Les zapatistes partagent la douleur et la rage des parents des 43 étudiants normalistes disparus

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Une caravane composée des parents des 43 étudiants normalistes disparus depuis le 26 septembre parcourra plusieurs États du Mexique, pour arriver à la ville de Mexico le 20 novembre. Cette grande manifestation de solidarité a pour but de réclamer l’apparition en vie des normalistes disparus.

Les zapatistes partagent la douleur et la digne rage des pères et des mères des étudiants normalistes disparus.

Ils les encouragent à continuer la lutte légitime et à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique.

« Vous n’est pas seuls, votre douleur est aussi la nôtre et nôtre est votre digne rage » : c’est avec ces mots que, le 15 novembre, dans le Caracol II d’Oventik « Résistance et rébellion pour l’humanité », dans la zone des hauts plateaux de Chiapas, les zapatistes ont souhaité la bienvenue aux pères et mères des 43 étudiants disparus à Ayotzinapa.

« Nous nous joignons aux actions qui exigent la présentation en vie des 43 normalistes disparus suite à l’acte criminel perpétré par les mauvais gouvernements », ont déclaré les zapatistes.

« Nous, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, voulons écouter votre douleur et votre rage qui sont aussi les nôtres », a signalé le Commandant Tacho aux familles des étudiants disparus. «Nous, hommes et femmes zapatistes, nous vous avons accompagnés dans les mobilisations qui ont eu lieu à Mexico et ailleurs dans le monde. Même si nous n’apparaissons pas dans les médias payants, nous voulons vous dire que nous vous avons accompagnés par des faits réels ».

Après ce temps de bienvenue, un espace a été ouvert pour que les pères et mères des étudiants disparus puissent être entendus. Don Floriberto s’est levé de la chaise en bois sur laquelle il portait une photo du visage de son fils, et d’une voix ferme il a dit : « Nous sommes ici pour vous demander votre soutien parce que le gouvernement ne nous écoute pas. Au contraire, il nous a au contraire trompés depuis le début, et nous sommes fatigués de ses mensonges. »

Doña Carmelita a été reçue par les applaudissements de milliers de zapatistes qui ont écouté, attentifs, à l’intérieur de l’auditorium « Cela fait cinquante jours que nos enfants ont disparu, le gouvernement nous trompe et on dirait qu’il ne veut pas que nous les retrouvions. Depuis le début, ils ont voulu nous rendre nos enfants morts, d’abord dans des fosses communes, maintenant brûlés, mais nous ne croyons rien de tout cela car ils n’ont pas de preuves de ce qu’ils avancent… Mon fils n’a pas disparu, le gouvernement l’a pris, le gouvernement sait où il se trouve. »

Don Valentin s’est présenté dans sa langue maternelle Ñuu Savi de la côte montagneuse : « Cinquante jours ont déjà passé depuis la disparition de nos enfants, et le gouvernement n’en a rien à cirer parce que nous sommes pauvres. Ce serait autre chose si les disparus étaient leurs enfants riches. Nous sommes très inquiets car nous ne savons pas ce qui est en train d’arriver à nos enfants. A présent ils nous disent que nos enfants sont devenus cendres ; nous ignorons comment ils vont faire mais ce que nous savons c’est qu’avant, quand ils les ont pris, ils n’étaient pas des cendres, ils n’étaient pas à l’intérieur de sacs plastiques. Ils les ont pris vivants, vivants ils doivent nous les rendre. »

Don Ezequiel portait une chemise avec le visage de son fils et un manteau d’Ayotzinapa : « Nous sommes paysans, les disparus sont nos enfants, tous des fils de paysans », et avec une rage digne il a signalé : « Nous sommes fatigués de ce gouvernement maudit. Le gouvernement fédéral veut mettre un terme à l’engagement envers nous pour la recherche de nos enfants ;   pour lui nous sommes des perturbateurs parce que nous exigeons que nos enfants reviennent vivants. Mais nous allons lutter jusqu’aux dernières conséquences parce que vivants ils ont été pris, vivants nous les voulons. »

Après avoir écouté avec attention la douleur et la digne rage des parents des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, le Sous Commandante Insurgé Moises a lu le message du Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale : il a remercié la Caravane d’être arrivée à Oventik pour y partager ses paroles et son engagement héroïque. Il a encouragé les étudiants et les parents à continuer leur lutte, à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique, mais surtout à continuer avec obstination, de continuer à nommer les disparus face aux responsables de leur malheur, à demander justice face à l’orgueil du puissant, à enseigner la rébellion et la résistance face au conformisme et au cynisme. « Nous voulons vous remercier pour l’enseignement que vous êtes en train de nous donner ».

Traduit par Les trois passants/ correcteurs Valérie et Amparo
Source

Voir aussi les articles:

Ayotzinapa : Les restes humais trouvés à Iguala et Cocula ne sont pas ceux des 43 étudiants – signalent les experts médico-légaux indépendants.

Ayotzinapa: Ça ne fait que commencer – préviennent les normalistes

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