Lettre d’Amélie et Fallon depuis le Centre de Réinsertion Sociale Féminin Santa Martha Acatitla, Mexico

AMELIEFALLON

Les compagnonnes anarchistes Amélie et Fallon sont accusé-e-s d’avoir lancé le 5 janvier 2014 des pierres et des cocktails Molotov sur des installations du Secrétariat de Communications et Transports et sur une concession NISSAN. Le 31 octobre 2014, la sentence concernant le procès fédéral qu’affrontent Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, accusé-e-s d’atteinte à la propriété en la modalité d’un incendie, a été prononcée. Cette sentence est de 7 ans et 6 mois de prison ferme. En suite, le 6 novembre dernier, la sentence concernant les accusations d’attaques à la paix publique et dégât aggravé en bande qu’affrontent parallèlement Amelie, Fallon et Carlos, a été prononcée, cette sentence est de 2 ans, 7 mois et 15 jours de prison ferme, et une amende pour réparation de 108 mille pesos.

Lettre d’Amélie et Fallon depuis le Centre de Réinsertion Sociale Féminin Santa Martha Acatitla, Mexico

Novembre 2014

Aujourd’hui, cela fait plus de 10 mois* que nous sommes ici, en taule. Ces dernières semaines, nous avons reçu les résultats des deux procès ; un concernant le délit fédéral et l’autre concernant le délit commun. Le 1er novembre [2014] le juge Manuel Muñoz Bastida du huitième tribunal de la prison sud a prononcé contre nous une sentence de 7 ans et 6 mois de prison pour l’accusation « d’incendie sur un bâtiment public avec des gens à l’intérieur » pour les dégâts qu’il y a eu au ministère des communications et des transports [STC] à Mexico.

Les « gens à l’intérieur » ce sont les porcs fédéraux en charge de la sécurité du lieu. Plus tard, le 7 novembre, nous avons reçu la deuxième sentence pour les accusations d’ordre commun pour « dommages à propriété en bande organisée » et « attaques à la paix publique ». Ces accusations font référence à l’attaque qui a eu lieu contre le concessionnaire de voitures Nissan qui se trouve de l’autre côté de la STC et et du lieu où nous avons brûlé les voitures. La juge Margarita Bastida Negrete du tribunal en charge des délits communs, numéro 18 de la prison oriente, a prononcé contre nous une sentence à 2 ans et 7 mois de prison, en joignant les deux délits [fédéral et commun], donc les dommages à propriété se sont transformés en réparation des dommages, ce qui équivaut à 108 000 pesos [d’amende]. Selon les lois, toutes les sentences inférieures à 5 ans concernant les primo-délinquants donnent le droit à certains aménagements. Dans notre cas, si nous payons l’amende de 43 000 pesos, la liberté immédiate est prononcée. Nous pouvons aussi sortir sous caution en payant 10 000 pesos chacune et en nous signalant chaque mois au tribunal pendant les 2 ans et 7 mois que durent la sentence.

Or, les deux procès sont actuellement en appel, parce que le ministère public a fait appel concernant la sentence d’ordre commun et nous avons fait appel de la sentence d’ordre fédéral. Dans 5 mois, nous allons recevoir les résolutions. En réalité, la sentence fédérale est celle qui nous maintient ici, prisonnières. Pour pouvoir sortir, la sentence fédérale devra être inférieure à 5 ans. Nous verrons dans les mois à venir si nous avons la possibilité de sortir.

Nous avons été informées de la publication d’un article de Philippe Teisceira-Lessard, publié dans le journal québécois « la Presse », l’un des journaux les plus lus au Québec. Nous sommes très énervées par la publication de cet article qui parle de notre cas, cite en partie les lettres publiques et ce que notre avocat a dit au journaliste. Nous n’avons jamais fait appel à aucun média massif pour diffuser notre cas, nous n’avons jamais autorisé notre avocat à communiquer nos informations à aucun journaliste. Si nous avons quelque chose à communiquer, nous préférons le faire nous-mêmes. Les médias de communication massifs sont nos ennemis -au même titre que la police- ce sont des outils très puissants pour le contrôle social actuel. C’est pourquoi nous disons à ce salaud de Philippe Lessard qu’il arrête de harceler nos familles et aussi que ce soit bien clair, nous n’avons pas besoin de ses articles pour parler de notre situation.

Alors, nous sommes toujours là, avec courage dans notre cœur et chiant sur la justice et l’Etat.

Nous n’attendons rien de la justice, même si nous avons très envie de sortir dans la rue.

Nous souhaitons du courage à notre complice Carlos Lopez Marin (arrêté dans la prison d’Oriente), au compa Luis Fernando (dans la prison sud), à Fernando et à Abraham (dans la prison Norte). Et nous envoyons également une salutation à Mario Gonzales, à présent libre, et une très forte accolade à Felicity, Tripa et la Bruja.

Feu à la civilisation et guerre à la société, pour la liberté et au-delà !
Amélie et Fallon

Traduit par les trois passants/ correction Val

* le 5 janvier 2014 Amélie, Fallon et Carlos Lopez ont été arrêtés.

Source: Cruz Negra Anarquista Mexico

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