MEXIQUE : Communiqué commun pour la liberté et contre l’oubli.

Luis Fernando Sotelo Libre-Rebelion-Design

Depuis le Mexique, 20 décembre 2014

Aux compagnons qui luttent en bas et à gauche
Au Congrès National Indigène
Aux compagnons de la Sexta
Au Réseau contre la Répression
Aux médias libres

Choisir par où regarder est aussi choisir depuis où on regarde. Ou est-ce la même chose de regarder d’en haut ou d’en bas la douleur de ceux qui perdent ceux et celles qu’ils aiment et dont ils ont besoin, à cause de la mort absurde, inexplicable, définitive?

Aujourd’hui, nous avons une énorme rage. D’un bout à l’autre de notre pays, la persécution, la disparition, l’emprisonnement et la mort sont « des lois » imposées depuis là-haut. Le narco – gouvernement pille les peuples de ses territoires, aiguise l’exploitation du travail, réprime tous ceux qui s’organisent ;tous ceux qui croient qu’un autre monde est possible. Les migrant-es, les travailleurs et travailleuses sexuelles, les sans toit, les différents, les rebelles. Nous sommes ceux et celles qui gênons les puissants. Nous les autres, nous sommes tous ceux et toutes celles qui nous refusons à homogénéiser notre identité, c’est-à-dire qui nous refusons à renoncer à notre différence.

Ils ont fait disparaître les compagnons normaliens d’Ayotzinapa, ils les ont assassiné pour le fait d’être pauvres, paysans, indigènes, étudiants et pour mener une lutte pour changer les conditions de vie de leurs villages. Ce ne sont pas 43 qui ont disparu, ce sont des milliers, et les assassinés par l’État – capital dans sa guerre d’extermination contre le peuple, contre les peuples qui ont résisté pendant plus de 500 ans, sont aussi des milliers. Le Narco-état-capital utilise les médias et son appareil juridique – carcéral pour nous attaquer, mais quand cela n’est pas suffisant, alors il tord la loi et utilise des gardes blanches et des paramilitaires. En semant la terreur et la mort, en essayant d’éliminer tous ceux ou celles qui gênent.

Nous n’oublions pas Acteal, Atenco, Aguas Blancas, l’année 68, l’année 71. Nous n’oublions pas Kuy Kendall, Alexis Benhumea, Carlos Sinhue, Pavel González, les mortes de Juárez, le compa Galeano. Nous n’oublions pas tous ceux à qui l’État a enlevé leur liberté par la force : Mario Luna, Álvaro Sebastián Ramirez, les compagnons et compagnonnes de Xochicuautla, les nahuas, les compagnon-ne-s d’Oaxaca, de Puebla, de l’État du Mexico et tant autres, tout ça nous fait mal et nous remplit de rage.

Ici, dans la ville de Mexico, le 5 novembre dernier, la police de la ville est entrée dans la Cité Universitaire avec un fort dispositif policier, incluant le survol par un hélicoptère et des policiers habillés en civil à bord de camionnettes sans plaques d’immatriculation, en violant ainsi l’autonomie universitaire, en attaquant la communauté étudiante avec des balles en caoutchouc, des pierres et des bâtons. Tout cela après le blocage de l’avenue « Insurgentes », où un bus a été incendié et où des affrontements ont eu lieu par un groupe de manifestants durant la troisième journée de lutte pour Ayotzinapa.

Dans ce contexte, des arrestations ont eu lieu contre nos compagnons Luis Fernando Sotelo Zambrano et Sergio Pérez Landeros (actuellement libéré), qui se trouvaient dans les environs du Campus. Après avoir été arrêté et frappé, notre compagnon Luis Fernando a été présenté en qualité de détenu à l’agence 22 du commissariat ayant pour siège Coyoacán. Par la suite il a été transféré à la prison Sud, tout cela en moins de 24 heures. Les délits qui lui ont été reprochés sont : Attaques aux voies de communication, port d’explosifs, dommage dolosif et attaques à la paix en bande. Luis Fernando est étudiant lycée numéro 6 à Mexico, membre de la coopérative ik o’tik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, activiste, fils, frère et compagnon.

Depuis cet espace, nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que celle de tous les prisonnier-e-s politiques du pays et du monde. Notre lutte ne demande pas la résolution d’une liste de revendications, mais elle est pour la vie.

Prisonnier-e-s Politiques Liberté !
Présentation des personnes disparues !
Un coup porté contre l’un ou l’une d’entre nous est un coup porté contre tous et toutes !
La solidarité est une arme contre le pouvoir !
Ni pardon, ni oubli, châtiment aux assassins !

signataires

La sexta para niños , Colectivo Zapatista Neza, Estudiantes independientes de la ENAH, Comité de lucha de la UAM-X, La Sexta Nius, Nodo-caracol virtual de cambalache sobre La Sexta y otros chunches abajo y a la izquierda, Lengualerta, Mario Gonzales, La Zaharacha, Colectivo Ollin Meztli, Cooperativa Ik, otik, Estudiantes independientes Prepa 6 (UNAM), F.A.R.México D.F, F.A.R. Estados Unidos Seattle, Estudiantes independientes FFYL (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Psicología (UNAM), Estudiantes Independientes FES Acatlán (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Derecho (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Medicina (UNAM), Estudiantes independientes Fac. Economía (UNAM), Brigada Callejera de Apoyo a la Mujer, « Elisa Martínez », A. C., Colectivo Azcapotzalco Sexta Por la Libre, Radio Tlayuda, Regeneración Radio, Colectivo Silosive, Colectivo de expresas y ex presos del 1° de diciembre 1Dmx, Radio Pozol, Cruz Negra Anarquista de México, Radio votan zapata, Chiapas, México, Subversiones, Barrios y colonias en defensa de Azcapotzalco, Asamblea de Programas de Regeneración Radio : Táctica Libre, Nosotros los de Abajo, Zión y sus Cronopios, Subversión Sonora, Puño y Garra Abolicionista, Al Litteram, La República Engendro, Al carajo con el Amor, Runa Llena, La Voz Roja, El Camino del Guerrero Anáhuac, Desde la Niebla, Dezerebra2, Estéreo Vinil, Subterráneo, El Gran Kilombo Antifascista.

Envoyé par mail par le Réseau contre la répression et pour la solidarité 

Autres sources

 Traduit par les trois passants/correction Myriam

♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
Nos PrisonnierEs Libérons-les touTEs !

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