Fanzine : « Là où commence l’État, la liberté de l’individu prend fin »

Présentation du Fanzine de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo

À un an de réclusion:
« Là où commence l’État, la liberté de l’individu prend fin »

ferFANCIN2Ce fanzine a été diffusé à l’intérieur de la prison Nord « Reclusorio Norte » de la ville de Mexico. Le but : créer une réflexion au sein de la population carcérale sur le fait que la prison va au-delà des barreaux, sur l’État et son rôle dans le conditionnement de la liberté, une et indivisible, sur les délits, le terrorisme d’État ; ces thèmes sont les lignes d’analyse de notre compagnon. Par ce genre de fanzines, Fer cherche à lancer le débat, la réflexion sur la prison qui, pour lui, se prolonge au-delà des murs et se répand à travers les institutions, et sur les appareils de répression dont dispose l’État. A part le journal « El Canero » crée aussi par Barcenas, un projet de bibliothèque à l’intérieur de la prison nord commence à prendre forme, toujours en coopération avec les copains qui se bougent à l’extérieur.

« Je voudrais défendre ici ma posture en tant qu’anarchiste et l’anarchisme en tant que tel, suite à une série de critiques qui ont été formulées à son encontre. Beaucoup savent (grâce aux médias de désinformation) que j’ai été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé d’avoir incendié une publicité commerciale ayant pour forme un arbre de noël. Non contents de l’étalage public de ces faits, ils ont utilisé cette information pour diffamer et salir une fois de plus le concept d’anarchie. Premièrement et sans tomber dans des concepts ambigus ou intellos, je commencerai par dire que je ne cherche pas me présenter comme « le gentil de l’histoire ». Je ne me considère ni coupable, ni innocent; en effet, accepter l’un ou l’autre impliquerait une complète reconnaissance de l’utilité et de la pertinence du système pénitentiaire et de ses outils légaux, ce qui n’est pas mon intention étant donné que je nie complètement tout ordre légal et répressif imposé à la liberté afin de la détruire et de construire une longue et interminable chaîne d’oppression… » Cliquez ici pour télécharger le fanzine

Nous remercions vivement Caracol Solidario et Val pour les corrections et relectures, merci à la Croix Noire Anarchiste de Mexico, le groupe de soutien de Mario Gonzalez, et surtout merci à Fer de nous avoir fait  confiance !

Bonne lecture !

Les trois passants

_______

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnier-e-s qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Fernando Bárcenas Castillo ( Écrits de prison )

LA C.I.P.RE c’est quoi ?

CIPRET2C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ». [CIPRE]

LA C.I.P.RE ( Écrits de prison )

Publicités

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :