MEXIQUE: Durcissement des conditions d’enfermement

Selon certains rapports officiels au Mexique, il y aurait plus de 230 000 prisonniers répartis dans plus de 400 prisons (que ce soit dans des prisons fédérales de haute sécurité, des prisons d’Etat et des prisons municipales).

Tous ces lieux d’enfermement sont surpeuplés, la surpopulation peut aller de 100 % à 300 %. Des cellules conçues pour 5 personnes sont occupées par plus de 12 personnes, voir plus .

Au milieu de cette surpopulation, les détenus vivent dans un environnement très hostile, où le système capitaliste est reproduit : les prisonniers manquent de tout, ils doivent payer leurs médicaments, le papier toilette, les serviettes hygiéniques, les couvertures, le savon, etc… La corruption gangrène tous les services allant du médecin, à l’assistante sociale, en passant par le psychologue, les matons et la direction.

Beaucoup de prisonniers se trouvent en prison préventive car faute de moyens, ils ne peuvent pas payer la caution et restent enfermés pendant des années ; ainsi il y a plus de 90 000 personnes qui restent privées de liberté en attendant leur procès.

C’est dans cette situation que se trouvent les prisonniers et prisonnières enfermés pour avoir lutté, tels ceux de l’Autre Campagne. Ils et elles ne sont pas uniquement victimes des conditions dégradantes au sein des prisons mexicaines, mais ils sont avant tout des acteurs, des militants politiques organisés pour exiger leur libération et l’amélioration des conditions carcérales.

Dans l’Autre Campagne, différentes luttes existent : la défense des ressources naturelles comme la terre, les forêts et l’eau, du territoire, du travail, contre les hauts tarifs de l’électricité, pour l’autonomie… La réponse de l’État à ces luttes a été la répression, la torture, la persécution, la disparition, l’assassinat et la prison. C’est dans ce contexte que nous parlons de plusieurs compagnons et compagnes, prisonnier-e-s pour avoir lutté dans tout le pays.

La majorité d’entre eux fait face à des accusations fabriquées de toutes pièces, tout à fait caractéristiques de l’emprisonnement politique au Mexique et de la guerre que mène le capitalisme contre les indigènes, les pauvres, les personnes en bas et à gauche. Ils sont accusés de délits fédéraux: de kidnapping, de vol, de meurtre, d’atteinte aux voies de communication, de terrorisme et de conspiration, toujours dans une tentative évidente de ne pas les reconnaître comme des prisonniers de lutte.

Dans tous les cas, il y a eu détention arbitraire, disparition forcée, torture, irrégularité durant les procès, aucun accès à un traducteur dans le cas des indigènes qui ne parlent pas l’espagnol.

De plus, leurs peines sont cumulables, elles s’ajoutent et peuvent aller de 5 ans à 112 ans de prison comme ce fut le cas pour Ignacio del Valle qui a d’abord été condamné à 67 ans de prison, puis à 112 ans, ou dans les cas de Gloria et Jacobo condamnés à 14 et ensuite 50 ans de prison.

C’est à partir de 2009 que les organisations de l’Autre Campagne devant faire face aux détentions des militants ont créé la campagne nationale et internationale « Primero nuestros presos ». Elle a pour but de faire sortir les prisonnières et prisonniers, qu’ils ne soient pas oubliés..

Cependant, des militants sont toujours en prison ; les militants considérés comme dangereux sont envoyés dans les prisons de haute sécurité.

Au Mexique il y a 7 prisons fédérales de haute sécurité (et d’autres sont en construction) ; ces prisons sont les lieux d’enfermement pour tous ceux que le gouvernement considère comme dangereux. Plusieurs militants de l’Autre Campagne sont passés par ces prisons de haute sécurité, les ex-prisonniers d’Atenco comme Ignacio del Valle, ou encore Jacobo Silva Nogales et aujourd’hui le professeur et militant de l’Autre Campagne, porte-parole de l’organisation des prisonniers du Chiapas la Voix de l’Amate, Alberto Pathistan Gomez. Ce dernier a été transféré dans une prison de haute sécurité à plus de 2000 Km du Chiapas.

La prison de haute sécurité signifie rester enfermé en cellule 23 heures sur 24, avoir seulement une visite tous les 3 mois d’une personne de sa famille directe, et un appel téléphonique par mois de 15 minutes. Les conditions dans les prisons fédérales de haute sécurité sont encore pires pour le prisonnier, elles affectent beaucoup les nerfs, on est toujours harcelé ; chaque minute qui passe, chaque instant est un instant sous pression, pour détruire le système nerveux.

Les conditions de vie des détenus se dégradent de plus en plus, la criminalisation des mouvements sociaux est systématique, la persécution et l’enfermement des militants constituent l’arme capitaliste par définition pour faire taire la protestation sociale. L’État met en place des réformes juridiques et des prisons qui servent à isoler les militants de leur espace de lutte, empêchant ainsi toute organisation ; les conditions d’enfermement se durcissent.

Lors de la rencontre contre la prison politique au Mexique qui a eu lieu à San Cristobal de Las Casas Chiapas le mois de mai dernier, plusieurs compagnons prisonnier-e-s et leurs familles ont exprimé leur préoccupation face aux nouvelles mesures de l’Etat en matière de durcissement des conditions d’enfermement. Plusieurs d’entre eux ont cité l’article faisant référence à tels mesures ; cet article signale que dans les cinq années à venir, une prison-hôpital de deuxième niveau sera nécessaire – selon les autorités et l’Etat.

*Ainsi nous partageons avec vous cette article intitulé : Le « nouveau » système pénitentiaire au Mexique: Durcissement des conditions d’enfermement dans les zones dites de sécurité super-maximale sur: https://liberonsles.wordpress.com/rencontre-contre-lemprisonnement-politique-au-mexique/

Voir aussi: Prison Politique : “Le Chemin de la répression sur »: https://liberonsles.wordpress.com/prison-politique/

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