Erika Sebastián et Héctor Patishtán, se retrouvent ensemble dans la lutte pour la liberté de leurs parents.

MEXIQUE/OAXACA et CHIAPAS

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« Cette rencontre nous a permis d’échanger nos expériences et de voir de quelle manière nous pourrons nous entraider ».

Depuis le mois de mai, Héctor Patishtan, fils du prisonnier politique du Chiapas, Alberto Pathistan, a décidé de mener une campagne pour la liberté de son père en diffusant une vidéo- documentaire intitulé « Vivre ou mourir pour la liberté et la justice ». Pour cela, il a parcouru plusieurs états du Mexique et établi des contacts avec plusieurs organisations et collectifs, il a rencontré des organisations solidaires d’autres prisonniers, comme celle des prisonniers de Loxicha, Oaxaca, qui mène une lutte pour la liberté d’Álvaro Sebastián Ramírez.

Dernièrement, le 7 juin 2013, les prisonniers de Loxicha ont été déplacés de la prison d’Ixcotel, sans que leurs familles n’aient eu d’informations sur leur sort, ni sur leur état physique et psychologique.

Pendant la présentation publique du documentaire « Vivre ou mourir pour la liberté et la justice », Héctor Pathistan s’est rapproché d’Erika Sebastián, fille d’Alvaro Sebastián, car tous deux partagent cette expérience de lutte pour la liberté de leurs parents, ils ont eu une expérience semblable remplie d’injustice, leurs parents sont enfermés sous de fausses accusations. Hector a indiqué : « je trouve un réconfort auprès d’Erika et en parlant avec elle de notre cheminement dans la lutte, cette rencontre a permis d’échanger nos expériences et de voir de quelle manière nous pourrons nous entraider »

Le père d’Hector -Alberto Patishtan- lui a demandé de lever la voix pour tous les prisonniers sans voix, et pour cela, il s’est engagé auprès d’Erika, de parler du cas d’Álvaro Sebastián partout où il se rendra. Hector a dit textuellement : « je me suis déjà engagé auprès d’eux et partout où j’irai, au Chiapas, à Mexico, ou ailleurs, je vais parler du cas du compagnon Álvaro Sebastián  ».

Tous les deux se reconnaissent adhérents à la sixième déclaration de la forêt lacandone de l’EZLN et ils ont partagé les différentes situations vécues dans la lutte active pour la liberté de leurs parents. Erika dit à Hector « Pour nous, la sixième déclaration est une plateforme des luttes, nous l’avons lue, analysée et pour nous, il s’agit d’un nouveau projet pour notre pays, pour nous tout ceci va encore plus loin que la liberté d’Alvaro ».

Finalement ils se sont mis d’accord pour mener une lutte conjointe pour la libération des leurs parents et pour celle d’autres prisonniers politiques au Mexique. De cette façon, ils ont annoncé leurs prochaines actions : pour ce qui concerne le cas de Patishtan, un évènement politique et culturel aura lieu ce 21 juin, devant le bâtiment des Beaux-Arts à Mexico où participeront des intellectuels et des journalistes solidaires. Hector lance un appel à rester attentifs au délibéré des magistrats que le tribunal du Chiapas devra prononcer concernant le cas d’Alberto Pathistan.

Concernant le cas d’Álvaro Sebastián, un piquet de protestation et d’information d’une durée indéfinie est installé au centre-ville d’Oaxaca, et un événement en solidarité avec Patishtan et Alvaro aura lieu le 19 juin.

Erika Sebastián conclut ce dialogue en nous disant :  » ceci est l’opportunité pour lier nos histoires, témoignages et actes de solidarité. Non seulement pour nos parents, mais pour tous les prisonniers de conscience ».

Source

Plus d’information :

Álvaro-Sebastián-Ramírez-vertical-7001Álvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 16 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été condamné à 29 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général. Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération. Plus d’infos + Video de la Campagne internationale pour la libération d’Alvaro

Le 7 juin 2013, notre compagnon Álvaro Sebastián Ramírez ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, tous prisonniers de Loxicha, Oaxaca, ont été transférés arbitrairement sous torture physique et psychologique à la prison n°13 à Miahuatlán, Oaxaca.

Cet arbitraire s’est à nouveau répété le 21 juin quand les prisonniers ont été transférés à la prison n°6 dans l’État de Tabasco (à environ six cents km de leur ville natale, Oaxaca).

libertad-a-alberto-patishtan2Alberto Patishtán Gómez fait partie des organisations de prisonniers appartenant à la Sexta (organisation la Voz del Amate) qui dénoncent le fonctionnement arbitraire du système judiciaire mexicain, la torture physique et psychologique que les matons leur font subir, ainsi que la corruption qui sévit dans les prisons de l’État du Chiapas. La Voz del Amate est née dans la prison « El Amate » et a pour but de dénoncer les conditions carcérales et l’injustice dont font l’objet les détenu-e-s, ainsi que de faire sortir leur voix à l’extérieur.

Patishtán est enfermé depuis treize ans déjà, accusé d’avoir assassiné sept policiers dans une embuscade en juin 2000. Une fois jugé, le cas est resté dans l’oubli, sans faire l’objet d’une enquête ni pendant l’arrestation ni après; c’était bien ça l’idée de ceux qui veulent que rien ne se sache, pour continuer de priver de liberté notre compagnon passé par cinq prisons différentes, dont une de haute sécurité dans l’État de Sinaloa.

Le 6 mars dernier, depuis la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, Patishtán déclarait : « Nous sommes gouvernés par l’injustice », après avoir appris que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice (SCJN) avaient refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, prétendant que celui-ci ne présentait pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention. Une réponse forte et solidaire s’est répandue au Mexique et ailleurs. Or, la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán. Des manifestations diverses se sont jointes à cette exigence de liberté. De nombreuses émissions de radio ont eu lieu au Mexique en Italie et ailleurs. Au niveau international  il y a eu des mobilisations au consulat du Mexique au Canada, devant les ambassades mexicaines à Madrid, au Royaume Uni, à Chicago, Valence, Barcelone et Bilbao. En France, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013, deux événements ont été organisés concrètement pour la liberté de compagnons et compagnes adhérents à la Sexta dont Patishtán et Alvaro Sebastian. Plus d’infos ici et là.

Voir aussi :

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

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