Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

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Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.

Aux dépossédés, Aux exploités, Aux opprimés

5 décembre 2014

Face au lynchage médiatique et à la campagne de diffamation contre les mouvements émergents qui luttent pour un changement des fondements sur lesquels la société est érigée, nous vous exhortons à percevoir le but ultime de cette stratégie de l’État mise en oeuvre à travers les mass-médias assujettis aux intérêts de la classe dominante.

Il s’agit d’une tactique qui entraîne plus de préjudices que la simple diffamation des méthodes de lutte employées par les compagnons organisés, son objectif n’est pas simplement de déformer la lutte, elle cherche à justifier et à légitimer la répression inhérente à l’État, envers le mécontentement général des travailleurs, nos frères de classe.

De telles tactiques menées par l’État ont aussi pour objectif de renforcer le préjugé absurde selon lequel nous ne nous assumons pas comme sujets historiquement capables de changer notre réalité objective. Le résultat obtenu est la méfiance collective générée par la paranoïa et la peur suscitées par le discours ridicule – mais néanmoins dangereux – qui présente les encagoulés à l’opinion publique comme étant synonymes d’infiltrés, étrangers aux intérêts du prolétariat, dans le but de démobiliser et de limiter la portée des revendications qui surgissent du peuple qui fait monter le ton de la protestation sociale en l’éloignant chaque fois plus du cadre de la légalité bourgeoise, celle-ci étant violée par la sphère dominante elle-même, systématiquement, jour après jour.

En revanche, la majeure partie de la classe ouvrière, dans laquelle les étudiants se trouvent immergés, choisit de développer et de légitimer par la parole et les actes, le fait que les modes d’actions révolutionnaires sont légitimes et nécessaires compte tenu de la crise actuelle, en ne se limitant pas aux moyens constitutionnels comme la création de partis politiques [qui détournent des vrais objectifs et des tâches immédiates de notre classe]. Au contraire, on laisse de côté la parole faussée des opportunistes, des « révolutionnaires » hypocrites de bureau, qui sous couvert du pacifisme, de la légalité, de leurs analyses pourries où « les conditions ne sont jamais réunies », tentent de pénétrer le mouvement par le réformisme, pour renforcer l’État, redonner du souffle au modèle actuel et, essayer, de cette façon, de désarticuler le processus révolutionnaire.

La violence structurelle et systématique que l’État exerce en faisant partie de la bourgeoisie organisée, qui condamne les travailleurs à l’insatisfaction de leurs besoins matériels essentiels [condamnation exercée à partir de la propriété privée]; perpétue son existence même, ainsi que l’exploitation d’une classe sur l’autre ; en empêchant une transformation radicale des relations sociales de production.

Au fur et à mesure, les instruments de répression et de pression se perfectionnent contre l’ensemble du prolétariat. Ainsi l’appareil juridique s’abat sur nous pour nous soumettre au système carcérale, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec la récurrente « liberté conditionnelle » qui nous soumet au harcèlement et à l’espionnage au plus près avec les procédures juridiques ouvertes. Cela se traduit aussi par les stratégies de soit disant réhabilitation qui cherchent à nous forcer à accepter le profil du citoyen par excellence, soumis et peureux ; ou au contraire à casser nos idées par des mesures de tortures, d’isolements, etc..

C’est dans ce contexte que nous devons étendre la solidarité au sein de notre classe, une solidarité vivante, en cessant de reproduire les discours qui émanent de la bourgeoisie et au contraire en analysant les formes et les méthodes par lesquelles ils essaient de nous diviser à tout prix et de nous polariser plus que ce que nous sommes déjà. Nous pourrions alors nous poser les questions : le discours qui généralise et qualifie de voyous, d’infiltrés, les personnes qui optent pour d’autres méthodes de protestation : à qui bénéfice t-il ? Qui est-ce que cela dérange que des dizaines d’hommes et femmes élèvent le ton de la protestation et attaquent la propriété privée et les symboles de la marchandisation, les bâtiments qui défendent le capital, qui représentent le pouvoir et l’oppression ? Nous, les exploités, nous ne perdons rien quand tout ceci est attaqué lors d’une manifestation de rage légitime, ce sont eux qui perdent ; la police n’a pas besoin de provocateurs dans les manifestations, elle suit des ordres et si l’ordre est donné d’attaquer un cortège de gens pacifiques, elle le fera sans aucun remord, comme elle l’a toujours fait.

Nous devons nous organiser en dressant le drapeau de la vie sur la mort imposée par le système, nous devons nous tenir la main, exploités que nous sommes, en marchant libres, en marchant ensemble, en s’attaquant à toute mystification social-démocrate – qui émane nécessairement de l’État et du capital – n’importe lequel de leur discours est manigancé avec malhonnêteté, nous ne devons pas perdre de vue qui nous sommes et qui ils sont, il n’y a pas de position intermédiaire, il n’y en a jamais eu.

Fraternellement ex-prisonniers politiques aujourd’hui en procès
Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

 

Traduit par Les Trois passants et Caracol Solidario

Note dT: Les 11 personnes qui ont été arrêtées le 20 novembre dernier lors de la manifestation unitaire pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus, se rendaient à l’aéroport de la ville de Mexico pour manifester, elles ont été attaquées et matraquées par la police de la ville de Mexico qui les a ensuite arrêtées. Les 11 personnes sont actuellement sous contrôle judiciaire après avoir payé une caution pour le délit d’attaques à la paix publique. Huit d’entre elles sont suivies par le collectif d’avocats zapatistes ce qui permet de recevoir des nouvelles régulièrement. Hélas, la situation actuelle de répression et d’intimidation ne facilite pas le suivi des informations concernant tous les cas des personnes arrêtées. Il faut mentionner que le gouvernement de la ville de Mexico, avec à sa tête Miguel Angel Mancera, a engagé depuis son investiture une forte répression contre les manifestants. De ce fait, les arrestations sont sélectives, systématiques et massives pouvant comprendre de 70 à 100 personnes arrêtées d’un seul coup ; les cautions sont cumulables selon les délits attribués et très élevées.

Sources :
Comunicado de lxs detenidxs el pasado 20 de noviembre en el aeropuerto- Regeneracion Radio
Comparecen en el juzgado 10° detenidos del 20 de noviembre, Regeneracion Radio 

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