« Nous sommes gouvernés par l’injustice » : a déclaré Patishtán

marcha-el-bosque-patishtan« Nous sommes gouvernés par l’injustice » : a déclaré Patishtán, suite au refus de la Cours de réviser son cas. « C’était une bonne occasion de voir si au Mexique il y a une justice », a regretté, lors d’une interview téléphonique, le professeur tzotzil originaire du village d’el Bosque.

Ville de Mexico. « Nous sommes gouvernés par l’injustice », a déclaré Alberto Patishtán Gómez depuis la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas au Chiapas, après avoir appris que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice (SCJN) ont refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, en prétendant que celui-ci ne présente pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention.

« C’était une bonne occasion de voir si au Mexique il y a une justice »,  a regretté, lors d’une interview téléphonique, le professeur tzotzil, en ajoutant : « Nous, les prisonniers, continuerons la lutte  contre l’injustice et la corruption du système judiciaire « . Il a salué les deux juges qui ont voté en faveur de sa cause, Olga Sanchez Cordero et Arturo Saldívar. « Eux, oui, ils sont disposés à connaître la vérité. Les autres ne regardent pas les choses comme elles devraient l’être ».

Les membres de l’organisation des prisonnier-e-s de la Voix de L’Amate et les Solidaires de la Voix de l’Amate ont déclaré : « Nous sommes indignés par le comportement des juges, qui avaient entre leurs mains la possibilité de rendre à notre compagnon sa liberté par un acte de justice, mais ça n’a pas été le cas ». Au nom de ceux-ci, Patishtán a déclaré : « Nous sommes, de notre côté, décidés à lutter tant qu’il faudra. Nous n’allons pas nous décourager ».

D’autre part, le blog dédié au professeur, met en avant « la consternation et la colère après d’avoir appris le résultat négatif concernant la demande de révision du cas du professeur par cette Cour, et pour qu’il soit résolu favorablement » des avocats Leonel Rivero et Gabriela Patishtán, la fille du prisonnier de conscience le plus connu du pays, au sortir de l’audience de la Première Chambre de la SCJN.

Maintenant le cas retourne à une Cour à Tuxtla Gutiérrez au Chiapas. « Il y a toujours du racisme dans la justice mexicaine », a soutenu la défense. On s’attend à ce que le dossier prenne trois semaines pour arriver au tribunal de Tuxtla Gutiérrez qui, semble-t-il, « décidera » du recours en innocence. Patishtán est emprisonné depuis l’année 2000, accusé d’avoir perpétré à lui tout seul un massacre de sept policiers sur la route Simojovel – El Bosque.

Le fait, sans mobile et n’ayant jamais été accrédité de façon satisfaisante, ni même enquêté, a permis que ce grave crime reste impuni,  ce qui met en évidence la protection politique dont ont bénéficié -au moins par omission-  à cette époque là – l’ex-gouverneur Roberto  Albores Guillen du PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel)  et d’autres membres de son gouvernement.

Encore une fois, comme les prisonniers indigènes du Chiapas l’ont dit aujourd’hui : « la justice n’a pas fait son travail ».

Article de Hermann Bellinghausen
Journal Mexicain, La Jornada
Paru le 06/03/2013 16:11
Source

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

Publicités

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :