Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE GRÈVE DE LA FAIM DE LA C.I.P.R.E.

Mexico, 24 juillet 2015

Depuis le 27 juin 2015, huit prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont débuté une grève de la faim à durée indéfinie. Les grévistes sont Fernando Barcenas Castillo, prisonnier politique détenu depuis le 13 décembre 2013, Bryan Reyes et Jaqueline Santana étudiants détenus et faussement accusés d’un supposé vol, ainsi que d’autres prisonniers, qui se sont organisés en Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance pour protester contre les mauvais traitements, les tortures, les extorsions et la corruption qui règnent à l’intérieur des prisons de la ville de Mexico.

Cette grève de la faim collective est le résultat d’un processus d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits et à diverses étapes de leurs jugements, mais qui ont quelque chose en commun : ils ont vécu personnellement les processus pénaux que le système pénitentiaire de cette ville met en œuvre. La majorité de ces processus sont entachés d’inconsistances, d’erreurs et/ou d’omissions ; ils entrainent directement l’augmentation de la population pénitentiaire. Ce système pénitentiaire ne cherche pas à résoudre les problèmes sociaux, mais tout simplement à punir, terroriser et contrôler la population.

À l’intérieur des prisons, on ne pratique pas la ré-insertion sociale, qui n’intéresse ni ne convient aux autorités. Pour que les prisons continuent à fonctionner la « délinquance » doit exister. Et ces centres pénitenciers sont une grande fabrique à délinquance. Combien de jeunes sont entrés en prison accusés de délits non-graves ? Et parce qu’ils ne peuvent pas payer un avocat ou une caution ils doivent passer des années enfermés. Et qu’apprennent-ils à l’intérieur des murs ? Certainement pas à se réinsérer dans la société ; la preuve en est le taux élevé de récidive. La majorité de la population pénitentiaire vit un cercle vicieux de pauvreté, violence, délits et enfermement.

Et la prison n’est certainement pas la solution à cela.

Face à cette situation naît la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance, une proposition d’organisation depuis l’intérieur même des prisons et un puissant cri qui cherche à secouer les consciences pour que nous tournions notre regard vers ces lieux d’oublis que sont les prisons. Il s’agit de rendre visible le grand commerce que les autorités de toutes couleurs et niveaux réalisent avec la souffrance de milliers de prisonniers ainsi qu’avec celle de leurs familles : paiements illégaux pour n’importe quoi, de l’entrée des visites au passage de nourriture, etc, le contrôle de la vente de drogues et d’alcool, l’exploitation du travail des détenus, en les convertissant en esclaves modernes sous prétexte de réinsertion sociale, tout en gagnant de juteux bénéfices pour les autorités et les entreprises impliquées.

A travers cette grève de la faim, la C.I.P.R.E. nous lance un appel désespéré à regarder l’intérieur des prisons et ainsi observer comment les gardiens commettent des abus, frappent impunément, torturent physiquement et psychologiquement en totale impunité et bien souvent avec la complicité de ceux qui sont sensés surveiller pour que cela ne se passe pas, comme la Commission des Droits Humains du District Fédéral.

Après 28 jours de protestation plusieurs grévistes ont été libérés : Bryan Reyes et Jaqueline Santana, mais aussi Irwin Garcia Reyes. Un prisonnier, Luis Lorenzo Urgell, a abandonné la grève suite à des pressions exercées par la direction de la prison.

Aujourd’hui les jeunes Luis Fernando Barcenas Castillo, Julian Lopez Barron et Jose Santiago Hernandez dans la prison Nord et Jessi Montano dans la prison Sud continuent la grève de la faim. Leurs exigences n’ont pas reçu de réponses ni de la part des autorités pénitentiaires ni de la part de la Commission des Droits Humains du District Fédéral.

En tant que familles, amis et compagnons des grévistes de la C.I.P.R.E. nous nous prononçons pour la résolution de leurs justes revendications et demandons aussi que l’on arrête de bloquer le travail de l’équipe médicale solidaire, qui plusieurs fois s’est vue refuser l’accès à la prison alors qu’elle venait évaluer l’état de santé des manifestants, ce qui est une violation de leurs droits.

Pour la liberté de tous !

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Traduction : Les trois passants / Correction Val

Sources :

Informaciones relativas a la huelga de hambre de la CIPRE- Cruz Negra Anarquista de Mexico
Huelga de la CIPRE , sobre los presos que llevan 28 dias en huelga de hambre
Huelga de Hambre buletin de prensa

(note) Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

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