Paramilitaires dégagez des communautés zapatistes!

Le niveau d’alerte s’accroît suite aux agressions contre des communautés zapatistes

Des ONG internationales demandent aux autorités mexicaines de faire cesser la violence

C’est une guerre qui s’intensifie tous les jours, affirme Gustavo Esteva

Hermann Bellinghausen
Journal La Jornada
Samedi 15 septembre 2012, page.14

Face à l’agression ouvertement paramilitaire qui s’est déroulée contre les communautés de la municipalité autonome « La Dignité » dans la zone nord du Chiapas, l’inquiétude augmente au sein des groupes de solidarité avec le mouvement zapatiste et des collectifs de l’Autre Campagne au Mexique et dans le monde, à cause du niveau alarmant qu’est en train d’atteindre l’escalade contre-insurrectionnelle.

Des messages de soutien arrivent des différents pays, demandant l’intervention des autorités fédérales et étatiques pour arrêter la violence et les harcèlements contre les communautés Commandant Abel, San Marcos Avilés et d’autres, dans les municipalités officielles de Sabanilla, Tila, Ocosingo, Les Margaritas et Chilón, principalement.

Pour l’écrivain Gustavo Esteva, c’est « l’heure de la résistance et de la solidarité ». En se référant à Francisco Sántiz López, base d’appui de l’EZLN à Teopisca et actuellement prisonnier sans autre raison que la persécution politique, et au cas de la communauté assiégée San Marcos Avilés, il dit : « Ceux sont des fronts de cette grande guerre qui s’intensifie tous les jours dans les communautés zapatistes parce que leur résistance chemine, parce que tous les jours ils s’assument dans leur autonomie, ils consolident leurs réussites et les portent encore plus loin.

Le mauvais gouvernement observe comment la résistance zapatiste s’enrichit, comment s’étendent ses propres façons d’apprendre et ses façons d’appliquer la justice, ses façons de guérir et toutes ses formes de vivre, et comment, malgré tout ce qu’ils font contre eux, la nouvelle réalité sociale, celle qui est fondée sur une forme différente d’existence, se transmet et s’affirme.

« Les attaques ne sont pas dirigées contre la faiblesse, contre ce qui est triste ou mort. On attaque ce qui fleurit, ce qui est vigoureux, ce qui est une source d’inspiration et sert d’exemple. Les démons ont été lâchés. La guerre chemine partout. Et partout chemine aussi la solidarité, la décision d’être ensemble dans cette lutte commune qui ne tient pas compte des frontières. »

Des collectifs de l’État Espagnol, de France, d’Italie et du Royaume-Uni ont manifesté tous ensemble leur indignation face « à la répression que vit la communauté Commandant Abel » et ils ont signalé que dans les dernières semaines « nous avons été témoins des multiples abus et humiliations qu’ont subis les compagnons de San Carlos, municipalité autonome San Pedro de Michoacán, dont le siège est au Caracol de La Realidad, et les compagnons de Moisés Gandhi, région Che Guevara, municipalité autonome Lucio Cabañas du Caracol de Morelia ».

Le Comité Norvégien de Solidarité avec l’Amérique latine signale que la communauté Commandant Abel est « une communauté de compagnons et compagnes courageux et dignes qui sont fustigés, agressés, chassés et assassinés, depuis les années 90 par les paramilitaires appartenant à l’organisation de Paix et Justice et par la suite, par des membres du PRI et de l’UCIAF* ».

Un an après la dernière invasion de leurs terres, en septembre 2011, « les paramilitaires sont revenus avec un luxe de violence et en tirant sur les hommes, les femmes et les enfants qui, pacifiquement et sans défense, résistaient en dessous des arbres et des lianes pour défendre leur terre et leurs vies ».

En Allemagne, la fondation du Comité de Berlin a été annoncée, en soutien aux Zapatistes de San Marcos Avilés qui avait été expulsés de leur communauté en 2010 par un groupe « loyal » au gouvernement. « Leurs champs ont été occupés ou brûlés, leurs maisons ont été dévastées et détruites. Après une odyssée d’un mois, les habitants sont revenus, ayant souffert sévèrement de la faim durant l’expulsion. Bien que maintenant il y ait un campement civil international pour la paix dans la communauté, les zapatistes font face régulièrement aux menaces, aux vols, à la destruction de leurs champs et aux attaques physiques ».

De messages de soutien sont également arrivés d’Uruguay, des États-Unis et d’Argentine. A San Cristóbal de las Casas, Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité de l’Autre Campagne a lancé un appel aujourd’hui pour créer un réseau d’approvisionnement de vivres pour la communauté Commandant Abel qui fonctionnera jusqu’à janvier prochain, ainsi qu’à l’organisation de brigades d’observation.

* UCIAF : Union paysanne Indigène et forestière (Unión Campesina Indígena y Forestal) groupe paramilitaire affilié aux partis politiques Vert Écologiste et au PRI parti Révolutionnaire Institutionnel

Traduit par Caracol Solidario et les trois passants

Source: http://www.jornada.unam.mx/2012/09/15/politica/014n1pol

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