Alberto Patishtán perd la vue à cause de l’insuffisance de l’État Mexicain

Le Centre de Droits Humains Fray Bartolomé de las Casas (Frayba) dénonce le fait qu’Alberto Patishtán perd la vue à cause de la négligence de l’État Mexicain.
San Cristóbal de Las Casas, Chiapas,
20 septembre 2012
Bulletin N°. 20

Ce Centre de Droits Humains manifeste son indignation face aux manquements de l’État Mexicain concernant l’attention médicale portée au prisonnier politique Alberto Patishtán Gómez, qui, depuis quelques années, dénonçait sa situation médicale et le manque d’attention de l’État Mexicain qui ne s’est jamais occupé de son cas, ce qui a eu pour conséquence d’entraîner la perte progressive de la vue de Patishtán.

Le 10 septembre 2012, l’ophtalmologiste de confiance de Patishtán a transmit le résultat des derniers examens de champs visuels et a évalué la perte progressive de l’acuité visuelle de Patishtán, concluant à une situation de grave handicap visuel puisqu’il a perdu quatre-vingt-dix pour cent de sa vue.

Le 19 septembre 2012, le médecin a indiqué que la souffrance de Patishtán n’est pas d’origine ophtalmologique, mais qu’il s’agissait plutôt d’un problème devant être traité de toute urgence par un neurochirurgien.

Il est important de mentionner qu’en raison de la progression de cette grave détérioration visuelle, Patishtán ne peut plus réaliser ses activités quotidiennes dans la prison, comme lire, écrire, marcher avec assurance, entre autres. Comme son témoignage l’indique :

« Depuis le 6 septembre de cette année, j’ai non seulement senti que la vision disparaissait sur les côtés, mais je sens aussi comme si l’on éteignait la lumière. » « Dans le développement de mes activités en tant que ministre de l’eucharistie, la semaine dernière, je n’ai pas pu lire la bible et je n’ai pas pu, non plus, voir les touches du clavier qui me sert à accompagner les chants des célébrations, de la même façon, je ne peux plus écrire ».

Il faut se rappeler qu’en 2010, l’État Mexicain a diagnostiqué par erreur un glaucome et que dans la même année, Alberto a été hospitalisé dans l’Hôpital Vida Mejor à Tuxtla Gutiérrez, Chiapas. Durant les six mois de son hospitalisation, il n’a pas été traité d’une manière professionnelle ni efficace pour pouvoir déterminer le diagnostic et le traitement adéquat.

De la même manière, le 12 mai 2011, l’État Mexicain savait à travers un examen de champs visuels que « le patron de perte campimétrique orientait plus le résultat vers une atrophie optique descendante que vers un diagnostic de Glaucome ». Patishtán nous rappelle qu’une tomographie a été réalisée et qu’à aucun moment les résultats de l’examen n’ont été transférés au médecin qui s’occupait de lui, ce qui a empêché d’aboutir à un diagnostic correct, et en conséquence, à un traitement médical adéquat.

Par la suite, lors de son transfert forcé et arbitraire au Centre Fédéral de Réinsertion Sociale (CEFERESO) dans la ville de Guasave, dans l’État de Sinaloa, au nord du pays, il n’a pas été donné suite à l’attention médicale initiée. Face aux dénonciations d’inattention venant de Patishtán, des examens ont été réalisés à Guasave et une névropathie optique ischémique a été diagnostiquée, ce résultat était également erroné.

L’État a empêché à chaque instant, qu’une attention médicale pertinente, adéquate et efficace soit apportée à Patishtán. C’est pourquoi, ce Centre de Droits Humains exige de l’État Mexicain, qu’il applique les mesures de protection accordées cette année par la Commission Inter-américaine des Droits de l’Homme (CIDH), et qu’il adopte sans délai les mesures nécessaires pour garantir la santé et l’intégrité personnelle d’Alberto Patishtán.

Dans le cas de Patishtán, l’État Mexicain a failli à sa responsabilité internationale de garantir les droits des personnes qui se trouvent sous sa garde, ainsi que de garantir l’attention médicale appropriée aux personnes privées de leur liberté, comme les instruments internationaux le stipulent en la matière, et spécifiquement la Convention Américaine sur les Droits de l’Homme et les Principes et Bonnes Pratiques pour la Protection des Personnes Privées de Liberté en Amérique.

Ce Centre de Droits Humains considère que seule la liberté d’Alberto Patishtán peut arrêter la violation systématique de ses droits humains de la part de l’État mexicain.

Traduit par Caracol solidario et les trois passants

Source: http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2012/09/21/frayba-denuncia-pierde-la-vista-alberto-patishtan-por-la-ineficiente-actuacion-del-estado-mexicano/

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