[Marseille] Anarchist Black Cross Festival 2016 !

Posted in Actions, Archives, événements, compas anarquistas, El Canero, Journal indépendant de combat « El Canero », prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

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Samedi 3 décembre :

  • 14h au Manifesten – Présentation sur la répression contre le mouvement anarchiste en république Tchèque !
    – avec Antifenix de république Tchèque –
    + Atelier d’écriture aux emprisonné-e-s !
  • 21h Concert !!! A la Salle Gueule – Prix Libre
    Nola – London – Folk Punk Garage
    Canine – Marseille – Post Hardcore
    Kalashnikov – Milano – Romantik Punk
  • Dimanche 4 décembre :

    A la Salle Gueule et prix libre

  • 14h Présentation du journal anti carcéral mexicain « El Canero »
    + projection avec les Trois Passants
  • 17h Contre les maxi prisons en Angleterre
    – avec le collectif Empty Cages –
  • 20h Knocking On Vegan’s Doors ! Bouffe Vegan ! Miam !

+ Distros
+ Banderole de soutien

Infos

canero-04_3 liberanA l’intérieur de la prison, Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico : Fernando Barcenas Castillo, Gerardo Ramirez Valenzuela, Luis Lazaro Urgell, Sinue Rafful, Hans Razo Alvarez, Compa Gato Punk et Compa Josh. Le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

[Mexico] Chroniques Carcérales des prisonniers du collectif Cimarron

Posted in Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

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Depuis la prison Nord de la Ville de Mexico [ReNo]
Extrait du livret [ fanzine ] Anthologie des chroniques carcérales, Mexico 2016.

Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico :

Fernando Barcenas Castillo
Gerardo Ramirez Valenzuela
Luis Lazaro Urgell
Sinue Rafful
Hans Razo Alvarez
Compa Gato Punk
Compa Josh

Les textes de cette anthologie sont le produit de plusieurs séances informelles qui se sont tenues à l’intérieur de la prison Nord, durant lesquelles nous avons partagé des éléments d’écriture de ces chroniques. A chaque étape du processus de sélection, révision, édition et impression plusieurs mains anonymes sont intervenues et sont devenues les complices de cet effort.

Il n’y a pas d’ordre précis ou de thématique particulière des textes, d’ailleurs la plupart n’ont pas de titre; la seule chose que nous avons indiqué est la date où ils ont été écrits et l’auteur. Ce ne sont que de simples paroles/sensations directes des auteurs qui leur permettent de voler libres, et tentent d’échapper aux murs derrière lesquels ont entend les maintenir captifs.

En espérant que cette publication permette qu’il en soit ainsi, même pour un instant.

Quelques solidaires

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine en français

fanzincimarronPlus d’infos du collectif CIMARRON

[Oaxaca] Depuis la Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán : Miguel Peralta Betanzos

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

Souvenir

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Souvenir (non pas comme ces dates de commémoration, mais comme une vie toute entière de révolte) de tous les êtres ingouvernables et inadapté-e-s qui ont combattu l’Etat dans sa plus pure essence, le capitalisme, le militarisme, la domination et l’oppression, l’industrialisation de la pensée sous toutes ses formes et modalités et, pourquoi le taire, l’injustice et la justice coercitive.

Faisant un bref bilan des dommages, nous pensons tout particulièrement aux compas à qui l’on a arraché la vie dans les cages de la misère humaine, ce sont d’eux et d’elles dont nous nous souvenons parce que leurs esprits se sont propagés sur le chemin de la liberté, et tout spécialement celui de Ricardo Flores Magón qui, comme nous le disait Librado Rivera dans un écrit de 1923 où il évoque  l’assassinat de  Magón dans le pénitencier de Leavenwort :

magonvive“ même si sa mort soudaine ne lui a pas permis de voir ses chers idéaux de liberté, d’amour et de justice se réaliser, ses rêves de bonheur n’ont pas disparu avec lui : ils vivent comme des phares lumineux qui éclairent les esprits d’une humanité qui souffre les tortures de la faim et de la misère. Et tant que sur la Terre existera un seul coeur meurtri, un seul oeil empli de larmes, déclara-t-il à ses bourreaux, mes rêves et mes visions devront continuer à vivre.”.

Et c’est ainsi que 94 ans après son assassinat, ses idéaux résonnent toujours en nous, notamment pour atteindre ceux de justice et bonheur, alors que nous marchons aux côtés de nos frères et soeurs qui aujourd’hui, partout sur le globe, vivent l’enfermement pénitentiaire et tentent de soutenir leurs ailes que l’on a voulu briser.  A vous, sachez-le, nous ne vous oublions pas.

Aujourd’hui également, nous nous souvenons de tous ceux qui, jour après jour, combattent le grand enfermement à l’air libre, à elles, à eux vont ces paroles de souvenir, de mémoire, qui crient, et qui exigent…

Miguel Peralta Betanzos
Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán, Oaxaca
21/11/2016.

Traduction Amparo / Correction Myriam

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Plus d’infos :

MiguelPeraltaFanzineWeb

Cliquez sur l’image pour télécharger le livre en français

Traduction collective

Ce bulletin a pour but de diffuser l’un des cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, il a été réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonnier.e.s Anarchistes, qui a eu lieu du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée. Ce bulletin a été créé sans aucun but lucratif. Nous encourageons toute forme de solidarité envers nos compagnons et compagnonnes prisonnier.e.s.

Miguel Ámiguelflomngel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux. Plus d’infos

Télécharger le livre en espagnol ici

[Ville de Mexico] « L’ÉTAT M’APPELLE CRIMINEL » texte de Abraham Cortés

Posted in compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 23 novembre 2016 by liberonsles

« L’ÉTAT M’APPELLE CRIMINEL » TEXTE DE ABRAHAM CORTÉS

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Prison Nord de la ville de Mexico, novembre 2016

Bonjour compagnon-ne-s,

Je vous salue par un fort cri de rage, de solidarité et d’anarchie car cela fait un peu plus de 94 608 000 000 secondes que je suis séquestré par ce sale fuck’in système et après 23 jours de solidarité avec les compagnon-ne-s et pour toutes les histoires qui ont lieu tous les jours dans ce monde, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer le pourquoi de cette grève de la faim qui est devenue maintenant un jeûne. Parce que nous y vivons quotidiennement où que l’on soit, ici ou là-bas, ce que nous appelons la rue. Partout nous sommes surveillés et on nous oblige à être serviles, mais cette même soumission est ce qui donne du pouvoir au pouvoir et la lutte à la lutte.

Qui suis-je ?

Mes parents m’appellent Abraham, l’État m’appelle criminel et les potes ça leur est égal, moi-même je m’appelle SERCKO mais en plus de cela, je suis seulement un être vivant et pensant, cimarron, comme un loup solitaire, sans maître ni dieux.

Compagnon-ne-s, je voudrais partager avec vous un peu de moi. Lorsque je remonte vers le plus ancien de mes souvenirs, je me rapelle qu’il y a toujours eu de la rancoeur, de la haine, de la tristesse, de la discrimination, de la dépression, de l’oubli, de l’oppression entre autres, observant et sentant tout, une vie accélérée de tous les côtés, et comme on dit en prison, je suis un « pagador » [quelqu’un qui doit payer].

Mais en tant « pagador » je n’ai pas de scrupules ; je n’ai pas choisi mes parents, ni ma situation économique ou mon statut social. Je n’ai pas demandé à vivre, mes parents m’ont fait uniquement pour rester unis, je pense que ce fut pour eux une poussée de fièvre. Mais bon, maintenant je suis là, et les années passant j’ai arrêté d’être un bouffeur et un chieur et je me suis domestiqué à la maison, j’étudie, j’apprends, je suis le meilleur et en échange de quoi ? Une mauvaise réponse, une raclée, une bonne réponse, une autre raclée, mais alors de quoi s’agit-il ?

Après, il y eut JésusCri “Chuchocraist” par ici et par là et je ne sais quelles autres religions et sectes qu’on nous met dessus, dans lesquelles je ne sens qu’une fausse espérance. Moi, ils ont essayé de m’inculquer le catholicisme, puis non, après ce fut le christianisme, mais après c’étaient eux qui doutaient.

Moi je crois ce que je sens, ce que je vois et jusqu’à présent être moi-même et savoir qui je suis est le mieux qui ait pu m’arriver. Parce que je n’ai pas d’attachements ou parce que je n’ai besoin d’aucun dieu, ou d’icônes, ou de sentiments pour être ou sentir que je peux mourir sans problème, c’est pour cela qu’ils nous ont faits. Depuis que j’ai coupé le cordon ombilical et brisé la chaîne familiale et que je ne suis pas rentré à la maison, je me suis débrouillé par moi-même, avec des hauts et des bas, « avec l’envie d’être quelqu’un », perdu dans le qui suis-je? Perdu dans le monde, reproduisant chaque gorgée amère apprise de cette « société », mais à la recherche de moi-même.

Parfois je me demande ce que je veux. Pour l’instant je veux être libre, comme des millions et des millions d’exploités, bien que pour moi la liberté soit une amie, la véritable liberté tu la vis après ta mort, parce que tu es à nouveau rien, mais pour l’instant on ne veut pas qu’ils nous fassent bouffer les pissenlits par la racine.

Pourquoi demander une liberté physique ou une amnistie, si partout où l’on va il y a toujours un oppresseur, des règles, des murs, des dieux, des systèmes de soumission, de l’argent, de l’esclavage, du travail, de l’esclavage, de la religion, de l’esclavage.

Il y a plusieurs manières de voir ces systèmes imposés par ceux qui s’appellent la haute société [NdT : écrit suciedad, saleté dans le texte original, jeu de mot sur le mot sociedad : société et suciedad : saleté]. Pareil pour le multi-mentioné narco-trafic qui, bien qu’il s’agisse d’un système dénoncé par les médias, est bien vu par l’État. Parce que c’est aussi un moyen d’avoir plus d’argent et de pouvoir, tout en contrôlant la population avec des sédatifs pas chers et addictifs, substances fabriquées par des mains humaines, les mêmes qui tuent tous les jours nos jeunes dans le monde entier, à n’importe quelle heure, n’importe où, bien que toutes les drogues à mon avis ne proviennent pas des narco-trafiquants. Les entreprises sortent leurs propres drogues, coca-cola, Bimbo, McDonald, les pizzas ou comme on dit la « mal-bouffe ».

Il y aussi les vêtements, les cosmétiques, les accessoires, des choses et des choses, un paquet de merdes qui sont inventées pour générer plus de déchets, pour polluer, aliéner et avoir le contrôle sur la population.

Compagnon-ne-s, c’est un peu de ce que je pense et ce que j’ai vécu, mais il y a quelque chose que j’ai toujours eu, comme beaucoup d’autres : la RÉBELLION, et cette rébellion est celle qui me maintient ferme face à cette folie sociale, cette rébellion, cette non-conformité face à ce que je vois et je ressens c’est celle qui me fait lutter. Ce n’est pas grave si on ne se voit pas, si nous n’agissons pas toujours ensemble, peu importe où que nous soyons, l’important est de lutter pour un idéal.

Compagnon-ne-s, santé et anarchie.

Votre compagnon.

SERCKO.

Source: Croix Noire Anarchiste de Mexico

Traduction Les trois passants / correction Amparo, Valérie.

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portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico. Plus d’infos

A lire également: Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim.

[Ville de Mexico] Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in Archives, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 21 novembre 2016 by liberonsles

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Derrière les barreaux, la visite

par les trois passants

Le trajet vers la prison de Santa Martha Acatitla (Centro Femenil de Readaptación Social) peut être très long. Quand on vient du sud de la ville de Mexico en matinée, le trajet peut durer plus d’une heure et demie, parfois deux heures. Le trajet est long comme l’attente. ATTENDRE, toujours attendre – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur – l’arrivée, la queue, le contrôle, la douane*, les commentaires mal placés et sexistes, la fouille, l’extorsion, l’humeur de la matonne, la tronche du gardien, la visite, la rencontre, l’autorisation du passage de despensa (shampooing, aliments, papier toilette, serviettes…) attendre l’accolade, des nouvelles. Au contraire des prisons masculines (reclusorios), autour de cette prison féminine il n’y a rien : ni marchés d’aliments, ni restaurants, ni stands de tacos, ni petits magasins pour s’approvisionner, ni toilettes publiques, ni papeteries, ni pharmacies, il y a juste un petit stand improvisé avec des bâches en plastique pour garder les affaires des visiteurs et ce jusqu’à 17h…

Pour arriver jusqu’ici, le bus est rempli à ras bord. On voit tout particulièrement des femmes de tout âge, des femmes chargées de sacs, de paniers, de tupperware et costales [ grand sac tissé pour les grains ], femmes portant des sacs chargés eux aussi à ras bord de « despensas », produits alimentaires basiques , de plats préparés, de fruits, de galettes, de vêtements pour les détenues, de couches et de jouets pour les enfants des détenues – nombreux dans ce « centre ». Dans le bus on sait quelles sont les personnes qui rendent visite à leurs proches et amies en prison car elles sont toutes habillées de la même couleur, les couleurs autorisées par l’administration pénitentiaire : orange, violet, rose, rouge, vert clair, jaune, mauve, surtout des chaussures serrées, pas de bottes ni de capuches, pas de décolletés ni de mini-jupes… Une fois tous les contrôles passés, on est là « à l’intérieur » et l’on essaie de profiter au maximum du temps qu’ils nous donnent. Si l’on a de la chance et si l’on a l’autorisation, on peut rester de 11 heures à 17 heures à parler, échanger, manger, chanter et rêver avec les detenue-s.

Certaines ont envie de rester plus longtemps, jusqu’à l’aube. Quant à elles, les détenues, elles ne rêvent que d’une chose : nous accompagner dehors, s’enfuir avec nous et laisser les barreaux bien loin derrière elles, loin de leur vue et de leur quotidien.

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Sur plus de 248 000 prisonnier-e-s [recensement de 2014] 12 331 sont des femmes. Plus de 50 % attendent leurs procès derrière les barreaux et nombreuses sont celles qui n’ont ni vu ni parlé à un avocat ni au juge d’instruction. Dans de nombreux cas, elles subissent dès leur détention des abus sexuels. Les différentes formes de violence sexuelle consistent à se faire molester, insulter, harceler, ce sont aussi des faveurs sexuelles en échange de certaines nécessités ou pour payer les extorsions. Les contrôles des visites sont minutieux mais le passage et la vente de drogue sont par contre courantes et fluides, et de nombreuses femmes travaillent un max pour pouvoir payer la « piedra » « crack » qui circule aux yeux de tous-tes. La corruption et l’exploitation de la prostitution sont mentionnées dans de nombreux témoignages. Dans la ville de Mexico par exemple,  les prisonnières ont signalé avoir été torturées, asphyxiées par un sac plastique sur la tête pour les empêcher de respirer, avoir reçu des coups, des chocs électriques, avoir subi violences psychologiques et viols. Les femmes ne comptent pas sur un suivi gynécologique adéquat et consenti car dans beaucoup de cas la contraception est obligée et forcée, les contraceptifs sont prescrits sans demander leurs antécédents et leurs avis.

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La prison de Santa Martha Acatitla compte 1500 prisonnières environ. Parmi elles, seules 200 femmes environ reçoivent des visites. Ce qui est caractéristique dans cette institution d’enfermement est la quantité d’enfants ; environ 130 enfants sur 400 au niveau national y sont nés et y vivent. Les mères peuvent garder leurs enfants auprès d’elles en prison jusqu’à l’âge de 5 ans et 11 mois ; après, ils sont arrachés à leurs mères et remis à la famille ou bien ils sont placés dans des centres d’accueil pour l’enfance, l’équivalent en France de la DASS.

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Ici à Santa Martha, il y a de la couleur partout, de nombreux ateliers de peinture, écriture, danse, théâtre, chorégraphie existent. « Ça aide » à échapper à la douleur, au lent écoulement des heures et des jours passés entre les murs ; résister au système carcéral par la créativité est pour certaines vital pour continuer à vivre en attendant la sortie… De nombreuses fresques habillent cette prison en effaçant le gris et la rouille. L’une d’entre elles représente avec des pendules de sable, des petits sabliers dessinés racontant des histoires diverses, des moments vécus, des attentes, des rêves de fuite, pendules qui veulent que le temps passe vite pour enfin retrouver des rues, des paysages, des lieux, des visages chers de l’en dehors… Une autre fresque représente l’entrée et/ou la sortie de prison ; une porte ayant la forme d’un livre de la Constitution et du Code pénal permet la sortie, ou plutôt l’empêche. La fresque reste ambiguë, les visages et les corps des femmes peints sur cette fresque sont flous, effacés, telle la possibilité de retrouver le plus vite possible la liberté, la vie écoulée… Et avant la fin de la visite, un dernier regard complice aux détenue(s) s’impose, avec ces mots : « à très vite », « tenez bon ». Un dernier regard s’impose qui n’oubliera pas la couleur des murs, la couleur du courage, de la force, de la colère, de la tristesse, du désespoir, de l’envie, du désir de fuir, de s’évader, de disparaître de ce lieu… de sortir !

C’est dans ce contexte que nous avons rencontré Natacha et échangé avec elle.

natachaNatacha Lopvet, 43 ans, française, a passé 9 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla. Elle s’est jointe à la troupe de théâtre Sabandija encouragée et lancée par sa compagne. Elle fait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique, et pour ce faire, elle participe à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre et à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art…

Voici l’un de ses nombreux écrits :

Les odeurs

L’odeur des égouts, l’odeur de la douche,
l’odeur des sanitaires, l’odeur des tuyaux, l’odeur de l’évier,
l’odeur persistante des poubelles, l’odeur pestilentielle des incinérateurs
des abords de la ville, l’odeur des produits chimiques
des industries de la région portée par le vent.
L’odeur de crasse, l’odeur de pieds,
l’odeur de sueur, l’odeur de graisse,
l’odeur qui sort de la cuisine,
l’odeur de la peur, du tourment, du dégoût, de l’impatience,
de l’intolérance, l’odeur de la répression, l’odeur de l’eau pourrie
qui sort tous les jours du robinet.
L’odeur de vomi, de pisse de chat et d’humain,
l’odeur du tabac froid, l’odeur des punaises,
des cafards, du linge mal lavé, l’odeur de vieux, d’humidité,
de champignons, de poussière, l’odeur du désespoir, de l’injustice,
l’odeur de l’inégalité, l’odeur du crack « la piedra » , du solvant, de la marijuana,
l’odeur de la pâte à modeler , de la colle 5000, l’odeur des ongles fraîchement collés,
l’odeur du polyester, l’odeur de l’huile brûlée, rance, de l’enfermement,
l’odeur des murs sales, des chewing-gums écrasés sur le sol par centaines,
l’odeur de l’essence, l’odeur des freins et des pneus cramés, l’odeur des pesticides.
Odeur de sexe sale, odeur de prostitution, odeur de lucre,
odeur d’adultère, de sans vergogne, odeur de pauvreté, odeur de médiocrité.
Ça sent toujours mauvais
sauf quand l’être se lave, se parfume ou nettoie son espace de vie
ou quand il cuisine un mets très savoureux et y ajoute beaucoup d’amour.
Mais parfois j’aime sentir l’herbe fraîchement coupée
ou bien les fleurs que mes amis viennent de m’apporter
ou les fruits frais (pas OGM) que les mères portent dans leurs paniers.

Natacha Lopvet Mrikhi

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Se peindre de toutes les couleurs

Se peindre de toutes les couleurs,
partir loin,
transformer ces murs
en toiles.
Se peindre en peignant
et composer  ensuite
la prison en papier;
que le vent emportera,
écrire sur les murs,
en silence.
Se peindre de toutes les couleurs
et les voir s’éloigner
Sortir d’entre ces murs
plus libres et plus forts
abandonner l’enfermement
et ne plus jamais revenir
Comprendre l’enfermement
apprendre avec l’enfermement
démolir l’enfermement
alors,  plus jamais
les chemins ne seront incertains
sortir
pour ne plus jamais revenir

Maye Moreno

Traductions Amparo, Les trois passants / correction Valérie

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– Le Centro Femenil de Reinsercion Social Santa Martha Acatitla se trouve dans la Ville de Mexico sur la Calzada Ermita Iztapalapa #4037, Colonia Santa Martha Acatitla, Deleg. Iztapalapa-CP 09560, Mexico D.F. – MEXICO (Mexique)
– Consultation de l’Informe sobre la situación de las  personas privadas de libertad 2014.
– Los Olores « Les odeurs » fait partie des nombreux écrits recueillis dans un fanzine collectif auquel participent plusieurs femmes prisonnières de Santa Martha. Le fanzine s’intitule : Fanzine « LEELATU ». Los Olores ( Natacha ) , Pintarse de Colores ( Maye )
* la douane : c’est le nom donné aux contrôles par les maton-ne-s des denrées alimentaires, des objets etc. que l’on souhaite faire passer aux détenues

[Mexico] Aux accros du pouvoir, mais plus à ceux qui ont été « pourris par ce pouvoir » : Lettre de Luis Fernando Sotelo

Posted in Communiqués, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 14 novembre 2016 by liberonsles

Depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico

Vraiment ? personne ne se rend compte que je ne me manifeste pas en faveur de la loi d’amnistie ?

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Aux accros du pouvoir, mais plus à ceux qui ont été « pourris par ce pouvoir »

Lettre de Luis Fernando Sotelo

Il est de mon devoir de défendre la position que j’ai prise pour résister, que vous le vouliez ou non. Je sais que cela peut paraître difficile, mais je vois que ça l’est uniquement parce que vous ne pouvez négocier mes décisions, ni mes actions.

Alors, que veulent de moi ou de mes proches les gens des partis politiques ? Simplement parce qu’ils ont réussi à obtenir une photo qui virtuellement me rapproche de leur position.

Vraiment ? personne ne se rend compte que je ne me manifeste pas en faveur de la loi d’amnistie ?

Auparavant, j’ai essayé d’être critique, maintenant je veux être direct : je ne veux pas que quiconque, membres de partis politiques ou non, mette la pression ou sollicite la promulgation d’une loi d’amnistie ou de « pardon » pour me libérer. Si vous continuez à le faire, n’espérez de moi que mon désaccord. Et si vous l’obtenez, c’est-à-dire, si réellement il est possible qu’à travers la séparation des pouvoirs – législatif, exécutif, fédéral – on me libère  : sachez qu’ils m’auront donné raison de dire que pour la totalité des organismes instances gouvernementales, une solution réelle et transformatrice ne présente aucun intérêt.

Pourquoi ? puisqu’ils savent dans quel état, ou plutôt, dans quelle situation se trouve la structure de l’État ? On favorise l’instauration de politiques policières, il y a autour de celles-ci des courants de « néo-fascisme » et de « néo-conservatisme ». Et tous veulent oublier comment cela a commencé ? C’est-à-dire qu’ils veulent oublier que déléguer à un juge la vie (ou des vies) est la première erreur ? Oublier que déléguer c’est aliéner ? et plus… Ils veulent encore plus de délégation de responsabilités ?… Plus d’autels pour la politique d’en haut ? Cette politique qui normalise ma séquestration ?

Cela a déjà été dit et je l’assume : si je voulais m’asseoir pour parler ( ou si quelqu’un le faisait à ma place…) je le ferais par mes propres moyens. Mais en attendant, la position merdique de parler à ma place, me « représente » déjà comme une image du désespoir.

C’est pourri de dire que la seule chose que je veuille soit sortir de prison. J’ai confiance en la défense juridique ( qui est menée par de vrais compagnons ), j’ai complètement confiance dans la stratégie qui consiste à épuiser toutes les voies [juridiques] possibles. C’est pour cela que je ne vais pas favoriser la paresse de véritables parasites sociaux, qu’ils soient députés ou ministres. Si leur « travail » est de me libérer, qu’ils arrêtent d’empêcher ma libération. Que les premiers cessent de chercher ma famille et mes compagnon-ne-s ? Et les seconds, qu’ils n’essaient pas de nous tromper : nous savons qui tire les ficelles de la répression, nous savons que si la volonté de me libérer existe, elle se concrétisera par la pression des personnes solidaires, de compagnons réels, et cette volonté sera due à l’existence de ces personnes et parce que la vérité et la raison seront de mon côté.

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[Mexico] Fernando Barcenas: nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

Posted in Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 26 octobre 2016 by liberonsles

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Prison Nord de la ville de Mexico, octobre 2016

Fernando Barcenas: nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

La loi est un artifice qui castre les aptitudes humaines ; qui pense, dirige,invente nos vies à notre place et une telle conception implique la mutilation de la parcelle la plus unique et authentique de nous-mêmes.

C’est pour cette raison que celui qui décide de prendre sa vie en mains propres en marge de la machine pourrie est considéré comme “bizarre, “antisocial”, “criminel”, etc…

Nous ne pouvons envisager de solutions à l’intérieur du “cadre démocratique », qui par sa politique d’extermination épouvante les habitants avec les spoliations, la violence et la mort.

Des rumeurs concernant une amnistie promue par quelques partis et institutions politiques me sont parvenues. Il me semble nécessaire de préciser ici ma position de refus à toute forme d’instrumentalisation des énergies du peuple pour le maintenir aux ordres. Certains pensent qu’une amnistie pourrait assainir les intérêts du peuple, réduits en mille morceaux par l’imposition de la richesse et grâce à l’esclavage économique ; nous, nous ne voulons pas “sortir” de prison pour entrer dans une autre. Nous voulons être libres, libres véritablement, en dehors de toutes leurs réalités virtuelles et cela implique forcément détruire la société. Nous le ferons en pensant que quelque chose de neuf doit naître pour engloutir à jamais cette civilisation pourrie qui nous transforme en automates et rouages de sa machinerie.

Les “luttes politiques” ne nous intéressent pas, mais plutôt le conflit permanent qui existe partout ; ils peuvent nous emprisonner mais ils n’arrêteront pas la révolte. Les voisins mécontents descendent dans la rue pour rejeter les projets immobiliers cause du dépouillement et du déplacement forcé de milliers de famille qui n’ont pas les ressources suffisantes pour financer la privatisation de l’espace public. La privatisation de l’eau est également un autre symptôme criant, reflet de toute la considération que nous portent en réalité les puissants. Esclavage moderne, aliéné et édulcoré par le luxe, les drogues et autres aspirations capitalistes.

Nous n’avons pas besoin d’amnisties parce que nous n’avons pas besoin de règles qui régentent nos vies; le miroir aux alouettes du progrès nous fait croire que l’État et le gouvernement sont indispensables et du coup nous ne nous rendons pas compte directement des indices indiquant qu’ils nous convertissent en complices des massacres de nos peuples…

Nous voulons voir se propager partout l’insurrection qui détruira le pouvoir centralisé, joug commun sous lequel, nous, tous les pauvres nous souffrons.

Nous saluons tous les actes d’insubordination contre les standards de vie internationaux qui prétendent nous convertir en pièces indispensables à leur machinerie.

Nous autres les marginaux, sommes ceux qui supportons le poids de cette société et comme nous sommes désormais inutiles à cette société technologique ils justifient notre massacre par des guerres informelles contre la drogue qu’ils livrent justement dans les endroits où les personnes ont des traditions communautaires et mènent des vies différentes de celles imposées par l’État.

N’importe qui vivant dans un quartier pauvre sait depuis qu’il est petit que le trafic de drogue est géré par des organismes semi-publics, c’est à dire l’implantation de la mafia comme institution régulant le contrôle intérieur du territoire pendant que la police met en place une politique de deux poids deux mesures, ne ménageant pas ses efforts pour un bon fonctionnement de la mafia. Ainsi la mafia n’est rien d’autre qu’une sous police qui régule non seulement le trafic des drogues mais aussi les entreprises formelles et informelles qui existent sur le territoire.

Cependant si cette situation est devenue massive cela est dû au fait qu’à l’origine le trafic de drogues n’est rien d’autre qu’une activité supplémentaire de l’hydre capitaliste.

Un capitaliste sera toujours un monstre vorace et prédateur qu’il se consacre à des entreprises “légales”, ou bien à celles que l’on appelle “illégales”.

La seule motivation des capitalistes est leur désir insatiable de profits. Ils sont prêts à tout pour de l’argent c’est d’ailleurs pour cela que les rapports entre capitalistes “légaux” et le “crime organisé” sont si étroitement liés.

Nous ne pouvons remettre ni nos vies ni celles de nos êtres chers entre les mains de l’État/Mafia, car ce sont eux les responsables du génocide et des massacres que nous respirons quotidiennement. En tant qu’anarchistes nous menons une guerre contre le pouvoir, contre tout ce qui essaie de conditionner les individus et de les éloigner d’eux-mêmes.

C’est pour cela que nous mettons le feu à toutes leurs cages, que nous sabotons leurs marques commerciales que nous attaquons les symboles de leurs sociétés. Les villes, nous les prenons d’assaut parce que l’urbanisation est le summum de l’enfermement massif, de la privatisation des ressources économiques. Y compris les transports publics sont un symbole qui ne cesse de rappeler au marginalisé qu’il n’est pas le bienvenu dans les grands centres urbains. L’augmentation du prix du métro, le monopole par une seule et même entreprise qui tente d’accaparer tout le marché des transports en commun en ville, imposant son schéma terrestre de transport sont autant de symptômes de la privatisation totale des villes.

En ces temps d’ère technologique, la prison est un lieu banalisé pour tous, c’est pourquoi nous devons inventer des chemins et des voies qui nous aident à vivre en marge, réinventer nos vies chaque jour en nous les réappropriant.

En guerre, jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !
Fernando Bárcenas

Traduit par Amparo et Les trois passants

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Plus d’infos

[Mexique] Journée de lutte en prison: Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas, Abraham Cortés et Miguel Betanzos

Posted in Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 3 octobre 2016 by liberonsles

Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim.
Miguel Peralta Betanzos entame un jeûne.

grevemxtous

Depuis le 28 septembre les compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortes, détenus à la prison préventive Nord, Luis Fernando Sotelo, détenu à la prison préventive Sud de la ville de Mexico et Miguel Peralta Betanzos dans la prison de Cuicatlán de l’état de Oaxaca ont débuté une journée de lutte anti-carcérale depuis l’intérieur de la prison.

Les trois compagnons à Mexico se sont déclarés en grève de la faim, alors que Miguel lui, entamera un jeûne.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué signé par notre compagnon anarchiste Fernando Bárcenas et Abraham Cortés.

28 septembre 2016

Aux compagnon-ne-s rebelles

Aux peuples et communautés sur le pied de guerre

Aux esclaves émancipé-e-s

A ceux et celles qui se sentent concerné-e-s par ses positions et ces paroles…

Pour une libération totale, nous déclarons aujourd’hui une grève de la faim indéfinie comme acte d’autodétermination et d’incitation à la révolte généralisée. Parce que tout simplement, nous ne pouvons plus continuer à assister jour après jour, au génocide de nos communautés et de nos peuples.

Il existe dans cette société une réalité occulte ; la démocratie est un coup d’état qui n’embusque pas ses tanks dans les lézardes mais les remplace par des caméras de télévision et des micros de journalistes. La démocratie gouverne par le pouvoir de sa propagande et c’est pour cela que nous soutenons que la démocratie est la technique et la science qu’utilise le pouvoir pour qu’elle ne soit pas perçue comme une oppression, le capitalisme en est le chef et la démocratie son attaché de presse.

C’est pour cette raison que nous ne nous adressons ni aux médias ni aux classes dominantes, nous parlons et nous nous adressons à nos compagnon-ne-s de l’immense bagne appelé Terre, à ceux qui comme nous, sont les fils de la guerre dû au simple fait qu’ils sont nés dépourvus de tout.

Mais ces paroles n’ont aucune intention d’instrumentaliser leurs forces rebelles et encore moins de les unifier sous un quelconque drapeau, mais bien plutôt d’ouvrir un lien de communication, un espace de syntonie de luttes et de tout ce qui peut émerger de toutes parts comme contestation et actes d’auto-détermination.

Il nous semble et dans notre perspective, que là où il y a autorité la prison existe et c’est pour cette raison que la prison est bien plus qu’une simple structure physique qui s’impose à nous par l’image des murs et des barbelés. La prison, de notre point de vue est constituée par la société toute entière alors que les prisons physiques ne sont qu’une expression concrète de l’isolement social qui nourrit et légitime le pouvoir.

L’urbanisme (par exemple) est la représentation même de l’emprisonnement massif ou, ce qui revient au même, de la fortification de l’espace urbain qui s’accompagne de l’extermination des classes populaires les plus marginalisées et qui se présente aujourd’hui comme partie intégrante de la phase ultime géo-historique du capitalisme techno-industriel. (Ultime effort de restructuration dans cette étape de crise durant laquelle, la seule façon de consolider sa domination est la guerre).

Désormais nous ne pouvons plus croire à leurs mensonges parce que leur «  monde merveilleux » n’existe pas autour de nous ; ils nous traitent de délinquants comme ils ont appelé sauvages les premiers habitants de l’Amérique justifiant ainsi leur génocide ; ce qui se passe quotidiennement dans nos quartiers est une guerre coloniale qui cherche à apaiser l’effervescence révolutionnaire de nos semblables par des tactiques aussi viles que le déversement massif de drogues et d’armes entraînant immanquablement l’arrivée de troupes d’occupation toujours plus nombreuses dans nos quartiers et nos communautés. Tout cela est en relation directe avec l’augmentation de la pauvreté et de la carence éducative et sanitaire dans les communautés et les quartiers populaires. Entraînant comme résultat une hausse de l’indice de criminalité ce qui justifie alors la répression par l’appareil politico-militaire de l’État, la prison devenant un monument au massacre, immense décharge sociale où l’on y élimine tout ce qui déplaît ou dérange le système capitaliste….

Il y a actuellement 226 mille prisonniers dans le pays et bien que les prisons soient surpeuplées, le taux de criminalité ne baisse pas, bien au contraire, il augmente ou reste stable. Par conséquent le problème n’est pas dans les 226 mille personnes détenues mais bien dans la société techno-industrielle qui a besoin de justifier le massacre

La prison est une entreprise qui légitime la guerre contre les pauvres et protège de l’extermination la société basée sur l’accumulation capitaliste.

Et quel est le prétexte pour mener cette intervention de façon masquée ? Il suffit que les quartiers soient dévastés par le crime, les braquages, les vols, les meurtres et les troubles, « les rues ne sont pas sûres », alors les mairies, les conseils municipaux se retrouvent d’accord avec les résidents qui demandent « plus de protection », sans prendre la peine d’analyser le contexte de cette guerre sale.

C’est un fait évident que les victimes du fléau de la drogue sont les responsables des crimes qui ont lieu dans les quartiers, on ne peut nier ce fait. Mais avant de réclamer en sautant de désespoir « plus de protection policière » souvenons-nous plutôt qui a imposé ce fléau dans nos quartiers et communautés. Il vaudrait mieux se souvenir à qui, en dernière instance, sert l’addiction des gens aux drogues ; il vaudrait mieux se souvenir que la police sont des troupes d’occupation envoyées dans nos communautés par la classe dominante, non pas pour protéger la vie des gens pauvres mais bien pour protéger les intérêts et la propriété privée des capitalistes.

La police, les politiciens et les chefs des grandes entreprises sont ravis de voir les jeunes prolétaires être victimes de ce fléau, et cela pour deux raisons, la première parce que le trafic de drogues est une entreprise économiquement rentable, la deuxième est qu’ils se rendent compte que tant qu’ils peuvent maintenir nos jeunes aux coins des rues « charbonnant » pour une dose, ils n’auront pas à s’inquiéter de nous voir livrer une bataille efficace de libération.

La police ne peut résoudre le problème car elle fait partie du problème, pas plus que les institutions du système ne peuvent résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques de la population, parce que ce sont eux qui les fabriquent et s’en nourrissent. La « guerre contre les drogues » n’est rien d’autre qu’une doctrine de contre-révolution chargée de maintenir et renforcer la domination, l’exploitation, l’emprisonnement des classes sociales les plus opprimées du prolétariat.

Nous sommes les seuls à être capables d’éradiquer le fléau de nos communautés et c’est pour cela qu’au lieu de collaborer avec cette société malade et décadente nous avons décidé d’y vivre en marge pour construire un monde de nos propres mains et cela passe nécessairement par l’organisation révolutionnaire du peuple.

Libère un espace, oKupe, arme-toi et prends soin de tes proches.

Plus il y aura d’actes de ce type, fragmentés et désordonnés sans aucun centre, mais faisant référence à mille centres, chacun auto-déterminé, alors ils sera beaucoup plus difficile de les réduire à une formalité et récupérables par le système technologique.

Nous vivons une ère technologique dans laquelle le capitalisme se restructure au travers d’applications technologiques du système de contrôle social et tout cela a modifié le monde de façon déterminante.

La réalité virtuelle de besoins fictifs s’est déjà imposée, les intérêts du prolétariat ont été brisés en mille morceaux et se perdent dans les méandres de la réalité virtuelle. La démocratie elle-même est une de ces réalités virtuelles comme toutes les autres.

Il est évident qu’un système de ce type ne peut être sauvegardé qu’à travers la transmutation des habitants du territoire en agents police du système, aucun autre appareil répressif ne saurait mieux en garantir la défense.

C’est pour cela que l’État/capital technologique/moderne ne peut être détruit sur le territoire que par la montée généralisée de l’insurrection.

La réponse est donc, on ne la trouvera pas dans les théories, mais concrètement dans les exigences et nécessités des exclus du système, les insoumis, enfin dans les lynchages sociaux qui sont les fruits naturels d’une société divisée entre privilégiés d’un côté et asservis de l’autre.

La rébellion aussi est un fait naturel qui ne vient pas d’être découvert par les anarchistes ni les autres révolutionnaires.

Mais cette rébellion n’est pas directement transposable aux vieux programmes et manuels « révolutionnaires » la rébellion de nos jours est atomisée, désordonnée, une fin en soi.

Pour nous, en tant que rebelles sociaux, l’insurrection est un rejet total des idéologies tant qu’elles font partie du système qui nous opprime.

Pourvus de cette méthodologie basée sur la pratique de l’action directe, dans le conflit permanent et l’auto-organisation des luttes, sans acceptation aucune de modérateurs, alors de larges possibilités de débouchés insurrectionnels restent ouvertes.

De ce point de vue, il est clair que l’anarchisme n’est pas une idéologie mais une forme concrète de s’opposer à ce qui existe pour en obtenir sa destruction totale et définitive.

Nous sommes donc pour la révolte permanente, pour l’insurrection généralisée, seule façon de rendre impossible l’émergence d’un pouvoir centralisé.

Nous lançons ce cri de guerre, comme une forme de défense de la lutte des prisonniers étasuniens et par là-même de solidarité avec les compas afro-américains qui comme nous, vivent le génocide de la drogue.

Solidarité avec les peuples et les communautés rebelles

Solidarité totale avec notre compagnon Luis Fernando Sotelo Zambrano.

Pour la libération totale!  Pour la destruction de la société carcérale !

Trois ans après l’enfermement de Abraham Cortés Ávila, le 2 de Octobre 2013.

Fernando Bárcenas.
Abraham Cortés Ávila.

Traduit par Amparo et Les trois passants

Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Miguel Ámiguelflomngel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

Plus d’infos

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€). Plus d’infos

portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico. Plus d’infos

[Ville de Mexico] Luis Fernando Sotelo condamné à 33 ans et 5 mois de prison. Que commence la tempête !

Posted in Campagnes, Communiqués, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta, Ville de Mexico on 21 septembre 2016 by liberonsles

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Luis Fernando Sotelo condamné à 33 ans et 5 mois de prison.
Que commence la tempête !

Ce mardi 20 Septembre, après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€) pour les délit d’attaques aux voix de communication, d’attaques à la paix publique qualifiées et dommages qualifiés.

Cette sentence est le reflet de la politique de répression et de criminalisation de l’État mexicain, en commençant par celle du Chef du Gouvernement Miguel Ángel Mancera* qui prétend condamner notre compagnon sans aucune preuve en lui assignant une peine ridicule et démesurée.

Face à sa politique de terreur nous lui disons que nous n’avons pas peur, que ses sentences s’effondreront parce que nous avons la raison et l’organisation de notre côté.

Aujourd’hui nous réaffirmons et nous renforçons notre solidarité avec notre compagnon, qu’ils sachent qu’il n’est pas seul, nous marcherons et nous lutterons jusqu’à faire s’écrouler les murs de leurs prisons, nous lutterons inlassablement jusqu’à ce nous soyons tous et toutes libres !

Que notre rage ne fasse qu’une, que le vent souffle, que commence la tempête !

Campagne Luis Fernando Libre.

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* Miguel Ángel Mancera est le chef du gouvernement de la ville de Mexico.

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

Voir : Dernière Lettre envoyée par Fernando Sotelo depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico (lettre publique)

[Mexique] À bas la prison ! Bulletin irrégulier – Septembre 2016

Posted in Archives, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 21 septembre 2016 by liberonsles

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À bas la prison !  Bulletin irrégulier – Septembre  2016

Rappel

À deux ans des mobilisations en solidarité avec les étudiants disparus d’Ayotzinapa, Guerrero, on se souvient aussi des compagnons qui se trouvent actuellement en prison pour le simple fait d’avoir manifesté et mené des actions dans la rue pour la présentation en vie des étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Cela fait deux ans de manifestations, actions, piquets de protestation et pour quelques compagnons, il s’agit aussi de deux ans d’incarcération. Le gouvernemet, lui, n’a répondu que par le silence, la mascarade, la répression et la manipulation de la loi et ses médias au détriment des personnes arrêtées.

ferzamÀ ce jour, un compagnon se trouve derrière les barreaux Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

controlDepuis 2012, le gouvernement de Mexico a approuvé et mis en place des mesures qui renforcent la machine du contrôle social : l’installation de plus de 20 mille caméras de surveillance dans toute la ville, la mise en place du Protocole de Contention des Foules, les réformes du code pénal local afin de durcir les peines, la fermeture du zocalo (place centrale) de la capitale pour empêcher l’arrivée de manifestations, l’augmentation toujours plus forte dela présence policière dans les rues, tout ceci n’est qu’une partie de ce contrôle. Le bilan de cette politique, plus de 500 personnes détenues durant différentes manifestations, actions et mobilisations (…)

Dès 2013, le gouvernement mexicain, de concert avec l’investissement privé, a démarré un projet économique permettant la construction et l’administration de prisons. Depuis lors, des sommes millionnaires commencent à concrétiser ce projet carcéral mené par les hommes d’affaires Carlos Slim, Olegario Vázquez Raña, les familles Hank Rhon et Quintana, tous bien déterminés à assurer le bon déroulement de cette affaire… Lire la suite sur :  À bas la prison !  Bulletin irrégulier – Septembre  2016

 – Cliquez sur l’image pour télécharger le  Bulletin –

Bonne lecture à tous et à toutes !

Les trois passants.

bullseptembre__________

♦ Plus d’infos sur la Rubrique : La Guerre du Mexique d’en haut

 ♦ Répression / Prison

[Mexico] Fernando Sotelo bientôt deux ans derrière les barreaux

Posted in Archives, Communiqués, sexta, Ville de Mexico on 20 septembre 2016 by liberonsles

« Chaque argument défendu par le maton pour justifier sa corruption et sa médiocrité, avec des mots « d’ordre social » contre le prisonnier, laisse voir l’incohérence de son éthique. Une éthique promue dans des relations « officielles » entre le maton et le/la prisonnier-e. Avec la capacité d’exploiter les prisonnier-e-s dans un ordre économique qui inclut les déshérités à cette participation. Le truc c’est que s’ils participent, ils le font en jouant le rôle du consommateur moderne – tel un spectateur - et le spectacle se joue sur la même scène que celle où agit le gouvernement « comme il se doit », « justement », « normalement » sur demande de la société ou, au mieux, en veillant aux intérêts de celle-ci. »

– Luis Fernando Sotelo –

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Le 10 novembre 2014, le juge lui a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations.

libertad-yaaaDernière Lettre envoyée par Fernando Sotelo depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico (lettre publique)

Bonjour, compagnonnes et compagnons solidaires, aux compagnonnes et compagnons de Caracol Solidario, du Groupe Proudhon, du Resto Trottoir, des Trois passants :

Je m’étais précédemment engagé à vous écrire, il me semble honnête de m’excuser.

L’information que je souhaitais partager avec vous quand je vous ai dit que je vous écrirais concernait la vie quotidienne.

Mais après une punition imposée par les autorités du Conseil Technique Inter-disciplinaire – organe administratif de la prison – et suite à notre contestation (articles dans la presse et recours en révision), ils nous proposent maintenant d’avoir des activités comme du sport, la tenue d’un séminaire de philosophie avec un autre compagnon, le Dr. Felix Hoyo, ou encore la participation à un cinéclub.

Ce qui est en train de se passer est ce qui se passe au niveau de beaucoup de processus d’organisations et de luttes : l’autorité en place essaie de réduire les autonomies.

Je pense qu’avec deux compagnons je pourrais réaliser certains projets. Et cela bien que les autorités nous surveillent particulièrement et nous traitent différemment de la majorité de la population (carcérale). Mais nous voyons que le problème est l’imposition – de quoi ? D’une exploitation subie. La corruption de la loi et de l’ordre est soutenue par les structures même du pouvoir en place.

Nous, avec nos petits efforts, nous avons dû commencer par ne pas oublier. Lire la suite

[MEXICO] Fernando Bárcenas Castillo appelle à se solidariser avec les prisonnier-e-s qui vont commencer une grève de la faim aux États-Unis le 9 septembre 2016.

Posted in Actions, Archives, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 6 septembre 2016 by liberonsles

Depuis la Prison Nord de la ville de Mexico

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Le compagnon anarchiste Fernando Bárcenas Castillo appelle à se solidariser avec les prisonnier-e-s qui vont commencer une grève de la faim aux États-Unis le 9 septembre 2016.

Lettre ouverte aux compagnon-ne-s

Note : L’utilisation du mot prison dans ce texte, se réfère à tout les endroits artificiels dans lesquels on nous domestique pour nous insérer de force dans le système de production capitaliste. C’est une contribution pour approfondir la réflexion de tous les être vivants aux mains des puissances économiques et du projet technologique…

Compas, je vous salue d’un amour insurrectionnel pour vous faire parvenir ces paroles de guerre, tout en saluant aussi les jours de l’insurrection qui vient, parce que les idées fleurissent dans les champs comme les fleurs que nous ne devons pas arrêter de cultiver…

Nous ne savons pas si la victoire existera, mais ce que nous savons c’est qu’ils n’occuperont pas nos rêves et nos vies…

Le seul vrai moment de liberté c’est lorsque nous nous battons pour la liberté, parce que nous préférons mourir plutôt que d’accepter cette façon de vivre. Sans nous en rendre compte, nous sommes déjà libres, parce que rien n’occupe nos têtes sinon le seul désir d’incendier la réalité…

Mais qu’est qui se cache derrière la guerre destructrice, derrière la sombre obscurité de l’esprit humain ? Ne serait-ce pas le reflet et la manifestation poétique d’êtres se réappropriant leurs vies et influençant de manière active l’organisation de la vie quotidienne ?

Si chaque individu se vantait d’être “libre”, il se rendrait compte de sa condition, ce serait le début de la dernière guerre, notre dernière opportunité.

J’ai appris que c’est au cours de la vie quotidienne des peuples que les postulats d’une force réelle se concrétisent, capable de s’opposer et de nier le capitalisme.

Ceux sont de simples articulations d’idées et d’actions. Nous ne voulons pas être attirants pour les masses modernes consommatrices, c’est pour cela que je crois qu’il peut exister une forme réelle d’auto-organisation uniquement entre les gens les plus mal-traités et marginalisés, ceux qui vivent quotidiennement en guerre mus par l’instinct et le sentiment, plus que par la raison…

Puisqu’une conscience vierge est plus sauvage et n’est pas tant manipulée par les systèmes éducatifs, elle est toujours plus propice à prendre une orientation anarchique…

Comme son instinct lui en donne l’intuition, ils se sentent poussé-e-s vers la désobéissance. Il faut seulement provoquer « l’étincelle » qui allumera l’incendie…

Mais généralement, pour faire réfléchir, un prisonnier-e, par exemple, nous nous trouvons dans la situation que les simples paroles ne suffisent pas parce que c’est quelqu’un-e qui vit quotidiennement la guerre et qui connaît les scénarios, même beaucoup mieux que nous et cela n’arrive pas par des paroles, sinon par des actions et des attitudes réelles, cohérentes avec ce que nous pensons et ce que nous disons. Lire la suite

[Oaxaca] Lutte communautaire et répression politique à Eloxochitlán de Flores Magón, le cas de Miguel Betanzos ( Télécharger librement ce livre )

Posted in Archives, compas anarquistas, Oaxaca on 22 août 2016 by liberonsles

MiguelPeraltaFanzineWeb

Cliquez sur l’image pour télécharger le livre en français

Traduction collective

Ce bulletin a pour but de diffuser l’un des cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, il a été réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonnier.e.s Anarchistes, qui a eu lieu du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée. Ce bulletin a été créé sans aucun but lucratif. Nous encourageons toute forme de solidarité envers nos compagnons et compagnonnes prisonnier.e.s.

Miguel Ámiguelflomngel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux. Plus d’infos

Vous pouvez reproduire totalement ou partiellement ce bulletin.

Répands et étends librement ces idées.

Solidarité et camaraderie avec nos compagnon-n-e-s prisonnier.e.s

À bas les murs des prisons !

Destruction de la société carcérale !

Bonne lecture !

 Les trois passants

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Voix depuis la prison :

Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca

[Ville de Mexico] Présentation du collectif de prisonnier-e-s « CIMARRON »

Posted in événements, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 10 août 2016 by liberonsles

dibujofer

Texte lu lors de la rencontre Anti-carcérale du Bajío – Mexique.

Juillet 2016

Caché dans ce qui aujourd’hui est un semblant de campement (une loge), je me connecte à ce dialogue intime par lequel j’approfondis mon essence et c’est précisément ce moyen par lequel je peux dénuder mon âme et l’offrir, au moins tant que je me trouve dans cet endroit… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne peux être prisonnier de mes émotions si je veux pouvoir survivre… je reste vivant et en alerte, parce qu’il suffit d’une étincelle pour que la vie s’achève lorsque tu vis entassé, supportant une routine incessante de jours, semaines, mois, années et pour certains plus malheureux que moi : de décennies… Le conflit est inévitable. Il est évident que nous tous reclus ici, nous sommes une bombe à retardement… Tu ne peux jamais savoir quand explosera une de ces bombes et d’une certaine façon cette sensation d’agressivité ne me déplaît pas ; ce qui me déplaît c’est la résignation de la grande majorité ; parce que cela signifie renoncer à attaquer les puissants et si nous renonçons à les attaquer alors nous nous attaquerons entre nous…

C’est ce qui me bouleverse parce que dans certaines situations nous devons aussi maltraiter des enfants du peuple…je suis conscient que chaque fois que je sors de cette cellule, c’est l’instinct sauvage qui me guide pour me conduire comme n’importe quel bête sauvage le ferait ; avec son intelligence, son instinct et sa force physique… C’est ainsi que peu à peu je me gagne la sympathie des autres animaux, non pas pour mon argent ni mes relations ou mes influences, mais par ma détermination à ne permettre à personne de s’approprier mon existence, et de vivre toujours en marge des rapports de pouvoir… Dans un endroit comme celui-ci, quelqu’un de marginal comme moi n’a d’autre moyen que ses bras et son cerveau soutenus par son courage et la rage de l’instinct de préservation pour faire respecter ses opinions, ses idées… La vérité c’est que j’ai toujours des envies que tout explose, que j’imagine les maton-e-s , les honnêtes citoyens et leurs institutions de représentation brûlant dans les flammes… Si j’ai appris quelque chose tout au long de ce projet d’insurrection de mes idées c’est de valoriser cette sensation qui consiste à garder le contrôle sur ma vie ; une sensation que j’expérimente très souvent lorsque je me confronte au maton, lorsque je décide de ne pas être victime du système et que je retrouve ma dignité en rendant le coup de poing dans la gueule, à l’estomac, parce que cela constitue en soi un acte de guerre qui rappelle celui des animaux en cage, du compagnon bastonné, du prisonnier réduit à moins que rien, des pauvres et de tous les marginalisés du monde qui ont posé le pied dans les entrailles de la prison, tous ces être formidables qui résistent quotidiennement aux ravages de la guerre contre l’humanité et la nature, menée par l’économie globale dans les états du monde et qui de par leur politique ont condamné à mort la planète sur laquelle nous vivons.

C’est dans ce contexte que l’individualisme d’un rebelle solitaire se transforme en organisation ; car souvent il suffit juste d’impulser une légère expression de désobéissance pour contaminer les autres êtres qui se savent eux aussi humiliés, piétinés, c’est ainsi que petit à petit des actes spontanés de résistance quotidienne se reproduisent (le refus des contrôles, les agressions contre les gardiens, les insubordinations collectives, les grèves de la faim etc.) et bien que nombre d’entre elles ont été étouffées sur le champ et que nombre de ceux qui ont participé en tant que coordination informelle des prisonniers en résistance (CIPRE) ont choisi de négocier et d’obtenir certaines commodités, on ne peut ignorer que ces faits n’existaient pratiquement plus dans les prisons au moins dans la dernière décennie, surtout depuis la prolifération de ceux qu’ici nous appelons « les mules » ou « prisonniers au service des autorités ».

Cependant, depuis ces actions qui ont agité l’intérieur de la prison pendant quelques mois, un petit groupe de personnes s’est formé, qu’ils ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón »… cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale…

Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination….

Jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

– Fernando Barcenas –

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liberanLe compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets à l’intérieur de la prison Nord de la Ville de Mexico où il est incarcéré depuis le 13 décembre 2013. Il a créé des ateliers d’écriture, de réflexion, de musique; avec d’autres prisonniers et prisonnières écrit et diffuse le journal anticarcéral Indépendant et de combat « El Canero »; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Traduction Amparo et les trois passants / correction Myriam

Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

[Mexico] Réflexions sur le journal « El Canero » : Fernando Barcenas + télécharger le journal n°4 (en ligne)

Posted in compas anarquistas, Journal indépendant de combat « El Canero », prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 30 juin 2016 by liberonsles

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Réflexions sur le journal « El Canero » par Fernando Barcenas

Prison Nord de la ville de Mexico, juin 2016

Le projet « El Canero » est né durant les heures d’ennui, de partage de discussions et réflexions dans les cellules d’isolement, dans la zone 3 du module d’entrée, en observant la routine et comprenant que nous devons toujours recommencer depuis le début ; c’est ainsi qu’a surgi la nécessité de redonner du sens.

Que signifiait réellement lutter contre la domination et l’état ?

Est-ce que croire aveuglément dans mes idées avait encore réellement un sens ?

Bien des questions se bousculaient dans ma tête et j’ai compris alors que je devais trouver une forme pour ne pas me retrouver en proie à l’angoisse et au désespoir…

J’ai d’abord commencé par écrire pour débuter un dialogue avec moi-même et ensuite, lorsque j’ai conçu la façon de matérialiser ma liberté intérieure, je l’ai alors utilisée comme lieu d’introspection depuis celui où je me trouvais avec mes bourreaux, de mes prisons subjectives, de mes attitudes autoritaires et de soumission, un lieu où je n’avais de sens qu’en me cherchant moi-même et qui a en effet fonctionné comme un outil pour reprendre confiance dans mon individualité unique et libre.

Par la suite, sont venues les questions.

Est-ce que cela avait un sens de n’écrire que pour soi ?

De quoi avait-on besoin pour briser les barrières de l’isolement.

Les réponses infinies à de tels questionnements m’ont conduit à une seule réponse : Écrire !

Si la liberté est aussi indispensable, aussi appréciée que la vie elle-même, à un point tel que nous serions capables de donner notre vie plutôt que de la soumettre à l’esclavage et aux chaînes ; alors pourquoi ne pas se battre pour l’étendre et faire en sorte que d’autres puissent expérimenter ici et maintenant la sensation de liberté et de plénitude qu’elle nous procure et qui parcourt notre corps chaque fois que nous nous échappons du périmètre légal, de la norme sociale ?

Nous sommes acteurs de la révolte et pour chacun des actes décidés, nous nous assumons comme des êtres capables de nous autodéterminer, de nous réapproprier nos vies et d’avancer de façon cohérente vers l’expérimentation et la création de nouvelles formes de rapports sans pour autant nous transformer en institutions sociales. C’est pour cela qu’à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons physiques nous devons réfléchir et nous interroger : sommes-nous satisfaits de vivre soumis à de telles conditions ? Avons-nous envie de détruire la réalité ou voulons-nous seulement la transformer ? Mais surtout nous devons savoir si ce choix, c’est bien nous qui le faisons, si c’est bien le nôtre.

FERNANDO BARCENAS
Prison Nord de la ville de Mexico

Le journal El Canero, c’est quoi ?

+ d’infos / Le Canero n° 4 – Pour télécharger le journal, cliquez ici

+ D’infos sur Fernando Barcenas

Lettre lue et envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Toulouse par les trois passants avec le soutien de la Chapelle, de l’atelier Fandango Mano y Vuelta et de copines et copains solidaires.

Traduit par Amparo et les trois passants / correction Val

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnier-e-s qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

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[Mexico] Voix depuis la prison : Extraits du journal anti-carcéral « El Canero n°4 »

Posted in Uncategorized on 30 juin 2016 by liberonsles

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Extrait de l’article « La prison: centre d’intoxication » rédigé par l’équipe médicale solidaire de la CIPRE – Coordination Informelle des Prisonnier.e.s en Résistance, Ville de Mexico, Canero N° 4

C’est en prison que les délinquants se créent, et cela va des prisonniers aliénés au directeur, aux matons et aux autorités.

Les statistiques officielles récentes signalent l’existence de 420 prisons au Mexique où cohabitent 242 000 prisonniers dans un espace prévu pour en accueillir 190 000. Dans ces conditions, les prisons sont des lieux propices à la contagion criminologique. Plus de la moitié de la population carcérale est constituée d’individus qui purgent des peines inférieures à 3 ans pour délits non graves ni violents, mais ils ont bien « mérité la réponse plus « contondante » et ferme de la part de l’État Mexicain, la prison ».

Au Mexique, le code pénal se sert de la prison de façon intensive et irrationnelle. Unique endroit au monde où 95% des infractions prévoient la prison comme forme de sanction. Dans les faits, la présomption d’innocence n’existe pas ni d’autres sanctions alternatives à l’incarcération…

Selon les statistiques de 2013, 220 des 420 prisons se trouvent en situation de surpopulation. Les prisons les plus surpeuplées se trouvent dans l’État de Nayarit avec un taux de surpopulation de 188%, la Ville de Mexico avec 184% et celle de Jalisco avec 176%.

Dans la Ville de Mexico les prisons dépassent les taux de surpopulation pour plus de 200% :

-Prison Oriente avec 274.17%
-Prison Norte avec 250.85%
-Prison Sur avec 217.85%

Cependant dans la prison de Tepeaca dans l’État de Puebla, la surpopulation atteint le taux de 400% dans un espace pour 46 266 prisonniers.

58,8% des prisonniers ont des condamnations inférieures à 3 ans. En janvier 2013, on comptait un total de 101 224 prisonniers sans condamnation, en attente d’un procès, dans la majorité des cas en raison du manque de ressources économiques pour couvrir les frais nécessaires pour avoir une défense adequate. Autrement dit, la capacité répressive de l’État se déchaîne envers les couches les plus défavorisées…

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carcel5Les couloirs de la ville défectueuse

Par Tonatiuh
Depuis la prison Nord de Mexico
« Reclu Norte » (Canero n°4)

Les couloirs de la ville défectueuse; l’un des couloirs parmi les plus dangereux et effrayants que tu puisses imaginer.

Tu peux tomber sur toutes sortes de surprises; observer l’entrée et la sortie d’objets pointus et tranchants arrachant la vie des corps humains ; rencontrer des gens qui doivent survivre dans la jungle de murs ; voir des « Chineandolos » : étranglements, serrant le cou par derrière, obstruant le passage d’oxygène au cerveau, perdant connaissance, pour enfin tomber par terre à cause des convulsions et devenir ainsi une proie facile à voler par les prédateurs; se battre à cause d’un simple frottement ou d’un coup de pouce reçu au milieu de la surpopulation carcérale, et tout ça, sans compter tous ceux qui ont perdu la vie en raison d’un vol insignifiant, des tennis, par exemple, ou de trucs du « Barco » : des aliments ou des choses sans aucune valeur que les visites apportent aux détenus.

Il y a des tas de façons de survivre dans « el kilometro » la taule : en vendant « rancho » de la bouffe, des médicaments, des produits comestibles, des vêtements, des chaussures, du pain, des livres, des clés USB, des enceintes, des appareils électriques, des matelas, des couvertures, même du viagra…

On dirait un couloir du quartier d’Indios Verdes ou Pantitlan ; une cour de n’importe quelle station de bus, de n’importe quelle cité à Tlatelolco, ou à l’institut polytechnique national IPN, ou bien l’architecture de n’importe quelle école.

Ce sont les couloirs de cette ville défectueuse et quand on transite par la taule « el kilometro » on doit faire face à toutes ces adversités, en faisant semblant, en prenant l’image de chacal « gandalla » pour pouvoir se défendre de toute sorte d’adversité.

Mais nous sommes prudents pour ne pas tomber dans le jeu des autres, pour ne pas devenir une proie de la corruption des matons, pour ne pas arriver à la punition, perdre ses dents, se faire poignarder ou perdre la vie; pour pouvoir sortir de cette petite ville où t’apprends à voler à grande échelle, à extorquer, à séquestrer, à mentir…

Ce sont les prisons de la ville de Mexico; l’image et le reflet des villes urbaines.

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Depuis L’enfer…CARCELMX

Par Ivan Rodriguez Tamayo
Depuis la Prison Nord
« Reclu Norte » (Canero n°4)

Imaginez seulement la scène, une chambre de 4m x 4m, occupée par 12 individus qui avec toute la force de leurs coeurs et le peu qui reste de l’âme, se limitent à se regarder les uns les autres avec respect mais toujours en se méfiant ; peu importe combien de temps ça fait qu’ils se connaissent ils ne pourront jamais savoir véritablement ce que pense l’un de l’autre, énigmes dans les ténèbres qui rôdent dans les couloirs obscurs ; mensonge, amertume, jalousie, anxiété, peur, rancune, tristesse, insécurité, faim, froid, honte, solitude, adrénaline, colère, luxure, désespoir, orgueil, inégalité, abus, maltraitance, fatigue et surtout, douleur, beaucoup de douleur, de vide, ce sont quelques sentiments qui régnaient et gouvernaient cet endroit…

Ma maison depuis le 5 septembre 2009, je me souviens de la façon dont je suis arrivé ici, en réalité, j’avais mis du temps à arriver, mais quand ce fut mon tour, simplement je n’ai rien pu faire pour l’empêcher en touchant ainsi les portes de cet enfer…

Mes actions, mensonges, toxicomanie, jalousie, manque de confiance, peur, m’ont amené ici, dans un clin d’oeil j’ai atterri là, dans un monde nouveau avec ses propres règles, protocoles, systèmes d’organisation, totalement méconnus pour moi, un tunnel obscur où tes propres peurs et démons créent leurs propres histoires, l’imagination et le mythe urbain construisent maintenant ton chemin…

Les murmures depuis l’obscurité t’appellent, te guident ou simplement te parlent, règles qui cassent, accords qui finissent en trahison, un cercle vicieux de magouilles de tricheries que simplement commencent à nouveau, doutes, questions : Qu’arrivera-t-il demain ? Qu’est ce qui va suivre ?…

A la fin de tout, il s’agit d’un chemin sans retour qui recommence et t’enferme dans un endroit éternel, un abîme qui te regarde et toi, tu te demandes comme d’habitude, la même chose, pourquoi je suis là ? Quand est-ce que je partirai ?…

Et quand la nuit tombe, le père chronos continue d’avancer.

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Voix depuis la prison Nord de la Ville de Mexico (Canero n°4) + D’INFO

Traductions: Amparo, Les trois passants / corrections: Val, Valérie et Myriam

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[Oaxaca] Qu’est-ce que c’est le temps, en prison : Miguel Betanzos

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 30 juin 2016 by liberonsles

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux.

tempsbet

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos
Depuis la Cellule 2 couloir C
Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Qu’est-ce que c’est le temps, quand, en prison, on en a trop ?
On danse avec l’ombre, on joue avec nos rêves et on rit
On marche sur la voute céleste
On pleure en silence
On est parfois morts en vie
On chante et on se révèle face à leurs murs et à leurs barreaux
On se nourrit des déchets que jette la société ; on les recycle
On aiguise nos sens.
On détruit tous les jours ce qui est en place, on dés-arme la réalité.
On s’énerve contre nos pensées et nos camarades, (mais) pas tous les jours
On marche sur la corde fragile du châtiment, on dessine des visages avec les nuages,
On s’efforce de rendre les jours plus légers et, par nécessité,
On regarde toujours le ciel, mais aussi là où on met les pieds,
On entend des voix, on discute avec elles et on aperçoit des visages dans l’obscurité
On apprécie le vol des oiseaux, on aime la vie, on se trouve toujours dans la salle d’attente,
D’attente de Justice, d’une visite ou de liberté ? Qui sait ?
On se languit des personnes que l’on aime, on y pense,
On s’endort avec la lune et on tombe amoureux de la liberté en attendant une nouvelle aube
Lutter, endurer, résister,
Saluts fraternels à ceux et celles qui se sont solidarisés cette année.

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11 lettres anti – carcérales
Le silence dans l’obscurité chante et danse la musique de
la liberté à tous les incarcérés…
L’eau coule,  se gonfle et excite les grillons
qui se préparent à la révolte.
Les oiseaux dans leurs cages sortent de leur léthargie et
cessent de siffler pour toujours…
Le silence s’est rompu
Le bruit, la rage et la colère deviennent complices des sentiments
et prononcent lentement la sentence de l’écroulement de la pensée.

Miguel Peralta Betanzos

Traductions Marion et Amparo / correction Val

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MIGUELFANZINFanzine à télécharger en français :

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Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, 

+ D’Infos

miguelperaltaBULLETIN D’INFORMATION  (pour l’instant en espagnol / en cours de traduction) – cliquez sur l’image

Télécharger un des bulletins concernant les cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonni@s Anarchistes, du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée.

À lire également : [Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón (contexte)

Amour pour la liberté: Fernando Barcenas

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 juin 2016 by liberonsles

Ecrits de prison

Liberté Totale

Compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

– Fernando Barcenas –

fanferdernier8cliquez sur l’image pour télecharger le fanzine

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À lire également

canero-04_3Le journal El Canero, c’est quoi ?

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

 

[Toulouse] Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Expo/Concert)

Posted in Actions, événements, Chiapas, compas anarquistas, Loxichas, Oaxaca, sexta, Ville de Mexico on 22 mai 2016 by liberonsles

Eventotoulousetroispass2016defPhotos envoyées aux prisonnier-e-s accompagnées de lettres de soutien

CHAPELLEtroisdefPour télécharger le flyer cliquez ici

Nous vous invitons à une journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Expo / Projections / Concert…)

Venez nombreuses et nombreux soutenir nos compagnons en lutte qui résistent et se battent contre le système pénitentiaire, l’isolement, le mépris et l’oubli, depuis les geôles de la ville de Mexico, d’Oaxaca et du Chiapas ! Lire la suite

Toulouse : présentation du journal anti-carcéral de combat « El Canero N°4 »

Posted in Archives, événements, compas anarquistas on 13 mai 2016 by liberonsles

terranovadefFlyer

Nous vous invitons à la présentation du journal anti-carcéral, indépendant et de combat « El Canero N°4 » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.

Vendredi 20 mai 2016 à 19h
À LA LIBRAIRIE TERRA NOVA
18 rue Gambetta – 31000 Toulouse
Métro Capitole ou Esquirol

♦  La prison au Mexique, contexte général, la prison Nord et la naissance du journal anti-carcéral « El Canero » .

♦ Table de presse : Brochures, fanzines, autocollants, cartes postales …

♦ Projection de la vidéo de Fernando Barcenas : « Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero ».

♦ Diffusion des journaux N°3 et N°4 en français. Lire la suite

Cela fait 17 ans qu’Alejandro Diaz Santiz est emprisonné dans les geôles du Chiapas.

Posted in Archives, Chiapas, sexta on 12 mai 2016 by liberonsles

comatitlan

Ce 11 mai 2016, cela fera 17 ans qu’Alejandro Diaz Santiz est emprisonné dans les geôles du Chiapas.

Un an de plus qu’Alejandro passe en prison, à ce jour, il se trouve à la prison de sécurité maximale CEFERESO de Villa Comatitlán, Tapachula, Chiapas.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Les solidaires de la voix de l’Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel leur font subir, le manque de suivi médical, les réductions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme parce qu’ils sont indigènes. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus soumis aux mêmes difficultés, tous font face au système carcérale qui tue à petit feu, maladie, maltraitance, mépris, humiliation quotidienne, pour Alejandro tout cela s’est accéléré après son transfert au centre d’extermination de Comatitlan. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte encharnée avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, sous un petit toit servant de salle de réunion, des rencontres avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente.

Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré de la prison de « los llanos » vers une prison de haute sécurité.

Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons ont été déplacés puis à nouveau éparpillés.

Liberté pour Alejandro Díaz Santiz !

Les trois passants

Plus d’infos

Comunicado: Alejandro Diaz Santiz: 17 años de injusta privación de su libertad, par le groupe de soutien aux prisonniers du Chiapas « No Estamos Todxs »

[Mexique – À dix ans] Femmes du cas Atenco : Ni oubli ni pardon ! (+ chronologie)

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 4 mai 2016 by liberonsles

INFO
Contre l’oubli

refairetissuat

Nous insistons : nous ne cédons pas devant les stratégies de l’État, nous continuons la lutte, nous continuons à parier sur une « autre réparation » celle qui reconstruit le tissu social, la confiance, la solidarité, celle qui évoque la mémoire et construit la vérité pour nous celles et ceux qui sommes en bas. Femmes ayant subi la torture sexuelle durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006 à Atenco.

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À 10 ans de la torture sexuelle perpétrée par des agents fédéraux et de l’État mexicain contre 27 femmes, durant les opérations policières réalisées à Texcoco et à San Salvador Atenco, entités apparentant à l’État de Mexico, d’autres cas similaires sortent à la lumière et sont dénoncés, démontrant ainsi que la violation sexuelle est une pratique courante des forces de sécurité mexicaines. En attendant que la Commission Interaméricaine de Droits de l’homme (CIDH) analyse si l’État mexicain est responsable ou non de la torture sexuelle contre 11 des 27 femmes qui ont décidé de dénoncer la torture sexuelle subie durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006, les organisations sociales continuent de documenter de nouvelles violations. (1) Lire la suite

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Miguel Betanzos, après un an de sa détention + BULLETINS D’INFO

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 29 avril 2016 by liberonsles

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres de l’Assemblée d’Eloxochitlán, hommes et femmes, sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. Magón  est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; le journal independant de combat « Regeneración ». Lire la suite

Lettre publique*

Depuis la Cellule 2 couloir C

Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Alors ? Comment ça va ?

Bonjour à tous les compas, c’est une grande satisfaction de savoir qu’il existe dans l’univers des êtres solidaires avec les personnes enfermées, qui partagent expériences, luttes, résistances et qui nous accompagnent pas à pas pour atteindre le sentier de la liberté pleine ou qui la réinventent. A tous ceux qui se sont rassemblés pour développer ces activités, salutations et je vous embrasse fraternellement.

Presqu’un an que je suis enfermé et je suis encore debout grâce à vos encouragements, vous qui connaissez ma situation juridique et les autres à qui je n’ai pas raconté que mes audiences sont régulièrement reportées à des dates ultérieures. Jusqu’à maintenant et depuis le mois de décembre dernier c’est la quatrième fois, pour différents motifs, mais à la fin les prétextes sont toujours les mêmes : manque de pièces et les juges se renvoient la balle. Ces audiences doivent servir à initier le recours pour garanties individuelles (procédure d’amparo) ; si ce n’est pas le cas, alors nous devrons aller au procès avec présentation de preuves. Je sais que le chemin à parcourir sera très long mais je ne renoncerai pas. Il y a quelques jours j’ai appris qu’ils sont sur le point d’émettre d’autres ordres d’appréhension pour d’autres délits, vols et dommages à la propriété d’autrui, pour ceux qui sont déjà enfermés et pour d’autres compagnons de l’assemblée qui ont participé à la lutte pour notre liberté. Ainsi, nous nous rendons compte que ce n’est qu’un artifice supplémentaire de la part de l’Etat pour nous criminaliser en tant que peuples autochtones.

Notre village Nguixó, ce qui signifie « sous les nuages » et qu’en espagnol on appelle Eloxochitlán de Flores, se trouve enclavé dans les montagnes de la Sierra Madre occidentale dans l’Etat de Oaxaca. Nous sommes mazatecos et notre village compte environ huit mille personnes réparties dans dix-huit quartiers. Il existe une organisation communautaire pour élire nos représentants, tout se fait sur la base des décisions prises lors des discussions et des accords durant l’assemblée. Ces deux dernières décennies les femmes et les jeunes ont pris une part importante dans la participation à celle-ci ; nous faisons aussi des travaux collectifs que nous appelons “faena” (corvée, boulot), “tequio”, “mano vuelta” et qui dans notre langue s’appellent xa´mosen. C’est le travail extra (de « enmedio »), celui qui ne rapporte aucun salaire hormis la satisfaction de partager, de mettre en commun et qui est basé sur la réciprocité. Il existe différentes tâches comme le nettoyage des chemins qui délimitent notre territoire avec d’autres villages ; cela se fait tous les ans, l’appel pour ce travail se fait avec une corne ou un coquillage. C’est aussi le cas pour les semailles du maïs, on invite les amis, les compadres, la famille et le travail devient une fête et un rituel de la terre, nous faisons de la même façon pour construire une maison ou pour la réparer. Lire la suite

[Mexico] Voix depuis la prison : Luis Fernando Sotelo

Posted in Archives, événements, Communiqués, Ville de Mexico on 25 avril 2016 by liberonsles

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 Lettre envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Besançon (9 avril 2016)

Depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico ( lettre publique )

Bonjour, compagnones et compagnons solidaires de Caracol Solidario, du Groupe Proudhon, du Resto Trottoir, des trois passants  :

Je m’étais précédemment engagé à vous écrire, il me semble honnête de m’excuser.

L’information que je souhaitais partager avec vous quand je vous ai dit que je vous écrirais concernait la vie quotidienne.

Mais après une punition imposée par les autorités du Conseil Technique Inter-disciplinaire – organe administratif de la prison – et suite à notre contestation (articles dans la presse et recours en révision), ils nous proposent maintenant d’avoir des activités comme du sport, la tenue d’un séminaire de philosophie avec un autre compagnon, le Dr. Felix Hoyo, ou encore la participation à un cinéclub.

Ce qui est en train de se passer est ce qui se passe au niveau de beaucoup de processus d’organisations et de luttes : l’autorité en place essaie de réduire les autonomies.

Je pense qu’avec deux compagnons je pourrais réaliser certains projets. Et cela bien que les autorités nous surveillent particulièrement et nous traitent différemment de la majorité de la population (carcérale). Mais nous voyons que le problème est l’imposition – de quoi ? D’une exploitation subie. La corruption de la loi et de l’ordre est soutenue par les structures même du pouvoir en place.

Nous, avec nos petits efforts, nous avons dû commencer par ne pas oublier.

En effet, bien qu’aujourd’hui ils nous traitent mieux ou simplement avec plus de respect (sachant que les puissants aussi ont peur), nous savons que les « concessions du pouvoir » ne sont que des moqueries pour nos rêves et nos dignités. Lire la suite

Toulouse : Journée anti-carcérale- Convergences et rencontres, jeudi 21 avril 2016

Posted in Actions, Archives, événements, Uncategorized on 19 avril 2016 by liberonsles

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Nous, collectifs, groupes et individus nombreux, avons répondu à l’Appel à « 10 jours d’autodéfense populaire » lancé par la CREA, Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion de Toulouse pour échanger, partager nos luttes et nos experiences et nous rencontrer du 15 au 24 avril 2016.

Le jeudi 21 avril 2016, nous vous invitons à toute une journée de rencontres, échanges, débats, ateliers et projections autour des luttes anti-carcérales.

Au Centre Social Autogéré
58, allées Jean Jaurès
Métro ligne A/B Jean Jaurès,
Toulouse.

Pour voir le Flyer – programme, cliquez ici

Au programme – jeudi 21 avril 2016 :

11h – Projection d’un documentaire sur l’ouverture d’un CRA en Belgique « Point.s de Fissures »

12h – Cantine populaire

13h30 – De la prison à l’HP, animé par le collectif Anti-psy

15h – Atelier : Lutte contre les dominations orales dans les assemblées anti-autoritaires

16h – Projection / débat : Présentation du journal anti-carcéral indépendant de combat « El Canero », luttes prisonnier.e.s Mexique, lecture de lettres (Les Trois Passants)

17h – Ateliers : Soutien aux longues peines et sur l’entraide Solidarité juridique pour les personnes incarcérées (Perce-Pierre et Kamelibre, deux collectifs de Marseille)

19h – Cantine populaire

19h – Émission « Bruits de Tôle » en direct

20h – Présentation du dernier journal de L’Envolée “Ça fait 20 ans …” discussion autour des peines infinies et des peines intérieures, à travers des récits et présentation de loi contre la criminalité organisée (L’Envolée) + Témoignage de vécu en centre de détention ou en centre de rétention (CREA) en présence de Jann Marc Rouillan

22h – CSA – Petit set de LYA, rap – Toulouse Lire la suite

Besançon : Journée de Solidarité

Posted in Actions, Archives, événements, Expo on 19 avril 2016 by liberonsles

Besançon : Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique

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Photos envoyées aux prisonnier-e-s accompagnées de lettres de soutien

France, 9 avril 2016

Salut compagnons. Avant tout, recevez une forte accolade remplie de courage et de rébellion pour chacun d’entre vous. Nous espérons que vous êtes en bonne santé et en pleine forme pour continuer à résister depuis vos tranchées de lutte.

Par ces brèves lignes, nous voulons vous dire que pendant la journée solidaire du 9 avril 2016 organisée dans la ville de Besançon, nos collectifs ont mis en commun leurs forces, rébellions et rages pour permettre lors de cette journée de passer votre message à travers vos lettres envoyées (Fernando Barcenas Castillo, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Miguel Angel Peralta Betanzos); vos paroles ont fait résonance auprès des personnes venues à cette journée qui a commencé à 14 heures et s’est fini à 22 heures. Tout au long de cette journée nous avons informé sur vos diverses luttes et votre contexte actuel à travers la diffusion des fanzines, des brochures, des flyers, où, vos écrits et vos réflexions donnent une idée non seulement de la réalité vécue depuis la prison, mais aussi de votre combat insatiable contre le système pénitentiaire, l’exploitation, l’humiliation, la persécution et le mépris que vous subissez en faisant face quotidiennement, tout comme des milliers de personnes dans le monde.

Nous avons également diffusé et présenté – avec une vidéo – le journal anti-carcéral de combat « el Canero » numéro 3 et 4 traduits en français.

Beaucoup de personnes de tous âges ont assisté à cette rencontre, non seulement pour connaître la lutte qui surgit depuis les tranchées de lutte les plus éloignées : les geôles, mais aussi pour ne pas oublier que la liberté se construit en se battant à vos cotés, avec vous, nos compagnon.e.s prisonnier.e.s.

Compas, nous nous inscrivons, tel que vous le signalez, dans la lutte pour la liberté totale, sans conditions ni négociations possibles.

Courage à vous tous et depuis nos différents espaces de rébellion, nous vous envoyons une forte accolade !

À bas les murs de prisons !

En Solidarité !

Caracol Solidario- Besançon
Le Groupe Proudhon – FA, Besançon
Le Resto Trottoir – Besançon
Les trois passants – Toulouse

[Besançon] Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Première partie)

Posted in Actions, événements, Chiapas, compas anarquistas, Expo, Oaxaca, Ville de Mexico on 18 mars 2016 by liberonsles

Nous vous invitons à toute une journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique

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Le samedi 9 avril 2016
À partir de 14h
À la librairie l’Autodidacte
5 rue Marulaz (Place Marulaz)
Besançon

À partir de 14h, venez découvrir l’Expo – vente des affiches des tableaux exposés au profit des compagnon-e-s incarcéré-e-s.
Exposition de tableaux et d’autels
Table de presse : Fanzines, brochures, autocollants à prix libre

À 19h : Repas Solidaire pour les prisonnier-e-s préparé par le Resto Trottoir

À 20h30 : Projection / débat : La prison au Mexique contexte général, la prison Nord et les conditions générales, naissance du journal anti-carcéral « El Canero » .

Présentation de la vidéo de Fernando Barcenas : «Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero ». Présentation des journaux 3 et 4. Lecture d’une lettre de Fernando Barcenas et de la Croix Noire Anarchiste de Mexico pour présenter ce journal, ainsi que des autres lettres des prisonniers envoyées pour l’occasion.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico. En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s.

Le journal, étant à prix libre, a besoin de votre soutien pour faire plus de tirages et pouvoir continuer à le diffuser.

L’argent recueilli lors de cette journée sera versé à la Croix Noire Anarchiste de Mexico et aux comités locaux de soutien aux prisonniers de la Sexta.

Venez nombreux et nombreuses !

À bas les murs des prisons !

Journée organisée par :

Caracol Solidario- Besançon (http://solidario.free.fr/);
Le Groupe Proudhon – FA, Besançon
(http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/);
Le Resto Trottoir – Besançon (http://restotrottoir.blogspot.fr/);
Les trois passants – Toulouse (https://liberonsles.wordpress.com)

Plus d’infos

Halte à la diffamation et à la persécution de nos compagnon‑e‑s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez.

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 14 mars 2016 by liberonsles

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Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui a été exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968, dans la ville de Mexico. Lors de son arrestation, Mario a été torturé par la police (chocs électriques sur tout le corps, fracture du pied…) et condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison ferme pour attaques à la paix publique. Délits montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste. Peu après minuit, le vendredi 31 octobre 2014, Mario est sorti de la tour médicale de Tetepan où il était incarcéré.

[Extrait du Communiqué de Mario González, mois de mai 2014]
« Beaucoup de gens disent que personne ne peut rien faire contre le gouvernement ni en venir à bout, que mes objectifs sont utopiques et que je ne dois me préoccuper que de moi-même parce ce que si je continue à agir ainsi, je vais rester enfermé ou je vais finir par disparaître ou par mourir. C’est probablement vrai, mais partout où je regarde, je vois la cruelle réalité dans laquelle nous nous trouvons coincés. Les motifs de nous révolter ne manquent pas et les motifs pour être heureux ne manquent pas non plus, je pense que vivre en se révoltant est la seule façon d’être heureux, c’est pourquoi parfois je suis à l’aise malgré les conséquences. C’est le chemin que je veux prendre, parce que pour moi, une petite dose de solidarité, de folie, de joie et de liberté, donne plus de satisfaction qu’une vie pleine de regrets, de tristesse, de lassitude, de résignation . »

Nuria Ramírez était la compagne de Mario González quand il s’est fait arrêté, elle a mené une lutte infatigable pour sa liberté et pour celle d’autres compagnon-e-s anarchistes qui étaient alors incarcéré‑e‑ s dans la ville de Mexico, après la libération des compagnon-e-s, Nuria a poursuivi la lutte sans relâche, et depuis lors, elle est dénoncée, mise à l’index, harcelée et criminalisée en permanence, non seulement par le Gouvernement de la Ville de Mexico mais par les médias de désinformation dominants. Elle et d’autres activistes de la ville sont pris pour cible chaque fois que les autorités cherchent des « ennemis » pour justifier la mise en scène, la violence et la répression qui en découlent. Les campagnes de lynchage médiatique menées par les autorités contre les compagnon-e-s anarchistes n’ont pas cessées, au contraire, elles se durcissent et s’intensifient chaque fois qu’un événement gênant ressurgit.

***

Depuis l’Europe nous exigeons halte à la diffamation et persécution contre nos compagnon-e-s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez. Lire la suite

Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis plusieurs coins du monde

Posted in Communiqués on 24 février 2016 by liberonsles

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Ce n’est pas facile de rester debout, de ne pas me laisser couler, alors je me bats, je boxe pour ne pas tomber, et je veux étudier, lire, m’enrichir, et continuer sur ce chemin.
Je ne perds pas l’espoir. Je vais me battre. Montrer que je ne suis pas un cafard qu’on élimine comme ça.
Kamel, 2014, les Baumettes

Solidarité avec Kamel depuis plusieurs coins du monde :

Il y a plusieurs mois, suite à une rencontre avec le collectif de Kamel, « Le collectif Kamel Libre » un échange sincère autour des conditions en prison et de la survie dans ces centres d’extermination a eu lieu. À ce moment-là, le journal indépendant, anti- carcéral et de combat « El Canero » faisait son apparition en France, dans sa version française, si on peut dire, il venait d’être traduit. La proposition de participer à ce journal a été transmise à Kamel, ce qui a permis la publication de plusieurs de ses écrits dans le Journal « El Canero numéro 4 », cette initiative qui est née depuis les entrailles de la prison Nord de la Ville de Mexico a réussi à voler et un petit échange d’expériences partant du cœur, de la rage et des paroles des compagnon-n-e-s prisonnier-e-s a pu avoir lieu. Fernando Barcenas qui a lancé cette proposition décrit ce journal comme un projet qui contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant des liens de communication entre les prisonniers et l’extérieur. Grâce à ce journal les paroles de Kamel sont arrivées jusqu’au Mexique et aujourd’hui, nous, collectifs signataires de cette lettre, voulons exprimer notre solidarité avec Kamel, sa famille, son collectif et ses ami-e-s, nous voulons vous dire que vous n’êtes pas seuls, que vos pensées, votre rage et votre cœur rebels ont dépassé les frontières géographiques qu’ils s’obstinent à vouloir nous imposer. Lire la suite

[Mexico] Des nouvelles de Fernando Sotelo : interdiction de visites suite au décès d’un compagnon de cellule.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 19 février 2016 by liberonsles

« … À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable. »

– Luis Fernando Sotelo –

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste,a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’atteinte à la paix publique, d’attaques aux voies de communication et dégradations. Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico.  À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Aujourd’hui, 17 février le compañero Luis Fernando Sotelo Zambrano nous a averti que les visites lui avaient été supprimées.

Il avait récemment évoqué la situation dans laquelle se trouvait un autre prisonnier détenu avec lui dans la prison Sud et nous avait fait part de sa préoccupation et de son indignation ; il s’agissait d’un prisonnier assez âgé, qui ne se souvenait pas de nombreuses choses, et avait des pertes de mémoire passagères . Face à cette situation Luis Fernando exprimait la nécessité de transférer cet homme vers un autre endroit dans des conditions adaptées à sa survie, de plus, n’ayant pas de lit, le vieil homme devait dormir par terre, ce qui lui occasionnait de fortes douleurs dans tout le corps. Il y a quelques jours, ce monsieur est décédé. Certains prisonniers disent que le vieil homme a été transféré à la C.O.C (Centre d’Observation et de Classification) et qu’une fois là-bas, les matons l’ont mis à faire la « fajina» ce que son corps n’a pu supporté (La fajina consiste à obliger les prisonniers à faire, entre autres, des exercices physiques exténuants auxquels les prisonniers sont soumis plusieurs fois par jour, la plupart du temps à l’aube, ce pourquoi ils sont rackettés). Lire la suite

[Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 18 février 2016 by liberonsles

L’audience de Miguel est prévue pour le 22 février 2016, cependant si le Juge en charge retarde encore une fois le procès, l’audience sera reportée à plus tard et il faudra à nouveau attendre qu’un Juge fédéral puisse déterminer si le recours d’habeas corpus [Amparo] est applicable ou non.

« Je sais que cette lutte n’a pas été et ne sera pas facile, nous avons trébuché trop souvent, mais nous avons aussi appris à nous relever. Le gouvernement nous a mis face à de nombreux obstacles parce que nous sommes des gens humbles mais nous avons un grand cœur, un esprit inébranlable et une pensée commune ; je dis « nous » parce que je me sens avec vous qui luttez et résistez depuis votre tranchée : notre peuple… J’espère que cette rage, ce courage, cette nécessité que nous soyons bientôt tou-te-s réuni-e-s ne se perdra pas en simples paroles et que, dans les faits, nous continuerons d’exiger la liberté de tous nos compañeros qui sont en prison. »

– Miguel Betanzos –

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation s’est déroulée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire piétinant ainsi le système communautaire basé sur les «  us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón*, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres, hommes et femmes de l’Assemblée d’Eloxochitlán sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Les membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán ont dénoncé publiquement et sans relâche les nombreuses mesures arbitraires que le gouvernement de l’État d’Oaxaca et l’ex-président municipal Manuel Zepeda Cortéz leur ont fait subir. Dans ce sens, Miguel a eu un rôle important, puisqu’il a accompagné, dénoncé et lutté contre les abus de pouvoir commis dans sa communauté. Depuis 5 ans, Zepeda et ses proches exercent le pouvoir avec autoritarisme, utilisant la torture et la répression afin de mieux contrôler le village et détourner les ressources naturelles et économiques appartenant à la commune (pillage des ressources  comme le sable, le gravier et les roches de la rivière) au bénéfice de ses entreprises personnelles et de celles de ses proches. Lire la suite

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero

Posted in Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 18 janvier 2016 by liberonsles

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Télécharger le journal N°3  ici

Le Canero n° 4 est désormais traduit en français. Plusieurs présentations du journal auront lieu à Besançon le 9 avril 2016 et à Toulouse le 21 avril et le 20 mai 2016.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

Fernando est un jeune de 21 ans, étudiant au lycée de Sciences Humaines de Vallejo, travailleur et musicien, accusé d’attaques à la paix publique en bande organisée suite aux manifestations et actions contre l’augmentation des tarifs des transports publics. Il a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir brûlé un arbre de noël publicitaire appartenant à la multinationale Coca Cola. Fernando a ensuite été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Le Canero : une pratique de la solidarité révolutionnaire…

Lire la suite

[Marseille] Emission Passe Muraille

Posted in Archives, Communiqués on 31 décembre 2015 by liberonsles

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Tous les 4e lundi du mois, de 20h à 21h30, sur les ondes de Radio Galère 88.4, l’émission Passe-muraille diffuse points de vue et opinions critiques sur la prison et l’enfermement en relayant les paroles, les expériences, les revendications et les combats des personnes concernées. (Ré)écoutez la dernière émission !

Émission du 28 Décembre 2015

Écouter l’émission

https://soundcloud.com/passe-muraille/cassemuraille28dec2015

Emission du lundi 28 décembre 2015 :
Au sommaire/
- Pétitions des prisonniers et femmes de prisonniers de la région sur les politiques d’aménagement et d’application des peines ;
- Blocages de promenade aux Baumettes en réaction à la suppression d’une des deux promenades quotidiennes, récit par des prisonniers du bâtiment A ;
- Considération autour de la justice patriarcale et de de la violence sexiste autour de l’histoire de Jacqueline Sauvage ;
- Présentation par le collectif « Les trois passants » du journal El Canero, écrit par des prisonniers de la ville de Mexico* ;
- Extraits d’écrits de Courtois qui prenait en otage un tribunal il y a trente ans ; Rendez-vous/ Au tribunal de Marseille le 8 janvier pour soutenir le dernier inculpé de l’incendie du CRA du Canet en 2011 ; brève, musiques et blague…

Rendez-vous pour la prochaine, le lundi 25 janvier 2016, 20h, sur les ondes de Radio Galère 88.4 !
www.radiogalere.org

P.-S.

Pour contribuer à l’émission, prisonnières, prisonniers et leurs proches peuvent laisser un message anonyme sur le répondeur de l’émission au 07.58.74.63.01, nous écrire à « Emission Passe-Muraille chez Radio Galère – 41, rue jobin – 13003 Marseille » ou nous contacter sur Internet à l’adresse passe-muraille@riseup.net

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.
Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal, cliquez ici
Le Canero n° 4  est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

[Mexico] Lettre de Fernando Sotelo : Jusqu’à ce que nous soyons toutes et tous libres !

Posted in Archives, Communiqués, Ville de Mexico on 31 décembre 2015 by liberonsles

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Lettre de Fernando Sotelo : « Jusqu’à ce que nous soyons toutes et tous libres ! »

RECLUSURSalut à toutes et à tous les compagnonnes et compagnons organisé-e-s autour de cette rencontre [mobilisations internationales intitulées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » ] et dans d’autres encore, qui brisent l’imposition de cette « réalité »…Je vous salue avec la joie de savoir que vous lisez ces mots, là-bas dans d’autres endroits lointains où la rébellion s’organise.

À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable.

Chaque argument défendu par le maton, pour justifier sa corruption et sa médiocrité, avec des mots « d’ordre social » contre le prisonnier, laisse voir l’incohérence de son éthique. Une éthique promue dans des relations « officielles » entre le maton et le prisonnier-e. Avec la capacité d’exploiter les prisonnier-e-s dans un ordre économique qui inclut les déshérités à cette participation. Le truc c’est  que s’ils participent, ils le font en jouant le rôle du consommateur moderne- tel un spectateur - et le spectacle se joue sur la même scène que celle où agit le gouvernement  « comme il se doit », « justement », « normalement » sur demande de la société ou, au mieux, en veillant aux intérêts de celle-ci. Lire la suite

[Mexico] Fernando Bárcenas : Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 22 décembre 2015 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.*

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !
En hommage à Ricardo Flores Magón **
Texte de Fernando Bárcenas – Prison Nord de la Ville de Mexico
Novembre 2015

rfm1Bien des idées me viennent à l’esprit, lorsque je pense à la révolution sociale qui eut lieu sur ces terres il y a bien des années ; et comme toujours les lézardes de l’histoire cachent les choses, elles rendent muettes comme toujours les voix les plus libératrices… et il n’est pas fréquent d’avoir une conversation ouverte dans laquelle le germe du patriotisme ne soit pas inoculé ; c’est pour cela que je salue ceux qui s’enthousiasment y compris avec des rêves et des souvenirs, je les salue parce que c’est chez vous, chez nous… que se trouve la réponse…

S’il est vrai qu’ils nous domestiquent quotidiennement dans chacun de nos agissements, il est tout aussi vrai que nous contribuons quotidiennement à ce que cela ne se produise pas.

Leur système ne peut pas tous nous atteindre… et comme cela s’est produit à d’autres époques, aujourd’hui aussi, il existe des rebelles partout dans le monde, dans chaque recoin il existe des personnes disposées à peser sur leur environnement.

Tous les événements s’ils sont accidentels, ne peuvent exister que comme le résultat d’actions et de circonstances précises…

Nous sommes partie intégrante d’une totalité et nos actions quotidiennes sont celles qui déterminent ce qui arrivera dans notre environnement.

Nous en sommes là et c’est de nous que dépend nos destinées. Dans chaque partie du monde quelqu’un conspire et nous nous devons de prendre au sérieux notre action sur la terre puisque chacun des rapports sociaux peut être le début d’une révolte, cela dépend de la façon dont nous nous y prendrons pour forger nos destins… Je pense que bien des personnes soumises à ce système l’ont compris à un moment donné et c’est bien normal parce que les actes anti-sociaux, les conduites agressives, sont des ripostes naturelles à l’imposition de la soumission et à la « discipline ».

Il n’est pas besoin d’être un professionnel, ni un expert pour savoir quand la liberté nous manque, ce bien si profond, si précieux, inexplicable et indéfinissable.

Déclarons la guerre à ce système invisible qui n’existe que dans nos têtes, alors chaque obstacle, chaque acte, chaque rapport social casse les paradigmes les plus parfaits érigés sur la famine et la misère, la perte de nous mêmes et ne nous laisse plus que la haine, la rancune et la rage envers nos despotes.

Démontrons-leur de quoi nous sommes capables nous qui n’avons plus rien à perdre … en s’attaquant à leur structure idéologique..

En anéantissant leurs valeurs morales et juridiques… en agissant envers les nôtres afin de contribuer à ce que de plus en plus de personnes libérées fassent l’expérience de la révolte dans leur propre chair, pousser par leurs frères qui se rebellent et mettent en évidence la faiblesse du système, de combien il est facile et jubilatoire de vivre sans chaînes, sans ce maudit embrigadement de la pensée…

C’est pourquoi je pense que cette date, bien plus que de nous rappeler l’anniversaire de la mort d’un personnage, doit bien plus nous inciter à l’action, à la réflexion de ce que nous sommes aujourd’hui et comment nous contribuerons aujourd’hui à affronter ce qui se présente à nous, nous sommes les acteurs de cette guerre contre l’imposition du totalitarisme.

Hommage à Ricardo Flores Magón et à la trajectoire de lutte du Parti Libéral…

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

C’est pourquoi nous qui sommes ce qui reste de cette résistance, nous devons nous battre à nouveau pour freiner ce massacre économique.

Il n’y a déjà plus aucun futur pour ce monde !

Destruction de la société carcérale !

Solidarité avec tous les prisonniers humains et non humains qui souffrent des conséquences du capitalisme impérialiste.

Fernando Bárcenas

20 Novembre 2015

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s.  Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal  cliquez ici    Le Canero n° 4 est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

**Du 18 au 21 novembre 2015, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres ont eu lieu au Mexique. Fernando Bárcenas  a écrit cette lettre en hommage à Ricardo Flores Magón.

Magón  est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; « Regeneración » Lire la suite

Traduction Amparo/ les trois passants / correction Val

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

« Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres »

Posted in Archives, Chiapas, Communiqués, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico on 18 décembre 2015 by liberonsles

jorntsl

À México, Oaxaca, Chiapas, Aguascalientes et dans d’autres endroits du Mexique, un appel a été lancé par les collectifs de soutien, les familles de prisonniers et de prisonnières, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité, le groupe de travail Nous ne sommes pas tous et toutes là, la Voix des Zapotèques Xiches en prison, Collectif de soutien pour la liberté de Fernando Sotelo parmi d’autres, à se coordonner du 6 au 13 décembre autour des journées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » cette journée s’est étendue au niveau international, certains collectifs solidaires dans l’État Espagnol et en France se sont fait l’écho de cette mobilisation.

À Paris, le 11 décembre, une rencontre avec les compagnonnes du journal anti-carcéral de l’Envolée a eu lieu pour présenter le journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique et ailleurs, proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico depuis le 13 décembre 2013. Pendant la rencontre nous avons parlé du système pénitencier ici et là-bas, raconté brièvement la naissance de l’Envolée, la survie, la résistance et la désobéissance en prison, l’intérêt de tisser des liens entre nos luttes et de continuer à faire passer le message de résistance depuis la plus lointaine des tranchées et depuis les entrailles de la prison. Nous n’oublions pas les compagnon-ne-s qui se trouvent derrière les barreaux ici en France et au Mexique.

Voici quelques histoires de luttes évoquées pendant ces journées de solidarité : Lire la suite

[Paris] Présentation du journal anti-carcéral méxicain: El Canero

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas on 26 novembre 2015 by liberonsles

Nous vous invitons à la deuxième présentation du journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.
Avec la participation du journal anti-carcéral « L’Envolée » qui présentera son dernier numéro.

caneroflyerpublico
Le vendredi 11 décembre 2015 à 19h30
à la Librairie Publico
145, rue Amelot, 75011 Paris
Métro : République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire

* Projection de la vidéo : Jeunes et rebelles, présentation du journal « El Canero »
* Présentation et diffusion du journal original en espagnol et sa version française
* Lecture d’une lettre du prisonnier Fernando Barcenas Castillo, à l’initiative de la création de ce journal en prison, ainsi que d’une lettre de la Croix Noire Anarchiste de Mexico, envoyées pour l’occasion.
* Tables de presse , brochures, fanzines, affiches, écrits de prison …

Les trois passants – https://liberonsles.wordpress.com
L’Envolée – http://lenvolee.net

Flyer recto/verso

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Depuis Barcelone, pour la liberté des prisonnier-e-s du monde entier

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 26 novembre 2015 by liberonsles

Communiqué pour la liberté des prisonnier-e-s du monde entier

carcelesfuego

Pendant la Rencontre Européenne de Solidarité avec les communautés zapatistes, la sexta et avec ceux et celles qui luttent en bas et à gauche, plusieurs personnes à titre individuel, collectifs et groupes se sont réunis à Barcelone du 20 au 22 novembre, 2015.

Aux prisonniers et prisonnières du monde entier
À leurs familles et à leurs ami-e-s
À leurs collectifs et groupes de soutien
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
À la Croix Noire Anarchiste de Mexico
Au Groupe de travail « No estamos todxs »
À la Sexta
À ceux et celles qui sentirons ces mots

Compagnons et Compagnonnes :

Tout d’abord, recevez tous et toutes, un salut solidaire et du courage pour chacun et chacune d’entre vous. Depuis Barcelone, plusieurs personnes à titre individuel, collectifs et groupes se sont réunis pendant la Rencontre Européenne de Solidarité avec les communautés zapatistes, la sexta et avec ceux et celles qui luttent depuis leurs tranchées en bas et à gauche. Ici, nous nous sommes parlés, nous nous sommes écoutés et nous avons à nouveau décidé de ne pas laisser la place à l’oubli, l’oubli que représente l’enfermement, l’enchaînement, l’humiliation et le mépris dans lequel vous vous trouvez à présent.

Nous avons écouté vos réflexions, vos pensées, votre rage et votre détermination dans une lutte qui dépasse les murs de la prison et s’étend, à différents niveaux avec des intensités différentes, à la société de laquelle nous sommes prisonniers et prisonnières à l’intérieur d’un système qui surveille de près, qui contrôle, qui confine, qui opprime tous ceux et celles qui nous trouvons dans un en dehors relatif.

Pendant toutes ces années nous avons cheminé marché avec vous, nous avons appris que la lutte contre l’enfermement se fait à vos côtés et que vous cheminez du nôtre au quotidien. Grâce à vos mots et à vos réflexions, les préjugés disparaissent peu à peu pour donner lieu à une réflexion qui comprenne que n’importe quel type d’enfermement est en soi une pratique de contrôle et de soumission que, par la peur et le conditionnement des libertés, ils essaient de faire disparaître et domestiquer les révoltes. Lire la suite

[Mexique] Journées Magonistes 2015. Plus aucun mort en prison !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 19 novembre 2015 by liberonsles

magonismo

Journées Magonistes 2015
Plus aucun mort en prison ! ¡No más muertes en prisión!

Ricardo Flores Magon est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Magón est une figure importante de l’anarchisme mexicain, il est considéré comme l’un des précurseurs intellectuels de la Révolution mexicaine. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution, «le magonisme».

Du 18 au 21 novembre au Mexique, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres auront lieu en solidarité avec les prisonniers Miguel Peralta Betanzos, Fernando Barcenas Castillo et  Luis Fernando Sotelo.

Parmi les différentes thématiques et activités qui auront lieu pendant ces journées on peut noter  :

* L’importance du journal de combat Regeneración dans la lutte pour la liberté des prisonniers
* La répression sur les terres de Magon : l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón
* Un rassemblement en raison des 93 ans de l’assassinat de Ricardo Flores Magon et pour la liberté des prisonniers.

Fanzine à télécharger: Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, cliquez sur l’image.

MIGUELFANZINMiguel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

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[Paris] Présentation du journal anti-carcéral « El Canero »

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas on 7 novembre 2015 by liberonsles

Nous vous invitons à la présentation du journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.
Avec la participation du journal anti-carcéral « L’Envolée » qui présentera son dernier numéro.

flyerimage17nov

Le mardi 17 novembre 2015 à 18h30
À la Librairie Le Monte-en-l’air
71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare
75020 Paris – M° Ménilmontant et Bus 96

* Projection de la vidéo : Jeunes et rebelles, présentation du journal « El Canero »
* Présentation et diffusion du journal original en espagnol et sa version française
* Lecture d’une lettre du prisonnier Fernando Barcenas Castillo, à l’initiative de la création de ce journal en prison, envoyée pour l’occasion.
* Table de presse , brochures, fanzines, affiches, écrits de prison …

Les trois passants – https://liberonsles.wordpress.com
L’Envolée – http://lenvolee.net

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Présentation du journal anti-carcéral : El Canero

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 5 novembre 2015 by liberonsles

journalcanpres

Nous avons le plaisir de vous présenter le journal « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique que nous venons de traduire en français.

Plusieurs présentations du journal auront lieu à Paris et ailleurs 

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico. Lire la suite

[Mexico] Fernando Sotelo, après un an d’incarcération, toujours debout !

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 5 novembre 2015 by liberonsles

Luis-Fernando-4Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

luis ferécris de prison

Lettre de Luis Fernando Sotelo depuis la Prison Sud de la Ville de México, 24 octobre 2015 et Journée pour la libération de Luis Fernando

Avant tout, bien des salutations et amitiés à toutes et tous (pour vos luttes).

Je suis un prisonnier du D.F, (capitale du Mexique) conséquence des lois ambiguës manigancées, des lois capitalistes quoi, comme le sont par exemple, tout particulièrement les qualifications des délits, attaques sur la voie publique. Dommages à la propriété privée et attaques à la paix publique. Lire la suite

Voix depuis la prison: Fernando Sotelo

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 18 octobre 2015 by liberonsles

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millons de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

 

Lettre de Luis Fernando Sotelo depuis la Prison Sud de la Ville de México

14 octobre 2015

RECLUSUR

En guise de mise en commun à partager,

Alors qu’aujourd’hui l’État dans sa forme matérielle (son personnel et ses bureaux) contribue au spectacle de « JUSTICE », une audience se tient pour me donner un espace en guise de réponse (application de peine) … bien que je n’ai pas à me soumettre (justifier) aux moyens (de « moyens » et « fin ») en dehors des tribunaux car ce que ce dernier aimerait entendre de ma bouche c’est que je suis coupable d’être délinquant. Cependant et comme conséquence de mon refus de participer à leurs accusations forgées et préfabriquées à mon encontre, je tiens à signaler que pour moi, ce tribunal représente une pierre angulaire (la plus visible de l’édifice) de la répression en ville, s’agissant, de fait, d’un moyen « a priori » de consensus social ; la distribution de la justice comme moyen de contenir la violence non officielle (celle qui n’est pas capitaliste) n’est, selon mon expérience empirique, qu’un marché supplémentaire, un autre marché de consommation (relativement) à la portée de la majorité dépendant du niveau d’assistanat aux inégalités… c’est pour cela que demander justice à ces tribunaux n’est pas une revendication d’un quelconque droit humain (« qui serait toujours respecté »), mais ce serait revendiquer la domination des choses (bureaucratie, capital, pouvoir, autorité) sur les humain-e-s. Lire la suite

Écrits de prison, Chronologie d’une révolte anti-carcérale

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 9 octobre 2015 by liberonsles

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[Ville de Mexico] Écrits de prison
Chronologie d’une révolte anti-carcérale
Juin – Septembre, 2015

La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la «délinquance» par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle.

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre condition d’esclaves de la société. Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés et limités par l’ostracisme pratiqué à notre encontre ; l’état constant de non défense dans lequel nous nous retrouvons tous en raison de l’existence de ces structures vaines, inutiles, que sont les prisons…

Nous disons : ça suffit !

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE)

Cliquez ici pour accéder à la brochure

_______________

LA C.I.P.RE c’est quoi ?
Voix depuis la prison: Fernando Bárcenas Castillo
Présentation du Fanzine du compagnon anarchiste Fernando Barcenas

[Mexico] Fernando Barcenas met fin à sa deuxième grève de la faim

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 6 octobre 2015 by liberonsles

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Après 22 jours sans ingérer d’aliments, le compagnon Fernando Bárcenas a mis fin à sa deuxième grève de la faim. Le compagnon était en grève pour exiger qu’il lui soit permis de rester dans une zone ayant les conditions nécessaires à sa récupération totale, suite à la précédente grève de la faim qu’il avait menée avec d’autres compagnons de la C.I.P.RE. (Coordination Informelle de Prisonniers et Résistance) du 27 juin au 18 août dernier [53 jours de grève].

Son état de santé est délicat, puisqu’il présente une malnutrition sévère, laquelle provoque nausées, crampes et douleurs dans tout le corps. Nous rappelons que pendant sa première grève de la faim, il avait perdu environ 10 kilos et pendant la deuxième, il a perdu environ 3 kilos en plus. Selon le rapport d’un spécialiste qui l’a examiné, il a une fracture au maxillaire inférieur dû aux coups qu’il a reçus de la part des matons quand ils l’ont transféré de l’hôpital de Tepepan vers la prison Nord. La fracture nécessite une intervention chirurgicale, mais en raison de la faiblesse extrême de Fernando, les médecins de l’équipe solidaire recommandent d’abord une récupération totale.

 Fernando a décidé de mettre fin à sa grève après que la direction de la prison s’est engagée à lui permettre de rester dans la zone des arrivées jusqu’à ce que sa santé soit rétablie. Nous savons de quoi sont capables les autorités, en d’autres occasions elles n’ont pas tenu parole. Nous ne leur faisons pas confiance. C’est pour cela que nous lançons un appel à rester attentifs à la situation, en effet la santé de notre compagnon en dépend.

À bas les murs des prisons !
Croix Noire Anarchiste de Mexico

 

Lettre de Fernando après 22 jours de sa deuxième grève de la faim, depuis la prison Nord de la Ville de Mexico

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Aux compagnons rebelles :

Par ce moyen, je vous fais savoir, qu’aujourd’hui, après déjà 22 jours de cette nouvelle grève de la faim, je me permets de vous transmettre un ferme cri de guerre, d’insubordination et de refus, d’instinct contre toutes tentatives de domestication…

Alors, que je me tourne vers vous, vers la société qui combat quotidiennement la violence et les tortures marginales…

Je me tourne vers vous, pour vous encourager à répondre concrètement aux « autorités » afin de leur donner, une fois pour toutes, un coup effectif avec toute la force des énergies sociales.

Ainsi, je vous communique formellement, que j’abandonne cette grève, avec détermination et avec une posture de rejet contre toute forme de domination.

-Fernando Bárcenas Castillo-

Plus d’infos

Mexico: La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement.

 

Tradui par les trois passants et Amparo

[Mexico] Abraham Cortés, après 2 ans derrière les barreaux. Nous ne t’oublions pas !

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 1 octobre 2015 by liberonsles

portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco*, il se trouve enfermé dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« La prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré »

« Le 2 octobre 1968 est un jour d’injustice, de disparition et de mort. Maintenant, ce n’est pas seulement un jour, c’est tous les jours, ce système qui gouverne pareil à tous les précédents, c’est toujours la même chose, le peuple connaît seulement la pauvreté, ici dans la prison nous sommes punis aussi, le bourgeois n’est rien sans le peuple. Des centaines, des milliers de prisonniers, et chaque fois il y a plus de prisons, l’injustice c’est pour le peuple… ça suffit ! »

« Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible ».

« Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés (…) »

– Abraham Cortés –

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Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco*, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

Abraham avait pris part à la grève de la faim collective qui a eu lieu du 1er octobre au 17 octobre 2014 avec les compagnons anarchistes Jorge Mario González García (à l’époque, enfermé à la prison – hôpital de Tepepan) Carlos López (qui se trouvait derrière les barreaux de la prison d’Oriente) et Fernando Bárcenas Castillo (actuellement à la prison Nord) Ensemble ils avaient déclaré, le 1er octobre 2014** : «   Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous, anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim. Et cela à partir d’aujourd’hui, 1er octobre, un an après les arrestations du 2 octobre 2013 (…) Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » … »

Nous ne t’oublions pas ! Abraham a la calle !! Crève la taule !

Dernière lettre d’Abraham Lire la suite

[Mexico] Attaque d’hommes de main contre « Regeneración Radio », radio libre contre le pouvoir

Posted in Archives, Communiqués, La Guerre du Mexique d’en haut, Ville de Mexico on 24 septembre 2015 by liberonsles

Attaque d’hommes de main contre Regeneración Radio, radio libre contre le pouvoir, qui transmet depuis 16 ans.
Regeneración Radio arrête sa transmission de radio

regeneracionradio

Note: Regeneración Radio transmettait lors de son émission anti-carcérale, de nombreuses interviews des compagnon-ne-s en prison, dernièrement une émission en collaboration avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance ( C.I.P.RE ) se déroulait tous les lundis, mercredis et vendredis de 8h à 10h.

Communiqué de Regeneración Radio

regeneracin radioAu peuple mexicain,

À la Sexta Nationale et Internationale,

Aux organisations et aux collectifs,

À la communauté universitaire.

Aujourd’hui nous voulons vous faire part de l’escalade de violence contre notre espace. Aujourd’hui les conditions ne sont plus réunies pour nous permettre de réaliser nos activités comme média libre, principalement dans notre cabine d’émission de radio.

Il y a deux semaines a débuté la campagne pour l’élection du nouveau directeur du Collège de Sciences Humaines – CCH siège Vallejo* (lieu où se trouve la cabine d’émission de Regeneración Radio). Il y a deux semaines, cette escalade de la violence s’est accentuée suite à l’activation du groupe de choc, « groupe de porros 3 de marzo »**. Les participants de cette bataille cherchent à tirer profit de ces événements, ils offrent la paix dans l’école et promettent d’en finir avec nous tous. Coïncidence, ces attaques « porriles » ? Ou tout est-il programmé pour créer l’instabilité dans l’établissement et qu’apparaisse l’homme providentiel qui, avec sa baguette magique ou son gant de fer, mettra fin à l’organisation du CCH Vallejo et aux projets comme Regeneración Radio ?

Pourquoi les conditions de transmission ne sont-elles plus réunies aujourd’hui ?

Le 14 février 2015, alors qu’il attendait le bus à la porte de l’établissement, un des membres de Regeneración Radio a été frappé par Jorge Anhuar Batalla Martínez (membre du « groupe de porros 3 de marzo »), ce qui a entraîné la perte de 80% de la vision de son œil droit. Un procès a été intenté contre l’agresseur mais à ce jour il jouit toujours de l’impunité.

Le jeudi 17 septembre un membre d’un autre collectif a été frappé à l’intérieur de l’école, sous les yeux des vigiles, sans que ceux-ci n’interviennent pour empêcher l’agression. Les conséquences ont été les suivantes : déviation de la cloison nasale et traumatisme crânien.

Le jeudi 10 septembre, alors que le groupe d’hommes de main tentait de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement, un de nos compagnons a été profondément blessé à la lèvre supérieure ; la blessure a atteint la partie interne de la bouche.

Les membres de ce groupe délinquant portent des armes à feu dont ils se sont servis à plusieurs reprises pour menacer les membres de collectifs et des étudiants organisés. Ils sont aussi venus menacer et intimider, armés de bâtons et de barres de fer, à l’extérieur des espaces organisés.

Ces dernières semaines des rumeurs ont circulé concernant de possibles attaques de ce groupe d’hommes de main, provoquant un climat d’incertitude et de tension. Et tout laisse craindre que des attaques plus fortes ne se produisent dans les jours à venir.

Qui se trouve derrière ce groupe de choc ? Lire la suite

Mexico: La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement.

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 20 septembre 2015 by liberonsles

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La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement. Rapport médical et message depuis la Prison Nord fer

Fernando Bárcenas ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout, quinze jours plus  tard, le jeudi 10 septembre 2015, le compagnon Fernando Bárcenas s’est à nouveau déclaré en grève de la faim, il est dans un état critique.

19 septembre 2015

Message de Fernando Barcenas depuis la Prison Nord

Après 9 jours de cette grève de la faim, je suis dans un état un peu diminué mais avec la détermination et la conviction qui grandissent comme augmente la haine sous la pression et le sentiment permanent de bellicosité et d’esprit insurrectionnel. L’attitude de l’institution qui continue de harceler et d’allonger les délais pour répondre aux propositions qui reflètent notre conviction a fait que cette grève doit se prolonger.

Cependant cela ne doit pas nous décourager, au contraire nous devons continuer à pratiquer et à propager la solidarité révolutionnaire.

En avant ! La victoire ou la défaite, peu importe !
En avant ! Même si lors de notre marche pour la vie nous trébuchons sur la mort !
Pour la destruction de la société carcérale.
Avec rage et amour pour l’anarchie.

Fernando Barcenas

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La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement – Rapport médical – Croix Noire Anarchiste de Mexico

Cela fait 9 jours que Fernando Barcenas a repris sa grève de la faim, l’équipe des médecins solidaires qui l’ont examiné le 18/09 rapporte que sa santé est dans un état critique, il présente une perte excessive de sa masse musculaire et suite à une analyse d’urine ils ont déterminé qu’il souffre d’une dénutrition sévère. De plus le compagnon présente des douleurs, des crampes et des nausées.

Hier, il devait être conduit devant le Conseil Technique, avec un autre compagnon de la CIPRE lui aussi en grève de la faim, pour un examen de sa situation et qu’une décision soit prise concernant son exigence de pouvoir rester dans la zone des arrivées pendant son rétablissement. Cependant cela n’a pas eu lieu. L’institution a utilisé comme prétexte la soi-disante agression contre un gardien de la part des compagnons de la CIPRE.

Quand les proches de Fernando ont interrogé à ce sujet les représentant de la Commission des Droits de l’Homme de la Ville [de Mexico], ces derniers se sont limités à répondre qu’il y a un règlement intérieur et que dû au comportement rebelle des compagnons, ceux-ci avaient perdu l’opportunité de passer devant le Conseil. De plus ils ont accusé Fernando d’être responsable de sa propre situation : « S’il est dans cet état, c’est du fait de sa propre décision ».

Il est urgent de montrer notre solidarité.
Aucun prisonnier-e n’est seul !

Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Fernando Bárcenas et Jose Hernández, ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout. À coup de matraques, les compagnons ont été transférés de l’hôpital vers la prison Nord, alors qu’ils étaient dans une situation de santé délicate, perte de pois, faiblesse musculaire, douleurs dans tout le corps… les conditions médicales ont été plus que déplorables, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit considérablement. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Un rapport médical établi par les médecins solidaires démontre un arbitraire sans limite, une complicité total entre le personnel, les médecins d’office et la commission des droits de l’homme, tous à la solde des autorités pénitentiaires. La consigne : faire payer Fernando coûte que coûte

Rapport sur l’état de santé de Fernando Barcenas Lire la suite

Mexico: Fernando Bárcenas Castillo à nouveau en grève de la faim

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 septembre 2015 by liberonsles

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Fernando Bárcenas et Jose Hernández, ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout. À coup de matraques, les compagnons ont été transférés de l’hôpital vers la prison Nord, alors qu’ils étaient dans une situation de santé délicate, perte de pois, faiblesse musculaire, douleurs dans tout le corps… les conditions médicales ont été plus que déplorables, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit considérablement. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Un rapport médical établi par les médecins solidaires démontre un arbitraire sans limite, une complicité total entre le personnel, les médecins d’office et la commission des droits de l’homme, tous à la solde des autorités pénitentiaires. La consigne : faire payer Fernando coûte que coûte.

Infos diffusées par la Croix Noire Anarchiste de Mexico

La direction de la Prison Nord a entravé le processus de repos et de récupération entamé par Fernando après la grève de la faim, en le plaçant dans la zone de population générale et en lui changeant de dortoir. C’est pourquoi, depuis le jeudi 10 septembre 2015 le compagnon Fernando Bárcenas s’est à nouveau déclaré en grève de la faim.

Le compagnon raconte qu’après avoir été transféré de la Tour Médicale de Tepepan, il a été à nouveau placé dans le dortoir qu’il avait occupé avant d’entamer la grève. Il faut rappeler aussi que durant ce transfert Fernando et José Hernández ont été frappés par les gardiens et tous les deux se plaignaient de douleurs sur tout le corps et au visage. De plus, ce transfert [de l’hôpital vers la prison] a été effectué alors qu’aucun d’eux n’avait récupéré physiquement. Lire la suite

Mexico: Chronique de la Grève de la Faim Collective – (C.I.P.RE)

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 15 septembre 2015 by liberonsles

Chronique de la Grève de la Faim Collective – Coordination Informelle de Prisonnier-e-s en Résistance ( C.I.P.RE ) du 27/06/2015 au 18/08/15

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Je [Fernando Barcenas] souhaite manifester ma satisfaction devant les résultats de cette grève de la faim collective que nous avons réalisée à travers la proposition organisationnelle informelle de la C.I.P.RE. (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance).

Le but principal a été atteint, puisque nous avons montré tant à nos bourreaux qu’aux compagnon-nes « compas » de même affinité que nous, que nous, les prisonnier-es, même dans des conditions brutales d’internement, nous gardons l’initiative de nous organiser, de nous solidariser et de nous lancer dans la lutte pour rejeter et ignorer ceux qui nous torturent quotidiennement et essaient de nous humilier pour nous contrôler et pour nous domestiquer.

Je dois dire aussi que, avant tout, la dimension collective a été le fruit du travail préalable d’organisation avec la bande recluse (des ateliers de lecture, des cercles d’étude autogérés par les prisonnier-es, et aussi un travail ardu de diffusion et d’agitation à l’intérieur de la prison). Il faut mentionner que le numéro 3 du journal de combat « El Canero » a été photocopié et diffusé par un groupe de compagnon-nes « compas » qui a trouvé un espace pour s’organiser, déterminé à casser la passivité qui règne dans la prison et devant un mouvement anticarcéral extrêmement faible dans les rues (à l’exception de quelques collectifs et ami-e-s qui ont toujours appuyé les luttes individuelles de certain-e-s prisonnier-e-s anti-autoritaires)

Cependant, c’est réel, ce mouvement s’est forgé au sein de la prison grâce à la cohérence et la détermination de certain-e-s prisonnier-es en lutte qui n’ont pas trébuché et qui ont donné naissance à ce que, aujourd’hui nous connaissons comme la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance. [CIPRE]

Je ne mentionnerai pas leurs noms pour sauvegarder leur intégrité, puisque le caractère informel est précisément destiné à éviter le suivi et la dissolution sociale. En plus de cela, il ne s’agit pas de créer des héros [protagonistes], des porte-parole, ou des leaders charismatiques. Cependant, ils savent qu’ils étaient là, présents, et je leur envoie une chaleureuse accolade pleine d’amour, de révolte et de solidarité.

Des victoires partielles suite à la grève de la faim collective : Lire la suite