Rosario Díaz Méndez : un autre indigène emprisonné au Chiapas.

Los Llanos, Chiapas, 8 octobre. Rosario Díaz Méndez,originaire de Huitiupán, fait partie avec Alberto Patishtán de ce qui reste du groupe de «  la Voix de l’Amate » à l’intérieur de la prison. De la même façon que le professeur tzotzil Patishtán originaire du village de « el Bosque », il est emprisonné pour des délits qu’il n’a pas commis (dans son cas, des délits de séquestration et d’homicide). Cela fait plus de sept ans qu’il se trouve enfermé, et bien que son cas soit en révision par le gouvernement de l’État et qu’une résolution judiciaire ait dû être émise par le juge de première instance à Simojovel ce 2 octobre, son dossier reste dans les limbes de l’abandon.

« Personne ne m’accuse » – c’est comme cela que Monsieur Rosario résume sa situation juridique. « Dans la plainte initiale mon nom n’apparaît pas. Il y a sept autres co-accusés dans la prison de l’Amate, que je ne connaissais même pas, qui ont été arrêtés pour les mêmes faits que moi, faits qui ont eu lieu à Huitiupán en 2005 ». Toujours accompagné par son épouse chaque fois que cela est possible, il est le fondateur du piquet de protestation permanent qu’ont mis en place les adhérents de l’Autre Campagne dans la cour de la prison de Los Llanos, près de Huixtán.
Les personnes prétendûment offensées
Ce lundi, dans une missive écrite à la main qu’il a voulu rendre publique, il a exhorté le juge du district de Simijovel « à respecter exhaustivement les analyses de son dossier, numéro 47/2006, en tenant  compte de toutes et de chacune de ses confrontations, puisque les personnes supposées être offensées ne l’ont jamais signalé comme responsable, et les témoins à charge non plus ». Il exige que le gouverneur Juan Sabines Guerrero prenne en compte cette demande et donne des instructions précises pour sa libération.

« Nous nous trouvons à un moment décisif pour que l’innocence de Rosario soit reconnue », – a déclaré le groupe de travail « No estamos Tod@s » qui accompagne les prisonniers de l’Autre Campagne dans leurs procédures légales et dans la lutte pour leurs libérations. Ils ajoutent : « le 2 octobre aurait dû avoir lieu l’audience juridique à Simojovel. Celle-ci donne un délai légal de 15 jours ouvrés pour que le tribunal émette une sentence absolutoire ou condamnatoire, en ce qui concerne l’accusation d’homicide à son encontre ».

De plus, le groupe souligne que Rosario a réalisé une activité politique très active à l’intérieur de toutes les prisons où il a été détenu depuis le 23 août 2005. En 2008, quand il se trouvait à la prison de l’Amate (à Cintalapa) et qu’il n’était pas encore membre de la Voix de l’Amate, il s’est solidarisé avec la grève de la faim de la dite organisation, comme des dizaines de prisonniers. Cette protestation a été le facteur qui a permis la libération de tous les prisonniers de cette organisation, sauf celle de Patishtán, et c’est alors que Díaz Méndez s’est joint à cette organisation aux côtés de Patishtán.

Quand tous les deux ont été transférés à la prison de San Cristobal, ils ont continué la lutte qui avait été conçue à l’intérieur de la prison de l’Amate. Là il a participé aux actions solidaires avec les villages adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne, ajoute le témoignage du groupe civil. Ensuite il s’est joint à l’organisation d’une grève de la faim massive en juin 2011, quand environ 580 prisonniers de los Llanos ont manifesté pour le respect de leurs droits en tant que personnes. Trois mois plus tard, Díaz Méndez a participé à la grève de la faim et au piquet de protestation de l’organisation de la Voix de l’Amate et les Solidaires, grève qui a duré 39 jours, et qui avait pour but d’exiger leur libération.

C’est grâce à cela que d’autres membres de « la Voix de l’Amate » ont réussi à se faire libérer, suite aux protestations pacifiques, aux efforts réalisés de la part des avocats et aux incessantes dénonciations concernant les irrégularités et les mensonges qui les avaient amenés à la prison du Chiapas. Récemment une nouvelle organisation de prisonniers a été créée, également adhérente à l’Autre Campagne, et qui s’appelle « Les Solidaires de la Voix de l’Amate ». Ce sont des jeunes exposés aux mêmes injustices et manifestant un engagement équivalent dans la lutte des prisonniers qui ont été arrêtés sans fondement ou pour des motifs politiques, et comme Díaz Méndez et Patishtán, ils sont devenus une référence en matière de droits humains au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés – CERSS, dans la zone rurale de San Cristóbal de las Casas.

Hermann Bellinghausen, envoyé
Journal : La Jornada
Mardi 9 octobre 2012, p. 20

Traduit par les 3 passants

Source: http://www.jornada.unam.mx/2012/10/09/politica/020n1pol

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