Archive for the Ville de Mexico Category

Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla, Mexico

Posted in Archives, Art et résistance, Des femmes face à la prison, femmes prisonnières, Ville de Mexico on 23 septembre 2017 by liberonsles

Fanzine – Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla

Nous vous présentons ici un fanzine intitulé « Écrits de prison : Depuis la prison de femmes de Santa Martha Acatitla. »

Natacha, Maye, Nancy font partie des 1500 femmes prisonnières qui vivent jour après jour dans la prison de femmes de la ville de Mexico. Avec d’autres prisonnières, elles ont participé par leurs écrits, poèmes et réflexions au fanzine collectif intitulé « LEELATU », qui rend compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de l’attente, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance, du fonctionnement de la hiérarchie carcérale et des classifications du travail en prison, entre autres thématiques liées à l’enfermement.

Nous avons traduit en français quelques réflexions, écrits et poèmes en essayant de faire voyager leur parole et de commencer ainsi à tisser un lien de solidarité avec elles.

Les dessins et les fresques recueillis dans ce fanzine ont également été élaborés par les prisonnières de Santa Martha Acatitla.

… « Tresser des idées, des projets, des rêves, pour réaliser des objectifs reliés à notre vie, parvenir à défaire les nœuds emmêlés que nous n’avons pas réussi à dénouer. Et avec le temps, l’attente, la patience nous éviterons les blessures en chemin, en regardant le monde avec des sourires pour réaliser les fanzines qui accompagnent notre pensée »(…)« Tresser signifie s’emmêler, se rassembler, se mélanger, mais cela signifie aussi se séparer à certains moments (pour faire une tresse, il faut séparer les cheveux) et vivre avec des nœuds qui ne peuvent pas toujours se dénouer aussi facilement que l’on aimerait, il s’agit de tisser différents chemins (les mèches de cheveux) pour les croiser alternativement et former ainsi un seul corps allongé » …

fanzinezantamarwebCliquez sur l’image pour télécharger le fanzine

Quelque part dans la ville de Mexico, la ville monstre.

___________________

Écrit de Natacha Lopvet Mrikhi, une semaine après sa sortie de prison.

Voici un texte de Natacha Lopvet Mrikhi, écrit une semaine après sa sortie du Centre Féminin de Réadaptation Sociale de Santa Martha Acatitla, Ville de Mexico. Lorsque Natacha était en prison, elle a écrit le texte « Les odeurs » [en prison]. Ce nouveau texte fait référence aux odeurs du…Dehors.

Natacha Lopvet, française, a passé 10 ans dans la prison pour femmes de Santa Martha Acatitla. Elle s’est jointe à la troupe de théâtre Sabandija encouragée et lancée par sa compagne. En prison, elle faisait également partie d’un collectif d’artistes qui a pour objectif d’aider d’autres femmes à s’exprimer à travers les arts. Elle s’est engagée à partager avec les autres détenues la joie de la création artistique, et, pour ce faire, elle participait à plusieurs ateliers de lecture, écriture, peinture, théâtre ainsi qu’à de nombreuses manifestations culturelles. Natacha a également élaboré plusieurs fanzines qui rendent compte de la vie et de la survie en prison, du temps, de ce que c’est qu’être une femme en prison, du travail, de l’enfermement, de la résistance à travers l’art. Après 10 ans de prison, Natacha continue de créer des projets artistiques divers à l’extérieur.

ODEURS DU … DEHORS

L’odeur des churros là juste au coin de la rue
Excitant l’odorat, l’appétit et les souvenirs
Odeur de goyave, de mangue, de papaye, de noix de coco et de fraise
Mélangée aux odeurs de viande grillée, de sauces et de tortillas
Odeur de liberté, d’expansion et de vitesse
Odeur d’abondance et de fraîcheur ;
Odeurs de parfums, de crèmes, de savons et d’essence
Odeurs variées, nombreuses, savoureuses et plus encore
Odeur de pluie, de terre mouillée, de pin, de village,
De tissus, de fils, de sofas, de maisons
Odeurs de famille, d’amis, de rencontres, d’unité
Odeur de torréfaction, qui t’arrête et te fait revenir en arrière
Odeur de spontanéité, d’immensité, d’infini,
Odeurs du connu, de l’inconnu,
Odeurs de tentation, de provocation et d’extase,
Odeur d’avant-goût mélangée à la vue,
Au déjà vu, au vécu,
Les yeux agités, transformés en zoom
essayant de fixer une image
qui tout à coup n’a plus ni bords, ni rivages
S’approcher goulûment et reculer immédiatement
Prise par les sens prisonniers de la mémoire,
Exacerbés par la nouveauté du présent
Dans une explosion de bruits
Paralysants ou stimulants.
Où le temps perd du terrain,
Où l’espace et son volume
Embrument l’esprit, réveillent à nouveau
le mécanisme du désir et la stimulation de l’appétit
Écrasé si méticuleusement pour cultiver
La liberté ou le sentiment de liberté à l’intérieur
Du microcosme carcéral pendant dix ans.
C’est un peu comme aller à la fête foraine sans pouvoir monter dans les manèges
Sans manger de barbe à papa. Juste contempler, avec ivresse,
Laissant les sens vagabonder, voyager.

– Natacha Lopvet Mrikhi –

Les odeurs [à l’intérieur de prison]

Lire la suite

Publicités

[Mexico] Lettre du compagnon Fernando Bárcenas, 02/08/2017

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 7 août 2017 by liberonsles

« Ce qui fait la force d’un·e prisonnier·e en guerre, c’est la conscience qu’il/elle a de se savoir faire partie de la révolte ».

Chers compagnons :

Même avec les derniers événements éprouvants, et l’inquiétude et le désespoir, je suis aujourd’hui content d’entendre les cris de guerre qui résonnent contre les murs de pierre.

Un·e prisonnier·e en guerre ne peut être consideré·e comme un étendard et, pour cette raison, en dépit de la force de ma volonté individuelle, je dois accepter que j’ai besoin de vous pour sortir de cette routine asphyxiante.

Ce qui fait la force d’un·e prisonnier·e qui demeure en état de guerre à l’intérieur de la prison provient principalement du fait de se sentir faire partie d’une extension permanente de la révolte, et je dois admettre que, toutes ces années, je n’ai rien ressenti de plus que de l’apathie, produit peut-être de la fatigue et de l’impuissance de savoir que nous sommes moins nombreux·ses celles et ceux qui, en réalité, cherchent quelque chose de meilleur.

Il n’y a pas de mal à avoir peur, mais il faut admettre qu’il n’existe presque pas de communication. Nous ne devons pas nous désolidariser, il est triste de se souvenir d’une compagnonne seulement au moment où elle est en danger, ou quand la situation se complique.

Ceci est un bref message qui a pour seule intention d’inciter à la réflexion sur ce que nous considérons comme « accompagnement » ou « lutter contre la prison ».

Même avec tout cela, il faut continuer, toujours, à être fort·e·s dans le combat pour récupérer nos vies et amplifier toutes les contradictions qui nous font coïncider dans cette guerre ouvertement déclarée à la société et aux personnes qui ne correspondent pas à la forme de vie qu’ils essayent de nous imposer.

J’en profite aussi pour vous informer que la date de l’audience sera le prochain 10 août à 10h du matin dans la première salle pénale. Je vous remercie pour vos marques de solidarité et fais un appel à continuer de faire pression sur cette instance, car il est important de ne pas laisser de coté les alternatives pour sortir de ce lieu.

Avec beaucoup d’amour et de force
Votre compagnon
Fernando Bárcenas.

 

Communiqué reçu par la CNA Mexico le 02/08/2017 

Traduction Juliette et Amparo

____________

Chronologie – Correspondance (lettres + infos) juin-août 2017 :

♦ Le compagnon Fernando Bárcenas sort du quartier d’isolement.(25 juillet 2017)

Depuis la prison nord, lettre de Fernando Bárcenas (20 juillet 2017)

Mise à jour de la situation de Fernando Bárcenas par la Croix Noire Anarchiste Mexico (19 juillet 2017)

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos (16 juillet 2017)

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

♦ Plus d’infos sur Fer Barcenas

[Mexico – prison Nord – ReNo] Le compagnon Fernando Bárcenas sort du quartier d’isolement.

Posted in anti-carcéral, Archives, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 29 juillet 2017 by liberonsles

Note : Selon les dernières informations données par la Croix Noire Anarchiste de Mexico, le mercredi 26 juillet 2017, le compagnon Fer a été transféré à la zone dite de « population générale » et ce grâce à la pression et à la mobilisation exercées par des personnes et des collectivités solidaires.

Lettre de Fernando Bárcenas,  25 juillet 2017 :

Chers-es ami-e-s

Je vous écris pour vous informer un peu sur ma situation actuelle. Après avoir été transféré dans le quartier de haute sécurité, où je suis à présent dans l’attente d’une décision du conseil technique interdisciplinaire concernant mon affectation. Auparavant, ils m’avaient placé dans ce quartier au prétexte d’assurer ma sécurité, en réalité il s’agissait d’assurer celle de l’institution.

Je remercie les gestes de solidarité des compagnon-nes qui se sont bougé-es pour mettre fin à cette ségrégation qui m’a été imposée en raison de mon refus à soumettre mes rêves de liberté et de continuer les projets qui jusqu’ici tiennent debout, tels que la bibliothèque alternative que des compagnons continuent à construire dans la salle polyvalente de la population générale, ainsi que le journal anti-carcéral de combat « El Canero » qui a été découvert par les matons lors d’une fouille de mes affaires ; il faut mentionner qu’après avoir été conduit au quartier de haute sécurité (QHS), ils m’ont prévenu qu’ils pourraient bien me tuer en raison de ce que je disais et que je devais cesser l’édition du journal, qui bien sûr, n’a pas vraiment plu au personnel de sécurité. Il est aussi important de signaler que pour réduire ma peine en prison, la demande de remise de peine que j’ai déposée [beneficio de libertad anticipada] à laquelle je peux prétendre, est toujours en cours. Ceci pourrait me permettre d’accomplir la fin de ma peine en « liberté » conditionnelle (dehors). A ce propos, je tiens à rappeler que je ne reconnais pas les outils légaux de l’État. Cependant, ma situation est devenue dangereuse en prison et mon intégrité est menacée, c’est pour cela que je cherche une voie pour retrouver la tranquillité.

C’est pourquoi je lance un appel à tous et toutes les compagnon-nes d’affinité et solidaires pour faire pression afin que cette solution soit celle recherchée car elle est de la plus haute importance pour ma sécurité.

Je voudrais aussi lancer un appel à ne pas laisser certaines choses de côté, à ne pas agir seulement quand quelque chose de grave se passe, nous ne devons pas baisser la garde, nous devons toujours rester vigilants puisque dans la prison le temps court différemment . La vie d’un-e prisonnier-e ne se compte pas en années, mais en heures, minutes, secondes …

Ceci est un cri ouvert à la réflexion sur la solidarité révolutionnaire qui manque beaucoup de nos jours.

La continuité de cette guerre déclarée contre tou.te.s et chacun.e d’entre nous doit passer par le fait d’assumer que la prison est partout. Nous devons prendre le risque de vivre et de sentir ou bien de perdre en se contentant du déroulement quotidien des jours sans vie, sans liberté et sans sens. C’est pour cela que nous sommes toujours en guerre, jusqu’à ce que tous et toutes soyons libres.

25 juillet 2017
Fernando Bárcenas.

Traduction Les trois passants / Correction Amparo

_____________________________________________________

Chronologie – Correspondance (lettres + infos) juin-juillet 2017 :

Depuis la prison nord, lettre de Fernando Bárcenas (20 juillet 2017)

Mise à jour de la situation de Fernando Bárcenas par la Croix Noire Anarchiste Mexico (19 juillet 2017)

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos (16 juillet 2017)

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

♦ Plus d’infos sur Fer Barcenas

[Mexico] Le compagnon Abraham Cortés est sorti de prison, enfin dans la rue !

Posted in anti-carcéral, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 26 juillet 2017 by liberonsles

Ce mardi 25 juillet 2017 le compagnon Abraham Cortés Ávila a été relâché après presque 4 ans derrière les barreaux!

« La prison est un instrument de destruction, elle ne te réhabilite pas, elle fait mal, elle détruit… et comme ils disent ici : elle fait de toi un enfoiré » 

-Abraham Cortés Ávila- (depuis le ReNo)

___

Abraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il était le dernier à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham était accusé de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour atteinte à l’ordre public en réunion . Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à un recours en appel (Amparo) qu’il avait déposé, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour atteinte à l’ordre public en réunion, l’accusation de tentative d’homicide ayant été rejetée. Le compagnon a été relâché suite à une remise de peine (libertad anticipada). Abraham se trouvait dans la Prison Nord de la Ville de Mexico, les derniers mois, dans l’attente de sa sortie de prison, il avait été transféré à la prison de Medio Camino, ville de Mexico (Anexo de preliberaciones).

portabrahamAbraham avait pris part à la grève de la faim collective qui a eu lieu du 1er octobre au 17 octobre 2014 avec les compagnons anarchistes Jorge Mario González García (à l’époque, enfermé à la prison – hôpital de Tepepan) Carlos López (qui se trouvait derrière les barreaux de la prison d’Oriente) et Fernando Bárcenas Castillo (actuellement à la prison Nord) Ensemble ils avaient déclaré, le 1er octobre 2014** : « Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous, anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim. Et cela à partir d’aujourd’hui, 1er octobre, un an après les arrestations du 2 octobre 2013 (…) Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale » … »

Voilà, le  compa Abraham dans la rue, de nuevo en la calle compa !
ça donne la pêche pour continuer, pour ne rien lâcher !!
À bas les murs des prisons !
La lutte durera jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !

– Les trois passants –

__________________________________________________

A lire également: Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim.

** Grève de la faim des prisonniers anarchistes ici et

 

Voici sa dernière lettre: 

« L’ÉTAT M’APPELLE CRIMINEL » TEXTE DE ABRAHAM CORTÉS

abrahamdibujo

Prison Nord de la ville de Mexico, novembre 2016

Bonjour compagnon-ne-s,

Je vous salue par un fort cri de rage, de solidarité et d’anarchie car cela fait un peu plus de 94 608 000 000 secondes que je suis séquestré par ce sale fuck’in système et après 23 jours de solidarité avec les compagnon-ne-s et pour toutes les histoires qui ont lieu tous les jours dans ce monde, je crois qu’il n’est pas nécessaire d’expliquer le pourquoi de cette grève de la faim qui est devenue maintenant un jeûne. Parce que nous y vivons quotidiennement où que l’on soit, ici ou là-bas, ce que nous appelons la rue. Partout nous sommes surveillés et on nous oblige à être serviles, mais cette même soumission est ce qui donne du pouvoir au pouvoir et la lutte à la lutte.

Qui suis-je ?

Mes parents m’appellent Abraham, l’État m’appelle criminel et les potes ça leur est égal, moi-même je m’appelle SERCKO mais en plus de cela, je suis seulement un être vivant et pensant, cimarron, comme un loup solitaire, sans maître ni dieux.

Compagnon-ne-s, je voudrais partager avec vous un peu de moi. Lorsque je remonte vers le plus ancien de mes souvenirs, je me rapelle qu’il y a toujours eu de la rancoeur, de la haine, de la tristesse, de la discrimination, de la dépression, de l’oubli, de l’oppression entre autres, observant et sentant tout, une vie accélérée de tous les côtés, et comme on dit en prison, je suis un « pagador » [quelqu’un qui doit payer]. Lire la suite

Mexico : Nouvelles informations de la situation du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, El Canero, Ville de Mexico on 22 juillet 2017 by liberonsles

Nouvelles informations de la situation du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas

Depuis la prison nord, 20 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

Dans une lettre datée du 16 juillet, le compagnon Fernando Bárcenas a rendu publique la situation dans laquelle il se trouve. Une situation de conflits permanents et d’agressions, la dernière en date étant celle qui a eu lieu le 13 juillet lors d’une provocation de la part d’un détenu. Ce qui a entraîné son placement en régime « portes fermée » (enfermement total jour et nuit dans la cellule) dans le quartier disciplinaire, quartier où il a été transféré depuis déjà 9 mois.

Lettre de Fernando, 20 juillet 2017 :

Après avoir été enfermé dans une cellule de la zone 7 C.O.C (Centre d’observation et de Classification), je me suis rendu, ce mercredi 19 juillet 2017, à l’audience du Conseil technique interdisciplinaire, qui a décidé que je ne pouvais pas rejoindre la zone de population générale en raison du conflit qui a eu lieu la semaine dernière, j’ai alors été conduit dans le quartier du Module de Sécurité Maximale (M.M.S.), actuellement je me trouve isolé dans la zone du Panal* par mesure de sécurité.

Dans le même temps, mes affaires ont été contrôlées lors de l’accès au M.M.S. les matons, en fouillant mes affaires, ont trouvé les feuilles avec mes écrits et des lettres personnelles où se trouvait l’esquisse générale du journal « El Canero », qu’ils m’ont confisqué et à partir de là ils ont adopté une attitude violente, en violant mes correspondances personnelles pour conclure par une menace à mon encontre : « Tu peux te faire tuer pour ce que tu dis » et «t’arrête avec ton journal», en me faisant savoir que pour écrire et exprimer mes idées je portais atteinte à la sécurité de l’institution, et que c’était pour cette raison que je devais rester à l’isolement.

Il faut souligner qu’en raison du conflit précédent, je ne peux pas partager de cellule, puisqu’il s’agit soit disant de protéger mon intégrité et ma vie. Malgré cela, après mon transfert au Panal, ils m’ont placé dans une cellule avec 8 personnes qui me sont inconnues et qui ne m’inspirent aucune confiance.

Pour tous ces motifs, je rends responsable le Conseil Technique de ce qui peut m’arriver, puisqu’il s’agit encore une fois d’un prétexte supplémentaire pour continuer à me maintenir dans des conditions d’enfermement et de châtiment.

– Fernando Bárcenas –

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

_________________

Notes :

« El Canero », signifie « celui qui est en taule ». Il s’agit d’un média libre produit par des prisonniers et prisonnières, derrière les barreaux de plusieurs geôles de la capitale mexicaine.

* « Le Panal » – Quartier de Haute sécurité. L’Equivalent aux anciens QHS en France.

Le compagnon Fernando exige d’être re-transféré  à l’annexe 3 de population où il était auparavant.

Fernando  Bárcenas Castillo se trouve actuellement dans la zone du Module de Sécurité Maximale (M.M.S.) Reclusorio Preventivo Varonil Norte : Calle Jaime Nuno no. 155, Colonia Guadalupe Chalma, Cuautepec Barrio Bajo, C.P. 07210, Gustavo A. Madero, Ciudad de México.

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

__________

Lettre du 16 juillet 2017, depuis le Reclusorio Norte ( Prison Nord de la ville de Mexico)

Depuis la prison nord, 16 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

Avant tout, je veux préciser que ma situation s’est aggravée ces derniers mois, depuis que j’ai été transféré à la zone 7 dite C.O.C. (centre d’observation et de classification) ce qui constitue une forme de châtiment et de répression contre les actions de protestation et d’organisation qui étaient en construction à l’intérieur de cette prison avec d’autres compagnons prisonniers.

Depuis le 28 septembre 2016, je me suis retrouvé enfoui dans une dynamique de vie asphyxiante, dans cette zone de châtiment, raison pour laquelle voilà déjà 9 mois que je suis à l’isolement pour des mesures de sécurité institutionnelle. Les conflits ont augmenté en raison de mes idées et de ma façon d’être et d’agir, ce que j’identifie comme une forme de violence de l’institution envers moi, puisque, ne pouvant m’agresser directement en se servant de leur personnel pénitentiaire, ils utilisent les prisonniers pour le faire à leur place, ils les utilisent pour m’intimider et m’agresser, -tactique très courante en prison- tout ceci a déjà provoqué plusieurs affrontements dans cette zone où je suis. Je rends responsable l’institution (carcérale) et le personnel responsable de son administration de tout ce qui pourrait attenter à mon intégrité physique autant que psychologique en tant que responsables de mon maintien dans cette situation.

– Fernando Bárcenas –

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

NOTE :

Depuis vendredi 14 juillet, Fernando Bárcenas a été placé à l’isolement total dans sa cellule par ordre de l’institution. Dans le même temps, le harcèlement et la violence exercés contre lui de la part de quelques internes à la solde de l’administration pénitentiaire n’a cessé d’augmenter.

La mère de Fernando Bárcenas Castillo a fait parvenir le 17 juillet l’information suivante :

« Jusqu’à aujourd’hui, les autorités pénitentiaires maintiennent Fernando dans la même zone, auprès de son agresseur malgré les demandes de changement sollicitées à plusieurs reprises. Il présente toujours des traces de coups et de morsure à la main sans avoir encore reçu une attention médicale et se trouve à l’isolement total sur ordre de l’institution, ce qui représente un risque pour son intégrité physique. »

Un appel a été lancé aux actions de solidarité diverses !

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

______________

Chronologie – Correspondance :

Mise à jour de la situation du compagnon Fernando Bárcenas- Croix Noire Anarchiste de Mexico- 19 juillet 2017

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)

____

Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

 Plus d’info sur Fer Barcenas

[Mexico] Mise à jour de la situation du compagnon Fernando Bárcenas

Posted in anti-carcéral, Communiqués, compas anarquistas, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 19 juillet 2017 by liberonsles

Mise à jour de la situation du compagnon Fernando Bárcenas
Croix Noire Anarchiste de Mexico
19 juillet 2017

Dans une lettre datée du 16 juillet, le compagnon Fernando Bárcenas a rendue publique la situation dans laquelle il se trouve. Une situation de conflits permanents et d’agressions, la dernière en date étant celle qui a eu lieu le 13 juillet lors d’une provocation de la part d’un détenu. Ce qui a entraîné son placement en régime « portes fermée » (enfermement total jour et nuit dans la cellule) dans le quartier disciplinaire, quartier où il a été transféré depuis déjà 9 mois.

Fernando a demandé à retourner dans le quartier d’enfermement où il se trouvait auparavant et duquel on l’avait déplacé lors de sa dernière grève de la faim. À ce jour, il n’y a eu aucune réponse de la part de l’administration, et la situation de Fernando est toujours aussi conflictuelle puisque le détenu qui l’a agressé s’y trouve toujours, lui aussi.

Il est fréquent que de tels affrontements se produisent entre détenus, encouragés par l’institution elle-même qui cherche à maintenir un climat hostile et de compétition entre les détenus. Ceux-ci se voient alors poussés à ce type de comportement pour éviter d’être aspirés par la dynamique carcérale, dans la mesure où, lorsqu’ils n’ont pas de visites extérieures qui leur apportent tout ce qui concerne l’alimentation, les vêtements, des couvertures en bon état, ils les volent à d’autres détenus.

Malgré leurs actions de soi-disant réinsertion sociale, c’est ce qu’autorise et encourage l’administration pénitentiaire ; le fait que les détenus se détruisent entre-eux ne l’intéresse pas le moins du monde.

Il y en a d’autres qui préfèrent se convertir en valets de l’institution, pour obtenir de sa part d’hypothétiques bénéfices et privilèges, sans même se rendre compte qu’ils deviennent alors leurs propres matons et ceux de leurs compagnons.

Une mention particulière doit être faite pour les groupes de la mafia qui opèrent à l’intérieur de la prison et qui exercent un contrôle draconien pour éviter que rien ne vienne perturber la tranquillité à l’intérieur de la prison, car tous les scandales et protestations sont mauvais pour leur commerce.

En réaction à cela, Fernando et d’autres compagnons ont entamé un processus de construction de communauté, de développement d’autres liens et relations qui consiste à voir dans l’autre détenu, plutôt qu’un obstacle et un élément de compétition, un compagnon avec lequel on peut partager son sort, ses besoins et qu’ensemble en coopérant, il est possible de trouver des solutions sans recourir à l’autorité.

Nous appelons à rester vigilant-es à la situation de Fernando. Nous exigeons que le Pénitencier Nord transfère immédiatement Fernando au quartier de détention de régime dit « normal ».

S’ils touchent à l’un d’entre nous, c’est nous tous qu’ils touchent !

Liberté pour tous !

Croix Noire Anarchiste de Mexico

– Cruz Negra Anarquista México –

Source (esp)

Traduction / Amparo, les trois passants / corrections, Ju

_______________

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos – 16 juillet 2017

Depuis la prison nord : Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas + infos

Posted in anti-carcéral, Archives, Collectif CIMARRON, compas anarquistas, El Canero, prisonnier-e-s de la guerre sociale., Ville de Mexico on 18 juillet 2017 by liberonsles

Depuis la prison nord, 16 juillet 2017
Ville de Mexico
Lettre de Fernando Bárcenas
en annexe sa lettre manuscrite
Lettre publique

16 juillet 2017, depuis le Reclusorio Norte ( Prison Nord de la ville de Mexico)

Avant tout, je veux préciser que ma situation s’est aggravée ces derniers mois, depuis que j’ai été transféré à la zone 7 dite C.O.C. (centre d’observation et de classification) ce qui constitue une forme de châtiment et de répression contre les actions de protestation et d’organisation qui étaient en construction à l’intérieur de cette prison avec d’autres compagnons prisonniers.

Depuis le 28 septembre 2016, je me suis retrouvé enfoui dans une dynamique de vie asphyxiante, dans cette zone de châtiment, raison pour laquelle voilà déjà 9 mois que je suis à l’isolement pour des mesures de sécurité institutionnelle. Les conflits ont augmenté en raison de mes idées et de ma façon d’être et d’agir, ce que j’identifie comme une forme de violence de l’institution envers moi, puisque, ne pouvant m’agresser directement en se servant de leur personnel pénitentiaire, ils utilisent les prisonniers pour le faire à leur place, ils les utilisent pour m’intimider et m’agresser, -tactique très courante en prison- tout ceci a déjà provoqué plusieurs affrontements dans cette zone où je suis. Je rends responsable l’institution (carcérale) et le personnel responsable de son administration de tout ce qui pourrait attenter à mon intégrité physique autant que psychologique en tant que responsables de mon maintien dans cette situation.

– Fernando Bárcenas –

Lettre manuscrite (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Dernières infos :

Depuis vendredi 14 juillet, Fernando Bárcenas a été placé à l’isolement total dans sa cellule par ordre de l’institution. Dans le même temps, le harcèlement et la violence exercés contre lui de la part de quelques internes à la solde de l’administration pénitentiaire n’a cessé d’augmenter.

La mère de Fernando Bárcenas Castillo a fait parvenir le 17 juillet l’information suivante :

« Jusqu’à aujourd’hui, les autorités pénitentiaires maintiennent Fernando dans la même zone, auprès de son agresseur malgré les demandes de changement sollicitées à plusieurs reprises. Il présente toujours des traces de coups et de morsure à la main sans avoir encore reçu une attention médicale et se trouve à l’isolement total sur ordre de l’institution, ce qui représente un risque pour son intégrité physique. »

Un appel a été lancé aux actions de solidarité diverses !

 

Traduction Les trois passants / correction Amparo

______________

Fernando  Bárcenas Castillo se trouve actuellement dans la zone 7 du CDUDT – Centre de diagnostic, classification et détermination de traitement (Centro de Diagnóstico, Ubicación y Determinación de Tratamiento). Reclusorio Preventivo Varonil Norte : Calle Jaime Nuno no. 155, Colonia Guadalupe Chalma, Cuautepec Barrio Bajo, C.P. 07210, Gustavo A. Madero, Ciudad de México.

______________

Fernando Bárcenas Castillo est un jeune anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

Fanzines + d’infos [Cliquez sur l’image pour télécharger les fanzines]

 

 

 

 

 

 

Plus d’infos – Fer Barcenas

Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas : Situation actuelle (4 juin 2017)