Prisonnier-e-s en lutte :

Nous soutenons depuis 2006 quelques prisonnier-e-s mexicain-e-s en lutte qui s’inscrivent dans l’adhésion à la « Sexta ».  Actuellement nous essayons d’échanger avec 4 prisonnier-e-s adhérent-e-s à la sexta, mais nous ne soutenons pas tous-tes les prisonnier-e-s de la sexta.

Les prisonniers et prisonnières de la Sexta

Où sont-ils, qui sont-ils ?

DF-Ville de Mexico

fersoteloLuis Fernando Sotelo, étudiant âgé de 22 ans, adhérent à la Sixième Déclaration zapatiste, a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations et aux actions pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus depuis le 26 septembre 2014. Le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations (d’une station de Tramway, d’un distributeur de titres de transport et de caméras de surveillance). Après plus de deux ans de procès, notre compagnon Luis Fernando Sotelo a été condamné à 13 ans de prison et à une amende de 519 815,25 pesos (26 000€). Plus d’infos

« … À un peu plus d’un an de mon emprisonnement, j’aurais pu seulement m’exprimer du point de vue de la « justice » à laquelle ils me soumettent en raison de ma présumée « délinquance ». Cependant la prétendue leçon donnée par l’appareil judiciaire et ses serviteurs (juges, commissariats, policiers, matons) est beaucoup plus vaste. Il faut vivre dans une prison de la ville de Mexico pour se rendre compte d’une réalité pourrie et très similaire à la liberté relative que vit la société du dehors. En tant que prisonnier, ils m’ont séparé de la population et je survis relativement et meurs par lassitude. Dehors, c’est pareil. Je vis la violence systématique des matons et celle de la classe « délinquante » qui, au final, n’est que la reproduction de la merde de là-haut. Malgré tout cela, la solidarité ne disparaît pas, car elle est une option nécessaire et souhaitable. »

Luis Fernando Sotelo

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État du Chiapas

ALEJANDRODAlejandro Díaz Santiz est un Indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic, il a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 16 ans, accusé d’homicide. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison ferme. Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à la Sexta au Chiapas, sa condamnation résulte d’un procès corrompu dès le début, il a été torturé et il n’a jamais eu le droit à un traducteur parlant dans sa langue maternelle durant son procès.

Alejandro Díaz Santiz fait partie de l’organisation de prisonniers appelée “Los Solidarios de la Voz del Amate”, organisation créée en 2009 pour dénoncer les conditions carcérales dans cette prison, mais aussi pour faire sortir au travers de communiqués et de lettres, les paroles de détenus. Par leur travail solidaire ils font une radiographie du système pénitentiaire : les traitements indignes que les matons et le personnel leur font subir, le manque de suivi médical, les restrictions et annulations de visites, la corruption qui se vit à l’intérieur, le racisme. Depuis 2009, ils tentent également de mettre en contact les prisonniers entre eux, en rapprochant des détenus exposés aux mêmes difficultés. Les détenus concernés ont été arrêtés de façon complètement arbitraire, parce qu’ils sont indigènes ou pour des motifs politiques. Alejandro est le dernier et le seul prisonnier de l’organisation « Les Solidaires de la Voix de l’Amate » à rester en prison. Tous les autres ont été libérés le 4 juillet 2013.

Dans les cachots du mauvais gouvernement du Chiapas, dans la prison numéro 5 de los « LLanos », Alejandro Díaz Santiz menait une lutte exemplaire avec d’autres prisonniers et prisonnières. Dans la cour de cette prison, des réunions avaient lieu plusieurs jours par semaine, où les prisonniers échangeaient, réfléchissaient, écrivaient et recevaient les visiteurs venant échanger avec eux ; Alejandro encourageait les détenus à lire et à écrire, à se battre pour leur liberté malgré les dures conditions que la taule représente…Le 10 septembre 2015 au matin, Alejandro a été transféré vers une prison de haute sécurité.

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Terrain communal de Bachajon :
Esteban Gomez Jimenez détenu à Cintalapa de Figueroa (Prison N°14, El Amate), Santiago Moreno Perez, détenu à Plages de Catazaja Chiapas (Prison N°17)
Les compagnons luttaient pour leurs droits légitimes au territoire et se trouvent aujourd’hui enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul. Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Durant toutes ces dernières années, les compagnons et compagnes de Bachajón ont résisté à la vague d’agressions du gouvernement contre leur lutte, assassinant, détruisant, blessant, séquestrant les compagnon-n-es de Bachajón. Malgré toutes ces agressions, les ejidatarios et les ejidatarias sont toujours debout dans la lutte.

« Nous autres indigènes, nous luttons pour demeurer ce que nous sommes, pour construire notre propre forme de vie et conserver notre territoire en le protégeant des convoitises de ceux d’en haut »

Terrain communal de Bachajon

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La Sexta est la façon dont les zapatistes se réfèrent à La Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone.

La Sixième Déclaration Zapatiste « La Sexta »: qu’est-ce que c’est ?

C’est une proposition politique lancée par l’EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale) au Mexique et ailleurs sur la planète. Dans cette déclaration, les zapatistes font le bilan de leur lutte, concluent à la nécessité d’élargir le mouvement à d’autres secteurs de la société et de mettre en œuvre une nouvelle forme de rencontre et de solidarité des luttes, dans une logique anticapitaliste, indépendante et autonome en se débarrassant des partis politiques.

zapatistas-lenguaEn juin 2005, l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) décrète une alerte rouge dans toutes les communes rebelles. Les autorités autonomes passent à la clandestinité. Les Caracoles (« escargots ») – leurs lieux et structures d’autogouvernement, points de convergence, rattachés à cinq zones territoriales –, sont fermés. Dans les jours qui suivent, toutes les communautés zapatistes sont consultées. Elles approuvent une nouvelle forme de lutte qui engage les zapatistes vers un nouveau chemin, annoncé dans un communiqué de l’EZLN à la société : la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone. Les zapatistes y font le bilan de leur lutte, analysent la situation du Mexique et du monde, concluent à la nécessité d’élargir le mouvement à d’autres secteurs de la société (ouvrier-e-s, paysan-ne-s, étudiant-e-s, enseignant-e-s, associations de quartier, etc.) et de s’engager dans une nouvelle forme d’échange et de solidarité des luttes. Finalement, au Mexique, la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone propose de réaliser une Campagne Nationale pour construire une nouvelle façon de faire la politique, autrement dit un programme de lutte nationale « en bas à gauche ». Pour apprendre et faire connaître la situation du peuple mexicain, une commission de la Sixième est chargée d’écouter les histoires, les luttes et les résistances qui existent à travers tout le pays. C’est ainsi que naît l’Autre Campagne au Mexique et que, parallèlement, ailleurs sur la planète, la Sexta Internationale naît également.

Dans cett29_ultimo_be construction d’une nouvelle réalité politique qu’est l’Autre Campagne (2006 – 2013), divers collectifs, organisations, groupes, peuples et individus se joignent à l’appel de l’EZLN pour lancer un mouvement national anticapitaliste, indépendant « en bas et à gauche » en se débarrassant des partis politiques. Dans ce réseau co-existent différentes luttes : la défense des ressources naturelles (terre, forêts, eau…), celle du territoire, du travail, la lutte contre les hauts tarifs de l’énergie électrique, pour l’autonomie… L’Autre Campagne devient alors un mouvement national de milliers de personnes adhérentes à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Partout au Mexique, elle émerge comme une proposition organisationnelle qui se confronte aux campagnes électorales ; elle se dresse provocante et dangereuse pour le pouvoir et sa logique électorale.

Mais si l’Autre Campagne a réussi à mettre en relation de multiples luttes dans le cadre d’un réseau solidaire, l’État y a répondu par une répression systématique. Les stratégies utilisées sont la torture, la persécution, la disparition forcée, l’assassinat et la prison. C’est dans ce contexte que nous voulons faire connaître la situation de plusieurs dizaines de compagnon.e. prisonnier.e.s pour avoir lutté dans tout le pays. La majorité d’entre ELLeux est confrontée à des accusations de kidnapping, vol, meurtre, d’homicide, de tentative d’homicide, d’attaques à la paix publique [délit qui est pénalement du même type que le délit de terrorisme], d’attaques aux voies de communication et de dégradations, accusations destinées à occulter la véritable raison de leur incarcération : le fait qu’ils ont lutté et qu’aujourd’hui résistent, s’oranisent et se battent contre le système pénitentiaire, l’isolement, le mépris et l’oubli, depuis les geôles mexicaines.

En 2008, divers collectifs, groupes, organisations, peuples et individus ont proposé de lancer la campagne nationale et internationale “Primero Nuestr@s Pres@s” en construisant des alternatives, des actions, afin de continuer la lutte pour leur libération et pour la liberté. Le message de cette campagne est clair : aucun compagnon, aucune compagne emprisonnéE pour son combat ne sera abandonnéE ni oubliéE ! « Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous ! ».

En janvier 2013, les zapatistes annoncent une nouvelle étape. Ils expliquent que tant l’Autre Campagne, au Mexique, que la Zezta internationale, dans le monde, deviennent simplement « La Sexta ». Désormais, les prisonniers et prisonnier-e-s de l’Autre Campagne au Mexique deviennent les prisonnier-e-s de la Sexta.

La campagne nationale et internationale « Primero Nuestr@s Pres@s » qui a commencé en 2008 a peu à peu évolué et grandi. De plus en plus de compagnons et compagnonnes y ont adhéré et s’en sont montré-e-s solidaires. Grâce à la pression collective, aux actions et aux événements divers nous avons réussi ensemble à faire sortir de la taule plus de cinquante prisonnier-e-s : en effet, au début de cette campagne il y avait environ cinquante prisonnier-e-s dispersé-e-s à travers tout le Mexique.

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Les prisonniers et prisonnier-e-s de l’Autre Campagne au Mexique sont devenus désormais les prisonier-e-s de la Sexta.

L’Autre Campagne répondait à une façon de s’organiser loin de partis politiques en bas et à gauche, car au final ils représentent leurs propres intérêts : ceux du capital et du pouvoir. À chaque fois, la répression contre ceux et celles qui critiquent les politiques menées par l’État est de plus en plus forte, qu’importe le parti au pouvoir. L’enfermement la persécution, le harcèlement et le lynchage médiatique sont toujours à l’agenda du pouvoir afin d’exercer leur contrôle social et de préserver l’environnement nécessaire pour continuer en force leur système de privilèges et de corruption.

Dans cette étape de construction d’autre chose, l’Autre Campagne (2006 – 2013) a réussi à mettre en relation et créer un réseau solidaire entre différentes luttes : celles qui se focalisent sur la défense des ressources naturelles comme la terre, les forêts, l’eau, du territoire, du travail, contre les hauts tarifs de l’énergie, pour l’autonomie… Cependant la réponse de l’État à ces luttes a toujours été la répression au niveau fédéral, étatique et municipal. Cette répression est cautionnée par les institutions et les partis politiques ; elle est exécutée par les différentes polices, l’armée et les paramilitaires.

Pendant la construction de cette initiative de l’Autre Campagne, l’Etat a utilisé à plusieurs reprises l’instrument de la répression pour détruire les processus d’organisation. Une blessure incontestable du processus de construction du tissu de l’Autre Campagne a été la violente répression du 3 et 4 mai 2006 où le terrorisme d’Etat s’est abattu à Texcoco et à San Salvador Atenco. Une fois de plus par la répression, le pouvoir a décidé de mettre fin au cheminement de l’Autre Campagne par le sang, la peur, la méfiance et la prison.

Après la répression à Atenco en 2006 et plus tard en 2008, la Commission Sexta de l’EZLN a lancé une campagne pour la libération des compagnons et compagnes, cette campagne a été en suite reprise et relancée par le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (composé des collectifs, au niveau national, adhérents à la sixième déclaration zapatiste) et plus tard reprise au niveau international, afin de mettre en place des mécanismes et des outils conjoints pour faire sortir nos compagnons et compagnes de prison. Au départ de cette campagne, il avait plus de 50 compagnons et compagnes arrêtés. Aujourd’hui, grâce à toutes les mobilisations, actions, événements et dénonciations, beaucoup de compagnons ont été relâchés, mais il reste toujours 12 adhérents à la sixième déclaration zapatiste en prison.

Pendant toutes ces années, partout les adhérents à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone n’ont pas cessé leur travail. La lutte pour la liberté de toutes et tous ceux qui sont en prison ne s’est pas arrêtée. Avec cette campagne nous avons cherché à nous coordonner dans cet effort, en respectant le rythme et les formes d’actions de chacun et chacune afin de créer une initiative conjointe qui lutte pour la libeté, la nôtre.

Après sept ans, L’EZLN annonce une série de changements dans son cheminement et le 21 décembre 2012, plus de quarante mille bases d’appui zapatistes ont marché en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le 1er janvier 1994.

En suite, L’EZLN annonce que l’Autre Campagne cesse d’exister. Désormais, ceux  et celles qui participent à ce chemin se réuniront autour de la « Sexta », comme l’on nommera la nouvelle étape de la Sixième déclaration de la forêt Lacandone.

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La Sixième déclaration Zapatiste

[ PDF- brochure ]

SEXTA1***

( Voici d’autres prisonnier-e-s de la sexta – Nous ne suivons pas leurs cas)

GUERRERO

Máximo Mojica Delgado, María De los Ángeles Hernández Flores, Santiago Nazario Lezma, sont des professeurs, ils habitent dans la municipalité de Teloloapan, dans l’État de Guerrero. Ils sont membres actifs de l’Organisation Coordinatrice Étatique des Travailleurs de l’Éducation de Guerrero (CETEG) et adhérents à la Sexta.  Ils ont aussi participé à la lutte sociale avec l’association Terre et Liberté, qui intervient sur les questions du droit au logement. Ils on été arrêtés le 27 novembre 2008, accusés d’appartenir à un groupe armé. Selon María de los Ángeles Hernández, le 27 novembre, trois hommes armés à bord d’un véhicule banalisé ont arrêté la voiture dans laquelle elle circulait avec son époux, Máximo Mojica, et leurs deux enfants. Ils ont forcé Máximo Mojica à sortir et l’ont emmené, mais ils ne se sont pas présentés comme des policiers et n’ont pas montré de mandat d’arrêt. Le 29 novembre, María de los Ángeles Hernández a reçu un appel téléphonique de son époux lui indiquant qu’il avait été kidnappé et qu’elle devait payer une rançon de 50 000 pesos (environ 2 900 euros). Le jour-même, des voisins ont signalé que María de los Ángeles Hernández, son neveu (qui a ensuite été relâché mais se cache désormais par sécurité) et un autre homme venu lui rendre visite, Santiago Nazario Lezma, avaient également été enlevés chez elle par un groupe d’hommes armés en uniforme. Ces derniers étaient arrivés à bord de sept camionnettes banalisées et dépourvues de plaques d’immatriculation. Il semblerait que les hommes qui ont arrêté Máximo Mojica, María de los Ángeles Hernández et Santiago Nazario Lezma soient tous des agents de la police judiciaire de l’État de Guerrero.

 TLANIXCO (Etat de Mexico)

Mouvement pour la liberté des défenseurs de l’eau et de la vie de San Pedro Tlanixco : organisation indigène Nahua faisant partie du CNI (Congrès National Indigène qui regroupe des organisations et des collectifs adhérents à la Sixième déclaration de la forêt Lacandone) dont plusieurs des membres se trouvent en prison, soit dans l’attente d’un procès qui s’avère long et plein d’obstacles juridiques, soit déjà condamnés à de lourdes peines de prison. Cette dernière situation concerne Dominga González Martínez, Lorenzo Sánchez Berriozábal, Marco Antonio Pérez González, Pedro Sánchez Berriozábal, Rómulo Arias Mireles et Teófilo Pérez González, condamnés à de lourdes peines de prison allant de 50 à 54 années de prison ferme.

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