RABASTENS : Soirée Femmes et prison

Posted in Actions, Archives, Art et résistance, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Oaxaca on 25 avril 2017 by liberonsles

Échanges – débat – Projection – Lecture/Théâtre – Expo – Repas – Tables de presse !

Les Trois Passants, Le Rabastikiosk , Le Banc Sonore et Partage ton Pot vous invitent à une soirée d’échanges et de débats autour du documentaire

« Ils nous ont volé nos nuits »

Tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, et filles de prisonnier.e.s.

Samedi 29 avril 2017 à partir de 19H

Au Banc Sonore
22, Promenade des Lices
81800 RABASTENS

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« Ils nous ont volé nos nuits » : ce film collectif réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Il a été possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières; et la participation de La Voix de Zapoteques Xiches en Prison d’Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et ce y compris dans nos propres espaces, peu de choses se disent sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Au Programme :

19H Exposition : « Liberté en fuite »
Vente d’affiches, tissus imprimés, cartes postales de l’expo et artisanat en soutien aux compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte : Fernando Barcenas Castillo, Miguel Ángel Peralta Betanzos, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Abraham Cortes Avila, Álvaro Sebastián Ramírez et Natacha Lopvet Mrikhi.

À partir de 19H – Apéro Kiosque – Tables de presse – Brochures – Fanzines (écrits de prison- chroniques carcérales) – Affiches – autocollants – cartes postales – artisanat – tissus imprimés – Livres …

EMPANADAS végétariennes.

20H – Lecture de la pièce : « Le troisième âge derrière les barreaux » : monologue satirique écrit par Natacha Lopvet incarcérée au Mexique depuis 10 ans.

20H30 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits » documentaire collectif filmé récemment au Mexique tel un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli.(1H10)

Débat : Comment la prison s’empare de la vie des femmes – Solidarité /Luttes individuelles et collectives – Échanges avec des toulousaines anti-carcérales.

L’argent recueilli lors de cette soirée sera versé aux prisonnier-e-s par le biais de : La Croix Noire Anarchiste de Mexico, La Voix des Zapotèques Xiches en prison d’Oaxaca et les familles des prisonnie-r-e-s.

Soirée organisée par Les Trois Passants, Le Rabastikiosk , Le Banc Sonore et Partage ton Pot

19H Exposition : « Liberté en fuite »
Vente d’affiches, tissus imprimés, cartes postales de l’expo et artisanat en soutien aux compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte

Qui sont les prisonnier-e-s que nous soutenons lors de cette journée de solidarité ?

 

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca et militant anarchiste. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Miguel se trouve dans la prison de Cuicatlan, Oaxaca.

Qu’est-ce que c’est le temps, quand, en prison, on en a trop ?
On danse avec l’ombre, on joue avec nos rêves et on rit
On marche sur la voute céleste
On pleure en silence
On est parfois morts en vie
On chante et on se révèle face à leurs murs et à leurs barreaux
On se nourrit des déchets que jette la société ; on les recycle
On aiguise nos sens.
On détruit tous les jours ce qui est en place, on dés-arme la réalité…

-Miguel Betanzos-

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ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 22 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison. Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers et encouragé depuis son arrestation l’organisation de plusieurs collectifs de prisonniers en resistance. Fernando se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« (…) Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obéissance. Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et par tous types de forces répressives « qui construisent leur démocratie » (…). Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir (…). Nous sommes les blessé-e-s lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène… Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison. »

– Fernando Barcenas –

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portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible » (…) « Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés (…) »

– Abraham Cortés –

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ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque de San Agustín Loxicha, Oaxaca etadhérent à la Sixième Déclaration zapatiste. Cela fait 19 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été arrêté le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et condamné à 27 ans de prison accusé d’appartenir à un groupe armé et pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. »

– Álvaro Sebastián Ramírez –

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ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 22 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après plus de deux ans de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné à 13 ans de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

« Ma liberté n’a pas de prix, mais elle a une grande valeur et beaucoup de gens luttent pour la même chose : pas uniquement pour ma liberté mais, à travers elle, pour la liberté qui nous appartient à toutes et tous. Cette liberté autonome digne et rebelle que nous apprenons à semer mais aussi à récupérer des mains de l’oppresseur. Je suis content de votre soutien, compas. Et savoir que la libération des prisonnier-e-s quels qu’ils/elles soient fait partie du projet que l’on nomme liberté m’incite à être heureux ».

-Luis Fer Sotelo-

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natachaNatacha Lopvet Mrikhi, 45 ans, française, a passé 9 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha, elle fait partie des 1500 femmes prisonnières qui survivent dans la prison de femmes de la ville de Mexico : Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla. Accusée de délits d’atteinte à la santé, elle purge une peine de 10 ans d’enfermement ; pour y faire face et survivre, elle a participé à de nombreux projets et ateliers, ainsi elle s’est jointe à une troupe de théâtre et fait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec d’autres détenues la joie de la création artistique, et pour ce faire, elle participe à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre et à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également participé à plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement et de la résistance à travers l’art.

« Pour moi, le travail devait être un moyen justement d’être libre, de faire ce que je voulais où je voulais, comme je voulais, m’habiller comme je voulais, avoir la maison de mes rêves, voyager à l’autre bout du monde, profiter et jouir de l’existence. Aujourd’hui, à 45 ans après huit ans et demi passés derrière les barreaux d’une prison, je me rends compte qu’il n’en a pas été ainsi, bien que j’ai beaucoup voyagé. J’ai pris conscience que pendant 25 ans j’étais conforme à une culture, une éducation, des codes sociaux; autant de choses qui m’influençaient sans que jamais je ne décide réellement par moi-même (…) J’ai éprouvé une grande satisfaction à réaliser l’exposition de mes collages, fruit d’un travail ( librement choisi durant les 8 ans passés ici ) où j’ai pu pleinement expérimenter ce que signifie l’auto-décision et c’est en étudiant ces concepts que je peux aujourd’hui continuer à exister pleinement aux côtés de ma compagne ».

-Natacha Lopvet Mrikhi-

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[Oaxaca] Deux ans de réclusion – Lettre de Miguel Betanzos

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 25 avril 2017 by liberonsles

Le 30 avril, cela fera deux ans depuis mon arrestation et le début de ma réclusion. Deux longues années que je pourrais vous raconter : secondes, heures, minutes et nuits volées, jours d’angoisse et d’impuissance, de haine de l’État et de ses institutions. Le quotidien qui m’use. L’individualisme qu’on nous oblige à reproduire, et que j’abhorre. Les nécessités et les maladies que nous inoculent les murs de la prison. Est-ce du temps perdu ? Non, car ce furent aussi deux ans d’accompagnement par les compas, de solidarité, de résistance quotidienne, d’apprentissage en commun, d’appui de gens dont tu ne vois pas bien qui ils sont, et même aujourd’hui on ne se connaît pas personnellement, mais maintenant on sait qu’on est ensemble. Deux ans de rire, et deux ans où l’on ne cesse pas de regarder le nouveau soleil et de rêver, tandis qu’on s’oppose au contrôle de tous les faits et gestes.

Il est de notoriété publique que le système judiciaire officiel n’a pas été conçu pour les gens du peuple. La classe politique despotique veut nous faire croire qu’elle administre la justice grâce aux réformes élaborées selon son bon plaisir, alors qu’elle nous traite comme des délinquants, des terroristes ou des ennemis, faisant de nous un numéro de plus dans ses statistiques, tentant d’anesthésier nos consciences, décorant les archives et les dossiers couverts de poussière avec de nouveaux concepts. (De toute façon, à la fin t’es foutu si tu rentres pas dans leurs réformes.) Ça ne leur suffit pas de vérifier ton innocence, en plus ils prétendent te réadapter à leur manière de vivre, à toujours nous soumettre face à eux. Et pourtant, nous avons en nous cette petite goutte qui nous fait lutter et que nous essayons de répandre, ce que nous appelons liberté et qui jamais ne deviendra une loi ni ne pourra se réformer. Lire la suite

[Toulouse] Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » regards croisés, vécus et luttes.

Posted in Actions, Archives, Art et résistance, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 19 mars 2017 by liberonsles

Les Trois Passants et des toulousaines anti-carcérales, vous invitent à toute une journée de rencontres, d’échanges et de débats.

Rencontre – débat autour du film « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison.

Le dimanche 9 avril, à partir de 13h30 à La Chapelle.

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)  et l’affiche

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Journée organisée par Les Trois Passants, des toulousaines anti-carcérales et des personnes solidaires d’ici et d’ailleurs.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et ce y compris dans nos propres espaces, peu de chose se dise sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, quatre femmes ayant vécu la prison en France et dans l’État espagnol participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces préoccupations et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

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[Ville de Mexico] Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in Archives, Art et résistance, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 19 mars 2017 by liberonsles

Nous avons élargi notre solidarité et dernièrement nous sommes en relation avec des prisonnier-e-s dit-e-s de droit commun organisé-e-s dans la prison de Santa Martha Acatitla (Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico) .

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

[Mexico] Fernando Barcenas : « Je ne reconnais pas la prison et je ne veux pas qu’elle soit améliorée ».

Posted in Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 21 février 2017 by liberonsles

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Depuis la prison Nord de la ville de Mexico – ReNo

Une fois de plus l’institution carcérale a cherché à me dissuader et à affaiblir mes convictions rebelles en ordonnant mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions Pénales. Cela s’est fait avec l’approbation du Tribunal pénal 43, qui a fait parvenir le jugement déterminant signifiant que je ne pouvais plus rester dans le Pénitencier Nord puisque ma condamnation était devenue définitive. Sous la direction de Rafael Oñate Farfán, l’administration précédente a eu de nombreux motifs de voir ses intérêts menacés par les troubles répétés ainsi que les protestations à l’intérieur de la prison ; il savaient parfaitement que quel que soit l’endroit où ils m’enverraient, ils rencontreraient le même conflit et la même remise en question permanente des normes quotidiennes, sachant que peu importait l’endroit, il y aurait toujours des tentatives d’insurrection.
Ils ont pu s’en rendre compte dans la zone 3 du module d’entrée et dans la zone 7 et 5 de « mise à l’écart et de sécurité institutionnelle » du module du C.O.C (Centre d’observation et de sélection).

Chaque fois que je me suis révolté ils ont essayé de jouer avec moi, essayant de me faire croire qu’ils étaient mes amis, jusqu’à ce que je sois parfaitement ferme et que je leur fasse clairement connaître ma position face aux circonstances auxquelles j’étais confronté ; l’agression contre les surveillants s’est avérée alors une obligation pour ma survie ici à l’intérieur, faire que la révolte consciente à l’intérieur de ces murs devienne une nécessité constante.

C’est ainsi qu’après deux ans de mise à l’écart dans les zones de « Sécurité Institutionnelle », ils m’ont servi un nouveau châtiment déguisé en « privilège » : mon transfert au Centre d’Exécution des Sanctions ou Annexe Nord, zone dans laquelle les prisonniers sont soumis au chantage avec la promesse de leur liberté en échange d’une parfaite obéissance au régime carcéral, qui inclut de façon obligatoire l’esclavage et les travaux forcés, car il est impossible de protester vu que le travail de domestication inclut aussi le lavage de cerveau, nous faisant croire de la sorte que c’est une chance qui nous est offerte. Mais pour cela, il est indispensabe que nous nous sentions coupables et que nous nous repentions tout le temps, tout en remerciant la miséricorde du système pénal. Par contre, si tu refuses d’accepter la domestication alors tu es menacé d’être transféré aux Tours de Haute Sécurité (équivalent des Q.H.S.) ou au pénitencier. Lire la suite

[Mexico] Fernando Barcenas a été transféré au Centre Nord d’Exécution des Sanctions Pénales

Posted in Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Ville de Mexico on 12 février 2017 by liberonsles

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Le 9 février 2017 Fernando Bárcenas Castillo a été transféré depuis le Pénitencier Préventif Nord pour hommes au Centre Nord pour hommes d’Exécution des Sanctions Pénales, c’est de cette prison que le compagnon n’a cessé d’exprimer son rejet du régime pénitentiaire ainsi que son clair refus de participer à ce que cette juridiction nomme “réinsertion sociale”.

Fernando a été condamné à 6 ans de prison pour les délits d’atteinte à la paix publique et association de malfaiteurs; en décembre 2016, le recours qu’il a déposé a été rejeté par le pouvoir Judiciaire de la Fédération (Parquet), à la suite de quoi son procès juridique a été considéré comme définitif.

La plus grande partie du temps où il a été emprisonné, l’institution l’a maintenu à l’isolement dans différentes zones de la prison au prétexte qu’il constituait “un risque pour la sécurité institutionnelle”. En prison, Fernando a développé différents projets de lutte anti-carcérale dont le journal “El Canero” et d’autres initiatives collectives d’organisation.

N’oublions pas nos compagnon@s qui continuent la lutte à l’intérieur des prisons !

Solidarité avec Fernando Bárcenas !

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

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Dernière lettre envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au mexique, 4 février 2017 à Gaillac.

Depuis la prison Nord de la ville de Mexico.
Février 2017.

Lorsque la solitude s’empare de la cellule, il n’y a pas d’autre alternative que de divaguer entre les pensées et les idées, l’architecture carcérale fait son travail et l’on ressent une sensation de pesanteur dans l’environnement. Nul besoin de fantômes ou d’apparitions, ce sont ces couloirs qui génèrent la peur et la tristesse, les couloirs de la mort dans une zone divisée.

De l’autre côté des barreaux tous sont des étrangers, et peu à peu ils s’éteignent dans cette mort lente.

La zone 7 du module du COC (Centre d’observation et de sélection) est le lieu des mémoires coincées, oubliées par des années de punition et de coups et pourtant, aujourd’hui encore, en sortant se promener dans le couloir, on respire la douleur, les cris de ceux qui sont morts au milieu du couloir.

Parce qu’en fin de compte, pourquoi le gardien ou le technicien pénitencier devrait-il se déplacer dans un endroit destiné à ceux que l’on censure, les incorrigibles par leur insertion sociale quelle qu’elle soit ?

Et pourtant, le mépris est mutuel puisque les “incorrigibles” eux aussi haïssent toute forme de réglementation, à moins que ce ne soit celle qu’ils ont établie.

Voici les souvenirs d’une zone oubliée dans laquelle agonisent les restes de ceux qui, un jour, ont été des hommes, venus purger une punition de 15 jours, ou parce qu’il a été décidé qu’ils resteraient dans ce secteur en raison du risque supposé qu’ils représentent pour la sécurité institutionnelle… Rien d’autre à faire, sauf attendre l’ancienneté dans le secteur jusqu’au transfert qui sera décidé vers une autre centrale pénitentiaire…

Chair à prison qui jamais plus ne goûtera le soleil et l’air pur, mais qui demeure plus libre et digne que n’importe quel esclave citoyen.

Parce que pour être totalement libre, l’absence de barreaux ne suffit pas.

FERNANDO BARCENAS
Une forte embrassade et bien des salutations !

Traduit par Amparo et Les trois passants

[Gaillac] JOURNÉE DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER-E-S EN LUTTE AU MEXIQUE

Posted in Art et résistance, événements, compas anarquistas, Expo, femmes prisonnières, Loxichas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 25 janvier 2017 by liberonsles

« Liberté en fuite / Libertad en Fuga »

Vernissage de l’exposition – Projections / échanges – Repas Solidaire – et Concert

galliacflyerdefLes Trois Passants et Le Chinabulle vous invitent à toute une journée de SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER-E-S EN LUTTE AU MEXIQUE

Le samedi 4 février 2017
Au comptoir du Chinabulle
47 rue du Château du Roi
81600 Gaillac

Venez nombreuses et nombreux soutenir nos compagnon-ne-s en lutte qui résistent et se battent depuis l’intérieur des geôles mexicaines, contre le système pénitentiaire, l’isolement, le mépris et l’oubli !

À 16H00: Vernissage de l’exposition : « Liberté en fuite »

Exposition de tableaux et d’autels / Vente d’affiches, toiles imprimées et cartes de l’exposition en solidarité avec les compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte : Fernando Barcenas Castillo, Miguel Ángel Peralta Betanzos, Abraham Cortés Ávila, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Álvaro Sebastián Ramírez et Natacha Lopvet Mrikhi.

Pour voir le programme complet, cliquez ici

Qui sont les prisonnier-e-s que nous soutenons lors de cette journée de solidarité ?

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[Mexique – Marseille] Textes de Fernando Barcenas Castillo et de Miguel Peralta Betanzos

Posted in Archives, événements, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Oaxaca, Ville de Mexico on 16 décembre 2016 by liberonsles

fermig

Texte de Fernando Barcenas envoyé pour le Festival de l’ABC (Anarchist Black Cross Festival 2016) Marseille

ferDepuis la prison Nord de la ville de Mexico
1er Décembre 2016

Dans les prisons de la ville de Mexico l’isolement est utilisé comme mesure disciplinaire massive afin d’extorquer et d’extirper aux âmes prisonnières jusqu’à leurs derniers centimes.

« À l’intérieur » de ces villes où vivent mal plus de 50.000 prisonnier-e-s, le capitalisme est tel qu’il est, il ne se déguise pas, ni ne porte de masques démocratiques. Et de nos jours il annonce clairement sa loi élémentaire : nous, les marginaux, nous serons exterminés. Mais pas avant d’avoir offert jusqu’à la dernière goutte de notre travail d’esclave, de notre sueur mal payée au goût amer, amer parce que nous savons que c’est contraire à notre propre volonté.

Cependant ils dictent les conditions de la participation à leur commerce : « Monte dans le fourgon, sinon il va te renverser ». Ils demandent cyniquement à ce que nombre de lâches rejoignent les rangs de la mafia, car ils savent qu’ils n’auront pas le courage d’abandonner leur confort.

Et pourtant la prison n’a pas toujours été comme ça…

Le déluge de drogues qui s’y abat en a fait une immense maison de fous, où les besoins des prisonnier-e-s sont attisés afin de mieux les escroquer, les poussant vers une vie d’automates aux ordres du commerce…

C’est pour cela qu’il est si important de ne pas cesser d’imaginer et d’être sensible. En effet ils essaient de nous convertir en machines de guerre.

Maintenant il ne reste que l’action et la solidarité, sachant que la prison n’est rien d’autre que la société dans laquelle nous vivons.

En guerre jusqu’à la liberté totale.

– Fernando Barcenas –
***

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos envoyée pour le Festival de l’ABC Marseille

miguelflomDepuis la Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Inadapté-e-s (Inadaptadxs)
Montagnes, plantations de café, sources qui jaillissent de la terre,
animaux sauvages de la forêt, arbres innombrables, masques, maisonnettes
que berce le vent, chemins, fleurs : tous enveloppés dans l’épais
brouillard de la nostalgie.

Je m’éveille, la pluie s’intensifie, mes ailes mouillées pèsent mais elles
continuent à voler.

Mon ombre lance des coups de pied contre les portes de la machine, passe
au travers des mailles, escalade les tours de contrôle, brouille les
radios de communication, croise les murs, tisse des rêves et habite dans
des frontières imaginaires.

Mon ombre se nourrit de la flamme de la pensée, elle parle une langue
ancestrale et ne se laisse pas domestiquer, elle se révèle à la lumière
du jour, et se grise de liberté.

Mon ombre est l’ombre de tous les hommes du nombril du monde et devient
escargot.

Mon ombre brise les charnières de l’État ;
Et jamais, plus jamais elle ne sera piétinée.

Miguel P.
Novembre 2016.

Traductions Les trois passants et Amparo / correction Myriam

[Marseille] Anarchist Black Cross Festival 2016 !

+ d’infos sur Miguel Betanzos et Fer Barcenas

[Oaxaca] Malgré 19 ans de prison, Alvaro Sebastián Ramírez est toujours debout !

Posted in Archives, Loxichas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta on 16 décembre 2016 by liberonsles

ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta zapatiste, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 19 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été arrêté le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Ecrits de prison ( Fanzine ) cliquez sur l’image.

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Vidéo de présentation – Campagne pour la libération d’Alvaro

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[Marseille] Anarchist Black Cross Festival 2016 !

Posted in Actions, Archives, événements, compas anarquistas, El Canero, Journal indépendant de combat « El Canero », prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

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Samedi 3 décembre :

  • 14h au Manifesten – Présentation sur la répression contre le mouvement anarchiste en république Tchèque !
    – avec Antifenix de république Tchèque –
    + Atelier d’écriture aux emprisonné-e-s !
  • 21h Concert !!! A la Salle Gueule – Prix Libre
    Nola – London – Folk Punk Garage
    Canine – Marseille – Post Hardcore
    Kalashnikov – Milano – Romantik Punk
  • Dimanche 4 décembre :

    A la Salle Gueule et prix libre

  • 14h Présentation du journal anti carcéral mexicain « El Canero »
    + projection avec les Trois Passants
  • 17h Contre les maxi prisons en Angleterre
    – avec le collectif Empty Cages –
  • 20h Knocking On Vegan’s Doors ! Bouffe Vegan ! Miam !

+ Distros
+ Banderole de soutien

Infos

canero-04_3 liberanA l’intérieur de la prison, Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico : Fernando Barcenas Castillo, Gerardo Ramirez Valenzuela, Luis Lazaro Urgell, Sinue Rafful, Hans Razo Alvarez, Compa Gato Punk et Compa Josh. Le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

[Mexico] Chroniques Carcérales des prisonniers du collectif Cimarron

Posted in Archives, Art et résistance, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

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Depuis la prison Nord de la Ville de Mexico [ReNo]
Extrait du livret [ fanzine ] Anthologie des chroniques carcérales, Mexico 2016.

Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico :

Fernando Barcenas Castillo
Gerardo Ramirez Valenzuela
Luis Lazaro Urgell
Sinue Rafful
Hans Razo Alvarez
Compa Gato Punk
Compa Josh

Les textes de cette anthologie sont le produit de plusieurs séances informelles qui se sont tenues à l’intérieur de la prison Nord, durant lesquelles nous avons partagé des éléments d’écriture de ces chroniques. A chaque étape du processus de sélection, révision, édition et impression plusieurs mains anonymes sont intervenues et sont devenues les complices de cet effort.

Il n’y a pas d’ordre précis ou de thématique particulière des textes, d’ailleurs la plupart n’ont pas de titre; la seule chose que nous avons indiqué est la date où ils ont été écrits et l’auteur. Ce ne sont que de simples paroles/sensations directes des auteurs qui leur permettent de voler libres, et tentent d’échapper aux murs derrière lesquels ont entend les maintenir captifs.

En espérant que cette publication permette qu’il en soit ainsi, même pour un instant.

Quelques solidaires

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine en français

fanzincimarronPlus d’infos du collectif CIMARRON

cimarron« Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale… »

[Oaxaca] Depuis la Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán : Miguel Peralta Betanzos

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 30 novembre 2016 by liberonsles

Souvenir

 cuicapenal

Souvenir (non pas comme ces dates de commémoration, mais comme une vie toute entière de révolte) de tous les êtres ingouvernables et inadapté-e-s qui ont combattu l’Etat dans sa plus pure essence, le capitalisme, le militarisme, la domination et l’oppression, l’industrialisation de la pensée sous toutes ses formes et modalités et, pourquoi le taire, l’injustice et la justice coercitive.

Faisant un bref bilan des dommages, nous pensons tout particulièrement aux compas à qui l’on a arraché la vie dans les cages de la misère humaine, ce sont d’eux et d’elles dont nous nous souvenons parce que leurs esprits se sont propagés sur le chemin de la liberté, et tout spécialement celui de Ricardo Flores Magón qui, comme nous le disait Librado Rivera dans un écrit de 1923 où il évoque  l’assassinat de  Magón dans le pénitencier de Leavenwort :

magonvive“ même si sa mort soudaine ne lui a pas permis de voir ses chers idéaux de liberté, d’amour et de justice se réaliser, ses rêves de bonheur n’ont pas disparu avec lui : ils vivent comme des phares lumineux qui éclairent les esprits d’une humanité qui souffre les tortures de la faim et de la misère. Et tant que sur la Terre existera un seul coeur meurtri, un seul oeil empli de larmes, déclara-t-il à ses bourreaux, mes rêves et mes visions devront continuer à vivre.”.

Et c’est ainsi que 94 ans après son assassinat, ses idéaux résonnent toujours en nous, notamment pour atteindre ceux de justice et bonheur, alors que nous marchons aux côtés de nos frères et soeurs qui aujourd’hui, partout sur le globe, vivent l’enfermement pénitentiaire et tentent de soutenir leurs ailes que l’on a voulu briser.  A vous, sachez-le, nous ne vous oublions pas.

Aujourd’hui également, nous nous souvenons de tous ceux qui, jour après jour, combattent le grand enfermement à l’air libre, à elles, à eux vont ces paroles de souvenir, de mémoire, qui crient, et qui exigent…

Miguel Peralta Betanzos
Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán, Oaxaca
21/11/2016.

Traduction Amparo / Correction Myriam

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Plus d’infos : Lire la suite

[Ville de Mexico] « L’ÉTAT M’APPELLE CRIMINEL » texte de Abraham Cortés

Posted in compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 23 novembre 2016 by liberonsles

« L’ÉTAT M’APPELLE CRIMINEL » TEXTE DE ABRAHAM CORTÉS

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Prison Nord de la ville de Mexico, novembre 2016

Bonjour compagnon-ne-s,

Je vous salue par un fort cri de rage, de solidarité et d’anarchie car cela fait un peu plus de 94 608 000 000 secondes que je suis séquestré par ce sale fuck’in système et après 23 jours de solidarité avec les compagnon-ne-s et pour toutes les histoires qui ont lieu tous les jours dans ce monde, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer le pourquoi de cette grève de la faim qui est devenue maintenant un jeûne. Parce que nous y vivons quotidiennement où que l’on soit, ici ou là-bas, ce que nous appelons la rue. Partout nous sommes surveillés et on nous oblige à être serviles, mais cette même soumission est ce qui donne du pouvoir au pouvoir et la lutte à la lutte.

Qui suis-je ?

Mes parents m’appellent Abraham, l’État m’appelle criminel et les potes ça leur est égal, moi-même je m’appelle SERCKO mais en plus de cela, je suis seulement un être vivant et pensant, cimarron, comme un loup solitaire, sans maître ni dieux.

Compagnon-ne-s, je voudrais partager avec vous un peu de moi. Lorsque je remonte vers le plus ancien de mes souvenirs, je me rapelle qu’il y a toujours eu de la rancoeur, de la haine, de la tristesse, de la discrimination, de la dépression, de l’oubli, de l’oppression entre autres, observant et sentant tout, une vie accélérée de tous les côtés, et comme on dit en prison, je suis un « pagador » [quelqu’un qui doit payer]. Lire la suite

[Ville de Mexico] Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in Archives, Art et résistance, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 21 novembre 2016 by liberonsles

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Novembre 2016

Derrière les barreaux, la visite

par les trois passants

Le trajet vers la prison de Santa Martha Acatitla (Centro Femenil de Readaptación Social) peut être très long. Quand on vient du sud de la ville de Mexico en matinée, le trajet peut durer plus d’une heure et demie, parfois deux heures. Le trajet est long comme l’attente. ATTENDRE, toujours attendre – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur – l’arrivée, la queue, le contrôle, la douane*, les commentaires mal placés et sexistes, la fouille, l’extorsion, l’humeur de la matonne, la tronche du gardien, la visite, la rencontre, l’autorisation du passage de despensa (shampooing, aliments, papier toilette, serviettes…) attendre l’accolade, des nouvelles. Au contraire des prisons masculines (reclusorios), autour de cette prison féminine il n’y a rien : ni marchés d’aliments, ni restaurants, ni stands de tacos, ni petits magasins pour s’approvisionner, ni toilettes publiques, ni papeteries, ni pharmacies, il y a juste un petit stand improvisé avec des bâches en plastique pour garder les affaires des visiteurs et ce jusqu’à 17h…

Pour arriver jusqu’ici, le bus est rempli à ras bord. On voit tout particulièrement des femmes de tout âge, des femmes chargées de sacs, de paniers, de tupperware et costales [ grand sac tissé pour les grains ], femmes portant des sacs chargés eux aussi à ras bord de « despensas », produits alimentaires basiques , de plats préparés, de fruits, de galettes, de vêtements pour les détenues, de couches et de jouets pour les enfants des détenues – nombreux dans ce « centre ». Dans le bus on sait quelles sont les personnes qui rendent visite à leurs proches et amies en prison car elles sont toutes habillées de la même couleur, les couleurs autorisées par l’administration pénitentiaire : orange, violet, rose, rouge, vert clair, jaune, mauve, surtout des chaussures serrées, pas de bottes ni de capuches, pas de décolletés ni de mini-jupes… Une fois tous les contrôles passés, on est là « à l’intérieur » et l’on essaie de profiter au maximum du temps qu’ils nous donnent. Si l’on a de la chance et si l’on a l’autorisation, on peut rester de 11 heures à 17 heures à parler, échanger, manger, chanter et rêver avec les detenue-s.

Certaines ont envie de rester plus longtemps, jusqu’à l’aube. Quant à elles, les détenues, elles ne rêvent que d’une chose : nous accompagner dehors, s’enfuir avec nous et laisser les barreaux bien loin derrière elles, loin de leur vue et de leur quotidien.

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[Mexico] Aux accros du pouvoir, mais plus à ceux qui ont été « pourris par ce pouvoir » : Lettre de Luis Fernando Sotelo

Posted in Communiqués, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 14 novembre 2016 by liberonsles

Depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico

Vraiment ? personne ne se rend compte que je ne me manifeste pas en faveur de la loi d’amnistie ?

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Aux accros du pouvoir, mais plus à ceux qui ont été « pourris par ce pouvoir »

Lettre de Luis Fernando Sotelo

Il est de mon devoir de défendre la position que j’ai prise pour résister, que vous le vouliez ou non. Je sais que cela peut paraître difficile, mais je vois que ça l’est uniquement parce que vous ne pouvez négocier mes décisions, ni mes actions.

Alors, que veulent de moi ou de mes proches les gens des partis politiques ? Simplement parce qu’ils ont réussi à obtenir une photo qui virtuellement me rapproche de leur position.

Vraiment ? personne ne se rend compte que je ne me manifeste pas en faveur de la loi d’amnistie ?

Auparavant, j’ai essayé d’être critique, maintenant je veux être direct : je ne veux pas que quiconque, membres de partis politiques ou non, mette la pression ou sollicite la promulgation d’une loi d’amnistie ou de « pardon » pour me libérer. Si vous continuez à le faire, n’espérez de moi que mon désaccord. Et si vous l’obtenez, c’est-à-dire, si réellement il est possible qu’à travers la séparation des pouvoirs – législatif, exécutif, fédéral – on me libère  : sachez qu’ils m’auront donné raison de dire que pour la totalité des organismes instances gouvernementales, une solution réelle et transformatrice ne présente aucun intérêt.

Pourquoi ? puisqu’ils savent dans quel état, ou plutôt, dans quelle situation se trouve la structure de l’État ? On favorise l’instauration de politiques policières, il y a autour de celles-ci des courants de « néo-fascisme » et de « néo-conservatisme ». Et tous veulent oublier comment cela a commencé ? C’est-à-dire qu’ils veulent oublier que déléguer à un juge la vie (ou des vies) est la première erreur ? Oublier que déléguer c’est aliéner ? et plus… Ils veulent encore plus de délégation de responsabilités ?… Plus d’autels pour la politique d’en haut ? Cette politique qui normalise ma séquestration ?

Cela a déjà été dit et je l’assume : si je voulais m’asseoir pour parler ( ou si quelqu’un le faisait à ma place…) je le ferais par mes propres moyens. Mais en attendant, la position merdique de parler à ma place, me « représente » déjà comme une image du désespoir. Lire la suite

[Mexico] Fernando Barcenas: nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

Posted in Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 26 octobre 2016 by liberonsles

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Prison Nord de la ville de Mexico, octobre 2016

Fernando Barcenas: nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

La loi est un artifice qui castre les aptitudes humaines ; qui pense, dirige,invente nos vies à notre place et une telle conception implique la mutilation de la parcelle la plus unique et authentique de nous-mêmes.

C’est pour cette raison que celui qui décide de prendre sa vie en mains propres en marge de la machine pourrie est considéré comme “bizarre, “antisocial”, “criminel”, etc…

Nous ne pouvons envisager de solutions à l’intérieur du “cadre démocratique », qui par sa politique d’extermination épouvante les habitants avec les spoliations, la violence et la mort.

Des rumeurs concernant une amnistie promue par quelques partis et institutions politiques me sont parvenues. Il me semble nécessaire de préciser ici ma position de refus à toute forme d’instrumentalisation des énergies du peuple pour le maintenir aux ordres. Certains pensent qu’une amnistie pourrait assainir les intérêts du peuple, réduits en mille morceaux par l’imposition de la richesse et grâce à l’esclavage économique ; nous, nous ne voulons pas “sortir” de prison pour entrer dans une autre. Nous voulons être libres, libres véritablement, en dehors de toutes leurs réalités virtuelles et cela implique forcément détruire la société. Nous le ferons en pensant que quelque chose de neuf doit naître pour engloutir à jamais cette civilisation pourrie qui nous transforme en automates et rouages de sa machinerie.

Les “luttes politiques” ne nous intéressent pas, mais plutôt le conflit permanent qui existe partout ; ils peuvent nous emprisonner mais ils n’arrêteront pas la révolte. Les voisins mécontents descendent dans la rue pour rejeter les projets immobiliers cause du dépouillement et du déplacement forcé de milliers de famille qui n’ont pas les ressources suffisantes pour financer la privatisation de l’espace public. La privatisation de l’eau est également un autre symptôme criant, reflet de toute la considération que nous portent en réalité les puissants. Esclavage moderne, aliéné et édulcoré par le luxe, les drogues et autres aspirations capitalistes.

Nous n’avons pas besoin d’amnisties parce que nous n’avons pas besoin de règles qui régentent nos vies; le miroir aux alouettes du progrès nous fait croire que l’État et le gouvernement sont indispensables et du coup nous ne nous rendons pas compte directement des indices indiquant qu’ils nous convertissent en complices des massacres de nos peuples… Lire la suite

[Mexique] Journée de lutte en prison: Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas, Abraham Cortés et Miguel Betanzos

Posted in Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 3 octobre 2016 by liberonsles

Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim.
Miguel Peralta Betanzos entame un jeûne.

grevemxtous

Depuis le 28 septembre les compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortes, détenus à la prison préventive Nord, Luis Fernando Sotelo, détenu à la prison préventive Sud de la ville de Mexico et Miguel Peralta Betanzos dans la prison de Cuicatlán de l’état de Oaxaca ont débuté une journée de lutte anti-carcérale depuis l’intérieur de la prison.

Les trois compagnons à Mexico se sont déclarés en grève de la faim, alors que Miguel lui, entamera un jeûne.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué signé par notre compagnon anarchiste Fernando Bárcenas et Abraham Cortés.

28 septembre 2016

Aux compagnon-ne-s rebelles

Aux peuples et communautés sur le pied de guerre

Aux esclaves émancipé-e-s

A ceux et celles qui se sentent concerné-e-s par ses positions et ces paroles…

Pour une libération totale, nous déclarons aujourd’hui une grève de la faim indéfinie comme acte d’autodétermination et d’incitation à la révolte généralisée. Parce que tout simplement, nous ne pouvons plus continuer à assister jour après jour, au génocide de nos communautés et de nos peuples.

Il existe dans cette société une réalité occulte ; la démocratie est un coup d’état qui n’embusque pas ses tanks dans les lézardes mais les remplace par des caméras de télévision et des micros de journalistes. La démocratie gouverne par le pouvoir de sa propagande et c’est pour cela que nous soutenons que la démocratie est la technique et la science qu’utilise le pouvoir pour qu’elle ne soit pas perçue comme une oppression, le capitalisme en est le chef et la démocratie son attaché de presse.

C’est pour cette raison que nous ne nous adressons ni aux médias ni aux classes dominantes, nous parlons et nous nous adressons à nos compagnon-ne-s de l’immense bagne appelé Terre, à ceux qui comme nous, sont les fils de la guerre dû au simple fait qu’ils sont nés dépourvus de tout.

Mais ces paroles n’ont aucune intention d’instrumentaliser leurs forces rebelles et encore moins de les unifier sous un quelconque drapeau, mais bien plutôt d’ouvrir un lien de communication, un espace de syntonie de luttes et de tout ce qui peut émerger de toutes parts comme contestation et actes d’auto-détermination.

Il nous semble et dans notre perspective, que là où il y a autorité la prison existe et c’est pour cette raison que la prison est bien plus qu’une simple structure physique qui s’impose à nous par l’image des murs et des barbelés. La prison, de notre point de vue est constituée par la société toute entière alors que les prisons physiques ne sont qu’une expression concrète de l’isolement social qui nourrit et légitime le pouvoir.

L’urbanisme (par exemple) est la représentation même de l’emprisonnement massif ou, ce qui revient au même, de la fortification de l’espace urbain qui s’accompagne de l’extermination des classes populaires les plus marginalisées et qui se présente aujourd’hui comme partie intégrante de la phase ultime géo-historique du capitalisme techno-industriel. (Ultime effort de restructuration dans cette étape de crise durant laquelle, la seule façon de consolider sa domination est la guerre). Lire la suite

[Ville de Mexico] Luis Fernando Sotelo condamné à 33 ans et 5 mois de prison. Que commence la tempête !

Posted in Campagnes, Communiqués, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta, Ville de Mexico on 21 septembre 2016 by liberonsles

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Luis Fernando Sotelo condamné à 33 ans et 5 mois de prison.
Que commence la tempête !

Ce mardi 20 Septembre, après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€) pour les délit d’attaques aux voix de communication, d’attaques à la paix publique qualifiées et dommages qualifiés.

Cette sentence est le reflet de la politique de répression et de criminalisation de l’État mexicain, en commençant par celle du Chef du Gouvernement Miguel Ángel Mancera* qui prétend condamner notre compagnon sans aucune preuve en lui assignant une peine ridicule et démesurée.

Face à sa politique de terreur nous lui disons que nous n’avons pas peur, que ses sentences s’effondreront parce que nous avons la raison et l’organisation de notre côté.

Aujourd’hui nous réaffirmons et nous renforçons notre solidarité avec notre compagnon, qu’ils sachent qu’il n’est pas seul, nous marcherons et nous lutterons jusqu’à faire s’écrouler les murs de leurs prisons, nous lutterons inlassablement jusqu’à ce nous soyons tous et toutes libres !

Que notre rage ne fasse qu’une, que le vent souffle, que commence la tempête !

Campagne Luis Fernando Libre.

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* Miguel Ángel Mancera est le chef du gouvernement de la ville de Mexico.

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

Voir : Dernière Lettre envoyée par Fernando Sotelo depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico (lettre publique)

[Mexique] À bas la prison ! Bulletin irrégulier – Septembre 2016

Posted in Archives, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 21 septembre 2016 by liberonsles

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À bas la prison !  Bulletin irrégulier – Septembre  2016

Rappel

À deux ans des mobilisations en solidarité avec les étudiants disparus d’Ayotzinapa, Guerrero, on se souvient aussi des compagnons qui se trouvent actuellement en prison pour le simple fait d’avoir manifesté et mené des actions dans la rue pour la présentation en vie des étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Cela fait deux ans de manifestations, actions, piquets de protestation et pour quelques compagnons, il s’agit aussi de deux ans d’incarcération. Le gouvernemet, lui, n’a répondu que par le silence, la mascarade, la répression et la manipulation de la loi et ses médias au détriment des personnes arrêtées.

ferzamÀ ce jour, un compagnon se trouve derrière les barreaux Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

controlDepuis 2012, le gouvernement de Mexico a approuvé et mis en place des mesures qui renforcent la machine du contrôle social : l’installation de plus de 20 mille caméras de surveillance dans toute la ville, la mise en place du Protocole de Contention des Foules, les réformes du code pénal local afin de durcir les peines, la fermeture du zocalo (place centrale) de la capitale pour empêcher l’arrivée de manifestations, l’augmentation toujours plus forte dela présence policière dans les rues, tout ceci n’est qu’une partie de ce contrôle. Le bilan de cette politique, plus de 500 personnes détenues durant différentes manifestations, actions et mobilisations (…)

Dès 2013, le gouvernement mexicain, de concert avec l’investissement privé, a démarré un projet économique permettant la construction et l’administration de prisons. Depuis lors, des sommes millionnaires commencent à concrétiser ce projet carcéral mené par les hommes d’affaires Carlos Slim, Olegario Vázquez Raña, les familles Hank Rhon et Quintana, tous bien déterminés à assurer le bon déroulement de cette affaire… Lire la suite sur :  À bas la prison !  Bulletin irrégulier – Septembre  2016

 – Cliquez sur l’image pour télécharger le  Bulletin –

Bonne lecture à tous et à toutes !

Les trois passants.

bullseptembre__________

♦ Plus d’infos sur la Rubrique : La Guerre du Mexique d’en haut

 ♦ Répression / Prison

[Mexico] Fernando Sotelo bientôt deux ans derrière les barreaux

Posted in Archives, Communiqués, sexta, Ville de Mexico on 20 septembre 2016 by liberonsles

« Chaque argument défendu par le maton pour justifier sa corruption et sa médiocrité, avec des mots « d’ordre social » contre le prisonnier, laisse voir l’incohérence de son éthique. Une éthique promue dans des relations « officielles » entre le maton et le/la prisonnier-e. Avec la capacité d’exploiter les prisonnier-e-s dans un ordre économique qui inclut les déshérités à cette participation. Le truc c’est que s’ils participent, ils le font en jouant le rôle du consommateur moderne – tel un spectateur - et le spectacle se joue sur la même scène que celle où agit le gouvernement « comme il se doit », « justement », « normalement » sur demande de la société ou, au mieux, en veillant aux intérêts de celle-ci. »

– Luis Fernando Sotelo –

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Le 10 novembre 2014, le juge lui a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations.

libertad-yaaaDernière Lettre envoyée par Fernando Sotelo depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico (lettre publique)

Bonjour, compagnonnes et compagnons solidaires, aux compagnonnes et compagnons de Caracol Solidario, du Groupe Proudhon, du Resto Trottoir, des Trois passants :

Je m’étais précédemment engagé à vous écrire, il me semble honnête de m’excuser.

L’information que je souhaitais partager avec vous quand je vous ai dit que je vous écrirais concernait la vie quotidienne.

Mais après une punition imposée par les autorités du Conseil Technique Inter-disciplinaire – organe administratif de la prison – et suite à notre contestation (articles dans la presse et recours en révision), ils nous proposent maintenant d’avoir des activités comme du sport, la tenue d’un séminaire de philosophie avec un autre compagnon, le Dr. Felix Hoyo, ou encore la participation à un cinéclub.

Ce qui est en train de se passer est ce qui se passe au niveau de beaucoup de processus d’organisations et de luttes : l’autorité en place essaie de réduire les autonomies.

Je pense qu’avec deux compagnons je pourrais réaliser certains projets. Et cela bien que les autorités nous surveillent particulièrement et nous traitent différemment de la majorité de la population (carcérale). Mais nous voyons que le problème est l’imposition – de quoi ? D’une exploitation subie. La corruption de la loi et de l’ordre est soutenue par les structures même du pouvoir en place.

Nous, avec nos petits efforts, nous avons dû commencer par ne pas oublier. Lire la suite

[MEXICO] Fernando Bárcenas Castillo appelle à se solidariser avec les prisonnier-e-s qui vont commencer une grève de la faim aux États-Unis le 9 septembre 2016.

Posted in Actions, Archives, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 6 septembre 2016 by liberonsles

Depuis la Prison Nord de la ville de Mexico

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Le compagnon anarchiste Fernando Bárcenas Castillo appelle à se solidariser avec les prisonnier-e-s qui vont commencer une grève de la faim aux États-Unis le 9 septembre 2016.

Lettre ouverte aux compagnon-ne-s

Note : L’utilisation du mot prison dans ce texte, se réfère à tout les endroits artificiels dans lesquels on nous domestique pour nous insérer de force dans le système de production capitaliste. C’est une contribution pour approfondir la réflexion de tous les être vivants aux mains des puissances économiques et du projet technologique…

Compas, je vous salue d’un amour insurrectionnel pour vous faire parvenir ces paroles de guerre, tout en saluant aussi les jours de l’insurrection qui vient, parce que les idées fleurissent dans les champs comme les fleurs que nous ne devons pas arrêter de cultiver…

Nous ne savons pas si la victoire existera, mais ce que nous savons c’est qu’ils n’occuperont pas nos rêves et nos vies…

Le seul vrai moment de liberté c’est lorsque nous nous battons pour la liberté, parce que nous préférons mourir plutôt que d’accepter cette façon de vivre. Sans nous en rendre compte, nous sommes déjà libres, parce que rien n’occupe nos têtes sinon le seul désir d’incendier la réalité…

Mais qu’est qui se cache derrière la guerre destructrice, derrière la sombre obscurité de l’esprit humain ? Ne serait-ce pas le reflet et la manifestation poétique d’êtres se réappropriant leurs vies et influençant de manière active l’organisation de la vie quotidienne ?

Si chaque individu se vantait d’être “libre”, il se rendrait compte de sa condition, ce serait le début de la dernière guerre, notre dernière opportunité.

J’ai appris que c’est au cours de la vie quotidienne des peuples que les postulats d’une force réelle se concrétisent, capable de s’opposer et de nier le capitalisme.

Ceux sont de simples articulations d’idées et d’actions. Nous ne voulons pas être attirants pour les masses modernes consommatrices, c’est pour cela que je crois qu’il peut exister une forme réelle d’auto-organisation uniquement entre les gens les plus mal-traités et marginalisés, ceux qui vivent quotidiennement en guerre mus par l’instinct et le sentiment, plus que par la raison…

Puisqu’une conscience vierge est plus sauvage et n’est pas tant manipulée par les systèmes éducatifs, elle est toujours plus propice à prendre une orientation anarchique…

Comme son instinct lui en donne l’intuition, ils se sentent poussé-e-s vers la désobéissance. Il faut seulement provoquer « l’étincelle » qui allumera l’incendie…

Mais généralement, pour faire réfléchir, un prisonnier-e, par exemple, nous nous trouvons dans la situation que les simples paroles ne suffisent pas parce que c’est quelqu’un-e qui vit quotidiennement la guerre et qui connaît les scénarios, même beaucoup mieux que nous et cela n’arrive pas par des paroles, sinon par des actions et des attitudes réelles, cohérentes avec ce que nous pensons et ce que nous disons. Lire la suite

[Oaxaca] Lutte communautaire et répression politique à Eloxochitlán de Flores Magón, le cas de Miguel Betanzos ( Télécharger librement ce livre )

Posted in Archives, compas anarquistas, Oaxaca on 22 août 2016 by liberonsles

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Cliquez sur l’image pour télécharger le livre en français

Traduction collective

Ce bulletin a pour but de diffuser l’un des cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, il a été réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonnier.e.s Anarchistes, qui a eu lieu du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée. Ce bulletin a été créé sans aucun but lucratif. Nous encourageons toute forme de solidarité envers nos compagnons et compagnonnes prisonnier.e.s.

Miguel Ámiguelflomngel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux. Plus d’infos

Vous pouvez reproduire totalement ou partiellement ce bulletin.

Répands et étends librement ces idées.

Solidarité et camaraderie avec nos compagnon-n-e-s prisonnier.e.s

À bas les murs des prisons !

Destruction de la société carcérale !

Bonne lecture !

 Les trois passants

Télécharger le livre en espagnol ici

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Plus d’infos:

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Voix depuis la prison :

Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca

[Ville de Mexico] Présentation du collectif de prisonnier-e-s « CIMARRON »

Posted in événements, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 10 août 2016 by liberonsles

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Texte lu lors de la rencontre Anti-carcérale du Bajío – Mexique.

Juillet 2016

Caché dans ce qui aujourd’hui est un semblant de campement (une loge), je me connecte à ce dialogue intime par lequel j’approfondis mon essence et c’est précisément ce moyen par lequel je peux dénuder mon âme et l’offrir, au moins tant que je me trouve dans cet endroit… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne peux être prisonnier de mes émotions si je veux pouvoir survivre… je reste vivant et en alerte, parce qu’il suffit d’une étincelle pour que la vie s’achève lorsque tu vis entassé, supportant une routine incessante de jours, semaines, mois, années et pour certains plus malheureux que moi : de décennies… Le conflit est inévitable. Il est évident que nous tous reclus ici, nous sommes une bombe à retardement… Tu ne peux jamais savoir quand explosera une de ces bombes et d’une certaine façon cette sensation d’agressivité ne me déplaît pas ; ce qui me déplaît c’est la résignation de la grande majorité ; parce que cela signifie renoncer à attaquer les puissants et si nous renonçons à les attaquer alors nous nous attaquerons entre nous…

C’est ce qui me bouleverse parce que dans certaines situations nous devons aussi maltraiter des enfants du peuple…je suis conscient que chaque fois que je sors de cette cellule, c’est l’instinct sauvage qui me guide pour me conduire comme n’importe quel bête sauvage le ferait ; avec son intelligence, son instinct et sa force physique… C’est ainsi que peu à peu je me gagne la sympathie des autres animaux, non pas pour mon argent ni mes relations ou mes influences, mais par ma détermination à ne permettre à personne de s’approprier mon existence, et de vivre toujours en marge des rapports de pouvoir… Dans un endroit comme celui-ci, quelqu’un de marginal comme moi n’a d’autre moyen que ses bras et son cerveau soutenus par son courage et la rage de l’instinct de préservation pour faire respecter ses opinions, ses idées… La vérité c’est que j’ai toujours des envies que tout explose, que j’imagine les maton-e-s , les honnêtes citoyens et leurs institutions de représentation brûlant dans les flammes… Si j’ai appris quelque chose tout au long de ce projet d’insurrection de mes idées c’est de valoriser cette sensation qui consiste à garder le contrôle sur ma vie ; une sensation que j’expérimente très souvent lorsque je me confronte au maton, lorsque je décide de ne pas être victime du système et que je retrouve ma dignité en rendant le coup de poing dans la gueule, à l’estomac, parce que cela constitue en soi un acte de guerre qui rappelle celui des animaux en cage, du compagnon bastonné, du prisonnier réduit à moins que rien, des pauvres et de tous les marginalisés du monde qui ont posé le pied dans les entrailles de la prison, tous ces être formidables qui résistent quotidiennement aux ravages de la guerre contre l’humanité et la nature, menée par l’économie globale dans les états du monde et qui de par leur politique ont condamné à mort la planète sur laquelle nous vivons.

C’est dans ce contexte que l’individualisme d’un rebelle solitaire se transforme en organisation ; car souvent il suffit juste d’impulser une légère expression de désobéissance pour contaminer les autres êtres qui se savent eux aussi humiliés, piétinés, c’est ainsi que petit à petit des actes spontanés de résistance quotidienne se reproduisent (le refus des contrôles, les agressions contre les gardiens, les insubordinations collectives, les grèves de la faim etc.) et bien que nombre d’entre elles ont été étouffées sur le champ et que nombre de ceux qui ont participé en tant que coordination informelle des prisonniers en résistance (CIPRE) ont choisi de négocier et d’obtenir certaines commodités, on ne peut ignorer que ces faits n’existaient pratiquement plus dans les prisons au moins dans la dernière décennie, surtout depuis la prolifération de ceux qu’ici nous appelons « les mules » ou « prisonniers au service des autorités ».

Cependant, depuis ces actions qui ont agité l’intérieur de la prison pendant quelques mois, un petit groupe de personnes s’est formé, qu’ils ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón »… cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison… En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale…

Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination….

Jusqu’à ce que nous soyons tous libres !

– Fernando Barcenas –

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liberanLe compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets à l’intérieur de la prison Nord de la Ville de Mexico où il est incarcéré depuis le 13 décembre 2013. Il a créé des ateliers d’écriture, de réflexion, de musique; avec d’autres prisonniers et prisonnières écrit et diffuse le journal anticarcéral Indépendant et de combat « El Canero »; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Traduction Amparo et les trois passants / correction Myriam

Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

[Mexico] Réflexions sur le journal « El Canero » : Fernando Barcenas + télécharger le journal n°4 (en ligne)

Posted in compas anarquistas, Journal indépendant de combat « El Canero », prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 30 juin 2016 by liberonsles

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Réflexions sur le journal « El Canero » par Fernando Barcenas

Prison Nord de la ville de Mexico, juin 2016

Le projet « El Canero » est né durant les heures d’ennui, de partage de discussions et réflexions dans les cellules d’isolement, dans la zone 3 du module d’entrée, en observant la routine et comprenant que nous devons toujours recommencer depuis le début ; c’est ainsi qu’a surgi la nécessité de redonner du sens.

Que signifiait réellement lutter contre la domination et l’état ?

Est-ce que croire aveuglément dans mes idées avait encore réellement un sens ?

Bien des questions se bousculaient dans ma tête et j’ai compris alors que je devais trouver une forme pour ne pas me retrouver en proie à l’angoisse et au désespoir…

J’ai d’abord commencé par écrire pour débuter un dialogue avec moi-même et ensuite, lorsque j’ai conçu la façon de matérialiser ma liberté intérieure, je l’ai alors utilisée comme lieu d’introspection depuis celui où je me trouvais avec mes bourreaux, de mes prisons subjectives, de mes attitudes autoritaires et de soumission, un lieu où je n’avais de sens qu’en me cherchant moi-même et qui a en effet fonctionné comme un outil pour reprendre confiance dans mon individualité unique et libre.

Par la suite, sont venues les questions.

Est-ce que cela avait un sens de n’écrire que pour soi ?

De quoi avait-on besoin pour briser les barrières de l’isolement.

Les réponses infinies à de tels questionnements m’ont conduit à une seule réponse : Écrire !

Si la liberté est aussi indispensable, aussi appréciée que la vie elle-même, à un point tel que nous serions capables de donner notre vie plutôt que de la soumettre à l’esclavage et aux chaînes ; alors pourquoi ne pas se battre pour l’étendre et faire en sorte que d’autres puissent expérimenter ici et maintenant la sensation de liberté et de plénitude qu’elle nous procure et qui parcourt notre corps chaque fois que nous nous échappons du périmètre légal, de la norme sociale ?

Nous sommes acteurs de la révolte et pour chacun des actes décidés, nous nous assumons comme des êtres capables de nous autodéterminer, de nous réapproprier nos vies et d’avancer de façon cohérente vers l’expérimentation et la création de nouvelles formes de rapports sans pour autant nous transformer en institutions sociales. C’est pour cela qu’à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons physiques nous devons réfléchir et nous interroger : sommes-nous satisfaits de vivre soumis à de telles conditions ? Avons-nous envie de détruire la réalité ou voulons-nous seulement la transformer ? Mais surtout nous devons savoir si ce choix, c’est bien nous qui le faisons, si c’est bien le nôtre.

FERNANDO BARCENAS
Prison Nord de la ville de Mexico

Le journal El Canero, c’est quoi ?

+ d’infos / Le Canero n° 4 – Pour télécharger le journal, cliquez ici

+ D’infos sur Fernando Barcenas

Lettre lue et envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Toulouse par les trois passants avec le soutien de la Chapelle, de l’atelier Fandango Mano y Vuelta et de copines et copains solidaires.

Traduit par Amparo et les trois passants / correction Val

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnier-e-s qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

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À lire également

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[Mexico] Voix depuis la prison : Extraits du journal anti-carcéral « El Canero n°4 »

Posted in Uncategorized on 30 juin 2016 by liberonsles

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Extrait de l’article « La prison: centre d’intoxication » rédigé par l’équipe médicale solidaire de la CIPRE – Coordination Informelle des Prisonnier.e.s en Résistance, Ville de Mexico, Canero N° 4

C’est en prison que les délinquants se créent, et cela va des prisonniers aliénés au directeur, aux matons et aux autorités.

Les statistiques officielles récentes signalent l’existence de 420 prisons au Mexique où cohabitent 242 000 prisonniers dans un espace prévu pour en accueillir 190 000. Dans ces conditions, les prisons sont des lieux propices à la contagion criminologique. Plus de la moitié de la population carcérale est constituée d’individus qui purgent des peines inférieures à 3 ans pour délits non graves ni violents, mais ils ont bien « mérité la réponse plus « contondante » et ferme de la part de l’État Mexicain, la prison ».

Au Mexique, le code pénal se sert de la prison de façon intensive et irrationnelle. Unique endroit au monde où 95% des infractions prévoient la prison comme forme de sanction. Dans les faits, la présomption d’innocence n’existe pas ni d’autres sanctions alternatives à l’incarcération…

Selon les statistiques de 2013, 220 des 420 prisons se trouvent en situation de surpopulation. Les prisons les plus surpeuplées se trouvent dans l’État de Nayarit avec un taux de surpopulation de 188%, la Ville de Mexico avec 184% et celle de Jalisco avec 176%.

Dans la Ville de Mexico les prisons dépassent les taux de surpopulation pour plus de 200% :

-Prison Oriente avec 274.17%
-Prison Norte avec 250.85%
-Prison Sur avec 217.85%

Cependant dans la prison de Tepeaca dans l’État de Puebla, la surpopulation atteint le taux de 400% dans un espace pour 46 266 prisonniers.

58,8% des prisonniers ont des condamnations inférieures à 3 ans. En janvier 2013, on comptait un total de 101 224 prisonniers sans condamnation, en attente d’un procès, dans la majorité des cas en raison du manque de ressources économiques pour couvrir les frais nécessaires pour avoir une défense adequate. Autrement dit, la capacité répressive de l’État se déchaîne envers les couches les plus défavorisées…

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carcel5Les couloirs de la ville défectueuse

Par Tonatiuh
Depuis la prison Nord de Mexico
« Reclu Norte » (Canero n°4)

Les couloirs de la ville défectueuse; l’un des couloirs parmi les plus dangereux et effrayants que tu puisses imaginer.

Tu peux tomber sur toutes sortes de surprises; observer l’entrée et la sortie d’objets pointus et tranchants arrachant la vie des corps humains ; rencontrer des gens qui doivent survivre dans la jungle de murs ; voir des « Chineandolos » : étranglements, serrant le cou par derrière, obstruant le passage d’oxygène au cerveau, perdant connaissance, pour enfin tomber par terre à cause des convulsions et devenir ainsi une proie facile à voler par les prédateurs; se battre à cause d’un simple frottement ou d’un coup de pouce reçu au milieu de la surpopulation carcérale, et tout ça, sans compter tous ceux qui ont perdu la vie en raison d’un vol insignifiant, des tennis, par exemple, ou de trucs du « Barco » : des aliments ou des choses sans aucune valeur que les visites apportent aux détenus.

Il y a des tas de façons de survivre dans « el kilometro » la taule : en vendant « rancho » de la bouffe, des médicaments, des produits comestibles, des vêtements, des chaussures, du pain, des livres, des clés USB, des enceintes, des appareils électriques, des matelas, des couvertures, même du viagra…

On dirait un couloir du quartier d’Indios Verdes ou Pantitlan ; une cour de n’importe quelle station de bus, de n’importe quelle cité à Tlatelolco, ou à l’institut polytechnique national IPN, ou bien l’architecture de n’importe quelle école.

Ce sont les couloirs de cette ville défectueuse et quand on transite par la taule « el kilometro » on doit faire face à toutes ces adversités, en faisant semblant, en prenant l’image de chacal « gandalla » pour pouvoir se défendre de toute sorte d’adversité.

Mais nous sommes prudents pour ne pas tomber dans le jeu des autres, pour ne pas devenir une proie de la corruption des matons, pour ne pas arriver à la punition, perdre ses dents, se faire poignarder ou perdre la vie; pour pouvoir sortir de cette petite ville où t’apprends à voler à grande échelle, à extorquer, à séquestrer, à mentir…

Ce sont les prisons de la ville de Mexico; l’image et le reflet des villes urbaines.

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Depuis L’enfer…CARCELMX

Par Ivan Rodriguez Tamayo
Depuis la Prison Nord
« Reclu Norte » (Canero n°4)

Imaginez seulement la scène, une chambre de 4m x 4m, occupée par 12 individus qui avec toute la force de leurs coeurs et le peu qui reste de l’âme, se limitent à se regarder les uns les autres avec respect mais toujours en se méfiant ; peu importe combien de temps ça fait qu’ils se connaissent ils ne pourront jamais savoir véritablement ce que pense l’un de l’autre, énigmes dans les ténèbres qui rôdent dans les couloirs obscurs ; mensonge, amertume, jalousie, anxiété, peur, rancune, tristesse, insécurité, faim, froid, honte, solitude, adrénaline, colère, luxure, désespoir, orgueil, inégalité, abus, maltraitance, fatigue et surtout, douleur, beaucoup de douleur, de vide, ce sont quelques sentiments qui régnaient et gouvernaient cet endroit…

Ma maison depuis le 5 septembre 2009, je me souviens de la façon dont je suis arrivé ici, en réalité, j’avais mis du temps à arriver, mais quand ce fut mon tour, simplement je n’ai rien pu faire pour l’empêcher en touchant ainsi les portes de cet enfer…

Mes actions, mensonges, toxicomanie, jalousie, manque de confiance, peur, m’ont amené ici, dans un clin d’oeil j’ai atterri là, dans un monde nouveau avec ses propres règles, protocoles, systèmes d’organisation, totalement méconnus pour moi, un tunnel obscur où tes propres peurs et démons créent leurs propres histoires, l’imagination et le mythe urbain construisent maintenant ton chemin…

Les murmures depuis l’obscurité t’appellent, te guident ou simplement te parlent, règles qui cassent, accords qui finissent en trahison, un cercle vicieux de magouilles de tricheries que simplement commencent à nouveau, doutes, questions : Qu’arrivera-t-il demain ? Qu’est ce qui va suivre ?…

A la fin de tout, il s’agit d’un chemin sans retour qui recommence et t’enferme dans un endroit éternel, un abîme qui te regarde et toi, tu te demandes comme d’habitude, la même chose, pourquoi je suis là ? Quand est-ce que je partirai ?…

Et quand la nuit tombe, le père chronos continue d’avancer.

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Voix depuis la prison Nord de la Ville de Mexico (Canero n°4) + D’INFO

Traductions: Amparo, Les trois passants / corrections: Val, Valérie et Myriam

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[Oaxaca] Qu’est-ce que c’est le temps, en prison : Miguel Betanzos

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 30 juin 2016 by liberonsles

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de vingt policiers. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis cinq ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions en s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux.

tempsbet

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos
Depuis la Cellule 2 couloir C
Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Qu’est-ce que c’est le temps, quand, en prison, on en a trop ?
On danse avec l’ombre, on joue avec nos rêves et on rit
On marche sur la voute céleste
On pleure en silence
On est parfois morts en vie
On chante et on se révèle face à leurs murs et à leurs barreaux
On se nourrit des déchets que jette la société ; on les recycle
On aiguise nos sens.
On détruit tous les jours ce qui est en place, on dés-arme la réalité.
On s’énerve contre nos pensées et nos camarades, (mais) pas tous les jours
On marche sur la corde fragile du châtiment, on dessine des visages avec les nuages,
On s’efforce de rendre les jours plus légers et, par nécessité,
On regarde toujours le ciel, mais aussi là où on met les pieds,
On entend des voix, on discute avec elles et on aperçoit des visages dans l’obscurité
On apprécie le vol des oiseaux, on aime la vie, on se trouve toujours dans la salle d’attente,
D’attente de Justice, d’une visite ou de liberté ? Qui sait ?
On se languit des personnes que l’on aime, on y pense,
On s’endort avec la lune et on tombe amoureux de la liberté en attendant une nouvelle aube
Lutter, endurer, résister,
Saluts fraternels à ceux et celles qui se sont solidarisés cette année.

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11 lettres anti – carcérales
Le silence dans l’obscurité chante et danse la musique de
la liberté à tous les incarcérés…
L’eau coule,  se gonfle et excite les grillons
qui se préparent à la révolte.
Les oiseaux dans leurs cages sortent de leur léthargie et
cessent de siffler pour toujours…
Le silence s’est rompu
Le bruit, la rage et la colère deviennent complices des sentiments
et prononcent lentement la sentence de l’écroulement de la pensée.

Miguel Peralta Betanzos

Traductions Marion et Amparo / correction Val

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MIGUELFANZINFanzine à télécharger en français :

cliquez sur l’image.

Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, 

+ D’Infos

miguelperaltaBULLETIN D’INFORMATION  (pour l’instant en espagnol / en cours de traduction) – cliquez sur l’image

Télécharger un des bulletins concernant les cas de répression qui ravagent le territoire dénommé Mexico, réalisé dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonni@s Anarchistes, du 26 au 30 août 2015. Ce bulletin a été réalisé par des personnes solidaires de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, alors que 12 de ses membres sont toujours emprisonnés pour avoir défendu leur territoire et les décisions politiques prises par l’Assemblée.

À lire également : [Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón (contexte)

Amour pour la liberté: Fernando Barcenas

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 juin 2016 by liberonsles

Ecrits de prison

Liberté Totale

Compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

– Fernando Barcenas –

fanferdernier8cliquez sur l’image pour télecharger le fanzine

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À lire également

canero-04_3Le journal El Canero, c’est quoi ?

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

 

[Toulouse] Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Expo/Concert)

Posted in Actions, événements, Chiapas, compas anarquistas, Loxichas, Oaxaca, sexta, Ville de Mexico on 22 mai 2016 by liberonsles

Eventotoulousetroispass2016defPhotos envoyées aux prisonnier-e-s accompagnées de lettres de soutien

CHAPELLEtroisdefPour télécharger le flyer cliquez ici

Nous vous invitons à une journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Expo / Projections / Concert…)

Venez nombreuses et nombreux soutenir nos compagnons en lutte qui résistent et se battent contre le système pénitentiaire, l’isolement, le mépris et l’oubli, depuis les geôles de la ville de Mexico, d’Oaxaca et du Chiapas ! Lire la suite

Toulouse : présentation du journal anti-carcéral de combat « El Canero N°4 »

Posted in Archives, événements, compas anarquistas on 13 mai 2016 by liberonsles

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Nous vous invitons à la présentation du journal anti-carcéral, indépendant et de combat « El Canero N°4 » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.

Vendredi 20 mai 2016 à 19h
À LA LIBRAIRIE TERRA NOVA
18 rue Gambetta – 31000 Toulouse
Métro Capitole ou Esquirol

♦  La prison au Mexique, contexte général, la prison Nord et la naissance du journal anti-carcéral « El Canero » .

♦ Table de presse : Brochures, fanzines, autocollants, cartes postales …

♦ Projection de la vidéo de Fernando Barcenas : « Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero ».

♦ Diffusion des journaux N°3 et N°4 en français. Lire la suite

Cela fait 17 ans qu’Alejandro Diaz Santiz est emprisonné dans les geôles du Chiapas.

Posted in Archives, Chiapas, sexta on 12 mai 2016 by liberonsles

comatitlan

Ce 11 mai 2016, cela fera 17 ans qu’Alejandro Diaz Santiz est emprisonné dans les geôles du Chiapas.

Un an de plus qu’Alejandro passe en prison, à ce jour, il se trouve à la prison de sécurité maximale CEFERESO de Villa Comatitlán, Tapachula, Chiapas.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Les solidaires de la voix de l’Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel leur font subir, le manque de suivi médical, les réductions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme parce qu’ils sont indigènes. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus soumis aux mêmes difficultés, tous font face au système carcérale qui tue à petit feu, maladie, maltraitance, mépris, humiliation quotidienne, pour Alejandro tout cela s’est accéléré après son transfert au centre d’extermination de Comatitlan. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte encharnée avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, sous un petit toit servant de salle de réunion, des rencontres avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente.

Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré de la prison de « los llanos » vers une prison de haute sécurité.

Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons ont été déplacés puis à nouveau éparpillés.

Liberté pour Alejandro Díaz Santiz !

Les trois passants

Plus d’infos

Comunicado: Alejandro Diaz Santiz: 17 años de injusta privación de su libertad, par le groupe de soutien aux prisonniers du Chiapas « No Estamos Todxs »

[Mexique – À dix ans] Femmes du cas Atenco : Ni oubli ni pardon ! (+ chronologie)

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 4 mai 2016 by liberonsles

INFO
Contre l’oubli

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Nous insistons : nous ne cédons pas devant les stratégies de l’État, nous continuons la lutte, nous continuons à parier sur une « autre réparation » celle qui reconstruit le tissu social, la confiance, la solidarité, celle qui évoque la mémoire et construit la vérité pour nous celles et ceux qui sommes en bas. Femmes ayant subi la torture sexuelle durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006 à Atenco.

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À 10 ans de la torture sexuelle perpétrée par des agents fédéraux et de l’État mexicain contre 27 femmes, durant les opérations policières réalisées à Texcoco et à San Salvador Atenco, entités apparentant à l’État de Mexico, d’autres cas similaires sortent à la lumière et sont dénoncés, démontrant ainsi que la violation sexuelle est une pratique courante des forces de sécurité mexicaines. En attendant que la Commission Interaméricaine de Droits de l’homme (CIDH) analyse si l’État mexicain est responsable ou non de la torture sexuelle contre 11 des 27 femmes qui ont décidé de dénoncer la torture sexuelle subie durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006, les organisations sociales continuent de documenter de nouvelles violations. (1) Lire la suite

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Miguel Betanzos, après un an de sa détention + BULLETINS D’INFO

Posted in Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 29 avril 2016 by liberonsles

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été perpétrée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres de l’Assemblée d’Eloxochitlán, hommes et femmes, sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Eloxochitlán de Flores Magón est le berceau de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magón. Magón  est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; le journal independant de combat « Regeneración ». Lire la suite

Lettre publique*

Depuis la Cellule 2 couloir C

Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Alors ? Comment ça va ?

Bonjour à tous les compas, c’est une grande satisfaction de savoir qu’il existe dans l’univers des êtres solidaires avec les personnes enfermées, qui partagent expériences, luttes, résistances et qui nous accompagnent pas à pas pour atteindre le sentier de la liberté pleine ou qui la réinventent. A tous ceux qui se sont rassemblés pour développer ces activités, salutations et je vous embrasse fraternellement.

Presqu’un an que je suis enfermé et je suis encore debout grâce à vos encouragements, vous qui connaissez ma situation juridique et les autres à qui je n’ai pas raconté que mes audiences sont régulièrement reportées à des dates ultérieures. Jusqu’à maintenant et depuis le mois de décembre dernier c’est la quatrième fois, pour différents motifs, mais à la fin les prétextes sont toujours les mêmes : manque de pièces et les juges se renvoient la balle. Ces audiences doivent servir à initier le recours pour garanties individuelles (procédure d’amparo) ; si ce n’est pas le cas, alors nous devrons aller au procès avec présentation de preuves. Je sais que le chemin à parcourir sera très long mais je ne renoncerai pas. Il y a quelques jours j’ai appris qu’ils sont sur le point d’émettre d’autres ordres d’appréhension pour d’autres délits, vols et dommages à la propriété d’autrui, pour ceux qui sont déjà enfermés et pour d’autres compagnons de l’assemblée qui ont participé à la lutte pour notre liberté. Ainsi, nous nous rendons compte que ce n’est qu’un artifice supplémentaire de la part de l’Etat pour nous criminaliser en tant que peuples autochtones.

Notre village Nguixó, ce qui signifie « sous les nuages » et qu’en espagnol on appelle Eloxochitlán de Flores, se trouve enclavé dans les montagnes de la Sierra Madre occidentale dans l’Etat de Oaxaca. Nous sommes mazatecos et notre village compte environ huit mille personnes réparties dans dix-huit quartiers. Il existe une organisation communautaire pour élire nos représentants, tout se fait sur la base des décisions prises lors des discussions et des accords durant l’assemblée. Ces deux dernières décennies les femmes et les jeunes ont pris une part importante dans la participation à celle-ci ; nous faisons aussi des travaux collectifs que nous appelons “faena” (corvée, boulot), “tequio”, “mano vuelta” et qui dans notre langue s’appellent xa´mosen. C’est le travail extra (de « enmedio »), celui qui ne rapporte aucun salaire hormis la satisfaction de partager, de mettre en commun et qui est basé sur la réciprocité. Il existe différentes tâches comme le nettoyage des chemins qui délimitent notre territoire avec d’autres villages ; cela se fait tous les ans, l’appel pour ce travail se fait avec une corne ou un coquillage. C’est aussi le cas pour les semailles du maïs, on invite les amis, les compadres, la famille et le travail devient une fête et un rituel de la terre, nous faisons de la même façon pour construire une maison ou pour la réparer. Lire la suite

[Mexico] Voix depuis la prison : Luis Fernando Sotelo

Posted in Archives, événements, Communiqués, Ville de Mexico on 25 avril 2016 by liberonsles

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 Lettre envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Besançon (9 avril 2016)

Depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico ( lettre publique )

Bonjour, compagnones et compagnons solidaires de Caracol Solidario, du Groupe Proudhon, du Resto Trottoir, des trois passants  :

Je m’étais précédemment engagé à vous écrire, il me semble honnête de m’excuser.

L’information que je souhaitais partager avec vous quand je vous ai dit que je vous écrirais concernait la vie quotidienne.

Mais après une punition imposée par les autorités du Conseil Technique Inter-disciplinaire – organe administratif de la prison – et suite à notre contestation (articles dans la presse et recours en révision), ils nous proposent maintenant d’avoir des activités comme du sport, la tenue d’un séminaire de philosophie avec un autre compagnon, le Dr. Felix Hoyo, ou encore la participation à un cinéclub.

Ce qui est en train de se passer est ce qui se passe au niveau de beaucoup de processus d’organisations et de luttes : l’autorité en place essaie de réduire les autonomies.

Je pense qu’avec deux compagnons je pourrais réaliser certains projets. Et cela bien que les autorités nous surveillent particulièrement et nous traitent différemment de la majorité de la population (carcérale). Mais nous voyons que le problème est l’imposition – de quoi ? D’une exploitation subie. La corruption de la loi et de l’ordre est soutenue par les structures même du pouvoir en place.

Nous, avec nos petits efforts, nous avons dû commencer par ne pas oublier.

En effet, bien qu’aujourd’hui ils nous traitent mieux ou simplement avec plus de respect (sachant que les puissants aussi ont peur), nous savons que les « concessions du pouvoir » ne sont que des moqueries pour nos rêves et nos dignités. Lire la suite

Toulouse : Journée anti-carcérale- Convergences et rencontres, jeudi 21 avril 2016

Posted in Actions, Archives, événements, Uncategorized on 19 avril 2016 by liberonsles

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Nous, collectifs, groupes et individus nombreux, avons répondu à l’Appel à « 10 jours d’autodéfense populaire » lancé par la CREA, Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion de Toulouse pour échanger, partager nos luttes et nos experiences et nous rencontrer du 15 au 24 avril 2016.

Le jeudi 21 avril 2016, nous vous invitons à toute une journée de rencontres, échanges, débats, ateliers et projections autour des luttes anti-carcérales.

Au Centre Social Autogéré
58, allées Jean Jaurès
Métro ligne A/B Jean Jaurès,
Toulouse.

Pour voir le Flyer – programme, cliquez ici

Au programme – jeudi 21 avril 2016 :

11h – Projection d’un documentaire sur l’ouverture d’un CRA en Belgique « Point.s de Fissures »

12h – Cantine populaire

13h30 – De la prison à l’HP, animé par le collectif Anti-psy

15h – Atelier : Lutte contre les dominations orales dans les assemblées anti-autoritaires

16h – Projection / débat : Présentation du journal anti-carcéral indépendant de combat « El Canero », luttes prisonnier.e.s Mexique, lecture de lettres (Les Trois Passants)

17h – Ateliers : Soutien aux longues peines et sur l’entraide Solidarité juridique pour les personnes incarcérées (Perce-Pierre et Kamelibre, deux collectifs de Marseille)

19h – Cantine populaire

19h – Émission « Bruits de Tôle » en direct

20h – Présentation du dernier journal de L’Envolée “Ça fait 20 ans …” discussion autour des peines infinies et des peines intérieures, à travers des récits et présentation de loi contre la criminalité organisée (L’Envolée) + Témoignage de vécu en centre de détention ou en centre de rétention (CREA) en présence de Jann Marc Rouillan

22h – CSA – Petit set de LYA, rap – Toulouse Lire la suite

Besançon : Journée de Solidarité

Posted in Actions, Archives, événements, Expo on 19 avril 2016 by liberonsles

Besançon : Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique

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Photos envoyées aux prisonnier-e-s accompagnées de lettres de soutien

France, 9 avril 2016

Salut compagnons. Avant tout, recevez une forte accolade remplie de courage et de rébellion pour chacun d’entre vous. Nous espérons que vous êtes en bonne santé et en pleine forme pour continuer à résister depuis vos tranchées de lutte.

Par ces brèves lignes, nous voulons vous dire que pendant la journée solidaire du 9 avril 2016 organisée dans la ville de Besançon, nos collectifs ont mis en commun leurs forces, rébellions et rages pour permettre lors de cette journée de passer votre message à travers vos lettres envoyées (Fernando Barcenas Castillo, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Miguel Angel Peralta Betanzos); vos paroles ont fait résonance auprès des personnes venues à cette journée qui a commencé à 14 heures et s’est fini à 22 heures. Tout au long de cette journée nous avons informé sur vos diverses luttes et votre contexte actuel à travers la diffusion des fanzines, des brochures, des flyers, où, vos écrits et vos réflexions donnent une idée non seulement de la réalité vécue depuis la prison, mais aussi de votre combat insatiable contre le système pénitentiaire, l’exploitation, l’humiliation, la persécution et le mépris que vous subissez en faisant face quotidiennement, tout comme des milliers de personnes dans le monde.

Nous avons également diffusé et présenté – avec une vidéo – le journal anti-carcéral de combat « el Canero » numéro 3 et 4 traduits en français.

Beaucoup de personnes de tous âges ont assisté à cette rencontre, non seulement pour connaître la lutte qui surgit depuis les tranchées de lutte les plus éloignées : les geôles, mais aussi pour ne pas oublier que la liberté se construit en se battant à vos cotés, avec vous, nos compagnon.e.s prisonnier.e.s.

Compas, nous nous inscrivons, tel que vous le signalez, dans la lutte pour la liberté totale, sans conditions ni négociations possibles.

Courage à vous tous et depuis nos différents espaces de rébellion, nous vous envoyons une forte accolade !

À bas les murs de prisons !

En Solidarité !

Caracol Solidario- Besançon
Le Groupe Proudhon – FA, Besançon
Le Resto Trottoir – Besançon
Les trois passants – Toulouse

[Besançon] Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique (Première partie)

Posted in Actions, événements, Chiapas, compas anarquistas, Expo, Oaxaca, Ville de Mexico on 18 mars 2016 by liberonsles

Nous vous invitons à toute une journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique

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Le samedi 9 avril 2016
À partir de 14h
À la librairie l’Autodidacte
5 rue Marulaz (Place Marulaz)
Besançon

À partir de 14h, venez découvrir l’Expo – vente des affiches des tableaux exposés au profit des compagnon-e-s incarcéré-e-s.
Exposition de tableaux et d’autels
Table de presse : Fanzines, brochures, autocollants à prix libre

À 19h : Repas Solidaire pour les prisonnier-e-s préparé par le Resto Trottoir

À 20h30 : Projection / débat : La prison au Mexique contexte général, la prison Nord et les conditions générales, naissance du journal anti-carcéral « El Canero » .

Présentation de la vidéo de Fernando Barcenas : «Jeunes et Rebelles, la naissance du Canero ». Présentation des journaux 3 et 4. Lecture d’une lettre de Fernando Barcenas et de la Croix Noire Anarchiste de Mexico pour présenter ce journal, ainsi que des autres lettres des prisonniers envoyées pour l’occasion.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico. En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s.

Le journal, étant à prix libre, a besoin de votre soutien pour faire plus de tirages et pouvoir continuer à le diffuser.

L’argent recueilli lors de cette journée sera versé à la Croix Noire Anarchiste de Mexico et aux comités locaux de soutien aux prisonniers de la Sexta.

Venez nombreux et nombreuses !

À bas les murs des prisons !

Journée organisée par :

Caracol Solidario- Besançon (http://solidario.free.fr/);
Le Groupe Proudhon – FA, Besançon
(http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/);
Le Resto Trottoir – Besançon (http://restotrottoir.blogspot.fr/);
Les trois passants – Toulouse (https://liberonsles.wordpress.com)

Plus d’infos

Halte à la diffamation et à la persécution de nos compagnon‑e‑s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez.

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 14 mars 2016 by liberonsles

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Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui a été exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968, dans la ville de Mexico. Lors de son arrestation, Mario a été torturé par la police (chocs électriques sur tout le corps, fracture du pied…) et condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison ferme pour attaques à la paix publique. Délits montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste. Peu après minuit, le vendredi 31 octobre 2014, Mario est sorti de la tour médicale de Tetepan où il était incarcéré.

[Extrait du Communiqué de Mario González, mois de mai 2014]
« Beaucoup de gens disent que personne ne peut rien faire contre le gouvernement ni en venir à bout, que mes objectifs sont utopiques et que je ne dois me préoccuper que de moi-même parce ce que si je continue à agir ainsi, je vais rester enfermé ou je vais finir par disparaître ou par mourir. C’est probablement vrai, mais partout où je regarde, je vois la cruelle réalité dans laquelle nous nous trouvons coincés. Les motifs de nous révolter ne manquent pas et les motifs pour être heureux ne manquent pas non plus, je pense que vivre en se révoltant est la seule façon d’être heureux, c’est pourquoi parfois je suis à l’aise malgré les conséquences. C’est le chemin que je veux prendre, parce que pour moi, une petite dose de solidarité, de folie, de joie et de liberté, donne plus de satisfaction qu’une vie pleine de regrets, de tristesse, de lassitude, de résignation . »

Nuria Ramírez était la compagne de Mario González quand il s’est fait arrêté, elle a mené une lutte infatigable pour sa liberté et pour celle d’autres compagnon-e-s anarchistes qui étaient alors incarcéré‑e‑ s dans la ville de Mexico, après la libération des compagnon-e-s, Nuria a poursuivi la lutte sans relâche, et depuis lors, elle est dénoncée, mise à l’index, harcelée et criminalisée en permanence, non seulement par le Gouvernement de la Ville de Mexico mais par les médias de désinformation dominants. Elle et d’autres activistes de la ville sont pris pour cible chaque fois que les autorités cherchent des « ennemis » pour justifier la mise en scène, la violence et la répression qui en découlent. Les campagnes de lynchage médiatique menées par les autorités contre les compagnon-e-s anarchistes n’ont pas cessées, au contraire, elles se durcissent et s’intensifient chaque fois qu’un événement gênant ressurgit.

***

Depuis l’Europe nous exigeons halte à la diffamation et persécution contre nos compagnon-e-s anarchistes Mario González et Nuria Ramírez. Lire la suite

Solidarité avec Kamel Bouabdallah depuis plusieurs coins du monde

Posted in Communiqués on 24 février 2016 by liberonsles

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Ce n’est pas facile de rester debout, de ne pas me laisser couler, alors je me bats, je boxe pour ne pas tomber, et je veux étudier, lire, m’enrichir, et continuer sur ce chemin.
Je ne perds pas l’espoir. Je vais me battre. Montrer que je ne suis pas un cafard qu’on élimine comme ça.
Kamel, 2014, les Baumettes

Solidarité avec Kamel depuis plusieurs coins du monde :

Il y a plusieurs mois, suite à une rencontre avec le collectif de Kamel, « Le collectif Kamel Libre » un échange sincère autour des conditions en prison et de la survie dans ces centres d’extermination a eu lieu. À ce moment-là, le journal indépendant, anti- carcéral et de combat « El Canero » faisait son apparition en France, dans sa version française, si on peut dire, il venait d’être traduit. La proposition de participer à ce journal a été transmise à Kamel, ce qui a permis la publication de plusieurs de ses écrits dans le Journal « El Canero numéro 4 », cette initiative qui est née depuis les entrailles de la prison Nord de la Ville de Mexico a réussi à voler et un petit échange d’expériences partant du cœur, de la rage et des paroles des compagnon-n-e-s prisonnier-e-s a pu avoir lieu. Fernando Barcenas qui a lancé cette proposition décrit ce journal comme un projet qui contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant des liens de communication entre les prisonniers et l’extérieur. Grâce à ce journal les paroles de Kamel sont arrivées jusqu’au Mexique et aujourd’hui, nous, collectifs signataires de cette lettre, voulons exprimer notre solidarité avec Kamel, sa famille, son collectif et ses ami-e-s, nous voulons vous dire que vous n’êtes pas seuls, que vos pensées, votre rage et votre cœur rebels ont dépassé les frontières géographiques qu’ils s’obstinent à vouloir nous imposer. Lire la suite

[Mexico] Des nouvelles de Fernando Sotelo : interdiction de visites suite au décès d’un compagnon de cellule.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 19 février 2016 by liberonsles

« … À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable. »

– Luis Fernando Sotelo –

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste,a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’atteinte à la paix publique, d’attaques aux voies de communication et dégradations. Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico.  À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Aujourd’hui, 17 février le compañero Luis Fernando Sotelo Zambrano nous a averti que les visites lui avaient été supprimées.

Il avait récemment évoqué la situation dans laquelle se trouvait un autre prisonnier détenu avec lui dans la prison Sud et nous avait fait part de sa préoccupation et de son indignation ; il s’agissait d’un prisonnier assez âgé, qui ne se souvenait pas de nombreuses choses, et avait des pertes de mémoire passagères . Face à cette situation Luis Fernando exprimait la nécessité de transférer cet homme vers un autre endroit dans des conditions adaptées à sa survie, de plus, n’ayant pas de lit, le vieil homme devait dormir par terre, ce qui lui occasionnait de fortes douleurs dans tout le corps. Il y a quelques jours, ce monsieur est décédé. Certains prisonniers disent que le vieil homme a été transféré à la C.O.C (Centre d’Observation et de Classification) et qu’une fois là-bas, les matons l’ont mis à faire la « fajina» ce que son corps n’a pu supporté (La fajina consiste à obliger les prisonniers à faire, entre autres, des exercices physiques exténuants auxquels les prisonniers sont soumis plusieurs fois par jour, la plupart du temps à l’aube, ce pourquoi ils sont rackettés). Lire la suite

[Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 18 février 2016 by liberonsles

L’audience de Miguel est prévue pour le 22 février 2016, cependant si le Juge en charge retarde encore une fois le procès, l’audience sera reportée à plus tard et il faudra à nouveau attendre qu’un Juge fédéral puisse déterminer si le recours d’habeas corpus [Amparo] est applicable ou non.

« Je sais que cette lutte n’a pas été et ne sera pas facile, nous avons trébuché trop souvent, mais nous avons aussi appris à nous relever. Le gouvernement nous a mis face à de nombreux obstacles parce que nous sommes des gens humbles mais nous avons un grand cœur, un esprit inébranlable et une pensée commune ; je dis « nous » parce que je me sens avec vous qui luttez et résistez depuis votre tranchée : notre peuple… J’espère que cette rage, ce courage, cette nécessité que nous soyons bientôt tou-te-s réuni-e-s ne se perdra pas en simples paroles et que, dans les faits, nous continuerons d’exiger la liberté de tous nos compañeros qui sont en prison. »

– Miguel Betanzos –

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation s’est déroulée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire piétinant ainsi le système communautaire basé sur les «  us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón*, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres, hommes et femmes de l’Assemblée d’Eloxochitlán sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Les membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán ont dénoncé publiquement et sans relâche les nombreuses mesures arbitraires que le gouvernement de l’État d’Oaxaca et l’ex-président municipal Manuel Zepeda Cortéz leur ont fait subir. Dans ce sens, Miguel a eu un rôle important, puisqu’il a accompagné, dénoncé et lutté contre les abus de pouvoir commis dans sa communauté. Depuis 5 ans, Zepeda et ses proches exercent le pouvoir avec autoritarisme, utilisant la torture et la répression afin de mieux contrôler le village et détourner les ressources naturelles et économiques appartenant à la commune (pillage des ressources  comme le sable, le gravier et les roches de la rivière) au bénéfice de ses entreprises personnelles et de celles de ses proches. Lire la suite

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero

Posted in Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 18 janvier 2016 by liberonsles

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Télécharger le journal N°3  ici

Le Canero n° 4 est désormais traduit en français. Plusieurs présentations du journal auront lieu à Besançon le 9 avril 2016 et à Toulouse le 21 avril et le 20 mai 2016.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

Fernando est un jeune de 21 ans, étudiant au lycée de Sciences Humaines de Vallejo, travailleur et musicien, accusé d’attaques à la paix publique en bande organisée suite aux manifestations et actions contre l’augmentation des tarifs des transports publics. Il a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir brûlé un arbre de noël publicitaire appartenant à la multinationale Coca Cola. Fernando a ensuite été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Le Canero : une pratique de la solidarité révolutionnaire…

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[Marseille] Emission Passe Muraille

Posted in Archives, Communiqués on 31 décembre 2015 by liberonsles

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Tous les 4e lundi du mois, de 20h à 21h30, sur les ondes de Radio Galère 88.4, l’émission Passe-muraille diffuse points de vue et opinions critiques sur la prison et l’enfermement en relayant les paroles, les expériences, les revendications et les combats des personnes concernées. (Ré)écoutez la dernière émission !

Émission du 28 Décembre 2015

Écouter l’émission

https://soundcloud.com/passe-muraille/cassemuraille28dec2015

Emission du lundi 28 décembre 2015 :
Au sommaire/
- Pétitions des prisonniers et femmes de prisonniers de la région sur les politiques d’aménagement et d’application des peines ;
- Blocages de promenade aux Baumettes en réaction à la suppression d’une des deux promenades quotidiennes, récit par des prisonniers du bâtiment A ;
- Considération autour de la justice patriarcale et de de la violence sexiste autour de l’histoire de Jacqueline Sauvage ;
- Présentation par le collectif « Les trois passants » du journal El Canero, écrit par des prisonniers de la ville de Mexico* ;
- Extraits d’écrits de Courtois qui prenait en otage un tribunal il y a trente ans ; Rendez-vous/ Au tribunal de Marseille le 8 janvier pour soutenir le dernier inculpé de l’incendie du CRA du Canet en 2011 ; brève, musiques et blague…

Rendez-vous pour la prochaine, le lundi 25 janvier 2016, 20h, sur les ondes de Radio Galère 88.4 !
www.radiogalere.org

P.-S.

Pour contribuer à l’émission, prisonnières, prisonniers et leurs proches peuvent laisser un message anonyme sur le répondeur de l’émission au 07.58.74.63.01, nous écrire à « Emission Passe-Muraille chez Radio Galère – 41, rue jobin – 13003 Marseille » ou nous contacter sur Internet à l’adresse passe-muraille@riseup.net

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.
Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal, cliquez ici
Le Canero n° 4  est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

[Mexico] Lettre de Fernando Sotelo : Jusqu’à ce que nous soyons toutes et tous libres !

Posted in Archives, Communiqués, Ville de Mexico on 31 décembre 2015 by liberonsles

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico. À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Lettre de Fernando Sotelo : « Jusqu’à ce que nous soyons toutes et tous libres ! »

RECLUSURSalut à toutes et à tous les compagnonnes et compagnons organisé-e-s autour de cette rencontre [mobilisations internationales intitulées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » ] et dans d’autres encore, qui brisent l’imposition de cette « réalité »…Je vous salue avec la joie de savoir que vous lisez ces mots, là-bas dans d’autres endroits lointains où la rébellion s’organise.

À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable.

Chaque argument défendu par le maton, pour justifier sa corruption et sa médiocrité, avec des mots « d’ordre social » contre le prisonnier, laisse voir l’incohérence de son éthique. Une éthique promue dans des relations « officielles » entre le maton et le prisonnier-e. Avec la capacité d’exploiter les prisonnier-e-s dans un ordre économique qui inclut les déshérités à cette participation. Le truc c’est  que s’ils participent, ils le font en jouant le rôle du consommateur moderne- tel un spectateur - et le spectacle se joue sur la même scène que celle où agit le gouvernement  « comme il se doit », « justement », « normalement » sur demande de la société ou, au mieux, en veillant aux intérêts de celle-ci. Lire la suite

[Mexico] Fernando Bárcenas : Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 22 décembre 2015 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.*

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !
En hommage à Ricardo Flores Magón **
Texte de Fernando Bárcenas – Prison Nord de la Ville de Mexico
Novembre 2015

rfm1Bien des idées me viennent à l’esprit, lorsque je pense à la révolution sociale qui eut lieu sur ces terres il y a bien des années ; et comme toujours les lézardes de l’histoire cachent les choses, elles rendent muettes comme toujours les voix les plus libératrices… et il n’est pas fréquent d’avoir une conversation ouverte dans laquelle le germe du patriotisme ne soit pas inoculé ; c’est pour cela que je salue ceux qui s’enthousiasment y compris avec des rêves et des souvenirs, je les salue parce que c’est chez vous, chez nous… que se trouve la réponse…

S’il est vrai qu’ils nous domestiquent quotidiennement dans chacun de nos agissements, il est tout aussi vrai que nous contribuons quotidiennement à ce que cela ne se produise pas.

Leur système ne peut pas tous nous atteindre… et comme cela s’est produit à d’autres époques, aujourd’hui aussi, il existe des rebelles partout dans le monde, dans chaque recoin il existe des personnes disposées à peser sur leur environnement.

Tous les événements s’ils sont accidentels, ne peuvent exister que comme le résultat d’actions et de circonstances précises…

Nous sommes partie intégrante d’une totalité et nos actions quotidiennes sont celles qui déterminent ce qui arrivera dans notre environnement.

Nous en sommes là et c’est de nous que dépend nos destinées. Dans chaque partie du monde quelqu’un conspire et nous nous devons de prendre au sérieux notre action sur la terre puisque chacun des rapports sociaux peut être le début d’une révolte, cela dépend de la façon dont nous nous y prendrons pour forger nos destins… Je pense que bien des personnes soumises à ce système l’ont compris à un moment donné et c’est bien normal parce que les actes anti-sociaux, les conduites agressives, sont des ripostes naturelles à l’imposition de la soumission et à la « discipline ».

Il n’est pas besoin d’être un professionnel, ni un expert pour savoir quand la liberté nous manque, ce bien si profond, si précieux, inexplicable et indéfinissable.

Déclarons la guerre à ce système invisible qui n’existe que dans nos têtes, alors chaque obstacle, chaque acte, chaque rapport social casse les paradigmes les plus parfaits érigés sur la famine et la misère, la perte de nous mêmes et ne nous laisse plus que la haine, la rancune et la rage envers nos despotes.

Démontrons-leur de quoi nous sommes capables nous qui n’avons plus rien à perdre … en s’attaquant à leur structure idéologique..

En anéantissant leurs valeurs morales et juridiques… en agissant envers les nôtres afin de contribuer à ce que de plus en plus de personnes libérées fassent l’expérience de la révolte dans leur propre chair, pousser par leurs frères qui se rebellent et mettent en évidence la faiblesse du système, de combien il est facile et jubilatoire de vivre sans chaînes, sans ce maudit embrigadement de la pensée…

C’est pourquoi je pense que cette date, bien plus que de nous rappeler l’anniversaire de la mort d’un personnage, doit bien plus nous inciter à l’action, à la réflexion de ce que nous sommes aujourd’hui et comment nous contribuerons aujourd’hui à affronter ce qui se présente à nous, nous sommes les acteurs de cette guerre contre l’imposition du totalitarisme.

Hommage à Ricardo Flores Magón et à la trajectoire de lutte du Parti Libéral…

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

C’est pourquoi nous qui sommes ce qui reste de cette résistance, nous devons nous battre à nouveau pour freiner ce massacre économique.

Il n’y a déjà plus aucun futur pour ce monde !

Destruction de la société carcérale !

Solidarité avec tous les prisonniers humains et non humains qui souffrent des conséquences du capitalisme impérialiste.

Fernando Bárcenas

20 Novembre 2015

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s.  Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal  cliquez ici    Le Canero n° 4 est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

**Du 18 au 21 novembre 2015, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres ont eu lieu au Mexique. Fernando Bárcenas  a écrit cette lettre en hommage à Ricardo Flores Magón.

Magón  est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; « Regeneración » Lire la suite

Traduction Amparo/ les trois passants / correction Val

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

« Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres »

Posted in Archives, Chiapas, Communiqués, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico on 18 décembre 2015 by liberonsles

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À México, Oaxaca, Chiapas, Aguascalientes et dans d’autres endroits du Mexique, un appel a été lancé par les collectifs de soutien, les familles de prisonniers et de prisonnières, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité, le groupe de travail Nous ne sommes pas tous et toutes là, la Voix des Zapotèques Xiches en prison, Collectif de soutien pour la liberté de Fernando Sotelo parmi d’autres, à se coordonner du 6 au 13 décembre autour des journées : « Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres » cette journée s’est étendue au niveau international, certains collectifs solidaires dans l’État Espagnol et en France se sont fait l’écho de cette mobilisation.

À Paris, le 11 décembre, une rencontre avec les compagnonnes du journal anti-carcéral de l’Envolée a eu lieu pour présenter le journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique et ailleurs, proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico depuis le 13 décembre 2013. Pendant la rencontre nous avons parlé du système pénitencier ici et là-bas, raconté brièvement la naissance de l’Envolée, la survie, la résistance et la désobéissance en prison, l’intérêt de tisser des liens entre nos luttes et de continuer à faire passer le message de résistance depuis la plus lointaine des tranchées et depuis les entrailles de la prison. Nous n’oublions pas les compagnon-ne-s qui se trouvent derrière les barreaux ici en France et au Mexique.

Voici quelques histoires de luttes évoquées pendant ces journées de solidarité : Lire la suite

[Paris] Présentation du journal anti-carcéral méxicain: El Canero

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas on 26 novembre 2015 by liberonsles

Nous vous invitons à la deuxième présentation du journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.
Avec la participation du journal anti-carcéral « L’Envolée » qui présentera son dernier numéro.

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Le vendredi 11 décembre 2015 à 19h30
à la Librairie Publico
145, rue Amelot, 75011 Paris
Métro : République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire

* Projection de la vidéo : Jeunes et rebelles, présentation du journal « El Canero »
* Présentation et diffusion du journal original en espagnol et sa version française
* Lecture d’une lettre du prisonnier Fernando Barcenas Castillo, à l’initiative de la création de ce journal en prison, ainsi que d’une lettre de la Croix Noire Anarchiste de Mexico, envoyées pour l’occasion.
* Tables de presse , brochures, fanzines, affiches, écrits de prison …

Les trois passants – https://liberonsles.wordpress.com
L’Envolée – http://lenvolee.net

Flyer recto/verso

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Depuis Barcelone, pour la liberté des prisonnier-e-s du monde entier

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués on 26 novembre 2015 by liberonsles

Communiqué pour la liberté des prisonnier-e-s du monde entier

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Pendant la Rencontre Européenne de Solidarité avec les communautés zapatistes, la sexta et avec ceux et celles qui luttent en bas et à gauche, plusieurs personnes à titre individuel, collectifs et groupes se sont réunis à Barcelone du 20 au 22 novembre, 2015.

Aux prisonniers et prisonnières du monde entier
À leurs familles et à leurs ami-e-s
À leurs collectifs et groupes de soutien
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
À la Croix Noire Anarchiste de Mexico
Au Groupe de travail « No estamos todxs »
À la Sexta
À ceux et celles qui sentirons ces mots

Compagnons et Compagnonnes :

Tout d’abord, recevez tous et toutes, un salut solidaire et du courage pour chacun et chacune d’entre vous. Depuis Barcelone, plusieurs personnes à titre individuel, collectifs et groupes se sont réunis pendant la Rencontre Européenne de Solidarité avec les communautés zapatistes, la sexta et avec ceux et celles qui luttent depuis leurs tranchées en bas et à gauche. Ici, nous nous sommes parlés, nous nous sommes écoutés et nous avons à nouveau décidé de ne pas laisser la place à l’oubli, l’oubli que représente l’enfermement, l’enchaînement, l’humiliation et le mépris dans lequel vous vous trouvez à présent.

Nous avons écouté vos réflexions, vos pensées, votre rage et votre détermination dans une lutte qui dépasse les murs de la prison et s’étend, à différents niveaux avec des intensités différentes, à la société de laquelle nous sommes prisonniers et prisonnières à l’intérieur d’un système qui surveille de près, qui contrôle, qui confine, qui opprime tous ceux et celles qui nous trouvons dans un en dehors relatif.

Pendant toutes ces années nous avons cheminé marché avec vous, nous avons appris que la lutte contre l’enfermement se fait à vos côtés et que vous cheminez du nôtre au quotidien. Grâce à vos mots et à vos réflexions, les préjugés disparaissent peu à peu pour donner lieu à une réflexion qui comprenne que n’importe quel type d’enfermement est en soi une pratique de contrôle et de soumission que, par la peur et le conditionnement des libertés, ils essaient de faire disparaître et domestiquer les révoltes. Lire la suite

[Mexique] Journées Magonistes 2015. Plus aucun mort en prison !

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 19 novembre 2015 by liberonsles

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Journées Magonistes 2015
Plus aucun mort en prison ! ¡No más muertes en prisión!

Ricardo Flores Magon est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Magón est une figure importante de l’anarchisme mexicain, il est considéré comme l’un des précurseurs intellectuels de la Révolution mexicaine. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution, «le magonisme».

Du 18 au 21 novembre au Mexique, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres auront lieu en solidarité avec les prisonniers Miguel Peralta Betanzos, Fernando Barcenas Castillo et  Luis Fernando Sotelo.

Parmi les différentes thématiques et activités qui auront lieu pendant ces journées on peut noter  :

* L’importance du journal de combat Regeneración dans la lutte pour la liberté des prisonniers
* La répression sur les terres de Magon : l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón
* Un rassemblement en raison des 93 ans de l’assassinat de Ricardo Flores Magon et pour la liberté des prisonniers.

Fanzine à télécharger: Miguel Peralta Betanzos de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, cliquez sur l’image.

MIGUELFANZINMiguel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

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