Les prisonniers du néolibéralisme : la résistance civile contre les hauts prix de l’énergie électrique.

Campeche, Mexique.

Présentation

Le système énergétique mexicain suit la logique néolibérale depuis la promulgation en 1992 de la loi « sur le service publique de l’énergie électrique », qui fait partie des compromis du gouvernement mexicain avec les instituts financiers internationaux, la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International, pour entrer dans le Traité de Libre Commerce de l’Amérique du Nord, le TCLAN. Cette loi a permis la privatisation d’une partie de l’énergie électrique, pourtant interdit par la constitution mexicaine de 1917. Aujourd’hui 35% de la production de l’énergie électrique est contrôlée par des entreprises privées alors qu’une bonne partie de la population ‘est pas alimentée en énergie électrique, l’implantation d ‘entreprises privées souvent étrangères contribue à l’expulsion des populations indigènes et paysannes de leur terre. Parallèlement, l’augmentation du prix de l’électricité est révélatrice d’inégalités criantes : alors que les grandes corporations sont exemptées de paiement, les tarifs domestiques ont augmentées jusqu’à 300%, dans une situation socio-économique d’inflation.

Dans un tel contexte, un mécontentement général se fait entendre dans tout le Mexique. Les communautés paysannes et indigènes s’organisent pour dans certains cas, exiger des tarifs justes et dans d’autres cas, pour exiger la reconnaissance et le respect du mouvement de « Non paiement des hauts prix de l’énergie électrique ». Le peuple cherche différentes manières de résister et de s’émanciper des agressions structurelles d’un système qui les paupérise chaque jour un peu plus et les exclu du droit à l’accès aux services de base. Ceux sont les contractions et les inégalités du système énergétique qui génèrent des mouvements amples et pluriels de rejet du model néolibéral au Mexique. Un des moments les plus significatifs dans le processus organisationnel des communautés en résistance contre les « hauts prix de l’énergie électrique »des Etats de Campeche, Veracruz et Chiapas, fut la rencontre avec les 27 communautés en résistance dans les montagnes de Guerrero. Il a résulté de cette rencontre populaire la création du réseau national de résistance civile contre les hauts tarifs de l’énergie électrique, avec l’intention de coordonner les forces pour lutter contre un ennemi commun : le système néolibéral qui enrichi quelques uns et appauvrit le reste des peuples. Des communautés, collectifs, organisations des Etats de Campeche, Chiapas, Guerrero, Oaxaca, Veracruz et le district fédéral, exigent l’annulation des mégas projets hydroélectriques, le rejet du plan Puebla Panama, le respect des accords de San Andrés et l’arrêt immédiat de la répression contre les mouvements de résistance civile.

Les stratégies de résistance civile contre les hauts tarifs de l’énergie électrique

Dans les Chiapas :

Le Chiapas est l’Etat mexicain qui produit le plus d’énergie hydroélectrique, ce qui représente 45% de l’énergie produite au niveau national. Cependant seulement 1 % de cette énergie est consommée dans les Chiapas ; le reste est exporté au niveau national mais aussi international avec des prix préférentiels pour les Etats-Unis, le Belize et le Guatemala, alors que 275 000 personnes n’ont pas accès a l’énergie électrique dans tout l’Etat. En plus c’est dans les Chiapas que les prix de l’énergie électrique sont les plus élevés pour les communautés indigènes et paysannes. Selon les chiffres officiels, 427 420 personnes sont en résistance civile. Plusieurs communautés indigènes et paysannes sont en résistance contre le paiement des hauts tarifs de l’énergie électrique depuis environ une quinzaine d’années, la plupart d’entre elles font partie du réseau étatique de la résistance civile « la voz de nuestro corazon (La voix de notre cœur )», qui est un processus de résistance civile organisée qui est adhérente de la « Otra Campana » : l’initiative politique organisative qui est surgit de la « sexta declaracion de la selva Lancandona » émise par l’Ejercito Zapatista de Liberacion Nacional en juin 2005 . Les communautés ont participé à des rencontres pour échanger leurs expériences et leurs stratégies de résistance. Cependant dans un contexte de militarisation du Chiapas, accéléré depuis 1995 avec la guerre à basse intensité, les communautés en résistance civile sont quotidiennement persécutées, le discours officiel articulé autour de la lutte antiterroriste, avec les intentions de nuire au processus d’autonomie des communautés adhérentes à la Otra campana. En 2008, seulement au sein des communautés faisant partie du réseau « la voz de nuestro corazon », il a été effectué une coupure d’électricité par semaine, durant lesquels les agents de la Commission Fédérale de l’Electricité, CFE, étaient accompagnés d’agents de police.

Dans l’Etat de Campeche

Au début le mouvement de résistance civile a tenté de négocier avec la CFE pour l’exigence d’un tarif juste. Ce chemin n’a pas fonctionné, les accords signés par les fonctionnaires n’ont pas été respectés, la CFE a continué à effectuer les coupures d’électricité dans les communautés. De plus la forte présence policière et militaire, à cause soit disant de la lutte contre le narcotrafique, a poussé le mouvement de résistance civile a prendre un chemin vers l’autonomisation en se joignant à la « Otra Campana ». L’intimidation et la persécution politique des camarades Sara Lopez et Joaquim Aguilar ont alors commencé dans l’objectif d’affaiblir le mouvement ;

La lutte contre la repression

Le 10 juillet dernier, Sara lopez gonzalez, Joaquin Aguilar Mendez, Elmer Castellanos Velazquez, Guadelupe Borjas contreras y Guadelupe Lizcano gomez, ont été brutalement enlevés et injustement incarcères dans le centre pénal de Koben sans mandat d’arrêt et accusés de délits crées de toutes parts. Il a été aussitôt organisé un mouvement de solidarité pour exiger leur libération, avec la décision d’établir un campement permanent devant le palais national de Campeche jusqu’à la libération des prisonniers et prisonnières politiques.

Lors de la réunion du réseau régional à Candelaria fin juillet, il été enregistré des intimidations et des harcèlements de la part des services de police envers les membres des familles des prisonniers.

Du 12 au 16 septembre, il a été réuni à san Francisco Campeche ; Etat de Campeche, des organisations, mouvements, communautés et collectifs des Etats de Oaxaca, Chiapas, Campeche, Veracruz, Nayarit, Puebla, Yucatan et Mexico, pour se joindre au campement solidaire avec les membres de San Antonio Ebula. Des manifestations et des meetings ont été organisés, mais les membres des pouvoirs locaux ont faits part d’un mutisme complet et ont manifesté leur refus de coopérer. Le 23 septembre deux prisonniers on été libérés sous conditions, Sara Lopez Gonzalez, Joaquin Aguilar Mendez,et Guadelupe Borjas sont encore incarcérés à ce jour.

Dans ce contexte de répression et d’impunité, les peuples s’organisent pour exiger la fin de la répression contre les mouvements de résistances civiles, la liberté des prisonnières et prisonniers politiques de Candelaria, la justice pour les habitant de San Antonio Ebula, la fin des harcèlements et de la criminalisation des luttes sociales des peuples du Mexique.

Traduction : Djaya

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