Le monde du « dehorsdedans » (Fanzine) II

Natacha Lopvet, française, a passé dix ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla dans la ville de Mexico ; elle est sortie de prison en mai 2017. Natacha s’est accrochée à l’art pour résister à l’isolement et au lent écoulement des jours ; en prison, elle a rejoint la troupe de théâtre “Sabandija”, encouragée et lancée par sa compagne Maye Moreno. En prison, elle faisait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique et, pour ce faire, elle participait à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre ainsi qu’à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art. Après dix ans de prison, Natacha continue de créer des projets artistiques divers à l’extérieur, elle écrit ses vécus, son parcours et continue à rendre visite à sa compagne Maye Moreno tout en menant de nombreux projets ensemble. Pour se rapprocher malgré les murs qui les séparent, Natacha et Maye ont ouvert le blog « Fueradentro » « dehorsdedans ».

« Fueradentro » « dehorsdedans » II

Technologie par Natacha Lopvet

« Je reste parfois surprise et amusée de voir l’attitude des gens dans la rue, les mains pleines de technologie !!! Dix ans sans technologie, j’arrive avec des yeux tout neufs et ça donne ça … »

Du théâtre en prison par Maye Moreno

« Cela fait 12 ans que je fais du théâtre en prison. Ici il n’y a pas de professionnels. Tout se fait de manière empirique, selon les besoins de s’exprimer, de raconter et d’écouter d’autres histoires pour nous redéfinir. Ceci est important pour nous autres car nous sommes en « voie de ré-insertion » … Faire du théâtre dans ces lieux ne nous donne pas de quoi manger, parce qu’ici tout doit être acheté ; exactement comme dehors, d’ailleurs, mais en plus il faut obligatoirement partager son temps entre les cours, les ateliers, le travail, les repas et les heures d’enfermement. Il reste peu de temps pour se consacrer au théâtre. Mais nous le faisons … Le théâtre est un puissant moyen d’expression. J’ai dirigé deux groupes « Sabandija » et « Las Intratables » ; j’ai essayé d’en contaminer d’autres par mon enthousiasme et je les ai invitées à venir raconter leurs histoires. »

 

Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

[Ville de Mexico] Lettre de Natacha Lopvet envoyée pour la 4ème journée « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla [Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine]

« …Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée » (…) « Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

Commentaires fermés