Archive for the Archives Category

RABASTENS : Soirée Femmes et prison

Posted in Actions, Archives, Art et résistance, événements, compas anarquistas, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Oaxaca on 25 avril 2017 by liberonsles

Échanges – débat – Projection – Lecture/Théâtre – Expo – Repas – Tables de presse !

Les Trois Passants, Le Rabastikiosk , Le Banc Sonore et Partage ton Pot vous invitent à une soirée d’échanges et de débats autour du documentaire

« Ils nous ont volé nos nuits »

Tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, et filles de prisonnier.e.s.

Samedi 29 avril 2017 à partir de 19H

Au Banc Sonore
22, Promenade des Lices
81800 RABASTENS

Cliquez ici pour téléchargez le flyer

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

« Ils nous ont volé nos nuits » : ce film collectif réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Il a été possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières; et la participation de La Voix de Zapoteques Xiches en Prison d’Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et ce y compris dans nos propres espaces, peu de choses se disent sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Au Programme :

19H Exposition : « Liberté en fuite »
Vente d’affiches, tissus imprimés, cartes postales de l’expo et artisanat en soutien aux compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte : Fernando Barcenas Castillo, Miguel Ángel Peralta Betanzos, Luis Fernando Sotelo Zambrano, Abraham Cortes Avila, Álvaro Sebastián Ramírez et Natacha Lopvet Mrikhi.

À partir de 19H – Apéro Kiosque – Tables de presse – Brochures – Fanzines (écrits de prison- chroniques carcérales) – Affiches – autocollants – cartes postales – artisanat – tissus imprimés – Livres …

EMPANADAS végétariennes.

20H – Lecture de la pièce : « Le troisième âge derrière les barreaux » : monologue satirique écrit par Natacha Lopvet incarcérée au Mexique depuis 10 ans.

20H30 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits » documentaire collectif filmé récemment au Mexique tel un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli.(1H10)

Débat : Comment la prison s’empare de la vie des femmes – Solidarité /Luttes individuelles et collectives – Échanges avec des toulousaines anti-carcérales.

L’argent recueilli lors de cette soirée sera versé aux prisonnier-e-s par le biais de : La Croix Noire Anarchiste de Mexico, La Voix des Zapotèques Xiches en prison d’Oaxaca et les familles des prisonnie-r-e-s.

Soirée organisée par Les Trois Passants, Le Rabastikiosk , Le Banc Sonore et Partage ton Pot

19H Exposition : « Liberté en fuite »
Vente d’affiches, tissus imprimés, cartes postales de l’expo et artisanat en soutien aux compagnon-ne-s prisonnier-e-s en lutte

Qui sont les prisonnier-e-s que nous soutenons lors de cette journée de solidarité ?

 

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca et militant anarchiste. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par l’ex-président municipal qui siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire, piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Miguel se trouve dans la prison de Cuicatlan, Oaxaca.

Qu’est-ce que c’est le temps, quand, en prison, on en a trop ?
On danse avec l’ombre, on joue avec nos rêves et on rit
On marche sur la voute céleste
On pleure en silence
On est parfois morts en vie
On chante et on se révèle face à leurs murs et à leurs barreaux
On se nourrit des déchets que jette la société ; on les recycle
On aiguise nos sens.
On détruit tous les jours ce qui est en place, on dés-arme la réalité…

-Miguel Betanzos-

Plus d’infos

ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 22 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison. Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers et encouragé depuis son arrestation l’organisation de plusieurs collectifs de prisonniers en resistance. Fernando se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« (…) Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obéissance. Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et par tous types de forces répressives « qui construisent leur démocratie » (…). Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir (…). Nous sommes les blessé-e-s lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène… Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison. »

– Fernando Barcenas –

Plus d’infos

portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico.

« Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible » (…) « Prison, institution de répression, école de méchanceté, d’obscurité, de froideur, de crainte, d’égoïsme, de vice, le lieu de destruction dans lequel nous sommes séquestrés (…) »

– Abraham Cortés –

Plus d’infos

ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque de San Agustín Loxicha, Oaxaca etadhérent à la Sixième Déclaration zapatiste. Cela fait 19 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été arrêté le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et condamné à 27 ans de prison accusé d’appartenir à un groupe armé et pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. »

– Álvaro Sebastián Ramírez –

Plus d’infos

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 22 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après plus de deux ans de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné à 13 ans de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

« Ma liberté n’a pas de prix, mais elle a une grande valeur et beaucoup de gens luttent pour la même chose : pas uniquement pour ma liberté mais, à travers elle, pour la liberté qui nous appartient à toutes et tous. Cette liberté autonome digne et rebelle que nous apprenons à semer mais aussi à récupérer des mains de l’oppresseur. Je suis content de votre soutien, compas. Et savoir que la libération des prisonnier-e-s quels qu’ils/elles soient fait partie du projet que l’on nomme liberté m’incite à être heureux ».

-Luis Fer Sotelo-

Plus d’infos

natachaNatacha Lopvet Mrikhi, 45 ans, française, a passé 9 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha, elle fait partie des 1500 femmes prisonnières qui survivent dans la prison de femmes de la ville de Mexico : Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla. Accusée de délits d’atteinte à la santé, elle purge une peine de 10 ans d’enfermement ; pour y faire face et survivre, elle a participé à de nombreux projets et ateliers, ainsi elle s’est jointe à une troupe de théâtre et fait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec d’autres détenues la joie de la création artistique, et pour ce faire, elle participe à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre et à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également participé à plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement et de la résistance à travers l’art.

« Pour moi, le travail devait être un moyen justement d’être libre, de faire ce que je voulais où je voulais, comme je voulais, m’habiller comme je voulais, avoir la maison de mes rêves, voyager à l’autre bout du monde, profiter et jouir de l’existence. Aujourd’hui, à 45 ans après huit ans et demi passés derrière les barreaux d’une prison, je me rends compte qu’il n’en a pas été ainsi, bien que j’ai beaucoup voyagé. J’ai pris conscience que pendant 25 ans j’étais conforme à une culture, une éducation, des codes sociaux; autant de choses qui m’influençaient sans que jamais je ne décide réellement par moi-même (…) J’ai éprouvé une grande satisfaction à réaliser l’exposition de mes collages, fruit d’un travail ( librement choisi durant les 8 ans passés ici ) où j’ai pu pleinement expérimenter ce que signifie l’auto-décision et c’est en étudiant ces concepts que je peux aujourd’hui continuer à exister pleinement aux côtés de ma compagne ».

-Natacha Lopvet Mrikhi-

Plus d’infos

 

[Oaxaca] Deux ans de réclusion – Lettre de Miguel Betanzos

Posted in Archives, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 25 avril 2017 by liberonsles

Le 30 avril, cela fera deux ans depuis mon arrestation et le début de ma réclusion. Deux longues années que je pourrais vous raconter : secondes, heures, minutes et nuits volées, jours d’angoisse et d’impuissance, de haine de l’État et de ses institutions. Le quotidien qui m’use. L’individualisme qu’on nous oblige à reproduire, et que j’abhorre. Les nécessités et les maladies que nous inoculent les murs de la prison. Est-ce du temps perdu ? Non, car ce furent aussi deux ans d’accompagnement par les compas, de solidarité, de résistance quotidienne, d’apprentissage en commun, d’appui de gens dont tu ne vois pas bien qui ils sont, et même aujourd’hui on ne se connaît pas personnellement, mais maintenant on sait qu’on est ensemble. Deux ans de rire, et deux ans où l’on ne cesse pas de regarder le nouveau soleil et de rêver, tandis qu’on s’oppose au contrôle de tous les faits et gestes.

Il est de notoriété publique que le système judiciaire officiel n’a pas été conçu pour les gens du peuple. La classe politique despotique veut nous faire croire qu’elle administre la justice grâce aux réformes élaborées selon son bon plaisir, alors qu’elle nous traite comme des délinquants, des terroristes ou des ennemis, faisant de nous un numéro de plus dans ses statistiques, tentant d’anesthésier nos consciences, décorant les archives et les dossiers couverts de poussière avec de nouveaux concepts. (De toute façon, à la fin t’es foutu si tu rentres pas dans leurs réformes.) Ça ne leur suffit pas de vérifier ton innocence, en plus ils prétendent te réadapter à leur manière de vivre, à toujours nous soumettre face à eux. Et pourtant, nous avons en nous cette petite goutte qui nous fait lutter et que nous essayons de répandre, ce que nous appelons liberté et qui jamais ne deviendra une loi ni ne pourra se réformer. Lire la suite

[Toulouse] Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » regards croisés, vécus et luttes.

Posted in Actions, Archives, Art et résistance, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 19 mars 2017 by liberonsles

Les Trois Passants et des toulousaines anti-carcérales, vous invitent à toute une journée de rencontres, d’échanges et de débats.

Rencontre – débat autour du film « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison.

Le dimanche 9 avril, à partir de 13h30 à La Chapelle.

Cliquez ici pour télécharger le flyer (programme)  et l’affiche

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Journée organisée par Les Trois Passants, des toulousaines anti-carcérales et des personnes solidaires d’ici et d’ailleurs.

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et ce y compris dans nos propres espaces, peu de chose se dise sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, quatre femmes ayant vécu la prison en France et dans l’État espagnol participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces préoccupations et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

Lire la suite

[Ville de Mexico] Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Posted in Archives, Art et résistance, Fanzines, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 19 mars 2017 by liberonsles

Nous avons élargi notre solidarité et dernièrement nous sommes en relation avec des prisonnier-e-s dit-e-s de droit commun organisé-e-s dans la prison de Santa Martha Acatitla (Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico) .

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

[Mexico] Fernando Barcenas a été transféré au Centre Nord d’Exécution des Sanctions Pénales

Posted in Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Ville de Mexico on 12 février 2017 by liberonsles

tranferenciacvnsp

Le 9 février 2017 Fernando Bárcenas Castillo a été transféré depuis le Pénitencier Préventif Nord pour hommes au Centre Nord pour hommes d’Exécution des Sanctions Pénales, c’est de cette prison que le compagnon n’a cessé d’exprimer son rejet du régime pénitentiaire ainsi que son clair refus de participer à ce que cette juridiction nomme “réinsertion sociale”.

Fernando a été condamné à 6 ans de prison pour les délits d’atteinte à la paix publique et association de malfaiteurs; en décembre 2016, le recours qu’il a déposé a été rejeté par le pouvoir Judiciaire de la Fédération (Parquet), à la suite de quoi son procès juridique a été considéré comme définitif.

La plus grande partie du temps où il a été emprisonné, l’institution l’a maintenu à l’isolement dans différentes zones de la prison au prétexte qu’il constituait “un risque pour la sécurité institutionnelle”. En prison, Fernando a développé différents projets de lutte anti-carcérale dont le journal “El Canero” et d’autres initiatives collectives d’organisation.

N’oublions pas nos compagnon@s qui continuent la lutte à l’intérieur des prisons !

Solidarité avec Fernando Bárcenas !

______________

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 21 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Plus d’infos

______________

Dernière lettre envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonnier-e-s en lutte au mexique, 4 février 2017 à Gaillac.

Depuis la prison Nord de la ville de Mexico.
Février 2017.

Lorsque la solitude s’empare de la cellule, il n’y a pas d’autre alternative que de divaguer entre les pensées et les idées, l’architecture carcérale fait son travail et l’on ressent une sensation de pesanteur dans l’environnement. Nul besoin de fantômes ou d’apparitions, ce sont ces couloirs qui génèrent la peur et la tristesse, les couloirs de la mort dans une zone divisée.

De l’autre côté des barreaux tous sont des étrangers, et peu à peu ils s’éteignent dans cette mort lente.

La zone 7 du module du COC (Centre d’observation et de sélection) est le lieu des mémoires coincées, oubliées par des années de punition et de coups et pourtant, aujourd’hui encore, en sortant se promener dans le couloir, on respire la douleur, les cris de ceux qui sont morts au milieu du couloir.

Parce qu’en fin de compte, pourquoi le gardien ou le technicien pénitencier devrait-il se déplacer dans un endroit destiné à ceux que l’on censure, les incorrigibles par leur insertion sociale quelle qu’elle soit ?

Et pourtant, le mépris est mutuel puisque les “incorrigibles” eux aussi haïssent toute forme de réglementation, à moins que ce ne soit celle qu’ils ont établie.

Voici les souvenirs d’une zone oubliée dans laquelle agonisent les restes de ceux qui, un jour, ont été des hommes, venus purger une punition de 15 jours, ou parce qu’il a été décidé qu’ils resteraient dans ce secteur en raison du risque supposé qu’ils représentent pour la sécurité institutionnelle… Rien d’autre à faire, sauf attendre l’ancienneté dans le secteur jusqu’au transfert qui sera décidé vers une autre centrale pénitentiaire…

Chair à prison qui jamais plus ne goûtera le soleil et l’air pur, mais qui demeure plus libre et digne que n’importe quel esclave citoyen.

Parce que pour être totalement libre, l’absence de barreaux ne suffit pas.

FERNANDO BARCENAS
Une forte embrassade et bien des salutations !

Traduit par Amparo et Les trois passants

[Mexique – Marseille] Textes de Fernando Barcenas Castillo et de Miguel Peralta Betanzos

Posted in Archives, événements, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Oaxaca, Ville de Mexico on 16 décembre 2016 by liberonsles

fermig

Texte de Fernando Barcenas envoyé pour le Festival de l’ABC (Anarchist Black Cross Festival 2016) Marseille

ferDepuis la prison Nord de la ville de Mexico
1er Décembre 2016

Dans les prisons de la ville de Mexico l’isolement est utilisé comme mesure disciplinaire massive afin d’extorquer et d’extirper aux âmes prisonnières jusqu’à leurs derniers centimes.

« À l’intérieur » de ces villes où vivent mal plus de 50.000 prisonnier-e-s, le capitalisme est tel qu’il est, il ne se déguise pas, ni ne porte de masques démocratiques. Et de nos jours il annonce clairement sa loi élémentaire : nous, les marginaux, nous serons exterminés. Mais pas avant d’avoir offert jusqu’à la dernière goutte de notre travail d’esclave, de notre sueur mal payée au goût amer, amer parce que nous savons que c’est contraire à notre propre volonté.

Cependant ils dictent les conditions de la participation à leur commerce : « Monte dans le fourgon, sinon il va te renverser ». Ils demandent cyniquement à ce que nombre de lâches rejoignent les rangs de la mafia, car ils savent qu’ils n’auront pas le courage d’abandonner leur confort.

Et pourtant la prison n’a pas toujours été comme ça…

Le déluge de drogues qui s’y abat en a fait une immense maison de fous, où les besoins des prisonnier-e-s sont attisés afin de mieux les escroquer, les poussant vers une vie d’automates aux ordres du commerce…

C’est pour cela qu’il est si important de ne pas cesser d’imaginer et d’être sensible. En effet ils essaient de nous convertir en machines de guerre.

Maintenant il ne reste que l’action et la solidarité, sachant que la prison n’est rien d’autre que la société dans laquelle nous vivons.

En guerre jusqu’à la liberté totale.

– Fernando Barcenas –
***

Lettre de Miguel Ángel Peralta Betanzos envoyée pour le Festival de l’ABC Marseille

miguelflomDepuis la Maison d’Arrêt de Cuicatlán, Oaxaca.

Inadapté-e-s (Inadaptadxs)
Montagnes, plantations de café, sources qui jaillissent de la terre,
animaux sauvages de la forêt, arbres innombrables, masques, maisonnettes
que berce le vent, chemins, fleurs : tous enveloppés dans l’épais
brouillard de la nostalgie.

Je m’éveille, la pluie s’intensifie, mes ailes mouillées pèsent mais elles
continuent à voler.

Mon ombre lance des coups de pied contre les portes de la machine, passe
au travers des mailles, escalade les tours de contrôle, brouille les
radios de communication, croise les murs, tisse des rêves et habite dans
des frontières imaginaires.

Mon ombre se nourrit de la flamme de la pensée, elle parle une langue
ancestrale et ne se laisse pas domestiquer, elle se révèle à la lumière
du jour, et se grise de liberté.

Mon ombre est l’ombre de tous les hommes du nombril du monde et devient
escargot.

Mon ombre brise les charnières de l’État ;
Et jamais, plus jamais elle ne sera piétinée.

Miguel P.
Novembre 2016.

Traductions Les trois passants et Amparo / correction Myriam

[Marseille] Anarchist Black Cross Festival 2016 !

+ d’infos sur Miguel Betanzos et Fer Barcenas

[Oaxaca] Malgré 19 ans de prison, Alvaro Sebastián Ramírez est toujours debout !

Posted in Archives, Loxichas, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta on 16 décembre 2016 by liberonsles

ALVAROSÁlvaro Sebastián Ramírez, âgé de 56 ans, est indigène zapotèque et adhérent à la Sexta zapatiste, il est originaire de la communauté indigène de Llano Maguey, municipalité de San Agustín Loxicha, district de Pochutla, État d’Oaxaca. Cela fait 19 ans qu’il est privé de sa liberté. Alvaro a été arrêté le 15 décembre 1997 dans la ville d’Oaxaca et condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Malgré l’enfermement, Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnons mènent une lutte avec espoir et conviction pour sa libération.

Ecrits de prison ( Fanzine ) cliquez sur l’image.

ALVAROLOXICHA10

Vidéo de présentation – Campagne pour la libération d’Alvaro

Lire la suite