Mexico : Liberté pour les prisonniers et les prisonnières du 20 novembre

Introduction :
Partout au Mexique et dans plusieurs endroits du Monde, des manifestations ont eu lieu ce 20 novembre représentant ainsi la quatrième journée nationale et internationale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus depuis le 26 septembre 2014. Le Mexique vit un état de répression, d’intimidation et de criminalisation de plus en plus grandissante où le discours gouvernemental venant du président Enrique Pena Nieto, de son Armée et de ses médias vendus, rappelle le discours du Président Gustavo Díaz Ordaz (1964 à 1970) : « les forces obscures désirent déstabiliser la nation », des paroles largement connues de toute une génération mexicaine et qui furent prononcées quelques semaines avant le massacre d’étudiants à Tlatelolco en 1968.

Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !

« Il semblerait que les protestations violentes concernant les faits d’Ayotzinapa répondent à une volonté de générer « une déstabilisation, un désordre social » et « d’attenter au projet de Nation » que j’ai impulsé » (1) a signalé le président Enrique Peña Nieto, le mardi 18 novembre, deux jours avant la quatrième journée de mobilisation. En se servant des médias, comme il l’a déjà fait lors de la manifestation contre son investiture présidentielle le 1er décembre 2012, le président et son gouvernement, lancent une fois de plus une campagne de lynchage contre les « déstabilisateurs », «les infiltrés », « les encagoulés », ils lancent à nouveau une vague de répression, d’intimidation et d’arrestations. Dans ce contexte, la mobilisation populaire continue en avant en se posant de nouvelles questions sur la suite : comment mener la protestation ? quelle est l’étape suivante ? Cependant aujourd’hui comme en 1968, une chose est claire pour le peuple… le responsable est l’État, un narco-état qui est en train de s’écrouler de lui-même .

Suite à la 4e manifestation massive qui a eu lieu dans la ville de Mexico ce 20 novembre, le Réseau nationale contre la Répression et pour la Solidarité (2) – qui regroupe des dizaines d’organisations et des collectifs adhérents à la sixième déclaration lancée par les zapatistes, déclare :

Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !

aerayotzin La journée d’hier, 20 novembre, nos compagnons et compagnonnes : Samantha Iraís Buendía Hernández, Óscar Iván Ramirez Sentellano, David Nava Ocampo et Humberto Nava Ocampo ont été arrêté-e-s par des CRS de la ville de Mexico et de la Police Fédérale alors qu’ils participaient aux mobilisations en solidarité avec les 43 compagnons normalistes d’Ayotzinapa, disparus par le fait de l’État mexicain et du système capitaliste.

Une « caution » a été fixée pour Samantha, Óscar, David et Humberto, qui leur permettra de retourner dans la rue. Ces compagnons participaient à la marche de protestation qui se dirigeait vers l’Aéroport de la ville de Mexico.

Très rapidement, un dispositif policier s’est déployé avec plus de 500 policiers (CRS) qui ont commencé  à harceler les cortèges présents, jusqu’à les agresser physiquement. La police a lancé des pierres et a commencé à persécuter les jeunes manifestants qui se solidarisaient avec les étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa et qui exprimaient leur mécontentement face aux crimes de l’État et du système actuel. Au milieu du siège policier, les manifestants se sont entendus pour se replier vers un lieu sûr, et c’est à ce moment là que, lâchement, les premières interpellations ont eu lieu, un jeune de 15 ans qui ne faisait pas partie de la manifestation mais habitant du quartier (La Fédéral) a été tabassé. C’est la solidarité des gens du quartier qui a empêché que plus de compagnons soient détenus, des hommes, des femmes, des travailleurs accompagnaient la sortie des manifestants qui étaient « escortés » par les CRS.

C’est avec indignation que nous avons appris que plusieurs arrestations ont eu lieu pendant la nuit, lors du déroulement de la Marche Nationale, quand à nouveau, la police Fédérale et les CRS ont dispersé la manifestation par la répression, avec des gaz lacrymogène, des coups de matraques et de boucliers, en balayant littéralement la place centrale du Zocalo, en agressant toute personne qui se trouvait en face, en laissant des personnes blessées, pratiquement inconscientes sous les coups reçus.

Nous, entant que Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, condamnons la répression exercée contre ceux qui, hier (20 novembre), sont sortis dans la rue manifester leur rage et leur douleur, qui s’appelle Ayotzinapa et qui n’est qu’un symptôme de tout le ras le bol des personnes qui restent debout face au cauchemar qui se vit au Mexique. Nous rejetons les arguments qui cherchent à présenter les diverses formes de lutte comme  des « provocateurs » ou des « infiltrés ». Les vrais responsables de la violence ne s’habillent pas en noir et ne mettent pas de capuche, les vrais responsables de la violence s’habillent avec l’uniforme bleu et vert olive, mettent des casques, utilisent des boucliers, des matraques, des balles en caoutchouc, des armes à feu, ce sont ceux qui historiquement, ont pour fonction de réprimer ceux d’en bas. Pour nous tous et toutes, la police, les armées fédérales ne sont pas « le peuple en uniforme et exploité », leurs actions ne sont pas le résultat de « provocations » mais l’exécution des ordres donnés par les patrons, par leurs maîtres, par ceux qui se trouvent à Los Pinos (ndt : équivalent à l’Élysée) dans les Congres, les Palais, dans les médias de communication commerciaux,  à la bourse.

Depuis le Réseau contre la Répression, nous le disons haut et fort : les seuls infiltrés dans les mobilisations et dans les cortèges s’appellent dignité et rébellion. Nous savons que les actions menées par toute personne, collectif, groupe ou organisation sont une réponse face au pillage, à l’exploitation, au mépris, et à la répression que nous vivons tous et toutes au quotidien, la violence, elle, se nomme système capitaliste.

Nous dénonçons le fait que la détention de nos compagnons soit la seule réponse que peut donner la déliquescence d’un régime et d’un système qui se maintiennent uniquement par la force.

Nous lançons un appel à toutes et tous nos compagnons et compagnonnes adhérents à la Sexta déclaration de la forêt Lacandone, à tous les condisciples de la petite école zapatiste et à toute personne qui ressent ces offenses comme les siennes, pour que chacun selon ses moyens, ses façons, ses temps et ses espaces, réalise des actions de solidarité et de camaraderie pour dénoncer ces faits et lutter pour la liberté des compagnons et compagnonnes prisonniers.

Présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus !
Liberté pour les prisonniers et prisonnières du 20 novembre !
Contre l’État et le capitalisme !
Pour l’auto-organisation de ceux d’en-bas !
Contre le pillage et la répression : la solidarité !

Réseau contre la Répression et pour la Solidarité(RvsR)
Mexique, 21 novembre 2014.

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
__________________________________
Plusieurs Sources sur la citation (1)  :
sources Médias dominants  : 1  2 
(2) Enlace Zapatista

Voir le Reportage photo de Regeneracion Radio « Solidaridad y terrorismo de Estado »

Manifestation pour Ayotzinapa (20 Novembre 2014)- un cortège de la Manifestation

Voir aussi : Manifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne + VIDÉOS

Publicités

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :