Oaxaca: Voix depuis la prison, Miguel Peralta Betanzos

SOLIDAYAUn jour de plus, c’est toujours un jour de moins

Par Miguel Betanzos

La prison ou centre de réadaptation sociale ? Ah ! Ah ! Ah ! Laissez-moi rire.
Un espace de ségrégation des individus-personnes, de discrimination, de non personnes, d’exclusions, de sans droits, de sous-alimentation, de non accès à la santé, un espace d’isolement, sans éducation, certainement pas un espace d’épanouissement de la sexualité.

Toujours obéir à des ordres, à des règles “de bon comportement ou de bonne conduite”, à des horaires établis et des appels à cause de la fameuse fuite, l’évasion ; des espaces mal organisés, ou plutôt pas d’espace, pour les loisirs, le travail ou pour faire du sport et des installations en très mauvais état, bref, un lieu de détenus et de surveillants, de policiers et de directeur, de balances, pourquoi ne pas le signaler.

Selon les dires du directeur et des surveillants nous sommes au paradis mais pour nous qui nous trouvons ici et pour ceux qui ont été dans d’autres centres pénitentiaires, toutes les prisons sont les mêmes.

En ces lieux, la faune est diverse et habituellement l’agitation commence à 6:00.

Les cinq chargés de préparer les aliments ouvrent la cuisine, le bruit commence avec le son des casseroles et des cuillères, tout un orchestre, même les oiseaux les accompagnent. On commence à entendre les premiers bonjours, dans le petit couloir entre la cuisine, la menuiserie et les toilettes.

7:00 du matin, c’est l’appel, toujours ponctuel, les yeux baissés, ça c’est leur discipline. Après l’appel on se met en rang pour la distribution des outils de travail dans la cage, ils ouvrent la menuiserie, ils allument la scie circulaire et la radio s’y mêle aussi. Parfois on n’arrive pas à faire la différence entre un son et un bruit, il y en a toujours un pour siffler une chanson du coin, une chilienne pour changer un peu et diversifier… On se réunit aussi dans l’espace fumeur pour partager une cigarette et raconter les histoires qui nous arrivaient là-bas quand on était dehors et il y a aussi l’ouverture de la petite boutique où l’on peut acquérir divers articles pour l’hygiène personnelle, savon, dentifrice, rasoir, et aussi des gâteaux secs, des chips, des tartes, des bonbons, etc.

Aux environs des 7:30 on entend la voix de celui qui est chargé de distribuer les tâches de nettoyage des toilettes, des douches, couloir et cuisine, manaaaaaaaaaaaaaards, manaaaaaaaaards (tâcherons). Comme des moutons que le berger appelle pour leur donner du sel, ceux dont c’est le tour accourent et on distribue les tâches : recycler les poubelles, ramasser les papiers des toilettes, pour German et Mario les fourneaux (comal), laver et passer la serpillière, pour Carlos nettoyer le couloir, pour Torres nettoyer la table, pour Ernesto laver les casseroles. C’est comme ça pendant tout un mois, chacun essaie de se réveiller avec son activité et la musique de l’eau commence, on rince, on arrose et on rassemble les seaux, chaque goutte tape sur un tambour. Et quand c’est fini tout s’en va et il ne reste que notre corps. Mais ce que l’on peut faire comprendre c’est que notre esprit, nos pensées, nos rêves sont libres, eux ne rentreront jamais dans la routine qu’impose le système. Les barreaux se diluent et on traverse les murs, les chants des oiseaux accompagnent l’eau, s’assemblent avec les coups de tonnerre et les éclairs dans le ciel…

Et ainsi la journée s’en va, ils nous l’ont prise, ils nous l’ont volée.

Écrits de prison, Miguel Betanzos
Juillet 2015, écrits envoyés pour la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement et pour la liberté qui a eu lieu à Oaxaca, Mexique cet été.

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Communiqué « Le système d’application de la justice à Oaxaca est pourri, de fait il empeste… »

Les ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires de l’assemblée communautaire d’ Eloxochitlán de Flores Magón
18 août 2015

Après 110 jours de détention de notre compañero Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, nous voulons vous faire savoir que le procès juridique qui s’est déroulé jusqu’à maintenant a été une nouvelle fois perturbé par ceux qui disent rendre la justice dans ce pays.

Après la sentence d’emprisonnement que le juge de Huautla de Jiménez, Oaxaca a prononcé le 7 mai, sa défense a opposé deux appels pour exiger la liberté de Miguel. Le délai juridique étant de trois mois, soit avant la date du 7 août, ces recours auraient du être résolus cependant le juge de Huautla n’a pas permis le déroulement du procès puisqu’il a retenu les documents qui avaient été sollicités par les juges de Oaxaca pour résoudre la situation légalement. Au jour d ‘aujourd’hui trois audiences ont été reportée suite aux omissions du juge de Huautla c’est pour cela qu’est prévue le lundi 24 août la prochaine audience pour résoudre certains des recours juridiques.

Dans le cadre de la semaine internationale en solidarité avec les prisonniers anarchistes, ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires lancent un appel à la solidarité pour exiger la rapide libération de Miguel Ángel Peralta Betanzos, emprisonné dans le centre pénitentiaire de Cuicatlán, tout comme des neufs prisonniers de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui se trouvent emprisonnés à Ixcotel, ainsi que la suspension des ordres d’appréhension des membres de l’assemblée. À Oaxaca, une action aura lieu ce 25 août en solidarité avec les prisonniers d’Eloxochitlán*. Liberté immédiate pour les 10 prisonniers de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón incarcérées pour raisons politiques !!! Armée hors des rues de Oaxaca!!!

« La rébellion est la vie, la soumission c’est la mort »
( Ricardo Flores Magón)
 Liberté pour les prisonniers !

Appel lancé par les ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires pour la liberté de Roque Coca et les prisonniers de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón.

*À Mexico, une action a eu lieu le 25 août à la Casa de Representación de Oaxaca

Source: “El sistema de impartición de justicia en Oaxaca está podrido de hecho apesta…” ( version en espagnol, reçu par mail, le 18 août 2015 )

Traductions : Amparo, Patxi et Les trois passants
Corrections : Myriam et Val

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Voir : Ricardo Flores Magón et le magonisme : itinéraire et trajectoire
[OAXACA] Voix depuis la prison : Miguel Peralta Betanzos
Rubrique Miguel Betanzos et Eloxochitlán de Flores Magón – Oaxaca

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