Chiapas: les prisonnier-e-s ont tracé pendant de nombreuses années une radiographie du système carcéral

carcelDepuis leur front de lutte derrière les barreaux de la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas au Chiapas, huit compagnons et une compagne de la Sexta- adhérents à la Sixième déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN- incarcérés, nous communiquent leur nouvelle action de lutte: depuis le mercredi 30 janvier ils ont commencé un jeûne et une prière de 12 heures quotidiennes durant 7 jours afin d’exiger leur libération immédiate.

Alberto, Rosario, Pedro, Juan Collazo, Alejandro, Juan Diaz, Rosa, Juan Lopez et Benjamin ont passé entre 6 et 13 ans en prison sans aucune justification, la seule raison évidente c’est qu’ils sont pauvres, ou bien indigènes ou militants sociaux dans leurs villages. La machine infernale de la justice étatique, non seulement les a arrêté sans preuves ni évidences, mais les a torturé, transféré, frappé, menacé en leur rendant la vie impossible dans les différentes prisons où ils ont été enfermés.

Ces compagnons ont subi ce que subissent toutes celles et tous ceux qui ont eu le mauvais sort de tomber dans les mains de ces tyrans en uniforme qui défendent le système du pouvoir capitaliste, patriarcal et colonial ; mais nos compagnons ne se sont pas tus et ont constamment dénoncé les violations et les mauvais traitements que l’on subit en prison, pas seulement au Chiapas, mais partout au Mexique. Dénonciation après dénonciation « l’organisation de la Voix de l’Amate » et « les Solidaires de La Voix de l’Amate » ont tracé pendant de nombreuses années une radiographie du système carcéral où devient évident le mépris total de la dignité humaine dont souffrent les prisonniers dans les prisons de l’État. Ils l’ont fait en défiant les menaces des autorités de la prison, en mettant leurs noms et leurs corps en danger.

Serait-ce pour cette raison que dans les derniers jours, le compagnon Rosario Diaz Mendez a encore été condamné à 25 ans de prison ferme pour un homicide qu’il n’a pas commis ?

Est-ce une manière de lui faire payer sa conviction obstinée à lutter pour sa liberté et celle des autres compagnons ? Quel cœur et quelle tête perverse a probablement la juge Jaqueline Angel du Tribunal de Simojovel pour ne pas tenir compte, dans la révision du procès, du fait que les offensés ne reconnaissent pas Rosario comme le responsable de ce que les « victimes » ont subi ?

C’est une honte, une sentence – une de plus – sans soutien légal … ils veulent à tout prix casser la fermeté de Rosario, son espoir et son sourire.

On se souvient que Rosario Diaz Mendez a été accusé du délit d’homicide suite aux faits qui ont eu lieu le 4 avril 2005, où 5 personnes se rendait en voiture dans la municipalité de Huitiupan et ont été assaillis par 4 personnes qui étaient habillées tout en noir et ont utilisé des armes à feu. Le conducteur est décédé dans cet événement. Le 23 août 2005 la police a arrêté Rosario en l’accusant d’avoir participé à cet homicide. Conformément aux témoignages obtenus par les mêmes autorités d’administration de justice, il n’existe aucune preuve qui accrédite la culpabilité de Rosario. De la même façon une accusation de séquestration a été montée de toute pièce contre lui.

 Communiqué du groupe de travail « No Estamos Todxs »
source

Traduit par les trois passants

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