OAXACA: Bulletin de presse sur les prisonniers de Loxicha.

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Nous qui écrivons ce communiqué : Tony Luna Enríquez, Lizbethi Luna Enríquez, José García et Erika Sebastián Luis, sommes les fils et les filles des prisonniers de Loxicha, Agustín Luna Valencia, Abraham Gacía Ramírez et Alvaro Sebastián Ramírez.

Nous dénonçons les faits suivants.

Le 7 juin 2013 à 2h30, les six prisonniers de Loxicha, Oaxaca ont été sortis de la prison Centrale de l’Etat d’Oaxaca. À ce jour, nous ne savons pas avec exactitude si les prisonniers se trouvent effectivement au CEFERESO No. 13* à Mengolí de Morelos, Miahuatlán, ce dont nous avons été informés publiquement par le responsable du Secrétariat de sécurité publique d’Oaxaca, Marco Tulio López Escamilla, le vendredi 7 juin.

Aucun d’entre nous n’a pu établir de communication directe avec les prisonniers. De plus, certains parmi nous se sont rendus personnellement au CEFERESO No 13, mais l’accès nous a été refusé et nous n’avons pas encore reçu d’information concernant la situation de nos parents. L’argument qui nous a été donné est que cette information est confidentielle.

25503b381e8d528c2341c756664a664c_SDepuis le jeudi 6 juin au soir, nous avons sollicité plus d’informations sur le transfert de nos parents. Nous avons demandé où ils avaient été transférés et pourquoi ils avaient été sortis précipitamment et sans aucune notification. Mais nous n’avons pas eu de réponse à nos questions. Le lendemain matin nous nous sommes rendus à la direction de la prison centrale (où les prisonniers étaient incarcérés précédemment) et nous avons posé les mêmes questions à leur sujet. Les autorités nous ont montré une liste qui confirmait le transfert des six prisonniers de Loxicha, mais elles n’ont en aucun cas clarifié leur destination. Elles nous ont simplement dit qu’ils étaient probablement transférés à la prison fédérale de Miahuatlán, mais que cette information n’était pas de leur ressort.

Cela fait déjà 84 heures que nous ne savons pas avec précision où se trouvent nos parents, et nous sommes inquiets pour leur état physique et psychologique.

Nous rendons le gouvernement de l’État et le gouvernement fédéral responsables des violations aux droits humains que subissent nos parents et nos familles.

Nous informons que nous installerons un piquet de protestation et une table d’information devant le palais du Gouvernement afin de dénoncer les faits suivants :

-Nos prisonniers ont été transférés sans notification et sans qu’eux-mêmes et leurs familles n’aient été informés.

-À tout moment on nous a refusé l’accès à l’information sur la situation de nos prisonniers.

-Il nous a été refusé l’entrée à la prison – CEFERESO No. 13.

-Nous n’avons pas d’information sur l’endroit exact où se trouvent nos parents.

-Nous sommes inquiets de ne rien savoir sur leur état physique et psychologique.

-Le manque d’information et l’impossibilité de communiquer avec eux sans savoir où ils se trouvent véritablement constituent pour nous, les familles, un dommage économique, physique et psychologique.

Nous exigeons dans le même temps :

1. Que l’on nous laisse visiter immédiatement nos prisonniers afin de vérifier l’état dans lequel ils se trouvent;

2. Qu’ils soient transférés dans une prison d’État ou dans la ville d’Oaxaca ;

3. La liberté immédiate et inconditionnelle des prisonniers de Loxicha.

Les Fils et les filles des prisonniers politiques et de conscience de la région Loxicha d’Oaxaca

Source

CEFERESO-13-2*Sur une surface de 117 hectares dans un petit village d’à peine 180 habitants et avec une inversion totale de 5 mille milliards de pesos a été inauguré, en mai 2013, le Centre Fédéral de Réadaptation Sociale (Cefereso) dans l’Etat d’Oaxaca, municipalité de  Mengolí de Morelos, Miahuatlán. Considéré par les autorités comme une prison de « moyenne sécurité » le Cefereso N° 13 comporte un système avancé de sécurité et une équipe de surveillance de pointe. Construit par le gouvernement fédéral de Gabino Cué Monteagudo et surveillé de près par le Secrétaire de la sécurité publique, Manuel Mondragón y Kalb, ce centre sera géré par l’initiative privée et accueillera 2 500 prisonniers condamnés pour des délits d’ordre fédéral.

Différentes sources signalent les traitements dégradants, les tortures, les tabassages, les coups, les menaces et même un cas d’assassinat dans le nouveau centre fédéral de réadaptation sociale de Mengoli de Morelos, Miahuatlán, Oaxaca. Selon des témoignages, tous les prisonniers transférés dans ce centre sont maltraités, tabassés avec des coups dans l’estomac ou les testicules, et giflés jusqu’à ce qu’ils prononcent les consignes que les matons leur font crier de force.

Les familles ont signalé les nombreuses difficultés pour voir leurs prisonniers et leur parler. Dans la présentation officielle de ce centre, il est signalé que les visites aux prisonniers ne seront pas présentielles mais se feront par vidéoconférences.

Traduit par les trois passants et Valérie

Sources :
(1) El Universal (2) Noticias (3) Educa Oaxaca (4)Noticias Net

estrellita

Nous partageons avec vous une lettre qu’Alvaro Sebastian nous a fait parvenir lors de la semaine de solidarité avec les prisonniers politiques, qui a eu lieu à Paris du 14 au 21 avril 2013.

Álvaro-Sebastián-Ramírez-vertical-700Prison Centrale de Oaxaca, Mexique 17 avril 2013

Aux compagnons et compagnes d’Europa Zapatista et des peuples du monde.
Aux Prisonniers et Prisonnières Politiques dans les prisons partout dans le monde.
Aux Participants à la journée internationale de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques.

Je suis Alvaro Sebastian Ramirez, Prisonnier Politique et de Conscience de la Région LOXICHA dans l’état d’Oaxaca au Mexique.

Depuis cette prison je salue et j’embrasse fraternellement chaque compa de la Sexta, chaque prisonnier et prisonnière politique qui est actuellement en train de résister à l’intérieur des prisons parce que pour le capitalisme néolibéral, nous représentons un danger pour son développement.

Dans la société marchande totalitaire dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent etc.

Les véritables délinquants, eux, sont libres : ils sont au gouvernement, ce sont ceux d’EN HAUT. Pour eux il n’y a pas de châtiment : ces corrompus, ces criminels, ces assassins, ces violeurs et tous les acteurs du crime organisé, la loi les protège.

Mais à nous, les peuples d’en bas qui nous organisons et qui luttons inlassablement pour améliorer un tant soit peu nos conditions de vie au niveau de la santé, de l’éducation, du logement, du travail, de l’alimentation, de la culture, de la justice entre autres, à nous ils fabriquent des délits graves pour nous enfermer injustement et durant des temps infinis, et lorsque c’est possible ils essaient de nous assassiner à l’intérieur de la prison.

Je vous remercie beaucoup et je vous félicite, je suis très enthousiasmé par le grand effort que chacun et chacune d’entre vous a fait pour réaliser cette journée internationale de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques qui sont en train de résister dans les prisons partout dans le monde.

C’est un moyen pour que nos voix sortent publiquement à la lumière et pour que les hommes et femmes, au coeur bon, des peuples du monde, sachent que le capitalisme néolibéral nous détient dans ses centres d’extermination, parce qu’il considère que nous sommes un danger pour lui et pour l’exploitation et le pillage des peuples d’EN BAS.

Vive les compas de la Sexta de Europa Zapatista !
Vive les participants à la journée internationale de Solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques partout dans le monde !!

Alvaro Sebastian Ramirez
Prisonnier politique et de conscience de la région Loxicha.

Traduit par les trois passants, Caracol Solidario et Valérie

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