Archive for the Archives Category

[Genève] Mardi 19 juin : Projection du documentaire « ILS NOUS ONT VOLÉ NOS NUITS »

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 16 juin 2018 by liberonsles

« Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches ]

Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, comme tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi comme porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces leur existence et leur combat sont méconnus. C’est pourquoi, dans ce documentaire, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles à ces femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble. Lire la suite

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[Mexique] Fernando Barcenas sort de prison !

Posted in Archives, compas anarquistas, Ville de Mexico on 12 juin 2018 by liberonsles

Fernando est sorti de prison, le 11 juin 2018 vers 21 heures, une fois dehors, il a brûlé son uniforme couleur beige qu’il a dû porter pendant quatre ans et demi.

Aviso CNA Mx (Cruz Negra Anarquista de Mexico)
Proyecto Ambulante (photos)

Aujourd’hui, 11 juin 2018, le compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo est sorti de prison.

Arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro, Fer avait été accusé d’avoir mis le feu à l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouvait dans la prison Nord dite le ReNo, dans la ville de Mexico.

En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse.  Peu après sa detention Fernando n’a cessé d’élaborer de multiples projets : des ateliers de musique  d’écriture, de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral  indépendant de combat : « El Canero », qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine et d’ailleurs.

Pour Fernando « Le Canero est un projet qui veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dont nous sommes tous prisonniers à différents niveaux. Ce journal contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication entre prisonniers et avec l’extérieur ». Il s’agit pour lui  « De démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies ».

Ainsi, le premier Canero est sorti en juin 2014, à ce jour, cinq numéros ont été écrits : au fil du temps, le contenu évolue. Ce journal est le produit des nombreuses réunions de prisonnier.e.s, des échanges et des réflexions, des actions conjointes, des grèves de la faim…Dans son cheminement, le Canero voit naître des organisations informelles de prisonnier.e.s en résistance, des actions coordonnées, des communiqués dénonçant la bête pénitentiaire, l’autorité et l’enfermement dans et hors les murs.

Depuis le mois de novembre 2017, Fernando lance une nouvelle idée, mettre en place une bibliothèque autonome gérée par les propres prisonniers et après plusieurs mois de travail et de construction, la bibliothèque est inaugurée le 28 avril 2018 avec le nom de Xosé Tarrío González *, la bibliothèque continue de grandir et à ce jour elle compte avec de nombreux documents, entre livres, revues et brochures… la bibliothèque continue sa route.

Pendant toutes ces années Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite, Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimé.e.s et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, qui fait référence au sens « s’échapper, fuir » s’évader de la propriété d’un maître.

Va une forte accolade Fer, un abrazo compañero! Enfin dans la rue.

Jusqu’à la liberté totale!

 

Les trois passants

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*NOTE : Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en oeuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d‘évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois dû à sa maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye »

La lutte des prisonniers en Espagne et contre les FIES

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

[Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

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[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero, numéro 5

Posted in anti-carcéral, Archives, El Canero, Journal indépendant de combat « El Canero » on 10 juin 2018 by liberonsles

Journal anti-carcéral “El CANERO”

Le journal El Canero, c’est quoi ?

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

C’est en prison que Fernando a crée ce journal et l’a appelé « journal indépendant de combat : El Canero », qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication entre prisonniers et avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

– Fernando Barcenas –

Le premier Canero est sorti en juin 2014. A ce jour, cinq numéros ont été écrits : au fil du temps, le contenu évolue. Il est en effet le produit des nombreuses réunions de prisonnier.e.s, des échanges et des réflexions, des actions conjointes, des grèves de la faim… Dans son cheminement, le Canero voit naître des organisations informelles de prisonnier.e.s en résistance, des actions coordonnées, des communiqués dénonçant la bête pénitentiaire, l’autorité et l’enfermement dans et hors les murs.

La compilation des articles est faite en prison et toutes les contributions sont mises en page et ré-écrites à la main par Fernando, puis elles sont photocopiées à l’extérieur pour être diffusées aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles.

Le Canero n° 5 – EN FRANÇAIS- Pour télécharger le journal, cliquez ici

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téléchargements « Canero » 4 et 3 

 

 

[D.F, Mexico] Lettres de Fernando Bárcenas Castillo : A propos de la bibliothèque Xosé Tarrio González , à l’intérieur de la prison Nord

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 6 juin 2018 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillo « Fer » est un jeune anarchiste. Il a 23 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”. Fer a également encouragé et lancé plusieurs organisations de prisonnier·e·s en résistance : La C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance), la C.I.P.R.E (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) et le collectif des prisonniers CIMARRON.

Lettres de Fernando Bárcenas : A propos de la bibliothèque Xosé Tarrio González * à l’intérieur de la prison Nord

novembre 2017 – avril 2018

Construire une bibliothèque à l’intérieur de la prison va bien au-delà du fait de créer un simple espace « culturel » ou de « loisirs », cela implique assumer le fait qu’il y aura des tensions et des affrontements parce que pour les sbires de l’administration pénitentiaire il est inconcevable que les prisonniers soient capables d’autodétermination.

En tant que représentants du pouvoir et de la machine mortifère, ils ne peuvent supporter l’idée qu’une poignée de « délinquants » (pour eux) remette en question leur mode de vie… Parce que remettre en question ce lieu qu’est la prison, signifie mettre en cause toute leur société avec son armement, ses valeurs et ses modes de relations…

C’est pour cela que nous nous adressons à vous, ceux de « l’extérieur » pour faire écho à nos luttes et résistances quotidiennes, mais aussi pour tisser des liens de solidarité et de soutien, car notre position est toujours aussi déterminée. Nous n’accepterons rien de l’institution parce que nous ne permettrons pas qu’elle essaie d’absorber et de s’approprier ce projet…

C’est pour cela que maintenant que nous avons réussi à obtenir un espace pour établir la bibliothèque, NOUS LANÇONS UN APPEL À TOUS LES COMPAGNONS ET À TOUTES LES COMPAGNONNES POUR AIDER À LA COLLECTE DE FONDS POUR ACQUÉRIR LE MATÉRIEL AVEC LEQUEL SERA CONSTRUITE LA BIBLIOTHÈQUE, c’est pour cela que nous cherchons à établir des dynamiques de façon conjointe aussi bien dedans que dehors, qui poussent les contradictions et les tensions jusqu’au point de rupture insurrectionnelle.

La prison est un espace commun à tous dans cette ère technologique, et c’est pour cela que nous devons savoir inventer des chemins qui nous conduisent à expérimenter de nouvelles formes de vivre et lutter, de sorte que lorsque l’incendie se propagera il ne restera pas d’autres possibilités incertaines que celles de construire nos vies en nous les réappropriant.

En guerre jusqu’à ce nous soyons tous libres !
Avec rage et amour !!

– Fernando Bárcenas-

Source espagnol

NOTE : Xosé Tarrío González est né en 1968 à la Coruña. A onze ans il est enfermé dans un internat, puis en maison de redressement pour se retrouver à 17 ans en prison où il contracte le SIDA. En prison, il met en oeuvre l’anarchisme et la rébellion, menant de nombreuses tentatives d‘évasions, pratiquant la solidarité réelle entre les prisonniers, luttant résolument contre la prison et les gardiens de prisons ; toutes ces attitudes entraînent humiliations, mises à l’isolement et il est de nombreuses fois torturé. En 2004, son état de santé se dégrade une nouvelle fois dû à sa maladie et finalement, le 2 janvier 2005 il meurt victime de l’institution carcérale et de la société qui la soutient. Xosé était un prisonnier du régime spécial FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) et auteur du livre « Huye, hombre, huye »

La lutte des prisonniers en Espagne et contre les FIES

Inauguration de la bibliothèque Xosé Tarrío González à l’intérieur de la prison Nord

Lettre ouverte aux compagnon·nes prisonnier·es de la taule extérieure.

Nous envoyons un salut fraternel à tous ceux et toutes celles qui pendant toutes ces dernières années sont resté·es attentif·ves tant aux luttes qui se menaient ici à l’intérieur des prisons physiques mais surtout à celles qui avaient lieu dans cette grande prison à ciel ouvert que d’aucuns appellent société.

Parce qu’ici « à l’intérieur » de ces murailles, nous nous assumons aussi en tant que partie prenante de cette guerre, une guerre dont nous ne voulons pas mais qui nous a été imposée par la condition sociale à laquelle nous appartenons.

C’est dans ce sens que je viens vous transmettre ces paroles, parce que comme beaucoup d’entre vous, nous nous opposons à cette gigantesque machine qui tente de nous dépersonnaliser, de nous enlever nos rêves et nos désirs les plus profonds, pour faire de ce monde tout entier une prison de haute sécurité.

Parce que nous croyons fermement qu’il n’existe pas de solution pacifique et qu’à l’intérieur de ce scenario la seule façon d’obtenir la liberté est de construire de nouvelles réalités en dehors du système économique d’exploitation.

C’est pour cela donc qu’à l’intérieur de ce centre d’extermination appelé pénitencier nord nous avons décidé de mettre un terme à l’attitude de victimes pour affronter la nécessité de construire un espace différent dans lequel nous pourrons tisser des réseaux de solidarité et, par l’organisation de nos petites forces, combattre les désastres de la machine de contrôle.

Nous n’allons plus continuer dans la vieille dynamique d’exiger quoi que ce soit de ceux qui administrent notre mort parce ce que nous ne voulons pas être entendus des puissants, nous ne voulons pas être acceptés ni ne voulons qu’ils nous donnent une participation à leur pouvoir.

Nous nous opposons catégoriquement à cette logique qui, plutôt que de créer des fissures dans la machine, la renforce en lui donnant un aspect plus « humain » comme diraient de nombreux·ses hommes et femmes de la « gauche humaniste » .

C’est pour cela que nous vous avons sollicité votre solidarité, parce que c’est avec vous que nous discutons et c’est à vous que nous disons que nous sommes présents avec nos petites forces pour résister à l’anéantissement auquel ils nous ont condamnés parce que différents du prototype citoyen.

Nous savons qu’illes sont nombreux·ses partout à se sentir en danger, menacé·es face à l’extension de la technologie du contrôle… et c’est pour cela que nous les invitons à continuer sur le sentier de la liberté, chacun·e dans son lieu et avec ses modalités et possibilités, mais qu’en nous synchronisant nous fassions écho en une seule révolte qui enflammera le moindre recoin de l’empire.

C’est pourquoi nous vous invitons de participer à cette guerre, vous proposant une action simultanée le 28 avril. Ce jour-là aura lieu un rassemblement à l’extérieur du pénitencier nord afin de présenter toutes les donations de livres pour la bibliothèque Xosé Tarrío González tandis qu’à l’intérieur nous mènerons une action anti-carcérale en inaugurant cet espace…

C’est pour cela donc que nous invitons tous ceux et toutes celles qui ont du matériel et des livres à les apporter ce 28 avril 2018 à l’extérieur du pénitencier nord où seront rassemblés tous les livres collectés afin de les faire entrer en une seule fois.

Notre lutte quotidienne est celle de la destruction de toute forme de domination et pour la démystification de la prison mettant en évidence que la prison est dans tout, pour l’attaquer de toutes parts ; c’est donc une invitation ouverte non seulement à celles et ceux qui veulent participer à l’événement du 28 avril mais également à tous ceux et toutes celles qui veulent ce jour-là ou n’importe quel autre jour étendre la révolte et démontrer leur rage et leur ras-le bol contre la machine de domination, que ce soit en organisant un événement, en taguant ou en faisant une petite action de sabotage, peu importe, car ce qui compte c’est d’amplifier les contradictions et faire écho à la révolte qui enfle jusqu’à l’insurrection généralisée qui devra détruire le pouvoir central… joug commun que nous tous et toutes supportons sur nos épaules.

Nous continuons en guerre jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres…
Avec amour et force !

– Fernando Barcenas-

version espagnol

L’idée de fonder une bibliothèque autonome dans l’auditorium de la prison Nord

Aux compagnon-e-s rebelles

À tous ceux qui construisent leur chemin d’autonomie, j’écris pour rappeler qu’à l’intérieur de ces murs nous tentons d’arracher notre temps vital à la machinerie en créant des moments de lucidité dans ce monde asphyxiant.

C’est ainsi que durant ces années ont surgi des propositions de résistance, de combats isolés en cris qui se perdent dans l’obscurité jusqu’aux moments d’organisation collective informelle dans le quotidien de la vie en régime ouvert, c’est à dire la population carcérale en général. C’est là qu’a surgi depuis presque trois ans l’idée de créer un espace différent où les prisonnier·e·s puissent crier que toute cette destruction doit cesser. Nous savons que le système carcéral est conçu pour soumettre nos corps et nos esprits aux lois du commerce, c’est pour cette raison que nous n’allons pas leur demander de changer. Nous savons que l’argent est le langage des puissants et nous n’avons donc aucune requête à leur faire. Désormais, nous voulons auto-gérer nos vies à l’intérieur de ces murs, contrôler nous-mêmes nos mentalités, puisque ce que visent leurs programmes de réadaptation sociale est la création d’êtres soumis, repentis, coupables et qui de ce fait acceptent le travail, esclaves aux mains des fonctionnaires de la prison.

C’est ainsi qu’est née l’idée de fonder une bibliothèque alternative dans l’auditorium de la prison Nord mais, pour que ce projet d’autonomie grandisse et qu’il puisse fonctionner, nous avons besoin de votre appui et de votre solidarité car, à intérieur, nous sommes réprimé·e·s de façon méthodique. C’est pourquoi nous lançons cet appel à tous ceux qui se savent en guerre, nous avons besoin de vous_!!! Car c’est seulement ensemble que nous réussirons à trouver la force d’affronter la logique de ce système de putréfaction.

Ne nous laissez pas seuls dans la construction d’un espace supplémentaire d’autonomie. Notre lutte est tout aussi importante, nous aussi sommes esclaves, enfants d’une guerre, nous sommes pauvres, ils nous appellent délinquants et pour cela nous marginalisent, mais ensemble avec vous, nous démontrerons que nous sommes capables de vivre la liberté ici et maintenant, même entre ces murs de pierre.

C’est pour poursuivre ce projet que nous vous demandons de nous soutenir.

« La bibliothèque autonome » dans la prison Nord

Avec amour et force pour tous et toutes.

– Fernando Bárcenas –

version espagnol

 

Situation actuelle du projet de bibliothèque autonome à l’intérieur de la prison.

Cher-e-s Compagnon-ne-s

Quelques mots pour vous informer de la situation actuelle du projet de bibliothèque autonome à l’intérieur de la prison.

Tout d’abord, merci de votre participation et, par les pressions exercées, de nous avoir permis d’obtenir un espace qui a rendu possible l’acceptation du projet de bibliothèque. Votre soutien est toujours nécessaire puisque, maintenant, il nous faut construire les meubles et aménager l’espace. Jusqu’à présent en effet, nous n’avons eu les moyens d’acheter ni les matériaux ni les outils nécessaires.

J’ai entendu dire qu’il y avait des personnes disposées à soutenir économiquement et en donnant des livres. C’est pourquoi il est important de dire que, pour l’instant, le principal est de collecter des fonds afin de pouvoir acheter le matériel nécessaire_: des planches de bois, des tire-fonds et des vis, des chevilles expansées, en bois, des clous, des agrafes industrielles, etc. Tout ceci est primordial car il ne sert à rien d’entasser des livres si nous n’avons pas auparavant un endroit aménagé avec des meubles pour les ranger…

L’idée est de travailler pendant ce temps de façon à ce que la bibliothèque puisse être inaugurée à la mi-décembre. Ce sera ainsi un lieu où s’exerce l’autonomie à l’intérieur de ces murs, comme un espace culturel pour la population en général de cette prison, la mise à disposition d’outils destinés à transformer la réalité de cet univers carcéral.

Loin des dogmes idéologiques, religieux et scientifiques, la proposition est d’ouvrir un espace réel pour se retrouver soi-même.

Ceux qui participent à ce projet remettent profondément en question l’assistanat, la « charité » et les fétichismes qui conduisent différentes associations et collectifs du dehors à participer à des projets de diverses sortes à l’intérieur de la prison.

C’est pour cela que nous rappelons à toutes celles et ceux qui ont l’intention d’entrer à l’intérieur de ces murs que nous nous opposons à ce type d’activités. Car la prison est partout ; la lutte anti-carcérale ne doit pas être centrée sur « les prisonnier-e-s » des « prisons physiques » mais doit amener chacun d’entre nous à reconnaître son enfermement quotidien. Et c’est par la rupture insurrectionnelle que nous parviendrons à prendre soin de nous, chacun incendiant ses propres prisons.

Assez de prisonnierisme* ! Construisons de réelles alternatives pour qu’à nouveau nous soyons ceux qui attaquent ce système… Car on ne doit pas se souvenir de façon nostalgique « d’un-e compagnon-ne prisonnier-e » mais le revendiquer dans chaque acte de guerre qui accélèrera le déclenchement de l’insurrection généralisée.

Beaucoup de courage
– Fernando Bárcenas –

* presismo en espagnol : assistanat carcéral

Version espagnol

Traductions Amparo, Juliette, Les trois passants

Plus d’infos sur Fer Barcenas

Cliquez sur l’image pour télécharger le flyer

[Ville de Mexico] A propos de la bibliothèque autonome Xosé Tarrio, à l’intérieur de la prison Nord

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 25 mai 2018 by liberonsles

Lettre de Fernando Bárcenas

A propos de la bibliothèque autonome Xosé Tarrio*, à l’intérieur de la prison Nord

Mexico, février 2018

Construire une bibliothèque à l’intérieur de la prison va bien au-delà du fait de créer un simple espace « culturel » ou de « loisirs », cela implique assumer le fait qu’il y aura des tensions et des affrontements parce que pour les sbires de l’administration pénitentiaire il est inconcevable que les prisonniers soient capables d’autodétermination.

En tant que représentants du pouvoir et de la machine mortifère, ils ne peuvent supporter l’idée qu’une poignée de « délinquants » (pour eux) remette en question leur mode de vie… Parce que remettre en question ce lieu qu’est la prison, signifie mettre en cause toute leur société avec son armement, ses valeurs et ses modes de relations…

C’est pour cela que nous nous adressons à vous, ceux de « l’extérieur » pour faire écho à nos luttes et résistances quotidiennes, mais aussi pour tisser des liens de solidarité et de soutien, car notre position est toujours aussi déterminée. Nous n’accepterons rien de l’institution parce que nous ne permettrons pas qu’elle essaie d’absorber et de s’approprier ce projet…

C’est pour cela que maintenant que nous avons réussi à obtenir un espace pour établir la bibliothèque, NOUS LANÇONS UN APPEL À TOUS LES COMPAGNONS ET À TOUTES LES COMPAGNONNES POUR AIDER À LA COLLECTE DE FONDS POUR ACQUÉRIR LE MATÉRIEL AVEC LEQUEL SERA CONSTRUITE LA BIBLIOTHÈQUE, c’est pour cela que nous cherchons à établir des dynamiques de façon conjointe aussi bien dedans que dehors, qui poussent les contradictions et les tensions jusqu’au point de rupture insurrectionnelle.

La prison est un espace commun à tous dans cette ère technologique, et c’est pour cela que nous devons savoir inventer des chemins qui nous conduisent à expérimenter de nouvelles formes de vivre et lutter, de sorte que lorsque l’incendie se propagera il ne restera pas d’autres possibilités incertaines que celles de construire nos vies en nous les réappropriant.

En guerre jusqu’à ce nous soyons tous libres !
Avec rage et amour !!

– Fernando Bárcenas-

Traduit par nos soins / correction Ju

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[Oaxaca] Miguel Betanzos : Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison

Posted in anti-carcéral, Archives, compas anarquistas, Fanzines, Oaxaca, prisonnier-e-s de la guerre sociale. on 24 mai 2018 by liberonsles

Reçu par mail, mars 2018

Quelques reflexions sur les changements physiques et émotionnels*

Depuis la Maison d’arrêt San Juan Bautista, Cuicatlán, Oaxaca

Miguel Peralta Betanzos

Pendant ma détention, une des premières affections dont j’ai souffert a été mon poignet gauche, cassé par les policiers qui m’avaient frappé. En raison de mon incarcération, ma blessure n’a jamais été soignée, ce qui a entraîné une limitation de la mobilité de ma main, pour développer des activités sportives, mais surtout là où je le ressens le plus c’est dans le travail, notamment lorsque je tisse.

Lorsque j’étais dehors j’étais rarement malade. Maintenant, j’ai développé des maladies telles que la sinusite, des gastrites et des migraines qui ont augmenté je pense à cause du climat, qui est chaud et humide, mais aussi du stress, des préoccupations, de l’anxiété, qui sont des sentiments dont je n’avais pas l’habitude. Je souffre désormais de maladies respiratoires et comme il est rare que le système carcéral fasse un suivi médical, ce sont ma famille, mes compagnons qui s’occupent de mon cas, qui se chargent de m’apporter des médicaments pour tenter de soulager un peu ces maux. Cette situation m’a conduit à consommer des médicaments car en prison on ne nous permet pas de nous soigner avec la médecine traditionnelle de nos peuples, et c’est vrai que je n’étais pas habitué à prendre ces médicaments. Par exemple, je n’ai pas eu le droit de faire rentrer des plantes ou d’autres remèdes pour me soigner alors que dehors j’aurais pu le faire, et, de fait, ceci a aussi engendré une perte, une rupture de mon identité.

Nous sommes limités dans notre épanouissement plein et entier, par exemple concernant l’habillement, je regrette la diversité des couleurs, de ne pouvoir porter une casquette, de me laisser pousser la barbe. Tout cela m’empêche de me sentir comme un être qui se réalise totalement.

Ça me paraît bizarre et incongru, de savoir qu’une sensation qui auparavant pouvait me procurer du plaisir quand j’étais dehors, je me réfère à la nourriture, comment aujourd’hui cela me rend aigri et comment je peux être de mauvaise humeur en ressentant le mal du pays.

J’ai changé mes habitudes de sommeil, maintenant je ne peux plus dormir avec cette tranquillité qui me reposait comme lorsque j’étais dehors. Avant je dormais six heures aux côtés de ma compagne et maintenant je dors trois ou quatre heures par nuit avec cinq compagnons de cellule.

J’en ai jusque par-dessus la tête d’entendre le cliquetis des clefs et le bruit des bottes qui ouvrent et ferment les portes et les cadenas. Tous ces bruits ne me procurent aucun repos et encore moins confiance. Plein de choses me manquent comme prendre un coq dans les bras, écouter une chanson qui me plaise, fouler la terre aux pieds, la sentir et fumer. J’ai la nostalgie de mes marches sous la pluie, du brouillard, de sentir ce climat de la montagne et d’entendre ces bruits. Les bruits des oiseaux, des rivières, du moulin à maïs, à café. Toucher les plantes, récolter le café et le maïs, toucher la terre, l’eau, manger des fruits, danser.

Toute cette surveillance et cette sécurité m’ont, paradoxalement, rendu méfiant à plus d’un titre. Comme, par exemple, pour des choses concernant des échanges au travail, ou acquérir des objets pour la toilette, et dans les relations affectives j’en suis arrivé ycompris à douter de mes compagnons, de ma compagne non du point de vue politique mais au niveau des sentiments, émotionnel, ce qui me met de mauvaise humeur et déclenche une lutte interne pour ne pas me laisser emporter par ces sentiments.

Mais malgré ce que je vous raconte, je cherche à exercer non seulement mon corps mais également mes sens et mon esprit grâce à l’imagination, et en profiter lorsque je sors pour les audiences (même si ce ne sont que quelques moments, car dès mon retour en prison ils me les reprennent). Je tiens à souligner que depuis que je suis enfermé, quelque chose dans ma façon d’être n’a pas souffert des conséquences, et qu’ils n’ont pas non plus réussi à transformer négativement, c’est ma conscience et ma lutte constante pour maintenir ce en quoi je crois, qui je suis et surtout les personnes que j’apprécie.

– Miguel Peralta Betanzos –

*Extrait du livret / fanzine : « Reflexions sur les changements physiques et émotionnels en prison »

Traduit par nos soins

Miguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

Plus d’infos

[Depuis la prison Sud- Mexico] Lettre de Luis Fernando Sotelo

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, Fanzines, prisonnier-e-s de la guerre sociale., prisonnier-e-s en lutte, Ville de Mexico on 20 décembre 2017 by liberonsles

Lettre de Luis Fernando Sotelo
Envoyé par la Croix noire anarchiste de México
11 décembre 2017

Depuis la prison Sud du DF

À ceux et celles qui résistent aux stratégies et aux dispositifs du pouvoir capitaliste.

Aux compagnonnes du monde qui se rebellent et refusent d’accepter les formes de domination.

M’appuyant sur la réciprocité qui, je crois, est à la base de la solidarité véritablement révolutionnaire, je veux partager un chapitre de ma vie et y ajouter une réflexion, bien qu’étant toujours derrière les grilles de la prison, ici face aux bureaux de l’appareil judiciaire, bras de l’État, où la défense de la liberté pour la justice n’est de fait qu’un commerce de valeurs économiques.

Je vais donc vous raconter : aux environs de midi, sans surprise, j’entends le coursier « estafeta » (individu, lui aussi détenu, chargé de présenter les tickets de circulation interne, qui permettent de se rendre aux tribunaux).

Il se met à crier mon nom, je sais alors que je vais recevoir des nouvelles de la quatrième chambre du tribunal pénal et que celle-ci a déjà émis une nouvelle sentence. La notification m’est donnée à travers les grilles du tribunal n° 32. La personne qui me lit le verdict est, je suppose puisqu’il ne s’est pas identifié, secrétaire. Je n’ai vu que lui.

La sentence a été modifiée : la condamnation pour atteinte à la propriété a été supprimée, la seule de toutes ces forces juridiques du cirque de privilégiés patronaux. Cela ne m’enlève donc approximativement que neuf années, en insistant sur le fait que l’on me demande une somme supérieure à huit millions de pesos mexicains pour sortir dès aujourd’hui, si tel est « mon désir », et effectuer le reste de la peine, vingt mois, en conditionnelle.

En somme, on me condamne disant que je suis « pénalement coupable des délits de troubles à l’ordre public et d’attaques aggravées aux voies de communication », et l’on m’« impose une peine de 4 ans 8 mois et 7 jours de prison avec une amende de 71 865,72 pesos mexicains (3,151 euros environ)  ». Je suis condamné au paiement pour réparations de dommages matériels et l’on me « concède la peine substitutive à la détention par le Traitement en Liberté » ; en résumé, le bénéfice de la suspension conditionnelle de la peine est lié à la réparation préalable des dommages (qui est de huit millions de pesos mexicains si je comprends bien) ainsi qu’une caution de 20,000 pesos. (1000 euros environ). Lire la suite