Prisonniers de San Sebastian Bachajón -Chiapas

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Les compagnons et compagnes de Bachajón vivent dans la région située au nord de l’État du Chiapas, une région riche en ressources naturelles. Ils luttent pour la défense de leur terre et de leur territoire dont le gouvernement essaie de les spolier pour réaliser ses projets de mort (MegaProjets).

Durant toutes ces dernières années, les compagnons et compagnes de Bachajón ont résisté à la vague d’agressions du

mauvais gouvernement contre leur lutte, assassinant, détruisant, blessant, séquestrant les compagnon-n-es de Bachajón. Malgré toutes ces agressions, les ejidatarios et les ejidatarias sont toujours debout dans la lutte. « Nous autres indigènes, nous luttons pour demeurer ce que nous sommes, pour construire notre propre forme de vie et conserver notre territoire en le protégeant des convoitises de ceux d’en haut »

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Le Compagnon Emilio Jiménez Gómez est tzeltal, monolingue ; il vit de son travail dans les champs (semis et récolte du maïs, des haricots, des courges). Emilio est membre des « Ejidatarios organisés » de l’Ejido de San Sebastián Bachajón, adhérents à Sexta déclaration de la Selva Lacandona.

Emilio Jiménez Gómez est détenu pour s’être organisé avec son peuple pour défendre sa terre et son territoire. Le 14 juillet 2014, un groupe d’individus membres du parti politique PRI de la communauté de Xanil, avec l’aide de la police de l’État, l’ont arrêté et emmené au CERESO N°17 El Bambú à Playas de Catazajá dans la commune de Palenque Chiapas. Le compagnon est accusé d’avoir agressé un étranger, lequel dans sa déposition affirme qu’Emilio n’est pas la personne qui l’a agressé.

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Le compagnon Esteban Gómez Jiménez est tzeltal, monolingue ; il vit d’agriculture.

Esteban a été injustement arrêté le 12 juin 2012 pour s’être engagé dans la défense de la terre et du territoire. « Ils m’ont emprisonné parce que je me suis organisé et que je défend la Terre Mère » (lettre de Esteban le 14 juillet 2015). Esteban est un compagnon qui est membre des « Ejidatarios organisés » de l’Ejido de San Sebastian Bachajón, adhérents à la Sexta.

En 2013, Esteban a été accusé d’agression par Manuel Gómez Jiménez (membre du parti politique PRI / Vert écologiste au moment des faits). Une fois détenu, deux délits supplémentaires lui ont été attribués : homicide et port d’arme (le port d’arme étant un délit relevant de la juridiction fédérale).

Actuellement, Esteban est détenu au CERESO No 14 El Amate à Cintalapa de Figueroa, Chiapas à environ huit heures de trajet de sa famille. Esteban se trouve dans une situation dangereuse en raison du haut niveau de violence qui existe à l’intérieur de la prison.

Le compagnon Esteban s’est engagé dans le travail de prise de conscience des prisonniers et prisonnières qui veulent s’organiser.

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Le compagnon Santiago Moreno est tzeltal de la communauté La Pimienta, commune de Chilon, Chiapas ; monolingue, agriculteur, de 56 ans, membre des « Ejidatarios organisés » de l’Ejido de San Sebastían Bachajón, Adhérents à la Sexta. Santiago a été arrêté en février 2009 alors qu’il accomplissait un travail pour son organisation ; il était responsable du Conseil de surveillance autonome de l’Autre Campagne, il a été dénoncé par un groupe d’individus membre du parti politique PRI et accusé d’homicide. Santiago Moreno Perez est détenu au CERESO No 17 El Bambú à Playas de Catazajá à Palenque, en raison de son engagement en défense de la terre et du territoire.

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Le contexte

Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

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Les compagnons Emilio, Esteban et Santiago luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul).

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales telles que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement (PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat.

Le 3 février 2011 ils ont été attaqués de manière traître par des centaines de policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale qui ont réalisé des détentions massives. 117 personnes furent détenues de manière arbitraire. Le 5 février, 107 ejidatarios furent libérés et 10 compagnons furent transférés à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité corporelle et le patrimoine de l’État. Par la suite, grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au Mexique et dans d’autres pays, les compagnons furent libérés.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par balles. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs d’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Dernières nouvelles

Chiapas : Trois prisonniers de San Sebastían Bachajón ont été libérés !

Les compagnons prisonniers de San Sebastían Bachajón, Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez, détenus à Yajalon au Chiapas (Prison N°12), ont été libérés le mardi 18 août de cette année en application de la décision de justice (amparo) qui reconnaît les détentions illégales et les tortures qu’ont subies nos compagnons.

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Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta. Tous les trois avaient été enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Lire la suite

Le 10 avril dernier, jour de la commémoration de l’assassinat d’Emiliano Zapata en 1919, le terrain communal de San Sebastián Bachajon a émis un communiqué.

Les compagnons et compagnonnes s’y adressent une fois de plus aux hommes et aux femmes qui luttent pour la terre, au Mexique et ailleurs. Ils leur rappellent qu’ils poursuivent leur lutte pour la terre et le territoire, avec force et détermination, et ce malgré la répression que le gouvernement assassin, corrompu et voleur exerce sans cesse sur leur organisation, membre de la Sixième Déclaration de la Forêt lacandone.

Nombreuses en effet ont été les expulsions violentes, les humiliations et les incarcérations. Tout dernièrement, le 21 mars 2015, le siège régional de San Sebastián Bachajon construit au mois de janvier a été incendié avec l’appui du commissaire et du conseil officiel de surveillance et l’aide de 600 policiers de l’État du Chiapas. Dans ce contexte de répression, certains médias libres du Chiapas ont été attaqués par le groupe pro-gouvernemental d’Alejandro Moreno Gomez, le commissaire communal officiel de San Sebastian Bachajon, alors qu’ils s’apprêtaient témoigner des violences policières perpétrées ces jours-là

Le harcèlement continue, cette fois avec l’arrivée, le 9 avril, dans la communauté de Xanil, du bureau des affaires agraires d’Ocosingo accompagné du Sous-secrétaire de Yajalon [M. Alpuche], connu comme l’assesseur des paramilitaires de l’organisation Paix et Justice [Paz y Justicia]. Ces derniers se sont réunis avec les membres du parti du PRI et du parti Vert, représentés par Alejandro Moreno Gomez, afin de trouver un accord pour en finir avec l’organisation du terrain communal.

« Ils ne veulent plus que la communauté continue de s’organiser par elle-même. Eux se rangent bien aux côtés du gouvernement. Ce sont des laquais, des serviteurs qui vendent la terre, méprisent l’autonomie et la vie des peuples. »

« On en a marre de ce salaud de gouvernement qui cherche toujours à nous détruire. Mais nous, le peuple, nous n’allons pas nous taire, nous continuerons à défendre la terre coûte que coûte. Nous ne voulons plus de ce gouvernement. Mort à Peña Nieto et à sa marionnette, le gouverneur Velasco Coello ! »

Le terrain communal de Bachajon a eu beau  faire appel  en se référant à la libre détermination de leur terre et territoire, le tribunal à chargé [Tercer Tribunal Colegiado de Tuxtla Gutiérrez] l’a rejeté.

«  La démocratie n’existe pas, ni la loi, dans ce pays séquestré par les salauds de politiques corrompus. Le peuple doit se réveiller et lutter pour la défense de la terre, la dignité et la vie… Notre organisation continuera la lutte pour la défense de la terre mère, dans fidélité à nos grands-pères et grands-mères qui nous ont appris à la défendre comme l’ont fait nos compagnons [assassinés] Juan Vázquez Guzmán et Juan Carlos Gómez Silvano.

Pour finir, le terrain communal de Bachajon exige la mise en liberté immédiate des prisonniers au Mexique et dans le monde, ainsi que la libération immédiate de leurs compagnons prisonniers Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano, Roberto Gómez Hernández, Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez et Esteban Gomez Jimenez.

 

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Le 24 avril, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Résumé et traduction Les trois passants et Caracol Solidario / correction Valérie
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Sources : site viva Bachajon et article Sobre el territorio de San Sebastián Bachajon GT No estamos Todxs, Chiapas.

Vidéo- Le 21 mars 2015, le siège régional de San Sebastián Bachajon construit au mois de janvier a été incendié lors d’une opération de plus de 600 éléments de police et des autorités locales pro-gouvernementales.

Vidéo – Témoignage des habitants de Bachajon, Chiapas

Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, dont Juan Vázquez

Première partie

Deuxième partie

Vidéo sur la situation à San Sebastian Bachajón

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CHIAPAS: Action urgente pour le terrain communal de Bachajón

bachajon21 Le terrain communal de San Sebastian Bachajon, adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone, Chiapas, Mexico
le 22 décembre 2014.

Action urgente

Résumé :

Le 2 février 2011, le gouvernement mexicain a exproprié par la force une surface de terre appartenant au terrain communal de San Sebastián Bachajón, sur lequel passe un chemin conduisant au « Centre Écolo -Touristique « Cascades d’Agua Azul  » qui se trouve au village voisin du même nom, dans la commune de Tumbalá, Chiapas, Mexique. Cette destination touristique reconnue au niveau mondial, fait partie d’un méga-projet que le gouvernement mexicain essaie de mettre en route : le « Centre Intégralement Planifié Palenque (CIPP) ». Sur la dite surface, les paysans communaux adhérents à la Sixième déclaration zapatiste avaient construit un péage (autogéré), une salle de réunion et des toilettes publiques. Le gouvernement mexicain les en a ensuite expulsé avec violence et contre leur gré, sans consultation ni mandat préalable. La surface de terre a été alors expropriée et surveillée par plusieurs corporations policières, jusqu’à l’aube du 21 décembre 2014, quand la terre fut récupérée par l’organisation du terrain communal de Bachajón.

Le commissaire « ejidal » officiel Francisco Guzmán Jiménez a collaboré avec le gouvernement pour la remise des terres, et actuellement son successeur Alejandro Moreno Gómez et le Conseiller officiel de vigilance Samuel Díaz Guzmán collaborent dans le même sens, avec le gouvernement mexicain, sans prendre en compte la volonté du village, prétendant ainsi remettre encore une fois nos terres aux mains du gouvernement fédéral et de l’état.

Les faits :

Le 21 décembre 2014 à environ six heures du matin, plus de 300 hommes, des femmes et des enfants des trois régions qui forment le terrain communal de Bachajón, ont récupéré d’une manière pacifique les terres placées sur le domaine du terrain communal, dans la municipalité officielle de Chilón, Chiapas, qui est contigu à la municipalité de Tumbalá et à la commune d’Agua Azul. Sur ces terres passe un accès vers le Centre touristique « Cascadas de Agua Azul », reconnu au niveau mondial.

La récupération de ces terres expropriées est le résultat d’un accord célébré entre ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] faisant partie des trois zones qui composent le terrain communal de Bachajón qui sont : Bachajón, Alan Sacjun et Ch’ich. Depuis à peu près trois ans le gouvernement mexicain, au travers de la CONANP [Commission Nationale des Zones Naturelles Protégées], de l’IPC [Institut de Protection Civile] et du SSyPC [Secrétariat de Sécurité et de Protection Citoyenne] s’est approprié cette surface sans la permission et l’autorisation du terrain communal, sans consultation, ni consentement libre préalable et informé.

Selon les informations que nous avons reçues, nous craignons que dans les prochaines heures les autorités réagissent de manière violente afin de déloger les femmes, les hommes et les enfants qui à présent défendent les terres récupérées. De la même manière, les fonctionnaires du gouvernement mexicain ont signalé aux ejidatarios et ejidatarias [paysan-e-s communaux] que d’un moment à l’autre ils enverront la force publique pour les expulser. Peu importe que l’organisation ait manifesté sa disposition à dialoguer et à chercher une solution par la voie pacifique, le gouvernement et les représentants officiels choisissent la voie de la répression.

Antécédents :

Le 3 février 2011, 117 compagnons de San Sebastián Bachajón, adhérents à la Sixième déclaration zapatiste, furent arrêtés arbitrairement. Ces arrestations ont eu lieu afin de dissoudre l’organisation en résistance et comme mesure de pression pour que le gouvernement récupère les terres. Cependant, cinq mois plus tard, tous les compagnons ont été libérés, et ce grâce à la solidarité nationale et internationale. En août et en septembre 2011, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vázquez Deara ont été arrêtés, en tant que membres actifs de l’organisation adhérente à la Sixième déclaration, torturés et obligés de s’auto-inculper de délits délictueux. Tous les deux ont été libérés grâce à la solidarité et l’organisation.

En mars 2011, notre organisation a présenté un recours contre le pillage (Amparo 274/2011) auprès du juge du septième district siège Tuxtla Gutierrez, Chiapas.

Le 24 avril 2013, Juan Vázquez Guzmán a été assassiné par arme à feu. Ce compagnon était également adhérent à la Sixième déclaration, porte-parole de l’organisation, leader communautaire et défenseur des droits humains. A cause de son activisme pour la défense des terres appartenant à son village, il a été illégalement arrêté le 24 décembre 2011, et le 22 mars 2012, il a été menacé de mort par le commissariat ejidal officiel de l’époque, Francisco Guzmán Jiménez.

Le 21 mars 2014 au matin, le compagnon Juan Carlos Gómez Silvano a été assassiné par plus de vingt tirs à l’arme à feu de haut calibre. Il était le coordinateur de notre organisation pour la défense de la terre.

Le 16 septembre 2014, Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández ont été illégalement arrêtés et torturés. Ils sont toujours incarcérés dans la prison de Yajalón pour des délits fabriqués sans preuves par des policiers municipaux de Chilón, Chiapas, la partie accusatrice.

Les compagnons de Bachajon font un appel à la solidarité. Vous pouvez dès maintenant envoyer les exigences suivantes :

Texte (écrit par les compagnons) à envoyer si vous le souhaitez aux mauvaises autorités :

secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx
uejasoacnudhmexico@ohchr.org
oacnudh@ohchr.org
cidhoea@oas.org

texte en espagnol à envoyer

Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos se garantice la vida e integridad personal de las mujeres, hombres y niños que resguardan las tierras recuperadas el 21 de diciembre de 2014. Asi como privilegiar el diálogo y evitar todo acto de represión en contra de nuestros compañeros y compañeras que estan luchando y defendiendo los derechos que les corresponden. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

(signature, organisation,collectif, individu)

Traduction du texte :
Depuis (mettre le lieu d’envoi, par exemple la France)
Nous exigeons que la vie et l’intégrité personnelle des femmes, des hommes et des enfants qui à présent gardent les terres qui ont été récupérées le 21 décembre 2014. Nous exigeons que le dialogue soit privilégié afin d’éviter tout acte de répression contre nos compagnons et compagnonnes en lutte pour la défense des droits qui leur reviennent. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par les trois passants/correction Myriam

Appel envoyé par plusieurs sources (médias libres), dont voici quelques-unes :

Komanilel
Pozol Colectivo
Enlace zapatista, communiqué de Bachajon
Plus d’infos en français + vidéos sur VIVA BACHAJON

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Communiqué du terrain communal de San Sebastian Bachajon en résistance, pour la libération de leurs prisonniers politiques et pour l’apparition en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa!

Du terrain communal de San Sebastian Bachajon, adhérent à la Sexta déclaration de la forêt lacandone, Chiapas, Mexico

3 novembre 2014

Aux Conseils de Bon Gouvernement
Au Congrès National Indigène
Aux adhérents à la Sexta déclaration de la forêt lacandone
Aux mass-médias et médias alternatifs
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
Au Mouvement Justice pour les quartiers de New York
Aux défenseurs des droits de homme au niveau national et international
Au peuple de Mexique et du monde

Compañeras et compañeros

Nous, les femmes et les hommes du village de San Sebastian Bachajon, saluons tous les villages et communautés en résistance qui défendent leurs territoires contre les projets de pillage menés par le mauvais gouvernement. Nous saluons et envoyons toute notre solidarité aux parents et aux compagnons des 43 étudiants (normalistas) d’Ayotzinapa disparus par le fait du mauvais gouvernement depuis le 26 septembre 2014, et nous exigeons leur immédiate présentation en vie.

Nous vous faisons savoir que le 29 septembre dernier, nous avons réussi, pour la troisième fois consécutive, à faire tomber la sentence prononcée par le septième juge du district de Tuxtla Gutierrez (dans le jugement 274/2011) qui ne reconnaissait pas notre droit en tant que paysans communaux à défendre notre territoire, bien que nous ayons démontré que le commissaire ejidal officiel Alejandro Moreno Gomez et l’ex-commissaire ejidal Francisco Guzman Jimenez « Goyito » sont complices du mauvais gouvernement parce qu’ils ont illégalement livré les terres et permis que la police soit postée dans notre territoire sans l’autorisation de l’organe supérieur du terrain communal.

Le 29 septembre, le troisième tribunal collégial de Tuxtla Gutiérrez a statué sur notre recours en révision n°224/2014, en indiquant que la sentence prononcée par le septième juge est incorrecte et que notre demande est recevable, parce que notre organisation, par le biais du compagnon Mariano Moreno Guzmán, a présenté une demande remplissant toutes les conditions requises par la loi, et qui plus est, parce que le commissaire « ejidal » officiel n’a rien fait pour défendre les terres du terrain communal, alors que dans cette situation, n’importe quel paysan communal « ejidatario » peut présenter sa demande. Entre autre, le troisième tribunal collégial, considérant que les violations de nos droits en tant que peuple indigène sont très graves, a pris la décision d’envoyer notre recours « amparo » à la ville de Mexico pour que la Cour suprême de justice de la nation analyse si elle peut le résoudre ou non, elle devra donner sa réponse dans les semaines qui viennent. Le dossier est pris en charge par la ministre Margarita Luna Ramos qui présentera un projet de présentation du cas le 12 novembre 2014. Nous restons attentifs à la décision de la Cour suprême selon qu’elle traite notre cas ou bien qu’elle le renvoie au troisième tribunal collégial, et nous continuerons la lutte pour la récupération de nos terres.

Nos compagnons prisonniers politiques JUAN ANTONIO GOMEZ SILVANO, MARIO AGUILAR SILVANO et ROBERTO GOMEZ HERNANDEZ qui ont été torturés par le mauvais gouvernement et qui sont injustement privés de leur liberté depuis le 16 septembre 2014 pour avoir lutté pour la justice et la défense de leur territoire, ont été transférés le 2 octobre dernier à la prison  numéro 12 de Yajalón, Chiapas, où ils sont détenus pour des délits qu’ils n’ont pas commis et que les policiers municipaux de Chilón ont fabriqués par vengeance suite à l’emprisonnement obtenu par notre communauté Virgen de Dolores à l’encontre de leur compagnon Sebastian Méndez Hernández qui est incarcéré à la prison de l’Amate pour le meurtre de notre compagnon ex-coordinateur Juan Carlos Gómez Silvano. Le 24 octobre dernier, le recours contre la détention provisoire prononcée par le juge d’Ocosingo Omar Helería Reyes le 24 septembre 2014 pour les délits de tentative d’homicide, a été accepté. Nous exigeons la liberté immédiate de nos compagnons parce que les délits attribués ont été fabriqués et les preuves présentées sont illégales, le juge d’Ocosingo a seulement pris en compte la déclaration du commandant de la police municipale de Chilon et de deux de ses policiers pour la mise en détention provisoire.

Nous exigeons également la libération de notre compagnon SANTIAGO MORENO PEREZ, prisonnier depuis 2009 à Playas de Catazajá, accusé par les priistes de la communauté La Pimienta, car à l’époque de son arrestation il avait la charge du conseil de vigilance autonome de l’Autre campagne (aujourd’hui incluse dans la Sexta) et il a été accusé d’un délit fabriqué qu’il n’a pas commis pour le soustraire de sa fonction.

Notre compagnon EMILIO JIMENEZ GOMEZ prisonnier depuis juillet 2014 à Playas de Catazajá, accusé par les priistes de la communauté de Xanil pour l’agression d’un étranger alors que l’étranger lui-même a dit que le compagnon n’était pas la personne qui l’avait agressé, mais les priistes l’ont amené et fait prisonnier à Playas de Catazajá avec la complicité de la police étatique préventive. Notre compagnon ESTEBAN GOMEZ JIMENEZ prisonnier depuis 2013 à Playas de Catazajá et  aussitôt transféré à l’Amate, a été accusé par le priiste du parti vert écologiste Manuel Jiménez Moreno de la communauté de Pamalha, d’un vol qu’il n’a pas commis. Initialement détenu pour cela, d’autres délits lui ont été ajoutés par la suite .

Nous exprimons notre rejet total des mega-projets de pillage menés contre les peuples de Chiapas et partout dans le pays, pour cette raison nous nous solidarisons avec les compagnons et les compagnonnes du terrain communal de Tila, Los Llanos, Candelaria, San Francisco Xochicuautla, la Tribu Yaqui et avec tous les peuples qui résistent à la prison, la mort, la répression du mauvais gouvernement, et nous leur disons de continuer à lutter parce qu’ils ne sont pas seuls.

Nous exigeons du mauvais gouvernement et du commissaire ejidal officiel de San Sebastián Bachajón Alejandro Moreno Gómez, l’arrêt de la spoliation de notre peuple, de notre territoire et des ressources naturelles, parce que le peuple, va continuer à les défendre. En fin, Depuis la zone le nord de l’État du Chiapas, les femmes et les hommes de San Sebastián Bachajón, nous vous envoyons nos salutation combatives.

Plus jamais un Mexique sans nous

Attentivement
Terre et liberté!
¡Zapata Vive!
Hasta la victoria siempre!
Prisonnier-e-s politiques liberté !
Juan Vázquez Guzmán Vive, la Lucha de Bachajón sigue!
Juan Carlos Gómez Silvano Vive, la Lucha de Bachajón sigue!
Stop à la spoliation des territoires indigènes !
Présentation immédiate des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa!

BACHAJON

Source

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

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CHIAPAS

 Le terrain communal de San Sebastián Bachajón : toujours en résistance en dehors et à l’intérieur de la prison.

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À six mois de l’assassinat de leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, malgré les pièges juridiques, les harcèlements constants et les intimidations systématiques, les compagnons continuent la lutte pour la défense de leur territoire. « Nous n’allons pas nous taire comme le mauvais gouvernement le souhaite, Juan Vázquez Guzmán vit, la lutte de Bachajón continue ! (…) Les mauvais gouvernements assassinent et emprisonnent tous ceux et celles qui luttent pour de meilleures conditions de vie dans leurs villages » – signalent leurs compagnons dans leurs communiqués récents.

Malgré les nombreuses dénonciations et les exigences répétées, tant au niveau juridique que par la pression sociale et la résistance locale, deux compagnons se trouvent toujours derrière les barreaux : Antonio Estrada Estrada et Miguel Demeza Jiménez. Tous les deux luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008 et contre la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique millionnaire, dit CIPP-CAA-Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul.

Antonio et Miguel continuent à rédiger des communiqués depuis la prison et à exiger leur libération. Dans son dernier communiqué du mois d’octobre 2013, Antonio Estrada Estrada, incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja depuis le 7 août 2011, s’adresse aux assemblées zapatistes de bon gouvernement, aux compagnons adhérents à la sixième déclaration zapatiste, aux défenseurs des droits de l’homme au niveau international et national, aux médias, aux peuples du Mexique et aux peuples du monde, aux peuples indigènes en résistance, au mouvement états-unien « Justice pour les quartiers de New York » et à l’opinion publique générale.

Tout d’abord et comme d’habitude, il se présente toujours comme membre du terrain communal de San Sebastián Bachajón et adhérent de la sixième déclaration de la Forêt Lacandone lancée par l’EZLN. Dans son dernier texte il dénonce publiquement le manque d’intérêt et de respect de ses droits de la part de son avocat commis d’office et du ministère public, de par leurs nombreuses absences répétées les jours des comparutions. La dénonciation souligne également le comportement du juge en charge de son dossier qui a décidé sans enquête préliminaire de le condamner à tort à sept ans de prison pour vol et délinquance organisée.

Enfin, il exige sa liberté immédiate ainsi que celle de Miguel Demeza Jiménez, arrêté le 7 octobre 2010 par la police préventive de l’Etat du Chiapas, accusé d’enlèvement et qui compte ses jours d’enfermement dans la prison N°14 « El Amate ». Le compagnon exige également la libération immédiate d’Alberto Patishtán Gómez et Alejandro Diaz Santiz, arrêté il y a 13 ans, accusé d’homicide et condamné à 29 ans de prison. Tous les deux sont incarcérés au surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Par les trois passants
Références : Enlace zapatista.

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Communiqué du terrain communal de San Sebastian Bachajón, adhérent à la Sixième Déclaration de la forêt lacandone. Chiapas. Mexique.

26  juin 2013.

mujeres_bachajon-300x225Aux peuples du Mexique et du Monde
Aux compagnons adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt lacandone
Aux médias massifs et alternatifs
Aux défenseurs de droits humains nationaux et internationaux
Aux assemblées du Bon Gouvernement
À l’Armée Zapatiste de Libération Nationale
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
Aux peuples indigènes en résistance
A l’opinion publique

Compagnons et compagnonnes en lutte au Mexique et dans le monde, nous vous envoyons nos salutations combatives de la part des femmes et des hommes de Bachajón. Nous sommes ici, toujours luttant et résistant avec espoir pour la défense de notre terre mère, contre la spoliation de nos terres de la part du maudit gouvernement qui veut uniquement semer la terreur et la destruction au sein de nos villages.

img_0360Les mauvais gouvernements assassinent et emprisonnent tous ceux et celles qui luttent pour de meilleures conditions de vie dans leurs villages. Ainsi, il y a deux mois, le gouvernement a fait assassiner notre compagnon Juan Vázquez Guzmán par le biais de ses sicaires pendant que notre compagnon se reposait tranquillement chez lui. Agissant par traîtrise, le gouvernement l’a assassiné pour en finir méprisablement avec notre lutte, mais il s’est trompé, car nous sommes ici debout, nous ne lâcherons rien et nous ne partirons jamais de nos terres, lieux où sont nés nos pères, nos mères, nos grands-pères et grands-mères, parce qu’eux aussi se sont battus et ont donné leur vie pour la terre mère.

Nous connaissons bien le jeu pervers mené par le gouvernement. Il va dire qu’il rendra justice pour la mort de notre compagnon Juan Vázquez Guzmán, qu’il mènera des enquêtes et arrêtera les responsables du meurtre, mais mettra-t-il en prison le secrétaire général Noe Castañon Leon et sa bande pour ce qui est arrivé à notre compagnon Juan Vázquez Guzmán et pour le pillage de notre territoire de San Sebastián Bachajón? Eux sont tranquilles en menant leur magouilles par leur abus de pouvoir, leur argent, en achetant les juges, comme ce fut le cas du juge Jose del Carmen Constantino Avendaño du septième district de Tuxtla Gutierrez afin de dissoudre notre recours 274/2011, en se moquant ainsi de notre village qui résiste et défend pacifiquement son territoire, comme tel est son droit.

aguaazul2011Noe Castañon Leon et sa bande, ce sont des profiteurs qui gaspillent l’argent public de nos impôts, s’enrichissent à travers notre souffrance, notre exploitation, notre travail ; leurs familles, par piston, occupent des postes au sein du gouvernement et c’est le peuple lui-même qui est obligé de les entretenir. Le gouvernement est corrompu et médiocre, il est arrivé au pouvoir par l’achat de voix en profitant de la pauvreté des gens. Pour lui, c’est une bénédiction que nous soyons pauvres car ceci arrange bien ses programmes nommés « croisades contre la faim », « pro-champs », qui sont en réalité des miettes pour nous maintenir dans la pauvreté et la misère. Le gouvernement ne veut surtout pas notre autonomie en tant que peuples. C’est pourquoi il achète les autorités locales, tel Francisco Guzmán Jimenez (alias goyito) qui a trahi son peuple en échange de quelques miettes que lui a lancées le patron-gouvernement ; de même il a imposé par la fraude le commissaire local Alejandro Moreno Gomez ; de même encore il utilise nos frères indigènes de la région de Agua Azul qui deviennent paramilitaires pour attaquer la résistance de San Sebastian Bachajón et celle de Bolom Ajaw.

Notre compagnon Juan Vázquez Guzmán avait parfaitement connaissance de tout ce que le mauvais gouvernement tramait à notre encontre, il rêvait de voir notre village libre de l’oppression, des abus, de l’exploitation, il luttait pour l’autonomie de son peuple.

Nous exigeons la libération immédiate de nos compagnons ANTONIO ESTRADA ESTRADA, MIGUEL VAZQUEZ DEARA* et MIGUEL DEMEZA JIMENEZ, arrêtés injustement par le mauvais gouvernement. Antonio Estrada Estrada est emprisonné dans la prison de Playas de Catazajá, Miguel Vázquez Deara est emprisonné à Ocosingo ; tous les deux ont été désignés par les complices de l’ex-commissaire local Francisco Guzmán Jiménez (alias el goyito) tels que Carmen Aguilar Gómez Primero, Juan Álvaro Moreno, Manuel Jiménez Moreno et Miguel Ruiz Hernández. Une fois arrêtés, nos compagnons ont été emmenés par la police étatique et fédérale, ils ont été torturés, puis les délits de vol avec violence et port d’arme à feu ont été fabriqués. Depuis 2011, ils se trouvent injustement prisonniers. Miguel Demeza Jimenez est emprisonné à la prison de l’Amate, il a été également torturé et arrêté par l’unité spécialisée contre la délinquance organisée, accusé à tort de vol et séquestration. Il se trouve depuis 2010 injustement prisonnier.

Récemment, le compagnon Miguel Vázquez Deara a intenté un recours d’appellation; la procédure sera révisée et mercredi 26 juin une réponse devra être prononcée concernant sa situation juridique. Nous exigeons donc du juge mixte d’Ocosingo la libération de notre compagnon qui est innocent, qui a été torturé et dont les délits supposés ont été fabriqués de toutes pièces. Pour ce qui est de notre compagnon Miguel Demeza Jiménez, accusé à tort de vol avec violence par l’unité spécialisée contre la délinquance organisée, son recours 1478/2012 doit également être résolu par le juge du cinquième district de Tuxtla Gutierrez. Nous exigeons la liberté de notre compagnon.

Le 20 juin dernier, la confrontation qui devait avoir lieu entre notre compagnon Antonio Estrada Estrada et les policiers qui l’ont arrêté illégalement, a été suspendue du fait de l’absence d’un traducteur tseltal et d’un avocat commis d’office. Ceci constitue une atteinte à ses droits, qui s’ajoute aux nombreuses injustices dont souffrent tous nos compagnons prisonniers.

juan-vasquez-guzman1-1Compagnon Juan, aujourd’hui, nous nous souvenons de toi par des prières et des chants traditionnels. Cher compagnon Juan, toi qui te reposes en ce moment en meilleure vie, toi qui as donné ta vie pour ton peuple et lutté pour la libération des prisonniers politiques, nous te disons de ne pas t’inquiéter car nous ici, nous continuons à lutter, à nous organiser contre ce maudit système capitaliste. Ta vie est une semence d’espoir, de révolte qui pousse dans les cœurs de chaque enfant, chaque femme et chaque homme de San Sebastián Bachajón et aussi dans les cœurs des compagnons et des compagnonnes partout dans le monde.

Nous saluons avec joie les mots de solidarité et de soutien de nos compagnons du Mouvement de justice pour le quartier, du Grupe de Solidarité avec le Chiapas de Dorset, du Comité du mot véritable de Calcuta et Alisal, du compagnon Hugo Blanco du Perou, du Mouvement pour la paix avec justice et dignité. Recevez une embrassade solidaire et combative de notre village pour continuer votre lutte.

Demain 25 juin commence la Campagne Mondiale : Juan Vázquez Guzmán Vive, la lutte de Bachajón continue ! Notre cri de liberté et de justice résonnera dans chaque coin du monde. Nous demandons aux compagnons et compagnonnes de crier ensemble, comme vous, pour que justice soit faite à notre village et pour que la liberté soit rendue aux prisonniers politiques ANTONIO ESTRADA ESTRADA, MIGUEL VAZQUEZ DEARA*, MIGUEL DEMEZA JIMENEZ, ALBERTO PATISHTAN GOMEZ, ROSARIO DIAZ MENDEZ, ainsi qu’à tous les prisonniers politiques du Mexique et du monde.

Depuis la zone nord du Chiapas, recevez une embrassade de la part des femmes et des hommes de San Sebastián Bachajón.

Attentivement.

¡Tierra y libertad!

¡Hasta la victoria siempre!

Presos políticos ¡Libertad!

¡Juan Vázquez Guzmán Vive, la Lucha de Bachajón sigue!

Traduit par les trois passants et Valérie

Source Enlace Zapatista

*Miguel Vazquez Deara a été libéré le 26 juin 2013 !

estrellita

CHIAPAS: Bulletin sur les mobilisations et nouvelles des prisonnier-e-s – mai-juin, 2013.

bachajonresCes dernières semaines nombreuses ont été les lettres, communiqués, articles et dénonciations des compagnons et compagnes qui résistent à l’enfermement et à la répression et continuent depuis leurs espaces de lutte à résister face à la montée répressive de l’État Mexicain contre toute forme contestation sociale.

San Sebastián Bachajón, Chiapas :

À seulement un mois et demi du lâche assassinat du compagnon Juan Vázquez Guzmán, membre actif du terrain communal de San Sebastián Bachajón appartenant à l’Autre Campagne, aujourd’hui la Sexta, les compagnons de Bachajón ont lancé plusieurs appels dénonçant les agressions et les pillages systématiques qu’ils subissent de la part des trois niveaux du gouvernement, « les grands délinquants » comme les compagnons de Bachajon les décrivent : Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et Leonardo Guirao Aguilar.

« Ces gouvernements corrompus nous expulsent de nos terres et territoires indigènes afin de mener à bien leurs projets transnationaux et continuent à s’enrichir sur notre souffrance. Ils disent que leurs projets favorisent la création d’emplois et la sortie de la pauvreté, mais en réalité le seul intérêt qu’ils poursuivent est d’exproprier nos terres et nous rendre esclaves. C’est eux, les gouvernements corrompus qui ont fait assassiner lâchement notre compagnon de lutte Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013 » (1)

Le mauvais gouvernement achète les autorités communautaires inconscientes qui se laissent vendre pour quelques pesos en voyant uniquement leurs intérêts personnels. Cependant une autorité qui gouverne sans obéir à son peuple et sans le défendre n’est pas une autorité, elle n’a simplement aucune légitimité et c’est pour cette raison là que le peuple lui-même a le droit de défendre ce qui de droit lui appartient -signalent les membres des terres communales de Bachajon adhérents à la Sexta.

juan-vasquez-guzman1-1Dans toute cette région les autorités officialistes sont manipulées par le gouvernement permettant ainsi et plus facilement le pillage et l’expulsion des terres communales. Ce sont eux les officialistes qui permettent la militarisation de la zone et la présence de la police étatique préventive sur ce territoire à fin de continuer à bénéficier de l’enrichissement personnel « ce sont eux qui ont signé des documents avec le gouvernement pour la remise de nos terres sans consulter la plus haute représentation qui est l’assemblée générale communautaire. Ce sont eux qui sont libres, récompensés et protégés par le mauvais gouvernement. Mais nous les indigènes qui nous battons pour notre territoire, nous sommes torturés et punis par l’enfermement en prison, condamnés à de lourdes peines comme c’est le cas d’Antonio Estrada Estrada, Miguel Vázquez Deara et Miguel Demeza Jiménez ». (2)

Les trois compagnons luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008, et se trouvent aujourd’hui enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul. Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Aujourd’hui on assiste à une nouvelle vague de répression comme celle qui s’est abattu sur Bachajon le 2 février 2011 quand de manière violente les autorités officielles, des policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale ont expulsé les compagnons en résistance qui avaient décidé de gérer eux-mêmes le guichet d’entrée des Cascades de Agua Azul construit pour le bénéfice collectif du terrain communal. Bilan de cette répression : 117 personnes furent détenues de manière arbitraire.

Face à cet arbitraire les compagnons du terrain communal de Bachajon en résistance ont présenté légalement un recours contre le pillage de leur territoire (recours 274/2011), recours qui a été refusé le 30 janvier 2013 par un juge du 7e district de Tuxtla Gutiérrez, Chiapas, or le 16 mai 2013 le 3e tribunal de Tuxtla a annulé l’ordre du 7e district dû au fait qu’il s’est avérée illégale et a ordonné la révision de la procédure.

bachajon-y-juan-espanol-grandeLes compagnon-e-s de Bachajon en résistance déclarent dans leur dernier communiqué émis le 6 juin 2013 que, malgré l’assassinat de leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, malgré les pièges juridiques, les harcèlements constantes et les intimidations systématiques, la lutte continuera pour la défense de leur territoire « nous n’allons pas nous taire comme le mauvais gouvernement le souhaite, Juan Vázquez Guzmán vive, la lucha de Bachajón sigue! » (3)

Les compagnons exigent également la libération d’Antonio Estrada Estrada , Miguel Vázquez Deara, Miguel Demeza Jimenez, celle d’Alberto Patishtan et Rosario Díaz Méndez de l’organisation de la Voix de l’Amate, celle des prisonniers de l’organisation de solidaires de la voix de l’Amate, ainsi que la libération de tous et toutes les prisonnières politiques au Mexique et dans le monde, et finissent leur communiqué par le slogan : A bas les murs de toutes les prisons !

Solidairement, un appel a été lancé par des organisations nationales et internationales telles que le Groupe de Solidarité avec le Chiapas de Dorset, le comité de la parole véritable de Calcuta, Inde et du Mouvement Justice pour le quartier de New- York à participer à la semaine d’action globale : » Juan Vázquez Guzmán Vive, la lucha de Bachajón Sigue!” du 25 juin au 2 juillet 2013. (4)

Par les trois passants

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Sources :
(1,2) Denuncia del Ejido San Sebastían Bachajón por las injusticias y despojos realizados por el mal gobierno, 28 mai, 2013 sur Enlace Zapatista.
(3) Communiqué de l’Ejido San Sebastian Bachajon, adhérentes à la sexta, Chiapas, 6 juin 2013, reçu par mail de la part du Réseau contre la Répression et pour la solidarité.
(4) Plusieurs sources dont un blog dédié à cette campagne « vivabachajon »

estrellita

Dénonciation des adhérents à la Sexta sur l’assassinat de Juan Vazquez.

bachajonlibCintalapa de Figueroa, Chiapas 06/05/13
Prison Nº 14 “EL AMATE”

Aux adhérents à la Sexta du terrain communal de San Sebastián Bachajón, Chiapas.

Aujourd’hui 6 mai 2013, j’élève ma voix face aux injustices qui existent dans cet État du Chiapas, telles que la privation de ma liberté depuis deux ans et demi. Le gouvernement m’accuse d’un délit que je n’ai pas commis, de la même façon que mes compagnons qui se trouvent enfermés à Ocosingo : Miguel Vazquez de Ará, et à Playa de Catazajá : Antonio Estrada Estrada*, ainsi que tous les prisonniers politiques solidaires de la voix de l’Amate enfermés dans plusieurs prisons de l’État du Chiapas.

Tous ces détenus sont privés de liberté, comme moi. Pour cette raison j’exige du gouverneur Manuel Velasco Coello notre remise immédiate en liberté.

D’autre part, j’exige des autorités qu’elles trouvent les responsables de l’assassinat de mon compagnon, Juan Vazquez Guzman, du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Assassiné le 24 avril 2013 pour avoir défendu la terre et son peuple, le compagnon participait à différentes activités, mobilisations, actions, événements… Pour tout ceci j’exige du gouverneur de l’État qu’il prenne en consideration tous ces faits.

Compagnons de lutte, je vous invite à continuer à lutter pour la terre et contre l’injustice qui existe ici dans cet État, dans tout le pays et partout dans le monde.

Fraternellement
Miguel Demeza Jimenez

*Miguel Demeza Jimenez a été arrêté le 7 octobre 2010 dans la ville d’Ocosingo, Chiapas, par la police préventive de l’Etat, accusé d’enlèvement. Le compagnon Miguel à été porté disparu et torturé. Miguel , Antonio Estrada et Miguel Vazquez sont adhérents à l’Autre Campagne du territoire communal de San Sebastian Bachajón, ils luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008. Ils font face à la stratégie du gouvernement étatique qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul. Celui-ci veut se les approprier pour des intérêts économiques provenant du tourisme.Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul.

estrellita

Dénonciation des adhérents à la Sexta de San Sebastián Bachajón sur l’assassinat de Juan Vazquez.

San Sebastián Bachajón Adhérents à l’Autre Campagne de la Sixième Déclaration de la forêt lacandone, Chiapas , Mexique, 27 avril 2013

juanÀ L’ASSEMBLÉE DU BON GOUVERNEMENT ;
AU CONGRES NATIONAL INDIGÈNE, CNI ;
AUX ADHÉRENTS À LA SEXTA DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE
AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL ;
AUX CENTRES DE DROITS HUMAINS NATIONAUX ET INTERNATIONAUX ;
AUX ORGANISATIONS CIVILES AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL ;
AUX COMPAGNONS DE L’AUTRE CAMPAGNE DE NEW YORK : JUSTICE POUR LES QUARTIERS ;

Compagnons et compagnonnes, par ce communiqué, nous voulons vous expliquer qui était : JUAN VAZQUEZ GUZMÁN.

Il était un membre actif de notre terrain communal de San Sebastián Bachajón qui appartient à l’Autre Campagne, et nous avons cheminé pendant sept ans à son côté suite à la Déclaration de la forêt lacandone.

Après avoir été membre de notre organisation, Juan avait été nommé le 18 avril secrétaire général des trois centres communaux.

Le 24 décembre 2011, en rentrant chez lui, Juan avait été arrêté sans mandat d’arrêt par des policiers municipaux et judiciaires.Ensuite, il avait été amené à la prison numéro 16 d’Ocosingo. Quelques heures plus tard, le commissaire de l’époque, Francisco Guzmán Guzmán, avait présenté un dossier qui signalait le compagnon Juan comme leader de l’opposition au projet néolibéral. Ce fut grâce à la mobilisation de différentes organisations et à l’intervention du Centre de droits de l’homme que Juan avait été remis en liberté et ramené chez lui le soir du même jour, vers 23h, sans qu’il ait signé aucun document concernant sa remise en liberté et sans que lui soient demandées des excuses pour le dérangement.

Le 26 et 27 novembre 2011, le compagnon Juan Vázquez Guzmán accompagné de Domingo García Gómez avait participé à l’atelier intitulé « dialogue et réflexion », organisé par le Congrès National Indigène -CNI- à San Mateo del Mar, État d’Oaxaca. Au même moment le compagnon suivait le recours juridique (numéro 274/2011) concernant le rejet du projet néolibéral de pillage de leur terre, et accompagnait également le cas des trois compagnons prisonniers rattachés au terrain communal de Bachajon. Juan avait participé aux rencontres sur la prison politique ainsi qu’aux mobilisations pour la liberté des prisonniers politiques au Chiapas, et pour la liberté d’Alberto Patishtan au Mexique.

Le compagnon avait également pris part, aux côtés des compagnons et compagnes de San Sebastián Bachajón, aux mobilisations pour la défense de la terre – comme celles qui ont eu lieu le 7 mai 2011 à San Cristobal de Las Casas, Tila, Mitziton et à la ville de Mexico. Juan avait aussi participé à l’accompagnement et à la lutte pour la libération des 5 derniers prisonniers de Bachajon, et on se souvient de sa participation dans les vidéo – messages qui diffusaient la lutte pour la libération des prisonniers politiques du terrain communal de Bachajon et pour la défense de la terre mère, pour ne citer que quelques exemples de sa participation.

Il y a 4 jours

Le 24 avril 2013 à 10h08 du soir -heure de Dieu-, le compagnon Juan Vázquez Guzmán se reposait chez lui, quand à l’improviste une personne a sonné à sa porte ; ensuite Juan a été criblé de 6 balles de haut calibre, et la personne a pris la fuite dans une camionnette rouge en direction de Sitalá Chiapas.

Nous exigeons que cet assassinat ne reste pas impuni.

Nous, des hommes, des femmes et des enfants appartenant aux terres communales de San Sebastián Bachajón, adhérentes à l’Autre Campagne, lançons un appel pour la solidarité et la justice suite à l’assassinat de notre compagnon. La lutte ne cessera pas, nous continuerons à la mener car nous savons que cette mort n’a pas été vaine. Juan est mort pour la défense de notre terre mère, car les montagnes et les sources d’eaux appartiennent à ceux et celles qui les gardent avec soin.

¡ LA LUCHA SIGUE, SIGUE !
¡ZAPATA VIVE!
¡JUAN VIVE!

Des hommes, des femmes et des enfants appartenant aux terres communales de San Sebastián Bachajón

Traduit par les trois passants et Valérie.

*Voir la lettre collective de solidarité et de condoléances envoyée depuis l’Europe et lue pendant la cérémonie de Juan, cliquez ici

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Assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

073649_JuanVzquezGuzmanLe Réseau contre la Répression du Chiapas reçoit avec rage et indignation la nouvelle de l’assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement.

Après cette agression, les auteurs de ce lâche et infâme assassinat ont fui dans une camionnette rouge.

Tout au long de ces années, Juan Vázquez nous a accompagnés lors de nombreuses mobilisations, actions, évènements,forums etc. Il a toujours été en première ligne dans la protection de son ejido pour la défense du territoire et contre le méga-projet touristique des cascades d’Agua Azul, et pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques, dans le cadre de la Sixième Déclaration.

Nous attendons plus d’informations, mais dans tous les cas il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.

Nous nous solidarisons avec ses proches et sa communauté et nous exprimons notre plus profonde douleur pour cette grande perte. Même ainsi nous ne nous décourageons pas et organisons cette rage pour renforcer notre lutte et maintenir toujours vivants notre compagnon Juan et son exemple de résistance.

Réseau contre la Répression du Chiapas

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LE CONTEXTE

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

C’est le miroir de la valorisation de la nature, au niveau de sa richesse génétique, sa capacité de captage de carbone, l’abondance d’eau et son potentiel touristique, comme c’est le cas de la « Réserve de la Biosphère les Cascades d’Agua Azul ». C’est le résultat de cette stratégie d’accaparement territorial, la démagogie de « l’écotourisme » que le mauvais gouvernement de Juan Sabines promeut de manière complément absurde.

Le complexe touristique a été depuis 20 ans l’objet de la spéculation financière par les grandes associations hôtelières. Carlos Rojas, chargé du Secrétariat de Développement Social (SEDESOL) durant la présidence de Salinas, a commencé à projeter ses rêves dans cette zone de la forêt. La manière de valoriser le pillage des ressources était focalisée sur l’exploitation des paysages naturels à travers le tourisme. Le point de référence était les Cascades d’Agua Azul, avec la proposition d’en faire un centre qui ferait concurrence à Cancún au niveau touristique : le Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul (CIP-CAA).

Cependant, ce projet a été brisé par le soulèvement de l’EZLN en 1994, qui a mis en place la « loi agraire révolutionnaire ». Plus tard, avec la création des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes, on a pu constaté la reconfiguration géographique de la résistance zapatiste. C’est en évoquant une partie de la proposition de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, en 2008 que plus de 1800 paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne décident d’autogérer le péage du dit complexe touristique en exerçant leur droit à l’usage et à la jouissance de leur territoire.

Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européenne cinq étoiles, le Resort avec hôtel, centre de conférences et de golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales tel que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement (PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

On réussit à établir que le gouvernement de l’État du Chiapas a comme tâches principales :

a) promouvoir, créer et gérer huit circuits touristiques – à l’intérieur desquels se trouvent le Couloir Palenque-Cascades d’Agua Azul-Toniná- San Cristóbal de las Casas ;

b) élaborer des diagnostics et mettre en application des politiques environnementales comme instrument de gestion des réserves territoriales, en particulier pour le Centre Intégralement planifié des Cascades d’Agua Azul ;

c) gérer par le biais du SCT la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, ainsi que l’agrandissement ou le déplacement de l’aéroport de Palenque, qui serait la route pour transférer les touristes.

En ce qui concerne les Municipalités chargées de participer à l’exécution de ce mégaprojet, elles doivent :

a) contribuer à l’image et à l’architecture du paysage ;

b) étendre le périmètre de sécurité publique dans les zones et les circuits touristiques ;

c) faciliter l’obtention de permis et de licences pour le développement des projets écotouristiques.

La criminalisation comme politique d’État et la répression comme instrument de contrôle, ainsi que le clientélisme, ont été rendus visibles d’une manière cynique en février 2010 et continuent aujourd’hui, quand des militants du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) ont fait irruption dans la communauté zapatiste de Bolón Ajaw de manière paramilitaire, avec l’ordre d’expulser et de provoquer le déplacement des familles.

Un an après et à quelques jours près de la visite de Felipe Calderón dans cette zone touristique, une expulsion violente a eu lieu contre les compagnons de San Sebastían Bachajón. Depuis février 2011, la répression, l’impunité, la criminalisation, et le clientélisme (propre aux conjonctures électorales), se découvrent encore une fois, avec le mensonge et la démagogie bon marché qui, cette fois-ci, revêtent la barbarie du gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, et de son serviteur Noé Castañón.

Le discours de « durabilité » et/ou de « tourisme responsable » ainsi que les soi-disant « tables de négociation » que le mauvais gouvernement utilise font partie du discours attrape-bobos et de la mise en scène montée de toutes pièces dont se sert aujourd’hui le gouverneur, ainsi que tous ceux qui obéissent à ses ordres et tous ceux pour qui importent peu les coûts environnementaux et la spéculation sur la biodiversité et les connaissances culturelles de cette région.

Nommer non seulement les sujets mais aussi les institutions qui promeuvent et gèrent le tourisme en criminalisant des compagnons, les rendre responsables et les engager face à leurs actions : la SEMARNAT, la CONANP, l’INAH doivent se charger des zones régionales et de la possession de la terre, ainsi que d’établir des critères et des programmes à l’ordre et pour le profit du tourisme. Le FONATUR, se chargera de formuler un business plan et le Plan Maître du CIPP-CAA et de participer au Programme de Développement Touristique de la Région-Forêt de l’État du Chiapas …

Bref : ce que nous présentons ici n’est qu’une partie de l’action spéculative dans la région. Cela démontre que les stratégies politiques du gouvernement fédéral, étatique et local ne sont pas si naïves. Dans la région, Juan Sabines et les partis politiques (PRI, PAN, PRD, PVEM), répètent la même politique : assistancialisme, clientéliste, la cooptation et la criminalisation de celui qui résiste, avec comme objectif de créer des conflits entre les communautés de la région afin d’administrer le territoire et de le remettre au capital financier et spéculatif.

Il est clair pour nous que le contexte où est né le conflit pour la gestion du péage d’Agua Azul, représente un miroir de la dispute entre ceux qui sympathisent avec les intérêts du grand capital, les transnationales et le système médiocre des partis politiques et ceux qui défendent le territoire qui donne la vie, qui représente un soutien économique, culturel et politique pour les communautés indigènes mayas, lesquelles construisent avec dignité des alternatives autonomes qui font face à un système de mort, le capitaliste.

Dans ce contexte de lutte et de résistance, trois compagnons de Bachajon se trouvent toujours incarcérés :

Antonio Estrada Estrada, est incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja
Miguel Vazquez Deara, est incarcéré dans la prison numéro 16 à Ocosingo
Manuel Demeza Jimenez, est incarcéré dans la prison numéro 14 à l’Amate.

Source : noestamostodxs

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Antécédents

Les paysans sont restés en prison pendant plus de cinq mois accusés d’assassinat.
Le 6 et 23 juillet 2011 les prisonniers de Bachajon, Chiapas ont été libérés!

La détention des paysans a mobilisé des dizaines d’organisations nationales et internationales qui par des actions globales ont permis la libération des tous les compagnons.


La Municipalité de San Sebastian Bachajon et d’autres comme Montes Azules et Mitziton sont menacées par un méga-projet touristique nommé Centre Intégralement Planifié Palenque-Agual Azul (CIPP). Ce projet prévoit : l’extension de l’aéroport de Palenque pour répondre aux normes internationales, la construction d’une autoroute entre les deux villes touristiques de San Cristobal de la Casas et Palenque, la construction d’hôtels et d’un train éco-touristique. Le CIPP affectera un nombre important de communautés zapatistes et de l’Autre Campagne.

L’assemblée de la communauté de San Sebastián Bachajón qui fait partie de l’Autre Campagne s’est toujours opposée aux projets néo-libéraux qui les expulsent de leurs territoires et impliquent la destruction des ressources naturelles.

En exerçant leur autonomie, les adhérentEs de l’Autre Campagne de San Sebastian Bachajon administrent le guichet d’entrée des Cascades de Agua Azul car il s’agit de leur terre, l’argent récolté du guichet sert aux besoins de la collectivité, cependant les tentatives d’expulsions ont été constantes et ils ont été menacés de manière directe par la police et par les paramilitaires de l’OPPDIC.

C’est dans ce contexte que les ejidatarios et ejidatarias veillaient sur la terre et l’accès aux cascades depuis une petite installation attaquée le 2 février 2011 par les priistes et les paramilitaires, aidés en cela par les autorités priistes de Chilón. Dans les heurts un des agresseurs mourut, victime d’une balle tirée par ses propres compères.

Le 3 février lorsque les ejidatarios et ejidatarias de Bachajón se réunirent au niveau de l’entrée des cascades d’Agua Azul afin de s’accorder sur la réponse à donner au gouvernement de l’Etat par rapport à l’offre d’une table de dialogue entre les groupes en conflit, ils furent attaqués de manière traître par des centaines de policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale qui réalisèrent des détentions massives. 117 personnes furent détenues de manière arbitraire.

Le 5 février, 107 ejidatarios furent libérés et 10 compagnons furent transférés à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité corporelle et le patrimoine de l’Etat. Postérieurement grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au Mexique et dans d’autres pays, cinq compagnons furent libérés, et restent donc emprisonnés:

Mariano Demeza Silvano
Domingo Pérez Álvaro
Domingo García Gómez
Juan Aguilar Guzmán
Jerónimo Guzmán Méndez

Voir le Contexte : les territoires stratégiques du Chiapas ici

Liberté pour les ejidatarios de San Sebastián Bachajón et pour tous les prisonniers de l’Autre Campagne


A l’Autre Campagne
A la Zezta Internazional
Aux personnes honnêtes du monde

Les kompas de San Sebastián Bachajón sont de l’Autre Campagne et défendent leur terre et leur territoire qu’on veut leur enlever car elles sont très jolies et les chefs d’entreprises et le mauvais gouvernement veulent faire des projets sur les cascades d’Agua Azul qualifiés d’« écotouristiques », mais en réalité ils sont seulement au bénéfice des intérêts de ceux d’en haut ici et des multinationales. C’est pour cela que, comme pour les kompas de l’ejido Tila, ils veulent leur enlever leurs terres.

Les ejidatarios et ejidatarias veillaient sur la terre et l’accès [aux cascades] depuis une petite installation attaquée le 2 février dernier par les priistes et les paramilitaires, aidés en cela par les autorités priistes de Chilón. Dans les heurts un des agresseurs mourut, victime d’une balle tirée par ses propres compères.

Le 3 février lorsque les ejidatarios et ejidatarias de Bachajón se réunirent au niveau de l’entrée des cascades d’Agua Azul afin de s’accorder sur la réponse à donner au gouvernement de l’Etat par rapport à l’offre d’une table de dialogue entre les groupes en conflit, ils furent attaqués de manière traître par des centaines de policiers fédéraux, étatiques et des éléments de l’armée fédérale qui réalisèrent des détentions massives, poursuivant ceux qui cherchaient refuge dans les maisons du voisinage. 117 personnes furent détenues de manière arbitraire, indigènes tzeltales de San Sebastián Bachajón, et durant le processus légal elles ne purent pas compter sur la présence d’un avocat défenseur des droits de l’homme, ni sur celle d’un interprète de leur langue et culture, et furent de plus menacées par des policiers de l’Etat et harcelés par le ministère public.

Le 5 février 107 ejidatarios furent libérés et 10 kompas furent transférés à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité corporelle et le patrimoine de l’Etat.

Postérieurement grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au Mexique et dans d’autres pays, cinq compagnons furent libérés, et restent donc emprisonnés:

Mariano Demeza Silvano (mineur, âgé de 17 ans)
Domingo Pérez Álvaro (membre de la comission de promotion)
Domingo García Gómez (membre du Conseil de Défense des Droits)
Juan Aguilar Guzmán (Trésorier principal)
Jerónimo Guzmán Méndez (ejidatario)

Faisons de cette lutte une manifestation de l’autre amour, l’amour solidaire pour la terre, pour les compas, pour un monde meilleur…

Nous appelons à manifester et à réaliser des actions de propagande et de diffusion à l’heure et le jour convenant à chacun, chacun à sa manière, dans tous les lieux possibles du Mexique et du monde, afin d’exiger la liberté immédiate de nos compagnons.

(traduction d’un extrait d’un communiqué du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité de l’Autre Campagne, en date du 10 mars 2011)
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2011/03/10/convocatoria-a-tres-actividades-por-la-libertad-de-nuestros-companers-presos-politicos/)

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Dernier communique en date des adherents de l autre campagne bachajon, 8 mars 2011 :


Ejido San Sebastián Bachajon
Adhérents à l’Autre Campagne de la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone Chiapas, Mexico

Aux peuples du Mexique et du monde
A la presse nationale et internationale
A la société civile nationale et internationale
Aux organismes des droits humains
Aux grands médias et aux medias alternatifs
Aux compagnes et compagnons de l’Autre Campagne nationale et internationale

A travers cet écrit nous tenons à dénoncer publiquement le gouverneur de l’Etat du Chiapas Juan Sabines Guerrero et son secrétaire de gouvernement Noé Castañón león ainsi que le conseil aux droits humains de l’Etat du Chiapas, pour l’expulsion violente de nos compagnons le 2 février 2011 dernier par un groupe de priistes organisé par le gouvernement lui-même et par son secrétaire, à travers [la création] d’un groupe d’autorités indiennes de la municipalité de Chilon financé par les trois niveaux de gouvernement [municipal, chiapanèque et fédéral]. Cela leur permit d’arriver à leur objectif d’obtenir un accord avec les autorités de Tumbala et des officialistes de San Sebastian Bachajon afin que grâce aux accords signés soit concédé au gouvernement le centre écotouristique des cascades d’Agua Azul, qui será donc administré par la direction immobilière de l’Etat du Chiapas. Selon le rapport diffusé dans plusieurs médias le 8 mars dernier le conseil des droits humains de l’Etat du Chiapas a diffusé dans son communiqué que le problème qui a surgi du fait de la non présence de l’Autre Campagne [aux négociations] n’a pas résolu le conflit, et selon ce qui est écrit le [centre des droits humains] “FrayBa” ne doit pas intervenir dans le conflit car il ne fait que semer la división dans l’ejido, les accords étant réalisés par 2785 ejidatarios et 375 habitants [de l’ejido] d’Agua Azul qui ont donné à l’Etat un paquet de noms et de signatures des habitants des deux ejidos.

Si on prend en considération le fait que cet accord a été pris par l’assemblée du 3 au 5 février, normalement comme ejidatarios la coutume est de 15 jours de notification pour une convocation à l’assemblée, affichée dans des lieux visibles, et selon la loi agraire il doit y avoir 8 jours mínimum de délai, mais cette fois-ci la stratégie du mauvais gouvernement a été de deux jours, tout un processus honteux un accord sans valeur qui n’est qu’un mécanisme pour tromper la société et ainsi prendre possession de nos terres et de leurs ressources et malheureusement à cause de tout ça des compagnons à nous sont emprisonnés. [C’est pour cela que] les 7 et 8 mars de 2011 dernier des hommes et des femmes ejidatarios de San Sebastián Bachajon adherents à l’Autre Campagne nous avons réalisé un blocage de route au chef-lieu de San José en rebeldía au croisement d’Agua Azul de la route Palenque-Ocosingo, afin d’obtenir la libération immédiate de nos prisonniers injustement emprisonnés dans la prison Cereso n. 17, Playas de Catazajá, Chiapas et d’un mineur enfermé dans le centre de réadaptation pour mineurs délinquants de Villa Crisol, détenus le 3 février dernier par différentes autorités du gouvernement.

Et malheureusement pour tout cela nos compagnons sont incarcérés. En réponse à notre activité les 7 et 8 mars passés le conseil des droits de l’homme de l’Etat du Chiapas a diffusé un communiqué disant que des participants de l’Autre Campagne réalisaient un blocage armés de machettes et de bâtons, perturbant l’ordre public et commettant un délit sur des tiers selon la version du conseil, quand les compagnons qui manifestaient avaient pour meilleure arme leurs slogans et leurs exigences mais malheureusement pour ce conseil c’est honteux qu’en étant un organisme des droits humains il ne soit qu’un masque pour le mauvais gouvernement. Cet organe de défense du gouvernement a caché la véritable intention de spolier les terres avec violence, cruauté et haine. Courage pour ceux qui défendent leur dignité pour la terre, le territoire et leur autonomie. (…)

Afin que le gouvernement comprenne bien qu’ici c’est un territoire autonome et pas un endroit pour les projets des transnationales nous allons défendre nos terres et nos ressources sans se soucier des conséquences et si nous devons mourir pour cela il en será ainsi. Nous sommes dignes nous sommes les propriétaires originels et légitimes de ces terres héritage de nos ancêtres. Pour cette raison nous avons décidé de suspendre l’activité [de blocage de route] que nous étions en train de réaliser et nous allons chercher d’autres alternatives plus dures afin de continuer à exiger la liberté inconditionnelle de nos compagnons prisonniers politiques. Nous continuerons à démasquer ce mauvais gouvernement corrompu qui au travers de son armée voudrait nous intimider, comme les 7 et 8 mars où sont arrivés des policiers de différents services du gouvernement ainsi que l’agence fédérale d’investigation, tournant autour du chef-lieu où étaient concentrés les hommes femmes et enfants. On voit bien l’intention évidente du mauvais gouvernement d’en finir avec nos luttes sans se soucier de l’intégrité physique et mentale des hommes et des femmes, utilisant la violence et la cruauté afin d’arriver à son objectif donnant tout son sens à cette année de 2011. Les dernières années de gouvernement de Juan Sabines closent avec une broche en or tout une épopée de spoliation violente semant la mort et principal négociateur des transnationales.

Compagnons et compagnes adhérents de l’Autre Camapgne nationale et internationale cela n’est qu’une petite démonstration du mauvais gouvernement afin d’en finir avec nos luttes. C’est le moment le plus approprié pour mieux nous organiser et continuer à démontrer au gouvernement qui nous sommes réellement et pourquoi nous luttons, en démontrant au conseil des droits humains de l’Etat que nous sommes une organisation pacifique qui luttons pour nos terres nos territoires et nos ressources, qu’ils ne nous confondent pas avec leurs autorités du mauvais gouvernement.

SALUTATIONS

Tierra y Libertad
Zapata Vive la Lucha Sigue
Hasta La Victoria Siempre

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Déclaration du Réseau contre la Répression suite à la répression au Chiapas
Solidarité avec Bachajón, Mitzitón et le Conseil Autonome Régional de la Côte -Chiapas

Nous dénonçons avec indignation la nouvelle escalade de violence et de répression contre les communautés organisées de l’Autre Campagne au Chiapas. Nous sommes alarmés par les agressions dont nous avons été témoins durant le mois de février. Ces attaques ont été réalisées par l’État et par ses groupes paramilitaires contre les adhérents de la Sixième Déclaration de la forêt Lacandonne :

Le 2 et 3 février, 117 personnes des terres communales de  San Sebastian Bachajón ont été arrêtées. Actuellement 10  compañeros sont encore prisonniers : Mariano Demeza Silvano (mineur, il a 17 ans), Domingo Pérez Álvaro (faisant partie de la Commission de promotion), Pedro Hernández López (secrétaire du commissariat des terres communales), Miguel López Deara (suppléant du conseil des terres communales), Domingo García Gómez (membre du Comité de défense des droits), Juan Aguilar Guzmán (trésorier principal), Pedro García Álvaro (ayant un handicap mental), Jerónimo Guzmán Méndez (membre des terres communales), Pedro López Gómez (membre des terres communales) et Miguel Álvaro Deara (membre des terres communales)

Les adhérents de Bachajón ont été emprisonnés parce qu’ils ont exigé que soient respectés leurs droits historiques collectifs en tant que peuples indigènes. Le 12 février 2011 cinq agents du gouvernement de l’Etat sont venus à San José en Rebeldía pour négocier la libération des dix adhérents séquestrés par l’État en échange de l’administration du péage d’Agua Azul. En plus de cela ils prétendaient marchander le renoncement à la libre détermination du territoire alors que celle-ci est un droit non négociable.

Le Village Organisé de Mitzitón n’a cessé d’être agressé depuis qu’il s’est opposé au mégaprojet de l’autoroute San Cristobal-Palenque en mars 2009. Harcèlement et menaces récurrentes de la part du groupe paramilitaire  Ejército de Dios Alas de Aguila sont à l’origine de la mort d’Aurelio Díaz Hernández l’année dernière. Ces derniers temps et en particulier le 13 février 2011 les agresseurs sont revenus attaquer les adhérents, parmi lesquels deux ont été séquestrés et sévèrement frappés. Par la suite les paramilitaires de l’Ejército de Dios ont tiré vers la communauté. Carmen Jiménez Heredia a été touchée par une balle et a été admise à l’hôpital de Las Cultutas dans un état grave.

Le Conseil autonome de la région de la Côte et le Centre des droits humains Digna Ochoa.

Le 22 février, 56 personnes ont été retenues alors qu’elles effectuaient un blocage de solidarité dans le cadre de la journée de protestation régionale de l’Autre Campagne pour l’arrêt de la répression contre les adhérents de San Sebastian Bachajon, les prisonniers de La Voz del Amate, les personnes solidaires en jeûne et le Village Organisé de Mitzitón. Jusqu’a présent nous savons que sur 16 personnes détenues, il reste trois compañeros en prison. Il s’agit de Nataniel Hernández, José María Martínez Cruz y Eduardo Alonso, qui sont des défenseurs des droits humains, à qui, il a été refusé la visite de leurs familles et de leurs avocats. C’est pourquoi, nous craignons qu’on tente de leur faire signer des aveux sous la torture physique ou psychologique.

Face à cette escalade de violence de la part de l’État, de l’armée mexicaine, des forces de sécurité, des groupes paramilitaires et des médias officiels, il est plus qu’évident qu’une offensive est en cours contre les communautés, les organisations, les collectifs et les personnes qui luttent pour un Mexique avec une justice pour tous et qui s’opposent à la mise en place des projets néolibéraux comme le projet Méso-Amérique, qui implique le dépouillement et la privatisation du territoire indigène.

Nous lançons donc un appel à toutes les personnes qui ont un cœur en bas et à gauche pour qu’elles se manifestent selon leurs modes et formes d’actions. Selon les temps et les espaces où chacune et chacun choisira sa tranchée de lutte en solidarité avec Bachajón, Mitzitón, le Conseil autonome régional de la Côte et le Centre des droits humains Digna Ochoa.

Les dernières informations signalent que les trois avocats du Centre de Droits de l’Homme Digna Ochoa ont été libérés le mercredi 2 mars pendant la nuit.

Source : http://www.redcontralarepresion.org/

Voir le Contexte : les territoires stratégiques du Chiapas ici

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