[Puebla] Ricardo Cadena, encore un jeune assassiné par la loi Balle « Ley Bala » et la Loi antigraffiti

« Les lois qui promeuvent la violence, les réformes qui criminalisent les jeunes, l’emprisonnement indiscriminé des personnes qui s’opposent aux projets gouvernementaux, le goût du contrôle absolu, commencent à revêtir les caractéristiques d’une politique de nettoyage social qui déjà accumule les morts ». NODHO

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Au petit matin du 3 mai 2015, selon les témoignages rendus publics qui ont circulé, Jaid Mothe Hernández, Sous Directeur de la Police Municipale de San Pedro Cholula [État de Puebla] a assassiné le jeune Ricardo Cadena Becerra, âgé de 18 ans.

À qui la faute ? Cette question est dans l’air et pourrait servir à la recherche de justice face à un fait qui reflète quelque chose qui va bien au-delà de ce qui s’est passé ce matin là. Pour le Mexique dans lequel nous vivons aujourd’hui, surtout en période électorale, chercher à comprendre qui est ou qui sont les responsables d’un événement comme celui-ci pour éviter que ne se reproduisent les conditions qui l’ont rendu possible passe au second plan, l’important étant de savoir sur qui l’on fera retomber la responsabilité afin de ne pas perdre de voix aux élections et éviter ainsi que le scandale n’éclabousse tous ceux qui par leurs actions ou leurs omissions ont permis, une fois encore, qu’un jeune meure entre les mains de la police.

Le policier explique que le coup est parti accidentellement. La question qui s’ensuit est si, en poursuivant deux jeunes qui auraient pu ou non être armés d’une craie et si cette craie aurait pu ou non avoir touché un mur, si cette arme s’est aussi dégainée par accident.

La deuxième question est de savoir si dégainer un pistolet face à des jeunes désarmés est une pratique qui fait partie du dispositif policier ou, ce qui est le plus important, si cela fait partie du climat qui favorise l’abus d’autorité et le sentiment que l’on peut agir en toute impunité lorsque l’on exerce un emploi public.

Qu’est-ce qui est susceptible de créer un tel climat ? Très certainement, ce qui contribue à créer un tel climat est le fait qu’à Chalchihuapan, un enfant qui s’appelait José Luis Tehuatlie Tamayo puisse mourir d’un projectile provenant d’une arme “non létale” lors d’une opération policière dont les responsables matériels sont encore à ce jour impunis, qui n’a donné lieu à aucune enquête digne de ce nom, et au sujet de laquelle le Gouvernement de l’État de Puebla n’a pas exprimé la moindre excuse. Il faudrait rappeler que cette opération policière a été la première à avoir eu lieu sous couvert de la “Loi pour Protéger les Droits Humains et réglementer l’Utilisation Légitime de la Force de la part des Éléments des Institutions Policières de l’État”, plus connue et définie comme #Ley Bala, promue par administration de Rafael Moreno Valle et approuvée à la quasi unanimité par le Congrès Local.

Ce climat est alimenté par le fait qu’être jeune est désormais synonyme d’être délinquant potentiel et que l’on a pu approuver une loi qui définit les formes d’expression comme peindre sur un mur “sans autorisation” comme un délit grave, ce qui est le cas de la réforme du Code Pénal de l’État Libre et Souverain de Puebla (dans ces articles 185, 413 Bis, augmenté du 413 Ter; paragraphe O de l’article 69 et la réforme de l’incise d), de la section III, du paragraphe A de l’article 248), mieux connue et définie comme “Loi antigraffiti” proposée par le député Eukid Castañón (supposé très proche du gouverneur) et promue par la grande majorité du Congrès Local.

 Lire le communiqué complet [après l’introduction de la rubrique La Guerre du Mexique d’en haut

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