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Depuis la prison centrale de l’État d’Oaxaca, Mexique

Posted in Campagnes, Communiqués, Loxichas, Oaxaca on 2 mars 2015 by liberonsles

ALVAROSDepuis la prison centrale de l’État d’Oaxaca, Mexique

22 janvier 2015

Aux compagnons et compagnonnes solidaires qui promeuvent et mènent la lutte pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience de la région loxicha, Oaxaca. Depuis la prison centrale, qui est ma tranchée de lutte, je vous envoie des salutations fraternelles et combatives, et une forte accolade à chacun et chacune d’entre vous qui êtes en train d’organiser cette journée solidaire pour la liberté à Paris, France. Malgré la distance, malgré la différence de culture, malgré la différence de langue. La dignité, la résistance et la rébellion sont partout, dans chaque coin du monde. La Solidarité est la langue universelle des gens pauvres et marginaux, des oubliés, de ceux d’en bas et à gauche.

N’importe quelle action, dans n’importe quelle partie du monde, qui exige la liberté de n’importe quel être humain enfermé pour le fait de lutter pour les droits de l’humanité, est un acte qui dépasse les frontières, les mers, les océans et les murs de la prison. C’est un acte qui touche les cœurs de nous qui sommes otages du pouvoir et du système, de nous qui sommes des prisonniers pour avoir lutté.

Pour cette raison, nous insistons sur le fait de nous organiser depuis en bas à gauche et de cheminer avec la Sixième déclaration de la jungle Lacandone. Nous exigeons également la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus et l’arrestation des responsables des assassinats et de la disparition forcée qui a eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 dans la ville d’Iguala, état de Guerrero, Mexique.

Vive les compagnons et compagnonnes internationalistes solidaires en lutte pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde !
Vive la Sexta internationale !
Ils ont été pris vivants, vivants nous les voulons !

Alvaro Sebastian Ramirez
Prisonnier politique et de conscience de la région loxicha, Oaxaca, Mexique.

Lettre envoyée pour le repas solidaire du 28 février à Paris.
plus d’infos sur Alvaro Sebastian

traduit par les trois passants / correction Amparo

[PARIS] Repas Solidaire pour les prisonnièr-e-s incarcéré-e-s au Mexique, samedi 28 février à partir de 19h au CICP

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Chiapas, Loxichas, Oaxaca, Ville de Mexico on 25 février 2015 by liberonsles

tractrepas28imagen3Cliquez ici pour lire le Flyer

Nous vous invitons à un repas solidaire pour les prisonniers adhérents à la sexta zapatiste, les anarchistes incarcéré-e-s à Mexico et les étudiant-e-s arrêté-e-s suite aux dernières manifestations pour Ayotzinapa – Mexique.

SAMEDI 28 FÉVRIER 2015 DE 19H À 23H
À LA CAFÉTÉRIA DU CENTRE INTERNATIONAL DE CULTURE POPULAIRE (CICP)
21ter rue Voltaire, Paris 11e (métro : Rue des Boulets [L9]- RER : Nation)
AU MENU :
Empanadas végétariennes, guacamole, salade grecque et tiramisu – prix libre
boisons, bières, vin
ACCORDÉON- GUITARE /LECTURE DES LETTRES DES PRISONNIER-E-S

Ces dernières années au Mexique une guerre contre le peuple a été déclenchée sous le prétexte d’arrêter le crime organisé et le trafic de drogue. Des milliers de personnes ont été assassinées, portées disparues et emprisonnées. Tout le Mexique vit une situation de violence grandissante contre toute forme de protestation. Dans cette guerre multiforme, l’en-bas organisé survit, résiste et construit sa révolte dans tous les espaces dans lesquels il se trouve, en s’adaptant désormais à un climat de plus en plus violent, où la solidarité devient le bouclier, le refuge et le germe de la résistance.

Dans l’histoire récente du Mexique, nous avons assisté à une vague répressive où les manifestations et les luttes sociales se sont vues attaquées férocement par les forces de l’ordre, la police, les militaires, les paramilitaires. Si bien que l’abus de pouvoir et la main de fer de l’Etat n’ont pas cessé de blesser le mouvement social depuis de nombreuses années. Dès son arrivée au pouvoir le 1er décembre 2012, Enrique Peña Nieto démontrait que son mandat allait se nourrir d’autoritarisme, d’assassinat, de disparitions forcées et de prison. En se servant des médias dominants, le gouvernement préparait le terrain pour continuer sa guerre, une guerre contre les jeunes, les étudiant-e-s, les organisations sociales, les indigènes, les militant-e-s, les encagoulé-e-s, les casseur-e-s, les anarchistes, les squatteurs … bref, contre la société civile organisée ou non qui met en péril son projet de « nation » : la privatisation.

Depuis lors, nous avons compté de nombreuses arrestations à chaque manifestation à chaque cri de rage. Aujourd’hui dans le contexte actuel, la solidarité est remise en cause par le pouvoir, elle devient dérangeante, elle devient aux yeux de l’Etat et ses autorités un délit qu’il faut surveiller de près. Contre la guerre menée par le capitalisme et sa logique de domination, d’oppression, de répression, de mépris, de fascisme, la lutte anti- carcérale est plus que jamais nécessaire. C’est pourquoi nous nous battons aux cotés des camarades incarcéré-e-s et leurs familles pour la liberté de tous et de toutes, pour que la solidarité continue à être notre refuge et notre germe de résistance coûte que coûte.

En cette occasion, venez nombreux et nombreuses en solidarité avec :

♦ Les adhérents à la sexta zapatiste : Alvaro Sebastian Ramirez (Oaxaca), Alejandro Díaz Santis (Chiapas), Mario Luna (tribu Yaqui).

♦ Les compagnon-n-e-s anarchistes incarcéré-e-s à Mexico : Fernando Bárcenas, Abraham Cortés, Fallon Roullier, Amelie Trudeu et Carlos López.

♦ Les étudiant-e-s arrêté-e-s, suite aux manifestations pour les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa : Luis Fernando Sotelo, Jacqueline Santana et Bryan Reyes.

L’argent recueilli lors de cette soirée sera versé à la Croix noire anarchiste de Mexico et aux comités locaux de soutien aux prisonnier-e-s de la sexta.

Soirée organisée par Les trois passants (Libérons-les !) avec le soutien du CSIA-Nitassinan

Personne ne sera complètement libre tant qu’il existera une seule personne prisonnière.
Ici en bas, quand la rage inonde notre cœur, nous ne nous fatiguons pas, nous ne nous rendons pas !
À bas les murs de toutes les prisons !

La Sixième Déclaration Zapatiste : qu’est-ce que c’est ? Les prisonnier-e-s : où sont-ils, qui sont-ils ?

[CHIAPAS] Voix depuis la prison N°5

Posted in Archives, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 22 février 2015 by liberonsles

CERESO5

A l’opinion publique
Aux médias, régionaux, nationaux et internationaux
Aux médias alternatifs
A la Sexta
Aux organisations indépendantes
Aux défenseurs des droits humains, aux ONG
Au Congrès National Indigène et à l’EZLN

Détenu injustement, Solidaire de La Voz del Amate, adhérent à la Sixième Déclaration de la Selva Lacandonne de l’EZLN. Je suis emprisonné au centre de réclusion n°5 de San Cristobal de las Casas, au Chiapas.

Ceux qui gouvernent le pays, les états et les peuples ont tout fait sauf gouverner, la seule chose qu’ils ont fait a été de porter atteinte aux droits humains. Comme des séquestrations, disparitions, menaces, tortures psychologiques et d’emprisonnements injustes, parmi tant d’autres exemples. Mon cas en est un exemple très clair, moi Alejandro Díaz Santiz incarcéré depuis 15 ans et 7 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse et pour lequel les mauvaises autorités de l’Etat de Veracruz m’ont condamné à 29 ans et six mois de prison.

Le 16 octobre 2014 mon avocat a demandé une remise de peine auprès du gouverneur Javier Duarte de Ochoa qui l’a refusée. Le 3 novembre 2014 il a présenté un recours contre la décision du gouverneur de Veracruz. C’est pour cela que je serai entendu le 17 février à l’audience qui est de droit.

J’invite également toutes et tous les compañer@s, les organisations indépendantes à réaliser toutes les initiatives qu’ils souhaiteront ou à recueillir des signatures pour me soutenir et qui seront les bienvenues.

Et pour terminer, je vous invite tous et toutes, toutes les organisations indépendantes, des différents Etats, nationales et internationales à continuer d’exiger une véritable justice et la liberté pour toutes et tous les prisonnier@s politiques et de conscience.

FRATERNELLEMENT
ALEJANDRO DIAZ SANTIZ
Solidaire de La Voz del Amate
Pénitencier n°5
San Cristobal de Las Casas
Le 12 février 2015

***

LETTRE PUBLIQUE EN SOUTIEN A ALEJANRO DIAZ SANTIZ

Alejandro Díaz Sántiz est tzotzil de 34 ans, arrêté arbitrairement il y a plus de 15 ans, il est aujourd’hui incarcéré au centre pénitencier numéro 5 de San Cristobal de las Casas dans le Chiapas au Mexique.

Comme de nombreux détenues et détenus dans les prisons de cet Etat, Alejandro a été arrêté parce qu’au moment de sa détention il ne parlait pas espagnol, il a été brutalement torturé et contraint de signer une fausse déclaration, il n’a pas bénéficié d’un traducteur et comme beaucoup il n’avait pas d’argent pour payer un avocat.

Le cas d’Alejandro est exemplaire du fonctionnement de la justice au Chiapas et au Mexique en général, où le fait d’être indigène et pauvre est puni par de nombreuses années d’emprisonnement.

Alejandro a cherché sa liberté de différentes façons, en s’organisant avec les autres prisonniers au sein du Collectif la Voz del Amate, en adhérant à la Sixième déclaration de la Selva Lacandonne, en participant aux jeûnes et grèves de la faim, dans le même temps il a prêté sa voix pour dénoncer les violations commises par les autorités à l’intérieur du pénitencier contre lui-même et contre les autres détenus. Son engagement le porte à être une prisonnier en lutte, c’est à dire un compañero parmi nous tous qui luttons pour un monde plus juste, sans exploitation, sans injustice, sans guerre et sans discrimination.

Comme il l’a expliqué dans une lettre publique qu’il a envoyée le 11 février depuis la prison, Alejandro Díaz Santiz, considérant que 15 ans et 7 mois des 19 et 6 mois auxquels il a été condamné se sont déjà écoulés, exige que finalement on accepte son recours contre la décision lui refusant la remise de peine qui est un pas dans la lutte légale lui permettant de sortir libre.

Les organisations signataires soutiennent une fois de plus la lutte du compañero Alejandro Díaz Sántiz, nous demeurons vigilants à que ne se commettent plus d’injustice dans son cas, nous continuerons à diffuser ses dénonciations dans tous les coins du monde où nous vivons et luttons.

ALEJANDRO DIAZ SANTIZ LIBRE TOUT DE SUITE !
LIBERTE POUR TOUTES ET TOUS LES PRISONNIER@S EN LUTTE

Adhesiva, Espai de Trobada i Acció (Estado Español); ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista) – Estado Español; Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala (Madrid), Associazione Ya Basta! Milano (Italia); Caracol Solidario, Besançon (Francia); Centro de Documentación sobre Zapatismo – CEDOZ (Estado Español); CGT – Estado Español; Fédération SUD éducation, Francia; Les Trois Passants (Francia); La PIRATA: Colectivo Zapatista de Lugano (Suiza), Nodo Solidale (Italia y México),Nomads (Italia y Berlin), Adherentes Individuales; MUT VITZ 13, Marseille (Francia); Red de Solidaridad con los Zapatistas del Reino Unido: Colectivo Zapatista, Manchester, Colectivo de Enseñanza y Aprendizaje ‘Don Durito’, Grupo Solidaridad con Chiapas, Dorset, Grupo Solidaridad con Chiapas, Edimburgo, Grupo Solidaridad con México, Londres, Grupo Solidaridad con los Zapatistas – Essex KIPTIK, Bristol, Servicio de Traducción Zapatista del Reino Unido, Union syndicale Solidaires, Francia, Casa Nicaragua (Belgica), Cafez de Lieja (Belgica), Asociación Solidaria Café Rebeldía~Infoespai (Barcelona), La Otra Casa Rosario (Argentina), La Insurgencia del Caracol (Buenos Aires, Argentina), Colectivo Piratas (Argentina), X Tierra Mojada (Argentina), Encuentro de Organizaciones Movimientos Revolucionarios, Movimiento Utopia (Brasil), Lucha Colectivo Brasil, LEMTO (laboratorio de estudios de movimientos sociales y territorialidad), Colectivo Comuna (Bolivia), Grupo de Trabajo “No estamos todxs“ (México).

Traduit par Amparo

Source

Voir aussi, Le Communiqué du groupe de soutien à l’adhérent tzotzil à la sexta zapatiste : Alejandro Díaz à propos de sa solidarité envers les prisonniers anarchistes de la ville de Mexico

Ville de Mexico: Voix depuis la prison Nord, la grève de la faim continue.

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 21 février 2015 by liberonsles

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Fernando Barcenas et Abraham Cortés ont été transférés dans la zone de classification [ zone où les prisonniers sont amenés pour une période d’observation quand ils arrivent en prison ], la grève de la faim continue dans la prison Nord de la ville de Mexico.

Nous sommes informés, depuis la prison nord, que la grève de la faim initiée par la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance continue. Les prisonniers Julio César Delgadillo et Elías Landín Bautista en sont à leur 6ème jour de grève de la faim, ils continuent à être isolés en zone d’admission et surveillés par le personnel de la prison.

D’autre part, nous avons été informés que les compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortés ont été transférés à la zone d’Observation et de Classification, de même que le prisonnier Bryan Reyes. Les compagnons se portent bien, mais nous ignorons ce qui va leur arriver.

Nous continuerons à diffuser les informations au fur et à mesure que les nouvelles nous parviennent.

Pour la liberté de tous et de toutes !

Cruz Negra Anarquista México [ Croix Noire Anarchiste de Mexico- CNA-Mx ]
Source

Note de CNA-Mexico : Nous diffusons ce communiqué qui nous a été envoyé par les compagnons prisonniers de la prison Nord de la ville de Mexico (Reclusorio Preventivo Norte). Jusqu’ici, nous savons que la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance est formée par des prisonniers des différentes zones de cette prison. Une des premières actions lancée a été la grève de la faim échelonnée qui a été initiée le 12 février par deux prisonniers : Julio César Nuñez Delgadillo et Elías Landín Bautista. Ceux-ci ont été isolés du reste de la population carcérale, dans des cellules de la zone d’admission.

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Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Aux rebelles de la lutte sociale
Au peuple en général

( Prison Nord de la ville de Mexico, 16 février 2015 ).

La société est un contrat qui repose sur la peur, sur la peur de l’exclusion, la peur de la justice, la peur de la police, la peur de l’autorité…

Et celui qui transgresse les normes sera sanctionné de manière exemplaire pour maintenir l’état de choc, tentant de terroriser les individus dans le seul but de maintenir leur domination en même temps que l’exploitation économique.

Mais nous devons nous demander…est-ce-que la justice existe ? Qu’est-ce que la faute ?

Du point de vue religieux, la culpabilité est nécessaire pour maintenir la soumission de l’individu face au régime autoritaire qui réprime depuis un absolu (dans ce cas, Dieu), qui soumet l’individu au joug de l’oppression, de la rigueur morale, du mensonge existentiel.

Une caractéristique particulière de l’homme moderne comme être historique dans un espace temporel est sans aucun doute le désintéressement envers tout, qui le pousse à chercher les manières d’éviter de faire face à sa réalité.

L’angoisse générée par le fait de comprendre et d’assimiler la liberté provoque la peur, peur de la finitude de son existence, peur de choisir, peur de la responsabilité qu’implique être libre.

La hiérarchie qui le modèle, le réduit à l’esclavage et le condamne à une vie banale et sans aucun sens, car en signant le contrat social, par le seul fait d’acquérir un état civil ou une nationalité, l’individu accepte sa sentence qui l’oblige à vivre attaché aux chaînes de l’autorité en échange de quelques « garanties », « droits » et lois qui entravent et mutilent sa liberté, la restreignent, la conditionnent …

C’est pour cela que des institutions diverses et variées existent. Le travail réel d’une institution est d’annihiler toute trace de conscience et de liberté qui pourrait avoir existé dans l’esprit de l’individu.

Avec l’institutionnalisation commence le projet de domestication : la famille, l’école, les tribunaux, la prison … toutes ces institutions fidèles et impliquées dans la reproduction et le soutien au système social administré par une élite privilégiée, qui se présente de manière hypocrite avec la promesse d’une « vie digne », d’un travail salarié, avec l’utopie de la démocratie et un mensonge appelé « paix sociale » qui implique un endormissement, une vie enchaînée mais avec la possibilité de choisir la couleur de ses chaînes.

Et alors … : que faire ? Quand l’idée virtuelle de la légalité se trouve dépassée par le besoin et la détresse, par l’expérience quotidienne du conflit avec les lois d’exclusion, par la réalité inévitable qui est vécue dans les rues des grandes villes et dans les campagnes ; la réalité à laquelle nous appartenons, nous les opprimé-e-s, et à laquelle nous faisons face jour après jour….

Il est facile de prononcer le mot faim, mais ce n’est pas la même chose de la sentir, et dans des conditions contraires et devant la pétrification de l’appareil dominant l’illégalité est pratiquée et assimilée comme forme de vie et de survie. Et après être entré dans celle-ci, afin de chercher des alternatives à un système en décadence, tu te rends compte qu’existent des voies distinctes qui démasquent le mensonge d’une société et d’un État pacifiques composés de citoyens honorables …

Et voilà que tu découvres que la corruption est la voie de l’illégalité que l’état propose comme alternative pour ceux qui vivent la pauvreté … Avec la promotion de la délinquance et la permissivité pour sortir du paramètre légal en complicité régulière avec l’autorité, son silence, son appui, en échange d’un gain monétaire. Les droits sont à la vente et une lutte précaire commence pour les acquérir et générer un état de privilèges et de bien-être, un mensonge similaire à un anesthésique social, qui fait que l’individu se concentre sur la compétitivité, en oubliant qu’il s’est subordonné en acceptant de devenir un simple outil de production, qui l’attache à l’esclavage perpétuel, en effet il a ainsi été formé. Ils lui ont appris à être un rebelle incomplet, à piétiner ceux de sa classe opprimée et à tolérer la violence de ceux d’en haut. Ils lui ont appris à être soumis à l’autorité. L’individu est converti en animal dressé qui veillera aux intérêts de son maître et les défendra quand cela lui sera demandé.

De cette façon, la corruption qui perpétue le système, ne peut pas être une voie de lutte et encore moins dans la prison, puisque bien qu’apparemment elle « casse les schémas », au fond, elle ne fait rien de plus que de répéter les cycles du système et par conséquent aide à sa croissance et à son renforcement.

Cependant, il existe encore des rebelles, qui font face à l’obscurité des institutions, sans aucun médiateur, en n’obéissant à personne qu’à eux-même et en se rebellant d’une manière consciente face aux racines des problèmes.

Et c’est pour tout ceci que nous avons décidé de créer et de partager des moments de lutte dans un espace commun, où se retrouvent les esprits les plus libres et les moins soumis. Organisés par affinité, nous déclarant libres à chaque instant et en tout lieu, nous avons décidé d’agir et de rejeter l’idée même de toute forme d’autorité. Nous nous inscrivons en un front combatif et direct, dans la lutte anti-autoritaire, avec la même détermination que dans les rues, nous la continuons et la faisons nôtre ici dans notre vie quotidienne en prison.

Aujourd’hui nous choisissons notre camp en ne reconnaissant plus les autorités pénitentiaires, en les assimilant à nos ennemis immédiats dans cette étape de guerre où nous sommes à notre tour prisonniers.

Pour la liberté de tous et toutes les individus et les êtres vivants !

Contre la répression, l’isolement et les mauvais traitements à l’intérieur des prisons.

Coordinación Combativa de Presos en Resistencia (C.C.P.R)

Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Traduit par Les trois passants et Caracol Solidario/ correction Myriam

Ville de Mexico, diffusé par la croix noire anarchiste de Mexico

Quatre saisons derrière les barreaux. Première partie.

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 17 février 2015 by liberonsles

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico :

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Quatre saisons derrière les barreaux. Première partie.
Par Fernando Barcenas Castillo
11 février 2015.

Tout à coup, tout semble changer d’une façon radicale, tout s’assombrit et tu te rends compte qu’une bataille a commencé et que tu devras la livrer par toi même.

En marchant sur le trottoir, tu vois au loin quelques types en uniforme, alors tu préfères ne pas courir pour ne pas attirer leur attention. Grave erreur ! Ils s’approchent et les esclaves en uniforme t’interceptent, te font subir un contrôle de routine et si tu refuses, alors ils essaient de te soumettre, tu te débats avec eux, mais un homme corpulent en uniforme arrive et t’étrangle par derrière, tu essaies de résister… mais c’est impossible à ce moment là ; trois personnes te soutiennent et le cameraman qui disait « appartenir aux médias indépendants » apparaît sur les lieux en collaborant avec la police, alors tu te rends compte qu’en réalité il s’agissait d’un policier des renseignements généraux..

Tout arrive en une seconde

Tu te demandes si cette détention correspond à un acte arbitraire ou bien s’il s’agit d’une détention sélective ; après quelques instants et après les spéculations de la police, tu te rends compte qu’il s’agit bien de la deuxième option. Ils t’arrêtent et t’encerclent avec six autres manifestants, seuls deux d’entre eux se retrouvent dans la voiture de police, ce sont deux mineurs, ils ont l’air paniqués. Alors tu essaies de les rassurer et de les calmer pour qu’ils n’aient pas peur, puisque sans doute dans leur cas, il s’agit d’un acte arbitraire et ils sortirons le lendemain matin. Finalement, tes affirmations s’avèrent correctes puisque c’est seulement toi qu’ils cherchent.

Après être sortis de la voiture de police, ils commencent à t’insulter, ils communiquent par radio, et tu ne sais pas quoi penser, peu à peu tu observes ce qui se passe autour et tu vois les sacs à dos de ceux et celles qui ont été arrêtés être fouillés et tu continues d’observer fixement pour vérifier qu’ils n’introduisent pas des drogues ou des balles dans tes affaires ; une habitude connue chez la police.

Ils essaient de t’intimider et alors le débat, la confrontation idéologique commencent ; tu sais que tu es entre leurs mains et tu n’arrives pas à réaliser que tout ce qui t’arrive est réel, tu est détenu entre les mains de ton ennemi, tu ne penses qu’à t’échapper mais ce serait une lâcheté de laisser tomber les autres camarades.

Les questions commencent, ils insistent et essaient de te faire tomber dans leur jeu. Pourquoi l’as-tu brûlé ? Qui te paie ? Es-tu anarchiste ? Quel est ton nom complet ? Et si jamais tu donnes un faux nom qui ne colle pas, alors ils te giflent très fort et… tu vois les visages des mineurs effrayés, et ben, tu réponds avec ton nom complet.

Ils te menacent et certains coupent la cartouche de leurs armes devant toi pour essayer de t’intimider, mais tu es ferme, tu ne peux pas céder et encore moins accepter ce qu’ils t’imputent, cela, ce n’est pas une détention aléatoire, ça fait partie d’une guerre sociale.

Ils appellent leurs collègues et une femme commandante arrive, ils te jettent dans le fourgon et surveillent tous tes mouvements, tu ne peux pas bouger, les genoux te brûlent à cause de la tôle chauffée à blanc par le moteur. Pendant ces instants là, tu voudrais que la camionnette heurte ou se renverse pour pouvoir ainsi t’échapper, mais bien que le chauffeur conduise mal, le fourgon ne se renverse jamais. Tu arrives à un commissariat, ils ont trop nombreux en uniforme. Ils te font descendre du véhicule, alors tu croises le regard du compagnon et de la fille avec qui tu étais quand ils t’ont arrêté.

Les policiers se comportent d’une manière infantile et se mettent à plaisanter entre eux ; ils te traitent à la fois comme le pire qu’ils aient jamais vu, et en même temps il semblerait qu’ils profitent de toi, tu es une sorte de trophée pour eux, tu es celui qu’ils espéraient tant arrêter.

Ils essaient de te prendre en photo et se moquent, tu ne peux que baisser le visage et essayer de fuir les caméras.

Après tu réussis un peu à t’évader du contrôle policier, ils te jettent de nouveau dans le fourgon et l’immobilité recommence ; après 40 minutes environ, tu arrives à l’autre commissariat, d’autres policiers et agents attendent ton arrivée et le même processus se répète. Dès qu’ils le peuvent ils essaient de te mettre dans un coin obscur, pour comme ils disent : « te donner une bonne leçon » et « pour que l’on t’apprenne à te comporter comme il faut »,  » alors tu te disais un putain d’anarchiste hé » – te crie un vieux moustachu et voilà que tu es arrivé au Ministère Public et que la bataille commence !!

Traduit par les trois passants et Myriam/correction Val

Source 
Voir aussi: Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.
Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

Ville de Mexico: Voix depuis la prison

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 30 janvier 2015 by liberonsles

Des nouvelles des prisonniers anarchistes
libaran

 Notre compagnon Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, et condamné à plus de 13 ans de prison ferme. Abraham est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013, et c’est lui qui a la sentence la plus lourde, il n’a pas de famille dans la ville de Mexico. Abraham se trouve actuellement à la Prison Nord de la Ville de Mexico, il partage certains moments de sa journée avec le compagnon Fernando Barcenas, lui aussi condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Depuis leurs arrestations ils sont devenus copains de lutte à l’intérieur de la taule, ensemble ils ont décidé de se battre pour obtenir leur liberté.

portabrahamQui est Abraham Cortés Ávila ?

Abraham Cortés Ávila est un jeune artisan et jongleur âgé de 23 ans, il est originaire de la ville de Tlaxiaco, État d’Oaxaca. Le 2 octobre 2013, Il s’est rendu au centre de la ville de Mexico pour acheter le matériel nécessaire pour faire son artisanat. Après avoir vu le dispositif policer disproportionné de la manifestation commémorant chaque année le massacre d’étudiants de 1968, il a décidé de s’incorporer à la marche au niveau du Théâtre « Blanquita ». Là, il a trouvé une connaissance qu’il a accompagné pendant une partie du parcours.

Au bout de quelques mètres, ils se sont aperçu qu’ils étaient suivis par deux personnes habillées en civil avec une coupe militaire, tout en observant les agressions de la police anti – émeutes qui agressaient les manifestants de façon généralisée. C’est à ce moment-là qu’ils ont commencé à courir poursuivis par les deux personnes qui semblaient les suivre. Après être arrivés au panthéon de San Fernando aux environs du métro « Hidalgo », ils sont rattrapés et agressés par des inspecteurs.

Une fois qu’Abraham a été arrêté, il a été jeté de force dans une voiture de police, puis les policiers ont parcouru la zone en récoltant différents objets qu’ils trouvaient sur le chemin, entre autres des balles calibre 223, balles qui serviraient plus tard à monter de toute pièce des preuves pour l’accuser des actes délictueux. Abraham a subi pendant à peu près une heure des agressions et des traitements dégradants, puis il a été présenté aux bureaux du Procureur Général de la République (PGR), avant d’être transféré plus tard au commissariat d’Iztacalco. C’est à ce moment-là que deux personnes en uniforme sont arrivées en l’accusant de tentative d’homicide.

Le 4 octobre 2014 Abraham a été présenté au juge de la prison Nord de la ville de Mexico, Jorge Martínez Arreguín, qui lui a signifié sa détention pour les délits de tentative d’homicide, d’outrage à agent et attaques à la paix publique.

Le 2 juin dernier une sentence de 13 ans et 4 mois de prison ferme lui a été dictée, et ce malgré le fait que le commissariat n’a jamais confirmé le témoignage des policiers qui l’accusent, et malgré le manque de preuves suffisantes pour continuer son procès.

D’autres irrégularités graves ont été constatées dans son cas : les agressions qu’il a subies au moment de son arrestation, le retard pour le présenter devant une autorité compétente, des agressions physiques et psychologiques durant son transfert et la fausse accusation de port de balles [calibre 223].

À présent Abraham se trouve dans la prison Nord avec Fernando Bárcenas, tout les deux ont démarré un projet de diffusion anti – carcérale à l’intérieur de la prison, il s’agit d’un petit journal appelé « el Canero »[le prisonnier, celui qui est en taule]

Pour ce qui est du procès, après la sentence un appel a été présenté par sa défense, mais la sentence a été à nouveau confirmée, la seule solution juridique qui lui reste pour obtenir sa libération est le recours « d’Amparo directo » [Habeas Corpus*]. Sa demande de recours sera étudiée par le troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré, formé par les magistrats Humberto Venancio Pineda, Ricardo Ojeda Bohórquez et Humberto Manuel Román Franco.

Lettre d’Abraham Cortés Ávila

Janvier 2015

Le 2 octobre 1968 est un jour d’injustice, de disparition et de mort. Maintenant, ce n’est pas seulement un jour, c’est tous les jours, ce système qui gouverne pareil à tous les précédents, c’est toujours la même chose, le peuple connaît seulement la pauvreté, ici dans la prison nous sommes punis aussi, le bourgeois n’est rien sans le peuple. Des centaines, des milliers de prisonniers, et chaque fois il y a plus de prisons, l’injustice c’est pour le peuple… ça suffit !

Avant, je pensais que l’esclavage n’existait plus et je pensais que nous étions libres, mais non, la vérité c’est que nous n’avons jamais été libres, nous n’arrivons pas à l’indépendance totale, nous continuons d’être des esclaves, mais à présent nous ne sommes pas esclaves d’un seul patron, mais d’un président, de l’armée, de la police. Nous devons donner toujours notre adresse pour qu’ils aient le contrôle sur nous, sans parler de la carte d’identité, être plus surveillés ce n’est pas possible.

Mais quelle liberté avons-nous ? Si dans les rues nous sommes surveillés pareil qu’en prison, la prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré. Cela faits déjà 6 mois que je suis ici en taule et je suis en lutte, je ne vais jamais me mettre à genoux, mon poing reste levé et mon esprit fort.

Bientôt j’aurais la réponse du troisième tribunal collégial en matière pénale du premier degré à propos de mon dernier recours, j’espère seulement qu’ils feront leur boulot, car nous savons tous qu’ils sont en train de piétiner mes droits, c’est abusé, c’est le même système qui m’a mis ici en prison, qui m’a séquestré avec une sentence très lourde de 13 ans et 4 mois. Eux et nous savons qu’ils n’ont pas les éléments pour me maintenir ici en prison, il s’agit d’une stratégie pour faire peur au peuple, mais ces histoires nous n’y croyons plus, il ne s’agit pas de la liberté d’une seule personne mais de celle de tous, parce que ici en prison il y en a beaucoup d’autres qui veulent leur liberté.

 Liberté à tous et à toutes les prisonniers/ères
À bas les institutions !
Abraham Cortès

*Acte célèbre passé en loi anglaise, qui accorde à tout accusé le droit à un jugement.

ferFernando Bárcenas Castillo est un jeune musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”. Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.

Traduit par les trois passants
Correction Myriam et Amparo

Source Comite de Solidaridad con Mario Gonzalez  et Proyecto Ambulante

 ***

Arrestations à Mexico dans le cadre des manifestations pour Ayotzinapa

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Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa, Guerrero, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre 2014. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations pour Ayotzinapa, il attend toujours son procès . Le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants et militants, Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée.

Message de l’intérieur du Centre de Réinsertion Sociale Féminin Santa Martha Acatitla :
Jaqueline Selene Santana López.

Aujourd’hui est un jour important pour le pays car il y a deux ans que l’assassin, macho et bourgeois Enrique Peña Nieto a pris possession de la chaise présidentielle, mais pas seulement, c’est aussi parce que ce sont deux années d’augmentation de la répression et de la pression de la contestation sociale, deux années durant lesquelles, contre la volonté du peuple, les réformes structurelles renforçant l’aliénation et l’esclavagisme de celui-ci, ont avancé.

Pemex, Atenco, Ayotzinapa, la réforme du travail, la réforme du système pénitentiaire, la réforme éducative… et toutes les autres actions qui portent atteinte aux acquis de notre peuple mexicain. L’appel qui suit est un appel à lutter, à affronter la répression et à lutter avec l’arme décisive qu’est l’organisation sociale.
Notre grève de la faim se poursuit jusqu’au 2 décembre pour protester contre le mauvais gouvernement, l’imposition de Peña Nieto et la domination de qui voudra ou a le pouvoir de nous opprimer.

C’est notre façon de nous manifester et de partager avec vous ceux du dehors, c’est notre appel à la grève nationale, rejoignons les contestations et ne laissons pas que ce gouvernement ou n’importe quel autre fasse taire nos voix ni ne nous intimident dans nos actions. Nous ne voulons plus de ce système qui affame, de ce système de domination et de patriarcat, plus de ce feu néolibéral dans lequel ce sont les bourgeois qui gagnent qui en profitent et qui le savent très bien.

Brandissons ensemble notre rage pour crier pour notre liberté et rompre les chaînes du joug du capitalisme.

Ni un pas en arrière, unis dans la lutte nous vaincrons !
Etreintes et saluts combatifs, espoir et force, continuent de couler dans mes veines pour m’arracher aux griffes de cet Etat
Merci de votre aide pour Bryan, pour moi et pour tous ceux qui luttent.
Dehors Peña Nieto et mort au mauvais gouvernement !

Jaqueline Selene Santana López.
1er décembre 2014

Traduit par Amparo

Source: Regeneracion Radio

Voir aussi: Nos PrisonnierEs Libérons-les touTEs !

CHIAPAS : Appel à la Solidarité avec San Sebastian Bachajon

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 13 janvier 2015 by liberonsles

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Appel du Congrès National Indigène à la Solidarité avec le terrain communal de San Sebastian Bachajon

À la Sexta Nationale et Internationale
Aux peuples du Mexique et du Monde

Le 21 décembre dernier, nos frères et sœurs, des femmes, des hommes et des enfants de la communauté indigène tseltal de San Sebastián Bachajón ont récupéré leurs terres. Ce sont des terres d’une grande richesse naturelle qui se trouvent à l’entrée des Cascades d’Agua Azul ; des terres dont le mauvais gouvernement a essayé de les expulser afin d’imposer ses projets de mort. Mais nos frères, qui connaissent bien le gouvernement, savent qu’il veut les faire disparaître en tant que peuples et communautés indigènes . Ils n’ont jamais permis ni ne permettront que le mauvais gouvernement construise ses hôtels et ses autoroutes, qu’il appelle prétentieusement le Cancún du Chiapas.

Par des menaces de groupes armés et par le biais d’ordres d’appréhension, il a essayé d’arrêter la défense digne et nécessaire que mènent nos frères [de Bachajon]. Comme si ne lui suffisait pas la douleur qu’il a déjà causée, aujourd’hui, 9 janvier 2015, vers 6h30, environ 800 policiers de l’État ont envahi le campement de nos frères. Ont suivi une expulsion violente et la disparition pendant quelques heures de huit membres de la communauté.

Nous rendons responsables de toute agression contre nos frères et sœurs les trois niveaux du gouvernement [municipal, fédéral et de l’État] parce que ce sont eux qui dirigent les attaques à l’encontre de nos frères et à l’encontre du peuple mexicain. Nous connaissons bien ces leaders paramilitaires qui ont un nom et un prénom, ce sont Enrique Peña Nieto, Manuel Velasco Coello et ses assistants tels que Leonardo Guirao.

Nous, le Congrès National Indigène, lançons un appel à tous les compagnons et compagnonnes qui cheminent et ont cheminé avec nous à rester attentifs face à la difficile situation que les frères du terrain communal de Bachajón sont en train de vivre aujourd’hui. Nous lançons un appel à nous solidariser selon nos temps et nos géographies avec nos frères de Bachajón et avec d’autres peuples et communautés qui forment le Congrès National Indigène. Nous avons pu constater ces jours-ci l’escalade des agressions de la part du mauvais gouvernement contre ceux qui participent au CNI [Congrès National Indigène]. Nous ne pouvons pas laisser dans l’oubli l’agression qu’ont subie les frères qui revenaient du Premier Festival Mondial des Résistances et des Rébellions contre le Capitalisme.

Ils prétendent nous faire peur, nous incarcérer comme ils l’ont fait avec nos frères Yaquis, nous faire disparaître comme ils l’ont fait avec nos frères d’Ayotzinapa, nous assassiner comme ils l’ont fait avec nos frères nahuas de Santa María Ostula, et nous réprimer comme aujourd’hui ils le font avec nos frères tseltales.

Nous leurs disons une fois pour toutes que nous n’allons pas cesser notre lutte pour la vie et contre le capitalisme.
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès National Indigène
Mexique 9 janvier 2015.

***

D’autres communiqués circulent en appelant à la solidarité nationale et internationale, surtout suite aux derniers événements qui ont eu lieu ce dimanche 11 janvier :

Dernier communiqué urgent du terrain communal de San Sebastián Bachajón

Par le biais d’une série d’actions planifiées pour récupérer les terres et la cassette de péage qui le mauvais gouvernement nous a expropriés le 9 janvier dernier en utilisant la force publique, nous avons procédé ce dimanche 11 janvier 2015 au blocage du carrefour des cascades d’Agua Azul.

Face à cette action le gouvernement [de l’État du Chiapas] de Manuel Velasco Coello a donné l’ordre aux forces de police de nous réprimer et de dissoudre le blocage, en usant de balles de gomme et de balles réelles qui ont laissé deux compagnons blessés.

Nous émettons ce communiqué afin de vous faire connaître les faits, d’exiger le repli de la force publique et l’arrêt de la répression contre les peuples indigènes qui luttent contre le pillage des mauvais gouvernements, ainsi que d’appeler à votre solidarité envers nos frères.

Nous sommes conscients que les prochaines heures sont cruciales, la situation de tension s’accroît du fait que les forces de l’ordre continuent d’être présentes dans la zone en nous intimidant et en nous harcelant.

Terrain communal de San Sebastián Bachajón

Ndt : Selon certains médias libres, en réponse aux faits qui ont eu lieu à San Sebastián Bachajon, une caravane solidaire d’accompagnement composée d’adhérents nationaux et internationaux à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone partira en direction de San Sebastián Bachajón dans les prochaines heures.

Ce que nous vous proposons de manière rapide et solidaire est, comme la dernière fois, d’envoyer ce petit texte aux mauvaises autorités dont voici les mails :
secretario@segob.gob.mx
ofproc@pgr.gob.mx
secparticular@chiapas.gob.mx
secretario@secgobierno.chiapas.gob.mx
raciel.lopez@pgje.chiapas.gob.mx

Texte à envoyer en espagnol :
Desde (mettre le lieu d’envoi, par exemple, Francia)
Exigimos al Gobierno del Estado de Chiapas a Cargo de Manuel Velasco Coello ponga fin a las agresiones de las que están siendo objeto en este momento los hombres, mujeres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón. Nos hemos enterado de la ultima agresión que sufrieron el día 11 de enero 2015 en donde la fuerza publica emprendió una balacera dejando a dos personas heridas, ante estos hechos exigimos se garantice la vida e integridad física y psicológica de las mujeres, hombres y niños del ejido de San Sebastián Bachajón, que la fuerza publica se retire de la zona a fin de evitar que haya mas heridos. Exigimos el respeto a la autonomía y libre determinación del pueblo indígena de San Sebastián Bachajón de acuerdo al artículo 2 de la Constitución Política de los Estados Unidos Mexicanos, el Convenio 169 de la Organización Internacional del Trabajo y los Acuerdos de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.
(signature, organisation, collectif, individu)

Voici la traduction du texte proposé :
Nous exigeons du gouvernement du Chiapas et de son gouverneur, Manuel Velasco Coello, qu’ils mettent fin aux agressions qui visent en ce moment les hommes, femmes et enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón. Nous avons été informés de la dernière agression qu’ils ont subie le 11 janvier dernier, lors de laquelle les forces de l’ordre ont usé de balles réelles, laissant deux blessés. Face à ces faits, nous exigeons que soient garanties la vie et l’intégrité physique des femmes, des hommes et des enfants du terrain communal de San Sebastián Bachajón, nous exigeons aussi que les forces de l’ordre se retirent de la zone afin d’éviter qu’il y ait de nouveaux blessés. Nous exigeons le respect de l’autonomie et du droit à la libre détermination du peuple indigène de San Sebastián Bachajón, en accord avec l’article 2 de la constitution des États-Unis du Mexique, avec la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail relative aux peuples indigènes et avec les Accords de San Andrés Sakam Chem de los Pobres.

Traduit par Les trois passants/correction Myriam et Valérie

Sources ( medias libres) :
Llamado del CNI a la solidaridad con San Sebastián Bachajón
video-comunicado urgente de los ejidatarios de Bachajon adherentes a la sexta+ photos
+ de 50 organisations et individus dénoncent les attaques contre les comp@s de bachajon

→Chronologie des faits

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