Alvaro Sebastian Ramirez, Loxicha, Oaxaca

 ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 55 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta zapatiste, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 18 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Ecrits de prison ( Fanzine ) cliquez sur l’image.

ALVAROLOXICHA10

Vidéo de présentation – Campagne pour la libération d’Alvaro

Malgré 18 ans de prison, Alvaro Sebastián Ramírez est toujours debout !

c3a1lvaro-sebastic3a1n-ramc3adrez-vertical-700

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. » Álvaro Sebastián Ramírez .

C’est à travers la Sixième Déclaration zapatiste qu’Álvaro Sebastián Ramírez a fait connaître son nom, son visage, son histoire, sa lutte. Il nous a montré ce qu’est prendre sa propre lutte entre les mains, malgré la prison. Avec lui, comme avec d’autres, on voit que les murs des prisons peuvent s’écrouler depuis l’intérieur.

Adhérent à la Sexta zapatiste, Álvaro Sebastián Ramírez, âgé de 55 ans, est un indigène zapotèque originaire de la communauté de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 18 ans qu’il est privé de sa liberté. Il a été condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, de tentative d’homicide, de terrorisme et conspiration.

Au moment de son arrestation, il travaillait comme enseignant, mais il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général. Avec ses compagnons, il luttait pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement. Il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, refusant l’ingérence des partis politiques et préservant les « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Álvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Le 29 août 1996 un groupe rebelle de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) attaque simultanément les installations de l’infanterie de marine, de la police préventive de l’État, de la police judiciaire de l’État, de la police judiciaire fédérale et de la police municipale de Santa María Huatulco, Oaxaca.

Accusé de plusieurs délits en relation avec l’attaque du 29 août, Álvaro Sebastián est détenu le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et mis en prison.

Le 7 juin 2013, Álvaro ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, tous prisonniers de Loxicha, Oaxaca, sont transférés arbitrairement et sous torture physique et psychologique de la prison d’Ixcotel à la prison n°13 de « Mengoli de Morelos, Miahuatlán », dans l’État d’Oaxaca.

Le 20 juin 2013, les prisonniers Loxicha sont transférés de la prison n°13 de « Mengolí », vers la prison n°6 « Huimanguillo », État du Tabasco. Puis ils sont de nouveau transférés de celle-ci vers la prison de haute sécurité n°13 de « Mengolí de Morelos, Miahuatlán ». Le 17 avril 2014, Justino Hernández José, Eleuterio Hernández García, Agustín Luna Valencia, Abraham García Ramírez, Fortino Henriquez Hernández et Álvaro Sebastián Ramírez, ont été transférés à la prison d’Ixcotel. source

De nuit ils ont été pris. Plusieurs personnes fortement armées, habillées tout en noir et encagoulées ont tout à coup fait irruption dans la cellule que les prisonniers partageaient. Avec violence, ils ont été fouettés contre le mur et on leur a attaché les mains derrière le dos. Ils ont été maintenus ainsi, attachés, debout pendant des heures jusqu’à ce que les hommes habillés en noir les fassent sortir de leur cellule, sans qu’ils sachent quand ils allaient revoir cette cellule qu’ils avaient partagée pendant seize ans.

À l’intérieur d’Ixcotel, la cellule 22, mieux connue sous le nom de la « Cellule des Loxichas », était quelque chose d’exceptionnel. Un microcosme de la région Loxicha, une enclave culturelle et linguistique, dont les habitants communiquaient dans leur langue maternelle, le zapotèque xiche de la Sierra Sur d’Oaxaca. Cette cellule était, dans une certaine mesure, un espace libéré à l’intérieur de la prison, le résultat de dix-sept années de lutte continue pour la liberté, d’une lutte menée depuis l’intérieur d’une institution dont la raison d’être est justement la privation de liberté et le contrôle de certains humains par d’autres humains. Dans ce contexte, les réussites des Loxichas ont été formidables.

Des quelques mille cinq cents internes de la prison d’Ixcotel, les six indigènes zapotèques xiches étaient les seuls à ne pas payer « le droit au sol », une sorte d’impôt ou de tribut que tous les internes doivent verser aux « responsables », dits « caciquillos » (allusion aux grands propriétaires terrains arrogants), qui régissent chaque cellule. En revanche, les xiches de la cellule 22 s’auto-gouvernaient au quotidien, conformément au système fondé sur les us et coutumes des communautés zapotèques, leurs communautés d’origine ; ils pratiquaient ainsi une sorte de micro-système d’us et coutumes à l’intérieur de la prison. Les six prisonniers indigènes, ceux qui n’ont pas été transférés et sont restés dans la prison d’Ixcotel, choisissaient chaque année un responsable et un trésorier. Ces autorités rotatives avaient la responsabilité de s’occuper des affaires administratives de la cellule et de gérer l’argent qu’ils avaient en commun, respectivement.

Pour s’acquitter des frais collectifs représentés par l’achat, par exemple, des produits de nettoyage pour les toilettes ou des bombonnes d’eau – qui ne sont pas fournis par la prison -, les prisonniers vendaient des plantes comestibles, des légumes, des citrons, qu’ils semaient eux-mêmes en dehors de leur cellule. Ceci était une autre réussite de leur lutte, même si la majeure partie du temps, ces semences étaient destinées à leur propre alimentation, quand ils ne les offraient pas tout simplement à d’autres détenus.

Les prisonniers Loxicha étaient respectés et connus de tous dans la prison d’Ixcotel.

Le 15 décembre 2013, Álvaro écrivait à la troisième personne, une lettre intitulée  « Comment Álvaro Sebastián Ramírez survit et comment il lutte contre l’isolement ». Et il nous raconte « Quand on est transféré dans un Centre Fédéral de Sécurité Maximale, on y est accueilli avec des mauvais traitements, inhumains et dégradants. Ils t’imposent leur règles et leur discipline de fer, décrétées par ceux d’en haut, ceux qui se sentent propriétaires de cette terre, et exécutées par leurs subordonnés, même les plus petits (…). Face à cette réalité qui tend à te détruire physiquement et psychologiquement, Álvaro Sebastián Ramírez, assume une attitude courageuse pour aller de l’avant, maintenir le calme, la tranquillité, la sérénité, la force, la patience, pour continuer résolument à vivre en essayant de contenir tout.

Dans la situation d’incarcération on peut changer sa manière de penser. On peut penser qu’on habite dans une ville moderne où les pies ne sont pas salies par la boue, où les trottoirs et les rues sont couverts de béton, à la différence de mon village d’Oaxaca ; que quand nous sortons travailler, c’est en voiture blindée, et que nous circulons par les rues pleines de caméras de surveillance, de postes de police Fédérale avec leurs portails électriques, de tours de vigilance et de contrôle et tout cela, sur de petites distances ; que les rues sont également remplies d’alarmes de haute technologie partout ; et que nous comptons aussi avec de petits chariots qui transportent la nourriture jusqu’aux dortoirs et aux modules.

Les habitations de cette ville sont modernes. Chacune est couverte de mailles d’acier et de protections spéciales, dans la partie inférieure et supérieure, pour empêcher les « malfaiteurs » d’escalader les habitations ; mais de toutes les façons cela est impossible, même pour les rats et les souris qui ne peuvent pas entrer dans cette ville ni ne pourraient monter dessus.

Alors, quand je me promène en voiture, je vois les montagnes, les villages voisins et les oiseaux qui sont en train de se reposer sur les toits de maisons. Sur les bancs des rues je vois les employées et employés, les travailleurs et travailleuses avec leurs uniformes respectifs et leurs identifications attachées au cou qui marchent à toute vitesse en regardant leurs montres pour ne pas arriver en retard dans les entreprises où ils travaillent : l’entreprise de cuisine, du pressing, d’hygiène, de boulangerie, de tortilleria, d’eau… Dans cette ville toute neuve il y a tellement de choses à décrire encore.

Quand j’ai l’occasion de sortir dans la cour pendant une heure, j’en profite pour faire de l’exercice et pour courir, et quand c’est l’heure de sortir sur les terrains je joue au basketball ou au foot ; j’en profite sinon pour écrire des poèmes, lettres, essais, pour apprendre de chansons, les mémoriser… Tout cela est une méthode de résistance contre l’isolement. »

Álvaro Sebastián Ramírez, Prisonnier politique et de conscience de la région de Loxicha, Mexique, 15 décembre 2013.

Plusieurs brigades de soutien et d’accompagnement à Álvaro ont eu lieu à Oaxaca. La dernière brigade a été convoquée pour ce 31 mars 2014. Le but : rompre l’isolement et lui rendre visite… La lutte continue !

Traduit par Les trois passants
Correction Valérie et Myriam

____________

Lettre depuis la Prison Centrale de Oaxaca, Mexique, 8 juin 2016 bartra-600pix

Aux compañeros, compañeras Les trois Passants,
A l’Espace Expérimental politique, social et culturel La Chapelle,
Au groupe Fandango Mano y Vuelta,
Aux adhérents et adhérentes de la Sexta en France,
A tous et toutes les Solidaires.

10 juin 2016, neuvième anniversaire de la création du Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité.

Je tiens à remercier l’espace qui m’est donné pour me permettre de participer avec mes paroles.

Je m’appelle Alvaro Sebastián Ramírez, je suis prisonnier politique et de conscience, originaire de la région de Oaxaca au Mexique.

Cela fait plus de 18 ans que je suis en prison, j’ai été victime d’enlèvement et torturé par l’État mexicain.

C’est depuis ma tranchée de lutte dans la Prison Centrale de Oaxaca que je vous envoie mes salutations fraternelles et combatives et une forte accolade pleine d’énergie à chacun de tous ces compañeros, compañeras qui participent et sont présentes à cette deuxième journée de solidarité avec les prisonnières en lutte au Mexique, qui se tient le 11 juin 2016  à Toulouse en France.

Dans la prison centrale de Oaxaca, ces derniers mois, le système  pénitentiaire a encore restreint ses règles dans tous les domaines, limitant les visites des personnes qui ne sont pas de la famille, des amis des amies ; mettant des tas d’obstacles à la remise de matériel pour travailler ; distribuant une nourriture de très mauvaise qualité et en quantité insuffisante ; diminuant les médicaments pour que les médecins nous délivrent des ordonnances et que ce soient nos familles qui les achètent à l’extérieur ; nous mettant à l’isolement total pour nous détruire totalement physiquement et psychologiquement.

Je lance un appel car il est temps de nous rassembler avec tous les peuples du monde parce que nous avons tous les mêmes besoins d’être libérés de l’esclavage moderne qui nous asservit sur cette terre.

Depuis cette prison, j’envoie une digne, rebelle et solidaire embrassade à tous ceux et toutes celles qui sont présents à cette deuxième journée de solidarité des Prisonniers en Lutte.
Poursuivons nos efforts pour construire un monde meilleur.

Liberté pour Les Prisonniers Politiques !
Vive l’Espace Expérimental politique, social et culturel La Chapelle !
Vive le groupe Fandango Mano y Vuelta !
Vive le Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité !
Vive l’Armée de Libération Zapatiste ! Vive l’EZLN !

Lettre lue et envoyée pour la Journée de Solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au Mexique organisée à Toulouse par les trois passants avec le soutien de la Chapelle, de l’atelier Fandango Mano y Vuelta et de copines et copains solidaires.

Oaxaca: Álvaro Sebastián Ramírez de retour à la prison d’Ixcotel.

Aujourd’hui 17 avril 2014, en fin de la journée, dans le cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, depuis Oaxaca nous informons de ce qui suit :

Aujourd’hui à 17h36, soit à quelques heures de la fin de la conférence de presse dans les cadre de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, les proches d’Álvaro Sebastián Ramírez et les membres du collectif La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión, ont reçu un appel depuis l’intérieur de la prison centrale d’Ixcotel (Oaxaca), où le responsable de la cabine téléphonique nous a informé que notre compagnon Alvaro y était entré à 16h30. Il s’agit d’un nouveau transfert de la prison CEFERESO No.13 de Mengolí de Morelos vers la prison centrale de Santa María Ixcotel, Oaxaca, centre. Quelques minutes après nous avons reçu un appel d’un proche d’un autre prisonnier de Loxicha qui nous a dit qu’il avait reçu le même appel.

Suite à cette nouvelle, nous avons décidé d’aller en personne à la prison d’Ixcotel pour confirmer si il était vrai que nos compagnons se trouvaient là et dans quelles conditions. L’actuel directeur de la prison d’Ixcotel a reçu la compagnonne Erika Sebastian Luis, fille d’Alvaro et un proche d’un autre compagnon prisonnier Loxicha venu aussi à la prison. Le directeur leur a confirmé l’information : Six des sept prisonniers Loxicha se trouvent depuis aujourd’hui 16h20 dans la prison de Ixcotel.

Justino Hernández José, Eleuterio Hernández García, Agustín Luna Valencia, Abraham García Ramírez, Fortino Henriquez Hernández et Álvaro Sebastián Ramírez, ont été transférés à la prison d’Ixcotel ; nous ne savons pas pour l’instant où se trouve le compagnon Zacarías Pascual García López.

La compagnonne Erika a seulement pu avoir accès au bureau de la direction de la prison, et n’a pas pu vérifier de visu la condition de nos compagnons. Le directeur de la prison a assuré qu’ils sont en bonne santé, qu’ils n’ont pas subi de mauvais traitements durant le transfert, qu’actuellement ils sont à la visite médicale et que demain le 18 avril à 8h30 du matin, nous pourrons entrer dans la prison pour les visiter.

A la sortie d’Erika, accompagnée de compagnons et compagnonnes solidaires et des médias libres, nous avons conclu l’activité en lisant à nouveau le communiqué rendu public aujourd’hui, cette fois-ci en face de la prison, accompagné de slogans pour qu’ils arrivent jusqu’aux oreilles de nos compagnons prisonniers.

Que veulent les prisonniers politiques ? LA LIBERTÉ !

Les prisonniers Loxicha ne sont pas seuls !

Liberté pour Alvaro Maintenant !

Compagnons, compagnonnes, la sortie d’Alvaro et de ses compagnons du Centre d’Extermination n°13 est le résultat de l’effort collectif et de la solidarité que l’ont sent depuis différentes latitudes.

Un coup porté contre l’un-e d’entre nous est un coup porté contre tou-te-s !

La Voz de los Zapotecos Xiches en Prisión

Avril 2014

Traduit par les trois passants

Soirée de solidarité pour les anarchistes et les adhérent-e-s de la Sexta zapatiste emprisonné-e-s au Mexique.

_____________

Note: Le 7 juin 2013, Álvaro ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, tous prisonniers de Loxicha, Oaxaca, sont transférés arbitrairement et sous torture physique et psychologique de la prison d’Ixcotel à la prison n°13 de « Mengoli de Morelos, Miahuatlán », dans l’État d’Oaxaca.

Le 20 juin 2013, les prisonniers Loxicha sont transférés de la prison n°13 de « Mengolí », vers la prison n°6 « Huimanguillo », État du Tabasco. Puis ils sont de nouveau transférés de celle-ci vers la prison de haute sécurité n°13 de « Mengolí de Morelos, Miahuatlán »

Le 17 avril 2014, Justino Hernández José, Eleuterio Hernández García, Agustín Luna Valencia, Abraham García Ramírez, Fortino Henriquez Hernández et Álvaro Sebastián Ramírez, ont été transférés à la prison d’Ixcotel. source

Voir aussi l’article : Malgré 18 ans de prison, Alvaro Sebastián Ramírez est toujours debout !

****

Alvaro Sebastian : RESISTER C’EST VAINCRE !

Aux compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale d’Europa Zapatista.*

Alvaro Sebastian Ramirez, Prisonnier Politique et de Conscience de la Région de Loxicha, État d’Oaxaca, Mexique, emprisonné dans le pénitencier fédéral de Haute Sécurité N°13, CPS-Oaxaca.

Depuis cet endroit, j’envoie mes salutations fraternelles et une forte accolade à chaque compagnon et compagnonne de la Sexta Internationale d’Europa Zapatista.

Je profite de cette lettre pour vous dire que je vous suis reconnaissant, du fond du coeur, car je veux vous remercier de vos efforts et pour la solidarité inconditionnelle que vous m’avez témoigné à tout instant, et dans les moments les plus difficiles en prison. Ceci a eu un très gros impact et a fait souffler le vent, déplacer des collines et montagnes dans cette partie du Mexique.

J’ai appris que durant la deuxième quinzaine du mois d’avril de cette année, il y aura à Paris, en France, une semaine internationale, une semaine d’intenses activités politiques pour la liberté des Prisonniers Politiques dans le monde.

J’en profite donc pour envoyer des salutations et des accolades à chacun des prisonniers politiques qui se trouvent en prison dans les différentes parties du monde et à qui je veux dire :
RESISTER C’EST VAINCRE ! Et QU’ILS NE POURRONT JAMAIS NOUS ENLEVER NOTRE COURAGE ACTIF !

Nos luttes sont justes, nous avons la vérité et la raison, nous voulons la justice et une vie digne pour toutes les personnes, pour pouvoir vivre en harmonie, avec des chances égales, sans exploitation, sans spoliation, sans répression et sans mépris. Il est temps de changer le monde et d’en faire un lieu meilleur. Nous devons lutter sans relâche pour que cela arrive !

Enfin j’en appelle à tous et toutes les compagnons et compagnonnes, pour que vous restiez attentifs et attentives, à ce qui pourrait arriver ici.

Vive La Sexta Internationale d’Europa Zapatista !!

Vive l’Armée de Zapatiste de Libération Nationale – EZLN !!

Vive le Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité !!

Vive les Compañer@s de Oaxaca !!

Vive les Hommes et les Femmes qui sont en lutte dans les villages du monde !!

CEFERESO N°13, CPS-OAXACA, Miahuatlan de Porfirio Diaz, Oaxaca, Mexique, 8 mars 2014.

Alvaro Sebastian Ramirez.
Prisonnier Politique et de Conscience de la Région Loxicha, Oaxaca.

*Lettre envoyée pour la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e- s politiques 2014 et pour la Soirée de solidarité pour les anarchistes et les adhérent-e-s de la Sexta zapatiste emprisonné-e-s au Mexique (16 avril 2014).

NOTE : Le 17 avril 2014, Justino Hernández José, Eleuterio Hernández García, Agustín Luna Valencia, Abraham García Ramírez, Fortino Henriquez Hernández et Álvaro Sebastián Ramírez, ont été transférés à la prison d’Ixcotel. + d’infos

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

****

Plusieurs lettres de prisonnier-e-s ont été envoyées pour la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques

Álvaro-Sebastián-Ramírez-vertical-700Prison Centrale de Oaxaca, Mexique 17 avril 2013

Aux compagnons et compagnes d’Europa Zapatista et des peuples du monde.
Aux Prisonniers et Prisonnières Politiques dans les prisons partout dans le monde.
Aux Participants à la journée internationale de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques.

Je suis Alvaro Sebastian Ramirez, Prisonnier Politique et de Conscience de la Région LOXICHA dans l’état d’Oaxaca au Mexique.

Depuis cette prison je salue et j’embrasse fraternellement chaque compa de la Sexta, chaque prisonnier et prisonnière politique qui est actuellement en train de résister à l’intérieur des prisons parce que pour le capitalisme néolibéral, nous représentons un danger pour son développement.

Dans la société marchande totalitaire dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent etc.

Les véritables délinquants, eux, sont libres : ils sont au gouvernement, ce sont ceux d’EN HAUT. Pour eux il n’y a pas de châtiment : ces corrompus, ces criminels, ces assassins, ces violeurs et tous les acteurs du crime organisé, la loi les protège.

Mais à nous, les peuples d’en bas qui nous organisons et qui luttons inlassablement pour améliorer un tant soit peu nos conditions de vie au niveau de la santé, de l’éducation, du logement, du travail, de l’alimentation, de la culture, de la justice entre autres, à nous ils fabriquent des délits graves pour nous enfermer injustement et durant des temps infinis, et lorsque c’est possible ils essaient de nous assassiner à l’intérieur de la prison.

Je vous remercie beaucoup et je vous félicite, je suis très enthousiasmé par le grand effort que chacun et chacune d’entre vous a fait pour réaliser cette journée internationale de solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques qui sont en train de résister dans les prisons partout dans le monde.

C’est un moyen pour que nos voix sortent publiquement à la lumière et pour que les hommes et femmes, au coeur bon, des peuples du monde, sachent que le capitalisme néolibéral nous détient dans ses centres d’extermination, parce qu’il considère que nous sommes un danger pour lui et pour l’exploitation et le pillage des peuples d’EN BAS.

Vive les compas de la Sexta de Europa Zapatista !
Vive les participants à la journée internationale de Solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques partout dans le monde !!

Alvaro Sebastian Ramirez
Prisonnier politique et de conscience de la région Loxicha.

estrellita

Qui est Alvaro Sebastián Ramírez?

Álvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 16 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été condamné à 29 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration.

Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques.

Son arrestation le 15 décembre 1997:

Alvaro a été séquestré vers 10 heures du matin le lundi 15 décembre 1997 par le groupe spécial de la police judiciaire de l’État d’Oaxaca. Son arrestation a eu lieu alors qu’il était au volant de sa voiture au centre-ville d’Oaxaca, où il attendait sa fille et sa femme.

Deux personnes se sont approchées du véhicule brandissant une arme à feu et l’ont visé. Ils l’ont obligé à sortir et lui ont demandé ses papiers et son arme. Ce à quoi il a répondu qu’il ne portait pas d’arme. Ils l’ont fouillé, de même que sa voiture, sans rien trouver.

Alvaro : « Ils m’ont dit : « ferme les portières de ta voiture, prends ton permis de conduire, tes clefs et tes objets de valeur, car tu vas nous accompagner. » Ils mont amené avec eux et en passant par la rue Macedonio Alcalá je me suis aperçu qu’il s’agissait bien d’une opération policière, car ils avaient arrêté la circulation des avenues et placé partout des fourgons et des voitures remplis de policiers. »

Alvaro a été embarqué violemment à l’intérieur d’une voiture, ils lui ont couvert la tête et le corps et l’ont emmené au commissariat général de justice de l’État d’Oaxaca. De là ils l’ont transporté en direction de l’aéroport. Après 20 minutes de route, ils sont arrivés à une maison où il fut torturé pendant 11 jours, du 15 au 26 décembre 1997.

Torture physique et psychologique:

Alvaro : « (…) Pendant les jours de ma séquestration, j’ai été l’objet de traitements cruels, indignes et humiliants envers ma personne. Ils ne m’ont rien donné à manger. Tous les trois jours, ils me donnaient un sandwich avec du pain sec et de l’eau salée (…) Ils m’ont aspergé le nez d’eau minérale avec du piment, ils m’ont fait des électrochocs au niveau des parties les plus sensibles de mon corps, principalement au niveau des testicules, ils m’ont enfermé la tête dans un sac plastique, ils me frappaient les bras, le dos, la nuque, ils me donnaient des coups de pied, ils me frappaient au niveau des poumons, de l’estomac, du visage (…) ils ne me laissaient ni m’asseoir, ni m’allonger pour dormir un peu, les coups ne se arrêtaient pas. A plusieurs reprises, ils m’ont dit qu’ils avaient arrêté toute ma famille, qu’elle se trouvait dans la pièce à côté et qu’ils étaient en train de les torturer de la même façon que moi, mais qu’eux par contre disaient la vérité, mais comme, moi, je ne disais rien, ils me faisaient des injections pour que j’avoue. Ils me menaçaient et me disaient qu’ils allaient violer ma femme et mes deux filles, ils me disaient que ma fille de trois ans n’était plus alimentée et qu’elle avait été séparée de sa mère et que mon fils allait être torturé encore plus que moi (…) »

Pourquoi ?

Alvaro : « Le but de cette torture était que j’avoue être membre de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR), que j’avoue avoir un grade important à l’intérieur du groupe armé. Ils m’ont tabassé pour que je dise à quel moment j’avais rejoint la clandestinité, pour que je leur dise qu’elles ont été mes activités à l’intérieur du groupe et pour que je leur dise qui étaient mes confrères et les professeurs qui appartenaient à l’EPR. (…) C’est dans ces circonstances que j’ai été obligé de signer et de mettre mes empreintes digitales sur des feuilles blanches ».

« Quand l’État a ordonné ma séquestration et ma torture physique et psychologique, il a violé les garanties individuelles inscrites dans la Constitution mexicaine. Celle-ci établit les droits fondamentaux que possèdent tous les Mexicains et marque les limites du pouvoir et de l’autorité de l’État envers les citoyens. Un de ses articles mentionne l’interdiction de la torture ».

Alvaro n’a pas été le seul…

Alvaro : « Mon cas n’a pas été le seul. L’État, par la séquestration et par la torture, a obligé plus d’une centaine d’indigènes zapotèques de la région de Loxicha à avouer des délits qu’ils n’ont jamais commis, ils ont été obligés de signer et de donner leurs empreintes digitales sur des feuilles blanches pour leur fabriquer des délits ».

Témoignage d’Alvaro Sebastián Ramírez
Prisonnier politique de la région de Loxicha
Cela fait 13 ans qu’il est privé de sa liberté.
Octobre 2010.

Voir le témoignage complet (en espagnol) ici

Le Contexte:

En 1996, l’attaque de l’Armée populaire révolutionnaire (EPR) à La Crucecita allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la région Loxicha, dans la Sierra Sur de Oaxaca : au cours des années suivantes, il y eut pas moins de 200 arrestations illégales, 150 cas de torture, 32 perquisitions illégales, 22 exécutions extrajudiciaires, 22 disparitions forcées, 137 personnes en prison pour des raisons politiques et de conscience et un nombre indéterminé de harcèlements, de menaces de mort et de procès pénaux irréguliers.

Les difficiles conditions de vie des indigènes de la région Loxicha se sont aggravées suite à ces faits. La présence de forces militaires et policières, ainsi que la répression exercée contre les habitants de la zone, ont altéré la vie quotidienne des communautés.

Dans ce contexte il restent toujours 8  prisonniers de Loxicha dont Alvaro Sebastian. Ils sont tous indigènes zapotèques organisés dans la  La Voix des Zapotèques Xiches en Prison, ils ont déjà vécu de 13 à 14 ans d’enfermement, accusés d’appartenir à l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) alors qu’ils exerçaient leurs mandats au sein du conseil municipal de San Agustín Loxicha, élus selon les us et coutumes zapotèques opposés au cacicazgo* aux mains du PRI** (Parti Révolutionnaire Institutionnel).  ils ont été arrêtés entre 1996 et 1999 pour avoir défendu leurs terres, ils ont toujours maintenu leur forme traditionnelle de gouvernement sans partis politiques.

Antécédents et chronologie:

Le 29 août 1996 à zéro heure et dix minutes, un groupe rebelle de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) a attaqué simultanément les installations de l’infanterie de marine, de la police préventive de l’Etat, de la police judiciaire de l’État, de la police judiciaire fédérale et de la police municipale de  Santa María Huatulco, Oaxaca.

Álvaro Sebastián a été détenu le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et mis en prison, accusé de plusieurs délits en relation avec l’attaque du 29 août.

Le 5 janvier 1998 Alvaro a été condamné à de la prison ferme pour sa supposée responsabilité dans les délits d’homicide qualifié, de coups et blessures, tentative d’homicide, privation illégale de liberté, vol, dommages à la propriété d’un tiers, fourniture d’armes, terrorisme, conspiration et association de malfaiteurs, des actes qui aurait été commis lors de l’attaque du 29 août par l’Armée Populaire Révolutionnaire.

Le verdict émis par le tribunal daté du 22 octobre 2009 dit:

Cinquième point du verdict : Álvaro Sebastián ou Álvaro Sebastián Ramírez, est pénalement responsable d’homicide qualifié, prévu par les articles 302, 315, deuxième paragraphe, 318 y 320 du code pénal fédéral ; de tentative d’homicide, prévu et sanctionné par les articles 12, 63 y 302 du code pénal fédéral; de terrorisme, prévu et sanctionné par l’article 139 du code pénal fédéral; et de conspiration prévue et sanctionnée par l’article 141  du code pénal fédéral.

Le 6 octobre 2010, une demande d’habeas corpus a été interposée au tribunal siégeant dans l’Etat d’Oaxaca. Au Mexique l’habeas corpus est le dernier recours juridique possible pour obtenir la libération d’Álvaro Sebastián Ramírez.

La voix des zapoteques xiches en prison, lance un appel pour soutenir et diffuser cette campagne pour la liberté d’Alvaro.

Pour plus d’information sur le contexte loxicha, cliquez ici

*Système de contrôle de la vie politique locale par des caciques
le mot « cacique » est souvent traduit par notable local qui exerce un contrôle sur la vie politique et sociale d’une région, territoire au district.
** le Parti Révolutionnaire Institutionnel a gouverné le Mexique pendant plus de 70 ans, jusqu’en 2000, année de la victoire électorale de Vicente Fox, du Parti d’Action Nationale. Son régime a été notamment marqué par la répression et le corporatisme.

Infos récentes:

– Le 7 juin 2013, notre compagnon Álvaro Sebastián Ramírez ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, tous prisonniers de Loxicha, Oaxaca, ont été transférés arbitrairement sous torture physique et psychologique à la prison n°13 à Miahuatlán, Oaxaca.

– Le 20 juin 2013, les prisonniers Loxicha ont été transférés de la prison n°13 de « Mengolí de Morelos, Miahuatlán », dans l’État d’Oaxaca, vers la prison n°6 « Huimanguillo », État du Tabasco. Puis ils ont été re-transférés de cette dernière vers à nouveau la prison n°13 de « Mengolí de Morelos, Miahuatlán », où ils résistent aujourd’hui. Cela fait plus de cent jours d’isolement total et sans aucune communication possible vers l’extérieur.Le but de ce transfert :  les éloigner de leurs familles et de leurs compagnons, en essayant en vain de les couper de la solidarité qui leur entoure.

estrellita

Résumé du rapport d’accompagnement des prisonniers de la région de Loxicha- Mois d’août 2013.

Résumé du rapport d’accompagnement des prisonniers de la région de Loxicha, transférés une fois de plus de la prison de Tabasco vers la prison No. 13 de Mengolí de Morelos, Miahuatlán, Oaxaca où ils avaient été transférés dans un premier temps le 7 juin 2013.

4a brigadaC’est le 19 août dernier que les familles de prisonniers de Loxicha ont reçu la notification que leurs prisonniers avaient été encore re- transférés ; il s’agissait du troisième transfert de prison en seulement 73 jours. Malgré la fatigue, la colère et l’inquiétude, les familles n’ont pas cessé – avec difficulté – d’organiser des caravanes vers les lieux où leurs prisonniers avaient été transférés, de faire des visites et de rédiger des communiqués pour vérifier et faire connaître l’état de santé physique et psychologique de leurs pères, fils, frères et époux, plusieurs fois  maltraités et torturés durant leurs transferts. Ainsi les familles et les ami-e-s de prisonniers se sont réunis et mis d’accord, une fois de plus, pour réaliser une nouvelle brigade, la quatrième depuis le 7 juin dernier.

C’est le 21 août que les familles se rendirent à la prison pour constater encore une fois l’état et la situation des leurs. Après plus de 2 heures de route et en criant les consignes : « Liberté aux prisonniers de Loxicha pour avoir lutté ! », les visiteurs se sont rendus à l’entrée de la prison. Ils ont été reçus de manière méprisante et avec des manoeuvres d’intimidation de la part des gardians fédéraux. Toujours sous un environnement hostile, sous surveillance permanente et après plusieurs actes d’intimidation de la part de l’appareil pénitentiaire, les familles des prisonniers Agustín Luna Valencia, Álvaro Sebastián Ramírez, Abraham García Ramírez, Eleuterio Hernández García, Justino Hernández José ont enfin réussi à entrer dans la prison. Malgré les nombreux obstacles, ils ont encore réussi à voir leurs êtres chers.

Pendant que les familles subissaient toutes sortes de contrôles et de questionnements à l’intérieur de la prison, les autres membres de la brigade installaient des banderoles et des panneaux informatifs en dehors. Certains travailleurs s’approchaient et lisaient les panneaux… mais toujours sous l’œil vigilant de geôliers, toujours avec la même surveillance que celle qui s’exerce quotidiennement à l’intérieur. Soudain vers 14h30, des camionnettes remplies d’agents de police encagoulés et bien armés se sont garées devant le petit piquet de protestation installé par les membres de la brigade. Après avoir marqué le coup ceux-ci se sont retirés.

protesta LoxichaQuant aux familles, après avoir passé 5 ou 6 contrôles par la police pénitentiaire et subi de nombreuses procédures, après être passées par des détecteurs de haute technologie inconnue même de certaines des personnes présentes, après avoir subi le harcèlement caractéristique du milieu carcéral, après avoir été prises en photo et malmenées à plusieurs reprises jusqu’à l’arrivée dans les modules de visite, elles réussirent à approcher leurs prisonniers à travers une vitre qui les séparait d’eux, et à communiquer avec eux par téléphone.

Ainsi, malgré les trois transferts de prison, les familles ont dû recommencer leurs dossiers de visiteurs, remplir des formulaires, demander des dates de visite, passer sans cesse des contrôles. Et après avoir vu leurs prisonniers, elles ont encore dû subir le même mauvais traitement à la sortie.

Tout est pareil, chaque fois qu’elles rendent visite aux leurs. Mais cette fois une chose a changé : cette fois leurs prisonniers n’ont pas été torturés et ont reçu leurs aliments comme il se doit.

Une fois dehors, les familles informent sur la situation des compagnons prisonniers et font connaître leurs messages. Notre compagnon Álvaro Sebastián Ramirez nous dit : « À l’intérieur de la prison ils savent et reçoivent la solidarité, le soutien et l’accompagnement, et reconnaissent les efforts de tous ceux et celles qui, par leurs actions, exercent une pression politique et médiatique et font connaître l’attitude répressive du gouvernement concernant le cas Loxicha », « Nous continuons à être forts et nous continuons à lutter ». Tel est le message du compagnon Alvaro.

Les familles continuent à exprimer publiquement leur engagement à poursuivre la lutte, jusqu’à la libération de leurs prisonniers. Elles se méfient du bon traitement qu’ils reçoivent en ce moment et n’oublient pas l’injustice qui a perduré pendant plus de 17 ans d’enfermement des leurs. Elles n’oublient pas l’isolement que leurs prisonniers ont vécu pendant des mois.

La lutte continue !

Source : Rapport de la 4e brigade des familles et d’amis des prisonniers politiques et de conscience de la région de Loxicha, Oaxaca. Mois d’août 2013.

Propos recueillis et traductions par les trois passants
Correction : Valérie

estrellita

Alvaro Sebastián est un autre exemple qui montre que les murs des prisons peuvent s’écrouler depuis l’intérieur.

2a brigada blog

Intervention d’Erika Sebastián Luis, fille d’Alvaro Sebastián, prisonnier de Loxicha, Oaxaca, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, pendant la réunion nationale du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité qui a eu lieu le 29 juin 2013.

« Nous ne devons pas céder à la pression face aux attaques des néolibéraux », disait Alvaro dans une lettre envoyée à la réunion nationale de la RvsR le 26 janvier dernier, à laquelle il a participé par téléphone.

Aujourd’hui il ne téléphonera pas, il n’a envoyé aucune lettre, mais son courage et sa conviction dans la lutte, nous vous les transmettons par ce message qui vous est adressé : « Dites aux compas que depuis là où je suis, je suis en train de promouvoir la Sixième Déclaration ».

Ce texte, nous l’avons écrit à partir de réflexions qui émergent des derniers événements que nous avons vécus.

Nous l’avons écrit à partir des arguments donnés par les geôliers quand ils essaient de répondre à nos questions : « Pourquoi les compagnons ont-ils été transférés ? », « Quelles en ont été les raisons ? », « Pourquoi de cette façon ? ». Ils nous répondent par des mots lâches, eux qui ne peuvent pas nous regarder en face. Ils nous disent : « Ce sont des ordres qui viennent d’en haut ; les règles ont changé ; c’est parce qu’ils sont des prisonniers politiques »

Ce sont des ordres qui viennent de là-haut ? Nous demandons alors : Qui donne ces ordres ? Est-ce à nous, ceux d’en bas, d’accepter ces ordres ? Les règles ont changé ? Nous demandons à nouveau : Et qui fait les règles ? Qui a la faculté de créer ou de modifier les règles ?

Ils sont reconnus comme des prisonniers politiques ? Nous insistons : Parce qu’ils sont des prisonniers politiques, doivent-ils être traités comme des délinquants ?

Ces violations, c’est la nouvelle réponse qui vient de là-haut, devant la solidarité qui surgit d’en bas, à gauche, quand on décide de lutter pour la liberté sans représentants corrompus, sans intermédiaires et sans demander de concessions au pouvoir.

Álvaro-Sebastián-Ramírez-vertical-7001À travers la Sixième Déclaration zapatiste, Alvaro a fait connaître son nom, son visage, sa propre histoire, sa lutte. Alvaro nous a montré ce qu’est prendre sa propre lutte entre ses mains, même en étant prisonnier. Alvaro est un autre exemple qui montre que les murs des prisons peuvent s’écrouler depuis l’intérieur.

Dehors, toujours plus de compagnons et compagnes connaissent son histoire, ce qui est une autre façon de lutter pour la liberté. D’autres se joignent peu à peu à la lutte pour sa libération en cassant l’isolement auquel les puissants s’acharnent à le condamner. Le message est clair : « Ne t’organise pas ! Tais-toi ! Ne pense pas par toi-même ! Soumets-toi ! »

Des lettres et des visites ont été l’expression de la solidarité de ceux et celles qui savent que nous vivons dans un système d’injustices, dans lequel seules l’obéissance et la domestication sont acceptées. Ce système commence à sortir ses griffes contre notre compagnon Alvaro, contre sa résistance et son exemple.

« Vous ne passez pas » : c’est la voix autoritaire de ceux qui choisissent la force parce qu’ils manquent de raison. Avec le transfert, les tortures, l’isolement et le manque de communication, ils cherchent à rompre ce qui fleurit : un réseau d’appui, d’accompagnement et de solidarité avec Alvaro, dans le respect et la dignité.

Alvaro n’est pas seul ! Et les puissants le savent. Peut-être ont-ils peur que l’on casse l’apparence fragile de leur contrôle ? Peut-être ne peuvent-ils plus soutenir le mensonge qu’au Mexique personne n’est poursuivi ni puni pour des idées politiques opposées au régime? Le mensonge qu’au Mexique il n’y a pas de prisonniers politiques ?

LOXICHAS-300x200L’argument qu’ils utilisent pour justifier le harcèlement et les agressions contre Alvaro, sa famille et ses compagnons et compagnes, est le discours de la sécurité. Sécurité pour qui ? Nous le demandons mais nous connaissons déjà la réponse.

Ce discours de la « sécurité » révèle parfaitement l’infra-humaine « Doctrine Bush » : tous sont suspects d’être terroristes, et par conséquent tous doivent être traités comme tels.

Devant ce panorama, les Centres Fédéraux de Réadaptation Sociale (CEFERESOs) sont de vrais camps de concentration, une nouvelle génération de Laboratoires d’Extermination.

Alvaro et les six prisonniers loxicha se trouvent confinés en isolement et sans communication depuis maintenant trente jours, à plus de vingt heures de route de leurs communautés natales. Une fois de plus après dix-sept ans la même chose se répète. Il faut tout laisser et recommencer à exiger :

Liberté immédiate et inconditionnelle pour les Prisonniers Politiques et de conscience de la Région Loxicha !

Ville de Mexico, 29 juin 2013.

Erika Sebastián Luis, fille d’Alvaro Sebastián, prisonnier de Loxicha, Oaxaca

Traduit par Les trois passants
Correction Valérie et Myriam.

Source

Plus d’infos sur les prisonniers de Loxicha, Oaxaca

***

Action Globale de solidarité depuis la France pour la liberté d’Alvaro Sebastián et d’Alberto Patishtán, 14 juillet 2013.

pegasfranciasextaLa lutte continue pour tou-te-s ceux et celles qui sont encore enfermé-e-s !

À bas les murs de toutes les prisons !
Liberté à tou-te-s les prisonnier-e-s !

En solidarité, Les trois passants

estrellita

 Oaxaca- Bulletin de presse N° 2 sur les prisonniers Loxichas

Alvaro-Sebastian-Ramirezma

Bulletin de presse: Rapport de la brigade d’accompagnement et de visite aux prisonniers Loxichas, 21 juin 2013.

Reçu par mail le 23 juin.

Au peuple en général
Aux organisations honnêtes qui défendent les droits humains
Aux médias

Hier, nous nous sommes rendus au centre de réadaptation sociale n°13 à la recherche de nos prisonniers, puisque nous supposions qu’ils s’y trouvaient, et nous avons exigé d’y entrer.

En tant que fils et filles des prisonniers, nous avons pris l’initiative de convoquer une brigade d’accompagnement au CEFERESO n°13, situé dans la communauté de Mengolí de Morelos, Miahuatlán, Oaxaca. À cet appel ont répondu des compagnonnes et compagnons solidaires avec les prisonniers de Loxicha.

La brigade était composée de douze personnes dont les familles et amis des prisonniers. Partis à 10h du matin du centre ville d’Oaxaca, nous sommes arrivés au croisement du « caballito » à 11h30, puis nous avons continué à marcher pendant trente minutes jusqu’à nous trouver face à l’entrée de la prison n°13. Une fois arrivés nous avons été reçus par la directrice du centre, qui a refusé de s’identifier sous couvert du droit à l’anonymat que la loi lui accorde.

Ensuite, nous avons été entourés de policiers fédéraux qui nous ont filmés en vidéo et ont pris des photos pour nous intimider.

Notre exigence a toujours été claire : « Nous voulons entrer voir nos familles et nous ne partirons pas d’ici tant que nous ne les aurons pas vues ».

Après quelque minutes, l’accès à la prison n’a été permis qu’aux familles directes. Après avoir attendu deux heures, nous avons pu voir nos prisonniers à travers un écran, ce qu’ils appellent TV-conférence. Nous n’avons pas eu de contact physique avec eux, la conversation s’est faite par téléphone et a duré trente minutes.

Les prisonniers nous ont dit que c’était la police fédérale qui les avait extraits violemment de leur cellule n°22 dans la prison d’Ixcotel (où ils se trouvaient précédemment), en les obligeant à rester débout pendant des heures, à l’extérieur de la prison, les mains attachées derrière le dos dans des positions inconfortables et surveillés de près par des geôliers et des chiens de garde.

Nous les avons vus la tête rasée et émaciés. Ils n’ont pas le droit de sortir de leurs cellules, ne serait-ce que pour voir un rayon de soleil. Les repas leur sont servis dans leurs cellules. Ils n’ont pas reçu jusqu’à maintenant l’attention médicale nécessaire alors que certains d’entre eux sont malades. Aucun n’a pu recevoir de visite.

Nous, les familles et les amis des prisonniers Loxicha, continuerons à dénoncer l’attitude des mauvais gouvernements d’Enrique Peña Nieto et de Gabino Cué Monteagudo qui sous consigne continuent à punir nos prisonniers Loxichas ainsi que les familles. Nous dénonçons leur discours qui feint de se soucier des droits de l’homme alors qu’en réalité tout démontre le contraire.

Nous dénonçons le fait que les plans et les stratégies de sécurité sont conçus contre la vie, qu’ils constituent un attentat contre l’humanité. La seule raison de tout ceci est celle-ci : exercer un contrôle social afin de permettre aux riches de devenir encore plus riches.

L’attitude systématique qui consiste à qualifier de terroristes et de délinquants les indigènes Loxicha, fait partie d’une stratégie visant à justifier tous les abus et les délits qui se commettent contre les habitants de la région loxicha, et à tromper les gens en leur faisant croire qu’il s’agit bien de terroristes qui, en conséquence, méritent d’être enfermés dans cette prison.

Nous voulons remercier pour leur solidarité les compagnonnes et compagnons qui nous ont accompagnés ainsi que les médias qui continuent à informer sur notre situation.

Nous pouvons vous dire qu’à travers cette brigade nous avons pu, ne serait-ce qu’un petit peu, rompre le cercle d’isolement auquel nos prisonniers Loxicha ont été condamnés.

Les centres de réadaptation sociale sont des centres d’extermination !
Liberté aux prisonniers politiques et de conscience de la région loxicha !

Bulletin écrit par les familles et ami-es des prisonniers de Loxicha
Juin 2013

Traduit par Les trois passats et Valérie.

Source

*NOTE URGENTE: Le vendredi 21 juin à 16h40, la fille d’Alvaro, Erika Sebastian, a reçu un appel en provenance de la prison n°6 de l’État de Tabasco, située à plus de Six cents km de sa ville d’Oaxaca, lui indiquant que son père et d’autres prisonniers de Loxicha dont Agustin Luna Valencia et Abraham Garcia Ramirez avaient été transférés encore une fois à cette prison, considérée par les autorités comme « de moyenne sécurité ».

estrellita

Erika Sebastián et Héctor Patishtán, se retrouvent ensemble dans la lutte pour la liberté de leurs parents.

doshijos3
« Cette rencontre nous a permis d’échanger nos expériences et de voir de quelle manière nous pourrons nous entraider ».

 Ville d’Oaxaca, mois de juin 2013.

Depuis le mois de mai, Héctor Patishtan, fils du prisonnier politique du Chiapas, Alberto Pathistan, a décidé de mener une campagne pour la liberté de son père en diffusant une vidéo- documentaire intitulé « Vivre ou mourir pour la liberté et la justice ». Pour cela, il a parcouru plusieurs états du Mexique et établi des contacts avec plusieurs organisations et collectifs, il a rencontré des organisations solidaires d’autres prisonniers, comme celle des prisonniers de Loxicha, Oaxaca, qui mène une lutte pour la liberté d’Álvaro Sebastián Ramírez.

Dernièrement, le 7 juin 2013, les prisonniers de Loxicha ont été déplacés de la prison d’Ixcotel, sans que leurs familles n’aient eu d’informations sur leur sort, ni sur leur état physique et psychologique.

Pendant la présentation publique du documentaire « Vivre ou mourir pour la liberté et la justice », Héctor Pathistan s’est rapproché d’Erika Sebastián, fille d’Alvaro Sebastián, car tous deux partagent cette expérience de lutte pour la liberté de leurs parents, ils ont eu une expérience semblable remplie d’injustice, leurs parents sont enfermés sous de fausses accusations. Hector a indiqué : « je trouve un réconfort auprès d’Erika et en parlant avec elle de notre cheminement dans la lutte, cette rencontre a permis d’échanger nos expériences et de voir de quelle manière nous pourrons nous entraider »

Le père d’Hector -Alberto Patishtan- lui a demandé de lever la voix pour tous les prisonniers sans voix, et pour cela, il s’est engagé auprès d’Erika, de parler du cas d’Álvaro Sebastián partout où il se rendra. Hector a dit textuellement : «  je me suis déjà engagé auprès d’eux et partout où j’irai, au Chiapas, à Mexico, ou ailleurs, je vais parler du cas du compagnon Álvaro Sebastián  ».

Tous les deux se reconnaissent adhérents à la sixième déclaration de la forêt lacandone de l’EZLN et ils ont partagé les différentes situations vécues dans la lutte active pour la liberté de leurs parents. Erika dit à Hector « Pour nous, la sixième déclaration est une plateforme des luttes, nous l’avons lue, analysée et pour nous, il s’agit d’un nouveau projet pour notre pays, pour nous tout ceci va encore plus loin que la liberté d’Alvaro ».

Finalement ils se sont mis d’accord pour mener une lutte conjointe pour la libération des leurs parents et pour celle d’autres prisonniers politiques au Mexique. De cette façon, ils ont annoncé leurs prochaines actions : pour ce qui concerne le cas de Patishtan, un évènement politique et culturel aura lieu ce 21 juin, devant le bâtiment des Beaux-Arts à Mexico où participeront des intellectuels et des journalistes solidaires. Hector lance un  appel à rester attentifs au délibéré des magistrats que le tribunal du Chiapas devra prononcer concernant le cas d’Alberto Pathistan.

Concernant le cas d’Álvaro Sebastián, un piquet de protestation et d’information d’une durée indéfinie est installé au centre-ville d’Oaxaca, et un événement en solidarité avec Patishtan et Alvaro aura lieu le 19 juin.

Erika Sebastián conclut ce dialogue en nous disant :  » ceci est l’opportunité pour lier nos histoires, témoignages et actes de solidarité. Non seulement pour nos parents, mais pour tous les prisonniers de conscience ».

Propos recueillis par Círculo Veredas Autónomas en collaboration avec Subversiones

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

Source

estrellita

 OAXACA: Mots d’Erika Sebastián, lors du rassemblement pour la liberté de son père, Alvaro Sebastián.

mitin alvaroPourquoi reçoit-il ce traitement ? Parce qu’il est indigène ? Ou parce qu’il est un dissident politique ? Parce qu’il est un militant qui se bat pour l’autonomie des peuples indigènes ? Ou parce qu’il est accusé de faire partie d’un groupe armé rebelle ? Ou pour tout ceci ?

Mots d’Erika Sebastián Luis – fille d’Alvaro Sebastián Ramirez, prisonnier de Loxicha, Oaxaca – lors du rassemblement pour la liberté d’Alvaro et celle des prisonniers de Loxicha- convoqué par le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité le 18 juin 2013 à Mexico.

Compagnonnes et compagnons du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, présent-es ici aujourd’hui, dans ce rassemblement devant les bureaux de la représentation du gouvernement d’Oaxaca dans la ville de Mexico.

Je voudrais vous remercier pour votre solidarité et pour votre courage, vous qui vous élevez contre les attaques que nous avons subies de la part du mauvais gouvernement, et qui se sont accrues ces derniers jours. Onze jours ont passé depuis qu’Alvaro Sebastián Ramírez et les six prisonniers de Loxicha ont été extraits de leur cellule n°22 de la prison centrale d’Oaxaca, lieu où ils ont vécu pendant seize longues années au cours desquelles ils ont lutté pour rendre vivable un endroit conçu pour la mort.

Depuis le jeudi 6 juin 2013 à onze heures du soir, date à laquelle nous avons appris le transfert de nos prisonniers, jusqu’à aujourd’hui, mardi 18 juin, 276 heures d’incertitude sont passées et nous ne savons toujours rien sur le sort de nos compagnons.

L’insensibilité est la principale caractéristique des marionnettes qui gouvernent notre pays, et qui exhibent fièrement leurs plans de sécurité, leurs prisons, leur abus de pouvoir.

Encore une fois, après onze ans, nous avons tout abandonné , le travail, les champs, les animaux, la maison, la famille. Encore une fois, comme il y a seize ans, nous crions pour la liberté  de nos prisonniers loxichas.

Encore une fois, nous avons installé un piquet de protestation au centre-ville d’Oaxaca, afin de rompre le cercle de silence et de mensonges que nous imposent ceux de là-haut. Encore une fois, la digne rage est ce qui nous maintient debout, résistant et luttant .

Comme est-ce possible d’accuser une personne de lésions qualifiées, de privation illégale de liberté, de vol, de dommage à un tiers, de recel d’armes, de terrorisme, de conspiration, d’association délictueuse, alors que finalement toutes ces accusations sont dénuées de tout fondement ?

Dès le début, Alvaro Sebastián Ramírez et les autres prisonniers de Loxicha ont été accusés de ces délits. Seize années de lutte juridique ont passé, dans des conditions inégales, désavantageuses, sans argent pour payer les frais d’avocats. Malgré tout cela, il a été démontré que les compagnons prisonniers ne sont pas responsables des délits attribués, et ils ont été acquittés de neuf parmi les onze délits.

Actuellement Alvaro Sebastián Ramírez est maintenu enfermé pour des actions qui ne constituent en aucune façon un délit. Les raisons pour lesquelles il est enfermé se situent hors la loi.

Pourquoi reçoit-il ce traitement ? Parce qu’il est indigène ? Ou parce qu’il est un dissident politique ? Parce qu’il est un militant qui se bat pour l’autonomie des peuples indigènes ? Ou parce qu’il est accusé de faire partie d’un groupe armé rebelle ? Ou pour tout ceci ?

Pourquoi les Loxichas ont-ils passé seize ans incarcérés injustement, si leur lutte a toujours été en désavantage et les accusations contre eux sans fondement ?

La réponse est une : pour mettre en oeuvre la consigne de l’État Mexicain, traduire dans les faits la promesse du génocidaire Ernesto Zedillo Ponce de León d’agir avec toute la force de l’Etat.

La responsabilité historique des crimes contre l’humanité commis contre les habitants de la région de Loxicha retombe sur Gabino Cué Monteagudo, Diódoro Carrasco Altamirano et Ernesto Zedillo Ponce de León.

Après seize ans, ils continuent d’assigner la condition de terroristes à un groupe d’indigènes qui seront bientôt depuis dix-sept ans en prison, accusés par l’État Mexicain d’appartenir à l’Armée Populaire Révolutionnaire.

Cette stratégie obéit aux plans de sécurité imposés par les agences états-uniennes de sécurité et d’intelligence, dans lesquels entre implicitement la construction de centres d’extermination désignés expressément pour contenir tous types de dissidence opposées au régime dominant.

Nous exigeons la liberté immédiate et inconditionnelle d’Alvaro Sebastián Ramírez et des autres prisonniers de Loxicha !

Nous exigeons que Gabino Cué Monteagudo se montre et s’explique sur les raisons de ce transfert, s’il y en a !

Nous exigeons des trois niveaux du mauvais gouvernement qu’ils cessent la criminalisation de la lutte et de la protestation sociale !

Liberté pour Agustín Luna Valencia !
Liberté pour Eleuterio Hernández García !
Liberté pour Fortino Enríquez Hernández !
Liberté pour Justino Hernández José !
Liberté pour Abraham García Ramírez !
Liberté pour Zacarías Pascual García López !
Liberté pour Alvaro Sebastián Ramírez !
Liberté à toutes et à tous les prisonnier-e-s politiques et de conscience !
¡Vive le réseau contre la répression et pour la solidarité !
¡Vive la Sixième Déclaration de la Forêt lacandone!
¡Vive l’Armée Zapatiste de Libération Nationale !

Ville d’Oaxaca, juin 2013.

Source

Traduit par Les trois passants et Valérie

estrellita

Depuis l’Europe : Solidarité avec Álvaro Sebastián Ramírez et les six prisonniers de Loxicha, Oaxaca.

Alvaro-Sebastian-Ramirez2À Álvaro Sebastián Ramírez ;
À la Voix des Xiches en prison ;
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité ;
À la Sexta ;
Aux médias alternatifs.

17 juin, 2013.

Par ce communiqué, nous, collectifs et organisations signataires, nous déclarons solidaires de notre compagnon adhérent à la Sexta et membre actif de l’organisation des prisonniers « La Voix des Xiches en prison », Álvaro Sebastián Ramírez, et dénonçons la façon dont Alvaro et les six autres prisonniers de Loxicha ont été extraits arbitrairement et sans préavis de la prison centrale de l’Etat d’Oaxaca, le 7 juin dernier à l’aube.

Cet abus s’ajoute aux violations systématiques qu’Alvaro Sebastian et les autres prisonniers Loxichas ont subies pendant seize ans d’enfermement. Non seulement leurs droits humains ont été piétinés, mais au niveau juridique leurs cas ont été retardés et bloqués. Une fois de plus, nous sommes témoins des intimidations et des humiliations qu’ils subissent à cause de leur engagement et de leur tentative pour s’organiser et élever la voix face à tant d’arbitraire et de mépris de la part des autorités carcérales.

Nous savons que le transfert a été fait de manière complètement arbitraire mais, à ce moment précis, nous ignorons si les compagnons se trouvent en bonne santé ou s’ils ont effectivement été transférés à la prison N°13 (CEFERESO No.13)* de Miahuatlán, Oaxaca. En effet, les autorités n’ont pas donné l’information nécessaire concernant leur sort, leurs familles n’ont pas pu leur rendre visite, ni parler avec eux.

Cette situation nous préoccupe énormément car aujourd’hui, les prisonniers de Loxicha doivent être considérés comme disparus. Nous sommes également très inquiets car si les compagnons se trouvent bien au CEFERESO No.13, il est probable qu’ils ont été torturés ; selon diverses sources, il est connu que les personnes qui rentrent dans cette prison sont tabassées dès leur arrivée, subissent des traitements cruels et dégradants et peuvent même en certains cas recevoir des menaces de mort.

Depuis l’Europe, nous nous joignons aux exigences des fils et des filles des prisonniers de Loxicha : information publique sur le transfert et l’arrivée à la prison No.13 de Miahuatlán, Oaxaca ; certitude qu’ils se trouvent en bonne santé physique et psychologique ; autorisation pour les familles de leur rendre visite et de constater ainsi leur état de détention et de santé.

Nous exigeons leur transfert immédiat à la prison qu’ils occupaient auparavant, pour que leurs familles puissent continuer à leur rendre visite et donner suite au traitement juridique de leurs cas. Dans le même temps, nous rendons responsables le gouverneur de l’État d’Oaxaca, Gabino Cué Monteagudo, et le président mexicain, Enrique Peña Nieto, de tout ce qui pourrait arriver à nos compagnons.

Aux compagnons Álvaro Sebastián Ramírez, Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández et Justino Hernández José, nous envoyons notre entière solidarité en espérant qu’ils se trouvent en bonne santé.

Depuis nos espaces de lutte, nous sommes en train de diffuser largement cette information et nous restons attentifs aux faits.

Liberté immédiate et inconditionnelle pour les prisonniers de Loxicha !

Attentivement :

Les trois passants, France
CGT, État espagnol
Secrétariat international de la CNT, France
Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques,
CSIA-Nitassinan, France
Groupe de soutien à Leonard Peltier (LPSG-France)
Corsica Internaziunalista (Corsica)
Comitato Chiapas « Maribel » – Bergamo, Italie
Centro de Documentación sobre Zapatismo, CEDOZ, État espagnol
Associazione Ya Basta! Milano
Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne
Caracol Solidario, France
Nodo Solidale – Italie et Mexique
Association Espoir Chiapas, France.

Traduit par les trois passants
Correction : Valérie et Val

* Centre Fédéral de Réadaptation Sociale (Cefereso n°13). Considéré par les autorités comme une prison de « moyenne sécurité ». Construit par le gouvernement fédéral de Gabino Cué Monteagudo et surveillé de près par le Secrétaire de la sécurité publique, Manuel Mondragón y Kalb, ce centre sera géré par l’initiative privée et accueillera 2 500 prisonniers condamnés pour des délits d’ordre fédéral.  Selon des témoignages, tous les prisonniers transférés dans ce centre sont maltraités, tabassés avec des coups dans l’estomac ou les testicules… Dans la présentation officielle de ce centre, il est signalé que les visites aux prisonniers ne seront pas présentielles mais se feront par vidéoconférences.

estrellita

OAXACA: Bulletin de presse sur les prisonniers de Loxicha.

conferencia_01

Nous qui écrivons ce communiqué : Tony Luna Enríquez, Lizbethi Luna Enríquez, José García et Erika Sebastián Luis, sommes les fils et les filles des prisonniers de Loxicha, Agustín Luna Valencia, Abraham Gacía Ramírez et Alvaro Sebastián Ramírez.

Nous dénonçons les faits suivants.

Le 7 juin 2013 à 2h30, les six prisonniers de Loxicha, Oaxaca ont été sortis de la prison Centrale de l’Etat d’Oaxaca. À ce jour, nous ne savons pas avec exactitude si les prisonniers se trouvent effectivement au CEFERESO No. 13* à Mengolí de Morelos, Miahuatlán, ce dont nous avons été informés publiquement par le responsable du Secrétariat de sécurité publique d’Oaxaca, Marco Tulio López Escamilla, le vendredi 7 juin.

Aucun d’entre nous n’a pu établir de communication directe avec les prisonniers. De plus, certains parmi nous se sont rendus personnellement au CEFERESO No 13, mais l’accès nous a été refusé et nous n’avons pas encore reçu d’information concernant la situation de nos parents. L’argument qui nous a été donné est que cette information est confidentielle.

25503b381e8d528c2341c756664a664c_SDepuis le jeudi 6 juin au soir, nous avons sollicité plus d’informations sur le transfert de nos parents. Nous avons demandé où ils avaient été transférés et pourquoi ils avaient été sortis précipitamment et sans aucune notification. Mais nous n’avons pas eu de réponse à nos questions. Le lendemain matin nous nous sommes rendus à la direction de la prison centrale (où les prisonniers étaient incarcérés précédemment) et nous avons posé les mêmes questions à leur sujet. Les autorités nous ont montré une liste qui confirmait le transfert des six prisonniers de Loxicha, mais elles n’ont en aucun cas clarifié leur destination. Elles nous ont simplement dit qu’ils étaient probablement transférés à la prison fédérale de Miahuatlán, mais que cette information n’était pas de leur ressort.

Cela fait déjà 84 heures que nous ne savons pas avec précision où se trouvent nos parents, et nous sommes inquiets pour leur état physique et psychologique.

Nous rendons le gouvernement de l’État et le gouvernement fédéral responsables des violations aux droits humains que subissent nos parents et nos familles.

Nous informons que nous installerons un piquet de protestation et une table d’information devant le palais du Gouvernement afin de dénoncer les faits suivants :

-Nos prisonniers ont été transférés sans notification et sans qu’eux-mêmes et leurs familles n’aient été informés.

-À tout moment on nous a refusé l’accès à l’information sur la situation de nos prisonniers.

-Il nous a été refusé l’entrée à la prison – CEFERESO No. 13.

-Nous n’avons pas d’information sur l’endroit exact où se trouvent nos parents.

-Nous sommes inquiets de ne rien savoir sur leur état physique et psychologique.

-Le manque d’information et l’impossibilité de communiquer avec eux sans savoir où ils se trouvent véritablement constituent pour nous, les familles, un dommage économique, physique et psychologique.

Nous exigeons dans le même temps :

1. Que l’on nous laisse visiter immédiatement nos prisonniers afin de vérifier l’état dans lequel ils se trouvent;

2. Qu’ils soient transférés dans une prison d’État ou dans la ville d’Oaxaca ;

3. La liberté immédiate et inconditionnelle des prisonniers de Loxicha.

Les Fils et les filles des prisonniers politiques et de conscience de la région Loxicha d’Oaxaca

Source

CEFERESO-13-2*Sur une surface de 117 hectares dans un petit village d’à peine 180 habitants et avec une inversion totale de 5 mille milliards de pesos a été inauguré, en mai 2013, le Centre Fédéral de Réadaptation Sociale (Cefereso) dans l’Etat d’Oaxaca, municipalité de  Mengolí de Morelos, Miahuatlán. Considéré par les autorités comme une prison de « moyenne sécurité » le Cefereso N° 13 comporte un système avancé de sécurité et une équipe de surveillance de pointe. Construit par le gouvernement fédéral de Gabino Cué Monteagudo et surveillé de près par le Secrétaire de la sécurité publique, Manuel Mondragón y Kalb, ce centre sera géré par l’initiative privée et accueillera 2 500 prisonniers condamnés pour des délits d’ordre fédéral.

Différentes sources signalent les traitements dégradants, les tortures, les tabassages, les coups, les menaces et même un cas d’assassinat dans le nouveau centre fédéral de réadaptation sociale de Mengoli de Morelos, Miahuatlán, Oaxaca. Selon des témoignages, tous les prisonniers transférés dans ce centre sont maltraités, tabassés avec des coups dans l’estomac ou les testicules, et giflés jusqu’à ce qu’ils prononcent les consignes que les matons leur font crier de force.

Les familles ont signalé les nombreuses difficultés pour voir leurs prisonniers et leur parler. Dans la présentation officielle de ce centre, il est signalé que les visites aux prisonniers ne seront pas présentielles mais se feront par vidéoconférences.

Traduit par les trois passants et Valérie

Sources :
(1) El Universal (2) Noticias (3) Educa Oaxaca (4)Noticias Net

estrellita

OAXACA: Bulletin informatif urgent sur les prisonniers de Loxicha

Bulletin informatif urgent : Alvaro Sebastian Ramirez et les prisonniers de Loxicha ont été sortis de la prison d’Ixcotel dans l’État d’Oaxaca sans qu’on ne connaisse leur destination.

dondeestaHier jeudi 6 juin, vers 23h30, des compagnon-es du Réseau contre la répression et pour la solidarité ont rapporté que le compagnon Alvaro Sebastian Ramirez, membre de « La Voix des Zapoteques Xiches en Prison« , ainsi qu’Abraham García Ramírez, Agustín Luna Valencia, Eleuterio Hernández García, Fortino Enríquez Hernández, Justino Hernández José, connus comme les « prisonniers de Loxicha », se sont vu notifier par les autorités de la prison d’Ixcotel qu’ils seraient transférés de cette prison, sans que soient données plus de précisions.

Ce vendredi 7 juin à 2h40, les compagnons ont été sortis de la prison dans deux autobus de tourisme sans que nous n’ayons d’information sur leur destination.

Nous sommes en train de vérifier si le compagnon Zacarías García López, enfermé dans la prison d’Etla, se trouve dans la même situation.

Le manque d’information sur la destination des compagnons n’est pas seulement une attitude mesquine et lâche, c’est aussi une stratégie qui cherche à nous intimider tous et toutes.

Nous rendons responsables Gabino Cué Monteagudo et Enrique Peña Nieto, soi-disants représentants du pouvoir exécutif, étatique et fédéral, de l’integrité de nos compagnons et de tout ce qui pourrait leur arriver.

Nous lançons un appel à nos compagnons et compagnes adhérent-es à la Sexta Déclaration de la Forêt lacandone et aux sympathisants, pour qu’ils restent attentifs à toute information qui pourrait surgir dans les prochaines heures.

¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA ÁLVARO SEBASTIÁN RAMÍREZ!
¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA ABRAHAM GARCÍA RAMÍREZ!
¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA AGUSTÍN LUNA VALENCIA!
¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA ELEUTERIO HERNÁNDEZ GARCÍA!
¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA FORTINO ENRÍQUEZ HERNÁNDEZ!
¡LIBERTAD Y JUSTICIA PARA JUSTINO HERNÁNDEZ JOSÉ!

A bas les murs de toutes les prisons !
Liberté à toutes et tous les prisonnier-es politiques!

Réseau contre la Répression et pour la solidarité

Sources:

La voz de los zapotecos xiches

Enlace Zapatista

estrellita

Déclaration du IIe forum contre la prison politique et pour la liberté d’Alvaro Sebastián

Déclaration du IIe forum contre la prison politique et pour la liberté d’Alvaro Sebastián Ramirez du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité et de la Croix Noire Anarchiste du Mexique .

Ville d’Oaxaca, Mexique, le 7 octobre 2012.

Dans le cadre de la convocation au IIe Forum contre la prison politique et pour la liberté d’Álvaro Sebastián Ramirez qui a eu lieu dans les locaux du Centre Régional de l’École Normale d’Oaxaca, nous, les collectifs, organisations et individus présents, avons écouté et dénoncé les différents cas de répression et de mépris orchestrés par l’état mexicain à travers son système pénitentiaire .

Parmi les expériences des participants, il y a des témoignages concernant les pratiques répressives que l’État développe, au travers de la criminalisation de la protestation sociale, de l’usage obscur du langage juridique au préjudice de nos compagnons prisonniers politiques de l’Autre Campagne, la condamnation à des peines démesurées contre ceux qui protestent et font partie du mouvement social, la mauvaise conduite des procès, l’humiliation, les mauvais traitements, la torture, ainsi que les tentatives pour désorganiser toute résistance de nos compagnons en lutte dans les différentes prisons du Chiapas et à Oaxaca.

Considérant ce contexte, nous réprouvons et condamnons les méthodes exercées par l’État contre la vie du compagnon Alberto Patishtán et d’autres compagnons et compagnes prisonniers. L’État essaie de faire passer le manque du suivi médical comme un simple cas de négligence, alors qu’en réalité il s’agit de châtiments inhérents aux conditions carcérales du système capitaliste, contre la liberté et la vie de nos compagnons et compagnes détenus.

De la même manière, nous réprouvons et condamnons les actes de saccage territorial que subissent les compagnes et compagnons de San Sebastian Bachajón, ainsi que le mépris et la répression exercée contre les prisonniers politiques qui se trouvent dans les prisons numéro 17, 16 et 14 de l’État du Chiapas.

Nous réprouvons et condamnons également les pratiques répressives exercées par le mauvais gouvernement à travers la prison, ainsi que les ordres d’appréhension, les disparitions, les tortures, le sang coulé, la mort et l’exploitation minière et touristique contre les communautés indigènes et contre ceux qui luttent pour empêcher l’avancée du capitalisme.

Dans le même sens, nous réprouvons et condamnons les procédures juridiques illégitimes exercées par les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires de l’État, contre nos compagnons : Álvaro Sebastián, Rosario Díaz, Francisco Sántiz et d’autre compagnons et compagnes adhérents à l’Autre Campagne au Mexique et dans le monde.

Nous dénonçons aussi l’usage de manipulations qui criminalisent et étiquettent la lutte sociale et politique avec l’usage de termes tels que terrorisme, conspiration ou bien association délictueuse, comme cela se passe avec le gouvernement de la ville de Mexico contre le mouvement anarchiste du Mexique.

Nous faisons écho, solidairement, aux différentes expériences d’organisation politique et de lutte des compagnons et compagnes prisonnier-e-s et adhérentes à l’Autre Campagne, contre la violence, la prison politique et la désinformation. Nous croyons en ce chemin de solidarité et d’organisation qui s’exprime au travers des stratégies de résistance telles que l’accompagnement des prisonnier-e-s, les visites dans les différentes prisons, ainsi que la diffusion de la lutte qui vise à construire sur ce sujet que l’État veut oublier et voir comme un objet.

Les actions politiques ont été multiples : piquets de protestations, caravanes de solidarité, forums et autres efforts qui cherchent à libérer nos compagnons et nos compagnes qui nous ont été arrachés par l’État. Dans le cas particulier du compagnon Álvaro Sebastián, la lutte pour sa liberté s’est transformée en actions contre ce système qui cherche à détruire les sujets et les réduire à néant.

Le compagnon Álvaro Sebastián est aujourd’hui plus fort que jamais par amour pour son village et il est confiant dans la lutte pour sa liberté, car il est accompagné par la solidarité des adhérents de l’Autre Campagne, des organisations, collectifs et individus.

À côté des différentes luttes et avec d’autres compagnes et compagnons prisonniers et prisonnières, le compagnon Álvaro a converti la prison en son école, où le temps passé, lui a servi à se préparer encore plus pour servir ses compagnons et son village.

L’exemple de sa lutte va au-delà de sa libération car elle a pour but la recherche d’un monde libre, juste, démocratique où tous seraient sensibles à la lutte pour la liberté et contre la répression et le mépris que produisent le capitalisme et son système carcéral.

Nous saluons et nous nous solidarisons d’autre part, avec les lettres que nous ont adressées nos compagnons de l’État espagnol, de France, de Colombie et d’autres pays où la lutte de l’Autre Campagne a une présence.

Finalement, nous sommes à un moment décisif du procès légal d’Alvaro, d’où la nécessité de continuer à s’organiser dans la lutte pour sa libération.

Liberté à tous les prisonniers et prisonnières politiques du Mexique et du monde!

Liberté pour Álvaro Sebastián Ramirez, Alberto Patishtán, Rosario Díaz et Francisco Santíz López !

A bas les murs des prisons !

Contre le saccage et la répression : la solidarité !

Croix Noire Anarchiste du Mexique
Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité

Traduit par Caracol Solidario et les trois passants

Le contexte actuel du pays est celui de l’accélération d’un système qui prétend normer tous les aspects de nos vies à travers la spoliation, l’exploitation et la répression.

Ces six dernières années, le régime de Felipe Calderón a mis en œuvre une guerre systématique et totale contre le peuple mexicain. Des milliers de morts et de disparus, de veuves, d’orphelins, de déplacements forcés, des campagnes de contre-insurrection, une militarisation grandissante dans la rue, de forts dispositifs policiers, de supposés programmes sociaux de développement, un manque d’opportunités au niveau de l’éducation à tous les niveaux, du chômage, de la précarisation salariale, l’augmentation du prix des produits de première nécessité, la criminalisation de la lutte sociale et l’utilisation de la prison politique sont quelques tactiques parmi d’autres utilisées pour casser le tissu social, en cherchant grâce à celles-ci à imposer la peur et la démobilisation.

Face à cette situation, des femmes, des jeunes, des indigènes, des étudiants et des étudiantes, des travailleuses et des travailleurs, des femmes au foyer, des lesbiennes, des gays, des transsexuels, des bisexuels et un nombre infini de personnes s’organisent en groupes, en collectifs, en conseils et en organisations, pour améliorer les conditions de vie dans leurs communautés, leurs quartiers, leurs villages, leurs écoles, leurs usines et au sein de leurs familles.

Devant cette recherche de vie, l’État mexicain, plongé dans une profonde crise totale, répond par la cooptation, la répression, la mort et la prison. Ce sont les « alternatives » que ce système nous offre.

Des centaines de compagnes et de compagnons ont été séquestré-e-s par un Pouvoir Judiciaire corrompu, dépourvu d’éthique, qui grâce à des formalités bureaucratiques ennuyeuses essaie de maquiller des décisions politiques, pour les faire passer pour des jugements couverts par un inexistant État de droit.

Une preuve de ces injustices est le cas de notre compagnon Álvaro Sebastián Ramirez, adhérent à l’Autre Campagne et membre du Réseau Contre la Répression et pour la Solidarité, qui se trouve dans la prison centrale de l’État d’Oaxaca. C’est également le cas de six autres compagnons qui comme Alvaro étaient tous des paysans, des professeurs et des indigènes. Ils sont emprisonnés depuis 16 ans à cause de consignes de l’État Mexicain et contre eux pèsent des condamnations illégales qui vont de 20 à 31 ans de prison.

Nous invitons les organisations civiles et sociales, les collectifs et les personnes à participer à ce forum, qui a pour objectif de relancer la Campagne Nationale et Internationale pour la Liberté d’Álvaro Sebastián Ramirez et en même temps de donner une continuité aux efforts d’intégration des différents compagnons et compagnes qui luttent pour la liberté de nos prisonnier-e-s politiques depuis en bas et à la gauche.

Au Programme:

Le 6 Octobre : présentations de divers acteurs sociaux qui luttent au Mexique pour la liberté des prisonniers et prisonnières politiques et contre la prison. Un échange d’expériences locales afin de partager et de construire un diagnostic collectif depuis le mouvement social.

Mise en place de tables de travail avec thématiques définies pour partager des expériences et pour construire un « Calendrier de lutte contre la prison politique et pour la liberté d’Álvaro Sebastian Ramirez »

Ce jour est ouvert à tout le public.

-Présentation du Rapport du Premier Forum contre la Prison Politique et pour la liberté d’Alberto Patishtán.
-Intervention du Groupe de travail Nous Ne sommes pas Tous et Toutes là ( No estamos todo@s)
-Table ronde sur la Prison Politique et la torture
-Rapport juridique sur le cas du compagnon Álvaro Sebastián Ramirez
-Intervention de la Croix Noir Anarchiste du Mexique
-Intervention du Collectif Autonome de soutien aux survivants de la torture
-Réseau contre la Répression et pour la Solidarité
-Table ronde sur les cas des compagnons et compagnes de l’Autre Campagne dans l’état du Chiapas
-Intervention de la compagne Emilia, épouse du compagnon Rosario Díaz, prisonnier de l’organisation de la Voix de l’Amate
-Intervention de la communauté de Bachajón, Chiapas.
-Intervention du Mouvement du Village « del Bosque » (Village organisé pour la libération d’Alberto Patishtán).
-Intervention de la fille d’Alberto, Gabriela Patishtán.
-Table ronde sur le cas du compagnon Álvaro Sebastián
-Intervention de la fille d’Alvaro, Erika Sebastián Luis
-Intervention d’un compagnon de la région de Loxicha, Oaxaca.
-Intervention de la compagne Genoveva, professeur et ex-prisonnière (compagne d’Álvaro)

Le 7 octobre :

Ce jour sera consacré uniquement au travail interne, et seulement pourront y participer des organisations et des individus adhérents à l’Autre Campagne ou d’autres collectifs invités par les organisateurs.

Réunion de travail avec le compagnon Álvaro Sebastián Ramirez dans la Prison Centrale d’Oaxaca.

Contacts et enregistrements : redcontralarepresion@gmail.com; lavozdelosxiches@gmail.com; cna.mex@gmail.com

A BAS LES MURS DES PRISONS !

CROIX NOIR ANARCHISTE DU MEXIQUE

CONTRE LA SPOLIATION ET LA RÉPRESSION : LA SOLIDARITÉ !

RÉSEAU CONTRE LA RÉPRESSION ET POUR LA SOLIDARITÉ

Voir aussi, Le Ier Forum contre l’emprisonnement politique et pour la liberté d’Alberto Patishtán Gómez
Au Cideci- Unitierra, San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, sur: https://liberonsles.wordpress.com/rencontre-contre-lemprisonnement-politique-au-mexique/

Sources en espagnol: http://lavozdelosxiches.blogspot.de/

estrellita

regalo2À Álvaro Sebastián Ramírez
À sa famille et a ses amis
Aux organisations que les accompagnent
À l’Autre Campagne
À ceux qui cheminent en bas et à gauche

Mexique, 2 aout 2012

« Il y a un seul lieu où se retrouvent hier et aujourd’hui et où ils se reconnaissent et s’embrassent. Ce lieu est demain. »
Eduardo Galeano

Compagnon Alvaro, avant tout nous voulions vous remercier ainsi que votre famille pour nous avoir permis de partager avec vous votre temps et votre expérience, pendant la matinée et l’après-midi du 31 juillet 2012.

Pour nous ce moment a été inoubliable et nous a donné beaucoup plus de motivation pour continuer la lutte pour la liberté et la dignité de ceux qui marchent – comme vous – en ouvrant des chemins pour un monde meilleur.

Nous avons été heureux de vous voir debout, motivé et en bonne santé, mais surtout de vous voir renforcé et confiant des efforts qui se mettent en place dans différentes parties du monde, pour que vous soyez libre.

Nous voulons vous dire que le fait de discuter avec vous nous a donné beaucoup de courage et de force. Vous nous avez parlé d’une part de votre expérience et apprentissage accumulées depuis 15 ans dans la prison de Villa d’Etla et de Santa Maria Ixcotel et d’autre part de l’histoire de votre lutte dans votre peuple zapotèque et de la blessure qu’a laissé l’année de 1996 dans vos compagnons et compagnes du village, quand l’armée a réprimé les communautés de la région Loxicha et avec arrogance a piétiné le travail communautaire d’organisation régie par les us et coutumes qui se développaient peu à peu.

Vous nous avez parlé du mépris dont toute la région souffre et a souffert depuis lors, du harcèlement systématique, de la peur, des disparitions et de la répression perpétrées par l’armée et du fait que le gouvernement par son ingérence a détraqué ce qui peu à peu se tissait et se construisait dans votre village : une vie digne et une organisation qui donnerait la place aux espoirs et aux aspirations du peuple.

Il est clair que dans cette cellule numéro 22 se sont tissés des rêves, des espoirs, des idées et des projets qui comme vous nous l’avez dit dans votre petite mezzanine en bois, que vous avez construit vous-même et qui vous sert de salle d’étude, réussiront un jour et très bientôt à être semés dans la terre de San Agustín Loxicha, votre cher village.

Avec cette visite nous vous réitérons à nouveau toute notre solidarité, copain Alvaro ainsi qu’aux autres compagnons de Loxicha – bien qu’ils aient choisi un autre chemin pour obtenir leur liberté – nous leurs souhaitons que bientôt ils marchent libres et puissent embrasser leurs familles et leurs amis.

Nous continuons le chemin et nous continuerons à diffuser votre cas et nous prendrons part aux différentes étapes qui viennent pour obtenir votre libération.

Nous restons attentifs à la décision du tribunal collégial des affaires pénales et administratives de la treizième chambre de l’État d’Oaxaca, afin qu’il se prononce pour la liberté immédiate du compagnon Álvaro Sebastián Ramírez qui a déjà payé avec 15 années de sa vie, un procès plein d’irrégularités, avec des délits fabriqués et des accusations illégales.

Nous continuons, tenez bon et à bientôt… à très bientôt !

Solidairement,

Les trois passants, Paris-France

———————————————————————————————————————————————————————————————————————————————————–

Álvaro Sebastián Ramirez « Correction d’une Injustice »


Correction d’une Injustice:

« Correction d’une Injustice », est le titre de l’exposé de Jacobo Silva Nogales (lui même ex-prisonnier adhérent à l’Autre Campagne), qui explique le recours en appel direct d’Álvaro Sebastián Ramirez, prisonnier politique et de conscience de la Région Loxicha, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne et à l’Autre Campagne, condamné à 29 ans de prison pour homicide, tentative d’homicide, terrorisme et de conspiration.

Cela fait 13 ans qu’Alvaro est privé de sa liberté, actuellement il se trouve enfermé dans la prison centrale de Santa María Ixcotel à Oaxaca.

Dans « Correction d’une Injustice », Jacobo explique en détail et juridiquement les raisons pour lesquelles Álvaro Sebastián Ramirez n’est pas responsable des crimes dont l’État mexicain l’accuse.

Jacovo Silva démontre aussi que les sentences dictées contre notre compagnon Álvaro, non seulement sont injustes mais illégales parce qu’elles violent ses garanties constitutionnelles.

Nous présentons ici neuf vidéos sous-titrées en français pour faire connaître le cas d’Álvaro qui s’inscrit aussi dans le cadre de la Campagne Nationale et Internationale pour la liberté d’Álvaro Sebastián Ramirez et de celle de tous les compagnons et les compagnes emprisonnés de Loxichas et du Mexique.

Correction d’une Injustice
Vidéo n°1
Vidéo n°2
Vidéo n°3
Vidéo n°4
Vidéo n°5
Vidéo n°6
Vidéo n°7
Vidéo n°8
Vidéo n°9
http://lavozdelosxiches.blogspot.com/
Liberté immédiate et inconditionnelle pour Álvaro Sebastián Ramirez !
Liberté à tous les prisonniers de Loxicha !
Liberté à toutes et tous les prisonniers-es politiques !
Vive L’Autre Campagne !

Qui sont les prisonniers de Loxicha? Cliquez ici

Pour plus d’information sur Jacobo Silva Nogales cliquez ici

Blog de Jacobo Silva Nogales cliquez ici

estrellita

Repas solidaire pour Alvaro Sebastian le 6 Octobre à 19h30 au CICP, Paris

En 2005, suite à la publication de la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, diverses organisations, groupes et individu-e-s se sont joints à un appel de l’EZLN pour lancer un mouvement national anticapitaliste, civil et pacifique, en bas et à gauche, en se débarrassant des partis politiques et de la corruption des gouvernements et des campagnes électorales. Ce mouvement s’appelle « L’Autre Campagne ». Dans l’Autre Campagne, différents terrains de lutte existent : la défense des ressources naturelles, du territoire, pour l’autonomie… La réponse de l’État à ces luttes a été la répression. C’est dans ce contexte que nous parlons de plusieurs dizaines de compagnons et compagnes prisonnier-e-s pour avoir lutté dans tout le Mexique.

Qui est Alvaro Sebastian Ramirez?

Alvaro adhère à l’Autre Campagne suite à la visite du sous-commandant Marcos à la prison de Santa María Ixcotel dans la ville d’Oaxaca ; depuis, il mène une lutte avec espoir et conviction à l’intérieur de la prison. Il a été condamné à 29 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général ; il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement. Il a toujours défendu l’autogouvernance basée sur les « us et coutumes » des Zapotèques, refusant l’ingérence des partis politiques. En 1996, l’attaque de l’Armée Populaire Révolutionnaire (EPR) à Huatulco allait servir de prétexte pour justifier la répression contre les Indiens de la Région Loxicha, Oaxaca. C’est dans ce contexte qu’Alvaro Sebastian Ramirez a été arrêté et torturé ; il a été obligé de signer et de donner ses empreintes digitales sur des feuilles blanches pour lui fabriquer des délits. Sa famille a été poursuivie et menacée pendant de nombreuses années.

Pourquoi ce repas ?

Le 6 et 7 octobre prochain se déroulera le IIème Forum contre la prison politique au Mexique ; il aura aussi pour fil conducteur la liberté d’Alvaro Sebastian Ramirez dans la ville d’Oaxaca. Cette initiative émerge des prisonniers eux-mêmes, leurs familles et des organisations qui les soutiennent, telles que le Réseau contre la répression et pour la solidarité, le groupe de travail « nous ne sommes pas tous et toutes là », la Croix Noire Anarchiste de la Ville de Mexico, la Voix de zapotèques Xiches en prison et diverses organisations de l’Autre Campagne. Le but de ce forum est de mettre en place des mécanismes d’actions solidaires pour libérer les prisonnier-e-s, tout en respectant leur dynamique de lutte à l’intérieur de la prison. Ce repas de solidarité a pour objectif d’aider financièrement ce forum pour qu’il puisse se dérouler le mieux possible, et de façon autonome.

La région Loxicha-Oaxaca (contexte) : https://liberonsles.wordpress.com/les-prisoniers-doaxaca/

***

Lettre de solidarité depuis l’Europe

Au compañero Alvaro Sebastián Ramírez,

Aux compañeros de la voz de los Zapotecos Xiches en Prisión,

À l’Autre Campagne,

À la Red Contra la Represión y por la Solidaridad,

Aux familles et amis des prisonniers,

Compañeros y compañeras, recevez avant tout un salut solidaire et combatif d’ici, de l’autre Europe.

Aujourd’hui 15 décembre 2010, cela fait 13 ans qu’Álvaro Sebastián Ramírez est enfermé. Ce jour nous ne l’oublions pas et à partir d’aujourd’hui, nous, les collectifs solidaires de la Campagne pour la libération d’Alvaro, exigeons avec vous la liberté immédiate et inconditionnelle du compañero.

San Agustín Loxicha nous fait mal et l’oubli et l’indifférence de ceux d’en haut ne peuvent effacer de nos mémoires la répression brutale qui a eu lieu contre le village au petit matin du 29 août 1996 qui a laissé depuis, des habitants blessés et harcelés de manière permanente par le siège militaire et para-militaire. Les habitants de Loxicha ont été persécutés, violentés et calomniés par ceux qui au pouvoir essaient de détruire un village qui veut être maître de sa propre destinée.

Álvaro Sebastián a été arrêté le 15 décembre 1997. Le 26 décembre de la même année, après avoir disparu pendant 11 jours, au cours desquels il a été torturé et obligé à signer et à mettre ses empreintes digitales sur 200 feuilles vierges, il a été présenté et accusé des délits d’homicide, de terrorisme, de conspiration, de rébellion, de collecte d’armes. Son procès est entaché de nombreuses anomalies et la sentence prononcée est juridiquement infondée.

Comme beaucoup d’autres prisonniers au Mexique et dans le monde, Álvaro Sebastián Ramírez continue d’être privé de sa liberté car il a été l’objet d’une disparition forcée, car il est un survivant de plus de la torture, car il n’admet pas les délits fabriqués dont on l’accuse, car il n’accepte pas la sentence de 29 ans de prison, car ses idées politiques sont contraires à celle du régime, parce que le système juridique couvre et approuve la répression et la violence de l’État. Alvaro est prisonnier car il est indigène, pauvre et parce que son cœur digne et rebelle est en bas à gauche.

Depuis cette autre Europe avec notre cœur digne et rebelle, nous accompagnons vos pas, ainsi que les pas de ceux qui comme Alvaro sont prisonniers.

Nous exigeons la liberté immédiate d’Álvaro Sebastián Ramírez !

Nous exigeons la liberté des compañeros de la voz de los Zapotecos Xiches en Prisión !

Prisonniers et prisonnières liberté !

Nous ne sommes pas tous là, il manque les prisonniers !

En solidarité :

Caracol Solidario (Francia)

Confederación General del Trabajo – CGT (Estado español)

Grupo Les trois passants (Francia)

Tamazgha (Francia)

Colectivo Alana (Solidaridad Resistancia Dignidad) (Grecia)

Unión Mexicana Suiza (UMES) de Zürich (Suiza)

La PLataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas (Pais Vasco)

La Plataforma de solidaridad con Chiapas de Madrid (Estado español)

Secretariado Internacional de la CNT (Francia)

Colectivo FugaEmRede (Galicia)

Nodo Solidale (Roma, Italia y México)

Nomads Xm24 (Bologna, Italia)

Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha, CSPCL (Francia)

Collettivo Zapatista di Lugano « Marisol » (Suiza)

Grupo IRU (estado español)

caracol mundo-eco de latido en solidaridad (Viena-Austria)

%d blogueurs aiment cette page :