Alberto Patishtán se trouve menotté à son lit d’hôpital

Dans l’attente de son opération chirurgicale, Alberto Patishtán se trouve menotté à son lit d’hôpital à l’Institut National de Neurologie, dans la ville de México.

Par Hermann Bellinghausen
Envoyé
Journal : La Jornada
Dimanche 7 octobre de 2012, p. 17

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, le 6 octobre. Les prisonniers de l’Autre Campagne qui se trouvent dans la prison numéro 5, dans cette municipalité, ont dénoncé par voie téléphonique que leur compagnon, Alberto Patishtán Gómez, se trouve menotté dans son lit d’hôpital à l’Institut National de Neurologie « Manuel Velasco Suárez », dans la ville de Mexico.

« Il a besoin de repos, il va être opéré ce lundi-là de sa tête, et ils ne peuvent pas l’avoir attaché comme ça jour et nuit », – a signalé Pedro López Jiménez, porte-parole des prisonniers de l’organisation « les Solidarios de la voz del Amate ». Ce qu’ils lui font subir c’est de la torture psychologique, en piétinant ses droits. Les reclus rendent responsable de cette situation le commandant Nefer du groupe appelé « Loup » – lobo, en espagnol- spécialisé dans le transfert de prisonniers, ce qui a été confirmé par la famille du professeur.

Depuis la ville de Mexico, sa fille Gabriela Patishtán a signalé : Nefer  » nous a refusé les visites, alors qu’elles reviennent de droit aux membres de la famille et aux amis, et maintenant il le maintient menotté 24 heures sur 24, ce qui nous semble révoltant puisqu’il devrait bénéficier des meilleures conditions avant son opération chirurgicale, qui aura lieu ce lundi ; au contraire, d’une manière lamentable, ce manque de respect l’empêche de se reposer, comme les médecins l’avaient pourtant recommandé. »

Ce lundi, Patishtán subira une intervention chirurgicale, en raison d’une tumeur au cerveau qui a sérieusement affecté le sens de la vue et qui atteint 4 centimètres de diamètre. Durant tout ce temps, en incluant un séjour de six mois à l’hôpital « Vida Mejor » dans la ville de Tuxtla Gutiérrez au Chiapas, la souffrance de ce prisonnier reconnu de conscience, d’origine tzotzile, est due aux mauvais traitements et au manque d’attention de la part des autorités carcérales ainsi que du personnel médical.

L’exigence de sa libération s’est étendue et maintenant, la Cour Suprême de Justice de la Nation s’apprête à s’occuper de la demande de révision de sa peine de 60 ans de prison, due à des crimes qu’il n’a jamais commis.

Depuis la prison de San Cristóbal, López Jiménez soutient que la négligence médicale, comme d’habitude, retarde toutes les analyses, mais il ajoute :« nous savons qu’il est de la responsabilité des autorités pénitentiaires de nous accorder une attention adéquate. » Lui-même souffre de forts maux de tête depuis un an, mais on lui donne seulement des analgésiques sans aucun diagnostic médical. « Je demande une étude médicale adéquate »,dit-il.

Les détenus de l’Autre Campagne se déclarent injustement prisonniers, de la même façon que Patishtán, ils s’obstinent et maintiennent un piquet de protestation permanent à l’intérieur de la prison.

Avec eux, se trouve Francisco Santiz López, l’unique prisonnier politique dans l’état du Chiapas qui est en plus base d’appui de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale -EZLN. Il reste emprisonné à San Cristobal, par une décision politique, étant donné que les charges dont on l’accuse et pour lesquelles il a été appréhendé se sont toutes révélées fausses. Indigène Tzeltal de Tenejapa, Santiz López est avec Patishtán le prisonnier politique le plus emblématique du Chiapas. L’exigence de sa libération a été soutenue au niveau international durant des mois, et elle continue de croître.

Source: http://www.jornada.unam.mx/2012/10/07/politica/017n1pol

Publicités

Commentaires fermés

%d blogueurs aiment cette page :