MEXICO: les anarchistes sont pris pour cible, signale Mario González

MARIOLBCela fait plus de 4 mois que Mario González García, étudiant âgé de 21 ans, se trouve en prison sans avoir eu le droit à un procès. Les délits d’atteinte à la paix publique ont été montés de toutes pièces pour pouvoir criminaliser son activisme politique et sa pensée anarchiste.

« La répression directe, les rafles, la surveillance, la police militarisée, l’espionnage, la prison reviennent : les anarchistes sont la cible d’une persécution nationale et internationale. Depuis les tranchées de cette prison j’élève ma voix pour aboyer ma rage et montrer mon mépris des porcs policiers soumis au système capitaliste, autoritaire et brutal ».
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Ce que nous n’oublions pas : le 2 octobre 2013, comme ce fut le cas d’autres 2 octobre, la ville de Mexico se réveilla sous un gigantesque dispositif policier. La peur gouvernementale était aussi démesurée que les murs métalliques de 2,5 mètres de haut qui entouraient une bonne partie de la ville, ou que le déploiement de centaines de CRS préposés à faire la seule chose dont ils sont capables : réprimer, tabasser, emprisonner ceux et celles qui ne se rendent pas.

Ce que nous n’oublions pas : il y a quatre ans, le 2 octobre, Victor Herrera Govea, anarchiste et adhérent à la Sexta, sortit dans la rue comme beaucoup d’autres étudiants pour commémorer le massacre des étudiants à Tlatelolco, en 1968. Ce jour-là Victor ne rentra pas chez lui. Arrêté, il fut condamné par la juge Celia Marin Sasaki qui, quatre ans plus tard, le 2 octobre 2013, se chargerait de refuser la remise en liberté du compagnon Jorge Mario González García, également anarchiste.

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Mario a été arrêté dans un transport public avec d’autres compagnons, quelques heures avant la manifestation commémorative du 2 octobre à laquelle il se rendait. Auparavant, la persécution politique contre Mario avait redoublé après l’installation d’un piquet de protestation dans l’esplanade du rectorat de L’Université Nationale Autonome du Mexique. Les compagnons y exigeaient leur réinscription suite à leur expulsion arbitraire du CCH Naucalpan – alors même, pour ce qui concerne Mario en particulier, que les témoignages de ses professeurs le signalaient comme un bon élève. Concernant cette persécution et cette criminalisation, les compagnons avaient dénoncé à plusieurs reprises le rôle des autorités universitaires qui les avaient menacés d’attenter à leur liberté s’ils ne levaient pas le piquet.

Face à tout cet arbitraire et à cause de l’abus de pouvoir commis par la juge Marin Sasaki, le compagnon a décidé de se mettre en grève de la faim. Après l’arrêt de sa grève de la faim qui a duré cinquante-six jours, les autorités pénitentiaires et la juge María Arrieta, en charge de son cas, n’ont guère fait pour faciliter sa libération. Au contraire, pendant l’audience, la juge a tenté d’intimider notre compagnon et de remettre cette deuxième audience déjà difficile à plus tard.

Depuis le début, il s’agit d’une vengeance politique. Le seul élément que la juge a obtenu tout au long de cette procédure arbitraire, a été le témoignage contradictoire de quelques policiers : ceux-ci, par le biais d’un tiers, ont reçu l’information que Mario lançait des objets depuis le bus qui le transportait à la manifestation du 2 octobre, ce qui ne représente aucun type de délit ni ne justifie le traitement infligé à notre compagnon jusqu’à ce jour. Après la décision de Mario de cesser sa grève de la faim, son état de santé ne s’améliore que très lentement. Le processus de récupération physique n’est pas simple, d’autant plus que notre compagnon n’a pas été suivi sérieusement par les médecins de la prison. Il n’a pas passé non plus les examens médicaux nécessaires à son rétablissement.

Mario vient d’être condamné le 10 janvier 2014 à cinq ans et neuf mois de prison pour atteinte à la paix publique et dégâts des biens d’autrui. Dégâts qui d’ailleurs n’ont pu être constatés ni évalués par la juge, qui l’a exempté de la réparation de ces dégâts imaginaires. Pour l’instant, la situation juridique du compagnon est bloquée du fait de l’appel de recherche de preuves entrepris par la juge.
Les preuves de solidarité continuent à abonder, tant au niveau national qu’international. La lutte pour sa libération continue.

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Prison Nord de la ville de Mexico :
Le 2 octobre 2013, des compagnons ont été arrêtés pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco. Cinquante personnes ont été encerclées par les « granaderos » (équivalent des CRS).
Ces derniers ont pris aléatoirement neuf personnes, dont trois sont encore aujourd’hui détenues : José Alejandro Bautista Peña , José Daniel Palacios Cruz (ils ne se revendiquent pas anarchistes) et le compagnon libertaire Abraham Cortez Ávila.
Un piquet de protestation a été mis en place à l’extérieur de la prison.
Luis Fernando Bárcenas Castillo, lui, a été arrêté le 13 décembre, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il se trouve aussi dans cette prison, mais à un autre étage que les prisonniers du 2 octobre.

Extorsion jour après jour :
Les mardi, jeudi, samedi et dimanche les personnes du piquet vont visiter les prisonniers. Pour pouvoir accéder à la prison, elles se voient extorquer par les matons de dix à vingt pesos par personne, puis elles doivent encore payer dix pesos pour faire entrer la nourriture et lorsque la matonne est de mauvaise humeur c’est vingt pesos.
À l’intérieur les compagnons doivent aussi payer les matons pour pouvoir avoir le droit d’être sur la liste des prisonniers qui reçoivent des visites.
Dans le cas de Luis Fernando Bárcenas Castillo, celui-ci doit payer en plus dix pesos pour accéder à son dortoir.
À cause de tout cela les compagnons ont commencé à fabriquer des piñatas et des bracelets pour couvrir ces dépenses et soutenir leur famille, car certains étaient soutiens de famille.

Tour médicale de Tepepan :
Sous le nom policé de « Tour médicale de Tepepan » se cache une prison-hôpital où, suite à sa grève de la faim, Mario González se trouve enfermé. Mario a été arrêté en compagnie d’autres compagnons et compagnonnes alors qu’ils se rendaient à la manifestation du 2 octobre. Il est le seul à rester en prison suite à cette arrestation, les autres compagnons et compagnonnes ayant pu sortir sous caution.
Là aussi, un piquet de protestation pour le soutenir s’est mis en place.
Une précision : cette arrestation n’est pas la même que celle des prisonniers dit du « 2 Octobre » dont nous avons parlé précédemment. Mario et ses compagnons et compagnonnes ont été arrêtés alors qu’ils et elles se rendaient à la manifestation ; les prisonniers dit du « 2 Octobre » ont été arrêtés à la même date, mais pendant la manifestation.

Prison de Santa Martha Acatitla :
Luna Flores a été arrêtée le 13 décembre. Elle est, elle aussi, accusée d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola.
Nous n’avons pas plus d’information actuellement sur sa situation.( Luna ne se revendique pas anarchiste).

Procure Générale de la République : Le 17 février 2014, marquait la fin des 40 jours d’arraigo »* (détention provisoire) décrété par le Procureur Général de la République contre les militants anarchistes Carlos López, Amélie Pelletier et Fallon Poisson. Elles sont détenues actuellement dans la prison pour femmes Reclusorio Femenil de Santa Martha. Carlos se trouve dans le Reclusorio Oriente. Il et elles sont accusé-e-s d’avoir lancé le 5 janvier 2014 des pierres et des cocktails molotov sur des installations du Secrétariat de Communications et Transports et sur une concession NISSAN. Les charges retenues contre lui et elles étaient : dégâts matériels, sabotage, délinquance en bande organisée et terrorisme, cependant, à la fin de l’arraigo, il et elles ont été relâché-e-s faute de preuves, ensuite, la Police du District Fédéral (ville de Mexico) les a remis-es en détention pour des accusations de dommages et attaques à la paix publique.

*Littéralement « arraigo » signifie « enracinement ». Au départ, ce terme désignait avant tout l’assignation à résidence. Aujourd’hui, il fait principalement référence à une forme de détention provisoire préalable à toute enquête et inculpation pour les personnes soupçonnées de liens avec le crime organisé. Au Mexique, les personnes suspectées d’appartenance à la criminalité organisée sont placées en garde à vue par le ministère public pour une période pouvant aller jusqu’à 96 heures. À l’issue de cette période, elles peuvent être : relâchées faute d’éléments ; inculpées, mais libérées ou assignées à résidence dans l’attente d’un procès ; inculpées et mises en détention provisoire ; ou, comme c’est le cas le plus courant, mises en détention sous arraigo pour une période de 40 jours renouvelable une fois, soit jusqu’à 80 jours.

Au total ce sont actuellement sept compagnons et compagnonnes qui sont enfermé-e-s par la ville de Mexico et l’État mexicain, pour le seul fait d’être proches des mouvements libertaires et anarchistes de la ville de Mexico ou d’y participer.

Les trois passants

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Sources: Cruz Negra Anarquista Mexico, Subversiones, Solidaridad Mario Gonzalez et Regeneracion Radio

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