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[Prison Nord – Mexico] L’idée de fonder une bibliothèque autonome

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 30 novembre 2017 by liberonsles

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[Ariège] Journée de rencontres « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Posted in anti-carcéral, Archives, événements, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 7 octobre 2017 by liberonsles

Projection – Échanges – Tables de presse – Repas – Bar et Concerts !

Les Trois Passants, Le poil de la bête, Ta voisine est féministe et des ariégeoises anti-carcérales vous invitent à la 3ème journée de rencontres, d’échanges et de débats « Des femmes face à la prison » : regards croisés, vécus et luttes.

Rencontre – débat autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison.

En cette occasion ça se passe en Ariège :

Le Samedi 28 octobre 2017 À 14H30
09290 Le Mas d’Azil

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Au fil du temps nous avons observé la lutte incessante, la résistance et le travail que mènent les femmes dans et hors les prisons, non seulement en tant que tisserandes de la mémoire contre l’oubli, mais aussi en tant que porteuses d’une lutte infatigable contre le système judiciaire et pénitentiaire. Cependant, et y compris dans nos propres espaces, peu de chose se dit sur elles. C’est pourquoi en cette occasion, sans fabriquer une vision innocentante et victimisante, nous avons ouvert un espace de paroles pour les femmes confrontées à l’enfermement, à l’humiliation, à la maltraitance du corps, à la torture sexuelle, au harcèlement, à la stigmatisation et à l’hypothétique “justice”. Elles nous rappellent la valeur de la lutte, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des geôles. Nous en parlerons ensemble.

Pour faire miroir, échanger et partager des réflexions, des femmes ayant vécu la prison en France et dans l’État espagnol participeront à cette journée. C’est à travers leurs voix et leurs réflexions que nous voulons aborder ces préoccupations et trouver les chemins, les espaces, les moments et les actions pour la liberté.

Au Programme :

À 14H30 – Accueil : Rencontre – débat autour du documentaire « Ils nous ont volé nos nuits » tissé avec 11 femmes mexicaines : ex-prisonnières, mères, compagnes, filles de prisonnier.e.s, avec la participation de femmes françaises et espagnoles ayant vécu la prison. Présentation de la journée et présentation des intervenantes

À 15H00 – Projection du documentaire : « Ils nous ont volé nos nuits », documentaire collectif filmé récemment au Mexique comme un outil de lutte anti-carcérale et contre l’oubli. (1H10)* Au Centre Culturel Multi Médias, rue Albech, 09290 Le Mas d’Azil

À 17H30 – Débats et échanges:
Comment la prison s’empare de la vie des femmes ; discrimination systématique, rôles assignés, appropriation du corps / Luttes individuelles et collectives ; l’importance de tisser des réseaux anti-carcéraux pour faire face à l’enfermement, la taule, l’isolement, la société carcérale… Au Poil de la bête, 6 Cap del Ourm, 09290 Le Mas d’Azil

À partir de 20H : Repas végétarien et vegan en soutien et Bar

À 21H30 – Concert pour nous faire danser :
Femmes de Fandango Mano y Vuelta (Son Jarocho, musique afromeztiza du Mexique) nous présentent un répertoire de « Son Jarocho » venu du Golf du Mexique nourri d’influences européennes, africaines et indigènes.

Suivi d’une DJ !

Brève présentation des intervenantes :

Christine Ribailly, 47 ans, enfin sortie le 22 décembre 2016, après quatre années de dédale pénitentiaire (17 transferts dans le nord de la métropole). Christine était incarcérée depuis novembre 2012 pour diverses condamnations d’outrages et rébellions sur des flics et des matons. Rentrée pour quelques mois, elle est finalement restée plus de quatre ans en détention dont plus de la moitié en quartier disciplinaire et beaucoup en isolement. En prison, cette bergère se rebelle contre l’autorité pénitentiaire, et en paye le prix. : 17 condamnations judiciaires et prés de 120 procédures disciplinaires. Tout son dossier crie sa haine de l’institution pénitentiaire.

Johanna : « Depuis que mon compagnon a été incarcéré en 2011, ma vie est rythmée par l’administration pénitentiaire ou plutôt à leur bon vouloir. En fait, je me rends compte qu’il ne faut surtout pas analyser la situation sinon, quand on est compagne de détenu (longue peine), quand on regarde d’un peu plus près son quotidien, je pense que je serais capable du jour au lendemain de mettre un terme à cette relation tellement le quotidien est lourd à porter. »

Julieta Da Silva Alves
Mère du compagnon anarchiste Gabriel Pombo da Silva, qui a passé 30 ans dans les prisons allemandes et espagnoles, soumis au régime d’isolement FIES (Fichier Interne de Suivi Spécial) dont plusieurs années en régime FIES 5, ce qui signifie en régime d’isolement extrême. Tout comme sa mère, Gabriel est un combattant infatigable contre la bête carcérale, le système pénitentiaire, judiciaire, l’État et la société carcérale. Après une lutte incessante, Gabriel est sorti de prison en 2016. « Mon fils est entré en prison à 17 ans et il en est sorti à 48, sa vie a été un enfer de tortures et avec sa vie la mienne s’en allait dans les cachots des FIES de l’État espagnol, j’ai été immigrée pendant 43 ans en Allemagne et je peux vous assurer que je ne souhaite à aucun de mes pires ennemis la souffrance que j’ai dû endurer pendant toutes ces années, quand il est sorti, ils ne voulaient pas le lâcher, il a fallu trois mandats européens pour le libérer, on aurait dit des chiens qui ne voulaient pas lâcher leur proie. »

et d’autres invitées …

Ils nous ont volé nos nuits » [ Nos robaron las noches ]

Ce film collectif, réalisé au Mexique en octobre 2016, est un outil de lutte anti-carcérale. C’est un documentaire fait maison, avec nos propres moyens, par des personnes solidaires et non spécialistes. Sa réalisation a été rendue possible grâce à la complicité de mères, de compagnes, de femmes solidaires, de filles de prisonnier.e.s et d’ex-prisonnières, et la participation de La Voix des Zapotèques Xiches en Prison de Oaxaca, du Groupe de Travail Nous ne sommes pas tous et toutes là du Chiapas, de La Croix Noire Anarchiste de Mexico et du groupe Les Trois Passants de Toulouse.

Journée organisée par Les Trois Passants, Le poil de la bête, Ta voisine est féministe et des ariégeoises anti-carcérales.

d’autres journées sont à venir…

événements passés ( France – Chiapas, Ville de Mexico, Oaxaca)

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Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla, Mexico

Posted in Archives, Art et résistance, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 23 septembre 2017 by liberonsles

Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

Quelque part dans la ville de Mexico, la ville monstre.

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Écrit de Natacha Lopvet Mrikhi, une semaine après sa sortie de prison.

Voici un texte de Natacha Lopvet Mrikhi, écrit une semaine après sa sortie du Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico. Lorsque Natacha était en prison, elle a écrit le texte « Les odeurs » [en prison]. Ce nouveau texte fait référence aux odeurs du…Dehors.

Natacha Lopvet, française, a passé 10 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla. Elle s’est jointe à la troupe de théâtre Sabandija encouragée et lancée par sa compagne. En prison, elle faisait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique, et, pour ce faire, elle participait à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre ainsi qu’à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art. Après 10 ans de prison, Natacha continue de créer des projets artistiques divers à l’extérieur.

ODEURS DU … DEHORS

L’odeur des churros là juste au coin de la rue
Excitant l’odorat, l’appétit et les souvenirs
Odeur de goyave, de mangue, de papaye, de noix de coco et de fraise
Mélangée aux odeurs de viande grillée, de sauces et de tortillas
Odeur de liberté, d’expansion et de vitesse
Odeur d’abondance et de fraîcheur ;
Odeurs de parfums, de crèmes, de savons et d’essence
Odeurs variées, nombreuses, savoureuses et plus encore
Odeur de pluie, de terre mouillée, de pin, de village,
De tissus, de fils, de sofas, de maisons
Odeurs de famille, d’amis, de rencontres, d’unité
Odeur de torréfaction, qui t’arrête et te fait revenir en arrière
Odeur de spontanéité, d’immensité, d’infini,
Odeurs du connu, de l’inconnu,
Odeurs de tentation, de provocation et d’extase,
Odeur d’avant-goût mélangée à la vue,
Au déjà vu, au vécu,
Les yeux agités, transformés en zoom
essayant de fixer une image
qui tout à coup n’a plus ni bords, ni rivages
S’approcher goulûment et reculer immédiatement
Prise par les sens prisonniers de la mémoire,
Exacerbés par la nouveauté du présent
Dans une explosion de bruits
Paralysants ou stimulants.
Où le temps perd du terrain,
Où l’espace et son volume
Embrument l’esprit, réveillent à nouveau
le mécanisme du désir et la stimulation de l’appétit
Écrasé si méticuleusement pour cultiver
La liberté ou le sentiment de liberté à l’intérieur
Du microcosme carcéral pendant dix ans.
C’est un peu comme aller à la fête foraine sans pouvoir monter dans les manèges
Sans manger de barbe à papa. Juste contempler, avec ivresse,
Laissant les sens vagabonder, voyager.

– Natacha Lopvet Mrikhi –

Les odeurs [à l’intérieur de prison]

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Prisonniers de droit commun en lutte – Chiapas

Posted in Archives, Chiapas, Fanzines, Prisonniers de droit commun en lutte on 22 septembre 2017 by liberonsles

Nous avons élargi notre solidarité et nous sommes en relation avec des prisonnier-e-s dites de droit commun organisé-e-s dans la prison de Santa Martha Acatitla (Centro Femenil de Readaptación Social) et dans la prison Nord de la ville de Mexico et au Chiapas.

Nous ne nous inscrivons pas dans une lutte qui ne viserait à soutenir que les seuls « innocents injustement détenus » en prison. Notre lutte soutient tous les prisonniers et prisonnières qui se reconnaissent dans une lutte anti-carcérale et de dénonciation du système pénitentiaire dans sa globalité, rejoignant en cela nos luttes pour la destruction de la prison et de cette société carcérale.

Cependant, et sans entrer dans cette démarche innocentiste, il est nécessaire d’expliquer que bon nombre des compagnons indigènes qui écrivent dans ce fanzine ont été accusés de délits totalement fabriqués par les autorités, dans le but de continuer à surpeupler les prisons, alimentant de la sorte l’énorme marché non seulement du point de vue des investisseurs et des usuriers, mais aussi afin de légaliser l’exploitation générée à l’intérieur, grâce en particulier à la fabrication de nombreux produits destinés à la vente extérieure, sous l’étiquette « Bon travail des autorités à la recherche de délinquants potentiels qui portent atteinte à la sécurité ». La chasse aux « délinquants » imaginaires permet par la suite d’obtenir des primes et des récompenses au nom « de la rigueur de la loi » et par conséquent de légitimer ce système de « justice ». Dans ce contexte, des centaines d’indigènes se voient inculpés, bien qu’ils n’aient commis aucun des crimes dont ils sont accusés.

Au Chiapas, des femmes et des hommes indigènes sont confrontés à ce type de détentions arbitraires, passant ainsi des années en prison dans l’attente de leur procès ou ayant été condamnés à de très lourdes peines de prison pour des crimes relevant de la cour d’assises (enlèvement, tentative d’homicide, terrorisme, etc.) sans avoir eu accès ni à une défense juridique, ni à un·e interprète. Les autorités en profitent sachant que la détention se fera d’autant plus facilement que les accusés ne parlent ni l’espagnol ni ne comprennent ce qu’ils sont obligés de signer sous la torture, et que les dossiers passeront par les juridictions sans difficultés majeures.

Bien que plusieurs compagnons revendiquent leur innocence, il ne s’agit pas pour nous de donner une légitimité à ce terme, l’idée même d’innocence ou de culpabilité ne nous convient pas, mais le fait est qu’ils sont nombreux et que cela arrive souvent.

Les compagnons le mentionnent fréquemment dans leurs écrits car dans la majorité des cas il s’agit en effet de détentions totalement arbitraires, où le corps de ce délinquant imaginaire occupera une cellule supplémentaire générant des profits pour l’administration et son personnel tout en sachant que les aveux auront été obtenus après des jours et des nuits de torture aussi bien physique que psychologique.

Ceci étant dit, nous espérons que la lecture de ces témoignages parviendra à refléter le climat dans lequel vivent les détenus, comment et dans quel contexte ils ont été arrêtés et comment après avoir été détenus ils ont commencé à apprendre à lire et à écrire le « castillan », à raconter leur histoire et à faire sortir leur voix au-delà des murs, à s’organiser et à résister à l’intérieur des prisons du Chiapas, qu’ils soient innocents ou pas.

Bonne lecture

Les trois passants et traductrices

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À la fin de l’année 2016, un groupe de six prisonniers, parmi les plus de deux mille qui survivent dans la prison de “L’Amate” en Cintalapa – Chiapas, a créé l’organisation de prisonniers en lutte « la Voz Verdadera del Amate ». Il s’agit de prisonniers dits « de droit commun » qui ont décidé de se battre en cassant par l’organisation l’isolement et le lent écoulement des jours. Certains parmi eux sont en train d’apprendre à écrire en espagnol afin de faire sortir leurs mots de prison.

Voici quelques-unes de leurs lettres et de leurs témoignages

[Cliquez sur l’image pour télécharger le fanzine]

[Mexico – prison Nord – ReNo] Le compagnon Fernando Bárcenas sort du quartier d’isolement.

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 29 juillet 2017 by liberonsles

Note : Selon les dernières informations données par la Croix Noire Anarchiste de Mexico, le mercredi 26 juillet 2017, le compagnon Fer a été transféré à la zone dite de « population générale » et ce grâce à la pression et à la mobilisation exercées par des personnes et des collectivités solidaires.

Lettre de Fernando Bárcenas,  25 juillet 2017 :

Chers-es ami-e-s

Je vous écris pour vous informer un peu sur ma situation actuelle. Après avoir été transféré dans le quartier de haute sécurité, où je suis à présent dans l’attente d’une décision du conseil technique interdisciplinaire concernant mon affectation. Auparavant, ils m’avaient placé dans ce quartier au prétexte d’assurer ma sécurité, en réalité il s’agissait d’assurer celle de l’institution.

Je remercie les gestes de solidarité des compagnon-nes qui se sont bougé-es pour mettre fin à cette ségrégation qui m’a été imposée en raison de mon refus à soumettre mes rêves de liberté et de continuer les projets qui jusqu’ici tiennent debout, tels que la bibliothèque alternative que des compagnons continuent à construire dans la salle polyvalente de la population générale, ainsi que le journal anti-carcéral de combat « El Canero » qui a été découvert par les matons lors d’une fouille de mes affaires ; il faut mentionner qu’après avoir été conduit au quartier de haute sécurité (QHS), ils m’ont prévenu qu’ils pourraient bien me tuer en raison de ce que je disais et que je devais cesser l’édition du journal, qui bien sûr, n’a pas vraiment plu au personnel de sécurité. Il est aussi important de signaler que pour réduire ma peine en prison, la demande de remise de peine que j’ai déposée [beneficio de libertad anticipada] à laquelle je peux prétendre, est toujours en cours. Ceci pourrait me permettre d’accomplir la fin de ma peine en « liberté » conditionnelle (dehors). A ce propos, je tiens à rappeler que je ne reconnais pas les outils légaux de l’État. Cependant, ma situation est devenue dangereuse en prison et mon intégrité est menacée, c’est pour cela que je cherche une voie pour retrouver la tranquillité.

C’est pourquoi je lance un appel à tous et toutes les compagnon-nes d’affinité et solidaires pour faire pression afin que cette solution soit celle recherchée car elle est de la plus haute importance pour ma sécurité.

Je voudrais aussi lancer un appel à ne pas laisser certaines choses de côté, à ne pas agir seulement quand quelque chose de grave se passe, nous ne devons pas baisser la garde, nous devons toujours rester vigilants puisque dans la prison le temps court différemment . La vie d’un-e prisonnier-e ne se compte pas en années, mais en heures, minutes, secondes …

Ceci est un cri ouvert à la réflexion sur la solidarité révolutionnaire qui manque beaucoup de nos jours.

La continuité de cette guerre déclarée contre tou.te.s et chacun.e d’entre nous doit passer par le fait d’assumer que la prison est partout. Nous devons prendre le risque de vivre et de sentir ou bien de perdre en se contentant du déroulement quotidien des jours sans vie, sans liberté et sans sens. C’est pour cela que nous sommes toujours en guerre, jusqu’à ce que tous et toutes soyons libres.

25 juillet 2017
Fernando Bárcenas.

Traduction Les trois passants / Correction Amparo

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Chronologie – Correspondance (lettres + infos) juin-juillet 2017 :

Depuis la prison nord, lettre de Fernando Bárcenas (20 juillet 2017)

Mise à jour de la situation de Fernando Bárcenas par la Croix Noire Anarchiste Mexico (19 juillet 2017)

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos (16 juillet 2017)

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

♦ Plus d’infos sur Fer Barcenas

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 18 juillet 2017 by liberonsles

Depuis la prison nord, 16 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

16 juillet 2017, depuis le Reclusorio Norte ( Prison Nord de la ville de Mexico)

Avant tout, je veux préciser que ma situation s’est aggravée ces derniers mois, depuis que j’ai été transféré à la zone 7 dite C.O.C. (centre d’observation et de classification) ce qui constitue une forme de châtiment et de répression contre les actions de protestation et d’organisation qui étaient en construction à l’intérieur de cette prison avec d’autres compagnons prisonniers.

Depuis le 28 septembre 2016, je me suis retrouvé enfoui dans une dynamique de vie asphyxiante, dans cette zone de châtiment, raison pour laquelle voilà déjà 9 mois que je suis à l’isolement pour des mesures de sécurité institutionnelle. Les conflits ont augmenté en raison de mes idées et de ma façon d’être et d’agir, ce que j’identifie comme une forme de violence de l’institution envers moi, puisque, ne pouvant m’agresser directement en se servant de leur personnel pénitentiaire, ils utilisent les prisonniers pour le faire à leur place, ils les utilisent pour m’intimider et m’agresser, -tactique très courante en prison- tout ceci a déjà provoqué plusieurs affrontements dans cette zone où je suis. Je rends responsable l’institution (carcérale) et le personnel responsable de son administration de tout ce qui pourrait attenter à mon intégrité physique autant que psychologique en tant que responsables de mon maintien dans cette situation.

– Fernando Bárcenas –

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Dernières infos :

Depuis vendredi 14 juillet, Fernando Bárcenas a été placé à l’isolement total dans sa cellule par ordre de l’institution. Dans le même temps, le harcèlement et la violence exercés contre lui de la part de quelques internes à la solde de l’administration pénitentiaire n’a cessé d’augmenter.

La mère de Fernando Bárcenas Castillo a fait parvenir le 17 juillet l’information suivante :

« Jusqu’à aujourd’hui, les autorités pénitentiaires maintiennent Fernando dans la même zone, auprès de son agresseur malgré les demandes de changement sollicitées à plusieurs reprises. Il présente toujours des traces de coups et de morsure à la main sans avoir encore reçu une attention médicale et se trouve à l’isolement total sur ordre de l’institution, ce qui représente un risque pour son intégrité physique. »

Un appel a été lancé aux actions de solidarité diverses !

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

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Fernando  Bárcenas Castillo se trouve actuellement dans la zone 7 du CDUDT – Centre de diagnostic, classification et détermination de traitement (Centro de Diagnóstico, Ubicación y Determinación de Tratamiento). Reclusorio Preventivo Varonil Norte : Calle Jaime Nuno no. 155, Colonia Guadalupe Chalma, Cuautepec Barrio Bajo, C.P. 07210, Gustavo A. Madero, Ciudad de México.

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Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Fanzines + d’infos [Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

 

 

 

 

 

 

Plus d’infos – Fer Barcenas

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

 


[Oaxaca] Álvaro Sebastián Ramírez sort de prison après 20 ans d’enfermement

Posted in Archives, Loxichas, Oaxaca, sexta on 10 juillet 2017 by liberonsles

Oaxaca, Álvaro Sebastián Ramírez sort de prison après 20 ans d’enfermement

Le 7 juillet 2017, Álvaro Sebastián Ramírez est sorti de prison après 20 ans d’enfermement et ce grâce à une remise de peine (beneficio de libertad anticipada).  Âgé de 56 ans, indigène zapotèque et adhérent à la Sexta zapatiste, Alvaro est originaire de la municipalité de San Agustín Loxicha dans l’État d’Oaxaca. Cela faisait presque 20 ans qu’il était enfermé dans différentes geôles de l’état d’Oaxaca dont une prison de haute sécurité, ces dernières années il attendait sa sortie dans la prison d’Ixcotel (penitenciaría central de Santa María Ixcotel) où il s’occupait des prisonniers âgés, après s’être occupé pendant de nombreuses années de l’organisation de l’atelier de menuiserie. Alvaro avait été condamné à 27 ans de prison. Avant de se faire arrêter il  travaillait en tant qu’enseignant et était engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général, il a mené avec ses compagnon-n-e-s une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement, il a toujours défendu la forme traditionnelle de gouvernement des Zapotèques, qui refuse l’ingérence des partis politiques grâce aux « us et coutumes ». Alvaro Sebastián Ramírez, sa famille et ses compagnon-n-e-s ont mené pendant 20 ans une lutte sans relâche, aujourd’hui Alvaro est dehors les murs et enfin entouré par sa famille et ses compagnon-n-e-s.

Nous nous réjouissons de cette nouvelle !
La lutte continue !

Les trois passants

note : Alvaro a été relâché avec un autre prisonnier de la région de Loxicha Abraham García, de tous les prisonniers de Loxicha seul le prisonnier Zacarías García, reste encore enfermé dans la prison de haute sécurité, CEFERESO 13 de Miahuatlán.

vidéo Álvaro Sebastián Ramírez sort de prison après 20 ans d’enfermement (7/07/2017)

Antécédents + fanzine

Ecrits de prison ( Fanzine ) cliquez sur l’image.

ALVAROLOXICHA10

« Dans la société marchande, totalitaire, dans laquelle nous vivons actuellement, les prisons sont remplies d’hommes et de femmes d’EN BAS, humbles et simples comme le sont les paysans, les indigènes, nos voisins, les jeunes des quartiers oubliés, les précaires, les travailleuses sexuelles, les employés en lutte, ceux qui protestent. » Álvaro Sebastián Ramírez . Lire la suite