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[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

Posted in Campagnes, Chiapas, Communiqués on 21 mai 2015 by liberonsles

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Lette d’Alejandro Diaz à 16 ans de son emprisonnement

À l’opinion publique
Aux médias de l’État, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains et aux ONGs
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Injustement emprisonné, appartenant à l’organisation [de prisonniers] Les Solidaires de la Voix de l’Amate, adhérent à la Sexta. Je suis enfermé dans la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

La justice ne se vend pas, ni ne s’achète, mais dans notre pays, c’est tout le contraire, ceux qui ont suffisamment d’argent font ce que bon leur semble. Le fruit de l’injustice fait que aujourd’hui, 11 mai 2015, cela fait 16 ans que je suis prisonnier, et ce malgré la promesse faite par le gouverneur Manuel Velasco Coello le 4 juillet 2013. Il s’était alors engagé à revoir mon cas auprès des autorités de l’État de Veracruz pour ma remise en liberté, mais depuis un an et 11 mois se sont écoulés et aucune réponse ne m’a été donnée. Une fois de plus j’exige que le gouvernement tienne parole et me libère, ainsi que les 6 prisonniers du terrain communal de San Sebastian Bachajon. En même temps, j’exige du président de la république qu’il fasse le nécessaire pour que le gouverneur de l’État de Veracruz me libère, ainsi que mes compagnons prisonniers de l’Etat d’Oaxaca, Puebla, Tlanixco dans l’État de Mexico, ainsi que les compagnons de la Tribu Yaqui dans l’État de Sonora.

Finalement, j’invite tous les compagnons, compagnonnes et organisations indépendantes à continuer d’exiger la justice véritable et la liberté de tous et de toutes les prisonnier-e-s politiques et de conscience dans le monde. Ensemble nous pouvons gagner la justice véritable.

Fraternellement
Solidaires de la Voix de l’Amate
ALEJANDRO DÍAZ SÁNTIZ,
Prison numéro 5, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, 10 mai 2015.

Alejandro Díaz SántizAlejandro Díaz Sántiz, 34 ans, est un indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, Chiapas, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide et condamné à 29 ans de prison, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet État, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif « Les solidaires de la Voix de l’Amate », en adhérant à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur de la prison contre lui-même et contre les autres détenus.

L’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate », créée en 2009 regroupait au départ 1 femme et 8 hommes exposés aux mêmes injustices et arrêtés arbitrairement parce qu’ils et elles sont indigènes. Les Solidaires de la Voix de l’Amate sont devenus une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas, à présent Alejandro Diaz est le seul prisonnier de cette organisation, les autres compagnon-ne-s ont été libéré-e-s le 4 juillet 2013.

Traduction les trois passants / correction Val

Sources :
kolectivozero
noestamostodxs
komanilel

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Neuf ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués on 19 mai 2015 by liberonsles

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Communiqué de la Campagne contre la répression politique et la torture sexuelle, 9 ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco*

Nous n’oublions pas la répression des 3 et 4 mai 2006, à Texcoco et San Salvador Atenco. Elle a constitué un châtiment exemplaire, toute sa brutalité déversée sur nos corps, les fibres les plus sensibles de notre être ont été touchées et ensuite, exhibées.

La solidarité a été le prétexte utilisé par l’État pour assiéger, frapper, perquisitionner des domiciles, assassiner et torturer. Ce fut un acte de guerre contre l’Autre Campagne [aujourd’hui la sexta], ils ont essayé, par la terreur, de nous annuler, nous réduire, nous démobiliser.

La réponse a été merveilleuse, une vague de solidarité a réussi à rompre le siège policier à San Salvador Atenco, une campagne nationale et internationale a commencé, où des milliers et des milliers d’adhérents à la Sexta [nationale] et la Zezta Internationale ont obtenu la libération de ceux et celles qui avaient été emprisonné-e-s : L’alerte rouge lancée par l’EZLN [Armée Zapatiste de Libération Nationale] et son appel à mobilisations, les blocages des routes et les actions dispersées réalisées de part et d’autre du pays et du monde, le piquet de protestation [aux environs de la prison], les gardes, le barco**, les concerts solidaires, les cris depuis l’autre côté du mur de la prison. Tout cela, a été l’effort et le fruit de la solidarité et de l’organisation de nous tous et toutes qui sommes la Sexta et des gens solidaires d’en bas.

La violence est inhérente au capitalisme et à l’État, comme un binôme du système d’exploitation et de domination. Évidemment cette dernière n’est pas nouvelle, cependant à présent nous pouvons voir comment elle s’aggrave, s’approfondit et se socialise, ce qui plonge la société dans l’incertitude, la peur et la paralysie.

Il est de plus en plus évident que la répression est une pratique généralisée dans ce pays, nous avons vu avec horreur comment la politique d’en haut a annoncé une guerre contre le trafic de drogues, pour, dans les faits, la diriger contre la société, contre les gens d’en bas : des milliers de personnes ont été assassinées; et de la même manière le crime fait aux femmes s’est déployé ; d’autres femmes et d’autres hommes, aussi par milliers, ont disparu ; beaucoup d’autres personnes ont été le bouc émissaire qui remplit les prisons, grâce aux déclarations auto-inculpatoires arrachées par les corps policiers et militaires après de terribles séances de torture au cours desquelles la torture sexuelle apparaît de plus en plus comme une pratique généralisée contre les femmes. Cliquez sur ce lien pour lire le communiqué complet + videos

 

MEXICO : Halte au harcèlement contre notre compagnon anarchiste Mario González !

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 avril 2015 by liberonsles

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« La répression directe, les rafles, la surveillance, la police militarisée, l’espionnage, la prison reviennent : les anarchistes sont la cible d’une persécution nationale et internationale. Depuis les tranchées de cette prison, j’élève ma voix pour aboyer ma rage et montrer mon mépris pour les porcs policiers soumis au système capitaliste, autoritaire et brutal », écrivait Mario González depuis la prison, quelques mois après son arrestation.

Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui fut exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968*, dans la ville de Mexico.

En prison, Mario est resté très mobilisé. Il n’a jamais cessé d’écrire et de se battre de multiples manières pour protester contre le système carcéral et judiciaire. En octobre 2013, il entame une grève de la faim qui dure 56 jours, 56 jours de lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la taule, 56 jours de contestation et d’organisation. En octobre 2014, de nouveau, il entreprend une grève de la faim très revendicative avec d’autres compagnons anarchistes arrêtés au Mexique : Fernando Barcenas, Abraham Cortez et Carlos Lopez, ce dernier aujourd’hui dans la rue. Tous les quatre écrivent alors : « Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » ».

Le 31 octobre 2014, Mario est acquitté du délit d’attaques à la paix publique, et libéré.

Dès sa sortie de prison, il continue de lutter pour la libération des compagnons incarcérés . Avec son collectif de soutien, il accompagne et suit de près les compagnons Abraham Cortez et Fernando Barcenas, tous les deux enfermés dans la prison nord de la ville de Mexico, et tous les deux très actifs et organisés en prison.

Mais malgré la levée des charges qui pesaient sur lui, il continue aussi d’être la cible de diverses menaces et diffamations. Ainsi, le 8 avril 2015, les autorités de l’UNAM ont de nouveau lancé contre lui une campagne diffamatoire, l’accusant d’avoir participé à certains faits.

Aujourd’hui comme hier, notre compagnon Mario est la cible d’un lynchage médiatique et juridique. Aujourd’hui comme hier, nous sommes à ses côtés pour le soutenir.

Les trois passants

Brève description du cas de Mario Gonzalez

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 * Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et en particulier son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du massacre des étudiants en 1968. Des affrontements entre des groupes de manifestants et la police firent au moins 50 blessés. L’usage démesuré de gaz lacrymogène, le lancement aveugle de flash-balls laissèrent derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s. Actuellement, Abraham Cortes Avila est le seul encore en prison pour avoir manifesté ce jour-là. Sa condamnation est passée de 13 ans et 4 mois à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Abraham est incarcéré à la maison d’arrêt – « Nord » à Mexico.

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Communiqué international : Halte au harcèlement contre Mario González

Aux médias libres
Aux peuples du monde
Aux individualités subversives

Les collectifs, organisations, groupes et individus signataires de ce communiqué, exprimons notre entière solidarité à Jorge Mario González García qui a été à nouveau pointé du doigt par les autorités de l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM] le 8 avril dernier dans un communiqué émis par le rectorat de cette université.

Celui-ci le désigne responsable des faits qui ont eu lieu au Collège de Sciences Humaines [CCH] Naucalpan le 8 avril 2015. Ces attaques et diffamations tant de la part des autorités universitaires que des autorités gouvernementales n’ont pas cessé depuis que Mario est sorti de prison, où il a été privé de sa liberté durant plus d’un an en raison de ses idées.

Nous considérons comme graves les accusations médiatiques et judiciaires lancées contre Mario, puisque c’est une nouvelle tentative de la part des autorités de l’UNAM pour monter une scène propice permettant de recommencer à réprimer et à utiliser comme bouc émissaire notre compagnon, ce qui s’est déjà produit par le passé. Nous exigeons donc l’arrêt des diffamations, de la persécution et du harcèlement contre Jorge Mario González García.

De plus, nous n’oublions pas le passif policier et de casseurs de grève (porril) des autorités universitaires de l’UNAM, complices de disparitions, de tortures, de meurtres, d’emprisonnements, d’arrestations et de persécutions à l’encontre des activistes étudiants tel que Mario.

Beaucoup parmi nous avons marché aux côtés de notre compagnon depuis qu’il a été en prison, et nous ne lâcherons rien jusqu’à ce qu’il soit tranquille, sans aucun type de pression contre sa personne, sa famille et ses proches. Nous restons attentifs et continuerons à parler de ce cas qui est déjà bien connu ailleurs dans le monde, puisqu’il représente un vrai exemple de l’arbitraire et de la répression menées par les autorités qui se sont obstinées à faire taire la critique estudiantine.

Halte au harcèlement contre Mario González !

Les trois passants, France
Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique)
Internationale des Fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon, France
Mut Viz 13, France
Comité Tierra y Libertad, Lille, France
Collectif grains de sable, France
Terre et Liberté pour Arauco, France
Grupo Solidaridad con Chiapas de Dorset, Reino Unido
CSIA Nitassinan, France
Groupe de Soutien à Leonard Peltier, France
La Confederación General del Trabajo (CGT), Estado español
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ- Estado español
Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas.
Txiapasekin, Estado español
ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)
Anarchist Black Cross Paris, France
Alternative Libertaire,Toulouse,France

Source [lettre en espagnol]

[ Correction de textes Valérie ]

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Pour plus d’infos vous pouvez consulter quelques textes à son sujet :
Communiqué de Mario González à propos de sa libération
Communiqué de Jorge Mario González García, première et deuxième parties, mai 2014.
Liberté pour Mario González ! Halte au harcèlement contre Nuria Ramírez !

Sonora : Deux membres de la Tribu Yaqui toujours derrière les barreaux

Posted in Campagnes, Yaquis, Sonora on 27 avril 2015 by liberonsles

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La Tribu Yaqui a depuis des siècles lutté contre le pillage et le vol des eaux et du territoire. Leur histoire est remplie d’invasions, de menaces, d’humiliations, de guerres, d’expulsion, de répression ; nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui ont défendu coûte que coûte la terre, la rivière Yaqui, leur territoire ancestral des mains de ceux qui avaient le pouvoir, leur lutte a été constante et sans relâche contre la destruction et la mort.

Dans ce contexte, en septembre 2014, Mario Luna, porte-parole et secrétaire de l’Autorité Traditionnelle Yaqui, adhérent à la sexta déclaration de la forêt lacandonne, a été arrêté par des éléments habillés en civil, et par la suite, présenté à la prison de Hermosillo où il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux. Il a été accusé de séquestration aggravée et vol de véhicule. Cette accusation contre le porte-parole de la tribu est utilisée comme argument pour emprisonner tous ceux et celles qui comme Mario ne cessent de se battre pour la défense de leur propre vie. Par la persécution et la prison, l’Etat de Sonora essaie d’intimider la tribu pour qu’elle renonce à sa lutte contre le pillage. La persécution s’est poursuivie et le 23 septembre dernier un autre membre de la tribu, Fernando Jiménez, a été également arrêté et accusé de séquestration et de vol de véhicule. Tous deux ont fait appel -en ne pouvant pas sortir sous caution- et attendent leur procès.

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Métaphoriquement pour les yaquis, le territoire est un nid, ils l’appellent : toosa. Son représentant principal est le « kobanoa » : la tête de l’oiseau qui l’habite; le peuple – assemblée communautaire – qu’ils appellent masam ou tea: les ailes de l’oiseau. Le peuple Yaqui se voit lui-même comme une unité : corps – tête – ailes qui s’articulent dans l’image d’un oiseau, un corps qui décide et agit d’une forme conjointe, pour le peuple Yaqui, le secrétaire n’a pas d’existence métaphorique. Le secrétaire n’est pas une figure de l’histoire traditionnelle, il a fallu l’inventer pour pouvoir parler aux yoris, c’est-à-dire aux blancs. Et pendant longtemps sa fonction n’a pas été importante : on requérait d’un jeune, quelqu’un qui savait bien lire et écrire et surtout qui avait l’endurance et la patience d’aller et revenir des bureaux du gouvernement étatique et fédéral. Mario était non seulement le porte-parole et représentant de sa tribu, de son peuple, il a été aussi le secrétaire, et comme d’autres membres de sa tribu, il est à son tour humilié par les yoris, aujourd’hui les autorités gouvernementales qui continuent de mener la guerre…

« Face à la vague de réformes structurelles capitalistes qui mettent en péril l’existence de notre Nation, en nous spoliant de notre territoire et en mettant en danger la vie elle-même avec leurs dénommés méga-projets, la militarisation, l’insécurité et la privatisation des biens communs, nous, la Tribu Yaqui ainsi que des dizaines de peuples premiers, d’organisations paysannes et urbaines, des en dehors des partis, convoquent à La Caravane Nationale pour la Défense de l’Eau, du Territoire, du Travail et de la Vie qui aura lieu du 11 au 22 mai 2015. Le 11 mai 2015, trois caravannes partiront : une de Vicam (Cajeme Sonora), une autre de Pijijiapan (Chiapas), et une autre de Piedras Negras (Coahuila), en direction de la capitale, Mexico ».

convocatoriacaravanaLes Caravanes chercheront à ouvrir un processus national de convergences à court, moyen et long termes qui se poursuivra jusqu’à obtenir : La suppression de tous les méga-projets qui affectent la vie, l’eau, la terre et l’air dans notre pays et partout où le peuple se soulève pour défendre ses droits. La réapparition de nos 43 compagnon-nes  d’Ayotzinapa, et obtenir justice pour les disparitions forcées dont l’État est responsable. Liberté immédiate pour les défenseurs de l’eau de la Tribu Yaqui, Mario Luna et Fernando Jiménez. Fin de la militarisation du pays, arrêt de la répression et halte au harcèlement et aux attaques contre les bases d’appui zapatistes…
Lire la suite : Le contexte – NAMAKASIA! [ photoreportage, Vidéo et convocation à la Caravane Nationale pour la Défense de l’Eau…  ]

 

[Bachajón-Chiapas] Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 avril 2015 by liberonsles

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Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón,Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

Le contexte:
Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

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Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

 Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

[Mexico] Voix depuis la prison : Fernando Barcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 22 avril 2015 by liberonsles

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Lettre de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas, envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonniers des Amériques qui a eu lieu le 11 avril à Paris

Aux compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

Et donc, rien, ni personne, ni les dieux, ni la nature ne donnent à l’être sa liberté, il/elle se la donne à elle – même/lui- même, il ou elle construit sa vie, ses règles, sa « loi ».

Aucun tyran ne peut nous arracher cela et si l’un d’eux essaie, il devra alors nous assassiner comme ils le font de nos jours en se moquant de nous ceux qui n’avons rien…

Cependant nous ne sommes pas des êtres inoffensifs, nous avons de la haine, de la rancœur et du ressentiment, mais tout cela n’est pas ce qui nous rend dangereux, mais la guerre déclarée à laquelle nous participons et que nous assumons comme telle. Notre amour pour la liberté, nous fait devenir les ennemis de l’autorité.

Nous, les anarchistes, nous transgresserons toujours les normes, nous sommes illégaux, clandestins parce que nous croyons au droit de chacun et chacune à se rebeller contre ceux qui nous font du mal…

Quand l’État et les législateurs essaient et cherchent à soumettre et à convertir les opprimés en simples esclaves au service de leurs privilèges et leur volonté, à partir de ce moment les opprimés entrent en guerre contre eux [l’état et les législateurs], et en ce moment le peuple en a marre de leur obéir .

La destruction du pouvoir politique nous concerne et c’est notre mission et elle continue à travers leurs murs et leurs barreaux. Pour que commence une révolution il est nécessaire qu’il y ait des rebelles et aujourd’hui, une fois encore, nous déclarons la guerre après avoir refusé et détruit la « paix » de puissants.

Fernando Barcenas

Prison Nord de Mexico

10 avril 2015

ferNdt: Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste, il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Ensuite il s’est vu accusé d’avoir brûlé un arbre de noël appartenant à Coca-Cola. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Voix depuis la prison Nord de Mexico : Fernando Bárcenas Castillo

Traduit par les trois passants / correction Valérie

Lettre envoyée par Le comite de Solidaridad con Mario Gonzalez, qui accompagne et suit le cas de Fernando Barcenas

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* Voir également la dernière lettre de notre compagnon Carlos Lopez : Quelque part dans un coin du monde et la dernière lettre de Fallon : de retour au quartier, ici

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Alvaro Sebastian

Posted in Campagnes, Communiqués, Loxichas, Oaxaca on 22 avril 2015 by liberonsles

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Oaxaca : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

Prison Centrale de Oaxaca, Mexique, 10 avril 2015

Aux Compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale,
Aux Compagnons et compagnonnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

10 avril 1919 – 10 avril 2015, 96ème anniversaire de la mort du Général Émiliano Zapata au Mexique.

« Il n’est pas nécessaire de conquérir le monde. Il suffit que nous le refassions, nous, aujourd’hui. » [EZLN]

Je suis Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience. Je suis indigène Zapotèque, originaire de la Région Loxicha dans l’État de Oaxaca au Mexique.

Je suis emprisonné depuis plus de 17 ans par l’État mexicain.

Depuis ma tranchée de lutte dans la prison centrale de Oaxaca, j’envoie un salut fraternel et combatif ainsi qu’une forte accolade de courage et de joie à chacun et chacune des compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale ainsi qu’aux personnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Avant de continuer, je veux vous remercier et vous féliciter, toutes et tous, de tout mon cœur, parce que vous êtes sensibles à notre emprisonnement en contribuant par vos efforts, tous les ans, à la réussite de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonniers politiques dans le monde (Paris, France).

J’en profite pour nommer quelques-uns de ces prisonniers : Mumia Abbu Jamal, Leonard Peltier aux États-Unis, Enrique, Carlos et d’autres révolutionnaires en Colombie, les révolutionnaires en Turquie qui résistent à l’intérieur des prisons de type F, les frères Yaquis, les frères de Tlanixco, les frères Loxicha, les 500 prisonniers politiques dans les différentes prisons du Mexique.

Ce 17 avril, cela fera un an que je suis revenu de la Prison Fédérale, le Centre Fédéral de Réadaptation Sociale N° 13. Cette prison appartient à la nouvelle génération de laboratoires d’extermination, où l’isolement et l’incommunication sont utilisés pour détruire lentement l’être humain.

Grâce à la solidarité nationale et internationale, l’État a été obligé de  trouver les mécanismes nécessaires pour justifier mon retour à la Prison Centrale de Oaxaca.

Ce retour a eu lieu exactement durant les activités de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques qui se tenait à Paris en France.

Donc, pour moi, la SOLIDARITÉ est un principe universel essentiel pour ceux d’en Bas et à Gauche, pour nous qui luttons pour la dignité humaine, et cela bien que nous parlions des langues différentes, que nous ayons des cultures différentes et que nos géographies soient séparées par de grandes distances.

Mais la dignité, la résistance et la rébellion se vivent dans toutes les parties du monde.

Les luttes politiques qui, partout dans le monde, exigent la liberté de tout être humain emprisonné pour avoir lutté pour les droits de l’Humanité, sont des actes qui traversent les frontières, les océans, les barrages et les murs de la prison, et arrivent à toucher nos cœurs, nous qui sommes les otages du système capitaliste, nous qui sommes emprisonnés pour avoir lutté.

Au Mexique et dans le monde, le système néolibéral capitaliste et ses serviteurs, les narco-gouvernements, souffrent (dans leur mémoire) d’une maladie chronique qui s’appelle : l’enrichissement exorbitant. Cette maladie les oblige à s’acharner et à causer des destructions massives de la nature et de l’humanité.

Leur ambition démesurée est de gagner le plus d’argent possible en un minimum de temps. Peu leur importe, pour accomplir ces objectifs, d’endommager la nature, de provoquer la mort de milliers de personnes et de laisser dans une pauvreté extrême le reste des peuples du Mexique et du monde.

Pour accomplir leur plan machiavélique, ils approuvent des réformes structurelles et des lois en leur faveur en faisant croire au peuple du Mexique qu’il s’agit d’avancées importantes pour la société.

La vérité est que leur objectif n’est pas le bien-être des Mexicains, mais l’augmentation de leurs revenus en capital, en général en détruisant de plus en plus la nature et en exterminant l’espèce humaine.

Pour avancer sans contre temps dans leurs projets et contrôler les peuples et les secteurs non-conformes de la société, ils sèment la terreur et la peur à travers leurs forces militaires, policières, para-militaires, leurs gardes blanches, leurs sicaires et leurs narcotraficants.

Ainsi des cas les plus récents :  de Ayotzinapa dans l’État du Guerrero, de Tlatlaya dans l’État de Mexico, du massacre des migrants à San Fernando dans l’État de Sonora, de la disparition de plus de 22 000 Mexicains et Mexicaines, des assassinats et de l’emprisonnement des militants sociaux.

Nous exigeons la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus, et le châtiment des responsables des assassinats et des disparitions forcées qui ont eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 à Iguala, dans l’État du Guerrero au Mexique.

À propos de Mumia Abu Jamal : Je lance un appel urgent et solidaire pour exiger un traitement digne et le respect de sa santé et de sa vie. Nous exigeons sa liberté immédiate et inconditionnelle. Nous devons tous montrer notre soutien et notre solidarité avec notre frère Mumia.

Depuis tous les coins du monde, rendons visible ce que d’en haut ils veulent rendre invisible.

Liberté, tout de suite, pour Mumia Abu Jamal !!!
Liberté, pour les prisonniers  politiques  du monde entier !!!

Pour la liberté des prisonniers dans le monde, globalisons la SOLIDARITÉ dans tous les coins du Monde !!!

Alvaro Sebastian Ramirez

Prisonnier Politique et de Conscience de la région Loxicha, État de Oaxaca, Mexique.

Traduit par les trois passants/ correction Valérie

Lettre envoyée par le Comité de Soutien  « La Voix des zapotèques xiches en prison », mois d’avril 2015.

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Le contexte: La région Loxicha – Oaxaca

Campagne internationale pour la liberté d’Alvaro Sebastian+vidéo de lancement

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