Bachajón, Chiapas : Dénonciation publique – 22 juin 2012.

San Sebastián Bachajón, Chiapas, adhérents à l’Autre Campagne et à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone

Le 22 juin 2012.

Aux organismes des droits humains nationaux et internationaux
Aux médias massifs et alternatifs
A l’Autre Campagne nationale et internationale
Aux assemblées de bon gouvernement
A la société civile du Mexique et du monde
Au peuple en général

Dénonciation publique

Nous dénonçons les actes perpétrés par le mauvais gouvernement et ses différentes administrations, spécialement le gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Jose Sabines Guerrero, et le secrétaire général du gouvernement, Noe Castañon Leon.

Les faits ont eu lieu le 19 juin 2012 sous les ordres du secrétaire général Noe Castañon Leon suite à une demande par téléphone du supposé commisaire du conseil des terres communales Francisco Guzman Jimenez (Goyito). Ce dernier a sollicité un arrêté d’expulsion, parce que des paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne ont occupé le péage routier. Péage où le 2 février 2011 des membres du conseil des terres communales officiel et des policiers ont détruit des maisons et ont volé des matériaux de construction. Ensuite le gouvernement de l’Etat a construit un centre d’accueil et une permanence de la sécurité publique (corps de police).

Pendant que cette construction se réalisait sans l’accord de l’autorité maximale qui est l’assemblée des paysans communaux, un appel a été lancé et cela a permis d’obtenir la suspension de la construction et le départ de la police étatique préventive.

Maintenant les autorités du gouvernement s’en lavent les mains, bien que ce soient leurs propres lois. Cela est une preuve de plus que la justice rendue par le gouvernement et ses autorités est au service des grands intérêts qui veulent développer leurs projets sur nos terres avec la complicité des autorités officielles. Celles-ci sont en train de laisser entre les mains du gouvernement de l’Etat une partie de nos terres, sans l’accord des paysans du territoire communal de San Sebastian Bachajon.

Nous rendons responsables les autorités officielles et le gouvernement de l’Etat du Chiapas de tout acte de violence qui pourrait avoir lieu ces jours-ci. Parce que, en tant paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne, nous n’allons pas laisser l’impunité du gouvernement au-dessus des droits qui sont les nôtres en tant que paysans communaux. Nous allons éclaircir cette injustice sans nous soucier de ce qui pourrait arriver, car les responsables ce sont les autorités officielles et le gouvernement de l’Etat.

Des documents prouvent que ces terres sont une propriété d’usage commun. Cependant même avec toutes ces preuves en notre faveur le commissaire des terres communales (Goyito) donne nos terres. Beaucoup de preuves existent démontrant que le mauvais gouvernement agit contre notre organisation, comme l’expulsion violente du 19 juin 2012. Suite à ces faits, d’autres mesures seront prises, nous rendons responsables toutes les personnes mentionnées ultérieurement de ce qui pourrait arriver.

Parce que nous défendons notre terre mère, trois de nos compagnons ont été emprisonnés et dénoncés par des personnes connues comme ayant toujours collaboré avec la police étatique préventive. Ces personnes sont : Manuel Jimenez Monero et Juan Alvaro Moreno membres du parti du PRI et du parti vert écologiste du Mexique.

Nous exigeons la liberté immédiate de nos compagnons injustement arrêtés!

Cordialement,
Terre et liberté
Zapata vit, la lutte continue
zapata vive la lucha sigue

San Sebastián Bachajón, Chiapas, adhérents à l’Autre Campagne et à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone


Antécédents:

Urgent : expulsion violente contre les paysans du territoire communal de
San Sebastián Bachajón, Chiapas

Contexte:

L’Assemblée de la communauté de San Sebastián Bachajón, qui fait partie de l’Autre Campagne, s’est toujours opposée aux projets néolibéraux qui les expulsent de leurs territoires et impliquent la destruction des ressources naturelles.

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession. Cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme Zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

L’expulsion:

Les compagnons de la Radio Zapatista nous informent qu’hier, le 19 juin, à sept heures du matin, les paysans du territoire communal de San Sebastián Bachajón ont récupéré le péage routier d’Agua Azul (NDT, qui se trouve dans leur territoire).

Tout au long de la journée des hélicoptères ont survolé la zone. L’un d’eux a atterri dans les territoires communaux d’Agua Azul et les membres de l’équipage se sont réunis avec les membres du PRI de la zone.

Vers 14 heures, l’hélicoptère s’est retiré. Peu après, le directeur de la police et le délégué du gouvernement, José Manuel Morales, sont passés par le péage routier, apparemment pour vérifier combien de gens il y avait.

On nous a informés que 12 fourgons de la police sectorielle d’Agua Azul se dirigeaient vers le carrefour d’Agua Azul. Le convoi s’est arrêté parce qu’il y a eu un accident de la route qui a fait deux morts. Les paysans du territoire communal de Bachajón pensent qu’une fois l’autoroute dégagée le convoi suivra son chemin direction le péage. Une expulsion violente est à craindre.

Les derniers rapports informent qu’autour de neuf heures du soir l’expulsion a été réalisée avec brutalité, plusieurs paysans ayant été violemment frappés. Face à cette situation, les paysans ont fui dans la montagne.

Trois heures après l’expulsion violente, les paysans se sont regroupés, cependant, en ce moment, on ignore toujours où se trouvent sept compagnons.

Action de Solidarité:

Les paysans du territoire communal de San Sebastián Bachajón, Chiapas, ont récupéré le péage d’Agua Azul (NDT, situé dans leur territoire).

En ce moment, les paysans du territoire communal de Bachajón, adhérents à l’Autre Campagne, viennent de récupérer le péage d’Agua Azul. La récupération s’est faite dans le contexte de la mobilisation nationale et internationale pour la libération des prisonniers politiques. La prise du péage et le blocage de l’autoroute répondent à l’exigence de libération des prisonniers politiques : Alberto Patishtán, qui se trouve injustement emprisonné depuis 12 ans, aujourd’hui même ; le compagnon base d’appui Francisco Sántiz López ; les trois prisonniers de Bachajón (Antonio Estrada Estrada, Miguel Vásquez Deara et Miguel Demeza Jiménez) ainsi que d’autres prisonniers politiques et de conscience emprisonnés au Chiapas.

De plus, la prise du péage est un chapitre de plus dans la lutte pour la défense de la terre et du territoire contre les projets mégatouristiques dans la région, qui sont considérés comme des projets de pillage et de mort par les communautés en résistance.

Nous partageons avec vous une interview d’un des paysans qui nous a raconté les raisons de cette action.

http://radiozapatista.org/?p=6343

Pour plus d’infos (vidéos) sur San Sebastian Bachajón, cliquez ici :

https://liberonsles.wordpress.com/campagne-pour-san-sebastian-bachajon/

Voir aussi, Contexte : les territoires stratégiques du Chiapas sur :

https://liberonsles.wordpress.com/les-prisonniers-du-chiapas/

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