Oaxaca- Bulletin de presse N° 2 sur les prisonniers Loxichas.

Alvaro-Sebastian-Ramirezma

Bulletin de presse: Rapport de la brigade d’accompagnement et de visite aux prisonniers Loxichas, 21 juin 2013.

Reçu par mail le 23 juin.

Au peuple en général
Aux organisations honnêtes qui défendent les droits humains
Aux médias

Hier, nous nous sommes rendus au centre de réadaptation sociale n°13 à la recherche de nos prisonniers, puisque nous supposions qu’ils s’y trouvaient, et nous avons exigé d’y entrer.

En tant que fils et filles des prisonniers, nous avons pris l’initiative de convoquer une brigade d’accompagnement au CEFERESO n°13, situé dans la communauté de Mengolí de Morelos, Miahuatlán, Oaxaca. À cet appel ont répondu des compagnonnes et compagnons solidaires avec les prisonniers de Loxicha.

La brigade était composée de douze personnes dont les familles et amis des prisonniers. Partis à 10h du matin du centre ville d’Oaxaca, nous sommes arrivés au croisement du « caballito » à 11h30, puis nous avons continué à marcher pendant trente minutes jusqu’à nous trouver face à l’entrée de la prison n°13. Une fois arrivés nous avons été reçus par la directrice du centre, qui a refusé de s’identifier sous couvert du droit à l’anonymat que la loi lui accorde.

Ensuite, nous avons été entourés de policiers fédéraux qui nous ont filmés en vidéo et ont pris des photos pour nous intimider.

Notre exigence a toujours été claire : « Nous voulons entrer voir nos familles et nous ne partirons pas d’ici tant que nous ne les aurons pas vues ».

Après quelque minutes, l’accès à la prison n’a été permis qu’aux familles directes. Après avoir attendu deux heures, nous avons pu voir nos prisonniers à travers un écran, ce qu’ils appellent TV-conférence. Nous n’avons pas eu de contact physique avec eux, la conversation s’est faite par téléphone et a duré trente minutes.

Les prisonniers nous ont dit que c’était la police fédérale qui les avait extraits violemment de leur cellule n°22 dans la prison d’Ixcotel (où ils se trouvaient précédemment), en les obligeant à rester débout pendant des heures, à l’extérieur de la prison, les mains attachées derrière le dos dans des positions inconfortables et surveillés de près par des geôliers et des chiens de garde.

Nous les avons vus la tête rasée et émaciés. Ils n’ont pas le droit de sortir de leurs cellules, ne serait-ce que pour voir un rayon de soleil. Les repas leur sont servis dans leurs cellules. Ils n’ont pas reçu jusqu’à maintenant l’attention médicale nécessaire alors que certains d’entre eux sont malades. Aucun n’a pu recevoir de visite.

Nous, les familles et les amis des prisonniers Loxicha, continuerons à dénoncer l’attitude des mauvais gouvernements d’Enrique Peña Nieto et de Gabino Cué Monteagudo qui sous consigne continuent à punir nos prisonniers Loxichas ainsi que les familles. Nous dénonçons leur discours qui feint de se soucier des droits de l’homme alors qu’en réalité tout démontre le contraire.

Nous dénonçons le fait que les plans et les stratégies de sécurité sont conçus contre la vie, qu’ils constituent un attentat contre l’humanité. La seule raison de tout ceci est celle-ci : exercer un contrôle social afin de permettre aux riches de devenir encore plus riches.

L’attitude systématique qui consiste à qualifier de terroristes et de délinquants les indigènes Loxicha, fait partie d’une stratégie visant à justifier tous les abus et les délits qui se commettent contre les habitants de la région loxicha, et à tromper les gens en leur faisant croire qu’il s’agit bien de terroristes qui, en conséquence, méritent d’être enfermés dans cette prison.

Nous voulons remercier pour leur solidarité les compagnonnes et compagnons qui nous ont accompagnés ainsi que les médias qui continuent à informer sur notre situation.

Nous pouvons vous dire qu’à travers cette brigade nous avons pu, ne serait-ce qu’un petit peu, rompre le cercle d’isolement auquel nos prisonniers Loxicha ont été condamnés.

Les centres de réadaptation sociale sont des centres d’extermination !
Liberté aux prisonniers politiques et de conscience de la région loxicha !

Bulletin écrit par les familles et ami-es des prisonniers de Loxicha
Juin 2013

Traduit par Les trois passats et Valérie.

Source

*NOTE URGENTE: Le vendredi 21 juin à 16h40, la fille d’Alvaro, Erika Sebastian, a reçu un appel en provenance de la prison n°6 de l’État de Tabasco, située à plus de Six cents km de sa ville d’Oaxaca, lui indiquant que son père et d’autres prisonniers de Loxicha dont Agustin Luna Valencia et Abraham Garcia Ramirez avaient été transférés encore une fois à cette prison, considérée par les autorités comme « de moyenne sécurité ».

Voir aussi : OAXACA: Mots d’Erika Sebastián, lors du rassemblement pour la liberté de son père, Alvaro Sebastián.

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