CHIAPAS: tous les prisonniers de l’Autre Campagne ont vécu des arrestations arbitraires

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« Tous les prisonniers ont été arrêtés de façon arbitraire et à partir de délits fabriqués de toute pièce », a signalé le porte-parole des prisonniers de la prison n°5 au Chiapas.
« Les autorités savent que nous sommes innocents », signalent les prisonniers indigènes du Chiapas
Ils exigent du gouverneur Velasco qu’il intervienne face aux abus commis dans la prison, lundi dernier.

San Cristóbal de Las Casas, Chiapas., 23 janvier. « Cela fait plus d’un an que nous avons fait notre grève de la faim et il n’y a pas eu encore de réponse à notre exigence de liberté, ni à notre demande de réparation de toutes les irrégularités judiciaires commises à notre encontre », a déclaré Pedro López Jiménez, au nom du groupe de prisonniers de l’Autre Campagne au Centre Étatique pour la Réinsertion Sociale des Condamnés n°5 (Cerss). « Les autorités sont bien au courant de notre innocence ».

Il s’agit des prisonniers indigènes qui purgent des peines basées sur des mensonges et des irrégularités tout au long de leur procès. Les détenus les plus connus sont : Alberto Patishtán, de l’organisation de la Voix de L’Amate, et Francisco Santiz López, base d’appui de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, ces deux cas sont de compétence fédérale et les  différents gouvernements du Chiapas n’ont jamais tenu leurs promesses.

En dénonçant les conditions carcérales de plus de 500 prisonniers dans cette prison, López Jiménez, du groupe des Solidaires de la Voix de l’Amate a souligné que le nouveau directeur de la prison n° 5, Wenceslao Urbina Gutiérrez, « a restreint beaucoup de choses, en violant les droits des prisonniers et sans respecter les us et coutumes de nous tous qui sommes en majorité indigènes ».

« Nous exigeons du gouverneur Manuel Velasco Coello qu’il intervienne à propos cette situation injuste », a t-il ajouté. « Depuis lundi denier ils ont empêché nos familles de nous apporter des aliments : bananes, boissons de mais et galettes. Nous sommes pauvres, mais nos familles nous apportent des choses qui complètent notre alimentation en prison, qui n’est pas bonne ni suffisante, et maintenant ils nous ont privé de ce droit ».

« De plus, les autorités de la prison n° 5 restreignent le passage des visiteurs, sans arguments valables et en toute mauvaise foi. Cette situation affecte la totalité de la population carcérale, et pas seulement nous qui sommes organisés », a déclaré le porte-parole tzotzil.

Des processus irréguliers

Les autres prisonniers de l’Autre Campagne sont : Alfredo López Jiménez, Rosa López Díaz, Juan Collazo Jiménez, Juan López Díaz et Alejandro Díaz Santiz. Tous ont vécu des arrestations arbitraires, la torture, le refus d’un traducteur dans leur langue, la corruption des agents de police. Ils ont été forcés de passer aux aveux et ont subi des fabrications de délits.

Pour sa part, Santiz López, base d’appui zapatiste, continu d’être détenu sans raison, et son cas est en suspens, il est plus un otage politique qu’un inculpé. Le professeur Patishtán espère aussi que la Cour Suprême de Justice de la Nation révisera son cas, remplit d’irrégularités tout au long du procès, raison pour laquelle il a été condamné à 60 ans de prison (il a déjà passé 12 ans en prison) pour un crime qu’il n’a pas commis.

Finalement, un autre retard inexplicable est celui du juge de Simojovel, qui doit se prononcer sur l’invalidité des charges contre Rosario Díaz Méndez, membre de la Voix de l’Amate et qui a retardé durant des semaines son intervention, sans respecter successivement les délais légaux.

Hermann Bellinghausen
Envoyé Journal La Jornada
24 janvier 2013, p. 22 Source

Traduit pas les trois passants

Merci à Myriam pour les corrections


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