Depuis l’Europe : Liberté immédiate pour Alberto Patishtán Gómez !

cartasolipatishAux compagnes et aux compagnons dans n’importe quel calendrier et n’importe quelle géographie ;
Aux compagnes et compagnons prisonnier-e-s de la Sexta ;
Au compagnon Alberto Patishtán Gómez ;
Aux compagnes et aux compagnons Zapatistes ;
À la Sexta ;

4 mars 2013.

Compagnons et compagnes :

Avant tout recevez tous et toutes une salutation solidaire et du courage depuis nos différentes géographies. Le mois dernier à Paris, différents collectifs se sont réunis lors d’une rencontre européenne de solidarité avec les compagnons et les compagnes zapatistes. Dans cet espace, nous avons pu nous regarder et nous parler dans un contexte particulier, maintenant que commence une nouvelle étape appelée : « La Sexta » Parmi les nombreuses choses dont nous avons discuté, pour nous il reste clair que nous devons continuer à regarder vers le bas et ne pas oublier ceux et celles qui dans n’importe quel calendrier et dans n’importe quelle géographie nous ont enlevé, nous ont caché, nous ont séquestré, nous ont enfermé, nous ont extradé et isolé, pour le délit d’être indigène, d’être rebelle, d’en avoir marre, de parler une autre langue, de ne pas avoir de ressources, d’avoir appartenu à une organisation avant ou après l’arrestation, de protester, de se mobiliser, de se solidariser …ou tout simplement pour penser que les choses peuvent être différentes de ce que nous imposent ceux d’en haut.

En prenant en considération tout ceci et comprenant un peu le langage juridique qui est volontairement compliqué, aujourd’hui nous avons été informés que le cas du compagnon Alberto Patishtán est entre les mains de la Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) et que la Première Salle de la SCJN doit discuter ce 6 mars sur la reconnaissance de l’innocence de Patishtán, pour qui, grosso modo, ce « Recours en Reconnaissance d’Innocence » est le dernier recours légal pour obtenir sa liberté.

Notre compagnon Alberto, comme des milliers d’indigènes et de personnes d’en bas dignes, a non seulement été condamné à la réclusion, mais aussi à une longue chaîne  de décisions arbitraires, de négligences et d’humiliations – toutes sous couvert légal – en souffrant à l’intérieur de la prison de ce dont souffrent des milliers de Mexicains en dehors, c’est-à-dire : du mépris, d’une absence totale de diagnostics médicaux efficaces. Alberto a été pendant des années traité pour un glaucome, puis pour une excroissance dans les yeux. Ce n’est qu’après de longues pressions que le professeur Patishtán a été bien diagnostiqué. Les médecins ont extrait de son cerveau la quasi-totalité d’une tumeur de 4.6 centimètres qui s’était développée depuis plus de dix ans et qui avait occasionné pour Alberto la perte presque totale de la vue, sans compter tous les symptômes dont il souffrait.

Patishtán a été arrêté sans ordre d’appréhension et obligé de signer sa déposition sans avocat et sans traducteur. Malgré les preuves apportées par la défense et les irrégularités du procés, la justice l’a accusé des délits fédéraux d’homicide et de lésions qualifiées  ;  de vol qualifié  ;  de dommages et du port d’arme à feu à usage exclusif de l’armée. Derrière tout cet arbitraire « légal », se cache le fait que Patishtán a toujours été très actif avant et après sa réclusion, raison pour laquelle il est une personne « dérangeante» pour les autorités. Raison par laquelle il a aussi été transféré vers différentes prisons d’une manière arbitraire, jusqu’à à être même enfermé dans une prison de haute sécurité à Guasave, dans l’État de Sinaloa. Mumia Abu-Jamal lui-même, prisonnier de conscience très connu emprisonné pendant 31 ans aux États-Unis, a qualifié de tragédie juridique le cas du professeur tzotzil Alberto Patishtán Gómez.

Aujourd’hui nous voulons réitérer notre entière solidarité avec vous compagnon Alberto, et quoi qu’il arrive, quoi que décidera la Cour Suprême de Justice de la Nation, nous savons que vous êtes enfermé là, parce que votre coeur est né rebelle, indigène et pauvre. Tout le reste est une stratégie pour maquiller que ce qui s’emprisonne véritablement est la révolte, l’engagement, le fait de regarder vers le bas, le fait de vivre en bas et de semer la dignité, le fait de ne pas regarder le pouvoir et de ne pas y aspirer.

La lutte pour la liberté dont ils vous ont privé est celle que dehors ils nous enlèvent quotidiennement, la solidarité envers vous pour votre libération Patihstán a dépassé les frontières et a fait beaucoup de bruit, a transpercé le fond. La lutte continue de toutes les façons. Nous espérons que cette étape juridique s’exercera sérieusement, pour que vous puissiez enfin prendre dans vos bras votre famille et vos amis et marcher libre avec eux.

Liberté inconditionnelle pour le compagnon  Alberto Patihstán Gómez! Liberté pour Juan Díaz López, Rosa López Díaz, Alfredo López Jímenez, Pedro López Jiménez, Juan López González, Juan Collazo Jiménez, Benjamín López Aguilar, Alejandro Díaz Sántiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vásquez Deara, Miguel Demeza Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Rosario Díaz Méndez et Álvaro Sebastián Ramírez !

En solidarité :

Associu Sulidarità (Corsica)
Caracol Zaragoza-Red de Personas por la Autonomía Zapatista
CEDOZ, État espagnol
CGT, État espagnol
Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France
Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan)
Corsica Internaziunalista
Espoir Chiapas, France
Fédération SUD éducation, France
Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG- France)
Grupo de Solidaridad con Chiapas de Dorset, Royaume-Uni
Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne
Kolectivo BoKa En BoKa, France et Mexique
Les trois passants, France
Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid
LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista
Marisol,Lugano, Italie et Suisse
Secrétariat international de la CNT, France
Union Syndicale Solidaires, France

Traduit par Les trois passants

Merci à Myriam pour les corrections

Source en espagnol

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