[Mexico]Les autorités pénitentiaires saccagent et détruisent la bibliothèque autonome Xosé Tarrio dans la prison nord de Mexico. Répression contre le collectif CIMARRON

Posted in anti-carcéral, Collectif CIMARRON, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 11 juillet 2018 by liberonsles

Les autorités pénitentiaires saccagent et détruisent la bibliothèque autonome Xosé Tarrio dans la prison nord de Mexico. Répression contre le collectif CIMARRON

Depuis le mois de novembre 2017, Fernando Barcenas (qui est sorti de prison le 11 juin dernier) et d’autres prisonniers du collectif Cimarron* lançaient l’idée de mettre en place une bibliothèque autonome gérée par les prisonniers eux-mêmes à l’intérieur de la prison Nord de Mexico. Après plusieurs mois de travail et de construction à l’intérieur, d’organisation et de soutien de l’extérieur, la bibliothèque « Xosé Tarrío González » ** est inaugurée le 28 avril 2018, non sans difficultés. La bibliothèque grandit peu à peu, elle se dote de 1000 documents et livres environ, jusqu’à ce que, le 5 juillet 2018, les autorités pénitentiaires décident de mettre fin à cette initiative.

« Construire une bibliothèque à l’intérieur de la prison va bien au-delà du fait de créer un simple espace « culturel » ou de « loisirs », cela implique d’assumer le fait qu’il y aura des tensions et des affrontements parce que, pour les sbires de l’administration pénitentiaire, il est inconcevable que les prisonniers soient capables d’autodétermination. » [Écrivait Fer Barcenas au mois de février 2018, depuis la prison Nord]

Communiqué envoyé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico, 6 juillet 2018 :

Jeudi 5 juillet 2018, les compagnons incarcérés dans la prison nord, qui font partie du projet collectif CIMARRON ayant mis en place une bibliothèque alternative [à l’intérieur de la prison] nous ont informé que cette dernière avait été attaquée par les gardiens sous les ordres des commandant Hormigo (chargé de la sous-direction de la sécurité ) et Campos. Ces derniers ont obligé, mardi dernier, les compagnons à se couper les cheveux, en les menaçant d’être punis et envoyés dans le module de sécurité maximale de cette prison. Face à cette menace, les compagnons ont accepté de se couper les cheveux. Cependant, ils ont porté plainte contre les méthodes autoritaires du personnel de sécurité.

C’est pour cette raison que les commandants les ont convoqués à la direction pour renouveler leurs menaces. Cette fois-ci, ils ont dit que s’ils ne retiraient pas leur plainte, ils seraient transférés au module de sécurité maximale. Suite à tout cela, des fouilles violentes des cellules des compagnons ont été effectuées par les gardiens. Cela s’est fini par le saccage et la destruction de la bibliothèque alternative Xosé Tarrío González et le transfert du compagnon Gerardo Ramírez Valenzuela au dortoir de punition numéro 1 sous des prétextes absurdes.

Il faut rappeler que ce harcèlement dure depuis des mois. En effet, les autorités voient cette bibliothèque comme un danger pour leurs intérêts économiques.

Nous dénonçons l’attaque d’un espace culturel où les prisonniers peuvent s’exprimer librement. Nous mettons en question la duplicité morale et l’hypocrisie de l’administration pénitentiaire.

En effet, d’un côté, elle attaque des espaces culturels et artistiques, criminalise ceux qui refusent de se soumettre docilement à sa politique d’extermination et de mort, tout en autorisant et protégeant des entreprises criminelles auxquelles ces hauts fonctionnaires appartiennent.

Suite à ces faits, nous rendons responsables le directeur de la prison Enrique Serrano Flores, ainsi que Mónica Mandujano Rosillo la responsable de l’auditorium (où se trouve la bibliothèque) et les commandants Hormigo et Campos, des dégâts causés à la bibliothèque et à l’intégrité physique des compagnons du collectif Cimarron: Luis Lázaro Urgell, Alejandro N, Gerardo Ramírez Valenzuela. Nous exigeons que soit levée la punition de Gerardo et qu’il soit ramené à son dortoir.

Proyecto ambulante, Cruz Negra Anarquista Mexico

Notes :

*Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico dont : Fernando Barcenas Castillo [qui est sorti de prison le 11 juin 2018], Gerardo Ramirez Valenzuela, Luis Lazaro Urgell et Alejandro N. Il s’agit d’un petit groupe de personnes qui ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón » «  cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative, pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison. En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale… Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination… »

**Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en œuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d’évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois à cause de la maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye ».

Traduit par nos soins / correction Louise

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

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[MÓSTOLES – MADRID] 14 DE JULIO, CSO LA CASIKA : Jornada anticarcelaria, organizada por familias frente a la crueldad carcelaria

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, prisonnier-e-s en lutte on 10 juillet 2018 by liberonsles

SÁBADO, 14 DE JULIO 2018
CSO LA CASIKA
C./ MONTERO, 15 PRADILLO
MÓSTOLES – MADRIZ

15:00 horas – Excelente comida a base de migas con pisto y un riquísimo gazpacho.

16:30 horas – Proyección del documental anticarcelario “Nos robaron las noches” (Duración 1h10), realizado en México en 2017. Se trata de una herramienta de lucha anti-carcelaria. Se llevó adelante con medios propios, por personas solidarias y no especialistas. “Nos robaron las noches” fue posible gracias a la complicidad de 11 mujeres : expresas, madres, compañeras e hijas de presos, así como a la participación de La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión de Oaxaca; del Grupo de Trabajo no Estamos todxs de Chiapas, de la Cruz Negra Anarquista de México y del grupo de Les trois passants (Los tres caminantes) de Toulouse.

18:00 horas – Nuestra compañera Pastora González (madre de Xosé Tarrío) presentará nuestro proyecto « Familias frente a la crueldad carcelaria » y nos hablará de su experiencia de mas de dos décadas de lucha contra las prisiones. Se proyectará el documental “Antimulleres”.

19:00 horas – “Mujeres Encarceladas. Análisis Crítico Feminista”, ponencia a cargo de la trabajadora social y profesora, Ana López Cano, desde una amplia perspectiva feminista.

20:30 horas – RIQUÍSIMA CENA DE VERANO

Y, a partir de las 21 Horas – ¡¡¡CONZIERTAZO PARA TODXS VOSOTRXS!!! ¡¡¡ Contaremos con la presencia de VINI EFECTOS, con su potente rumba punk que no nos dejará indiferentes!!!

Familias frente a la crueldad Carcelaria

[Oaxaca] Miguel Peralta : Déclaration solidaire avec les prisonnie·eres anarchistes de longue peine.

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s en lutte on 2 juillet 2018 by liberonsles

11 juin 2018 : Journée internationale de solidarité avec tout·es les prisonnie·eres anarchistes de longue peine.

Déclaration solidaire de Miguel Peralta Betanzos (Prisonnier de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, Mexique)

Traduction de l’Audio de Miguel en espagnol

Salutations à tous les compas qui permettent de transmettre ces paroles sincères.

Il n’est en rien facile de faire mention de ces deux grands mots, LONGUE PEINE, quand d’avance nous savons que leurs systèmes de justice et pénitentiaire ne servent à rien ; le système judiciaire et les personnes néfastes qui dissimulent leur visage derrière la balance, avides de chair à enfermer, tergiversent et fabriquent des expédients poussiéreux pour la justice en se basant à chaque fois sur des critères personnels, moraux et sur commande, pour condamner les compas qui sont en lutte contre l’ordre établi.

De la même manière, il est très compliqué d’assimiler le temps quand on se trouve à l’isolement, et nous ne pouvons pas seulement nous arrêter de vivre en regardant comment passent les jours, les mois, les années du calendrier, et supporter l’humiliation, combattre les peurs générées par la prison, les maladies que nous contractons au fil des jours, et rechercher des alternatives, improviser la résistance pour ne pas se retrouver « la botte sur le cou » tous les jours, tout ceci est, pareillement, une tâche difficile.

La réponse à ce qui nous est imposé pourrait être une résistance accrue, une longue lutte, bien que parfois nous n’ayons plus de forces. Je crois que notre esprit résistera et se maintiendra battant, comme battent nos cœurs enragés, désireux de marcher, libres ! Un jour nous réussirons à leur arracher les nuits et les jours qu’ils nous ont  volés, compañer@s.

Les prisonniers dans la rue !
À bas les murs de toutes les prisons !

San Juan Bautista Cuicatlan, Oaxaca

 

Traduit par Ju

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Plus d’infos

 

Dernière lettre (texte)

[Oaxaca] Miguel Betanzos : Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison

 

 

[Oaxaca] Communiqué de femmes d’Eloxochitlán, pour la liberté de tous les comuneros prisonniers.

Posted in Communiqués, Des femmes face à la prison, Oaxaca on 2 juillet 2018 by liberonsles

Communiqué de femmes d’Eloxochitlán.
Pour la liberté de tous les comuneros prisonniers.
16 mai 2018.

Nous, femmes indigènes mazatèques, filles, sœurs, mères et compagnes des 7 de l’Assemblée Communautaire de Eloxochitlán de Flores Magón*, prisonniers et poursuivis depuis le 14 décembre 2014, levons de nouveau la voix aujourd’hui pour dénoncer : pendant 3 ans et 5 mois, nous avons subi un climat de harcèlement et de persécution mis en œuvre par la famille Zepeda Lagunas, dont les membres se sont approprié un certain nombre de postes municipaux (s’imposant en faisant fi de notre système d’organisation), et usé des moyens de communication de masse, ainsi que de leurs relations politiques et de leur richesse économique pour tenter d’effacer, par tous les moyens possibles, la mémoire de ce qui se passe et de ce qui s’est réellement passé dans notre village.

Nous et nos compagnons prisonniers et poursuivis en justice vivons depuis plus de 3 ans et 5 mois déjà l’injustice de l’enfermement et l’usure émotionnelle et physique qu’elle suppose. Nos familles en pâtissent depuis que l’on nous a privés de la tranquillité de pouvoir marcher librement dans notre communauté. Nous, en tant que femmes indigènes, avons dû faire face aux rudoiements, aux attitudes désagréables et aux grossièretés des membres de ce tribunal, le Tribunal Mixte de Première Instance du District de Huautla de Jiménez. Nous, en tant que femmes indigènes de N´guixo, avons eu affaire au népotisme et à la corruption de ceux qui se présentent comme les représentants de la Justice. Cela fait maintenant 3 ans et 5 mois que nous exigeons la liberté de nos compagnons. On a cherché à nous écraser en faisant circuler de fausses rumeurs par-delà nos montagnes. Pourtant, vous, membres du Tribunal, n’ignorez pas que dans le dossier qui a été monté de toutes pièces ne figure pas une seule preuve qui justifie de garder nos compagnons en détention ni de maintenir les poursuites contre eux.

Si bien qu’au jour d’aujourd’hui, il existe plus de 5 résolutions qui jouent comme protection juridique, des procédures d’appel, et même une sentence qui a acté la remise en liberté de 7 de nos compagnons. Cessez de relayer les mensonges d’une famille qui n’a d’autre intention que celle de s’approprier notre naxinanda** et nos ressources naturelles. Cessez de faire tremper les mains de la Justice dans le jeu de la corruption et cessez de vous moquer de nous plus longtemps, cessez de retarder la liberté de nos pères, de nos fils, de nos frères et de nos compagnons.

En tant que femmes indigènes de N´guixo, nous exigeons de nouveau de vous que vous cessiez de couvrir la famille Zepeda Lagunas, que vous cessiez de servir les caciques qui se sont approprié notre communauté grâce à des discours trompeurs. Nous exigeons de vous la libération de nos compagnons, car vous savez pertinemment que dans aucun des six tomes du dossier 02/2015 ne figure la moindre raison valable pour faire durer ce mensonge plus longtemps.

C’est au nom de cette douleur et de cette rage que nous portons en nous, qu’aujourd’hui nous disons : cette plaisanterie a assez duré, ¡basta ! Aujourd’hui, mercredi 16 mai 2018, nous sommes là, en grève de la faim en solidarité avec nos compagnons prisonniers et pour exiger leur libération. Notre présence au tribunal est notre manière d’exhiber ses mensonges, et de dénoncer que le procès mené à bien jusqu’ici viole les promesses du tribunal et dément celle d’une justice soi-disant rapide et efficace. Jusqu’à aujourd’hui, ce tribunal a retardé de bien des manières la libération de nos compagnons, mais aujourd’hui nous l’affirmons : nous ne le permettrons plus. Notre voix doit être entendue et nous lutterons jusqu’à ce qu’elle le soit. Nous ne laisserons pas les mensonges continuer de grever nos vies.

Les femmes, les filles, les mères les sœurs, les compagnes d’Herminio, Alfredo, Jaime, Omar, Fernando, Isaías, Miguel et les 16 poursuivis en justice.

__________________

*Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. C’est une commune d’environ cinq mille habitants qui se trouve dans la région appelée Cañada, dans l’État d’Oaxaca. Comme les deux tiers des communes de l’État d’Oaxaca, elle est régie par le système des us et coutumes ou système normatif des communautés indigènes. À la différence d’autres communes de l’État d’Oaxaca, à Eloxochitlán, les femmes participent aussi à la prise de décisions.

** naxinanda : commune mazatèque.

Traduction Louise

Source (espagnol) Cruz Negra Anarquista de Mexico

[Oaxaca] La lutte pour l’autonomie à Eloxochitlán de Flores Magón (deuxième partie)

[Bagnolet] Mardi 26 juin : Projection du documentaire « Ils nous ont volé nos nuits »

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, prisonnier-e-s en lutte on 22 juin 2018 by liberonsles

Mardi 26 juin 2018 à 19h00
Le Rémouleur
106, rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

Le Rémouleur

Projection du documentaire

« Ils nous ont volé nos nuits » 

Des femmes face à la prison

(Espagnol, sous-titré français, 70 min.)

Echanges, infokiosques et apéro

Filmé au Mexique en octobre 2016, ce documentaire collectif est un outil de lutte anti-carcérale. Ex-prisonnières, compagnes solidaires, mères de famille ou camarades, 11 femmes y racontent la manière dont la taule s’empare de leurs vies. Elles y parlent de la détention, des violences sexuelles, du sexisme à l’intérieur et hors des murs, de la stigmatisation en tant que proches de personnes incarcérées, mais aussi de leurs manières de s’organiser et de tisser des réseaux de solidarité. Les vécus des femmes faisant face à la prison sont souvent invisibilisés, ceux des prisonnièr.e.s trans, pédés et gouines le sont aussi. Nous aurons l’occasion d’en discuter & voulons rendre visibles les luttes contre toutes les prisons et ce qui les produit.

[Genève] Mardi 19 juin : Projection du documentaire « ILS NOUS ONT VOLÉ NOS NUITS »

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 16 juin 2018 by liberonsles

« Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches ]

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, comme tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi comme porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces leur existence et leur combat sont méconnus. C’est pourquoi, dans ce documentaire, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles à ces femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble. Lire la suite

[Mexique] Fernando Barcenas sort de prison !

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 12 juin 2018 by liberonsles

Fernando est sorti de prison, le 11 juin 2018 vers 21 heures, une fois dehors, il a brûlé son uniforme couleur beige qu’il a dû porter pendant quatre ans et demi.

Aviso CNA Mx (Cruz Negra Anarquista de Mexico)
Proyecto Ambulante (photos)

Aujourd’hui, 11 juin 2018, le compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo est sorti de prison.

Arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro, Fer avait été accusé d’avoir mis le feu à l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouvait dans la prison Nord dite le ReNo, dans la ville de Mexico.

En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse.  Peu après sa detention Fernando n’a cessé d’élaborer de multiples projets : des ateliers de musique  d’écriture, de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral  indépendant de combat : « El Canero », qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine et d’ailleurs.

Pour Fernando « Le Canero est un projet qui veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dont nous sommes tous prisonniers à différents niveaux. Ce journal contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication entre prisonniers et avec l’extérieur ». Il s’agit pour lui  « De démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies ».

Ainsi, le premier Canero est sorti en juin 2014, à ce jour, cinq numéros ont été écrits : au fil du temps, le contenu évolue. Ce journal est le produit des nombreuses réunions de prisonnier.e.s, des échanges et des réflexions, des actions conjointes, des grèves de la faim…Dans son cheminement, le Canero voit naître des organisations informelles de prisonnier.e.s en résistance, des actions coordonnées, des communiqués dénonçant la bête pénitentiaire, l’autorité et l’enfermement dans et hors les murs.

Depuis le mois de novembre 2017, Fernando lance une nouvelle idée, mettre en place une bibliothèque autonome gérée par les propres prisonniers et après plusieurs mois de travail et de construction, la bibliothèque est inaugurée le 28 avril 2018 avec le nom de Xosé Tarrío González *, la bibliothèque continue de grandir et à ce jour elle compte avec de nombreux documents, entre livres, revues et brochures… la bibliothèque continue sa route.

Pendant toutes ces années Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite, Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimé.e.s et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, qui fait référence au sens « s’échapper, fuir » s’évader de la propriété d’un maître.

Va une forte accolade Fer, un abrazo compañero! Enfin dans la rue.

Jusqu’à la liberté totale!

 

Les trois passants

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*NOTE : Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en oeuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d‘évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois dû à sa maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye »

La lutte des prisonniers en Espagne et contre les FIES

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

[Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

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[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

Posted in anti-carcéral, Archives, El Canero, Journal indépendant de combat « El Canero » on 10 juin 2018 by liberonsles

Journal anti-carcéral “El CANERO”

Le journal El Canero, c’est quoi ?

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

C’est en prison que Fernando a crée ce journal et l’a appelé « journal indépendant de combat : El Canero », qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication entre prisonniers et avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

– Fernando Barcenas –

Le premier Canero est sorti en juin 2014. A ce jour, cinq numéros ont été écrits : au fil du temps, le contenu évolue. Il est en effet le produit des nombreuses réunions de prisonnier.e.s, des échanges et des réflexions, des actions conjointes, des grèves de la faim… Dans son cheminement, le Canero voit naître des organisations informelles de prisonnier.e.s en résistance, des actions coordonnées, des communiqués dénonçant la bête pénitentiaire, l’autorité et l’enfermement dans et hors les murs.

La compilation des articles est faite en prison et toutes les contributions sont mises en page et ré-écrites à la main par Fernando, puis elles sont photocopiées à l’extérieur pour être diffusées aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles.

Le Canero n° 5 – EN FRANÇAIS- Pour télécharger le journal, cliquez ici

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téléchargements « Canero » 4 et 3 

 

 

[D.F, Mexico] Lettres de Fernando Bárcenas Castillo : A propos de la bibliothèque Xosé Tarrio González , à l’intérieur de la prison Nord

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 6 juin 2018 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillo « Fer » est un jeune anarchiste. Il a 23 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”. Fer a également encouragé et lancé plusieurs organisations de prisonnier·e·s en résistance : La C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance), la C.I.P.R.E (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) et le collectif des prisonniers CIMARRON.

Lettres de Fernando Bárcenas : A propos de la bibliothèque Xosé Tarrio González * à l’intérieur de la prison Nord

novembre 2017 – avril 2018

Construire une bibliothèque à l’intérieur de la prison va bien au-delà du fait de créer un simple espace « culturel » ou de « loisirs », cela implique assumer le fait qu’il y aura des tensions et des affrontements parce que pour les sbires de l’administration pénitentiaire il est inconcevable que les prisonniers soient capables d’autodétermination.

En tant que représentants du pouvoir et de la machine mortifère, ils ne peuvent supporter l’idée qu’une poignée de « délinquants » (pour eux) remette en question leur mode de vie… Parce que remettre en question ce lieu qu’est la prison, signifie mettre en cause toute leur société avec son armement, ses valeurs et ses modes de relations…

C’est pour cela que nous nous adressons à vous, ceux de « l’extérieur » pour faire écho à nos luttes et résistances quotidiennes, mais aussi pour tisser des liens de solidarité et de soutien, car notre position est toujours aussi déterminée. Nous n’accepterons rien de l’institution parce que nous ne permettrons pas qu’elle essaie d’absorber et de s’approprier ce projet…

C’est pour cela que maintenant que nous avons réussi à obtenir un espace pour établir la bibliothèque, NOUS LANÇONS UN APPEL À TOUS LES COMPAGNONS ET À TOUTES LES COMPAGNONNES POUR AIDER À LA COLLECTE DE FONDS POUR ACQUÉRIR LE MATÉRIEL AVEC LEQUEL SERA CONSTRUITE LA BIBLIOTHÈQUE, c’est pour cela que nous cherchons à établir des dynamiques de façon conjointe aussi bien dedans que dehors, qui poussent les contradictions et les tensions jusqu’au point de rupture insurrectionnelle.

La prison est un espace commun à tous dans cette ère technologique, et c’est pour cela que nous devons savoir inventer des chemins qui nous conduisent à expérimenter de nouvelles formes de vivre et lutter, de sorte que lorsque l’incendie se propagera il ne restera pas d’autres possibilités incertaines que celles de construire nos vies en nous les réappropriant.

En guerre jusqu’à ce nous soyons tous libres !
Avec rage et amour !!

– Fernando Bárcenas-

Source espagnol

NOTE : Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en oeuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d‘évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois dû à sa maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye »

La lutte des prisonniers en Espagne et contre les FIES

Inauguration de la bibliothèque Xosé Tarrío González à l’intérieur de la prison Nord

Lettre ouverte aux compagnon·nes prisonnier·es de la taule extérieure.

Nous envoyons un salut fraternel à tous ceux et toutes celles qui pendant toutes ces dernières années sont resté·es attentif·ves tant aux luttes qui se menaient ici à l’intérieur des prisons physiques mais surtout à celles qui avaient lieu dans cette grande prison à ciel ouvert que d’aucuns appellent société.

Parce qu’ici « à l’intérieur » de ces murailles, nous nous assumons aussi en tant que partie prenante de cette guerre, une guerre dont nous ne voulons pas mais qui nous a été imposée par la condition sociale à laquelle nous appartenons.

C’est dans ce sens que je viens vous transmettre ces paroles, parce que comme beaucoup d’entre vous, nous nous opposons à cette gigantesque machine qui tente de nous dépersonnaliser, de nous enlever nos rêves et nos désirs les plus profonds, pour faire de ce monde tout entier une prison de haute sécurité.

Parce que nous croyons fermement qu’il n’existe pas de solution pacifique et qu’à l’intérieur de ce scenario la seule façon d’obtenir la liberté est de construire de nouvelles réalités en dehors du système économique d’exploitation.

C’est pour cela donc qu’à l’intérieur de ce centre d’extermination appelé pénitencier nord nous avons décidé de mettre un terme à l’attitude de victimes pour affronter la nécessité de construire un espace différent dans lequel nous pourrons tisser des réseaux de solidarité et, par l’organisation de nos petites forces, combattre les désastres de la machine de contrôle.

Nous n’allons plus continuer dans la vieille dynamique d’exiger quoi que ce soit de ceux qui administrent notre mort parce ce que nous ne voulons pas être entendus des puissants, nous ne voulons pas être acceptés ni ne voulons qu’ils nous donnent une participation à leur pouvoir.

Nous nous opposons catégoriquement à cette logique qui, plutôt que de créer des fissures dans la machine, la renforce en lui donnant un aspect plus « humain » comme diraient de nombreux·ses hommes et femmes de la « gauche humaniste » .

C’est pour cela que nous vous avons sollicité votre solidarité, parce que c’est avec vous que nous discutons et c’est à vous que nous disons que nous sommes présents avec nos petites forces pour résister à l’anéantissement auquel ils nous ont condamnés parce que différents du prototype citoyen.

Nous savons qu’illes sont nombreux·ses partout à se sentir en danger, menacé·es face à l’extension de la technologie du contrôle… et c’est pour cela que nous les invitons à continuer sur le sentier de la liberté, chacun·e dans son lieu et avec ses modalités et possibilités, mais qu’en nous synchronisant nous fassions écho en une seule révolte qui enflammera le moindre recoin de l’empire.

C’est pourquoi nous vous invitons de participer à cette guerre, vous proposant une action simultanée le 28 avril. Ce jour-là aura lieu un rassemblement à l’extérieur du pénitencier nord afin de présenter toutes les donations de livres pour la bibliothèque Xosé Tarrío González tandis qu’à l’intérieur nous mènerons une action anti-carcérale en inaugurant cet espace…

C’est pour cela donc que nous invitons tous ceux et toutes celles qui ont du matériel et des livres à les apporter ce 28 avril 2018 à l’extérieur du pénitencier nord où seront rassemblés tous les livres collectés afin de les faire entrer en une seule fois.

Notre lutte quotidienne est celle de la destruction de toute forme de domination et pour la démystification de la prison mettant en évidence que la prison est dans tout, pour l’attaquer de toutes parts ; c’est donc une invitation ouverte non seulement à celles et ceux qui veulent participer à l’événement du 28 avril mais également à tous ceux et toutes celles qui veulent ce jour-là ou n’importe quel autre jour étendre la révolte et démontrer leur rage et leur ras-le bol contre la machine de domination, que ce soit en organisant un événement, en taguant ou en faisant une petite action de sabotage, peu importe, car ce qui compte c’est d’amplifier les contradictions et faire écho à la révolte qui enfle jusqu’à l’insurrection généralisée qui devra détruire le pouvoir central… joug commun que nous tous et toutes supportons sur nos épaules.

Nous continuons en guerre jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres…
Avec amour et force !

– Fernando Barcenas-

version espagnol

L’idée de fonder une bibliothèque autonome dans l’auditorium de la prison Nord

Aux compagnon-e-s rebelles

À tous ceux qui construisent leur chemin d’autonomie, j’écris pour rappeler qu’à l’intérieur de ces murs nous tentons d’arracher notre temps vital à la machinerie en créant des moments de lucidité dans ce monde asphyxiant.

C’est ainsi que durant ces années ont surgi des propositions de résistance, de combats isolés en cris qui se perdent dans l’obscurité jusqu’aux moments d’organisation collective informelle dans le quotidien de la vie en régime ouvert, c’est à dire la population carcérale en général. C’est là qu’a surgi depuis presque trois ans l’idée de créer un espace différent où les prisonnier·e·s puissent crier que toute cette destruction doit cesser. Nous savons que le système carcéral est conçu pour soumettre nos corps et nos esprits aux lois du commerce, c’est pour cette raison que nous n’allons pas leur demander de changer. Nous savons que l’argent est le langage des puissants et nous n’avons donc aucune requête à leur faire. Désormais, nous voulons auto-gérer nos vies à l’intérieur de ces murs, contrôler nous-mêmes nos mentalités, puisque ce que visent leurs programmes de réadaptation sociale est la création d’êtres soumis, repentis, coupables et qui de ce fait acceptent le travail, esclaves aux mains des fonctionnaires de la prison.

C’est ainsi qu’est née l’idée de fonder une bibliothèque alternative dans l’auditorium de la prison Nord mais, pour que ce projet d’autonomie grandisse et qu’il puisse fonctionner, nous avons besoin de votre appui et de votre solidarité car, à intérieur, nous sommes réprimé·e·s de façon méthodique. C’est pourquoi nous lançons cet appel à tous ceux qui se savent en guerre, nous avons besoin de vous_!!! Car c’est seulement ensemble que nous réussirons à trouver la force d’affronter la logique de ce système de putréfaction.

Ne nous laissez pas seuls dans la construction d’un espace supplémentaire d’autonomie. Notre lutte est tout aussi importante, nous aussi sommes esclaves, enfants d’une guerre, nous sommes pauvres, ils nous appellent délinquants et pour cela nous marginalisent, mais ensemble avec vous, nous démontrerons que nous sommes capables de vivre la liberté ici et maintenant, même entre ces murs de pierre.

C’est pour poursuivre ce projet que nous vous demandons de nous soutenir.

« La bibliothèque autonome » dans la prison Nord

Avec amour et force pour tous et toutes.

– Fernando Bárcenas –

version espagnol

 

Situation actuelle du projet de bibliothèque autonome à l’intérieur de la prison.

Cher-e-s Compagnon-ne-s

Quelques mots pour vous informer de la situation actuelle du projet de bibliothèque autonome à l’intérieur de la prison.

Tout d’abord, merci de votre participation et, par les pressions exercées, de nous avoir permis d’obtenir un espace qui a rendu possible l’acceptation du projet de bibliothèque. Votre soutien est toujours nécessaire puisque, maintenant, il nous faut construire les meubles et aménager l’espace. Jusqu’à présent en effet, nous n’avons eu les moyens d’acheter ni les matériaux ni les outils nécessaires.

J’ai entendu dire qu’il y avait des personnes disposées à soutenir économiquement et en donnant des livres. C’est pourquoi il est important de dire que, pour l’instant, le principal est de collecter des fonds afin de pouvoir acheter le matériel nécessaire_: des planches de bois, des tire-fonds et des vis, des chevilles expansées, en bois, des clous, des agrafes industrielles, etc. Tout ceci est primordial car il ne sert à rien d’entasser des livres si nous n’avons pas auparavant un endroit aménagé avec des meubles pour les ranger…

L’idée est de travailler pendant ce temps de façon à ce que la bibliothèque puisse être inaugurée à la mi-décembre. Ce sera ainsi un lieu où s’exerce l’autonomie à l’intérieur de ces murs, comme un espace culturel pour la population en général de cette prison, la mise à disposition d’outils destinés à transformer la réalité de cet univers carcéral.

Loin des dogmes idéologiques, religieux et scientifiques, la proposition est d’ouvrir un espace réel pour se retrouver soi-même.

Ceux qui participent à ce projet remettent profondément en question l’assistanat, la « charité » et les fétichismes qui conduisent différentes associations et collectifs du dehors à participer à des projets de diverses sortes à l’intérieur de la prison.

C’est pour cela que nous rappelons à toutes celles et ceux qui ont l’intention d’entrer à l’intérieur de ces murs que nous nous opposons à ce type d’activités. Car la prison est partout ; la lutte anti-carcérale ne doit pas être centrée sur « les prisonnier-e-s » des « prisons physiques » mais doit amener chacun d’entre nous à reconnaître son enfermement quotidien. Et c’est par la rupture insurrectionnelle que nous parviendrons à prendre soin de nous, chacun incendiant ses propres prisons.

Assez de prisonnierisme* ! Construisons de réelles alternatives pour qu’à nouveau nous soyons ceux qui attaquent ce système… Car on ne doit pas se souvenir de façon nostalgique « d’un-e compagnon-ne prisonnier-e » mais le revendiquer dans chaque acte de guerre qui accélèrera le déclenchement de l’insurrection généralisée.

Beaucoup de courage
– Fernando Bárcenas –

* presismo en espagnol : assistanat carcéral

Version espagnol

Traductions Amparo, Juliette, Les trois passants

Plus d’infos sur Fer Barcenas

Cliquez sur l’image pour télécharger le flyer

[Oaxaca] La lutte pour l’autonomie à Eloxochitlán de Flores Magón (deuxième partie)

Posted in Fanzines, Oaxaca, prisonnier-e-s en lutte on 31 mai 2018 by liberonsles

Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. C’est une commune d’environ cinq mille habitants qui se trouve dans la région appelée Cañada, dans l’État d’Oaxaca. Comme les deux tiers des communes de l’État d’Oaxaca, elle est régie par le système des us et coutumes ou système normatif des communautés indigènes. À la différence d’autres communes de l’État d’Oaxaca, à Eloxochitlán, les femmes participent aussi à la prise de décisions.

Depuis 2010, suite à l’intervention des partis politiques, un conflit social qui oppose deux positions diamétralement opposées, s’est fait jour dans la vie quotidienne de la communauté. D’un côté se trouvent ceux qui considèrent que les partis politiques doivent rester à l’écart de la prise de décisions, puisque traditionnellement l’assemblée communautaire est l’espace pour élire les autorités. De l’autre côté se trouvent ceux qui ont ouvert les portes aux partis, mettant en place des pratiques comme la coercition ou l’achat de votes, ce qui représente une violation des us et coutumes.

Ce conflit a affecté profondément la communauté; tortures, emprisonnements et déplacement forcé ne sont que quelques unes des blessures qu’a dressé un mur de douleurs entre les habitants d’Eloxochitlán, qui depuis 2010 et jusqu’au jour d’aujourd’hui continuent de lutter pour obtenir justice, là même qui semble, comme dans la plupart du territoire mexicain, être absente ou en faveur d’une seule des parties.

Ce qui suit est la deuxième partie* d’un article qui reprend le déroulement chronologique de certains des éléments clés qui ont marqué le développement de ce conflit.

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

La lutte pour l’autonomie à Eloxochitlán de Flores Magón (première partie)

_____

*La lucha por la autonomía en Eloxochitlán de Flores Magón (2 de 2) Por Rafael Camacho,

* Ricardo Flores Magon, récopilation de textes – Bibliothèque Anarchiste ici

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Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Plus d’infos

Dernière lettre (texte)

[Oaxaca] Miguel Betanzos : Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison

[Ville de Mexico] A propos de la bibliothèque autonome Xosé Tarrio, à l’intérieur de la prison Nord

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 25 mai 2018 by liberonsles

Lettre de Fernando Bárcenas

A propos de la bibliothèque autonome Xosé Tarrio*, à l’intérieur de la prison Nord

Mexico, février 2018

Construire une bibliothèque à l’intérieur de la prison va bien au-delà du fait de créer un simple espace « culturel » ou de « loisirs », cela implique assumer le fait qu’il y aura des tensions et des affrontements parce que pour les sbires de l’administration pénitentiaire il est inconcevable que les prisonniers soient capables d’autodétermination.

En tant que représentants du pouvoir et de la machine mortifère, ils ne peuvent supporter l’idée qu’une poignée de « délinquants » (pour eux) remette en question leur mode de vie… Parce que remettre en question ce lieu qu’est la prison, signifie mettre en cause toute leur société avec son armement, ses valeurs et ses modes de relations…

C’est pour cela que nous nous adressons à vous, ceux de « l’extérieur » pour faire écho à nos luttes et résistances quotidiennes, mais aussi pour tisser des liens de solidarité et de soutien, car notre position est toujours aussi déterminée. Nous n’accepterons rien de l’institution parce que nous ne permettrons pas qu’elle essaie d’absorber et de s’approprier ce projet…

C’est pour cela que maintenant que nous avons réussi à obtenir un espace pour établir la bibliothèque, NOUS LANÇONS UN APPEL À TOUS LES COMPAGNONS ET À TOUTES LES COMPAGNONNES POUR AIDER À LA COLLECTE DE FONDS POUR ACQUÉRIR LE MATÉRIEL AVEC LEQUEL SERA CONSTRUITE LA BIBLIOTHÈQUE, c’est pour cela que nous cherchons à établir des dynamiques de façon conjointe aussi bien dedans que dehors, qui poussent les contradictions et les tensions jusqu’au point de rupture insurrectionnelle.

La prison est un espace commun à tous dans cette ère technologique, et c’est pour cela que nous devons savoir inventer des chemins qui nous conduisent à expérimenter de nouvelles formes de vivre et lutter, de sorte que lorsque l’incendie se propagera il ne restera pas d’autres possibilités incertaines que celles de construire nos vies en nous les réappropriant.

En guerre jusqu’à ce nous soyons tous libres !
Avec rage et amour !!

– Fernando Bárcenas-

Traduit par nos soins / correction Ju

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[Oaxaca] Miguel Betanzos : Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas, Fanzines, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 24 mai 2018 by liberonsles

Reçu par mail, mars 2018

Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels*

Depuis la Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán, Oaxaca

Miguel Peralta Betanzos

Pendant ma détention, une des premières affections dont j’ai souffert a été mon poignet gauche, cassé par les policiers qui m’avaient frappé. En raison de mon incarcération, ma blessure n’a jamais été soignée, ce qui a entraîné une limitation de la mobilité de ma main, pour développer des activités sportives, mais surtout là où je le ressens le plus c’est dans le travail, notamment lorsque je tisse.

Lorsque j’étais dehors j’étais rarement malade. Maintenant, j’ai développé des maladies telles que la sinusite, des gastrites et des migraines qui ont augmenté je pense à cause du climat, qui est chaud et humide, mais aussi du stress, des préoccupations, de l’anxiété, qui sont des sentiments dont je n’avais pas l’habitude. Je souffre désormais de maladies respiratoires et comme il est rare que le système carcéral fasse un suivi médical, ce sont ma famille, mes compagnons qui s’occupent de mon cas, qui se chargent de m’apporter des médicaments pour tenter de soulager un peu ces maux. Cette situation m’a conduit à consommer des médicaments car en prison on ne nous permet pas de nous soigner avec la médecine traditionnelle de nos peuples, et c’est vrai que je n’étais pas habitué à prendre ces médicaments. Par exemple, je n’ai pas eu le droit de faire rentrer des plantes ou d’autres remèdes pour me soigner alors que dehors j’aurais pu le faire, et, de fait, ceci a aussi engendré une perte, une rupture de mon identité.

Nous sommes limités dans notre épanouissement plein et entier, par exemple concernant l’habillement, je regrette la diversité des couleurs, de ne pouvoir porter une casquette, de me laisser pousser la barbe. Tout cela m’empêche de me sentir comme un être qui se réalise totalement.

Ça me paraît bizarre et incongru, de savoir qu’une sensation qui auparavant pouvait me procurer du plaisir quand j’étais dehors, je me réfère à la nourriture, comment aujourd’hui cela me rend aigri et comment je peux être de mauvaise humeur en ressentant le mal du pays.

J’ai changé mes habitudes de sommeil, maintenant je ne peux plus dormir avec cette tranquillité qui me reposait comme lorsque j’étais dehors. Avant je dormais six heures aux côtés de ma compagne et maintenant je dors trois ou quatre heures par nuit avec cinq compagnons de cellule.

J’en ai jusque par-dessus la tête d’entendre le cliquetis des clefs et le bruit des bottes qui ouvrent et ferment les portes et les cadenas. Tous ces bruits ne me procurent aucun repos et encore moins confiance. Plein de choses me manquent comme prendre un coq dans les bras, écouter une chanson qui me plaise, fouler la terre aux pieds, la sentir et fumer. J’ai la nostalgie de mes marches sous la pluie, du brouillard, de sentir ce climat de la montagne et d’entendre ces bruits. Les bruits des oiseaux, des rivières, du moulin à maïs, à café. Toucher les plantes, récolter le café et le maïs, toucher la terre, l’eau, manger des fruits, danser.

Toute cette surveillance et cette sécurité m’ont, paradoxalement, rendu méfiant à plus d’un titre. Comme, par exemple, pour des choses concernant des échanges au travail, ou acquérir des objets pour la toilette, et dans les relations affectives j’en suis arrivé ycompris à douter de mes compagnons, de ma compagne non du point de vue politique mais au niveau des sentiments, émotionnel, ce qui me met de mauvaise humeur et déclenche une lutte interne pour ne pas me laisser emporter par ces sentiments.

Mais malgré ce que je vous raconte, je cherche à exercer non seulement mon corps mais également mes sens et mon esprit grâce à l’imagination, et en profiter lorsque je sors pour les audiences (même si ce ne sont que quelques moments, car dès mon retour en prison ils me les reprennent). Je tiens à souligner que depuis que je suis enfermé, quelque chose dans ma façon d’être n’a pas souffert des conséquences, et qu’ils n’ont pas non plus réussi à transformer négativement, c’est ma conscience et ma lutte constante pour maintenir ce en quoi je crois, qui je suis et surtout les personnes que j’apprécie.

– Miguel Peralta Betanzos –

*Extrait du livret / fanzine : « Reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison »

Traduit par nos soins

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

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Le monde du « dehorsdedans » (Fanzine) II

Posted in Art et résistance, Des femmes face à la prison, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 23 mai 2018 by liberonsles

Natacha Lopvet, française, a passé dix ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla dans la ville de Mexico ; elle est sortie de prison en mai 2017. Natacha s’est accrochée à l’art pour résister à l’isolement et au lent écoulement des jours ; en prison, elle a rejoint la troupe de théâtre “Sabandija”, encouragée et lancée par sa compagne Maye Moreno. En prison, elle faisait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique et, pour ce faire, elle participait à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre ainsi qu’à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art. Après dix ans de prison, Natacha continue de créer des projets artistiques divers à l’extérieur, elle écrit ses vécus, son parcours et continue à rendre visite à sa compagne Maye Moreno tout en menant de nombreux projets ensemble. Pour se rapprocher malgré les murs qui les séparent, Natacha et Maye ont ouvert le blog « Fueradentro » « dehorsdedans ».

« Fueradentro » « dehorsdedans » II

Technologie par Natacha Lopvet

« Je reste parfois surprise et amusée de voir l’attitude des gens dans la rue, les mains pleines de technologie !!! Dix ans sans technologie, j’arrive avec des yeux tout neufs et ça donne ça … »

Du théâtre en prison par Maye Moreno

« Cela fait 12 ans que je fais du théâtre en prison. Ici il n’y a pas de professionnels. Tout se fait de manière empirique, selon les besoins de s’exprimer, de raconter et d’écouter d’autres histoires pour nous redéfinir. Ceci est important pour nous autres car nous sommes en « voie de ré-insertion » … Faire du théâtre dans ces lieux ne nous donne pas de quoi manger, parce qu’ici tout doit être acheté ; exactement comme dehors, d’ailleurs, mais en plus il faut obligatoirement partager son temps entre les cours, les ateliers, le travail, les repas et les heures d’enfermement. Il reste peu de temps pour se consacrer au théâtre. Mais nous le faisons … Le théâtre est un puissant moyen d’expression. J’ai dirigé deux groupes « Sabandija » et « Las Intratables » ; j’ai essayé d’en contaminer d’autres par mon enthousiasme et je les ai invitées à venir raconter leurs histoires. »

 

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

[Ville de Mexico] Lettre de Natacha Lopvet envoyée pour la 4ème journée « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla [Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine]

« …Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée » (…) « Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

[Barcelona] 20 de Mayo: Proyección de “Nos robaron las noches” / Intercambio /Cena

Posted in anti-carcéral, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières with tags on 15 mai 2018 by liberonsles

La Cinètika – 20 de Mayo 2018

Passeig de Fabra i Puig, 28
08030 – Barcelona
Metro L1 Fabra i Puig
https://lacinetika.wordpress.com/

18h00 – Proyección del documental anticarcelario “Nos robaron las noches” (Duración 1h10)

Documental colectivo, se realizó en México en octubre del 2016 y se terminó en abril del 2017, se trata de una herramienta de lucha anti-carcelaria. Es un documental realizado con medios propios, por personas solidarias y no especialistas. « En este documental, realizado en México, 11 mujeres dan testimonio de la forma en que la cárcel se apodera de sus vidas : discriminaciones sistemáticas, roles asignados, apropiación del cuerpo… Ellas nos expresan sus vivencias, sus luchas y cómo con el paso del tiempo, llegan a una postura anti-carcelaria. »

20h00 – Debate/ Intercambios : Les trois passants, Solidaridat Rebel, Colze a Colze y Ex-Casandras.

21h00 – Cenador Vegano

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[Compostela] Ardora apresenta: Mulheres contra o cárcere. 16 de maio 2018

Posted in anti-carcéral, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, prisonnier-e-s en lutte on 12 mai 2018 by liberonsles

http://ardoraeditora.info/

O próximo dia 16 de maio, quarta-feira, no CSA do Sar contaremos com o grupo anti-carcerário Les trois passants (Toulouse) que às 19:00h apresentaram o documentário «Nos robaron las noches» e despois terá lugar um encontro e debate com Pastora do coletivo Familias frente a la crueldad carcelaria e Les trois passants, realizadoras do documentário. Para rematar a jornada faramos um ceador pra intentar cubrir os gastos.

Aqui vai descriçom do documentário e da atividade: Lire la suite

[València] 12 de maig. Mujeres contra la cárcel: reflejos, vivencias y luchas.

Posted in Actions, anti-carcéral, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, prisonnier-e-s de la guerre sociale., prisonnier-e-s en lutte on 9 mai 2018 by liberonsles

12 de maig. 2018

El CSOA L’Horta

es troba al final del Carrer de Diógenes Lopez Mecho

junt a la Plaça Tretze Roses, a Benimaclet.

https://horta.noblogs.org/

11h00 Concentración a las puertas del CP de PICASSENT

17h00 – Proyección del documental anticarcelario “Nos robaron las noches” (Duración 1h10)

Documental colectivo, se realizó en México en octubre del 2016 y se terminó en abril del 2017, se trata de una herramienta de lucha anti-carcelaria.

Es un documental realizado con medios propios, por personas solidarias y no especialistas. Su realización fue posible gracias a la complicidad de 11 mujeres : expresas, madres, compañeras e hijas de presos, así que a la participación de La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión de Oaxaca; del Grupo de Trabajo no Estamos todxs de Chiapas, de la Cruz Negra Anarquista de México y del grupo de Les trois passants (Los tres caminantes) de Toulouse.

18h15 – Presentación y debate a cargo de los colectivos Les Trois Passants y Familias Frente a la Crueldad Carcelaria. Lucha anticarcelaria de las mujeres entre Mexico y el Estado Español.

20h30 – Cena vegana a la voluntad y conciertazo:

· X-Tencil (Hardcore-Punk from Xativa)

· Brönte (Dramacore from Valencia)

· Las Ravachulas (Petardeo político marika)

Beneficios para el colectivo Anticarcelario Tokata
http://tokata.info/

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[Auvergne] 5 MAI – SOIREE ANTIREPRESSION

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 21 avril 2018 by liberonsles

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Projection – Échanges – Infokiosque – Repas – Bar et Concerts

5 mai 2018
À 18H00
À SAILLANT (Auvergne)
à la Saillante

Projection du documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique « Ils nous ont volé nos nuits »

« Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches ]

Dans ce documentaire, 11 femmes témoignent de la manière dont la prison s’empare de leurs vies. Elles expriment leurs vécus, leurs luttes et comment elles en sont arrivées à une position anti-carcérale.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, comme tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi comme porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces leur existence et leur combat sont méconnus. C’est pourquoi, dans ce documentaire, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles à ces femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

8 APRILE : Proiezione « CI HANNO RUBATO LE NOSTRE NOTTI »

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 21 avril 2018 by liberonsles

DOMENICA 8 APRILE, 2018

ore 18.00
La Briccona
Strada Comunale Saranzeno 1,
14030 Castagnole Monferrato
Proiezione – documentario
CI HANNO RUBATO LE NOSTRE NOTTI
[Nos robaron las noches]
 A seguire DIBATTITO e SPUNTINI.

In questo documentario girato in Messico, undici donne testimoniano come e in che modo la prigione si impossessa della loro vita : discriminazione sistematica, ruoli assegnati, appropiazione dei corpi… Parlano del loro vissuto, delle loro lotte e di come sono arrivate ad avere una posizione anti-carceraria.

Durata: 1h10 Versione originale : Spagnolo / Sottotitoli : Francese, Inglese, Italiano

Un documentario collettivo

« Ci hanno rubato le nostre notti » [Nos robaron las noches]

Questo documentario collettivo, realizzato in Messico nell’ottobre del 2016, è uno strumento di lotta. Si tratta di un documentario autoprodotto, con i nostri propri mezzi, da persone solidali e non professioniste. La sua realizzazione è stata resa possibile grazie alla complicità delle madri, compagne, donne solidali, figlie di prigionieri-e e delle ex-prigioniere, e alla partecipazione della Voce degli Zapotechi Xiche in prigione a Oaxaca, del gruppo di lavoro « Non siamo tutti e tutte là » del Chiapas, della Croce Nera Anarchica di Città del Messico e del gruppo I Tre Passanti di Tolosa.

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[Grenoble] Journée de rencontres – Face à la prison, femmes et minorisé-e-s de genre – Regards croisés, vécus et luttes –

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 5 mars 2018 by liberonsles

Journée de rencontres – Face à la prison, femmes et minorisé-e-s de genre – Regards croisés, vécus et luttes –

Samedi 17 MARS 2018

À partir de 14H au 6 rue Jay à Grenoble. Tram : Alsace Lorraine

Projection – Échanges – Tables de presse – Repas – Bar !

Rencontre – Discussions autour du documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique « Ils nous ont volé nos nuits » tissé collectivement avec 11 femmes mexicaines. Échanges en présence de personnes ayant vécu la prison en France et du collectif de réalisateur-trices Les trois Passants.

La rencontre est ouverte à tout-e-s, l’idée étant de partager et de connaître des réalités diverses, des vécus, des expériences et luttes contre la prison, l’enfermement, l’isolement, le système carcéral…

Si le vécus des femmes faisant face à la prison sont invisibilisés, ceux des personnes minorisé-e-s de genre le sont d’autant plus. Pour cette journée, il nous a paru important de rendre visibles ces réalités. « C’est alors qu’aucunE prisonièrE, peut importe son identité de genre, ne sera oubliéE » (extrait de la brochure « Femme trans en prison »)

Cliquez ici pour télécharger le flyer

Au Programme :

À partir de 14H – Accueil avec boissons chaudes et petits gâteaux, infokiosques et table de presse débordants d’infos et d’idées…

À 14H30 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits », documentaire collectif filmé récemment au Mexique comme un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli. (1H10) Paroles d’ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier-e-s mexicaines.

À 16H00 – Discussions et échanges… Comment la prison s’empare de la vie des femmes et des personnes minorisé-e-s de genre ; discrimination systématique, rôles assignés, appropriation du corps / Luttes individuelles et collectives ; l’importance de tisser des liens, des réseaux anti-carcéraux pour faire face à l’enfermement, la taule, l’isolement, la société carcérale…

Vers 18H00 – Grignotte partagée en musique …

…Autour du documentaire…

« Ils nous ont volé nos nuits »

[ Nos robaron las noches ]

Ce documentaire collectif, réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Sa réalisation a été rendue possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières, et la participation de La Voix des Zapotèques Xiches en Prison de Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Dans ce documentaire, 11 femmes témoignent de la manière dont la prison s’empare de leurs vies. Elles expriment leurs vécus, leurs luttes et comment elles en sont arrivées à une position anti-carcérale. Lire la suite

[Ville de Mexico] Lettre de Natacha Lopvet envoyée pour la 4ème journée « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Posted in anti-carcéral, Des femmes face à la prison, Ville de Mexico on 5 mars 2018 by liberonsles

Mexico, le 8 février 2018,

Bonjour,

Merci les Trois Passants, El Cambuche, Bruits de Tôles ainsi que les Toulousain·es et tous les amis présents et solidaires avec ceux et celles qui vivent dans et à l’extérieur des prisons.*

J’envoie toujours mes textes à la dernière minute, de la même manière que je vis à la minute, je prends des décisions à la minute, et c’est toujours à la dernière minute que les choses changent, que les événements se créent ou s’annulent. Et c’est comme ça depuis que je suis sortie.

Je tente depuis quelques semaines de jouer le jeu de la « ré-insertion », de frapper aux portes des institutions, des écoles privées, bien peignée, bien coiffée, propre sur moi. Et que croyez-vous ? Cela ne fonctionne pas. Et vous savez pourquoi ? Parce qu’au fond, je ne veux pas. Le rejet total. Parce que cela empeste l’arrogance et l’arnaque.

Quand on passe dix ans dans un milieu, malgré tout hostile, à réapprendre le respect de soi, de ses désirs, de ses idéaux et de ses codétenu·e·s, on ne peut que constater que la société que l’on rencontre en sortant est complètement dysfonctionnelle. Les valeurs sur lesquelles se basent les sociétés d’aujourd’hui ne peuvent qu’engendrer des drames.

Confinés dans des rêves équivoques, enfants, adolescents et adultes ne peuvent qu’être voués à l’échec, et parce qu’ils veulent sauver ou accéder à des rêves impossibles à matérialiser ils terminent en prison, drogués, obèses, alcooliques ou malades. L’objectif de vouloir ré-insérer des prisonniers dans la société est un leurre. La société est malade, dénuée d’esprit, de poésie et d’empathie.

Comment peut-on se sentir à l’aise au sein d’une communauté qui est régie par la peur, la manipulation, la répression, le dédain, l’ambition et le mensonge ?

J’ai toujours pensé que la prison rendait ses hôtes lucides, en ce sens que l’expérience quelle qu’elle soit doit nous guider et nous ouvrir l’esprit, et je dois avouer que ce que j’observe et expérimente depuis neuf mois me fait un peu vomir. Évidemment, tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir, la liberté a plus que jamais une saveur exquise.

Seulement, mon cerveau aujourd’hui fonctionne différemment, j’observe depuis une autre perspective, vivre dans la vérité, pour de vrai, sans masque, dans le respect, le compañerismo, l’empathie : tous, des concepts que l’on remet au goût du jour en prison, si on veut survivre et se sentir un peu libre de respirer. Dehors, on rencontre le contraire, c’est choquant.  Je comprends maintenant pourquoi ceux qui ont passé de nombreuses années dedans ont du mal à ré-intégrer l’environnement (le monde) extérieur.

Je ne peux me résigner à penser que la vie, dehors, est un enfer… Ce serait invivable.

Alors, je vais faire comme dedans, dépasser l’environnement dans lequel je suis, et ne pas autoriser que ce dernier me domine et me ramène dans un enfer quelconque. Je privilégierai mes critères, mes désirs, mon rythme, mes choix, même si je dérange et je bouscule.

Ne pas redevenir un esclave du rêve global.
Je ferai de mon passe-temps mon gagne-pain.
Ne sommes-nous pas sur terre pour nous divertir et jouir de l’existence ?
Un être humain digne est un être humain heureux.

On n’arrive pas en prison pour avoir enfreint la loi, mais pour avoir voulu cesser d’être un esclave, pour avoir voulu rencontrer un espace de liberté.

C’était : l’humeur du jour.

Je vous recommande de vous procurer ce documentaire (Coraje), fait par une Allemande et tourné dans une correctionnelle pour mineures de la ville de Mexico. Où là, même les jeunes issues de cette prison après quelques mois ou années trouvent la vie triste et monotone à l’extérieur, puisque pour ces jeunes, elle consiste uniquement dans la recherche d’emploi, sinon d’argent pour subsister et oublier des activités nouvelles et enrichissantes rencontrées en prison comme le théâtre, entre autres.

Allez, bon vent !

Bon courage et encore merci. Un jour les prisons disparaîtront !!!!

– Natacha Lopvet –

PS : Un clin d’œil à ma mère, aujourd’hui, 11 février, c’est son anniversaire.

*Lettre de Natacha Lopvet envoyée pour la 4ème journée « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Plus d’infos Natacha et Maye

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Toulouse] Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 15 janvier 2018 by liberonsles

Projection – Échanges  – Tables de presse – Repas – Bar et Concert !

El Cambuche, Les Trois Passants, Bruits de tôles et des Toulousaines anti-carcérales vous invitent à la 4ème journée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Rencontre – débat autour du documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique « Ils nous ont volé nos nuits » tissé collectivement avec 11 femmes mexicaines. Débat en présence de femmes ayant vécu la prison en France.

La rencontre est ouverte à tous et toutes, l’idée étant de partager et de connaître des réalités diverses, des vécus, des expériences et luttes contre la prison, l’enfermement, l’isolement, le système carcéral…

Le Dimanche 11 février 2018 – À partir de 12H30

LE HANGAR
8 bis rue de Bagnolet
31100 – TOULOUSE
métro : Arènes

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, comme tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi comme porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces leur existence et leur combat sont méconnus. C’est pourquoi, dans ce documentaire, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles à ces femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, des femmes ayant vécu la prison en France participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces sujets et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

À partir de 12H30 – Accueil et Brunch à prix libre

À 14H00 Présentation de la journée et présentation des intervenantes / Rencontre – débat autour du documentaire anti-carcéral réalisé au Mexique « Ils nous ont volé nos nuits » tissé collectivement avec 11 femmes mexicaines. Débat en présence de femmes ayant vécu la prison en France.

À 14H30 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits », documentaire collectif filmé récemment au Mexique comme un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli. (1H10)*

À 16H00 – Débats et échanges : Comment la prison s’empare de la vie des femmes ; discrimination systématique, rôles assignés, appropriation du corps / Luttes individuelles et collectives ; l’importance de tisser des réseaux anti-carcéraux pour faire face à l’enfermement, la taule, l’isolement, la société carcérale…

À 18H30 – Apéro – Repas et Concert avec:
– Fandango Mano y Vuelta « Son Jarocho » venu du Golf du Mexique et nourri d’influences européennes, africaines et indigènes.

Brève présentation des intervenantes :

Annelyse Benoit : « incarcérée fin des années 80 durant quatre ans dans le cadre des diverses procédures contre Action directe. À ma sortie, avec d’autres ex-prisonnier-e-s et prisonnier-e-s, création de la Commission pour l’organisation des prisonniers en lutte (Copel), collectif anti‑carcéral qui éditait le journal « Rebelles ». Par la suite, mon engagement politique et ma solidarité envers les militants emprisonnés m’ont amenée à visiter plusieurs d’entre elles/eux incarcérés pour de longues peines. La solidarité à perpétuité. C’est encore le cas aujourd’hui. »

Christine Ribailly : 47 ans, enfin sortie le 22 décembre 2016 après quatre années de dédale pénitentiaire (17 transferts dans le nord de la métropole). Christine était incarcérée depuis novembre 2012 pour diverses condamnations d’outrages et rébellions envers des flics et des matons. Rentrée pour quelques mois, elle est finalement restée plus de quatre ans en détention dont plus de la moitié en quartier disciplinaire et beaucoup en isolement. En prison, cette bergère se rebelle contre l’autorité pénitentiaire, et en paye le prix : 17 condamnations judiciaires et près de 120 procédures disciplinaires. Tout son dossier crie sa haine de l’institution pénitentiaire.

Sylvia : « 41 ans, fille de braqueur issu du gang de la banlieue sud de Paris, femme de prisonnier et ex‑prisonnière …. une irrécupérable aux yeux de la société …. une enfermée dehors par procuration ou une délinquante au casier judiciaire avec mention puisque j’ai, parmi d’autres chefs d’inculpation, l’association de malfaiteurs … La prison ? 34 ans de ma vie, quand je suis rentrée en détention  je la connaissais déjà, pourtant je n’avais visité que mon papa et en m’enfermant on ne m’a appris qu’une chose : ne plus en avoir peur mais la combattre en dénonçant sans tabou ce système carcéral qui détruit beaucoup….»

*« Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches ]

Ce documentaire collectif, réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Sa réalisation a été rendue possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières, et la participation de La Voix des Zapotèques Xiches en Prison de Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Dans ce documentaire, 11 femmes témoignent de la manière dont la prison s’empare de leurs vies. Elles expriment leurs vécus, leurs luttes et comment elles en sont arrivées à une position anti-carcérale.

d’autres journées sont à venir…

événements passés ( France – Chiapas, Ville de Mexico, Oaxaca)

[Depuis la prison Sud- Mexico] Lettre de Luis Fernando Sotelo

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale., prisonnier-e-s en lutte, Ville de Mexico on 20 décembre 2017 by liberonsles

Lettre de Luis Fernando Sotelo
Envoyé par la Croix noire anarchiste de México
11 décembre 2017

Depuis la prison Sud du DF

À ceux et celles qui résistent aux stratégies et aux dispositifs du pouvoir capitaliste.

Aux compagnonnes du monde qui se rebellent et refusent d’accepter les formes de domination.

M’appuyant sur la réciprocité qui, je crois, est à la base de la solidarité véritablement révolutionnaire, je veux partager un chapitre de ma vie et y ajouter une réflexion, bien qu’étant toujours derrière les grilles de la prison, ici face aux bureaux de l’appareil judiciaire, bras de l’État, où la défense de la liberté pour la justice n’est de fait qu’un commerce de valeurs économiques.

Je vais donc vous raconter : aux environs de midi, sans surprise, j’entends le coursier « estafeta » (individu, lui aussi détenu, chargé de présenter les tickets de circulation interne, qui permettent de se rendre aux tribunaux).

Il se met à crier mon nom, je sais alors que je vais recevoir des nouvelles de la quatrième chambre du tribunal pénal et que celle-ci a déjà émis une nouvelle sentence. La notification m’est donnée à travers les grilles du tribunal n° 32. La personne qui me lit le verdict est, je suppose puisqu’il ne s’est pas identifié, secrétaire. Je n’ai vu que lui.

La sentence a été modifiée : la condamnation pour atteinte à la propriété a été supprimée, la seule de toutes ces forces juridiques du cirque de privilégiés patronaux. Cela ne m’enlève donc approximativement que neuf années, en insistant sur le fait que l’on me demande une somme supérieure à huit millions de pesos mexicains pour sortir dès aujourd’hui, si tel est « mon désir », et effectuer le reste de la peine, vingt mois, en conditionnelle.

En somme, on me condamne disant que je suis « pénalement coupable des délits de troubles à l’ordre public et d’attaques aggravées aux voies de communication », et l’on m’« impose une peine de 4 ans 8 mois et 7 jours de prison avec une amende de 71 865,72 pesos mexicains (3,151 euros environ)  ». Je suis condamné au paiement pour réparations de dommages matériels et l’on me « concède la peine substitutive à la détention par le Traitement en Liberté » ; en résumé, le bénéfice de la suspension conditionnelle de la peine est lié à la réparation préalable des dommages (qui est de huit millions de pesos mexicains si je comprends bien) ainsi qu’une caution de 20,000 pesos. (1000 euros environ). Lire la suite

Le monde du dehorsdedans (Fanzine)

Posted in Art et résistance, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 30 novembre 2017 by liberonsles

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[Prison Nord – Mexico] Une bibliothèque autonome

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 30 novembre 2017 by liberonsles

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Plus d’infos

Fanzines + d’infos [Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

[Ville de Mexico] Natacha: Le lesbianisme est-il une forme de résistance à l’enfermement ?

Posted in Art et résistance, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Prisonniers de droit commun en lutte, Ville de Mexico on 23 novembre 2017 by liberonsles

Natacha Lopvet, française, a passé dix ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla dans la ville de Mexico ; elle est sortie de prison en mai 2017.

Natacha s’est accrochée à l’art pour résister à l’isolement et au lent écoulement des jours ; en prison, elle a rejoint la troupe de théâtre “Sabandija”, encouragée et lancée par sa compagne Maye. En prison, elle faisait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique et, pour ce faire, elle participait à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre ainsi qu’à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art. Après dix ans de prison, Natacha continue de créer des projets artistiques divers à l’extérieur, elle écrit ses vécus, son parcours et continue à rendre visite à sa compagne tout en menant de nombreux projets ensemble.

« Le lesbianisme est-il une forme de résistance à l’enfermement ? » est le dernier texte qu’elle a écrit pour participer à la 3ème journée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes qui a eu lieu en Ariège le 28 octobre 2017. Nous diffusons ici son texte :

Le lesbianisme est-il une forme de résistance à l’enfermement ?

En prison il y a des femmes qui étaient lesbiennes avant d’y entrer et puis il y a toutes les autres qui, à 90 %, le deviennent, ou qui expérimentent le lesbianisme, depuis la coquetterie en passant par les relations platoniques, jusqu’au projet de mariage et de vie commune, pendant et après la prison. Certaines, après la sortie, retournent avec des hommes mais d’autres restent lesbiennes pour avoir découvert une tendance ou une préférence sexuelle qu’elles ignoraient auparavant.

Des femmes (jeunes en général) entrent en prison et optent pour un rôle d’homme, changent leur aspect, leur façon de se vêtir, de se raser les cheveux, de marcher ou de parler, essentiellement pour se protéger et surtout être maintenue par une femme au niveau économique et affectif : on les appelle les “machin” (petit macho). Elles attirent des femmes, des filles qui cherchent en elles un mari perdu, un père autoritaire, en somme qui cherchent à reproduire un schéma de vie abandonné à leur entrée en prison.

Le lesbianisme est très certainement, entre autres, une forme de résistance à l’enfermement, à l’isolement, à la solitude, à l’abandon, et il est aussi provoqué par une grande promiscuité, des carences matérielles et affectives de grande envergure, une telle adversité rapprochant forcément les êtres.

Malgré les efforts d’ouverture faits ici au Mexique à la communauté LGBTTI* à l’intérieur et à l’extérieur des prisons, il y a encore beaucoup de discriminations autant de la part des prisonnières que des autorités, dues à l’ignorance, au déni de soi. Je n’étais pas lesbienne en entrant en prison mais au bout de sept ans, je me suis mariée avec une femme qui s’appelle Maye, nous sommes très heureuses.

– Natacha –

* comunidad Lésbico Gay, Bisexual, Transexual, Transgenero e Intersexual (LGBTTI)

Nouvelles du dehorsdedans

Natacha et Maye ont ouvert un blog « Fueradentro » « dehordedans »

https://fueradentro1.blogspot.fr/

« Aujourd’hui c’est jour de visite. Le ciel est bleu et l’air est tiède, même s’il n’est pas des plus limpides. À onze heures tapantes je sors en courant du couloir jusqu’à la salle des visites : Natacha est là, elle est arrivée par surprise, sans me prévenir, et elle m’attend avec une rose à la main, du pain frais et le journal du jour. Nous nous embrassons fort et mon cœur commence à s’emballer. Nous nous asseyons et nous mettons à parler, au début de tout et de rien à la fois, et puis nous nous laissons emporter par l’émotion, nos idées se multiplient et les heures se mettent alors à passer trop vite, à peine sont-elles suffisantes pour défaire et refaire notre monde qui est le monde des anciens et celui des enfants, des enseignants et des ouvriers, des jeunes et de ceux qui sont libres. Le monde qui m’attend dehors et celui dans lequel je vis pour l’instant : celui de dedans. Natacha et moi faisons mille projets pour parcourir sans cesse, pour explorer à fond le monde du dehorsdedans. »

– Maye Moreno –

« Difficile d’être complètement dehors quand quelqu’un est dedans, c’est comme cultiver les deux facettes des sentiments de liberté et d’enfermement, et d’un autre côté c’est résister à l’enfermement en maintenant des pensées infinies. Chacun se situe où il veut ou où il peut, que ce soit dedans ou dehors !!! »

– Natacha Lopvet –

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Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

Lire la suite

[Ariège] Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 7 octobre 2017 by liberonsles

Projection – Échanges – Tables de presse – Repas – Bar et Concerts !

Les Trois Passants, Le poil de la bête, Ta voisine est féministe et des ariégeoises anti-carcérales vous invitent à la 3ème journée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Rencontre – débat autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison.

En cette occasion ça se passe en Ariège :

Le Samedi 28 octobre 2017 À 14H30
09290 Le Mas d’Azil

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces, peu de chose se dit sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, des femmes ayant vécu la prison en France et dans l’État espagnol participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces préoccupations et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

À 14H30 – Accueil : Rencontre – débat autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison. Présentation de la journée et présentation des intervenantes

À 15H00 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits », documentaire collectif filmé récemment au Mexique comme un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli. (1H10)* Au Centre Culturel Multi Médias, rue Albech, 09290 Le Mas d’Azil

À 17H30 – Débats et échanges:
Comment la prison s’empare de la vie des femmes ; discrimination systématique, rôles assignés, appropriation du corps / Luttes individuelles et collectives ; l’importance de tisser des réseaux anti-carcéraux pour faire face à l’enfermement, la taule, l’isolement, la société carcérale… Au Poil de la bête, 6 Cap del Ourm, 09290 Le Mas d’Azil

À partir de 20H : Repas végétarien et vegan en soutien et Bar

À 21H30 – Concert pour nous faire danser :
Femmes de Fandango Mano y Vuelta (Son Jarocho, musique afromeztiza du Mexique) nous présentent un répertoire de « Son Jarocho » venu du Golf du Mexique nourri d’influences européennes, africaines et indigènes.

Suivi d’une DJ !

Brève présentation des intervenantes :

Christine Ribailly, 47 ans, enfin sortie le 22 décembre 2016, après quatre années de dédale pénitentiaire (17 transferts dans le nord de la métropole). Christine était incarcérée depuis novembre 2012 pour diverses condamnations d’outrages et rébellions sur des flics et des matons. Rentrée pour quelques mois, elle est finalement restée plus de quatre ans en détention dont plus de la moitié en quartier disciplinaire et beaucoup en isolement. En prison, cette bergère se rebelle contre l’autorité pénitentiaire, et en paye le prix. : 17 condamnations judiciaires et prés de 120 procédures disciplinaires. Tout son dossier crie sa haine de l’institution pénitentiaire.

Johanna : « Depuis que mon compagnon a été incarcéré en 2011, ma vie est rythmée par l’administration pénitentiaire ou plutôt à leur bon vouloir. En fait, je me rends compte qu’il ne faut surtout pas analyser la situation sinon, quand on est compagne de détenu (longue peine), quand on regarde d’un peu plus près son quotidien, je pense que je serais capable du jour au lendemain de mettre un terme à cette relation tellement le quotidien est lourd à porter. »

Julieta Da Silva Alves
Mère du compagnon anarchiste Gabriel Pombo da Silva, qui a passé 30 ans dans les prisons allemandes et espagnoles, soumis au régime d’isolement FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) dont plusieurs années en régime FIES 5, ce qui signifie en régime d’isolement extrême. Tout comme sa mère, Gabriel est un combattant infatigable contre la bête carcérale, le système pénitentiaire, judiciaire, l’État et la société carcérale. Après une lutte incessante, Gabriel est sorti de prison en 2016. « Mon fils est entré en prison à 17 ans et il en est sorti à 48, sa vie a été un enfer de tortures et avec sa vie la mienne s’en allait dans les cachots des FIES de l’État espagnol, j’ai été immigrée pendant 43 ans en Allemagne et je peux vous assurer que je ne souhaite à aucun de mes pires ennemis la souffrance que j’ai dû endurer pendant toutes ces années, quand il est sorti, ils ne voulaient pas le lâcher, il a fallu trois mandats européens pour le libérer, on aurait dit des chiens qui ne voulaient pas lâcher leur proie. »

et d’autres invitées …

Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches ]

Ce film collectif, réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Sa réalisation a été rendue possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières, et la participation de La Voix des Zapotèques Xiches en Prison de Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Journée organisée par Les Trois Passants, Le poil de la bête, Ta voisine est féministe et des ariégeoises anti-carcérales.

d’autres journées sont à venir…

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Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla, Mexico

Posted in Archives, Art et résistance, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 23 septembre 2017 by liberonsles

Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

Quelque part dans la ville de Mexico, la ville monstre.

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Écrit de Natacha Lopvet Mrikhi, une semaine après sa sortie de prison.

Voici un texte de Natacha Lopvet Mrikhi, écrit une semaine après sa sortie du Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico. Lorsque Natacha était en prison, elle a écrit le texte « Les odeurs » [en prison]. Ce nouveau texte fait référence aux odeurs du…Dehors.

Natacha Lopvet, française, a passé 10 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla. Elle s’est jointe à la troupe de théâtre Sabandija encouragée et lancée par sa compagne. En prison, elle faisait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique, et, pour ce faire, elle participait à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre ainsi qu’à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art. Après 10 ans de prison, Natacha continue de créer des projets artistiques divers à l’extérieur.

ODEURS DU … DEHORS

L’odeur des churros là juste au coin de la rue
Excitant l’odorat, l’appétit et les souvenirs
Odeur de goyave, de mangue, de papaye, de noix de coco et de fraise
Mélangée aux odeurs de viande grillée, de sauces et de tortillas
Odeur de liberté, d’expansion et de vitesse
Odeur d’abondance et de fraîcheur ;
Odeurs de parfums, de crèmes, de savons et d’essence
Odeurs variées, nombreuses, savoureuses et plus encore
Odeur de pluie, de terre mouillée, de pin, de village,
De tissus, de fils, de sofas, de maisons
Odeurs de famille, d’amis, de rencontres, d’unité
Odeur de torréfaction, qui t’arrête et te fait revenir en arrière
Odeur de spontanéité, d’immensité, d’infini,
Odeurs du connu, de l’inconnu,
Odeurs de tentation, de provocation et d’extase,
Odeur d’avant-goût mélangée à la vue,
Au déjà vu, au vécu,
Les yeux agités, transformés en zoom
essayant de fixer une image
qui tout à coup n’a plus ni bords, ni rivages
S’approcher goulûment et reculer immédiatement
Prise par les sens prisonniers de la mémoire,
Exacerbés par la nouveauté du présent
Dans une explosion de bruits
Paralysants ou stimulants.
Où le temps perd du terrain,
Où l’espace et son volume
Embrument l’esprit, réveillent à nouveau
le mécanisme du désir et la stimulation de l’appétit
Écrasé si méticuleusement pour cultiver
La liberté ou le sentiment de liberté à l’intérieur
Du microcosme carcéral pendant dix ans.
C’est un peu comme aller à la fête foraine sans pouvoir monter dans les manèges
Sans manger de barbe à papa. Juste contempler, avec ivresse,
Laissant les sens vagabonder, voyager.

– Natacha Lopvet Mrikhi –

Les odeurs [à l’intérieur de prison]

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Prisonniers de droit commun en lutte – Chiapas

Posted in Archives, Chiapas, Fanzines, Prisonniers de droit commun en lutte on 22 septembre 2017 by liberonsles

Nous avons élargi notre solidarité et nous sommes en relation avec des prisonnier-e-s dites de droit commun organisé-e-s dans la prison de Santa Martha Acatitla (Centro Femenil de Readaptación Social) et dans la prison Nord de la ville de Mexico et au Chiapas.

Nous ne nous inscrivons pas dans une lutte qui ne viserait à soutenir que les seuls « innocents injustement détenus » en prison. Notre lutte soutient tous les prisonniers et prisonnières qui se reconnaissent dans une lutte anti-carcérale et de dénonciation du système pénitentiaire dans sa globalité, rejoignant en cela nos luttes pour la destruction de la prison et de cette société carcérale.

Cependant, et sans entrer dans cette démarche innocentiste, il est nécessaire d’expliquer que bon nombre des compagnons indigènes qui écrivent dans ce fanzine ont été accusés de délits totalement fabriqués par les autorités, dans le but de continuer à surpeupler les prisons, alimentant de la sorte l’énorme marché non seulement du point de vue des investisseurs et des usuriers, mais aussi afin de légaliser l’exploitation générée à l’intérieur, grâce en particulier à la fabrication de nombreux produits destinés à la vente extérieure, sous l’étiquette « Bon travail des autorités à la recherche de délinquants potentiels qui portent atteinte à la sécurité ». La chasse aux « délinquants » imaginaires permet par la suite d’obtenir des primes et des récompenses au nom « de la rigueur de la loi » et par conséquent de légitimer ce système de « justice ». Dans ce contexte, des centaines d’indigènes se voient inculpés, bien qu’ils n’aient commis aucun des crimes dont ils sont accusés.

Au Chiapas, des femmes et des hommes indigènes sont confrontés à ce type de détentions arbitraires, passant ainsi des années en prison dans l’attente de leur procès ou ayant été condamnés à de très lourdes peines de prison pour des crimes relevant de la cour d’assises (enlèvement, tentative d’homicide, terrorisme, etc.) sans avoir eu accès ni à une défense juridique, ni à un·e interprète. Les autorités en profitent sachant que la détention se fera d’autant plus facilement que les accusés ne parlent ni l’espagnol ni ne comprennent ce qu’ils sont obligés de signer sous la torture, et que les dossiers passeront par les juridictions sans difficultés majeures.

Bien que plusieurs compagnons revendiquent leur innocence, il ne s’agit pas pour nous de donner une légitimité à ce terme, l’idée même d’innocence ou de culpabilité ne nous convient pas, mais le fait est qu’ils sont nombreux et que cela arrive souvent.

Les compagnons le mentionnent fréquemment dans leurs écrits car dans la majorité des cas il s’agit en effet de détentions totalement arbitraires, où le corps de ce délinquant imaginaire occupera une cellule supplémentaire générant des profits pour l’administration et son personnel tout en sachant que les aveux auront été obtenus après des jours et des nuits de torture aussi bien physique que psychologique.

Ceci étant dit, nous espérons que la lecture de ces témoignages parviendra à refléter le climat dans lequel vivent les détenus, comment et dans quel contexte ils ont été arrêtés et comment après avoir été détenus ils ont commencé à apprendre à lire et à écrire le « castillan », à raconter leur histoire et à faire sortir leur voix au-delà des murs, à s’organiser et à résister à l’intérieur des prisons du Chiapas, qu’ils soient innocents ou pas.

Bonne lecture

Les trois passants et traductrices

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À la fin de l’année 2016, un groupe de six prisonniers, parmi les plus de deux mille qui survivent dans la prison de “L’Amate” en Cintalapa – Chiapas, a créé l’organisation de prisonniers en lutte « la Voz Verdadera del Amate ». Il s’agit de prisonniers dits « de droit commun » qui ont décidé de se battre en cassant par l’organisation l’isolement et le lent écoulement des jours. Certains parmi eux sont en train d’apprendre à écrire en espagnol afin de faire sortir leurs mots de prison.

Voici quelques-unes de leurs lettres et de leurs témoignages

[Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine]

[Mexico] Lettre du compagnon Fernando Bárcenas, 02/08/2017

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 7 août 2017 by liberonsles

« Ce qui fait la force d’un·e prisonnier·e en guerre, c’est la conscience qu’il/elle a de se savoir faire partie de la révolte ».

Chers compagnons :

Même avec les derniers événements éprouvants, et l’inquiétude et le désespoir, je suis aujourd’hui content d’entendre les cris de guerre qui résonnent contre les murs de pierre.

Un·e prisonnier·e en guerre ne peut être consideré·e comme un étendard et, pour cette raison, en dépit de la force de ma volonté individuelle, je dois accepter que j’ai besoin de vous pour sortir de cette routine asphyxiante.

Ce qui fait la force d’un·e prisonnier·e qui demeure en état de guerre à l’intérieur de la prison provient principalement du fait de se sentir faire partie d’une extension permanente de la révolte, et je dois admettre que, toutes ces années, je n’ai rien ressenti de plus que de l’apathie, produit peut-être de la fatigue et de l’impuissance de savoir que nous sommes moins nombreux·ses celles et ceux qui, en réalité, cherchent quelque chose de meilleur.

Il n’y a pas de mal à avoir peur, mais il faut admettre qu’il n’existe presque pas de communication. Nous ne devons pas nous désolidariser, il est triste de se souvenir d’une compagnonne seulement au moment où elle est en danger, ou quand la situation se complique.

Ceci est un bref message qui a pour seule intention d’inciter à la réflexion sur ce que nous considérons comme « accompagnement » ou « lutter contre la prison ».

Même avec tout cela, il faut continuer, toujours, à être fort·e·s dans le combat pour récupérer nos vies et amplifier toutes les contradictions qui nous font coïncider dans cette guerre ouvertement déclarée à la société et aux personnes qui ne correspondent pas à la forme de vie qu’ils essayent de nous imposer.

J’en profite aussi pour vous informer que la date de l’audience sera le prochain 10 août à 10h du matin dans la première salle pénale. Je vous remercie pour vos marques de solidarité et fais un appel à continuer de faire pression sur cette instance, car il est important de ne pas laisser de coté les alternatives pour sortir de ce lieu.

Avec beaucoup d’amour et de force
Votre compagnon
Fernando Bárcenas.

 

Communiqué reçu par la CNA Mexico le 02/08/2017 

Traduction Juliette et Amparo

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Chronologie – Correspondance (lettres + infos) juin-août 2017 :

♦ Le compagnon Fernando Bárcenas sort du quartier d’isolement.(25 juillet 2017)

Depuis la prison nord, lettre de Fernando Bárcenas (20 juillet 2017)

Mise à jour de la situation de Fernando Bárcenas par la Croix Noire Anarchiste Mexico (19 juillet 2017)

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos (16 juillet 2017)

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

♦ Plus d’infos sur Fer Barcenas

[Mexico – prison Nord – ReNo] Le compagnon Fernando Bárcenas sort du quartier d’isolement.

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 29 juillet 2017 by liberonsles

Note : Selon les dernières informations données par la Croix Noire Anarchiste de Mexico, le mercredi 26 juillet 2017, le compagnon Fer a été transféré à la zone dite de « population générale » et ce grâce à la pression et à la mobilisation exercées par des personnes et des collectivités solidaires.

Lettre de Fernando Bárcenas,  25 juillet 2017 :

Chers-es ami-e-s

Je vous écris pour vous informer un peu sur ma situation actuelle. Après avoir été transféré dans le quartier de haute sécurité, où je suis à présent dans l’attente d’une décision du conseil technique interdisciplinaire concernant mon affectation. Auparavant, ils m’avaient placé dans ce quartier au prétexte d’assurer ma sécurité, en réalité il s’agissait d’assurer celle de l’institution.

Je remercie les gestes de solidarité des compagnon-nes qui se sont bougé-es pour mettre fin à cette ségrégation qui m’a été imposée en raison de mon refus à soumettre mes rêves de liberté et de continuer les projets qui jusqu’ici tiennent debout, tels que la bibliothèque alternative que des compagnons continuent à construire dans la salle polyvalente de la population générale, ainsi que le journal anti-carcéral de combat « El Canero » qui a été découvert par les matons lors d’une fouille de mes affaires ; il faut mentionner qu’après avoir été conduit au quartier de haute sécurité (QHS), ils m’ont prévenu qu’ils pourraient bien me tuer en raison de ce que je disais et que je devais cesser l’édition du journal, qui bien sûr, n’a pas vraiment plu au personnel de sécurité. Il est aussi important de signaler que pour réduire ma peine en prison, la demande de remise de peine que j’ai déposée [beneficio de libertad anticipada] à laquelle je peux prétendre, est toujours en cours. Ceci pourrait me permettre d’accomplir la fin de ma peine en « liberté » conditionnelle (dehors). A ce propos, je tiens à rappeler que je ne reconnais pas les outils légaux de l’État. Cependant, ma situation est devenue dangereuse en prison et mon intégrité est menacée, c’est pour cela que je cherche une voie pour retrouver la tranquillité.

C’est pourquoi je lance un appel à tous et toutes les compagnon-nes d’affinité et solidaires pour faire pression afin que cette solution soit celle recherchée car elle est de la plus haute importance pour ma sécurité.

Je voudrais aussi lancer un appel à ne pas laisser certaines choses de côté, à ne pas agir seulement quand quelque chose de grave se passe, nous ne devons pas baisser la garde, nous devons toujours rester vigilants puisque dans la prison le temps court différemment . La vie d’un-e prisonnier-e ne se compte pas en années, mais en heures, minutes, secondes …

Ceci est un cri ouvert à la réflexion sur la solidarité révolutionnaire qui manque beaucoup de nos jours.

La continuité de cette guerre déclarée contre tou.te.s et chacun.e d’entre nous doit passer par le fait d’assumer que la prison est partout. Nous devons prendre le risque de vivre et de sentir ou bien de perdre en se contentant du déroulement quotidien des jours sans vie, sans liberté et sans sens. C’est pour cela que nous sommes toujours en guerre, jusqu’à ce que tous et toutes soyons libres.

25 juillet 2017
Fernando Bárcenas.

Traduction Les trois passants / Correction Amparo

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Chronologie – Correspondance (lettres + infos) juin-juillet 2017 :

Depuis la prison nord, lettre de Fernando Bárcenas (20 juillet 2017)

Mise à jour de la situation de Fernando Bárcenas par la Croix Noire Anarchiste Mexico (19 juillet 2017)

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos (16 juillet 2017)

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

♦ Plus d’infos sur Fer Barcenas

[Mexico] Le compagnon Abraham Cortés est sorti de prison, enfin dans la rue !

Posted in anti-carcéral, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 26 juillet 2017 by liberonsles

Ce mardi 25 juillet 2017 le compagnon Abraham Cortés Ávila a été relâché après presque 4 ans derrière les barreaux!

« La prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré » 

-Abraham Cortés Ávila- (depuis le ReNo)

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Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il était le dernier à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham était accusé de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour atteinte à l’ordre public en réunion . Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à un recours en appel (Amparo) qu’il avait déposé, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour atteinte à l’ordre public en réunion, l’accusation de tentative d’homicide ayant été rejetée. Le compagnon a été relâché suite à une remise de peine (libertad anticipada). Abraham se trouvait dans la Prison Nord de la Ville de Mexico, les derniers mois, dans l’attente de sa sortie de prison, il avait été transféré à la prison de Medio Camino, ville de Mexico (Anexo de preliberaciones).

portabrahamAbraham avait pris part à la grève de la faim collective qui a eu lieu du 1er octobre au 17 octobre 2014 avec les compagnons anarchistes Jorge Mario González García (à l’époque, enfermé à la prison – hôpital de Tepepan) Carlos López (qui se trouvait derrière les barreaux de la prison d’Oriente) et Fernando Bárcenas Castillo (actuellement à la prison Nord) Ensemble ils avaient déclaré, le 1er octobre 2014** : « Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous, anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim. Et cela à partir d’aujourd’hui, 1er octobre, un an après les arrestations du 2 octobre 2013 (…) Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » … »

Voilà, le  compa Abraham dans la rue, de nuevo en la calle compa !
ça donne la pêche pour continuer, pour ne rien lâcher !!
À bas les murs des prisons !
La lutte durera jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !

– Les trois passants –

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A lire également: Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim.

** Grève de la faim des prisonniers anarchistes ici et

 

Voici sa dernière lettre: 

« L’ÉTAT M’APPELLE CRIMINEL » TEXTE DE ABRAHAM CORTÉS

abrahamdibujo

Prison Nord de la ville de Mexico, novembre 2016

Bonjour compagnon-ne-s,

Je vous salue par un fort cri de rage, de solidarité et d’anarchie car cela fait un peu plus de 94 608 000 000 secondes que je suis séquestré par ce sale fuck’in système et après 23 jours de solidarité avec les compagnon-ne-s et pour toutes les histoires qui ont lieu tous les jours dans ce monde, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer le pourquoi de cette grève de la faim qui est devenue maintenant un jeûne. Parce que nous y vivons quotidiennement où que l’on soit, ici ou là-bas, ce que nous appelons la rue. Partout nous sommes surveillés et on nous oblige à être serviles, mais cette même soumission est ce qui donne du pouvoir au pouvoir et la lutte à la lutte.

Qui suis-je ?

Mes parents m’appellent Abraham, l’État m’appelle criminel et les potes ça leur est égal, moi-même je m’appelle SERCKO mais en plus de cela, je suis seulement un être vivant et pensant, cimarron, comme un loup solitaire, sans maître ni dieux.

Compagnon-ne-s, je voudrais partager avec vous un peu de moi. Lorsque je remonte vers le plus ancien de mes souvenirs, je me rapelle qu’il y a toujours eu de la rancoeur, de la haine, de la tristesse, de la discrimination, de la dépression, de l’oubli, de l’oppression entre autres, observant et sentant tout, une vie accélérée de tous les côtés, et comme on dit en prison, je suis un « pagador » [quelqu’un qui doit payer]. Lire la suite

Mexico : Nouvelles informations de la situation du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, Ville de Mexico on 22 juillet 2017 by liberonsles

Nouvelles informations de la situation du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas

Depuis la prison nord, 20 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

Dans une lettre datée du 16 juillet, le compagnon Fernando Bárcenas a rendu publique la situation dans laquelle il se trouve. Une situation de conflits permanents et d’agressions, la dernière en date étant celle qui a eu lieu le 13 juillet lors d’une provocation de la part d’un détenu. Ce qui a entraîné son placement en régime « portes fermée » (enfermement total jour et nuit dans la cellule) dans le quartier disciplinaire, quartier où il a été transféré depuis déjà 9 mois.

Lettre de Fernando, 20 juillet 2017 :

Après avoir été enfermé dans une cellule de la zone 7 C.O.C (Centre d’observation et de Classification), je me suis rendu, ce mercredi 19 juillet 2017, à l’audience du Conseil technique interdisciplinaire, qui a décidé que je ne pouvais pas rejoindre la zone de population générale en raison du conflit qui a eu lieu la semaine dernière, j’ai alors été conduit dans le quartier du Module de Sécurité Maximale (M.M.S.), actuellement je me trouve isolé dans la zone du Panal* par mesure de sécurité.

Dans le même temps, mes affaires ont été contrôlées lors de l’accès au M.M.S. les matons, en fouillant mes affaires, ont trouvé les feuilles avec mes écrits et des lettres personnelles où se trouvait l’esquisse générale du journal « El Canero », qu’ils m’ont confisqué et à partir de là ils ont adopté une attitude violente, en violant mes correspondances personnelles pour conclure par une menace à mon encontre : « Tu peux te faire tuer pour ce que tu dis » et «t’arrête avec ton journal», en me faisant savoir que pour écrire et exprimer mes idées je portais atteinte à la sécurité de l’institution, et que c’était pour cette raison que je devais rester à l’isolement.

Il faut souligner qu’en raison du conflit précédent, je ne peux pas partager de cellule, puisqu’il s’agit soit disant de protéger mon intégrité et ma vie. Malgré cela, après mon transfert au Panal, ils m’ont placé dans une cellule avec 8 personnes qui me sont inconnues et qui ne m’inspirent aucune confiance.

Pour tous ces motifs, je rends responsable le Conseil Technique de ce qui peut m’arriver, puisqu’il s’agit encore une fois d’un prétexte supplémentaire pour continuer à me maintenir dans des conditions d’enfermement et de châtiment.

– Fernando Bárcenas –

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

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Notes :

« El Canero », signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine.

* « Le Panal » – Quartier de Haute sécurité. L’Equivalent aux anciens QHS en France.

Le compagnon Fernando exige d’être re-transféré  à l’annexe 3 de population où il était auparavant.

Fernando  Bárcenas Castillo se trouve actuellement dans la zone du Module de Sécurité Maximale (M.M.S.) Reclusorio Preventivo Varonil Norte : Calle Jaime Nuno no. 155, Colonia Guadalupe Chalma, Cuautepec Barrio Bajo, C.P. 07210, Gustavo A. Madero, Ciudad de México.

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

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Lettre du 16 juillet 2017, depuis le Reclusorio Norte ( Prison Nord de la ville de Mexico)

Depuis la prison nord, 16 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

Avant tout, je veux préciser que ma situation s’est aggravée ces derniers mois, depuis que j’ai été transféré à la zone 7 dite C.O.C. (centre d’observation et de classification) ce qui constitue une forme de châtiment et de répression contre les actions de protestation et d’organisation qui étaient en construction à l’intérieur de cette prison avec d’autres compagnons prisonniers.

Depuis le 28 septembre 2016, je me suis retrouvé enfoui dans une dynamique de vie asphyxiante, dans cette zone de châtiment, raison pour laquelle voilà déjà 9 mois que je suis à l’isolement pour des mesures de sécurité institutionnelle. Les conflits ont augmenté en raison de mes idées et de ma façon d’être et d’agir, ce que j’identifie comme une forme de violence de l’institution envers moi, puisque, ne pouvant m’agresser directement en se servant de leur personnel pénitentiaire, ils utilisent les prisonniers pour le faire à leur place, ils les utilisent pour m’intimider et m’agresser, -tactique très courante en prison- tout ceci a déjà provoqué plusieurs affrontements dans cette zone où je suis. Je rends responsable l’institution (carcérale) et le personnel responsable de son administration de tout ce qui pourrait attenter à mon intégrité physique autant que psychologique en tant que responsables de mon maintien dans cette situation.

– Fernando Bárcenas –

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

NOTE :

Depuis vendredi 14 juillet, Fernando Bárcenas a été placé à l’isolement total dans sa cellule par ordre de l’institution. Dans le même temps, le harcèlement et la violence exercés contre lui de la part de quelques internes à la solde de l’administration pénitentiaire n’a cessé d’augmenter.

La mère de Fernando Bárcenas Castillo a fait parvenir le 17 juillet l’information suivante :

« Jusqu’à aujourd’hui, les autorités pénitentiaires maintiennent Fernando dans la même zone, auprès de son agresseur malgré les demandes de changement sollicitées à plusieurs reprises. Il présente toujours des traces de coups et de morsure à la main sans avoir encore reçu une attention médicale et se trouve à l’isolement total sur ordre de l’institution, ce qui représente un risque pour son intégrité physique. »

Un appel a été lancé aux actions de solidarité diverses !

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

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Chronologie – Correspondance :

Mise à jour de la situation du compagnon Fernando Bárcenas- Croix Noire Anarchiste de Mexico- 19 juillet 2017

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

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Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

 Plus d’info sur Fer Barcenas

[Mexico] Mise à jour de la situation du compagnon Fernando Bárcenas

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 19 juillet 2017 by liberonsles

Mise à jour de la situation du compagnon Fernando Bárcenas
Croix Noire Anarchiste de Mexico
19 juillet 2017

Dans une lettre datée du 16 juillet, le compagnon Fernando Bárcenas a rendue publique la situation dans laquelle il se trouve. Une situation de conflits permanents et d’agressions, la dernière en date étant celle qui a eu lieu le 13 juillet lors d’une provocation de la part d’un détenu. Ce qui a entraîné son placement en régime « portes fermée » (enfermement total jour et nuit dans la cellule) dans le quartier disciplinaire, quartier où il a été transféré depuis déjà 9 mois.

Fernando a demandé à retourner dans le quartier d’enfermement où il se trouvait auparavant et duquel on l’avait déplacé lors de sa dernière grève de la faim. À ce jour, il n’y a eu aucune réponse de la part de l’administration, et la situation de Fernando est toujours aussi conflictuelle puisque le détenu qui l’a agressé s’y trouve toujours, lui aussi.

Il est fréquent que de tels affrontements se produisent entre détenus, encouragés par l’institution elle-même qui cherche à maintenir un climat hostile et de compétition entre les détenus. Ceux-ci se voient alors poussés à ce type de comportement pour éviter d’être aspirés par la dynamique carcérale, dans la mesure où, lorsqu’ils n’ont pas de visites extérieures qui leur apportent tout ce qui concerne l’alimentation, les vêtements, des couvertures en bon état, ils les volent à d’autres détenus.

Malgré leurs actions de soi-disant réinsertion sociale, c’est ce qu’autorise et encourage l’administration pénitentiaire ; le fait que les détenus se détruisent entre-eux ne l’intéresse pas le moins du monde.

Il y en a d’autres qui préfèrent se convertir en valets de l’institution, pour obtenir de sa part d’hypothétiques bénéfices et privilèges, sans même se rendre compte qu’ils deviennent alors leurs propres matons et ceux de leurs compagnons.

Une mention particulière doit être faite pour les groupes de la mafia qui opèrent à l’intérieur de la prison et qui exercent un contrôle draconien pour éviter que rien ne vienne perturber la tranquillité à l’intérieur de la prison, car tous les scandales et protestations sont mauvais pour leur commerce.

En réaction à cela, Fernando et d’autres compagnons ont entamé un processus de construction de communauté, de développement d’autres liens et relations qui consiste à voir dans l’autre détenu, plutôt qu’un obstacle et un élément de compétition, un compagnon avec lequel on peut partager son sort, ses besoins et qu’ensemble en coopérant, il est possible de trouver des solutions sans recourir à l’autorité.

Nous appelons à rester vigilant-es à la situation de Fernando. Nous exigeons que le Pénitencier Nord transfère immédiatement Fernando au quartier de détention de régime dit « normal ».

S’ils touchent à l’un d’entre nous, c’est nous tous qu’ils touchent !

Liberté pour tous !

Croix Noire Anarchiste de Mexico

– Cruz Negra Anarquista México –

Source (esp)

Traduction / Amparo, les trois passants / corrections, Ju

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Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos – 16 juillet 2017

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 18 juillet 2017 by liberonsles

Depuis la prison nord, 16 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

16 juillet 2017, depuis le Reclusorio Norte ( Prison Nord de la ville de Mexico)

Avant tout, je veux préciser que ma situation s’est aggravée ces derniers mois, depuis que j’ai été transféré à la zone 7 dite C.O.C. (centre d’observation et de classification) ce qui constitue une forme de châtiment et de répression contre les actions de protestation et d’organisation qui étaient en construction à l’intérieur de cette prison avec d’autres compagnons prisonniers.

Depuis le 28 septembre 2016, je me suis retrouvé enfoui dans une dynamique de vie asphyxiante, dans cette zone de châtiment, raison pour laquelle voilà déjà 9 mois que je suis à l’isolement pour des mesures de sécurité institutionnelle. Les conflits ont augmenté en raison de mes idées et de ma façon d’être et d’agir, ce que j’identifie comme une forme de violence de l’institution envers moi, puisque, ne pouvant m’agresser directement en se servant de leur personnel pénitentiaire, ils utilisent les prisonniers pour le faire à leur place, ils les utilisent pour m’intimider et m’agresser, -tactique très courante en prison- tout ceci a déjà provoqué plusieurs affrontements dans cette zone où je suis. Je rends responsable l’institution (carcérale) et le personnel responsable de son administration de tout ce qui pourrait attenter à mon intégrité physique autant que psychologique en tant que responsables de mon maintien dans cette situation.

– Fernando Bárcenas –

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Dernières infos :

Depuis vendredi 14 juillet, Fernando Bárcenas a été placé à l’isolement total dans sa cellule par ordre de l’institution. Dans le même temps, le harcèlement et la violence exercés contre lui de la part de quelques internes à la solde de l’administration pénitentiaire n’a cessé d’augmenter.

La mère de Fernando Bárcenas Castillo a fait parvenir le 17 juillet l’information suivante :

« Jusqu’à aujourd’hui, les autorités pénitentiaires maintiennent Fernando dans la même zone, auprès de son agresseur malgré les demandes de changement sollicitées à plusieurs reprises. Il présente toujours des traces de coups et de morsure à la main sans avoir encore reçu une attention médicale et se trouve à l’isolement total sur ordre de l’institution, ce qui représente un risque pour son intégrité physique. »

Un appel a été lancé aux actions de solidarité diverses !

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

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Fernando  Bárcenas Castillo se trouve actuellement dans la zone 7 du CDUDT – Centre de diagnostic, classification et détermination de traitement (Centro de Diagnóstico, Ubicación y Determinación de Tratamiento). Reclusorio Preventivo Varonil Norte : Calle Jaime Nuno no. 155, Colonia Guadalupe Chalma, Cuautepec Barrio Bajo, C.P. 07210, Gustavo A. Madero, Ciudad de México.

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Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Fanzines + d’infos [Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

 

 

 

 

 

 

Plus d’infos – Fer Barcenas

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

 


[Ville de Mexico] Lettre de Luis Fernando Sotelo, depuis la prison sud.

Posted in Communiqués, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta, Ville de Mexico on 17 juillet 2017 by liberonsles

Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 22 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après plus de deux ans de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné à 13 ans de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

Lettre de Luis Fernando Sotelo, depuis la prison sud – juin 2017.

 

Aux personnes conscientes, aux collectifs qui mettent toute leur force pour démonter la réalité mécanisée.

A tous ceux qui comprennent que la vie est la vie et que le capitalisme est la mort.

A ceux qui m’ont accompagné depuis le premier jour de ma détention.

Et à ceux qui ont embrassé, empoigné les diverses formes d’exprimer le NON ! A l’emprisonnement et à celui de la liberté :

salutations et abrazos à tous et à toutes.

Premièrement : Le lundi 3 juillet aura lieu un meeting à l’extérieur du Tribunal Deuxième chambre en Matière pénale, où se déroulera l’Appel de ma dernière sentence (décembre 2016 me condamnant à 13 ans et 15 jours) afin que pendant ces deux semaines convoquées, par leur présence, ceux qui se solidarisent et s’impliquent dans les procès du peuple organisé, puissent se manifester.

Pour ceux qui n’ont toujours pas décidé de participer à cette initiative je leur dis soyez attentifs malgré tout au résultat de ce procès et aux signes que la liberté envoie à l’ombre des Institutions, parce que les ombres remplissent la nuit et le jour est loin d’être d’un seul bloc, de même que la raison rutilante de l’État ne l’est pas davantage.

Malgré tout, je vous demande d’assister au meeting, qui est un outil pour faire pression dans la lutte contre les motifs pour lesquels on me punit, comme cela se fait depuis longtemps. Étant donné que le motif judiciaire n’est pas suffisant (celui qui m’a conduit en détention) pour être libre dehors de la prison ; parce que plus d’un juge, – dans mon cas comme dans d’autres – considère que la justice est une dame aux yeux bandés tenant dans la main gauche une épée et dans la droite un chien de garde, c’est ainsi qu’ils prétendent faire respecter leurs sentences. Et parce que même si la stabilité cohérente des lois de l’État dépend de ce que les acteurs judiciaires m’emprisonnent/m’absolvent; je sais aussi que la domination exercée par l’État ne garantit le bien-être de personne et n’a d’autre objectif que d’imposer son ordre par la force. C’est pourquoi j’en appelle à la solidarité pour mon cas, pour démentir l’impuissance antiétatique et anticapitaliste, car seule la force de ceux d’en bas peut me rendre libre.

Deuxièmement : quel que soit le résultat de mon appel, je vous demande de continuer à me soutenir aussi bien dans les sentiments que dans la pratique qui consiste à attaquer les différentes formes de domination.

Troisièmement : je veux partager avec vous ce que j’ai appris en tant que prisonnier, ce que m’a apporté cette expérience. J’ai appris que je suis libre pour m’assumer en tant qu’ennemi de la domination capitaliste.

– parce que je suis jeune

– parce que j’écoute de la musique et pas seulement de la musique commerciale

– parce que je ne vénère pas la richesse du riche

– parce que bien que n’étant pas zapatiste je suis adhérent à “Sexta” Sixième Déclaration de la forêt Lacandone

– parce que je n’accepte pas que l’État Mexicain criminalise en se servant de ma personne

– parce que je n’accepte pas ma punition sans auparavant me savoir en condition de guerre contre les entrepreneurs parasites de la Société Bourgeoise

– parce que je me suis retrouvé dans le surplus de ce modèle idéal et moderne de société de ces gouvernements officiels.

– parce que par mes paroles je cherche le respect des autres luttes anticapitalistes

– parce que sans être anarchiste je partage des idées avec l’anarchisme

– parce que marchant sur un chemin aussi étroit que celui du judiciaire, je ne me rends pas, je ne me vends pas, je ne lâche rien.

– parce qu’il est plus que possible et probable que je rêve à d’autres chemins pour la libération des peuples

– parce que je cherche à me faire entendre et à me rendre visible loin des moyens de communication vendus et de désinformation, chez lesquels je figure comme ennemi du bien commun

– parce que je crois chaque jour un peu moins que ma nature dépend de critères civilisés mais qu’elle dépend par contre beaucoup plus de mes envies profondes de créer, aussi bien que de mes envies de détruire ce qui nous est imposé

– parce que sans appartenir à aucun parti, je réfléchis à la politique utilitariste de ceux d’en haut de là où je vis

– parce que je préfère voir une tempête dans le ciel plutôt qu’une télé-novela à l’échelle nationale

– parce que je reconnais que la lutte n’existe pas seulement à l’extérieur de moi, mais que je peux aussi la nourrir de l’intérieur

Aujourd’hui je suis un ennemi des structures capitalistes. C’est pour cela que mes ennemis à travers la prison et leurs sentences démesurées tentent inutilement de faire en sorte que leurs ennemis potentiels de demain ne se rebellent pas. Après tout, la revanche contre la prison ne concerne pas que moi.

Mon plus sincère Amour et ma plus sincère Gratitude aux compagnons.

Luis Fernando Sotelo Zambrano
Juin 2017

 

Traduction Amparo, Les trois passants / correction Lucio

Plus d’infos + fanzine : écrits de prison.

Fanzine à télécharger, cliquez sur l’image.

[Oaxaca] Álvaro Sebastián Ramírez sort de prison après 20 ans d’enfermement

Posted in Archives, Loxichas, Oaxaca, sexta on 10 juillet 2017 by liberonsles

Oaxaca, Álvaro Sebastián Ramírez sort de prison après 20 ans d’enfermement

Le 7 juillet 2017, Álvaro Sebastián Ramírez est sorti de prison après 20 ans d’enfermement et ce grâce à une remise de peine (beneficio de libertad anticipada).  Âgé de 56 ans, indigène zapotèque et adhérent à la Sexta zapatiste, Alvaro est originaire de la municipalité de San Agustín Loxicha dans l’État d’Oaxaca. Cela faisait presque 20 ans qu’il était enfermé dans différentes geôles de l’état d’Oaxaca dont une prison de haute sécurité, ces dernières années il attendait sa sortie dans la prison d’Ixcotel (penitenciaría central de Santa María Ixcotel) où il s’occupait des prisonniers âgés, après s’être occupé pendant de nombreuses années de l’organisation de l’atelier de menuiserie. Alvaro avait été condamné à 27 ans de prison. Avant de se faire arrêter il  travaillait en tant qu’enseignant et était engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnon-n-e-s une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnon-n-e-s ont mené pendant 20 ans une lutte sans relâche, aujourd’hui Alvaro est dehors les murs et enfin entouré par sa famille et ses compagnon-n-e-s.

Nous nous réjouissons de cette nouvelle !
La lutte continue !

Les trois passants

note : Alvaro a été relâché avec un autre prisonnier de la région de Loxicha Abraham García, de tous les prisonniers de Loxicha seul le prisonnier Zacarías García, reste encore enfermé dans la prison de haute sécurité, CEFERESO 13 de Miahuatlán.

vidéo Álvaro Sebastián Ramírez sort de prison après 20 ans d’enfermement (7/07/2017)

Antécédents + fanzine

Ecrits de prison ( Fanzine ) cliquez sur l’image.

ALVAROLOXICHA10

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. » Álvaro Sebastián Ramírez . Lire la suite

[Marseille] Soirée de rencontres « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Posted in anti-carcéral, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 15 juin 2017 by liberonsles

Échanges – Projection – Tables de presse – Repas – Bar et Concerts !

Les Trois Passants et des Marseillaises anti-carcérales vous invitent à la 2ème Soirée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Samedi 8 juillet 2017 À 17H
À LA CASA CONSOLAT
1 rue Consolat
13001 Marseille
métro : Réformés-Cannebière

Rencontre – débat autour du film « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises ayant vécu la prison.

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Journée organisée par Les Trois Passants, des Marseillaises anti-carcérales et des personnes solidaires d’ici et d’ailleurs.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces, peu de chose se dit sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, des femmes ayant vécu la prison en France participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces préoccupations et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

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[Mexico] Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle et notification du paiement de l’amende

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, Ville de Mexico on 6 juin 2017 by liberonsles

Depuis la prison nord
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite

J’écris ces quelques lignes rapidement pour donner des informations sur ma situation actuelle…

Dernièrement il y a eu des tensions dans la zone de ségrégation, conflits internes, bagarres pour tout et en même temps pour rien.

Bien que somme toute il n’y a pas à avoir peur du conflit, puisqu’à la fin nous sommes obligés à vivre ensemble, et à travers les désaccords qui surgissent nous apprenons peu à peu à nous tolérer dans cette île.

Étant isolés du reste de la population il est difficile d’avoir des choses et des aliments, la bouffe n’arrive pratiquement pas et nous devons nous mutiner tous les quatre matins pour avoir le droit à la nourriture.

Cela se passe tous les jours, c’est une lutte silencieuse et quotidienne qui se mène sans que personne n’y prête la moindre attention, les surveillants sont d’habiles négociateurs qui étouffent les révoltes en un clin d’œil et une des choses qui contribue le plus à ce cercle vicieux c’est l’addiction aux drogues de la majorité des sanctionnés. C’est ce qui permet aux matons de faire du chantage aux prisonniers avec des punitions et récompenses : – si tu te comportes bien, je t’ouvre ta grille et tu pourras te procurer de l’argent et des drogues. – Si tu te comportes mal, je t’enferme et tu n’auras pas de drogues pas plus compliqué que ça, le système disciplinaire.

Et comme on abandonne l’idée d’agresser et de lutter contre l’autorité, le stress se décharge quotidiennement d’un prisonnier à l’autre, de tous contre tous. Même comme ça j’apprends des expériences qui se présentent.

Si je n’ai pas écrit dernièrement vers « l’extérieur » de ces murs c’est parce que je me suis fixé comme exercice d’apprentissage pratique, l’analyse et la tentative de chambouler mes relations quotidiennes et maintenant que j’ai l’impression d’avoir réfléchi suffisamment sur mes comportements sociaux je voudrais partager avec vous mes apprentissages. C’est d’ailleurs pour cela que j’en profite pour vous informer que le cinquième numéro du journal « El Canero » est presque prêt. Et c’est grâce à ce moyen que je pourrai mieux vous expliquer mes idées et propositions pour continuer l’offensive dans la lutte pour nous réapproprier nos vies.

Voilà à grands traits l’état dans lequel je me sens, plein de courage et d’envie de continuer à fomenter et inventer de nouvelles formes de rupture avec mes propres dogmes, peurs et préjugés.

Maintenant en ce qui concerne l’aspect juridique. J’ai reçu la notification du paiement de l’amende à laquelle j’ai été condamné lors de la sentence qui m’avise que le total à percevoir est de 35,550 pesos dans un délai de deux semaines, l’échéance fixée pour le paiement.

Cette amende doit être malheureusement payée sinon je devrai la payer en jours de prison c’est à dire 550 jours supplémentaires qui viendraient s’ajouter aux 6 ans de ma condamnation indépendamment de celle-ci.

Voilà pour l’instant ce qui s’est passé, de toutes manières, d’une façon ou d’une autre j’écrirai à nouveau ces jours-ci en espérant qu’il y ait des esprits rebelles.

Fernando Bárcenas
(4 juin, 2017)

Pour toute information complémentaire, virement bancaire et transfert international en soutien à Fernando Bárcenas contacter La Croix Noire Anarchiste de Mexico : cna.mex@gmail.com

Pour les virements bancaires au niveau national ( au Mexique ) envoyer votre soutien : compte bancaire 89641305400980 de Banco Azteca au nom de Ana Castillo (Mère de Fernando).

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Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Plus d’infos (Ecrits de prison ) Fer Barcenas

Traduction Amparo et les trois passants

 

[Dijon] Festival du Livre et des Cultures Libres des Tanneries

Posted in Art et résistance, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, El Canero, Expo, femmes prisonnières, Journal indépendant de combat « El Canero » on 11 mai 2017 by liberonsles

19-21
Mai 2017
Espace autogéré des Tanneries
Tanneries II, 35-37 rue des Ateliers à Dijon

Voir le programme complet du Festival du Livre et des Cultures Libres des Tanneries à Dijon

Dans le cadre du Festival du Livre et des Cultures Libres des Tanneries à Dijon.

Seront présentées les interventions suivantes :

Samedi 20 mai à 16H : Rencontre avec les Trois passants :

Présentation du Journal de combat, anti-carcéral et indépendant « El Canero » produit par des prisonniers et prisonnières en lutte qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale Mexicaine et d’ailleurs / Contexte général de la prison au Mexique; situation des prisonnier-e-s, leurs luttes, leurs initiatives et projets pour résister et faire face au système pénitentiaire, à l’isolement, au mépris et à l’oubli.

Présentation de la vidéo de Fernando Barcenas, prisonnier anarchiste créateur du journal: « Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero »  – Présentation de la vidéo « Abraham Cortes liberté, prisonnier de la guerre sociale ».

Dimanche 21 mai à 13h : Présentation avec les Trois passants du Documentaire [1h10]: Intitulé « Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches]

Ce film collectif, réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Sa réalisation a été rendue possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières, et la participation de La Voix des Zapotèques Xiches en Prison de Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Au fil du temps, nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et en dehors des prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent dans ce documentaire la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles.

EXPO : En support/Complément :

Expo : « Liberté en fuite » [Libertad en Fuga] ; Expo Encres et Photos mêlées « Notre Dame des Landes/Zone À Défendre » CRéATIoN A DeuX MaINs. Expo-vente des affiches, toiles imprimées et cartes de l’expo au profit des compagnon-ne-s incarcéré-e-s.

Voir le programme complet du Festival du Livre et des Cultures Libres des Tanneries à Dijon

Qui sont les prisonnier-e-s que nous soutenons lors de ces journées ?

 

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca et militant anarchiste. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Miguel se trouve dans la prison de Cuicatlan, Oaxaca.

Qu’est-ce que c’est le temps, quand, en prison, on en a trop ?
On danse avec l’ombre, on joue avec nos rêves et on rit
On marche sur la voute céleste
On pleure en silence
On est parfois morts en vie
On chante et on se révèle face à leurs murs et à leurs barreaux
On se nourrit des déchets que jette la société ; on les recycle
On aiguise nos sens.
On détruit tous les jours ce qui est en place, on dés-arme la réalité…

-Miguel Betanzos-

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ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 22 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison. Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers et encouragé depuis son arrestation l’organisation de plusieurs collectifs de prisonniers en resistance. Fernando se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« (…) Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obéissance. Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et par tous types de forces répressives « qui construisent leur démocratie » (…). Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir (…). Nous sommes les blessé-e-s lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène… Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison. »

– Fernando Barcenas –

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portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible » (…) « Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés (…) »

– Abraham Cortés –

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ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque de San Agustín Loxicha, Oaxaca etadhérent à la Sixième Déclaration zapatiste. Cela fait 19 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été arrêté le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et condamné à 27 ans de prison accusé d’appartenir à un groupe armé et pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. »

– Álvaro Sebastián Ramírez –

Plus d’infos

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 22 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après plus de deux ans de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné à 13 ans de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

« Ma liberté n’a pas de prix, mais elle a une grande valeur et beaucoup de gens luttent pour la même chose : pas uniquement pour ma liberté mais, à travers elle, pour la liberté qui nous appartient à toutes et tous. Cette liberté autonome digne et rebelle que nous apprenons à semer mais aussi à récupérer des mains de l’oppresseur. Je suis content de votre soutien, compas. Et savoir que la libération des prisonnier-e-s quels qu’ils/elles soient fait partie du projet que l’on nomme liberté m’incite à être heureux ».

-Luis Fer Sotelo-

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natachaNatacha Lopvet Mrikhi, 45 ans, française, a passé 9 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha, elle fait partie des 1500 femmes prisonnières qui survivent dans la prison de femmes de la ville de Mexico : Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla. Accusée de délits d’atteinte à la santé, elle purge une peine de 10 ans d’enfermement ; pour y faire face et survivre, elle a participé à de nombreux projets et ateliers, ainsi elle s’est jointe à une troupe de théâtre et fait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec d’autres détenues la joie de la création artistique, et pour ce faire, elle participe à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre et à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également participé à plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement et de la résistance à travers l’art.

« Pour moi, le travail devait être un moyen justement d’être libre, de faire ce que je voulais où je voulais, comme je voulais, m’habiller comme je voulais, avoir la maison de mes rêves, voyager à l’autre bout du monde, profiter et jouir de l’existence. Aujourd’hui, à 45 ans après huit ans et demi passés derrière les barreaux d’une prison, je me rends compte qu’il n’en a pas été ainsi, bien que j’ai beaucoup voyagé. J’ai pris conscience que pendant 25 ans j’étais conforme à une culture, une éducation, des codes sociaux; autant de choses qui m’influençaient sans que jamais je ne décide réellement par moi-même (…) J’ai éprouvé une grande satisfaction à réaliser l’exposition de mes collages, fruit d’un travail ( librement choisi durant les 8 ans passés ici ) où j’ai pu pleinement expérimenter ce que signifie l’auto-décision et c’est en étudiant ces concepts que je peux aujourd’hui continuer à exister pleinement aux côtés de ma compagne ».

-Natacha Lopvet Mrikhi-

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L’argent recueilli lors de cette soirée sera versé aux prisonnier-e-s par le biais de : La Croix Noire Anarchiste de Mexico, La Voix des Zapotèques Xiches en prison d’Oaxaca et les familles des prisonnie-r-e-s.

RABASTENS : Soirée Femmes et prison

Posted in Actions, anti-carcéral, Archives, Art et résistance, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Oaxaca on 25 avril 2017 by liberonsles

Échanges – débat – Projection – Lecture/Théâtre – Expo – Repas – Tables de presse !

Les Trois Passants, Le Rabastikiosk , Le Banc Sonore et Partage ton Pot vous invitent à une soirée d’échanges et de débats autour du documentaire

« Ils nous ont volé nos nuits »

Tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, et filles de prisonnier.e.s.

Samedi 29 avril 2017 à partir de 19H

Au Banc Sonore
22, Promenade des Lices
81800 RABASTENS

Cliquez ici pour téléchargez le flyer

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« Ils nous ont volé nos nuits » : ce film collectif réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Il a été possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières; et la participation de La Voix de Zapoteques Xiches en Prison d’Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et ce y compris dans nos propres espaces, peu de choses se disent sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Au Programme :

19H Exposition : « Liberté en fuite »
Vente d’affiches, tissus imprimés, cartes postales de l’expo et artisanat en soutien aux compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte : Fernando Barcenas Castillo, Miguel Ángel Peralta Betanzos, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Abraham Cortes Avila, Álvaro Sebastián Ramírez et Natacha Lopvet Mrikhi.

À partir de 19H – Apéro Kiosque – Tables de presse – Brochures – Fanzines (écrits de prison- chroniques carcérales) – Affiches – autocollants – cartes postales – artisanat – tissus imprimés – Livres …

EMPANADAS végétariennes.

20H – Lecture de la pièce : « Le troisième âge derrière les barreaux » : monologue satirique écrit par Natacha Lopvet incarcérée au Mexique depuis 10 ans.

20H30 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits » documentaire collectif filmé récemment au Mexique tel un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli.(1H10)

Débat : Comment la prison s’empare de la vie des femmes – Solidarité /Luttes individuelles et collectives – Échanges avec des toulousaines anti-carcérales.

L’argent recueilli lors de cette soirée sera versé aux prisonnier-e-s par le biais de : La Croix Noire Anarchiste de Mexico, La Voix des Zapotèques Xiches en prison d’Oaxaca et les familles des prisonnie-r-e-s.

Soirée organisée par Les Trois Passants, Le Rabastikiosk , Le Banc Sonore et Partage ton Pot

19H Exposition : « Liberté en fuite »
Vente d’affiches, tissus imprimés, cartes postales de l’expo et artisanat en soutien aux compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte

Qui sont les prisonnier-e-s que nous soutenons lors de cette journée de solidarité ?

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[Oaxaca] Deux ans de réclusion – Lettre de Miguel Betanzos

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 25 avril 2017 by liberonsles

Le 30 avril, cela fera deux ans depuis mon arrestation et le début de ma réclusion. Deux longues années que je pourrais vous raconter : secondes, heures, minutes et nuits volées, jours d’angoisse et d’impuissance, de haine de l’État et de ses institutions. Le quotidien qui m’use. L’individualisme qu’on nous oblige à reproduire, et que j’abhorre. Les nécessités et les maladies que nous inoculent les murs de la prison. Est-ce du temps perdu ? Non, car ce furent aussi deux ans d’accompagnement par les compas, de solidarité, de résistance quotidienne, d’apprentissage en commun, d’appui de gens dont tu ne vois pas bien qui ils sont, et même aujourd’hui on ne se connaît pas personnellement, mais maintenant on sait qu’on est ensemble. Deux ans de rire, et deux ans où l’on ne cesse pas de regarder le nouveau soleil et de rêver, tandis qu’on s’oppose au contrôle de tous les faits et gestes.

Il est de notoriété publique que le système judiciaire officiel n’a pas été conçu pour les gens du peuple. La classe politique despotique veut nous faire croire qu’elle administre la justice grâce aux réformes élaborées selon son bon plaisir, alors qu’elle nous traite comme des délinquants, des terroristes ou des ennemis, faisant de nous un numéro de plus dans ses statistiques, tentant d’anesthésier nos consciences, décorant les archives et les dossiers couverts de poussière avec de nouveaux concepts. (De toute façon, à la fin t’es foutu si tu rentres pas dans leurs réformes.) Ça ne leur suffit pas de vérifier ton innocence, en plus ils prétendent te réadapter à leur manière de vivre, à toujours nous soumettre face à eux. Et pourtant, nous avons en nous cette petite goutte qui nous fait lutter et que nous essayons de répandre, ce que nous appelons liberté et qui jamais ne deviendra une loi ni ne pourra se réformer. Lire la suite

[Toulouse] Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » regards croisés, vécus et luttes.

Posted in Actions, anti-carcéral, Archives, Art et résistance, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 19 mars 2017 by liberonsles

Les Trois Passants et des toulousaines anti-carcérales, vous invitent à toute une journée de rencontres, d’échanges et de débats.

Rencontre – débat autour du film « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison.

Le dimanche 9 avril, à partir de 13h30 à La Chapelle.

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)  et l’affiche

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Journée organisée par Les Trois Passants, des toulousaines anti-carcérales et des personnes solidaires d’ici et d’ailleurs.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et ce y compris dans nos propres espaces, peu de chose se dise sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, quatre femmes ayant vécu la prison en France et dans l’État espagnol participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces préoccupations et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

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[Ville de Mexico] Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in anti-carcéral, Archives, Art et résistance, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 19 mars 2017 by liberonsles

Nous avons élargi notre solidarité et dernièrement nous sommes en relation avec des prisonnier-e-s dit-e-s de droit commun organisé-e-s dans la prison de Santa Martha Acatitla (Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico) .

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

[Mexico] Fernando Barcenas : « Je ne reconnais pas la prison et je ne veux pas qu’elle soit améliorée ».

Posted in anti-carcéral, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 21 février 2017 by liberonsles

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Depuis la prison Nord de la ville de Mexico – ReNo

Une fois de plus l’institution carcérale a cherché à me dissuader et à affaiblir mes convictions rebelles en ordonnant mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions Pénales. Cela s’est fait avec l’approbation du Tribunal pénal 43, qui a fait parvenir le jugement déterminant signifiant que je ne pouvais plus rester dans le Pénitencier Nord puisque ma condamnation était devenue définitive. Sous la direction de Rafael Oñate Farfán, l’administration précédente a eu de nombreux motifs de voir ses intérêts menacés par les troubles répétés ainsi que les protestations à l’intérieur de la prison ; il savaient parfaitement que quel que soit l’endroit où ils m’enverraient, ils rencontreraient le même conflit et la même remise en question permanente des normes quotidiennes, sachant que peu importait l’endroit, il y aurait toujours des tentatives d’insurrection.
Ils ont pu s’en rendre compte dans la zone 3 du module d’entrée et dans la zone 7 et 5 de « mise à l’écart et de sécurité institutionnelle » du module du C.O.C (Centre d’observation et de sélection).

Chaque fois que je me suis révolté ils ont essayé de jouer avec moi, essayant de me faire croire qu’ils étaient mes amis, jusqu’à ce que je sois parfaitement ferme et que je leur fasse clairement connaître ma position face aux circonstances auxquelles j’étais confronté ; l’agression contre les surveillants s’est avérée alors une obligation pour ma survie ici à l’intérieur, faire que la révolte consciente à l’intérieur de ces murs devienne une nécessité constante.

C’est ainsi qu’après deux ans de mise à l’écart dans les zones de « Sécurité Institutionnelle », ils m’ont servi un nouveau châtiment déguisé en « privilège » : mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions ou Annexe Nord, zone dans laquelle les prisonniers sont soumis au chantage avec la promesse de leur liberté en échange d’une parfaite obéissance au régime carcéral, qui inclut de façon obligatoire l’esclavage et les travaux forcés, car il est impossible de protester vu que le travail de domestication inclut aussi le lavage de cerveau, nous faisant croire de la sorte que c’est une chance qui nous est offerte. Mais pour cela, il est indispensabe que nous nous sentions coupables et que nous nous repentions tout le temps, tout en remerciant la miséricorde du système pénal. Par contre, si tu refuses d’accepter la domestication alors tu es menacé d’être transféré aux Tours de Haute Sécurité (équivalent des Q.H.S.) ou au pénitencier. Lire la suite

[Mexico] Fernando Barcenas a été transféré au Centre Nord d’Exécution des Sanctions Pénales

Posted in Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Ville de Mexico on 12 février 2017 by liberonsles

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Le 9 février 2017 Fernando Bárcenas Castillo a été transféré depuis le Pénitencier Préventif Nord pour hommes au Centre Nord pour hommes d’Exécution des Sanctions Pénales, c’est de cette prison que le compagnon n’a cessé d’exprimer son rejet du régime pénitentiaire ainsi que son clair refus de participer à ce que cette juridiction nomme “réinsertion sociale”.

Fernando a été condamné à 6 ans de prison pour les délits d’atteinte à la paix publique et association de malfaiteurs; en décembre 2016, le recours qu’il a déposé a été rejeté par le pouvoir Judiciaire de la Fédération (Parquet), à la suite de quoi son procès juridique a été considéré comme définitif.

La plus grande partie du temps où il a été emprisonné, l’institution l’a maintenu à l’isolement dans différentes zones de la prison au prétexte qu’il constituait “un risque pour la sécurité institutionnelle”. En prison, Fernando a développé différents projets de lutte anti-carcérale dont le journal “El Canero” et d’autres initiatives collectives d’organisation.

N’oublions pas nos compagnon@s qui continuent la lutte à l’intérieur des prisons !

Solidarité avec Fernando Bárcenas !

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

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Dernière lettre envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au mexique, 4 février 2017 à Gaillac.

Depuis la prison Nord de la ville de Mexico.
Février 2017.

Lorsque la solitude s’empare de la cellule, il n’y a pas d’autre alternative que de divaguer entre les pensées et les idées, l’architecture carcérale fait son travail et l’on ressent une sensation de pesanteur dans l’environnement. Nul besoin de fantômes ou d’apparitions, ce sont ces couloirs qui génèrent la peur et la tristesse, les couloirs de la mort dans une zone divisée.

De l’autre côté des barreaux tous sont des étrangers, et peu à peu ils s’éteignent dans cette mort lente.

La zone 7 du module du COC (Centre d’observation et de sélection) est le lieu des mémoires coincées, oubliées par des années de punition et de coups et pourtant, aujourd’hui encore, en sortant se promener dans le couloir, on respire la douleur, les cris de ceux qui sont morts au milieu du couloir.

Parce qu’en fin de compte, pourquoi le gardien ou le technicien pénitencier devrait-il se déplacer dans un endroit destiné à ceux que l’on censure, les incorrigibles par leur insertion sociale quelle qu’elle soit ?

Et pourtant, le mépris est mutuel puisque les “incorrigibles” eux aussi haïssent toute forme de réglementation, à moins que ce ne soit celle qu’ils ont établie.

Voici les souvenirs d’une zone oubliée dans laquelle agonisent les restes de ceux qui, un jour, ont été des hommes, venus purger une punition de 15 jours, ou parce qu’il a été décidé qu’ils resteraient dans ce secteur en raison du risque supposé qu’ils représentent pour la sécurité institutionnelle… Rien d’autre à faire, sauf attendre l’ancienneté dans le secteur jusqu’au transfert qui sera décidé vers une autre centrale pénitentiaire…

Chair à prison qui jamais plus ne goûtera le soleil et l’air pur, mais qui demeure plus libre et digne que n’importe quel esclave citoyen.

Parce que pour être totalement libre, l’absence de barreaux ne suffit pas.

FERNANDO BARCENAS
Une forte embrassade et bien des salutations !

Traduit par Amparo et Les trois passants

[Gaillac] JOURNÉE DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER-E-S EN LUTTE AU MEXIQUE

Posted in anti-carcéral, Art et résistance, événements, compas anarquistas, Expo, femmes prisonnières, Loxichas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 25 janvier 2017 by liberonsles

« Liberté en fuite / Libertad en Fuga »

Vernissage de l’exposition – Projections / échanges – Repas Solidaire – et Concert

galliacflyerdefLes Trois Passants et Le Chinabulle vous invitent à toute une journée de SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER-E-S EN LUTTE AU MEXIQUE

Le samedi 4 février 2017
Au comptoir du Chinabulle
47 rue du Château du Roi
81600 Gaillac

Venez nombreuses et nombreux soutenir nos compagnon-ne-s en lutte qui résistent et se battent depuis l’intérieur des geôles mexicaines, contre le système pénitentiaire, l’isolement, le mépris et l’oubli !

À 16H00: Vernissage de l’exposition : « Liberté en fuite »

Exposition de tableaux et d’autels / Vente d’affiches, toiles imprimées et cartes de l’exposition en solidarité avec les compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte : Fernando Barcenas Castillo, Miguel Ángel Peralta Betanzos, Abraham Cortés Ávila, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Álvaro Sebastián Ramírez et Natacha Lopvet Mrikhi.

Pour voir le programme complet, cliquez ici

Qui sont les prisonnier-e-s que nous soutenons lors de cette journée de solidarité ?

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[Mexique – Marseille] Textes de Fernando Barcenas Castillo et de Miguel Peralta Betanzos

Posted in Archives, événements, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Oaxaca, Ville de Mexico on 16 décembre 2016 by liberonsles

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Texte de Fernando Barcenas envoyé pour le Festival de l’ABC (Anarchist Black Cross Festival 2016) Marseille

ferDepuis la prison Nord de la ville de Mexico
1er Décembre 2016

Dans les prisons de la ville de Mexico l’isolement est utilisé comme mesure disciplinaire massive afin d’extorquer et d’extirper aux âmes prisonnières jusqu’à leurs derniers centimes.

« À l’intérieur » de ces villes où vivent mal plus de 50.000 prisonnier-e-s, le capitalisme est tel qu’il est, il ne se déguise pas, ni ne porte de masques démocratiques. Et de nos jours il annonce clairement sa loi élémentaire : nous, les marginaux, nous serons exterminés. Mais pas avant d’avoir offert jusqu’à la dernière goutte de notre travail d’esclave, de notre sueur mal payée au goût amer, amer parce que nous savons que c’est contraire à notre propre volonté.

Cependant ils dictent les conditions de la participation à leur commerce : « Monte dans le fourgon, sinon il va te renverser ». Ils demandent cyniquement à ce que nombre de lâches rejoignent les rangs de la mafia, car ils savent qu’ils n’auront pas le courage d’abandonner leur confort.

Et pourtant la prison n’a pas toujours été comme ça…

Le déluge de drogues qui s’y abat en a fait une immense maison de fous, où les besoins des prisonnier-e-s sont attisés afin de mieux les escroquer, les poussant vers une vie d’automates aux ordres du commerce…

C’est pour cela qu’il est si important de ne pas cesser d’imaginer et d’être sensible. En effet ils essaient de nous convertir en machines de guerre.

Maintenant il ne reste que l’action et la solidarité, sachant que la prison n’est rien d’autre que la société dans laquelle nous vivons.

En guerre jusqu’à la liberté totale.

– Fernando Barcenas –
***

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos envoyée pour le Festival de l’ABC Marseille

miguelflomDepuis la Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Inadapté-e-s (Inadaptadxs)
Montagnes, plantations de café, sources qui jaillissent de la terre,
animaux sauvages de la forêt, arbres innombrables, masques, maisonnettes
que berce le vent, chemins, fleurs : tous enveloppés dans l’épais
brouillard de la nostalgie.

Je m’éveille, la pluie s’intensifie, mes ailes mouillées pèsent mais elles
continuent à voler.

Mon ombre lance des coups de pied contre les portes de la machine, passe
au travers des mailles, escalade les tours de contrôle, brouille les
radios de communication, croise les murs, tisse des rêves et habite dans
des frontières imaginaires.

Mon ombre se nourrit de la flamme de la pensée, elle parle une langue
ancestrale et ne se laisse pas domestiquer, elle se révèle à la lumière
du jour, et se grise de liberté.

Mon ombre est l’ombre de tous les hommes du nombril du monde et devient
escargot.

Mon ombre brise les charnières de l’État ;
Et jamais, plus jamais elle ne sera piétinée.

Miguel P.
Novembre 2016.

Traductions Les trois passants et Amparo / correction Myriam

[Marseille] Anarchist Black Cross Festival 2016 !

+ d’infos sur Miguel Betanzos et Fer Barcenas

[Oaxaca] Malgré 19 ans de prison, Alvaro Sebastián Ramírez est toujours debout !

Posted in Archives, Loxichas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta on 16 décembre 2016 by liberonsles

ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta zapatiste, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 19 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été arrêté le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Ecrits de prison ( Fanzine ) cliquez sur l’image.

ALVAROLOXICHA10

Vidéo de présentation – Campagne pour la libération d’Alvaro

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[Marseille] Anarchist Black Cross Festival 2016 !

Posted in Actions, anti-carcéral, Archives, événements, compas anarquistas, El Canero, Journal indépendant de combat « El Canero », prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

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Samedi 3 décembre :

  • 14h au Manifesten – Présentation sur la répression contre le mouvement anarchiste en république Tchèque !
    – avec Antifenix de république Tchèque –
    + Atelier d’écriture aux emprisonné-e-s !
  • 21h Concert !!! A la Salle Gueule – Prix Libre
    Nola – London – Folk Punk Garage
    Canine – Marseille – Post Hardcore
    Kalashnikov – Milano – Romantik Punk
  • Dimanche 4 décembre :

    A la Salle Gueule et prix libre

  • 14h Présentation du journal anti carcéral mexicain « El Canero »
    + projection avec les Trois Passants
  • 17h Contre les maxi prisons en Angleterre
    – avec le collectif Empty Cages –
  • 20h Knocking On Vegan’s Doors ! Bouffe Vegan ! Miam !

+ Distros
+ Banderole de soutien

Infos

canero-04_3 liberanA l’intérieur de la prison, Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico : Fernando Barcenas Castillo, Gerardo Ramirez Valenzuela, Luis Lazaro Urgell, Sinue Rafful, Hans Razo Alvarez, Compa Gato Punk et Compa Josh. Le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.