Le tribunal ordonne le retour de Patishtán au Chiapas

Un tribunal fédéral confirme l’appel du professeur indigène et ordonne le retour de Patishtán Gómez à la prison du Chiapas.

En octobre Patishtán Gómez a été transferé vers l’Etat de Sinaloa. Cela fait 12 ans qu’il est en prison.

Un tribunal fédéral a confirmé l’appel en faveur du tzotzil Alberto Patishtán Gómez, prisonnier de conscience, pour qu’il retourne à la prison du Chiapas, d’où il a été transféré en octobre vers Guasave, État du Sinaloa, sans autres motifs que de le punir pour avoir défendu les droits de l’Homme en prison depuis 12 ans. La sentence a été dictée il y a un mois, le 14 juin, et c’est seulement aujourd’hui (14 juillet) que le premier tribunal associé de la vingtième chambre de Tuxtla Gutiérrez l’a fait connaître.

Le Centre de Droits de l’Homme Fray Bartolomé de las Casas (Frayba) a révélé que la sentence, émise par le tribunal collègial fédéral, qui a son siège à Cancún, dans l’État du Quintana Roo, « résoud l’appel pourvu par ce centre en faveur du professeur Patishtán Gómez contre le transfert injustifié et forcé qui a eu lieu le 20 octobre 2011, vers le Centre Fédéral de réadaptation Sociale (Cefereso 8) de Guasave, dans l’Etat du Sinaloa,  » transfert qui a eu lieu  alors que l’indigène se trouvait en grève de la faim » exigeant sa liberté et celle d’un groupe de prisonniers, eux aussi arrêtés injustement « .

Le tribunal de la deuxième instance a confirmé ainsi l’appel qui ordonne le retour de Patishtán au Centre Étatique pour la Réinsertion Sociale de condamnés(Cerss) numéro 5 , de San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas, où il se trouvait antérieurement. Le Frayba souligne que « le procès s’est rallongé de neuf mois pour « accomplir les procédures établies institutionnellement »,ou plutôt, « à cause du recours en révision interposé par le directeur de Protection de l’Unité d’Affaires Légales et des Droits de l’Homme du Secrétariat Fédéral de Sécurité Publique ».

Durant le procès, le Frayba a documenté des violations aux droits de l’Homme et à la santé, « à un simple recours judiciaire, rapide et effectif », ainsi que « l’obstruction à une défense adéquate ». Droits « que l’État mexicain s’est engagé à respecter après avoir signé et ratifié les traités internationaux ».

Le Frayba exige l’application de l’appel : « Patishtán doit immédiatement être déplacé au CERSS, prison de San Cristobal; nous insistons pour que les autorités responsables appliquent la sentence sans aucun retard ». L’organisme des droits Humains demande la liberté immédiate du professeur, « parce que les accusations à son encontre sont inconsistantes et injustes, puisqu’il n’a pas commis les délits dont on l’accuse ».

Patishtán lui-même écrivait le 19 juin dernier, après avoir accompli 12 ans derrière les barreaux, qu’il a été arreté : « parce que je vivais aux côtés des sans défense, des analphabètes, etc., afin de protéger la défense de leurs droits et d’exiger justice, et aussi parce que je m’opposais à l’injustice que le maire Manuel Gómez Ruiz exerçait contre le village del Bosque, maire connu comme « le bourreau des pauvres », celui qui pour protéger ses intérêts a abusé du pouvoir en préfabriquant mes délits suite aux faits commis dans l’embuscade (contre des policiers) dans la zone de Simojovel – el Bosque, au Chiapas en 2000 « .

Depuis sa cellule de Guasave, Patishtán exigeait « encore une fois » du président Felipe Calderón Hinojosa sa liberté immédiate et celle des prisonniers de l’organisations Solidaires de la Voix de l’Amate incarcérés au Chiapas « , eux aussi également arrêtes sans raison.

source: Hermann Bellinghausen
Journal La Jornada
samedi 14 juillet 2012, p. 12

Voir aussi, prisonniers de la voix de l’amate, sur : https://liberonsles.wordpress.com/prisonniers-de-la-voix-de-lamate-chiapas/
Infos sur les prisonniers du Chiapas sur:  https://liberonsles.wordpress.com/les-prisonniers-du-chiapas

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