Archive for the Campagnes Category

Onze ans après la répression à Texcoco et à San Salvador Atenco

Posted in Archives, Campagnes, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières on 3 mai 2017 by liberonsles

Femmes dénonçant le cas Atenco
Campagne contre la répression politique et la torture sexuelle

Nous n’oublions pas la répression des 3 et 4 mai 2006, à Texcoco et San Salvador Atenco. Elle a constitué un châtiment exemplaire, toute sa brutalité déversée sur nos corps, les fibres les plus sensibles de notre être ont été touchées et ensuite, exhibées.

L’utilisation de la torture sexuelle est un outil de contrôle social si puissant que non seulement il affecte d’une manière directe les femmes survivantes, mais il a aussi des répercussions sur la famille, les collectifs ou les organisations et, naturellement, sur la société. Depuis l’opération policière à Atenco, l’État a nié qu’il y ait eu des femmes torturées sexuellement. Face à des preuves irréfutables, il a déclaré avec insistance que ce qui était arrivé aux femmes sur le parcours vers la prison de Santiaguito, à Toluca, État du Mexico, était le fait d’actes isolés, accomplis par une paire de policiers nerveux et qui avaient agi de leur propre chef. Or, il s’agit en réalité d’une stratégie délibérée à l’encontre des femmes, qui a été employée pendant les deux jours qu’a duré la répression.

La préméditation, l’intentionnalité et l’impunité prouvent que cette atteinte au corps des femmes, mise en œuvre à des moments très précis, vise à envoyer un message brutal à l’« ennemi » en répandant le sentiment de culpabilité, la stigmatisation et la peur.

Dans notre expérience, le soutien mutuel nous a permis de mettre en évidence les buts et les principes de la torture sexuelle. Lorsque nous nous sommes retrouvées toutes ensemble dans la prison de Santiaguito, plusieurs d’entre nous ont décidé d’écrire leur témoignage. Nous avons choisi de transformer la culpabilité et la honte en responsabilité et de désigner les responsables. La divulgation de l’atteinte à nos corps, de nos visages et de nos noms nous a permis de casser le silence. Nous savions que cela ne suffirait pas, mais c’étaient nos premiers pas dans un chemin si long et si sinueux qu’il ne pouvait être parcouru que collectivement.

Après onze ans de résistance nous continuons à construire la mémoire collectivement, en cherchant une réparation, non seulement de nous-mêmes, mais aussi du tissu social, des organisations et des collectifs qui nous accompagnent. Nous réclamons justice, mais pas uniquement par la juridictionnalisation de notre cas à travers des instruments internationaux, puisque nous savons qu’il n’y a pas de justice à attendre des institutions.

Nous ne pouvons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser, en luttant pour l’autonomie et la liberté.

Aujourd’hui, comme il y a onze ans, les hommes politiques lancent leurs campagnes électorales pleines de mensonges et de faux-semblants. Aujourd’hui, nous insistons : notre lutte ne se borne pas aux formes politiques d’en haut, nous continuons notre chemin sans nous contenter du « moins pire ». L’idéal de liberté ne s’efface pas : malgré la répression, nous sommes toujours debout.

La Campagne contre la répression politique et la torture sexuelle est menée par des femmes qui ont été arrêtées lors des opérations du contrôle de population à Texcoco et à Atenco, le 3 et 4 mai 2006. Femmes qui ont survécu aux tortures à caractère sexuel et physique, telles que : les agressions, postures obligées pour un temps prolongé, et la prison. Depuis l’été 2008, ce groupe de femmes a commencé à travailler pour rendre visible les buts de la répression en abordant de manière franche et ouverte l’utilisation de la torture sexuelle comme instrument de contrôle social, utilisé couramment par la police et les militaires au Mexique.

Cliquez ici pour télécharger le flyer

Plus d’infos

[Ville de Mexico] Luis Fernando Sotelo condamné à 33 ans et 5 mois de prison. Que commence la tempête !

Posted in Campagnes, Communiqués, prisonnier-e-s de la guerre sociale., sexta, Ville de Mexico on 21 septembre 2016 by liberonsles

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Luis Fernando Sotelo condamné à 33 ans et 5 mois de prison.
Que commence la tempête !

Ce mardi 20 Septembre, après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€) pour les délit d’attaques aux voix de communication, d’attaques à la paix publique qualifiées et dommages qualifiés.

Cette sentence est le reflet de la politique de répression et de criminalisation de l’État mexicain, en commençant par celle du Chef du Gouvernement Miguel Ángel Mancera* qui prétend condamner notre compagnon sans aucune preuve en lui assignant une peine ridicule et démesurée.

Face à sa politique de terreur nous lui disons que nous n’avons pas peur, que ses sentences s’effondreront parce que nous avons la raison et l’organisation de notre côté.

Aujourd’hui nous réaffirmons et nous renforçons notre solidarité avec notre compagnon, qu’ils sachent qu’il n’est pas seul, nous marcherons et nous lutterons jusqu’à faire s’écrouler les murs de leurs prisons, nous lutterons inlassablement jusqu’à ce nous soyons tous et toutes libres !

Que notre rage ne fasse qu’une, que le vent souffle, que commence la tempête !

Campagne Luis Fernando Libre.

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* Miguel Ángel Mancera est le chef du gouvernement de la ville de Mexico.

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Luis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€).

Voir : Dernière Lettre envoyée par Fernando Sotelo depuis la prison préventive Sud de la ville de Mexico (lettre publique)

[Mexique – À dix ans] Femmes du cas Atenco : Ni oubli ni pardon ! (+ chronologie)

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 4 mai 2016 by liberonsles

INFO
Contre l’oubli

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Nous insistons : nous ne cédons pas devant les stratégies de l’État, nous continuons la lutte, nous continuons à parier sur une « autre réparation » celle qui reconstruit le tissu social, la confiance, la solidarité, celle qui évoque la mémoire et construit la vérité pour nous celles et ceux qui sommes en bas. Femmes ayant subi la torture sexuelle durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006 à Atenco.

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À 10 ans de la torture sexuelle perpétrée par des agents fédéraux et de l’État mexicain contre 27 femmes, durant les opérations policières réalisées à Texcoco et à San Salvador Atenco, entités apparentant à l’État de Mexico, d’autres cas similaires sortent à la lumière et sont dénoncés, démontrant ainsi que la violation sexuelle est une pratique courante des forces de sécurité mexicaines. En attendant que la Commission Interaméricaine de Droits de l’homme (CIDH) analyse si l’État mexicain est responsable ou non de la torture sexuelle contre 11 des 27 femmes qui ont décidé de dénoncer la torture sexuelle subie durant les opérations policières du 3 et 4 mai 2006, les organisations sociales continuent de documenter de nouvelles violations. (1) Lire la suite

[Mexico] Des nouvelles de Fernando Sotelo : interdiction de visites suite au décès d’un compagnon de cellule.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, Ville de Mexico on 19 février 2016 by liberonsles

« … À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable. »

– Luis Fernando Sotelo –

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste,a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’atteinte à la paix publique, d’attaques aux voies de communication et dégradations. Quatre entreprises privées et le gouvernement de la Ville de Mexico, demandent à Sotelo de payer une somme effrayante de 13 millions de pesos, l’équivalent de 685 700 euros de dommages et intérêts. Cela signifie que Fernando sera soumis à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico.  À présent, les avocats solidaires et la famille mènent une lutte acharnée et ardue contre le système judiciaire.

Aujourd’hui, 17 février le compañero Luis Fernando Sotelo Zambrano nous a averti que les visites lui avaient été supprimées.

Il avait récemment évoqué la situation dans laquelle se trouvait un autre prisonnier détenu avec lui dans la prison Sud et nous avait fait part de sa préoccupation et de son indignation ; il s’agissait d’un prisonnier assez âgé, qui ne se souvenait pas de nombreuses choses, et avait des pertes de mémoire passagères . Face à cette situation Luis Fernando exprimait la nécessité de transférer cet homme vers un autre endroit dans des conditions adaptées à sa survie, de plus, n’ayant pas de lit, le vieil homme devait dormir par terre, ce qui lui occasionnait de fortes douleurs dans tout le corps. Il y a quelques jours, ce monsieur est décédé. Certains prisonniers disent que le vieil homme a été transféré à la C.O.C (Centre d’Observation et de Classification) et qu’une fois là-bas, les matons l’ont mis à faire la « fajina» ce que son corps n’a pu supporté (La fajina consiste à obliger les prisonniers à faire, entre autres, des exercices physiques exténuants auxquels les prisonniers sont soumis plusieurs fois par jour, la plupart du temps à l’aube, ce pourquoi ils sont rackettés). Lire la suite

[Oaxaca] À plus de 9 mois de prison ferme, Miguel Betanzos lutte pour sa liberté et celle de sa commune Eloxochitlán de Flores Magón.

Posted in Archives, Campagnes, Communiqués, compas anarquistas, Oaxaca on 18 février 2016 by liberonsles

L’audience de Miguel est prévue pour le 22 février 2016, cependant si le Juge en charge retarde encore une fois le procès, l’audience sera reportée à plus tard et il faudra à nouveau attendre qu’un Juge fédéral puisse déterminer si le recours d’habeas corpus [Amparo] est applicable ou non.

« Je sais que cette lutte n’a pas été et ne sera pas facile, nous avons trébuché trop souvent, mais nous avons aussi appris à nous relever. Le gouvernement nous a mis face à de nombreux obstacles parce que nous sommes des gens humbles mais nous avons un grand cœur, un esprit inébranlable et une pensée commune ; je dis « nous » parce que je me sens avec vous qui luttez et résistez depuis votre tranchée : notre peuple… J’espère que cette rage, ce courage, cette nécessité que nous soyons bientôt tou-te-s réuni-e-s ne se perdra pas en simples paroles et que, dans les faits, nous continuerons d’exiger la liberté de tous nos compañeros qui sont en prison. »

– Miguel Betanzos –

miguelflomMiguel Ángel Peralta Betanzos est un jeune anarchiste membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demi de l’après-midi, Miguel Ángel Peralta Betanzos, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico. Cette arrestation s’est déroulée avec une grande violence par trois personnes en civil sans identification ni mandat d’arrêt, accompagnées de plus de 20 policiers « ministériels » de la ville de Mexico. Toutes ces irrégularités concernant l’arrestation de Miguel constituent une attaque de plus contre l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán, dans la continuité de celles qui ont été perpétrées depuis 5 ans par Manuel Zepeda Cortéz. Cet ex-président municipal siégea à la Présidence municipale après s’y être imposé de façon autoritaire piétinant ainsi le système communautaire basé sur les «  us et coutumes indigènes » dont l’Assemblée Générale est l’organe de prise de décisions.

Miguel est l’un des 12 prisonniers indigènes membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón*, communauté mazatèque de l’État d’Oaxaca, qui se trouvent enfermés dans les différentes geôles de cet état Mexicain. Plus de 23 membres, hommes et femmes de l’Assemblée d’Eloxochitlán sont sous mandats d’arrêts et ont été criminalisés pour avoir défendu « les us et coutumes communautaires » qui prévoient une autre façon de choisir ses représentants, s’opposant aux partis politiques soutenus par les caciques locaux qui essaient d’imposer à tout prix leur pouvoir afin de mieux contrôler la communauté par la peur et la prison.

Les membres de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán ont dénoncé publiquement et sans relâche les nombreuses mesures arbitraires que le gouvernement de l’État d’Oaxaca et l’ex-président municipal Manuel Zepeda Cortéz leur ont fait subir. Dans ce sens, Miguel a eu un rôle important, puisqu’il a accompagné, dénoncé et lutté contre les abus de pouvoir commis dans sa communauté. Depuis 5 ans, Zepeda et ses proches exercent le pouvoir avec autoritarisme, utilisant la torture et la répression afin de mieux contrôler le village et détourner les ressources naturelles et économiques appartenant à la commune (pillage des ressources  comme le sable, le gravier et les roches de la rivière) au bénéfice de ses entreprises personnelles et de celles de ses proches. Lire la suite

[Mexico] Journal indépendant de combat : El Canero

Posted in Archives, Campagnes, compas anarquistas, Ville de Mexico on 18 janvier 2016 by liberonsles

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Télécharger le journal N°3  ici

Le Canero n° 4 est désormais traduit en français. Plusieurs présentations du journal auront lieu à Besançon le 9 avril 2016 et à Toulouse le 21 avril et le 20 mai 2016.

Le Canero est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo, prisonnier anarchiste incarcéré dans la prison Nord de la ville de Mexico.

Fernando est un jeune de 21 ans, étudiant au lycée de Sciences Humaines de Vallejo, travailleur et musicien, accusé d’attaques à la paix publique en bande organisée suite aux manifestations et actions contre l’augmentation des tarifs des transports publics. Il a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir brûlé un arbre de noël publicitaire appartenant à la multinationale Coca Cola. Fernando a ensuite été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

En prison, Fernando a imaginé et lancé un journal alternatif appelé « journal indépendant de combat : El Canero » qui signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’une communication alternative produite par des prisonniers et prisonnières qui se trouvent derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale. Le projet cherche à élargir l’échange de communication à d’autres lieux en dehors de la ville de Mexico.

« Ce projet veut expliquer la réalité vécue dans les prisons et la mettre en rapport avec un contexte social plus large, dans lequel à différents niveaux nous sommes tous prisonniers. Le Canero contribue à diffuser la lutte anti-carcérale en tissant un lien de communication des prisonniers avec l’extérieur. Il s’agit de démontrer que la lutte se mène quel que soit le lieu et avec les moyens dont on dispose, sans attendre que toutes les conditions soient réunies (…) En prison aussi nous savons comment mener la lutte, comment résister, car la guerre sociale est une constante et se mène jour après jour, peu importe le gouvernement ou l’autorité en place ».

Le Canero : une pratique de la solidarité révolutionnaire…

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[Paris] Présentation du journal anti-carcéral méxicain: El Canero

Posted in Actions, Archives, Campagnes, compas anarquistas on 26 novembre 2015 by liberonsles

Nous vous invitons à la deuxième présentation du journal anti-carcéral « El Canero » écrit par plusieurs prisonnier-e-s au Mexique.
Avec la participation du journal anti-carcéral « L’Envolée » qui présentera son dernier numéro.

caneroflyerpublico
Le vendredi 11 décembre 2015 à 19h30
à la Librairie Publico
145, rue Amelot, 75011 Paris
Métro : République, Oberkampf ou Filles-du-Calvaire

* Projection de la vidéo : Jeunes et rebelles, présentation du journal « El Canero »
* Présentation et diffusion du journal original en espagnol et sa version française
* Lecture d’une lettre du prisonnier Fernando Barcenas Castillo, à l’initiative de la création de ce journal en prison, ainsi que d’une lettre de la Croix Noire Anarchiste de Mexico, envoyées pour l’occasion.
* Tables de presse , brochures, fanzines, affiches, écrits de prison …

Les trois passants – https://liberonsles.wordpress.com
L’Envolée – http://lenvolee.net

Flyer recto/verso

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