Du jugement contre Mario González ou l’Anarchie face au droit

tousettoutespourmarioLe 11 juillet prochain, la magistrate Celia Marín Sasaki, chargée de résoudre le cas de notre compagnon anarchiste et étudiant de 21 ans, Mario González, devra se prononcer à son égard : soit Mario est libéré, soit il devra rester en prison pour le temps dicté par sa sentence, c’est-à-dire 5 ans et 9 mois de prison ferme. Nombreuses ont été les initiatives solidaires pour le faire sortir. Au Mexique, contre vents et marées, sa famille et ses proches ont réalisé depuis son arrestation des forums, des rencontres, des manifestations, des piquets de protestations, des concerts. Ils ont également lancé, dès le début, plusieurs campagnes de solidarité au niveau international. Certains de nos collectifs ont fait de leur mieux pour s’y joindre et y participer. Aujourd’hui, le cas de Mario se trouve à une étape décisive.

Dernièrement une campagne nationale et internationale intitulée Tous et Toutes pour la liberté de Mario ! avance peu à peu, ayant pour but de mettre la pression au juge, même si nous sommes loin, et de continuer à montrer que Mario n’est pas tout seul. Nous vous encourageons à y participer !

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Nous voulons vous partager une lettre que sa famille et ses proches ont écrit à propos des juges, des lois, des jugements. Il nous semble important de diffuser cette réflexion.

Du jugement contre Mario González ou l’Anarchie face au droit

Par la famille et les proches de Jorge Mario González García

Mois de juin 2014, lettre écrite avant que le Deuxième tribunal Collégial en matière pénale de la Ville de Mexico ait décidé si le recours présenté par la défense était valide ou pas.

«Les pieds sur le cou de la victime, le juge ne voit que du sang, il ne ressent autre chose que la haine. Il est une bête qui reste confiante de son impunité et aussi convaincue que cela l’honore et la façonne, la fait passer au-dessus des hommes, comme quelque chose de grandiose, serein et respectable (…) Il serait curieux de savoir sur quelle abyssale folie se fonde sa croyance d’être supérieur au criminel qu’il condamne ; avec quoi il se lave les mains pour ne pas tacher ses fils après avoir tué ; où il dépose sa conscience pour pouvoir dormir ; comment il résiste, au final, à la tentation de s’égorger. Au fond, tous les tribunaux sont la même chose, tous les juges. Que la bouteille soit de fer ou de cristal, le liquide-autorité pue et empoisonne pareil, qu’elle se débouche ou qu’elle s’épande. Le pouvoir de condamner : C’est ça le crime !» (Rodolfo González Pacheco)*

Dans les prochains jours, le Deuxième tribunal Collégial en matière pénale de la Ville de Mexico décidera si le recours (Amparo) est accordé à Mario González pour qu’il retrouve sa liberté ou s’il sera obligé d’accomplir sa sentence de 5 ans et 9 mois de prison.**

Ceci nous a amené à nous demander : une personne peut-elle décider du destin d’une autre ? Depuis plus de huit mois, une juge, Marcela Ángeles Arrieta, a décidé que notre compagnon devrait être incarcéré pour attitude suspecte alors qu’il se rendait à une manifestation ; elle-même a décidé à partir de suspicions, que notre compagnon devait rester enfermé pour «  dangerosité sociale ». Sur quoi la juge base t’elle ses décisions ?

Ce n’est pas sur le droit en vigueur, ce n’est pas en faveur de la justice, tous deux de source bourgeoise et pour cela inutiles pour le peuple. Mais en supposant que les lois servent, que la justice existe, il n’existe aucun élément qui prouve que Mario González soit « tellement dangereux » qu’il mérite de rester enfermé. Non, la juge Marcela Ángeles Arrieta et la magistrate Celia Marín Sasaki, qui a ratifié la sentence condamnatoire, ont basé leurs décisions sur un ensemble d’éléments ridicules qui ne sont qu’une grossière farce, qui ne peut même pas s’appeler montage.

Alors : « sur quelle abyssale folie fondent-ils leur croyance d’êtres supérieurs qui peuvent juger ? », demandons-nous avec González Pacheco. Et bien, elles et ils, les juges, trouvent seulement un fondement pour leur action dans le mépris infini qu’ils ont à l’encontre de la liberté, de la justice et des personnes qui luttent. Et ils-elles ont jugé (en condamnant et en acquittant) et continueront de juger ceux et celles qui continuent à lutter, parce que ce qui est véritablement assis sur le banc des accusés ce sont les idées… ils jugent l’Anarchie. Comme il y a plus d’un siècle, d’abord dans la vieille Europe et ensuite en Amérique.

Si l’Anarchie est l’antithèse de leur Droit, divin ou étatique, peu importe la source de ce dernier, il représente une contrainte ; alors, nous nous présentons à une répétition de l’affrontement, dans les tribunaux, entre le Droit et l’Anarchie. Et le Droit a violé son principe de ne pas être juge de sa propre cause.

Dans les jours qui viennent les juges Alejandro Gómez Sanchez, Rosa Guadalupe Malvina Carmona Roig et Irma Rivero Ortiz, condamneront ou acquitteront Mario González. Il serait bon que, comme le dit Aníbal D’Auria : « s’ils veulent être conséquents, devant les charges que lui formule l’Anarchie, le Droit seulement peut se taire ou ne plus parler comme Droit ».***

Prisonniers Politiques Liberté !
À bas les murs de toutes les prisons !
La famille et les proches de Jorge Mario González García
juin 2014
________________

*Rodolfo González Pacheco (1882-1949) :dramaturge, directeur de théâtre, journaliste et orateur anarchiste, il est né à Tandil au sud-est de la province de Buenos-Aires en Argentine. Il a été éditeur du journal anarchiste « La Antorcha » (Le Flambeau) et fut fondateur du « Théâtre d’Idées ». Il a été considéré l’un des principaux agitateurs de la mouvance anarchiste, non seulement en Argentine, mais aussi dans ses voyages au Mexique, à Cuba, au Chili, au Paraguay, en Uruguay et  en Espagne.

**Le 23 juin le pouvoir judiciaire fédéral remet le cas de Mario entre les mains de la juge et magistrate Celia Marín Sasaki, présidente de la cinquième chambre pénale du Tribunal Supérieur de justice de la ville de Mexico, qui devra se prononcer le 11 juillet sur le cas de Mario. Il faut mentionner que le 21 mars 2014, Celia Marín Sasaki a ratifié la sentence de 5 ans et 9 mois de prison pour le délit d’attaques à la paix publique, sans preuves à l’égard de Mario.

***Aníbal D’Auria : Docteur en Droit Politique, avocat et professeur de théorie critique de l’État à l’Université de Buenos Aires, Argentine. Son discours développe une analyse sur l’anarchisme face au Droit, sur l’autoritarisme, sur la liberté. Il a écrit plusieurs livres, tels « Le Clientélisme » ; « Contre les juges » ;  « L’homme, Dieu et l’État ».

Traduit par les trois passants
Correction Myriam

Source
Solidaridad Mario Gonzalez

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