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MEXICO : Halte au harcèlement contre notre compagnon anarchiste Mario González !

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 30 avril 2015 by liberonsles

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« La répression directe, les rafles, la surveillance, la police militarisée, l’espionnage, la prison reviennent : les anarchistes sont la cible d’une persécution nationale et internationale. Depuis les tranchées de cette prison, j’élève ma voix pour aboyer ma rage et montrer mon mépris pour les porcs policiers soumis au système capitaliste, autoritaire et brutal », écrivait Mario González depuis la prison, quelques mois après son arrestation.

Notre compagnon anarchiste, Jorge Mario González García, est un étudiant qui fut exclu du Collège de Sciences Humaines de Naucalpan, établissement scolaire appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM], pour s’être largement opposé aux réformes éducatives de l’UNAM visant à privatiser l’Éducation publique et gratuite. Mario avait fait l’objet d’une forte répression et de menaces avant d’être arrêté d’une manière violente et arbitraire, le 02 octobre 2013, alors qu’il se dirigeait vers la manifestation commémorative du massacre des étudiants en 1968*, dans la ville de Mexico.

En prison, Mario est resté très mobilisé. Il n’a jamais cessé d’écrire et de se battre de multiples manières pour protester contre le système carcéral et judiciaire. En octobre 2013, il entame une grève de la faim qui dure 56 jours, 56 jours de lutte à l’intérieur et à l’extérieur de la taule, 56 jours de contestation et d’organisation. En octobre 2014, de nouveau, il entreprend une grève de la faim très revendicative avec d’autres compagnons anarchistes arrêtés au Mexique : Fernando Barcenas, Abraham Cortez et Carlos Lopez, ce dernier aujourd’hui dans la rue. Tous les quatre écrivent alors : « Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » ».

Le 31 octobre 2014, Mario est acquitté du délit d’attaques à la paix publique, et libéré.

Dès sa sortie de prison, il continue de lutter pour la libération des compagnons incarcérés . Avec son collectif de soutien, il accompagne et suit de près les compagnons Abraham Cortez et Fernando Barcenas, tous les deux enfermés dans la prison nord de la ville de Mexico, et tous les deux très actifs et organisés en prison.

Mais malgré la levée des charges qui pesaient sur lui, il continue aussi d’être la cible de diverses menaces et diffamations. Ainsi, le 8 avril 2015, les autorités de l’UNAM ont de nouveau lancé contre lui une campagne diffamatoire, l’accusant d’avoir participé à certains faits.

Aujourd’hui comme hier, notre compagnon Mario est la cible d’un lynchage médiatique et juridique. Aujourd’hui comme hier, nous sommes à ses côtés pour le soutenir.

Les trois passants

Brève description du cas de Mario Gonzalez

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 * Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et en particulier son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et 6000 arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du massacre des étudiants en 1968. Des affrontements entre des groupes de manifestants et la police firent au moins 50 blessés. L’usage démesuré de gaz lacrymogène, le lancement aveugle de flash-balls laissèrent derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s. Actuellement, Abraham Cortes Avila est le seul encore en prison pour avoir manifesté ce jour-là. Sa condamnation est passée de 13 ans et 4 mois à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Abraham est incarcéré à la maison d’arrêt – « Nord » à Mexico.

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Communiqué international : Halte au harcèlement contre Mario González

Aux médias libres
Aux peuples du monde
Aux individualités subversives

Les collectifs, organisations, groupes et individus signataires de ce communiqué, exprimons notre entière solidarité à Jorge Mario González García qui a été à nouveau pointé du doigt par les autorités de l’Université Nationale Autonome du Mexique [UNAM] le 8 avril dernier dans un communiqué émis par le rectorat de cette université.

Celui-ci le désigne responsable des faits qui ont eu lieu au Collège de Sciences Humaines [CCH] Naucalpan le 8 avril 2015. Ces attaques et diffamations tant de la part des autorités universitaires que des autorités gouvernementales n’ont pas cessé depuis que Mario est sorti de prison, où il a été privé de sa liberté durant plus d’un an en raison de ses idées.

Nous considérons comme graves les accusations médiatiques et judiciaires lancées contre Mario, puisque c’est une nouvelle tentative de la part des autorités de l’UNAM pour monter une scène propice permettant de recommencer à réprimer et à utiliser comme bouc émissaire notre compagnon, ce qui s’est déjà produit par le passé. Nous exigeons donc l’arrêt des diffamations, de la persécution et du harcèlement contre Jorge Mario González García.

De plus, nous n’oublions pas le passif policier et de casseurs de grève (porril) des autorités universitaires de l’UNAM, complices de disparitions, de tortures, de meurtres, d’emprisonnements, d’arrestations et de persécutions à l’encontre des activistes étudiants tel que Mario.

Beaucoup parmi nous avons marché aux côtés de notre compagnon depuis qu’il a été en prison, et nous ne lâcherons rien jusqu’à ce qu’il soit tranquille, sans aucun type de pression contre sa personne, sa famille et ses proches. Nous restons attentifs et continuerons à parler de ce cas qui est déjà bien connu ailleurs dans le monde, puisqu’il représente un vrai exemple de l’arbitraire et de la répression menées par les autorités qui se sont obstinées à faire taire la critique estudiantine.

Halte au harcèlement contre Mario González !

Les trois passants, France
Fédération anarchiste (France, Suisse, Belgique)
Internationale des Fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon, France
Mut Viz 13, France
Comité Tierra y Libertad, Lille, France
Collectif grains de sable, France
Terre et Liberté pour Arauco, France
Grupo Solidaridad con Chiapas de Dorset, Reino Unido
CSIA Nitassinan, France
Groupe de Soutien à Leonard Peltier, France
La Confederación General del Trabajo (CGT), Estado español
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ- Estado español
Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas.
Txiapasekin, Estado español
ASSI (Acción Social Sindical Internacionalista)
Anarchist Black Cross Paris, France
Alternative Libertaire,Toulouse,France

Source [lettre en espagnol]

[ Correction de textes Valérie ]

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Pour plus d’infos vous pouvez consulter quelques textes à son sujet :
Communiqué de Mario González à propos de sa libération
Communiqué de Jorge Mario González García, première et deuxième parties, mai 2014.
Liberté pour Mario González ! Halte au harcèlement contre Nuria Ramírez !

Sonora : Deux membres de la Tribu Yaqui toujours derrière les barreaux

Posted in Campagnes, Yaquis, Sonora on 27 avril 2015 by liberonsles

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La Tribu Yaqui a depuis des siècles lutté contre le pillage et le vol des eaux et du territoire. Leur histoire est remplie d’invasions, de menaces, d’humiliations, de guerres, d’expulsion, de répression ; nombreux et nombreuses ont été ceux et celles qui ont défendu coûte que coûte la terre, la rivière Yaqui, leur territoire ancestral des mains de ceux qui avaient le pouvoir, leur lutte a été constante et sans relâche contre la destruction et la mort.

Dans ce contexte, en septembre 2014, Mario Luna, porte-parole et secrétaire de l’Autorité Traditionnelle Yaqui, adhérent à la sexta déclaration de la forêt lacandonne, a été arrêté par des éléments habillés en civil, et par la suite, présenté à la prison de Hermosillo où il se trouve aujourd’hui derrière les barreaux. Il a été accusé de séquestration aggravée et vol de véhicule. Cette accusation contre le porte-parole de la tribu est utilisée comme argument pour emprisonner tous ceux et celles qui comme Mario ne cessent de se battre pour la défense de leur propre vie. Par la persécution et la prison, l’Etat de Sonora essaie d’intimider la tribu pour qu’elle renonce à sa lutte contre le pillage. La persécution s’est poursuivie et le 23 septembre dernier un autre membre de la tribu, Fernando Jiménez, a été également arrêté et accusé de séquestration et de vol de véhicule. Tous deux ont fait appel -en ne pouvant pas sortir sous caution- et attendent leur procès.

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Métaphoriquement pour les yaquis, le territoire est un nid, ils l’appellent : toosa. Son représentant principal est le « kobanoa » : la tête de l’oiseau qui l’habite; le peuple – assemblée communautaire – qu’ils appellent masam ou tea: les ailes de l’oiseau. Le peuple Yaqui se voit lui-même comme une unité : corps – tête – ailes qui s’articulent dans l’image d’un oiseau, un corps qui décide et agit d’une forme conjointe, pour le peuple Yaqui, le secrétaire n’a pas d’existence métaphorique. Le secrétaire n’est pas une figure de l’histoire traditionnelle, il a fallu l’inventer pour pouvoir parler aux yoris, c’est-à-dire aux blancs. Et pendant longtemps sa fonction n’a pas été importante : on requérait d’un jeune, quelqu’un qui savait bien lire et écrire et surtout qui avait l’endurance et la patience d’aller et revenir des bureaux du gouvernement étatique et fédéral. Mario était non seulement le porte-parole et représentant de sa tribu, de son peuple, il a été aussi le secrétaire, et comme d’autres membres de sa tribu, il est à son tour humilié par les yoris, aujourd’hui les autorités gouvernementales qui continuent de mener la guerre… Lire la suite : Le contexte – NAMAKASIA! [ photoreportage et Vidéo ]

[Bachajón-Chiapas] Voix depuis la prison : Juan Antonio Gómez Silvano

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 23 avril 2015 by liberonsles

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Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques.

Lettre envoyée par le GT No Estamos Todxs, Chiapas, mois d’avril 2015

Prison Nº12 Yajalón,Chiapas

Compagnons et compagnonnes de la Sexta International, recevez une salutation cordiale depuis la prison de Yajalón, Chiapas.

Je m’appelle Juan Antonio Gómez Silvano, je suis adhérent à la Sexta, je suis injustement emprisonné depuis le 16 septembre 2014. Cela fait 7 mois que je suis ici, enfermé. Des délits de tentative d’homicide et port d’arme ont été fabriqués de toute pièce à mon encontre, alors que je ne connais pas les armes à vraie dire. C’est pour cette raison, compagnons et compagnonnes, que je vous demande de faire quelque chose pour nous [ aussi pour Mario Aguilar Silvano, prisonnier de San Sebastián Bachajón arrêté pour la même chose que moi et qui appartient également à la même organisation].

C’est parce que nous avons la même couleur que la terre qu’ils nous emprisonnent et nous maltraitent, moi j’ai été torturé et tabassé dans l’enceinte du Ministère publique.

Depuis la prison nº12 Yajalón, Chiapas.

Recevez une salutation cordiale.
C’est tout compas, s’il vous plaît je vous demande de diffuser ce petit message.

Merci compagnons et compagnonnes,

Signé par le prisonnier politique Juan Antonio Gómez Silvano

Le contexte:
Bachajon, histoire de résistance, répression et prison

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Juan Antonio Gómez Silvano, ainsi que ses compagnons de lutte Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández, ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Les compagnons luttaient depuis de nombreuses années pour les droits légitimes de leur communauté au territoire, pour le respect de leur mode d’auto-gouvernance et d’organisation communale, sans l’ingérence des partis politiques corrompus. Les trois compagnons et le terrain communale de Bachajon sont adhérents à la Sexta depuis le début. Tous les trois sont aujourd’hui enfermés pour s’être opposés à la tentative du gouvernement de les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul, en vue du futur méga-projet touristique CIPP-CAA (Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul). Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon ont dénoncé sans cesse depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

Le terrain communal de Bachajón est situé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón. Cette zone abrite l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner la technique de contrôle territorial utilisée par l’État dans cette zone depuis les treize dernières années, qui consiste à encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection » que l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Le complexe touristique CIPP-CAA a été, depuis 20 ans, l’objet de spéculation financière de la part des grands groupes hôteliers. En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama), présentent le projet pour « développer l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique pour identifier les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hôtels-resorts dans lesquels investiront les chaînes de tourisme mondial les plus luxueuses : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européen cinq étoiles, le Resort, avec hôtel, centre de conférences et golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin…

…Dans ce contexte les membres du terrain communal de Bachajon n’ont jamais cessé de se battre contre ces intérêts et contre l’État lui même, le prix de la rébellion a été depuis toujours la répression, la prison et l’assassinat…

 Le 24 avril 2015, des hommes, femmes et enfants du terrain communal de Bachajon organiseront une cérémonie en mémoire de l’un des leurs, leur compagnon Juan Vázquez Guzmán, indigène tzeltal de 32 ans, défenseur des droits humains et du territoire, assassiné à son domicile, la nuit du 24 avril 2013.

Cliquez ici pour lire l’article complet + les Dernières nouvelles ( Vidéos – Témoignages des habitants de Bachajon, Chiapas dont Juan Vázquez avant de se faire assassiner, sous-titres en  français)

[Mexico] Voix depuis la prison : Fernando Barcenas

Posted in Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 22 avril 2015 by liberonsles

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Lettre de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas, envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonniers des Amériques qui a eu lieu le 11 avril à Paris

Aux compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

Et donc, rien, ni personne, ni les dieux, ni la nature ne donnent à l’être sa liberté, il/elle se la donne à elle – même/lui- même, il ou elle construit sa vie, ses règles, sa « loi ».

Aucun tyran ne peut nous arracher cela et si l’un d’eux essaie, il devra alors nous assassiner comme ils le font de nos jours en se moquant de nous ceux qui n’avons rien…

Cependant nous ne sommes pas des êtres inoffensifs, nous avons de la haine, de la rancœur et du ressentiment, mais tout cela n’est pas ce qui nous rend dangereux, mais la guerre déclarée à laquelle nous participons et que nous assumons comme telle. Notre amour pour la liberté, nous fait devenir les ennemis de l’autorité.

Nous, les anarchistes, nous transgresserons toujours les normes, nous sommes illégaux, clandestins parce que nous croyons au droit de chacun et chacune à se rebeller contre ceux qui nous font du mal…

Quand l’État et les législateurs essaient et cherchent à soumettre et à convertir les opprimés en simples esclaves au service de leurs privilèges et leur volonté, à partir de ce moment les opprimés entrent en guerre contre eux [l’état et les législateurs], et en ce moment le peuple en a marre de leur obéir .

La destruction du pouvoir politique nous concerne et c’est notre mission et elle continue à travers leurs murs et leurs barreaux. Pour que commence une révolution il est nécessaire qu’il y ait des rebelles et aujourd’hui, une fois encore, nous déclarons la guerre après avoir refusé et détruit la « paix » de puissants.

Fernando Barcenas

Prison Nord de Mexico

10 avril 2015

ferNdt: Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste, il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Ensuite il s’est vu accusé d’avoir brûlé un arbre de noël appartenant à Coca-Cola. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Voix depuis la prison Nord de Mexico : Fernando Bárcenas Castillo

Traduit par les trois passants / correction Valérie

Lettre envoyée par Le comite de Solidaridad con Mario Gonzalez, qui accompagne et suit le cas de Fernando Barcenas

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* Voir également la dernière lettre de notre compagnon Carlos Lopez : Quelque part dans un coin du monde et la dernière lettre de Fallon : de retour au quartier, ici

[Oaxaca] Voix depuis la prison : Alvaro Sebastian

Posted in Campagnes, Communiqués, Loxichas, Oaxaca on 22 avril 2015 by liberonsles

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Oaxaca : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

Prison Centrale de Oaxaca, Mexique, 10 avril 2015

Aux Compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale,
Aux Compagnons et compagnonnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

10 avril 1919 – 10 avril 2015, 96ème anniversaire de la mort du Général Émiliano Zapata au Mexique.

« Il n’est pas nécessaire de conquérir le monde. Il suffit que nous le refassions, nous, aujourd’hui. » [EZLN]

Je suis Alvaro Sebastian Ramirez, prisonnier politique et de conscience. Je suis indigène Zapotèque, originaire de la Région Loxicha dans l’État de Oaxaca au Mexique.

Je suis emprisonné depuis plus de 17 ans par l’État mexicain.

Depuis ma tranchée de lutte dans la prison centrale de Oaxaca, j’envoie un salut fraternel et combatif ainsi qu’une forte accolade de courage et de joie à chacun et chacune des compagnons et compagnonnes de la Sexta Internationale ainsi qu’aux personnes solidaires qui luttent pour la liberté des prisonniers politiques dans le monde.

Avant de continuer, je veux vous remercier et vous féliciter, toutes et tous, de tout mon cœur, parce que vous êtes sensibles à notre emprisonnement en contribuant par vos efforts, tous les ans, à la réussite de la Semaine Internationale de Solidarité avec les prisonniers politiques dans le monde (Paris, France).

J’en profite pour nommer quelques-uns de ces prisonniers : Mumia Abbu Jamal, Leonard Peltier aux États-Unis, Enrique, Carlos et d’autres révolutionnaires en Colombie, les révolutionnaires en Turquie qui résistent à l’intérieur des prisons de type F, les frères Yaquis, les frères de Tlanixco, les frères Loxicha, les 500 prisonniers politiques dans les différentes prisons du Mexique.

Ce 17 avril, cela fera un an que je suis revenu de la Prison Fédérale, le Centre Fédéral de Réadaptation Sociale N° 13. Cette prison appartient à la nouvelle génération de laboratoires d’extermination, où l’isolement et l’incommunication sont utilisés pour détruire lentement l’être humain.

Grâce à la solidarité nationale et internationale, l’État a été obligé de  trouver les mécanismes nécessaires pour justifier mon retour à la Prison Centrale de Oaxaca.

Ce retour a eu lieu exactement durant les activités de la Semaine Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques qui se tenait à Paris en France.

Donc, pour moi, la SOLIDARITÉ est un principe universel essentiel pour ceux d’en Bas et à Gauche, pour nous qui luttons pour la dignité humaine, et cela bien que nous parlions des langues différentes, que nous ayons des cultures différentes et que nos géographies soient séparées par de grandes distances.

Mais la dignité, la résistance et la rébellion se vivent dans toutes les parties du monde.

Les luttes politiques qui, partout dans le monde, exigent la liberté de tout être humain emprisonné pour avoir lutté pour les droits de l’Humanité, sont des actes qui traversent les frontières, les océans, les barrages et les murs de la prison, et arrivent à toucher nos cœurs, nous qui sommes les otages du système capitaliste, nous qui sommes emprisonnés pour avoir lutté.

Au Mexique et dans le monde, le système néolibéral capitaliste et ses serviteurs, les narco-gouvernements, souffrent (dans leur mémoire) d’une maladie chronique qui s’appelle : l’enrichissement exorbitant. Cette maladie les oblige à s’acharner et à causer des destructions massives de la nature et de l’humanité.

Leur ambition démesurée est de gagner le plus d’argent possible en un minimum de temps. Peu leur importe, pour accomplir ces objectifs, d’endommager la nature, de provoquer la mort de milliers de personnes et de laisser dans une pauvreté extrême le reste des peuples du Mexique et du monde.

Pour accomplir leur plan machiavélique, ils approuvent des réformes structurelles et des lois en leur faveur en faisant croire au peuple du Mexique qu’il s’agit d’avancées importantes pour la société.

La vérité est que leur objectif n’est pas le bien-être des Mexicains, mais l’augmentation de leurs revenus en capital, en général en détruisant de plus en plus la nature et en exterminant l’espèce humaine.

Pour avancer sans contre temps dans leurs projets et contrôler les peuples et les secteurs non-conformes de la société, ils sèment la terreur et la peur à travers leurs forces militaires, policières, para-militaires, leurs gardes blanches, leurs sicaires et leurs narcotraficants.

Ainsi des cas les plus récents :  de Ayotzinapa dans l’État du Guerrero, de Tlatlaya dans l’État de Mexico, du massacre des migrants à San Fernando dans l’État de Sonora, de la disparition de plus de 22 000 Mexicains et Mexicaines, des assassinats et de l’emprisonnement des militants sociaux.

Nous exigeons la présentation en vie des 43 étudiants normaliens disparus, et le châtiment des responsables des assassinats et des disparitions forcées qui ont eu lieu les 26 et 27 septembre 2014 à Iguala, dans l’État du Guerrero au Mexique.

À propos de Mumia Abu Jamal : Je lance un appel urgent et solidaire pour exiger un traitement digne et le respect de sa santé et de sa vie. Nous exigeons sa liberté immédiate et inconditionnelle. Nous devons tous montrer notre soutien et notre solidarité avec notre frère Mumia.

Depuis tous les coins du monde, rendons visible ce que d’en haut ils veulent rendre invisible.

Liberté, tout de suite, pour Mumia Abu Jamal !!!
Liberté, pour les prisonniers  politiques  du monde entier !!!

Pour la liberté des prisonniers dans le monde, globalisons la SOLIDARITÉ dans tous les coins du Monde !!!

Alvaro Sebastian Ramirez

Prisonnier Politique et de Conscience de la région Loxicha, État de Oaxaca, Mexique.

Traduit par les trois passants/ correction Valérie

Lettre envoyée par le Comité de Soutien  « La Voix des zapotèques xiches en prison », mois d’avril 2015.

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Le contexte: La région Loxicha – Oaxaca

Campagne internationale pour la liberté d’Alvaro Sebastian+vidéo de lancement

[Chiapas] Voix depuis la prison : Alejandro Díaz Santiz

Posted in Actions, Campagnes, Chiapas, Communiqués on 22 avril 2015 by liberonsles

CERESO5Chiapas : Voix depuis la prison, lettre envoyée pour la soirée du 11 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s des Amériques

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire du Chiapas, il a été arrêté il y a 15 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántis a été condamné à 29 ans de prison ferme. Pour lever la voix et mener une lutte anticarcérale tout en étant prisonnier, il fait partie de l’organisation de prisonniers “Les solidaires de la voix de l’Amate”, créée en 2009. Cette organisation est devenue une référence organisationnelle au sein du surpeuplé Centre de Réinsertion Sociale des Condamnés n°5, dans la zone rurale de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas.

Lettre d’Alejandro Diaz, envoyée pour cette soirée du 11 avril en solidarité et pour la liberté des prisonniers et prisonnières des Amériques et des prisonniers du monde entier :

A tous ceux et celles et qui sont réunis aujourd’hui 11 avril 2015 à Paris en France.

Votre compagnon de lutte, l’indien tzotzil Alejandro Dias Santiz, Solidaire de la Voz del Amate, adhérent à la Sexta, vous salue, toujours incarcéré dans la prison N°5 de San Cristobal de las Casas au Chiapas.

Je profite de cette occasion pour vous envoyer mon salut fraternel et embrasser bien fort chacun d’entre vous ainsi que vos précieuses familles. Que la bénédiction de dieu illumine toujours vos activités.

Je vous remercie du plus profond du cœur de m’avoir toujours soutenu et de me motiver à poursuivre le chemin de cette lutte contre les mauvaises autorités qui ont fait beaucoup de mal et continuent à en faire à l’humanité entière. Dans ce cachot il s’est passé beaucoup de choses et depuis que je suis resté seul après la libération de mes compagnons Solidaires de la Voix de L’Amate, j’étais un peu triste et en même temps, tellement content de savoir qu’ils s’occupent de mon cas.

Bien que nous soyons très loin les uns des autres nous voyons que la distance n’existe pas et qu’il n’y a pas de barrière, la douleur et les causes nous unissent toujours.

Je n’envoie que ces quelques lignes [si vous avez vu la vidéo] car il m’est difficile de m’exprimer en espagnol, mais je fais l’effort pour pouvoir me communiquer avec vous tous et toutes. Quand j’ai été arrêté dans l’État de Veracruz, je ne savais ni parler ni écrire l’espagnol. Aujourd’hui je remercie Alberto Patishtan Gomez*, qui m’a enseigné à écrire et à parler espagnol pendant que nous étions prisonniers ensemble. S’il n’avait pas été là je continuerais comme avant.

Compagnons il ne me reste qu’à vous remercier mille fois pour le soutien que vous m’avez apporté pour ces emprisonnements injustes, qui m’ont conduit à être prisonnier pendant 15 ans et 10 mois sans avoir commis le délit dont on m’accuse.

Grâce à dieu le peu que j’ai appris je suis en train de le partager avec d’autres compagnons prisonniers pour qu’eux aussi puissent se défendre et montrer à la société du monde entier ce qui se passe à l’intérieur de cette prison, dans cette tranchée, lieu de lutte.

Je continuerai d’exiger de véritables justices et libertés pour toutes et tous les prisonniers et prisonnières politiques et de conscience du monde entier.

Frères et sœurs, ne vous découragez pas, courage à tous et à toutes !
ENSEMBLE NOUS POUVONS GAGNER LES VÉRITABLES JUSTICES

FRATERNELLEMENT:

Alejandro Díaz Sántiz, 24 Mars 2015.

* Patishtan a été arrêté le 19 juin 2000 et accusé d’embuscade, de port d’armes et d’homicide qualifié d’agents de la police d’État. C’est grâce à la forte mobilisation des organisations, collectifs, individus et avocat-e-s solidaires entre autres, que son cas est sorti du placard et qu’il a été libéré le 31 octobre 2013. Pendant les 13 ans passés en prison, Patishtan a créé l’organisation de prisonnier-e-s « la Voix de l’Amate». Cette organisation de prisonniers, appartenant à la Sexta, est née en 2006 pour dénoncer le fonctionnement arbitraire du système carcéral mexicain, par la suite il a encouragé la création d’autres organisations de prisonnier-e-s. Il donnait également des cours en prison pour apprendre aux prisonnier-e-s à lire, à écrire et à parler espagnol pour qu’ils puissent lever leurs voix et faire sortir leurs paroles de la prison.

Lettre envoyée par le Le comité de soutien à Alejandro Díaz Sántiz : Grupo de Trabajo « No estamos Todxs »- Chiapas.

Traduit par Amparo/correction Myriam

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[Mexico] Une lettre pour Sotelo

Posted in Archives, Campagnes, Ville de Mexico on 19 mars 2015 by liberonsles

regalo2Une lettre pour Luis Fernando Sotelo Zambrano !

Dernièrement, une campagne de solidarité a été lancée par le Réseau contre la Répression et pour la solidarité [qui regroupe des organisations, collectifs et individus adhérents à la Sexta au Mexique]. Celui-ci appelle à poursuivre des actions solidaires pour notre compagnon. Dans ce cadre, une campagne graphique pour sa liberté a été lancée en février au niveau national. Pendant le mois de mars, le Réseau contre la Répression a lancée une campagne contre l’isolement.

Si vous voulez écrire à Luis Fernando Sotelo Zambrano, envoyer vos messages à fernandosotelolibre@riseup.net

Qui est Luis Fernando Sotelo Zambrano ?

ferzamLuis Fernando Sotelo Zambrano est étudiant et adhérent à la « Sexta », la Sixième Déclaration de la forêt lacandone lancée par les zapatistes. Il a été incarcéré à la suite d’une action à la Cité Universitaire de la ville de Mexico, dans le contexte de la Journée Globale en solidarité avec Ayotzinapa, le 5 novembre 2014.

Le 10 novembre 2014, le juge lui a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution.

Antécédents :
Lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier, plus de 150 000 personnes sont sorties dans la rue pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos”, disparus depuis le 26 septembre dernier. Diverses activités ont eu lieu parallèlement, telle une grève nationale générale et partielle à laquelle ont participé plus de 184 écoles au niveau national, des blocages de routes et des principales artères dans différentes villes, des piquets de protestation, des événements et de nombreuses actions de solidarité avec les étudiants disparus, leurs familles et le village d’Ayotzinapa.

Dans ce contexte, une dizaine des personnes ont été arrêtées par la police fédérale, deux arrestations ont été rapidement signalées, celles de Luis Fernando Sotelo Zambrano de l’école préparatoire 6, et celle de Sergio Pérez Landeros, étudiant de l’Université Nationale Autonome du Mexique. Tous les deux ont été arrêtés quand, en violation de l’autonomie universitaire, la police fédérale est rentrée à l’université pour les arrêter et les accuser de délits d’attaques à la paix publique, attaques aux voies de communication, dommages aggravés, port d’explosifs en bande.

Sergio Pérez Landeros a été libéré faute de preuves. Mais pour ce qui est de Fernando Sotelo, sous prétexte de révision médicale, il a été transféré à la prison masculine Sud.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur ».

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont même été constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. De plus, il a été transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il a ainsi été présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le chauffeur a signalé que Fernando avait participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être puisque, « dès lors qu’une autre personne arrêtée au même moment que Fernando a été libérée, la fausse déclaration du chauffeur du bus est caduque ».

Traduit par les trois passants / correction Valérie
Sources :
Cruz Negra Anarquista – Mexico
Quien es Luis Fernando Sotelo
Enlace zapatista et (RvsR)

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