CHIAPAS: Nouvelles d’Alejandro Diaz Santiz, prisonnier de l’organisation les Solidaires de la Voix de l’Amate.

Alejandro Díaz SántizEn janvier dernier, le groupe de travail et de solidarité « No estamos todxs » émettait, un communiqué à propos du compagnon Alejandro Diaz Santiz, le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013. Voici un résumé du communiqué et des dernières nouvelles.

Dans les cachots du mauvais gouvernement du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz continue de résister. L’année dernière, grâce à la lutte des villages indigènes organisés, de collectifs et d’organisations indépendantes et rebelles du Mexique et de partout dans le monde, treize prisonniers politiques adhérents à la Sixième Déclaration de la fôret lacandone (La Sexta) ont été libérés. En juillet 2013, neuf prisonnier-e-s de l’organisation des Solidaires de Voix de l’Amate ont été libérés grâce à la pression solidaire nationale et internationale. Trois indigènes du terrain communal rebelle de San Sebastián Bachajón ont obtenu leur liberté dans les mois qui ont suivi . Le 31 octobre 2013, le professeur tzotzil Alberto Patishtán a également été libéré grâce à la pression du peuple.

Le mauvais gouvernement, exploiteur et raciste, remplit les prisons de pauvres et d’indigènes afin de propager la peur pour faire avancer ses projets économiques destructeurs, et favoriser le business des riches. Ce gouvernement continue à s’en mettre plein les poches et à enrichir la classe judiciaire corrompue et raciste.

Dans les prisons mexicaines et en particulier dans celles du Chiapas, plus de la moitié des prisonniers sont innocents des délits qui leur sont attribués. Dans nombre de cas, leur seul « délit » – comme ils disent – est d’être pauvres, indigènes et de ne pas parler « le castillan » pour pouvoir se défendre des faits dont ils sont accusés. Le manque de respect aux droits des prisonnier-e-s et de leurs familles qui leur rendent visite est une réalité permanente et quotidienne du système carcéral et judiciaire au Mexique.

Ces derniers mois, Alejandro Diaz Santiz a rendu publique une série de communiqués où il raconte sa décision de se mettre en jeûne, pour protester contre « la mauvaise justice » qui ne respecte pas ses droits. Lui comme tant d’autres prisonniers au Mexique a été torturé physiquement et psychologiquement avant d’être présenté aux autorités. Une fois incarcéré, il a été condamné à presque trente ans de prison. Dans d’autres communiqués, il raconte les humiliations constantes que lui infligent les autorités pénitentiaires, les mauvais traitements dégradants imposés à tous et toutes les prisonnier-e-s, sans compter la mauvaise alimentation, les mauvaises conditions médicales. Il signale que, par exemple, au niveau des soins odontologiques, il ne faut pas compter sur une anesthésie ni sur un matériel de base. Dans les autres domaines de santé, pareil, il n’y a rien. On se rappelle les mauvais traitements médicaux totalement inadéquats qu’ont reçus plusieurs prisonniers, comme Alberto Patishtan, atteint d’une tumeur au cerveau et recevant des soins ophtalmologiques, alors que son état se dégradait de plus en plus.

Parmi les différents communiqués qu’il a écrits dernièrement depuis la prison numéro 5 de San Cristobal, Alejandro souligne sans cesse la nécessité de s’organiser en prison, non seulement pour faire connaître les dures conditions vécues à l’intérieur de la taule, mais aussi pour faire entendre la protestation pleine de rage face aux mauvais traitements racistes dont 95% d’indigènes prisonnier-e-s de la prison 5 du Chiapas sont l’objet. Par son adhésion à l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate, il adhère également à la Sexta, proposition organisationnelle lancée à la société civile et aux organisations par l’EZLN en 2006, et à laquelle beaucoup de prisonniers et prisonnières mexicain-e-s ont adhéré depuis.

Après la libération des autres compagnonnes et compagnons de l’organisation des Solidaires de la Voix de l’Amate, le compagnon Alejandro continue la lutte, sans se rendre ni se fatiguer. Il continue à envoyer des communiqués, dont le dernier a été émis le 13 février. Il y souligne à nouveau les conditions carcérales de la prison 5 du Chiapas et se réfère au jour de l’amitié, ainsi qu’il l’écrit : « Les autorités pensent que l’amour n’existe pas pour nous qui sommes ici enfermés, ni l’amitié non plus, mais beaucoup de foyers souffrent de l’absence d’un des membres de la famille, d’un des membres qui se trouve enfermé loin des siens, dans l’une des prisons du Mexique. »

Les trois passants
Correction Valèrie.

Sources :
Communiqué d’Alejandro Díaz Santiz, 13 février 2014
Pronunciamiento de No Estamos Todxs en apoyo al ayuno d’Alejandro.
Alejandro Diaz denuncia falta de medicamentos en el Penal

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