Archive for the Campagnes Category

Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes

Posted in Campagnes, compas anarquistas, Oaxaca, Ville de Mexico on 29 août 2015 by liberonsles

semanamx

À l’été 2013, plusieurs groupes de la Croix noire anarchiste (Anarchist Black Cross ou ABC) ont discuté de la nécessité d’organiser une Journée internationale pour les prisonnier-e-s anarchistes. Étant donné qu’il existe déjà des dates prévues pour la Journée des droits des prisonnier-e-s politiques ou de la Journée de la justice en prison, nous trouvons qu’il est également important de mettre l’accent sur les histoires de nos compagnon-ne-s. De nombreux et nombreuses prisonnier-e-s anarchistes ne seront jamais reconnu-e-s comme des « prisonnier-e-s politiques » par les organisations droit-de-l’hommistes officielles, parce que leur idée de la justice sociale est strictement limitée aux lois capitalistes qui ne servent qu’à défendre l’Etat et empêcher tout changement social véritable. Dans le même temps, même au sein de nos propres communautés individuelles, nous savons très peu de choses sur la répression qui existe dans d’autres pays, nous ne connaissons pas les noms de plusieurs de nos compagnon-ne-s prisonnier-e-s, ni les affaires qui les concernent.

C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser une semaine annuelle dédiée aux prisonnier-e-s anarchistes, du 23 au 30 août. Nous avons choisi la date de départ du 23 août car ce jour-là, en 1927, les anarchistes italo-américains Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti ont été exécutés en prison. Ils avaient été accusés d’avoir assassiné deux hommes lors d’un vol à main armée dans une usine de chaussures dans le sud de Braintree, dans l’État du Massachusetts. Leur arrestation faisait partie d’une campagne plus large contre les radicaux soutenus par le gouvernement américain. Les preuves détenues par l’État étaient quasi inexistantes et beaucoup sont encore convaincus que les deux ont été punis pour leur appartenance au mouvement anarchiste.

Compte tenu de la nature et de la diversité des nombreux groupes anarchistes du monde entier, nous avons proposé une semaine d’action plutôt qu’une seule campagne à effectuer sur un jour précis, afin de s’assurer que les différents groupes puissent organiser des événements dans un délai assez long.

C’est pourquoi nous appelons tout le monde à diffuser l’information quant à cette semaine pour les prisonniers anarchistes parmi les autres groupes et communautés et de réfléchir à l’organisation d’événements dans différentes villes et villages. Les événements peuvent être des campagnes d’information, des projections, des concerts de soutien, des actions directes et de solidarité. Laissez libre cours à votre imagination.

Jusqu’à ce que tou-te-s soient libres.

325 ; ABC Biélorussie ; ABC Brighton ; ABC Bristol ; ABC Cardiff ; ABC Tchéquie ; ABC Finlande ; ABC Kiev ; ABC Lettonie ; ABC Leeds ; ABC Londres ; ABC Mexico ; ABC Moscou ; Groupe anti-répression de Nijni Novgorod ; ABC Saint-Pétersbourg

Source: Croix Noire Anarchiste – Mexico

MEXIQUE: Solidarité avec Fernando Bárcenas Castillo et Miguel Betanzos

 

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Voir: La grève de la faim, une stratégie de lutte par Fernando Barcenas (août 2015)

 

miguelflomMiguel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation a été exécutée sans identification et sans mandat d’arrêt, avec une grande violence, par trois personnes habillées en civil accompagnées de plus de 20 policiers ministériels de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui sont perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire en piétinant ainsi le système communautaire basé sur les « us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions. Le cas de Miguel Peralta Betanzos commence à sortir de l’ombre et à se diffuser au Mexique et ailleurs.

Voir: Un jour de plus, c’est toujours un jour de moins par Miguel Peralta Betanzos (juillet 2015)

Oaxaca: Voix depuis la prison, Miguel Peralta Betanzos

Posted in Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 25 août 2015 by liberonsles

SOLIDAYAUn jour de plus, c’est toujours un jour de moins

Par Miguel Betanzos

La prison ou centre de réadaptation sociale ? Ah ! Ah ! Ah ! Laissez-moi rire.
Un espace de ségrégation des individus-personnes, de discrimination, de non personnes, d’exclusions, de sans droits, de sous-alimentation, de non accès à la santé, un espace d’isolement, sans éducation, certainement pas un espace d’épanouissement de la sexualité.

Toujours obéir à des ordres, à des règles “de bon comportement ou de bonne conduite”, à des horaires établis et des appels à cause de la fameuse fuite, l’évasion ; des espaces mal organisés, ou plutôt pas d’espace, pour les loisirs, le travail ou pour faire du sport et des installations en très mauvais état, bref, un lieu de détenus et de surveillants, de policiers et de directeur, de balances, pourquoi ne pas le signaler.

Selon les dires du directeur et des surveillants nous sommes au paradis mais pour nous qui nous trouvons ici et pour ceux qui ont été dans d’autres centres pénitentiaires, toutes les prisons sont les mêmes.

En ces lieux, la faune est diverse et habituellement l’agitation commence à 6:00.

Les cinq chargés de préparer les aliments ouvrent la cuisine, le bruit commence avec le son des casseroles et des cuillères, tout un orchestre, même les oiseaux les accompagnent. On commence à entendre les premiers bonjours, dans le petit couloir entre la cuisine, la menuiserie et les toilettes.

7:00 du matin, c’est l’appel, toujours ponctuel, les yeux baissés, ça c’est leur discipline. Après l’appel on se met en rang pour la distribution des outils de travail dans la cage, ils ouvrent la menuiserie, ils allument la scie circulaire et la radio s’y mêle aussi. Parfois on n’arrive pas à faire la différence entre un son et un bruit, il y en a toujours un pour siffler une chanson du coin, une chilienne pour changer un peu et diversifier… On se réunit aussi dans l’espace fumeur pour partager une cigarette et raconter les histoires qui nous arrivaient là-bas quand on était dehors et il y a aussi l’ouverture de la petite boutique où l’on peut acquérir divers articles pour l’hygiène personnelle, savon, dentifrice, rasoir, et aussi des gâteaux secs, des chips, des tartes, des bonbons, etc.

Aux environs des 7:30 on entend la voix de celui qui est chargé de distribuer les tâches de nettoyage des toilettes, des douches, couloir et cuisine, manaaaaaaaaaaaaaards, manaaaaaaaaards (tâcherons). Comme des moutons que le berger appelle pour leur donner du sel, ceux dont c’est le tour accourent et on distribue les tâches : recycler les poubelles, ramasser les papiers des toilettes, pour German et Mario les fourneaux (comal), laver et passer la serpillière, pour Carlos nettoyer le couloir, pour Torres nettoyer la table, pour Ernesto laver les casseroles. C’est comme ça pendant tout un mois, chacun essaie de se réveiller avec son activité et la musique de l’eau commence, on rince, on arrose et on rassemble les seaux, chaque goutte tape sur un tambour. Et quand c’est fini tout s’en va et il ne reste que notre corps. Mais ce que l’on peut faire comprendre c’est que notre esprit, nos pensées, nos rêves sont libres, eux ne rentreront jamais dans la routine qu’impose le système. Les barreaux se diluent et on traverse les murs, les chants des oiseaux accompagnent l’eau, s’assemblent avec les coups de tonnerre et les éclairs dans le ciel…

Et ainsi la journée s’en va, ils nous l’ont prise, ils nous l’ont volée.

Écrits de prison, Miguel Betanzos
Juillet 2015, écrits envoyés pour la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement et pour la liberté qui a eu lieu à Oaxaca, Mexique cet été.

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Communiqué « Le système d’application de la justice à Oaxaca est pourri, de fait il empeste… »

Les ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires de l’assemblée communautaire d’ Eloxochitlán de Flores Magón
18 août 2015

Après 110 jours de détention de notre compañero Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, nous voulons vous faire savoir que le procès juridique qui s’est déroulé jusqu’à maintenant a été une nouvelle fois perturbé par ceux qui disent rendre la justice dans ce pays.

Après la sentence d’emprisonnement que le juge de Huautla de Jiménez, Oaxaca a prononcé le 7 mai, sa défense a opposé deux appels pour exiger la liberté de Miguel. Le délai juridique étant de trois mois, soit avant la date du 7 août, ces recours auraient du être résolus cependant le juge de Huautla n’a pas permis le déroulement du procès puisqu’il a retenu les documents qui avaient été sollicités par les juges de Oaxaca pour résoudre la situation légalement. Au jour d ‘aujourd’hui trois audiences ont été reportée suite aux omissions du juge de Huautla c’est pour cela qu’est prévue le lundi 24 août la prochaine audience pour résoudre certains des recours juridiques.

Dans le cadre de la semaine internationale en solidarité avec les prisonniers anarchistes, ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires lancent un appel à la solidarité pour exiger la rapide libération de Miguel Ángel Peralta Betanzos, emprisonné dans le centre pénitentiaire de Cuicatlán, tout comme des neufs prisonniers de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui se trouvent emprisonnés à Ixcotel, ainsi que la suspension des ordres d’appréhension des membres de l’assemblée. À Oaxaca, une action aura lieu ce 25 août en solidarité avec les prisonniers d’Eloxochitlán*. Liberté immédiate pour les 10 prisonniers de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón incarcérées pour raisons politiques !!! Armée hors des rues de Oaxaca!!!

« La rébellion est la vie, la soumission c’est la mort »
( Ricardo Flores Magón)
 Liberté pour les prisonniers !

Appel lancé par les ami-e-s, compagnon-nes, familles et individus solidaires pour la liberté de Roque Coca et les prisonniers de l’assemblée communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón.

*À Mexico, une action a eu lieu le 25 août à la Casa de Representación de Oaxaca

Source: “El sistema de impartición de justicia en Oaxaca está podrido de hecho apesta…” ( version en espagnol, reçu par mail, le 18 août 2015 )

Traductions : Amparo, Patxi et Les trois passants
Corrections : Myriam et Val

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Voir : Ricardo Flores Magón et le magonisme : itinéraire et trajectoire
[OAXACA] Voix depuis la prison : Miguel Peralta Betanzos
Rubrique Miguel Betanzos et Eloxochitlán de Flores Magón – Oaxaca

Chiapas : Trois prisonniers de San Sebastían Bachajón ont été libérés !

Posted in Archives, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 25 août 2015 by liberonsles

Les compagnons prisonniers de San Sebastían Bachajón, Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez, détenus à Yajalon au Chiapas (Prison N°12), ont été libérés le mardi 18 août de cette année en application de la décision de justice (amparo) qui reconnaît les détentions illégales et les tortures qu’ont subies nos compagnons.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta. Tous les trois avaient été enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres.

bachajonvive

Communiqué

Depuis l’ejido de San Sebastían Bachajón adhérent à la Sixième déclaration de la jungle Lacandone.

Chiapas, Mexique.
Le 19 août 2015.

Au Commandement Général du Comité Révolutionnaire Indigène de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale,
À l’assemblée de Bon Gouvernement,
Au Congrès National Indigène,
Aux compagnon-e-s adhérent-e-s à la Sixième déclaration de la jungle Lacandone,
Aux médias de communication massifs et alternatifs,
Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité,
Au Mouvement Justice pour le Quartier de New York,
Aux défenseurs des droits humains nationaux et internationaux,
Au peuple du Mexique et du monde.

Les compagnons prisonniers politiques de San Sebastían Bachajón, Juan Antonio Gomez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gomez Hernandez, détenus à Yajalon au Chiapas (Prison N°12), ont été libérés le mardi 18 août de cette année en application de la décision de justice (amparo) qui reconnaît les détentions illégales et les tortures qu’ont subies nos compagnons. Ainsi nous exigeons la libération d’autres prisonniers injustement détenus, Esteban Gomez Jimenez détenu à Cintalapa de Figueroa (Prison N°14, El Amate), Santiago Moreno Perez et Emiliano Jimenez Gomez, détenus à Plages de Catazaja Chiapas (Prison N°17) et la libération des autres prisonniers du Mexique et du monde.

Liberté immédiate pour les défenseurs de l’eau de la tribu Yaqui, Mario Luna et Fernando Jimenez détenus injustement, et en général pour tous et toutes les prisonniers politiques du pays.

Nous rendons responsable le mauvais gouvernement, les forces fédérales et étatiques des faits récents qui se sont produits dans la communauté de Santa Maria Ostula, où le 19 juillet dernier, les forces fédérales sont entrées dans cette communauté en ouvrant le feu et en tirant contre des civils désarmés, et ont assassiné un enfant de 12 ans, Edilberto Reyes Garcia.

Avant cet homicide le compagnon Cemei Verdia Zepeda a été détenu. Ce dernier avait été nommé par sa communauté Premier Commandant Général de Santa Maria Ostula.

Nous dénonçons les responsables qui ont laissé en liberté les deux auteurs intellectuels de l’assassinat du maître d’école et compagnon zapatiste Galeano. L’auto-dénommé Juge, Victor Manuel Zepeda Lopez, de la cours pénale de Comitán de Dominguez au Chiapas, a rendu le 12 août de cette année un verdict innocentant Messieurs Carmelino Rodriguez Jimenez et Javier Lopez Rodriguez, alors qu’eux et leurs complices de la CIOAC-Historique savent qu’ils sont coupables d’avoir organisé le crime contre le compagnon Galeano.

Compagnons et Compagnonnes, nous voulons dire à la communauté indigène Otomi San Francisco Xochicuautla, Municipalité de Lerma dans l’État de Mexico que vous n’êtes pas seuls car nous sommes attentifs à votre lutte, c’est pourquoi nous avons la rage que le méchant gouvernement veuille vous enlever vos terres par la violence et la répression de la même façon qu’il veut nous enlever nos terres.

Depuis San Sebastían Bachajón, nous demandons aux compagnons et compagnonnes du Mexique et du monde que selon leur temps et leurs modes d’action, ils lèvent leurs voix pour San Francisco Xochicuautla en ces moments importants pour leur lutte pour la défense de leur territoire et leurs sites sacrés, que le mauvais gouvernement veut détruire pour construire des autoroutes sans se préoccuper de la nature.

Justice pour les compagnonnes et compagnons assassinés pour avoir défendu la liberté, la paix et la vie.

Depuis la zone nord de l’État du Chiapas au Mexique, nous vous envoyons une accolade et un salut combatif des femmes et des hommes de San Sebastían Bachajón.

Jamais plus un Mexique sans nous.

Terre et Liberté
Zapata est en vie !
Jusqu’à la victoire, toujours !
Prisonniers Politiques, Liberté !
Juan Vázquez Guzmán est en vie, la Lutte de Bachajón continue !
Juan Carlos Gómez Silvano est en vie, la Lutte de Bachajón continue !
Non au pillage des territoires indigènes !
Présentation immédiate des compagnons disparus d’Ayotzinapa !
Vive la digne lutte des compagnons et compagnonnes de l’ejido de Tila !
Justice pour Ayotzinapa, Acteal, ABC, Atenco !

Ejido de San Sebastían Bachajón

Source Kolectivozero

Traduit par les trois passants / correction Myriam

Le contexte: Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

Mexico: Paroles de Luis Fernando Sotelo Zambrano

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 22 août 2015 by liberonsles

Paroles de Luis Fernando Sotelo Zambrano, prisonnier dans la prison Sud de la ville de Mexico pendant la présentation du livre « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ( El Pensamiento Crítico frente a la Hidra Capitalista)*

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Tout d’abord, je vais commencer par saluer mes compagnons et mes compagnonnes, mais également ceux et celles qui ne le sont pas ; bonjour et merci pour votre temps. On m’a invité à parler de ce que je vois : de ce que je vois ici où je me trouve, en espérant que ce que je dis (ces idées) puisse servir de graines. J’espère que ce que je vais vous dire ne sera pas perçu comme des mots vides mais comme des paroles qui puissent être utiles dans différents espaces.

Bon, le livre « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ( El Pensamiento Crítico frente a la Hidra Capitalista) je l’ai lu de mardi à vendredi . A cause du peu de temps dont je dispose, je ne sais pas si je pourrais transmettre l’essentiel ; si ce n’était pas le cas, je veux partager avec vous qu’il s’agit d’un message parmi d’autres et non du seul message que je pourrais envoyer sous forme de lettre publique.

A propos de la géographie où je vis actuellement

Sans que cela soit une évidence ou un fait accompli, je veux partager avec vous ma vision de notre société, comment elle bouge, se reproduit et prend forme en ses fondements qui, pour l’essentiel à travers le monde, s’appellent capitalisme. Ces fondements génèrent des problèmes essentiels dans notre « société ». L’un d’entre eux est que les personnes produisent de manière isolée leurs outils ou moyens.

Au niveau de la société et du terrain, la société se polarise. C’est-à-dire, qu’il y a deux types de personnes : ceux qui ont l’argent et qui commandent, et les autres, ceux qui travaillent pour les premiers. Et ces derniers collaborent sans se poser de question, par convenance, par ignorance ou parce qu’ils préfèrent l’ignorer parce que l’existence quotidienne elle-même est très souvent insupportable, crue ou moche à tel point que l’on se demande si ce n’est pas une conspiration. Mais cette fois-ci, il est nécessaire, si l’on veut sortir de l’immobilité, de se poser la question : Pourquoi je vis dans cette situation ?

Revenant sur comment est configurée la société, je ne peux que penser que « ce n’est pas une situation isolée ». La manière dont les institutions font les choses doit répondre à une logique, qui actuellement répond à l’économie qui domine le monde. Les bénéfices au dessus de la vie. L’ordre au-dessus de la dignité. La paix et la vie de ceux, qui même s’il ne le veulent pas, donnent leur vie ou vivent au profit du nouvel ordre : l’ordre capitaliste.

Bon, j’espère qu’il n’est pas trop tard pour me présenter. Je suis Luis et cela fait huit mois que je suis prisonnier ; je pense que ma situation dépend aussi de comment tourne la société et comment fonctionne le capitalisme. Laissez-moi vous dire pourquoi je pense cela ; avant cela, je veux signaler que les responsables de ce que je vis sont les administrations gouvernementales. A cause d’elles, plus que prisonnier, j’affirme être séquestré. Mes preneurs d’otage évitent de le présenter ainsi ; ce qu’ils font c’est de le présenter comme une procédure judiciaire, pour selon eux faire appliquer la justice.

Ici la question – pourquoi alors s’il s’agit de justice est-elle sélective ? – vient d’en haut, de ceux qui nous vendent le « progrès ». Cette justice vient des mêmes cercles politiques qui manipulent les lois pour dire « nous sommes sur le bon chemin » ; mais en réalité ils administrent le pillage, le mépris, la répression et l’exploitation.

Parce que tout ce dont je parle ne m’affecte pas seulement moi personnellement, et de la même façon que je vois les choses, d’autres aussi les voit comme moi. Ce ne sont pas non plus des choses aussi isolées que l’on pourrait croire… Parce que bon, pour certains et certaines d’entre vous, vous êtes déjà organisés et je me rends compte de la portée que cela constitue, et selon moi s’organiser est la première des choses.

Depuis que j’y pense – Bon, je suis prisonnier, et maintenant ? Je ne peux pas faire comme si je ne connaissais pas la réponse. Il est très facile d’assembler le puzzle de la réalité, la regarder ou l’analyser pourvu qu’on le veuille bien. C’est évident qu’actuellement nous ne décidons pas tous comment devrait être la société, c’est pour cela qu’il est important de retrouver une organisation.

Et oui, cela peut être répétitif, mais si je ne vois pas ce qu’il y a de commun entre moi et les autres prisonniers, c’est-à-dire la corruption, l’oubli et la solitude qui se cachent derrière la procédure légale, alors oui je pourrais faire semblant de voir et ne rien voir.

Corruption parce que on sait que l’on peut sortir en payant le juge ou le MP (Ministère Public) pour qu’ils arrêtent de t’emmerder…

Solitude, parce que pour tous les fonctionnaires impliqués, policiers, MP [Ministère Public], juges, techniciens, gardiens, le procès n’est que la justification de leurs salaires et donc ils ne se préoccupent pas de la justice mais plutôt de continuer à se faire grassement payer pour leur soit-disant « travail ».

De mon point de vue c’est ainsi parce que, dans le capitalisme, le pouvoir judiciaire ne sert pas à régler les problèmes sinon à les contenir. Dans son code pénal, il est écrit que la prison a pour objectif la réhabilitation du condamné au moyen d’un type de traitement pénitentiaire. Mensonges et encore plus de mensonges pour justifier qu’ils volent à quelqu’un sa vie, son temps et ses relations.

Peut-être que je ne questionnerais pas la manière dont « ils appliquent la loi » ou sa propre nature si je n’étais pas prisonnier.

Et je critique aussi cette partie : en effet la plupart du temps ceux d’en haut (gouvernements et riches) font des lois pour maintenir, comme ils le disent, l’économie, la politique ou quoi que ce soit, en ordre. Et le peuple parfois l’ignore parce qu’abrutis ou distraits, ils oublient ce qu’ils étaient en train de faire : Vendre la patrie ! C’est à dire la terre, ceux qui travaillent, leur culture, leur histoire et beaucoup d’autres choses. Ne vous trompez pas sur ce que je dis , je ne suis pas en train de dire avec d’autres mots que je suis un patriote et je ne le prétendrai pas pour gagner en sympathie.

A propos de ce qui fait mal mais aussi réveille

Des résistances naissent pour diverses raisons face à la logique de la globalisation-néolibérale-capitaliste et il y a aussi de la répression mais je vois qu’il est nécessaire de voir où on prétend aller. Organiser une autre société est très loin de nous, mais elle le sera encore plus si nous ne nous préoccupons pas du comment. Effectivement cette société fonctionne déjà, si excluante et si éphémère dans ses accords qui, à mon avis, n’ont ni les arguments ni la force pour contre-attaquer la pensée critique face à l’hydre capitaliste. Mais ce scénario, dans lequel la résistance à ce monde a un espoir, est uniquement formé par d’autres relations telles que la solidarité.

Enfin, je souhaite partager avec vous que ce que je dis de la solidarité est vérifiable. Se voir depuis l’intérieur et aussi se demander d’où on vient, vers où on chemine et avec qui, va définir la solidarité. Bien, en vérité tout le monde peut le vérifier dans ses propres espaces. Je l’ai vu parce qu’on résiste aussi par engagement éthique en voyant d’autres luttes.

Pardonnez-moi si à nouveau je me dirige vers vous avec des idées partielles et sans relation. J’ai du mal, après avoir lu le livre, à poser comme un fait accompli que en s’organisant on répond à la question : et maintenant ?

Merci pour votre attention.

Luis Fernando Sotelo Zambrano

Prisonniers politiques Liberté !

18 juillet 2015.
(Participation du compagnon lu par sa mère, Mme Celia Zambrano)

Traduit par Les trois passants et Amparo

Source Croix Noire Anarchiste Mexico

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*La pensée critique face à l’hydre capitaliste » (el pensamiento critico frente a la hidra capitalista) est le titre d’un séminaire convoqué par les zapatistes du 3 au 9 mai 2015 qui a eu lieu au CIDECI-Université de la Terre, à San Cristóbal de las Casas, Chiapas et où un peu plus de 1500 participants et participantes sont venus de différentes régions du Chiapas et du monde. Infos

ferzamLuis Fernando Sotelo Zambrano, âgé de 20 ans, est adhérent à la sexta et étudiant. Il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution. Plus d’infos

Mexico: 50éme jour de Grève de la faim de la C.I.P.R.E.

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 août 2015 by liberonsles

FERPORT
Hier 14 août, Fernando Bárcenas, José Hernández et Julián Barrón ont été transférés à l’Hopital Général de Tetepan* pour être examinés. Après avoir été examinés Julian a été renvoyé à la Prison Nord, le compagnon a en effet décidé d’arrêter la grève de la faim depuis le 11 août dernier.

Fernando et José ont été internés à la Tour Médicale*, ils continuent de ne pas s’alimenter, de plus leur santé est fragile à cause des 3 jours de grève de la soif qu’ils ont réalisés en solidarité avec Jesse Montaño, qui avait été tabassé par les matons de la Prison Sud.

L’état de santé des compagnons est délicat selon l’équipe médicale solidaire, qui a enfin pu entrer hier pour les examiner, après en avoir été empêché pendant des heures par le personnel de la Tour Médicale.

José et Fernando sont ensemble, bien que surveillés par des gardiens et le personnel de l’hôpital. Ce matin ils ont pu entendre les cris et les slogans lancés par les personnes solidaires qui s’étaient donné rendez-vous à l’extérieur de l’hôpital pour leur dire qu’ils n’étaient pas seuls.

Nous appelons à rester attentifs et attentives, nous ne pouvons pas écarter le fait que le personnel de l’hôpital tente de renvoyer les compagnons à la Prison Nord, prétendant qu’ils sont en bonnes conditions.

Que la solidarité continue à s’étendre !

Source: La Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

Traduit par les trois passants

« Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »

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* L’Hopital Général de Tetepan est une prison-hôpital située dans la prison de femmes de Tetepan dans la ville de Mexico. La Tour Médicale est le bâtiment à l’intérieur de la prison, où est situé l’hôpital et les chambres-cellules où sont enfermés les prisonniers.

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ». [CIPRE]

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

La C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) a été impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo : “ C’est un mouvement qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Voir : La grève de la faim, une stratégie de lutte par Fernando Barcenas

Mexico: La grève de la faim, une stratégie de lutte, Fernando Barcenas

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 17 août 2015 by liberonsles

La grève de la faim, une stratégie de lutte.

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Ville de Mexico, Fernando Barcenas Castillo

Nous devons voir la grève de la faim comme un outil de lutte à disposition des prisonnier-e-s, une façon de commencer le conflit qui se développera au sein de la prison.

C’est aussi une fenêtre vers l’extérieur, que nous pouvons utiliser pour étendre et propager la lutte anti-carcèrale.

En ce sens la grève de la faim organisée de manière informelle à l’intérieur des prisons du District Fédérale [Ville de Mexico] commencé par 8 compagnons le 27 juin dernier cherche à être une incitation à l’action précise, tout de suite et maintenant ! C’est un cri de guerre contre les autorités pénitentiaires, un cri de ras-le-bol de devoir survivre enterré vivant et qui cherche aussi à annoncer que malgré la soumission et le servilisme de la masse carcérale, il y a certain-e-s qui se rebellent quand même et résistent et refusent d’être rabaissé-e-s et  humilié-e-s.

Parce que la société tente de dominer nos vies et que nous ne voulons pas l’accepter, parce que malgré cela il existe encore plus de dignité, sensibilité et compassion de ce qui est humain et de la vie dans les cœurs de ces rebelles solitaires mais solidaires.

J’espére que ceux et celles qui lirons ces paroles puissent comprendre que mon intention réel et personnelle de coordonner une grève collective à travers la proposition informelle de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance (C.I.P.R.E.) était principalement de sortir du calme routinier de la prison. Une initiative où chacun et chacune des personnes qui y ont participé et aussi à bien d’autres actions que nous avons mis en place à l’intérieur, ont pu exprimer cette élévation exquise de la rebellion par le corps et l’esprit, aspirer à avoir la capacité réel de s’auto-déterminer, être libre et oser défier les chaînes et les barreaux tant physique que mentaux qui nous entravent et nous emprisonnent.

La majorité des prisonnier-e-s marginalisé-e-s nous coïncidons sur la compréhension réelle et consciente de la prison, comme mécanisme de control politique et d’exploitation économique. L’ordre sociale, tel que celui qui existe dans la rue, est de tendance  mafieux, ainsi ceux-celles qui contrôlent la drogue et le paysage social par la corruption, contrôlent la prison, devenant les oppresseurs de population carcérale, tant pour le pouvoir que cette pratique leur apporte, tant pour l’argent provenant de la corruption qui sert à payer le silence et la complicité des autorités qui bénéficient le plus de cela, en effet cela permet  à ces dernières d’auto-réguler les prisons et les fonctionnaires du plus haut niveau hiérarchique en sont récompensés. Cela a pour conséquence que la plus grande partie de population (nous parlons de 90%) vie marginalisée parce qu’elle n’a pas de ressources économiques pour survivre et obtenir le plus élémentaire, déjà elle doit en premier couvrir les frais des taxes illégales pour pouvoir commencer à générer de l’argent. À cause de cela nous avons tant de fonctionnaires, de gardiens et de trafiquants de drogues qui exploitent les autres pour profiter de leur travail et de leur effort.

Avec toutes ces actions nous cherchons, non-seulement à amplifier l’agitation à l’intérieur des prisons et à amplifier la diffusion, mais aussi et surtout à montrer notre désir d’une action réel et concrète contre les prisons. Hélas le mouvement anti-carcérale est très faible et il n’y a pas d’interaction réelle et/ou communication entre individus et/ou collectifs de supposé tendance libertaire ou anti-autoritaire.

À cause de cela, à plus d’une occasion les différentes actions et batailles des prisonnier-e-s se perdent dans l’oubli et l’isolement, devant affronter toujours plus des répressions plus fortes et constantes et des menaces de mort de la part de l’administration pénitentiaire, qui a fait des offres économiques à différents prisonniers pour intimider et/ou attaquer avec des couteaux et d’autres armes les prisonnier-e-s qui refusent de se rendre, d’être rabaissé-e-s et humilié-e-s ou qui ont dénoncé les abus des gardiens et des techniciens des prisons.

Face à cela naît l’idée de coordonner les actions directes des prisonnier-e-s contre l’institution carcérale de façon revendicative pour éviter ainsi qu’ils-elles soient isolé-e-s et que l’administration pénitentiaire puissent les cacher. Il s’agit d’amplifier et d’étendre la solidarité réelle entre les oprimmé-e-s et diriger les énergies collectives contre le spectre carcérale.

La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance n’est pas un collectif formel, nous réitérons donc de nouveau l’incapacité du auto-dénommé « Bloque Libertario » de comprendre la situation et le caractère informel de cette coordination. Ainsi nous dénonçons les agissements autoritaires de ce « Bloque » qui a altéré et retiré une page complète de la publication anticarcérale N°3 du journal « El Canero ». Ils ont déjà pris l’initiative d’altérer le contenu réel pour y mettre de la propagande en leur faveur ce qui reflète clairement leur protagonisme. C’est pour cela que nous ne reconnaissons aucun exemplaire de ce journal qui a été altéré par ce groupe de personnes, et nous démentons l’existence d’une page Facebook de la Coordination Informel des Prisonnier-e-s en Résistance et nous exigeons des créateurs de cet espace virtuel qu’il l’élimine immédiatement, car comme nous l’avons souligné la C.I.P.R.E. existe uniquement de manière informelle et dans les actions coordonnées. En plus, cela représente une enlisement et une déviation médiatique de ce qui se passe en réalité dans les prisons du D.F [District Fédéral/Ville de Mexico], ce contre quoi ce bat la coordination de manière effective.

Un autre point à traiter est que certain-e-s ont attaqué et critiqué la lutte des prisonnier-e-s parce qu ‘elle a un caractère « légaliste » (éxiger de meilleures conditions et traitements à l’intérieur des prisons), cependant cela ne veut pas dire que le but de beaucoup de ceux et celles qui revendiquons nos action en tant que C.I.P.R.E ne soit pas l’abolition et la destruction totale des prisons. Mais nous devons nous situé dans le paysage et le lieu où nous nous trouvons, où nous sommes nous devons agir avec stratégie et non aveuglément par « idéoligie », quelle qu’elle soit. En plus, s’il est vrai que ces luttes commencent sur une ligne réformiste des « droits humains », cela ne veut pas dire qu’elle reste enlisée dans les actions dites institutionnelles, mais qu’il s’agit d’analyser le paysage et en même temps d’augmenter l’intensité de la confrontation institutionnelle pour finir par la nier en tant « qu’autorités ».

Cela est commun et déborde la plupart du temps parce que tou-te-s les prisonnier-e-s les plus marginalisé-e-s et eploité-e-s nous nous sentons profondément pénétré-e-s par le mépris et la rancoeur de souffrir de l’impuissance, de l’injustice et de des abus les plus lâches que l’homme peut imaginer. Enchaîné-e-s quotidiennement, nos âmes dénudées face à la volonté des maîtres du monde, dirigé-e-s quotidiennement selon les caprices de l’administration fasciste qui maintient les privilèges de ceux qui gouvernent. Un cœur  trop serré par tant de mal peut héberger en son sein rancoeur, haine et vengeance.

Comment oublier qu’ils nous retiennent contre notre volonté et nous massacre silencieusement ? Comment ne pas penser avec haine quand on entend le compagnon se faire battre, ces pleurs de son âme bléssé à mort dans son orgueil, cet enterrement de l’humanité, ces barreaux, ces grilles, ces regards moqueurs et indifférents, ces mitards ? Comment oublier ces mateurs violeur d’intimités déflorées odieusement à travers les barreaux d’une cellule, ces dénigrements des personnes captives pour les pousser au suicide, à la folie ou au désespoir ? Comment un être humain peut survivre à cela et être normal ?

Cependant, qui s’intéressent à ce qui se passe en prison ? Réelement personne. La société n’a pas à se préoccuper de ce qui se arrive à une poignée de « délinquant-e-s » nuisibles à la société. Et surtout nous tou-te-s, qui sommes regroupons, vivons à ses dépends.

Peut-être ils ont le droit de nous mépriser et d’être avide de vengeance une fois qu’ils-elles nous tiennent entre leurs mains.

Cependant  nous ne leur reconnaissons pas le doit de se nommer « honnête citoyens ». Nous ne leurs reconnaissons pas le droits d’être libre selon leur lois alors qu’eux-même collaborent ensemble pour commettre un nombre incalculable de délits inscrits dans leur code pénal.

Ceux et celles qui dirigent leur haine contre nous, ne font que se haïr eux-elles-même à cause de leur immonde lâcheté.

Pour tout cela, j’espère que ce texte nous fera réfléchir un peu sur l’organisation et l’agitation extérieure. Elles ne doivent pas être activées uniquement dans les périodes de grève de la faim des compagnon-ne-s en prison, quand le temps est compté et que la mort peut surgir à chaque heure. Beaucoup voient de fausses victoires et cela fait que l’on ne pense pas à de nouvelles propositions et réflexions sur ce qu’il faut faire réellement.

Il est triste que pour que certains se mobilisent, ils faut que soient déjà passé 20 ou 30 jours de grève de la faim. Cela démontre qu’il y a des failles et des défaillance dans les formes de communication et d’organisation.

J’espère, donc, que par ces réflexions je puisse apporter une graine libertaire qui donne les fruits d’une plus grande réflexion pour agir avec plus d’efficacité et d’effectivité contre tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes.

 Avec amour et rébellion.

Fernando Bárcenas.

Traduit par les trois passants

Source Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

voir: [Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

Note: « Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »


Mexico: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE) annonce une grève de la soif à partir du 10 août 2015

Posted in Actions, Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Ville de Mexico on 14 août 2015 by liberonsles

Le 27 juin 2015 plusieurs prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève visent l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires.

huelgaciptre

Communiqué de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

[après 48 jours de grève de la faim]

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre réalité comme esclaves de la société.

Nous sommes conscients que dans ce système, nous ne pouvons aspirer à être libres et donc à pouvoir exercer l’auto-détermination : la vie « civilisée », cette tentative de « société » de babiole pour ceux qui ont le pouvoir, pour ceux qui peuvent jouir de cela… ce n’est pas une vie, c’est un façon de végéter, d’être condamné aux chaînes étouffantes de l’esclavage domestique et du travail.

Nous refusons de devenir des serfs dociles d’un quelconque système autoritaire, quelque soit celui qui essaie de nous enfermer et nous faire taire…

Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous sommes ceux qui essaient de vivre aux dépens des riches et de leurs usines d’esclaves et ceux qui n’acceptons pas d’être apprivoisés, ceux qui font face à la société avec les mêmes armes, sans baisser la tête; parce que cela reste la manière la plus digne de faire face à cette réalité pourrie et comme il n’y a pas d’avenir mais une autodestruction silencieuse, nous décidons d’attaquer et de détruire le système qui a attaqué et détruit nos vies et nous a condamnés à l’esclavage carcéral.

La révolte ne se prépare pas, ni ne s’organise, elle surgit comme sa nature violente et désordonnée, nous faisons référence à l’éclatement d’insurrections quotidiennes propagées de manière diffuse par les rebelles qui se trouvent en tous lieux.

La révolte est une réalité sociale qui existe dans chaque coin de la terre et l’intention est de pouvoir la coordonner et ainsi la propager et canaliser les énergies collectives contre la vraie cause qui gêne l’être humain : l’État.

C’est cela la base de l’organisation informelle et diffuse, laissons de côté « les acronymes » et « les sigles ».

Nous ne nous connaissons pas, et si ça se trouve nous n’aimons même pas les mêmes choses, mais nous nous reconnaissons comme oppressés et cette seule affinité, quand elle nous prend et nous fait coïncider, nous rend sensibles à l’autre et par conséquent nous ressentons le besoin de dire à l’autre qu’il n’est pas seul, que même devant la soumission la plus abjecte, il existe quelqu’un qui partage encore le plaisir exquis de la dignité et de la révolte.

Pour cette raison, nous nous solidarisons avec le compagnon Jessi Alejandro Montaño.

Face à une action, une autre répond ; parce qu’ainsi nous communiquons et nous nous renforçons les uns aux autres.

À partir du 10 août 2015 nous cesserons d’ingérer des liquides et nous nous déclarons en désobéissance, comme un moyen de revendiquer notre liberté et notre droit à l’autodétermination face à n’importe quel système qui abuse de l’individu.

Les « compas » [compagnons] en grève de la faim qui participent à cette action sont : Julián López Barrón, Fernando Bárcenas Castillo depuis la prison nord de la ville de Mexico, et nous invitons ceux qui désirent se joindre à ce jeûne solidaire de 3 jours pour dénoncer les conditions d’isolement et de répression psychologique et physique que subissent ceux qui osent se rebeller et résister aux tortionnaires et domestiqueurs.

Pour l’extension de la révolte.

Parce que la solidarité entre prisonniers ne reste pas lettre morte.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.RE.

 

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
Correction Amparo

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ».

Fernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison »

Jesse Alejandro Montaño Sánchez, a été condamné le 12 janvier 2015 à 7 ans et 7 mois de prison pour le délit d’outrages à l’autorité.

Note de la CNA-Mexico : au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité. (Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

Nous relayons cette information et nous nous solidarisons avec les prisonniers en grève de la faim qui depuis le 27 juin dernière mènent une lutte déterminée contre le système carcéral non seulement en faisant référence à la prison nord, mais à tous lieux d’enfermement, si vous souhaitez envoyer un mail de soutien vous pouvez adresser votre mot de soutien à notre adresse mail. [liberonsles@riseup.net]

Voir : MEXIQUE – La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

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