Malgré 18 ans de prison, Alvaro Sebastián Ramírez est toujours debout !

LOXICHAS (13)

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. » Álvaro Sebastián Ramírez (1).

C’est à travers la Sixième Déclaration zapatiste qu’Álvaro Sebastián Ramírez a fait connaître son nom, son visage, son histoire, sa lutte. Il nous a montré ce qu’est prendre sa propre lutte entre les mains, malgré la prison. Avec lui, comme avec d’autres, on voit que les murs des prisons peuvent s’écrouler depuis l’intérieur.

Adhérent à la Sexta zapatiste, Álvaro Sebastián Ramírez, âgé de 55 ans, est un indigène zapotèque originaire de la communauté de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 18 ans qu’il est privé de sa liberté. Il a été condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, de tentative d’homicide, de terrorisme et conspiration.

Au moment de son arrestation, il travaillait comme enseignant, mais il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général. Avec ses compagnons, il luttait pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement. Il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, refusant l’ingérence des partis politiques et préservant les « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Álvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Le 29 août 1996 un groupe rebelle de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) attaque simultanément les installations de l’infanterie de marine, de la police préventive de l’État, de la police judiciaire de l’État, de la police judiciaire fédérale et de la police municipale de  Santa María Huatulco, Oaxaca.

Accusé de plusieurs délits en relation avec l’attaque du 29 août, Álvaro Sebastián est détenu le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et mis en prison.

Le 7 juin 2013, Álvaro ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, tous prisonniers de Loxicha, Oaxaca, sont transférés arbitrairement et sous torture physique et psychologique de la prison d’Ixcotel à la prison n°13 de « Mengoli de Morelos, Miahuatlán », dans l’État d’Oaxaca.

Le 20 juin 2013, les prisonniers Loxicha sont transférés de la prison n°13 de « Mengolí », vers la prison n°6 « Huimanguillo », État du Tabasco. Puis ils sont de nouveau transférés de celle-ci vers la prison de haute sécurité n°13 de « Mengolí de Morelos, Miahuatlán »(2), où ils résistent aujourd’hui.

Le 15 décembre 2013, Álvaro écrivait à la troisième personne, une lettre intitulée  « Comment Álvaro Sebastián Ramírez survit et comment il lutte contre l’isolement ». Et il nous raconte « Quand on est transféré dans un Centre Fédéral de Sécurité Maximale, on y est accueilli avec des mauvais traitements, inhumains et dégradants. Ils t’imposent leur règles et leur discipline de fer, décrétées par ceux d’en haut, ceux qui se sentent propriétaires de cette terre, et exécutées par leurs subordonnés, même les plus petits (…). Face à cette réalité qui tend à te détruire physiquement et psychologiquement, Álvaro Sebastián Ramírez, assume une attitude courageuse pour aller de l’avant, maintenir le calme, la tranquillité, la sérénité, la force, la patience, pour continuer résolument à vivre en essayant de contenir tout.

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