Article sur la grève de la faim générale dans la prison n° 5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

Dans cet article les compagnons prisonniers politiques nous racontent comment s’est déroulée la grève de la faim générale dans la prison n° 5 de San Cristóbal,  celle-ci a impliqué 580 prisonniers et a permis d’obtenir le départ immédiat du directeur répressif de cette prison: David Montero Montero.

Il faut mentionner que cette prison est toujours surpeuplée, de 8 à 10 prisonniers vivent par cellule de 3m x 3m et sous la menace constante des opérations du Groupe Loup (Grupo lobo), groupe spécialisé pour la répression dans les prisons.

La situation avant et après la grève de la faim générale.

Par ce communiqué, la voix de L’Amate et les solidaires de la voix de L’Amate, nous exprimons que dans cette prison la majorité des détenus, presque 95 %,sommes indigènes et venons surtout de la zone haute du Chiapas, qu’auparavant nous vivions relativement bien ensemble, entre indigènes, sans avoir beaucoup de violations de nos droits humains, mais depuis l’arrivée du directeur de la prison David Montero Montero  il y a quatre mois, peu à peu nos droits de détenus ont été violentés.

Comme la mauvaise alimentation qu’ils nous donnent, en grande partie malsaine, pourrie ou périmée : la consommation de ces aliments a provoqué beaucoup de maladies intestinales, comme la diarrhée, la gastrite, des douleurs au ventre, entre autres. Ensuite nous allons voir le médecin pour demander des médicaments pour soigner ces maladies et ils nous disent qu’il n’y a pas de médicaments.

Le directeur, précédemment cité, a commencé à interdire les visites familiales de nos oncles, tantes, cousins, cousines, beaux-frères, belles-sœurs, beaux-pères et belles-mères, les mardis et jeudis, jours des visites familiales.

Tout détenu qui se rend d’une zone à l’autre pour un quelconque besoin personnel, est par ordre du sous-secrétaire et du directeur, menotté pour pouvoir passer les différentes zones, mais il y a quelques compagnons qui vont à l’infirmerie pour recevoir des injections de médicaments qu’eux-mêmes ont achetés, et les infirmières nous font les injections avec les mains menottées sans pouvoir baisser ou lever nos vêtements.

Le 25 mai 2011 aux environs de 16H20, les éléments du « groupe loup » ont réalisé une fouille surprise dans nos cellules et dans les chambres  individuelles,ils ont ensuite commencé à emporter les appareils électroménagers, C.Ds, D.V.Ds, des films et ils ont même volé de l’argent que plusieurs prisonniers avaient laissé dans leur chambre, et tous ces appareils que nous avions nous servaient beaucoup, autant pour nous distraire que pour notre éveil personnel et notre réadaptation durant notre enfermement.

Le 26 mai le directeur de la prison a ordonné à son geôlier de nous dire que tous les détenus qui avaient eu un appareil confisqué devaient faire un courrier au sous-secrétaire corrompu des sanctions pénales. Plus tard le directeur a dit : les propriétaires de chaque appareil doivent fournir les factures des appareils, ceux qui n’ont pas de factures perdront complètement leurs appareils … mais, la majorité des appareils  électroménagers ont été achetés à l’intérieur de la prison à d’autres prisonniers, à cause de tout cela, la population de prisonniers s’est énervée.

De nouveau le 7 juin à 6H45 du matin a eu lieu une autre fouille surprise du « groupe loup » accompagné de ses chefs, le sous-secrétaire Gustavo Francisco Ferreira Jiménez et le directeur de cette prison. D’abord ils ont procédé à la fouille des cellules et après ils ont commencé à dévaliser les chambres sans se soucier du prix des matériels, parce que les chambres avaient des macrocel qui nous ont beaucoup servi à nous protéger du froid et des maladies dues au climat et la population a été incommodée par ces types de violations et d’humiliations envers nos humbles personnes en tant que détenus.

Le 8 juin 2011 à peu près vers 10H30 du matin, le directeur de la prison a convoqué les prisonniers à une réunion où il a dit que tous les visiteurs n’auront plus le droit de passer à l’intérieur de la prison, encore moins à la salle à manger, il a dit qu’ils pourraient seulement rester dans la cour c’est à dire à l’extérieur. C’est à cause de ces abus que la population de prisonniers s’est énervée, parce que depuis de nombreuses années nous avons partagé des moments ensemble avec nos familles tranquillement dans cette prison.

Les prisonniers ont supporté pendant très longtemps les abus des mauvaises autorités pénitentiaires, mais les restrictions que nos familles et nous-mêmes subissions, nous on fait dire ça suffit ! C’est alors que la population est venue vers nous, en tant que voix de L’Amate et solidaires de la voix de L’Amate,pour voir ce nous pensions des abus commis. Nous leur avons demandé que ce qu’ils voulaient faire et ils ont dit qu’ils voulaient faire une grève de la faim, nous leur avons dit que nous attendions seulement que quelqu’un se décide. La population des prisonniers a dit qu’ils ne feraient rien  sans nous, et comme nous, la voix de L’Amate et les solidaires de la voix de L’Amate, avions déjà de l’expérience, nous leur avons dit de se mettre d’un seul coup en grève de la faim, et c’est ainsi qu’a été déclarée la grève de la faim générale.

A 9H30 du matin le 9 juin la population de prisonniers a demandé au Centre des Droits Humains FRAYBA d’être l’interlocuteur de ces actes, après une banderole qui disait « grève de la faim générale » a été mise en place, et le prisonnier politique Alberto Patishtán Gómez a été présent durant la grève ainsi que les solidaires de la voix de L’Amate, chacun participait à quelque chose, comme s’occuper de contrôler la population des prisonniers, de leur dire de ne pas s’agiter, certains de nous offrions des sucreries, entre autres. L’après-midi du 9 juin, un mandaté des droits de l’homme de l’Etat, nommé Pensamiento est arrivé, il est entré accompagné par le directeur et son geôlier ainsi qu’un commandant. Le mandaté a commencé à parler mais la population l’ignorait, et même quelques compagnons voulaient crier des slogans aux autorités mais les solidaires de la voix de l’Amate et la voix de l’Amate nous avons commencé à leur dire: non compagnons ne criez pas….Mais le compagnon Díaz Méndez de la voix de L’Amate et le compagnon Alfred López Jiménez solidaire de la voix de L’Amate, ont été menacés par le directeur en présence du supposé mandaté des droits humains de l’Etat, et même le mandaté a commencé à dire : que voulez-vous messieurs ? Parlons, dialoguons … mais il a vu que la population des prisonniers restait totalement muette, alors il a commencé à dire : messieurs regardez, ne vous laissez pas manipuler par 4 ou 5 personnes qui cherchent des intérêts personnels. Comme personne n’a répondu ils sont sortis, plus tard il est revenu accompagné d’un représentant du FRAYBA, là on a dit au mandaté des droits de l’homme de l’Etat que nous ne voulions pas parler avec lui, encore moins avec Ferreira. Cela a été le premier jour de la grève, la nuit est venue et nous sommes restés réveillés toute la nuit, veillant tout le temps.

Le 10 juin 2011
Nous avons de nouveau commencé à travailler, à parler à la population de prisonniers, à leur dire de ne pas désespérer, parce que d’une manière ou d’une autre nous allions obtenir nos demandes, tandis que le directeur commençait à crier dans le haut-parleur pour nous tenter et nous provoquer en nous offrant de la nourriture ; et lorsqu’à 13H40 les fonctionnaires du gouvernement sont arrivés pour dialoguer avec nous, nous avons exposé nos demandes pendant 50 minutes environ, de là ils sont partis en nous disant qu’ils allaient revenir 30 minutes plus tard le temps de parler à leurs chefs. Des heures ont passé, à 17H30, ils sont arrivés avec la réponse à nos demandes, mais la réponse était donnée seulement verbalement, nous l’avons expliquée à la population de prisonniers qui a été d’accord avec la réponse verbale faite à nos demandes, alors nous avons dit aux fonctionnaires du gouvernement que tout ce qu’ils avaient promis devait être mis en preuve écrite dans un compte rendu.

A 19h30 tous ensemble nous avons levé la grève de la faim générale.
Actuellement la population de prisonniers reste dans l’attente de l’accomplissement des accords écrits; à ce jour il y a eu quelques changements en matière d’alimentation, d’accès des visiteurs et la destitution du directeur. Pour l’instant nous en sommes là, et nous attendons la résolution des autres demandes.

Finalement la population des prisonniers remercie tous les défenseurs /euses de droits humains, les organisations indépendantes nationales et internationales et les médias qui se sont joints à cette cause afin d’exiger le respect de nos droits en tant que prisonniers.

FRATERNELLEMENT
Des prisonniers politiques de la voix de L’Amate et les solidaires de la voix de l’Amate
19 de juin 2011. Prison nº5 de San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

(Qu’est-ce-que « la voix de l’Amate » ?)

cliquez ici

Ecoutez la Mini-Emission 2

Les prisonierEs de l’Etat du Chiapas (« Voix de l’Amate ») ici

Source en espagnol: no estamostodxs

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