Répression/prison

MEXIQUE : les élections et au-delà. Au moins 127 personnes ont été arrêtées pendant les actions et les mobilisations contre le pouvoir

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Pendant la journée électorale mexicaine, diverses radios libres ont transmis de façon conjointe des nouvelles données par des équipes d’information réparties un peu partout au Mexique pour casser le blocus de l’information imposé et manipulé par les médias payants et vendus. Toute la journée du 7 juin et jusqu’à l’aube et pendant les premières heures du 8 juin, les témoignages de la révolte contre les élections et au-delà n’ont pas cessé de s’enchaîner.

Pour garantir coûte que coûte la farce électorale, des militaires, des policiers, des groupes de choc (paramilitaires) ont été déployés dans plusieurs villes du pays : Oaxaca, Guerrero, Michoacán, Chiapas… Les médias dominants, Televisa, TV Azteca, Tele Fórmula et Milenio, déchainent leur lynchage médiatique contre la rébellion croissante et minimisent la mobilisation. (1)

Le mécontentement social est en ébullition du nord au sud du pays, la rage éclate à nouveau, il ne s’agit pas d’une simple colère passagère, mais de la conséquence d’une longue histoire d’abus, de répression, de mépris et d’autoritarisme exercés jusqu’au bout par l’État mexicain et les gouvernements successifs. La révolte pré- et post-électorale a fait émerger une fois de plus les exigences, les luttes, les résistances des organisations, des collectifs, des individus qui continuent de lutter contre cet autoritarisme aveuglant, continuent de lutter – dans beaucoup de cas – pour l’autonomie, le respect de leurs us et coutumes propres, de leurs terres, de leurs territoires, contre le pillage démesuré des ressources, les expropriations, privatisations, assassinats, disparitions, emprisonnements, tortures. Le Mexique est à bout, et dans cette révolte, les urnes nourrissantes du capitalisme ne représentent que la carcasse d’un système pourri qui continu de gonfler les portefeuilles de « ces messieurs-dames » les députés, les sénateurs, les narcos, les investisseurs, les hommes et femmes d’affaires, les hauts commandants de l’armée et de la police, tous malades de pouvoir et tous désireux de continuer cette guerre où tout leur est permis.

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Oaxaca

Après les fortes mobilisations et suite aux actions de boycott des élections (les incendies des bureaux, de la propagande officielle et de bulletins électoraux…) plusieurs communiqués commençaient à rendre compte de cette mobilisation nationale qui s’est avérée intense, déterminée et fortement réprimée.

Le communiqué de la Communauté autonome Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón [Oaxaca] déclare :

« Aujourd’hui, 7 juin 2015, dans le cadre de la journée de lutte contre le processus électoral, l’assemblée communautaire Ghi`Xhi`Roo- Álvaro Obregón a décidé de se joindre à cette initiative, nous avons expulsé les partis politiques et leurs bureaux électoraux, et en installant l’assemblée permanente nous avons décidé de résister pour notre vie et notre autonomie ». Depuis 10 heures du matin leurs compagnons et compagnonnes originaires de la communauté indigène zapotèque [Binnizà] ont été attaqués par des pistoleros payés par les autorités officielles de la région et qui ont fait irruption dans l’assemblée permanente. La répression a laissé derrière elle 10 personnes blessées, dont une dans un état grave. « C’est de cette manière qu’ils essayent de piétiner notre autonomie, c’est comme ça qu’ils essayent de piétiner notre organisation, mais, face à un peuple libre, ils auront besoin de plus que ça pour réussir à le faire plier ». Signée par l’Assemblée Générale communautaire Alvaro Obregon, le Conseil d’Anciens et leur garde communautaire, l’Assemblée de villages indigènes de l’Itsmo en défense de la terre et le territoire, leur déclaration finit par la phrase : « La terre, la mer, le vent ne se vendent pas, ils s’aiment et se défendent, pour l’autonomie et l’autodétermination de nos villages » (2)

RFM

D’autres communiqués ont circulé rapidement, comme celui de l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón [Oaxaca], où a été décidé également de boycotter les élections. Parmi leurs exigences : la libération immédiate de leurs 10 compagnons prisonniers, dont le compagnon récemment arrêté Miguel Angel Peralta (très investi dans le processus d’autonomie d’Eloxochitlán) ainsi que l’abrogation des mandats d’arrêt contre 20 membres de l’assemblée. Dans le communiqué émis le 8 juin, l’Assemblée déclare : « Face à la récente et évidente violation des droits humains des habitants d’Oaxaca ainsi que face aux humiliations et aux attaques systématiques de nos formes originaires d’organisation, l’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón reste ferme sur le chemin d’une longue lutte, où la fatigue et l’épuisement ne sont qu’une raison pour lever les ailes et continuer à travailler pour le respect de l’auto-organisation des peuples originaires, et ce malgré le fait d’être au milieu du terrorisme d’État »(…)« Nous sommes témoins de la farce électorale avec laquelle prétend se légitimer un appareil de pouvoir toujours étranger à la vision et aux besoins des communautés d’Oaxaca, pour cette raison nous nous joignons aux appels lancés par la société civile, les villages du Mexique en résistance, les étudiants, les ouvriers, les organisations (…) pas un vote de plus pour ceux qui ont déchiré nos frères d’Ayotzinapa , Tixtla, Tlapa, Cheran, San Quintín, Xalapa, Atenco, San Dionisio del mar, Álvaro Obregón et tous les villages et les individus qui pour avoir levé leur voix, ici dans notre Mexique, ont été réprimés et massacrés (…) L’Assemblée Communautaire d’Eloxochitlán de Flores Magón condamne l’intervention des forces de l’ordre mandatées par le gouvernement de Gabino Cué. Leur déploiement démontre, une fois de plus, l’échec catégorique de son discours « de transition politique et de gouvernement différent » et prouve ainsi clairement que le système politique est décadent et caduc ». (3)

Huajuapan [Oaxaca] :

Dans cette localité de la région mixteca, des milliers d’effectifs de l’armée, de la police fédérale et de la gendarmerie, avançaient dans des convois en direction d’Oaxaca.

Les autorités fédérales avaient pour objectif d’étouffer par le feu et le sang les protestations et les résistances locales. Le boycott électoral convoqué par la Coordination Nationale des Travailleurs de le l’Éducation (CNTE) et reprise par des communautés de l’entité, se trouvait confronté à tout l’État mexicain. Dans le studio de la radio locale libre, le téléphone ne cessait pas de sonner, pour appeler à se joindre aux mobilisations, depuis le studio on appelait à la prudence, mais dans les faits l’histoire, elle, était toute autre. À midi les gaz et les boucliers des policiers ont fait leurs apparitions aux côtés de 4 hélicoptères de guerre, ce n’était pas une menace. L’affrontement avait déjà commencé, provoqué par quelques centaines de policiers fédéraux et de l’armée. Des centaines d’habitants et de professeurs qui se trouvaient à proximité de L’institut National Électoral (INE) ont commencé alors la résistance. Après quelques heures d’affrontements la police anti-émeute s’est repliée, quelque temps plus tard la population s’est repliée également. Certains se sont joints à la barricade de l’autoroute internationale, entre fumée de pneus brulés, chansons de protestation, les moments de tranquillité étaient stressants et fragiles.(4)

À Oaxaca de nombreuses actions – pour boycotter les élections et revendiquer de multiples exigences – ont été menées par des organisations, groupes, individus et maîtres d’école dans la ville d’Oaxaca, à Tehuantepec, Juchitán, Niltepec, Zanatepec, Chahuites, San Francisco Ixhuatán, Salina Cruz, Tapanatepec et Matías Romero entre autres. Rien qu’à Juchitán, 1000 éléments de la police fédérale et de l’Armée ont été déployés. De nombreuses arrestations ont eu lieu, on parle de plus de 79 personnes arrêtées. (5)

Guerrero

La journée électorale à Tixtla – municipalité où se trouve l’École normale des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa – a été intense et cette dernière se trouve toujours sous la menace permanente d’expulsion de la part de la police fédérale militaire. Nombreux ont été les témoignages qui racontent l’incursion de groupes de choc. Dans le chef-lieu, des coupures d’électricité, l’incendie de 28 bureaux de vote, l’inquiétude et le stress ont marqué cette journée électorale.

Dans le dernier communiqué des mères et pères de famille témoignent : « Aujourd’hui [7 juin] pendant la journée électorale, des voisins, des femmes au foyer, des ouvriers de Tixtla, se sont organisés spontanément et ont exprimé leur mécontentement face à une élection illégitime qui cherche uniquement à porter au pouvoir des personnes liées à la délinquance organisée, une classe politique insensible et incapable de résoudre les problèmes les plus élémentaires pour le peuple. Les partis politiques, leurs groupes de choc et leurs hommes de main comptent uniquement prendre le pouvoir pour continuer à réprimer et à voler l’argent public, tandis que les pauvres se débrouillent dans la misère et la précarité. Ils veulent assumer des fonctions publiques afin de permettre à la délinquance organisée de continuer à tuer et à faire disparaître nos proches ».

Face à tout ceci, le village de Tixtla n’est pas sorti voter et ceci en réponse à la disparition des 43 étudiants. Ici l’élection a été annulée selon l’institut Électoral de Guerrero et les parents des étudiants ont déclaré : « Il n’y aura pas d’élections tant que nos enfants n’apparaîtront pas en vie » (…) « L’État mexicain a dû recourir à la militarisation pour imposer par la force des armes l’une des élections les plus controversées de l’histoire récente. Il n’a jamais fait les efforts nécessaires pour trouver les étudiants disparus, mais il utilise les forces de sécurité pour légitimer un système politique corrompu et un modèle économique infiltré par les groupes de la délinquance organisée en consolidant ainsi le narco-gouvernement qui depuis de nombreuses années est en train d’exercer le pouvoir en protégeant les intérêts de quelques uns et en laissant dans l’oubli et l’abandon les communautés les plus pauvres et précaires de notre pays ». (6)

Tlapa de Comonfort [Guerrero] :

Le 7 juin 2015, dans la Ville de Tlapa de Comonfort, lors de la journée électorale, au moins 24 éléments de la police ont perquisitionné arbitrairement, sans mandat d’arrêt, les bureaux de la Coordination Étatique des Travailleurs de l’État de Guerrero (CETEG). Ils ont violemment interpellé un groupe de maîtres d’école : 6 hommes dont un mineur (Juan Sánchez Gaspar, Pablo Abad Díaz, Julián Ayerdi Chavelas, Raúl Sierra de Jesús, Francisco Ortega Vicente, Ángel Basurto Ortega); ainsi que 2 femmes (Agustina Luna Martínez et Herlinda Iturbide Pinzón). Face à cet acte arbitraire, des voisins du quartier sont sortis dans les rues – pour protester contre les arrestations et la perquisition des bureaux-, ils ont empêché la police de sortir pour exiger la libération des personnes arrêtées qui étaient en train d’être transférées par un hélicoptère de la Marine vers la ville de Mexico.

Cette situation a pu être désamorcée grâce à la médiation du Centre de Droit de l’Homme (Tlachinollan) par laquelle la CETEG a réussi à établir un accord avec les autorités fédérales stipulant que les détenus et détenues seraient transféré-e-s à Tlapa et les policiers seraient libérés dès lors ; l’accord établissait aussi le cantonnement des forces de l’ordre à environ deux kilomètres de l’endroit où se trouvaient les policiers retenus. Plus tard, la Police Fédérale a relancé une forte opération en rompant les accords obtenus ; durant l’opération la police a utilisé des armes à feu et des gaz lacrymogènes, ce qui a terrorisé les familles qui se trouvaient dans l’attente de nouvelles de leurs proches arrêtés. Divers témoignages rendent compte de la probable participation d’éléments de l’Armée du 93ème bataillon d’infanterie basé à Tlapa.

Durant l’opération déployée de manière disproportionnée par la Police Fédérale – selon des témoignages -, des éléments de cette corporation ont fait irruption dans les habitations en effrayant les familles avec des gaz lacrymogènes. La solde de cette attaque est un nombre indéterminé de blessés et de nombreuses personnes en état de choc.

À cette heure, au moins 4 personnes ont été grièvement blessées et une personne a été assassinée par balle: le jeune Antonio Vivar Díaz, étudiant en dernière année de Licence de Développement Communautaire de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Tlapa de Comonfort, qui laisse un enfant de 8 mois derrière lui. (7)

Veracruz

Dans l’état mexicain de Veracruz [à l’Est du Mexique], dix personnes armées ont agressé huit étudiants de l’Université de cet État. Les faits ont eu lieu quand ces dix personnes sont entrées de manière violente dans la résidence des jeunes étudiants pour les attaquer avec des machettes, des bâtons, et des armes longues. D’après les rapports médicaux, les victimes ont des coupures sur leurs visages, des coups et blessures sur le corps, fractures au crâne et mandibules disloquées, certains se trouvent dans un état grave. Les étudiants attaqués sont des militants écologistes qui avaient participé à des manifestations de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa.

Depuis le 1er juin, les installations de l’Institut Électoral de la ville de Xalapa ont été incendiés, également dans les villes de Cordoba et Orizaba les installations de l’Institut Électoral ont été occupées par la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Éducation.

Les arrestations

Tandis que les médias dominants se félicitent de la journée électorale du 7 juin et ce malgré le boycott électoral, les nombreuses actions, mobilisations, piquets, blocages, barricades, prises de bureaux électoraux, incendies de bulletins de vote produits d’un mécontentement social qui est à bout. Les chiffres des personnes blessées et arrêtées par les forces de l’ordre commencent peu à peu à émerger, certains médias évoquent environ 127 personnes arrêtées, principalement dans les États d’Oaxaca, Guerrero, Chiapas et Michoacan.

Le Mexique a connu ces dernières années des opérations policières fortement répressives où les arrestations massives font partie de la stratégie que l’État a décidé d’employer face à la révolte. Ce fut le cas des arrestations qui ont eu lieu depuis l’investiture présidentielle de Peña Nieto en 2012 ou encore pendant les manifestations du 2 octobre commémorant le massacre des étudiants perpétré par l’État et ses militaires en 1968. La répression s’élargie par le biais des cautions élevées, des irrégularités des procès, et de l’arbitraire juridique. Après les délits d’attaques à la paix publique qui ont été systématiquement attribués aux personnes arrêtées à chaque cri de rage, à chaque mot de plainte, à chaque révolte, c’est maintenant « le délit électoral » que l’État utilisera pour enfermer… Cette fois-ci plus de 100 personnes devront, après avoir affronté la farce électorale, affronter la farce juridique d’un État qui se maintient par la répression et la corruption… Cependant, ces dernières années, le Mexique a également appris que la libération de personnes arrêtées passe nécessairement par l’organisation. Après les blessures et les coups reçus, les villages, les communes, les quartiers, les groupes, collectifs et individus ont appris à se mettre debout et à continuer à lutter pour la libération de leurs compagnon-ne-s de lutte.

Aujourd’hui, Antonio Vivar Díaz a rejoint les plus de 150 000 personnes que l’État a assassiné au milieu de sa guerre déclenchée pour maintenir l’existence de son propre crime organisé, pour maintenir coûte que coûte les liens étroits qui unissent trafiquants de drogue, multinationales, politiciens, policiers, militaires, et paramilitaires…

Aujourd’hui, Antonio Vivar Díaz, tu es dans nos pensées.

Résumé et traductions Les trois passants / Corrections et relectures Caracol Solidario, Myriam et Amparo

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Sources:
1) Proyectoambulante, Intervencion militar en Oaxaca
2) Comunicado de la Comunidad Autonoma de Ghi`Xhi`Roo`- Álvaro Obregón
3) Comunicado de la Asamblea Comunitaria de Eloxochitlán de flores Magón en apoyo al boicot
4)Regeneracion Radio: La batalla en Huajuapan
5) Animalpolitico, sobre detenidos
6) Comunicado de Ayotzinapa, Centro de derechos humanos Tlachinollan
7) Urgente policia federal abre fuego contra la poblacion de Tlapa, CDH – Tlachinollan

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recnorte

Ces dernières années au Mexique une guerre contre le peuple a été déclenchée sous le prétexte d’arrêter le crime organisé et le trafic de drogue. Des milliers de personnes ont été assassinées, portées disparues et emprisonnées. Tout le Mexique vit une situation de violence grandissante contre toute forme de protestation. Dans cette guerre multiforme, l’en-bas organisé survit, résiste et construit sa révolte dans tous les espaces dans lesquels il se trouve, en s’adaptant désormais à un climat de plus en plus violent, où la solidarité devient le bouclier, le refuge et le germe de la résistance.

Dans l’histoire récente du Mexique, nous avons assisté à une vague répressive où les manifestations et les luttes sociales se sont vues attaquées férocement par les forces de l’ordre, la police, les militaires, les paramilitaires. Si bien que l’abus de pouvoir et la main de fer de l’Etat n’ont pas cessé de blesser le mouvement social depuis de nombreuses années. Dès son arrivée au pouvoir le 1er décembre 2012, Enrique Peña Nieto démontrait que son mandat allait se nourrir d’autoritarisme, d’assassinat, de disparitions forcées et de prison. En se servant des médias dominants, le gouvernement préparait le terrain pour continuer sa guerre, une guerre contre les jeunes, les étudiant-e-s, les organisations sociales, les indigènes, les militant-e-s, les encagoulé-e-s, les casseur-e-s, les anarchistes, les squatteurs … bref, contre tous ceux et celles qui mettent en péril son projet de « nation » : la privatisation.

Depuis lors, nous avons compté de nombreuses arrestations à chaque manifestation à chaque cri de rage. Aujourd’hui dans le contexte actuel, la solidarité est remise en cause par le pouvoir, elle devient dérangeante, elle devient aux yeux de l’Etat et ses autorités un délit qu’il faut surveiller de près. Contre la guerre menée par le capitalisme et sa logique de domination, d’oppression, de répression, de mépris, de fascisme, la lutte anti- carcérale est plus que jamais nécessaire.

Dernières arrestations

ferzamLuis Fernando Sotelo Zambrano est étudiant et adhérent à la « Sexta », la Sixième Déclaration de la forêt lacandone lancée par les zapatistes. Il a été incarcéré à la suite d’une action à la Cité Universitaire de la ville de Mexico, dans le contexte de la Journée Globale en solidarité avec Ayotzinapa, le 5 novembre 2014.

Le 10 novembre 2014, le juge lui a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution.

Antécédents :
Lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier, plus de 150 000 personnes sont sorties dans la rue pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos”, disparus depuis le 26 septembre dernier. Diverses activités ont eu lieu parallèlement, telle une grève nationale générale et partielle à laquelle ont participé plus de 184 écoles au niveau national, des blocages de routes et des principales artères dans différentes villes, des piquets de protestation, des événements et de nombreuses actions de solidarité avec les étudiants disparus, leurs familles et le village d’Ayotzinapa.

Dans ce contexte, une dizaine des personnes ont été arrêtées par la police fédérale, deux arrestations ont été rapidement signalées, celles de Luis Fernando Sotelo Zambrano de l’école préparatoire 6, et celle de Sergio Pérez Landeros, étudiant de l’Université Nationale Autonome du Mexique. Tous les deux ont été arrêtés quand, en violation de l’autonomie universitaire, la police fédérale est rentrée à l’université pour les arrêter et les accuser de délits d’attaques à la paix publique, attaques aux voies de communication, dommages aggravés, port d’explosifs en bande.

Sergio Pérez Landeros a été libéré faute de preuves. Mais pour ce qui est de Fernando Sotelo, sous prétexte de révision médicale, il a été transféré à la prison masculine Sud.

Roberto López Miguel est l’un des avocats qui suit son cas par solidarité. Pour lui, cette détention est « un cas de plus de criminalisation de la jeunesse, des étudiants et des mouvements de protestation, menée au pas de charge par le gouvernement de Miguel Ángel Mancera et exécutée au pied de la lettre et avec une tolérance zéro de la part du procureur ».

López Miguel, membre du Collectif des avocats zapatistes (CAZ), insiste sur les irrégularités qui se sont produites depuis le début de la détention : Luis Fernando a été frappé par la police, et les lésions ont même été constatées par la Commission des Droits Humains de la capitale. De plus, il a été transféré dans un véhicule banalisé du Ministère public numéro 1 à Coyoacán vers la prison préventive – Reclusorio Sud, avant même le délai légal de 48h et sans que ses avocats en soient informés. Il a ainsi été présenté à 11h du soir, 4 heures après avoir été sorti du Ministère Public.

Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le chauffeur a signalé que Fernando avait participé aux faits. Pour son avocat, cela n’a plus de raison d’être puisque, « dès lors qu’une autre personne arrêtée au même moment que Fernando a été libérée, la fausse déclaration du chauffeur du bus est caduque ».

Le solde de la répression policière

Depuis le commencement des manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants, la police a été présente. Si elle n’était pas nombreuse dans les cortèges tout au début, elle a frappé fort depuis le 5 novembre dernier où au moins 10 personnes ont été arrêtées puis relâchées sous caution. Luis Fernando Sotelo, compagnon adhérent à la Sixième déclaration de la Forêt Lacandone attend lui toujours son procès . À partir de la manifestation du 5 novembre la pression est montée d’un cran, les médias se sont mis à paniquer, à diffamer et à étiqueter certains manifestants comme « infiltrés », « encagoulés », « déstabilisateurs »…l’ambiance s’est alourdie ; le 15 novembre, de façon complètement arbitraire deux étudiants Jacqueline Santana et Bryan Reyes, ont été arrêtés pour le délit de vol à un agent fédéral, délit fabriqué de toute pièce. L’arrestation de Bryan n’est pas due au hasard car il fut également arrêté arbitrairement le 1er décembre 2012 pendant la manifestation contre l’investiture présidentielle de Peña Nieto. Mais l’arbitraire ne s’arrête pas là : ce 22 novembre une sentence à de la prison ferme leur a été dictée ; le 20 novembre au moins 30 personnes ont été arrêtées, 15 ont été libérées et se trouvent sous contrôle judiciaire, 11 autres ont été arrêtées et transférées dans des prisons de haute sécurité. Ce fut grâce à la pression nationale et internationale qu’elles ont été relâchées neuf jours plus tard ; le 28 novembre Sandino Bucio Dovalí, également étudiant, a été enlevé par la police et accusé d’avoir participé aux actions « délictueuses » menés pendant la manifestation du 20 novembre, après des mobilisations Sandino a été relâché. Mais la répression et la persécution se poursuivent, plusieurs journaux nationaux ont déclenché un lynchage médiatique en publiant de façon mensongère une série de listes d’activistes anarchistes et proches du mouvement anarchiste, et en les accusant de tous les maux. Parmi les personnes mentionnées se trouvent notre compagnon anarchiste Mario Gonzalez, libéré le 31 octobre, ainsi que sa compagne. Plusieurs communiqués ont été diffusées pour faire face à ce lynchage médiatique.

Pour ce qui est des 3 personnes arrêtées le 1er décembre 2014, elles ont été relâchées.

Par les trois passants
Correction Myriam, Val et Valérie

Articles liés:

Voir Campagne : Une lettre pour Sotelo  et la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico

Lire l’article MEXICO – 1er décembre, un cri collectif : Peña Nieto démission !

Sources : Regeneracion Radio
Cruz Negra Anarquista – Mexico
Quien es Luis Fernando Sotelo
Enlace zapatista et (RvsR)


MEXICO : Des nouvelles des prisonniers, liberté à tous et à toutes! 1er décembre 2014.

librestdos Pendant la quatrième journée globale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus, la police et les CRS ont fortement réprimé plusieurs manifestations et cortèges. Le 20 novembre dernier, un cortège se rendant à l’aéroport pour manifester a été réprimé et 15 personnes avaient été arrêtées puis relâchées après avoir payé une caution, tandis qu’au Zocalo, place centrale de la ville de Mexico, 11 personnes ont été arrêtées. Elles ont été envoyées deux jours plus tard vers des prisons de haute sécurité dans des états très éloignés de leur ville, où elles ont subi des mauvais traitements et des menaces. Cependant, après de fortes mobilisations et des manifestations exigeant leur libération, le juge du dix-septième district siégeant dans l’état de Veracruz a résolu le cas le 29 novembre au matin en se prononçant pour l’auto de formelle liberté à cause du manque d’éléments, et les 11 personnes arrêtées suite à la manifestation du 20 novembre ont été libérées. En raison des preuves insuffisantes pour les accuser de délits d’émeute, d’association de malfaiteurs et de tentative de meurtre, les juge a ordonné la libération immédiate des 11 détenus (1). Ainsi Roberto César Jasso del Ángel, Ramón Domínguez Patlán, Hugo Bautista Hernández, Atzin Andrade González, Juan Daniel López Ávila, Laurence Maxwell Ilabaca, Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Hillary Analí González Olguín, Liliana Garduño Ortega et Tania Damián Rojas ont retrouvé leur liberté ce 29 novembre 2014.

La répression, la persécution…

Cependant la persécution contre certains groupes de militants, d’étudiants, de jeunes n’a pas cessé. Le Comité de Solidarité pour Mario González, étudiant anarchiste de 22 ans libéré le 31 octobre dernier après avoir passé 13 mois enfermé à la tour de Tepepan, a émis un communiqué signalant les attaques et le lynchage médiatique que lui-même, sa compagne et plusieurs personnes proches ou faisant partie du mouvement anarchiste sont en train de subir ces dernières semaines.

Alors que les mobilisations se mettent en place partout au Mexique, de l’état de Guerrero jusqu’au nord du pays, alors qu’un appel à la cinquième mobilisation nationale en solidarité avec les 43 étudiants disparus se répand partout, alors que ce 1er décembre le peuple sortira de nouveau dans la rue, le gouvernement se prépare à prononcer le discours présidentiel du deuxième anniversaire de la prise de pouvoir de Peña Nieto. Mais derrière les caméras et les jolis discours, la persécution, l’intimidation et le lynchage médiatique contre certains activistes tourne à plein régime.

D’autres compagnons doivent être libérés

Depuis le 5 novembre un appel a été lancé par plusieurs organisations et collectifs à se joindre à la lutte pour la liberté du compagnon adhérent à la sixième déclaration zapatiste Luis Fernando Sotelo Zambrano. Luis Fernando est âgé de 20 ans et est élève de l’École Nationale Préparatoire numéro 6 « Antonio Caso », appartenant à l’Université Nationale Autonome du Mexique. Il est membre du Collectif Ollin Meztli et de la Coopérative ik’otik, adhérent à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone et proche du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Principalement impliqué dans les luttes étudiantes et le travail communautaire en accompagnement du Congrès National Indigène, il a aussi été partie prenante du mouvement contre la hausse des tarifs de métro l’an dernier, ainsi que de la lutte pour la libération de Mario González.

L’appel à la mobilisation pour la libération de Fernando Sotelo se joint à celle lancée pour la libération d’autres prisonniers de la ville de Mexico, tels Abraham Cortez Avila et Luis Fernando Bárcenas.

La lutte continue !

Par Les trois passants
Correction Myriam.
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Sources :
Médias dominants :
(1)Proceso, sobre liberacion de los 11 detenidos el 20 de noviembre

Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

aeropay20mx
Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.

Aux dépossédés, Aux exploités, Aux opprimés

5 décembre 2014

Face au lynchage médiatique et à la campagne de diffamation contre les mouvements émergents qui luttent pour un changement des fondements sur lesquels la société est érigée, nous vous exhortons à percevoir le but ultime de cette stratégie de l’État mise en oeuvre à travers les mass-médias assujettis aux intérêts de la classe dominante.

Il s’agit d’une tactique qui entraîne plus de préjudices que la simple diffamation des méthodes de lutte employées par les compagnons organisés, son objectif n’est pas simplement de déformer la lutte, elle cherche à justifier et à légitimer la répression inhérente à l’État, envers le mécontentement général des travailleurs, nos frères de classe.

De telles tactiques menées par l’État ont aussi pour objectif de renforcer le préjugé absurde selon lequel nous ne nous assumons pas comme sujets historiquement capables de changer notre réalité objective. Le résultat obtenu est la méfiance collective générée par la paranoïa et la peur suscitées par le discours ridicule – mais néanmoins dangereux – qui présente les encagoulés à l’opinion publique comme étant synonymes d’infiltrés, étrangers aux intérêts du prolétariat, dans le but de démobiliser et de limiter la portée des revendications qui surgissent du peuple qui fait monter le ton de la protestation sociale en l’éloignant chaque fois plus du cadre de la légalité bourgeoise, celle-ci étant violée par la sphère dominante elle-même, systématiquement, jour après jour.

En revanche, la majeure partie de la classe ouvrière, dans laquelle les étudiants se trouvent immergés, choisit de développer et de légitimer par la parole et les actes, le fait que les modes d’actions révolutionnaires sont légitimes et nécessaires compte tenu de la crise actuelle, en ne se limitant pas aux moyens constitutionnels comme la création de partis politiques [qui détournent des vrais objectifs et des tâches immédiates de notre classe]. Au contraire, on laisse de côté la parole faussée des opportunistes, des « révolutionnaires » hypocrites de bureau, qui sous couvert du pacifisme, de la légalité, de leurs analyses pourries où « les conditions ne sont jamais réunies », tentent de pénétrer le mouvement par le réformisme, pour renforcer l’État, redonner du souffle au modèle actuel et, essayer, de cette façon, de désarticuler le processus révolutionnaire.

La violence structurelle et systématique que l’État exerce en faisant partie de la bourgeoisie organisée, qui condamne les travailleurs à l’insatisfaction de leurs besoins matériels essentiels [condamnation exercée à partir de la propriété privée]; perpétue son existence même, ainsi que l’exploitation d’une classe sur l’autre ; en empêchant une transformation radicale des relations sociales de production.

Au fur et à mesure, les instruments de répression et de pression se perfectionnent contre l’ensemble du prolétariat. Ainsi l’appareil juridique s’abat sur nous pour nous soumettre au système carcérale, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, avec la récurrente « liberté conditionnelle » qui nous soumet au harcèlement et à l’espionnage au plus près avec les procédures juridiques ouvertes. Cela se traduit aussi par les stratégies de soit disant réhabilitation qui cherchent à nous forcer à accepter le profil du citoyen par excellence, soumis et peureux ; ou au contraire à casser nos idées par des mesures de tortures, d’isolements, etc..

C’est dans ce contexte que nous devons étendre la solidarité au sein de notre classe, une solidarité vivante, en cessant de reproduire les discours qui émanent de la bourgeoisie et au contraire en analysant les formes et les méthodes par lesquelles ils essaient de nous diviser à tout prix et de nous polariser plus que ce que nous sommes déjà. Nous pourrions alors nous poser les questions : le discours qui généralise et qualifie de voyous, d’infiltrés, les personnes qui optent pour d’autres méthodes de protestation : à qui bénéfice t-il ? Qui est-ce que cela dérange que des dizaines d’hommes et femmes élèvent le ton de la protestation et attaquent la propriété privée et les symboles de la marchandisation, les bâtiments qui défendent le capital, qui représentent le pouvoir et l’oppression ? Nous, les exploités, nous ne perdons rien quand tout ceci est attaqué lors d’une manifestation de rage légitime, ce sont eux qui perdent ; la police n’a pas besoin de provocateurs dans les manifestations, elle suit des ordres et si l’ordre est donné d’attaquer un cortège de gens pacifiques, elle le fera sans aucun remord, comme elle l’a toujours fait.

Nous devons nous organiser en dressant le drapeau de la vie sur la mort imposée par le système, nous devons nous tenir la main, exploités que nous sommes, en marchant libres, en marchant ensemble, en s’attaquant à toute mystification social-démocrate – qui émane nécessairement de l’État et du capital – n’importe lequel de leur discours est manigancé avec malhonnêteté, nous ne devons pas perdre de vue qui nous sommes et qui ils sont, il n’y a pas de position intermédiaire, il n’y en a jamais eu.

Fraternellement ex-prisonniers politiques aujourd’hui en procès
Que la révolte éclate, prisonnier-e-s dans la rue !

 

Traduit par Les Trois passants et Caracol Solidario

Note dT: Les 11 personnes qui ont été arrêtées le 20 novembre dernier lors de la manifestation unitaire pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus, se rendaient à l’aéroport de la ville de Mexico pour manifester, elles ont été attaquées et matraquées par la police de la ville de Mexico qui les a ensuite arrêtées. Les 11 personnes sont actuellement sous contrôle judiciaire après avoir payé une caution pour le délit d’attaques à la paix publique. Huit d’entre elles sont suivies par le collectif d’avocats zapatistes ce qui permet de recevoir des nouvelles régulièrement. Hélas, la situation actuelle de répression et d’intimidation ne facilite pas le suivi des informations concernant tous les cas des personnes arrêtées. Il faut mentionner que le gouvernement de la ville de Mexico, avec à sa tête Miguel Angel Mancera, a engagé depuis son investiture une forte répression contre les manifestants. De ce fait, les arrestations sont sélectives, systématiques et massives pouvant comprendre de 70 à 100 personnes arrêtées d’un seul coup ; les cautions sont cumulables selon les délits attribués et très élevées.

Sources :
Comunicado de lxs detenidxs el pasado 20 de noviembre en el aeropuerto- Regeneracion Radio
Comparecen en el juzgado 10° detenidos del 20 de noviembre, Regeneracion Radio

 

Manifestations pour Ayotzinapa, l’État emprisonne.

marcha20novManifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne.

Le 5 novembre deux étudiants sont arrêtés par la police lors de manifestations sur le campus de l’Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM) suite à une agression de la police judiciaire qui a blessé par balle un étudiant sur ce même campus. Cette incursion de la police sur le campus n’est pas anodine, car elle s’est faite à proximité de l’amphithéâtre « Che » occupé depuis plusieurs années par les étudiants et où dernièrement des activités ont eu lieu pour soutenir Ayotzinapa.

L’un des deux étudiants a été libéré, mais Luis Fernando Sotelo reste en détention préventive dans la prison Sud de la ville de Mexico, où il devra attendre son procès pour attaque à la paix publique, attaques aux voies de communication et dégradation.

Le 20 novembre dernier durant la manifestation pour Ayotzinapa à Mexico,18 personnes ont été arrêtées par la police. Certaines d’entre elles sont aujourd’hui libres ou ont pu sortir sous caution. Cependant 11 personnes -Luis Carlos Pichardo Moreno, Francisco García Martínez, Tania Ivonne Damián Rojas, Juan Daniel López Ávila, Hilllary Analy González Olguin, Atzín Andrade González, Roberto César Jasso del Ángel, Laurence Maxwel (Chilien), Liliana Graduño Ortega, Issac Domínguez Ayala et Hugo Bautista Hernández- sont toujours détenues, accusées d’émeute, « association de malfaiteurs », tentative de meurtre. ToutEs les détenuEs ont été menacéEs, frappéEs, mal-traité.E.s et ont subi de très fortes pressions psychologiques lors de leurs dépositions.

Le 22 novembre ces 11 personnes (8 hommes et 3 femmes) ont été transférées vers des prisons fédérales de haute sécurité. Les 8 hommes ont été transférés vers la prison fédérale N°5 de Perote dans l’État de Veracruz et les 3 femmes ont été transférées vers la prison fédérale N°4 de Tepic, dans l’État de Nayarit dans le Nord du Mexique.

Ces transferts vers des prisons très éloignées de la ville de Mexico ont pour but d’isoler les prisonnierEs de leurs avocats, de leurs soutiens et de leurs familles.

Nous exigeons leur liberté immédiate !

À bas les murs de toutes les prisons !

Vive Ayotzinapa ! Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants !

Les trois passants.

VIDÉO : Testimonios #TuVozX11Consignados ( en espagnol )

VIDÉO Desalojo violento del zócalo #20novMX

Emboscada de policía federal contra manifestantes 20 de Noviembre en Zócalo

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Voir aussi: arrestations lors de la journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier

MEXICO: Luis Fernando Sotelo détenu lors de la Journée Globale en solidarité avec Ayotzinapa

lf.grandeDétention préventive pour Luis Fernando Sotelo, détenu suite à une action à la Cité Universitaire.

Aujourd’hui 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive à Luis Fernando Sotelo Zambrano pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations.

Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution.

Des compagnonEs solidaires s’étaient donnéEs rendez-vous très tôt pour accompagner Luis Fernando et sa famille à l’audience, mais au début de celle-ci des policiers ont essayé d’empêcher la famille d’accéder à la salle d’audience, cependant, après quelques minutes de discussion, elle a réussi à passer.

L’autre jeune, détenu après l’action à la Cité Universitaire a été libéré, sans charge.

Antécédents :

La journée globale en solidarité avec Ayotzinapa, Guerrero, qui a eu lieu le 5 novembre dernier, a envahie les rues où plus de 150 000 personnes sont sorties dans la rue pour exiger la présentation en vie des 43 étudiants de l’École Normale “Raúl Isidro Burgos”, disparus depuis le 26 septembre dernier. Diverses activités ont eu lieu parallèlement, telle une grève nationale générale et partielle, à laquelle ont participé plus de 184 écoles au niveau national, des blocages de routes et des principales artères dans différentes villes, des piquets de protestation, des événements et de nombreuses actions de solidarité avec les étudiants disparus, leurs familles et le village d’Ayotzinapa qui n’a pas cessé de crier haut et fort le slogan : « Vous les avez pris vivants, rendez-les nous vivants ».

Dans ce contexte, le Mexique accumule une rage nationale, une colère grandissante face à cette situation de guerre menée contre la population, contre des hommes et des femmes d’en bas, les jeunes, les paysan-ne-s, les étudiant-e-s, les militant-e-s… une colère face aux manœuvres répressives d’un État que certains commencent déjà à nommer sans hésitation Narco-état. Alors que cette guerre avance, la population et surtout beaucoup de jeunes , ont décidé de se manifester, mais comme d’habitude la répression s’est abattue contre plusieurs étudiant-e-s. Une dizaine des personnes ont été arrêtées par la police fédérale, deux arrestations ont été rapidement signalées, celles de Luis Fernando Sotelo Zambrano de l’école préparatoire 6, adhérent à “la Sexta” et celle de Sergio Pérez Landeros, étudiant de l’Université Nationale Autonome du Mexique. Tous les deux ont été arrêtés quand, en violation de l’autonomie universitaire, la police fédérale est rentrée à l’université pour les arrêter et les accuser de délits d’attaques à la paix publique, attaques aux voies de communication, dommages aggravés, port d’explosifs en bande.

Sergio Pérez Landeros a été libéré faute de preuves, ce qui est de Fernando Sotelo, sous prétexte de révision médicale, il a été transféré à la prison masculine Sud.

Voir l’article: Dernières nouvelles des prisonnier-e-s de la Ville de Mexico

Sources :
Cruz Negra Anarquista- Mexico
Quien es Luis Fernando Sotelo? (plus d’infos en espagnol)

L’État Mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives.

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Le jeune anarchiste Fernando Bárcenas a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme.

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Le 13 décembre 2013, suite à une manifestation contre la hausse des tarifs du métro où un arbre de Noël appartenant à la multinationale Coca-Cola a été incendié, Fernando a été arrêté et se trouvait en prison préventive dans la prison Nord de la ville de Mexico où il attendait avec impatience son procès. C’est ce 11 décembre que nous avons appris qu’il a été condamné à 5 ans et 9 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique, délit qui l’empêche de sortir sous caution.

Selon la CNA -Mexique, cette condamnation arrive au moment au l’État mexicain est en train de durcir ses méthodes répressives ; cette condamnation représente un message pour ralentir les mobilisations récentes qui reflètent le mécontentement social. Elle appelle à continuer la lutte pour ne pas oublier les compagnon-ne-s anarchistes qui se trouvent en taule suite à des actions, mobilisations et manifestations, tous et toutes se trouvent derrière les barreaux pour le délit d’attaque à la paix publique, associé ou cumulé avec d’autres délits.

Tous les compagnons et compagnonnes anarchistes ont été déjà condamnés (sauf Mario Gonzalez qui a obtenu sa liberté le 31 octobre dernier) ; il faut mentionner le cas complètement arbitraire d‘Abraham Cortez Avila condamné dernièrement à une lourde peine de 13 ans et 4 mois de prison ferme pour les délits d’attaques à la paix publique en bande organisée et tentative d’homicide.

Le 31 octobre 2014, la sentence concernant le procès fédéral qu’affrontent Carlos López, Fallon Roullier et Amelie Trudeu, accusé-e-s d’atteinte à la propriété en la modalité d’un incendie, a été prononcée. Cette sentence est de 7 ans et 6 mois de prison ferme. Ensuite, le 6 novembre dernier, la sentence concernant les accusations d’attaques à la paix publique et dégât aggravé en bande qu’affrontent parallèlement Amelie, Fallon et Carlos a été prononcée. Cette sentence est de 2 ans, 7 mois et 15 jours de prison ferme, et une amende pour réparation de 108 000 pesos.

Plusieurs activités sont en cours de préparation pour réussir à libérer nos compagnon-ne-s, suite à la nouvelle concernant la condamnation de Fernando, une soirée de solidarité aura lieu à la ville de Mexico ; cependant la solidarité doit se répandre et se durcir car les accusations dont nos compagnon-ne-s font face ne sont pas simples. Il faudra se mobiliser fortement pour les soutenir.

Abajo los muros de las prisiones !

Les trois passants

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Articles associés:
♦Écrits du compagnon anarchiste Fernando Barcenas Castillo
♦Voir aussi la Mise à jour concernant la situation des prisonniers de la Ville de Mexico
♦Communiqué des personnes arrêtées le 20 novembre lors de la cinquième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus.
Sources:
CNA-Mexico

Voir aussi la rubrique Prisonnier-e-s anarchistes/Prisonnier-e-s de la Ville de Mexico

Communiqué commun: Halte aux harcèlements et aux diffamations au Mexique !

fueeselestadomx 2 décembre 2014

Actuellement au Mexique et dans la ville de Mexico, divers événements préoccupants se déroulent ; à chaque instant des actions répressives se mettent en place contre la population. Ces actions ne semblent pas avoir de limites, elles sont chaque fois plus flagrantes, et l’État cherche à les rendre le plus visible possible afin que le peuple soit remplit de peur. Cette stratégie a un nom : Terrorisme d’État.

La répression prend forme quotidiennement par des disparitions, comme celles des 43 étudiants normalistes ; par des assassinats, comme ceux perpétrés contre les étudiants, comme celui de Carlos Sinhué Cuevas Mejía, parmi tant d’autres.

La répression prend la forme de détentions et de séquestrations :
– comme celles des compagnons et des compagnonnes détenues suite aux manifestations, parmi lesquels 11 personnes ont été transférées dans des prisons fédérales de haute sécurité – mais sont aujourd’hui libérées – et 14 autres ont été placées sous contrôle judiciaire.
– comme celles de Brayan Reyes, Jaqueline Santana, et Sandino Bucio.
– comme les incarcérations de Carlos López, Fallon Roullier, Amelie Trudeu, Abraham Cortés, Fernando Bárcenas et Luis Fernando Sotelo.

La répression prend la forme de tortures, comme celles perpétrées lors de la plupart des arrestations, en particulier contre les activistes, comme dans le cas de Mario González ; la répression prend forme par les abus commis tous les jours par les « représentants » de l’autorité contre la population en général ; la répression prend forme par le harcèlement et les diffamations venant de certains médias de désinformation (tels Reforma, La Razon, El Universal, etc.), médias qui sont au service de l’État et de ses institutions policières, et qui ont mis en oeuvre une nouvelle campagne de signalements sélectifs contre les activistes sociaux qui expriment leur indignation face à l’assujettissement que nous vivons, parmi les personnes visées se trouve Mario González, libéré après 13 mois de réclusion et de torture, cette campagne s’érige contre la pensée anarchiste et ceux qui la partagent, en la détournant.

Tout cela, ce ne sont que quelques méthodes répressives perpétrées par les bourreaux contre tous ceux et celles qui se rebellent contre le despotisme générateur de la misère dans laquelle nous nous retrouvons submergés, contre ceux et celles qui dénoncent cette terreur institutionnelle qui est en train de croître.

Ces actes répressifs constituent clairement une mesure contre- insurrectionnelle qui cherche à nous pousser à la terreur et à la démobilisation au moment où toute une vague de mécontentement sociale s’est déclenchée.

C’est absurde de voir l’ensemble des institutions les plus violentes qui existent, c’est-à-dire l’État, accuser de violents et d’agressifs tous ceux et celles qui dénoncent sa violence. De la solidarité et de la lutte dépend que toute cette répression et toute cette injustice cessent.

Comité de Solidarité avec Mario González, Ville de Mexico
Les trois passants (Paris, France)
La Confederación General del Trabajo (CGT) – État espagnol
Fédération Anarchiste (France, Suisse, Belgique )
Internationale des fédérations anarchistes (IFA)
Caracol Solidario, Besançon (France)
Mut Vitz 13, Marseille (France)
Associació Solidaria Cafè Rebeldía-Infoespai (Barcelone)
#Yosoy132 – Europe
La Fédération des CIRCs (France)
LaPirata:
– Nodo Solidale, Mexique et Italie
– Colectivo Zapatista Lugano, Suisse
– Nomads, Bologna et Berlin
Azamblea del Pueblo – Costa Rica/Centroamérica
Comité de redacción de la publicación “Lucha Indígena” (Pérou)
Grupo de Trabajo “No Estamos Todxs” (Chiapas, Mexique)
DILE- Difusión de Ideas Libertarias en Ecatepec ( Mexique)
Periódico “Solidaridad Proletaria” (Monterrey, Mexique)
Ediciones subversión (Monterrey, Mexique)
Colectivo Zapatista Neza (Mexique)
Nicte Ha Soto (Sexta para Niñoas- Ville de Mexico)
Professeur Luis de la Peña Martínez (ENAH, Mexico)
Professeur Carolina Concepción González González (Mexique)
Professeur Emigdio Navarro Esquivel, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Fernando Quintana Mendoza, Preparatoria 2 (Mexique)
Professeur Guadalupe Susano Caballero, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur Luis Darío Salas Marín, Preparatoria 6 (Mexique)
Professeur María Elena de la Torre Monterrubio, CCH Azcapotzalco (Mexique)
Professeur María Esther Navarro Lara, Facultad de Ciencias Políticas y Sociales ( Mexique)
Professeur Miguel Ángel García Álvarez, Facultad de Ciencias (Mexique)
Sandra Odeth Gerardo Pérez (ENAH, Mexique)
Gaia Capogna (Italie)
Itzel López Nájera (Mexique)

Source

 

Mexico : Liberté pour les prisonniers et les prisonnières du 20 novembre

Introduction :
Partout au Mexique et dans plusieurs endroits du Monde, des manifestations ont eu lieu ce 20 novembre représentant ainsi la quatrième journée nationale et internationale de mobilisation pour la présentation en vie des 43 étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa, Guerrero, disparus depuis le 26 septembre 2014. Le Mexique vit un état de répression, d’intimidation et de criminalisation de plus en plus grandissante où le discours gouvernemental venant du président Enrique Pena Nieto, de son Armée et de ses médias vendus, rappelle le discours du Président Gustavo Díaz Ordaz (1964 à 1970) : « les forces obscures désirent déstabiliser la nation », des paroles largement connues de toute une génération mexicaine et qui furent prononcées quelques semaines avant le massacre d’étudiants à Tlatelolco en 1968.

« Il semblerait que les protestations violentes concernant les faits d’Ayotzinapa répondent à une volonté de générer « une déstabilisation, un désordre social » et « d’attenter au projet de Nation » que j’ai impulsé » (1) a signalé le président Enrique Peña Nieto, le mardi 18 novembre, deux jours avant la quatrième journée de mobilisation. En se servant des médias, comme il l’a déjà fait lors de la manifestation contre son investiture présidentielle le 1er décembre 2012, le président et son gouvernement, lancent une fois de plus une campagne de lynchage contre les « déstabilisateurs », «les infiltrés », « les encagoulés », ils lancent à nouveau une vague de répression, d’intimidation et d’arrestations. Dans ce contexte, la mobilisation populaire continue en avant en se posant de nouvelles questions sur la suite : comment mener la protestation ? quelle est l’étape suivante ? Cependant aujourd’hui comme en 1968, une chose est claire pour le peuple… le responsable est l’État, un narco-état qui est en train de s’écrouler de lui-même .

Suite à la 4e manifestation massive qui a eu lieu dans la ville de Mexico ce 20 novembre, le Réseau nationale contre la Répression et pour la Solidarité (2) – qui regroupe des dizaines d’organisations et des collectifs adhérents à la sixième déclaration lancée par les zapatistes, déclare :

Liberté aux prisonnier-e-s du 20 novembre de la ville de Mexico !

aerayotzin La journée d’hier, 20 novembre, nos compagnons et compagnonnes : Samantha Iraís Buendía Hernández, Óscar Iván Ramirez Sentellano, David Nava Ocampo et Humberto Nava Ocampo ont été arrêté-e-s par des CRS de la ville de Mexico et de la Police Fédérale alors qu’ils participaient aux mobilisations en solidarité avec les 43 compagnons normalistes d’Ayotzinapa, disparus par le fait de l’État mexicain et du système capitaliste.

Une « caution » a été fixée pour Samantha, Óscar, David et Humberto, qui leur permettra de retourner dans la rue. Ces compagnons participaient à la marche de protestation qui se dirigeait vers l’Aéroport de la ville de Mexico.

Très rapidement, un dispositif policier s’est déployé avec plus de 500 policiers (CRS) qui ont commencé à harceler les cortèges présents, jusqu’à les agresser physiquement. La police a lancé des pierres et a commencé à persécuter les jeunes manifestants qui se solidarisaient avec les étudiants de l’école normale d’Ayotzinapa et qui exprimaient leur mécontentement face aux crimes de l’État et du système actuel. Au milieu du siège policier, les manifestants se sont entendus pour se replier vers un lieu sûr, et c’est à ce moment là que, lâchement, les premières interpellations ont eu lieu, un jeune de 15 ans qui ne faisait pas partie de la manifestation mais habitant du quartier (La Fédéral) a été tabassé. C’est la solidarité des gens du quartier qui a empêché que plus de compagnons soient détenus, des hommes, des femmes, des travailleurs accompagnaient la sortie des manifestants qui étaient « escortés » par les CRS.

C’est avec indignation que nous avons appris que plusieurs arrestations ont eu lieu pendant la nuit, lors du déroulement de la Marche Nationale, quand à nouveau, la police Fédérale et les CRS ont dispersé la manifestation par la répression, avec des gaz lacrymogène, des coups de matraques et de boucliers, en balayant littéralement la place centrale du Zocalo, en agressant toute personne qui se trouvait en face, en laissant des personnes blessées, pratiquement inconscientes sous les coups reçus.

Nous, entant que Réseau contre la Répression et pour la Solidarité, condamnons la répression exercée contre ceux qui, hier (20 novembre), sont sortis dans la rue manifester leur rage et leur douleur, qui s’appelle Ayotzinapa et qui n’est qu’un symptôme de tout le ras le bol des personnes qui restent debout face au cauchemar qui se vit au Mexique. Nous rejetons les arguments qui cherchent à présenter les diverses formes de lutte comme des « provocateurs » ou des « infiltrés ». Les vrais responsables de la violence ne s’habillent pas en noir et ne mettent pas de capuche, les vrais responsables de la violence s’habillent avec l’uniforme bleu et vert olive, mettent des casques, utilisent des boucliers, des matraques, des balles en caoutchouc, des armes à feu, ce sont ceux qui historiquement, ont pour fonction de réprimer ceux d’en bas. Pour nous tous et toutes, la police, les armées fédérales ne sont pas « le peuple en uniforme et exploité », leurs actions ne sont pas le résultat de « provocations » mais l’exécution des ordres donnés par les patrons, par leurs maîtres, par ceux qui se trouvent à Los Pinos (ndt : équivalent à l’Élysée) dans les Congres, les Palais, dans les médias de communication commerciaux, à la bourse.

Depuis le Réseau contre la Répression, nous le disons haut et fort : les seuls infiltrés dans les mobilisations et dans les cortèges s’appellent dignité et rébellion. Nous savons que les actions menées par toute personne, collectif, groupe ou organisation sont une réponse face au pillage, à l’exploitation, au mépris, et à la répression que nous vivons tous et toutes au quotidien, la violence, elle, se nomme système capitaliste.

Nous dénonçons le fait que la détention de nos compagnons soit la seule réponse que peut donner la déliquescence d’un régime et d’un système qui se maintiennent uniquement par la force.

Nous lançons un appel à toutes et tous nos compagnons et compagnonnes adhérents à la Sexta déclaration de la forêt Lacandone, à tous les condisciples de la petite école zapatiste et à toute personne qui ressent ces offenses comme les siennes, pour que chacun selon ses moyens, ses façons, ses temps et ses espaces, réalise des actions de solidarité et de camaraderie pour dénoncer ces faits et lutter pour la liberté des compagnons et compagnonnes prisonniers.

Présentation en vie des 43 étudiants normalistes d’Ayotzinapa disparus !
Liberté pour les prisonniers et prisonnières du 20 novembre !
Contre l’État et le capitalisme !
Pour l’auto-organisation de ceux d’en-bas !
Contre le pillage et la répression : la solidarité !

Réseau contre la Répression et pour la Solidarité(RvsR)
Mexique, 21 novembre 2014.

Traduction Les trois passants et Caracol Solidario

Consultez également la rubrique La Guerre du Mexique d’en haut
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Plusieurs Sources sur la citation (1) :
sources Médias dominants : 1 2 3
(2) Enlace Zapatista

Voir le Reportage photo de Regeneracion Radio « Solidaridad y terrorismo de Estado »

Manifestation pour Ayotzinapa (20 Novembre 2014)- un cortège de la Manifestation

Voir aussi : Manifestations et actions pour Ayotzinapa, l’État réprime et emprisonne + VIDÉOS

 

estrellita

Nouvelles du Mexique: Repression du 2 octobre 2013

policias-marcha-mexico

Ville de MEXICO – Le 2 octobre 2013, lors de la commémoration du massacre de Tlatelolco du 2 octobre 1968, la répression a de nouveau frappé la population mexicaine. L’usage de gaz lacrymogène et de flash-ball de la part des forces de l’ordre ont laissé derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s et plus de 50 blessé-e-s. Malgré les déclarations du Gouvernement de la ville de Mexico niant la violence policière dénoncée par la population ainsi que de multiples collectifs et organisations nationales et internationales, le travail de divers médias libres (Tejemedios, SubVersiones) donne un clair aperçu de la répression qu’ont subi manifestant-e-s… et non-manifestant-e-s ce jour-là. Devant la situation alarmante que connaît la population mexicaine depuis le 1er décembre 2012 -jour de l’investiture du nouveau Président du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), Enrique Pena Nieto – et le silence des médias de communication commerciaux, il est urgent de diffuser et dénoncer la multiplication des actes de violence dans le pays.

FACE A LA REPRESSION ET A LA POLITIQUE DE TERREUR QUE MENE LE GOUVERNEMENT MEXICAIN,

RESISTANCE ET SOLIDARITE !

Par KamaraDa

MEXICO: nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État mexicain le 1er décembre 2012

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Francisco Kuykendall Leal, est décédé à 6h du matin à Mexico.

kuykendall

Ni oubli, ni pardon !

Le 1er décembre 2012 à 4 heures du matin, alors que la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto avait commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts et contre l’imposition de Peña Nieto.

Les évènements du premier décembre confirment une fois de plus la brutalité policière et la répression qui caractérise l’État Mexicain, reprises et élargies par Peña Nieto, mais aussi par le maire de la ville de Mexico Marcelo Ebrard, connu aussi pour sa répression et sa persécution des mouvements sociaux, des étudiants, des compagnons militants de la Sexta de l’EZLN et des compagnons anarchistes.

Depuis cette répression, le compagnon adhérent à la Sexta zapatiste, Francisco Kuykendall Leal, se trouvait dans un état grave. Il souffrait d’un traumatisme crânio-encéphalique qui l’a pratiquement laissé paralysé.

Outre son militantisme, Kuykendall avait une passion particulière pour le théâtre ; il était directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il a résisté longtemps et aujourd’hui, 25 janvier 2014, il est décédé à 6h du matin à Mexico.

Ni oubli, ni pardon !

Nous n’oublions pas le compagnon Kuykendall, ni les arrestations, ni les blessures!

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Les trois passants

Source: reçu par mail de la Red Contra la Represión y por la Solidaridad, voir aussi Regeneración Radio

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Nous n’oublions pas le compagnon Kuykendall, ni les arrestations, ni les blessures!

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Rvs), composé de collectifs, individus et groupes adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN, a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre les étudiants, les travailleurs, les hommes, femmes, vieillards qui se trouvaient à la manifestation, à proximité du Congrès de l’Union et du centre historique de la ville de Mexico. Peu de temps après cette répression brutale, les différents réseaux ont commencé à informer sur ce qui s’était véritablement passé lors de cette manifestation. Plusieurs vidéos ont montré la brutalité policière à l’encontre de manifestant-e-s et notamment du compagnon Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, aujourd’hui adhérent à la Sexta, qui a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive. À ce jour, le compagnon est toujours dans un état critique et lutte pour sa vie.

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux menaient un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », les médias indépendants et militants commençaient solidairement à se serrer les coudes et à dénoncer ce coup monté de toutes pièces par le gouvernement et ses serviles chaînes de télévision et journaux, en exigeant la libération immédiate de tous et toutes les détenues, des blessés et, en particulier, dénonçant l’attaque subie par le compagnon Kuy.

Les compagnons de la Croix Noire Anarchiste, entre autres, ont été désignés par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas.

Le Réseau contre la répression et les compagnons de la Sexta nationale et internationale ont déclaré par des lettres et communiqués que cette répression faisait clairement partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle, qu’il s’agissait d’une campagne pour criminaliser la protestation sociale, campagne impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI. Ces partis pensent qu’avec ce type d’opérations, le peuple du Mexique oubliera la guerre du mandat présidentiel sortant qui a laissé 100 000 morts, la corruption, la misère et les promesses non tenues. Mais le 1er décembre, le peuple est sorti dans la rue sans peur, avec la rage nécessaire, la solidarité entre compagnons et la détermination qui ont commencé à faire trembler le pouvoir.

Pour ce qui est de la lutte pour la libération des compagnons et compagnes emprisonné-e-s, une série d’activités continueront leur cours, et nous restons attentifs aux communiqués qui suivront et aux appels du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Pour l’instant, un appel à la solidarité avec le compagnon Kuy et toutes et tous les détenu-e-s du 1er décembre 2012 a été lancé par l’EZLN et reprise par certains adhérents à la Sexta au niveau national et international. C’est pourquoi à partir du 17 février, des actions, des lettres de soutien, des événements auront lieu un peu partout : non seulement pour ne pas oublier la répression du 1er décembre ni les détenu-e-s, mais pour dire au compagnon Kuy qu’il n’est pas tout seul !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité lance également un appel à toutes les personnes solidaires pour soutenir le compagnon Kuy, afin d’exiger justice pour lui et pour tous ceux et celles qui ont été blessé-e-s, méprisé-e-s et arrêté-e-s ce 1er décembre 2012. Nous nous joignons à cet appel et exigeons également l’arrêt de tous les procès pénaux contre tous ceux et celles qui ont manifesté contre l’imposition, la corruption et l’arbitraire de ceux d’en-haut.

Si vous voulez participer aux actions engagées pour le compagnon Kuy de la manière que vous souhaiterez, par des mots de soutien ou par une aide financière, vous pouvez contacter le réseau contre la répression, ici

Qui est Juan Francisco Kuykendall?
Kuykendall a une passion particulière pour le théâtre, il est directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Le théâtre est pour lui un outil pour transmettre les différentes réalités, les luttes, les douleurs, les résistances ; ainsi il s’en sert pour mener la lutte, pour sensibiliser et faire passer un message. Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il résiste toujours, il s’accroche, comme d’habitude… car il a l’habitude de se battre.

Nous n’oublions pas!

Par les trois passants

Merci à Valérie et à caracol solidario pour les corrections

Voici une vidéo du 1er décembre sur l’agression subie par le compagnon Kuy.

estrellita

Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques du 1er décembre 2012.

epn_protestas_san_lazaro_2Contre le harcèlement et la répression de la Croix Noire Anarchiste :

AUJOURD’HUI, NOUS SOMMES TOUS DES ANARCHISTES !

La fin du XIXème siècle et tout le XXème siècle ont été les témoins des infatigables luttes sociales dont ont fait partie, entre autres, les libertaires de la trempe de Praxedis Guerrero, Librado Rivera, Diódoro Batalla, Rosalío Bustamante, Enrique Flores Magón et bien évidemment l’immortel Ricardo Flores Magón. Leurs apports politiques sont toujours actuellement présents dans la Constitution en vigueur, ainsi que dans une infinité de lois secondaires et dans la mémoire des mouvements politiques et sociaux du pays.

Les militants du mouvement anarchiste sont, bien sûr, une partie fondamentale de la pensée de la gauche critique, décolonisée et provenant d’en-bas, dans notre pays. L’attitude des trois partis politiques instigateurs du néolibéralisme au niveau du pouvoir (PRI-PAN-PRD), qui a consisté à pointer du doigt et harceler les activités sociales et politiques des groupes qui se revendiquent de la pensée de Ricardo Flores Magón, est un blasphème historique.

La répression de la manifestation contre le régime du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) de Enrique Peña Nieto a eu comme objectif principal de criminaliser la jeunesse qui pense, qui débat, qui questionne, qui lutte pour un monde meilleur et qui, bien sûr, ne s’est pas faite piéger par « l’éducation-compétition » qui a été poussée par les groupes de pouvoir hégémoniques chargés de soumettre le peuple de cette nation.

Les compagnons du collectif libertaire de la Croix Noire Anarchiste ont été désignés de manière irresponsable par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas. Nous considérons que cela fait partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle et que c’est un préjudice pour toute la gauche anti-système. Cette campagne est, sans nul doute, initiée et impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI, qui pensent qu’avec ce type d’attitude, le peuple du Mexique oubliera la guerre génocidaire du mandat présidentiel sortant, la corruption, la misère et les promesses non tenues de leurs mandats.

Toute notre solidarité et tout notre respect vont au travail que réalisent les compagnons et compagnes de la Croix Noire Anarchiste, nous exigeons le respect total de leurs droits politiques et de leur intégrité. Nous sommes avec Vous et nous restons vigilants au cas où le gouvernement fédéral ou celui du DF (District Fédéral, Ville de Mexico) tenteraient des actions brutales contre vous.

Nous exigeons la libération immédiate des prisonniers politiques du 1er décembre 2012.

Face à la répression : aujourd’hui, nous sommes tous ANARCHISTES !

Fraternellement,

Contre le pillage et la répression, la Solidarité !

Red Contra la Represión y por la Solidaridad

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

Source

estrellita

Répression lors de la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto

violenciadeestado2012

Le premier décembre à 4 heures du matin a commencé la mobilisation contre la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto, l’information change d’une source à l’autre, mais une chose est sûre, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et les manifestantes. Le Réseau contre la répression et pour la solidarité a émis un communiqué très tôt ce matin condamnant la brutale répression contre des étudiants, des travailleurs, des manifestants qui se trouvaient à proximité du Congrès de l’Union et du Centre Historique de la ville de Mexico.

Il y a beaucoup de détenus, le nombre exact est inconnu pour l’instant, certaines sources parlent de 90 à 100 détenu-e-s, de nombreux blessés, certains médias libres ou non parlent même d’un mort, difficile pour l’instant d’en avoir confirmation.

Lors de la visite de Peña Nieto en France, plusieurs collectifs avons déclaré qu’Enrique Peña Nieto est pour nous le reflet et la synthèse parfaite du Parti Révolutionnaire Institutionnel, organisation responsable depuis presque 100 ans de tous types de massacres et d’abus : plus de 200 étudiants assassinés à Tlatelolco en 1968, 45 indigènes assassinés à Acteal en 1997, la répression des 3 et 4 mai 2006 lors de laquelle le terrorisme d’État a balayé Texcoco et Atenco (sous le mandat local du même Enrique Peña Nieto), la réforme de l’article 27 de la Constitution pour privatiser les terres communales, la signature du TLC avec les terribles conséquences économiques et humaines engendrées, les attaques perpétrées contre les Bases d’Appui Zapatistes non seulement par le PRI et ses raccourcis du PRD, PVEM mais aussi par le PAN… La liste d’abus est longue. Aujourd’hui, Enrique Peña Nieto rend hommage à tout cet arbitraire.

Le premier décembre confirme une fois de plus la brutalité policière et la répression qui caractérise l’Etat Mexicain, reprises et élargies par Peña Nieto, mais aussi par le maire de la ville de Mexico Marcelo Ebrard connu aussi pour sa répression et persécution des compagnons militants de l’Autre Campagne et des compagnons anarchistes. Nous nous souvenons de sa responsabilité dans la forte répression contre les étudiants lors de la manifestation du 2 octobre 2009 commémorant les 41 ans du massacre des étudiants par les militaires de Gustavo Diaz Ordaz.

Nous avons été informés que le compagnon Carlos Jahir Valdez et notre compagnon de l’Autre Campagne Francisco Kuykendall Leal « Kuy » sont dans un état grave. Kuy a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive et son état est critique.

Nous restons solidaires des compagnons de l’Autre Campagne, des compagnons Anarchistes qui subissent depuis plusieurs jours un lynchage médiatique et de tous ceux et celles qui ont combattu les forces répressives ce samedi 1 décembre 2012.

Nous condamnons ces actes de répression et exigeons la libération de tou-te-s les détenu-e-s du 1er Décembre !

La lutte continue !

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

No estan sol@s !

En solidarité, Les trois passants, Paris et Caracol Solidario, Franche-Comté

estrellita

Répression brutale lors de la prise de fonction d’Enrique Peña Nieto

sanlazaro

Le 1er décembre à 4 heures du matin, la mobilisation contre l’investiture présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé et les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes. Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR) a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre des étudiants, des travailleurs, des manifestants qui se trouvaient à proximité du Congrès de l’Union et du Centre Historique de la ville de Mexico.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR) condamne les actes répressifs d’Enrique Peña Nieto ainsi que l’agression dont a souffert Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne.

Cela ne fait même pas 24 heures qu’Enrique Peña Nieto a pris le pouvoir en tant que président et il a montré ce qu’il est : un criminel. La brutale répression contre des étudiants, travailleurs, manifestants qui se trouvaient à proximité du Congrès de l’Union et du Centre Historique de la ville de Mexico le démontre. Il y a des détenus, des blessés, les médias libres parlent même d’un mort, Brayan Limón García, étudiant. Carlos Jahir Valdez ainsi que notre compagnon de l’Autre Campagne et de l’Autre Culture, Francisco Kuykendall Leal, connu par beaucoup d’entre nous sous le nom de Kuy, sont dans un état grave. Kuy a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive et comme nous l’avons déjà dit, son état est critique.

Nous condamnons cette agression brutale, nous exprimons notre indignation, nous nous maintiendrons au courant de la santé des blessés et de notre compagnon Kuy.

HALTE A LA REPRESSION D’ENRIQUE PEÑA NIETO
JUSTICE POUR CEUX QUI ONT ÉTÉ VIOLENTÉS PAR L’ÉTAT
JUSTICE POUR FRANCISCO KUYKENDALL LEAL

Contre le pillage et la répression… la solidarité !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR)

estrellita

MEXIQUE: Durcissement des conditions d’enfermement

Selon certains rapports officiels au Mexique, il y aurait plus de 230 000 prisonniers répartis dans plus de 400 prisons (que ce soit dans des prisons fédérales de haute sécurité, des prisons d’Etat et des prisons municipales).

Tous ces lieux d’enfermement sont surpeuplés, la surpopulation peut aller de 100 % à 300 %. Des cellules conçues pour 5 personnes sont occupées par plus de 12 personnes, voir plus .

Au milieu de cette surpopulation, les détenus vivent dans un environnement très hostile, où le système capitaliste est reproduit : les prisonniers manquent de tout, ils doivent payer leurs médicaments, le papier toilette, les serviettes hygiéniques, les couvertures, le savon, etc… La corruption gangrène tous les services allant du médecin, à l’assistante sociale, en passant par le psychologue, les matons et la direction.

Beaucoup de prisonniers se trouvent en prison préventive car faute de moyens, ils ne peuvent pas payer la caution et restent enfermés pendant des années ; ainsi il y a plus de 90 000 personnes qui restent privées de liberté en attendant leur procès.

C’est dans cette situation que se trouvent les prisonniers et prisonnières enfermés pour avoir lutté, tels ceux de l’Autre Campagne. Ils et elles ne sont pas uniquement victimes des conditions dégradantes au sein des prisons mexicaines, mais ils sont avant tout des acteurs, des militants politiques organisés pour exiger leur libération et l’amélioration des conditions carcérales.

Dans l’Autre Campagne, différentes luttes existent : la défense des ressources naturelles comme la terre, les forêts et l’eau, du territoire, du travail, contre les hauts tarifs de l’électricité, pour l’autonomie… La réponse de l’État à ces luttes a été la répression, la torture, la persécution, la disparition, l’assassinat et la prison. C’est dans ce contexte que nous parlons de plusieurs compagnons et compagnes, prisonnier-e-s pour avoir lutté dans tout le pays.

La majorité d’entre eux fait face à des accusations fabriquées de toutes pièces, tout à fait caractéristiques de l’emprisonnement politique au Mexique et de la guerre que mène le capitalisme contre les indigènes, les pauvres, les personnes en bas et à gauche. Ils sont accusés de délits fédéraux: de kidnapping, de vol, de meurtre, d’atteinte aux voies de communication, de terrorisme et de conspiration, toujours dans une tentative évidente de ne pas les reconnaître comme des prisonniers de lutte.

Dans tous les cas, il y a eu détention arbitraire, disparition forcée, torture, irrégularité durant les procès, aucun accès à un traducteur dans le cas des indigènes qui ne parlent pas l’espagnol.

De plus, leurs peines sont cumulables, elles s’ajoutent et peuvent aller de 5 ans à 112 ans de prison comme ce fut le cas pour Ignacio del Valle qui a d’abord été condamné à 67 ans de prison, puis à 112 ans, ou dans les cas de Gloria et Jacobo condamnés à 14 et ensuite 50 ans de prison.

C’est à partir de 2009 que les organisations de l’Autre Campagne devant faire face aux détentions des militants ont créé la campagne nationale et internationale « Primero nuestros presos ». Elle a pour but de faire sortir les prisonnières et prisonniers, qu’ils ne soient pas oubliés..

Cependant, des militants sont toujours en prison ; les militants considérés comme dangereux sont envoyés dans les prisons de haute sécurité.

Au Mexique il y a 7 prisons fédérales de haute sécurité (et d’autres sont en construction) ; ces prisons sont les lieux d’enfermement pour tous ceux que le gouvernement considère comme dangereux. Plusieurs militants de l’Autre Campagne sont passés par ces prisons de haute sécurité, les ex-prisonniers d’Atenco comme Ignacio del Valle, et militant de l’Autre Campagne, porte-parole de l’organisation des prisonniers du Chiapas la Voix de l’Amate, Alberto Pathistan Gomez.

La prison de haute sécurité signifie rester enfermé en cellule 23 heures sur 24, avoir seulement une visite tous les 3 mois d’une personne de sa famille directe, et un appel téléphonique par mois de 15 minutes. Les conditions dans les prisons fédérales de haute sécurité sont encore pires pour le prisonnier, elles affectent beaucoup les nerfs, on est toujours harcelé ; chaque minute qui passe, chaque instant est un instant sous pression, pour détruire le système nerveux.

Les conditions de vie des détenus se dégradent de plus en plus, la criminalisation des mouvements sociaux est systématique, la persécution et l’enfermement des militants constituent l’arme capitaliste par définition pour faire taire la protestation sociale. L’État met en place des réformes juridiques et des prisons qui servent à isoler les militants de leur espace de lutte, empêchant ainsi toute organisation ; les conditions d’enfermement se durcissent.

Lors de la rencontre contre la prison politique au Mexique qui a eu lieu à San Cristobal de Las Casas Chiapas le mois de mai dernier, plusieurs compagnons prisonnier-e-s et leurs familles ont exprimé leur préoccupation face aux nouvelles mesures de l’Etat en matière de durcissement des conditions d’enfermement. Plusieurs d’entre eux ont cité l’article faisant référence à tels mesures ; cet article signale que dans les cinq années à venir, une prison-hôpital de deuxième niveau sera nécessaire – selon les autorités et l’Etat.

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Ainsi nous partageons avec vous cette article intitulé : Le « nouveau » système pénitentiaire au Mexique: Durcissement des conditions d’enfermement dans les zones dites de sécurité super-maximale.

Il y a 20 ans, le gouvernement fédéral a mis en place le système de prisons de sécurité maximale, au sein desquelles le prisonnier est maintenu 14 heures par jour en cellule et où seulement une heure de soleil par jour est permise .Jusqu’en 2006, il y avait quatre prisons de ce type, comportant 3 000 prisonniers. La nouvelle stratégie durcit encore les conditions d’enfermement.

Pour août 2012, le Secrétariat de Sécurité Publique (SSP) fédéral a prévu de garder 48 066 inculpés dans 22 prisons, dans lesquelles il y aura 1 350 cellules de sécurité super-maximale où les inculpés seront confinés au maximum 8 mois; par la suite, ils seront évalués pour être transférés au niveau de sécurité maximale.

Dans le niveau de sécurité super-maximale, les cellules individuelles sont capitonnées afin d’éviter les suicides. Les inculpés y passent 23 heures. Il n’y a pas d’aération ni de fenêtres; ils seront observés par les gardiens à travers des judas, et la nourriture leur sera passée par un portillon/trappe. Ils auront le droit à une heure de soleil seulement, mais ils devront sortir de cellule avec les menottes aux pieds et aux mains.

On prévoit qu’avec ce nouveau système pénitentiaire, on transfèrera depuis les prisons étatiques (Ndt : vers les prisons fédérales) plus de 25 000 reclus qui ont commis des délits d’ordre fédéral, contre la santé, pour le trafic de drogue, pour le transport de drogue (mules), pour avoir violé la Loi Fédérale sur les Armes à feu et les explosifs et pour des opérations avec des ressources de provenance illicite.

Le projet inclut aussi les personnes qui produisent ou distribuent des contre-façons, les consommateurs de drogues qui ont été arrêtés avec des quantités de drogues supérieures à celles permises par la Loi Générale de Santé et les fraudeurs et blanchisseurs d’argent, mis à la disposition du Ministère Public Fédéral.

Les chiffres de la SPP

Plusieurs études du SPP fédéral signalent qu’il y a 29 530 prisonniers de risque moyen, ce qui représente 60% des 48 066 prisonniers au Mexique accusés de délits fédéraux. Ceux-ci – selon l’avis d’experts – pourraient être sanctionnés par une assignation à résidence ou par des travaux forcés communautaires, mais cela n’est pas possible car il s’agit de délits classifiés comme graves.

Ces prisonniers iront dans des prisons où existent des zones de six niveaux de dangerosité différents, mais qui fonctionnent avec des normes de sécurité maximale.

La construction, le design et le fonctionnement de ces prisons -selon le SPP- seront réalisés en conformité avec les normes de l’Association Internationale des Prisons et Maisons de correction, organisation non gouvernementale qui a la qualité de consultant auprès du Conseil Économique et Social des Nations Unies.

Pour atteindre cet objectif il faut que, dès le mois d’août prochain où le gouvernement fédéral a programmé l’inauguration des huit nouvelles prisons, le Conseil de la Juridiction Fédérale ait été convaincu d’approuver le transfert de plus de 20 000 prisonniers enfermés dans des prisons d’État. Ceci signifie que le Ministère de la Justice de la Fédération modifie le schéma du district afin que les jugements (les procès) qui aujourd’hui se déroulent dans une région, soient traités par des tribunaux qui n’ont pas lancé les mandats d’arrêts.

Actuellement, 52 % des prisonniers fédéraux font l’objet d’un procès et, comme ils n’ont pas de sentence ferme, le SSP fédéral doit solliciter auprès du Ministère de la Jusctice de la Fédération, l’autorisation de transfert de prison.

En ce qui concerne la surpopulation pénitentiaire, il existe des statistiques du SSP fédéral – datant du mois de janvier de cette année — qui indiquent qu’il y a 230 943 prisonniers dans tout le Mexique et 187 000 places, c’est à dire que 43 943 prisonniers vivent dans des conditions de surpopulation. Les prisonniers fédéraux représentent presque 50 % de la surpopulation carcérale nationale.

Au Mexique, il y a 418 prisons ; 306 sont étatiques, 10 appartiennent au District Fédéral (ville de Mexico) et 90 prisons sont municipales. Malgré cela, 50 % de la population carcérale se concentre dans 26 prisons qui se trouvent dans le District Fédéral (ville de Mexico), dans les États de Mexico, de Basse Californie, de Jalisco, de Sonora et de Nuevo Léon.

Selon les informations sur la capacité répartie par secteur, ceux qui ont le plus grand nombre de prisonniers accusés de délits d’ordre fédéral sont:le District Fédéral (ville de Mexico), avec une surpopulation de 18 200 prisonniers, dont 3 155 inculpés fédéraux ; l’État de Mexico avec une surpopulation de 7 714 personnes dont 1 290 prisonniers fédéraux ; la Basse Californie, avec une surpopulation de 1 759 prisonniers et 4 367 accusés par le Ministère Public Fédéral.

Selon le SSP fédéral, 29 530 des 48 066 prisonniers fédéraux doivent être classés dans le niveau de risque moyen; 9 843 prisonniers sont considérés à haut risque et doivent être dans des prisons de sécurité maximale ; 7 847 sont considérés à risque maximal, à cause de leur pouvoir de corruption et leur importante capacité financière, comme les ravisseurs Andrés Calettri et Daniel Arizmendi López, et les trafiquants de drogues comme Héctor Luis « El Güero » Palma et Édgar Valdez Villarreal, La Barbie. Dans le même groupe se retrouvent des trafiquants de drogues comme Ernesto Fonseca Carrillo, « Don Neto », y Miguel Ángel Félix Gallardo. Ceci malgré les diverses maladies dont ils souffrent.

De la même manière, s’y trouvent ceux qui appartiennent au « Carrusel » (Le Manège), mot utilisé pour désigner les prisonniers fédéraux qui ont été déjà condamnés et qui passeront toute leur vie en prison, raison pour laquelle, n’ayant rien à perdre, ils se chargent de l’exécution d’autres détenus.

Le SSP fédéral estime que dans les cinq années à venir, à cause du vieillissement prématuré dont souffrent les internes en raison des conditions de réclusion dans les prisons de sécurité maximale, il sera nécessaire que l’une des huit nouvelles prisons se transforme en prison -hôpital de deuxième niveau, pour s’occuper des maladies qui affecteront 2 500 inculpés fédéraux.

Article : Le « nouveau » système pénitentiaire au Mexique. Durcissement des conditions d’enfermement dans les zones dites de sécurité super-maximale.

par Gustavo Castillo García
Journal, La Jornada, lundi 30 avril 2012, p.3

Rappel: Le Président sortant Felipe Calderon a lancé tout un projet pour la construction des prisons en renforçant cette nouvelle stratégie carcérale qui durcit encore plus les conditions d’enfermement. Calderon à plusieurs reprises a signalé son énorme préoccupation pour en finir avec le problème de surpopulation carcérale, cependant il faut rappeler que à mi-2008, le gouvernement de Calderon (élu en 2006) avait emprisonné au moins 337 activistes. Parmi ces 337 activistes, se trouvent les dirigeants du Front des Villages pour la Défense de la Terre (FPDT) d’Atenco. Ils ont été emprisonnés par Vicente Fox, mais condamnés durant l’administration de Felipe Calderón.

Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

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Prison Politique :
« Le Chemin de la répression.
Notes pour une histoire de la persécution politique au Mexique ».

Rapport élaboré par Gloria Arenas Agis et Eugenia Gutiérrez

Le 2 octobre 2008 a été présentée la première partie d’un rapport élaboré par les compañeras Gloria Arenas Agis et Eugenia Gutiérrez qui s’intitule “ Le Chemin de la répression. Notes pour une histoire de la persécution politique au Mexique”.

Cette première partie dont le titre est “La prison politique” contient un texte d’analyse sur les chemins et les formes de la répression. Ce texte est accompagné du recensement de 3507 cas d’emprisonnement politique durant ces 18 dernières années.

Les compañeras ont mis ce rapport à disposition du mouvement de « L’Autre Campagne » afin que chaque personne intéressée puisse le consulter, le copier, le reproduire, l’imprimer, le publier ou l’enrichir.

Vous pouvez également ici consulter et copier au format PDF autant le recensement que le document qui en fait l’analyse en espagnol ( nous travaillons actuellement sur la traduction en français du rapport complet).

https://liberonsles.files.wordpress.com/2012/01/la-ruta-de-la-represion-parte-i-prision-politica-2008.pdf

https://liberonsles.files.wordpress.com/2012/01/censo-prision-politica-en-mexico-2008.pdf

Voici un résumé du rapport:

Le gouvernement du président Felipe Calderón s’est caractérisé par la militarisation des principales régions indigènes du pays et par la continuité d’une politique de criminalisation des mouvements sociaux, qui au nom de la “paix sociale”, a justifié la violence de l’État et la répression. A l’audit “biculturalisme néolibéral” qui a caractérisé l’administration de Vicente Fox (précédent président du Mexique) – à travers la récupération et la banalisation des demandes des peuples indigènes – est en train d’être substitué un néoconservatisme qui traite les indigènes organisés comme des délinquants ; et à la rhétorique à propos de la reconnaissance culturelle est substitué un discours développementiste contre la pauvreté.

La répression à l’encontre des mouvements sociaux au Mexique a une longue histoire, qui ne date pas des gouvernements PANistes, mais le phénomène dont nous sommes témoins avec cette administration, est celui de la légitimation de la criminalisation de la dissidence à travers des réformes judiciaires qui ont pour prétexte la lutte contre la délinquance. Ils établissent un cadre légal pour emprisonner et frapper le mouvement social.

La stratégie utilisée par le gouvernement contre les militants/activistes sociaux consiste en la fabrication d’accusations fédérales contre eux, telles que “obstruction des voix de communication”, “destruction de biens fédéraux” ou “séquestration aggravée”, afin que dans leur dossier n’apparaissent pas tel quel des accusations politiques. Cette stratégie a permis, autant à Vicente Fox qu’à Felipe Calderón, de déclarer à plusieurs reprises qu’au Mexique, il n’y a pas de “prisonniers politiques”. C’est pour cela que certains analystes, parmi eux Eugenia Gutiérrez et Gloria Arenas, préfèrent parler de “prison politique”, lorsqu’ils se réfèrent à tous ces cas où ce sont des raisons politiques qui ont entraîné l’emprisonnement d’hommes et de femmes, indépendamment des accusations dont ils ont fait l’objet.

Depuis la prison de Chiconautla, Gloria Arenas(1) s’est donné pour tâche de reconstruire ces cas et de faire un recensement partiel des victimes de la prison politique, afin de dénoncer les centaines de cas où les militants et militantes sociaux ont été victimes de l’appareil judiciaire au service du pouvoir.

Selon le recensement réalisé par elle et par Eugenia Gutiérrez (2), de 1992 à juin 2008, au moins 3364 personnes ont été emprisonnées parce qu’elles appartenaient au mouvement social. Elles reconnaissent que ce nombre peut être plus important, car elles ont uniquement pris en compte les cas répertoriés auxquels elles ont eu accès. Leur recensement montre qu’il y a eu au moins 228 femmes et 174 mineurs détenus (dont 28 sont des femmes).

Ces chiffres font référence aux activistes qui sont passés par la prison ; beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui libres, mais les vexations et les viols, dont beaucoup ont souffert, restent impunis. Dans les données présentées par les auteurs sur la prison politique sur les trois derniers sexenas (le mandat présidentiel au Mexique est de 6 ans), elles montrent que durant le gouvernement d’Ernesto Zedillo au moins 1205 personnes ont été emprisonnées, durant celui de Vicente Fox au moins 1576 ; et à mi-2008, le gouvernement de Felipe Calderon (élu en 2006) avait emprisonné au moins 337 activistes.

Parmi ces 337 activistes, se trouvent les dirigeants du Front des Villages pour la Défense de la Terre (FPDT) d’Atenco (3). Ils ont été emprisonnés par Vicente Fox, mais condamnés durant l’administration de Felipe Calderón.

L’impunité qui a prévalu dans le cas des violations des droits humains à Atenco, l’extrême violence sexuelle utilisée par les forces de polices a converti la répression contre les habitants d’Atenco en un symbole de l’antidémocratie au Mexique.

Bien qu’ils soient actuellement libres, les dirigeants paysans du FPDT (Ignacio del Valle, Felipe Álvarez et l’étudiant en droit de l’UNAM et assesseur légal du mouvement, Héctor Galindo) ont été condamnés en quelques instants à 67 ans de prison. Non content de cette peine à perpétuité, le 21 août 2008, le pouvoir a condamné Ignacio del Valle à 45 ans supplémentaires. Le même jour, Juan Carlos Estrada Romero, Óscar Hernández Pacheco, Narciso Arellano Hernández, Alejandro Pilón Zacate, Jorge Alberto y Román Adán Ordóñez Romero, Pedro Reyes Flores, Inés Rodolfo Cuéllar Rivera, Édgar Eduardo Morales Reyes et Julio César Espinoza Ramo ont été condamnés à 31 ans, 10 mois et 15 jours de prison.

Aujourd’hui, les principaux responsables des viols commis les 3 et 4 mai 2006 n’ont pas été jugés et les femmes victimes de ces violences sexuelles continuent d’attendre que justice soit faite. Les rapports remis aux organismes des droits humains semblent avoir été archivés. Peu de médias font référence à ces événements et le gouverneur de l’État de Mexico, Enrique Peña Nieto, semble avoir commencé sa campagne pour les présidentielles de 2012 avec des spots télé qui parlent de réussites, d’investissements. Il prétend grâce à cela cacher le bain de sang qu’il a fait couler à Atenco.

Dans le contexte actuel de ce gouvernement, la criminalisation des mouvements sociaux a été accompagnée de la militarisation et de la violence d’État, comme le démontre la répression violente contre les mouvements sociaux dans tout le pays et la guerre de basse intensité contre le mouvement zapatiste au Chiapas.

Gloria Arenas mentionne aussi “qu’il existe le mythe qui consiste à dire que la répression s’est abattue sur le mouvement armé, que la répression est provoquée par le mouvement armé. « Des 1500 prisonniers dont nous avons pu récupérer les noms, l’immense majorité, je dirais 95 %, était du mouvement social et pacifique et du mouvement qui choisi la voix électorale. Les prisonniers que le gouvernement lie au mouvement armé, nous n’étions que très peu.”

De plus, elles se sont aperçues durant ce recensement qu’une sensibilité et une perspective de genre était nécessaire : “ Nous, les prisonnières politiques, nous sommes moins nombreuses que les hommes, mais nous subissons une violence plus grande à cause du machisme et du patriarcat. La femme subit des violences sexuelles, durant beaucoup de détentions il y a eu des viols, du harcèlement, des agressions de nature sexuelle. Il y a un autre type de violence : l’occultation. Quand on fait connaître les faits, même dans les médias indépendants, de nos mouvements, on dit : “ il y a eu 50 détenus, parmi eux quelques femmes”. On ne dit pas combien de femmes. Parfois les femmes étaient 40 et les hommes 10. Dans un comptage on met prisonniers, parce que nous ne savons pas combien de femmes étaient présentes. Il y a un silence à propos des prisonnières.”

Une des conclusions importantes de ce travail a été de montrer que les partis de gauche au pouvoir répriment aussi et ont des prisonniers politiques : “Un autre mythe dont nous avons fait écho dans le mouvement social, influencé par ceux d’en haut, est qu’un changement de parti politique au niveau du gouvernement peut améliorer la situation des prisonniers et prisonnières politiques. En analysant les chiffres de ce recensement, nous avons découvert que dans le cas du Mexique, que ce soit le PRI, le PAN ou le PRD, peu importe le parti au gouvernement, exactement la même forme de répression se répète : torture, répression massive, arrestations massives, emprisonnements pour inhiber la mobilisation populaire. Dans le cas du Guerrero, durant le gouvernement de Zeferino Torre Blanca (4), il y a eu beaucoup de prisonniers politiques, de morts et de disparus. A Oaxaca, le gouvernement était du PRI, dans d’autres États le gouverneur est du PAN, dans d’autres il s’agit d’alliances des trois partis ».

« Ce recensement est un sauvetage de notre histoire, il n’est pas terminé, nous devons le terminer tous ensemble.”

(1) Originaire d’Orizaba dans l’Etat du Veracruz, Gloria Arenas Agis a été prisonnière politique 10 ans dans la prison de Chiconautla, dans l’État de Mexico. Son mari originaire d’Oaxaca, Jacobo Silva Nogales, a été prisonnier à Almoloya dans l’État de Mexico, puis à Nayarit dans le nord du pays. Ils ont été libérés, Gloria le 28 octobre 2009 et Jacobo Silva un jour plus tard. Ils ont été arrêtés en 1999, lui le 19 octobre à Mexico et elle, trois jours plus tard à San Luis Potosi. Des effectifs militaires, policiers et des services d’espionnage politique du gouvernement ont participé à leurs captures (détention illégale, disparition durant plusieurs jours, torture, irrégularité durant le procès et lieux et dates de capture et de détention faux)
Pour leur “délit”, ils ont fait 5 ans de prison et une fois leur peine accomplie, elle fut augmentée de 14 ans et 2 mois. Pour d’autres “délits”, ils accumulèrentt 50 ans de prison. Mais ils ont par leur défense juridique fait tomber les charges. Ils ont gagné tous les appels nécessaires jusqu’à ce que le gouvernement n’ait plus d’autres choix que de les libérer. En 2006, ils ont adhéré à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandonne de l’EZLN, embrassant une forme de lutte civile et pacifique. En sortant, ils ont déclaré que leur lieu de lutte est l’Autre Campagne.

Plus d’infos:  http://www.omct.org/fr/urgent-campaigns/urgent-interventions/mexico/2009/11/d20396/

(2) Professeur à l’UNAM (Universidad Nacional Autónoma de México) elle a beaucoup travaillé sur la prison politique, la résistance, la répression et l’organisation du mouvement social au Mexique. Elle a participé à de nombreuses rencontres sur les thématiques des femmes disparues, assassinées et emprisonnées au Mexique pour des raisons politiques.

(3) Le 22 octobre 2001, le gouvernement fédéral décrète l’expropriation de 11.500 hectares, parmi lesquels 5.400 sont des terres productives appartenant à Atenco, en offrant en compensation 7,20 pesos par mètre carré. Le projet était la construction du nouvel aéroport international de la ville de Mexico, violant ainsi les droits naturels et sociaux des communes à décider de l’usage d’un territoire qui leur a toujours appartenu.
Le Frente de Pueblos en Defensa de la Tierra (FPDT, Front communal en défense de la terre) s’est organisé et a décidé de défendre leur territoire.
Finalement, le 2 août 2002, le gouvernement se vit forcé d’abroger le décret d’expropriation qui n’avait jamais démontré son utilité publique et annula le projet d’aéroport.
Voir https://liberonsles.wordpress.com/les-prisonniers-datenco/

(4) Carlos Zeferino Torreblanca Galindo, né le 14 mars 1954 à Guadalajara, Jalisco, Mexique. Il fut le gouverneur de l’État mexicain du Guerrero entre 2005 et 2011, Zeferino est membre du Partido de la Revolución Democrática PRD.(wikipedia)

A propos de l’Autre Campagne

Présentation du 14 juin 2008 à Apizaco, dans l’Etat de Tlaxcala, analyse relative à la prison politique au Mexique,
par Gloria Arenas Agis et Eugenia Gutiérrez.

En 2007 alors que se tenait à Mexico le premier Forum National contre la Répression, il y avait des centaines de prisonnières et de prisonniers politiques dans les prisons du pays et l’on sentait un certain découragement dans le mouvement social qui venait d’être très frappé à Oaxaca et dans l’Etat de Mexico. Durant cette année, beaucoup de ces personnes, ainsi que certaines au Chiapas ont été libérées. C’est-à-dire qu’il y a actuellement à peu prés 154 personnes prisonnières politiques, bien que ce chiffre pourrait être plus élevé car il n’existe pas encore d’enregistrement systématique des libérations récentes à Oaxaca.

La liberté de beaucoup de prisonnières et de prisonniers d’Atenco, de l’APPO* et du Chiapas nous a motivés collectivement. Mais cela veut-il dire que la répression a cédé ? Que le gouvernement de Felipe Calderon nous a “permis” de construire une réalité distincte de celle que nous impose le capitalisme néolibéral ? Si nous suivons la route de la répression durant de nombreuses années, nous voyons que ce n’est pas un fantôme qui apparaît ici et là de manière sporadique et isolée par décision personnelle de certains gouvernements un peu plus cruels que d’autres. Au contraire, ce qui devient évident en cheminant sur cette route, c’est que la répression est une tactique permanente, dont la stratégie est l’annihilation des luttes, des pensées, des motivations et de l’organisation du mouvement social, avec pour objectif de le rendre inoffensif pour les intérêts du capital et pour les structures du pouvoir politique.

Dans le cadre de l’Autre Campagne, plusieurs forums ont eu lieu pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques. Durant des mois et en réponse à cet appel, nous nous sommes donné pour tâche de commencer la préparation d’un recensement ou d’un “cadre” sur la prison politique, accompagné de quelques notes sur la persécution politique au Mexique, qui nous permettent de connaître non seulement la manière dont nous poursuit le pouvoir, mais aussi de connaître notre propre histoire de lutte et de résistance.

C’est ainsi qu’est née l’idée de ces travaux que nous voulons remettre à l’Autre Campagne. Dans ces travaux nous analysons le terme “persécution politique” uniquement, car il nous paraît plus large que “répression”. Cette persécution nous l’entendons comme une série de pratiques d’annulation de la dissidence au service desquelles le pouvoir met toutes ses ressources : de la violence jusqu’à l’ouverture, de la disparition forcée jusqu’à l’achat de leaders, de la torture jusqu’au mensonge et la distraction, de l’assassinat jusqu’aux médias de communication.

En janvier 2006, est sortie de San Cristobal de las Casas la caravane de l’Autre Campagne dans laquelle voyageait le sous-commandant Marcos. Depuis lors, l’une des revendications les plus urgentes a été la liberté des nôtres. Nous avons aussi vu la nécessité de s’organiser contre la répression et l’impunité. Au passage de la caravane, des voies se sont levées, que nous n’entendions pas avant, des voies qui nous parlent de luttes mais aussi de victimes de la persécution politique. En plus, nous avons nos propres moments de douleur et de prison. Nous avons donc commencé la collecte et l’enregistrement de données qui se sont fait connaître, ainsi que l’information qu’ont reçue et envoyée des compañeras et compañeros de différents Etats.

Au début, nous pensions réussir à faire un recensement des prisonnières et des prisonniers, mais nous devons reconnaître que malgré les efforts de beaucoup de personnes, les informations que nous avons réussi à réunir sont incomplètes. Il y a des manques, des doutes et des erreurs. Il y a en particulier un manque de communication quant aux libérations. Il faut par exemple que l’Autre  Campagne à Morelos, Michoacán, Puebla, Hidalgo et dans d’autres États nous soumette des données actualisées sur la répression dont ont souffert leurs luttes. C’est pour cela que nous présentons ici non pas un recensement fini, mais uniquement des notes pour un recensement, en comptant sur vos participations pour pouvoir les corriger, les compléter et les maintenir actualisés.Dans les prochains jours, nous enverrons dans chaque Etats les listes des détenues et détenus pour que chacun puisse les vérifier et les corriger.

Alors que nous étions en train de collecter les cas que l’Autre Campagne nous apportait, surgissaient les histoires et s’évanouissaient les mythes.

Quand Vicente Fox était président, il a dit lors d’une tournée en Europe qu’au Mexique il n’y avait pas de prisonniers politiques. Ce mensonge a été répété récemment par le gouvernement actuel. La vérité que font apparaître les chiffres que nous avons pu récolter, c’est que de 1992 à juin 2008 il y a eu au moins 3364 personnes emprisonnées parce qu’elles appartiennent au mouvement social. Le nombre réel peut être plus important, car nous n’avons pris en compte que les cas documentés que nous avons pu systématiser. Parmi les emprisonnés, il y avait au moins 238 femmes. Nous supposons qu’elles sont beaucoup plus, mais nous n’avons pas encore les chiffres des répressions à Oaxaca, Ciudad Universitaria, Zimapán ou à Guadalajara, où il y avait beaucoup de jeunes. Nous avons trouvé qu’il y avait 174 mineurs (dont 28 sont des femmes). Nous savons qu’il y aura beaucoup plus de jeunes quand nous pourrons comptabiliser les chiffres manquants par exemple au Chiapas, à Ayotzinapa ou à Cancún.

Un pourcentage élevé de personnes détenues appartiennent à un peuple indien, bien qu’il nous soit difficile de dire avec exactitude à quel pourcentage. De fait, la majorité de ceux qui ont été détenus dans les Etats de Oaxaca, Chiapas, Guerrero, Veracruz, Baja California et Sonora appartiennent à un peuple indien.

Pour les femmes, les mineurs et les peuples indiens, la répression adopte des formes particulièrement cruelles. Nous faisons état par la suite de trois histoires parmi les milliers de noms que nous avons récoltés.

1) María Delia Pérez Arizmendi, femme enceinte de huit mois, a été torturée, elle a accouché seule dans la prison de Cerro Hueco au Chiapas. Son fils est mort durant l’accouchement et on ne lui a pas permis de l’enterrer dignement. Cela fait sept ans qu’elle est en prison, elle a été condamnée à 15 ans. Elle est diabétique et mère d’une fille et d’un garçon.

2) Durant la répression des 3 et 4 mai 2006 à Atenco, Francisco Javier Cortés Santiag, âgé de 14 ans, a été assassiné par un policier de l’Etat qui lui a tiré dessus à courte distance. Notre compañero Ollin Alexis Benhumea est mort un mois après, lui aussi assassiné par un policier. Le 4 mai neuf mineurs ont été détenus, huit hommes et une femme. Les neuf ont subi la même torture, appliquée à tous les détenus durant le voyage de cinq heures jusqu’à la prison de Santiaguito. Le jour suivant, les neuf jeunes ont été envoyés à la prison pour mineurs de Zinacantepec. Nous n’avons pas d’information sur ce qui est arrivé à la jeune fille, mais nous savons que ces huit jeunes hommes ont été passés à tabac de façon continue et ont subi punitions, insultes et torture durant les 24 jours de leur réclusion.

3) Marcelino Santiago Pacheco, indigène de los Loxicha, a été torturé et a disparu durant 9 mois. Il est réapparu au mitard de la prison de Miahuatlán. Il est resté prisonnier 9 ans, il a été libéré en 2002. Actuellement son frère Anselmo et lui ont disparu.

En ce moment et d’après notre recensement, il y a huit personnes qui ont passé plus de dix ans en prison politique. Le compañero resté emprisonné le plus longtemps était Juan Valdez Pérez à San Luis Potosi. Don Juan a été libéré en septembre 2007. Il a été prisonnier 15 ans. Les chiffres sont dits rapidement, mais les histoires réunies dans ce recensement nous disent que beaucoup de femmes et d’hommes ont été torturés et ont disparus pour une période de trois jours à neuf mois avant d’être emprisonnés. Elles nous disent aussi les tortures sexuelles contre des femmes et des hommes, bien que ces derniers en parlent difficilement.

Un mythe raconte que la répression fait partie du passé. La vérité qui ressort des données est que la répression est continue. Les massacres, les assassinats sélectifs et les disparitions ont eu lieu sans interruption durant des décennies et des décennies de lutte sociale. En ce qui concerne spécifiquement la prison politique, les statistiques des trois derniers sexenas le confirment : durant le gouvernement d’Ernesto Zedillo 1205 personnes ont été emprisonnées, durant la période de Vicente Fox, au moins 1576, et depuis an et demi qu’est arrivé au pouvoir Felipe Calderon il y en eut au moins 337.

La quantité de prisonnières et de prisonniers politiques qui à un moment donné se sont trouvés en prison peut être variable. Par exemple, aujourd’hui nous avons dans nos registres au moins 154 prisonniers dont 144 hommes et 10 femmes. Mais, à d’autres moments, le nombre de compañeras et compañeros prisonniers augmente. Février 2000 sort du lot avec 1096 et décembre 2006 avec près de 700 prisonniers.

Beaucoup d’entre vous se rappellent de la promotion du vote utile pour faire sortir les PRIistes de la présidence et y installer Vicente Fox du PAN. Vous vous rappelez sûrement que quelques compañeros et compañeras ont pensé qu’en 2006 nous aurions dû soutenir le PRD parce qu’il représentait un espoir de changement démocratique. Mais les chiffres, qui sont finalement le miroir de la réalité, démontrent que peu importe qui est au gouvernement. Tous répriment. Il suffit de jeter un œil à la liste des gouvernements des Etats les plus répressifs de ces dernières années. Dans plusieurs cas, certains pourraient argumenter que telles ou telles répressions massives ont été exécutées par le gouvernement fédéral, non par les gouvernements locaux, mais la vérité dans ces cas c’est que les gouvernements locaux n’ont rien fait pour empêcher l’acte répressif, ni pour le condamner. Dans la majorité des cas, ils étaient d’accord et ont participé avec leur police locale. Dans d’autres cas, ceux sont eux qui ont dirigé l’opération.

La liste des gouvernements les plus répressifs durant ces 16 dernières années est la suivante :

Chiapas

Juan José Sabines Guerrero (PRD). Il assure que pendant son gouvernement il n’y a pas de prisonniers politiques, mais les données montrent qu’il a emprisonné au moins 8 personnes. Durant son mandat, les harcèlements paramilitaires et la persécution à l’encontre des communautés zapatistes ont réapparu et se sont intensifiés.

Pablo Salazar Mendiguchía (PAN-PRD) a fait subir la prison politique à au moins 140 personnes. Durant son gouvernement, la persécution contre l’EZLN a augmenté.

Julio César Ruiz Ferro (PRI). Durant son gouvernement, des dizaines de groupes paramilitaires se sont formés. Il est responsable du massacre d’Acteal en décembre 1997.

District Fédéral (Ville de Mexico)

Alejandro de Jesús Encinas Rodríguez (PRD). Durant la courte période qu’a duré son gouvernement intérimaire, au moins 20 manifestants de l’Autre Campagne, hommes et femmes ont été poursuivis dans les rues, l’Alameda Central, la Bibliothèque de Mexico, jusqu’à être arrêtés, frappés et traînés. Il y a eu des plaintes pour agressions sexuelles (29 octobre 2006).

Ma. del Rosario Robles Berlanga (PRD). Elle était la chef du gouvernement lorsque la PFP a occupé l’école préparatoire N°3 de l’UNAM et le campus de la Cité universitaire pour casser la grève des étudiants en 2000. En février de la même année, 998 personnes ont été détenues, des hommes et des femmes, et beaucoup d’entre eux étaient mineurs.

État de Mexico

Enrique Peña Nieto (PRI). Durant son gouvernement, il y a eu deux répressions massives au cours desquelles ont été arrêtées 232 personnes. En 2006 à San Salvador Atenco et à Texcoco, 212 personnes ont été détenues avec toute l’horreur que nous connaissons déjà. A El Torito, Naucalpan le 23 novembre 2007, des policiers municipaux et de l’État ont dispersé violemment une manifestation pacifique et arrêté 20 personnes. Il y avait des femmes et des enfants.

Guerrero

Zeferino Torreblanca Galindo (PRD). Depuis le début de son gouvernement, il a emprisonné au moins 94 personnes du mouvement social, parmi elles 56 personnes de l’école normale de Ayotzinapa. Bien que nous n’ayons pas encore analysé les chiffres, il est important de savoir combien étaient mineurs. Il y a eu des blessés très graves. Il a lancé une persécution systématique allant jusqu’à des assassinats et des emprisonnements contre le peuple indigène mepha’a et contre la police communautaire.

René Juárez Cisneros (PRI). Il a emprisonné au moins 27 personnes, parmi elles des comuneros qui s’opposent à la construction du barrage de La Parota. Pendant son gouvernement, il y a eu un nombre élevé d’assassinats et de disparus. Sa spécialité était de réprimer les écologistes.

Ángel Heladio Aguirre Rivero (PRI). Durant son gouvernement eut lieu le massacre d’El Charco. Il a emprisonné au moins 41 personnes.

Rubén Figueroa Alcocer (PRI). Il est responsable du massacre d’Aguas Blancas (28 juin 1995). Durant son gouvernement, un grand nombre de personnes ont été emprisonnées, assassinées et ont disparu, mais nous n’avons pas encore de données. Cette tâche reste à accomplir.

Hidalgo

Miguel Ángel Osorio Chong (PRI). C’est le gouverneur actuel. Il a lancé en décembre 2007 une répression massive contre des indigènes qui s’opposent à la construction d’une décharge de produits toxiques à Zimapán. 45 personnes ont été détenues ; parmi elles, les femmes ont dénoncé des abus sexuels.

Il reste encore à enregistrer la répression exercée contre les élèves de l’école normale rurale (El Mexe, 2000) pendant le gouvernement de Manuel Ángel Núñez Soto (PRI).

Jalisco

Francisco Ramírez Acuña (PAN). Il a coordonné une opération de répression massive le 28 mai 2004 contre les altermondialistes à Guadalajara, durant laquelle 200 personnes ont été détenues. Il y a eu des plaintes pour viols sur des hommes et des femmes, ainsi que pour torture. Beaucoup de gens doivent faire face à des procès.

Michoacán

Lázaro Cárdenas Batel (PRD). Il a soutenu la répression contre 500 travailleurs des mines de Sicartsa pour casser leur grève. Deux ouvriers sont morts.

Oaxaca

Ulises Ernesto Ruiz Ortiz (PRI). Durant son gouvernement, il a emprisonné au moins 521 personnes du mouvement des maîtres d’école et de l’APPO (Assemblée Populaire des Peuples de Oaxaca), des municipalités autonomes de San Blas Atempa et de Reyes Nopala. Durant son mandat plus de 90 personnes ont disparu et il y a eu 20 assassinats.

Diódoro Humberto Carrasco Altamirano (PRI). Durant son gouvernement, il a lancé une répression contre les habitants de Loxichas. Cette population indigène a été soumise à des interrogatoires et à des tortures en masse. 90 personnes ont été détenues. 11 ans plus tard certaines sont encore en prison.

Quintanta Roo

Félix Arturo González Canto (PRI). Il a lancé une répression massive contre une manifestation à Cancun au cours de laquelle 500 personnes furent arrêtées (août, 2005).

Joaquín Ernesto Hendricks Díaz (PRI). Il a réprimé le Forum Social Alternatif à Cancun en février 2001. Il y a eu 67 détenus et 15 blessés.

Veracruz

Fidel Herrera Beltrán (PRI). Depuis son arrivée au gouvernement, il a emprisonné 52 personnes du mouvement social. Il a lancé une répression massive contre des indigènes nahuas de l’organisation Los Dorados de Villa (adhérent à l’Autre Campagne) à Ixhuatlán de Madero.

Yucatán

Patricio José Patrón Laviada (PAN-PRD-PT- PVEM). Il a coordonné une opération de répression massive contre une manifestation pacifique contre la venue de George Bush à Mérida. Il y a eu au moins 26 détenus, hommes et femmes.

Ils ont essayé de nous faire croire à un autre mensonge : que l’on réprimait uniquement le mouvement social armé et que le mouvement social pacifique avait un espace de lutte respecté par les répresseurs, ou du moins qu’il était moins durement réprimé. Dans ce recensement, les données qui contredisent ce mensonge sont très nombreuses.

Les trois militants/activistes sociaux Ignacio del Valle, Héctor Galindo et Felipe Álvarez, réprimés brutalement les 3 et 4 mai 2006 à Atenco et à Texcoco ont été condamnés à 67 ans et demi de prison chacun. C’est une des peines les plus lourdes qui ont été prononcées à l’encontre de prisonniers politiques au Mexique. Le délit pour lequel ils ont été condamnés est celui de séquestration aggravée. Mais ce n’est pas tout, ils ont été emprisonnés dans une prison fédérale de haute sécurité (El Altiplano, Etat de Mexico) où est appliqué un des régimes pénitenciers les plus destructifs pour la personnalité et des plus violents pour la dignité humaine.

Ce recensement, nous l’accompagnerons d’un bref recuento des chemins qu’a parcourus depuis 70 ans le mouvement social mexicain à la recherche d’une seule chose : un monde de démocratie, sans exploitation, sans spoliation, sans discrimination et sans répression.

L’analyse de ce parcours, qui est une partie de notre histoire en tant qu’Autre Campagne, nous aidera à faire tomber plusieurs mythes à propos de la répression pour que s’imposent certaines vérités. Nous espérons que ce travail, basé sur l’effort de différentes personnes et organisations durant cette année, nous aide, nous adhérents à la Sexta Declaration de la forêt Lacandonne à réfléchir sur les défis du mouvement social actuel.

Parce que nous l’avons vu au Chiapas, à Oaxaca à Atenco, dans le Guerrero et dans chaque recoin du pays, nous sommes convaincus que nous allons être à la hauteur de ce que requiert cette lutte pour changer à partir de la racine l’oppression du capitalisme néolibéral et ses structures de pouvoir.

* L’Assemblée populaire des peuples de Oaxaca (APPO, en espagnol Asamblea Popular de los Pueblos de Oaxaca) s’est formée en juin 2006 à la suite de l’envoi des forces de police le matin du 14 juin contre les enseignants, qui manifestaient depuis le mois de mai, la population de la ville d’Oaxaca prit spontanément le parti des maîtres d’école. C’est en grande partie avec l’aide des habitants du centre que les enseignants purent se remettre de l’attaque surprise des flics et reprendre l’offensive, infligeant aux forces de l’ordre de l’État d’Oaxaca une défaite dont ils ne se remettent pas. À la suite de cet affrontement, eurent lieu deux manifestations, qui ont regroupé plusieurs centaines de milliers d’habitants. Peu à peu, les gens ont commencé à s’organiser. Le 23 juin, les délégués des colonies (les colonies sont des quartiers créés à partir de la concession de terrains par les habitants eux-mêmes), des associations civiles (de développement, de communication, de culture, d’éducation, de santé, de droits humains, de protection de la nature… Il y en a plus de 500 répertoriées dans tout l’État d’Oaxaca), des associations indiennes (UNOSJO, Service Mixe, CIPO – Ricardo Flores Magón, Conseil des anciens de Yalalag, Service communautaire Ñuu Savi, Union des communautés et peuples indigènes Chontales, Union des femmes Yalatèques…), des représentants des communes de l’État (plus de cent communes se sont libérées à cette occasion, de la tutelle du Parti révolutionnaire institutionnel – PRI), des artistes, des représentants du secteur académique (université autonome Benito Juárez d’Oaxaca – UABJO), des groupes politiques de gauche et d’extrême gauche, des étudiants, des individus sans qualité particulière, des libertaires, des syndicats (de la santé, par exemple) et, bien entendu, la section 22 du syndicat de l’éducation (la section 22 est la section syndicale qui correspond à l’État d’Oaxaca) se sont réunis en assemblée pour désigner les membres d’une commission provisoire négociatrice.

Prisonnières, prisonniers en lutte au Mexique, Liberté !

SEXTAVA

Les prisonnier-e-s de la Sexta

Qu’est-ce que la Sixième (Sexta) Déclaration Zapatiste ?

C’est une proposition politique lancée par l’EZLN (Armée Zapatiste de Libération Nationale) à la société civile au Mexique et ailleurs sur la planète. Dans cette déclaration, les zapatistes font le bilan de leur lutte, concluent à la nécessité d’élargir le mouvement à d’autres secteurs de la société et de mettre en oeuvre une nouvelle forme de rencontre et de solidarité des luttes, dans une logique anticapitaliste. Il s’agit d’une proposition organisationnelle qui se confronte aux campagnes électorales et à toute logique électorale. Finalement, la Sixième Déclaration propose une façon inédite de faire la politique, « en bas à gauche ». Des milliers de personnes, groupes et de collectifs au Mexique et dans le monde ont adhéré à cette initiative.

Cependant, la réponse de l’État mexicain à ces luttes a toujours été la répression et la prison. Dès lors, plusieurs campagnes nationales et internationales ont été lancées pour la libération des compagnons et compagnes adhérents à la Sexta. En 2008, divers collectifs, groupes, organisations, peuples et individus ont proposé de lancer la campagne nationale et internationale “Primero Nuestr@s Pres@s” en construisant des alternatives, des actions, afin de continuer la lutte pour leur libération. Le message de cette campagne est clair : aucun compagnon, aucune compagne emprisonné-e pour son combat ne sera abandonné-e ni oublié-e ! Au début de cette campagne il y avait 54 prisonniers de l’Autre Campagne recensés, de 2009 à 2011, 35 compagnons ont été libérés grâce à l’effort de tous et de toutes ceux qui se sont solidarisés de multiples façons, aujourd’hui environ 30 compagnon-n-e-s sont toujours emprisonné-e-s. [ mise à jour, le 03/04/2015]

« Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous ! »

Certain-e-s prisonnier-e-s ont adhéré à la Sexta alors qu’ils étaient déjà en prison, d’autres avant leur incarcération et d’autres encore ont découvert la Sexta en prison.

Actuellement au Mexique, plus particulièrement dans la ville de Mexico, une campagne anti-anarchiste bat son plein. La police agresse systématiquement les blocs anarchistes et libertaires lors des manifestations, comme c’est le cas chaque année le 2 octobre, lors des commémorations du massacre  de 1968 à Tlatelolco. Nous avons donc étendu notre soutien aux prisonnier-e-s anarchistes depuis 2009. Ils sont actuellement deux en prison.

Les prisonnier-e-s de la Sexta : où sont-ils, qui sont-ils ?

images

État d’Oaxaca

Alvaro Sebastian Ramirez est un prisonnier de la région de Loxicha à Oaxaca. Il adhère à la Sexta en 2006 ; depuis, il mène une lutte avec espoir et conviction à l’intérieur de la prison. Alvaro a été condamné à 27 ans de prison pour les délits d’homicide qualifié, tentative d’homicide, terrorisme et conspiration. Alvaro travaillait en tant qu’enseignant et il était aussi engagé dans sa communauté pour l’amélioration des conditions d’éducation et de vie en général ; il a mené avec ses compagnons une lutte pour la défense de la terre contre les caciques et le gouvernement. Il a toujours défendu l’autogouvernance basée sur les « us et coutumes » des Zapotèques, refusant l’ingérence des partis politiques. Álvaro Sebastián Ramírez, est indigène zapotèque et cela fait 18 ans qu’il est privé de sa liberté.

État du Chiapas

Alejandro Díaz Santis fait partie de l’organisation “Los Solidarios de la Voz del Amate”, plus récente et qui est solidaire de La Voz del Amate. Elle est composée de prisonnier-e-s n’ayant pas participé auparavant à des mouvements ou des luttes ; c’est en prison qu’ils se sont organisés et sont devenus militants avec leurs dénonciations et communiqués systématiques. Ils y tracent depuis de nombreuses années une radiographie du système carcéral où devient évident le mépris total de la dignité humaine. Alejandro est indigène Tzotzil originaire de Tsoeptic (municipalité de Mitontic, Chiapas), Díaz Sántiz a été arrêté dans l’état de Veracruz il y a 13 ans, accusé d’homicide, délit qu’il a toujours nié. Díaz Sántiz a été condamné à 29 ans de prison. Et comme dans les autres cas de prisonniers adhérents à la Sexta au Chiapas, sa condamnation  résulte d’un procès corrompu dès le début .

Terrain communal de Bachajon :
Juan Antonio Gómez Silvano, Mario Aguilar Silvano et Roberto Gómez Hernández
Les compagnons luttaient pour leurs droits légitimes au territoire et se trouvent aujourd’hui enfermés pour avoir fait face à la stratégie du gouvernement qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul pour le futur méga-projet touristique CIPP-CAA -Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul. Les compagnons organisés du terrain communal de Bachajon n’ont pas cessé de dénoncer depuis des années la persécution politique et le pillage de leur terres. Tous les trois ont été arrêtés le 16 septembre 2014.

État du Guerrero

Máximo Mojica Delgado, Santiago Nazario Lezma et María De los Ángeles Hernández Flores sont des professeurs, ils habitent dans la municipalité de Teloloapan, dans l’État de Guerrero. Maria et Máximo sont des membres actifs de l’Organisation coordinatrice étatique des travailleurs de l’éducation de Guerrero (CETEG). Ils ont aussi participé à la lutte sociale avec l’association Terre et Liberté qui intervient sur les questions du droit au logement. Ils ont été arrêtés le 27 novembre 2008, accusés d’appartenir à un groupe armé.

État de Sonora

Mario Luna
Le 11 septembre 2014, les membres de la Procure Générale de Justice de l’État de Sonora ont arrêté le porte-parole de la tribu Yaqui Mario Luna, en l’accusant de faux crimes, montés de toutes pièces. De cette manière, ils prétendent incarcérer la lutte menée par la tribu Yaqui pour la défense des eaux qui, en 1940 et après une longue guerre, avaient été reconnues comme les siennes par le président de l’époque Lazaro Cardenas. Ce fut à partir de 2010 que les hommes de l’argent voulurent les reprendre par le biais d’un aqueduc appelé « Independencia », en ignorant une résolution émise par la Cour Suprême de Justice de la Nation et en piétinant ainsi tous les droits et les accords internationaux qui sont en leur faveur. Mario se trouve dans la prison- CERESO #2 à Hermosillo dans l’état Sonora au Nord du Mexique.

Ville de Mexico

Luis Fernando Sotelo Zambrano, âgé de 20 ans, est adhérent à la sexta et étudiant. Il a été arrêté le 5 novembre 2014 suite aux manifestations pour la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Les accusations portées contre Fernando se basent uniquement sur la déclaration du chauffeur du bus qui a été incendié lors de la troisième journée de solidarité avec les 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. Le 10 novembre 2014, le juge a signifié sa mise en détention préventive pour les délits d’attaques à la paix publique, d’attaques aux voies de communications et dégradations. Cela signifie que le compagnon sera sujet à un procès judiciaire, qu’il devra affronter enfermé dans la prison préventive Sud de la ville de Mexico, car ce type de délit ne permet pas la liberté sous caution.

Solidarité avec les anarchistes incarcérés à Mexico.

anarcofeministas

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux mènent un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », depuis 2012 à aujourd’hui, le gouvernement fédéral d’Enrique Peña Nieto et celui de la ville de Mexico ont déclenché une véritable persécution contre les mouvements sociaux, en particulier contre les mouvements anarchistes. À ce jour deux compagnon-e-s anarchistes ou liés au mouvement anarchiste se trouvent incarcéré-e-s pour avoir participé à des manifestations, piquets de protestation, actions, etc.

Les prisonnier-e-s du 2 octobre 2013 :

Abraham Cortez,a été arrêté le 2 octobre 2013 pendant la manifestation commémorant les quarante-cinq ans du massacre de Tlatelolco. Abraham a été accusés d’outrage envers un agent et d’atteinte à la paix publique en bande organisée. Il se trouvent à la prison Nord de la ville de Mexico où un piquet de protestation a été mis en place à l’extérieur de la prison.

Les prisonnier-e-s du 13 décembre 2013* :

Luis Fernando Bárcenas, militant anarchiste arrêté le 13 décembre 2013, accusé d’avoir brûlé un arbre de noël de Coca-Cola. Il se trouve aussi dans la prison Nord à Mexico, mais à un autre étage que les prisonniers du 2 octobre. Il est dans l’attente d’un procès. Un piquet de protestation a été mis en place à l’extérieur de la prison. Les mardi, jeudi, samedi et dimanche les personnes du piquet vont visiter les prisonniers. Pour pouvoir accéder à la prison, elles se voient extorquer par les matons de dix à vingt pesos par personne, puis elles doivent encore payer dix pesos pour faire entrer la nourriture et lorsque la matonne est de mauvaise humeur c’est vingt pesos.

*Le 2 octobre 1968, à quelques jours de l’imposition des Jeux Olympiques, le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz et son Ministre de l’intérieur, avec l’aide de l’armée, réprimèrent brutalement la révolte étudiante en assassinant plus de 300 personnes et en faisant 700 blessés et plus de 3000 arrestations. Le 2 octobre 2013, une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Mexico commémorait le quarante-cinquième anniversaire du massacre des étudiants en 1968. Une fois de plus, la répression policière fait irruption à cette date. L’usage démesuré de gaz lacrymogène, le lancement aveugle de flash-balls ont laissé derrière eux plus d’une centaine de détenu-e-s  et de nombreux blessés.

Nous réaffirmons notre solidarité avec nos compagnes et compagnons emprisonné-e-s, et notre engagement à ne pas les laisser seul-e-s. Comme le disent nos compagnons-es zapatistes : « Ça va être très dur. Nos douleurs ne seront pas moindres en nous ouvrant à ceux qui souffrent par le monde. Le chemin sera plus tortueux. Nous bataillerons. Nous résisterons. Nous lutterons. Nous mourrons peut-être. Mais une, dix, cent, mille fois, toujours nous vaincrons, toujours. »

Les Trois Passants (Libérons-Les !)

voir aussi: Nos PrisonnierEs Libérons-les touTEs ! – Correspondance

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