Fernando Bárcenas Castillo -Mexico

Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. Pendant son arrestation, il a un temps disparu et n’a pas eu le droit à un coup de téléphone, il a aussi subi des agressions physiques et verbales et il n’a disposé d’aucune défense juridique durant la première partie de son procès pénal. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”; dernièrement il a mis en place une bibliothèque gérée par les propres prisonniers. Fer a également encouragé et lancé l’organisation des prisonnier-e-s en résistance, tout d’abord il encourage la formation du C.C.P.R (Coordination Combative de Prisonniers en Résistance) plus tard il participe à la coordination des grèves de la faim avec d’autres prisonniers anarchistes de la ville de Mexico. Par la suite Fer lance et encourage la formation de la C.I.P.RE (Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance) comme forme et espace d’organisation pour tous ceux et celles qui ont été brimés et torturés par la machinerie pénitentiaire. La CIPRE étant une organisation informelle s’est dissoute et aujourd’hui s’efface non sans laisser toute une expérience organisationnelle derrière elle. Désarmé, Fer lance une nouvelle proposition donnant lieu au collectif des prisonniers CIMARRON, le nom « cimarron » signifie «s’échapper, fuir». Le marronnage était le nom donné à la fuite d’un esclave hors de la propriété de son maître.

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[Mexico] Fernando Barcenas: nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

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Prison Nord de la ville de Mexico, octobre 2016

Fernando Barcenas: nous n’avons pas besoin d’amnistie parce que nous n’avons pas besoin de lois qui régentent nos vies

La loi est un artifice qui castre les aptitudes humaines ; qui pense, dirige,invente nos vies à notre place et une telle conception implique la mutilation de la parcelle la plus unique et authentique de nous-mêmes.

C’est pour cette raison que celui qui décide de prendre sa vie en mains propres en marge de la machine pourrie est considéré comme “bizarre, “antisocial”, “criminel”, etc…

Nous ne pouvons envisager de solutions à l’intérieur du “cadre démocratique », qui par sa politique d’extermination épouvante les habitants avec les spoliations, la violence et la mort.

Des rumeurs concernant une amnistie promue par quelques partis et institutions politiques me sont parvenues. Il me semble nécessaire de préciser ici ma position de refus à toute forme d’instrumentalisation des énergies du peuple pour le maintenir aux ordres. Certains pensent qu’une amnistie pourrait assainir les intérêts du peuple, réduits en mille morceaux par l’imposition de la richesse et grâce à l’esclavage économique ; nous, nous ne voulons pas “sortir” de prison pour entrer dans une autre. Nous voulons être libres, libres véritablement, en dehors de toutes leurs réalités virtuelles et cela implique forcément détruire la société. Nous le ferons en pensant que quelque chose de neuf doit naître pour engloutir à jamais cette civilisation pourrie qui nous transforme en automates et rouages de sa machinerie.

Les “luttes politiques” ne nous intéressent pas, mais plutôt le conflit permanent qui existe partout ; ils peuvent nous emprisonner mais ils n’arrêteront pas la révolte. Les voisins mécontents descendent dans la rue pour rejeter les projets immobiliers cause du dépouillement et du déplacement forcé de milliers de famille qui n’ont pas les ressources suffisantes pour financer la privatisation de l’espace public. La privatisation de l’eau est également un autre symptôme criant, reflet de toute la considération que nous portent en réalité les puissants. Esclavage moderne, aliéné et édulcoré par le luxe, les drogues et autres aspirations capitalistes.

Nous n’avons pas besoin d’amnisties parce que nous n’avons pas besoin de règles qui régentent nos vies; le miroir aux alouettes du progrès nous fait croire que l’État et le gouvernement sont indispensables et du coup nous ne nous rendons pas compte directement des indices indiquant qu’ils nous convertissent en complices des massacres de nos peuples…

Nous voulons voir se propager partout l’insurrection qui détruira le pouvoir centralisé, joug commun sous lequel, nous, tous les pauvres nous souffrons.

Nous saluons tous les actes d’insubordination contre les standards de vie internationaux qui prétendent nous convertir en pièces indispensables à leur machinerie.

Nous autres les marginaux, sommes ceux qui supportons le poids de cette société et comme nous sommes désormais inutiles à cette société technologique ils justifient notre massacre par des guerres informelles contre la drogue qu’ils livrent justement dans les endroits où les personnes ont des traditions communautaires et mènent des vies différentes de celles imposées par l’État.

N’importe qui vivant dans un quartier pauvre sait depuis qu’il est petit que le trafic de drogue est géré par des organismes semi-publics, c’est à dire l’implantation de la mafia comme institution régulant le contrôle intérieur du territoire pendant que la police met en place une politique de deux poids deux mesures, ne ménageant pas ses efforts pour un bon fonctionnement de la mafia. Ainsi la mafia n’est rien d’autre qu’une sous police qui régule non seulement le trafic des drogues mais aussi les entreprises formelles et informelles qui existent sur le territoire.

Cependant si cette situation est devenue massive cela est dû au fait qu’à l’origine le trafic de drogues n’est rien d’autre qu’une activité supplémentaire de l’hydre capitaliste.

Un capitaliste sera toujours un monstre vorace et prédateur qu’il se consacre à des entreprises “légales”, ou bien à celles que l’on appelle “illégales”.

La seule motivation des capitalistes est leur désir insatiable de profits. Ils sont prêts à tout pour de l’argent c’est d’ailleurs pour cela que les rapports entre capitalistes “légaux” et le “crime organisé” sont si étroitement liés.

Nous ne pouvons remettre ni nos vies ni celles de nos êtres chers entre les mains de l’État/Mafia, car ce sont eux les responsables du génocide et des massacres que nous respirons quotidiennement. En tant qu’anarchistes nous menons une guerre contre le pouvoir, contre tout ce qui essaie de conditionner les individus et de les éloigner d’eux-mêmes.

C’est pour cela que nous mettons le feu à toutes leurs cages, que nous sabotons leurs marques commerciales que nous attaquons les symboles de leurs sociétés. Les villes, nous les prenons d’assaut parce que l’urbanisation est le summum de l’enfermement massif, de la privatisation des ressources économiques. Y compris les transports publics sont un symbole qui ne cesse de rappeler au marginalisé qu’il n’est pas le bienvenu dans les grands centres urbains. L’augmentation du prix du métro, le monopole par une seule et même entreprise qui tente d’accaparer tout le marché des transports en commun en ville, imposant son schéma terrestre de transport sont autant de symptômes de la privatisation totale des villes.

En ces temps d’ère technologique, la prison est un lieu banalisé pour tous, c’est pourquoi nous devons inventer des chemins et des voies qui nous aident à vivre en marge, réinventer nos vies chaque jour en nous les réappropriant.

En guerre, jusqu’à ce que nous soyons tous et toutes libres !
Fernando Bárcenas

Traduit par Amparo et Les trois passants

Source : Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Fernando Bárcenas Castillofer est un jeune anarchiste, musicien et étudiant du Collège de Sciences Humaines, siège Vallejo – ville de Mexico. Il a 20 ans et a été arrêté le 13 décembre 2013, dans le cadre des protestations contre l’augmentation du prix des billets du métro. Il a été accusé d’avoir mis le feu à un l’arbre de Noël de l’entreprise Coca-Cola, depuis lors il se trouve dans la prison Nord à Mexico. En décembre 2014 il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison pour les délits d’attaques à la paix publique et association délictueuse, il a fait appel et il est dans l’attente de la décision. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

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[Mexique] Journée de lutte en prison: Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas, Abraham Cortés et Miguel Betanzos

Mexique : Journée de lutte en prison ; Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas et Abraham Cortés en grève de la faim.
Miguel Peralta Betanzos entame un jeûne.

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Depuis le 28 septembre les compagnons Fernando Bárcenas et Abraham Cortes, détenus à la prison préventive Nord, Luis Fernando Sotelo, détenu à la prison préventive Sud de la ville de Mexico et Miguel Peralta Betanzos dans la prison de Cuicatlán de l’état de Oaxaca ont débuté une journée de lutte anti-carcérale depuis l’intérieur de la prison.

Les trois compagnons à Mexico se sont déclarés en grève de la faim, alors que Miguel lui, entamera un jeûne.

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué signé par notre compagnon anarchiste Fernando Bárcenas et Abraham Cortés.

28 septembre 2016

Aux compagnon-ne-s rebelles

Aux peuples et communautés sur le pied de guerre

Aux esclaves émancipé-e-s

A ceux et celles qui se sentent concerné-e-s par ses positions et ces paroles…

Pour une libération totale, nous déclarons aujourd’hui une grève de la faim indéfinie comme acte d’autodétermination et d’incitation à la révolte généralisée. Parce que tout simplement, nous ne pouvons plus continuer à assister jour après jour, au génocide de nos communautés et de nos peuples.

Il existe dans cette société une réalité occulte ; la démocratie est un coup d’état qui n’embusque pas ses tanks dans les lézardes mais les remplace par des caméras de télévision et des micros de journalistes. La démocratie gouverne par le pouvoir de sa propagande et c’est pour cela que nous soutenons que la démocratie est la technique et la science qu’utilise le pouvoir pour qu’elle ne soit pas perçue comme une oppression, le capitalisme en est le chef et la démocratie son attaché de presse.

C’est pour cette raison que nous ne nous adressons ni aux médias ni aux classes dominantes, nous parlons et nous nous adressons à nos compagnon-ne-s de l’immense bagne appelé Terre, à ceux qui comme nous, sont les fils de la guerre dû au simple fait qu’ils sont nés dépourvus de tout.

Mais ces paroles n’ont aucune intention d’instrumentaliser leurs forces rebelles et encore moins de les unifier sous un quelconque drapeau, mais bien plutôt d’ouvrir un lien de communication, un espace de syntonie de luttes et de tout ce qui peut émerger de toutes parts comme contestation et actes d’auto-détermination.

Il nous semble et dans notre perspective, que là où il y a autorité la prison existe et c’est pour cette raison que la prison est bien plus qu’une simple structure physique qui s’impose à nous par l’image des murs et des barbelés. La prison, de notre point de vue est constituée par la société toute entière alors que les prisons physiques ne sont qu’une expression concrète de l’isolement social qui nourrit et légitime le pouvoir.

L’urbanisme (par exemple) est la représentation même de l’emprisonnement massif ou, ce qui revient au même, de la fortification de l’espace urbain qui s’accompagne de l’extermination des classes populaires les plus marginalisées et qui se présente aujourd’hui comme partie intégrante de la phase ultime géo-historique du capitalisme techno-industriel. (Ultime effort de restructuration dans cette étape de crise durant laquelle, la seule façon de consolider sa domination est la guerre).

Désormais nous ne pouvons plus croire à leurs mensonges parce que leur « monde merveilleux » n’existe pas autour de nous ; ils nous traitent de délinquants comme ils ont appelé sauvages les premiers habitants de l’Amérique justifiant ainsi leur génocide ; ce qui se passe quotidiennement dans nos quartiers est une guerre coloniale qui cherche à apaiser l’effervescence révolutionnaire de nos semblables par des tactiques aussi viles que le déversement massif de drogues et d’armes entraînant immanquablement l’arrivée de troupes d’occupation toujours plus nombreuses dans nos quartiers et nos communautés. Tout cela est en relation directe avec l’augmentation de la pauvreté et de la carence éducative et sanitaire dans les communautés et les quartiers populaires. Entraînant comme résultat une hausse de l’indice de criminalité ce qui justifie alors la répression par l’appareil politico-militaire de l’État, la prison devenant un monument au massacre, immense décharge sociale où l’on y élimine tout ce qui déplaît ou dérange le système capitaliste….

Il y a actuellement 226 mille prisonniers dans le pays et bien que les prisons soient surpeuplées, le taux de criminalité ne baisse pas, bien au contraire, il augmente ou reste stable. Par conséquent le problème n’est pas dans les 226 mille personnes détenues mais bien dans la société techno-industrielle qui a besoin de justifier le massacre

La prison est une entreprise qui légitime la guerre contre les pauvres et protège de l’extermination la société basée sur l’accumulation capitaliste.

Et quel est le prétexte pour mener cette intervention de façon masquée ? Il suffit que les quartiers soient dévastés par le crime, les braquages, les vols, les meurtres et les troubles, « les rues ne sont pas sûres », alors les mairies, les conseils municipaux se retrouvent d’accord avec les résidents qui demandent « plus de protection », sans prendre la peine d’analyser le contexte de cette guerre sale.

C’est un fait évident que les victimes du fléau de la drogue sont les responsables des crimes qui ont lieu dans les quartiers, on ne peut nier ce fait. Mais avant de réclamer en sautant de désespoir « plus de protection policière » souvenons-nous plutôt qui a imposé ce fléau dans nos quartiers et communautés. Il vaudrait mieux se souvenir à qui, en dernière instance, sert l’addiction des gens aux drogues ; il vaudrait mieux se souvenir que la police sont des troupes d’occupation envoyées dans nos communautés par la classe dominante, non pas pour protéger la vie des gens pauvres mais bien pour protéger les intérêts et la propriété privée des capitalistes.

La police, les politiciens et les chefs des grandes entreprises sont ravis de voir les jeunes prolétaires être victimes de ce fléau, et cela pour deux raisons, la première parce que le trafic de drogues est une entreprise économiquement rentable, la deuxième est qu’ils se rendent compte que tant qu’ils peuvent maintenir nos jeunes aux coins des rues « charbonnant » pour une dose, ils n’auront pas à s’inquiéter de nous voir livrer une bataille efficace de libération.

La police ne peut résoudre le problème car elle fait partie du problème, pas plus que les institutions du système ne peuvent résoudre les problèmes sociaux, économiques et politiques de la population, parce que ce sont eux qui les fabriquent et s’en nourrissent. La « guerre contre les drogues » n’est rien d’autre qu’une doctrine de contre-révolution chargée de maintenir et renforcer la domination, l’exploitation, l’emprisonnement des classes sociales les plus opprimées du prolétariat.

Nous sommes les seuls à être capables d’éradiquer le fléau de nos communautés et c’est pour cela qu’au lieu de collaborer avec cette société malade et décadente nous avons décidé d’y vivre en marge pour construire un monde de nos propres mains et cela passe nécessairement par l’organisation révolutionnaire du peuple.

Libère un espace, oKupe, arme-toi et prends soin de tes proches.

Plus il y aura d’actes de ce type, fragmentés et désordonnés sans aucun centre, mais faisant référence à mille centres, chacun auto-déterminé, alors ils sera beaucoup plus difficile de les réduire à une formalité et récupérables par le système technologique.

Nous vivons une ère technologique dans laquelle le capitalisme se restructure au travers d’applications technologiques du système de contrôle social et tout cela a modifié le monde de façon déterminante.

La réalité virtuelle de besoins fictifs s’est déjà imposée, les intérêts du prolétariat ont été brisés en mille morceaux et se perdent dans les méandres de la réalité virtuelle. La démocratie elle-même est une de ces réalités virtuelles comme toutes les autres.

Il est évident qu’un système de ce type ne peut être sauvegardé qu’à travers la transmutation des habitants du territoire en agents police du système, aucun autre appareil répressif ne saurait mieux en garantir la défense.

C’est pour cela que l’État/capital technologique/moderne ne peut être détruit sur le territoire que par la montée généralisée de l’insurrection.

La réponse est donc, on ne la trouvera pas dans les théories, mais concrètement dans les exigences et nécessités des exclus du système, les insoumis, enfin dans les lynchages sociaux qui sont les fruits naturels d’une société divisée entre privilégiés d’un côté et asservis de l’autre.

La rébellion aussi est un fait naturel qui ne vient pas d’être découvert par les anarchistes ni les autres révolutionnaires.

Mais cette rébellion n’est pas directement transposable aux vieux programmes et manuels « révolutionnaires » la rébellion de nos jours est atomisée, désordonnée, une fin en soi.

Pour nous, en tant que rebelles sociaux, l’insurrection est un rejet total des idéologies tant qu’elles font partie du système qui nous opprime.

Pourvus de cette méthodologie basée sur la pratique de l’action directe, dans le conflit permanent et l’auto-organisation des luttes, sans acceptation aucune de modérateurs, alors de larges possibilités de débouchés insurrectionnels restent ouvertes.

De ce point de vue, il est clair que l’anarchisme n’est pas une idéologie mais une forme concrète de s’opposer à ce qui existe pour en obtenir sa destruction totale et définitive.

Nous sommes donc pour la révolte permanente, pour l’insurrection généralisée, seule façon de rendre impossible l’émergence d’un pouvoir centralisé.

Nous lançons ce cri de guerre, comme une forme de défense de la lutte des prisonniers étasuniens et par là-même de solidarité avec les compas afro-américains qui comme nous, vivent le génocide de la drogue.

Solidarité avec les peuples et les communautés rebelles

Solidarité totale avec notre compagnon Luis Fernando Sotelo Zambrano.

Pour la libération totale! Pour la destruction de la société carcérale !

Trois ans après l’enfermement de Abraham Cortés Ávila, le 2 de Octobre 2013.

Fernando Bárcenas.
Abraham Cortés Ávila.

Traduit par Amparo et Les trois passants

Source Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Miguel Ámiguelflomngel Peralta Betanzos est un jeune indigène mazatèque, anarchiste et membre de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca. Le jeudi 30 avril 2015, vers 5 heures et demie de l’après-midi, Miguel, membre de l’Assemblée Communautaire, a été arrêté au centre-ville de Mexico.

Plus d’infos

ferzamLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 20 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après 1 an et 9 mois de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné en première instance à 33 ans et 5 mois de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€). Plus d’infos

portabrahamAbraham Cortés Ávila a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco, il est le seul à rester en prison après les arrestations du 2 octobre 2013. Abraham faisait face à une accusation de tentative d’homicide, pour avoir supposément lancé des cocktails Molotov contre les lignes de policiers anti-émeutes. Ceci en plus d’une autre accusation pour attaques à la paix publique en bande. Pour ces accusations, le compagnon avait été condamné à 13 ans et 4 mois de prison ; cependant, grâce à une procédure en appel (Amparo) qu’il a mené, une nouvelle sentence a été prononcée de 5 ans et 9 mois pour le délit d’attaques à la paix publique en bande, car l’accusation de tentative d’homicide a été rejetée. Abraham se trouve dans la Prison Nord de la Ville de Mexico. Plus d’infos

Depuis la Prison Nord de la ville de Mexico

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Le compagnon anarchiste Fernando Bárcenas Castillo appelle à se solidariser avec les prisonnier-e-s qui vont commencer une grève de la faim aux États-Unis le 9 septembre 2016.

Lettre ouverte aux compagnon-ne-s

Note : L’utilisation du mot prison dans ce texte, se réfère à tout les endroits artificiels dans lesquels on nous domestique pour nous insérer de force dans le système de production capitaliste. C’est une contribution pour approfondir la réflexion de tous les être vivants aux mains des puissances économiques et du projet technologique…

Compas, je vous salue d’un amour insurrectionnel pour vous faire parvenir ces paroles de guerre, tout en saluant aussi les jours de l’insurrection qui vient, parce que les idées fleurissent dans les champs comme les fleurs que nous ne devons pas arrêter de cultiver…

Nous ne savons pas si la victoire existera, mais ce que nous savons c’est qu’ils n’occuperont pas nos rêves et nos vies…

Le seul vrai moment de liberté c’est lorsque nous nous battons pour la liberté, parce que nous préférons mourir plutôt que d’accepter cette façon de vivre. Sans nous en rendre compte, nous sommes déjà libres, parce que rien n’occupe nos têtes sinon le seul désir d’incendier la réalité…

Mais qu’est qui se cache derrière la guerre destructrice, derrière la sombre obscurité de l’esprit humain ? Ne serait-ce pas le reflet et la manifestation poétique d’êtres se réappropriant leurs vies et influençant de manière active l’organisation de la vie quotidienne ?

Si chaque individu se vantait d’être “libre”, il se rendrait compte de sa condition, ce serait le début de la dernière guerre, notre dernière opportunité.

J’ai appris que c’est au cours de la vie quotidienne des peuples que les postulats d’une force réelle se concrétisent, capable de s’opposer et de nier le capitalisme.

Ceux sont de simples articulations d’idées et d’actions. Nous ne voulons pas être attirants pour les masses modernes consommatrices, c’est pour cela que je crois qu’il peut exister une forme réelle d’auto-organisation uniquement entre les gens les plus mal-traités et marginalisés, ceux qui vivent quotidiennement en guerre mus par l’instinct et le sentiment, plus que par la raison…

Puisqu’une conscience vierge est plus sauvage et n’est pas tant manipulée par les systèmes éducatifs, elle est toujours plus propice à prendre une orientation anarchique…

Comme son instinct lui en donne l’intuition, ils se sentent poussé-e-s vers la désobéissance. Il faut seulement provoquer « l’étincelle » qui allumera l’incendie…

Mais généralement, pour faire réfléchir, un prisonnier-e, par exemple, nous nous trouvons dans la situation que les simples paroles ne suffisent pas parce que c’est quelqu’un-e qui vit quotidiennement la guerre et qui connaît les scénarios, même beaucoup mieux que nous et cela n’arrive pas par des paroles, sinon par des actions et des attitudes réelles, cohérentes avec ce que nous pensons et ce que nous disons.

Beaucoup questionnent les « tactiques » et les « méthodes » comme s’il s’agissait d’une compétition et quand je dis cela je ne dis pas qu’il faille s’isoler et éviter la critique consciente, sinon bien au contraire. Le seul problème est qu’il faut que nous arrachions, tel un collier autour du cou, les influences bourgeoises qui historiquement contaminent les formes d’organisation de ceux qui se nomment libertaires…

Radicalement opposé, je pense qu’il n’est pas nécessaire de penser tout les aspects de la vie. La révolution sociale se construit quotidiennement, sans manuels, sans dogmes, tant dans la coexistence sociale, que dans l’ombre et pas parce que ça doit être ainsi par décret révolutionnaire, mais bien parce que le mot révolution signifie pour moi et pour beaucoup d’autres aussi, je le sais, prendre activement part dans cette guerre. Mais toujours à notre façon et c’est pour cela même que nous ne pouvons laisser passer aucune doctrine, idéologie scientifique ou religieuse, vu que l’apprentissage et les connaissances s’acquièrent dans les tranchées populaires, dans l’expérimentation dans la confusion, dans la spontanéité, dans la confusion. Nous ne voulons pas de normes, ni de buts fixes, vu que ce serait notre propre condamnation à l’ignorance et à l’esclavage….

Le problème des grandes civilisations qui ont existé jusqu’à présent, c’est que toutes ont basé leur vision du monde sur des sciences exactes et quantifiables…

L’humain se sent si antagonique face à l’insignifiance de son existence face à l’abandon absolu de vivre dans un régime pénitencier dans les villes et les prisons qu’il cherche alors refuge et soulagement en essayant de donner un « ordre » fictif à la vie. Il cherche à comprendre tout et à le réduire à son monde et à sa taille. Si nous ne nous focalisons pas uniquement à profiter de l’exquise existence, nous trouverons le soulagement de tous les maux générés en nous par la domestication des civilisations. Toutes les guerres et les catastrophes, que l’humain a amené à cette terre en voulant naïvement rompre l’ordre naturel de la vie, auraient pu être évitées.

Et c’est pour cela que dans cette guerre imposée, dans laquelle nous vivons et souffrons esclavage et misère aux mains de quelques uns qui, au nom du capital, s’arrogent le droit de diriger notre existence, il n’est pas encore trop tard pour se rendre compte que les siècles d’histoire qui nous précédent nous ont enseigné que peu importe la forme de gouvernement c’est toujours la même chose : la justification du droit de limiter et de punir pour exploiter…

Même le plus primitif des organismes vivants sait de manière instinctive que s’il n’est pas capable de s’adapter à son environnement, il finira par s’éteindre. Et la question serait donc : l’humain sera-t-il capable de s’adapter aux conditions de vie artificielle que lui impose l’environnement techno-industriel ?

Dans la nature sauvage et en nous-même existent les composants qui rendent possible la vie telle que nous la connaissons et c’est pour cela qu’il est absurde que nous pensions à posséder toutes les ressources naturelles et matérielles que nous rencontrons dans notre entourage. C’est une vision coloniale et anthropocentriste de voir la vie et c’est pour ça que sa reproduction mènera sous peu à l’édification du principe d’autorité et de pouvoir, avec pour conséquence l’esclavage et la guerre…

Notre participation à la guerre doit être donc radicalement différente aux méthodes impérialistes de guerre… Ce n’est pas la guerre pour la guerre, ce n’est pas la guerre pour elle-même sinon notre défense sauvage…

C’est un appel à la solidarité révolutionnaire contre l’esclavage et l’extermination que nous impose le pillage économique… en Amérique du nord, Amérique latine, Moyen-orient, Europe et dans tous les endroits qui sont atteints par la civilisation, à l’intérieur des prisons mexicaines, qu’ils sachent que nous nous préparons, mais les actions le démontreront…

En guerre aux côtés de nos frères prisonniers, esclaves des État-Unis qui sont en train de mettre en place et de coordonner une grève nationale dans les prisons d’Amérique du nord pour le 9 septembre 2016 et avec tou-te-s les autres prisonnier-e-s et esclaves dans les prison extérieures….

Jusqu’à ce que nous soyons tou-te-s libres.

Fernando Bárcenas Castillo

Traduction Les trois passants / correction Amparo

Source Croix Noire Anarchiste Mexico

+ D’infos sur Fernando Barcenas

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Appel à l’action anarchiste internationale en solidarité avec la grève des prisonnier-e-s aux États-Unis: Le 9 septembre [45eme anniversaire de la rébellion de la prison d’Attica], des prisonnier-e-s à travers les États-Unis entameront une grève qui consistera en un arrêt général du travail contre l’esclavage pénitencier. Pour faire court, les prisonnier-e-s refuseront de travailler ; illes refuseront de continuer à faire tourner les prisons par leur propre labeur. Les prisonnier-e-s ne luttent pas juste pour de meilleures conditions ou pour un changement du règlement des conditionnelles, mais contre l’esclavage pénitencier. Les prisonnier-e-s soutiennent que sous le 13è amendement qui abolit l’esclavage racial, ce-dernier permet à des êtres humains d’être exploités pour rien ou pratiquement rien tant qu’illes sont prisonnier-e-s. Les prisonnier-e-s voient ainsi le présent système d’esclavage pénitencier comme une continuation de l’esclavage racial, système qui génère des milliards de dollars de profit chaque année pour de grandes sociétés des industries clés comme celles des combustibles fossiles, les fast food, les banques, et l’armée américaine. Lire la suite sur contrainfo

Amour pour la liberté: Fernando Barcenas

Ecrits de prison

Liberté Totale

Compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

– Fernando Barcenas –

fanferdernier8cliquez sur l’image pour télecharger le fanzine

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Fanzine : « Là où commence l’État, la liberté de l’individu prend fin »

Présentation du Fanzine de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo

À un an de réclusion:
« Là où commence l’État, la liberté de l’individu prend fin »

ferFANCIN2Ce fanzine a été diffusé à l’intérieur de la prison Nord « Reclusorio Norte » de la ville de Mexico. Le but : créer une réflexion au sein de la population carcérale sur le fait que la prison va au-delà des barreaux, sur l’État et son rôle dans le conditionnement de la liberté, une et indivisible, sur les délits, le terrorisme d’État ; ces thèmes sont les lignes d’analyse de notre compagnon. Par ce genre de fanzines, Fer cherche à lancer le débat, la réflexion sur la prison qui, pour lui, se prolonge au-delà des murs et se répand à travers les institutions, et sur les appareils de répression dont dispose l’État. A part le journal « El Canero » crée aussi par Barcenas, un projet de bibliothèque à l’intérieur de la prison nord commence à prendre forme, toujours en coopération avec les copains qui se bougent à l’extérieur.

« Je voudrais défendre ici ma posture en tant qu’anarchiste et l’anarchisme en tant que tel, suite à une série de critiques qui ont été formulées à son encontre. Beaucoup savent (grâce aux médias de désinformation) que j’ai été condamné à 5 ans et 9 mois de prison, accusé d’avoir incendié une publicité commerciale ayant pour forme un arbre de noël. Non contents de l’étalage public de ces faits, ils ont utilisé cette information pour diffamer et salir une fois de plus le concept d’anarchie. Premièrement et sans tomber dans des concepts ambigus ou intellos, je commencerai par dire que je ne cherche pas me présenter comme « le gentil de l’histoire ». Je ne me considère ni coupable, ni innocent; en effet, accepter l’un ou l’autre impliquerait une complète reconnaissance de l’utilité et de la pertinence du système pénitentiaire et de ses outils légaux, ce qui n’est pas mon intention étant donné que je nie complètement tout ordre légal et répressif imposé à la liberté afin de la détruire et de construire une longue et interminable chaîne d’oppression… » Cliquez ici pour télécharger le fanzine

Nous remercions vivement Caracol Solidario et Val pour les corrections et relectures, merci à la Croix Noire Anarchiste de Mexico, le groupe de soutien de Mario Gonzalez, et surtout merci à Fer de nous avoir fait  confiance !

Bonne lecture !

Les trois passants

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[Mexico] Fernando Bárcenas : Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !
En hommage à Ricardo Flores Magón **
Texte de Fernando Bárcenas – Prison Nord de la Ville de Mexico
Novembre 2015

rfm1Bien des idées me viennent à l’esprit, lorsque je pense à la révolution sociale qui eut lieu sur ces terres il y a bien des années ; et comme toujours les lézardes de l’histoire cachent les choses, elles rendent muettes comme toujours les voix les plus libératrices… et il n’est pas fréquent d’avoir une conversation ouverte dans laquelle le germe du patriotisme ne soit pas inoculé ; c’est pour cela que je salue ceux qui s’enthousiasment y compris avec des rêves et des souvenirs, je les salue parce que c’est chez vous, chez nous… que se trouve la réponse…

S’il est vrai qu’ils nous domestiquent quotidiennement dans chacun de nos agissements, il est tout aussi vrai que nous contribuons quotidiennement à ce que cela ne se produise pas.

Leur système ne peut pas tous nous atteindre… et comme cela s’est produit à d’autres époques, aujourd’hui aussi, il existe des rebelles partout dans le monde, dans chaque recoin il existe des personnes disposées à peser sur leur environnement.

Tous les événements s’ils sont accidentels, ne peuvent exister que comme le résultat d’actions et de circonstances précises…

Nous sommes partie intégrante d’une totalité et nos actions quotidiennes sont celles qui déterminent ce qui arrivera dans notre environnement.

Nous en sommes là et c’est de nous que dépend nos destinées. Dans chaque partie du monde quelqu’un conspire et nous nous devons de prendre au sérieux notre action sur la terre puisque chacun des rapports sociaux peut être le début d’une révolte, cela dépend de la façon dont nous nous y prendrons pour forger nos destins… Je pense que bien des personnes soumises à ce système l’ont compris à un moment donné et c’est bien normal parce que les actes anti-sociaux, les conduites agressives, sont des ripostes naturelles à l’imposition de la soumission et à la « discipline ».

Il n’est pas besoin d’être un professionnel, ni un expert pour savoir quand la liberté nous manque, ce bien si profond, si précieux, inexplicable et indéfinissable.

Déclarons la guerre à ce système invisible qui n’existe que dans nos têtes, alors chaque obstacle, chaque acte, chaque rapport social casse les paradigmes les plus parfaits érigés sur la famine et la misère, la perte de nous mêmes et ne nous laisse plus que la haine, la rancune et la rage envers nos despotes.

Démontrons-leur de quoi nous sommes capables nous qui n’avons plus rien à perdre … en s’attaquant à leur structure idéologique..

En anéantissant leurs valeurs morales et juridiques… en agissant envers les nôtres afin de contribuer à ce que de plus en plus de personnes libérées fassent l’expérience de la révolte dans leur propre chair, pousser par leurs frères qui se rebellent et mettent en évidence la faiblesse du système, de combien il est facile et jubilatoire de vivre sans chaînes, sans ce maudit embrigadement de la pensée…

C’est pourquoi je pense que cette date, bien plus que de nous rappeler l’anniversaire de la mort d’un personnage, doit bien plus nous inciter à l’action, à la réflexion de ce que nous sommes aujourd’hui et comment nous contribuerons aujourd’hui à affronter ce qui se présente à nous, nous sommes les acteurs de cette guerre contre l’imposition du totalitarisme.

Hommage à Ricardo Flores Magón et à la trajectoire de lutte du Parti Libéral…

Il n’y a déjà presque plus ni Terre ni Liberté !

C’est pourquoi nous qui sommes ce qui reste de cette résistance, nous devons nous battre à nouveau pour freiner ce massacre économique.

Il n’y a déjà plus aucun futur pour ce monde !

Destruction de la société carcérale !

Solidarité avec tous les prisonniers humains et non humains qui souffrent des conséquences du capitalisme impérialiste.

Fernando Bárcenas

20 Novembre 2015

*Le journal anti-carcéral « El Canero » est une proposition lancée par le compagnon Fernando Barcenas Castillo Ce journal a pour but de voler, de voyager, d’être partagé avec d’autres personnes et d’autres prisonnier-e-s. Le Canero n° 3 est désormais traduit en français. Pour télécharger le journal cliquez ici Le Canero n° 4 est en cours de traduction [ bientôt en ligne ]

**Du 18 au 21 novembre 2015, dans le cadre de l’anniversaire de la mort de l’anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon, diverses activités et rencontres ont eu lieu au Mexique. Fernando Bárcenas a écrit cette lettre en hommage à Ricardo Flores Magón.

Magón est né le 16 septembre 1873 à Eloxochitlán (État d’Oaxaca) et mort le 21 novembre 1922 au pénitencier de Leavenworth au Kansas, États-Unis. Il est à l’origine du mouvement le plus radical de la Révolution mexicaine, le magonisme. À la tête du Parti libéral mexicain (PLM), il devient le fer de lance de l’opposition au régime autoritaire et corrompu de Porfirio Díaz. Durant son exil aux États-Unis, où il fuit la répression, il manifeste son adhésion à l’idéal anarchiste. Ennemi acharné de l’autorité, du capitalisme et de l’Église, il consacre sa vie à la lutte contre l’oppression du peuple mexicain et, par extension, de l’humanité dans son ensemble. Militant politique, propagandiste, journaliste, Ricardo Flores Magón est aussi l’auteur de nombreux contes, publiés dans le journal qu’il dirige; « Regeneración » Lire la suite

Traduction Amparo/ les trois passants / correction Val

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

[Mexico] Fernando Barcenas met fin à sa deuxième grève de la faim

 

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Après 22 jours sans ingérer d’aliments, le compagnon Fernando Bárcenas a mis fin à sa deuxième grève de la faim. Le compagnon était en grève pour exiger qu’il lui soit permis de rester dans une zone ayant les conditions nécessaires à sa récupération totale, suite à la précédente grève de la faim qu’il avait menée avec d’autres compagnons de la C.I.P.RE. (Coordination Informelle de Prisonniers et Résistance) du 27 juin au 18 août dernier [53 jours de grève].

Son état de santé est délicat, puisqu’il présente une malnutrition sévère, laquelle provoque nausées, crampes et douleurs dans tout le corps. Nous rappelons que pendant sa première grève de la faim, il avait perdu environ 10 kilos et pendant la deuxième, il a perdu environ 3 kilos en plus. Selon le rapport d’un spécialiste qui l’a examiné, il a une fracture au maxillaire inférieur dû aux coups qu’il a reçus de la part des matons quand ils l’ont transféré de l’hôpital de Tepepan vers la prison Nord. La fracture nécessite une intervention chirurgicale, mais en raison de la faiblesse extrême de Fernando, les médecins de l’équipe solidaire recommandent d’abord une récupération totale.

 Fernando a décidé de mettre fin à sa grève après que la direction de la prison s’est engagée à lui permettre de rester dans la zone des arrivées jusqu’à ce que sa santé soit rétablie. Nous savons de quoi sont capables les autorités, en d’autres occasions elles n’ont pas tenu parole. Nous ne leur faisons pas confiance. C’est pour cela que nous lançons un appel à rester attentifs à la situation, en effet la santé de notre compagnon en dépend.

À bas les murs des prisons !
Croix Noire Anarchiste de Mexico

Lettre de Fernando après 22 jours de sa deuxième grève de la faim, depuis la prison Nord de la Ville de Mexico

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Aux compagnons rebelles :

Par ce moyen, je vous fais savoir, qu’aujourd’hui, après déjà 22 jours de cette nouvelle grève de la faim, je me permets de vous transmettre un ferme cri de guerre, d’insubordination et de refus, d’instinct contre toutes tentatives de domestication…

Alors, que je me tourne vers vous, vers la société qui combat quotidiennement la violence et les tortures marginales…

Je me tourne vers vous, pour vous encourager à répondre concrètement aux « autorités » afin de leur donner, une fois pour toutes, un coup effectif avec toute la force des énergies sociales.

Ainsi, je vous communique formellement, que j’abandonne cette grève, avec détermination et avec une posture de rejet contre toute forme de domination.

-Fernando Bárcenas Castillo-

Plus d’infos

Mexico: La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement.

Tradui par les trois passants et Amparo

Mexico: La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement.

 

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La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement. Rapport médical et message depuis la Prison Nord

Fernando Bárcenas ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout, quinze jours plus  tard, le jeudi 10 septembre 2015, le compagnon Fernando Bárcenas s’est à nouveau déclaré en grève de la faim, il est dans un état critique.

19 septembre 2015

Message de Fernando Barcenas depuis la Prison Nord

Après 9 jours de cette grève de la faim, je suis dans un état un peu diminué mais avec la détermination et la conviction qui grandissent comme augmente la haine sous la pression et le sentiment permanent de bellicosité et d’esprit insurrectionnel. L’attitude de l’institution qui continue de harceler et d’allonger les délais pour répondre aux propositions qui reflètent notre conviction a fait que cette grève doit se prolonger.

Cependant cela ne doit pas nous décourager, au contraire nous devons continuer à pratiquer et à propager la solidarité révolutionnaire.

En avant ! La victoire ou la défaite, peu importe !
En avant ! Même si lors de notre marche pour la vie nous trébuchons sur la mort !
Pour la destruction de la société carcérale.
Avec rage et amour pour l’anarchie.

Fernando Barcenas

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La santé de Fernando Barcenas se détériore rapidement – Rapport médical – Croix Noire Anarchiste de Mexico

Cela fait 9 jours que Fernando Barcenas a repris sa grève de la faim, l’équipe des médecins solidaires qui l’ont examiné le 18/09 rapporte que sa santé est dans un état critique, il présente une perte excessive de sa masse musculaire et suite à une analyse d’urine ils ont déterminé qu’il souffre d’une dénutrition sévère. De plus le compagnon présente des douleurs, des crampes et des nausées.

Hier, il devait être conduit devant le Conseil Technique, avec un autre compagnon de la CIPRE lui aussi en grève de la faim, pour un examen de sa situation et qu’une décision soit prise concernant son exigence de pouvoir rester dans la zone des arrivées pendant son rétablissement. Cependant cela n’a pas eu lieu. L’institution a utilisé comme prétexte la soi-disante agression contre un gardien de la part des compagnons de la CIPRE.

Quand les proches de Fernando ont interrogé à ce sujet les représentant de la Commission des Droits de l’Homme de la Ville [de Mexico], ces derniers se sont limités à répondre qu’il y a un règlement intérieur et que dû au comportement rebelle des compagnons, ceux-ci avaient perdu l’opportunité de passer devant le Conseil. De plus ils ont accusé Fernando d’être responsable de sa propre situation : « S’il est dans cet état, c’est du fait de sa propre décision ».

Il est urgent de montrer notre solidarité.
Aucun prisonnier-e n’est seul !

Croix Noire Anarchiste de Mexico

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Fernando Bárcenas et Jose Hernández, ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout. À coup de matraques, les compagnons ont été transférés de l’hôpital vers la prison Nord, alors qu’ils étaient dans une situation de santé délicate, perte de pois, faiblesse musculaire, douleurs dans tout le corps… les conditions médicales ont été plus que déplorables, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit considérablement. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Un rapport médical établi par les médecins solidaires démontre un arbitraire sans limite, une complicité total entre le personnel, les médecins d’office et la commission des droits de l’homme, tous à la solde des autorités pénitentiaires. La consigne : faire payer Fernando coûte que coûte

Rapport sur l’état de santé de Fernando Barcenas Lire la suite

Mexico: Fernando Bárcenas Castillo à nouveau en grève de la faim

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Fernando Bárcenas et Jose Hernández, ainsi que d’autres prisonniers de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance avaient entamé une grève de la faim qui a duré 53 jours en tout. À coup de matraques, les compagnons ont été transférés de l’hôpital vers la prison Nord, alors qu’ils étaient dans une situation de santé délicate, perte de pois, faiblesse musculaire, douleurs dans tout le corps… les conditions médicales ont été plus que déplorables, leur accès à la consommation de liquides, d’électrolytes, de miel et d’agrumes a été réduit considérablement. Il leur a été uniquement permis de consommer 1 litre d’eau, 3 cuillères de miel et 1 citron par jour. Un rapport médical établi par les médecins solidaires démontre un arbitraire sans limite, une complicité total entre le personnel, les médecins d’office et la commission des droits de l’homme, tous à la solde des autorités pénitentiaires. La consigne : faire payer Fernando coûte que coûte.

Infos diffusées par la Croix Noire Anarchiste de Mexico

La direction de la Prison Nord a entravé le processus de repos et de récupération entamé par Fernando après la grève de la faim, en le plaçant dans la zone de population générale et en lui changeant de dortoir. C’est pourquoi, depuis le jeudi 10 septembre 2015 le compagnon Fernando Bárcenas s’est à nouveau déclaré en grève de la faim.

Le compagnon raconte qu’après avoir été transféré de la Tour Médicale de Tepepan, il a été à nouveau placé dans le dortoir qu’il avait occupé avant d’entamer la grève. Il faut rappeler aussi que durant ce transfert Fernando et José Hernández ont été frappés par les gardiens et tous les deux se plaignaient de douleurs sur tout le corps et au visage. De plus, ce transfert [de l’hôpital vers la prison] a été effectué alors qu’aucun d’eux n’avait récupéré physiquement. Lire la suite

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Communiqué du transfert des compagnons de la C.I.P.RE [Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance] vers la prison Nord de la ville de Mexico et rapport médical.

Par Fernando Bárcenas, septembre 2015

Il y a quelques jours, je menais une grève de la faim qui aura duré 53 jours en tout ; cette situation a compliqué mon état de santé et j’ai dû être transféré à la tour médicale de Tepepan [prison-hôpital]. J’ai fait face aux mauvais traitements de la part du personnel administratif qui à plusieurs reprises a cherché à nous faire abandonner la grève de la faim, au harcèlement policier et à la négligence du personnel médical (médecins et infirmières),qui a essayé de nous changer de dortoir. Il a fallu nous confronter aux gardiens de prison, qui utilisent la force pour nous dissuader de défendre nos droits.

Par la suite, le personnel a menacé de nous mettre à l’isolement ou bien de nous transférer, c’est-à-dire se défaire du problème sans se préoccuper de l’état de santé de personne.

Dans la nuit du 31 août, ils sont venus nous informer de notre sortie de l’hôpital. Cela a été décidé arbitrairement par le personnel de sécurité, sans la moindre explication d’un médecin. J’ai contesté cette procédure : comme le médecin n’est jamais venu, j’ai refusé de manière pacifique de quitter l’hôpital. Les matons de Tepepan ont répondu comme d’habitude par l’intimidation ; comme nous ne cédions pas à leur chantage institutionnel, ils ont appelé des renforts en provenance de la zone féminine ainsi que des agents de sécurité de l’unité de réaction immédiate (URI). Au total, nous étions entourés par environ huit matons accompagnés de la sous-directrice de la prison ; tous ont essayé de nous faire sortir mais face à notre refus, ils m’ont poussé par terre avec un autre compagnon.Une fois par terre,ils nous ont tabassés à plusieurs reprises, sur le dos, les jambes et la tête ; ils ont essayé de nous séparer mais nous nous sommes serrés les uns contre les autres. Ils nous ont relâchés un moment en nous disant que nous allions tous y passer.

Ensuite, ils ont appelé par talkie-walkie les gardes de la prison nord. Deux gardes de la Prison Préventive Masculine du Nord sont venus [ RPVN-Ville de Mexico] et de façon agressive ont insinué qu’en arrivant à la prison Nord j’allais être tabassé «  si je faisais chier ». Comme je ne descendais pas, attendant qu’un médecin m’explique la raison de mon transfert, les gardes sont à nouveau intervenus par la force et nous ont séparés à coups de poing, nous ont amenés vers l’assenceur et, une fois les portes fermées, m’ont tabassé une fois de plus, ont apporté mes affaires et m’ont fait monter dans une camionnette avec d’autres compagnons. En arrivant au « ReNo » [la prison Nord] j’ai été accueilli par le commandant Jaramillo à qui j’ai expliqué que mon état de santé n’était pas rétabli et que la décision administrative prise à l’hôpital de Tepepan était arbitraire, ce à quoi il a répondu que je devais me rendre à mon dortoir car je n’étais plus en grève de la faim.

Ces deux derniers jours, j’ai constaté que mon état de santé est toujours instable, ce qui a été confirmé par le rapport médical établi par le Dr. Sevlas et la nutritionniste Avelina Landa Verde. Je souffre toujours de douleurs aux reins, de constants maux au cœur, de diarrhée et d’affaiblissement musculaire, ce qui m’épuise dans ma vie quotidienne.

Fernando Bárcenas

Source Cruz Negra Anarquista de Mexico

Traductions Les trois passants
Corrections Val et Myriam

Voir:  Écrits de prison de la Coordination Informelle des Prisonniers en RésistancE (CIPRE)

 

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Mexico: La grève de la faim, une stratégie de lutte, Fernando Barcenas

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Ville de Mexico, Fernando Barcenas Castillo

La grève de la faim, une stratégie de lutte, Fernando Barcenas

Nous devons voir la grève de la faim comme un outil de lutte à disposition des prisonnier-e-s, une façon de commencer le combat qui se développera au sein de la prison. C’est aussi une fenêtre vers l’extérieur, que nous pouvons utiliser pour étendre et propager la lutte anti-carcérale.

En ce sens la grève de la faim organisée de manière informelle à l’intérieur des prisons du District Fédérale [Ville de Mexico] et qui a commencé le 27 juin dernier avec 8 compagnons, cherche à être une incitation à l’action précise, tout de suite et maintenant !

C’est un cri de guerre contre les autorités pénitentiaires, un cri de ras-le-bol de devoir survivre enterré vivant, et qui vise aussi à clamer que malgré la soumission et le servilisme de la masse carcérale, il y en a certain-e-s qui se rebellent quand même et résistent et refusent d’être rabaissé-e-s et humilié-e-s.

Parce que la société tente de dominer nos vies et que nous ne voulons pas l’accepter, parce que malgré cela il existe encore plus de dignité, de sensibilité et de compassion pour ce qui est humain et pour la vie, dans les coeurs de ces rebelles solitaires mais solidaires.

J’espère que ceux et celles qui lirons ces paroles pourront comprendre que mon intention réelle et personnelle de coordonner une grève collective à travers la proposition informelle de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance (C.I.P.R.E.) était principalement de sortir du calme routinier de la prison. Une initiative où chacun et chacune des personnes qui y ont participé comme à bien d’autres actions que nous avons mises en place à l’intérieur, a pu exprimer cette élévation exquise de la rébellion par le corps et l’esprit, aspirer à avoir la capacité réelle de s’auto-déterminer, être libre et oser défier les chaînes et les barreaux tant physiques que mentaux qui nous entravent et nous emprisonnent. Lire la suite

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[Mexico] Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

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Déclaration de Fernando Barcenas Castillo à propos de la grève de la faim.

Juin 2015

La répression silencieuse, l’isolement prolongé et l’impossibilité de communiquer sont des formes de torture pratiquées par l’administration pénitentiaire afin d’assassiner la résistance, tuer la force morale et faire plier les volontés.

Cette grève de la faim collective est un signal, un « J’accuse » collectif qui fait connaître et dénonce l’absurde supercherie qu’est la prison. L’inexistence de ce que l’on appelle “ré-insertion sociale” pour justifier et mettre en place l’exploitation des prisonniers, commerce obscur et vil mis en place par des syndicats du crime, dont la politique est la conséquence d’une soumission absolue du prisonnier à la classe gouvernante de la prison.

Nous nous rejoignons dans le refus de reconnaître les “autorités” pénitentiaires, car nous ne sommes pas disposés à les laisser continuer à nous assassiner en silence…

Nous dénonçons aussi la collaboration et la complicité de la CDHDF (Commission des Droits de l’Homme de la ville de Mexico), puisque les visiteurs ont dit qu’il ne leur était pas permis de rendre visite aux membres de la Coordination Informelle des Prisonnier-e-s en Résistance.

En plus de cela, l’administration nous a effrayés et menacés pour nous faire renoncer aux dénonciations pénales et aux plaintes que nous avons déposées, en envoyant aussi des groupes de choc qu’elle promeut à cause des mesures d’austérité.

Nous ne sommes disposés à reconnaître l’autorité d’aucun criminel de l’État. Nous sommes fatigués d’être marginalisés sous le prétexte d’être des “délinquants”, alors que le premier à utiliser la violence est le système.

Hier samedi 27 juin, lorsque nous nous sommes déclarés collectivement en grève de la faim, le passage à la zone de gouvernement nous a été refusé, et nous nous sommes confrontés aux gardiens qui ont répondu de manière agressive et violente.

Il faut aussi souligner que notre compagnon en grève José Santiago Hernández a été emprisonné et condamné 8 mois avant sa majorité.

Suite à cela, nous avons été emmenés à l’isolement dans la zone 1 des arrivées. Ils prétendent nous maintenir toute la journée en isolement à l’intérieur de la cellule, ce que nous assimilons à une mesure répressive supplémentaire. Il nous a été interdit d’avoir accès à la radio et à nos instruments de musique, qui n’ont d’autre objet que la récréation culturelle. Ils veulent ainsi nous épuiser mentalement.

Nous n’avons rien d’autre à dire que cela : nous ne nous rendrons pas tant que séviront les abus et la domination, tant que les prisons (commerce de la mafia de l’État) ne seront pas à terre et que les murs ne seront pas réduits en miettes…

Pour la dignité, la vie et la liberté !
Parce que la solidarité entre prisonnier-e-s n’est pas un simple mot !

Fernando Bárcenas Castillo
(A)
Que tombent les murs des prisons ! Que la peur change de camp !

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Traduit par les trois passants
Correction Valérie
Diffusé par la Croix Noire Anarchiste de Mexico (CNA- Mx)

Des nouvelles de Fernando Bárcenas

Voir le Message de la Coordination Informelle des Prisonniers en Résistance + Actualisation de la situation de Fernando Bárcenas

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[MEXICO] Campagne pour la liberté de Fernando Bárcenas

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Aux magistrats de la Septième Chambre Pénale du Tribunal Supérieur de Justice de la ville de Mexico (TSJDF)

[ Lettre remise aux magistrats, Ville de Mexico – juin 2015 ]

Concernant l’examen du procès en appel déposé par Luis Fernando Bárcenas Castillo, dont vous êtes en charge, les organisations, associations, collectifs et individus signataires de cette lettre, exprimons ce qui suit :

Luis Fernando Bárcenas Castillo est un jeune étudiant et musicien, jeune travailleur, solidaire et engagé dans la recherche d’une vie meilleure pour tous et toutes. Ces projets de vie ont été brutalement interrompus le 13 décembre 2013, date où il a été violemment arrêté à la fin d’une manifestation contre la hausse des tarifs du métro à Mexico.

Dès son arrestation, Luis Fernando a été porté disparu et isolé, menacé, frappé, humilié et soumis à d’autres formes de mauvais traitements, d’agressions physiques et verbales de la part des policiers, des membres des services de renseignement, des policiers du ministère public entre autres ; de plus, depuis son arrestation et pendant les premières semaines du procès pénal à son encontre, il n’a disposé d’aucune défense juridique. Malgré cela, il a été condamné à 5 ans 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et d’association de malfaiteurs, ce qui nous semble absurde et inconsistant puisque l’attribution de ces deux délits conduit de fait à un doublement de l’accusation contre Luis Fernando.

Le procès pénal dont Luis Fernando fait l’objet a été biaisé aux motifs de discrimination ; le fait d’être jeune et conséquent avec ses idées a entraîné la violation de ses droits humains et de son droit à un procès équitable. L’appel a été présenté il y a 5 mois et déposé devant cette Chambre Pénale, sans que jusqu’à présent il n’ait été examiné. C’est pour cette raison que nous nous prononçons pour que cette Chambre rende une décision rapide et favorable en remettant immédiatement en liberté notre compagnon.

Collectifs et organisations :

France : Les trois passants, Paris ; Mut Vitz 13, Marseille ; Terre et Liberté pour Arauco, Paris ; Alternative Libertaire, Toulouse ; Caracol Solidario, Besançon ; CSPCL-Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris ; Commission international d’Alternative libertaire ; État espagnol : La Plataforma de Solidaridad con Chiapas y Guatemala de Madrid ;  Ateneo Libertario LA IDEA, Madrid ; Confederación General del trabajo – CGT – État espagnol ; Sección sindical CGT-RTVE, État espagnol; Sección sindical CORREOS-CGT de Navarra, État espagnol ; Sindicato de Oficios Varios de Segovia-CGT, État espagnol ; Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelone.

Individus: Myriam Michel, Paris, France ; Valentin Gaillard, Rueil-Malmaison, France ; Rosa Guerrero, Paris, France ; Michèle Blossier, Paris, France ; Armand Congost i Maestre, Universitat de València, État espagnol ; Oscar Revilla Alguacil,Informático, Madrid, État espagnol ; Emilio Cortavitarte Carral, Profesor y exdelegado de la CGT-Enseñanza, Barcelone ; Julio César Sanz Polo, Representante de la CGT de Segovia, État espagnol ; Carina García Sanagustín, Barcelone ; Patricia Barcala Calveiro, Pontevedra , État espagnol ; Antonio J. Lopez Soler, État espagnol.

lettre en espagnol

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Pour rappel :
anarquistas-libertad1Fernando Bárcenas est un  militant anarchiste. Il a été arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de Noël de Coca-Cola. Il a été condamné à de la prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique et association de malfaiteurs. Un recours (Amparo) a été présenté par sa défense ; cependant, le 11 décembre 2014, il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.  Fernando, âgé de 20 ans, est étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH) de Vallejo établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille. Il a été arrêté alors qu’il participait à une manifestation contre la hausse de 67% des tarifs du métro décidée par le Gouvernement de la Ville de Mexico. Il se trouve dans la prison Nord à Mexico. A l’intérieur de la prison, Fernando a élaboré plusieurs projets de diffusion et d’information tels des fanzines et le journal anti-carcéral “El Canero”.

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[Mexico] Voix depuis la prison : Fernando Barcenas

ferLettre de notre compagnon anarchiste Fernando Barcenas, envoyée pour la journée de solidarité avec les prisonniers des Amériques qui a eu lieu le 11 avril à Paris

Aux compagnons et compagnonnes

Il y en a, qui ne comprennent pas que lorsque nous parlons de liberté, nous ne faisons pas référence à la liberté entre guillemets, c’est-à-dire, bien sûr à la liberté – démocratique – capitaliste et cela ne m’étonne pas, car c’est la seule liberté que nous connaissons ou à laquelle on nous a laissé la possibilité de penser…

Cependant, il arrive qu’après avoir expérimenté les conditions de l’enfermement, de la surpopulation carcérale et de la violence générée par le cannibalisme social, tu te rends compte que la liberté ne se trouve nulle part et que bien sûr elle ne peut être arrachée à ceux qui l’ont vécue et expérimentée dans sa plus large expression…

Et donc, rien, ni personne, ni les dieux, ni la nature ne donnent à l’être sa liberté, il/elle se la donne à elle – même/lui- même, il ou elle construit sa vie, ses règles, sa « loi ».

Aucun tyran ne peut nous arracher cela et si l’un d’eux essaie, il devra alors nous assassiner comme ils le font de nos jours en se moquant de nous ceux qui n’avons rien…

Cependant nous ne sommes pas des êtres inoffensifs, nous avons de la haine, de la rancœur et du ressentiment, mais tout cela n’est pas ce qui nous rend dangereux, mais la guerre déclarée à laquelle nous participons et que nous assumons comme telle. Notre amour pour la liberté, nous fait devenir les ennemis de l’autorité.

Nous, les anarchistes, nous transgresserons toujours les normes, nous sommes illégaux, clandestins parce que nous croyons au droit de chacun et chacune à se rebeller contre ceux qui nous font du mal…

Quand l’État et les législateurs essaient et cherchent à soumettre et à convertir les opprimés en simples esclaves au service de leurs privilèges et leur volonté, à partir de ce moment les opprimés entrent en guerre contre eux [l’état et les législateurs], et en ce moment le peuple en a marre de leur obéir .

La destruction du pouvoir politique nous concerne et c’est notre mission et elle continue à travers leurs murs et leurs barreaux. Pour que commence une révolution il est nécessaire qu’il y ait des rebelles et aujourd’hui, une fois encore, nous déclarons la guerre après avoir refusé et détruit la « paix » de puissants.

Fernando Barcenas

Prison Nord de Mexico

10 avril 2015

Traduit par les trois passants / correction Valérie

Lettre envoyée par Le comite de Solidaridad con Mario Gonzalez, qui accompagne et suit le cas de Fernando Barcenas

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Voix depuis la prison Nord de Mexico : Fernando Bárcenas Castillo

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Depuis la prison Nord de Mexico : lettre publique de Fernando Bárcenas Castillo

Mars 2015

Aux compagnons rebelles
Au peuple en général

Avant tout, un salut fraternel, plein de santé et d’anarchie, une embrassade combative pleine de passion active, d’une tendresse subversive. Aujourd’hui s’ouvre un nouveau panorama, et bien que l’horizon ne soit pas clair, nous devons affronter avec audace et avec valeur tout ce qui pourrait arriver.

Ce sont des temps difficiles de lutte et de guerre sociale, l’heure est venue de forger un nouveau monde, puisque les circonstances sont propices pour la révolution sociale ; nous savons que nous sommes condamnés à vivre la cupidité immonde de ces mêmes privilégiés qui ont opté pour la domination et la conspiration pour maintenir la gouvernabilité et la soumission des majorités.

Agissons ensemble, insurgeons-nous depuis le néant telle la terreur de la nature qui se déchaîne avec violence et effrayant subitement les grands et petits propriétaires, en montrant cette énergie féroce qui a la même intensité que celle de l’esclave qui a brisé ses chaînes.

En 14 mois de prison, j’ai appris à regarder avec haine, mais avec sérénité, l’appareil dominant, j’ai réellement appris l’aberration des institutions et ses propos vils et inhumains qui ont réussi à dégrader l’humanité et la signification de la liberté. Cependant, la prison est le lieu que l’État offre à ses esprits les plus libres et les moins soumis, les prisons sont les lieux où nous trouvons la criminalité, la dissidence et la dignité, réunies conjointement dans cet espace obscur et séparé de la société, mais plus libre et honorable, où l’État place ceux qui ne sont pas avec lui, mais contre lui, et c’est la seule maison au sein d’un État répresseur et criminel, dans laquelle l’homme libre reste debout avec honneur.

Et si quelqu’un pense que notre influence se perdrait à l’intérieur de la prison, si quelqu’un osait penser que nos voix cesseraient d’affliger l’oreille de l’État et que nous ne serions plus un ennemi à l’intérieur de ses murailles, c’est parce qu’ils ne savent pas combien on devient plus fort, efficace et éloquent pour combattre l’injustice quand on l’a vécue dans sa propre chair. Quant à moi, j’ai cessé de voir l’État comme un colosse indestructible et fort, et je me suis mis à le regarder comme une absurdité autoritaire, qui ne pouvant se doter d’honnêteté et d’intelligence, finit par recourir au châtiment physique et violent, comme un idiot solitaire qui a peur de perdre ces bijoux d’or et d’argent, c’est alors qu’au lieu de la peur, j’ai éprouvé de la pitié pour lui [l’État] et j’ai complètement perdu le peu de respect que j’ai eu parfois envers lui.

Je ne suis pas né pour être violenté, je suis d’une souche trop élevée pour me convertir en esclave, en subalterne soumis à une tutelle, en serviteur docile, en instrument d’un quelconque État souverain du monde.

¡ Presos a la calle o que todo estalle !
Salud, anarkía y revolución social
Prisonniers dans la rue ! Santé, anarchie et révolution sociale
Fernando Bárcenas Castillo

 

Traduit par Les trois passants et Caracol Solidario
Source: Comité de Solidarité avec Mario Gonzalez
Cruz Negra Anarquista de Mexico
Qui est Fernando Bárcenas Castillo ?

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Quatre saisons derrière les barreaux. Première partie.

 

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Quatre saisons derrière les barreaux. Première partie.
Par Fernando Barcenas Castillo
11 février 2015.

Tout à coup, tout semble changer d’une façon radicale, tout s’assombrit et tu te rends compte qu’une bataille a commencé et que tu devras la livrer par toi même.

En marchant sur le trottoir, tu vois au loin quelques types en uniforme, alors tu préfères ne pas courir pour ne pas attirer leur attention. Grave erreur ! Ils s’approchent et les esclaves en uniforme t’interceptent, te font subir un contrôle de routine et si tu refuses, alors ils essaient de te soumettre, tu te débats avec eux, mais un homme corpulent en uniforme arrive et t’étrangle par derrière, tu essaies de résister… mais c’est impossible à ce moment là ; trois personnes te soutiennent et le cameraman qui disait « appartenir aux médias indépendants » apparaît sur les lieux en collaborant avec la police, alors tu te rends compte qu’en réalité il s’agissait d’un policier des renseignements généraux..

Tout arrive en une seconde

Tu te demandes si cette détention correspond à un acte arbitraire ou bien s’il s’agit d’une détention sélective ; après quelques instants et après les spéculations de la police, tu te rends compte qu’il s’agit bien de la deuxième option. Ils t’arrêtent et t’encerclent avec six autres manifestants, seuls deux d’entre eux se retrouvent dans la voiture de police, ce sont deux mineurs, ils ont l’air paniqués. Alors tu essaies de les rassurer et de les calmer pour qu’ils n’aient pas peur, puisque sans doute dans leur cas, il s’agit d’un acte arbitraire et ils sortirons le lendemain matin. Finalement, tes affirmations s’avèrent correctes puisque c’est seulement toi qu’ils cherchent.

Après être sortis de la voiture de police, ils commencent à t’insulter, ils communiquent par radio, et tu ne sais pas quoi penser, peu à peu tu observes ce qui se passe autour et tu vois les sacs à dos de ceux et celles qui ont été arrêtés être fouillés et tu continues d’observer fixement pour vérifier qu’ils n’introduisent pas des drogues ou des balles dans tes affaires ; une habitude connue chez la police.

Ils essaient de t’intimider et alors le débat, la confrontation idéologique commencent ; tu sais que tu es entre leurs mains et tu n’arrives pas à réaliser que tout ce qui t’arrive est réel, tu est détenu entre les mains de ton ennemi, tu ne penses qu’à t’échapper mais ce serait une lâcheté de laisser tomber les autres camarades.

Les questions commencent, ils insistent et essaient de te faire tomber dans leur jeu. Pourquoi l’as-tu brûlé ? Qui te paie ? Es-tu anarchiste ? Quel est ton nom complet ? Et si jamais tu donnes un faux nom qui ne colle pas, alors ils te giflent très fort et… tu vois les visages des mineurs effrayés, et ben, tu réponds avec ton nom complet.

Ils te menacent et certains coupent la cartouche de leurs armes devant toi pour essayer de t’intimider, mais tu es ferme, tu ne peux pas céder et encore moins accepter ce qu’ils t’imputent, cela, ce n’est pas une détention aléatoire, ça fait partie d’une guerre sociale.

Ils appellent leurs collègues et une femme commandante arrive, ils te jettent dans le fourgon et surveillent tous tes mouvements, tu ne peux pas bouger, les genoux te brûlent à cause de la tôle chauffée à blanc par le moteur. Pendant ces instants là, tu voudrais que la camionnette heurte ou se renverse pour pouvoir ainsi t’échapper, mais bien que le chauffeur conduise mal, le fourgon ne se renverse jamais. Tu arrives à un commissariat, ils ont trop nombreux en uniforme. Ils te font descendre du véhicule, alors tu croises le regard du compagnon et de la fille avec qui tu étais quand ils t’ont arrêté.

Les policiers se comportent d’une manière infantile et se mettent à plaisanter entre eux ; ils te traitent à la fois comme le pire qu’ils aient jamais vu, et en même temps il semblerait qu’ils profitent de toi, tu es une sorte de trophée pour eux, tu es celui qu’ils espéraient tant arrêter.

Ils essaient de te prendre en photo et se moquent, tu ne peux que baisser le visage et essayer de fuir les caméras.

Après tu réussis un peu à t’évader du contrôle policier, ils te jettent de nouveau dans le fourgon et l’immobilité recommence ; après 40 minutes environ, tu arrives à l’autre commissariat, d’autres policiers et agents attendent ton arrivée et le même processus se répète. Dès qu’ils le peuvent ils essaient de te mettre dans un coin obscur, pour comme ils disent : « te donner une bonne leçon » et « pour que l’on t’apprenne à te comporter comme il faut »,  » alors tu te disais un putain d’anarchiste hé » – te crie un vieux moustachu et voilà que tu es arrivé au Ministère Public et que la bataille commence !!

Traduit pat les trois passants et Myriam/correction Val

Source
Voir aussi: Lettre du compagnon anarchiste Fernando Bárcenas à un an de sa détention.
Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

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Mexico : fin de la grève de la faim des prisonniers anarchistes

Communiqué sur la fin de la grève de la faim des prisonniers anarchistes

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Aux gens solidaires
Aux médias libres

17 octobre 2014

De manière collective et coordonnée, nous avons décidé, ce 17 octobre, de mettre fin à notre grève de la faim. Nous estimons que nous avons formulé notre revendication de négation et de mépris profond envers les prisons et le système pourri qui depuis ses racines les régit, et nous continuerons de le nier depuis la quotidienneté de nos vies, à l’intérieur ou à l’extérieur de la prison.

Le but de cette action a été de casser l’isolement et la dispersion, pour soutenir, pour créer un lieu de lutte et pour démontrer que même si nous sommes derrière les barreaux, ils n’ont pas pu refroidir nos esprits rebelles.

En tant qu’anarchistes, une part de la rupture que nous choisissons de réaliser consiste à nier le contrôle et la régulation qu’essaie d’exercer l’état et n’importe quelle forme d’autorité sur nos corps et nos vies. C’est nous, d’une manière individuelle et consciente, qui devons décider pour nous mêmes, et personne d’autre. Pour cela nous avons repris le contrôle de nos corps, la grève de la faim a été un clair exemple de cela.

Nous pouvons résumer notre action comme un petit apport à la guerre irréductible contre la domination du pouvoir établi, pour la dignité de ceux et celles qui peuvent regarder en face l’ennemi sans baisser les yeux. Un acte de révolte et de désobéissance et non un acte de victimisation ; un acte qui unit nos coeurs et qui nous fait sentir partie prenante d’une lutte conséquente qui ne s’arrêtera pas.

Nous n’écartons pas la possibilité de recommencer à employer la grève de la faim ou n’importe quel autre outil que nous considérons nécessaire pour mener à bien nos luttes.

Nous remercions profondément toutes les personnes qui ont été attentives pendant notre protestation, pour leur accompagnement et leur solidarité, en leur rappelant que les prisons n’arrêteront pas notre révolte.

Parce qu’il ne suffit pas de parler d’anarchie, nous devons être l’expression de cette dite anarchie.

Jusqu’à ce que tous nous soyons libres!!

Mario González García
Carlos López “Chivo”
Fernando Bárcenas
Abraham Cortés

Source

Traduit par les trois passants/correction Myriam

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Mexique : Des prisonniers anarchistes se déclarent en grève de la faim. Solidarité !

Communiqué de Jorge Mario González García, Carlos López “El Chivo”, Fernando Bárcenas Castillo et Abraham Cortes Ávila

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Aux médias libres
Au peuples du monde
Aux opprimé-e-s

1er octobre 2014

Motivés par un sentiment de rébellion et par un clair et véritable rejet de tous les mécanismes de contrôle et, parmi eux, de celui du système carcéral, nous, anarchistes et libertaires, prisonniers séquestrés par l’État mexicain, nous avons décidé d’utiliser l’un des outils de lutte dont nous disposons depuis l’enfermement : la grève de la faim. Et cela à partir d’aujourd’hui, 1er octobre, un an après les arrestations du 2 octobre 2013, dix mois après la séquestration de Fernando Barcenas et neuf mois après celle d’Amélie, Carlos et Fallon.

Pour nous, la grève n’est pas synonyme de faiblesse. Nous cherchons encore moins à endosser une posture de victime. Au contraire, nous assumons la grève comme une alternative de lutte que nous jugeons adéquate pour protester et proclamer dans les faits notre insoumission face à l’enfermement de nos corps, à l’humiliation, à l’isolement et à la frustration que signifie le fait d’être incarcéré dans ces centres de terreur. Nous avons choisi de passer à l’action au lieu d’accepter la prison comme une situation « normale ».

L’État cherche à former des citoyens dociles et serviles pour maintenir son « ordre social » établi et pouvoir ainsi soutenir la structure de production capitaliste qui ne bénéficie qu’à la classe dominante. Les prisons jouent un rôle primordial dans la configuration de ces bons citoyens et c’est la société bourgeoise qui cherche la réadaptation de la ou des prisonnier-e-s.

Nous rejetons la supposée fonction de réinsertion que la prison peut exercer dans nos vies. Nous la considérons non seulement comme inutile, mais aussi comme largement nocive. C’est pour cela que nous avons décidé de continuer à lutter pour la détruire, en commençant par de petites actions de négation et de non-reconnaissance de son influence dans nos vies.

Nous déclarons cette grève de la faim pour un temps indéfini, sans demander ou clamer quoi que ce soit. Nous ne cherchons pas l’amélioration des conditions en prison. Il s’agit simplement de ne pas accepter ni reconnaître sa fonction dans nos vies, en agissant de façon coordonnée et solidaire.

Par cette action nous accompagnons la manifestation de protestation du 2 octobre, 46 ans après le génocide de Tlatelolco, sans oubli ni pardon et menant la guerre jusqu’à la fin de l’oppression.

Nous ne cesserons jamais d’aspirer à la liberté !
Nous n’abandonnerons pas la lutte pour elle !

Jorge Mario González García (Torre Médica del Reclusorio de Tepepan)
Carlos López “El Chivo” (Reclusorio Oriente)
Fernando Bárcenas Castillo (Reclusorio Norte)
Abraham Cortes Ávila (Reclusorio Norte)

Traduit par les trois passants/correction Valérie

Source 1
Source 2

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Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord

Fernando a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir mis le feu à un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola, dans la ville de Mexico. Avec rage, nous venons d’apprendre que ce compagnon a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

Suite à la première mobilisation contre la hausse de 67% du tarif du métro, Fernando a été arrêté et accusé d’attaques à la paix publique et association délictueuse, la possibilité de payer une caution et de suivre son procès dehors lui a été refusé. Il se trouvait dans la prison Nord de la ville, et jusque là, il était dans la zone pénitentiaire réservée à tous les prisonniers attendant un procès. Maintenant le compagnon Fernando devra s’adapter à la zone de « population carcérale », qui est encore plus difficile. Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille.

ferÉcrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico au mois de juin 2014

Aux individus libres et conscients, à tous ceux qui malgré toutes les adversités continuent à résister depuis les tranchées de bataille, depuis les tranchées clandestines, depuis les prisons préventives et fédérales.

Nous sommes nés de la haine, nous avons grandi dans la solitude et l’exil. Dans la précarité d’une piaule oubliée et sale, nous avons appris à haïr tous ceux qui nous gouvernent, les fausses démocraties, l’autorité en général.

Qui sommes-nous réellement ?

Pour quoi ils ne peuvent pas nous acheter avec l’argent ?

Pourquoi nous nous donnons à fond et mourons sur le champ de bataille ?

Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obédience.

Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et tout type de forces répressives « qui construisent leur démocratie »

Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir.

Nous sommes les blessées lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène.

À présent, nous savons que nous mourrons en avance, virilement assassinés, virilement soumis , massacrés sans pitié pour le simple fait de ne pas être d’accord avec des lois qui nous volent la vie, la liberté et la dignité.

Nous sommes les détenus, nous sommes ces prisonniers de guerre que l’état a capturé, et qui traînent depuis un bout de temps par les cours et les tribunaux.

Nous cassons leurs banques, nous affrontons la police, nous détruisons leur paix publique qui se construit jour et nuit par le lavage de cerveau des citoyens afin qu’ils obéissent et se taisent.

Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison.

Nous continuons de taguer les murs de la prison avec des slogans qui dès aujourd’hui et plus tard seront le souvenir vivant de ces jeunes rebelles qui paralysent la ville, de ces jeunes conscients qui vengent leurs camarades tombés sur les barricades…

Ce ne sont pas les mots écrits ici qui sont crus, mais leur réalité…

Frappez-nous alors, arrêtez-nous, tirez sur nous des balles en caoutchouc ou de vraies balles, mobilisez les appareils étatiques et tous les journalistes vendus ; ceux qui sont des fidèles charlatans et qui répètent comme des perroquets tout ce qu’on leur a ordonné. Cachez les images de la violence policière, occultez avec des mensonges et des matchs de football les scandales économiques et politiques qui approuvent vos réformes structurelles – néolibérales.

Tuez-nous, comme vous assassinez et exterminez les peuples. Et voilà, nous n’avons rien à perdre, nous n’avons rien à attendre et nous sommes conscients de notre réalité ; nous ne nous laissons pas tromper en pensant qu’ils auront pitié de notre vie.

Nous mourrons jeunes, mais toujours debout, toujours rebelles, toujours indépendants et conscients de mener une lutte sans fin.

Depuis le Reclusorio Preventivo Varonil Norte
Ni les balles, ni les prisons ne pourront nous arrêter !
Fernando Barcenas Castillo

Traduit par Les trois passants/ Correction Myriam

Source
Regeneracion Radio
Voir aussi la rubrique Prisonnier-e-s anarchistes et prisonnier-e-s de la Ville de Mexico

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Le compagnon anarchiste Fernando Barcenas, condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme

ferbarcenas Fernando a été arrêté le 13 décembre 2013 et accusé d’avoir mis le feu à un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola, dans la ville de Mexico. Avec rage, nous venons d’apprendre que ce compagnon a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

Suite à la première mobilisation contre la hausse de 67% du tarif du métro, Fernando a été arrêté et accusé d’attaques à la paix publique et association délictueuse, la possibilité de payer une caution et de suivre son procès dehors lui a été refusé. Il se trouvait dans la prison Nord de la ville, et jusque là, il était dans la zone pénitentiaire réservée à tous les prisonniers attendant un procès. Maintenant le compagnon Fernando devra s’adapter à la zone de « population carcérale », qui est encore plus difficile.

Fernando a 19 ans, avant d’être arrêté il était étudiant au Collège de Sciences Humaines (CCH), siège Vallejo, établissement appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et travaillait dans une usine de meubles pour aider sa famille.

Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo depuis la prison préventive masculine – Nord de la ville de Mexico au mois de juin 2014 :

Aux individus libres et conscients, à tous ceux qui malgré toutes les adversités continuent à résister depuis les tranchées de bataille, depuis les tranchées clandestines, depuis les prisons préventives et fédérales.

Nous sommes nés de la haine, nous avons grandi dans la solitude et l’exil. Dans la précarité d’une piaule oubliée et sale, nous avons appris à haïr tous ceux qui nous gouvernent, les fausses démocraties, l’autorité en général.

Qui sommes-nous réellement ?

Pour quoi ils ne peuvent pas nous acheter avec l’argent ?

Pourquoi nous nous donnons à fond et mourons sur le champ de bataille ?

Nous sommes la jeunesse qu’ils enferment dans des écoles, en essayant de nous tromper avec les faux nationalismes, les préjugés et le patriotisme qui sont les composants de leur mensonge, leur soumission et leur obédience.

 Nous sommes les jeunes humiliés et harcelés par les CRS, les renseignements généraux et tout type de forces répressives « qui construisent leur démocratie »

Nous sommes la cible quotidienne de leur abus de pouvoir.

Nous sommes les blessées lors des manifestations ; on nous a cogné la tête contre le béton, nous avons été humiliés, et notre dignité a été piétinée sous leurs bottes, ils nous ont cassé les jambes à coup de matraques et nous ont rempli les poumons de gaz lacrymogène.

À présent, nous savons que nous mourrons en avance, virilement assassinés, virilement soumis , massacrés sans pitié pour le simple fait de ne pas être d’accord avec des lois qui nous volent la vie, la liberté et la dignité.

Nous sommes les détenus, nous sommes ces prisonniers de guerre que l’état a capturé, et qui traînent depuis un bout de temps par les cours et les tribunaux.

 Nous cassons leurs banques, nous affrontons la police, nous détruisons leur paix publique qui se construit jour et nuit par le lavage de cerveau des citoyens afin qu’ils obéissent et se taisent.

Aujourd’hui nous cheminons avec la chaleur de notre dignité et de notre rage, pendant toutes les nuits froides qu’ils nous ont fait passer en prison.

Nous continuons de taguer les murs de la prison avec des slogans qui dès aujourd’hui et plus tard seront le souvenir vivant de ces jeunes rebelles qui paralysent la ville, de ces jeunes conscients qui vengent leurs camarades tombés sur les barricades…

Ce ne sont pas les mots écrits ici qui sont crus, mais leur réalité…

Frappez-nous alors, arrêtez-nous, tirez sur nous des balles en caoutchouc ou de vraies balles, mobilisez les appareils étatiques et tous les journalistes vendus ; ceux qui sont des fidèles charlatans et qui répètent comme des perroquets tout ce qu’on leur a ordonné. Cachez les images de la violence policière, occultez avec des mensonges et des matchs de football les scandales économiques et politiques qui approuvent vos réformes structurelles – néolibérales.

Tuez-nous, comme vous assassinez et exterminez les peuples. Et voilà, nous n’avons rien à perdre, nous n’avons rien à attendre et nous sommes conscients de notre réalité ; nous ne nous laissons pas tromper en pensant qu’ils auront pitié de notre vie.

Nous mourrons jeunes, mais toujours debout, toujours rebelles, toujours indépendants et conscients de mener une lutte sans fin.

Depuis le Reclusorio Preventivo Varonil Norte
Ni les balles, ni les prisons ne pourront nous arrêter !
Fernando Barcenas Castillo

 

Traduit par Les trois passants
Correction Myriam

Sources:
CNA- Mexico
Regeneracion Radio
Contrainfocruznegra
Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

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