Prisonniers CIMARRON

NOTE: La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir».

Fernando Barcenas Castillo a élaboré plusieurs projets à l’intérieur de la prison Nord de la Ville de Mexico où il est incarcéré depuis le 13 décembre 2013. Il a créé des ateliers d’écriture, de réflexion, de musique; avec d’autres prisonniers et prisonnières écrit et diffuse le journal anticarcéral Indépendant et de combat « El Canero »; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

[Mexico] Chroniques Carcérales des prisonniers du collectif Cimarron

cuervos

Depuis la prison Nord de la Ville de Mexico [ReNo]
Extrait du livret [ fanzine ] Anthologie des chroniques carcérales, Mexico 2016.

Le collectif CIMARRON est formé par plusieurs prisonniers en résistance de la ville de Mexico :

Fernando Barcenas Castillo
Gerardo Ramirez Valenzuela
Luis Lazaro Urgell
Sinue Rafful
Hans Razo Alvarez
Compa Gato Punk
Compa Josh

Les textes de cette anthologie sont le produit de plusieurs séances informelles qui se sont tenues à l’intérieur de la prison Nord, durant lesquelles nous avons partagé des éléments d’écriture de ces chroniques. A chaque étape du processus de sélection, révision, édition et impression plusieurs mains anonymes sont intervenues et sont devenues les complices de cet effort.

Il n’y a pas d’ordre précis ou de thématique particulière des textes, d’ailleurs la plupart n’ont pas de titre; la seule chose que nous avons indiqué est la date où ils ont été écrits et l’auteur. Ce ne sont que de simples paroles/sensations directes des auteurs qui leur permettent de voler libres, et tentent d’échapper aux murs derrière lesquels ont entend les maintenir captifs.

En espérant que cette publication permette qu’il en soit ainsi, même pour un instant.

Quelques solidaires

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fanzincimarron

Présentation du collectif de prisonnier-e-s

« CIMARRON »

Caché dans ce qui aujourd’hui est un semblant de campement (une loge), je me connecte à ce dialogue intime par lequel j’approfondis mon essence et c’est précisément ce moyen par lequel je peux dénuder mon âme et l’offrir, au moins tant que je me trouve dans cet endroit… C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne peux être prisonnier de mes émotions si je veux pouvoir survivre… je reste vivant et en alerte, parce qu’il suffit d’une étincelle pour que la vie s’achève lorsque tu vis entassé, supportant une routine incessante de jours, semaines, mois, années et pour certains plus malheureux que moi : de décennies… Le conflit est inévitable. Il est évident que nous tous reclus ici, nous sommes une bombe à retardement…Tu ne peux jamais savoir quand explosera une de ces bombes et d’une certaine façon cette sensation d’agressivité ne me déplaît pas ; ce qui me déplaît c’est la résignation de la grande majorité ; parce que cela signifie renoncer à attaquer les puissants et si nous renonçons à les attaquer alors nous nous attaquerons entre nous…

C’est ce qui me bouleverse parce que dans certaines situations nous devons aussi maltraiter des enfants du peuple…je suis conscient que chaque fois que je sors de cette cellule, c’est l’instinct sauvage qui me guide pour me conduire comme n’importe quelle bête sauvage le ferait ; avec son intelligence, son instinct et sa force physique… C’est ainsi que peu à peu je me gagne la sympathie des autres animaux, non pas pour mon argent ni mes relations ou mes influences, mais ma détermination à ne permettre que personne ne s’approprie mon existence, et de vivre toujours en marge des rapports de pouvoir… Dans un endroit comme celui-ci, quelqu’un de marginal comme moi n’a d’autre moyen que ses bras et son cerveau soutenus par son courage et la rage de l’instinct de préservation pour faire respecter ses opinions, ses idées…La vérité c’est que j’ai toujours des envies que tout explose, que j’imagine les maton-e-s , les honnêtes citoyens et leurs institutions de représentation brûlant dans les flammes… Si j’ai appris quelque chose tout au long de ce projet d’insurrection de mes idées c’est de valoriser cette sensation qui consiste à garder le contrôle sur ma vie ; une sensation que j’expérimente très souvent lorsque je me confronte au maton, lorsque je décide de ne pas être victime du système et que je retrouve ma dignité en rendant le coup de poing dans la gueule, à l’estomac, parce que cela constitue en soi un acte de guerre qui rappelle celui des animaux en cage, du compagnon bastonné, du prisonnier réduit à moins que rien, des pauvres et de tous les marginalisés du monde qui ont posé le pied dans les entrailles de la prison, tous ces être formidables qui résistent quotidiennement aux ravages de la guerre contre l’humanité et la nature, menée par l’économie globale dans les états du monde et qui de par leur politique ont condamné à mort la planète sur laquelle nous vivons.

C’est dans ce contexte que l’individualisme d’un rebelle solitaire se transforme en organisation ; car souvent il suffit juste d’impulser une légère expression de désobéissance pour contaminer les autres êtres qui se savent eux aussi humiliés, piétinés, c’est ainsi que petit à petit des actes spontanés de résistance quotidienne se reproduisent (le refus des contrôles, les agressions contre les gardiens, les insubordinations collectives, les grèves de la faim etc.) et bien que nombre d’entre elles ont été étouffées sur le champ et que nombre de ceux qui ont participé en tant que coordination informelle des prisonniers en résistance (CIPRE) ont choisi de négocier et d’obtenir certaines commodités, on ne peut ignorer que ces faits n’existaient pratiquement plus dans les prisons au moins dans la dernière décennie, surtout depuis la prolifération de ceux qu’ici nous appelons « les mules » ou « prisonniers au service des autorités ». Cependant, depuis ces actions qui ont agité l’intérieur de la prison pendant quelques mois, un petit groupe de personnes s’est formé, qu’ils ont décidé eux-mêmes d’appeler « cimarrón », cimarrón pouvant être tout animal domestiqué qui échappe à ses maîtres et redevient sauvage. Ce collectif a entamé un vaste travail de re-signification et de ré-appropriation de la vie à partir de la résistance culturelle, ignorant les espaces institutionnels pour mettre concrètement en place des ateliers, des discussions, une bibliothèque alternative pour construire de la sorte une vie communautaire en marge du temps et des restrictions de la prison. En effet, la majorité de ceux d’entre nous considérés comme des « criminels » nous avons démontré que nous sommes capables d’assurer la subsistance avec intelligence, instinct et force physique en les combinant parfaitement entre eux, c’est ce qui fait de nous un ennemi en puissance à écarter par ceux qui nous dominent. C’est d’ailleurs pour ce motif qu’ils nous enferment dans des cages et qu’ils nous combattent de façon si brutale…

Nombreux sont les « criminels » qui ne sont pas conscients de cela, mais d’autres comme nous l’ont perçu et sont prêts à livrer bataille contre le monstre carcéral et contre tout forme de domination…

Jusqu’à ce que nous soyons tous libres !
– Fernando Barcenas –

Traduction Amparo et les trois passants / correction Myriam

Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

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LA C.I.P.RE c’est quoi ?

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ». [CIPRE]

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Écrits de prison, Chronologie d’une révolte anti-carcérale

 

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[Ville de Mexico] Écrits de prison
Chronologie d’une révolte anti-carcérale
Juin – Septembre, 2015

La Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la «délinquance» par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle.

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre condition d’esclaves de la société. Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés et limités par l’ostracisme pratiqué à notre encontre ; l’état constant de non défense dans lequel nous nous retrouvons tous en raison de l’existence de ces structures vaines, inutiles, que sont les prisons…

Nous disons : ça suffit !

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE)

Cliquez ici pour accéder à la brochure

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LA C.I.P.RE c’est quoi ?
Voix depuis la prison: Fernando Bárcenas Castillo
Présentation du Fanzine du compagnon anarchiste Fernando Barcenas

Chronique de la Grève de la Faim Collective

Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance ( C.I.P.RE ) du 27/06/2015 au 18/08/15

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Je [Fernando Barcenas] souhaite manifester ma satisfaction devant les résultats de cette grève de la faim collective que nous avons réalisée à travers la proposition organisationnelle informelle de la C.I.P.RE. (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance).

Le but principal a été atteint, puisque nous avons montré tant à nos bourreaux qu’aux compagnon-nes « compas » de même affinité que nous, que nous, les prisonnier-es, même dans des conditions brutales d’internement, nous gardons l’initiative de nous organiser, de nous solidariser et de nous lancer dans la lutte pour rejeter et ignorer ceux qui nous torturent quotidiennement et essaient de nous humilier pour nous contrôler et pour nous domestiquer.

Je dois dire aussi que, avant tout, la dimension collective a été le fruit du travail préalable d’organisation avec la bande recluse (des ateliers de lecture, des cercles d’étude autogérés par les prisonnier-es, et aussi un travail ardu de diffusion et d’agitation à l’intérieur de la prison). Il faut mentionner que le numéro 3 du journal de combat « El Canero » a été photocopié et diffusé par un groupe de compagnon-nes « compas » qui a trouvé un espace pour s’organiser, déterminé à casser la passivité qui règne dans la prison et devant un mouvement anticarcéral extrêmement faible dans les rues (à l’exception de quelques collectifs et ami-e-s qui ont toujours appuyé les luttes individuelles de certain-e-s prisonnier-e-s anti-autoritaires)

Cependant, c’est réel, ce mouvement s’est forgé au sein de la prison grâce à la cohérence et la détermination de certain-e-s prisonnier-es en lutte qui n’ont pas trébuché et qui ont donné naissance à ce que, aujourd’hui nous connaissons comme la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance. [CIPRE]

Je ne mentionnerai pas leurs noms pour sauvegarder leur intégrité, puisque le caractère informel est précisément destiné à éviter le suivi et la dissolution sociale. En plus de cela, il ne s’agit pas de créer des héros [protagonistes], des porte-parole, ou des leaders charismatiques. Cependant, ils savent qu’ils étaient là, présents, et je leur envoie une chaleureuse accolade pleine d’amour, de révolte et de solidarité.

Des victoires partielles suite à la grève de la faim collective : Lire la suite

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Mexico: Communiqué du transfert des compagnons de la C.I.P.RE et rapport médical.

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Communiqué du transfert des compagnons de la C.I.P.RE [Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance] vers la prison Nord de la ville de Mexico et rapport médical.

Par Fernando Bárcenas

Il y a quelques jours, je menais une grève de la faim qui aura duré 53 jours en tout ; cette situation a compliqué mon état de santé et j’ai dû être transféré à la tour médicale de Tepepan [prison-hôpital]. J’ai fait face aux mauvais traitements de la part du personnel administratif qui à plusieurs reprises a cherché à nous faire abandonner la grève de la faim, au harcèlement policier et à la négligence du personnel médical (médecins et infirmières),qui a essayé de nous changer de dortoir. Il a fallu nous confronter aux gardiens de prison, qui utilisent la force pour nous dissuader de défendre nos droits.

Par la suite, le personnel a menacé de nous mettre à l’isolement ou bien de nous transférer, c’est-à-dire se défaire du problème sans se préoccuper de l’état de santé de personne.

Dans la nuit du 31 août, ils sont venus nous informer de notre sortie de l’hôpital. Cela a été décidé arbitrairement par le personnel de sécurité, sans la moindre explication d’un médecin. J’ai contesté cette procédure : comme le médecin n’est jamais venu, j’ai refusé de manière pacifique de quitter l’hôpital. Les matons de Tepepan ont répondu comme d’habitude par l’intimidation ; comme nous ne cédions pas à leur chantage institutionnel, ils ont appelé des renforts en provenance de la zone féminine ainsi que des agents de sécurité de l’unité de réaction immédiate (URI). Au total, nous étions entourés par environ huit matons accompagnés de la sous-directrice de la prison ; tous ont essayé de nous faire sortir mais face à notre refus, ils m’ont poussé par terre avec un autre compagnon.Une fois par terre,ils nous ont tabassés à plusieurs reprises, sur le dos, les jambes et la tête ; ils ont essayé de nous séparer mais nous nous sommes serrés les uns contre les autres. Ils nous ont relâchés un moment en nous disant que nous allions tous y passer.

Ensuite, ils ont appelé par talkie-walkie les gardes de la prison nord. Deux gardes de la Prison Préventive Masculine du Nord sont venus [ RPVN-Ville de Mexico] et de façon agressive ont insinué qu’en arrivant à la prison Nord j’allais être tabassé «  si je faisais chier ». Comme je ne descendais pas, attendant qu’un médecin m’explique la raison de mon transfert, les gardes sont à nouveau intervenus par la force et nous ont séparés à coups de poing, nous ont amenés vers l’assenceur et, une fois les portes fermées, m’ont tabassé une fois de plus, ont apporté mes affaires et m’ont fait monter dans une camionnette avec d’autres compagnons. En arrivant au « ReNo » [la prison Nord] j’ai été accueilli par le commandant Jaramillo à qui j’ai expliqué que mon état de santé n’était pas rétabli et que la décision administrative prise à l’hôpital de Tepepan était arbitraire, ce à quoi il a répondu que je devais me rendre à mon dortoir car je n’étais plus en grève de la faim.

Ces deux derniers jours, j’ai constaté que mon état de santé est toujours instable, ce qui a été confirmé par le rapport médical établi par le Dr. Sevlas et la nutritionniste Avelina Landa Verde. Je souffre toujours de douleurs aux reins, de constants maux au cœur, de diarrhée et d’affaiblissement musculaire, ce qui m’épuise dans ma vie quotidienne.

Fernando Bárcenas

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Rapport médical, suite au transfert de Fernando Bárcenas Castillo et José Santiago Hernández de l’hôpital vers la prison Nord.

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Par ces lignes, l’équipe médicale solidaire qui s’est occupé de Fernando Bárcenas et José Hernández, souhaite faire connaître leur état de santé critique ce jour, conséquence de négligences et de fautes commises durant la grève de la faim et les deux dernières semaines de récupération.

Aujourd’hui 2 septembre 2015, quinze jours ont passé depuis que les compagnons ont recommencé à s’alimenter après cinquante-quatre jours de grève de la faim, levée à cause de l’état de santé délicat dans lequel ils se trouvaient du fait non seulement du jeûne prolongé, mais aussi d’omissions dans leur suivi médical, de transferts et déplacements durant des moments critiques ainsi que de restrictions de liquides et de miel, omissions constatées à la Tour Médicale de Tepepan.[Prison Hôpital]

Après avoir perdu 13 kg, Fernando a gagné 4.5 kg, s’est remis du pellagre; le scorbut a diminué, ainsi que le risque de problèmes rénaux. Cependant, il a souffert de diarrhée durant cinq jours, en étant mal suivi et mal soigné. Après le transfert forcé à la prison Nord,à l’aube du 1er septembre, nous constatons toujours des signes de contusions en raison des coups reçus à la tête et au dos. En conséquence, il souffre de maux au coeur, d’une vue brouillée, de mal de tête, nausées, faiblesse musculaire aux jambes. Il a été replacé au sein de la population générale, ce qui ne favorise pas sa récupération.

José Santiago a récupéré 4,5 des 8 kg perdus durant la grève de la faim, il s’est également remis du scorbut, mais la semaine dernière a présenté des altérations de la pression artérielle (PA) jusqu’à des niveaux de 140/80, qui n’ont pas non plus été traitées à la Tour Médicale. Après les coups reçus pendant le transfert, nous l’avons trouvé avec des contusions à la tête et au visage. Il souffre de douleurs au côté gauche, de maux au coeur, de douleur à l’abdomen, de douleur et faiblesse musculaires générales. De plus, il est en manque d’appétit du à une intolérance aux aliments. Il se trouve dans un état de santé délicat et il est convenu qu’une observation médicale soit effectuée par le personnel médical de la prison Nord [bâtiment annexe].

Tous les deux doivent rester au repos, raison pour laquelle un transfert vers la zone d’arrivée a été demandé, au lieu de la zone de population générale. Un régime polymérique, l’administration de sérum oral et la prise d’échantillons de laboratoire pour évaluer leur état de santé leur ont été prescrits.

Au vu de tout ceci, nous dénonçons le manque d’attention médicale ainsi que le manque éthique du personnel de la Tour Médicale de Tepepan. Bien qu’il s’agisse d’un centre appartenant au ministère de la santé, nous soulignons les fautes graves suivantes :

1. L’absence d’attention médicale en cas d’urgence. Pendant les jours les plus critiques de la grève de la faim, a été solicité à travers différentes instances telles la Commission de Droits de l’homme de la ville de Mexico et le service médical de la prison Nord que les personnes en grève soient soignées à la Tour Médicale, ce qui a été refusé, après qu’ils aient été tranférés à l’hopital dans des conditions négligentes et ramennés à la prison Nord par des ordres contradictoires.

2. Ne pas disposer de la préparation adéquate. Après leur arrivée à la Tour Médicale, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit, sans raison. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Ils [le personnel médical] se reposaient sur de faux arguments prétendant respecter la « Déclaration de Malte », ce qui est incorrecte. La dite incorrection leur a été signifié Déclaration en main, à ce quoi ils ont opposé une « actualisation » de la dite Déclaration,ce qui est ridicule, étant donné, qu’une Déclaration ne peut pas être mise à jour mais seulement être remplacée par une nouvelle.

3. Le traitement irrespectueux et indigne. Quelques membres du personnel ont refusé de mesurer les signes vitaux, les appels des grévistes n’étaient pas traités lorsqu’ils se plaignaient de douleurs. L’administration de médicaments, d’électrolytes, de sérum, leur a été refusée sans argument médical. Au contraire, la réponse qui leur a été donnée, était « qu’ils étaient là parce qu’ils l’avaient décidé ».

4. Pas d’accès à l’information médicale. Tant aux grévistes qu’à l’équipe médicale solidaire, l’accès aux informations complètes relatives aux résultats de laboratoire, diagnostics et au traitement administré a été refusé à plusieurs reprises. La même situation s’est reproduite lors du transfert du 1er septembre : aucune explication médicale ne nous a été donnée et l’équipe médicale n’a pas été mise au courant de la décision de transfert.

5. Le droit à une deuxième opinion [médicale] a été bloqué. Même en disposant des permis requis, en plusieurs occasions, la révision du dossier médical nous a été refusée et nos indications médicales n’ont pas été prises en compte pour le traitement médical et le suivi. Ainsi, le droit de décider librement de son suivi médical a été bafoué.

6. De multiples négligences médicales. Comme équipe de santé, nous sommes préoccupés par le fait que le personnel de la Tour Médicale, afin d’isoler Fernando, José et d’autres internes traités dans la chambre de cet hôpital, a prescrit la sortie à chaque patient, bien qu’ils se soient trouvés dans des états de santé critiques. Pour cette raison, nous sollicitons qu’une enquête soit faite sur chaque cas, afin de prévenir toute complication de santé.

Nous portons à votre connaissance cette information, afin que les instances désignées soient sanctionnées, qu’une attention médicale adéquate soit offerte aux internes pour qu’ils puissent bénéficier d’une récupération adéquate et qu’une enquête soit menée afin de connaitre l’état de santé des internes affectés.

Équipe médicale solidaire
Docteur généraliste. Guillermo Selvas – Matricule professionnel :1101851
Nutritionniste. Avelina Landaverde – Matricule professionnel : 8004956

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

Traductions Les trois passants
Corrections Val et Myriam

LA C.I.P.RE c’est quoi ? [chronologie]

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Mexico: Communiqué de la C.I.P.R.E, fin de la grève de la faim

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Communiqué de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E, fin de la grève de la faim

17 août 2015

Aujourd’hui, nous les prisonniers en résistance qui nous maintenons en grève de la faim depuis le 26 juin de cette année, avons pour le quatrième jour consécutif reçu une quantité de plus en plus petite de miel, qui depuis samedi avait été réduite au minimum. Une quantité qui ne représente même pas une cuillère à soupe de cet apport en calorie vital pour nous. C’est clairement une réponse au jeûne que nous maintenons depuis déjà plus de 50 jours et à la situation critique très avancée dans laquelle nous nous trouvons à cause de la grève.

Il faut signaler qu’on nous a refusé la possibilité d’ingérer des bonbons, de l’eau aromatisée ou même du glucose sous le prétexte du Protocole de Malte, que nous suivons (avec de l’eau, du miel et des citrons), cependant la quantité limitée de glucose auquel nous avons accès tous les jours – en effet ils ne permettent à ceux qui nous visitent d’en faire entrer – met en évidence la ferme intention de l’institution de freiner à peu de frais cette forme de protestation.

La diminution de la quantité de miel que nous recevons par jour et qui doit nous durer 24 heures, a fait que certains d’entre nous, afin d’en obtenir plus, ont dû prendre d’autres mesures de pression. Des mesures tel que le refus de prendre des médicaments, le refus des examens vitaux et même le refus de prendre le miel qu’ils nous avaient fourni les jours précédent. Cependant, ils nous ont ignorés, en effet le personnel médical et de la cuisine se limitent à dire que cela n’est pas de leur ressort et que ce sont les instructions du docteur, en d’autre terme ils se refilent la patate chaude.

Dans ce contexte nous annonçons aujourd’hui l’arrêt de cette grève de la faim, car dans l’état où nous nous trouvons il est très compliqué pour nous de faire l’effort de lutter pour du glucose sans glucose et avec tant d’autres bâtons dans les roues pour nous faire abandonner cette grève, telle que nous la faisons aujourd’hui.

C’est un fait que nous étions, sans aucun doute, très près de l’arrêter, mais certainement pas aujourd’hui, c’est pourquoi l’unique satisfaction qui nous reste est que c’est avec des méthodes si peu éthiques et sans aucun principe qu’ils ont réussi, après que nous ayons résisté 52 jours à leurs pièges minute après minute et le plus important… Quelle est la suite ? Nous sommes déjà en train de penser à nos prochaines actions anticarcérales et impatients déjà de les commencer. Premièrement nous allons nous remettre sur pied, ici où peu importe où ils nous enverront, parce que nous sommes prêts pour ce qui suit. Une fois que nous aurons récupéré, nous redémarrons à fond par des actions directes à l’intérieur de la prison en cherchant à réduire le joyau le plus précieux du monde carcéral : la corruption.

Important ! Ceci est le communiqué officiel de l’arrêt de notre grève de la faim à l’intention du peuple en général de manière sincère et fraternelle, en effet nous n’élaborons aucun écrit pour cette institution, comme nous nous refusons à le faire depuis le début.

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

Traduit par Les trois passants

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Mexico: 50éme jour de Grève de la faim de la C.I.P.R.E.

FERPORT
Hier 14 août, Fernando Bárcenas, José Hernández et Julián Barrón ont été transférés à l’Hopital Général de Tetepan* pour être examinés. Après avoir été examinés Julian a été renvoyé à la Prison Nord, le compagnon a en effet décidé d’arrêter la grève de la faim depuis le 11 août dernier.

Fernando et José ont été internés à la Tour Médicale*, ils continuent de ne pas s’alimenter, de plus leur santé est fragile à cause des 3 jours de grève de la soif qu’ils ont réalisés en solidarité avec Jesse Montaño, qui avait été tabassé par les matons de la Prison Sud.

L’état de santé des compagnons est délicat selon l’équipe médicale solidaire, qui a enfin pu entrer hier pour les examiner, après en avoir été empêché pendant des heures par le personnel de la Tour Médicale.

José et Fernando sont ensemble, bien que surveillés par des gardiens et le personnel de l’hôpital. Ce matin ils ont pu entendre les cris et les slogans lancés par les personnes solidaires qui s’étaient donné rendez-vous à l’extérieur de l’hôpital pour leur dire qu’ils n’étaient pas seuls.

Nous appelons à rester attentifs et attentives, nous ne pouvons pas écarter le fait que le personnel de l’hôpital tente de renvoyer les compagnons à la Prison Nord, prétendant qu’ils sont en bonnes conditions.

Que la solidarité continue à s’étendre !

Source: La Cruz Negra Anarquista – Mexico (CNA)

Traduit par les trois passants

« Ce texte peut contenir des erreurs d’orthographe, mais étant donné l’urgence de la situation nous avons décidé de le publier ainsi. Le texte est en cours de correction, il sera publié bientôt. En vous remerciant de votre compréhention. »

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* L’Hopital Général de Tetepan est une prison-hôpital située dans la prison de femmes de Tetepan dans la ville de Mexico. La Tour Médicale est le bâtiment à l’intérieur de la prison, où est situé l’hôpital et les chambres-cellules où sont enfermés les prisonniers.

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Mexico: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.RE) annonce une grève de la soif à partir du 10 août 2015

Le 27 juin 2015 plusieurs prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève visent l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires.

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Communiqué de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

[après 48 jours de grève de la faim]

L’intention de cette coordination informelle de prisonniers n’est pas la recherche de sensationnalisme, il s’agit de la compréhension totale de notre réalité comme esclaves de la société.

Nous sommes conscients que dans ce système, nous ne pouvons aspirer à être libres et donc à pouvoir exercer l’auto-détermination : la vie « civilisée », cette tentative de « société » de babiole pour ceux qui ont le pouvoir, pour ceux qui peuvent jouir de cela… ce n’est pas une vie, c’est un façon de végéter, d’être condamné aux chaînes étouffantes de l’esclavage domestique et du travail.

Nous refusons de devenir des serfs dociles d’un quelconque système autoritaire, quelque soit celui qui essaie de nous enfermer et nous faire taire…

Nous avons choisi le chemin de l’inconnu et de l’insoumission, de l’exploration libre de la vie sans médiateurs ou représentants.

Nous sommes ceux qui essaient de vivre aux dépens des riches et de leurs usines d’esclaves et ceux qui n’acceptons pas d’être apprivoisés, ceux qui font face à la société avec les mêmes armes, sans baisser la tête; parce que cela reste la manière la plus digne de faire face à cette réalité pourrie et comme il n’y a pas d’avenir mais une autodestruction silencieuse, nous décidons d’attaquer et de détruire le système qui a attaqué et détruit nos vies et nous a condamnés à l’esclavage carcéral.

La révolte ne se prépare pas, ni ne s’organise, elle surgit comme sa nature violente et désordonnée, nous faisons référence à l’éclatement d’insurrections quotidiennes propagées de manière diffuse par les rebelles qui se trouvent en tous lieux.

La révolte est une réalité sociale qui existe dans chaque coin de la terre et l’intention est de pouvoir la coordonner et ainsi la propager et canaliser les énergies collectives contre la vraie cause qui gêne l’être humain : l’État.

C’est cela la base de l’organisation informelle et diffuse, laissons de côté « les acronymes » et « les sigles ».

Nous ne nous connaissons pas, et si ça se trouve nous n’aimons même pas les mêmes choses, mais nous nous reconnaissons comme oppressés et cette seule affinité, quand elle nous prend et nous fait coïncider, nous rend sensibles à l’autre et par conséquent nous ressentons le besoin de dire à l’autre qu’il n’est pas seul, que même devant la soumission la plus abjecte, il existe quelqu’un qui partage encore le plaisir exquis de la dignité et de la révolte.

Pour cette raison, nous nous solidarisons avec le compagnon Jessi Alejandro Montaño.

Face à une action, une autre répond ; parce qu’ainsi nous communiquons et nous nous renforçons les uns aux autres.

À partir du 10 août 2015 nous cesserons d’ingérer des liquides et nous nous déclarons en désobéissance, comme un moyen de revendiquer notre liberté et notre droit à l’autodétermination face à n’importe quel système qui abuse de l’individu.

Les « compas » [compagnons] en grève de la faim qui participent à cette action sont : Julián López Barrón, Fernando Bárcenas Castillo depuis la prison nord de la ville de Mexico, et nous invitons ceux qui désirent se joindre à ce jeûne solidaire de 3 jours pour dénoncer les conditions d’isolement et de répression psychologique et physique que subissent ceux qui osent se rebeller et résister aux tortionnaires et domestiqueurs.

Pour l’extension de la révolte.

Parce que la solidarité entre prisonniers ne reste pas lettre morte.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.RE.

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario
Correction Amparo

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

Note :

C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) « est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’État car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle ».

Fernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison »

Jesse Alejandro Montaño Sánchez, a été condamné le 12 janvier 2015 à 7 ans et 7 mois de prison pour le délit d’outrages à l’autorité.

Note de la CNA-Mexico : au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité. (Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance)

Nous relayons cette information et nous nous solidarisons avec les prisonniers en grève de la faim qui depuis le 27 juin dernière mènent une lutte déterminée contre le système carcéral non seulement en faisant référence à la prison nord, mais à tous lieux d’enfermement, si vous souhaitez envoyer un mail de soutien vous pouvez adresser votre mot de soutien à notre adresse mail. [liberonsles@riseup.net]

Voir : MEXIQUE – La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

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MEXIQUE: La Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

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Ville de Mexico, juillet 2015

Prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) après 33 jours de grève de la faim.

Depuis le 27 juin dernier plusieurs prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim pour protester contre les abus constants, les mauvais traitements et les tortures que le personnel pénitentiaire fait subir à la population carcérale. Certains de ces prisonniers qui avaient entamé cette grève de la faim ont depuis été libérés, en revanche ceux qui poursuivent la grève de la faim sont au nombre de 3 dans le Centre Pénitencier Nord et un autre dans le Pénitencier Sud.

Une conférence de presse a eu lieu le 24 juillet, parmi les participants étaient présents :

-Ana María Castillo Rivas (Mère de Fernando Bárcenas, prisonnier en grève de la faim).

-Jorge Mario González García (Ex prisonnier politique du GDF détenu le 2 de octobre 2014)

-Cruz Negra Anarquista de México ( qui suit le cas de Fernando Barcenas)

-Message des grévistes de la faim ( Communiqué ci-dessous dans son intégralité)

-Membres de l’équipe médicale solidaire

Les familles, amis et compagnons des prisonniers en grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (CIPRE) impulsée par Luis Fernando Bárcenas Castillo, en résistance dans le Centre Préventif masculin Nord et dans le Centre Préventif masculin Sud – à la date de cette conférence les prisonniers en sont à leur 28ème jour de grève de la faim – ont pour objectif de rendre visibles les abus et mauvais traitements dont les détenus sont l’objet dans les prisons de la Ville de Mexico.

“Cette grève de la faim est le résultat d’un processus collectif d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits à différentes étapes de leurs procès, mais qui ont tous en commun : le fait d’avoir vécu personnellement des procès que le système carcéral mène ici dans cette ville de Mexico, la plupart sont bourrés d’inconsistances juridiques, d’erreurs ou d’omissions qui entraînent de façon automatique l’augmentation de la population carcérale”, a assuré Jorge Mario González García, ex prisonnier.

Par ce communiqué, les jeunes prisonniers ont demandé à la population d’ouvrir les yeux sur les prisons où les droits humains des détenus sont régulièrement violés et où les gardiens “commettent des abus, tabassent impunément, torturent physiquement et psychologiquement les détenus en totale impunité”

Après 25 jours de grève de la faim, un groupe de “médecins solidaires” a obtenu un permis de visite pour examiner les trois détenus du Pénitencier Nord et établir un certificat médical de leur détérioration physique.

“L’état général de ces jeunes est une grave malnutrition et il est très important que le gouvernement de la capitale nous laisse entrer dans les pénitenciers pour procéder à tous les examens nécessaires auprès de ceux qui sont en grève de la faim. », a affirmé Avelina Landaverde, nutritionniste de l’équipe de santé solidaire.”

Par ailleurs, Ana María Castillo, mère de Fernando Bárcenas, un des jeunes en grève de la faim, a dénoncé le fait que son fils a été arbitrairement détenu le 13 décembre 2013, lors d’une manifestation contre l’augmentation des tarifs du Métro de la ville de Mexico.

“ Dès son arrestation Fernando a été maintenu au secret, porté disparu, tabassé, menacé et humilié par les services de police du renseignement, le ministère public et autres fonctionnaires… son procès pénal a lui aussi été bourré d’éléments arbitraires et il a été condamné sans preuves”, a déclaré Ana María.

Dans un communiqué émis par Fernando Bárcenas celui-ci déclarait:

“Nous en avons marre d’être marginalisés, exclus du droit à la vie; nous n’acceptons pas d’être considérés comme des délinquants alors que le crime s’élabore, au contraire, dans les plus hautes sphères et postes de pouvoir politique. Nous sommes fatigués d’être stigmatisés alors que le premier à utiliser la violence est le système lui-même.

Nous ne pouvons plus continuer à permettre le règne de l’arbitraire; les prisons sont du terrorisme, les tabassages des gardiens sont du terrorisme, les vexations et humiliations du conseil technique sont du terrorisme. Oui, la prison ne sert à rien, lorsque l’on prétend nous réinsérer, on ne se préoccupe en rien de la vie des personnes, alors allez-y continuez, marginalisez-nous, expulsez-nous de votre “société modèle” mais sachez que nous ne serons pas disposés à accepter vos règles et normes.

La liberté ne pourra exister qu’à partir du moment où tous les déshérités, tous les moins que rien, pourront avoir la certitude que le seul fait d’être pauvre ne les enverra pas pourrir dans une cellule”.

“ Cette grève de la faim à un objectif différent à celui qu’en général on entend lors d’une grève de la faim, il ne s’agit plus d’une forme de martyr; c’est un mouvement social qui émerge des entrailles de la prison, depuis l’organisation des prisonnierxs qui aujourd’hui ont décidé de crier !!”

Après un échange avec la mère de Bárcenas, un Appel International en Solidarité avec la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E) a été lancé dont une copie a été remise à la Direction de la Prison Nord et de la Prison Sud ainsi qu’à la Commission des Droits Humains “Nous avons connaissance des diverses intimidations pratiquées dans les prisons, comme celles du 17 juillet subies par Fernando Bárcenas Castillo, José Santiago Hernández y Julián López Barrón lorsqu’ils ont été convoqués par le conseil technique de la prison nord accusés d’avoir “violé les droits humains” d’un policier de la prison. Face à la lutte que les prisonniers du C.I.P.R.E. ont entrepris, toute une série d’irrégularités se sont multipliées comme mode de punition et d’isolement, restreignant les visites, bloquant les examens médicaux ainsi que l’introduction de liquides nécessaires à leur santé. Après plus de 20 jours de grève de la faim nous exigeons que soit autorisée l’entrée permanente de l’équipe médicale solidaire et de confiance afin d’examiner les prisonniers en grève de la faim, l’entrée des liquides nécessaires à leur santé (eau, miel) ainsi que l’entrée des visiteurs et de leurs accompagnants…Notre solidarité ne s’inscrit pas dans une logique de reproduction de la victimisation des compagnons en grève de la faim, il s’agit au contraire d’une position politique qui s’oppose au système carcéral, pénitentiaire qui prétend laisser dans l’oubli, l’abandon et l’isolement des centaines de prisonniers et prisonnières »…

« Notre solidarité s’inscrit dans une large lutte qui dépasse les barreaux, les murs et les espaces géographiques pour construire un échange permanent et nécessaire entre les prisonnier-e-s et ceux qui sont à l’extérieur des murs. Nous ne luttons pas pour les prisonniers mais à leurs côtés, dans un mouvement d’aller-retour, échange indispensable pour détruire les préjugés qui tendent à séparer l’extérieur de l’intérieur, échange nécessaire à la destruction des systèmes de domination, d’extermination, d’autoritarisme et d’isolement dont nous souffrons tous quel que soit le lieu et l’instant… Dans ce contexte, la lutte menée avec leurs propres corps a contribué au développement des mobilisations et d’actions solidaires qui s’inscrivent dans une lutte bien plus ample contre toutes les formes de domination et d’oppression qui nous entourent, y compris au dehors des murs de la prison ».

Différentes activités se développent en solidarité avec les prisonniers de la CIPRE. Dès maintenant, dans la capitale, les collectifs et groupes solidaires annoncent pour le 27 juillet un rassemblement à 18 heures devant la PGR (Police Générale de la République).

Liberté immédiate pour les membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance (C.I.P.R.E).

Nous restons vigilants, réactifs et solidaires

A bas les murs de toutes les prisons !

Mexico, juillet 2015

Par Les trois passants

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Traduction Amparo

Plus d’infos: Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

Voix depuis la prison (grève de la faim) Fernando Barcenas Castillo

A 33 dias de Huelga de Hambre, Cruz Negra Anarquista de Mexico

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Communiqué de presse grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance – C.I.P.R.E.

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE GRÈVE DE LA FAIM DE LA C.I.P.R.E.

Mexico, 24 juillet 2015

Depuis le 27 juin 2015, huit prisonniers de différentes prisons de la ville de Mexico ont débuté une grève de la faim à durée indéfinie. Les grévistes sont Fernando Barcenas Castillo, prisonnier politique détenu depuis le 13 décembre 2013, Bryan Reyes et Jaqueline Santana étudiants détenus et faussement accusés d’un supposé vol, ainsi que d’autres prisonniers, qui se sont organisés en Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance pour protester contre les mauvais traitements, les tortures, les extorsions et la corruption qui règnent à l’intérieur des prisons de la ville de Mexico.

Cette grève de la faim collective est le résultat d’un processus d’organisation de plusieurs prisonniers, accusés de différents délits et à diverses étapes de leurs jugements, mais qui ont quelque chose en commun : ils ont vécu personnellement les processus pénaux que le système pénitentiaire de cette ville met en œuvre. La majorité de ces processus sont entachés d’inconsistances, d’erreurs et/ou d’omissions ; ils entrainent directement l’augmentation de la population pénitentiaire. Ce système pénitentiaire ne cherche pas à résoudre les problèmes sociaux, mais tout simplement à punir, terroriser et contrôler la population.

À l’intérieur des prisons, on ne pratique pas la ré-insertion sociale, qui n’intéresse ni ne convient aux autorités. Pour que les prisons continuent à fonctionner la « délinquance » doit exister. Et ces centres pénitenciers sont une grande fabrique à délinquance. Combien de jeunes sont entrés en prison accusés de délits non-graves ? Et parce qu’ils ne peuvent pas payer un avocat ou une caution ils doivent passer des années enfermés. Et qu’apprennent-ils à l’intérieur des murs ? Certainement pas à se réinsérer dans la société ; la preuve en est le taux élevé de récidive. La majorité de la population pénitentiaire vit un cercle vicieux de pauvreté, violence, délits et enfermement.

Et la prison n’est certainement pas la solution à cela.

Face à cette situation naît la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance, une proposition d’organisation depuis l’intérieur même des prisons et un puissant cri qui cherche à secouer les consciences pour que nous tournions notre regard vers ces lieux d’oublis que sont les prisons. Il s’agit de rendre visible le grand commerce que les autorités de toutes couleurs et niveaux réalisent avec la souffrance de milliers de prisonniers ainsi qu’avec celle de leurs familles : paiements illégaux pour n’importe quoi, de l’entrée des visites au passage de nourriture, etc, le contrôle de la vente de drogues et d’alcool, l’exploitation du travail des détenus, en les convertissant en esclaves modernes sous prétexte de réinsertion sociale, tout en gagnant de juteux bénéfices pour les autorités et les entreprises impliquées.

A travers cette grève de la faim, la C.I.P.R.E. nous lance un appel désespéré à regarder l’intérieur des prisons et ainsi observer comment les gardiens commettent des abus, frappent impunément, torturent physiquement et psychologiquement en totale impunité et bien souvent avec la complicité de ceux qui sont sensés surveiller pour que cela ne se passe pas, comme la Commission des Droits Humains du District Fédéral.

Après 28 jours de protestation plusieurs grévistes ont été libérés : Bryan Reyes et Jaqueline Santana, mais aussi Irwin Garcia Reyes. Un prisonnier, Luis Lorenzo Urgell, a abandonné la grève suite à des pressions exercées par la direction de la prison.

Aujourd’hui les jeunes Luis Fernando Barcenas Castillo, Julian Lopez Barron et Jose Santiago Hernandez dans la prison Nord et Jessi Montano dans la prison Sud continuent la grève de la faim. Leurs exigences n’ont pas reçu de réponses ni de la part des autorités pénitentiaires ni de la part de la Commission des Droits Humains du District Fédéral.

En tant que familles, amis et compagnons des grévistes de la C.I.P.R.E. nous nous prononçons pour la résolution de leurs justes revendications et demandons aussi que l’on arrête de bloquer le travail de l’équipe médicale solidaire, qui plusieurs fois s’est vue refuser l’accès à la prison alors qu’elle venait évaluer l’état de santé des manifestants, ce qui est une violation de leurs droits.

Pour la liberté de tous !

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Traduction : Les trois passants / Correction Val

Sources :

Informaciones relativas a la huelga de hambre de la CIPRE- Cruz Negra Anarquista de Mexico
Huelga de la CIPRE , sobre los presos que llevan 28 dias en huelga de hambre
Huelga de Hambre buletin de prensa

(note) Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

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[Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

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Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

La répression silencieuse, l’isolement prolongé et l’impossibilité de communiquer sont des formes de torture pratiquées par l’administration pénitentiaire afin d’assassiner la résistance, tuer la force morale et faire plier les volontés.

Cette grève de la faim collective est un signal, un « J’accuse » collectif qui fait connaître et dénonce l’absurde supercherie qu’est la prison. L’inexistence de ce que l’on appelle “ré-insertion sociale” pour justifier et mettre en place l’exploitation des prisonniers, commerce obscur et vil mis en place par des syndicats du crime, dont la politique est la conséquence d’une soumission absolue du prisonnier à la classe gouvernante de la prison.

Nous nous rejoignons dans le refus de reconnaître les “autorités” pénitentiaires, car nous ne sommes pas disposés à les laisser continuer à nous assassiner en silence…

Nous dénonçons aussi la collaboration et la complicité de la CDHDF (Commission des Droits de l’Homme de la ville de Mexico), puisque les visiteurs ont dit qu’il ne leur était pas permis de rendre visite aux membres de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance.

En plus de cela, l’administration nous a effrayés et menacés pour nous faire renoncer aux dénonciations pénales et aux plaintes que nous avons déposées, en envoyant aussi des groupes de choc qu’elle promeut à cause des mesures d’austérité.

Nous ne sommes disposés à reconnaître l’autorité d’aucun criminel de l’État. Nous sommes fatigués d’être marginalisés sous le prétexte d’être des “délinquants”, alors que le premier à utiliser la violence est le système.

Hier samedi 27 juin, lorsque nous nous sommes déclarés collectivement en grève de la faim, le passage à la zone de gouvernement nous a été refusé, et nous nous sommes confrontés aux gardiens qui ont répondu de manière agressive et violente.

Il faut aussi souligner que notre compagnon en grève José Santiago Hernández a été emprisonné et condamné 8 mois avant sa majorité.

Suite à cela, nous avons été emmenés à l’isolement dans la zone 1 des arrivées. Ils prétendent nous maintenir toute la journée en isolement à l’intérieur de la cellule, ce que nous assimilons à une mesure répressive supplémentaire. Il nous a été interdit d’avoir accès à la radio et à nos instruments de musique, qui n’ont d’autre objet que la récréation culturelle. Ils veulent ainsi nous épuiser mentalement.

Nous n’avons rien d’autre à dire que cela : nous ne nous rendrons pas tant que séviront les abus et la domination, tant que les prisons (commerce de la mafia de l’État) ne seront pas à terre et que les murs ne seront pas réduits en miettes…

Pour la dignité, la vie et la liberté !
Parce que la solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas un simple mot !

Fernando Bárcenas Castillo
(A)
Que tombent les murs des prisons ! Que la peur change de camp !

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Traduit par les trois passants
Correction Valérie
Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA- Mx)

Des nouvelles de Fernando Bárcenas

Voir le Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

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[Mexico] Déclaration collective. Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance en Grève de la faim

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Déclaration collective. Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance en Grève de la faim :

Il ne fait aucun doute que le désintérêt général et l’indifférence des “autorités” ont fait de mesures violentes comme la torture, l’abus de pouvoir et les mauvais traitements des procédures communes de l’activité pénitentiaire.

Dans ce contexte de répression silencieuse et cachée, nous avons commencé diverses actions pour ne pas reconnaître ces pratiques autoritaires et dénoncer, avant tout, les irrégularités dont nous sommes l’objet. En effet, certains de nos compagnons ont déjà par le passé porté plainte au niveau pénal contre des serviteurs et fonctionnaires de l’État qui n’ont pas respecté le règlement et les articles de la Constitution, tels que nos garanties et droits humains consacrés dans la Constitution et les traités internationaux.

Nous reprenons le slogan “la réinsertion sociale n’existe pas”, puisqu’en prison se crée et se fomente la fabrication de la “délinquance” à des fins d’exploitation politique et économique, qui la convertit en un commerce de l’État. En prison, on extorque la population carcèrale par des ponctions écononiques et on fait payer illégalement les prisonniers pour être inscrit sur la liste des prisonniers autorisés à recevoir des visites et il y a bien d’autres anomalies.

La cruauté, la torture, l’enfermement et la sur-population n’apportent aucune solution au problème majeur de l’inégalité sociale, de l’opulence de certains et de la misère de la majorité…

Ils nous ont menacés et intimidés pour nous réprimer et nous essouffler, et pour que nous retirions nos dénonciations et nos plaintes. C’est pour cela que nous rendons responsables de notre intégrité physique et psychologique les autorités administratives pénitentiaires de la prison où nous nous trouvons – la Prison Préventive des Hommes Nord – son directeur Lic. Rafael Oñate Farfán, le sous-secrétaire du Système Pénitentiaire Hazael Ruiz et le chef de gouvernement de la ville de Mexico Miguel Ángel Mancera, puisqu’à partir du 27 juin 2015 et de manière indéfinie, nous nous déclarons en grève de la faim, moyen pacifique et légitime de protester face à l’arbitraire auquel nous sommes confrontés : en effet, nous ne sommes pas disposés à tolérer ni à accepter plus d’abus ni de violations institutionnelles.

C’est pour cela que nous disons : « ça suffit ! »
Parce que la solidarité entre prisonniers n’est pas un simple mot !

Julián López Barrón (dortoir 3 bis)
Brayan Reyes Rodríguez (anexe 3-1-8)
Irwin García Freire (anexe 8-2-3)
Luis Lozano Urgell (dortoir 8 bis)
Luis Fernando Bárcenas Castillo (anexe 3-1-8)
José Santiago Hernández (dortoir 3 bis)

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Traduit par les trois passants
Correction Valérie

Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA-MX)

Voir: [Mexico] Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

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[Mexico] Grève de la faim de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

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Note de la CNA (Croix Noire Anarchiste, Mexico) : aujourd’hui 27 juin divers prisonniers de la ville de Mexico ont entamé une grève de la faim. Les revendications de la grève s’articulent autour de l’exigence de l’arrêt des tortures et des abus à l’intérieur des prisons, ainsi que de la dénonciation du comportement de la Commission des Droits de l’Homme de la ville, institution complice des autorités pénitentiaires. Elle dénonce également le commerce d’exploitation sexuelle auquel sont soumises les prisonnières.

Au delà des divergences de méthodes et de stratégies (pour notre part, la prison ne doit être ni améliorée ni réformée mais elle doit être détruite), nous nous solidarisons avec la lutte que mènent les compagnon-es et nous appelons les organisations, les collectifs et individus sympathisants à exprimer leur solidarité.

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Grève de la faim collective- Coordination des prisonniers en résistance

Pour les revendications suivantes :

1 – arrêt des mauvais traitements et de la torture dans toutes les prisons aussi bien en paroles qu’en pratique

2- Fin de la répression silencieuse exercée par l’institution en collaboration avec le CDHDF (Commission des Droits de l’Homme du District Fédéral)

3- Mise à l’écart de la population pénale de tout gardien de prison ou fonctionnaire dénoncé pour mauvais traitement

4- Abandon total de toutes les mesures d’austérité mises en œuvre au niveau mondial dans les prisons soumises aux intérêts économiques et politiques

5- Application du protocole d’Istanbul sur la torture pour tous les détenus

6- Élucidation et abandon des poursuites pénales du cas 148/201H du compagnon José Santiago Hernández condamné et emprisonné 8 mois avant sa majorité.

7- Respect et considération dus aux familles des prisonniers lorsqu’ils se trouvent à l’intérieur des pénitenciers.

8- Stop à l’enrichissement illicite basé sur l’exploitation des prisonniers

9- Stop à l’enrichissement illicite des fonctionnaires basé sur l’exploitation sexuelle des détenus des pénitenciers tant féminins que masculins

10- Rupture de la relation de complicité entre l’administration et l’unité médicale, fin des négligences médicales et traitements inhumains

11- Ouverture d’espaces supplémentaires culturels et artistiques ainsi que de travaux rémunérés pour les prisonnier-e-s ; les quelques uns existants étant réservés et sous contrôle de l’administration

12- Démission du personnel membre actif du Conseil Technique dans toutes les prisons du D.F. et création des mécanismes nécessaires pour éliminer la corruption et l’autoritarisme de l’administration et de l’encadrement.

13- Assez de jugements et de répression en raison de nos activités de protestation auxquelles nous contraint le mauvais fonctionnement de l’administration pénitentiaire.

14- Assez de violation des données personnelles et de la correspondance à des fins d’extorsion, de racket, d’intimidation et de confiscation de matériel informatif.

Nous dénonçons aussi la situation d’isolement et d’incommunicabilité dans laquelle se trouve le compagnon Jessi Alejandro Montaño pour avoir mené une journée de lutte et de résistance entendant ainsi tracer clairement une ligne de mépris et de rejet de l’autorité pénitentiaire.

Coude à coude avec nos frères et sœurs, face à face avec l’ennemi !

Parce que la solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas seulement un vain mot écrit !

Coordination des prisonniers en résistance

Traduction Amparo

Diffusé par la CNA (Croix Noire Anarchiste, Mexico)

Voir le Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

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[Mexico] Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

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MEXIQUE : Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA- Mx)

Note CNA- Mx : A propos de Fernando Bárcenas : Il aurait théoriquement dû être présenté à partir du 24 juin durant la séance du Conseil Technique du Pénitencier Nord pour déterminer s’il devait ou non être sanctionné. Cependant, la matinée s’est terminée sans que le compagnon ne soit appelé. A l’extérieur du pénitencier les compagnon-es solidaires se sont rassemblés pour dénoncer les tortures, les abus et mauvais traitements qui ont lieu quotidiennement derrière ces murs. Des mots d’ordre en solidarité avec Fernando ont été criés élargissant les liens de solidarité avec Fernando et la lutte qu’il mène. La session du CT (Conseil Technique) s’est conclue à 14 h, sans que le compagnon ne soit appelé. Le rassemblement a pris fin à la même heure, nous continuons cependant à êtré vigilants à ce que qui pourrait se passer avec nos compagnons séquestrés et enfermés dans le pénitencier Nord.

Le message suivant nous est parvenu de l’intérieur de la prison afin que nous le diffusions.

« Ils essaient de m’accuser de façon arbitraire et mensongère à cause du travail d’organisation qui est en train de surgir ces derniers mois à l’intérieur de la prison. Il y a eu des affrontements continus avec la police et les administrations ; il faut qu’il soit clair qu’il ne s’agit pas de situations isolées, parce que comme membres de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance dispersés dans différents pénitenciers du District Fédéral (Ville de Mexico) nous avons été réprimés pour avoir mené des actions de désobéissance et de rejet ignorant les fonctions pénitentiaires car nous les considérons non seulement inutiles mais aussi préjudiciables ». Fer Barcenas

C.I.P.R.E (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) est une forme et un espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire, qui n’est rien d’autre que le bouclier de la structure étatique qui lui permet de se perpétuer et de se maintenir sur la base des intérêts les plus viles et mesquins ; la prison est une affaire commerciale d’état car en même temps elle terrorise et maintient la domination par le chantage, la peur et l’intimidation. Elle pratique l’exploitation des prisonnier-e-s et fabrique la « délinquance » par son biais utilisant les filtres, la subornation et la corruption pour maintenir l’environnement social sous contrôle.

Nous en avons ras le bol d’être stigmatisés et limités par l’ostracisme pratiqué à notre encontre ; l’état constant de non défense dans lequel nous nous retrouvons tous en raison de l’existence de ces structures vaines, inutiles que sont la prison… Nous autres nous n’acceptons pas leurs « traitements » parce que nous ne reconnaissons pas la légitimité « morale » de ces bandits et voleurs organisés en syndicats du crime qui fondent leur critère sur l’acceptation de la soumission et de l’obéissance de nous envers eux et elles. Nous disons ça suffit et c’est pour cela que nous nous organisons pour faire cesser la répression et la torture, l’exploitation à laquelle nous sommes soumis pour que ne se répètent jamais plus les situations similaires ni en prison ni dans aucun autre lieu occupé par l’avant garde fascistoïde déguisée en gouvernement démocratique.

Pour la liberté et le respect à la vie
Parce que solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas seulement un vain mot écrit
Nous vous encourageons à rompre avec l’inertie et la passivité

Mercredi 24 juin à 10 h auront lieu les audiences définitives qui détermineront la sanction ou l’acquittement des charges qui pèsent sur ma personne [Fernando Bracenas], sans oublier le compagnon Bryan Reyes Rodríguez qui a reçu un avertissement pour avoir déposé une plainte dénonçant un harcèlement sexuel ; la compagnonne Jacqueline Selene Santana López à qui l’on a confisqué du matériel de diffusion informatif au prétexte qu’il s’agissait d’incitation à la rébellion ; n’oublions pas non plus le compagnon Jessi Alejandro Montaño qui se trouve à l’isolement et privé de visites pour avoir mené une journée de désobéissance et de répudiation à l’autorité pénitentiaire en faisant appel à son humanité et en refusant de porter l’uniforme de prisonnier.

Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance

Traduction Amparo

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Fernando Bárcenas Castillo, militant anarchiste, a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour délits d’attaque à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense, cependant, le 11 décembre 2014, Fernando a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme. Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo et travaillait pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico.  Fernando est très actif à l’intérieur de la prison, il a participé à la création du journal anti-carcéral « el Canero » et élaboré un long fanzine : « Un an après l’arrestation – la prison ». Plus d’infos

Dans le cadre des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa de nombreuses personnes ont été arrêtées, dans ce contexte, le 15 novembre 2014, deux étudiants Jacqueline Santana et Bryan Reyes ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral. Le 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée.

Jesse Alejandro Montaño Sánchez, a été condamné le 12 janvier 2015 à 7 ans et 7 mois de prison pour le délit d’outrages à l’autorité .

Note de CNA-Mexico : Nous diffusons ce communiqué qui nous a été envoyé par les compagnons prisonniers de la prison Nord de la ville de Mexico (Reclusorio Preventivo Norte). Jusqu’ici, nous savons que la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance est formée par des prisonniers des différentes zones de cette prison. Une des premières actions lancée a été la grève de la faim échelonnée qui a été initiée le 12 février par deux prisonniers : Julio César Nuñez Delgadillo et Elías Landín Bautista. Ceux-ci ont été isolés du reste de la population carcérale, dans des cellules de la zone d’admission.

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Communiqué de la Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Aux rebelles de la lutte sociale
Au peuple en général

( Prison Nord de la ville de Mexico, 16 février 2015 ).

La société est un contrat qui repose sur la peur, sur la peur de l’exclusion, la peur de la justice, la peur de la police, la peur de l’autorité…

Et celui qui transgresse les normes sera sanctionné de manière exemplaire pour maintenir l’état de choc, tentant de terroriser les individus dans le seul but de maintenir leur domination en même temps que l’exploitation économique.

Mais nous devons nous demander…est-ce-que la justice existe ? Qu’est-ce que la faute ?

Du point de vue religieux, la culpabilité est nécessaire pour maintenir la soumission de l’individu face au régime autoritaire qui réprime depuis un absolu (dans ce cas, Dieu), qui soumet l’individu au joug de l’oppression, de la rigueur morale, du mensonge existentiel.

Une caractéristique particulière de l’homme moderne comme être historique dans un espace temporel est sans aucun doute le désintéressement envers tout, qui le pousse à chercher les manières d’éviter de faire face à sa réalité.

L’angoisse générée par le fait de comprendre et d’assimiler la liberté provoque la peur, peur de la finitude de son existence, peur de choisir, peur de la responsabilité qu’implique être libre.

La hiérarchie qui le modèle, le réduit à l’esclavage et le condamne à une vie banale et sans aucun sens, car en signant le contrat social, par le seul fait d’acquérir un état civil ou une nationalité, l’individu accepte sa sentence qui l’oblige à vivre attaché aux chaînes de l’autorité en échange de quelques « garanties », « droits » et lois qui entravent et mutilent sa liberté, la restreignent, la conditionnent …

C’est pour cela que des institutions diverses et variées existent. Le travail réel d’une institution est d’annihiler toute trace de conscience et de liberté qui pourrait avoir existé dans l’esprit de l’individu.

Avec l’institutionnalisation commence le projet de domestication : la famille, l’école, les tribunaux, la prison … toutes ces institutions fidèles et impliquées dans la reproduction et le soutien au système social administré par une élite privilégiée, qui se présente de manière hypocrite avec la promesse d’une « vie digne », d’un travail salarié, avec l’utopie de la démocratie et un mensonge appelé « paix sociale » qui implique un endormissement, une vie enchaînée mais avec la possibilité de choisir la couleur de ses chaînes.

Et alors … : que faire ? Quand l’idée virtuelle de la légalité se trouve dépassée par le besoin et la détresse, par l’expérience quotidienne du conflit avec les lois d’exclusion, par la réalité inévitable qui est vécue dans les rues des grandes villes et dans les campagnes ; la réalité à laquelle nous appartenons, nous les opprimé-e-s, et à laquelle nous faisons face jour après jour….

Il est facile de prononcer le mot faim, mais ce n’est pas la même chose de la sentir, et dans des conditions contraires et devant la pétrification de l’appareil dominant l’illégalité est pratiquée et assimilée comme forme de vie et de survie. Et après être entré dans celle-ci, afin de chercher des alternatives à un système en décadence, tu te rends compte qu’existent des voies distinctes qui démasquent le mensonge d’une société et d’un État pacifiques composés de citoyens honorables …

Et voilà que tu découvres que la corruption est la voie de l’illégalité que l’état propose comme alternative pour ceux qui vivent la pauvreté … Avec la promotion de la délinquance et la permissivité pour sortir du paramètre légal en complicité régulière avec l’autorité, son silence, son appui, en échange d’un gain monétaire. Les droits sont à la vente et une lutte précaire commence pour les acquérir et générer un état de privilèges et de bien-être, un mensonge similaire à un anesthésique social, qui fait que l’individu se concentre sur la compétitivité, en oubliant qu’il s’est subordonné en acceptant de devenir un simple outil de production, qui l’attache à l’esclavage perpétuel, en effet il a ainsi été formé. Ils lui ont appris à être un rebelle incomplet, à piétiner ceux de sa classe opprimée et à tolérer la violence de ceux d’en haut. Ils lui ont appris à être soumis à l’autorité. L’individu est converti en animal dressé qui veillera aux intérêts de son maître et les défendra quand cela lui sera demandé.

De cette façon, la corruption qui perpétue le système, ne peut pas être une voie de lutte et encore moins dans la prison, puisque bien qu’apparemment elle « casse les schémas », au fond, elle ne fait rien de plus que de répéter les cycles du système et par conséquent aide à sa croissance et à son renforcement.

Cependant, il existe encore des rebelles, qui font face à l’obscurité des institutions, sans aucun médiateur, en n’obéissant à personne qu’à eux-même et en se rebellant d’une manière consciente face aux racines des problèmes.

Et c’est pour tout ceci que nous avons décidé de créer et de partager des moments de lutte dans un espace commun, où se retrouvent les esprits les plus libres et les moins soumis. Organisés par affinité, nous déclarant libres à chaque instant et en tout lieu, nous avons décidé d’agir et de rejeter l’idée même de toute forme d’autorité. Nous nous inscrivons en un front combatif et direct, dans la lutte anti-autoritaire, avec la même détermination que dans les rues, nous la continuons et la faisons nôtre ici dans notre vie quotidienne en prison.

Aujourd’hui nous choisissons notre camp en ne reconnaissant plus les autorités pénitentiaires, en les assimilant à nos ennemis immédiats dans cette étape de guerre où nous sommes à notre tour prisonniers.

Pour la liberté de tous et toutes les individus et les êtres vivants !

Contre la répression, l’isolement et les mauvais traitements à l’intérieur des prisons.

Coordinación Combativa de Presos en Resistencia (C.C.P.R)

Coordination Combative de Prisonniers en Résistance (C.C.P.R)

Traduit par Les trois passants et Caracol Solidario/ correction Myriam

Ville de Mexico, diffusé par la croix noire anarchiste de Mexico

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