Chiapas : Le compagnon Alejandro Diaz Santiz a été transféré vers une prison de haute sécurité

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Le prisonnier Alejandro Diaz Santiz, adhérent à la sexta, faisant partie de l’organisation de prisonniers « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » a été transféré de façon arbitraire à la nouvelle prison de haute sécurité CEFERESO de Villa Comaltitlán. Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons ont été re-localisés.

Note : Le groupe de soutien aux prisonniers du Chiapas « No Estamos Todxs » [ Nous ne sommes pas tous et toutes là] nous a fait parvenir des nouvelles du compagnon de la Sexta Alejandro Diaz Santiz.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Los Solidarios de la Voz del Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales dans cette prison, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel les font subir, le manque de suivi médical, les réductions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus exposés aux mêmes difficultés. Les détenus concernés ont été arrêtés de façon complément arbitraire, parce qu’ils sont indigènes ou pour des motifs politiques. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du mauvais gouvernement du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « Llanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte exemplaire avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, des réunions avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente…Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré de la prison de « los llanos » vers une prison de haute sécurité.

Alejandro Díaz est un Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison ferme. Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à la Sexta au Chiapas, sa condamnation résulte d’un procès corrompu dès le début, il a été torturé et il n’a jamais eu le droit à un traducteur parlant dans sa langue maternelle durant son procès.

Alejandro Díaz Santiz a la calle !!!

Jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !

Les trois passants

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enestapri-normalCommuniqué du groupe de travail « No Estamos Todxs » à propos du transfer d’Alejandro Diaz Santiz

11 septembre 2015, San Cristóbal de Las Casas

Le Groupe de Travail « No Estamos Todxs », collectif qui accompagne la lutte dans les prisons du Chiapas, exprime sa plus forte indignation suite au transfert forcé du compagnon Alejandro Díaz Santiz, du Centre Étatique de Réinsertion Sociale CERESO N°5 de San Cristobal (Los Llanos) au Centre Fédéral de Réinsertion Sociale CEFRESO nouvellement construit de Villa Comaltitlan, prison de haute sécurité.

Le transfert a eut lieu à 01:00 du matin le 10 septembre, d’après le communiqué public de trois détenus sympathisant de la lutte d’Alejandro. Ce transfert a eu lieu dans le cadre de transferts massifs de prisonniers, réalisés par plus de 2000 policiers. Durant cette opération 400 détenus de différentes prisons, considérés « hautement dangereux », ont été re-localisés.

Alejandro Díaz Santiz est un indigène tzotzil de 35 ans, il est prisonnier depuis 1999 accusé d’un homicide qu’il n’a pas commis. Au moment de son arrestation il ne parlait pas espagnol, il a été torturé, il n’a eu à aucun moment accès à un interprète et n’avait pas l’argent nécessaire pour obtenir une défense légale adéquate. C’est à dire qu’il a été détenu et enfermé parce qu’il est pauvre et indigène, ce qui est très commun dans la logique raciste du système colonial de justice au Mexique et au Chiapas.

Le compagnons ne s’est pas rendu, il a adhéré à la Sixième Déclaration de la Jungle Lacandonne de l’EZLN et il s’est organisé avec d’autres prisonniers et prisonnières dans un collectif appelé « Les Solidaires de la Voix de l’Amate », dont les membres – après de nombreuses actions auxquelles Alejandro a participé lui-même – ont obtenu leur liberté en juillet 2013. Alejandro Diaz Santiz est le seul membre de cette organisation encore détenu.

Depuis lors, le compagnon a continué à conscientiser plus de détenus sur leurs droits et sur les processus d’organisation possibles dans une prison. En plus, il a utilisé sa voix pour dénoncer les abus et la corruption des autorités pénitentiaires à l’encontre de la population carcérale.

Ainsi nous dénonçons le fait que ce transfert forcé est une vengeance politique du mauvais gouvernement contre Alejandro, puni parce qu’il a soutenu et conscientisé les autres prisonniers. Cette forme brutale de transfert de prison est pour le prisonnier qui a vécu de nombreuses années dans le même endroit, une torture psychologique, parce qu’il est éloigné de ses proches et de son réseau d’amitiés. De plus, les règles d’accès et de visite dans un CEFRESO, comme celui de Villa Comaltitlàn, sont si strictes qu’elles en font un camp de concentration pratiquement impénétrable.

Il faut signaler que durant ce transfert, les lois et codes du Système ont été violés puisque le cas de Alejandro Diaz n’est pas de compétence fédérale et que sa conduite en prison n’est pas considérée comme « hautement dangereuse », sauf si le mauvais gouvernement considère que lutter pour ses propres droits et ceux des autres est un délit d’une exceptionnelle gravité.

Comme cela a été le cas pour le compagnon Álvaro Sebastián Ramírez, envoyé « en avant-première » tester les cellules froides du nouveau CEFRESO de Miahuatlán à Oaxaca, le mauvais gouvernement cherche à taire les voix rebelles qui naissent dans les prisons. Mais comme dans le cas d’Álvaro, les organisations et le mouvement social arriveront à le faire revenir dans la prison d’origine et plus. Nous renforcerons la lutte pour la liberté de tou-te-s les prisonnier-e-s politiques et de conscience du pays.

Alejandro Díaz Santiz liberté!

Groupe de Travail “No Estamos Todxs”.

Traduction: Les trois passants
Correction:  Val

Source: Red contra la Represion y por la Solidaridad

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Voir également :
[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement
Alejandro Diaz Santiz, depuis la prison N°5

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