil d’Anciens et leur garde communautaire, l’Assemblée de villages indigènes de l’Itsmo en défense de la terre et le territoire, leur déclaration finit par la phrase : « La terre, la mer, le vent ne se vendent pas, ils s’aiment et se défendent, pour l’autonomie et l’autodétermination de nos villages » (2)

RFM

D’autres communiqués ont circulé rapidement, comme celui de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón [Oaxaca], où a été décidé également de boycotter les élections. Parmi leurs exigences : la libération immédiate de leurs 10 compagnons prisonniers, dont le compagnon récemment arrêté Miguel Angel Peralta (très investi dans le processus d’autonomie d’Eloxochitlán) ainsi que l’abrogation des mandats d’arrêt contre 20 membres de l’assemblée. Dans le communiqué émis le 8 juin, l’Assemblée déclare : «  Face à la récente et évidente violation des droits humains des habitants d’Oaxaca ainsi que face aux humiliations et aux attaques systématiques de nos formes originaires d’organisation, l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón reste ferme sur le chemin d’une longue lutte, où la fatigue et l’épuisement ne sont qu’une raison pour lever les ailes et continuer à travailler pour le respect de l’auto-organisation des peuples originaires, et ce malgré le fait d’être au milieu du terrorisme d’État »(…)« Nous sommes témoins de la farce électorale avec laquelle prétend se légitimer un appareil de pouvoir toujours étranger à la vision et aux besoins des communautés d’Oaxaca, pour cette raison nous nous joignons aux appels lancés par la société civile, les villages du Mexique en résistance, les étudiants, les ouvriers, les organisations (…) pas un vote de plus pour ceux qui ont déchiré nos frères d’Ayotzinapa , Tixtla, Tlapa, Cheran, San Quintín, Xalapa, Atenco, San Dionisio del mar, Álvaro Obregón et tous les villages et les individus qui pour avoir levé leur voix, ici dans notre Mexique, ont été réprimés et massacrés (…) L’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón condamne l’intervention des forces de l’ordre mandatées par le gouvernement de Gabino Cué. Leur déploiement démontre, une fois de plus, l’échec catégorique de son discours « de transition politique et de gouvernement différent » et prouve ainsi clairement que le système politique est décadent et caduc ». (3)

Huajuapan  [Oaxaca] :

Dans cette localité de la région mixteca, des milliers d’effectifs de l’armée, de la police fédérale et de la gendarmerie, avançaient dans des convois en direction d’Oaxaca.

Les autorités fédérales avaient pour objectif d’étouffer par le feu et le sang les protestations et les résistances locales. Le boycott électoral convoqué par la Coordination Nationale des Travailleurs de le l’Éducation (CNTE) et reprise par des communautés de l’entité, se trouvait confronté à tout l’État mexicain. Dans le studio de la radio locale libre, le téléphone ne cessait pas de sonner, pour appeler à se joindre aux mobilisations, depuis le studio on appelait à la prudence, mais dans les faits l’histoire, elle, était toute autre. À midi les gaz et les boucliers des policiers ont fait leurs apparitions aux côtés de 4 hélicoptères de guerre, ce n’était pas une menace. L’affrontement avait déjà commencé, provoqué par quelques centaines de policiers fédéraux et de l’armée. Des centaines d’habitants et de professeurs qui se trouvaient à proximité de L’institut National Électoral (INE) ont commencé alors la résistance. Après quelques heures d’affrontements la police anti-émeute s’est repliée, quelque temps plus tard la population s’est repliée également. Certains se sont joints à la barricade de l’autoroute internationale, entre fumée de pneus brulés, chansons de protestation, les moments de tranquillité étaient stressants et fragiles.(4)

À Oaxaca de nombreuses actions – pour boycotter les élections et revendiquer de multiples exigences – ont été menées par des organisations, groupes, individus et maîtres d’école dans la ville d’Oaxaca, à Tehuantepec, Juchitán, Niltepec, Zanatepec, Chahuites, San Francisco Ixhuatán, Salina Cruz, Tapanatepec et Matías Romero entre autres. Rien qu’à Juchitán, 1000 éléments de la police fédérale et de l’Armée ont été déployés. De nombreuses arrestations ont eu lieu, on parle de plus de 79 personnes arrêtées. (5)

Cliquez ici pour lire l’article complet [Guerrero : Tixta, Tlapa de Comonfort ; Veracruz ; Les arrestations + vidéos]

Le boycott des élections commence au Mexique

Posted in La Guerre du Mexique d’en haut on 4 juin 2015 by liberonsles

Les installations de l’INE [ Institut National Électoral ] et le matériel électoral ont été incendiés à Puebla, Oaxaca et Veracruz. Le piquet de protestation tenu par le Mouvement Populaire de l’État de Guerrero à Tlapa de Comonfort a été expulsé et réprimé de façon violente par un groupe de choc.

Le 2 juin plusieurs étudiants normaliens ont été arrêtés, l’école normale d’Ayotzinapa a été encerclée par la police.

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Depuis le lundi 1 juin plusieurs actions ont eu lieu pour boycotter le processus électoral qui aura lieu le 7 juin prochain. Dans les États d’Oaxaca, Puebla, Veracruz et Guerrero les installations de l’Institut National Électoral ainsi que le matériel électoral ont été incendies.

À Oaxaca, des organisations et des maîtres d’école de la section XXII appartenant à la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Éducation ont mis le feu aux bulletins électoraux ainsi qu’aux installations de l’Institut National Électoral à Juchitán de Zaragoza, et à Tehuantepec ; tandis qu’à Miahuatlán plusieurs personnes, collectifs et organisations ont signalé que l’armée s’est faite dégager par les maîtres afin d’occuper les installations électorales.

Dans la capitale de l’État de Puebla les installations de l’Institut National Électoral (INE) ainsi que le bâtiment du Secrétariat de l’Économie et une station de bus ont été attaqués avec des cocktails molotov à l’aube lundi dernier. Tandis qu’à Xalapa, Veracruz un groupe de jeunes a mis le feu aux installations de l’INE en laissant des inscriptions sur les murs et les barrières métalliques de cette institution gouvernementale.

À Tlapa de Comonfort, Guerrero, pendant la nuit du 1er juin le Mouvement Populaire du Guerrero a mis le feu aux bulletins électoraux pour protester contre les élections qui devraient avoir lieu dimanche prochain tout en s’inscrivant dans le cadre de la lutte pour la ré-apparition en vie des 43 étudiants d’Ayotzinapa portés disparus depuis huit mois.

A l’aube du mardi 2 juin, le piquet de protestation installé par le Mouvement Populaire du Guerrero [MPG] au zocalo [place centrale de la ville de Tlapa] a été attaqué par un groupe de choc apparemment dirigé par des membres du parti PT [Parti des Travailleurs] et du PRD [Parti de la Révolution Démocratique]. Ce groupe de choc armés de battons, de machettes et d’armes à feu ont incendié la mairie et les camionnettes qu’occupaient les maîtres du Mouvement Populaire de Guerrero.

Tlapa, le cœur de la montagne, est le lieu où les Conseils Municipaux Populaires ont été créés dans cet État. Ces organes sont des lieux de rencontre qui cherchent à promouvoir la discussion autour du processus d’autonomie des villages de l’État du Guerrero. Le piquet de protestation a été mis en place à partir de la mobilisation qui est née pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale d’Ayotzinapa, pour exiger que justice soit faite pour les compagnons assassinés et blessés pendant la nuit brutale du 26 septembre et à l’aube du 27.

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Les arrestations

Le 2 juin aux environs de 15 heures de l’après-midi, après les actions et les activités de protestation qui ont été organisées face au palais du gouvernement, l’étudiant de la normale d’Ayotzinapa Ernesto Guerrero Cano a été arrêté avec un autre de ses compagnons aux environs du parc zoologique de Chilpancingo, Guerrero. Aucun de deux n’a été présenté devant le juge et les autorités nient cette information.

En ce moment-là [2 juin] la police fédérale fortement armée s’est installée à l’entrée [au niveau de l’arche] de la Normale « Raúl isidro Burgos » (il est 4:07 pm), la pluie n’arrête pas de tomber et les gens continuent de se rassembler.

Voir également, la rubrique Répression / prison et La Guerre du Mexique d’en haut

Traduit par les trois passants / correction Myriam

Sources médias libres :

Regeneracion Radio : Inicia el boicot electoral [ galerie d’images ] et  Proyecto Ambulante : 2 de Junio Alerta Ayotzinapa /Voir Photos : Actions libertaires pour le boycott électoral à Oaxaca – par Proyecto Ambulante

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Plus d’infos notamment sur Ayotzinapa, Guerrero.

[MEXICO] Campagne pour la liberté de Fernando Bárcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 30 mai 2015 by liberonsles

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Aux magistrats de la Septième Chambre Pénale du Tribunal Supérieur de Justice de la ville de Mexico (TSJDF)

[ Lettre remise aux magistrats, Ville de Mexico – juin 2015 ]

Concernant l’examen du procès en appel déposé par Luis Fernando Bárcenas Castillo, dont vous êtes en charge, les organisations, associations, collectifs et individus signataires de cette lettre, exprimons ce qui suit :

Luis Fernando Bárcenas Castillo est un jeune étudiant et musicien, jeune travailleur, solidaire et engagé dans la recherche d’une vie meilleure pour tous et toutes. Ces projets de vie ont été brutalement interrompus le 13 décembre 2013, date où il a été violemment arrêté à la fin d’une manifestation contre la hausse des tarifs du métro à Mexico.

Dès son arrestation, Luis Fernando a été porté disparu et isolé, menacé, frappé, humilié et soumis à d’autres formes de mauvais traitements, d’agressions physiques et verbales de la part des policiers, des membres des services de renseignement, des policiers du ministère public entre autres ; de plus, depuis son arrestation et pendant les premières semaines du procès pénal à son encontre, il n’a disposé d’aucune défense juridique. Malgré cela, il a été condamné à 5 ans 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et d’association de malfaiteurs, ce qui nous semble absurde et inconsistant puisque l’attribution de ces deux délits conduit de fait à un doublement de l’accusation contre Luis Fernando.

Le procès pénal dont Luis Fernando fait l’objet a été biaisé aux motifs de discrimination ; le fait d’être jeune et conséquent avec ses idées a entraîné la violation de ses droits humains et de son droit à un procès équitable. L’appel a été présenté il y a 5 mois et déposé devant cette Chambre Pénale, sans que jusqu’à présent il n’ait été examiné. C’est pour cette raison que nous nous prononçons pour que cette Chambre rende une décision rapide et favorable en remettant immédiatement en liberté notre compagnon.

Collectifs et organisations :

France : Les trois passants, Paris ; Mut Vitz 13, Marseille ; Terre et Liberté pour Arauco, Paris ; Alternative Libertaire, Toulouse ; Caracol Solidario, Besançon ; CSPCL-Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris ; Commission international d’Alternative libertaire ; État espagnol : La Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid ;  Ateneo Libertario LA IDEA, Madrid ; Confederación General del trabajo – CGT – État espagnol ; Sección sindical CGT-RTVE, État espagnol; Sección sindical CORREOS-CGT de Navarra, État espagnol ; Sindicato de Oficios Varios de Segovia-CGT, État espagnol ; Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelone.

Individus: Myriam Michel, Paris, France ; Valentin Gaillard, Rueil-Malmaison, France ; Rosa Guerrero, Paris, France ; Michèle Blossier, Paris, France ; Armand Congost i Maestre, Universitat de València, État espagnol ; Oscar Revilla Alguacil,Informático, Madrid, État espagnol ; Emilio Cortavitarte Carral, Profesor y exdelegado de la CGT-Enseñanza, Barcelone ; Julio César Sanz Polo, Representante de la CGT de Segovia, État espagnol ; Carina García Sanagustín, Barcelone ; Patricia Barcala Calveiro, Pontevedra , État espagnol ; Antonio J. Lopez Soler, État espagnol.

lettre en espagnol

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Pour rappel :
anarquistas-libertad1Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense ; cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Plus d’infos et lettres du compagnon Fernando Barcenas

[Puebla] Ricardo Cadena, encore un jeune assassiné par la loi Balle « Ley Bala » et la Loi antigraffiti

Posted in La Guerre du Mexique d’en haut on 26 mai 2015 by liberonsles

« Les lois qui promeuvent la violence, les réformes qui criminalisent les jeunes, l’emprisonnement indiscriminé des personnes qui s’opposent aux projets gouvernementaux, le goût du contrôle absolu, commencent à revêtir les caractéristiques d’une politique de nettoyage social qui déjà accumule les morts ». NODHO

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Au petit matin du 3 mai 2015, selon les témoignages rendus publics qui ont circulé, Jaid Mothe Hernández, Sous Directeur de la Police Municipale de San Pedro Cholula [État de Puebla] a assassiné le jeune Ricardo Cadena Becerra, âgé de 18 ans.

À qui la faute ? Cette question est dans l’air et pourrait servir à la recherche de justice face à un fait qui reflète quelque chose qui va bien au-delà de ce qui s’est passé ce matin là. Pour le Mexique dans lequel nous vivons aujourd’hui, surtout en période électorale, chercher à comprendre qui est ou qui sont les responsables d’un événement comme celui-ci pour éviter que ne se reproduisent les conditions qui l’ont rendu possible passe au second plan, l’important étant de savoir sur qui l’on fera retomber la responsabilité afin de ne pas perdre de voix aux élections et éviter ainsi que le scandale n’éclabousse tous ceux qui par leurs actions ou leurs omissions ont permis, une fois encore, qu’un jeune meure entre les mains de la police.

Le policier explique que le coup est parti accidentellement. La question qui s’ensuit est si, en poursuivant deux jeunes qui auraient pu ou non être armés d’une craie et si cette craie aurait pu ou non avoir touché un mur, si cette arme s’est aussi dégainée par accident.

La deuxième question est de savoir si dégainer un pistolet face à des jeunes désarmés est une pratique qui fait partie du dispositif policier ou, ce qui est le plus important, si cela fait partie du climat qui favorise l’abus d’autorité et le sentiment que l’on peut agir en toute impunité lorsque l’on exerce un emploi public.

Qu’est-ce qui est susceptible de créer un tel climat ? Très certainement, ce qui contribue à créer un tel climat est le fait qu’à Chalchihuapan, un enfant qui s’appelait José Luis Tehuatlie Tamayo puisse mourir d’un projectile provenant d’une arme “non létale” lors d’une opération policière dont les responsables matériels sont encore à ce jour impunis, qui n’a donné lieu à aucune enquête digne de ce nom, et au sujet de laquelle le Gouvernement de l’État de Puebla n’a pas exprimé la moindre excuse. Il faudrait rappeler que cette opération policière a été la première à avoir eu lieu sous couvert de la “Loi pour Protéger les Droits Humains et réglementer l’Utilisation Légitime de la Force de la part des Éléments des Institutions Policières de l’État”, plus connue et définie comme #Ley Bala, promue par administration de Rafael Moreno Valle et approuvée à la quasi unanimité par le Congrès Local.

Ce climat est alimenté par le fait qu’être jeune est désormais synonyme d’être délinquant potentiel et que l’on a pu approuver une loi qui définit les formes d’expression comme peindre sur un mur “sans autorisation” comme un délit grave, ce qui est le cas de la réforme du Code Pénal de l’État Libre et Souverain de Puebla (dans ces articles 185, 413 Bis, augmenté du 413 Ter; paragraphe O de l’article 69 et la réforme de l’incise d), de la section III, du paragraphe A de l’article 248), mieux connue et définie comme “Loi antigraffiti” proposée par le député Eukid Castañón (supposé très proche du gouverneur) et promue par la grande majorité du Congrès Local.

 Lire le communiqué complet [après l’introduction de la rubrique La Guerre du Mexique d’en haut

[Mexico] Lettre du compagnon anarchiste Mario González

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 21 mai 2015 by liberonsles

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Lettre du compagnon anarchiste Jorge Mario González García

Ville de Mexico, 21 mai 2015

Salut aux compas solidaires de l’autre côté du monde

Tout d’abord, je tiens à vous remercier beaucoup pour la solidarité que vous m’avez apportée car elle m’a aidé durant différents moments difficiles, je crois que votre soutien a fait la différence et je ne sais pas comment vous en remercier.

Comme certains doivent déjà le savoir, cela fait un moment qu’ont eu lieu plusieurs attaques répressives contre des compagnons anarchistes de la ville de Mexico dont je fais partie.

Cela a commencé lorsque j’ai participé à la lutte étudiante durant laquelle nous avons combattu plusieurs reformes visant la privatisation de l’éducation et que nous avons réussi à faire tomber.

En plus de cela, notre posture anti-autoritaire nous a mis en constant conflit avec les autorités universitaires, entraînant la démission de 3 directeurs en moins d’un an. Après cela, les dernières autorités nommées ont utilisé la manière forte et ont expulsé plusieurs étudiants anarchistes, tels que moi.

Durant tout ce temps les autorités, avec la complicité de médias de droite, ont lancé une grande campagne contre nous tous, en nous criminalisant à cause de nos idées. Puis je suis emprisonné une première fois. Les autorités de l’UNAM  [L’Université nationale autonome du Mexique] et le gouvernement se sont chargés de m’enfermer suite à une expropriation dans un magasin Walmart. Durant cet enfermement, plusieurs télévisions m’ont accusé d’être le responsable de l’occupation du rectorat et de l’organiser depuis l’intérieur de la prison.

Grâce à la solidarité, je suis sorti rapidement mais en continuant la mobilisation contre tout ce que nous avait fait les autorités de l’UNAM. Au moment de sortir du piquet installé au rectorat pour aller à la manifestation du 2 octobre* , nous avons été interceptés par la police anti-émeute et détenus.

Au moment où ils m’ont retiré ma liberté, j’ai décidé de faire une grève de la faim qui a duré 56 jours, puis une autre de 17 jours avec des compas libertaires pour manifester de façon organisée notre posture anti-carcérale**.

Après plus d’un an, j’ai été innocenté et je suis sorti de prison grâce à toute la solidarité apportée dans mon cas. Mais les attaques des autorités ont continué. En effet, la police fédérale m’a recherché, les médias ont continué à me pointer du doigt disant que j’étais un anarchiste dangereux et responsable de plusieurs mobilisations, il en a été de même pour ma compagne Nuria.

Et dernièrement, comme vous le savez, j’ai été attaqué par plusieurs médias réactionnaires à propos du conflit en cours au CCH siège Naucalpan [ Collège de Sciences Humaines ] et menacé de poursuites ***.

Ces derniers temps, les choses ont paru se calmer quant aux accusations lancées contre moi, je n’ai encore reçu aucune assignation à comparaître mais nous savons que les autorités sont très trompeuses et qu’à n’importe quel moment elles peuvent agir comme elles l’ont déjà fait pour arrêter des militants dans la rue pour ensuite les emprisonner sous n’importe quel prétexte.

Je crois que c’est tout pour le moment compagnons; je vous remercie encore infiniment pour toute votre solidarité et je vous envoie une forte accolade.

Jorge Mario González García
Ville de Mexico, 21 mai 2015

Voir aussi le Communiqué international : Halte au harcèlement contre Mario González

 

Traduit par les trois passants/ correction Val

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* Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et en particulier son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Comme chaque année, le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait l’anniversaire du massacre des étudiants en 1968.

** En octobre 2014, Mario entreprend une grève de la faim avec Fernando Barcenas, Abraham Cortez et Carlos Lopez, ce dernier aujourd’hui dans la rue.

*** L’Université nationale autonome du Mexique, UNAM, compte avec plusieurs établissements du Lycée national dont le Lycée des sciences et humanités siège Naucalpan : CCH, Collège de Sciences Humaines. Ces établissements délivrent une éducation de niveau lycée.

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués on 21 mai 2015 by liberonsles

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Lette d’Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

À l’opinion publique
Aux médias de l’État, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et aux ONGs
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Injustement emprisonné, appartenant à l’organisation [de prisonniers] Les Solidaires de la Voix de l’Amate, adhérent à la Sexta. Je suis enfermé dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

La justice ne se vend pas, ni ne s’achète, mais dans notre pays, c’est tout le contraire, ceux qui ont suffisamment d’argent font ce que bon leur semble. Le fruit de l’injustice fait que aujourd’hui, 11 mai 2015, cela fait 16 ans que je suis prisonnier, et ce malgré la promesse faite par le gouverneur Manuel Velasco Coello le 4 juillet 2013. Il s’était alors engagé à revoir mon cas auprès des autorités de l’État de Veracruz pour ma remise en liberté, mais depuis un an et 11 mois se sont écoulés et aucune réponse ne m’a été donnée. Une fois de plus j’exige que le gouvernement tienne parole et me libère, ainsi que les 6 prisonniers du terrain communal de San Sebastian Bachajon. En même temps, j’exige du président de la république qu’il fasse le nécessaire pour que le gouverneur de l’État de Veracruz me libère, ainsi que mes compagnons prisonniers de l’Etat d’Oaxaca, Puebla, Tlanixco dans l’État de Mexico, ainsi que les compagnons de la Tribu Yaqui dans l’État de Sonora.

Finalement, j’invite tous les compagnons, compagnonnes et organisations indépendantes à continuer d’exiger la justice véritable et la liberté de tous et de toutes les prisonnier-e-s politiques et de conscience dans le monde. Ensemble nous pouvons gagner la justice véritable.

Fraternellement
Solidaires de la Voix de l’Amate
ALEJANDRO DÍAZ SÁNTIZ,
Prison numéro 5, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 10 mai 2015.

Alejandro Díaz SántizAlejandro Díaz Sántiz, 34 ans, est un indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, Chiapas, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide et condamné à 29 ans de prison, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet État, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif « Les solidaires de la Voix de l’Amate », en adhérant à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur de la prison contre lui-même et contre les autres détenus.

L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate », créée en 2009 regroupait au départ 1 femme et 8 hommes exposés aux mêmes injustices et arrêtés arbitrairement parce qu’ils et elles sont indigènes. Les Solidaires de la Voix de l’Amate sont devenus une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas, à présent Alejandro Diaz est le seul prisonnier de cette organisation, les autres compagnon-ne-s ont été libéré-e-s le 4 juillet 2013.

Traduction les trois passants / correction Val

Sources :
kolectivozero
noestamostodxs
komanilel

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Neuf ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, La Guerre du Mexique d’en haut on 19 mai 2015 by liberonsles

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Communiqué de la Campagne contre la répression politique et la torture sexuelle, 9 ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco*

Nous n’oublions pas la répression des 3 et 4 mai 2006, à Texcoco et San Salvador Atenco. Elle a constitué un châtiment exemplaire, toute sa brutalité déversée sur nos corps, les fibres les plus sensibles de notre être ont été touchées et ensuite, exhibées.

La solidarité a été le prétexte utilisé par l’État pour assiéger, frapper, perquisitionner des domiciles, assassiner et torturer. Ce fut un acte de guerre contre l’Autre Campagne [aujourd’hui la sexta], ils ont essayé, par la terreur, de nous annuler, nous réduire, nous démobiliser.

La réponse a été merveilleuse, une vague de solidarité a réussi à rompre le siège policier à San Salvador Atenco, une campagne nationale et internationale a commencé, où des milliers et des milliers d’adhérents à la Sexta [nationale] et la Zezta Internationale ont obtenu la libération de ceux et celles qui avaient été emprisonné-e-s : L’alerte rouge lancée par l’EZLN [Armée Zapatiste de Libération Nationale] et son appel à mobilisations, les blocages des routes et les actions dispersées réalisées de part et d’autre du pays et du monde, le piquet de protestation [aux environs de la prison], les gardes, le barco**, les concerts solidaires, les cris depuis l’autre côté du mur de la prison. Tout cela, a été l’effort et le fruit de la solidarité et de l’organisation de nous tous et toutes qui sommes la Sexta et des gens solidaires d’en bas.

La violence est inhérente au capitalisme et à l’État, comme un binôme du système d’exploitation et de domination. Évidemment cette dernière n’est pas nouvelle, cependant à présent nous pouvons voir comment elle s’aggrave, s’approfondit et se socialise, ce qui plonge la société dans l’incertitude, la peur et la paralysie.

Il est de plus en plus évident que la répression est une pratique généralisée dans ce pays, nous avons vu avec horreur comment la politique d’en haut a annoncé une guerre contre le trafic de drogues, pour, dans les faits, la diriger contre la société, contre les gens d’en bas : des milliers de personnes ont été assassinées; et de la même manière le crime fait aux femmes s’est déployé ; d’autres femmes et d’autres hommes, aussi par milliers, ont disparu ; beaucoup d’autres personnes ont été le bouc émissaire qui remplit les prisons, grâce aux déclarations auto-inculpatoires arrachées par les corps policiers et militaires après de terribles séances de torture au cours desquelles la torture sexuelle apparaît de plus en plus comme une pratique généralisée contre les femmes. Cliquez sur ce lien pour lire le communiqué complet + videos

 

MEXICO : Halte au harcèlement contre notre compagnon anarchiste Mario González !

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 30 avril 2015 by liberonsles

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« La répression directe, les rafles, la surveillance, la police militarisée, l’espionnage, la prison reviennent : les anarchistes sont la cible d’une persécution nationale et internationale. Depuis les tranchées de cette prison, j’élève ma voix pour aboyer ma rage et montrer mon mépris pour les porcs policiers soumis au système capitaliste, autoritaire et brutal », écrivait Mario González depuis la prison, quelques mois après son arrestation.

Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui fut exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968*, dans la ville de Mexico.

En prison, Mario est resté très mobilisé. Il n’a jamais cessé d’écrire et de se battre de multiples manières pour protester contre le système carcéral et judiciaire. En octobre 2013, il entame une grève de la faim qui dure 56 jours, 56 jours de lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la taule, 56 jours de contestation et d’organisation. En octobre 2014, de nouveau, il entreprend une grève de la faim très revendicative avec d’autres compagnons anarchistes arrêtés au Mexique : Fernando Barcenas, Abraham Cortez et Carlos Lopez, ce dernier aujourd’hui dans la rue. Tous les quatre écrivent alors : « Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » ».

Le 31 octobre 2014, Mario est acquitté du délit d’attaques à la paix publique, et libéré.

Dès sa sortie de prison, il continue de lutter pour la libération des compagnons incarcérés . Avec son collectif de soutien, il accompagne et suit de près les compagnons Abraham Cortez et Fernando Barcenas, tous les deux enfermés dans la prison nord de la ville de Mexico, et tous les deux très actifs et organisés en prison.

Mais malgré la levée des charges qui pesaient sur lui, il continue aussi d’être la cible de diverses menaces et diffamations. Ainsi, le 8 avril 2015, les autorités de l’UNAM ont de nouveau lancé contre lui une campagne diffamatoire, l’accusant d’avoir participé à certains faits.

Aujourd’hui comme hier, notre compagnon Mario est la cible d’un lynchage médiatique et juridique. Aujourd’hui comme hier, nous sommes à ses côtés pour le soutenir.

Les trois passants

Brève description du cas de Mario Gonzalez

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 * Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et en particulier son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du massacre des étudiants en 1968. Des affrontements entre des groupes de manifestants et la police firent au moins 50 blessés. L’usage démesuré de gaz lacrymogène, le lancement aveugle de flash-balls laissèrent derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s. Actuellement, Abraham Cortes Avila est le seul encore en prison pour avoir manifesté ce jour-là. Sa condamnation est passée de 13 ans et 4 mois à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Abraham est incarcéré à la maison d’arrêt – « Nord » à Mexico.

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Communiqué international : Halte au harcèlement contre Mario González

Aux médias libres
Aux peuples du monde
Aux individualités subversives

Les collectifs, organisations, groupes et individus signataires de ce communiqué, exprimons notre entière solidarité à Jorge Mario González García qui a été à nouveau pointé du doigt par les autorités de l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM] le 8 avril dernier dans un communiqué émis par le rectorat de cette université.

Celui-ci le désigne responsable des faits qui ont eu lieu au Collège de Sciences Humaines [CCH] Naucalpan le 8 avril 2015. Ces attaques et diffamations tant de la part des autorités universitaires que des autorités gouvernementales n’ont pas cessé depuis que Mario est sorti de prison, où il a été privé de sa liberté durant plus d’un an en raison de ses idées.

Nous considérons comme graves les accusations médiatiques et judiciaires lancées contre Mario, puisque c’est une nouvelle tentative de la part des autorités de l’UNAM pour monter une scène propice permettant de recommencer à réprimer et à utiliser comme bouc émissaire notre compagnon, ce qui s’est déjà produit par le passé. Nous exigeons donc l’arrêt des diffamations, de la persécution et du harcèlement contre Jorge Mario González García.

De plus, nous n’oublions pas le passif policier et de casseurs de grève (porril) des autorités universitaires de l’UNAM, complices de disparitions, de tortures, de meurtres, d’emprisonnements, d’arrestations et de persécutions à l’encontre des activistes étudiants tel que Mario.

Beaucoup parmi nous avons marché aux côtés de notre compagnon depuis qu’il a été en prison, et nous ne lâcherons rien jusqu’à ce qu’il soit tranquille, sans aucun type de pression contre sa personne, sa famille et ses proches. Nous restons attentifs et continuerons à parler de ce cas qui est déjà bien connu ailleurs dans le monde, puisqu’il représente un vrai exemple de l’arbitraire et de la répression menées par les autorités qui se sont obstinées à faire taire la critique estudiantine.

Halte au harcèlement contre Mario González !

Les trois passants, France
Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique)
Internationale des Fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon, France
Mut Viz 13, France
Comité Tierra y Libertad, Lille, France
Collectif grains de sable, France
Terre et Liberté pour Arauco, France
Grupo Solidaridad con Chiapas de Dorset, Reino Unido
CSIA Nitassinan, France
Groupe de Soutien à Leonard Peltier, France
La Confederación General del Trabajo (CGT), Estado español
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ- Estado español
Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas.
Txiapasekin, Estado español
ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)
Anarchist Black Cross Paris, France
Alternative Libertaire,Toulouse,France

Source [lettre en espagnol]

[ Correction de textes Valérie ]

_____________________________________

Pour plus d’infos vous pouvez consulter quelques textes à son sujet :
Communiqué de Mario González à propos de sa libération
Communiqué de Jorge Mario González García, première et deuxième parties, mai 2014.
Liberté pour Mario González ! Halte au harcèlement contre Nuria Ramírez !

Sonora : Deux membres de la Tribu Yaqui toujours derrière les barreaux

Posted in Campagnes, Yaquis, Sonora on 27 avril 2015 by liberonsles

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La Tribu Yaqui a depuis des siècles lutté contre le pillage et le vol des eaux et du territoire. Leur histoire est remplie d’invasions, de menaces, d’humiliations, de guerres, d’expulsion, de répression ; nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui ont défendu coûte que coûte la terre, la rivière Yaqui, leur territoire ancestral des mains de ceux qui avaient le pouvoir, leur lutte a été constante et sans relâche contre la destruction et la mort.

Dans ce contexte, en septembre 2014, Mario Luna, porte-parole et secrétaire de l’Autorité Traditionnelle Yaqui, adhérent à la sexta déclaration de la forêt lacandonne, a été arrêté par des éléments habillés en civil, et par la suite, présenté à la prison de Hermosillo où il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux. Il a été accusé de séquestration aggravée et vol de véhicule. Cette accusation contre le porte-parole de la tribu est utilisée comme argument pour emprisonner tous ceux et celles qui comme Mario ne cessent de se battre pour la défense de leur propre vie. Par la persécution et la prison, l’Etat de Sonora essaie d’intimider la tribu pour qu’elle renonce à sa lutte contre le pillage. La persécution s’est poursuivie et le 23 septembre dernier un autre membre de la tribu, Fernando Jiménez, a été également arrêté et accusé de séquestration et de vol de véhicule. Tous deux ont fait appel -en ne pouvant pas sortir sous caution- et attendent leur procès.

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Métaphoriquement pour les yaquis, le territoire est un nid, ils l’appellent : toosa. Son représentant principal est le « kobanoa » : la tête de l’oiseau qui l’habite; le peuple – assemblée communautaire – qu’ils appellent masam ou tea: les ailes de l’oiseau. Le peuple Yaqui se voit lui-même comme une unité : corps – tête – ailes qui s’articulent dans l’image d’un oiseau, un corps qui décide et agit d’une forme conjointe, pour le peuple Yaqui, le secrétaire n’a pas d’existence métaphorique. Le secrétaire n’est pas une figure de l’histoire traditionnelle, il a fallu l’inventer pour pouvoir parler aux yoris, c’est-à-dire aux blancs. Et pendant longtemps sa fonction n’a pas été importante : on requérait d’un jeune, quelqu’un qui savait bien lire et écrire et surtout qui avait l’endurance et la patience d’aller et revenir des bureaux du gouvernement étatique et fédéral. Mario était non seulement le porte-parole et représentant de sa tribu, de son peuple, il a été aussi le secrétaire, et comme d’autres membres de sa tribu, il est à son tour humilié par les yoris, aujourd’hui les autorités gouvernementales qui continuent de mener la guerre…

« Face à la vague de réformes structurelles capitalistes qui mettent en péril l’existence de notre Nation, en nous spoliant de notre territoire et en mettant en danger la vie elle-même avec leurs dénommés méga-projets, la militarisation, l’insécurité et la privatisation des biens communs, nous, la Tribu Yaqui ainsi que des dizaines de peuples premiers, d’organisations paysannes et urbaines, des en dehors des partis, convoquent à La Caravane Nationale pour la Défense de l’Eau, du Territoire, du Travail et de la Vie qui aura lieu du 11 au 22 mai 2015. Le 11 mai 2015, trois caravannes partiront : une de Vicam (Cajeme Sonora), une autre de Pijijiapan (Chiapas), et une autre de Piedras Negras (Coahuila), en direction de la capitale, Mexico ».

convocatoriacaravanaLes Caravanes chercheront à ouvrir un processus national de convergences à court, moyen et long termes qui se poursuivra jusqu’à obtenir : La suppression de tous les méga-projets qui affectent la vie, l’eau, la terre et l’air dans notre pays et partout où le peuple se soulève pour défendre ses droits. La réapparition de nos 43 compagnon-nes  d’Ayotzinapa, et obtenir justice pour les disparitions forcées dont l’État est responsable. Liberté immédiate pour les défenseurs de l’eau de la Tribu Yaqui, Mario Luna et Fernando Jiménez. Fin de la militarisation du pays, arrêt de la répression et halte au harcèlement et aux attaques contre les bases d’appui zapatistes…
Lire la suite : Le contexte – NAMAKASIA! [ photoreportage, Vidéo et convocation à la Caravane Nationale pour la Défense de l’Eau…  ]

 

[Bachajón-Chiapas] Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 avril 2015 by liberonsles

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Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón,Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

Le contexte:
Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

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Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

 Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

[Mexico] Voix depuis la prison : Fernando Barcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 22 avril 2015 by liberonsles

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Lettre de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas, envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonniers des Amériques qui a eu lieu le 11 avril à Paris

Aux compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

Et donc, rien, ni personne, ni les dieux, ni la nature ne donnent à l’être sa liberté, il/elle se la donne à elle – même/lui- même, il ou elle construit sa vie, ses règles, sa « loi ».

Aucun tyran ne peut nous arracher cela et si l’un d’eux essaie, il devra alors nous assassiner comme ils le font de nos jours en se moquant de nous ceux qui n’avons rien…

Cependant nous ne sommes pas des êtres inoffensifs, nous avons de la haine, de la rancœur et du ressentiment, mais tout cela n’est pas ce qui nous rend dangereux, mais la guerre déclarée à laquelle nous participons et que nous assumons comme telle. Notre amour pour la liberté, nous fait devenir les ennemis de l’autorité.

Nous, les anarchistes, nous transgresserons toujours les normes, nous sommes illégaux, clandestins parce que nous croyons au droit de chacun et chacune à se rebeller contre ceux qui nous font du mal…

Quand l’État et les législateurs essaient et cherchent à soumettre et à convertir les opprimés en simples esclaves au service de leurs privilèges et leur volonté, à partir de ce moment les opprimés entrent en guerre contre eux [l’état et les législateurs], et en ce moment le peuple en a marre de leur obéir .

La destruction du pouvoir politique nous concerne et c’est notre mission et elle continue à travers leurs murs et leurs barreaux. Pour que commence une révolution il est nécessaire qu’il y ait des rebelles et aujourd’hui, une fois encore, nous déclarons la guerre après avoir refusé et détruit la « paix » de puissants.

Fernando Barcenas

Prison Nord de Mexico

10 avril 2015

ferNdt: Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste, il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Ensuite il s’est vu accusé d’avoir brûlé un arbre de noël appartenant à Coca-Cola. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Voix depuis la prison Nord de Mexico : Fernando Bárcenas Castillo

Traduit par les trois passants / correction Valérie

Lettre envoyée par Le comite de Solidaridad con Mario Gonzalez, qui accompagne et suit le cas de Fernando Barcenas

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* Voir également la dernière lettre de notre compagnon Carlos Lopez : Quelque part dans un coin du monde et la dernière lettre de Fallon : de retour au quartier, ici

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Alvaro Sebastian

Posted in Campagnes, Communiqués, Loxichas, Oaxaca on 22 avril 2015 by liberonsles

LOXICHAS (13)

Oaxaca : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

Prison Centrale de Oaxaca, Mexique, 10 avril 2015

Aux Compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale,
Aux Compagnons et compagnonnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

10 avril 1919 – 10 avril 2015, 96ème anniversaire de la mort du Général Émiliano Zapata au Mexique.

« Il n’est pas nécessaire de conquérir le monde. Il suffit que nous le refassions, nous, aujourd’hui. » [EZLN]

Je suis Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience. Je suis indigène Zapotèque, originaire de la Région Loxicha dans l’État de Oaxaca au Mexique.

Je suis emprisonné depuis plus de 17 ans par l’État mexicain.

Depuis ma tranchée de lutte dans la prison centrale de Oaxaca, j’envoie un salut fraternel et combatif ainsi qu’une forte accolade de courage et de joie à chacun et chacune des compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale ainsi qu’aux personnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Avant de continuer, je veux vous remercier et vous féliciter, toutes et tous, de tout mon cœur, parce que vous êtes sensibles à notre emprisonnement en contribuant par vos efforts, tous les ans, à la réussite de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonniers politiques dans le monde (Paris, France).

J’en profite pour nommer quelques-uns de ces prisonniers : Mumia Abbu Jamal, Leonard Peltier aux États-Unis, Enrique, Carlos et d’autres révolutionnaires en Colombie, les révolutionnaires en Turquie qui résistent à l’intérieur des prisons de type F, les frères Yaquis, les frères de Tlanixco, les frères Loxicha, les 500 prisonniers politiques dans les différentes prisons du Mexique.

Ce 17 avril, cela fera un an que je suis revenu de la Prison Fédérale, le Centre Fédéral de Réadaptation Sociale N° 13. Cette prison appartient à la nouvelle génération de laboratoires d’extermination, où l’isolement et l’incommunication sont utilisés pour détruire lentement l’être humain.

Grâce à la solidarité nationale et internationale, l’État a été obligé de  trouver les mécanismes nécessaires pour justifier mon retour à la Prison Centrale de Oaxaca.

Ce retour a eu lieu exactement durant les activités de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques qui se tenait à Paris en France.

Donc, pour moi, la SOLIDARITÉ est un principe universel essentiel pour ceux d’en Bas et à Gauche, pour nous qui luttons pour la dignité humaine, et cela bien que nous parlions des langues différentes, que nous ayons des cultures différentes et que nos géographies soient séparées par de grandes distances.

Mais la dignité, la résistance et la rébellion se vivent dans toutes les parties du monde.

Les luttes politiques qui, partout dans le monde, exigent la liberté de tout être humain emprisonné pour avoir lutté pour les droits de l’Humanité, sont des actes qui traversent les frontières, les océans, les barrages et les murs de la prison, et arrivent à toucher nos cœurs, nous qui sommes les otages du système capitaliste, nous qui sommes emprisonnés pour avoir lutté.

Au Mexique et dans le monde, le système néolibéral capitaliste et ses serviteurs, les narco-gouvernements, souffrent (dans leur mémoire) d’une maladie chronique qui s’appelle : l’enrichissement exorbitant. Cette maladie les oblige à s’acharner et à causer des destructions massives de la nature et de l’humanité.

Leur ambition démesurée est de gagner le plus d’argent possible en un minimum de temps. Peu leur importe, pour accomplir ces objectifs, d’endommager la nature, de provoquer la mort de milliers de personnes et de laisser dans une pauvreté extrême le reste des peuples du Mexique et du monde.

Pour accomplir leur plan machiavélique, ils approuvent des réformes structurelles et des lois en leur faveur en faisant croire au peuple du Mexique qu’il s’agit d’avancées importantes pour la société.

La vérité est que leur objectif n’est pas le bien-être des Mexicains, mais l’augmentation de leurs revenus en capital, en général en détruisant de plus en plus la nature et en exterminant l’espèce humaine.

Pour avancer sans contre temps dans leurs projets et contrôler les peuples et les secteurs non-conformes de la société, ils sèment la terreur et la peur à travers leurs forces militaires, policières, para-militaires, leurs gardes blanches, leurs sicaires et leurs narcotraficants.

Ainsi des cas les plus récents :  de Ayotzinapa dans l’État du Guerrero, de Tlatlaya dans l’État de Mexico, du massacre des migrants à San Fernando dans l’État de Sonora, de la disparition de plus de 22 000 Mexicains et Mexicaines, des assassinats et de l’emprisonnement des militants sociaux.

Nous exigeons la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus, et le châtiment des responsables des assassinats et des disparitions forcées qui ont eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 à Iguala, dans l’État du Guerrero au Mexique.

À propos de Mumia Abu Jamal : Je lance un appel urgent et solidaire pour exiger un traitement digne et le respect de sa santé et de sa vie. Nous exigeons sa liberté immédiate et inconditionnelle. Nous devons tous montrer notre soutien et notre solidarité avec notre frère Mumia.

Depuis tous les coins du monde, rendons visible ce que d’en haut ils veulent rendre invisible.

Liberté, tout de suite, pour Mumia Abu Jamal !!!
Liberté, pour les prisonniers  politiques  du monde entier !!!

Pour la liberté des prisonniers dans le monde, globalisons la SOLIDARITÉ dans tous les coins du Monde !!!

Alvaro Sebastian Ramirez

Prisonnier Politique et de Conscience de la région Loxicha, État de Oaxaca, Mexique.

Traduit par les trois passants/ correction Valérie

Lettre envoyée par le Comité de Soutien  « La Voix des zapotèques xiches en prison », mois d’avril 2015.

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Le contexte: La région Loxicha – Oaxaca

Campagne internationale pour la liberté d’Alvaro Sebastian+vidéo de lancement

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Díaz Santiz

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 22 avril 2015 by liberonsles

CERESO5Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire du Chiapas, il a été arrêté il y a 15 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison ferme. Pour lever la voix et mener une lutte anticarcérale tout en étant prisonnier, il fait partie de l’organisation de prisonniers “Les solidaires de la voix de l’Amate”, créée en 2009. Cette organisation est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Lettre d’Alejandro Diaz, envoyée pour cette soirée du 11 avril en solidarité et pour la liberté des prisonniers et prisonnières des Amériques et des prisonniers du monde entier :

A tous ceux et celles et qui sont réunis aujourd’hui 11 avril 2015 à Paris en France.

Votre compagnon de lutte, l’indien tzotzil Alejandro Dias Santiz, Solidaire de la Voz del Amate, adhérent à la Sexta, vous salue, toujours incarcéré dans la prison N°5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas.

Je profite de cette occasion pour vous envoyer mon salut fraternel et embrasser bien fort chacun d’entre vous ainsi que vos précieuses familles. Que la bénédiction de dieu illumine toujours vos activités.

Je vous remercie du plus profond du cœur de m’avoir toujours soutenu et de me motiver à poursuivre le chemin de cette lutte contre les mauvaises autorités qui ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire à l’humanité entière. Dans ce cachot il s’est passé beaucoup de choses et depuis que je suis resté seul après la libération de mes compagnons Solidaires de la Voix de L’Amate, j’étais un peu triste et en même temps, tellement content de savoir qu’ils s’occupent de mon cas.

Bien que nous soyons très loin les uns des autres nous voyons que la distance n’existe pas et qu’il n’y a pas de barrière, la douleur et les causes nous unissent toujours.

Je n’envoie que ces quelques lignes [si vous avez vu la vidéo] car il m’est difficile de m’exprimer en espagnol, mais je fais l’effort pour pouvoir me communiquer avec vous tous et toutes. Quand j’ai été arrêté dans l’État de Veracruz, je ne savais ni parler ni écrire l’espagnol. Aujourd’hui je remercie Alberto Patishtan Gomez*, qui m’a enseigné à écrire et à parler espagnol pendant que nous étions prisonniers ensemble. S’il n’avait pas été là je continuerais comme avant.

Compagnons il ne me reste qu’à vous remercier mille fois pour le soutien que vous m’avez apporté pour ces emprisonnements injustes, qui m’ont conduit à être prisonnier pendant 15 ans et 10 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse.

Grâce à dieu le peu que j’ai appris je suis en train de le partager avec d’autres compagnons prisonniers pour qu’eux aussi puissent se défendre et montrer à la société du monde entier ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, dans cette tranchée, lieu de lutte.

Je continuerai d’exiger de véritables justices et libertés pour toutes et tous les prisonniers et prisonnières politiques et de conscience du monde entier.

Frères et sœurs, ne vous découragez pas, courage à tous et à toutes !
ENSEMBLE NOUS POUVONS GAGNER LES VÉRITABLES JUSTICES

FRATERNELLEMENT:

Alejandro Díaz Sántiz, 24 Mars 2015.

* Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, collectifs, individus et avocat-e-s solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard et qu’il a été libéré le 31 octobre 2013. Pendant les 13 ans passés en prison, Patishtan a créé l’organisation de prisonnier-e-s « la Voix de l’Amate». Cette organisation de prisonniers, appartenant à la Sexta, est née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système carcéral mexicain, par la suite il a encouragé la création d’autres organisations de prisonnier-e-s. Il donnait également des cours en prison pour apprendre aux prisonnier-e-s à lire, à écrire et à parler espagnol pour qu’ils puissent lever leurs voix et faire sortir leurs paroles de la prison.

Lettre envoyée par le Le comité de soutien à Alejandro Díaz Sántiz : Grupo de Trabajo « No estamos Todxs »- Chiapas.

Traduit par Amparo/correction Myriam

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Mexique: Nouvelle condamnation pour Abraham Cortés

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 10 avril 2015 by liberonsles

Mexique: Nouvelle condamnation pour Abraham Cortés; l’accusation de tentative d’homicide est tombée.

portabrahamNous avons appris récemment qu’une nouvelle sentence a été prononcée pour notre compagnon Abraham Cortés dans le cadre du procès auquel il fait face depuis le 2 octobre 2013. Nous rappelons qu’Abraham est la seule personne maintenue en prison pour les faits survenus ce jour là.

Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande.

Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée il y a quelques jours.

La nouvelle condamnation du compagnon est à présent de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée.

Cette nouvelle est sans doute une bonne nouvelle, mais cela ne signifie pas que nous la reconnaissons comme une action de justice de la part du système juridique et carcérale mexicain. Nous savons parfaitement que ce système ne nous donnera jamais la justice et si maintenant ils relâchent un peu la corde, nous n’oublions pas que notre compagnon reste prisonnier, et tant que notre compagnon et les milliers de personnes qui peuplent actuellement les prisons restent derrière ces murs, nous continuerons le combat…

Pour la liberté de tous et toutes !
A bas les murs des prisons !

Croix Noire Anarchiste Mexique

Traduit par Caracol Solidario

Source

***

Voix depuis la prison Nord : Abraham Cortés

Mariposa_negra25 février 2015
Depuis la prison Nord (Reclusorio Norte del DF)
Lettre d’Abraham Cortés Ávila

C’est un nouveau jour de lutte, un nouveau jour de résistance, un nouveau jour pour élever la voix, un nouveau jour avec le poing levé, un nouveau jour pour rendre visible l’injustice des institutions, institutions créées pour exercer la répression et l’exploitation, institutions qui tentent de faire taire, de pervertir et détruire la population. Cela fait 16 mois que je suis séquestré dans cette institution, au départ j’étais dans le quartier d’arrivée, à présent je suis dans la zone de la population dite tranquille, bien qu’ils aient essayé de magouiller pour nous envoyer dans le quartier dangereux, comme quand ils nous ont déplacés dans le Centre d’observation et de Classification, où ils nous ont assignés dans une zone dangereuse, un quartier disciplinaire pour la population dite normale.

Maintenant, ils essaient de nous donner discrètement en pâture à la population [carcérale générale], utilisant des stratégies diverses qui touchent les compagnons, et nous pointent du doigt cherchant à nous rendre responsables de la dégradation des aménagements de condition de détention, mais pour nous cela n’a pas d’importance, ici nous avons d’autres tâches et d’autres options de lutte, car du mal peut sortir le bien. Compagnons, dans ce jour de lutte, je ne demande pas seulement ma liberté, ni celle de mes compagnons, mais celle de tous ici dedans ; je ne veux pas seulement qu’ils révisent bien mon dossier, mais que ces institutions n’existent plus, parce que je suis et nous sommes conscients que ce sont des centres d’exploitation et d’esclavage.

Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés depuis 16 mois par un gouvernement corrompu, plein de mensonges, plein d’ambition ; pendant ces 16 mois je ne suis pas le seul à vouloir sa prétendue libération, il y a plus de 12 mille internés qui cherchent la même chose, comme ceux qui arrivent chaque jour, ignorant tout d’ici. Mais ce qui est clair pour moi c’est que bien qu’ils nous « libèrent », nous ne serons pas « libres », car avec tant d’institutions nous ne savons plus à qui faire confiance, de plus avec leurs maudites stratégies pour éloigner la population en général, car ce qui est vécu n’est pas de l’indifférence,ce que l’ont ressent c’est la crainte des gens, la crainte qui peu à peu cesse d’exister, depuis ici, dedans, c’est ce que je peux voir, entendre et sentir, même si cette institution répressive essaie de nous faire taire, de nous faire disparaître, de nous séquestrer, ou de nous tuer, nous n’avons plus peur, nous ne la sentons plus.

Prison égal répression
Répression égal institution
Institution égal gouvernement
Gouvernement égal prison

Abraham Cortés

Taduit par les trois passants, correction Amparo

Source: Comité de solidarité avec Mario González

Qui est Abraham Cortés Ávila ?

Lettre de solidarité avec les prisonniers de la Prison Nord de Mexico

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 25 février 2015 by liberonsles

recnor A la Coordination Combative des Prisonniers en Résistance dans la Prison Nord
A nos compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortés
A l’étudiant Bryan Reyes
Aux détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista
A la croix Noire Anarchiste du Mexique

23 février 2015

Compagnons, c’est avec un salut combatif que nous voulons vous manifester notre entière solidarité et notre soutien à l’action que vous avez décidé de mener collectivement, affrontant le système carcéral d’oppression, de mépris et d’autoritarisme.

Nous avons lu votre communiqué, le combat que vous avez décidé de mener est un exemple très fort de résistance pour nous toutes et tous qui sommes dehors sans pour autant être libres. Bien au contraire, nous sommes comme vous immergés dans un système d’oppression et d’esclavage qui par le biais de la peur prétend paralyser et enchaîner la rébellion et la rage de nombreux hommes et femmes. Ce que vous appelez tracer une ligne en refusant de reconnaître les autorités pénitentiaires les assimilant aux ennemis immédiats dans cette étape de la guerre qui vous a emprisonnés, pour nous autres cela signifie briser les chaînes et nous déclarer libres au milieu des grilles… Par cette action vous nous donnez une leçon de courage, de détermination et d’une immense rébellion.

Pour l’heure camarades, vous nous donnez la force de poursuivre ici, de là où nous sommes, la lutte pour la liberté, qui finalement consiste à dépasser la peur, à refuser de se soumettre à l’autoritarisme exercé par toutes les autorités et bien que loin de vous, nous voulons vous dire notre entière solidarité, nous suivrons avec attention les événements, et nous serons également attentifs au traitement auquel vous soumettent les autorités en ces moments cruciaux alors qu’elles ont décidé de maintenir certains détenus à l’isolement.

Nous diffuserons également votre communiqué ainsi que les faits qui se déroulent dans la Prison Nord, dans toute la mesure de nos possibilités dans nos différents espaces.

Nous faisons savoir aux autorités carcérales de la Prison Nord que nous suivons avec la plus grande attention ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, que les faits font l’objet d’une information détaillée et que nous tenons pour responsables de tout mauvais traitement physique et psychologique auquel pourraient être soumis les détenus en grève de la faim, les directions de cette prison, le chef du gouvernement de la capitale ainsi que les autorités qui ont donné l’ordre d’isoler les détenus Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista en les transférant dans l’aile d’entrée. Nous sommes également attentifs à la situation des camarades Fernando Bárcenas et Abraham Cortés qui viennent d’être transférés dans l’aile d’Observation et de Classification ainsi que Bryan Reyes.

Camarades, courage, courage à vous tous qui avez décidé de briser la peur qui paralyse en vous déclarant en totale rébellion face aux autorités pénitentiaires. Courage, vous n’êtes pas seuls !

Nous restons attentifs en diffusant votre combat qui s’inscrit, comme le notre, dans la destruction de ce système carcéral dans lequel nous vivons dans un dedans et un dehors relatifs, notre lutte s’inscrit, comme la votre, dans le combat contre tout type de domination, d’oppression, d’exploitation, d’humiliation et d’autoritarisme !

A bas les murs de toutes les prisons !

Les trois passants, Paris, France
Confederación General del Trabajo, CGT – Estado español
ASSI (Acción Social sindical Internacionalista)
Centro de Documentación sobre Zapatismo, Estado español
Caracol Solidario, Besançon, France
Tierra y Libertad para Arauco, France
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelona
MUT VITZ 13, Marseille, France
Anarchist Black Cross Paris-Banlieue
Alternative Libertaire, Toulouse, France

————–
Lettre en espagnol
Traduction de la lettre Amparo, correction Val
Infos + Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

CHIAPAS : Appel à la Solidarité avec San Sebastian Bachajon

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 13 janvier 2015 by liberonsles

bachajonlib

Appel du Congrès National Indigène à la Solidarité avec le terrain communal de San Sebastian Bachajon

À la Sexta Nationale et Internationale
Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, des femmes, des hommes et des enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres. Ce sont des terres d’une grande richesse naturelle qui se trouvent à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; des terres dont le mauvais gouvernement a essayé de les expulser afin d’imposer ses projets de mort. Mais nos frères, qui connaissent bien le gouvernement, savent qu’il veut les faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes . Ils n’ont jamais permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et ses autoroutes, qu’il appelle prétentieusement le Cancún du Chiapas.

Par des menaces de groupes armés et par le biais d’ordres d’appréhension, il a essayé d’arrêter la défense digne et nécessaire que mènent nos frères [de Bachajon]. Comme si ne lui suffisait pas la douleur qu’il a déjà causée, aujourd’hui, 9 janvier 2015, vers 6h30, environ 800 policiers de l’État ont envahi le campement de nos frères. Ont suivi une expulsion violente et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous rendons responsables de toute agression contre nos frères et sœurs les trois niveaux du gouvernement [municipal, fédéral et de l’État] parce que ce sont eux qui dirigent les attaques à l’encontre de nos frères et à l’encontre du peuple mexicain. Nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont un nom et un prénom, ce sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et ses assistants tels que Leonardo Guirao.

Nous, le Congrès National Indigène, lançons un appel à tous les compagnons et compagnonnes qui cheminent et ont cheminé avec nous à rester attentifs face à la difficile situation que les frères du terrain communal de Bachajón sont en train de vivre aujourd’hui. Nous lançons un appel à nous solidariser selon nos temps et nos géographies avec nos frères de Bachajón et avec d’autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène. Nous avons pu constater ces jours-ci l’escalade des agressions de la part du mauvais gouvernement contre ceux qui participent au CNI [Congrès National Indigène]. Nous ne pouvons pas laisser dans l’oubli l’agression qu’ont subie les frères qui revenaient du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Ils prétendent nous faire peur, nous incarcérer comme ils l’ont fait avec nos frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec nos frères nahuas de Santa María Ostula, et nous réprimer comme aujourd’hui ils le font avec nos frères tseltales.

Nous leurs disons une fois pour toutes que nous n’allons pas cesser notre lutte pour la vie et contre le capitalisme.
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès National Indigène
Mexique 9 janvier 2015.

***

D’autres communiqués circulent en appelant à la solidarité nationale et internationale, surtout suite aux derniers événements qui ont eu lieu ce dimanche 11 janvier :

Dernier communiqué urgent du terrain communal de San Sebastián Bachajón

Par le biais d’une série d’actions planifiées pour récupérer les terres et la cassette de péage qui le mauvais gouvernement nous a expropriés le 9 janvier dernier en utilisant la force publique, nous avons procédé ce dimanche 11 janvier 2015 au blocage du carrefour des cascades d’Agua Azul.

Face à cette action le gouvernement [de l’État du Chiapas] de Manuel Velasco Coello a donné l’ordre aux forces de police de nous réprimer et de dissoudre le blocage, en usant de balles de gomme et de balles réelles qui ont laissé deux compagnons blessés.

Nous émettons ce communiqué afin de vous faire connaître les faits, d’exiger le repli de la force publique et l’arrêt de la répression contre les peuples indigènes qui luttent contre le pillage des mauvais gouvernements, ainsi que d’appeler à votre solidarité envers nos frères.

Nous sommes conscients que les prochaines heures sont cruciales, la situation de tension s’accroît du fait que les forces de l’ordre continuent d’être présentes dans la zone en nous intimidant et en nous harcelant.

Terrain communal de San Sebastián Bachajón

Ndt : Selon certains médias libres, en réponse aux faits qui ont eu lieu à San Sebastián Bachajon, une caravane solidaire d’accompagnement composée d’adhérents nationaux et internationaux à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone partira en direction de San Sebastián Bachajón dans les prochaines heures.

Ce que nous vous proposons de manière rapide et solidaire est, comme la dernière fois, d’envoyer ce petit texte aux mauvaises autorités dont voici les mails :
secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx

Texte à envoyer en espagnol :
Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos al Gobierno del Estado de Chiapas a Cargo de Manuel Velasco Coello ponga fin a las agresiones de las que están siendo objeto en este momento los hombres, mujeres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón. Nos hemos enterado de la ultima agresión que sufrieron el día 11 de enero 2015 en donde la fuerza publica emprendió una balacera dejando a dos personas heridas, ante estos hechos exigimos se garantice la vida e integridad física y psicológica de las mujeres, hombres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón, que la fuerza publica se retire de la zona a fin de evitar que haya mas heridos. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.
(signature, organisation, collectif, individu)

Voici la traduction du texte proposé :
Nous exigeons du gouvernement du Chiapas et de son gouverneur, Manuel Velasco Coello, qu’ils mettent fin aux agressions qui visent en ce moment les hommes, femmes et enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Nous avons été informés de la dernière agression qu’ils ont subie le 11 janvier dernier, lors de laquelle les forces de l’ordre ont usé de balles réelles, laissant deux blessés. Face à ces faits, nous exigeons que soient garanties la vie et l’intégrité physique des femmes, des hommes et des enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón, nous exigeons aussi que les forces de l’ordre se retirent de la zone afin d’éviter qu’il y ait de nouveaux blessés. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par Les trois passants/correction Myriam et Valérie

Sources ( medias libres) :
Llamado del CNI a la solidaridad con San Sebastián Bachajón
video-comunicado urgente de los ejidatarios de Bachajon adherentes a la sexta+ photos
+ de 50 organisations et individus dénoncent les attaques contre les comp@s de bachajon

→Chronologie des faits

CHIAPAS : Expulsion du terrain communal de Bachajon

Posted in Archives, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 10 janvier 2015 by liberonsles

bachajondeslExpulsion des compagnonnes et compagnons du terrain communal de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste

Aujourd’hui (9 janvier 2015) vers 6h30, plus de 900 agents de la police fédérale et étatique ont expulsé nos compagnons et compagnonnes qui défendaient les terres récupérées depuis le 21 décembre dernier.

Le mauvais gouvernement, en la personne du secrétaire de gouvernement Eduardo Ramirez Aguilar, se vente du fait qu’ils ont déjà récupéré la cassette de péage comme si c’était leur propriété ou leur territoire. Leur véritable intérêt est de nous expulser de nos terres, ils n’ont pas honte, ces corrompus traîtres à la patrie, mais malgré leur mauvaise politique notre lutte ne s’achève pas, parce que nous n’allons pas permettre qu’ils continuent de nous dépouiller de nos terres comme ils le souhaitent. Nous allons continuer nos actions en défense de notre terre mère.

Nous portons à votre connaissance que nos compagnons et compagnonnes mentionné-es ci-dessous sont actuellement portés disparus et nous rendons responsables de leur intégrité physique et psychologique le mauvais gouvernement, le Commissaire Alejandro Moreno Gomez et le conseiller de surveillance Samuel Díaz Guzman.

Les compagnons et compagnonnes portés disparus sont :
1. Mariano Pérez Álvaro
2. Miguel Jiménez silvano
3. Juan Deara Perez
4. Antonio Gómez Estrada
5. Manuel Gómez Deara
6. Juan Gomez Estrada
7. Pascual Gómez Álvaro
8 Martín Álvaro Estrada

Nous vous tiendrons au courant de la suite, pour l’instant c’est tout compagnons et compagnonnes, nous vous prions de rester attentifs et de diffuser cette information autour de vous.

Des salutations combatives

Terrain communale de San Sebastian Bachajon

Nous venons d’être informés que les 8 compagnons ont été retrouvés saines et sauves.

source

 

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Plus d’infos sur Bachajon

MEXIQUE: Début du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme

Posted in Actions, Archives, Chiapas, EZLN, Ville de Mexico on 24 décembre 2014 by liberonsles

festifesti

Début du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme
Où ceux d’en haut détruisent, ceux d’en bas reconstruisent
21 décembre 2014.

À 15h passées, en présence d’un grand nombre d’assistants et selon une cérémonie Otomí, la Communauté de San Francisco Xochicuautla (État de Mexico) a inauguré et présenté les travaux du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Face à l’estrade, 43 chaises représentaient symboliquement les étudiants normaliens disparus à cause de l’État mexicain, le 26 septembre 2014. Était ainsi manifestée l’espérance de les avoir parmi nous.

Cet évènement avait été décidé au mois d’août dernier, lors de la rencontre (Compartición) entre le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), rencontre nommée « Compagnon David Ruiz García »*. Les participants y avaient partagé et exposé leurs expériences et stratégies contre le capitalisme.

Les premiers mots ont été prononcés par les membres de la communauté de Xochicuautla : « Aujourd’hui, Xochicuautla est l’exemple du fait que, au Mexique, non seulement on assassine des étudiants mais qu’on assassine aussi la nature ».

La communauté, qui fait partie du CNI (Congrès National Indigène), a partagé avec les participants les difficultés rencontrées dans la lutte contre la construction de la route Toluca-Naucalpan, dont la réalisation détruira le bois Otomí-Mexica, connu aussi comme le Grand Bois d’Eau.

“Nous savons l’importance de préserver la nature. Nous avons été créés pour rappeler au monde qu’il n’existe pas de chose plus précieuse que la vie même, manifestée dans cette Terre Mère, et qu’elle n’a pas pu être remplacée par l’or, l’argent ou les billets créés par l’homme. Ils pourront dire que nous sommes pauvres et que nous renonçons au développement, que nous sommes pauvres parce que nous n’avons pas d’argent … »

La majorité des communautés du CNI ont mené une lutte contre le gouvernement et le secteur privé puisque, avec la construction de routes, l’installation de mines, la construction d’aqueducs, l’installation de conduites de pétrole, ou d’autres projets, ils ont détruit des lieux essentiels pour la survie des villages comme les rivières, les montagnes, les bois, etc.

« À présent, nous nous rendons compte que quatre maladies affectent nos frères mexicains. La première est l’ignorance ; nous ignorons le danger que la Terre Mère est en train de vivre. La deuxième est l’apathie… La troisième est la peur… La dernière et la plus grave maladie qui affecte les gouvernants est l’argent… »

Quelques parents des étudiants disparus de l’école « Raúl Isidro Burgos » ont dit quelques mots en remerciant les organisations, collectifs et individus pour leur appui et leur solidarité.  « Jamais nous ne fatiguerons, car ces 43 chaises attendent les 43 élèves et que ces 43 maîtres vous sont destinés, à vous, gens humbles qui avez besoin d’eux. »

Des membres d’autres communautés et du CNI ont pris la parole en remerciant les milliers de personnes présentes et en demandant d’être attentifs à la situation des diverses luttes et des résistances qui se développent sur le territoire mexicain.

Un communiqué émis par les paysans tzeltales du terrain communal de San Sebastian Bachajón a été lu, où ils expliquent leur lutte pour la récupération de leurs terres : «  Notre peuple continue de lutter contre le pillage et la répression du mauvais gouvernement qui veut nous enlever nos terres coûte que coûte, nos ressources naturelles et notre dignité en tant que peuple… Il nous enlève notre terre pour la donner aux entreprises et aux politiciens corrompus afin qu’ils deviennent encore plus riches, tandis que nous, nos communautés, meurent de faim… »

Enfin ont commencé les différentes activités culturelles lancées par la communauté de San Francisco Xochicuautla et prévues pour tout le festival.

La communauté de San Francisco Xochicuautla a été fortement réprimée pendant des années, notamment ces derniers mois. Le 3 novembre 2014, bien que ses membres aient déposé plusieurs recours (amparos), l’entreprise Autovan a fait irruption avec ses machines et ses travailleurs sur le territoire communal de Xochicuautla, avec l’appui des centaines de CRS municipaux et locaux. Face à cette incursion illégale, les paysans de la communauté ont interpellé les forces de l’ordre en exigeant qu’on leur montre le permis de construire relatif à  l’autoroute privée qui prévoit de détruire un bois qui fournit de l’eau à la vallée du Mexique. Jusqu’à présent, la réponse des autorités gouvernementales a été l’arrestation arbitraire d’au moins 20 indigènes ñathö.

Les compagnons de Bachajon, eux aussi, ont été réprimés en réponse à la lutte contre le pillage de leurs terres. Si leur lutte a été constante et infatigable, le gouvernement a frappé fort en assassinant le compagnon Juan Vázquez Guzmán le 24 avril 2013 et le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano le 21 mars 2014, et en emprisonnant les compagnons Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano, Roberto Gomez Hernandez, Santiago Moreno Perez et Emilio Jimenez Gomez.

Arrêtés le 16 septembre 2014, Juan Antonio, Mario Aguilar et Roberto Gómez sont aujourd’hui enfermés pour avoir lutté pour leurs droits légitimes au territoire en affrontant le gouvernement qui cherche à les dépouiller de leurs terres, où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, afin d’y construire le futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Depuis des années, les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer la persécution politique et le pillage de leurs terres, et ce malgré la répression, l’assassinat et l’emprisonnement de leurs compagnons.

Extrait du communiqué de la communauté indigène Ñatho de San Francisco Xochicuautla, Lerma, État du Mexique- Congrès National indigène et du  front de villages indigènes pour la défense de la Terre Mère :

« … L’État mexicain juge inacceptables les revendications du peuple face à toutes les injustices dont il s’est rendu coupable contre lui : injustices commises aujourd’hui à Iguala Guerrero contre nos frères normaliens ruraux d’Ayotzinapa mais aussi, hier déjà, contre nos frères de San Salvador Atenco et nos frères d’Acteal et d’Aguas Blancas… Harcèlements et persécutions de nos frères Yaquis, des prisonniers politiques de Tlanixco, des défenseurs de l’eau et d’autres encore… Injustices commises à Tlatlaya, avec le cas de la garderie ABC… Constants féminicides, jamais élucidés, perpétrés dans l’État du Mexique… Répressions, persécutions et  harcèlement à Xochicuautla et Huitzizilapan, avec l’arrestation arbitraire dans deux occasions des compagnons indigènes ñathos et finalement l’incarcération de 22 d’entre eux ».

« …Les pouvoirs en place veulent nous faire taire quand nous protestons contre les injustices dont l’État est l’auteur, contre sa corruption et son impunité. Leur solution, nous l’avons déjà entendue ces jours-ci dans la bouche du président lui-même : « Encore plus de répression » ».

“Nous leur disons que nous ne nous fatiguerons pas, que nous continuerons d’avancer de défendre notre Terre Mère”

“…Cette relation que nous avons entretenue au long des siècles avec notre Mère la Terre, c’est ce qui nous réunit aujourd’hui ici pour continuer à la défendre …”.

Résumé et traduction les trois passants et Myriam/correction Valérie

___________________________

*David Ruiz García a perdu la vie dans un accident alors qu’il rentrait de l’hommage réalisé à la mémoire du votan zapatiste Galeano, le 25 mai 2014.

Sources (médias libres) :
Donde los de arriban destruyen, los de abajo reconstruimos +audio+photos
“Lo que pasa en Xochicuautla es el espejo de lo que pasa en otros pueblos de todo el país”, pueblos originarios.
Communiqué – début du Premier Festival mondial des Résistances et des Rébellions contre le capitalisme
Vidéo : Arrestations à Xochicuautla, 3 novembre 2014.

 

CHIAPAS: Action urgente pour le terrain communal de Bachajón

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 décembre 2014 by liberonsles

bachajon21 Le terrain communal de San Sebastian Bachajon, adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone, Chiapas, Mexico
le 22 décembre 2014.

Action urgente

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul  » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Les compagnons de Bachajon font un appel à la solidarité. Vous pouvez dès maintenant envoyer les exigences suivantes :

Texte (écrit par les compagnons) à envoyer si vous le souhaitez aux mauvaises autorités :

secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx
uejasoacnudhmexico@ohchr.org
oacnudh@ohchr.org
cidhoea@oas.org

texte en espagnol à envoyer

Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos se garantice la vida e integridad personal de las mujeres, hombres y niños que resguardan las tierras recuperadas el 21 de diciembre de 2014. Asi como privilegiar el diálogo y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras que estan luchando y defendiendo los derechos que les corresponden. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

(signature, organisation,collectif, individu)

Traduction du texte :
Depuis (mettre le lieu d’envoi, par exemple la France)
Nous exigeons que la vie et l’intégrité personnelle des femmes, des hommes et des enfants qui à présent gardent les terres qui ont été récupérées le 21 décembre 2014. Nous exigeons que le dialogue soit privilégié afin d’éviter tout acte de répression contre nos compagnons et compagnonnes en lutte pour la défense des droits qui leur reviennent. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Appel envoyé par plusieurs sources (médias libres), dont voici quelques-unes :

Komanilel
Pozol Colectivo
Enlace zapatista, communiqué de Bachajon

♦Plus d’infos sur Bachajon + vidéos – Antécédents

MEXIQUE : Communiqué commun pour la liberté et contre l’oubli.

Posted in Communiqués, Uncategorized on 20 décembre 2014 by liberonsles

Luis Fernando Sotelo Libre-Rebelion-Design

Depuis le Mexique, 20 décembre 2014

Aux compagnons qui luttent en bas et à gauche
Au Congrès National Indigène
Aux compagnons de la Sexta
Au Réseau contre la Répression
Aux médias libres

Choisir par où regarder est aussi choisir depuis où on regarde. Ou est-ce la même chose de regarder d’en haut ou d’en bas la douleur de ceux qui perdent ceux et celles qu’ils aiment et dont ils ont besoin, à cause de la mort absurde, inexplicable, définitive?

Aujourd’hui, nous avons une énorme rage. D’un bout à l’autre de notre pays, la persécution, la disparition, l’emprisonnement et la mort sont « des lois » imposées depuis là-haut. Le narco – gouvernement pille les peuples de ses territoires, aiguise l’exploitation du travail, réprime tous ceux qui s’organisent ;tous ceux qui croient qu’un autre monde est possible. Les migrant-es, les travailleurs et travailleuses sexuelles, les sans toit, les différents, les rebelles. Nous sommes ceux et celles qui gênons les puissants. Nous les autres, nous sommes tous ceux et toutes celles qui nous refusons à homogénéiser notre identité, c’est-à-dire qui nous refusons à renoncer à notre différence.

Ils ont fait disparaître les compagnons normaliens d’Ayotzinapa, ils les ont assassiné pour le fait d’être pauvres, paysans, indigènes, étudiants et pour mener une lutte pour changer les conditions de vie de leurs villages. Ce ne sont pas 43 qui ont disparu, ce sont des milliers, et les assassinés par l’État – capital dans sa guerre d’extermination contre le peuple, contre les peuples qui ont résisté pendant plus de 500 ans, sont aussi des milliers. Le Narco-état-capital utilise les médias et son appareil juridique – carcéral pour nous attaquer, mais quand cela n’est pas suffisant, alors il tord la loi et utilise des gardes blanches et des paramilitaires. En semant la terreur et la mort, en essayant d’éliminer tous ceux ou celles qui gênent.

Nous n’oublions pas Acteal, Atenco, Aguas Blancas, l’année 68, l’année 71. Nous n’oublions pas Kuy Kendall, Alexis Benhumea, Carlos Sinhue, Pavel González, les mortes de Juárez, le compa Galeano. Nous n’oublions pas tous ceux à qui l’État a enlevé leur liberté par la force : Mario Luna, Álvaro Sebastián Ramirez, les compagnons et compagnonnes de Xochicuautla, les nahuas, les compagnon-ne-s d’Oaxaca, de Puebla, de l’État du Mexico et tant autres, tout ça nous fait mal et nous remplit de rage.

Ici, dans la ville de Mexico, le 5 novembre dernier, la police de la ville est entrée dans la Cité Universitaire avec un fort dispositif policier, incluant le survol par un hélicoptère et des policiers habillés en civil à bord de camionnettes sans plaques d’immatriculation, en violant ainsi l’autonomie universitaire, en attaquant la communauté étudiante avec des balles en caoutchouc, des pierres et des bâtons. Tout cela après le blocage de l’avenue « Insurgentes », où un bus a été incendié et où des affrontements ont eu lieu par un groupe de manifestants durant la troisième journée de lutte pour Ayotzinapa.

Dans ce contexte, des arrestations ont eu lieu contre nos compagnons Luis Fernando Sotelo Zambrano et Sergio Pérez Landeros (actuellement libéré), qui se trouvaient dans les environs du Campus. Après avoir été arrêté et frappé, notre compagnon Luis Fernando a été présenté en qualité de détenu à l’agence 22 du commissariat ayant pour siège Coyoacán. Par la suite il a été transféré à la prison Sud, tout cela en moins de 24 heures. Les délits qui lui ont été reprochés sont : Attaques aux voies de communication, port d’explosifs, dommage dolosif et attaques à la paix en bande. Luis Fernando est étudiant lycée numéro 6 à Mexico, membre de la coopérative ik o’tik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, activiste, fils, frère et compagnon.

Depuis cet espace, nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle de tous les prisonnier-e-s politiques du pays et du monde. Notre lutte ne demande pas la résolution d’une liste de revendications, mais elle est pour la vie.

Prisonnier-e-s Politiques Liberté !
Présentation des personnes disparues !
Un coup porté contre l’un ou l’une d’entre nous est un coup porté contre tous et toutes !
La solidarité est une arme contre le pouvoir !
Ni pardon, ni oubli, châtiment aux assassins !

signataires

La sexta para niños , Colectivo Zapatista Neza, Estudiantes independientes de la ENAH, Comité de lucha de la UAM-X, La Sexta Nius, Nodo-caracol virtual de cambalache sobre La Sexta y otros chunches abajo y a la izquierda, Lengualerta, Mario Gonzales, La Zaharacha, Colectivo Ollin Meztli, Cooperativa Ik, otik, Estudiantes independientes Prepa 6 (UNAM), F.A.R.México D.F, F.A.R. Estados Unidos Seattle, Estudiantes independientes FFYL (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Psicología (UNAM), Estudiantes Independientes FES Acatlán (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Derecho (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Medicina (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Economía (UNAM), Brigada Callejera de Apoyo a la Mujer, « Elisa Martínez », A. C., Colectivo Azcapotzalco Sexta Por la Libre, Radio Tlayuda, Regeneración Radio, Colectivo Silosive, Colectivo de expresas y ex presos del 1° de diciembre 1Dmx, Radio Pozol, Cruz Negra Anarquista de México, Radio votan zapata, Chiapas, México, Subversiones, Barrios y colonias en defensa de Azcapotzalco, Asamblea de Programas de Regeneración Radio : Táctica Libre, Nosotros los de Abajo, Zión y sus Cronopios, Subversión Sonora, Puño y Garra Abolicionista, Al Litteram, La República Engendro, Al carajo con el Amor, Runa Llena, La Voz Roja, El Camino del Guerrero Anáhuac, Desde la Niebla, Dezerebra2, Estéreo Vinil, Subterráneo, El Gran Kilombo Antifascista.

Envoyé par mail par le Réseau contre la répression et pour la solidarité 

Autres sources

 Traduit par les trois passants/correction Myriam

♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
Nos PrisonnierEs Libérons-les touTEs !

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 20 décembre 2014 by liberonsles

invebar Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola a été incendié, Fernando Barcenas Castillo a été arrêté et se trouvait en prison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution. Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

Lettre de Fernando Bárcenas, 15 décembre 2014 :

Aux esprits libres et rebelles
Aux opprimés et marginaux
Au peuple en général

Aujourd’hui, cela fait officiellement un an qu’a démarré ma réclusion. Le 10 décembre 2014, j’ai été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé d’attaques à la paix publique et d’association délictueuse. Ces accusations sont fondées sur de simples suppositions et sans preuves réelles qui montrent ma culpabilité. Pour ce qui est du délit d’association délictueuse, le seul fait que signale l’accusation est le port d’objets avec des inscriptions de protestation et de revendication anarchiste, ce qui laisse voir clairement qu’il s’agit d’une criminalisation idéologique à tendance diffamatoire et discréditant les idées anarchistes et libertaires.

Historiquement, à toutes les époques, une série d’idées, de pensées, d’informations en général ont été occultées pour que les individus n’aient pas à y réfléchir. Cependant, il y a toujours des personnes, des individus qui refusent d’être aligné-e-s, non-conformes avec ce qu’il est permis de faire, d’être et de penser. Nous avons choisi de risquer nos vies dans la recherche d’une liberté authentique.

Et quand nous avons fait face aux mal-être social, produit de la hiérarchie, nous avons été appelés auteurs du désordre et ils nous ont envoyé peupler les prisons.

Or, dans la prison, la rébellion ne s’achève pas, car c’est dans la prison que le rebelle s’assume complètement et tout doute ou contradiction qu’il pourrait y avoir dans ses pensées se dissipe, il finit par être encouragé et par devenir plus fort idéologiquement. En rentrant dans la prison un cycle de lutte finit et un autre, nouveau, commence, mais cette fois ci plus radical, plus cohérent et plus complet.

À bas les murs des prisons et que la liberté continue son cours inexorable, jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

Fernando Bárcenas

 source

Communiqué commun en solidarité avec Fernando Bárcenas Castillo

Au compagnon Fernando Bárcenas Castillo,
À ses amis et à sa famille
À la Croix Noire Anarchiste du Mexique
À ceux et celles qui sentiront ces mots comme les leurs

Compagnons et compagnonnes

Il y a quelques jours, grâce aux nouvelles que vous diffusez vous-mêmes -loin des miettes que la presse vendue diffuse de plus en plus – nous avons appris avec beaucoup de rage, que le compagnon anarchiste Fernando Bárcenas Castillo, a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour le délit d’attaques « à leur paix » publique, à la paix que le pouvoir confond avec servilité, soumission, silence, dissimulation, mensonge et réclusion…. cela c’est leur paix, mais ce n’est pas la nôtre. Ils sont tellement préoccupés de la maintenir (leur paix) qu’il y a quelque jours, nous avons appris la mise en oeuvre de la loi anti-manifestations. Avec cette loi, ils sont en train de dire que rien, ni même les rues n’appartiennent au peuple, et en fait le message est clair : « légalement », ils disent au peuple de se taire et de cesser de protester.

Aujourd’hui, en reconsidérant les cas des compagnon-ne-s anarchistes arrêté-e-s au Mexique, nous nous sommes rendus compte que tous et toutes ont été condamné-e-s pour attaques à « leur » paix publique… Au jour d’aujourd’hui, aucune des autorités ne peut donner de leçons de paix, à présent, ce sont eux – aux yeux de nous tous et toutes – les assassins ; l’État mexicain s’est détruit de l’intérieur, ils se sont entre-dévorés en essayant de récupérer les miettes par le biais de leurs mensonges et de leurs fables inventées, et pourtant, toutes leurs tentatives sont vaines, combien de fois lors des dernières semaines, dans les mobilisations pour Ayotzinapa, nous avons entendu dans les rues, dans les écoles, les couloirs, dans les manifestations, ces paroles  : Nous ne vous croyons plus !Vous n’êtes ni ne serez jamais des nôtres, qui sommes et vivons ici en bas !

Les lettres du compagnon Barcenas, ses mots, rendent compte d’une réalité partagée par beaucoup des jeunes, où que nous soyons, d’où que nous venions et où que nous résistions, nous sommes les mêmes, ceux de toujours, ceux d’en bas, ceux qui reçoivent les coups, les menaces, la réclusion, la mort, et selon les propres mots de Bárcenas que nous répétons aujourd’hui : « Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et toutes les sortes de forces répressives « qui construisent leur démocratie ». Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir. Nous sommes les blessés lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le bitum, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène ».

Oui, Fernando, c’est vrai tout ce que tu dis, mais nous à la différence d’eux, nous sommes là, nous regardons vers le bas, et nous trouvons un compagnon de plus accusé par leurs lois qui sont devenues une farce, une méthode et une pratique quotidienne pour emprisonner la rébellion et la dignité.

Nous, à la différence d’eux, nous nous solidarisons sans aucun intérêt, sans rien attendre en échange, nous te disons compagnon Fernando, que nous sommes là, et que depuis ce jour nous avons commencé à diffuser l’information de cette étape où l’enfermement de la rébellion au Mexique et dans le monde sont des consignes gouvernementales.

Nous te voyons et nous nous reflétons en toi, et aujourd’hui, nous te disons que tu n’es pas seul, courage et force, compagnon !

Nous envoyons une salutation non seulement au compagnon Bárcenas, mais également à Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, aux prisonniers du 15 de novembre et aux inculpés du 20 novembre.

Vous n’êtes pas seul-e-s nous sommes là !
Prisonnier-e-s dans la rue !!!

En solidarité:
Les trois passants, Paris, France – Caracol Solidario Besançon, France – Comité de Solidaridad con Mario González, Ville de Mexico – Ass. Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelone –  Mut Vitz 13, Marseille, France – Confederación General del Trabajo , État espagnol – ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista) – Centro de Documentación sobre  Zapatismo,CEDOZ, État espagnol – Associazione Ya Basta! Milano, Italie – La Pirata: Nodo Solidale, Italie et Mexique, Colectivo Zapatista de Lugano, Suisse, Nomads, Italie et Berlin, adhérents individuels – l’Adhesiva, Barcenole – Terre et Liberté pour Arauco, Paris, France- CSPCL, Paris, France- UK Zapatista Solidarity Network: Dorset Chiapas Solidarity Group, Edinburgh Chiapas Solidarity Group, Essex Zapatista Solidarity Group, Kiptik Bristol, London Mexico Solidarity Group, Manchester Zapatista Collective, UK Zapatista Translation Collective, Alternative libertaire, France.

 Traduit par les trois passants et Caracol Solidario /correction Myriam

Articles associés:
♦Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo
♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

L’État Mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives.

Posted in Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 12 décembre 2014 by liberonsles

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Le jeune anarchiste Fernando Bárcenas a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

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Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola a été incendié, Fernando a été arrêté et se trouvait en prison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.

Selon la CNA -Mexique, cette condamnation arrive au moment au l’État mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives ; cette condamnation représente un message pour ralentir les mobilisations récentes qui reflètent le mécontentement social. Elle appelle à continuer la lutte pour ne pas oublier les compagnon-ne-s anarchistes qui se trouvent en taule suite à des actions, mobilisations et manifestations, tous et toutes se trouvent derrière les barreaux pour le délit d’attaque à la paix publique, associé ou cumulé avec d’autres délits.

Tous les compagnons et compagnonnes anarchistes ont été déjà condamnés (sauf Mario Gonzalez qui a obtenu sa liberté le 31 octobre dernier) ; il faut mentionner le cas complètement arbitraire d‘Abraham Cortez Avila condamné dernièrement à une lourde peine de 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide.

Le 31 octobre 2014, la sentence concernant le procès fédéral qu’affrontent Carlos López, Fallon Roullier et Amelie Trudeu, accusé-e-s d’atteinte à la propriété en la modalité d’un incendie, a été prononcée. Cette sentence est de 7 ans et 6 mois de prison ferme. Ensuite, le 6 novembre dernier, la sentence concernant les accusations d’attaques à la paix publique et dégât aggravé en bande qu’affrontent parallèlement Amelie, Fallon et Carlos a été prononcée. Cette sentence est de 2 ans, 7 mois et 15 jours de prison ferme, et une amende pour réparation de 108 000 pesos.

Plusieurs activités sont en cours de préparation pour réussir à libérer nos compagnon-ne-s, suite à la nouvelle concernant la condamnation de Fernando, une soirée de solidarité aura lieu à la ville de Mexico ; cependant la solidarité doit se répandre et se durcir car les accusations dont nos compagnon-ne-s font face ne sont pas simples. Il faudra se mobiliser fortement pour les soutenir.

Abajo los muros de las prisiones !

Les trois passants

__________________

Articles associés:
♦Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo
♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
♦Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.
Sources:
CNA-Mexico

MEXICO – 1er décembre, un cri collectif : Peña Nieto démission !

Posted in Actions, Archives, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 5 décembre 2014 by liberonsles

1dcmxrepr Coûte que coûte, nous allons retrouver les 43 étudiants – disent les parents des étudiants disparus.

La manifestation

Hier, 1er décembre 2014, les rues des 30 états du Mexique ont été à nouveau inondées par une marée humaine qui, plus déterminée que jamais, exigeait la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, au cri de « Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa ! ». Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, des jeunes, des étudiants accompagnaient une fois de plus la rage des parents des étudiants disparus, qui encore une fois ont pris la parole au milieu de la foule pour crier haut et fort : Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa, tu n’es pas le peuple ! Tu ne nous représentes pas ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! Peña Nieto démission !

Malgré la répression, les violences policières, les arrestations des 5, 6, 15, 20 et 28 novembre et celles de ce 1er décembre ; malgré les coups de matraques et les persécutions ; malgré le discours menaçant du gouvernement, le peuple mexicain est sorti dans la rue, sans avoir peur.

Après la manifestation qui est partie du Zocalo jusqu’au carrefour de l’Ange de l’indépendance à Mexico, un piquet de protestation s’est mis en place pour annoncer la prochaine action : « La prise populaire de la Ville de Mexico, qui aura lieu le samedi prochain 6 décembre 2014».

Sur l’estrade se trouvaient huit des 43 parents des étudiants disparus, lors que les drapeaux mexicains absentes de couleur s’érigent et noir entre les manifestants, Clemente, le père de Cristian Alfonso Rodríguez a pris la parole les larmes aux yeux, et a dit : « Cela fait une semaine de plus, nous allons vous trouver demain ou après-demain, nous vous attendons de retour à la maison. Parce que vivants vous avez été pris et vivants nous vous voulons ! »

« Malheureux soient les peuples où la jeunesse ne fasse pas trembler le monde et où les étudiants restent soumis face au tyran » – a dit un étudiant d’Ayotzinapa en demandant la démission d’Enrique Peña Nieto, les manifestants répétant derrière lui en criant « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! »

L’étudiant a repris et a demandé : « dans quel pays vivons-nous ? Après avoir eu des réunions avec le procureur Murillo Karam, le secrétaire de l’intérieur Osorio Chong et le président Enrique Peña Nieto aucun résultat ne nous a été donné sur le sort des 43 étudiants. Il faut un changement profond dans les institutions liées à la délinquance organisée (…) Dans tout le pays il y a un grand nombre d’assassinats, des disparitions, des mères qui souffrent pour leurs enfants ; les parents des étudiants disparus souffrent à chaque moment : quand ils mangent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont déjà mangé, quand ils boivent de l’eau et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont de quoi boire, quand ils se reposent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants sont en train d’être torturés avec leurs visages mutilés ».- a-t-il signalé.

Aujourd’hui, 30 états mexicains qui en ont assez se sont mobilisés – disent les parents des 43 étudiants disparus, avec rage et tristesse….ils n’arrêteront que lorsqu’ils les auront retrouvés.

Et pendant ce temps, que se passe t-il- au Guerrero ?

Depuis le 26 septembre, les actions n’ont pas cessé dans l’état de Guerrero, divers secteurs de la population, des organisations étudiantes entre autres, ont occupé des lieux gouvernementaux et pris des installations appartenant à l’État, bloqué des autoroutes, organisé des piquets de protestations, événements, marches et manifestations. Depuis la fin d’octobre 2014, l’Assemblée Nationale Populaire instaurée dans l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa, école des 43 étudiants disparus, a décidé d’occuper le plus grand nombre possible de conseils municipaux (ayuntamientos) comme mesure de pression pour que le gouvernement présente les 43 étudiants disparus en vie et pour exiger justice pour ses compagnons assassinés. Comme exemple de la nouvelle étape de lutte dans laquelle se trouve le mouvement social au Guerrero, les 28, 29 et 30 novembre, à partir de la prise des conseils municipaux, s’est initiée la construction des premiers Conseils Municipaux Populaires ; ce sont 5 conseils qui ont été créés – et au fil du temps d’autres vont certainement s’ajouter. Les conseils créés sont ceux de Tlapa de Comonfort, Acapulco, San Luis Acatlán, Ayutla de los Libres et Tecoanapa, couvrant ainsi les zones de la Costa Chica, Montaña et la zone centrale. Ces conseils municipaux populaires, selon Agustín Flores Vázquez, étudiant de cette école : s’organisent « par la même autonomie du peuple », cette étape est en construction mais pour les étudiants il s’agit d’un nouveau départ, d’une nouvelle étape dans la lutte.

Le solde de la répression policière

Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre dernier où au moins 10 personnes ont été arrêtées puis relâchées sous caution. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone attend lui toujours son procès . À partir de la manifestation du 5 novembre la pression est montée d’un cran, les médias se sont mis à paniquer, à diffamer et à étiqueter certains manifestants comme « infiltrés », « encagoulés », « déstabilisateurs »…l’ambiance s’est alourdie ; le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants et militants, Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée ; le 20 novembre au moins 30 personnes ont été arrêtées, 15 ont été libérées et se trouvent sous contrôle judiciaire, 11 autres ont été arrêtées et transférées dans des prisons de haute sécurité. Ce fut grâce à la pression nationale et internationale qu’elles ont été relâchées neuf jours plus tard ; le 28 novembre Sandino Bucio Dovalí, également étudiant, a été enlevé par la police et accusé d’avoir participé aux actions « délictueuses » menés pendant la manifestation du 20 novembre, après des mobilisations Sandino a été relâché. Mais la répression et la persécution se poursuivent, plusieurs journaux nationaux ont déclenché un lynchage médiatique en publiant de façon mensongère une série de listes d’activistes anarchistes et proches du mouvement anarchiste, et en les accusant de tous les maux. Parmi les personnes mentionnées se trouvent notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez, libéré le 31 octobre, ainsi que sa compagne. Plusieurs communiqués ont été diffusées pour faire face à ce lynchage médiatique.

Pour ce qui est de personnes arrêtées ce 1er décembre, l’information reste confuse, mais au moins trois personnes ont été arrêtées, nous sommes dans l’attente de plus d’informations.

La lutte continue…..

Par Les trois passants
Correction Myriam.
————————————
Sources :
Résumé et traduction de l’article Ayotzinapa: anuncian en mitin toma popular de la Ciudad de México, fait par Regeneracion Radio
Guerrero, la capital de la ruptura, Regeneracion Radio
Formal prisión a Jacquelin y Bryan,kehuelga-Radio

Communiqué commun: Halte aux harcèlements et aux diffamations au Mexique !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 3 décembre 2014 by liberonsles

fueeselestadomx 2 décembre 2014

Actuellement au Mexique et dans la ville de Mexico, divers événements préoccupants se déroulent ; à chaque instant des actions répressives se mettent en place contre la population. Ces actions ne semblent pas avoir de limites, elles sont chaque fois plus flagrantes, et l’État cherche à les rendre le plus visible possible afin que le peuple soit remplit de peur. Cette stratégie a un nom : Terrorisme d’État.

La répression prend forme quotidiennement par des disparitions, comme celles des 43 étudiants normalistes ; par des assassinats, comme ceux perpétrés contre les étudiants, comme celui de Carlos Sinhué Cuevas Mejía, parmi tant d’autres.

La répression prend la forme de détentions et de séquestrations :
– comme celles des compagnons et des compagnonnes détenues suite aux manifestations, parmi lesquels 11 personnes ont été transférées dans des prisons fédérales de haute sécurité – mais sont aujourd’hui libérées – et 14 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
– comme celles de Brayan Reyes, Jaqueline Santana, et Sandino Bucio.
– comme les incarcérations de Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas et Luis Fernando Sotelo.

La répression prend la forme de tortures, comme celles perpétrées lors de la plupart des arrestations, en particulier contre les activistes, comme dans le cas de Mario González ; la répression prend forme par les abus commis tous les jours par les « représentants » de l’autorité contre la population en général ; la répression prend forme par le harcèlement et les diffamations venant de certains médias de désinformation (tels Reforma, La Razon, El Universal, etc.), médias qui sont au service de l’État et de ses institutions policières, et qui ont mis en oeuvre une nouvelle campagne de signalements sélectifs contre les activistes sociaux qui expriment leur indignation face à l’assujettissement que nous vivons, parmi les personnes visées se trouve Mario González, libéré après 13 mois de réclusion et de torture, cette campagne s’érige contre la pensée anarchiste et ceux qui la partagent, en la détournant.

Tout cela, ce ne sont que quelques méthodes répressives perpétrées par les bourreaux contre tous ceux et celles qui se rebellent contre le despotisme générateur de la misère dans laquelle nous nous retrouvons submergés, contre ceux et celles qui dénoncent cette terreur institutionnelle qui est en train de croître.

Ces actes répressifs constituent clairement une mesure contre- insurrectionnelle qui cherche à nous pousser à la terreur et à la démobilisation au moment où toute une vague de mécontentement sociale s’est déclenchée.

C’est absurde de voir l’ensemble des institutions les plus violentes qui existent, c’est-à-dire l’État, accuser de violents et d’agressifs tous ceux et celles qui dénoncent sa violence. De la solidarité et de la lutte dépend que toute cette répression et toute cette injustice cessent.

Comité de Solidarité avec Mario González, Ville de Mexico
Les trois passants (Paris, France)
La Confederación General del Trabajo (CGT) – État espagnol
Fédération Anarchiste (France, Suisse, Belgique )
Internationale des fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Mut Vitz 13, Marseille (France)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone)
#Yosoy132 – Europe
La Fédération des CIRCs (France)
LaPirata:
– Nodo Solidale, Mexique et Italie
– Colectivo Zapatista Lugano, Suisse
– Nomads, Bologna et Berlin
Azamblea del Pueblo – Costa Rica/Centroamérica
Comité de redacción de la publicación “Lucha Indígena” (Pérou)
Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
DILE- Difusión de Ideas Libertarias en Ecatepec ( Mexique)
Periódico “Solidaridad Proletaria” (Monterrey, Mexique)
Ediciones subversión (Monterrey, Mexique)
Colectivo Zapatista Neza (Mexique)
Nicte Ha Soto (Sexta para Niñoas- Ville de Mexico)
Professeur Luis de la Peña Martínez (ENAH, Mexico)
Professeur Carolina Concepción González González (Mexique)
Professeur Emigdio Navarro Esquivel, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Fernando Quintana Mendoza, Preparatoria 2 (Mexique)
Professeur Guadalupe Susano Caballero, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Luis Darío Salas Marín, Preparatoria 6 (Mexique)
Professeur María Elena de la Torre Monterrubio, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur María Esther Navarro Lara, Facultad de Ciencias Políticas y Sociales ( Mexique)
Professeur Miguel Ángel García Álvarez, Facultad de Ciencias (Mexique)
Sandra Odeth Gerardo Pérez (ENAH, Mexique)
Gaia Capogna (Italie)
Itzel López Nájera (Mexique)

Source

Voir aussi MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.
La Guerre du Mexique d’en haut, cas d’Ayotzinapa

 

MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 1 décembre 2014 by liberonsles

librestdos Pendant la quatrième journée globale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus, la police et les CRS ont fortement réprimé plusieurs manifestations et cortèges. Le 20 novembre dernier, un cortège se rendant à l’aéroport pour manifester a été réprimé et 15 personnes avaient été arrêtées puis relâchées après avoir payé une caution, tandis qu’au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico, 11 personnes ont été arrêtées. Elles ont été envoyées deux jours plus tard vers des prisons de haute sécurité dans des états très éloignés de leur ville, où elles ont subi des mauvais traitements et des menaces. Cependant, après de fortes mobilisations et des manifestations exigeant leur libération, le juge du dix-septième district siégeant dans l’état de Veracruz a résolu le cas le 29 novembre au matin en se prononçant pour l’auto de formelle liberté à cause du manque d’éléments, et les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées. En raison des preuves insuffisantes pour les accuser de délits d’émeute, d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre, les juge a ordonné la libération immédiate des 11 détenus (1). Ainsi Roberto César Jasso del Ángel, Ramón Domínguez Patlán, Hugo Bautista Hernández, Atzin Andrade González, Juan Daniel López Ávila, Laurence Maxwell Ilabaca, Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Hillary Analí González Olguín, Liliana Garduño Ortega et Tania Damián Rojas ont retrouvé leur liberté ce 29 novembre 2014.

La répression, la persécution…

Cependant la persécution contre certains groupes de militants, d’étudiants, de jeunes n’a pas cessé. Le Comité de Solidarité pour Mario González, étudiant anarchiste de 22 ans libéré le 31 octobre dernier après avoir passé 13 mois enfermé à la tour de Tepepan, a émis un communiqué signalant les attaques et le lynchage médiatique que lui-même, sa compagne et plusieurs personnes proches ou faisant partie du mouvement anarchiste sont en train de subir ces dernières semaines.

Alors que les mobilisations se mettent en place partout au Mexique, de l’état de Guerrero jusqu’au nord du pays, alors qu’un appel à la cinquième mobilisation nationale en solidarité avec les 43 étudiants disparus se répand partout, alors que ce 1er décembre le peuple sortira de nouveau dans la rue, le gouvernement se prépare à prononcer le discours présidentiel du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir de Peña Nieto. Mais derrière les caméras et les jolis discours, la persécution, l’intimidation et le lynchage médiatique contre certains activistes tourne à plein régime.

D’autres compagnons doivent être libérés

ferzamDepuis le 5 novembre un appel a été lancé par plusieurs organisations et collectifs à se joindre à la lutte pour la liberté du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste Luis Fernando Sotelo Zambrano. Luis Fernando est âgé de 20 ans et est élève de l’École Nationale Préparatoire numéro 6 « Antonio Caso », appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique. Il est membre du Collectif Ollin Meztli et de la Coopérative ik’otik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone et proche du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Principalement impliqué dans les luttes étudiantes et le travail communautaire en accompagnement du Congrès National Indigène, il a aussi été partie prenante du mouvement contre la hausse des tarifs de métro l’an dernier, ainsi que de la lutte pour la libération de Mario González.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur » (2).

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont été même constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. Il fut transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il fut ainsi présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Celui-ci a signalé que Fernando a participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être et « en libérant une autre personne qui avait été arrêté au même moment que Fernando, la fausse déclaration du chauffeur du bus est tombée » (3).

Cependant, le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive – Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. (4)

L’appel à la mobilisation pour la libération de Fernando Sotelo se joint à celle lancée pour la libération d’autres prisonniers de la ville de Mexico, tels Abraham Cortez Avila, Luis Fernando Bárcenas, Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson.

La lutte continue !

Par Les trois passants
Correction Myriam.
_________________
Sources :
Médias dominants :
(1)Proceso, sobre liberacion de los 11 detenidos el 20 de noviembre
Médias Libres :
(2 et 3) Subversiones
(4) CNA- Mexico
Plus d’infos Fernando Sotelo 3e journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, prisonnier-e-s de la ville de Mexico

Mexique (cas d’Ayotzinapa) : face à la digne rage, le lynchage gouvernemental et médiatique

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 28 novembre 2014 by liberonsles

LIBRESYA

Le 20 novembre dernier, la colère, la rage et la détermination ont de nouveau fait irruption dans les rues de plusieurs villes mexicaines et étrangères. La quatrième journée globale pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus du fait de l’État mexicain résonnait un peu partout.

Les slogans s’accumulent les un après les autres donnant ainsi naissance à un positionnement politique qui rejette les abus de pouvoir, la corruption et les liens profonds de l’État mexicain avec le crime organisé et le narcotrafic.

Plus de 150 000 personnes sont sorties dans les rues pour crier encore et encore : « Rendez-les nous vivants ! », « Nous sommes tous Ayotzinapa ! », « C’est un coup de l’État ! », « Peña Nieto dégage ! ».

À Mexico la marée humaine couvrait le béton de la ville, la place centrale – « le Zocalo » – était remplie d’hommes, de femmes, d’enfants… Les familles mexicaines sont sorties parce que les enfants disparus, ce sont aussi les leurs.

Au nord du pays, dans l’État de Sonora, environ 5000 manifestants ont occupé le Congrès local ce même jeudi 20 novembre. Parmi les manifestants étaient présents l’Assemblée étudiante de l’Université de Sonora, les pères et les mères des enfants morts en 2009 lors de l’incendie de la garderie ABC provoqué par des négligences puis couvert par le gouvernement. Roberto Zavala, père de Santiago Jesús, l’un des enfants décédés lors de l’incendie de la Garderie ABC, a déclaré : «  104 ans après la Révolution Mexicaine qui est née à Sonora l’exigence de justice renaît aujourd’hui dans ces terres, dans une nouvelle Révolution. » (1)

Le Mexique s’est de nouveau réveillé, les appels à la solidarité continuent, de nouvelles manifestations et mobilisations sont en cours, et ce malgré le discours féroce « de rappel à l’ordre » du président Peña Nieto lors d’une cérémonie des forces armées. Ce dernier a pointé du doigt tous ceux qui portent atteinte aux institutions, après avoir fait remarquer que dans un État démocratique comme le Mexique « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Le président a ajouté : « Les Mexicains disent non à la violence », « La société comme le gouvernement repoussent catégoriquement n’importe quelle tentative pour la provoquer ou l’encourager ! ». Alors que la vérité éclate autour de l’implication et de la responsabilité avérée des militaires dans l’assassinat de 22 civils à Tlatlaya, État de Mexico, le président signale que « sous aucun prétexte la loyauté, la noblesse et la vocation du service des forces armées ne peuvent être mises en doute. » (2)

Mais de quelle violence parle le chef de l’État ?

Alors que plus de 180 000 personnes ont été assassinées au milieu d’une guerre, sous le feu croisé des militaires, des paramilitaires, des policiers et des narcotrafiquants.
Alors que six personnes ont été assassinées par la police municipale d’Iguala et que 43 étudiants d’Ayotzinapa ont disparu.
Alors que des fosses communes clandestines sont découvertes toutes les semaines.
Alors que chaque jour il devient de plus en plus clair que l’État est impliqué directement dans le crime organisé et le trafic de drogue.

De quelle violence parle le chef du gouvernement ?

Quand le 15 novembre la police entre en toute impunité à l’Université Autonome du Mexique et tire sur les étudiants.
Quand les autorités mènent une véritable persécution contre les jeunes, les militants, la population toute entière.
Quand ces mêmes autorités menacent les parents des 43 étudiants disparus pour les faire taire.
Quand les arrestations sont systématiques et massives depuis son investiture présidentielle en 2012.
Quand des millions de personnes survivent à peine alors que le président a mis en vente et privatisé le pays par le biais de réformes structurelles mises en place en un temps record.
Quand le président et sa femme possèdent une maison d’une valeur de 7 millions de dollars, appelée il y a peu de temps «  la maison blanche » (3) alors que le salaire minimum des Mexicains est d’environ 60 pesos (3 euros) par jour.

… Mais de quelle violence parle-t-il ? !

Aujourd’hui, les onze personnes arrêtées pendant la manifestation du 20 novembre ont été transférées dans des prisons de haute sécurité, punies pour renforcer ce mot d’ordre hypocrite du gouvernement : « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Ces personnes qui manifestaient sont aujourd’hui accusées d’émeute, d’« association de malfaiteurs », de tentative de meurtre. Toutes ont été menacées, frappés, mal-traités et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Comme lors des manifestations contre l’investiture de Peña Nieto en 2012, la presse vendue et le gouvernement recommencent à mettre en place une campagne médiatique de lynchage en qualifiant les manifestants de « radicaux », de « déstabilisateurs », d’« encagoulés », d’« infiltrés », et en ciblant plus particulièrement les groupes anarchistes. Dernièrement, dans la presse, la diabolisation et la criminalisation des anarchistes ou des personnes proches réapparaissent férocement. Un article liste même les noms des activistes ou militants anarchistes en les présentant comme les responsables de tous les maux. Nous sommes particulièrement inquiets des signalements mensongers que la presse a fait de notre compagnon Mario Gonzalez, récemment libéré, et de notre compagnonne Nuria Roxana Ramírez Solano. Nous restons attentifs à ces faits et lutterons contre cette campagne médiatique grâce à nos propres médias alternatifs, pour que l’esprit de révolte qui fleurit un peu partout au Mexique et ailleurs se développe encore. No pasaran !

Nous sommes tous Ayotzinapa !
Nous les voulons vivants de retour à la maison !
Liberté immédiate aux prisonnier-e-s !
Halte au lynchage médiatique et à la criminalisation des luttes !

Les trois passants /correction Valérie
————
Sources provenant des médias dominants :
1  2  3

Voir aussi: Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !
Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.
Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international remis aux parents des 43 étudiants disparus le 20 novembre 2014)

Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 25 novembre 2014 by liberonsles

marcha20novManifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne.

Le 5 novembre deux étudiants sont arrêtés par la police lors de manifestations sur le campus de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM) suite à une agression de la police judiciaire qui a blessé par balle un étudiant sur ce même campus. Cette incursion de la police sur le campus n’est pas anodine, car elle s’est faite à proximité de l’amphithéâtre « Che » occupé depuis plusieurs années par les étudiants et où dernièrement des activités ont eu lieu pour soutenir Ayotzinapa.

L’un des deux étudiants a été libéré, mais Luis Fernando Sotelo reste en détention préventive dans la prison Sud de la ville de Mexico, où il devra attendre son procès pour attaque à la paix publique, attaques aux voies de communication et dégradation.

Le 20 novembre dernier durant la manifestation pour Ayotzinapa à Mexico,18 personnes ont été arrêtées par la police. Certaines d’entre elles sont aujourd’hui libres ou ont pu sortir sous caution. Cependant 11 personnes -Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Tania Ivonne Damián Rojas, Juan Daniel López Ávila, Hilllary Analy González Olguin, Atzín Andrade González, Roberto César Jasso del Ángel, Laurence Maxwel (Chilien), Liliana Graduño Ortega, Issac Domínguez Ayala et Hugo Bautista Hernández- sont toujours détenues, accusées d’émeute, « association de malfaiteurs », tentative de meurtre. ToutEs les détenuEs ont été menacéEs, frappéEs, mal-traité.E.s et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Le 22 novembre ces 11 personnes (8 hommes et 3 femmes) ont été transférées vers des prisons fédérales de haute sécurité. Les 8 hommes ont été transférés  vers la prison fédérale N°5 de Perote dans l’État de Veracruz et les 3 femmes ont été transférées vers la prison fédérale N°4 de Tepic, dans l’État de Nayarit dans le Nord du Mexique.

Ces transferts vers des prisons très éloignées de la ville de Mexico ont pour but d’isoler les prisonnierEs de leurs avocats, de leurs soutiens et de leurs familles.

Nous exigeons leur liberté immédiate !

À bas les murs de toutes les prisons !

Vive Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants.

VIDÉO :  Testimonios #TuVozX11Consignados ( en espagnol )

VIDÉO Desalojo violento del zócalo #20novMX

Emboscada de policía federal contra manifestantes 20 de Noviembre en Zócalo

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Voir aussi: arrestations lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier

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