[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Díaz Santiz

CERESO5Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire du Chiapas, il a été arrêté il y a 15 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison ferme. Pour lever la voix et mener une lutte anticarcérale tout en étant prisonnier, il fait partie de l’organisation de prisonniers “Les solidaires de la voix de l’Amate”, créée en 2009. Cette organisation est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Lettre d’Alejandro Diaz, envoyée pour cette soirée du 11 avril en solidarité et pour la liberté des prisonniers et prisonnières des Amériques et des prisonniers du monde entier :

A tous ceux et celles et qui sont réunis aujourd’hui 11 avril 2015 à Paris en France.

Votre compagnon de lutte, l’indien tzotzil Alejandro Dias Santiz, Solidaire de la Voz del Amate, adhérent à la Sexta, vous salue, toujours incarcéré dans la prison N°5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas.

Je profite de cette occasion pour vous envoyer mon salut fraternel et embrasser bien fort chacun d’entre vous ainsi que vos précieuses familles. Que la bénédiction de dieu illumine toujours vos activités.

Je vous remercie du plus profond du cœur de m’avoir toujours soutenu et de me motiver à poursuivre le chemin de cette lutte contre les mauvaises autorités qui ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire à l’humanité entière. Dans ce cachot il s’est passé beaucoup de choses et depuis que je suis resté seul après la libération de mes compagnons Solidaires de la Voix de L’Amate, j’étais un peu triste et en même temps, tellement content de savoir qu’ils s’occupent de mon cas.

Bien que nous soyons très loin les uns des autres nous voyons que la distance n’existe pas et qu’il n’y a pas de barrière, la douleur et les causes nous unissent toujours.

Je n’envoie que ces quelques lignes [si vous avez vu la vidéo] car il m’est difficile de m’exprimer en espagnol, mais je fais l’effort pour pouvoir me communiquer avec vous tous et toutes. Quand j’ai été arrêté dans l’État de Veracruz, je ne savais ni parler ni écrire l’espagnol. Aujourd’hui je remercie Alberto Patishtan Gomez*, qui m’a enseigné à écrire et à parler espagnol pendant que nous étions prisonniers ensemble. S’il n’avait pas été là je continuerais comme avant.

Compagnons il ne me reste qu’à vous remercier mille fois pour le soutien que vous m’avez apporté pour ces emprisonnements injustes, qui m’ont conduit à être prisonnier pendant 15 ans et 10 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse.

Grâce à dieu le peu que j’ai appris je suis en train de le partager avec d’autres compagnons prisonniers pour qu’eux aussi puissent se défendre et montrer à la société du monde entier ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, dans cette tranchée, lieu de lutte.

Je continuerai d’exiger de véritables justices et libertés pour toutes et tous les prisonniers et prisonnières politiques et de conscience du monde entier.

Frères et sœurs, ne vous découragez pas, courage à tous et à toutes !
ENSEMBLE NOUS POUVONS GAGNER LES VÉRITABLES JUSTICES

FRATERNELLEMENT:

Alejandro Díaz Sántiz, 24 Mars 2015.

* Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, collectifs, individus et avocat-e-s solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard et qu’il a été libéré le 31 octobre 2013. Pendant les 13 ans passés en prison, Patishtan a créé l’organisation de prisonnier-e-s « la Voix de l’Amate». Cette organisation de prisonniers, appartenant à la Sexta, est née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système carcéral mexicain, par la suite il a encouragé la création d’autres organisations de prisonnier-e-s. Il donnait également des cours en prison pour apprendre aux prisonnier-e-s à lire, à écrire et à parler espagnol pour qu’ils puissent lever leurs voix et faire sortir leurs paroles de la prison.

Lettre envoyée par le Le comité de soutien à Alejandro Díaz Sántiz : Grupo de Trabajo « No estamos Todxs »- Chiapas.

Traduit par Amparo/correction Myriam

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