La Guerre du Mexique d’en haut

Introduction

Ces dernières années, une guerre contre le peuple mexicain a été déclenchée sous le prétexte d’arrêter le crime organisé et le narcotrafic. Plus de 150 000 personnes sont mortes ; des villages entiers vivent sous le feu croisé des militaires, des policiers et des narcotrafiquants.

Tout le Mexique vit une situation de violence grandissante, d’hostilité majeure contre toute forme de protestation. La militarisation et para militarisation du territoire progresse continuellement.

Cette guerre arrange bien les États-Unis et le système capitaliste. Malgré tout, des milliers de personnes, villages et communautés résistent sans se rendre ni se vendre.

Au Mexique, au milieu d’une politique d’un État criminel, qui a choisi de déclencher une guerre contre la population sous couvert du combat contre le crime organisé, surgissent de nouveaux processus qui marquent des points de rupture, comme dans le cas de Ciudad Juárez où les gens répondent malgré la peur et la mort, par des nouvelles formes d’organisation, non seulement depuis en-bas, mais aussi depuis le souterrain.

Cela a généré de nouvelles façons de faire de la politique, de sortir dans la rue pour dire ça suffit, de construire, là où chacun se trouve, quelque chose de différent, quelque chose d’urgent qui naît et résiste depuis en-bas. En ce moment, au Mexique il y a une menace constante contre les mouvements sociaux et une criminalisation vorace contre les pauvres, les jeunes, les sans-voix.

Un contexte dans lequel les formes indépendantes de recherche de nouvelles possibilités se trouvent dans de nouveaux sujets et de nouvelles formes qui, au delà du visible, construisent une autre façon de résoudre les problématiques, en donnant libre cours aux rêves; des processus organisationnels qui ont surgi à des moments différents, certains d’entre eux inspirés de la lutte zapatiste, dans des moments conjoncturels et même au cœur des espaces les plus corporatifs, rompant avec les contenants pour réussir à avoir une voix.

Des villages, des villes, des quartiers dans lesquels on ne croit plus en la politique étatique et où, quand il leur est demandé de voter pour qui que ce soit, ils ne voient à nouveau que l’abus et espèrent autre chose, pas les élections, mais quelque chose de plus profond.

Dans cette guerre multiforme l’en-bas organisé survit, résiste et construit sa révolte dans tous les espaces dans lesquels il se trouve, en s’adaptant à un climat de plus en plus violent, en se mettant en lien de différentes façons, en semant des graines de dignité en silence, en-bas, tout en-bas.

Dans cette guerre, ceux d’en-bas organisés ont dû aller au-delà des formes habituelles de lutte, ont dû tracer leurs stratégies, en créant des réseaux de solidarité et d’organisation, en repensant leurs formes de dénonciation, en cherchant dans les autres en-bas de nouveaux compagnons de lutte.

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MEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes ont été arrêtées pendant les actions et les mobilisations contre le pouvoir

[ Note: De 127 personnes qui avaient été arrêtées, au moins 11 personnes attendent les résultats de leurs procès ]

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Pendant la journée électorale mexicaine, diverses radios libres ont transmis de façon conjointe des nouvelles données par des équipes d’information réparties un peu partout au Mexique pour casser le blocus de l’information imposé et manipulé par les médias payants et vendus. Toute la journée du 7 juin et jusqu’à l’aube et pendant les premières heures du 8 juin, les témoignages de la révolte contre les élections et au-delà n’ont pas cessé de s’enchaîner.

Pour garantir coûte que coûte la farce électorale, des militaires, des policiers, des groupes de choc (paramilitaires) ont été déployés dans plusieurs villes du pays : Oaxaca, Guerrero, Michoacán, Chiapas… Les médias dominants, Televisa, TV Azteca, Tele Fórmula et Milenio, déchainent leur lynchage médiatique contre la rébellion croissante et minimisent la mobilisation. (1)

Le mécontentement social est en ébullition du nord au sud du pays, la rage éclate à nouveau, il ne s’agit pas d’une simple colère passagère, mais de la conséquence d’une longue histoire d’abus, de répression, de mépris et d’autoritarisme exercés jusqu’au bout par l’État mexicain et les gouvernements successifs. La révolte pré- et post-électorale a fait émerger une fois de plus les exigences, les luttes, les résistances des organisations, des collectifs, des individus qui continuent de lutter contre cet autoritarisme aveuglant, continuent de lutter – dans beaucoup de cas – pour l’autonomie, le respect de leurs us et coutumes propres, de leurs terres, de leurs territoires, contre le pillage démesuré des ressources, les expropriations, privatisations, assassinats, disparitions, emprisonnements, tortures. Le Mexique est à bout, et dans cette révolte, les urnes nourrissantes du capitalisme ne représentent que la carcasse d’un système pourri qui continu de gonfler les portefeuilles de « ces messieurs-dames » les députés, les sénateurs, les narcos, les investisseurs, les hommes et femmes d’affaires, les hauts commandants de l’armée et de la police, tous malades de pouvoir et tous désireux de continuer cette guerre où tout leur est permis.

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Oaxaca

Après les fortes mobilisations et suite aux actions de boycott des élections (les incendies des bureaux, de la propagande officielle et de bulletins électoraux…) plusieurs communiqués commençaient à rendre compte de cette mobilisation nationale qui s’est avérée intense, déterminée et fortement réprimée.

Le communiqué de la Communauté autonome Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón [Oaxaca] déclare :

« Aujourd’hui, 7 juin 2015, dans le cadre de la journée de lutte contre le processus électoral, l’assemblée communautaire Ghi`Xhi`Roo- Álvaro Obregón a décidé de se joindre à cette initiative, nous avons expulsé les partis politiques et leurs bureaux électoraux, et en installant l’assemblée permanente nous avons décidé de résister pour notre vie et notre autonomie ». Depuis 10 heures du matin leurs compagnons et compagnonnes originaires de la communauté indigène zapotèque [Binnizà] ont été attaqués par des pistoleros payés par les autorités officielles de la région et qui ont fait irruption dans l’assemblée permanente. La répression a laissé derrière elle 10 personnes blessées, dont une dans un état grave. « C’est de cette manière qu’ils essayent de piétiner notre autonomie, c’est comme ça qu’ils essayent de piétiner notre organisation, mais, face à un peuple libre, ils auront besoin de plus que ça pour réussir à le faire plier ». Signée par l’Assemblée Générale communautaire Alvaro Obregon, le Conseil d’Anciens et leur garde communautaire, l’Assemblée de villages indigènes de l’Itsmo en défense de la terre et le territoire, leur déclaration finit par la phrase : « La terre, la mer, le vent ne se vendent pas, ils s’aiment et se défendent, pour l’autonomie et l’autodétermination de nos villages » (2)

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D’autres communiqués ont circulé rapidement, comme celui de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón [Oaxaca], où a été décidé également de boycotter les élections. Parmi leurs exigences : la libération immédiate de leurs 10 compagnons prisonniers, dont le compagnon récemment arrêté Miguel Angel Peralta (très investi dans le processus d’autonomie d’Eloxochitlán) ainsi que l’abrogation des mandats d’arrêt contre 20 membres de l’assemblée. Dans le communiqué émis le 8 juin, l’Assemblée déclare : « Face à la récente et évidente violation des droits humains des habitants d’Oaxaca ainsi que face aux humiliations et aux attaques systématiques de nos formes originaires d’organisation, l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón reste ferme sur le chemin d’une longue lutte, où la fatigue et l’épuisement ne sont qu’une raison pour lever les ailes et continuer à travailler pour le respect de l’auto-organisation des peuples originaires, et ce malgré le fait d’être au milieu du terrorisme d’État »(…)« Nous sommes témoins de la farce électorale avec laquelle prétend se légitimer un appareil de pouvoir toujours étranger à la vision et aux besoins des communautés d’Oaxaca, pour cette raison nous nous joignons aux appels lancés par la société civile, les villages du Mexique en résistance, les étudiants, les ouvriers, les organisations (…) pas un vote de plus pour ceux qui ont déchiré nos frères d’Ayotzinapa , Tixtla, Tlapa, Cheran, San Quintín, Xalapa, Atenco, San Dionisio del mar, Álvaro Obregón et tous les villages et les individus qui pour avoir levé leur voix, ici dans notre Mexique, ont été réprimés et massacrés (…) L’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón condamne l’intervention des forces de l’ordre mandatées par le gouvernement de Gabino Cué. Leur déploiement démontre, une fois de plus, l’échec catégorique de son discours « de transition politique et de gouvernement différent » et prouve ainsi clairement que le système politique est décadent et caduc ». (3)

Huajuapan [Oaxaca] :

Dans cette localité de la région mixteca, des milliers d’effectifs de l’armée, de la police fédérale et de la gendarmerie, avançaient dans des convois en direction d’Oaxaca.

Les autorités fédérales avaient pour objectif d’étouffer par le feu et le sang les protestations et les résistances locales. Le boycott électoral convoqué par la Coordination Nationale des Travailleurs de le l’Éducation (CNTE) et reprise par des communautés de l’entité, se trouvait confronté à tout l’État mexicain. Dans le studio de la radio locale libre, le téléphone ne cessait pas de sonner, pour appeler à se joindre aux mobilisations, depuis le studio on appelait à la prudence, mais dans les faits l’histoire, elle, était toute autre. À midi les gaz et les boucliers des policiers ont fait leurs apparitions aux côtés de 4 hélicoptères de guerre, ce n’était pas une menace. L’affrontement avait déjà commencé, provoqué par quelques centaines de policiers fédéraux et de l’armée. Des centaines d’habitants et de professeurs qui se trouvaient à proximité de L’institut National Électoral (INE) ont commencé alors la résistance. Après quelques heures d’affrontements la police anti-émeute s’est repliée, quelque temps plus tard la population s’est repliée également. Certains se sont joints à la barricade de l’autoroute internationale, entre fumée de pneus brulés, chansons de protestation, les moments de tranquillité étaient stressants et fragiles.(4)

À Oaxaca de nombreuses actions – pour boycotter les élections et revendiquer de multiples exigences – ont été menées par des organisations, groupes, individus et maîtres d’école dans la ville d’Oaxaca, à Tehuantepec, Juchitán, Niltepec, Zanatepec, Chahuites, San Francisco Ixhuatán, Salina Cruz, Tapanatepec et Matías Romero entre autres. Rien qu’à Juchitán, 1000 éléments de la police fédérale et de l’Armée ont été déployés. De nombreuses arrestations ont eu lieu, on parle de plus de 79 personnes arrêtées. (5)

Guerrero

La journée électorale à Tixtla – municipalité où se trouve l’École normale des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa – a été intense et cette dernière se trouve toujours sous la menace permanente d’expulsion de la part de la police fédérale militaire. Nombreux ont été les témoignages qui racontent l’incursion de groupes de choc. Dans le chef-lieu, des coupures d’électricité, l’incendie de 28 bureaux de vote, l’inquiétude et le stress ont marqué cette journée électorale.

Dans le dernier communiqué des mères et pères de famille témoignent : « Aujourd’hui [7 juin] pendant la journée électorale, des voisins, des femmes au foyer, des ouvriers de Tixtla, se sont organisés spontanément et ont exprimé leur mécontentement face à une élection illégitime qui cherche uniquement à porter au pouvoir des personnes liées à la délinquance organisée, une classe politique insensible et incapable de résoudre les problèmes les plus élémentaires pour le peuple. Les partis politiques, leurs groupes de choc et leurs hommes de main comptent uniquement prendre le pouvoir pour continuer à réprimer et à voler l’argent public, tandis que les pauvres se débrouillent dans la misère et la précarité. Ils veulent assumer des fonctions publiques afin de permettre à la délinquance organisée de continuer à tuer et à faire disparaître nos proches ».

Face à tout ceci, le village de Tixtla n’est pas sorti voter et ceci en réponse à la disparition des 43 étudiants. Ici l’élection a été annulée selon l’institut Électoral de Guerrero et les parents des étudiants ont déclaré : « Il n’y aura pas d’élections tant que nos enfants n’apparaîtront pas en vie » (…) « L’État mexicain a dû recourir à la militarisation pour imposer par la force des armes l’une des élections les plus controversées de l’histoire récente. Il n’a jamais fait les efforts nécessaires pour trouver les étudiants disparus, mais il utilise les forces de sécurité pour légitimer un système politique corrompu et un modèle économique infiltré par les groupes de la délinquance organisée en consolidant ainsi le narco-gouvernement qui depuis de nombreuses années est en train d’exercer le pouvoir en protégeant les intérêts de quelques uns et en laissant dans l’oubli et l’abandon les communautés les plus pauvres et précaires de notre pays ». (6)

Tlapa de Comonfort [Guerrero] :

Le 7 juin 2015, dans la Ville de Tlapa de Comonfort, lors de la journée électorale, au moins 24 éléments de la police ont perquisitionné arbitrairement, sans mandat d’arrêt, les bureaux de la Coordination Étatique des Travailleurs de l’État de Guerrero (CETEG). Ils ont violemment interpellé un groupe de maîtres d’école : 6 hommes dont un mineur (Juan Sánchez Gaspar, Pablo Abad Díaz, Julián Ayerdi Chavelas, Raúl Sierra de Jesús, Francisco Ortega Vicente, Ángel Basurto Ortega); ainsi que 2 femmes (Agustina Luna Martínez et Herlinda Iturbide Pinzón). Face à cet acte arbitraire, des voisins du quartier sont sortis dans les rues – pour protester contre les arrestations et la perquisition des bureaux-, ils ont empêché la police de sortir pour exiger la libération des personnes arrêtées qui étaient en train d’être transférées par un hélicoptère de la Marine vers la ville de Mexico.

Cette situation a pu être désamorcée grâce à la médiation du Centre de Droit de l’Homme (Tlachinollan) par laquelle la CETEG a réussi à établir un accord avec les autorités fédérales stipulant que les détenus et détenues seraient transféré-e-s à Tlapa et les policiers seraient libérés dès lors ; l’accord établissait aussi le cantonnement des forces de l’ordre à environ deux kilomètres de l’endroit où se trouvaient les policiers retenus. Plus tard, la Police Fédérale a relancé une forte opération en rompant les accords obtenus ; durant l’opération la police a utilisé des armes à feu et des gaz lacrymogènes, ce qui a terrorisé les familles qui se trouvaient dans l’attente de nouvelles de leurs proches arrêtés. Divers témoignages rendent compte de la probable participation d’éléments de l’Armée du 93ème bataillon d’infanterie basé à Tlapa.

Durant l’opération déployée de manière disproportionnée par la Police Fédérale – selon des témoignages -, des éléments de cette corporation ont fait irruption dans les habitations en effrayant les familles avec des gaz lacrymogènes. La solde de cette attaque est un nombre indéterminé de blessés et de nombreuses personnes en état de choc.

À cette heure, au moins 4 personnes ont été grièvement blessées et une personne a été assassinée par balle: le jeune Antonio Vivar Díaz, étudiant en dernière année de Licence de Développement Communautaire de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Tlapa de Comonfort, qui laisse un enfant de 8 mois derrière lui. (7)

Veracruz

Dans l’état mexicain de Veracruz [à l’Est du Mexique], dix personnes armées ont agressé huit étudiants de l’Université de cet État. Les faits ont eu lieu quand ces dix personnes sont entrées de manière violente dans la résidence des jeunes étudiants pour les attaquer avec des machettes, des bâtons, et des armes longues. D’après les rapports médicaux, les victimes ont des coupures sur leurs visages, des coups et blessures sur le corps, fractures au crâne et mandibules disloquées, certains se trouvent dans un état grave. Les étudiants attaqués sont des militants écologistes qui avaient participé à des manifestations de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa.

Depuis le 1er juin, les installations de l’Institut Électoral de la ville de Xalapa ont été incendiés, également dans les villes de Cordoba et Orizaba les installations de l’Institut Électoral ont été occupées par la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Éducation.

Les arrestations

Tandis que les médias dominants se félicitent de la journée électorale du 7 juin et ce malgré le boycott électoral, les nombreuses actions, mobilisations, piquets, blocages, barricades, prises de bureaux électoraux, incendies de bulletins de vote produits d’un mécontentement social qui est à bout. Les chiffres des personnes blessées et arrêtées par les forces de l’ordre commencent peu à peu à émerger, certains médias évoquent environ 127 personnes arrêtées, principalement dans les États d’Oaxaca, Guerrero, Chiapas et Michoacan.

Le Mexique a connu ces dernières années des opérations policières fortement répressives où les arrestations massives font partie de la stratégie que l’État a décidé d’employer face à la révolte. Ce fut le cas des arrestations qui ont eu lieu depuis l’investiture présidentielle de Peña Nieto en 2012 ou encore pendant les manifestations du 2 octobre commémorant le massacre des étudiants perpétré par l’État et ses militaires en 1968. La répression s’élargie par le biais des cautions élevées, des irrégularités des procès, et de l’arbitraire juridique. Après les délits d’attaques à la paix publique qui ont été systématiquement attribués aux personnes arrêtées à chaque cri de rage, à chaque mot de plainte, à chaque révolte, c’est maintenant « le délit électoral » que l’État utilisera pour enfermer… Cette fois-ci plus de 100 personnes devront, après avoir affronté la farce électorale, affronter la farce juridique d’un État qui se maintient par la répression et la corruption… Cependant, ces dernières années, le Mexique a également appris que la libération de personnes arrêtées passe nécessairement par l’organisation. Après les blessures et les coups reçus, les villages, les communes, les quartiers, les groupes, collectifs et individus ont appris à se mettre debout et à continuer à lutter pour la libération de leurs compagnon-ne-s de lutte.

Aujourd’hui, Antonio Vivar Díaz a rejoint les plus de 150 000 personnes que l’État a assassiné au milieu de sa guerre déclenchée pour maintenir l’existence de son propre crime organisé, pour maintenir coûte que coûte les liens étroits qui unissent trafiquants de drogue, multinationales, politiciens, policiers, militaires, et paramilitaires…

Aujourd’hui, Antonio Vivar Díaz, tu es dans nos pensées.

Résumé et traductions Les trois passants / Corrections et relectures Caracol Solidario, Myriam et Amparo

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Sources:
1) Proyectoambulante, Intervencion militar en Oaxaca
2) Comunicado de la Comunidad Autonoma de Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón
3) Comunicado de la Asamblea Comunitaria de Eloxochitlán de flores Magón en apoyo al boicot
4)Regeneracion Radio: La batalla en Huajuapan
5) Animalpolitico, sobre detenidos
6) Comunicado de Ayotzinapa, Centro de derechos humanos Tlachinollan
7) Urgente policia federal abre fuego contra la poblacion de Tlapa, CDH – Tlachinollan

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Puebla : Ricardo Cadena, encore un jeune assassiné par la loi Balle «  Ley Bala » et la Loi antigraffiti

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Au petit matin du 3 mai 2015, selon les témoignages rendus publics qui ont circulé, Jaid Mothe Hernández, Sous Directeur de la Police Municipale de San Pedro Cholula, a assassiné le jeune Ricardo Cadena Becerra, âgé de 18 ans.

À qui la faute ? Cette question est dans l’air et pourrait servir à la recherche de justice face à un fait qui reflète quelque chose qui va bien au-delà de ce qui s’est passé ce matin là. Pour le Mexique dans lequel nous vivons aujourd’hui, surtout en période électorale, chercher à comprendre qui est ou qui sont les responsables d’un événement comme celui-ci pour éviter que ne se reproduisent les conditions qui l’ont rendu possible passe au second plan, l’important étant de savoir sur qui l’on fera retomber la responsabilité afin de ne pas perdre de voix aux élections et éviter ainsi que le scandale n’éclabousse tous ceux qui par leurs actions ou leurs omissions ont permis, une fois encore, qu’un jeune meure entre les mains de la police.

Le policier explique que le coup est parti accidentellement. La question qui s’ensuit est si, en poursuivant deux jeunes qui auraient pu ou non être armés d’une craie et si cette craie aurait pu ou non avoir touché un mur, si cette arme s’est aussi dégainée par accident.

La deuxième question est de savoir si dégainer un pistolet face à des jeunes désarmés est une pratique qui fait partie du dispositif policier ou, ce qui est le plus important, si cela fait partie du climat qui favorise l’abus d’autorité et le sentiment que l’on peut agir en toute impunité lorsque l’on exerce un emploi public.

Qu’est-ce qui est susceptible de créer un tel climat ? Très certainement, ce qui contribue à créer un tel climat est le fait qu’à Chalchihuapan, un enfant qui s’appelait José Luis Tehuatlie Tamayo puisse mourir d’un projectile provenant d’une arme “non létale” lors d’une opération policière dont les responsables matériels sont encore à ce jour impunis, qui n’a donné lieu à aucune enquête digne de ce nom, et au sujet de laquelle le Gouvernement de l’État de Puebla n’a pas exprimé la moindre excuse. Il faudrait rappeler que cette opération policière a été la première à avoir eu lieu sous couvert de la “Loi pour Protéger les Droits Humains et réglementer l’Utilisation Légitime de la Force de la part des Éléments des Institutions Policières de l’État”, plus connue et définie comme #Ley Bala, promue par administration de Rafael Moreno Valle et approuvée à la quasi unanimité par le Congrès Local.

Ce climat est alimenté par le fait qu’être jeune est désormais synonyme d’être délinquant potentiel et que l’on a pu approuver une loi qui définit les formes d’expression comme peindre sur un mur “sans autorisation” comme un délit grave, ce qui est le cas de la réforme du Code Pénal de l’État Libre et Souverain de Puebla (dans ces articles 185, 413 Bis, augmenté du 413 Ter; paragraphe O de l’article 69 et la réforme de l’incise d), de la section III, du paragraphe A de l’article 248), mieux connue et définie comme “Loi antigraffiti” proposée par le député Eukid Castañón (supposé très proche du gouverneur) et promue par la grande majorité du Congrès Local.

Il n’est pas impossible qu’au mépris affiché par l’administration de José Juan Espinosa de San Pedro Cholula face au mécontentement provoqué par la construction d’un parc d’attractions, que l’administration de San Andrés Cholula et le gouvernement de l’État de Puebla prétendent construire dans les environs de la pyramide de Cholula, vienne s’ajouter l’idée que quiconque est titulaire d’un poste de pouvoir public se considère au-dessus du citoyen commun.

Et c’est sans doute parce qu’à tout ce qui vient d’être énoncé s’ajoute le fait que le mépris est la forme de rapport de pratiquement tous les gouvernements avec la majorité de ceux qu’ils représentent, ce qui a conduit Jaid Mothe Hernández voyant deux jeunes qui auraient pu ou non être en train de peindre sur un mur, à penser qu’il pouvait dégainer son Glock 9 millimètres et à penser aussi que les conséquences possibles pouvaient être oubliées et rester impunies, sans autre raison particulière si ce n’est qu’au Mexique et dans l’État de Puebla c’est tout simplement comme cela que ça se passe.

L’assassinat du jeune Ricardo Cadena Becerra est un symbole très douloureux, c’est un symptôme de la haine que Rafael Moreno Valle et un infime secteur de la société de Puebla vouent aux 99% de la population de Puebla, à ceux d’en bas, à ceux qui les gênent, à ceux dont ils ont un besoin urgent de se débarrasser pour faire soi-disant “avancer” l’État de Puebla. Un mépris que les œuvres de l’administration d’État reflètent par elles-mêmes, une politique d’insensibilité absolue à l’égard des gens. Les lois qui promeuvent la violence, les réformes qui criminalisent les jeunes, l’emprisonnement indiscriminé des personnes qui s’opposent aux projets gouvernementaux, le goût du contrôle absolu, commencent à revêtir les caractéristiques d’une politique de nettoyage social qui déjà accumule les morts.

Quel est le délit le plus préoccupant, celui qu’il faut combattre en priorité ? Celui de “graffiti” ou celui d’”homicide” ? Qui est le criminel, celui qui en étant au pouvoir le détermine ou celui qui est défini par ses crimes ? A quoi servent les punitions exemplaires de boucs émissaires pendant que les responsables qui encouragent la violence restent impunis ?

A qui la faute ? Au morceau de craie qui aurait pu ou n’aurait pas pu être là, du jeune qui peut-être le tenait, de la balle qui lui a traversé la nuque, du pistolet qui a tiré, du policier qui a dégainé, de celui qui a donné un pistolet au policier et qui l’a fait policier, des législateurs qui ont approuvé des lois qui ont converti les craies et les murs en crimes et les jeunes en criminels potentiels, du député ou du gouverneur qui les a proposées, de ceux qui encouragent et soutiennent une politique de nettoyage social et rêvent d’une société de courtisans et de serviteurs, de ceux qui regardent la tragédie et la laissent se perpétuer ?

Ces questions sont celles que nous ne pouvons éviter de nous poser, face à des faits que nous ne pouvons pas laisser passer.

Depuis le Nodo de Derechos Humanos nous soutenons et t’invitons à participer à la manifestation du samedi 9 mai à 16h qui aura lieu simultanément à Puebla (Panteón Guadalupe de Cholula), Distrito Federal (Mexico) (metro Sevilla – Angel de la Independencia), Guadaljara (parque Rojo) et New York (Union Square Park) pour exiger Justice pour #RicardoCadena

Nodo de Derechos Humanos

Traduit par Amparo / correction Valérie

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Ayotzinapa

Mexique : la guerre d’en haut, le cas d’Ayotzinapa parmi tant d’autres.

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C’est une guerre pleine de guerres

Le 12 janvier dernier, les médias dominants mexicains signalaient avec inquiétude les prévisions données par la Banque Mondiale : « La violence en Amérique latine a déclenché les signaux d’alerte, en raison des effets qu’elle pourrait avoir sur la croissance économique dans les années à venir. Les prévisions sont mauvaises », signale la Banque (1). Ceux d’en haut s’affolent, depuis quelques semaines la presse ne fait que nous matraquer avec ces prédictions en s’inquiétant pour la croissance économique censée s’améliorer grâce aux réformes… Mais la réalité d’en bas est toute autre. Ce même 12 janvier, toujours à la recherche des 42 étudiants disparus, les parents des 43 étudiants d’Ayotzinapa et les étudiants, manifestaient devant le 27e bataillon de l’Armée Mexicaine en exigeant l’ouverture d’une enquête spécifique, claire et complète, sur l’Armée Mexicaine, pour sa participation aux faits qui ont eu lieu le 26 et le 27 septembre 2014.

Ces dernières semaines, en bas et à gauche, des centaines de personnes, collectifs, organisations indigènes, non-indigènes, nationales et internationales, convergeaient au Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme, organisé par le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN). Là, dans cet espace d’échanges, du 21 décembre au 3 janvier 2015, les rages, douleurs et résistances témoignaient, d’une part du caractère destructeur, prédateur et avide des transnationales soutenues par l’État aux dépends des territoires, villages, et des peuples, mais aussi du fait que le capitalisme s’attaque insatiablement à la résistance, la dignité, l’autonomie, la rébellion… Le capitalisme s’attaque insatiablement à tous ceux et celles qui s’opposent de façons diverses à sa logique de guerre.

Entre les participants et les invités au festival, se trouvaient les pères et mères des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa.

Quelques jours avant le festival, le Sous-Commandant Insurgé Moisés de l’EZLN, signalait dans un long communiqué : « (…) le cauchemar d’Ayotzinapa n’est ni local, ni propre aux États, ni national. Il est mondial. Parce qu’en fin de compte ce n’est pas seulement un attentat contre les jeunes, ni seulement contre les mecs. C’est une guerre pleine de guerres : la guerre contre ce qui est différent, la guerre contre les peuples natifs, la guerre contre la jeunesse, la guerre contre celui ou celle qui, par son travail, fait avancer le monde, la guerre contre les femmes (…) Parce qu’en fin de compte c’est de ça qu’il s’agit, il n’a toujours été question que de ça : d’une guerre, désormais contre l’humanité ». (2)

Le responsable est l’État

Depuis le 26 septembre 2014, nous avons été témoins de la lutte infatigablement digne que les parents des 43 étudiants ont menée avec une grande détermination. Nous avons été également témoins du manque de sérieux et des contradictions et mensonges de la part du gouvernement mexicain sur cet affaire et de son besoin urgent d’en finir avec le cas d’Ayotzinapa.

Combien de fois, les parents ont insisté sur le fait que le Gouvernement Fédéral ne suit pas toutes les lignes d’investigation, comme celle de la participation de l’Armée Mexicaine aux événements des 26 et 27 septembre, dans ce sens, le gouvernement n’a répondu qu’avec le silence et la mascarade… mais pas qu’avec ça.

Le 12 janvier dernier, les pères et les mères de famille des 43 étudiants disparus ont été attaqués par la police militaire pendant la dispersion d’une manifestation réalisée ce jour-là devant les installations du 27e bataillon de l’Armée Mexicaine à Iguala, État de Guerrero, « Au lieu que le gouvernement donne des ordres pour la libération des 43 étudiants, il ordonne d’agresser cette manifestation des parents … Cette action que nous menons, nous les parents, nous l’avons proposée à l’Assemblée Populaire du 3 janvier, là, nous avons décidé ensemble que des manifestations devaient se faire dans les casernes militaires de tout le pays, en raison de l’implication des militaires dans la disparition des étudiants les jours du 26 et 27 septembre » a déclaré Don Melitón, père de famille (3).

Pour sa part, Omar García, membre du comité étudiant d’Ayotzinapa, a assuré : « parmi nos exigences il y a l’ouverture d’une enquête spécifique, claire et complète, contre l’Armée Mexicaine pour sa participation aux faits qui ont eu lieu le 26 et le 27 septembre 2014. Nous avons insisté durant tout ce temps sur cette demande et malgré les preuves et les évidences claires quant à la participation de l’Armée, aucune enquête spécifique n’a été ouverte, des personnes faisant partie de la société civile mexicaine ont donc décidé de soutenir les parents des 43 étudiants dans cette demande » (4).

Suite aux agressions que les parents et les étudiants d’Ayotzinapa ont subies, un communiqué du comité étudiant d’Ayotzinapa a été émis. Dans celui-ci, les parents dénoncent « l’agression lâche qu’on a subie aujourd’hui où l’État mexicain non content de la disparition et de l’assassinat de nos fils et compagnons, refuse l’ouverture d’enquêtes qui toucheraient l’Armée, et nous agresse une fois de plus » (5). Dans cette agression, les parents Mario Cesar González Contreras, Bernabé Abrajam Gaspar, María Concepción Tlatempa et les étudiants Omar García, Sergio Ochoa Campos et José Hernández Peña ont été blessés.

« Ça aurait pu être pire, nous sommes conscients que se rendre dans une caserne militaire n’est pas simple, mais depuis deux mois, nous avons insisté pour qu’une enquête sur la participation de l’Armée soit ouverte, je suis témoin et d’autres encore peuvent confirmer cette version » signale Omar (6)

La réaction immédiate du gouvernement a été d’annoncer la possibilité que les parents des disparus entrent dans les casernes, mais tout de suite après, le secrétaire du gouvernement Miguel Ángel Osorio Chong corrigeait sa déclaration en précisant que l’accès serait accordé uniquement pour l’entrée à la caserne d’Iguala dans l’État de Guerrero.

Omar signale « Nous ne sommes pas dupes. Les compagnons ont été dans la caserne d’Iguala, comme quelques téléphones portables appartenant aux étudiants disparus le démontrent, c’est évident, depuis ils ont été amenés ailleurs » Dans ce sens Omar Garcia fait référence à la localisation que les familles des disparus ont reçu à travers les téléphones portables, comme ce fut le cas de Rafael López Catarino, père de Julio César López qui signale que selon le GPS du téléphone portable de son fils, le dernier endroit où il a été c’est dans les installations du 27e bataillon militaire d’Iguala. « La localisation des téléphones portables n’a pas été étudiée par le Bureau du Procureur Général de la République (PGR), c’est une ligne d’investigation qui n’a pas été prise en compte, il existe la géolocalisation et le suivi de données, chaque appel et chaque message est enregistré et les entreprises de télécommunications doivent garder les enregistrements pendant deux ans ». (7)

C’est bien connu « Que dans le passé l’Armée a transporté des gens où bon lui semblait, vers le Camp Militaire numéro 1, ou bien vers d’autres endroits connus pour être des lieux de torture, d’emprisonnement de personnes disparues, nous savons qu’il y a eu des vols de la mort, des prisonniers politiques, et des ex-guérilleros qui ont été dans ces prisons témoignent du fait que les militaires se chargeaient de faire disparaître des gens. Sans compter les assassins payés par le gouvernement » (8)

« Le bras armé de l’État est l’Armée, et comme tel, elle est ce qu’il y a de plus pourri dans l’État mexicain. Tant que les structures de l’armée ne sont pas remises en cause ça ne sert à rien de changer de gouvernement, ceux qui ont le pouvoir réel au Mexique, ce sont les militaires. Si nous arrivons à démontrer le rôle de l’Armée, alors les militaires vont pointer du doigt les fonctionnaires et politiciens complices de tout ce qui a été fait. Le temps emporte toujours la vérité. Que nos compagnons soient vivants ou morts, le responsable est l’État » (9)

« Ici au Mexique, nous devons nous réveiller, nous sommes dans une situation à la limite du supportable et nous nous sommes contenus depuis trois mois et demi. Si la violence avait été notre volonté, alors nous l’aurions employée dès le début. Cependant, bien qu’ayant épuisé toutes les voix légales institutionnelles, nous n’avons pas eu de réponse claire, alors nous sommes aux limites du tolérable » (10) a conclu Omar García, étudiant d’Ayotzinapa et survivant des 26 et 27 septembre à Iguala.

La lucha sigue

Face au mépris total du gouvernement mexicain, face à sa volonté de tourner en rond sans donner de réponses, les parents ont dû trouver d’autres mécanismes et alternatives pour retrouver leurs enfants en vie. Ils ont élaboré un plan de recherche populaire, en se tournant vers ceux d’en bas, vers la société civile, en même temps ils ont demandé le soutien de la police communautaire car la situation n’est pas facile surtout quand il s’agit de traverser des endroits risqués, là où le crime organisé contrôle plusieurs régions. La recherche populaire s’avère la seule solution crédible face au manque de résultats donnés par le Bureau du Procureur Général de la République, à vrai dire, ils ne font pas confiance au gouvernement, ni à sa justice, ni à sa loi. (11)

Depuis le début des mobilisations, l’étudiant Omar García a insisté sur le fait que la violence et l’impunité ne concernent pas seulement Ayotzinapa ou l’État de Guerrero, mais tout le Mexique. Il a posé la question : « Qu’allons-nous faire de ce pays ? Et surtout, qu’allons-nous faire contre eux ?»

« Nous sommes déterminés à parvenir à nos fins, nous sommes des paysans et nous restons inflexibles face au discours du gouvernement qui prétend tout résoudre avec ses lois, alors que cette légalité ne défend que ceux d’en haut. Merde à sa légalité ! Elle ne nous convient pas. », a-t-il dit. (12)

Le 26 janvier cela fera 4 mois que les 43 étudiants d’Ayotzinapa ont disparu.

Malgré l’augmentation des disparitions et les nombreuses demandes des familles des disparus pour une prise en charge sérieuse des cas, le Mexique ne dispose pas d’un plan national de recherche des personnes disparues. Selon certaines informations récentes, entre août 2014 et octobre dernier, il y a eu au moins 1281 personnes disparues, ce qui veut dire 14 personnes disparues par jour. Le mois d’octobre 2014 le gouvernement fédéral donnait le chiffre de 23 603 personnes portées disparues. (13)

À propos de l’inefficacité gouvernementale dans cette affaire, Omar Garcia signale : « Le Bureau du Procureur Général de la République peut essayer ce qu’il veut, mais Ayotzinapa ne s’oublie et ne s’oubliera jamais. Notre plan est de fouiller toutes les casernes militaires. Nous n’allons pas nous arrêter à la caserne d’Iguala, nous allons continuer la lutte même s’il s’avère que nos compagnons sont morts. Il ne s’agit pas de 43, mais de milliers de disparus au Mexique » (14)

Résumé et traduction Les trois passants et Caracol Solidario
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Sources :
1) Média dominant : La Jornada, 14 de enero de 2015
2) Enlace Zapatista
3,4,5) Tlachinollan: Agrede policía militar a familias de Ayotzinapa en manifestación frente al 27º batallón de Infantería en Iguala
6,7,8,9,) Média dominant: La Jornada, 18 de enero de 2015, « Debe abrirse línea de investigación que incluya al Ejército », exige Omar García
10) Tlachinollan: Agrede policía militar a familias de Ayotzinapa.Op. cit.
11) La búsqueda, CDH Tlachinollan
12) Média dominant: La Jornada, 7 de Noviembre de 2014, « Normalistas rechazan versión de la PGR; piden pruebas contundentes »
13) Média dominant: La Jornada, 18 de enero de 2015, « Pese al incremento del fenómeno, México carece de un plan nacional de búsqueda »
14) Média dominant: La Jornada, 18 de enero de 2015, « Debe abrirse línea de investigación »…Op.cit

estrellita

12eneroayotsin

Ouvrir les casernes militaires, maintenant !

Article du Centre des Droits de l’Homme de la Montagne, Tlachinollan

Depuis la disparition aux mains de l’État des 43 étudiants de l’Ecole Normale Rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, perpétrée le 26 septembre 2014, les familles demandent instamment l’ouverture des casernes militaires comme un exercice élémentaire de transparence visant à l’éclaircissement des faits.

Le retard et le refus ont prévalu face à cette demande. Le retard car, bien que la demande ait été exprimée dès les premiers jours et malgré l’engagement initial pris par le Ministère de l’Intérieur (SEGOB) d’utiliser les moyens institutionnels pour répondre à cette demande, à ce jour cela ne s’est toujours pas concrétisé. Refus car, lorsque les familles ont formulé cette demande en manifestant devant les casernes constatant le retard de l’État, la réponse a été la répression et non pas le dialogue.

A présent, divers secteurs sociaux et certains journalistes toujours prompts à s’aligner aux côtés de l’État, critiquent les pères et les mères des étudiants disparus, et vocifèrent pour dire que leur demande est irrecevable, qu’on humilie l’armée et qu’on suit un agenda caché. Cependant, et contrairement à ces accusations des médias alignés avec le gouvernement, l’exigence de mener l’equête au coeur même de l’armée dans le contexte des investigations sur la disparition des étudiants est plausible et justifiée. C’est pour cette raison que les autorités fédérales ne peuvent pas s’ériger en défenseurs officieux de l’armée alors que leur rôle est d’enquêter et de trouver la vérité concernant les faits.

Une première raison permettant de comprendre la nécessité de cette investigation tient aux travaux des journalistes qui ont réussi à mettre en question les constats de l’enquête. Le travail de la journaliste Gloria Leticia Diaz de la revue Proceso est, en ce sens, fondamental : l’hebdomadaire, créé par le très regretté Julio Scherer (décédé récemment, NDT), figure emblématique du journalisme indépendant au Mexique, a prouvé de manière indiscutable que le commandement du 27e Bataillon de l’armée de terre de l’armée mexicaine a accordé sa protection à des délinquants qui ont, par la suite, joué un rôle clé dans les événements du 26 septembre, comme César Nava. Proceso a documenté comment le policier Salvador Bravo Barcenas a déclaré devant le parquet avoir dénoncé, dès 2013, la collusion entre Guerreros Unidos et les policiers de Cocula et Iguala, déclaration déposée à l’armée qui est restée indifférente devant cette dénonciation. Si les militaires avaient informé à ce moment-là les institutions compétentes de ce qui arrivait à Iguala et Cocula, il n’y aurait probablement pas aujourd’hui 43 étudiants disparus.

Une deuxième raison qui permet d’affirmer que la demande des parents des jeunes gens est raisonnable tient à l’histoire, non reconnue dans les récits et versions officiels, des graves violations aux droits de l’homme perpétrées par l’armée, y compris bien sûr des arrestations arbitraires dans des installations militaires, ainsi que les disparitions forcées commises elles aussi par soldats et marins.

La pratique très répandue des détentions de civils dans des installations militaires est une réalité qui remonte à la « sale guerre », comme on peut le lire dans la Recommandation 26/2001 de la Commission Nationale de Droits de l’Homme (CNDH) qui rend compte de l’emploi massif des casernes pour la détention de civils: « la Commission Nationale de Droits de l’Homme a eu accès à l’information se rapportant à des détentions, interrogatoires, fouilles et enfermements illégaux, ainsi qu’à des listes de personnes retenues dans la Base Militaire N° 1, dans la caserne d’Atoyac, Guerrero, dans des installations militaires de plusieurs zones du pays, dans la base aérienne de Pie de la Cuesta, Guerrero, et dans les installations de la Direction Fédérale de la Sécurité, ainsi que dans des prisons clandestines.. »

Le plus grave pour les citoyens du Guerrero, et surtout pour les familles des victimes, est que cette pratique n’ait jamais été éradiquée dans le cadre d’un véritable procès de justice. Il est actuellement pleinement prouvé que les détentions illégales persistent et se sont même aggravées, surtout en raison de la participation des forces armées à des tâches de sécurité publique étrangères à leur mandat constitutionnel et à leur fonctionnement institutionnel. Pour la CNDH, « la pratique des militaires qui consiste à retenir dans leurs installations des personnes arrêtées pour y formaliser leur mise à disposition et certifier leur état de santé pour ensuite les communiquer aux autorités compétentes est fréquente et problématique, dans la mesure où, dans ces installations, les personnes arrêtées font l’objet de toute sorte d’atteintes à leur intégrité physique et émotionnelle ».

De manière générale, cette pratique est constatée dans l’information mise à disposition par la CNDH, et des cas particuliers ont été jugés devant la Cour Suprême de Justice de la Nation.

Citons simplement le cas d’Israel Arzate Melendez, jeune homme originaire de Ciudad Juarez, Chihuahua, torturé par des membres de l’armée, défendu par le Centre des Droits de l’Homme Miguel Agustin Pro Juarez et Amnestie Internationale, dans lequel on a constaté que « … suite à l’arrestation injustifiée du plaignant, il a été établi comme un fait indiscutable qu’il a été retenu dans une caserne militaire, et non devant le ministère public comme il se doit, pendant que l’on rassemblait les faits, ce qui est manifeste au travers des informations contenues dans l’archive de l’enquête, ce qui a été confirmé par le juge des libertés suivant les considérations de la juge d’instruction »… « l’arrestation et la détention par des militaires… a été menée sans que le détenu ait été réellement et matériellement mis à la disposition des autorités compétentes au cours de l’enquête, étant donné qu’il a été retenu dans une caserne militaire ».

La pratique des détentions militaires a été prouvée aussi par le verdict de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme dans le cas de Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera suite précisément à des violations des droits de l’homme commises dans le cadre d’une détention militaire.

Le Centro Pro (de défense de droits de l’homme) a souligné qu’en dépit de cela, l’armée a nié l’existence de cette information, y compris devant l’Institut Fédéral pour l’Accès à l’Information (IFAI), instance qui a insisté sur le fait que l’information en question doit exister vu que l’armée et la marine nationale détiennent des civils à l’intérieur de leurs installations – et ce nonobstant les dénégations fallacieuses des forces armées.

En somme, la pratique de détention de civils dans des installations militaires est non seulement documentée depuis des décennies, mais elle a augmentée ces dernières années comme le constate la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), et certains de ces cas ont été jugés devant la Cour Suprême de Justice de la Nation et la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme.

Pour cette raison, les demandes des pères et des mères des étudiants disparus ne peuvent être ignorées, encore moins délégitimées. En tant que défenseurs des droits de l’homme, notre engagement est envers les victimes et envers la vérité; nous ne saurions abonder dans le sens des conjectures, alors que c’est la douleur des familles à la recherche de leurs enfants qui est en jeu. Suivant notre engagement, nous ne pouvons pas rester silencieux, ni approuver ceux qui exigent que les parents ainsi que la société civile signent un « chèque en blanc » à l’armée en lui accordant une confiance aveugle et acceptant telle quelle leur version des faits – comme s’il n’existait pas au Guerrero une longue histoire, très documentée, des violations des droits de l’homme perpétrées par les militaires.

Cette exigence des parents ne saurait être disqualifiée, encore moins attaquée avec l’usage de la force et la répression. En ce moment de grande tension sociale et politique et face à l’absence de résultats indiscutables de l’état concernant la recherche des étudiants, il est indispensable de définir les mécanismes institutionnels permettant aux parents des étudiants d’accéder aux casernes pour leur inspection minutieuse afin de garantir la recherche de la vérité, droit inaliénable. L’ouverture des casernes au Guerrero est non seulement une exigence nécessaire à la résolution du cas Ayotzinapa mais aussi à la résorption d’une dette historique dans cet état marqué par la violence d’état.

Lundi 26 janvier prochain on commémorera quatre mois depuis la disparition des 43 normaliens qui ont maintenu l’état au bord du gouffre. La société civile sortira à nouveau dans les rues pour démontrer que la conscience n’est pas engourdie par la trêve des fêtes de décembre, et que les citoyens ne reculent ni n’abandonnent la lutte malgré les intimidations et les menaces proférées par les autorités civiles et militaires. Les parents des élèves sont un rempart en acier et une source de dignité au milieu de ce chemin tortueux et ignominieux.

La clameur nationale qui dit « C’est l’Etat (le responsable) » renvoie à d’autres luttes emblématiques comme celles de Tita Radilla, Valentina Rosendo, Ines Fernandez, Teodoro Cabrera et Rodolfo Montiel, tous paysans et indiens du Guerrero, victimes de la torture, de violences sexuelles et de disparitions forcées perpétrées par des membres de l’armée. Le Tribunal Interaméricain a démontré la responsabilité de l’état mexicain et l’a condamné aux yeux du monde entier pour de graves violations aux droits de l’homme.

Les difficiles et dangereux sentiers qu’empruntent les familles des 43 disparus les situent dans la ligne de mire des agents destructeurs de la vie. Leurs coeurs généreux les ont conduit à tout donner afin d’abattre cet infranchissable mur des militaires, et par là même de leur faire payer la dette historique que ces derniers ont envers le peuple du Guerrero qui a vu ses enfants disparaître dès lors que l’armée participe, activement ou en tant que complice passif, dans des faits délictueux tels les événements du 26 septembre dernier à Iguala, Guerrero.

Traducteur-trices pour Ayotzinapa-Mexique
Source: tlachinollan

estrellita

ayotzinapa-2def

COMMUNIQUE du Comité Étudiant de l’École Normale d’Ayotzinapa et du Comité des parents des disparus du 26 et du 27 septembre, au sujet des agressions commises contre eux par la police militaire de la ville d’Iguala.

Ayotzinapa, Guerrero, 12 janvier 2015.

Dans l’insatiable recherche de nos enfants, nous, les parents et proches des 43 étudiants disparus le 26 septembre 2014, avons aujourd’hui réalisé une nouvelle action conjointement avec les étudiants de la Normale rurale “Raúl Isidro Burgos” d’Ayotzinapa.

Nous l’avons fait parce que l’État mexicain continue d’opposer sa résistance à l’ouverture d’une enquête visant à éclairer la responsabilité de l’Armée mexicaine dans la disparition forcée de nos 43 enfants et compagnons d’étude.

C’est ainsi que ce 12 janvier, à 11 heures du matin, nous sommes sortis de l’école en direction de la base militaire du 27e bataillon d’infanterie situé dans la ville d’Iguala, Guerrero, pour y tenir un rassemblement pacifique, afin d’exiger la présentation en vie des 43 étudiants disparus.

Vers une heure de l’après-midi, nous, les pères et mères de famille nous sommes dirigés vers les installations de la base militaire de la ville d’Iguala, où nous étions attendus par plusieurs dizaines de militaires en tenue anti-émeutes. Après le rassemblement, au moment où nous avons demandé l’ouverture des portes de la base militaire afin d’y rechercher nos enfants et compagnons disparus, nous avons été agressés par les forces militaires qui ont commencé à nous lancer des pierres et des gaz lacrymogènes.

Afin d’éviter plus d’agressions, nous, les étudiants, avons décidé de nous retirer des lieux et de remonter dans les camions, pour revenir à la normale rurale « Raúl Isidro Burgos ». Durant l’agression plusieurs parents ont été blessés : Mario Cesar González Contreras, Bernabé Abrajam Gaspar, María Concepción Tlatempa, ainsi que les étudiants Omar García, Sergio Ochoa Campos et José Hernández Peña.

Nous, les parents des 43 étudiants disparus et du Comité Étudiant de la normale rurale « Raúl Isidro Burgos », nous dénonçons la lâche agression dont nous avons aujourd’hui été victimes. L’État mexicain, non satisfait de faire disparaître, tuer nos enfants et nos compagnons, et refuser d’ouvrir une enquête au sujet du rôle des institutions militaires, est aujourd’hui venu nous agresser une fois de plus. Les militaires, profitant de leur supériorité numérique et de leur entraînement, viennent nous agresser, alors que notre seul délit est d’exiger la présentation en vie de nos 43 enfants et compagnons.

De plus, il est particulièrement grave que l’Armée soit employée afin de disperser les manifestations publiques, une manœuvre propre aux régimes autoritaires. De même, la forme avec laquelle l’Armée mexicaine entend contenir les manifestations publiques et réprimer les mouvements sociaux est complètement disproportionnée, et contraire à l’attitude timorée et d’omission que montrent les pouvoirs face à la délinquance organisée, qu’ils laissent agir et se déplacer en toute liberté.

Face à cela, nous, les pères, mères, familles et compagnons des 43 étudiants disparus, nous répétons que nous ne nous arrêterons pas tant que nous ne les aurons pas retrouvés en vie, et que nous n’aurons pas obtenu vérité et justice pour nos enfants et pour notre peuple.

Nous appelons la société civile nationale et internationale à être attentive face à la répression que nous sommes en train de subir, et à persévérer dans ses actions de solidarité afin de vaincre l’impunité.

Pour tout ce qui est dit antérieurement, nous exigeons de l’État

– la présentation en vie et de manière immédiate de nos 43 enfants et compagnons disparus ;

– la justice pour les étudiants exécutés de manière extra-judiciaire, et la réparation intégrale des dommages pour les personnes tuées et blessées durant les faits survenus les 26 et 27 septembre 2014.

– l’arrêt de la répression contre les familles des étudiants disparus, les étudiants de la Normale et le mouvement national et international qui s’est solidarisé avec notre juste lutte.

Bien à vous.

POUR LA LIBÉRATION DE LA JEUNESSE ET DE LA CLASSE EXPLOITÉE, NOUS VAINCRONS !

Pour le Comité Étudiant :
_______________________ ___________________
C. DAYRO ÁNGEL GARCÍA C. MIGUEL SÁNCHEZ

¡PARCE QUE C’EST EN VIE QU’ILS LES ONT EMMENÉS, ET C’EST EN VIE QUE NOUS VOULONS LES REVOIR!

Pour les parents des disparus :
_____________________ _____________________
C. MELITON ORTEGA C. FELIPE DE LA CRUZ

_____________

Traduit par Siete NubS/correction Valérie

Source

estrellita

Mexique : « Nous allons offrir à ces connards un 2015 qu’ils ne seront pas près d’oublier ! »

marcha26septembre

Nous sommes le 26 décembre. Trois mois se sont écoulés depuis l’attentat contre les normaliens d’Ayotzinapa*. 91 jours durant lesquels les familles et les compagnons des étudiants les ont cherchés partout, ont crié justice pour chacun d’eux et ont lutté sans relâche pour leur réapparition en vie. Durant la dernière manifestation qui a eu lieu à Mexico, dans les principales artères de la capitale, les pères et mères de famille ont convoqué une nouvelle fois le souvenir de leurs enfants.

Le Bureau du Procureur Général de la République Mexicaine a suspendu les recherches concernant les 42** étudiants encore disparus en cette fin d’année, en alléguant les vacances. Les autorités comptent de cette façon classer le cas Ayotzinapa, pariant sans doute sur la fatigue et sur la démobilisation du peuple mexicain. Mais la mobilisation pour la réapparition des 43 jeunes ne faiblit pas. Lors de la dernière manifestation on a ainsi pu voir des étudiants, des organisations sociales et d’autres de la société civile : les parents et les étudiants normaliens ne sont pas seuls. Dans cette mobilisation, il n’y a de place ni pour l’oubli, ni pour le pardon.

« Quand ils nous ont pris nos enfants, ils nous ont également pris notre peur », déclare Felipe de la Cruz, père de famille qui ouvre la manifestation. Au moment où le cortège arrive au Monument de la Révolution, des voix pleines de rage et d’indignation résonnent de partout. Ce sont les trois mois d’absence. Les parents réitèrent qu’Ayotzinapa est un berceau de dignité.

« Chaque jour les cœurs des parents pleurent, mais chaque jour la colère grandit », disent-ils. Les demandes continuent d’être claires  : « sanction pour les coupables ; destitution des pouvoirs de l’État de Guerrero ; pas d’élections en 2015 si les étudiants normaliens ne réapparaissent pas. »

« Êtes-vous disposés à vivre le cauchemar que nous avons vécu pendant trois mois ? », demandent les parents, en appelant la population qui les soutient à ne pas voter aux élections de 2015.

À Iguala [État de Guerrero], l’État a écorché un garçon et aujourd’hui, les parents disent à leur tour : « Nous allons les écorcher parce que nous allons leur enlever le pouvoir ! ». Immédiatement, les manifestants qui écoutaient avec attention s’associent à leur détermination en criant : « Peña dégage ! Peña dégage ! ».

À ce jour, le gouvernement n’a fait état d’aucun résultat certain. Emiliano Navarrete, père de l’étudiant José Ángel Navarrete, signale : « Nos enfants valent plus que n’importe quel misérable gouvernement. Nous continuerons d’exiger que nos enfants soient présentés vivants ». Don Emiliano envoie un message au gouvernement : « Ce sera Gouvernement contre peuple, sans intervention étrangère, on verra alors comment on se fout sur la gueule ».

La mère de Julio César Ramírez porte une banderole avec le visage de son fils assassiné le 26 septembre, où l’on peut lire : « Sanction aux assassins ». Les parents savent que les coupables sont là, dehors, se promenant sans la moindre vergogne. Les corrompus les protègent. Epifanio, père de famille de l’un des disparus, signale que Enrique Peña Nieto et Ángel Aguirre savent où sont les étudiants disparus. « Je suis en train de trembler de rage et non de peur, messieurs », dit-il.

Carmelita Cruz Mendoza, mère de Jorge Aníbal Cruz Mendoza prend la parole, soupire : « Quand il [Enrique Peña Nieto] s’est assis avec sa famille pour avaler un morceau de dinde, il a avalé la chair de tous les morts qu’il a ordonné d’assassiner, et le vin qu’il a bu, c’est le sang de tous les garçons assassinés ». Avant de fondre en larmes, elle envoie un message à son fils, où qu’il soit elle l’attend, ainsi que toute sa famille. Les manifestants expriment leur soutien et crient : « Vivants vous les avez pris… Vivants nous les voulons ». Carmelita demande à la population de lancer un appel à ne pas voter aux prochaines élections.

Rogelio Ortega, gouverneur de l’État de Guerrero, assure qu’il y aura des élections en 2015. Omar García, étudiant d’Ayotzinapa, fait savoir sa méfiance envers le gouvernement : il sait bien que celui-ci ne résoudra pas le problème. « Le leur demander c’est comme leur demander de se couper les veines », dit-il avant d’ajouter : « Nous devons cesser de laisser les autres faire les choses à notre place ». Il annonce la nécessité de se préparer pour 2015 de «lever le ton», puisqu’ils n’ont pas tenu en compte des formes de protestation déjà utilisées. « Nous connaissons le niveau de leur justice et nous ne la voulons pas ». Finalement Omar appelle à réaliser des assemblées pour participer à un changement de société, « un changement qui appartient à tous ». Il appelle à offrir au gouvernement une année 2015 qu’ils ne seront pas près d’oublier « Nous allons offrir à ces connards un 2015 qu’ils ne seront pas près d’oublier ! ». Une année de mobilisations. « Un 2015 qui appartiendra au peuple ».

Marquelia, un autre étudiant d’Ayotzinapa, dit à la société : « Y en a marre de tendre l’autre joue ». Il appelle à ne plus permettre d’autres assassinats, incarcérations, disparitions, et signale : « Nous avons commencé à leur faire bouffer les pissenlits par la racine ! ». Il commence le décompte, de 1 jusqu’à 43, au rythme des voix et des battements de mains.

« Bienvenue à ce qui n’a ni début ni fin. Bienvenue à cette lutte éternelle pour être meilleur jour après jour. Certains l’appellent entêtement, nous l’appelons espoir ». C’est avec ces mots-là que les étudiants d’Ayotzinapa ont commencé leur première année scolaire, a raconte Ángel. Il témoigne de la terrible nuit où les étudiants ont disparu. Pour lui, se souvenir de cette nuit du 26 septembre est une douleur immense. « Comme mes compagnons je suis mort, comme les 43 je suis porté disparu. »

« Si Abarca, si María de los Ángeles, si Ángel Aguirre, si Peña Nieto*** – qui n’est pas notre président – ont osé brûler nos compagnons, comme ils le disent, ils brûleront avec nos compagnons eux aussi » dit Angel, après avoir raconté tous les abus commis à l’aube du 26 septembre, l’usage d’armes R-15 contre les étudiants, l’inefficacité des lignes téléphoniques de sécurité, la brutalité policière et militaire.

Angel est un survivant de ce massacre mais s’il est vivant, il considère pourtant que sa vie ne lui appartient plus, qu’elle appartient désormais aux pères et mères de famille et qu’il ne s’arrêtera pas jusqu’à ce que les 43 étudiants, ses frères, soient retrouvés.

Les pères et mères de famille se retirent, en disant clairement qu’ils retournent au Guerrero pour continuer à s’organiser pour la suite, pour 2015. Ils répètent que, qu’il pleuve, qu’il tonne ou qu’il tremble, leur lutte ne faiblira, qu’ils ne s’arrêteront pas.

Les pères et mères des étudiants disparus participent au Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme, organisé par le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) du 21 décembre 2014 au 3 janvier 2015. Dans un communiqué émis depuis les montagnes du Sud-Est Mexicain par le Sous-Commandant Insurgé Moisés, le 12 décembre 2014, on peut lire : « (…) Parce qu’en fin de compte le cauchemar d’Ayotzinapa n’est ni local, ni propre aux États, ni national. Il est mondial. Parce qu’en fin de compte ce n’est pas seulement un attentat contre les jeunes, ni seulement contre les mecs. C’est une guerre pleine de guerres : la guerre contre ce qui est différent, la guerre contre les peuples natifs, la guerre contre la jeunesse, la guerre contre celui ou celle qui, par son travail, fait avancer le monde, la guerre contre les femmes. Parce qu’en fin de compte le féminicide est si ancien, si quotidien et si présent en toute idéologie, qu’il n’est que « mort naturelle » dans les dossiers. Parce qu’en fin de compte c’est une guerre qui de temps à autres prend nom dans un calendrier et une géographie quelconque : Erika Kassandra Bravo Caro : femme, travailleuse, mexicaine, 19 ans, torturée, assassinée et écorchée dans l’État mexicain « pacifié » (selon les autorités civiles, militaires et médiatiques) du Michoacan. « Un crime passionnel », diront-ils, comme on dit « victime collatérale », comme on dit « un problème local dans une municipalité du provincial État mexicain de… (mettez le nom de n’importe quelle entité fédérale) », comme on dit : « c’est un fait isolé, il faut le surmonter ». Parce qu’en fin de compte Ayotzinapa et Erika ne sont pas l’exception, mais la réaffirmation de la règle dans la guerre capitaliste : détruire l’ennemi. Parce qu’en fin de compte dans cette guerre, nous sommes tous et toutes ennemis, tout est ennemi. Parce qu’en fin de compte c’est la guerre contre tout, dans toutes ses formes et de toute part. Parce qu’en fin de compte c’est de ça qu’il s’agit, il n’a toujours été question que de ça : d’une guerre, désormais contre l’humanité. Dans cette guerre, celles et ceux d’en-bas ont rencontré chez les familles et camarades des absents d’Ayotzinapa un écho amplifié de leur histoire. Non seulement dans votre douleur et votre rage, mais surtout dans votre acharnement entêté à trouver la justice (…) ».

Pendant ces rencontres, les peuples indigènes du Mexique, les organisations nationales et internationales se sont écoutés, ont raconté leurs histoires, leurs résistances et leurs douleurs. La rage a été partagée ainsi que la solidarité… Le chemin est encore long mais la lutte est ce cheminement même, qui ne s’interrompra pas : il se poursuivra au contraire en cherchant dans les autres, en bas, de nouveaux compagnons de lutte.

Traduit et résumé par Les trois passants et Myriam/correction Valérie

*NdT : 43 étudiants de l’École Normale d’Ayotzinapa ont disparu le 26 septembre 2014. ** Le vendredi 5 décembre 2014, l’Équipe indépendante argentine d’anthropologie légale (EAAF) a informé les pères et les mères des 43 étudiants normaliens disparus qu’un fragment osseux trouvé dans la rivière de Cocula, État de Guerrero, et envoyé en Autriche pour identification, appartient à Alexander Mora Venancio, étudiant normalien de 21 ans. *** Abarca est le maire d’Iguala et María de los Ángeles est sa femme. Tous les deux sont impliqués dans l’assassinat des 43 étudiants. Ángel Aguirre était à ce moment-là le gouverneur de l’État de Guerrero.

estrellita

Les zapatistes partagent la douleur et la digne rage des pères et des mères des étudiants disparus. Ils les encouragent à continuer la lutte légitime et à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique.

Vidéo 1 : 8 oct. 2014 – Manifestation zapatiste en solidarité avec Ayotzinapa .

« Vous n’est pas seuls, votre douleur est aussi la nôtre et nôtre est votre digne rage » : c’est avec ces mots que, le 15 novembre, dans le Caracol II d’Oventik « Résistance et rébellion pour l’humanité », dans la zone des hauts plateaux de Chiapas, les zapatistes ont souhaité la bienvenue aux pères et mères des 43 étudiants disparus à Ayotzinapa. Voir l’article: Les zapatistes partagent la douleur et la rage des parents des 43 étudiants disparus

Vidéo 2 : 15 nov. 2014 (vidéo en espagnol, pour le moment) « Nous sommes ici pour vous demander votre soutien parce que le gouvernement ne nous écoute pas. Au contraire, il nous a au contraire trompés depuis le début, et nous sommes fatigués de ses mensonges. »disent les parents aux zapatistes

 Sources :
Vamos a darle a esos cabrones un 2015 que no van a olvidar nunca, Regeneracion Radio, audios + photos
De Ayotzinapa, del Festival y de la histeria como método de análisis y guía para la acción. Subcomandante Insurgente Moisés, Enlace Zapatista.
Vidéo 1: koman ilel, Vidéo 2 : Radio Pozol
Plus d’infos: La Guerre du Mexique d’en haut (le cas Ayotzinapa)

estrellitaCommuniqué commun: Halte aux harcèlements et aux diffamations au Mexique !

fueeselestadomx 2 décembre 2014

Actuellement au Mexique et dans la ville de Mexico, divers événements préoccupants se déroulent ; à chaque instant des actions répressives se mettent en place contre la population. Ces actions ne semblent pas avoir de limites, elles sont chaque fois plus flagrantes, et l’État cherche à les rendre le plus visible possible afin que le peuple soit remplit de peur. Cette stratégie a un nom : Terrorisme d’État.

La répression prend forme quotidiennement par des disparitions, comme celles des 43 étudiants normalistes ; par des assassinats, comme ceux perpétrés contre les étudiants, comme celui de Carlos Sinhué Cuevas Mejía, parmi tant d’autres.

La répression prend la forme de détentions et de séquestrations :
– comme celles des compagnons et des compagnonnes détenues suite aux manifestations, parmi lesquels 11 personnes ont été transférées dans des prisons fédérales de haute sécurité – mais sont aujourd’hui libérées – et 14 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
– comme celles de Brayan Reyes, Jaqueline Santana, et Sandino Bucio.
– comme les incarcérations de Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas et Luis Fernando Sotelo.

La répression prend la forme de tortures, comme celles perpétrées lors de la plupart des arrestations, en particulier contre les activistes, comme dans le cas de Mario González ; la répression prend forme par les abus commis tous les jours par les « représentants » de l’autorité contre la population en général ; la répression prend forme par le harcèlement et les diffamations venant de certains médias de désinformation (tels Reforma, La Razon, El Universal, etc.), médias qui sont au service de l’État et de ses institutions policières, et qui ont mis en oeuvre une nouvelle campagne de signalements sélectifs contre les activistes sociaux qui expriment leur indignation face à l’assujettissement que nous vivons, parmi les personnes visées se trouve Mario González, libéré après 13 mois de réclusion et de torture, cette campagne s’érige contre la pensée anarchiste et ceux qui la partagent, en la détournant.

Tout cela, ce ne sont que quelques méthodes répressives perpétrées par les bourreaux contre tous ceux et celles qui se rebellent contre le despotisme générateur de la misère dans laquelle nous nous retrouvons submergés, contre ceux et celles qui dénoncent cette terreur institutionnelle qui est en train de croître.

Ces actes répressifs constituent clairement une mesure contre- insurrectionnelle qui cherche à nous pousser à la terreur et à la démobilisation au moment où toute une vague de mécontentement sociale s’est déclenchée.

C’est absurde de voir l’ensemble des institutions les plus violentes qui existent, c’est-à-dire l’État, accuser de violents et d’agressifs tous ceux et celles qui dénoncent sa violence. De la solidarité et de la lutte dépend que toute cette répression et toute cette injustice cessent.

Comité de Solidarité avec Mario González, Ville de Mexico
Les trois passants (Paris, France)
La Confederación General del Trabajo (CGT) – État espagnol
Fédération Anarchiste (France, Suisse, Belgique )
Internationale des fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Mut Vitz 13, Marseille (France)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone)
#Yosoy132 – Europe
La Fédération des CIRCs (France)
LaPirata:
– Nodo Solidale, Mexique et Italie
– Colectivo Zapatista Lugano, Suisse
– Nomads, Bologna et Berlin
Azamblea del Pueblo – Costa Rica/Centroamérica
Comité de redacción de la publicación “Lucha Indígena” (Pérou)
Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
DILE- Difusión de Ideas Libertarias en Ecatepec ( Mexique)
Periódico “Solidaridad Proletaria” (Monterrey, Mexique)
Ediciones subversión (Monterrey, Mexique)
Colectivo Zapatista Neza (Mexique)
Nicte Ha Soto (Sexta para Niñoas- Ville de Mexico)
Professeur Luis de la Peña Martínez (ENAH, Mexico)
Professeur Carolina Concepción González González (Mexique)
Professeur Emigdio Navarro Esquivel, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Fernando Quintana Mendoza, Preparatoria 2 (Mexique)
Professeur Guadalupe Susano Caballero, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Luis Darío Salas Marín, Preparatoria 6 (Mexique)
Professeur María Elena de la Torre Monterrubio, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur María Esther Navarro Lara, Facultad de Ciencias Políticas y Sociales ( Mexique)
Professeur Miguel Ángel García Álvarez, Facultad de Ciencias (Mexique)
Sandra Odeth Gerardo Pérez (ENAH, Mexique)
Gaia Capogna (Italie)
Itzel López Nájera (Mexique)

Source

Voir aussi MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.

estrellita

 « La lutte sera plus forte et prolongée » signalent les familles des 42 étudiants disparus

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Le vendredi 5 décembre, l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste*(EAAF) a informé les pères et les mères des 43 étudiants normaliens disparus qu’un fragment trouvé dans la rivière de Cocula, dans l’État de Guerrero, et envoyé en Autriche pour son identification, appartient à Alexander Mora Venancio, 21 ans, originaire du Pericón, Tecoanapa, État de Guerrero. Ce 7 décembre, le Centre de Droits de l’homme de la Montagne Tlachinollan [Ndt : qui accompagne depuis le début la lutte des parents des 43 étudiants disparus] a diffusé un communiqué dans lequel l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste (EAAF) assure « qu’elle n’était pas présente au moment où les plongeurs et les experts de la PGR – Procure Générale de la République mexicaine – ont récupéré le sac plastique contenant le fragment, ni n’a participé à la découverte du dit fragment », ce qui a généré une méfiance totale à l’égard de la théorie présentée par la Procure Générale de la République (PGR).

Cette nouvelle a provoqué des cris et des larmes de douleur et de rage . À Ayotzinapa seulement, on a pu entendre les murmures de ceux qui clament justice. Les étudiants de l’École Normale Rurale ont manifesté un immense respect aux parents des 43 jeunes quand ceux-ci ont fait connaître leur décision de continuer la lutte : « loin de rester immobiles à pleurer », ils se sont déclarés disposés à intensifier les actions. Les experts ont donné le résultat fatidique après soixante-dix jours d’incertitude.

Dans une conférence de presse présentée le 7 décembre à l’École normale d’Ayotzinapa, les pères et mères des jeunes absents ont clairement signalé que le gouvernement fédéral est en train de faire obstacle à leur demande d’engager des experts en assessorat technique en matière de recherche : « Jusqu’à présent la révision des déclarations des détenus n’a pas eu lieu ». Ils ont exprimé leur manque de confiance: « Nous considérons que ces déclarations peuvent être mal projetées, il peut y avoir des incohérences, il peut ne pas s’agir de la vérité ». Ils ont exigé que le Gouvernement Fédéral autorise la participation des experts et l’utilisation stratégique de technologies de pointe pour rechercher les étudiants.

Les parents ont rappelé l’impunité qui règne au Mexique, en signalant le manque de sérieux ainsi que la protection accordée au maire d’Iguala, José Luis Abarca, qui n’a pas été jugé et se trouve en qualité de détention provisoire (arraigo) malgré les preuves à son encontre dans la disparition forcée des étudiants.

Don Manuel, père de famille, a demandé : « Le 20 novembre, des personnes ont été arrêtées à l’Aéroport International du Mexique [Ndt : lors de la manifestation générale, un cortège est parti vers l’aéroport pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants disparus] et, elles, on les a mises en prison. Pourquoi ont-elles été condamnées si rapidement alors que les responsables du crime commis contre les étudiants [Ndt : le Maire Abarca et sa femme] sont toujours en qualité de détention provisoire ? »

Plusieurs fois, ceux qui attendent leurs enfants ont insisté sur le fait que le Gouvernement Fédéral ne suit pas toutes les lignes d’investigation, comme celle de la participation de l’Armée Mexicaine aux événements des 26 et 27 septembre : « Aucune investigation n’est entreprise sur sa participation. Or, nous savons que ses membres sont responsables aussi parce qu’ils sont intervenus d’une manière indirecte et complice, en soumettant et en intimidant les étudiants  ; nous avons expliqué à Osorio Chong ** et au gouvernement de la république qu’ils doivent lancer une investigation relative à l’armée mexicaine. Quand nous avons dit à un certain moment que les militaires n’ont pas voulu intervenir dans les faits, c’est qu’ils auraient dû intervenir en fermant les sorties principales de la Ville d’Iguala et qu’ils ne l’ont pas fait ; ils ne l’ont pas fait parce qu’ils sont complices du crime organisé », a dit pour finir don Manuel.

Selon les experts argentins, les résultats sont exacts ; ils sont encore en train d’étudier 16 restes pour les identifier, ce qui prendra entre 2 ou 3 mois. Le point de rupture entre la PGR – Procure Générale de la République – et les parents des 43 jeunes disparus, c’est la « théorie du cas » : pour les premiers, après la découverte des restes de l’un des étudiants dans les cendres contenues dans les sacs plastiques noirs de la rivière de Cocula, la recherche est close. Pour les parents, la recherche n’en est qu’à ses débuts.

La Procure Générale de la République (PGR) s’est basée sur des preuves testimoniales mais selon les parents, il n’y a pas de preuves scientifiques certifiant que les 43 étudiants ont été dans ce lieu et ont subi le même sort qu’Alexander Mora Venancio. Il n’existe pas de lien, précisément démontré, entre les restes trouvés dans le dépôt d’ordures et les restes trouvés dans la rivière San Juan.

« Nous continuons, encore aujourd’hui, à avoir des doutes. C’est pourquoi nous exigeons que les recherches se poursuivent et que le cas ne soit pas archivé. L’investigation doit être faite pleinement. Il y a encore 16 restes à identifier », ont finalement signalé les parents avant d’envoyer une salutation combative à Don Ezequiel, le père d’Alexander Mora.

La lutte continue

Les parents des 43 étudiants ont annoncé toute une série d’actions dans les prochains jours et prochains mois à venir, telles des actions contre l’oubli et en mémoire de deux autres étudiants assassinés par la police en 2011 ; l’occupation d’institutions gouvernementales comme l’institut Électoral de l’État de Guerrero ; la constitution de brigades étudiantes dans plusieurs États du Mexique. Des assemblées se tiendront également dans plusieurs États mexicains. Le 20 décembre aura lieu la septième journée nationale et internationale en solidarité avec Ayotzinapa ; ainsi que la participation au festival mondial des résistances et rébellions contre le capitalisme organisé par le CNI – Congrès National Indigène – et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Résume et traduction les Trois passants/ Correction Valérie

Consultez également l’article, Ayotzinapa : Les restes humais trouvés à Iguala et Cocula ne sont pas ceux des 43 étudiants – signalent les experts médico-légaux indépendants.

Voir le photo-reportage: Que-mi-muerte-no-sea-en-vano

Notes : *L’Équipe Argentine d’Anthropologie médico-légale (Equipo Argentino de Antropología Forense, EAAF) est une organisation scientifique non gouvernementale à but non lucratif, qui applique les sciences médico-légales – essentiellement l’anthropologie et l’archéologie médico-légales – à l’investigation des violations des droits de l’homme dans le monde entier. Elle a été établie en 1984 pour enquêter sur les cas des personnes disparues en Argentine sous le dernier gouvernement militaire (1976-1983). Aujourd’hui, l’équipe travaille en Amérique Latine, en Afrique, en Asie et en Europe.

** Secrétaire du Gouvernement du Mexique depuis le 1er décembre 2012.

Sources : La lucha sera prolongada – Regeneracion Radio, audio de los padres de los normalistas Comunicado del EAAF sobre identificación de uno de los 43 normalistas desaparecidos de Ayotzinapa Festival mondial des résistances et rébellions contre le capitalisme Plus d’infos

 estrellita

MEXICO – 1er décembre, un cri collectif : Peña Nieto démission !

1dcmxrepr Coûte que coûte, nous allons retrouver les 43 étudiants – disent les parents des étudiants disparus.

La manifestation

Hier, 1er décembre 2014, les rues des 30 états du Mexique ont été à nouveau inondées par une marée humaine qui, plus déterminée que jamais, exigeait la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, au cri de « Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa ! ». Des hommes, des femmes, des enfants, des familles, des jeunes, des étudiants accompagnaient une fois de plus la rage des parents des étudiants disparus, qui encore une fois ont pris la parole au milieu de la foule pour crier haut et fort : Peña Nieto tu n’es pas Ayotzinapa, tu n’es pas le peuple ! Tu ne nous représentes pas ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! Peña Nieto démission !

Malgré la répression, les violences policières, les arrestations des 5, 6, 15, 20 et 28 novembre et celles de ce 1er décembre ; malgré les coups de matraques et les persécutions ; malgré le discours menaçant du gouvernement, le peuple mexicain est sorti dans la rue, sans avoir peur.

Après la manifestation qui est partie du Zocalo jusqu’au carrefour de l’Ange de l’indépendance à Mexico, un piquet de protestation s’est mis en place pour annoncer la prochaine action : « La prise populaire de la Ville de Mexico, qui aura lieu le samedi prochain 6 décembre 2014».

Sur l’estrade se trouvaient huit des 43 parents des étudiants disparus, lors que les drapeaux mexicains absentes de couleur s’érigent et noir entre les manifestants, Clemente, le père de Cristian Alfonso Rodríguez a pris la parole les larmes aux yeux, et a dit : « Cela fait une semaine de plus, nous allons vous trouver demain ou après-demain, nous vous attendons de retour à la maison. Parce que vivants vous avez été pris et vivants nous vous voulons ! »

« Malheureux soient les peuples où la jeunesse ne fasse pas trembler le monde et où les étudiants restent soumis face au tyran » – a dit un étudiant d’Ayotzinapa en demandant la démission d’Enrique Peña Nieto, les manifestants répétant derrière lui en criant « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! »

L’étudiant a repris et a demandé : « dans quel pays vivons-nous ? Après avoir eu des réunions avec le procureur Murillo Karam, le secrétaire de l’intérieur Osorio Chong et le président Enrique Peña Nieto aucun résultat ne nous a été donné sur le sort des 43 étudiants. Il faut un changement profond dans les institutions liées à la délinquance organisée (…) Dans tout le pays il y a un grand nombre d’assassinats, des disparitions, des mères qui souffrent pour leurs enfants ; les parents des étudiants disparus souffrent à chaque moment : quand ils mangent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont déjà mangé, quand ils boivent de l’eau et qu’ils ne savent pas si leurs enfants ont de quoi boire, quand ils se reposent et qu’ils ne savent pas si leurs enfants sont en train d’être torturés avec leurs visages mutilés ».- a-t-il signalé.

Aujourd’hui, 30 états mexicains qui en ont assez se sont mobilisés – disent les parents des 43 étudiants disparus, avec rage et tristesse….ils n’arrêteront que lorsqu’ils les auront retrouvés.

Et pendant ce temps, que se passe t-il- au Guerrero ?

Depuis le 26 septembre, les actions n’ont pas cessé dans l’état de Guerrero, divers secteurs de la population, des organisations étudiantes entre autres, ont occupé des lieux gouvernementaux et pris des installations appartenant à l’État, bloqué des autoroutes, organisé des piquets de protestations, événements, marches et manifestations. Depuis la fin d’octobre 2014, l’Assemblée Nationale Populaire instaurée dans l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa, école des 43 étudiants disparus, a décidé d’occuper le plus grand nombre possible de conseils municipaux (ayuntamientos) comme mesure de pression pour que le gouvernement présente les 43 étudiants disparus en vie et pour exiger justice pour ses compagnons assassinés. Comme exemple de la nouvelle étape de lutte dans laquelle se trouve le mouvement social au Guerrero, les 28, 29 et 30 novembre, à partir de la prise des conseils municipaux, s’est initiée la construction des premiers Conseils Municipaux Populaires ; ce sont 5 conseils qui ont été créés – et au fil du temps d’autres vont certainement s’ajouter. Les conseils créés sont ceux de Tlapa de Comonfort, Acapulco, San Luis Acatlán, Ayutla de los Libres et Tecoanapa, couvrant ainsi les zones de la Costa Chica, Montaña et la zone centrale. Ces conseils municipaux populaires, selon Agustín Flores Vázquez, étudiant de cette école : s’organisent « par la même autonomie du peuple », cette étape est en construction mais pour les étudiants il s’agit d’un nouveau départ, d’une nouvelle étape dans la lutte.

Le solde de la répression policière

Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre dernier où au moins 10 personnes ont été arrêtées puis relâchées sous caution. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone attend lui toujours son procès . À partir de la manifestation du 5 novembre la pression est montée d’un cran, les médias se sont mis à paniquer, à diffamer et à étiqueter certains manifestants comme « infiltrés », « encagoulés », « déstabilisateurs »…l’ambiance s’est alourdie ; le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants et militants, Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée ; le 20 novembre au moins 30 personnes ont été arrêtées, 15 ont été libérées et se trouvent sous contrôle judiciaire, 11 autres ont été arrêtées et transférées dans des prisons de haute sécurité. Ce fut grâce à la pression nationale et internationale qu’elles ont été relâchées neuf jours plus tard ; le 28 novembre Sandino Bucio Dovalí, également étudiant, a été enlevé par la police et accusé d’avoir participé aux actions « délictueuses » menés pendant la manifestation du 20 novembre, après des mobilisations Sandino a été relâché. Mais la répression et la persécution se poursuivent, plusieurs journaux nationaux ont déclenché un lynchage médiatique en publiant de façon mensongère une série de listes d’activistes anarchistes et proches du mouvement anarchiste, et en les accusant de tous les maux. Parmi les personnes mentionnées se trouvent notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez, libéré le 31 octobre, ainsi que sa compagne. Plusieurs communiqués ont été diffusées pour faire face à ce lynchage médiatique.

Pour ce qui est de personnes arrêtées ce 1er décembre, l’information reste confuse, mais au moins trois personnes ont été arrêtées, nous sommes dans l’attente de plus d’informations.

La lutte continue…..

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
Résumé et traduction de l’article Ayotzinapa: anuncian en mitin toma popular de la Ciudad de México, fait par Regeneracion Radio
Guerrero, la capital de la ruptura, Regeneracion Radio
Formal prisión a Jacquelin y Bryan,kehuelga-Radio

estrellita

Mexique (cas d’Ayotzinapa) : face à la digne rage, le lynchage gouvernemental et médiatique

LIBRESYA

Le 20 novembre dernier, la colère, la rage et la détermination ont de nouveau fait irruption dans les rues de plusieurs villes mexicaines et étrangères. La quatrième journée globale pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus du fait de l’État mexicain résonnait un peu partout.

Les slogans s’accumulent les un après les autres donnant ainsi naissance à un positionnement politique qui rejette les abus de pouvoir, la corruption et les liens profonds de l’État mexicain avec le crime organisé et le narcotrafic.

Plus de 150 000 personnes sont sorties dans les rues pour crier encore et encore : « Rendez-les nous vivants ! », « Nous sommes tous Ayotzinapa ! », « C’est un coup de l’État ! », « Peña Nieto dégage ! ».

À Mexico la marée humaine couvrait le béton de la ville, la place centrale – « le Zocalo » – était remplie d’hommes, de femmes, d’enfants… Les familles mexicaines sont sorties parce que les enfants disparus, ce sont aussi les leurs.

Au nord du pays, dans l’État de Sonora, environ 5000 manifestants ont occupé le Congrès local ce même jeudi 20 novembre. Parmi les manifestants étaient présents l’Assemblée étudiante de l’Université de Sonora, les pères et les mères des enfants morts en 2009 lors de l’incendie de la garderie ABC provoqué par des négligences puis couvert par le gouvernement. Roberto Zavala, père de Santiago Jesús, l’un des enfants décédés lors de l’incendie de la Garderie ABC, a déclaré : « 104 ans après la Révolution Mexicaine qui est née à Sonora l’exigence de justice renaît aujourd’hui dans ces terres, dans une nouvelle Révolution. » (1)

Le Mexique s’est de nouveau réveillé, les appels à la solidarité continuent, de nouvelles manifestations et mobilisations sont en cours, et ce malgré le discours féroce « de rappel à l’ordre » du président Peña Nieto lors d’une cérémonie des forces armées. Ce dernier a pointé du doigt tous ceux qui portent atteinte aux institutions, après avoir fait remarquer que dans un État démocratique comme le Mexique « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Le président a ajouté : « Les Mexicains disent non à la violence », « La société comme le gouvernement repoussent catégoriquement n’importe quelle tentative pour la provoquer ou l’encourager ! ». Alors que la vérité éclate autour de l’implication et de la responsabilité avérée des militaires dans l’assassinat de 22 civils à Tlatlaya, État de Mexico, le président signale que « sous aucun prétexte la loyauté, la noblesse et la vocation du service des forces armées ne peuvent être mises en doute. » (2)

Mais de quelle violence parle le chef de l’État ?

Alors que plus de 180 000 personnes ont été assassinées au milieu d’une guerre, sous le feu croisé des militaires, des paramilitaires, des policiers et des narcotrafiquants.
Alors que six personnes ont été assassinées par la police municipale d’Iguala et que 43 étudiants d’Ayotzinapa ont disparu.
Alors que des fosses communes clandestines sont découvertes toutes les semaines.
Alors que chaque jour il devient de plus en plus clair que l’État est impliqué directement dans le crime organisé et le trafic de drogue.

De quelle violence parle le chef du gouvernement ?

Quand le 15 novembre la police entre en toute impunité à l’Université Autonome du Mexique et tire sur les étudiants.
Quand les autorités mènent une véritable persécution contre les jeunes, les militants, la population toute entière.
Quand ces mêmes autorités menacent les parents des 43 étudiants disparus pour les faire taire.
Quand les arrestations sont systématiques et massives depuis son investiture présidentielle en 2012.
Quand des millions de personnes survivent à peine alors que le président a mis en vente et privatisé le pays par le biais de réformes structurelles mises en place en un temps record.
Quand le président et sa femme possèdent une maison d’une valeur de 7 millions de dollars, appelée il y a peu de temps « la maison blanche » (3) alors que le salaire minimum des Mexicains est d’environ 60 pesos (3 euros) par jour.

… Mais de quelle violence parle-t-il ? !

Aujourd’hui, les onze personnes arrêtées pendant la manifestation du 20 novembre ont été transférées dans des prisons de haute sécurité, punies pour renforcer ce mot d’ordre hypocrite du gouvernement : « la violence est inacceptable, peu importe son origine ». Ces personnes qui manifestaient sont aujourd’hui accusées d’émeute, d’« association de malfaiteurs », de tentative de meurtre. Toutes ont été menacées, frappés, mal-traités et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Comme lors des manifestations contre l’investiture de Peña Nieto en 2012, la presse vendue et le gouvernement recommencent à mettre en place une campagne médiatique de lynchage en qualifiant les manifestants de « radicaux », de « déstabilisateurs », d’« encagoulés », d’« infiltrés », et en ciblant plus particulièrement les groupes anarchistes. Dernièrement, dans la presse, la diabolisation et la criminalisation des anarchistes ou des personnes proches réapparaissent férocement. Un article liste même les noms des activistes ou militants anarchistes en les présentant comme les responsables de tous les maux. Nous sommes particulièrement inquiets des signalements mensongers que la presse a fait de notre compagnon Mario Gonzalez, récemment libéré, et de notre compagnonne Nuria Roxana Ramírez Solano. Nous restons attentifs à ces faits et lutterons contre cette campagne médiatique grâce à nos propres médias alternatifs, pour que l’esprit de révolte qui fleurit un peu partout au Mexique et ailleurs se développe encore. No pasaran !

Nous sommes tous Ayotzinapa !
Nous les voulons vivants de retour à la maison !
Liberté immédiate aux prisonnier-e-s !
Halte au lynchage médiatique et à la criminalisation des luttes !

Les trois passants /correction Valérie
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Sources provenant des médias dominants :
1 2 3

Voir aussi: Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !
Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.
Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international remis aux parents des 43 étudiants disparus le 20 novembre 2014)

estrellita

Mexico : Liberté pour les prisonniers et les prisonnières du 20 novembre

Introduction :
Partout au Mexique et dans plusieurs endroits du Monde, des manifestations ont eu lieu ce 20 novembre représentant ainsi la quatrième journée nationale et internationale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus depuis le 26 septembre 2014. Le Mexique vit un état de répression, d’intimidation et de criminalisation de plus en plus grandissante où le discours gouvernemental venant du président Enrique Pena Nieto, de son Armée et de ses médias vendus, rappelle le discours du Président Gustavo Díaz Ordaz (1964 à 1970) : « les forces obscures désirent déstabiliser la nation », des paroles largement connues de toute une génération mexicaine et qui furent prononcées quelques semaines avant le massacre d’étudiants à Tlatelolco en 1968.

« Il semblerait que les protestations violentes concernant les faits d’Ayotzinapa répondent à une volonté de générer « une déstabilisation, un désordre social » et « d’attenter au projet de Nation » que j’ai impulsé » (1) a signalé le président Enrique Peña Nieto, le mardi 18 novembre, deux jours avant la quatrième journée de mobilisation. En se servant des médias, comme il l’a déjà fait lors de la manifestation contre son investiture présidentielle le 1er décembre 2012, le président et son gouvernement, lancent une fois de plus une campagne de lynchage contre les « déstabilisateurs », «les infiltrés », « les encagoulés », ils lancent à nouveau une vague de répression, d’intimidation et d’arrestations. Dans ce contexte, la mobilisation populaire continue en avant en se posant de nouvelles questions sur la suite : comment mener la protestation ? quelle est l’étape suivante ? Cependant aujourd’hui comme en 1968, une chose est claire pour le peuple… le responsable est l’État, un narco-état qui est en train de s’écrouler de lui-même .

Suite à la 4e manifestation massive qui a eu lieu dans la ville de Mexico ce 20 novembre, le Réseau nationale contre la Répression et pour la Solidarité (2) – qui regroupe des dizaines d’organisations et des collectifs adhérents à la sixième déclaration lancée par les zapatistes, déclare :

Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !

aerayotzin La journée d’hier, 20 novembre, nos compagnons et compagnonnes : Samantha Iraís Buendía Hernández, Óscar Iván Ramirez Sentellano, David Nava Ocampo et Humberto Nava Ocampo ont été arrêté-e-s par des CRS de la ville de Mexico et de la Police Fédérale alors qu’ils participaient aux mobilisations en solidarité avec les 43 compagnons normalistes d’Ayotzinapa, disparus par le fait de l’État mexicain et du système capitaliste.

Une « caution » a été fixée pour Samantha, Óscar, David et Humberto, qui leur permettra de retourner dans la rue. Ces compagnons participaient à la marche de protestation qui se dirigeait vers l’Aéroport de la ville de Mexico.

Très rapidement, un dispositif policier s’est déployé avec plus de 500 policiers (CRS) qui ont commencé à harceler les cortèges présents, jusqu’à les agresser physiquement. La police a lancé des pierres et a commencé à persécuter les jeunes manifestants qui se solidarisaient avec les étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa et qui exprimaient leur mécontentement face aux crimes de l’État et du système actuel. Au milieu du siège policier, les manifestants se sont entendus pour se replier vers un lieu sûr, et c’est à ce moment là que, lâchement, les premières interpellations ont eu lieu, un jeune de 15 ans qui ne faisait pas partie de la manifestation mais habitant du quartier (La Fédéral) a été tabassé. C’est la solidarité des gens du quartier qui a empêché que plus de compagnons soient détenus, des hommes, des femmes, des travailleurs accompagnaient la sortie des manifestants qui étaient « escortés » par les CRS.

C’est avec indignation que nous avons appris que plusieurs arrestations ont eu lieu pendant la nuit, lors du déroulement de la Marche Nationale, quand à nouveau, la police Fédérale et les CRS ont dispersé la manifestation par la répression, avec des gaz lacrymogène, des coups de matraques et de boucliers, en balayant littéralement la place centrale du Zocalo, en agressant toute personne qui se trouvait en face, en laissant des personnes blessées, pratiquement inconscientes sous les coups reçus.

Nous, entant que Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, condamnons la répression exercée contre ceux qui, hier (20 novembre), sont sortis dans la rue manifester leur rage et leur douleur, qui s’appelle Ayotzinapa et qui n’est qu’un symptôme de tout le ras le bol des personnes qui restent debout face au cauchemar qui se vit au Mexique. Nous rejetons les arguments qui cherchent à présenter les diverses formes de lutte comme des « provocateurs » ou des « infiltrés ». Les vrais responsables de la violence ne s’habillent pas en noir et ne mettent pas de capuche, les vrais responsables de la violence s’habillent avec l’uniforme bleu et vert olive, mettent des casques, utilisent des boucliers, des matraques, des balles en caoutchouc, des armes à feu, ce sont ceux qui historiquement, ont pour fonction de réprimer ceux d’en bas. Pour nous tous et toutes, la police, les armées fédérales ne sont pas « le peuple en uniforme et exploité », leurs actions ne sont pas le résultat de « provocations » mais l’exécution des ordres donnés par les patrons, par leurs maîtres, par ceux qui se trouvent à Los Pinos (ndt : équivalent à l’Élysée) dans les Congres, les Palais, dans les médias de communication commerciaux, à la bourse.

Depuis le Réseau contre la Répression, nous le disons haut et fort : les seuls infiltrés dans les mobilisations et dans les cortèges s’appellent dignité et rébellion. Nous savons que les actions menées par toute personne, collectif, groupe ou organisation sont une réponse face au pillage, à l’exploitation, au mépris, et à la répression que nous vivons tous et toutes au quotidien, la violence, elle, se nomme système capitaliste.

Nous dénonçons le fait que la détention de nos compagnons soit la seule réponse que peut donner la déliquescence d’un régime et d’un système qui se maintiennent uniquement par la force.

Nous lançons un appel à toutes et tous nos compagnons et compagnonnes adhérents à la Sexta déclaration de la forêt Lacandone, à tous les condisciples de la petite école zapatiste et à toute personne qui ressent ces offenses comme les siennes, pour que chacun selon ses moyens, ses façons, ses temps et ses espaces, réalise des actions de solidarité et de camaraderie pour dénoncer ces faits et lutter pour la liberté des compagnons et compagnonnes prisonniers.

Présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus !
Liberté pour les prisonniers et prisonnières du 20 novembre !
Contre l’État et le capitalisme !
Pour l’auto-organisation de ceux d’en-bas !
Contre le pillage et la répression : la solidarité !

Réseau contre la Répression et pour la Solidarité(RvsR)
Mexique, 21 novembre 2014.

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
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Plusieurs Sources sur la citation (1) :
sources Médias dominants : 1 2 3
(2) Enlace Zapatista

Voir le Reportage photo de Regeneracion Radio « Solidaridad y terrorismo de Estado »

Manifestation pour Ayotzinapa (20 Novembre 2014)- un cortège de la Manifestation

Voir aussi : Manifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne + VIDÉOS

estrellita

Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.

marcha20novManifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne.

Le 5 novembre deux étudiants sont arrêtés par la police lors de manifestations sur le campus de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM) suite à une agression de la police judiciaire qui a blessé par balle un étudiant sur ce même campus. Cette incursion de la police sur le campus n’est pas anodine, car elle s’est faite à proximité de l’amphithéâtre « Che » occupé depuis plusieurs années par les étudiants et où dernièrement des activités ont eu lieu pour soutenir Ayotzinapa.

L’un des deux étudiants a été libéré, mais Luis Fernando Sotelo reste en détention préventive dans la prison Sud de la ville de Mexico, où il devra attendre son procès pour attaque à la paix publique, attaques aux voies de communication et dégradation.

Le 20 novembre dernier durant la manifestation pour Ayotzinapa à Mexico,18 personnes ont été arrêtées par la police. Certaines d’entre elles sont aujourd’hui libres ou ont pu sortir sous caution. Cependant 11 personnes -Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Tania Ivonne Damián Rojas, Juan Daniel López Ávila, Hilllary Analy González Olguin, Atzín Andrade González, Roberto César Jasso del Ángel, Laurence Maxwel (Chilien), Liliana Graduño Ortega, Issac Domínguez Ayala et Hugo Bautista Hernández- sont toujours détenues, accusées d’émeute, « association de malfaiteurs », tentative de meurtre. ToutEs les détenuEs ont été menacéEs, frappéEs, mal-traité.E.s et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Le 22 novembre ces 11 personnes (8 hommes et 3 femmes) ont été transférées vers des prisons fédérales de haute sécurité. Les 8 hommes ont été transférés vers la prison fédérale N°5 de Perote dans l’État de Veracruz et les 3 femmes ont été transférées vers la prison fédérale N°4 de Tepic, dans l’État de Nayarit dans le Nord du Mexique.

Ces transferts vers des prisons très éloignées de la ville de Mexico ont pour but d’isoler les prisonnierEs de leurs avocats, de leurs soutiens et de leurs familles.

Nous exigeons leur liberté immédiate !

À bas les murs de toutes les prisons !

Vive Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants.

VIDÉO : Testimonios #TuVozX11Consignados ( en espagnol )

VIDÉO Desalojo violento del zócalo #20novMX

Emboscada de policía federal contra manifestantes 20 de Noviembre en Zócalo

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Voir aussi: arrestations lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier

estrellita

Ayotzinapa: Notre douleur, notre rage (communiqué international)

vivosyalosaqeremosListe des signataires actualisée le 24 nov 2014.

Ce communiqué international a été remis aux parents des 43 étudiants disparus, le 20 novembre 2014 lors de la manifestation à Mexico.

Notre douleur, notre rage

Et maintenant comment faire pour continuer à avancer dans cette nouvelle étape?

Depuis le 26 septembre 2014, le Mexique se voit tel qu’il est et le monde à nouveau découvre une réalité que l’on ne peut plus cacher et qui s’est révélée de la façon la plus terrible qui soit. Iguala est le lieu où le Mexique de douleur et de mort ne peut plus ignorer sa réalité, c’est le lieu qui a empli le monde entier d’indignation, c’est le lieu où le secret muet s’est converti en un cri de douleur et de rage.

43 étudiants disparus, trois étudiants assassinés. Tous assassinés et disparus à Iguala, tous assassinés et disparus par l’État. Tous assassinés et disparus par le pacte d’impunité qui lie la classe politique.

Mais désormais il ne suffit plus de parler d’impunité car les institutions qui auraient dû exercer la justice non seulement ne le font pas mais elles se protègent elles-mêmes de leurs propres délits ; en réalité nous sommes devant un système qui trouve toujours comment et qui punir, de façon exemplaire et spectaculaire (coupable ou innocent), afin de pouvoir garder intacts le grand commerce de la corruption ainsi que les structures brutales du pouvoir qui maintiennent le pays entier submergé par la violence.

Au Mexique ce n’est pas le système qui est corrompu, c’est la corruption qui est le système. Ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus de vides de l’État, mais c’est que ce qui apparaît comme des vides est en réalité plein de la nouvelle mutation de l’État mexicain : le Narco-Etat.

Le couple Abarca est une terrifiante démonstration du lien entre le gouvernement et le crime organisé, mais le pire c’est que ce n’est pas le seul ni le pire exemple, c’est précisément un exemple de ce que sont devenues les institutions du Mexique. A Iguala, les 43 étudiants de Ayotzinapa sont également la terrible preuve que non seulement les actions du Narco-État sont contre insurrectionnelles, qu’elles cherchent la criminalisation des luttes, qu’elles cherchent à contrôler par la terreur, qu’elles cherchent le génocide de l’espoir.

Dans ce Mexique brisé, sécurité signifie vivre terrorisé, entouré de militaires et policiers, surveillé en permanence. Dans ce Mexique brisé, les appareils des droits de l’homme sont utilisés pour s’assurer que les véritables agresseurs échappent à la justice et puissent continuer à agresser.

Dans ce Mexique brisé, l’ex-maire d’Iguala, José Luis Abarca, est accusé de nombreux délits, mais pas de celui qui entraînerait la reconnaissance de la responsabilité de l’État, celui de disparition forcée.

Dans ce Mexique brisé, María de los Angeles Pineda est maintenue aux arrêts pendant 40 jours et Noemi Berrument Rodriguez, protectrice du couple accusé, est laissée en liberté, tandis que ceux qui s’opposent au système, ceux qui défendent la terre, ceux qui exigent justice, ceux qui se solidarisent avec les familles des 43 étudiants disparus par l’État, ceux qui éclatent d’indignation, sont immédiatement emprisonnés.

Dans ce Mexique brisé, le pouvoir se scandalise lorsque quelqu’un brûle une porte en bois, tandis que pour les centaines de milliers de morts, les centaines de milliers de disparus, les centaines de milliers de déplacés, il n’y a que des montages médiatiques, de longs procès bureaucratiques, de fausses condoléances, mais jamais de justice.

Le message derrière la façon dont tout a été fait à Iguala, derrière les milliers de morts et de disparus dans tout le Mexique, c’est qu’aucune vie n’a de valeur, et que depuis ces « nouvelles institutions », la façon de gouverner c’est désormais la mort.

Pour toutes ces raisons, après que le monde ait espéré, par une enquête rigoureuse une réponse quant à la situation des 43 normaliens disparus , il est indigne et douloureux de constater que les enquêteurs aient montré non seulement leur incompétence mais également un impressionnant manque du minimum de respect envers les familles des victimes, et à travers elles, envers toute la société, car leur unique objectif est de biaiser les enquêtes afin d’occulter la vérité.

L’indignation a grandi, a débordé les places, croissant semaines après semaines. Les manifestations, les actions, les grèves, démontrent que malgré les mensonges, les montages, les calomnies et les tromperies de la part du « Gouvernement mexicain », toujours absent lorsqu’il s’agit de donner des réponses, le peuple mexicain et d’autres parties du monde, ont fait leur le slogan « Vivants ils les ont pris, vivants nous les voulons ! »

Dans de nombreux endroits aussi bien au Mexique qu’à l’extérieur du pays, des étapes importantes sont franchies rapidement vers de nouveaux cris qui résonnent # Nous ne vous croyons pas, # C’est un coup de l’État # C’est bon, j’en ai marre, #Nous sommes tous Ayotzinapa.

A Iguala la logique politique est devenue visible, celle qui a fait que dans notre pays 180 milles morts nous font mal et que nous continuons d’attendre plus de 20 milles disparus.

Aujourd’hui nous rejoignons la rage active des pères et des mères des étudiants disparus, aujourd’hui nous leur disons que nous attendons que les 43 reviennent, que nous ne croyons pas à la farce par laquelle ils espèrent balayer cette indignation et cette rage générale. Ayotzinapa est le début de quelque chose, qui grandit dans les salles de classe et dans les rues.

Ces dernières semaines un mouvement qui clairement identifie qui ils sont est en train de naître, dans ce nouveau processus la peur est en train de reculer, il devient impossible de rester simple spectateur et cela ouvre la possibilité de se demander :

Comment faire pour que notre énergie sociale parvienne à ouvrir une voie qui permette à la société, depuis le bas, d’imposer au gouvernement la vérité avec toutes ses conséquences ? Comment continuer à avancer dans cette nouvelle étape ?

Ayotzinapa ne fait pas seulement mal au Mexique, c’est le monde entier qui a mal.

Signatures individuelles :

CANADA: Naomi Klein; ÉTATS-UNIS: Noam Chomsky; Michael Hardt; Hugo Benavides (Fordham University); URUGUAY: Raúl Zibechi; ÉTAT ESPAGNOL: Manuel Castells; Carina Garcia Sanagustin; BOLIVIE: Oscar Olivera; ARGENTINE: Nico Falcoff; COLOMBIE: Dora Muñoz; Constanza Cuetia; ALLEMAGNE: Sebastian Wolff (Instituto de Investigaciones Sociales, Frankfurt/Alemania); BRÉSIL: Kathy Faudry; Jeferson Zacarias; Denise Lopes; Edila Pires; Liliane Bites; Walter Bites; PAYS BASQUE : Juan Ibarrondo (escritor); ITALIE: Adele Vigo; Andrea Paletti; Franco Frinco; Carlotta Mariotti; Filipppo Marzagalli; MAROC : Josiane Pastor Rodriguez; FRANCE: Valentin Gaillard; Mathieu Meyer; Talia Rebeca Haro Barón (PhD Erasmus Mundus Dynamics of Health and Welfare, Ecole de Hautes Études en Sciences Sociales), Michèle Blossier; Patrice Ratheau; Paul Victor Wenner; Myriam Michel; Hilda Leslie Alcocer Martinez; Louise Ibáñez Drillières; Crystel Pinçonnat; Janie lacoste (Enseignante); Michel Puzenat; Pierre Banzet; Régine Piersanti; Dominique Mariette; Nathalie Todeschini; Stéphane Lavignotte- pasteur (Mouvement du christiaisme social); Farid Ghehioueche (Fondateur/Porte Parole de l’organisation Cannabis Sans Frontières); Jean-Pierre Galland, écrivain et co-fondateur du CIRC; KShoo, co-fondateur et porte-parole de la Fédération des CIRCs; Emmanuel Maillard; Myriam Mérino; Ariane Chottin; Valérie Guidoux; Olivier Vendée; Pierre Picquart (Dr en Géopolitique de l’Université de Paris-VIII) ; Antinea Jimena Pérez Castro; Yann Bagot; Emmanuel Rodriguez; Marie Ibanez; Amparo Ibanez; Gilbert Rodriguez; Marie Ibanez; Jacqueline Henry; Catherine Cassaro; Catherine Bourgouin; Susanna Miglioranza; Sylvie Gauliard; Alain Martinez; Colette Revello; Fatiha Mekeri; Dominique Poirre; Laura Binaghi; Jérôme Bauduffe; Nadia Thomas; Matthieu Texier; Paul Obadia; Vincent Robin; Michel Ibañez; Lise Piersanti; Alain Delprat; Catherine Drillières; Colette Revello; Didier Collot; Marianne Petit; Janine Leroy; Suzy Platiel; Aude Lalande; Mansour Chemali; Corinne Mazel; Celia Ibañez; Pauline Delprat; Michel Contri; Ali Abadie; Mercedes Cruceyra; José Griault; Annick Laurent; Gérard Henry; Georges Gottlieb; Janie Lacoste; Michel Ibañez; Pilar Sepulveda; Rafael Sepulveda; Pascal Ibañez; Patrick Derrien ; Hélène Derrien ; Lia Cavalcanti (directrice de l’association Espoir Goutte d’Or); Catherine Faudry (Chargée de mission – pôle « Collectivités Territoriales » Institut Français); Camille Baudelaire; MEXIQUE: Álvaro Sebastián Ramírez (Preso Político y de Conciencia de la Región Loxicha); Francisco Barrios “El Mastuerzo”; Oscar Soto; Alejandro Varas; Raquel Gutiérrez Aguilar; Mariana Selvas Gómez; Guillermo Selvas Pineda; Rosalba Gómez Rivera; Martha Nury Selvas Gómez; María Josefina Perez Arrezola; María José Pérez Castro; José Cervantes Sánchez (estudiante ICSyH BUAP); Rosalba Zambrano; Ana María Sánchez; Tamara San Miguel; Eduardo Almeida; Enrique Ávila Carrillo; Ingrid Van Beuren; Leticia Payno; Cecilia Oyorzál; Ignacio Rivadeneyra; María del Coral Morales; Oscar Gutiérrez; Gilberto Payno; Celiflora Payno; Víctor Payno; Patricia Emiliano; Beatríz Acevedo; Francisco Sánchez; Agustina Álvarez; Mariana García; Miguel Ortigoza; José Antonio León; Sergio Cházaro; José Hugo Estrada Zárate; Iliana Galilea Cariño Cepeda; Pablo Reyna; Guillermina Margarita López Corral; Ana María Corro; Lorena Diego y Fuentes; Enrique González Ruiz; Ignacio Román; Cecilia Zeledón; Berta Maria Rayas Camarena; Judith Arteaga Romero (maestrante Defensa y Promoción de los Derechos Humanos UACM); Aurora Furlong; José Luis San Miguel; Alma Ugarte; Juan Manuel Gutiérrez Jiménez.

ORGANISATIONS:

ÉTAT ESPAGNOL : CGT; ASSI (Acción Social Sindical Internaciolalista); Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai – Barcelona; Centro de Documentación sobre Zapatismo (CEDOZ); COLOMBIE : Pueblos en el Camino; ALLEMAGNE : Gruppe B.A.S.T.A., Munster; BRÉSIL : CSP-Conlutas–Brasil; BELGIQUE : Casa Nicaragua-Liège; CafeZ –Liège; CORSE: Corsica Internaziunalista; PAYS BASQUE : La Federación Anarquista Ibérica de Euskal Herria (FAI); ITALIE: Associazione Ya Basta! –Milano; Centro Sociale CasaLoca – Milano; Associazione Ya Basta – Padova; Nodo Solidale (Italia y Mexico); Comitato Chiapas « Maribel » – Bergamo; FRANCE: Les trois passants – Paris; Caracol Solidario – Besançon; Colectivo Grains de sable; Union local de la Confédération Nationale du Travail (CNT31-Toulouse); Secrétariat international de la CNT – France; Tamazgha, asociacion berbères-Paris; Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan); Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG-France); La Fédération des CIRCs – Paris; Comité Tierrra y Libertad de Lille; Réseau latino-américain de Lille; Émission Torre Latino/Radio Campus – Lille; Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL), Paris; Espoir Chiapas – Montreuil; Mut Vitz 13 de Marseille, Terre et Liberté pour Arauco – Paris; Alternative Libertaire 31 – Toulouse; ROYAUME-UNI : UK Zapatista Solidarity Network; Dorset Chiapas Solidarity Group; Edinburgh Chiapas Solidarity Group; Kiptik (Bristol); London Mexico Solidarity Group; Manchester Zapatista Collective; UK Zapatista Translation Service; Zapatista Solidarity Group – Essex; MEXIQUE : Enlace Urbano de Dignidad; Nodo de Derechos Humanos; Unidad Obrera y Socialista (¡UNIOS!); Unión de Vecinos y Damnificados « 19 de Septiembre » (UVyD-19); La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión; Colectivo La Flor de la Palabra; Comité de Solidaridad con Mario González, DF; Colectivo de Profesores de la Sexta; Frente del Pueblo; Serpaj; Colectivo « pensar en voz alta »; UniTierra Puebla; Colectivo Utopía Puebla; Colectivo de Salud adherente a la Sexta; Grupo « Salud y Conciencia »

INTERNATIONALES: Internationale des Fédérations anarchistes (IFA); Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique); RÉSEAU EUROPÉEN DES SYNDICATS ALTERNATIFS ET DE BASE : Confederación General del Trabajo, CGT – État Espagnol; Union syndicale Solidaires- France; Confederazione Unitaria di Base, CUB – Italie; SUD Vaud, Suisse; Confederacion Intersindical – État Espagnol ; Unione Sindicale Italiana, USI – Italie; Intersindical Alternativa de Catalunya, IAC –Catalunya; Confederazione Italiana di Base, UNICOBAS – Italie; Confédération Nationale des Travailleurs Solidarité Ouvrière, CNT-SO – France; Transnational Information Exchange, TIE – Allemagne; Associazione per i Diritti dei Lavoratori Cobas, ADL COBAS – Italie; Solidaridad Obrera, État Espagnol; Confédération Nationale du Travail, CNT –France; Sindacato Autorganizzato Lavoratori Cobas, SIAL COBAS – Italie; Sindacato Intercategoriale Cobas Lavoratori Autorganizzati, SI COBAS – Italia; Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση, ESE – Grèce; Union Syndicale Etudiante Fédération Générale du Travail de Belgique, USE –Belgique; Ogólnopolski Związek Zawodowy Pielegniarek i Poloznych, OZZ PIP –Pologne; Ogólnopolski Związek Zawodowy Inicjatywa Pracownicza, OZZ PIP– Pologne; ORGANISATIONS ÉTUDIANTES : Solidaires Étudiant-e-s, France; Union Syndicale Étudiante, Belgique; SUD étudiants et précaires, Suisse.

Source/Version originale en espagnol/ version anglaise, italienne et portugais

estrellita

Les zapatistes partagent la douleur et la rage des parents des 43 étudiants normalistes disparus

intercambiozapayotzi

Une caravane composée des parents des 43 étudiants normalistes disparus depuis le 26 septembre parcourra plusieurs États du Mexique, pour arriver à la ville de Mexico le 20 novembre. Cette grande manifestation de solidarité a pour but de réclamer l’apparition en vie des normalistes disparus.

Les zapatistes partagent la douleur et la digne rage des pères et des mères des étudiants normalistes disparus.

Ils les encouragent à continuer la lutte légitime et à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique.

« Vous n’est pas seuls, votre douleur est aussi la nôtre et nôtre est votre digne rage » : c’est avec ces mots que, le 15 novembre, dans le Caracol II d’Oventik « Résistance et rébellion pour l’humanité », dans la zone des hauts plateaux de Chiapas, les zapatistes ont souhaité la bienvenue aux pères et mères des 43 étudiants disparus à Ayotzinapa.

« Nous nous joignons aux actions qui exigent la présentation en vie des 43 normalistes disparus suite à l’acte criminel perpétré par les mauvais gouvernements », ont déclaré les zapatistes.

« Nous, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, voulons écouter votre douleur et votre rage qui sont aussi les nôtres », a signalé le Commandant Tacho aux familles des étudiants disparus. «Nous, hommes et femmes zapatistes, nous vous avons accompagnés dans les mobilisations qui ont eu lieu à Mexico et ailleurs dans le monde. Même si nous n’apparaissons pas dans les médias payants, nous voulons vous dire que nous vous avons accompagnés par des faits réels ».

Après ce temps de bienvenue, un espace a été ouvert pour que les pères et mères des étudiants disparus puissent être entendus. Don Floriberto s’est levé de la chaise en bois sur laquelle il portait une photo du visage de son fils, et d’une voix ferme il a dit : « Nous sommes ici pour vous demander votre soutien parce que le gouvernement ne nous écoute pas. Au contraire, il nous a au contraire trompés depuis le début, et nous sommes fatigués de ses mensonges. »

Doña Carmelita a été reçue par les applaudissements de milliers de zapatistes qui ont écouté, attentifs, à l’intérieur de l’auditorium « Cela fait cinquante jours que nos enfants ont disparu, le gouvernement nous trompe et on dirait qu’il ne veut pas que nous les retrouvions. Depuis le début, ils ont voulu nous rendre nos enfants morts, d’abord dans des fosses communes, maintenant brûlés, mais nous ne croyons rien de tout cela car ils n’ont pas de preuves de ce qu’ils avancent… Mon fils n’a pas disparu, le gouvernement l’a pris, le gouvernement sait où il se trouve. »

Don Valentin s’est présenté dans sa langue maternelle Ñuu Savi de la côte montagneuse : « Cinquante jours ont déjà passé depuis la disparition de nos enfants, et le gouvernement n’en a rien à cirer parce que nous sommes pauvres. Ce serait autre chose si les disparus étaient leurs enfants riches. Nous sommes très inquiets car nous ne savons pas ce qui est en train d’arriver à nos enfants. A présent ils nous disent que nos enfants sont devenus cendres ; nous ignorons comment ils vont faire mais ce que nous savons c’est qu’avant, quand ils les ont pris, ils n’étaient pas des cendres, ils n’étaient pas à l’intérieur de sacs plastiques. Ils les ont pris vivants, vivants ils doivent nous les rendre. »

Don Ezequiel portait une chemise avec le visage de son fils et un manteau d’Ayotzinapa : « Nous sommes paysans, les disparus sont nos enfants, tous des fils de paysans », et avec une rage digne il a signalé : « Nous sommes fatigués de ce gouvernement maudit. Le gouvernement fédéral veut mettre un terme à l’engagement envers nous pour la recherche de nos enfants ; pour lui nous sommes des perturbateurs parce que nous exigeons que nos enfants reviennent vivants. Mais nous allons lutter jusqu’aux dernières conséquences parce que vivants ils ont été pris, vivants nous les voulons. »

Après avoir écouté avec attention la douleur et la digne rage des parents des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, le Sous Commandante Insurgé Moises a lu le message du Commandement Général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale : il a remercié la Caravane d’être arrivée à Oventik pour y partager ses paroles et son engagement héroïque. Il a encouragé les étudiants et les parents à continuer leur lutte, à se rapprocher des autres douleurs qui existent au Mexique, mais surtout à continuer avec obstination, de continuer à nommer les disparus face aux responsables de leur malheur, à demander justice face à l’orgueil du puissant, à enseigner la rébellion et la résistance face au conformisme et au cynisme. « Nous voulons vous remercier pour l’enseignement que vous êtes en train de nous donner ».

Traduit par Les trois passants/ correcteurs Valérie et Amparo
Source

estrellita

Ayotzinapa : Les restes humais trouvés à Iguala et Cocula ne sont pas ceux des 43 étudiants – signalent les experts médico-légaux indépendants.

vivosya
Les analyses médico-légales menées pour l’identification des corps des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre dernier, et qui auraient été assassinés et brûlés par le crime organisé (police, un supposé groupe criminel et autorités) sont conduites en parallèle par une équipe gouvernementale, et par L’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légale – EAAF. (1)

Pour le moment aucun des restes humains récupérés à Iguala et Cocula [deux des lieux où supposément les étudiants ont été amenés et assassinés], ne correspondent aux 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus depuis le 26 septembre dernier, a confirmé dans un communiqué l’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légal(EAAF). (2)

L’EAAF, unique organisme de spécialistes crédible pour les parents des étudiants disparus, a précisé que sa conclusion fait référence aux 24 des 30 premiers corps récupérés dans six fosses communes à Pueblo Viejo, Iguala, Guerrero. « Aucun de ceux-ci n’a présenté une probabilité de parenté biologique avec les 43 étudiants normalistes. Les autres restes continuent d’être analysés et les résultats sont attendus dans un bref délai ».

Les scientifiques argentins ont informé qu’ils ont également participé à l’exhumation et aux examens légistes des restes humains trouvés à La Parota, en Iguala, État de Guerrero, dans la décharge et dans la rivière San Juan, Cocula.

Les parents des étudiants disparus font confiance uniquement à l’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légale (EAAF).

Les experts de l’Équipe Argentine d’Anthropologie Médico-légale sont au Mexique depuis le 5 octobre dernier. L’avocat Vidulfo Rosales, du Centre des Droits de l’homme de la Montagne Tlachinollan et conseiller juridique des parents des étudiants disparus, a signalé : « nous n’accepterons pas d’autres résultats que ceux fournis par les experts légistes argentins ».

Du communiqué adressé à l’opinion publique par cette équipe argentine, nous résumons ce qui suit (extrait du communiqué)

« À l’opinion publique :

« En relation avec la conférence de presse donnée par le procureur général de la République, Jesús Murillo Karam, le vendredi 7 novembre de l’année en cours, concernant les 43 jeunes disparus de l’École Normale Raúl Isidro Burgos, d’Ayotzinapa, au Guerrero, l’Équipe Argentine d’Anthropologie Légiste (EAAF) désire signaler ce qui suit : « En synthèse, jusqu’à ce moment, il n’y a pas eu d’identification entre les restes récupérés dans les trois localités mentionnées et les 43 étudiants normalistes. On continue à travailler pour identifier les restes récupérés, en même temps que les experts officiels. La politique de l’équipe argentine est de transmettre les résultats d’abord aux parents des victimes, ainsi qu’aux autorités en charge des recherches. » (3)

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

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(1) L’équipe argentine d’anthropologie médico-légale (Equipo Argentino de Antropología Forense, EAAF) est une organisation scientifique non gouvernementale à but non lucratif qui applique les sciences médico-légales – essentiellement l’anthropologie et l’archéologie médico-légales – à l’investigation des violations des droits de l’homme dans le monde entier. Elle a été établie en 1984 pour enquêter sur les cas des personnes disparues en Argentine sous le dernier gouvernement militaire (1976-1983). Aujourd’hui, l’équipe travaille en Amérique Latine, en Afrique, en Asie et en Europe.
(2 et 3) Restos de Iguala y Cocula no son de normalistas: peritos argentinos, 12 de noviembre de 2014, p. 3

estrellita

Ayotzinapa: Ça ne fait que commencer – préviennent les normalistes

MEXICO-GUERRERO VIOLENCIA
Ayotzinapa : « Toutes les fouilles faites par le gouvernement sont une mascarade » dit l’un de pères des 43 étudiants disparus .

Rafael López Catarino, l’un des pères des 43 étudiants de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa disparus depuis le 26 septembre, signalait que « toutes les fouilles faites par le gouvernement sont une mascarade » (1)

« ils nous amènent là où ils ne se trouvent pas. Eux savent bien où ils sont, mais ils veulent nous aveugler pour s’en débarrasser ». Peña Nieto disait qu’il manquait une personne pour que tout soit résolu ; deux rats lui sont tombés dessus (en référence au maire d’Iguala, Guerrero, José Luis Abarca et sa femme María de los Ángeles Pineda) et il n’a rien fait » a dit le père de César López Patolzin.

Dans son discours, il a signalé qu’ils ont déjà pris des hélicoptères utilisés par les autorités pour la localisation des garçons disparus dans la sierra, mais « ils nous font faire un tour et aussitôt ils nous disent ‘ il n’y a plus de combustible, il faut rentrer ». Ce qui se passe c’est qu’ils sont en train de faire leur montage », a-t-il réitéré.

Omar Pérez, étudiant de l ‘école normale d’Ayotzinapa, a indiqué que les autorités « simulent seulement les opérations de recherche dans les lieux où ils savent que les étudiants ne sont pas, en nous disant, en plus : « nous n’avons pas l’ordre de poursuivre plus loin »

Il a affirmé que ce comportement est dû à ce que les étudiants de la normale « sont des enfants de paysans, et pour cela le gouvernement ne fait absolument rien. Mais s’ils avaient touché leurs enfants, ceux d’hommes politiques, de chefs gouvernementaux, non seulement ils auraient fait intervenir des policiers fédéraux, mais ils auraient fait bouger l’Armée, les marins, tous ceux qui servent à leur narco-gouvernement ».

Il s’est aussi demandé : « qu’est-ce qui attend notre pays le Mexique avec ce gouvernement, avec cet État qui ordonne d’assassiner, de réprimer des étudiants ? Notre seul délit est d’être pauvres et d’être dans cette école normale – qu’ils veulent fermer depuis des années – cette école normale qui forme des gens pensants, conscients, où les étudiants ne sont pas transformés en robots, ni en machines ».

Suite au rapport présenté ce 8 novembre par le procureur Jesús Murillo Karam, plusieurs manifestations on eu lieu dans plusieurs endroits du Mexique, les mobilisations les plus importantes ont eu lieu dans l’État de Guerrero et dans la ville de Mexico. A Mexico la participation à la manifestation a été importante : de nombreuses personnes, étudiants, jeunes, pères et mères de famille, hommes, femmes, enfants on fait sentir leur indignation et leur colère face à un gouvernement mensonger, corrompu et trempé jusqu’aux os au crime organisé. Certaines personnes commencent même à parler du caractère de narco-Etat, qualificatif qui se laisse voir sur des fresques sur les murs de plusieurs villes mexicaines. Tandis que le président Peña Nieto fait une tourné en Chine et ailleurs, les dernières actions et manifestations ont fait résonner le mécontentement, la colère, la tristesse et la détermination au cris de « le responsable fut l’Etat, ou encore Peña Nieto dégage ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !.

Il faut mentionner que pendant la manifestation à Mexico, les forces répressives de la police fédérale ont blessé un nombre considérable de manifestants et arrêté de façon complètement arbitraire une vingtaine de personnes. (Selon plusieurs sources, les personnes arrêtées le 8 novembre ont été libérés).

Ça ne fait que commencer ! – préviennent les étudiants normalistes

A Guerrero, énervés par le rapport du Procureur Général de la République, Jesús Murillo Karam qui a pratiquement qualifié de morts les 43 étudiants disparus, et devant le manque de résultats des recherches, les manifestants ont réalisé divers actes de protestation.

Les différents cortèges sont arrivés au bâtiment (du palais du gouvernement). Avec le visage couvert et en portant des pierres et des bâtons, les manifestants ont immédiatement affronté quelques véhicules d’entreprises de sécurité privées et une patrouille de la Police Fédérale qui étaient positionnés devant deux des accès du palais du gouvernement. Tout de suite, ils les ont incendiés avec des cocktails molotov. La décision de se rendre au palais du gouvernement a été prise par les étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa, soutenus par les parents des élèves disparus qui sont en colère également contre le gouvernement fédéral et le gouvernement provisoire de Rogelio Ortega Martínez, du fait du manque de résultats dans les recherches pour trouver les étudiants disparus.(2)

queremosjusticia

Nous ne les croyons pas : Nous voulons que justice soit faite !

De cette façon répondent les étudiants de la normale à la mise en scène du Procureur Général de la République Murillo Karam, destinée à mettre fin à l’exigence de présentation en vie des 43 étudiants disparus le 26 et 27 septembre dernier à Iguala. Cependant, la clameur des parents, des normalistes, des étudiants dans tout le pays et du peuple mexicain en général se poursuit, tous continuent à exiger que justice soit faite pour les normalistes exécutés extrajudiciairement et que la vérité soit dite sur l’endroit ou se trouvent les étudiants détenus-disparus par la police de cette municipalité. (3)

L’action dirigée vers le pouvoir exécutif de l’État de Guerrero est un message à toutes les instances de l’État mexicain, puisque son comportement continue de manquer de légitimité et de validité dans la résolution de ces crimes contre l’humanité, un signe du climat de préoccupation et d’incertitude dans lequel l’État maintient la société mexicaine dans sa totalité.

Durant un peu plus d’une demi-heure, près de cinq cents étudiants de l’École normale d’Ayotzinapa ont démontré la rage et l’irritation devant le manque de réponses claires de la part des autorités à tous les niveaux, en paralysant le palais du gouvernement avec des pierres, des bâtons, des pétards et des cocktails Molotov.

Les cris de justice ont été exprimés dans des messages multiples, « donne-moi une raison pour ne pas sentir la colère » ou « vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants », « 43 nous manquent ». Ces phrases, ces cris ont été entre autres laissés sur des murs, sur des bancs et des véhicules. Tout cela accompagné du choeur de consignes qui ont été entendues autour du monde : « Ayoooootzi viveeeee, la luuuuucha sigue! », « pour quoi ils nous assassinent, pourquoi… si nous sommes l’espérance de l’Amérique latine ».

Traduction et résumé par Les trois passants / correcteurs Val et Myriam

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Sources
(1) « Todas las búsquedas del gobierno son un teatro »: padre de normalista, La Jornada, 7 de noviembre de 2014, p. 10
(2) Esto apenas empieza, advierten normalistas, La Jornada, 9 de noviembre de 2014, p. 2
(3) No les creemos: ¡Queremos justicia!, Regeneracion Radio

estrellita

Ayotzinapa : Le responsable est l’État !

ayotzinapatodos

À plus d’un mois de la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, Guerrero, les actions et les manifestations nationales et internationales continuent à crier haut et fort : « Le responsable est l’État ! », « Peña Nieto, dégage ! », « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! ». Lors des dernières manifestations la répression s’est de nouveau abattue sur les participants, sur les jeunes et sur les étudiants, et à l’heure actuelle on ignore le nombre exact de personnes arrêtées.

Les étudiants de l’École Normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa ont refusé de reconnaître la version présentée par la Procure Générale de la République (PGR), selon laquelle les 43 étudiants disparus ont été probablement assassinés et brûlés.

Réunis dans la Faculté d’Économie de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM), huit étudiants de l’École Normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa ont écouté en direct, accompagnés par des centaines d’étudiants qui remplissaient l’auditoire universitaire, la conférence de presse donnée par le procureur Jesús Murillo Karam.

Le visage défait, caché dans les mains ou bien pleurant en silence, les jeunes ont écouté l’explication du fonctionnaire sur la manière dont les 43 étudiants auraient été séquestrés, assassinés et brûlés. La stupeur, la rage et la tristesse se sont fait sentir avec beaucoup d’émotion dans l’auditoire. Le premier étudiant à prendre la parole a été Omar García, qui a souligné que les autorités auraient pu révéler l’information donnée par le procureur Murillo bien avant, « il y a dix jours », mais qu’elles ont prolongé l’attente comme s’il s’agissait d’un montage.

« La nouvelle nous ébranle, mais nous ne savons pas s’il faut la croire ou non. Tant qu’il n’y aura pas de preuve contondante du fait que les restes trouvés sont de nos camarades, nous ne nous résignerons pas à accepter de tels faits » – signalait l’étudiant, entre des applaudissements et des cris de solidarité. Il a ajouté que ses camarades et lui avaient déjà envisagé la possibilité que la mort des étudiants disparus fût annoncée, et a insisté sur le fait que la violence et l’impunité ne concernent pas seulement Ayotzinapa ou l’État de Guerrero, mais tout le Mexique. Il a posé la question : « Qu’allons-nous faire de ce pays ? Et surtout, qu’allons-nous faire contre eux ?»

« Nous sommes déterminés à parvenir à nos fins, parce que nous sommes guerrerenses (ndt : personnes originaires de l’État de Guerrero), nous sommes des paysans et nous restons inflexibles face au discours du gouvernement qui prétend tout résoudre avec ses lois, alors que cette légalité ne défend que ceux d’en haut. Merde à sa légalité ! Elle ne nous convient pas. », a-t-il dit.

Manifestation en solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa

À la suite du rapport présenté par la Procure Générale de la République (PGR) en la personne du procureur Jesús Murillo Karam, selon lequel les étudiants « normalistas » disparus d’Ayotzinapa auraient été assassinés et brûlés, une manifestation a été convoquée en solidarité avec les étudiants. Partie des installations de la Procure Générale de la République (PGR), elle s’est terminée vers minuit au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico. Tout au long de la manifestation, les participants avaient fait entendre leur colère, leur tristesse mais montré aussi leur courage et leur détermination. Arrivés au Zocalo, certains ont partiellement incendié la porte principale du Palais National. Les policiers ont chargé contre les manifestants, et l’on compte au moins deux blessés mais sans doute davantage (« Il y a un nombre indéterminé de blessés ), et un nombre encore indéterminé de détenus.

La marche a débuté vers 20h35 près de la PGR et s’est déroulée normalement jusqu’à son arrivée au Zocalo de la capitale. 15 000 personnes environ y participaient.

Durant tout le trajet, l’indignation et la tristesse étaient perceptibles, mais aussi le courage et la détermination. Les gens criaient les consignes : « ¡Fue el Estado! Le responsable est l’État », « ¡Fuera Peña! Peña dégage ! », et « ¡Vivos se los llevaron vivos los queremos! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ! ».

Peu après que l’avant-garde de la marche fut arrivée au zocalo, un groupe de personnes a commencé à jeter les barrières métalliques qui avaient été disposées pour protéger le Palais National, en faisant face aux gardes qui gardaient la porte du Palais.

Avant que la proposition ne surgît de brûler la porte, un groupe de militants avaient donné lecture d’un communiqué dans lequel ils exprimaient leur ras-le-bol face à l’impunité et à la corruption qui prédominent dans le pays. Ce communiqué exigeait, en allusion aux partis politiques et au gouvernement : « Que se vayan todos. Que tous s’en aillent ! »

Quand un plus grand nombre de personnes s’est trouvé rassemblé sur la place, certains manifestants ont commencé à déplacer les barrières métalliques en s’en servant pour cogner contre la porte principale du Palais National. Beaucoup d’autres manifestants se sont alors joints à l’action et ils ont commencé à cogner la porte pendant une heure, en utilisant les barrières métalliques comme bélier. Ils ont réussi à faire un trou dans la porte, puis ils ont lancé de l’essence et avec un briquet ils ont essayé de mettre le feu, mais depuis l’intérieur du palais des jets d’eau ont été projetés et des extincteurs ont immédiatement éteint l’incendie (…).

Peu après minuit, une trentaine de CRS ont chargé les manifestants en frappant leurs boucliers contre le sol pour disperser la foule. Les dizaines de membres de l’État Major Présidentiel ont profité de la dispersion des manifestants pour se re-déplacer en face du Palais National, remettre les barrières métalliques et surveiller l’entrée. Les manifestants ont commencé à lancer des pierres et ensuite, il y a eu des échanges de projectiles avec la police, ce qui a duré quelques minutes. Soudain, tant les CRS que les membres de l’État Major Présidentiel ont chargé les manifestants et arrêté plusieurs personnes. Dans la tentative de la police pour arrêter les manifestants et la réaction de ceux-ci pour éviter la détention, il y a eu un moment de confusion, certains manifestants appelant à la dispersion au cri de « Non à la violence ! », tandis que d’autres affirmaient que c’est de l’État que vient la violence réelle !

Pendant cette manifestation, des personnes ont été arrêtées et blessées par la police Fédérale.

Traduction et résumé par Les trois passants / Correction Valérie

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Sources :

(1) Normalistas rechazan versión de la PGR; piden pruebas contundentes, 07 de noviembre 2014
(2) Arde la puerta principal de Palacio Nacional tras la marcha al Zócalo, 9 de noviembre de 2014

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Ayotzinapa, Guerrero : « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ».

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Le 26 septembre 2014, une centaine d’étudiants de l’École Normale Rurale d’Ayotzinapa se sont rendus dans la ville d’Iguala pour collecter des fonds et manifester. Pour ce faire, les étudiants sont montés dans des bus du service public et, après qu’ils eurent expliqué le but de leur action aux chauffeurs des bus, ceux-ci ont accepté de les transporter gratuitement à Iguala.

Ce type d’actions n’est pas exceptionnel, elles ont lieu plusieurs fois par an depuis des années.

D’une part, elles permettent de collecter des fonds pour l’école laissée à l’abandon par les différentes instances du gouvernement (municipale, étatique, fédérale) et, ainsi, de faire en sorte que les pensionnaires, tous et toutes des jeunes de familles rurales pauvres, puissent suivre leurs études pour devenir professeurs d’école.

D’autre part, ces actions sont une protestation contre les réformes éducatives néo-libérales qui peu à peu font fermer les Écoles Normales Rurales. (De 1922 à aujourd’hui nous sommes passés de 46 de ces écoles à 17 dont 2 sont actuellement en cours de fermeture). C’est que dans ces écoles, les élèves n’apprennent pas seulement à devenir professeurs, mais ils et elles apprennent à développer leur esprit critique et à rester proches du peuple.

Cependant ce 26 septembre 2014, l’action des étudiants d’Ayotzinapa ne s’est pas déroulée comme d’habitude. L’État à travers sa police et ses paramilitaires, qu’aujourd’hui la presse appelle narco ou groupes criminels, a décidé de réprimer cette mobilisation. Ils ont tiré sur les bus transportant les étudiants, tuant 6 personnes, dont trois étudiants d’Ayotzinapa.

Ils ont arrêté 43 étudiants qui sont actuellement portés disparus.

« Pienso, luego me desaparecen. »

Cette phrase « je pense, donc ils me font disparaître », inspirée de « pienso, luego soy », « je pense donc je suis » de Descartes, résume le sentiment partagé par beaucoup au Mexique et dans le monde. Elle apparaît sur les murs et fait le tour des réseaux sociaux et se diffuse pour condamner cette répression féroce de l’État.

vivos« Vivos se los llevaron, Vivos los queremos »

Des manifestations et des actions ont eu lieu et continuent d’avoir lieu partout au Mexique et dans le monde. Au cri de « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants », nous sommes des milliers à exiger que les 43 étudiants apparaissent en vie.

Des hommes, des femmes de tous horizons, des étudiants, des professeurs, des organisations ont exigé du gouvernement municipal d’Iguala, du gouvernement de l’État de Guerrero et du Gouvernement Fédéral, la présentation en vie des 43 élèves de l’École Rurale de Maîtres Isidro Burgos, portés disparus.

Cette attaque représente une des agressions les plus graves des ces dernières années à l’encontre de la jeunesse mexicaine et des étudiants.

À San Cristobal de Las Casas, Chiapas, plus de 20 mille membres de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) ont réalisé une marche silencieuse en partageant la douleur et la rage. L’EZLN a émis un communiqué annonçant sa participation à la manifestation nationale et internationale qui a eu lieu le 8 octobre, convoquée par les familles des étudiants. Dans ce communiqué l’EZLN signalait : « Aux étudiants de l’école de Maîtres d’Ayotzinapa et à leur famille, nous voulons dire que vous n’êtes pas seul-e-s, votre douleur est la nôtre et nôtre est votre digne rage »

Cette répression est un message d’intimidation de l’État à destination de tous ceux qui s’opposent à ce système, où les profits valent plus que nos vies. Mais nous resterons debout, comme le dit le père d’un disparu : « Mon fils ne s’est pas plié, alors moi non plus ! ».

Les étudiants de Ayotzinapa ne se sont pas rendus, alors nous non plus !
Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants

estrellita

Ayotzinapa nous fait mal

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À ceux qui écoutent, dans ce Mexique de sang et de douleur.

Comment ne pas commencer à évoquer Ayotzinapa sans se poser beaucoup de questions ? La terreur et le manque de mots pour décrire ce sentiment si profond et terrible se mêlent aux nombreux doutes, à l’inquiétude, à la colère et aux pensées déchirées.

Qu’êtes-vous en train de nous dire ?

Les Écoles Normales Rurales ont toujours représenté au Mexique le secteur étudiant engagé, conscient et pauvre. Durant des dizaines et des dizaines d’années, ces écoles ont été le berceau de la formation d’innombrables personnes courageuses, qui ont su utiliser la chance qui leur était donnée d’étudier pour servir le peuple, vivre la douleur du peuple et lutter ensemble avec le peuple. Elles sont le symbole de la rébellion de la jeunesse, et c’est peut-être pour cela qu’elles sont arrêtées, tuées, brûlées, mutilées, torturées. Autant de violences infligées, ces dernières années, aux « criminels », aux jeunes, aux migrants, aux indigènes, aux femmes, aux enfants, à des milliers et des milliers de personnes.

Il semble que ce MASSACRE représente une fracture, un point final, un message qui dit : « Voilà ce qui arrivera à tous ceux qui ne se laissent pas faire, à tous ceux qui ont de la dignité ».

Il semble que le crime n’est plus d’être un criminel parce qu’être un criminel, c’est exactement la même chose qu’être un politique, un président, un gouverneur, un maire, un sicaire, un policier ou un militaire. La manière dont s’est réalisée cette agression brutale positionne la guerre au Mexique à un autre niveau. Actuellement, parler de « criminalisation de la protestation sociale » c’est bien peu ; nous sommes aujourd’hui face à l’extermination du mécontentement, face au génocide de l’espoir. C’est cela, le message qu’il y a derrière ce massacre.

Les jours précédant ces faits sanglants, le mouvement étudiant se renforçait – et il continue de le faire –, avec le 2 octobre dans les têtes, les étudiants du Polytechnique dans les rues, et beaucoup de rage dans tout le pays. Iguala n’arrive pas par hasard, à cause de problèmes municipaux ou de trafiquants de drogue qui règlent leurs comptes. Ce que nous voyons, c’est un type de « nettoyage exemplaire ». Ce n’est plus une punition, ni une répression, c’est comme si certaines forces policières avaient décidé d’en finir avec les rebelles, les gêneurs, les irrévérencieux, les rouges, d’une façon atroce, sans vergogne, parce que cela fait longtemps que la raison et la fameuse « légalité » ont disparu, comme les milliers de vies devenues « absentes » durant ces dernières années.

Nous ne sommes pas face à la crise d’un État démocratique, nous sommes face au boom d’un État délinquant, qui fonctionne à base de sicaires, de paramilitaires au même moment où il finit de légaliser les injustices. Entre le massacre des étudiants de l’École Normale à Iguala et son dialogue-spectacle avec les étudiants du Polytechnique à Bucareli, le gouvernement d’Enrique Peña Nieto et celui d’Ángel Aguirre, et avec eux toutes les autorités de ce pays, tous les partis politiques, nous démontrent leur manière de mettre de « l’ordre », leur façon d’être « respectueux des Droits de l’Homme ».

Ayotzinapa nous fait mal d’une façon que nous ne pouvons décrire. Cela nous fait penser à une réponse qui n’est pas encore claire, comme si durant ces dix derniers jours le silence dans beaucoup de lieux et de beaucoup de gens, la douleur contenue, l’impuissance acide et profonde, la rage aiguisée et la terreur sur les lèvres, dans les cœurs, dans les têtes nous mettaient à l’épreuve, une énorme épreuve : comment faire quelque chose qui ne soit pas absurde, comment ne pas rester uniquement spectateur, comment arrêter cela, comment dire davantage que « NON », davantage que « ÇA SUFFIT », davantage que « JUSTICE » ?

De fait, ces dernières années au Mexique comme dans beaucoup de régions du monde, on sent qu’il manque quelque chose, que l’espoir n’est plus celui d’avant, que ce n’est pas suffisant, que l’on ne voit pas de futur et que l’incertitude et l’horreur sont devenues constantes.

Pendant ce temps les agressions du pouvoir, d’où qu’elles soient, quelles qu’elles soient, sont brutales, séquentielles, rongent de plus en plus le quotidien et semblent être « sans raison et sans but ».

De fait si ces jours-ci, bien que cette indignation grandisse de plus en plus, la nausée, qui pourrait peut-être se convertir en élan, ne suffit pas. C’est pour cela qu’Ayotzinapa, ses étudiants, font mal, nous retournent.

Enrique Peña Nieto et ceux qui sont derrière lui agissent avec le vieux style des dictatures et le nouveau discours des « démocraties », c’est-à-dire avec le style le plus abouti de la perversité politique mexicaine. Ils sont en train de réussir à construire un pays où le crime est une politique d’État, c’est-à-dire où tout est disponible pour un bon prix, où dans cette relation coût-bénéfice aucune vie n’est indispensable.

Nous vivons dans un système où on externalise le coût politique, au sens où celui qui a le pouvoir utilise d’autres personnages politiques pour qu’ils assument la responsabilité de l’horreur, et où ces derniers à leur tour externalisent ce coût politique et les conséquences juridiques vers d’autres, jusqu’au moment où toute la classe politique réussit à se dissocier du massacre, où le système est sauf. « Aller jusqu’au bout pour faire justice » ne signifie finalement plus que mettre en prison quelques policiers-sicaires qui ont tiré (et cela dans le meilleur des cas). À Ayotzinapa, comme dans tant d’autres endroits du Mexique, les groupes de pouvoir feront leur possible pour que la responsabilité soit celle de quelques personnes « sacrifiables », afin que le système d’impunité et de violence puisse continuer son chemin brutal. Le système politique du Mexique n’est pas corrompu, la corruption est le système politique du Mexique.

Nous ne devons pas nous habituer à tant de mort, nous devons arrêter cette inertie et nous devons le faire sans tomber dans les vieilles réponses, sans oublier l’histoire. Marchons, crions, pensons, interrogeons-nous et apprenons d’une autre façon et contruisons un savoir collectif pour nous opposer à cette barbarie.

Notre solidarité va aux étudiants de l’École Normale Rurale « Raúl Isidro Burgos ».

Ayotzinapa nous fait mal.

Enlace Urbano de Dignidad
Nodo de Derechos Humanos
Les trois passants
Comisión Takachiualis de Derechos Humanos
Proyecto de Animación y Desarrollo

Source

Traduit par les trois passants/correction Valérie

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Communiqué de la RvsR : Face aux assassinats et disparitions d’Ayotzinapa, Guerrero.

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Face aux assassinats et disparitions d’Ayotzinapa, Guerrero.

Nous, membres du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, exprimons notre protestation la plus forte face aux assassinats et à la disparition des élèves de l’École Normale Raúl Isidro Burgos, d’Ayotzinapa, Guerrero.

Depuis les années quarante du siècle dernier, les perspectives de croissance et de renforcement professionnel des professeurs ruraux et urbains ont été de plus en plus difficiles et jonchées d’obstacles. La réduction des budgets éducatifs destinés aux Écoles Normales Rurales est devenue une constante depuis 1940. Ainsi, une conséquence du mouvement estudiantin de 1968 fut la décision par le régime de Díaz Ordaz de fermer 17 écoles de formation d’enseignants, et de les réhabiliter comme écoles secondaires agricoles. De cette façon le priisme démontrait sa haine envers les élèves de ces centres scolaires, qui avaient participé de façon ouverte à la formation des étudiants.

Avec l’arrivée des gouvernements néolibéraux (De La Madrid, Salinas, Zedillo, Fox, Calderón et bien évidement Peña Nieto), l’éducation des Écoles Normales Rurales n’a plus – selon leur perspective – de raison d’être, puisque l’éducation doit accepter et assimiler les règles du marché, c’est-à-dire l’offre et la demande. Selon ces principes, il ne vaut pas la peine d’apprendre aux étudiants à réfléchir. On doit leur transmettre un nouveau concept éducatif, basé sur l’habileté et les compétences, qui leur permettent d’offrir leur main-d’oeuvre aux entreprises nationales et transnationales. Cette nouvelle perspective de l’éducation a été largement rejetée par la majorité des élèves et des professeurs venant des Écoles Normale rurales et urbaines qui voient, angoissées, se dégrader quotidiennement leur source de travail.

Avec le retour du PRI au Gouvernement Fédéral, l’on a promu d’une manière grotesque toute une série de « réformes structurelles » dont l’axe prioritaire est de remettre les biens renouvelables et non renouvelables du pays, au capital étranger. À l’intérieur de ces réformes se trouve celle de « l’éducation », qui transforme d’un seul coup les relations bilatérales entre les travailleurs de l’enseignement et leurs patrons. L’opposition qu’elle rencontre est constante, intelligente et fondée surtout sur une orientation collective. C’est ce qui gêne les trois instances du gouvernement (municipal, étatique et fédéral) qui observent comment ses engagements avec les grandes sociétés internationales, se voient bloqués par ces maîtres « normalistas » qui n’acceptent pas la vente de la richesse du pays.

Elba Esther Gordillo, avant d’être chassée de son mandat a initié toute une campagne de diffamation contre les instituteurs et concrètement contre les « normalistas ». Elle a même réussi à déclarer que les écoles de maîtres « las normales » devaient être fermées, puisqu’elles étaient un « foyer de guérilleros ». Immédiatement une organisation, filiale de la principale chaîne de télévision « Mexicanos Primero » (Mexicains d’abord), a repris et diffusé les calomnies émises par la dirigeante syndicale Gordillo et a initié une campagne de lynchage contre les maîtres, principalement avec l’appui des médias massifs de communication. La croisade de haine entreprise par ce groupe patronal a compté bien sûr sur l’appui inconditionnel des personnages (Ndt : journalistes au service du pouvoir en place, employés de l’une des chaînes de télévision televisa, monopole de l’information au Mexique) tels López Dóriga, Gómez Leyva, Ruiz Healy, Micha, Loret de Mola et d’autres ennemis remarquables des organisations des maîtres « normalistas ». De plus, le gouvernement par le biais des fonctionnaires tels Schmelkes, Guevara, Chuayffet, ont créé une atmosphère de mépris contre les maîtres « normalistas » et leur lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

Les meurtres et les disparitions des étudiants d’Ayotzinapa ont montré une fois de plus le visage de la violence et du massacre quotidien que vit le Mexique et plus précisément dans l’État de Guerrero. La joyeuse image que le gouvernement d’Enrique Peña Nieto veut montrer du Mexique s’écroule. La violence initiée par Felipe Calderón continue et s’intensifie, et la relation entre l’État, ses institutions et le narcotrafic tombe aujoud’hui dans la plus vulgaire impudence. Là se trouvent Los Rojos, Los Guerreros Unidos, La Familia, Los Templarios, José Luis Abarca, Ángel Aguirre Rivero, Enrique Peña Nieto : tous d’accord pour terroriser la population, justifier les exécutions des militants sociaux, et pour garantir l’impunité aux criminels et aux militaires.

Les étudiants de l’école de maîtres « les normalistas » représentent le visage de tant et tant de jeunes disparus, assassinés, de la jeunesse persécutée, de la jeunesse comme monnaie d’échange ; la jeunesse d’en bas, qui s’organise, qui lutte, qui se défend et qui pour tout cela est assassinée. Les « normalistas » prennent le visage de la douleur, de l’indignation, parce qu’en eux se trouve le visage de tant et tant de morts.

Nous, le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, rendons responsables de ce crime Enrique Peña Nieto, Ángel Aguirre Rivero et José Luis Abarca, et nous nous joignons à la marche nationale convoquée par les parents des étudiants disparus qui aura lieu le 8 octobre.

Ya Basta des crimes contre la jeunesse de ce pays !
Nous exigeons que soient punis les coupables intellectuels et matériels de cette politique qui persécute avec violence ce que le Mexique a de mieux : ses jeunes !
Présentation en vie des étudiants normalistas disparus d’Ayotzinapa !
Justice pour les étudiants assassinés !
Que le capitalisme disparaisse, pas les personnes !
Contre le pillage et la répression :
la solidarité !
Réseau Contre la Répression et par la Solidarité
(RvsR)

Notes de Traduction :
La Normal ou Escuela Normal : L’École Normale Rurale d’Ayotzinapa a été créée en 1926. C’était l’époque post-révolutionnaire, celle où la population mexicaine vivait majoritairement à la campagne, et où un vaste projet éducatif devait alors s’appuyer sur les enseignants ruraux. L’école normale d’Ayotzinapa a été depuis de nombreuses années considérée comme l’un des bastions de la contestation sociale radicale, composée principalement des fils de paysans des zones les plus pauvres du pays. Il existe actuellement neuf écoles Normales Publiques dans l’État de Guerrero mais seule l’École Normale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa est rurale. Lucio Cabañas Barrientos et Genaro Vázquez ont étudié dans cette école de maîtres ruraux. Tous deux sont devenus maîtres et, comme militants paysans, ont participé à la lutte armée dans les années 70, porteurs de la pensée critique radicale et de la lutte sociale dans ce coin du Mexique marqué par la pauvreté, la répression et l’oubli.
Normalistas : nom donné aux étudiants-enseignants ruraux de l’École Normale.
Enrique Peña Nieto : président du Mexique
Ángel Aguirre Rivero : Gouverneur de l’État de Guerrero
José Luis Abarca : maire de Iguala, en fuite depuis le 27 octobre dernier suite aux attaques perpétrées contre les étudiants.
Elba Esther Gordillo, surnommée « La maestra » : a été pendant 24 ans l’ex-dirigeante du Syndicat mexicain des Travailleurs de l’Éducation (SNTE). Elle a été arrêtée le 26 février 2013 pour détournement, délinquance organisée et blanchiment de 200 millions de dollars. La « maestra » était connue pour ses multiples abus de pouvoir et son énorme pouvoir de corruption.

Source Enlace Zapatista

Traduit par Les trois passants/correction Valérie

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Guerrero: Ayotzinapa, crime contre l’humanité

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Ayotzinapa, crime contre l’humanité
par Luis Hernández Navarro

Ce sont des jeunes, en majorité des enfants de familles paysannes, étudiants de l’école Normale Rurale (NdT : écoles rurales formant des professeurs d’école). C’est pour cela qu’ils les ont fait disparaître de force. Ils défendent l’éducation publique, l’éducation rurale, l’enseignement au service des plus nécessiteux, la transformation sociale du pays. C’est pour cela qu’ils leur ont tiré dessus et les ont séquestrés.

La disparition forcée des élèves d’Ayotzinapa a été l’œuvre conjointe de la police municipale et de sicaires au service du cartel « les Guerriers Unis ». Il n’y a pas de différence entre les uns et les autres. Le jour, les criminels travaillent en uniforme ; de nuit ils sont habillés en civil. Dans le climat délictueux qui règne actuellement dans de vastes zones de l’État de Guerrero, les narcotrafiquants et les gendarmes sont les deux faces de la même médaille.

Les garçons d’Ayotzinapa ont été séquestrés et mitraillés parce que ceux qui l’ont fait pouvaient le faire. Il ne leur a été absolument pas difficile de leur donner la mort ou de les enlever en marge de la loi. Le climat de diabolisation, d’impunité généralisée et un État délictueux leur ont fait croire que rien ne leur arriverait, qu’ils avaient la permission de tuer.

De fait, bien avant le 26 septembre, les étudiants de l’École Normale Rurale ont été diabolisés dans la région et dans le pays. On a répandu sur eux d’absurdes calomnies. Sans preuve, ils ont été calomniés par les commerçants de l’État, par les entrepreneurs menés par Claudio X. González et son organisation « Mexicanos Primero » (Les Mexicains d’abord), par les actuels fonctionnaires de l’éducation, par les hommes politiques de tous les partis.

Dans l’État du Guerrero, l’impunité est la règle du jeu. Les victimes des massacres perpétrés à Aguas Blancas (1995) et El Charco (1995) continuent d’attendre que justice soit faite. Armando Chavarría, leader du Congrès du Guerrero et candidat au gouvernement de l’entité, a été tué en 2009. Son crime n’a jamais été résolu. En décembre 2011 des policiers ont assassiné deux étudiants d’Ayotzinapa. Les meurtriers se baladent librement. Beaucoup de régions de l’entité sont pleines de cimetières clandestins qui abritent les squelettes de défunts sans nom.

Acapulco, Iguala, Eduardo Neri et encore beaucoup d’autres communes de l’État de Guerrero sont des territoires sous contrôle de narcotrafiquants. Guerreros Unidos, Los Rojos, La Familia et ses ramifications se disputent les business de marijuana et de l’opium, les routes et les marchés de stupéfiants, l’industrie de la séquestration et de l’extorsion. Pour cette raison les polices communautaires et les groupes d’auto-défense ont poussé comme des champignons. Le 12 septembre dernier un commando de 100 hommes masqués a fait irruption dans la communauté de Carrizalillo, où opère une énorme mine canadienne de Goldcorp, en mitraillant les civils, afin de laisser le message que cette hameau leur appartient.

Comme le démontrent les cas d’Iguala et d’Olinalá, parmi beaucoup d’autres, ces cartels jouissent de la protection et de l’appui d’hommes politiques, de policiers communaux et du gouvernement de l’État. Quand José Luis Abarca, maire d’Iguala, a été signalé comme le responsable du meurtre de trois adversaires à son gouvernement, la dénonciation a été freinée. Le maire a été protégé par le Congrès local, par des fonctionnaires du gouvernement étatique et par au moins un député fédéral. Nestora Salgado, une commandante de la police communautaire d’Olinalá, a été emprisonnée en août 2013 dans la prison de haute sécurité parce qu’elle avait publié un communiqué de presse dans lequel elle signalait l’implication du maire de sa municipalité et d’autres fonctionnaires gouvernementaux dans le trafic de drogues.

Ces réseaux de complicité obligent les pouvoirs de l’entité à disparaître. Avec de tels réseaux, il n’y a pas moyen que justice soit faite. L’administration du gouverneur de l’État de Guerrero Ángel Aguirre Rivero a été inaugurée par le meurtre de deux étudiants d’Ayotzinapa. Le nouveau crime perpétré contre ceux-ci, le 26 septembre dernier, rend son départ nécessaire. De toute façon, c’est un élu absent.

Le gouverneur Aguirre ne tire pas les ficelles du gouvernement du Guerrero. Pour tout effet pratique, surtout dans ce qui concerne les affaires de sécurité, celui qui conduit l’administration de l’entité est son neveu, Jesús Ernesto Aguirre Gutiérrez, d’abord coordinateur de Projets Stratégiques de l’administration de l’Etat et à présent conseiller externe, avec ses bureaux dans la Maison du Guerrero avec du personnel sous son commandement.

Avant de devenir un super-opérateur du gouvernement de son oncle, Jesús Ernesto Aguirre Gutiérrez était un médiocre fonctionnaire de l’Institut de la sécurité sociale et des services sociaux des travailleurs de l’État (ISSSTE), d’où il a été accusé d’avoir dévier des millions de pesos pour appuyer la campagne de son cousin germain, Ángel Aguirre Herrera, comme candidat à la députation fédérale pour le district 8 du PRI de la Costa Chica.

Aguirre Gutiérrez s’occupe de la relation avec la presse, les acteurs politiques et les pouvoirs factuels clés de toute sorte dans l’entité, il décide en matière d’achats, d’éducation et de tourisme. Dans les faits, c’est la main qui berce le berceau du gouvernement de l’État. Avec un tel pouvoir, il ne peut pas prétendre être étranger à ce qui s’est passé à Iguala.

Ce sont des policiers qui ont tiré sur les étudiants d’Ayotzinapa et qui les ont arrêtés. C’est le directeur de la sécurité publique d’Iguala, Francisco Salgado Valladares, qui a ordonné de les arrêter. Les garçons ont été transportés dans des véhicules officiels. À toutes fins pratiques, les autorités étatiques ont permis que le maire d’Iguala, José Luis Abarca, et le directeur de sécurité publique prennent la fuite. Le PRD a mis du temps, une semaine ! à expulser de ses files le président municipal et, malgré les graves dénonciations qui existaient à son encontre depuis sa désignation comme candidat en 2012, le parti l’a toujours protégé et couvert. Et même maintenant il continue à défendre Ángel Aguirre Rivero.

Si dans la région campe le pouvoir du narcotrafic, c’est parce que les trois niveaux de gouvernement le permettent. Peu importe où l’on regarde, Ayotzinapa est un crime d’État, mais c’est aussi un crime contre l’humanité, comme il est stipulé dans le Statut de Rome de la Cour Internationale Pénale. Il n’y a pas d’autre façon de nommer l’homicide de six personnes aux mains de policiers (dont trois étudiants), la torture et la disparition forcée de 43 jeunes, en majorité fils de paysans et d’élèves de l’Ecole Rurale de Normale Raúl Isidro Burgos. Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Source

Traduit par Les trois passants/correction Valérie

L’Amérique centrale de 2013 sera l’Atenco de 2006.

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À propos de la nomination d’Ardelio Vargas à l’Institut National des Migrations (INM)

À tous ceux qui marchent sans papiers dans ce continent
Aux gens honnêtes qui leur donnent refuge

Ville de Puebla, Mexique, 16 janvier 2013

Le 1 décembre dernier, Enrique Peña Nieto a brutalement et clairement dit à Francisco Kuykendall* comment il répondra aux protestations contre son gouvernement. Le 11 janvier, avec la nomination de Nuvia Mayora Delgado, il a clairement montré que les peuples indigènes signifient pour lui : répartir des dépenses et faire des statistiques (bien que le premier graphique de son mandat a montré plus de 40 mille indigènes marchant en silence avec leurs pas de dignité et d’autonomie**). Maintenant Peña Nieto envoie un message à tous les Centre-Américains qui circulent dans notre pays à la recherche d’un avenir meilleur, et ce message a un nom : Ardelio Vargas Fosado***.

Erique Peña Nieto envoie aux migrants, le même message que Vicente Fox avait envoyé à Atenco et à l’Autre Campagne en 2006, le même qu’Ulyses Ruiz a envoyé au mouvement social à Oaxaca, le même que Rafael Moreno Valle a envoyé aux paysans et aux journalistes à Chignahuapan et qu’à chaque occasion il envoie, quand le mécontentement contre son gouvernement prend la rue.

Le message est clair, l’Institut National des Migrations (INM) va devenir une instance policière de plus, aux mains d’un personnage qui a dirigé des opérations policières qui ont abouti à des tortures, des meurtres et des arrestations arbitraires. Au sein de l’INM, déjà controversé, arrive un personnage qui, tandis qu’il s’occupait de frapper des mouvements sociaux sous la conduite du gouverneur de l’Etat de Puebla, permettait l’avancée et l’installation du crime organisé au nord de cette ville. Ardelio Vargas arrive au gouvernement d’Enrique Peña Nieto pour poursuivre et réprimer les migrants, pour le grave délit qu’est, voyager sans papiers, parce que si une chose est restée claire pendant toutes ces années, c’est que la seule façon d’agir que connait Vargas Fosado, c’est la violence.

Il est clair pour nous que le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) n’est jamais parti, il a seulement changé de couleur de temps à autre. Il est clair qu’à cette occasion, devant les cameras, le PRI ratifiera des lois en faveur des victimes de la guerre, remettra des prix aux défenseurs d’immigrés, mettra en place des commissions de dialogue et de négociations avec les peuples indigènes. Et il est clair que quand les cameras cesseront de regarder ou seront obligées de regarder ailleurs, le sang coulera et la brutalité viendra.

Comme cela fut le cas en 2006 à Atenco, aujourd’hui, Enrique Peña Nieto et Ardelio Vargas Fosado se retrouvent ensemble, l’un pour poser devant les cameras et l’autre pour frapper derrière celles-ci. Maintenant, l’Amérique centrale de 2013 sera l’Atenco de 2006.

Nodo de Derechos Humanos

http://nodho.org/

*Le 1er décembre Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, s’est rendu à une mobilisation contre la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto et a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive, son état est toujours critique.

** le 21 décembre à la date où beaucoup de gens croyaient que le monde se terminerait, plus de 40 mille bases d’appui zapatistes ont marché en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le 1er janvier 1994. Les bases d’appui zapatistes ont marché, le visage couvert, le poing levé, réalisant ainsi une puissante démonstration de force, et pour dire, silencieusement : nous sommes toujours là.

*** Ardelio Vargas Fosado appartient au PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) il a débuté sa carrière dans le domaine de l’espionnage politique à la Direction fédérale de la sécurité (DFS) et fit office de directeur d’investigations au Centre d’investigation et de sécurité nationale (Cisen), avant d’être nommé chef d’état-major de la Police Fédérale Préventive (PFP), charge depuis laquelle il a dirigé sur le terrain, les opérations contre-insurrectionnelles à San Salvador Atenco et à Oaxaca en 2006. En 2011, il a été nommé secrétaire de la Sécurité Publique dans la ville de Puebla et actuellement, a été nommé par Peña Nieto, à la tête de l’Institut National des Migrations.

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

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LE CONTEXTE – MEXIQUE : 1er DECEMBRE 2012 et ensuite…

punoobreronoquearpenanieto1303Le 1er décembre 2012 à 4 heures du matin, alors que la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto avait commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste.

Enrique Peña Nieto est le reflet et la synthèse parfaite du Parti Révolutionnaire Institutionnel, organisation responsable depuis presque 100 ans de tous types de massacres et d’abus : assassinat de plus de 200 étudiants à Tlatelolco en 1968, de 45 indigènes à Acteal en 1997, répression des 3 et 4 mai 2006 lors de laquelle le terrorisme d’État a balayé Texcoco et Atenco (sous le mandat local du même Enrique Peña Nieto, gouverneur de l’État de Mexico à cette époque), réforme de l’article 27 de la Constitution pour privatiser les terres communales, signature de l’ALENA (L’Accord de libre-échange nord-américain) avec les terribles conséquences économiques et humaines engendrées, attaques perpétrées contre les Bases d’Appui Zapatistes non seulement par le PRI et ses raccourcis du PRD, PVEM mais aussi par le PAN… La liste d’abus est longue. Aujourd’hui, Enrique Peña Nieto rend hommage à tout cet arbitraire.

Les évènements du premier décembre confirment une fois de plus la brutalité policière et la répression qui caractérise l’État Mexicain, reprises et élargies par Peña Nieto, mais aussi par le maire de la ville de Mexico Marcelo Ebrard, connu aussi pour sa répression et sa persécution des mouvements sociaux, des étudiants, des compagnons militants de la Sexta de l’EZLN et des compagnons anarchistes.

kuykendallDepuis cette répression, le compagnon adhérent à la Sexta zapatiste, Francisco Kuykendall Leal, se trouve dans un état grave. Il souffre d’un traumatisme crânio-encéphalique qui l’a pratiquement laissé paralysé.

Outre son militantisme, Kuykendall a une passion particulière pour le théâtre ; il est directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Le théâtre est pour lui un outil pour transmettre les différentes réalités, les luttes, les douleurs, les résistances ; ainsi il s’en sert pour mener la lutte, pour sensibiliser et faire passer un message. Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il résiste toujours, il s’accroche, comme d’habitude… car il a l’habitude de se battre.

Dans ce même contexte, Teodulfo Torres Soriano, adhérent à la Sexta zapatiste, a été porté disparu depuis le mois de mars. Ses compagnons et sa famille ont commencé une campagne de diffusion pour l’apparition en vie de Teodulfo et lancé un appel à la solidarité. Il faut souligner que le compagnon est un témoin fondamental de la Teodulforépression exercée par la police sur les manifestants du 1er décembre. Non seulement il était présent lors des faits mais il a enregistré en vidéo l’agression subie par Kuykendall. Par sa condition de témoin oculaire, Teodulfo était obligé de s’exprimer sur les faits et les arrestations arbitraires qui ont eu lieu ce jour-là. Il devait rendre son témoignage le 27 mars 2013. Cependant il n’a jamais assisté au rendez-vous prévu pour le 27 mars, et c’est à partir de ce moment précis qu’il est porté disparu

Cette criminalisation des mouvements sociaux, des défenseurs de droits humains, des mouvements d’étudiants et de professeurs, bref de tous ceux et celles qui s’organisent, se solidarisent, résistent aux politiques capitalistes et se battent pour la construction d’un autre monde, s’est accélérée depuis le 1er décembre 2012, lors de la mobilisation contre l’imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto.

Nous n’oublions pas !
Tiens bon, compa Kuy !
Apparition en vie de Teodulfo Torres Soriano !
Solidarité avec tous et toutes les inculpé-es du 1er décembre !

estrellita

MEXICO: nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État mexicain le 1er décembre 2012

1EREDEC

Nous n’oublions pas le compagnon Kuykendall, ni les arrestations, ni les blessures!

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Rvs), composé de collectifs, individus et groupes adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN, a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre les étudiants, les travailleurs, les hommes, femmes, vieillards qui se trouvaient à la manifestation, à proximité du Congrès de l’Union et du centre historique de la ville de Mexico. Peu de temps après cette répression brutale, les différents réseaux ont commencé à informer sur ce qui s’était véritablement passé lors de cette manifestation. Plusieurs vidéos ont montré la brutalité policière à l’encontre de manifestant-e-s et notamment du compagnon Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, aujourd’hui adhérent à la Sexta, qui a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive. À ce jour, le compagnon est toujours dans un état critique et lutte pour sa vie.

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux menaient un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », les médias indépendants et militants commençaient solidairement à se serrer les coudes et à dénoncer ce coup monté de toutes pièces par le gouvernement et ses serviles chaînes de télévision et journaux, en exigeant la libération immédiate de tous et toutes les détenues, des blessés et, en particulier, dénonçant l’attaque subie par le compagnon Kuy.

Les compagnons de la Croix Noire Anarchiste, entre autres, ont été désignés par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas.

Le Réseau contre la répression et les compagnons de la Sexta nationale et internationale ont déclaré par des lettres et communiqués que cette répression faisait clairement partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle, qu’il s’agissait d’une campagne pour criminaliser la protestation sociale, campagne impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI. Ces partis pensent qu’avec ce type d’opérations, le peuple du Mexique oubliera la guerre du mandat présidentiel sortant qui a laissé 100 000 morts, la corruption, la misère et les promesses non tenues. Mais le 1er décembre, le peuple est sorti dans la rue sans peur, avec la rage nécessaire, la solidarité entre compagnons et la détermination qui ont commencé à faire trembler le pouvoir.

Pour ce qui est de la lutte pour la libération des compagnons et compagnes emprisonné-e-s, une série d’activités continueront leur cours, et nous restons attentifs aux communiqués qui suivront et aux appels du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Pour l’instant, un appel à la solidarité avec le compagnon Kuy et toutes et tous les détenu-e-s du 1er décembre 2012 a été lancé par l’EZLN et reprise par certains adhérents à la Sexta au niveau national et international. C’est pourquoi à partir du 17 février, des actions, des lettres de soutien, des événements auront lieu un peu partout : non seulement pour ne pas oublier la répression du 1er décembre ni les détenu-e-s, mais pour dire au compagnon Kuy qu’il n’est pas tout seul !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité lance également un appel à toutes les personnes solidaires pour soutenir le compagnon Kuy, afin d’exiger justice pour lui et pour tous ceux et celles qui ont été blessé-e-s, méprisé-e-s et arrêté-e-s ce 1er décembre 2012. Nous nous joignons à cet appel et exigeons également l’arrêt de tous les procès pénaux contre tous ceux et celles qui ont manifesté contre l’imposition, la corruption et l’arbitraire de ceux d’en-haut.

Si vous voulez participer aux actions engagées pour le compagnon Kuy de la manière que vous souhaiterez, par des mots de soutien ou par une aide financière, vous pouvez contacter le réseau contre la répression, ici

Qui est Juan Francisco Kuykendall?
Kuykendall a une passion particulière pour le théâtre, il est directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Le théâtre est pour lui un outil pour transmettre les différentes réalités, les luttes, les douleurs, les résistances ; ainsi il s’en sert pour mener la lutte, pour sensibiliser et faire passer un message. Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il résiste toujours, il s’accroche, comme d’habitude… car il a l’habitude de se battre.

Nous n’oublions pas!

Par les trois passants

Merci à Valérie et à caracol solidario pour les corrections

Voici une vidéo du 1er décembre sur l’agression subie par le compagnon Kuy.

estrellita

Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques du 1er décembre 2012.

epn_protestas_san_lazaro_2Contre le harcèlement et la répression de la Croix Noire Anarchiste :

AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES TOUS DES ANARCHISTES !

La fin du XIXème siècle et tout le XXème siècle ont été les témoins des infatigables luttes sociales dont ont fait partie, entre autres, les libertaires de la trempe de Praxedis Guerrero, Librado Rivera, Diódoro Batalla, Rosalío Bustamante, Enrique Flores Magón et bien évidemment l’immortel Ricardo Flores Magón. Leurs apports politiques sont toujours actuellement présents dans la Constitution en vigueur, ainsi que dans une infinité de lois secondaires et dans la mémoire des mouvements politiques et sociaux du pays.

Les militants du mouvement anarchiste sont, bien sûr, une partie fondamentale de la pensée de la gauche critique, décolonisée et provenant d’en-bas, dans notre pays. L’attitude des trois partis politiques instigateurs du néolibéralisme au niveau du pouvoir (PRI-PAN-PRD), qui a consisté à pointer du doigt et harceler les activités sociales et politiques des groupes qui se revendiquent de la pensée de Ricardo Flores Magón, est un blasphème historique.

La répression de la manifestation contre le régime du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) de Enrique Peña Nieto a eu comme objectif principal de criminaliser la jeunesse qui pense, qui débat, qui questionne, qui lutte pour un monde meilleur et qui, bien sûr, ne s’est pas faite piéger par « l’éducation-compétition » qui a été poussée par les groupes de pouvoir hégémoniques chargés de soumettre le peuple de cette nation.

Les compagnons du collectif libertaire de la Croix Noire Anarchiste ont été désignés de manière irresponsable par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas. Nous considérons que cela fait partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle et que c’est un préjudice pour toute la gauche anti-système. Cette campagne est, sans nul doute, initiée et impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI, qui pensent qu’avec ce type d’attitude, le peuple du Mexique oubliera la guerre génocidaire du mandat présidentiel sortant, la corruption, la misère et les promesses non tenues de leurs mandats.

Toute notre solidarité et tout notre respect vont au travail que réalisent les compagnons et compagnes de la Croix Noire Anarchiste, nous exigeons le respect total de leurs droits politiques et de leur intégrité. Nous sommes avec Vous et nous restons vigilants au cas où le gouvernement fédéral ou celui du DF (District Fédéral, Ville de Mexico) tenteraient des actions brutales contre vous.

Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques du 1er décembre 2012.

Face à la répression : aujourd’hui, nous sommes tous ANARCHISTES !

Fraternellement,

Contre le pillage et la répression, la Solidarité !

Red Contra la Represión y por la Solidaridad

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

Source

 estrellita

Répression lors de la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto

Le premier décembre à 4 heures du matin a commencé la mobilisation contre la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto, l’information change d’une source à l’autre, mais une chose est sûre, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et les manifestantes. Le Réseau contre la répression et pour la solidarité a émis un communiqué très tôt ce matin condamnant la brutale répression contre des étudiants, des travailleurs, des manifestants qui se trouvaient à proximité du Congrès de l’Union et du Centre Historique de la ville de Mexico.

JALISCOIl y a beaucoup de détenus, le nombre exact est inconnu pour l’instant, certaines sources parlent de 90 à 100 détenu-e-s, de nombreux blessés, certains médias libres ou non parlent même d’un mort, difficile pour l’instant d’en avoir confirmation.

Lors de la visite de Peña Nieto en France, plusieurs collectifs avons déclaré qu’Enrique Peña Nieto est pour nous le reflet et la synthèse parfaite du Parti Révolutionnaire Institutionnel, organisation responsable depuis presque 100 ans de tous types de massacres et d’abus : plus de 200 étudiants assassinés à Tlatelolco en 1968, 45 indigènes assassinés à Acteal en 1997, la répression des 3 et 4 mai 2006 lors de laquelle le terrorisme d’État a balayé Texcoco et Atenco (sous le mandat local du même Enrique Peña Nieto), la réforme de l’article 27 de la Constitution pour privatiser les terres communales, la signature du TLC avec les terribles conséquences économiques et humaines engendrées, les attaques perpétrées contre les Bases d’Appui Zapatistes non seulement par le PRI et ses raccourcis du PRD, PVEM mais aussi par le PAN… La liste d’abus est longue. Aujourd’hui, Enrique Peña Nieto rend hommage à tout cet arbitraire.

Le premier décembre confirme une fois de plus la brutalité policière et la répression qui caractérise l’Etat Mexicain, reprises et élargies par Peña Nieto, mais aussi par le maire de la ville de Mexico Marcelo Ebrard connu aussi pour sa répression et persécution des compagnons militants de l’Autre Campagne et des compagnons anarchistes. Nous nous souvenons de sa responsabilité dans la forte répression contre les étudiants lors de la manifestation du 2 octobre 2009 commémorant les 41 ans du massacre des étudiants par les militaires de Gustavo Diaz Ordaz.

Nous avons été informés que le compagnon Carlos Jahir Valdez et notre compagnon de l’Autre Campagne Francisco Kuykendall Leal « Kuy » sont dans un état grave. Kuy a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive et son état est critique.

Nous restons solidaires des compagnons de l’Autre Campagne, des compagnons Anarchistes qui subissent depuis plusieurs jours un lynchage médiatique et de tous ceux et celles qui ont combattu les forces répressives ce samedi 1 décembre 2012.

Nous condamnons ces actes de répression et exigeons la libération de tou-te-s les détenu-e-s du 1er Décembre !

La lutte continue !

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

No estan sol@s !

En solidarité, Les trois passants, Paris et Caracol Solidario, Franche-Comté

estrellita

Répression brutale lors de la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto

sanlazaro

Le 1er décembre à 4 heures du matin, la mobilisation contre l’investiture présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé et les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes. Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR) a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre des étudiants, des travailleurs, des manifestants qui se trouvaient à proximité du Congrès de l’Union et du Centre Historique de la ville de Mexico.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR) condamne les actes répressifs d’Enrique Peña Nieto ainsi que l’agression dont a souffert Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne.

Cela ne fait même pas 24 heures qu’Enrique Peña Nieto a pris le pouvoir en tant que président et il a montré ce qu’il est : un criminel. La brutale répression contre des étudiants, travailleurs, manifestants qui se trouvaient à proximité du Congrès de l’Union et du Centre Historique de la ville de Mexico le démontre. Il y a des détenus, des blessés, les médias libres parlent même d’un mort, Brayan Limón García, étudiant. Carlos Jahir Valdez ainsi que notre compagnon de l’Autre Campagne et de l’Autre Culture, Francisco Kuykendall Leal, connu par beaucoup d’entre nous sous le nom de Kuy, sont dans un état grave. Kuy a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive et comme nous l’avons déjà dit, son état est critique.

Nous condamnons cette agression brutale, nous exprimons notre indignation, nous nous maintiendrons au courant de la santé des blessés et de notre compagnon Kuy.

HALTE A LA REPRESSION D’ENRIQUE PEÑA NIETO
JUSTICE POUR CEUX QUI ONT ÉTÉ VIOLENTÉS PAR L’ÉTAT
JUSTICE POUR FRANCISCO KUYKENDALL LEAL

Contre le pillage et la répression… la solidarité !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR)

estrellita

L’Amérique centrale de 2013 sera l’Atenco de 2006.

muertepenVFOS

À propos de la nomination d’Ardelio Vargas à l’Institut National des Migrations (INM)

À tous ceux qui marchent sans papiers dans ce continent
Aux gens honnêtes qui leur donnent refuge

Ville de Puebla, Mexique, 16 janvier 2013

Le 1 décembre dernier, Enrique Peña Nieto a brutalement et clairement dit à Francisco Kuykendall* comment il répondra aux protestations contre son gouvernement. Le 11 janvier, avec la nomination de Nuvia Mayora Delgado, il a clairement montré que les peuples indigènes signifient pour lui : répartir des dépenses et faire des statistiques (bien que le premier graphique de son mandat a montré plus de 40 mille indigènes marchant en silence avec leurs pas de dignité et d’autonomie**). Maintenant Peña Nieto envoie un message à tous les Centre-Américains qui circulent dans notre pays à la recherche d’un avenir meilleur, et ce message a un nom : Ardelio Vargas Fosado***.

Erique Peña Nieto envoie aux migrants, le même message que Vicente Fox avait envoyé à Atenco et à l’Autre Campagne en 2006, le même qu’Ulyses Ruiz a envoyé au mouvement social à Oaxaca, le même que Rafael Moreno Valle a envoyé aux paysans et aux journalistes à Chignahuapan et qu’à chaque occasion il envoie, quand le mécontentement contre son gouvernement prend la rue.

Le message est clair, l’Institut National des Migrations (INM) va devenir une instance policière de plus, aux mains d’un personnage qui a dirigé des opérations policières qui ont abouti à des tortures, des meurtres et des arrestations arbitraires. Au sein de l’INM, déjà controversé, arrive un personnage qui, tandis qu’il s’occupait de frapper des mouvements sociaux sous la conduite du gouverneur de l’Etat de Puebla, permettait l’avancée et l’installation du crime organisé au nord de cette ville. Ardelio Vargas arrive au gouvernement d’Enrique Peña Nieto pour poursuivre et réprimer les migrants, pour le grave délit qu’est, voyager sans papiers, parce que si une chose est restée claire pendant toutes ces années, c’est que la seule façon d’agir que connait Vargas Fosado, c’est la violence.

Il est clair pour nous que le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) n’est jamais parti, il a seulement changé de couleur de temps à autre. Il est clair qu’à cette occasion, devant les cameras, le PRI ratifiera des lois en faveur des victimes de la guerre, remettra des prix aux défenseurs d’immigrés, mettra en place des commissions de dialogue et de négociations avec les peuples indigènes. Et il est clair que quand les cameras cesseront de regarder ou seront obligées de regarder ailleurs, le sang coulera et la brutalité viendra.

Comme cela fut le cas en 2006 à Atenco, aujourd’hui, Enrique Peña Nieto et Ardelio Vargas Fosado se retrouvent ensemble, l’un pour poser devant les cameras et l’autre pour frapper derrière celles-ci. Maintenant, l’Amérique centrale de 2013 sera l’Atenco de 2006.

Nodo de Derechos Humanos

http://nodho.org/

*Le 1er décembre Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, s’est rendu à une mobilisation contre la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto et a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive, son état est toujours critique.

** le 21 décembre à la date où beaucoup de gens croyaient que le monde se terminerait, plus de 40 mille bases d’appui zapatistes ont marché en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le 1er janvier 1994. Les bases d’appui zapatistes ont marché, le visage couvert, le poing levé, réalisant ainsi une puissante démonstration de force, et pour dire, silencieusement : nous sommes toujours là.

*** Ardelio Vargas Fosado appartient au PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) il a débuté sa carrière dans le domaine de l’espionnage politique à la Direction fédérale de la sécurité (DFS) et fit office de directeur d’investigations au Centre d’investigation et de sécurité nationale (Cisen), avant d’être nommé chef d’état-major de la Police Fédérale Préventive (PFP), charge depuis laquelle il a dirigé sur le terrain, les opérations contre-insurrectionnelles à San Salvador Atenco et à Oaxaca en 2006. En 2011, il a été nommé secrétaire de la Sécurité Publique dans la ville de Puebla et actuellement, a été nommé par Peña Nieto, à la tête de l’Institut National des Migrations.

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

estrellita

Une initiative contra la guerre déclarée au peuple mexicain : un cri de ras le bol

Face à cette violence, une caravane hétérogène nommée « de la consolation, pour la paix, la justice et la dignité » s’est rendu à Ciudad Juarez le 10 juin 2011, non seulement pour exiger la fin de cette politique de guerre, mais aussi pour écouter sur son passage les témoignages des personnes qui ont déjà perdu un ou plusieurs membres de leur famille. Le poète Javier Sicilia est à l’origine de ce mouvement pour la paix au Mexique. Il l’a lancé après la mort de son fils et depuis lors, un réseaux de victimes de la guerre s’est incorporé à cette initiative.

Le 9 septembre dernier une autre caravane est sortie vers le sud du pays avec le même but : recueillir les témoignages des gens sur son passage; 200 personnes, des migrants centre-américains et des défenseurs des droits de l’homme, sont entrés au Mexique par la frontière sud pour rejoindre cette caravane afin de dénoncer les systématiques violations des droits humains des migrants qui traversent le Mexique pour se rendre aux Etats-Unis.


Le Mexique est en guerre, mais il ne s’agit pas d’une seule guerre, ce sont des guerres qui se superposent les unes aux autres, ce sont des guerres multiples d’en-haut pour soumettre l’en-bas rebelle dans ses multiples formes, en menaçant celui qui dénonce, en frappant celui qui se solidarise, en emprisonnant celui qui proteste, en assassinant celui qui s’organise.

Les communautés  zapatistes ont développé dans leurs communautés des systèmes différents, de santé, d’éducation, de commerce, de justice, de culture, d’agriculture, etc.  Ils  nous montrent continuellement qu’une vie sans capitalisme est possible.

Bien que l’autonomie zapatiste continue d’avancer pour tous et à tous les niveaux, le mauvais gouvernement ne cesse d’attaquer et de menacer la continuité de cette alternative.  Un gouvernement qui met en marche des routes, des projets « d’écotourisme », des barrages, « des programmes sociaux » et des réserves de biosphère sans consulter les communautés, sans respecter sa parole. Un gouvernement qui se développe par la violence et la guerre.

(…)Cette guerre a eu pour principale cible militaire des êtres humains innocents, de toutes les classes sociales, qui n’ont rien à voir ni avec le narcotrafic ni avec les forces gouvernementales (…). Les mauvais gouvernements ont transformé en zones de guerre les écoles et les universités publiques et privées, et les enfants et les jeunes n’entrent  plus en classe, mais dans des embuscades de l’un et l’autre camps. Les mauvais gouvernements ont créé le problème, et non seulement ils ne l’ont pas résolu, mais ils l’ont étendu et aggravé dans tout le Mexique (…) « Il y a beaucoup de douleur et de peine à cause de tant de mort sans aucun sens ».

Paroles de l’EZLN lors de la mobilisation de soutien à la Marche nationale pour la paix, 7 mai 2011.

Un exemple claire de ce cette guerre multiple nous l’avons constaté le vendredi 9 septembre 2011, quant 500 policiers de l’État du Sonora, ont réprimé les manifestants pacifiques de la tribu Yaqui qui bloquaient la route fédérale passant à côté de leur territoire pour protester contre la construction d’un aqueduc.

Cette aqueduc qui est en train d’être construit va venir voler l’eau se trouvant sur le territoire autonome des indigènes Yaqui, leur privant d’une ressource essentielle à leur agriculture et tout simplement à leur vie. Le groupe Carso est à l’initiative de ce projet. Ce groupe appartient à l’un des hommes les plus riches du monde : Carlos Slim, qui cherche à faire encore plus de profit. En effet cette précieuse eau ne servira pas à la population mais à des entreprises qui en ont besoin pour leur fonctionnement et pour augmenter leur capacité de production et donc leur profit. Parmi ces entreprises ont trouve Big Cola, Ford ou encore le cimentier Apasco.

Trois décisions de justice ont demandé l’arrêt des travaux de constructions. Mais le gouverneur de l’État de Sonora, Guillermo Padres Elias du PAN s’entête, ne respecte pas la loi et utilise la police pour déloger les personnes qui s’opposent à cette construction illégale. Et cela dans le seul but de satisfaire des intérêts privés.

Infos des autorités traditionnelles de vicam et de potam.

ARTICLES

Quand l’histoire du gouvernement de Felipe Calderón s’écrira, on se souviendra sans aucun doute de l’année 2010 comme de celle de l’éclosion d’une crise de domination qui incubait depuis 1994. Pris dans le piège d’une guerre qui avait déjà provoqué le chiffre terrifiant de 30 mille morts mexicains, dont 1400 mineurs, dans l’unique but de servir le patron revendicatif du nord, ce gouvernement veut désormais non plus obtenir sa part de fromage mais sortir du piège.

L’État national populiste a été remplacé par un État d’exception dont l’objectif illusoire est de présenter sous une forme légale ce qui n’a pas une once de légalité. Le vieil État de droit, déjà de fait très peu démocratique,a été mis de côté par des mécanismes exceptionnels avec lesquels on gouverne comme s’il s’agissait d’une force belligérante.

L’État social, objectif ultime de tout État, a toujours été un vieux rêve remis à plus tard, cependant, il est incontestable qu’au milieu de la corruption priiste il y avait certains mécanismes de distribution du revenu (en dernier ressort c’est là que se trouve le hic du programme d’Andrés Manuel López Obrador). Maintenant, l’État se révèle comme un agent de soutien du Ministère Public. Toutes les lois qu’il a instaurées et celles qui se discutent dans les chambres des Sénateurs et des Députés, ne sont pas autre chose que des lois d’exception qui violent les garanties individuelles et qui donnent un caractère belligérant à l’État.

Dans les faits, les demandes d’instauration d’un État d’urgence ou de siège ne sont rien d’autre que laconséquence pratique de quelque chose qui arrive tous les jours, à toute heure. Les barrages militaires ou policiers qui, il y a plusieurs années, n’existaient qu’au Chiapas, sont maintenant une réalité quotidienne dans tout le pays, en particulier dans ce qui était il y a encore quelques années le « nord industrieux mexicain ».

L’agression de la population civile a cessé d’être le « patrimoine » des chiapanèques pour devenir un cauchemar national, comme le démontrent les morts aux barrages militaires ou les jeunes qui ont été assassinés alors qu’ils célébraient une fête ou encore les villages ravagés sous le prétexte de chercher un chef du narcotrafic.

*Lire la suite de l’article écrit par Sergio Rodríguez Lascano

2010 de la crise de la domination à l’organisation indépendante.

LA GUERRE DU MEXIQUE D’EN HAUT
« Je souhaiterais la bienvenue à presque n’importe quelle guerre,
parce que je crois que ce pays en a besoin. »
Theodore Roosevelt

Et voilà qu’à présent notre réalité nationale est envahie par la guerre. Une guerre qui non seulement n’est plus lointaine pour qui avait l’habitude de la voir dans des géographies ou des calendriers distants, mais qui commence à gouverner les décisions et indécisions de ceux qui ont cru que les conflits guerriers ne se trouvaient que dans les bulletins d’informations et les films de lieux aussi lointains que… l’Irak, l’Afghanistan,… le Chiapas.

Et dans tout le Mexique, grâce au parrainage de Felipe Calderón Hinojosa, nous n’avons plus besoin de recourir à la géographie du Moyen-Orient pour avoir une réflexion critique sur la guerre. Il n’est plus nécessaire de remonter le calendrier jusqu’au Vietnam, à la baie des Cochons, et toujours à la Palestine.

Et je ne mentionne pas le Chiapas et la guerre contre les communautés indigènes zapatistes, parce qu’il est bien connu qu’elle n’est pas à la mode (pour y parvenir, le gouvernement du Chiapas a dépensé pas mal d’argent pour obtenir que les médias ne le rangent pas dans l’horizon de la guerre, mais dans celui des « avancées » dans la production de biodiesel, le « bon » traitement des migrants, les « succès » agricoles et autres fables attrape-nigauds vendus aux comités de rédaction qui signent, comme s’ils étaient d’eux, les bulletins gouvernementaux pauvres en rédaction et en arguments).

L’irruption de la guerre dans la vie quotidienne du Mexique actuel ne vient pas d’une insurrection ni de mouvements indépendantistes ou révolutionnaires qui se disputent leur réédition sur le calendrier cent ou deux cents ans plus tard. Elle vient, comme toutes les guerres de conquête, d’en haut, du pouvoir.

Et cette guerre trouve en Felipe Calderón Hinojosa son instigateur et promoteur institutionnel (et, à présent, honteux de l’être).

Celui qui a pris possession de l’exécutif fédéral par la voie du fait accompli ne s’est pas satisfait de l’appui médiatique ; il a dû recourir à quelque chose de plus pour détourner l’attention et échapper à la remise en cause massive de sa légitimité : la guerre.

*Lire la lettre complète. Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, sous-commandant insurgé Marcos.

Lettre sur les guerres du Subcomandante Insurgente Marcos

(…) L’embauche de sous-traitants nommés “chiens de guerre” par le Pentagone et le Département d’État, pour mener des actions d’espionnage et d’autres tâches propres à la guerre sale, a commencé au Mexique avant la signature des accords secrets (en octobre 2007) qui ont officialisé l’Initiative de Mérida. Comme il a été révélé en février, l’entreprise Verint Technology a installé un centre sophistiqué d’interception des communications au siège de la Subprocuraduría de Investigación Especializada en Delincuencia Organizada (Département d’investigation spécialisé dans la délinquance organisée)

Plus tard on a su que l’entreprise S. Y. Coleman Corporation, siégeant à Arlington, en Virginie, embauchait des mercenaires pour occuper des postes de surveillants aériens à Veracruz, afin de protéger les installations pétrolières de Pemex. Ces deux informations ont été classées confidentielles pour des durées de 12 et 15 ans pour des raisons de sécurité nationale. Précédemment, diverses sources d’information ont fait état de la présence de Blackwater (ou Xe Services) au Mexique, une des entreprises favorites du Pentagone en matière de mercenarisation des conflits (…)

*Lire la suite de l’article écrit par Carlos Fazio

Narcotrafiquants, mercenaires et militaires au Mexique, chiens de guerre.

NOUS REJETONS LA REFORME DE LA LOI DE SECURITE NATIONALE ET L’ETABLISSEMENT D’UN ETAT MILITARO-POLICIER

Les groupes parlementaires du PAN et du PRI ont émis un projet de rapport à la chambre des députés visant à réformer la Loi de Sécurité Nationale.

Ce projet de réforme modifie la loi de référence en ce qu’elle permet au Président de solliciter l’intervention des forces armées contre des mouvements à caractère politique, électoral, social ou de travail, s’ils sont considérés comme une menace pour la sécurité intérieure.

Cette réforme donne aussi des attributions aux militaires, à la marine et au CISEN dans la réalisation des tâches d’espionnage.

La loi place dans la même classification le crime organisé et les mouvements sociaux de caractère politique, social et électoral.

Elle permet à l’armée de procéder dans les rues à la fouille des affaires de particuliers, ainsi qu’utiliser « les outils jugés nécessaires » afin de leur soustraire des informations.

Elle prévoit l’usage par l’armée d’informateurs anonymes et l’utilisation « de n’importe quelle méthode afin de récolter de l’information ».

Sous le concept de “prévention sociale”, la réforme prétend obliger les citoyens à collaborer aux investigations judiciaires et militaires. Cela signifie une suspension des garanties sans nécessité du décret de l’état d’exception.

Le document signale que ses attributions de préservation de la tranquillité publique et de collaboration dans l’exercice des tâches de sécurité publique permettent à l’Armée et la Marine d’intervenir sans qu’il soit nécessaire de déclarer l’état d’exception. Les militaires pourront, si la loi est approuvée, intervenir sans l’autorisation préalable du Congrès de l’Union. Ils pourront de plus envoyer des troupes dans des conflits à l’étranger.

La porte est ainsi ouverte à la criminalisation de la protestation sociale et à sa répression. Si les actions des mouvements sociaux sont considérées comme une « menace », les forces armées pourront intervenir. La manœuvre utiliser pour donner ces attributions aux forces armées réside dans la définition du “temps de guerre”, que les politiques exposent clairement, à la différence du “temps de PAIX” qu’ils disent relatifs et toujours soumis au danger de rupture de la tranquillité et de l’ordre social.

La réforme énonce seulement le respect des droits humains, tout en ouvrant la porte à leur violation “légale”. Les contradictions dans l’exposé de la réforme, jointes au moment où son approbation est recherchée laissent penser que l’intention de fond n’est pas seulement de combattre le crime organisé, mais d’ouvrir le chemin à un coup d’état par voie législative et à l’établissement d’un état policier. Cette réforme prétend être approuvée avant le 30 avril prochain, durant la période des vacances.

La réforme se trouve entre les mains des commissions en charge de :

Comisión de Gobernación
Dip. Javier Corral Jurado (PAN)
javier.corral@congreso.gob.mx
Tel: (55) 50360000 ext. 57130
Twitter: @Javier_Corral

Comisión de Seguridad Pública
Dip. José Luis Ovando Patrón (PAN)
jose.ovando@congreso.gob.mx
Tel: (55) 50360000 ext. 51217
Twitter: @JLOvandoP

Comisión de Defensa Nacional
Dip. Rogelio Cerda Pérez (PRI)
rogelio.cerda@congreso.gob.mx
Tel: (55) 50360000 ext. 66004
Twitter: @rogeliocerda

Comisión de Justicia
Dip. Victor Humberto Benítez Treviño (PRI)
victor.benitez@congreso.gob.mx
Tel: (55) 50360000 ext. 57148
Twitter: @HumbertoBeniTre

Comisión de Derechos Humanos
Dip. Manuel Cadena Morales (PRI)
manuel.cadena@congreso.gob.mx
Tel: (55) 50360000 ext. 66318
Twitter: @manuelcadena38

En tant que citoyens exigeant « Pas de sang supplémentaire, halte à la Guerre de Felipe Calderón!

Nous proposons :
1 – d’envoyer à partir de maintenant des messages courrier et twitter aux présidents des commissions responsables en disant : « Nous rejetons la réforme de la Loi sur la Sécurité Nationale et l’établissement d’un Etat militaro-policier ! »

2- d’appeler à partir de lundi 25 avril 8h00 les téléphones des présidents des commissions responsables en disant : j’appelle parce que je m’oppose à la réforme à la Loi sur la Sécurité Nationale et l’établissement d’un Etat militaro-policier

traduction de l’appel del « nodo de derechos humanos » de Puebla: http://nodho.org/?p=528

 

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