L’Amérique centrale de 2013 sera l’Atenco de 2006.

muertepenVFOS

À propos de la nomination d’Ardelio Vargas à l’Institut National des Migrations (INM)

À tous ceux qui marchent sans papiers dans ce continent
Aux gens honnêtes qui leur donnent refuge

Ville de Puebla, Mexique, 16 janvier 2013

Le 1 décembre dernier, Enrique Peña Nieto a brutalement et clairement dit à Francisco Kuykendall* comment il répondra aux protestations contre son gouvernement. Le 11 janvier, avec la nomination de Nuvia Mayora Delgado, il a clairement montré que les peuples indigènes signifient pour lui : répartir des dépenses et faire des statistiques (bien que le premier graphique de son mandat a montré plus de 40 mille indigènes marchant en silence avec leurs pas de dignité et d’autonomie**). Maintenant Peña Nieto envoie un message à tous les Centre-Américains qui circulent dans notre pays à la recherche d’un avenir meilleur, et ce message a un nom : Ardelio Vargas Fosado***.

Erique Peña Nieto envoie aux migrants, le même message que Vicente Fox avait envoyé à Atenco et à l’Autre Campagne en 2006, le même qu’Ulyses Ruiz a envoyé au mouvement social à Oaxaca, le même que Rafael Moreno Valle a envoyé aux paysans et aux journalistes à Chignahuapan et qu’à chaque occasion il envoie, quand le mécontentement contre son gouvernement prend la rue.

Le message est clair, l’Institut National des Migrations (INM) va devenir une instance policière de plus, aux mains d’un personnage qui a dirigé des opérations policières qui ont abouti à des tortures, des meurtres et des arrestations arbitraires. Au sein de l’INM, déjà controversé, arrive un personnage qui, tandis qu’il s’occupait de frapper des mouvements sociaux sous la conduite du gouverneur de l’Etat de Puebla, permettait l’avancée et l’installation du crime organisé au nord de cette ville. Ardelio Vargas arrive au gouvernement d’Enrique Peña Nieto pour poursuivre et réprimer les migrants, pour le grave délit qu’est, voyager sans papiers, parce que si une chose est restée claire pendant toutes ces années, c’est que la seule façon d’agir que connait Vargas Fosado, c’est la violence.

Il est clair pour nous que le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) n’est jamais parti, il a seulement changé de couleur de temps à autre. Il est clair qu’à cette occasion, devant les cameras, le PRI ratifiera des lois en faveur des victimes de la guerre, remettra des prix aux défenseurs d’immigrés, mettra en place des commissions de dialogue et de négociations avec les peuples indigènes. Et il est clair que quand les cameras cesseront de regarder ou seront obligées de regarder ailleurs, le sang coulera et la brutalité viendra.

Comme cela fut le cas en 2006 à Atenco, aujourd’hui, Enrique Peña Nieto et Ardelio Vargas Fosado se retrouvent ensemble, l’un pour poser devant les cameras et l’autre pour frapper derrière celles-ci. Maintenant, l’Amérique centrale de 2013 sera l’Atenco de 2006.

Nodo de Derechos Humanos

http://nodho.org/

*Le 1er décembre Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, s’est rendu à une mobilisation contre la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto et a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive, son état est toujours critique.

** le 21 décembre à la date où beaucoup de gens croyaient que le monde se terminerait, plus de 40 mille bases d’appui zapatistes ont marché en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le 1er janvier 1994. Les bases d’appui zapatistes ont marché, le visage couvert, le poing levé, réalisant ainsi une puissante démonstration de force, et pour dire, silencieusement : nous sommes toujours là.

*** Ardelio Vargas Fosado appartient au PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) il a débuté sa carrière dans le domaine de l’espionnage politique à la Direction fédérale de la sécurité (DFS) et fit office de directeur d’investigations au Centre d’investigation et de sécurité nationale (Cisen), avant d’être nommé chef d’état-major de la Police Fédérale Préventive (PFP), charge depuis laquelle il a dirigé sur le terrain, les opérations contre-insurrectionnelles à San Salvador Atenco et à Oaxaca en 2006. En 2011, il a été nommé secrétaire de la Sécurité Publique dans la ville de Puebla et actuellement, a été nommé par Peña Nieto, à la tête de l’Institut National des Migrations.

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

Voir aussi la rubrique : La Guerre du Mexique d’en haut

Voir aussi:

MEXICO: nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État mexicain le 1er décembre 2012

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Francisco Kuykendall Leal, est décédé à 6h du matin à Mexico.

kuykendallNi oubli, ni pardon !

Les évènements du premier décembre confirment une fois de plus la brutalité policière et la répression qui caractérise l’État Mexicain, reprises et élargies par Peña Nieto, mais aussi par le maire de la ville de Mexico Marcelo Ebrard, connu aussi pour sa répression et sa persécution des mouvements sociaux, des étudiants, des compagnons militants de la Sexta, des compagnons anarchistes…

Depuis cette répression, le compagnon adhérent à la Sexta zapatiste, Francisco Kuykendall Leal, se trouvait dans un état grave. Il souffrait d’un traumatisme crânio-encéphalique qui l’a pratiquement laissé paralysé.

Outre son militantisme, Kuykendall avait une passion particulière pour le théâtre ; il était directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il a résisté longtemps et aujourd’hui, 25 janvier 2014, il est décédé à 6h du matin à Mexico.

Voici une vidéo du 1er décembre sur l’agression subie par le compagnon Kuy.

À lireContre le harcèlement et la répression de la Croix Noire Anarchiste, AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES TOUS DES ANARCHISTES !

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