MEXIQUE: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

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Ville de Mexico, juillet 2015

Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Depuis le 27 juin dernier plusieurs prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim pour protester contre les abus constants, les mauvais traitements et les tortures que le personnel pénitentiaire fait subir à la population carcérale. Certains de ces prisonniers qui avaient entamé cette grève de la faim ont depuis été libérés, en revanche ceux qui poursuivent la grève de la faim sont au nombre de 3 dans le Centre Pénitencier Nord et un autre dans le Pénitencier Sud.

Une conférence de presse a eu lieu le 24 juillet, parmi les participants étaient présents :

-Ana María Castillo Rivas (Mère de Fernando Bárcenas, prisonnier en grève de la faim).

-Jorge Mario González García (Ex prisonnier politique du GDF détenu le 2 de octobre 2014)

-Cruz Negra Anarquista de México ( qui suit le cas de Fernando Barcenas)

-Message des grévistes de la faim ( Communiqué ci-dessous dans son intégralité)

-Membres de l’équipe médicale solidaire

Les familles, amis et compagnons des prisonniers en grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo, en résistance dans le Centre Préventif masculin Nord et dans le Centre Préventif masculin Sud – à la date de cette conférence les prisonniers en sont à leur 28ème jour de grève de la faim – ont pour objectif de rendre visibles les abus et mauvais traitements dont les détenus sont l’objet dans les prisons de la Ville de Mexico.

“Cette grève de la faim est le résultat d’un processus collectif d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits à différentes étapes de leurs procès, mais qui ont tous en commun : le fait d’avoir vécu personnellement des procès que le système carcéral mène ici dans cette ville de Mexico, la plupart sont bourrés d’inconsistances juridiques, d’erreurs ou d’omissions qui entraînent de façon automatique l’augmentation de la population carcérale”, a assuré Jorge Mario González García, ex prisonnier.

Par ce communiqué, les jeunes prisonniers ont demandé à la population d’ouvrir les yeux sur les prisons où les droits humains des détenus sont régulièrement violés et où les gardiens “commettent des abus, tabassent impunément, torturent physiquement et psychologiquement les détenus en totale impunité”

Après 25 jours de grève de la faim, un groupe de “médecins solidaires” a obtenu un permis de visite pour examiner les trois détenus du Pénitencier Nord et établir un certificat médical de leur détérioration physique.

“L’état général de ces jeunes est une grave malnutrition et il est très important que le gouvernement de la capitale nous laisse entrer dans les pénitenciers pour procéder à tous les examens nécessaires auprès de ceux qui sont en grève de la faim. », a affirmé Avelina Landaverde, nutritionniste de l’équipe de santé solidaire.”

Par ailleurs, Ana María Castillo, mère de Fernando Bárcenas, un des jeunes en grève de la faim, a dénoncé le fait que son fils a été arbitrairement détenu le 13 décembre 2013, lors d’une manifestation contre l’augmentation des tarifs du Métro de la ville de Mexico.

“ Dès son arrestation Fernando a été maintenu au secret, porté disparu, tabassé, menacé et humilié par les services de police du renseignement, le ministère public et autres fonctionnaires… son procès pénal a lui aussi été bourré d’éléments arbitraires et il a été condamné sans preuves”, a déclaré Ana María.

Dans un communiqué émis par Fernando Bárcenas celui-ci déclarait:

“Nous en avons marre d’être marginalisés, exclus du droit à la vie; nous n’acceptons pas d’être considérés comme des délinquants alors que le crime s’élabore, au contraire, dans les plus hautes sphères et postes de pouvoir politique. Nous sommes fatigués d’être stigmatisés alors que le premier à utiliser la violence est le système lui-même.

Nous ne pouvons plus continuer à permettre le règne de l’arbitraire; les prisons sont du terrorisme, les tabassages des gardiens sont du terrorisme, les vexations et humiliations du conseil technique sont du terrorisme. Oui, la prison ne sert à rien, lorsque l’on prétend nous réinsérer, on ne se préoccupe en rien de la vie des personnes, alors allez-y continuez, marginalisez-nous, expulsez-nous de votre “société modèle” mais sachez que nous ne serons pas disposés à accepter vos règles et normes.

La liberté ne pourra exister qu’à partir du moment où tous les déshérités, tous les moins que rien, pourront avoir la certitude que le seul fait d’être pauvre ne les enverra pas pourrir dans une cellule”.

“ Cette grève de la faim à un objectif différent à celui qu’en général on entend lors d’une grève de la faim, il ne s’agit plus d’une forme de martyr; c’est un mouvement social qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Après un échange avec la mère de Bárcenas, un Appel International en Solidarité avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E) a été lancé dont une copie a été remise à la Direction de la Prison Nord et de la Prison Sud ainsi qu’à la Commission des Droits Humains “Nous avons connaissance des diverses intimidations pratiquées dans les prisons, comme celles du 17 juillet subies par Fernando Bárcenas Castillo, José Santiago Hernández y Julián López Barrón lorsqu’ils ont été convoqués par le conseil technique de la prison nord accusés d’avoir “violé les droits humains” d’un policier de la prison. Face à la lutte que les prisonniers du C.I.P.R.E. ont entrepris, toute une série d’irrégularités se sont multipliées comme mode de punition et d’isolement, restreignant les visites, bloquant les examens médicaux ainsi que l’introduction de liquides nécessaires à leur santé. Après plus de 20 jours de grève de la faim nous exigeons que soit autorisée l’entrée permanente de l’équipe médicale solidaire et de confiance afin d’examiner les prisonniers en grève de la faim, l’entrée des liquides nécessaires à leur santé (eau, miel) ainsi que l’entrée des visiteurs et de leurs accompagnants…Notre solidarité ne s’inscrit pas dans une logique de reproduction de la victimisation des compagnons en grève de la faim, il s’agit au contraire d’une position politique qui s’oppose au système carcéral, pénitentiaire qui prétend laisser dans l’oubli, l’abandon et l’isolement des centaines de prisonniers et prisonnières »…

« Notre solidarité s’inscrit dans une large lutte qui dépasse les barreaux, les murs et les espaces géographiques pour construire un échange permanent et nécessaire entre les prisonnier-e-s et ceux qui sont à l’extérieur des murs. Nous ne luttons pas pour les prisonniers mais à leurs côtés, dans un mouvement d’aller-retour, échange indispensable pour détruire les préjugés qui tendent à séparer l’extérieur de l’intérieur, échange nécessaire à la destruction des systèmes de domination, d’extermination, d’autoritarisme et d’isolement dont nous souffrons tous quel que soit le lieu et l’instant… Dans ce contexte, la lutte menée avec leurs propres corps a contribué au développement des mobilisations et d’actions solidaires qui s’inscrivent dans une lutte bien plus ample contre toutes les formes de domination et d’oppression qui nous entourent, y compris au dehors des murs de la prison ».

Différentes activités se développent en solidarité avec les prisonniers de la CIPRE. Dès maintenant, dans la capitale, les collectifs et groupes solidaires annoncent pour le 27 juillet un rassemblement à 18 heures devant la PGR (Police Générale de la République).

Liberté immédiate pour les membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E).

Nous restons vigilants, réactifs et solidaires

A bas les murs de toutes les prisons !

Mexico, juillet 2015

Par Les trois passants

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Traduction Amparo

Plus d’infos: Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Voix depuis la prison (grève de la faim) Fernando Barcenas Castillo

A 33 dias de Huelga de Hambre, Cruz Negra Anarquista de Mexico

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