La maladie d’Alberto représente une torture!

San Cristóbal de Las Casas, 26 septembre 2012

Compagnons et compagnes du Mexique et du monde :

Aujourd’hui nous vous écrivons et nos mains tremblent de colère. Les injustices contre nos compagnons et compagnes emprisonnés deviennent de plus en plus insupportables et pour nous il est urgent de crier notre mécontentement pour que les responsables de ces tortures paient pour leurs actes et que nos compagnons sortent libres.

Dans une lettre publique datée du 25 septembre de cette année, le professeur et compagnon tzotzil Alberto Patishtán Gómez, « le Prof » comme nous l’appelons, nous a communiqué qu’un spécialiste de confiance lui a diagnostiqué une tumeur située derrière les yeux, ce qui est la vraie cause de sa perte de vue, depuis plus de trois ans.

Alberto a exigé des soins et une attention médicale dès les premiers symptômes, mais la réponse qui lui a été donnée par l’État fut une place dans un lit d’hôpital à Tuxtla Gutierrez pendant six mois et en lui diagnostiquant un glaucome. Depuis lors « le Prof » a commencé à prendre des médicaments pour cette maladie (dont il ne souffrait pas !). Le soin (erroné) a été interrompu par le fait qu’il a été transféré de force à la prison de sécurité maximale à Guasave, dans l’Etat de Sinaloa, où pendant des mois ils lui ont refusé tout médicament, en lui appliquant uniquement une pommade ophtalmique. Grâce aux dénonciations sur ce manque d’attention faites par Patishtán et grâce aux mobilisations dans plusieurs pays, quelques analyses lui ont été accordées à la prison de Guasave, donnant comme résultat le diagnostic de névropathie optique ischémique, ce qui a aussi été un diagnostic erroné.

Aujourd’hui nous sommes au courant qu’Alberto a une tumeur qui a crû  durant toutes ces années à cause de l’inattention médicale, des transferts vers autres prisons, de la mauvaise alimentation, des tortures et des prescriptions erronées de médicaments. Aujourd’hui Alberto ne voit presque plus rien, il ne peut pas lire, ne peut pas écrire, il doit réaliser beaucoup d’activités quotidiennes accompagné d’une personne.

Nous sommes très en colère de voir notre compagnon dans ces conditions.

Nous voulons souligner que nous ne dénonçons pas une négligence médicale, il ne s’agit pas de cela. Alberto Patishtán a été victime d’une torture systématisée, d’un manque d’attention médicale instrumentalisée pour l’affaiblir et pour en finir avec son enthousiasme, sa foi et sa persévérance dans la lutte. Ce que nous dénonçons ici, c’est un mécanisme de pouvoir dénommé système pénitentiaire, système qui enferme, isole, torture et annihile les hommes qui tombent dans ses griffes. La tumeur d’Alberto n’est pas une faille dans un système qui pourrait être meilleur, mais c’est le résultat évident d’une machine infernale que les puissants utilisent pour piétiner et pour effrayer les pauvres et les rebelles.

C’est-à-dire qu’ils les tuent intentionnellement, et laissent mourir jour après jour des milliers de détenus dans tout le pays.

La solution à cette situation dramatique ne peut pas venir de là-haut, la seule solution est entre nos mains : qu’Alberto sorte maintenant et que les cathédrales de l’horreur dénommées prisons soient closes. Ces deux objectifs sont simplement deux moments dans la même lutte projetée à court et à long terme.

Nous sommes très en colère, mais Alberto, même dans ces circonstances difficiles, nous apprend une fois de plus qu’il faut avoir patience, bien définir les pas à suivre et continuer la lutte. Malgré cette situation, Alberto a toujours le temps et l’envie de rire, de prendre dans ses bras ses compagnons et compagnes et de transmettre de l’espoir aux autres.

Nous invitons toutes les organisations soeurs, adhérentes et sympathisantes à l’Autre Campagne à renouer avec plus de force et de détermination avec les différentes campagnes nationales et internationales pour la liberté immédiate d’Alberto et pour celle de Francisco Santiz de l’EZLN et des compagnons de l’organisation Solidarios de la Voz del Amate.

LIBERTÉ IMMEDIATE POUR ALBERTO !
PRISONNIERS POLITIQUES LIBERTÉ!
À BAS LES MURS DES PRISONS!

Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” http://noestamostodxs.noblogs.org/

Traduit par les 3 passants

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